Chapitre 1 : Cadre Théorique et Conceptuel de la Chaîne d’Approvisionnement et de la
Performance Logistique
La chaine d’approvisionnement « Supply Chain » est un levier stratégique essentiel pour la
compétitivité des entreprises dans un contexte de mondialisation et de digitalisation croissante
(Christopher, 2016). Elle regroupe l’ensemble des activités liées à la gestion des flux
physiques, financières et d’informations depuis le fournisseur de fournisseur jusqu’à le client
de client. La performance logistique, se mesure à travers des indicateurs tels que la rapidité,
la flexibilité, les couts et la qualité de service client (Simchi-Levi et al., 2021).
Les récents développements technologiques, notamment l’intelligence artificielle, L’Internet
des objets, et la blockchain, transforment les modèles traditionnels de gestion de la chaine
d’approvisionnement en intégrant plus de visibilité et d’automatisation (Tiwari, Wee, &
Daryanto, 2018). Par ailleurs, des approches comme le lean supply chain management et le
supply chain résilience permettent aux entreprises d’améliorer leur agilité et de mieux
répondre aux perturbations du marché (Sheffi, 2015).
L’objectif de ce chapitre est de présenter un cadre théorique qui va permettre de présenter une
revue de la littérature relative aux concepts clés de ce sujet ainsi que les relations possibles
qui peuvent relier entre ces différents concepts.
La première section va présenter de manière générale le concept de la chaine
d’approvisionnement aussi la performance logistique et le lien entre eux. La deuxième section
va traiter d’une manière profonde le concept d’optimisation et sa relation avec la chaine
d’approvisionnement dans le secteur de distribution.
Section 1 : Fondements Théoriques de la Chaîne d’Approvisionnement et de la
Performance Logistique
La chaine d’approvisionnement est un réseau complexe et dynamique, dans lequel
fournisseurs, producteurs, distributeurs et consommateurs se chevauchent tous. Ses
fondements théoriques reposent sur plusieurs modèles visant à améliorer la coordination,
l’efficacité et la flexibilité des mouvements des différents types des flux (Physiques,
financières et d’informations). Dans cette section, nous explorons les concepts de base et les
approches scientifiques qui sous-tendent la gestion logistique moderne, en mettant l’accent
sur les mécanismes d’agilité et d’innovation.
I- La chaine d’approvisionnement : Coordination et Performance.
La chaine d’approvisionnement constitue un ensemble des processus interconnectes qui relie
étroitement au sein d’un réseau dynamique. Elle se caractérisé par une coordination des
différents flux, assurant ainsi une gestion optimisée des ressources et une réactivité accrue
face aux évolutions du marché.
En adoptant une approche stratégique, les entreprises peuvent renforcer leur agilité et leur
réactivité face aux fluctuations de marche, tout en stimulant l’innovation et la compétitivité au
sein d’un environnement globalisé.
1- La Chaîne d’Approvisionnement
1.1. Notion de chaîne d’approvisionnement.
a- Définition :
Des nombreuses définitions de la chaine d’approvisionnement (en anglais "SUPPLY
CHAIN" sont examinées dans la littérature, aussi on peut l’appeler chaine logistique. Le but
de cette section est de fournir des brèves définitions de la chaine d’approvisionnement. Le
tableau suivant énumère certaines des définitions rencontrées dans la littérature.
Christopher, 92 La chaîne logistique peut être considérée comme le réseau d'entreprises
qui participent, en amont et en aval, aux différents processus et
activités qui créent de la valeur sous forme de produits et de services
apportés au consommateur final. En d'autres termes, une chaîne
logistique est composée de plusieurs entreprises, en amont (fourniture
de matières et composants) et en aval (distribution), et du client final.
Lee et Billington, La chaîne logistique est un réseau d'installations qui assure les
93 fonctions d'approvisionnement en matières premières, de
transformation de ces matières premières en composants puis en
produits finis, et de distribution des produits finis vers le client.
La Londe et Une chaîne logistique est un ensemble d'entreprises qui se transmettent
Masters, 94 des matières. En règle générale, plusieurs acteurs indépendants
participent à la fabrication d'un produit et à son acheminement jusqu'à
l'utilisateur final - producteurs de matières premières et de composants,
assembleurs, grossistes, distributeurs et transporteurs sont tous
membres de la chaîne logistique.
Ganeshan et al, Une chaîne logistique est un réseau d'entités de production et de sites
95 de distribution qui réalise les fonctions d'approvisionnement de
matières, de transformation de ces matières en produits intermédiaires
et finis, et de distribution de ces produits finis jusqu'aux clients. Les
chaînes logistiques existent aussi bien dans les organisations de service
que de production, bien que la complexité de la chaîne varie d'une
industrie à l'autre et d'une entreprise à l'autre.
Tayur et al, 99 Un système de sous-traitants, de producteurs, de distributeurs, de
détaillants et de clients entre lesquels s’échangent les flux matériels
dans le sens des fournisseurs vers les clients et des flux d’information
dans les deux sens.
Rota-Franz, 98, La chaîne logistique d'un produit fini se définit comme l'ensemble des
Rota-Franz et al, entreprises qui interviennent dans les processus de fabrication, de
01 distribution et de vente du produit, du premier des fournisseurs au
client ultime. Le produit considéré est, dans le domaine aéronautique,
l’avion qui peut être qualifié de produit système étant donné sa
complexité.
Stadlter et Kilger, Une chaîne logistique est constituée de deux ou plusieurs organisations
00 indépendantes, liées par des flux physiques, informationnel et
financier. Ces organisations peuvent être des entreprises produisant des
composants, des produits intermédiaires et des produits finis, des
prestataires de service logistique et même le client final lui-même.
Mentzer et al, 01 Une chaîne logistique est un groupe d'au moins trois entités
directement impliquées dans les flux amont et aval de produits,
services, finances et/ou information, qui vont d'une source jusqu'à un
client.
Génin, 03 Une chaîne logistique est un réseau d’organisations ou de fonctions
géographiquement dispersées sur plusieurs sites qui coopèrent, pour
réduire les coûts et augmenter la vitesse des processus et activités entre
les fournisseurs et les clients. Si l’objectif de satisfaction du client est
le même, la complexité varie d’une chaîne logistique à l’autre.
Lummus et Toutes les activités impliquées dans la livraison d’un produit depuis le
Vokurka, 04 stade de matière première jusqu’au client en incluant
l’approvisionnement en matière première et produits semi-finis, la
fabrication et l’assemblage, l’entreposage et le suivi des stocks, la
saisie et la gestion des ordres de fabrication, la distribution sur tous les
canaux, la livraison au client et le système d’information permettant le
suivi de toutes ces activités.
Tableau 1 : Définitions de la chaîne logistique Julien Francois, 2007.
Alors la chaine d’approvisionnement est définie comme un réseau intégré d’acteurs et de
processus assurant la transformation des matières premières en produits finis.
Il est base sur la coordination fluide des flux, cette compréhension est essentielle pour
optimiser la performance logistique et renforcer la compétitivité des entreprises.
b- Structure de la chaine d’approvisionnement :
Il est clair que la structure de la chaine d’approvisionnement dépend de sa nature et des
objectifs souhaités. Lors de sa conception, plusieurs structures ont été développées qui, du
point de vue de la physique, peuvent être classées comme suit :
- Chaine d’approvisionnement divergente : Une chaine est dite divergente si un
fournisseur alimente plusieurs clients ou des magasins
- Chaine d’approvisionnement convergente : Une chaine est dite convergente si le client
est fourni par plusieurs fournisseurs, cette structure est également proposée dans les
réseaux d’assemblage
- Chaine d’approvisionnement en réseau : C’est une chaine d’approvisionnement
hybride c’est-à-dire c’est une combinaison des structures précédentes : elle peut être
hébergée dans un réseau informatique (centralisé et distribue).
- Chaine d’approvisionnement séquentielle ou linéaire : Chaque entité de la chaine
fournit une entité en aval supplémentaire.
Afin d’améliorer la performance globale de la chaine d’approvisionnement, il est nécessaire
de prendre un certain nombre de décisions. L’objectif est d’obtenir une meilleure liquidité
pour la négociation des trois flux en réduisant les couts de l’ensemble du système. (Julien
Francois, 2007).
Figure 1 : Structure de la chaine logistique : Faiza Hamdi, 2017.
c- Fonctions de la chaîne logistique
Les chaînes logistiques sont constituées d’une mosaïque d’activités et des fonctions. Ces
différentes fonctions sont fractionnées en trois phases : phase amont, phase de production et
phase avale. La phase amont se concentre sur la gestion de l’approvisionnement. A ce niveau,
l’approvisionnement peut être de diverses formes tel que : des matières premières, des
composantes, des produits semi-finis, des produits finis…
La phase avale se préoccupe de distribution des produits finis aux yeux du consommateur
final et les dépôts des stockages alors que la phase de production se base sur la transformation
des inputs vers l’outputs à l’aide des ressources matériels et immatériels. Une gestion efficace
des ces différentes fonctions ne se réalise qu’avec une bonne circulation des flux.
Figure 2 : Activités de la chaîne logistique, d’après La Londe et Masters (1994)
1.2. Les 3 phases dans la chaîne logistique
Comme mentionné précédemment, la chaine logistique se compose de trois phases
principales : L’approvisionnement, la Production et la Distribution. Dans le suivant on va
traiter chaque phase.
o La phase d’Approvisionnement.
En raison de son importance cruciale dans la gestion globale de la chaine
d’approvisionnement. En fait, la tâche de cette étape est de gérer de nombreux aspects
fondamentaux, tels que la gestion des stocks, la sélection des fournisseurs, l’attribution des
commandes, la réception des marchandises commandes, le contrôle de la qualité des produits
livrés.
Dans les industries manufacturières et aussi dans le secteur de distribution, les coûts associées
à l’achat de matières premières et de composants peuvent représenter jusqu’à 70% du coûts
total de production. Par conséquent, le servie des achats joue un rôle stratégique dans la
réduction des couts et l’optimisation des ressources.
Historique et évolution de la sélection des fournisseurs.
La sélection des fournisseurs est un domaine de recherche qui a émergé dans les années 1960.
Les travaux révolutionnaires de Dixon (1966) ont jeté les bases de cette discipline. Dixon a
mené une enquête auprès de 274 entreprises et a identifiée 23 critères d’évaluation des
fournisseurs. Parmi ces critères, « la qualité, le prix et les délais de livraison » ont été
identifiés comme les plus importants pour déterminer le fournisseur optimal. (Faiza Hamdi,
2017.)
Weber et coll (1991) ont poursuivi cette recherche en effectuant une revue de la littérature sur
74 études. Ils ont souligné que la qualité est le critère prédominant dans la sélection des
fournisseurs, suivi du coût et des délais. Cependant, ce travail a souvent négligé des aspects
cruciaux tels que la gestion des risques, la résilience face aux ruptures d’approvisionnement et
la vulnérabilité des chaines d’approvisionnement. Ces lacunes ont ouvert la voie à de
nouvelles recherches visant à intégrer des critères plus holistiques dans le processus de
sélection des fournisseurs. (Faiza Hamdi, 2017.)
Processus de sélection des fournisseurs :
Le processus de sélection des fournisseurs a été largement étudié dans la littérature. Tang
(2006) propose un modèle en trois étapes de ce processus :
- Définitions des critères de sélection et identification des fournisseurs potentiels :
Le décideur doit d’abord dresser une liste des critères de sélection pertinents et identifier un
groupe de fournisseurs candidats. Ces critères peuvent inclure des aspects tels que la qualité,
le prix et les délais de livraison, mais aussi des facteurs plus stratégiques tels que la fiabilité,
la capacite de gestion des risques et la durabilité. (Faiza Hamdi, 2017.)
- Evaluation et sélection des fournisseurs :
Les critères spécifies sont ensuite utilises pour évaluer et comparer les fournisseurs potentiels.
Cette étape permet de choisir les fournisseurs les plus adaptes aux besoins de l’entreprise.
(Faiza Hamdi, 2017.)
- Attribution des commandes :
Une fois les fournisseurs sélectionnés, le décideur doit déterminer les quantités à commander
auprès de chacun d’eux, en tenant compte des contraintes de cout, de qualité et de délais.
(Faiza Hamdi, 2017.)
Il est nécessaire que le décideur prenne en compte non seulement les critères traditionnels
(prix, qualité, délai), mais également des facteurs plus complexes tels que la gestion des
risque, l’exposition aux perturbations de la chaine d’approvisionnement, la durabilité
environnementale. Ces aspects revêtent une importance croissante dans un contexte
mondialisée où les chaines d’approvisionnement sont soumises à des incertitudes croissantes.
La phase d’approvisionnement est un pilier essentiel de la chaine logistique, et la sélection des
fournisseurs est un élément essentiel. Alors que les critères traditionnels tels que la qualité, le
prix et les délais sont toujours importants, les entreprises doivent désormais prendre en
compte des facteurs plus complexes, tels que la gestion des risques, la durabilité et la
résilience face aux perturbations. Une approche globale et stratégique de la sélection
fournisseurs peut aider à optimiser la chaine d’approvisionnement, à réduire les couts et à
améliorer la compétitivité de l’entreprise.
o La phase de Production.
La phase de production, qui joue un rôle central dans la transformation des matières premières
et des composants en produits finis. L’étape de production est cruciale car elle détermine non
seulement la qualité et la quantité des produits, mais aussi les couts et les délais de
fabrication. Une gestion efficace de cette étape permet d’optimiser les ressources, de réduire
les déchets et de répondre aux attentes des clients en termes de qualité et de quantité (Chopra
et Mendel,2016).
Dans le secteur manufacturier, l’étape de production représente souvent une part importante
des couts totaux, en particulier dans les secteurs ou où les processus de fabrication sont
complexes et nécessitent des équipements couteux. Par conséquent, une planification et une
gestion strictes de la production sont nécessaires pour maximiser l’efficacité et minimiser les
couts (Slack et al, 2010)
- Les défis de la phase de production
*Optimisation des processus de fabrication :
L’objectif principal de la phase de production est de transformer les matières premières en
produits finis de manière efficace et efficiente. Cela nécessite une optimisation des processus
de fabrication pour réduire les temps de cycle, minimiser les déchets et maximiser la qualité
des produits (Womack & Jones,2003).
Gestion des coûts de production :
Les coûts de production comprennent les coûts directs (matières premières, main d’œuvre…)
et le coûts indirects (Energie, maintenance des équipements…). Une gestion efficace de ces
coûts est essentielle pour maintenir la rentabilité de l’entreprise (Kaplan & Atkinson, 2015).
Planification et ordonnancement :
La planification de la production consiste à déterminer les quantités à produire, les ressources
nécessaires, et les délais à respecter. La planification, quant à elle, consiste à organiser les
tâches de production dans le temps pour maximiser l’efficacité (Vollmann et al., 2005)
Contrôle de la qualité :
La qualité des produits finis est un enjeu majeur dans la phase de production. Des contrôles de
qualité rigoureux doivent être mis en place à chaque étape du processus de fabrication pour
s’assurer que les produits répondent aux normes et aux attentes des clients (Montgomery,
2013).
*Gestion des stocks pendant la production :
Les stocks de travaux en cours doivent être gères de manière a éviter les goulots
d’étranglement et les surstocks, tout en assurant la fluidité du processus de production (Hopp
& Spearman, 2008).
- Les outils et méthodes de gestion de la production.
Il existe plusieurs outils et méthodes qui sont utilisés pour optimiser la phase de productions
tels que :
Planification des ressources de production (MRP) :
Le système MRP (Material Requirements Planning) est utilisé pour planifier les besoins en
matières premières et composants en fonction des prévisions de production. Il permet de
synchroniser les approvisionnements avec les besoins de production (Vollmann et al, 2005).
Planification informatique (APS) :
Les systèmes APS (Advanced Planning and Scheduling) permettent optimiser
l’ordonnancement des tâches de production en tenant compte des contraintes de capacite, des
délais et des priorités (Pinedo, 2012)
Contrôle statistique des processus (SPC) :
SPC (Statistical Process Control) est une méthode de contrôle de la qualité qui utilise des
techniques statistiques pour surveiller et contrôler les processus de production. Il permet de
détecter les variations anormales et de corriger les problèmes avant qu’ils n’affectent la
qualité des produits (Montgomery, 2013).
Donc la phase de production est un pilier essentiel de la chaine d’approvisionnement, où les
matières premières et les composants sont transformés en produits finis. Une gestion efficace
de cette phase permet d’optimiser les coûts, d’améliorer la qualité des produits et de respecter
les délais de livraison. Les entreprises doivent adopter des méthodes et des outils modernes,
tels que MRP et SPC, pour maximiser l’efficacité de leurs processus de production. En
intégrant des pratiques de gestion rigoureuses, les entreprises peuvent renforcer leur
compétitivité et répondre aux attentes de leurs clients.
o La phase distribution.
L’étape de la distribution, qui joue un rôle déterminant dans la livraison des produits finis aux
clients avec la garantie d’une satisfaction optimale. Il comprend plusieurs activités clés, telles
que la gestion des entrepôts, la planification du transport, la gestion des commandes et la
livraison finale aux clients.
Dans un contexte où les attentes des clients en matière de rapidité et de fiabilité des livraisons
ne cessent d’augmenter, l’étape de la distribution est devenue un élément stratégique pour les
entreprises. En fait, une distribution efficace réduit non seulement les coûts logistiques, mais
améliore également l’expérience client et renforce la compétitivité de l’entreprise.
- Les principales activités de la phase de distribution.
L’étape de la distribution comprend de nombreuses activités interdépendantes, chacune jouant
un rôle fondamental dans la livraison des produits aux clients. Ces activités comprennent :
Gestion des entrepôts :
Les entrepôts sont des points nodaux de la chaine de distribution. Ils sont utilisés pour stocker
les produits finis avant qu’ils ne soient expédiés aux clients. Une gestion efficace des
entrepôts implique d’optimiser l’espace de stockage, de réduire les délais de traitement des
commandes et de réduire les coûts de stockage (Lambert et al, 1998).
Planification des transports :
Le transport est un élément essentiel de la distribution. Il s’agit de choisir le moyen de
transport le plus adaptée (route, rail, mer, air) en fonction des coûts, des délais et des
caractéristiques des produits. Une planification efficace du transport permet de réduire les
délais de livraison et de réduire les couts logistiques (Christopher, 2016).
Gestion des commandes :
La gestion des commandes comprend le traitement des commandes des clients, la préparation
des commandes et l’organisation des livraisons. Une gestion efficace des commandes repose
sur des systèmes informatiques performants, tels que des systèmes des gestion d’entrepôt et
des systèmes de gestion du transport, qui permettent de suivre les commandes en temps réel et
d’optimiser les processus (Frazil, 2002).
Livraison finale :
La livraison finale est la dernière étape de la phase de distribution. Il consiste en la livraison
des produits aux clients tout en respectant les délais convenus. Cette étape est cruciale pour la
satisfaction du client, car une livraison tardive ou endommagé peut nuire à la réputation de
l’entreprise (Mentzer et al, 2001).
- Défis de la phase de distribution :
La phase de distribution fait face a de nombreux défis, notamment :
Gestion des couts :
Les couts de distribution, en particulier ceux liées au transport et à la gestion des entrepôts,
représentent une part importante des couts logistique totaux. Les entreprises doivent donc
trouver un équilibre entre la réduction des couts et le maintien d’un niveau de service élevé
(Cowell, 2017).
Satisfaction des clients :
Les clients attendent des livraisons rapides, fiables et transparentes. Pour répondre a ces
attentes, les entreprises doivent investir dans des technologies de suivi en temps réel et des
systèmes efficaces de gestion des commandes (Rushton, 2014).
Durabilité :
La distribution a un impact environnemental important, notamment en termes d’émissions de
gaz à effet de serre. Les entreprises sont de plus en plus encouragées à adopter des pratiques
durables, telles que l’amélioration des itinéraires de transport, l’utilisation de véhicules
électriques et la réduction des emballages (Spahi et Iglesias, 2007).
- L’importance de la technologie dans la distribution :
La technologie joue un rôle clé dans l’optimisation de la phase de distribution. Les systèmes
de gestion d’entrepôt, les systèmes de gestion du transport et les outils de suivi en temps réel
permettent aux entreprises d’améliorer l’efficacité de leurs opérations logistiques. Pae
exemple, les systèmes de gestion du transport permettent de maximiser l’espace de stockage
et de réduire les délais de traitement des commandes, tandis que les systèmes de gestion du
transport qui facilitent la planification du transport et réduisent les couts (Frazil, 2002).
De plus, l’utilisation de l’intelligence artificielle et de l’analyse des données permet aux
entreprises de prévoir la demande, d’optimiser les itinéraires de transport et de personnaliser
les services de livraison en fonction des préférences des clients (Christopher, 2016).
Alors, la phase de distribution est un pilier essentiel de la chaine logistique, car elle joue un
rôle clé dans la satisfaction des clients et la compétitivité des entreprises. Pour relever les
défis d’aujourd’hui, les entreprises doivent adopter des stratégies innovantes, intégrer des
technologies de pointe et adopter des pratiques durables. Une distribution efficace et efficiente
réduit non seulement les couts, mais renforce également la fidélité des clients et améliore la
performance globale de la chaine d’approvisionnement.
2- Gestion des Chaînes d’Approvisionnement
2.1. Notion de la gestion de la chaîne d’approvisionnement.
Une chaîne logistique existe dès lors qu’au moins deux entreprises travaillent sur
l’achèvement d’un produit donné. Si et seulement si cette association est délibérément pilotée
en vue d’en maximiser la performance, alors on peut parler de gestion de la chaîne logistique.
Il existe ainsi une distinction entre la « chaîne logistique » et la « gestion de la chaîne
logistique » (SCM-Supply Chain Management). Ici encore, on relève plusieurs définitions de
la gestion de la chaîne logistique (Mentzer et al., 01). Beaucoup d’auteurs soulignent la
difficulté de définir le SCM. Voici quelques définitions : (Julien Francois, 2007).
Jones et Riley, La gestion de la chaîne logistique est une approche intégrative pour
1985 s’accorder sur la planification et le contrôle du flux physique depuis
les fournisseurs jusqu’à l’utilisateur final.
Berry et al., 1994 La gestion de la chaîne logistique vise à construire une confiance, à
échanger des informations sur les besoins du marché, à développer de
nouveaux produits et à réduire la base de fournisseurs d’une
entreprise afin de libérer des ressources de gestion pour le
développement de relations significative sur le long terme.
Thomas et Griffin, La gestion de la chaîne logistique est la gestion des flux de
1996 marchandises et d’informations à la fois dans et entre les sites tels que
les points de vente, les centres de distribution et les usines de
production et d’assemblage.
Tan et al., 1998 La gestion de la chaîne logistique englobe la gestion des
approvisionnements et des marchandises depuis les fournisseurs de
matières premières jusqu’au produit fini (et aussi de son éventuel
recyclage). La gestion de la chaîne logistique se focalise sur la façon
dont les entreprises utilisent les processus, la technologie et l’aptitude
à améliorer la compétitivité de leurs fournisseurs. C’est une
philosophie de management qui prolonge les activités classiques
intra-entreprise, rassemblant l’ensemble des partenaires commerciaux
avec un but commun d’optimisation et d’efficience.
Simchi-Levi et al., La gestion d’une chaîne logistique (ou Supply Chain Management)
2000 est un ensemble d’approches utilisées pour intégrer efficacement les
fournisseurs, les producteurs, les distributeurs, de manière à ce que la
marchandise soit produite et distribuée à la bonne quantité, au bon
endroit et au bon moment dans le but de minimiser les coûts et
d’assurer le niveau de service requis par le client.
Geunes et Chang, La gestion de la chaîne logistique est la coordination et l’intégration
2001 des activités de la chaîne logistique avec l’objectif d’atteindre un
avantage compétitif viable. La gestion de la chaîne logistique
comprend donc un large panel de problématiques stratégiques,
financières et opérationnelles.
Rota-Franz et al., Faire du “Supply Chain Management” signifie que l’on cherche à
2001 intégrer l’ensemble des moyens internes et externes pour répondre à
la demande des clients. L’objectif est d’optimiser de manière
simultanée et non plus séquentielle l’ensemble des processus
logistiques.
Dominguez et L’intérêt du Supply Chain Management (SCM) est de faciliter les
Lashkari, 2004 ventes en positionnant correctement les produits en bonne quantité,
au bon endroit, et au moment où il y en a besoin et enfin à un coût le
plus petit possible. Le principal objectif du SCM est d’allouer
efficacement les ressources de production, distribution, transport et
d’information, en présence d’objectifs conflictuels, dans le but
d’atteindre le niveau de service demandé par les clients au plus bas
prix.
Tableau 2 : Définitions de la gestion de la chaîne logistique
- Les flux de la chaine logistique
Une chaine d’approvisionnement repose sur trois types de flux : l’information, les matériaux
et les finances. Ces flux sont souvent définis par des contrats entre entreprises, qui précisent
les responsabilités de chacune.
o Flux physiques
Définition 1 : Appelés également flux des produits, les flux physiques décrivent la circulation
des matières entre les différents maillons de la chaine. Ces matières peuvent être des
composantes, des produits semi finis ou des pièces des rechanges. Ces flux constituent le
cœur d’une chaîne logistique, sans lesquels les autres flux n’existeraient pas. Ces flux peuvent
circuler dans le sens des fournisseurs vers les clients et dans le sens inverse c'est-à-dire dans le
sens de logistique inverse y compris le retour des produits non conformes à réparer où des
produits à recycle (Faiza Hamdi, 2017).
Définition 2 : Le flux physique est constitué par le mouvement des marchandises transportées
et transformées depuis les matières premières jusqu’aux produits finis en passant par les
divers stades de produits semi-finis. Il justifie l’organisation d’un réseau logistique, c’est-à-
dire les différents sites avec leurs ressources de production, les moyens de transports pour
relier ces sites et les espaces de stockage nécessaires pour pallier les aléas et faire tampon
entre deux activités successives. En bref, l’écoulement du flux physique résulte de la mise en
œuvre des diverses activités de manutention et de transformation des produits quel que soit
leur état. Le flux physique est généralement considéré comme étant le plus lent des trois flux
(Julien Francois, 2007).
o Le flux financier
Définition 1 : Les flux financiers constituent les échanges des valeurs monétaires. C’est la
contrepartie des flux physique tels que la production, le transport, le stockage, le recyclage,
etc. Ils sont également utilisés comme un indicateur de performance et du bon fonctionnement
de ces activités. (Faiza Hamdi, 2017).
Définition 2 : Le flux financier concerne toute la gestion pécuniaire des entreprises : ventes
des produits, achats de composants ou de matières premières, mais aussi des outils de
production, de divers équipements, de la location d’entrepôts, … et bien sûr du salaire des
employés. Le flux financier est généralement géré de façon centralisée dans l’entreprise dans
le service financier ou comptabilité, en liaison toutefois avec la fonction production par les
services achats et le service commercial. Sur le long terme, il correspond aussi aux
investissements lourds tels que la construction de nouveaux bâtiments et de lignes de
fabrication. Encore s’agit-il d’échanges avec des organismes bancaires extérieurs au réseau
d’entreprises (Julien Francois, 2007).
o Le flux d’information
Définition 1 : Le flux d’information est l’ensemble des transactions d’échanges et du transfert
des informations et des données entre les différents acteurs et partenaires de la chaine
logistique. Le but ici est d’assurer le bon fonctionnement des différents maillons de la chaîne
logistique. Le flux d’information est bidirectionnel. Ce flux permet de faire le lien entre le
flux physique et financier. Des systèmes d’information tels que les ERP (Entreprise Resources
Planing) et les EDI (Electronic Data Interchange) ont été développés comme support
technique qui permet d’assurer les échanges d’informations entre les entreprises (Faiza
Hamdi, 2017).
Définition 2 : Le flux d’information représente l’ensemble des transferts ou échanges de
données entre les différents acteurs de la chaîne logistique. Il s’agit en premier lieu des
informations commerciales, notamment les commandes passées entre clients et fournisseurs.
Une commande comprend généralement la référence du produit, la quantité commandée, la
date de livraison souhaitée et le prix éventuellement négocié lors de la vente. D’autres
éléments peuvent s’ajouter à cette liste : la liste des options désirées pour le produit, la
fréquence de livraison si besoin, … Mais les entreprises s’échangent aussi des informations
plus techniques : paramètres physiques du produit, gammes opératoires, capacités de
production et éventuellement de transport, informations de suivi des niveaux de stock. Ces
dernières sont de plus en plus réclamées par les clients qui souhaitent connaître l’état
d’avancement de fabrication de leur produit. De manière plus générale, le principe de
traçabilité se traduit par un droit de regard accru du client envers le fournisseur (Dupuy et al.,
2004). Le flux d’information est de plus en plus rapide grâce aux progrès des TIC. Le
développement des flux d’information au sein de la chaîne logistique trouve ses limites dans
le besoin de confidentialité entre acteurs. Par ailleurs, le problème de la qualité des données
véhiculées subsiste, et le risque existe que des décisions soient basées sur des données
erronées ou simplement périmées (Julien Francois, 2007).
Figure 3 : Flux de la chaîne logistique : Faiza Hamdi, 2017.
- 2.2. Principes de gestion
Une gestion efficace de la chaine d’approvisionnement repose sur plusieurs principes de base
qui permettent de mieux coordonner les flux, de réduire les couts et d’améliorer la
performance globale des entreprises. Ces principes sont largement étudiés dans la littérature
scientifique et académique.
Intégration et coordination des flux
L’un des grands principes de la gestion de la chaine d’approvisionnement est l’intégration des
flux matériels, informationnels et financiers entre les différents acteurs (fournisseurs,
fabricants, distributeurs, clients). Une coordination efficace permet d’éviter les ruptures de
stock et les excédents, améliorant ainsi la liquidité des opérations (Christopher, 2016). Une
approche collaborative, facilitée par les technologies numériques, joue un rôle crucial dans
cette intégration (Hamdi, 2017).
Visibilité et suivi :
La transparence de la chaine d’approvisionnement est essentielle pour mieux répondre aux
imprévus. L’utilisation de technologies telles que les systèmes de planification des ressources
d’entreprise et le big data permet de suivre les flux et les inventaires en temps réel, ce qui
réduit les incertitudes et facilite la prise de décision (Flaus, 2003). De plus, la traçabilité des
produits est devenue une nécessite, en particulier dans des secteurs tels que la fabrication
alimentaire et pharmaceutique, où la conformité règlementaire est stricte (Hamdi, 2017).
Synchronisation des processus :
Le principe de synchronisation vise à aligner les processus d’approvisionnement, de
production et de distribution pour assurer un flux continu et éviter les goulots d’étranglement
(Cashon et Fisher, 2000). Selon un article publié dans la Revue Française de Management
(2007), la planification avancée permet d’ajuster les opérations en temps réel en fonction de
l’évolution de la demande, assurant ainsi une meilleure performance globale.
Gestion des risques et flexibilité :
Les risques associés aux ruptures d’approvisionnement, aux fluctuations de la demande et aux
perturbations externes nécessitent une approche proactive de la gestion des risques. Il est
généralement recommandé de diversifier les fournisseurs, de constituer des stocks de sécurité
et d’utiliser des outils de simulation (Hamdi, 2017). Une étude sur les chaines
d’approvisionnement mondiales souligne l’importance de la flexibilité et de la redondance
pour renforcer la résilience face aux crises (Sheffey, 2005).
Optimisation des couts et réduction des déchets :
L’application des principes de la chaine d’approvisionnement allégée vise a réduire les
déchets tout en maximisant la valeur pour le client. L’élimination des activités non
productives, l’amélioration des itinéraires de transport et la gestion efficace des stocks sont
des outils essentiels pour réduire les couts (Flaus, 2003). De plus, le modèle 4PL permet
l’externalisation de certaines fonctions logistiques pour mieux maîtriser les dépenses
(Management Science Review, 2018).
Innovation et numérisation :
L’intégration de nouvelles technologies, telles que l’intelligence artificielle « AI », la
blockchain et l’Internet des Objets « IOT » transforme la gestion de la chaine
d’approvisionnement. Ces innovations permettent d’automatiser les processus, d’améliorer la
prise de décision et de renforcer la sécurité des données offre un avantage concurrentiel en
facilitant la prédiction des tendances du marché.
- 2.3. Importance de la synchronisation entre les différents maillons de la chaîne.
La synchronisation des différents maillons de la chaine d’approvisionnement est un levier
essentiel pour assurer une liquidité opérationnelle et une interaction optimale face aux
fluctuations de la demande. En alignant précisément les processus d’approvisionnement, de
production et de distribution, chaque acteur de la chaine -des fournisseurs aux distributeurs-
peut adapter ses opérations en temps réel, réduisant ainsi les déséquilibres tels que les ruptures
des stocks ou les stocks excédentaires. Par exemple, lorsqu’un fabricant reçoit des données
mises a jour sur les commandes des clients via un système ERP intégré, il peut
immédiatement ajuster sa production, optimisant ainsi l’utilisation des ressources et réduisant
les coûts d’inventaire (Flaus, 2003).
Hamdi (2017) souligne l’importance cruciale de synchroniser le flux d’informations. En
mettant en œuvre des systèmes de suivi en temps réel et des outils d’analyse prédictive, les
Entreprises peuvent rapidement ajuster les niveaux de stock et réagir aux perturbations
externes, telles que les retards de livraison ou les changements soudains de la demande. Cette
adaptabilité renforce la flexibilité de la chaine d’approvisionnement, ce qui permet de
maintenir la continuité du service même en période de grande incertitude.
De plus, l’article publie dans la Revue Française de Management (2007) souligne que
l’utilisation d’outils technologique avances et d’une planification intégrée favorise une
coordination efficace de tous les maillons de la chaine. Grace a ces technologies, les
informations circulent de manière fluide entre les partenaires, ce qui permet de coordonner les
rythmes opérationnels et de réduire considérablement les temps de réaction en cas
d’imprévus. Cette intégration technologique se traduit par une amélioration significative de la
performance globale de la chaine d’approvisionnement, renforçant ainsi la compétitivité de
l’entreprise sur un marché en constante évolution.