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Mat121 Ec2

Ce document présente un cours sur la théorie des ensembles et les structures algébriques, en se concentrant sur les groupes, les anneaux et les corps. Il aborde des concepts fondamentaux tels que les lois de composition, les groupes symétriques, et les propriétés des magmas, monoïdes et éléments régulier. Le texte inclut également des définitions, des exemples et des exercices pour illustrer ces notions.

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Logique - Théorie des ensembles -

Structures algébriques

Cours et exercices conçus et rédigés par:

FOTUE TABUE Alexandre

3 octobre 2024
Table des matières

1 La structure d’un groupe 1


1.1 Lois de composition sur un ensemble non vide . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
1.2 Groupes, Sous-groupes, groupe engendré . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.3 Morphismes de groupes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.4 Sous-groupe distingué . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.5 Ordre d’un élément . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12

2 Le groupe symétrique 16
2.1 Permutation d’un ensemble fini . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
2.2 Composition, décomposition, et inverse d’une permutation . . . . . . . . . . . . . . . . 18
2.2.1 Composition de permutations et inverse d’une permutation . . . . . . . . . . . . 18
2.2.2 Décomposition d’une permutation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
2.3 La signature d’une permutation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24

3 Anneaux et corps 27
3.1 La structure d’anneaux et corps . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
3.2 Sous-ensembles remarquables d’un anneau, anneau quotient . . . . . . . . . . . . . . . 30
3.3 Morphisme d’anneaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
3.4 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36

Bibliographie 38

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? ? Chapitre Un ? ?

La structure d’un groupe

1.1 Lois de composition sur un ensemble non vide

Dans cette section, E est un ensemble non vide. L’intérêt d’une étude générale de la notion d’opé-
ration sur des éléements de E. est donc de saisir ce qui ne dépend que de leurs relations et de nature
(nombres, vecteurs, etc.).

Définition 1.1.1

Une lois de composition sur E est toute application de E 2 dans E.

Notation 1.1. Plutôt que Ψ(x, y), on note souvent le résultat de l’opération Ψ de x par y à l’aide d’un
symbole, par exemple ?, à la manière de l’addition + et de la multiplication × usuelles : Ψ(x, y) = x ? y.

Définition 1.1.2

Un magma est un ensemble M non vide muni d’une loi de composition interne ?. On le note (M; ?).

Exemple 1.1. Soit P(E) l’ensemble des parties de E. Les couples (P(E); ∩), (P(E); ∪) et (P(E); ∆)
sont des magmas.

Lorsque E est fini, à la manière des tables d’addition et de multiplication de notre enfance, on peut
définir une loi de composition par la donnée d’une table dans laquelle figurent tous les résultats des
opérations x ? y pour x et y dans E. Ce tableau est parfois appelé table de Cayley de la loi ?. Ainsi
E := {a1 , a2 , · · · , an }, la table de Cayley du magma (E; ?) est :

? a1 a2 ··· an
a1 a1 ? a1 a1 ? a2 ··· a1 ? an
a2 a2 ? a1 a2 ? a2 ··· a2 ? an
.. .. .. ..
. . . .
an an ? a1 an ? a2 ··· an ? an

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1.1 Lois de composition sur un ensemble non vide 2

Exemple 1.2. Dresser la table de Cayley de la loi ∆ sur P({0; 1}).


I On a : P({0; 1}) = {∅; {0}; {1}; {0; 1}} et

∆ ∅ {0} {1} {0; 1}


∅ ∅ {0} {1} {0; 1}
{0} {0} ∅ {0; 1} {1}
{1} {1} {0; 1} ∅ {0}
{0; 1} {0; 1} {1} {0} ∅

D’une manière générale, effectuer des opérations successives sur un ensemble E non vide à l’aide
d’une loi de composition ? soulève quelques problème. Par exemple, il faut avoir conscience que l’ex-
pression x ? y ? z n’a aucune sens car on peut l’interpréter de deux manière différentes : (x ? y) ? z ou
x ? (y ? z), ces deux éléments de E n’ayant aucune raison en général d’être égaux. L’écriture a2 définie
par a2 = a ? a ne pose aucun problème au contraire de la forme an pour n ≥ 3, qui n’a aucun sens
car on ne sait pas s’il faut calculer an−1 ? a ou a ? an−1 . La notion d’associativité permet de lever cette
difficulté. 1 Au-delà de cette première difficulté, on prendra garde aux réflexes dus à la pratique exclu-
sive du calcul dans C : l’égalité (a ? b)2 = a2 ? b2 n’est pas vérifiée en général. En effet, par défintion
(a ? b)2 = (a ? b) ? (a ? b) et rien a priori nous auorise à rigroupe ces terme en a2 ? b2 , à moins que la
loi ? ne soit associative et commutative.

Définition 1.1.3

Soient ? une loi de composition sur E et e ∈ E. On dit que

1) ? est commutative, si (∀(x, y) ∈ E 2 )(x ? y = y ? x).

2) ? est associative, si (∀(x, y, z) ∈ E 3 )((x ? y) ? z = x ? (y ? z)).

3) e est un élément neutre à gauche pour ?, si (∀x ∈ E)(x ? e = x).

3) e est un élément neutre à droite pour ?, si (∀x ∈ E)(e ? x = x).

3) e est un élément neutre pour ?, si (∀x ∈ E)(x ? e = e ? x = x).

Les lois usuelles + et × définies sur C sont associations, commutatives et admettent 0 et 1 pour
élément neutres respectifs.

Test 1.1. Comment lit-on immédiatement sur sa table de Cayley d’un magma (M; ?) que ? est admet
un élément neutre ?

Test 1.2. Comment lit-on immédiatement sur sa table de Cayley d’un magma (M; ?) que ? est com-
mutative ?
1. Il semble d’ailleurs que l’associativité soit le minimum requis pour espérer des règles de calcul simples.

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1.1 Lois de composition sur un ensemble non vide 3

Test 1.3. Le produit vectoriel des vecteurs de l’espace à trois dimensions est-il commutatif ? Associa-
titif ? Admet-il un élément neutre ?

Test 1.4. Quelles sont les propriétés de la loi ∆ sur P(E) ?

Proposition 1.1.1

Soit (E; ?) un magma. Si ? admet un élément neutre, alors celui-ci est unique.

Preuve. Soient e1 et e2 deux éléments neutres de ?. On a : e1 = e1 ? e2 = e2 .

Définition 1.1.4

Un magma (E; ?) est un monoïde, si ? est associative et admet un élément neutre.

Exemple 1.3. Les magmas (N; +), (N; ×), (Z; +), (Z; ×), (R; +), (R; ×), (C; +), (C; ×), (E E ; ◦) et (P(E); ∆)
sont des monoïdes.

Notation 1.2. Soient (M; ?) un monoïde d’élément neutre e, a ∈ M et n ∈ N. On note a0 = e et


a?n = a ? a?(n−1) . En particulier, si la loi ? est additive on écrira a?n = na, et si la loi ? est multiplcative
on écrira a?n = an .

Il s’agit de généraliser la notion d’inverse bien connue pour l’addition et le produit des nombres
complexes : on dit que z dans C admet un opposé pour + s’il existe z0 dans C tel que z + z0 = 0 ; on dit
que z dans C admet un inverse pour × s’il existe z0 dans C tel que z × z0 = 1. L’opposé de z sera noté −z
et l’inverse de z sera noté z−1 .

Définition 1.1.5

Soit (E; ?) un monoïde d’élément neutre e. Un élément x de E est dit

1 symétrisable à gauche, (∃y)(y ? x = e). Un tel élément y est appelé un symétrique à gauche
de x pour la loi ?.

2 symétrisable à droite, (∃y)(x ? y = e). Un tel élément y est appelé un symétrique à droite de
x pour la loi ?.

3 symétrisable, (∃y)(y ? x = x ? y = e). Un tel élément y est appelé un symétrique de x pour


la loi ?.

On prendra garde à ce que l’existe d’un inverse à droite et d’un inverse à gauche n’implique pas
l’existence d’un inverse en général. L’unicité d’un éventuel inverse n’est pas assurée en général. On
parlera donc d’un symétrique et non de l’symétrique d’un élément x.

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1.1 Lois de composition sur un ensemble non vide 4

Exemple 1.4. Soit E = {a, b, c, d} muni de la loi ? définie par la table de Cayley suivante :

? a b c d
a a b c d
b b a a c
c c a c a
d d a b d
L’élément a est neutre pour ?. L’élément d est symétrisable à droite (car d ? b = a) et à gauche (car
c ? d = a) mais pas inversible. L’élément b admet deux symétriques : b (car b ? b = a) et (car b ? c = a
et c ? b = a).

Proposition 1.1.2

Soit (E; ?) un monoïde et x ∈ E. Si x admet un symétrique, alors celui-ci est unique. On le notera
x.
e

Preuve. Notons e l’élément neutre pour la loi ?. Soient y1 et y2 deux symétriques de x pour la loi ?. On
a : x ? y1 = y1 ? x = e et y2 ? x = x ? y1 = e. Donc (y1 ? x) ? y2 = e ? y2 = y2 et y1 ? (x ? y2 ) = y1 ? e = y1 .
Par associativité de ?, on a : y1 = y2 .

La notion de régularité permet de généraliser à une loi ? quelconque le raisonnement suivant : pour
tout x réel non nul, (∀(a, b) ∈ C2 )((a × x = b × x) ⇒ (a = b)).

Définition 1.1.6

Soit (E; ?) un magma. Un élément x de E est

1 régulier à gauche pour ?, si (∀(y1 , y2 ) ∈ E 2 )((x ? y1 = x × y2 ) ⇒ (y1 = y2 )).

2 régulier à droite pour ?, si (∀(y1 , y2 ) ∈ E 2 )((y1 ? x = y2 × x) ⇒ (y1 = y2 )).

3 régulier, s’il est régulier à gauche et à droite.

Exemple 1.5. Dans N2 muni de la loi (n, m) ? (n0 , m0 ) = (nn0 , mm0 ), l’élément (1; 0) n’est pas régulier
à gauche car (1; 0) ? (2; 3) = (1; 0) ? (2; 5) et (2; 3) , (2; 5). Par contre, (1; 1) est régulier à gauche, et
à droite. De plus, (1; 0) n’est pas régulier à droite.

L’exemple le plus important d’élément régulier est celui des éléments symétriques d’un monoïde
(M; ?).

Proposition 1.1.3

Tout élément symétrique d’un monoïde (E; ?) est régulier.

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1.2 Groupes, Sous-groupes, groupe engendré 5

Preuve. Soit x ∈ E. Notons e l’élément neutre pour la loi ?. Supposons que x est un élément de M
symétrique pour la loi ?. Soit (y1 , y2 )inE 2 tel que x ? y1 = x × y2 . On a : e
x ? (x ? y1 ) = e
x ? (x × y2 ), par
associativité de ?, on a : y1 = (e
x ? x) ? y1 = (e
x ? x) × y2 = y2 . Donc x est régulier à gauche. On prouve
de la même façon la régularité à droite.

En particulier, dans un monoïde (E; ?), pour tout élément symétrisable x pour la loi ?, on a :

(∀(y, z) ∈ E 2 )((x ? y = x × z) ⇔ (y = z)).

Test 1.5. Soient (M; ?) un monoïde et a un élément de M symétrisable pour la loi ?. Résoudre dans M
l’équation a ? x = b pour tout b dans M.

Test 1.6. Soient (M; ?) un monoïde, cinM ; a et b deux éléments de M symétrisables pour la loi ?.
Résoudre dans M l’équation a ? x ? b = c.

Définition 1.1.7

Soit (E; ?) un magma. La relation binaire R sur E est

1) compatible à gauche avec la loi ?, si (∀(x, y, z) ∈ E 3 )((xRy) ⇒ (z ? xRz ? y)).

2) compatible à droite avec la loi ?, si (∀(x, y, z) ∈ E 3 )((xRy) ⇒ (x ? zRy ? z)).

3) compatible avec la loi ?, si R est compatible à gauche et à droite avec la loi ?.

Exemple 1.6. Considérons le magma ([0; +∞[; ×). On vérifie que la relation ≤ est compatible avec ×.
Mais pour le magma (R; ×), la relation ≤ n’est pas compatible avec ×.

Proposition 1.1.4

Soit (E; ?) un magma. La relation binaire R sur E est compatible, si et seulement si (∀(x, y, z, t) ∈
E 4 )((xRytextetzRt) ⇒ (x ? zRy ? t)).

Preuve. En exercice.

1.2 Groupes, Sous-groupes, groupe engendré

Soit G un ensemble non vide et ? une loi de composition interne sur G.

Définition 1.2.1

Un monoïde (G; ?) est un groupe, si tout élément de G est symétrisable pour la loi ?. Si de plus la
loi ? est commutative, on qualifiera le groupe (G; ?) d’être abélien.

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1.2 Groupes, Sous-groupes, groupe engendré 6

x+y
Test 1.7. Montrer que (] − 1; 1[; ?) est un groupe, où x ? y := 1+xy .

Exemple 1.7. Voici quelques exemples de groupes rencontrés au cours des chapitres précédents.

I (Z; +), (D; +), (Q; +), (R; +) et (C; +) où + est l’addition usuelle des nombres.

I (Q∗ ; +), (R∗ ; ×) et (C∗ ; ×) où × est la multiplication usuelle des nombres.

I (S(E); ◦) où E est un ensemble, S(E) ensemble des permutations de E, et ◦ la composition d’ap-


plication.

Test 1.8. Soit E un ensemble et P(E) l’ensemble des partie(s) de E. Montrer que (P(E); ∆) est groupe
abélien.

Test 1.9. Dans un monoïde (M; ?) d’élément neutre e. Si x ? y = e, peut-on dire que x est le symétrique
de y ? Si (M; ?) est un groupe, peut-on en déduire que y est le symétrique de x ?

On peut facilement construire de nouveaux groupes à partir de deux groupes (G1 ; ?) et (G2 ; ) par
produit direct des lois de composition ? et .

Proposition 1.2.1

(Groupe produit) Soient (G1 ; ?) et (G2 ; ) deux groupes. L’ensemble G1 × G2 muni de la loi ⊗

(x1 ; x2 ) ⊗ (y1 ; y2 ) = (x1 ? y1 ; x2  y2 )

est un groupe appelé groupe produit de (G1 ; ?) et (G2 ; ).

Preuve. En exercice.
n
Ainsi le groupe produit des groupes (Gk ; ?k ) où 1 ≤ k ≤ n est (G; ?) où G =
Q
et
k=1

(x1 ; x2 ; · · · ; xn ) ? (y1 ; y2 ; · · · ; yn ) = (x1 ?1 y1 ; x2 ?2 y2 ; · · · ; xn ?n yn ).

Un sous-groupe d’un groupe (G; ?) d’élément neutre e, est une partie non vide H de G qui, munie de
la loi ?|H induite par celle de G confère à H une structure de groupe. Par exemple, les sous-ensembles
{e} et G sout des groupes. On les appelle les sous-groupes triviaux de (G; ?).

Définition 1.2.2

Soit (G; ?) un groupe et ∅ , H ⊆ G. On dit que H est un sous-groupe de (G; ?), note H ≤ (G; ?),
si (H; ?|H ) est un groupe.

Exemple 1.8. L’ensemble Z est un sous-groupe du groupe (R; +), mais Z n’est pas un sous-groupe du
groupe (R; ?) où x ? y := x3 + y3 .
p3

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1.2 Groupes, Sous-groupes, groupe engendré 7

Test 1.10. Soit (G; ?) un groupe et Z(G; ?) := {x ∈ G : (∀g ∈ G)(x ? g = g ? x)}. Montrer que Z(G; ?)
est un sous-groupe de (G; ?), appelé centre du groupe (G; ?).

Continuons notre raisonnement. Un sous-groupe H d’un groupe (G; ?) est en aprticulier un monoïde :
l’associativité de la loi ? sur H découlant de l’associativité de ? de G, cette propriété se résume à
l’existence d’un élément neutre eH , qui pourrait être distinct a priori du neutre eG de (G; ?). Mais on a
en fait égalité, comme le montre le lemme suivant.

Lemme 1.2.1

Soit H un sous-groupe de (G; ?). Alors eH = eG et les symétriques d’un élément de H dans les
groupes (H; ?|H ) et (G; ?) coïncident.

Preuve. En exercice.

Proposition 1.2.2

(Caractérisation des sous-groupes). Soient (G; ?) un groupe et H ⊆ G. Alors les conditions sui-
vantes sont équivalentes.

1 H est un sous-groupe de (G; ?).

2 (eG ∈ H) ∧ ((∀(x, y) ∈ H 2 )(x ? y ∈ H)) ∧ ((∀x ∈ H)(e


x ∈ H)).

x ? y ∈ H)).
3 (eG ∈ H) ∧ ((∀(x, y) ∈ H 2 )(e

Preuve. En exercice.

Proposition 1.2.3

Soit (G; ?) un groupe. Toute intersection de sous-groupes de (G; ?) est un sous-groupe de (G; ?).

Preuve. En exercice.

Test 1.11. Soit (G; ?) un groupe, H et K deux sous-groupes de (G; ?).

1 G\H est-il un sous-groupe de (G; ?) ?

2 H ∪ K est-il un sous-groupe de (G; ?) ?

3 H∆K est-il un sous-groupe de (G; ?) ?

Test 1.12. Soit (Hn )n∈N une suite de sous-groupes d’un groupe (G; ?) telle que (∀n ∈ N)(Hn ⊆ Hn+1 ).
Hn est un sous-groupe de (G; ?).
S
Établir que
n∈N

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1.3 Morphismes de groupes 8

Proposition 1.2.4

Soient (G; ?) un groupe et S ⊆ G. L’intersection de tous les sous-groupes de (G; ?) contenant S est
le plus petit sous-groupe (au sens de l’inclusion) de (G; ?) contenant S .

Preuve. En exercice.

Le plus petit sous-groupe (au sens de l’inclusion) de (G; ?) contenant S s’écrira hS i. On lira sous-
groupe de (G; ?) engendré par S .Dans la cas où S est fini, et S = {a1 , a1 , · · · , ak }, on écrit de préférence
h a1 , a1 , · · · , ak i au lieu de h{a1 , a1 , · · · , ak }i. Il est clair que h∅i = {eG }. En outre, si (∀e ∈ G)(a2 = eG ),
on a clairement h a i = {eG ; a}.

Définition 1.2.3

Soient (G; ?) un groupe et S ⊆ G.

1 On dit qu’un groupe (G; ?) est engendré par S , si G = h S i.

2 On dit que S est une partie génératrice de (G; ?), si G = h S i.

3 On dit qu’un groupe (G; ?) est monogène, s’il existe a dans G tel que G = h a i.

Test 1.13. Le groupe (Z; +) est-il monogène ?

Test 1.14. Dans le groupe (P(E); ∆) où E = {0; 1}, on note a := {0} et b := {1}. Déterminer les
sous-groupes suivants :
h a i, h b i, h ∅ i, h ∅, a i, h a, b i, h E i.

Test 1.15. Montrer que H est un sous-groupe de (Z; +) si et seulement s’il existe un entier naturel n tel
que H = nZ.

1.3 Morphismes de groupes

Soient (G; ?) et (G0 ; ) deux groupes.

Définition 1.3.1

Une application f : G → G0 est un morphisme du groupe (G; ?) dans le groupe (G0 ; ), si pour tout
(x1 , x2 ) dans G2 ,
f (x1 ? x2 ) = f (x1 )  f (x2 ).

Exemple 1.9. Voici divers exemples issus des cours d’algèbre et d’analyse.

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1.3 Morphismes de groupes 9

1 La fonction exponentielle exp : (C; +) → (C∗ ; ×) est un morphisme de groupes.

2 Le logarithme népérien ln : (R∗+ ; ×) → (R; +) est un morphisme de groupes.

3 La fonction f : (R; +) → (U; ×) définie par f (t) = eit est un morphisme de groupes, où U := {z ∈
C : |z| = 1};

4 Soit k dans Z. La fonction g : (Z; +) → (Z; +) définie par g(n) = kn est un morphisme de groupes.

Proposition 1.3.1

Soit f : (G; ?) → (G0 ; ) un morphisme de groupes. On note e et e0 les éléments neutres respectifs
pour les lois ? et . Alors f (e) = e0 et pour tout x dans G, f (e
x) = fg
(x).

Preuve. En exercice.

Définition 1.3.2

Soit f : (G; ?) → (G0 ; ) un morphisme de groupes. On note e l’élément neutre pour la loi ?.

1 Le noyau de f , noté Ker( f ), est l’ensemble f −1 ({e}).

2 L’image de f , notée Im( f ), est l’ensemble f (G).

Proposition 1.3.2

Soient f : (G; ?) → (G0 ; ) un morphisme de groupes, a ∈ G0 et x0 ∈ G tel que f (x0 ) = a. On


note e0 l’élément neutre pour la loi . Alors l’ensemble des solution(s) de l’équation f (x) = a est
{x ∈ G : f (x ? xe0 ) = e0 }. De plus,

{x ∈ G : f (x ? xe0 ) = e0 } = x0 ? Ker( f ) = Ker( f ) ? x0 .

Preuve. En exercice.

Proposition 1.3.3

Soit f : (G; ?) → (G0 ; ) un morphisme de groupes.

1 H est un sous-groupe de (G; ?), alors f (H) est un sous-sous groupe de (G0 ; ). En particulier,
Im( f ) est un sous-groupe de (G0 ; ).

2 Si H 0 est un sous-groupe de (G0 ; ), alors f −1 (H 0 ) est un sous-sous groupe de (G; ?). En
particulier, Ker( f ) est un sous-sous groupe de (G; ?).

Preuve. En exercice.

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1.3 Morphismes de groupes 10

Proposition 1.3.4

Soit f : (G; ?) → (G0 ; ) un morphisme de groupes. Alors f est injective, si et seulement si


Ker( f ) = {e}.

Preuve. En exercice.

Définition 1.3.3

Soit f : (G; ?) → (G0 ; ) un morphisme de groupes.

1 f est endomorphisme, si G = G0 . On note End(G) l’ensemble des endomorphismes de G.

2 f est monomorphisme, si f est injectif.

3 f est épimorphisme, si f est surjectif.

4 f est isomorphisme, si f est bijectif.

5 f est automorphisme, si f est un endomorphisme bijectif. On note Aut(G) l’ensemble des


automorphismes de G.

Test 1.16. Montrer que f : (Z; +) → (2Z; +) définie par f (n) = 2n est un isomorphisme de groupes.

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1.4 Sous-groupe distingué 11

1.4 Sous-groupe distingué


Lemme 1.4.1

(g)
Soient (G; ?) un groupe et H un sous-groupe de G. Considérons les relations binaires RH et R(d)
H
sur G definies par :
(g)
x ? y ∈ H, et xR(d)
xRH y, si e H y, si y ? e
x ∈ H.

Alors
(g)
1 RH et R(d)
H sont des relations d’équivalente sur G.

2
(g)
G/RH = {g ? H : g ∈ H} et G/R(d)
H = {H ? g : g ∈ H},


g ? H := {g ? h : h ∈ H} et H ? g := {h ? g : h ∈ H}.

3 L’application

(g)
G/RH → G/R(d)
H
(1.1)
g?H → H?g

est bijective.

Preuve. En exercice.

Théorème 1.4.1

(Lagrange) Soient (G; ?) un groupe et H un sous-groupe de G. Si G est fini, alors |H| divise |G|.

Preuve. En exercice.

Proposition 1.4.1

(g)
Soit (G; ?) un groupe et H un sous-groupe de (G; ?). La relation d’équivalence RH est compatible
avec la loi ? si et seulement si pour tout g dans G, on a g ? H = H ? g.

Preuve. En exercice.

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1.5 Ordre d’un élément 12

Définition 1.4.1

Soit (G; ?) un groupe. Un sous-groupe H de (G; ?) est distigué, on note H E (G; ?), si pour tout g
dans G, on a g ? H = H ? g.

Proposition 1.4.2

Soit f : (G; ?) → (G0 ; ) un morphisme de groupes. Alors Ker( f ) est un sous-groupe distigué de
(G; ?).

Preuve. En exercice.

1.5 Ordre d’un élément

Soit (G; ?) un groupe d’élément neutre e et pour tout élément g de G, on définit l’application

ϕg : (Z; +) → (G; ?)
k 7→ g?n .

Proposition 1.5.1

L’application ϕg : (Z; +) → (G; ?) est un morphisme de groupes.

Preuve. En exercice.

Définition 1.5.1

Soit (G; ?) un groupe d’élément neutre e.

1 L’ordre d’un groupe (G; ?) est |G|.

2 L’ordre d’un élément g de G, noté ord(g), est l’entier naturel n tel que Ker(ϕg ) = nZ.
Lorsque n = 0, on dit que g est d’ordre infini.

3 L’exposant d’un groupe (G; ?), noté exp(G), est defini par : exp(G) := min{k ∈ N / (∀g ∈
G)(g?n = e)}.

Proposition 1.5.2

Si g est un élément d’ordre fini égal à n d’un groupe (G; ?), alors ord(g) = |h g i|.

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1.5 Ordre d’un élément 13

Preuve. En exercice.

Proposition 1.5.3

Si (G; ?) est un groupe fini d’élément neutre e et g ∈ G. Alors g est un élément d’ordre fini et
ord(g) divise |G|. De plus pour tout g dans G, on a : g|G| = e.

Preuve. En exercice.

Test 1.17. Soient (G; ?) est un groupe fini d’élément neutre e, et g ∈ G\{e}.

1 Si pour tout g ∈ G\{e} on a : g2 = e, alors |G| est pair.

2 Si |G| = 3 alors G est monogène.

Test 1.18. Soient f : (G; ?) → (G0 ; ) un isomorphisme de groupes, et g ∈ G. Montrer que ord( f (g)) =
ord(g).

Exercice 1.1. Parmi les ensembles suivants dire lesquels sont des groupes et lesquels ne le sont pas.
Justifier votre réponse.

1 L’ensemble des nombres entiers muni de la soustraction.

2 L’ensemble R des nombres réels muni de l’opération ◦ définie par : a ◦ b = a + b + 2.

3 L’ensemble des nombres impaires muni de la multiplication.

Exercice 1.2. Montrer que le groupe G × H est abélien si et seulement si G et H sont abéliens.

Exercice 1.3. Montrer que le relation R définie sur Z par : xRy⇔x + y est pair est une relation
d’équivalence, et déterminer ses classes déquivalences.

Exercice 1.4. Est-ce que la rélation définie sur Z par xRy⇔ x + y est divisible par 3 est une rélation
d’équivalence.

Exercice 1.5. Soit G un groupe tel que g2 = eG pour tout g ∈ G. Prouver que G est un groupe abélien.

Exercice 1.6. Donner un exemple de groupe G avec deux de ses sous-groupes H et K tels que H ∪ K
ne soit pas un sous-groupe de G.

Soient (G; ∗) un groupe d’élément neutre e, et a ∈ G. Pour tout k ∈ N, posons ak := a| ∗ a {z a.


∗ · · · ∗}
k fois

Exercice 1.7. Soit (G; ∗) un groupe d’élément neutre e, (a, b, c) ∈ G3 , et n ∈ N\{0}.

1 Montrer que (a ∗ b)n = e si et seulement si, (b ∗ a)n = e.

2 Montrer que si pour tout g ∈ G, g ∗ g = e, alors ∗ est commutative dans G.

3 On pose x := a ∗ b ∗ a0 . Exprimer xn en fonction de bn , a et a0 .

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1.5 Ordre d’un élément 14

4 Monter que si b6 = e et a ∗ b = b4 ∗ a, alors b3 = e et ab = ba.

5 Montrer que si (G; ∗) est monogène, alors ∗ est commutative dans G.

6 Soient H et K deux sous-groupes de (G; ∗). Montrer que H ∪ K est un sous-groupe de (G; ∗) si et
seulement si H ⊆ K ou K ⊆ H.

7 Soit l’application f : G → G définie par f (x) = x0 où x0 est le symétrique de x pour la loi ∗.


Montrer que f est un morphisme bijectif de groupes si, et seulement si la loi ∗ est commutative
dans G.

Exercice 1.8. Soient (G; ∗) un groupe, et H un sous-groupe distingué dans (G; ·) tel que G/H soit fini
d’ordre n.

1 Montrer que pour tout g ∈ G, xn ∈ G.

2 Montrer que pour tout x ∈ G, et pour tout k ∈ N, si xk ∈ H, avec pgcd(k, n) = 1, alors x ∈ H.

Exercice 1.9. Soit f : (G; ∗) → (L; ) un morphisme de groupes.

1 Montrer que pour tout a ∈ G, pour tout k ∈ Z, f (ak ) = ( f (a))k .

2 Soit H un sous-groupe dans (G; ∗). Montrer que f (H) est un sous-groupe dans ( f (L); ). A-t-on
f (H) E (L; ) ?

3 Soit K un sous-groupe distingué dans (L; ). Montrer que f −1 (K) est un sous-groupe distingué
dans (G; ∗).

Exercice 1.10. Soit (G; ∗) un groupe d’ordre 4.

1 Montrer que G contient un élément d’ordre 4 si, et seulement si (G; ∗) est cyclique.

2 On suppose que G n’est pas cyclique.

a) Montrer que tout élément de G autre que l’élément neutre est d’ordre 2. En déduire que ∗ est
commutative.

b) On pose G := {e, a, b, c} où e est l’élément neutre pour ∗ dans G. Dresser la table de Cayley de
(G; ∗). En déduire que (G, ∗) est isomorphe à (Z × Z; ⊗).

Exercice 1.11. (10 pts)


Soient (G; ∗) un groupe, et S un sous-ensemble non vide de G.

1 Considérons E := {eG } ∪ {s1 ∗ s2 ∗ · · · ∗ sn : (∃n ∈ N)(∀i ∈ {1; 2; · · · ; n})(si ∈ S ou s0i ∈ S )}.

a) Définir : sous-groupe de (G; ∗) engendré par S . Comment désigner le sous-groupe de (G; ∗)


engendré par S . ? (1 pt)

b) Montrer que E est un sous-groupe de (G; ∗) contenant par S . (2 pts)

c) En déduire que h S i = E. (1 pt)

2 Soit f : (G; ∗) → (L; ·) un morphisme de groupes. Montrer que f (h S i) = h f (S ) i. (2 pts)

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1.5 Ordre d’un élément 15

3 On suppose que la loi ∗ est notée multiplicativement.

a) Montrer que
 n 
Y ε i
 
hS i =  , ε .
 
s : (∃n ∈ N)(∀i ∈ {1; 2; · · · ; n})(s ∈ S ∈ {−1; 1})

 i i i 

 
i=1

(1 pt)

b) En déduire que h {s} i = {sk : k ∈ Z}. (1 pt)

4 On suppose que la loi ∗ est notée additivement.

a) Montrer que
 n 

X 
hS i =  ε , ε .
 
s : (∃n ∈ N)(∀i ∈ {1; 2; · · · ; n})(s ∈ S ∈ {−1; 1})

 i i i i 

 
i=1

(1 pt)

b) En déduire que h {s} i = {ks : k ∈ Z}. (1 pt)

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? ? Chapitre Deux ? ?

Le groupe symétrique

Soient n un enstier naturel non nul, et Nn := {1; 2; · · · ; n}.

2.1 Permutation d’un ensemble fini

Notation 2.1. Pour un ensemble E, on note S(E) l’ensemble des bijections de E dans E. On note
Sn := S(Nn ). Une bijection σ : Nn → Nn est aussi appelée permutation.

Plutôt qu’un diagramme de Venn fléché ou qu’une définition point par point, on représente une per-
mutation σ de Nn sous la forme d’une matrice ayant deux lignes et n colonne(s) : sur la première ligne
figurent les éléments 1; 2; · · · ; n de Nn et sur la seconde ligne leurs images par la permutation σ.
 
 1 2 ··· k ··· n 
σ :=   .
σ(1) σ(2) · · · σ(k) · · · σ(n)


L’élément neutre IdNn est représenté par :


 
 1 2 · · · k · · · n 
σ :=   .
1 2 ··· k ··· n 

Par exemple, la permutation σ de N3 définie par σ(1) = 2, σ(2) = 3 et σ(3) = 1 sera notée
 
 1 2 3 
σ :=  
2 3 1 

Grâce à cette notation, les puissances de σ (pour la loi ◦) se calculent facilement. Ainsi,
   
 1 2 3   1 2 3 
σ2 =  
 et σ3 =   = Id .
 N3
3 1 2  1 2 3 

La composition αβ, de deux permutations α et β de Sn , correspondonds à superposer deux tels dia-

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2.1 Permutation d’un ensemble fini 17

grammes de flèches, plaçant celui de α au-dessus de celui de β : Ainsi, le composé de


   
 1 2 3 4 5   1 2 3 4 5 
α :=   et β := 
 


1 2 4 3 5 3 1 2 5 4 

s’obtient en "suivant" les flèches dans la figure obtenue par cette superposition Donc

Figure 2.1 – Composition de permutation.

 
 1 2 3 4 5 
αβ =   .
4 1 2 5 3 

La même méthode permet de déterminer l’inverse de toute permutation.

Test 2.1. Écrire sous forme matricielle la permutation σ de N5 définie par σ(k) = 6 − k. Déterminer
son inverse.

Les propriétés des applications bijectives de E dans E et de la loi de composition ◦ sur S(E) prouvées
dans les chapitres précédents peuvent être résumées comme suit.

Proposition 2.1.1

Pour tout ensemble E non vide, (S(E); ◦) est un groupe. En particulier, pour tout entier naturel n
non nul, (Sn ; ◦) est un groupe appelé le groupe symétrique. Le cardinal de Sn est égal à n!.

Le résultat suivant justifie que l’étude des groupes S(E) se résumé à celle des groupes de permuta-
tions.
Proposition 2.1.2

Pour tout ensemble E de cardinal n, les groupes (S(E); ◦) et (Sn ; ◦) sont isomorphes.

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2.2 Composition, décomposition, et inverse d’une permutation 18

Preuve. On a |E| = n, il existe une bijection f : E → Nn . Considérons l’application

Ψ : S(E) → Sn
(2.1)
σ 7→ f −1 ◦ σ ◦ f.

On montrer que Ψ est isomorphisme du groupe (S(E); ◦) dans (Sn ; ◦).

Test 2.2. Écrire les tables de Cayley des groupes (Sn ; ◦) et (S3 ; ◦). Quels sont les sous-groupes de
(S3 ; ◦) ? Déterminer les sous-groupes de (S3 ; ◦) qui sont distingués.

Test 2.3. Soit n ≥ 3.Prouver que (S3 ; ◦) n’est pas abélien.

Théorème 2.1.1

(Cayley)
Tout groupe fini d’ordre n est isomorphe à un sous-groupe de (Sn ; ◦).

Preuve. Soit (G; ∗) un groupe d’ordre n. Alors il existe une bijection f : E → Nn et l’application

Ψ f : S(E) → Sn
(2.2)
σ 7→ f −1 ◦ σ ◦ f.

est un isomorphisme du groupe (S(G); ◦) dans (Sn ; ◦). Considérons l’application

Φ: G → Sn
(2.3)
g 7→ Ψ(Lg ),

Lg : G → G
(2.4)
x 7→ x ∗ g.

On montre que Φ est un monomorphisme du groupe (G; ∗) dans (Sn ; ◦).

2.2 Composition, décomposition, et inverse d’une permutation

2.2.1 Composition de permutations et inverse d’une permutation

Une permutation σ de Nn étant fixée, nous allons définir une relation d’équivalence sur Nn associée
à σ et qui permettra d’écrire la manière donc σ agit sur Nn .
On écrira indifféremment α ◦ α ou αβ la composée de deux cycles α et β de Sn . Une composition de
permutations est souvent appelée produit de permutationss.

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2.2 Composition, décomposition, et inverse d’une permutation 19

Proposition 2.2.1

La relation binaire Rσ définie sur Nn par

xRσ y si et seulement si (∃k ∈ Z)(y = σk (x))

est une relation d’équivalence.

Preuve. En exercice.

Définition 2.2.1

La classe d’équivalence de x pour Rσ est appelée l’orbite de x pour la relation Rσ , et notée Oσ (x).

On montre que l’on agalement

Oσ (x) := {σk (x) : k ∈ Z} = {σk (x) : k ∈ N},

ce qui est utile lors du calcul pratique d’une orbite.

Notation 2.2. 1 Le support de σ, noté Supp(σ) est défini par

Supp(σ) := {k ∈ Nn : σ(k) , k}.

2 Le fixe de σ, noté Fix(σ) est défini par

Fix(σ) := {k ∈ Nn : σ(k) = k}.

Évidemment, Supp(σ) ∩ Fix(σ) = ∅.

Exemple 2.1. Voici quelques illustrations.


I Soit k dans Nn . Alors k ∈ Supp(σ) ⇔ Oσ (k) = {k} et k < Supp(σ) ⇔ {k} ( Oσ (k)
 
 1 2 3 4 5 
I Pour σ :=   . On a : O (3) = {3}, O (4) = {4} et O (1) = O (k) = {2} = O (k) =
 σ σ σ σ σ
5 4 3 4 2 
{5} = {1; 2; 5}.
 
 1 2 3 4 5 
Test 2.4. Soit σ :=   . Calculer les orbites des éléments de N5 pour Rσ .
5 4 3 2 1 

Définition 2.2.2

Soit n ≥ 2. Une permutation σ est un cycle, si la relation Rσ a une seule orbite ayant au moins deux
éléménts.

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2.2 Composition, décomposition, et inverse d’une permutation 20

Remarque 2.1. Soit n ≥ 2. Une permutation σ est un cycle si et seulement s’il existe une p-liste
(a1 , a2 , · · · , a p ) d’éléments de Nn où 2 ≤ p ≤ n tels que {a1 , a2 , · · · , a p } = Supp(σ) et

(σ(a p ) = a1 ) ∧ (∀1 ≤ k < p)(σ(ak ) = ak+1 ).

L’entier p est appelé longueur du cycle σ et noté `(σ).

Notation 2.3. Soit n ≥ 2. Le cycle défini précédemment est noté (a1 , a2 , · · · , a p ). Par convention,
IdNn := ().

Définition 2.2.3

Une transposition est un cycle de longueur deux.

Ainsi tout transposition de Sn est une permutation de la forme (i, j) où 1 ≤ i , j ≤ n.


On dit qu’un cycle σ réalise une permutation circulaire des éléments de son support. La figure suivant
illustre cette terminologie.

Figure 2.2 – Le p-cycle (a1 , a2 , · · · , a p ).

 
 1 2 3 4 5 
Exemple 2.2. La permutation σ :=   est un cycle de S5 , car N5 est sa seule orbite
4 3 1 5 2 
 
 1 2 3 4 5 
et σ := (1, 4, 5, 2, 3). En revanche, la permuatation τ :=    n’est pas un cycle car elle

4 3 2 5 1 
admet deux orbites non réduits à en singleton, à savoire Oτ (1) = {1; 4; 5} et Oτ (2) = {2; 3}.

Avec les notations précédentes, si σ := (a1 , a2 , · · · , a p ) on a : Supp(σ) = {a1 , a2 , · · · , a p } et donc

Supp(σ) = {σk (a1 ) : 0 ≤ k < p}.

Le lemme suivant regroupe trois résultats importants sur les cycles.

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2.2 Composition, décomposition, et inverse d’une permutation 21

Lemme 2.2.1

Soient n ≥ 2, p ≥ 2 et σ := (a1 , a2 , · · · , a p ) un p-cycle de Sn .

1 Pour toute permutation τ, τστ−1 = (τ(a1 ), τ(a2 ), · · · , τ(a p )).

2 Pour x dans Supp(σ), Supp(σ) = {σk (a1 ) : 0 ≤ k < p} = {a1 , a2 , · · · , a p }.

3 L’ordre du cycle σ est `(σ).

4 Pour x dans Supp(σ), σ = (x, σ(x), · · · , σ`(σ)−1 (x)).

Preuve. En exercice.

Proposition 2.2.2

Deux cycles de Sn dont les supports sont disjoints commutent.

Preuve. En exercice.

Test 2.5. Compléte la permutation

 
 1 2 3 4 5 6 7 
 

2 6 4 7 3 ? ? 

de manière à obtenir un cycle de S7 .

Test 2.6. Calculer dans S6 le produit (3; 4)(4; 5)(2; 3)(1; 2)(5; 6)(2; 3)(4; 5)(3; 4)(2; 3). Déterminer l’in-
verse de ce produit.

Test 2.7. Soient n ≥ 3 et a, b, c trois éléments deux-à-deux distincts de Nn . Calculer (a, b)(b, c)(a, b).

Test 2.8. Que dire d’une permutation de Sn n’admettant qu’une seule orbite ?

2.2.2 Décomposition d’une permutation


Proposition 2.2.3

Toute permutation de Sn se décompose de manière unique (à l’ordre des facteurs près) en un produit
de cycles de supports deux-à-deux disjoints.

Preuve. Admise.

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2.2 Composition, décomposition, et inverse d’une permutation 22

Méthode 2.2.2

Décomposer σ dans Sn en produit de cycles de supports


 deux-à-deux disjoints.
 1 2 ··· i · · · n 
Une permutation σ :=   est donnée sous forme matricielle.
k k ···k ··· k
1 2 i

n

 On trouve le premier cycle en calculant l’orbite de 1, σ1 := (1, σ(1), σ2 (1), · · · , . . .).

 Si σ , σ1 , on prend k := min(Nn \Oσ (1), et on calcule Oσ (k) : σ2 := (1, σ(k), σ2 (k), · · · , . . .).

 Ainsi de suite jusqu’à épuisement des orbites.

 
 1 2 3 4 5 6 7 
Exemple 2.3. Décomposer la permutation σ :=   en produit de cycles à

4 3 1 7 6 5 2 
supports disjoints.
I Calculons l’orbite Oσ (1). On a : σ(1) = 4, σ2 (1) = 7, σ3 (1) = 2, σ4 (1) = 3, σ4 (1) = 1. Donc
Oσ (1) = {1, 2, 3, 4, 7}. On obtient σ1 = (1, 4, 7, 2, 3). De même Oσ (5) = {5, 6} et σ2 = (5, 6). Ainsi
σ = σ1 σ2 = (1, 4, 7, 2, 3)(5, 6).

La connaissance de la décomposition d’une permutation en produite de cycle permet de facilité de


nombreux calculs tels que les puissance itérées d’une permutation.
 
 1 2 3 4 5 6 7 
Exemple 2.4. Soit la permutation σ :=   de S . Calculer σ2023 .
 7
4 3 1 7 6 5 2 
I On a : σ = (1, 4, 7, 2, 3)(5, 6). Comme (1, 4, 7, 2, 3) et (5, 6) commutent, il résulte que σ2023 =
(1, 4, 7, 2, 3)2023 (5, 6)2023 . Or l’ordre de de (1, 4, 7, 2, 3) est 5 et l’ordre de (5, 6) est 2. Donc (1, 4, 7, 2, 3)2023 =
(1, 4, 7, 2, 3)3 et (5, 6)2023 = (5, 6). Ainsi σ2023 = (1, 4, 7, 2, 3)3 (5, 6).

Proposition 2.2.4

Soit σ = σ1 σ2 · · · σm avec m ≥ 1 et σ1 , σ2 , · · · , σm sont des cycles de


supports deux-à-deux disjoints. Alors l’ordre de σ vaut ppcm(`(σ1 ), `(σ2 ), · · · , `(σm )).

Preuve. Admise.

Test 2.9. Soit


   
 1 2 3 4 5 
 et β :=  1 2 3 4 5 6
 
α :=   
 .

3 1 2 5 4  6 3 5 1 2 4

1 Décomposer α et β en produit de cycles de supports deux-à-deux disjoints.

2 Calculer l’ordre de α et β.

3 En déduire α2022 , α2023 et α2022 β2023 .

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2.2 Composition, décomposition, et inverse d’une permutation 23

Proposition 2.2.5

Toute permutation de Sn se décompose en produit de transposition(s).

Preuve. Admise.

Méthode 2.2.3

Décomposer σ dans Sn en produit de transpositions.



 1 2 · · · i · · · n 
Une permutation σ :=   est donnée sous forme matricielle.
k k ···k ··· k
1 2 i

n

 On décompose σ en produit de cycles à supports disjoints.

 On décompose chacun des cycles grâce à l’identité suivante :

(a1 , a2 , · · · , a p ) = (a1 , a2 )(a2 , a3 ) · · · (a p−1 , a p ).

Contrairement à la décomposition en produit de cycles à supports disjoints, il n’y a plus unicité. Par
exemple, on a : (1, 2, 3) = (1, 2)(2, 3) = (1, 2)(1, 2)(1, 2)(2, 3), car (1, 2)(1, 2) = Id. Mais on a également
(1, 2, 3) = (1, 3)(1, 2).
 
 1 2 3 4 5 6 7 
Exemple 2.5. Décomposer la permutation σ :=    en produit de transposi-

4 3 1 7 6 5 2 
tions.
I On a : σ = (1, 4, 7, 2, 3)(5, 6). Donc σ = (1, 4)(4, 7)(7, 2)(2, 3)(5, 6).

Test 2.10. Décomposer les permutations

   
 1 2 3 4
 et β :=  1 2 3 4 5 6
  
α :=   


3 4 2 1 3 5 6 1 2 4

en produit de transpositions.

Certaines parties génératrices de Sn sont données par la proposition suivante.

Proposition 2.2.6

Soit n ≥ 2. Les parties génératrices de Sn sont :

1 {(i, j) : 1 ≤ i < j ≤ n},

2 {(1, i) : 2 ≤ i ≤ n},

3 {(i, i + 1) : 1 ≤ i ≤ n − 1},

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2.3 La signature d’une permutation 24

2.3 La signature d’une permutation

Soit n ≥ 2.

Définition 2.3.1

Soit σ ∈ Sn . Le couple (i, j) de N2n est une inversion de σ si i < j et σ(i) > σ( j). On note I(σ) le
nombre d’inversion(s) de σ.

 
 1 2 3 4 5 
Exemple 2.6. Déterminons le nombre d’inversions de σ :=    .

5 2 1 3 4 
I Les inversions de σ sont (2, 5), (1, 5), (3, 5), (4, 5) et (1, 2) : I(σ) = 5.

Proposition 2.3.1

Soit σ ∈ Sn . On note Pn := {{i; j} : 1 ≤ i < j ≤ n}. Alors

σ(i) − σ( j) Y σ(i) − σ( j) !
Y !
= = (−1)I(σ) .
{i, j}∈Pn
i− j 1≤i< j≤n
i − j

Preuve. En exercice.

Définition 2.3.2

Soit σ ∈ Sn . L’application

ε : Sn → {−1; +1}
Q  σ(i)−σ( j)  (2.5)
σ 7→ i− j
1≤i< j≤n

est la signature de Sn .

Proposition 2.3.2

Soit n ≥ 2.

1 La signature ε est un épimorphisme du groupes (Sn ; ◦) dans le groupe ({−1; +1}; ×).

2 Le noyeau de ε est un sous-groupe distingué de (Sn ; ◦) appelé groupe alterné, et noté An .

3 Sn /An ' {−1; +1} et |An | = n!


2.

4 Les seuls morphismes du groupes (Sn ; ◦) dans le groupe ({−1; +1}; ×) sont : le morphisme
trivial et la signature.

©FOTUE TABUE Alexandre 24 Année académique 2024-2025


2.3 La signature d’une permutation 25

Preuve. En exercice.

Test 2.11. Dresser la table de Cayley de (A3 ; ◦).

Test 2.12. Sn \An est-il un sous-groupe de (Sn ; ◦) ?

Proposition 2.3.3

Soit n ≥ 2.

1 La signature d’une transposition de Sn vaut −1.

2 Si σ = σ1 σ2 · · · σm avec m ≥ 1 et σ1 , σ2 , · · · , σm sont des transpositions, alors ε(σ) = (−1)m .

3 La signature d’une cycle de Sn vaut (−1)`(σ)−1 .

Preuve. En exercice.

Méthode 2.3.1

Caclul de (σ)
I Soient n ≥ 2 et σ ∈ Sn .
Décomposer σ en un produit de m transpositions, on a : (σ) = (−1)`(σ)−1 .

Test 2.13. A-t-on S3 = h (1, 3, 2), (1, 2, 3) i


 
 1 2 3 4 5 6 
Test 2.14. Calculer la signature de σ; =   .

5 4 2 1 6 3

Exercice 2.1. Soit n ∈ N\{0}.

1 Montrer que deux cycles de Sn à supports disjoints commutent.

2 Montrer que le supports de deux cycles de Sn commutent, sont disjoints ou égaux.

3 Deux cycles de Sn commutent de même support, sont-ils égaux ?

4 Déterminer les éléments de Sn \{Idn } d’ordre 2.

5 Montrer que si α dans Sn commute avec toute transposition de Sn , alors α = Idn .

6 Déterminer Z(S2 ), puis Z(Sn ) pour n ≥ 3.


   
 1 2 3 4 5 6 7 8 9   1 2 3 4 5 6 7 8 9 
Exercice 2.2. Soient α :=   , et β := 
 


7 6 8 1 3 9 4 5 2 4 6 9 7 2 5 8 1 3 
dans S9 .

1 Pour chacune des permutattions suivantes, déterminer sa décomposition en produit de cycles dis-
joints, et en déduire son ordre.

©FOTUE TABUE Alexandre 25 Année académique 2024-2025


2.3 La signature d’une permutation 26

2 Pour chacune des permutattions suivantes, déterminer sa décomposition en produit de transposi-


tions, et en déduire sa signature.

3 Calculer α−1 , αβ, βα, α2021 et β2035 .

Exercice 2.3. Soient (n, k) ∈ (N\{0})2 , α ∈ Sn , et (x1 , x2 , · · · , xk ) est un cycle dans Sn , Montrer que

α(x1 , x2 , · · · , xk )α−1 = (α(x1 ), α(x2 ), · · · , α(xk )).

Exercice 2.4. Soient (n; k) ∈ (N\{0})2 tel que k ≤ n. On désigne par Nn := {1; · · · ; n}, Supp(α) := {i ∈
Nn : α(i) , i}, le support de α ∈ Sn , Ek := {σ ∈ Sn : |Supp(σ)| = k}, et pk := |{σ ∈ Sk : |Supp(σ)| =
k}| le nombre des dérangements de Sk .

1 Soit k ∈ {1; 2; · · · ; n}. Montrer que {Ek : k ∈ {1; · · · ; n}} est une partition de Sn . En déduire que
n
Cnk pk = n!
P
k=1

2 Justifier que p1 = 0, p2 = 1, et p3 = 2. Établir que pn = (n − 1)(pn−1 + pn−2 ).

3 En déduire que  n 
X 1 
pn = n!  (−1)  .
k

k=0
k!

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? ? Chapitre Trois ? ?

Anneaux et corps

3.1 La structure d’anneaux et corps

La structure de groupe peut êtr enrichie d’une seconde loi de composition. Par exemple, sur le groupe
(Z; +) est également définie une multiplication.

Définition 3.1.1

Un anneau unitaire est un ensemble A muni de deux loi de compositions internes + et  telles que :

1 (A; +) est un groupe abélien d’élément neutre 0A ;

2 (A; ) est un monoïde d’élément neutre 1A ;

3 La loi  est distributive à gauche et à droite par rapport à +, c’est-à-dire

(∀(x, y, z) ∈ A2 )(x  (y + y) = x  y + x  z et (y + z)  x = y  x + z  x).

On écrira (A; +, ), pour désigner l’anneau unitaire A muni de deux loi de compositions internes +
et .

La loi de groupe d’un anneau unitaire est traditionnellement notée additivement + ; pour la loi +,
l’opposé d’un élément a s’écrira −a et les puissance de a seront notées na (n ∈ Z), la notation an
étant réservée aux puissance pour la loi . Un anneau unitaire (A; +, ) est commutatif, si la loi  est
commutative.

Notation 3.1. On note A∗ l’ensemble A\{0A }. On dit que A∗ est l’ensemble des éléments non nuls de A.

Exemple 3.1. Nous avons rencontré de nombreux anneaux unitaire dans les chapitres précédents.

I Les ensembles Z, D, Q, R, C, pour l’addition et la multiplication usuelles, sont des anneaux unitaires
commutatifs.

I Pour tout ensemble E, (P(E); 4, ∩) est un anneau unitaire commutatif.

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3.1 La structure d’anneaux et corps 28

I Pour E un ensemble et (A; +, ) un anneau unitaire, AE muni des lois + et × définies par : pour tout
élément x de E,
( f + g)(x) = f (t) + g(x) et ( f  g)(x) = f (x)  g(x),

est un anneau unitaire. L’élément neutre pour + est x 7→ 0A et l’élément neutre pour  est x 7→ 1A .

I Pour (G; ∗) un groupe abélien, (End(G); +◦) est un anneau unitaire.

À la manière du produit direct de deux groupes, on peut définir une notion d’anneau produit. Les
vérifications calculatoires et laissées au lecteur.

Proposition 3.1.1

Le produit direct de n anneaux unitaires (A1 , ⊕1 , ⊗1 ), (A2 , ⊕2 , ⊗2 ), · · · , (An , ⊕n , ⊗n ) est (A; ⊕, ⊗), où
A = A1 × A2 × · · · × An , pour tout a := (a1 , a2 , · · · , an ) et b := (b1 , b2 , · · · , bn ) dans A,

a ⊕ b := (a1 ⊕1 b1 , a2 ⊕2 b2 , · · · , an ⊕n bn ), et a ⊗ b := (a1 ⊗1 b1 , a2 ⊗2 b2 , · · · , an ⊗n bn ).

Pour tout élément a d’un anneau unitaire (A; +, ), on a : a(0A +0A ) = a0A +a0A d’où a0A = 0A ;
par la réguralarité de a  0A dans le groupe additif (A; +). On prouve de même que 0A  a = 0A . Plus
généralement, l’existence d’une seconde loi de composition sur le groupe (A; +) et ses propriétés de
distributivité et d’associativité enrichissent les règles de calcul déjà exposées dans le chapitre sur les
groupes.

Proposition 3.1.2

(Règles de calcul dans un anneau unitaire)


Soit (A; +, ) un anneau unitaire.

1)(∀a ∈ A)(a  0A = 0A  a = 0A ); 3)(−1A )  (−1A ) = 1A ;


2)(∀a ∈ A)((−1A )  a = −a); 4)(∀(a, a0 ) ∈ A2 )((−a)  a0 = −(a  a0 ).

Preuve. En salle.

Remarque 3.1. À la régularité pour 


Dans un anneau unitaire (A; +, ), il peut existe des éléments non réuliers pour la loi . Par exemple,
dans l’anneau produit (Z2 ; ⊕, ⊗), on a : (1, 0) ⊗ (1, 1) = (1, 0), alors que (1, 1) , (1, 0).

Pour tous éléments x1 , x2 , · · · , xn dans A, on notera

n
X n
Y
xk = x1 + x2 + · · · + xn , et xk = x1  x2  · · ·  xn .
k=1 k=1

©FOTUE TABUE Alexandre 28 Année académique 2024-2025


3.1 La structure d’anneaux et corps 29

Ces expresions étant bien définies par associativité des lois + et . La distributivité de  sur +,
ainsi que l’associativité de +, permet d’écrire sans ambiguïté que, pour tout n et m dans N∗ , tous
x1 , x2 , · · · , xn , yn , · · · , ym dans A
 n   m  n X
m
X  X  X
 xi    y j  = xi  y j .
i=1 j=1 i=1 j=1

L’ensemble des règles de calcul dans un anneau unitaire (A; +, ) permet d’établir que la formule du
binôme est valable dans (A; +, ) pour des éléments a et b qui commutent. Nous nous contenterons de
l’énoncer, la preuve est laisser au lecteur.

Proposition 3.1.3

Soient (A; +, ) un anneau unitaire ; a et b deux éléments de A qui commutent. Alors

n
X
(a + b) =
n
Ckn ak  bn−k .
k=1

Test 3.1. Que dire d’un anneau unitaire (A; +, ) dans lequel 1A = 0A ?

Test 3.2. La factorisation


n
X
an − bn = (a − b)  Ckn (ak  bn−1−k )
k=1

est-elle en général valable dans un anneau unitaire quelconque (A; +, ) ?

Définition 3.1.2

Soient (A; +, ) un anneau unitaire et a ∈ A.

1 a est un diviseur de zéro à gauche, si (a , 0A ) ∧ (∃a0 ∈ A)(a0 , 0A et a  a0 = 0A ).

2 a est un diviseur de zéro à droite, si (a , 0A ) ∧ (∃a0 ∈ A)(a0 , 0A et a0  a = 0A ).

3 a est un diviseur de zéro , si (a , 0A ) ∧ (∃a0 ∈ A)(a0 , 0A et a  a0 = a0  a = 0A ).

Exemple 3.2. Dans l’anneau unitatire commutatif (Z2 ; ⊕, ⊗), les éléments (1, 0) et (0, 1) sont des divi-
seurs de zero, car on a : (1, 0) ⊗ (0, 1) = (0, 0)

Définition 3.1.3

Un anneau unitaire (A; +, ) est intègre, s’il est commutatif, si 1A , 0A et si pour tout (a, b) dans
A2 ,
(a  b = 0A ) ⇒ (a = 0A ou b = 0A ).

©FOTUE TABUE Alexandre 29 Année académique 2024-2025


3.2 Sous-ensembles remarquables d’un anneau, anneau quotient 30

Les anneaux intègres sont encore appelés domaine d’intégrité. On remarque que tout anneau intègre
est un anneau unitaire commutatif ne possèdant pas de diviseurs de zéro.

Définition 3.1.4

Un corps est un triplet (K; +, ) tels que (K; +, ·) est un anneau unitaire commutatif a , dont tous les
éléments distincts de 0K sont inversibles.
a. Dans le cas où la loi  n’est pas commutative, la structure (K; +, ) est appélée un corps gauche.

Proposition 3.1.4

Tout corps est intègre.

Preuve. En classe.

3.2 Sous-ensembles remarquables d’un anneau, anneau quotient

Nous étudions trois sous-structures importantes dans des anneaux unitaires : les sous-anneaux, le
groupe des éléments inversibles et les idéaux. Les deux dernières structures sont particulièrement impor-
tantes quand on cherche à faire de l’arithmétique sur un anneau unitaire.

Définition 3.2.1

Soient (A; +, ) un anneau unitaire et B une partie de A. On dit que B est un sous-anneau de
(A; +, ), si les restrictions des opérations + et  à B confèrent à B une struture d’anneau unitaire, et
que 1A = 1B .

Cette défintion impose en premier lieu que les restrictions des opérations + et  à B soient internes sur
B. Remarquons dès meintenant que le condition 1A = 1B n’est pas superflue : par exemple, ({0A }; +, )
est un anneau unitaire pas un sous-anneau de ({0A }; +, ).

Proposition 3.2.1

Une partie B de A est un sous-anneau de (A; +, ) si, et seulement si

1 1A ∈ B ;

2 (∀(a, b) ∈ B2 )(a − b ∈ B) ;

3 (∀(a, b) ∈ B2 )(a  b ∈ B).

Preuve. En salle.

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3.2 Sous-ensembles remarquables d’un anneau, anneau quotient 31

Proposition 3.2.2

Soit (A; +, ) un anneau. L’intersection d’une famille quelconque de sous-anneaux (Bi )i∈I d’un an-
neau est un sous-anneau de (A; +, ).

Preuve. En salle.

Exemple 3.3. Posons Z[i] := {a + ib : (a, b) ∈ Z2 }. L’ensemble Z[i] est un sous-anneau de (C; +, ×).

Proposition 3.2.3

Soient (A; +, ) un anneau unitaire et S ⊆ A. L’intersection de tous les sous-anneaux de (A; +, )


contenant S est le plus petit sous-anneau (au sens de l’inclusion) de (A; +, ) contenant S .

Preuve. En exercice.

Le plus petit sous-anneau (au sens de l’inclusion) de (A; +, ) contenant S s’écrira (S ). On lira sous-
anneau de (A; +, ) engendré par S .Dans la cas où S est fini, et S = {a1 , a1 , · · · , ak }, on écrit de
préférence ( a1 , a1 , · · · , ak ) au lieu de ({a1 , a1 , · · · , ak }).

Définition 3.2.2

Soient (A; +, ) un anneau unitaire et S ⊆ A.

1 On dit qu’un sous-anneau B de (A; +, ) est engendré par S , si B = ( S ).

2 On dit que S est une partie génératrice d’un sous-anneau B de (A; +, ), si B = ( S ).

Exemple 3.4. L’anneau Z est engendré par 1.

Définition 3.2.3

Soient (K; +, ) un corps et L une partie de K. On dit que L est un sous-corps de (K; +, ), si les
restrictions des opérations + et  à L confèrent à L une struture de corps, et que 1L = 1K .

Méthode 3.2.1

Pour montrer qu’une partie L d’un corps (K; +, ) est un sous-corps, il faut et il suffir de prouver
que (L; +) est un sous-groupe de (K; +) et (L∗ ; ) est un sous-groupe de (K∗ ; ).

©FOTUE TABUE Alexandre 31 Année académique 2024-2025


3.2 Sous-ensembles remarquables d’un anneau, anneau quotient 32

Proposition 3.2.4

Soient (K; +, ) un corps et S ⊆ K. L’intersection de tous les sous-corps de (K; +, ) contenant S


est le plus petit sous-corps (au sens de l’inclusion) de (K; +, ) contenant S .

Preuve. En exercice.

Le plus petit sous-corps (au sens de l’inclusion) de (K; +, ) contenant S s’écrira (S ). On lira sous-
corps de (K; +, ) engendré par S .Dans la cas où S est fini, et S = {a1 , a1 , · · · , ak }, on écrit de préférence
( a1 , a1 , · · · , ak ) au lieu de ({a1 , a1 , · · · , ak }).

Définition 3.2.4

Soient (K; +, ) un corps et S ⊆ A.

1 On dit qu’un sous-corps L de (K; +, ) est engendré par S , si L = ( S ).

2 On dit que S est une partie génératrice d’un sous-corps L de (K; +, ), si L = ( S ).

Définition 3.2.5

Soient (A; +, ) un anneau intègre. Le corps de fraction de A, noté Frac(A), est le plus petit corps
contenant A.

Exemple 3.5. On a : Frac(Z) = Q.

Test 3.3. Soient (K; +, ∗) un corps et n ≥ 2. L’anneau produit (Kn ; ⊕, ~) est-il un corps ?

Test 3.4. L’ensemble 2Z est-il un sous-anneau de (Z, +, ×) ?


√ √ √
Test 3.5. Posons Z[i 2] := {a + ib 2 : (a, b) ∈ Z2 }. L’ensemble Z[i 2] est-il un sous-anneau de
(C, +, ×) ?

Test 3.6. Soit (A; +, ·) un anneau unitaire. On pose Z(A) := {x ∈ A : (∀a ∈ A)(a · x = x · a)}. Montrer
que Z(A) est un sous-anneau de (A; +, ·).

Notation 3.2. Soit (A; +, ×) un anneau unitaire. On note A× ou U(A), l’ensemble des éléments inver-
sibles pour la lois .

Proposition 3.2.5

Soit (A; +, ×) un anneau unitaire. L’ensemble A× muni de la loi  est un groupe.

Preuve. En salle.

©FOTUE TABUE Alexandre 32 Année académique 2024-2025


3.2 Sous-ensembles remarquables d’un anneau, anneau quotient 33

Exemple 3.6. Voici quelques exemples.

I Le groupe des unités de l’anneau (Z; +, ×) est {−1; +1}.

I Le groupe des unités de l’anneau (R; +, ×) est R∗ .

I Pour tout ensemble E, le groupe des unités de l’anneau (P(E); 4, ∩) est {E}.

Test 3.7. Soit (A; +, ) un anneau unitaire. Que pensz-vous des inclusions A× ⊆ A∗ et A∗ ⊆ A× ?

Test 3.8. Quelles sont les unités de l’anneau produit (Z2 ; ⊕, ⊗) ?

Proposition 3.2.6

Soit (A; +, ) un anneau unitaire et I une partie non vide de A. On définit sur A la relation binaire RI
par :
aRI b, si a − b ∈ I.

Alors

1 RI est une relation d’équivalence sur A, si et seulement si I est un sous-groupe de (A; +).

2 La relation RI est compatible à gauche pour la loi , si et seulement si (∀(a, x) ∈ A × I)(x  a ∈


I).

3 La relation RI est compatible à droite pour la loi , si et seulement si (∀(a, x) ∈ A×I)(ax ∈ I).

4 La relation RI est compatible pour la loi , si et seulement si (∀(a, x) ∈ A×I)(xa ∈ I et a x ∈


I).

Preuve. En salle.

Définition 3.2.6

Soit (A; +, ) un anneau unitaire et I une partie non vide de A. On définit sur A la relation binaire RI
par :
aRI b, si a − b ∈ I.

1 I est un idéal à gauche de (A; +, ), si RI est une relation d’équivalence sur A compatible à
gauche pour la loi .

2 I est un idéal à droite de (A; +, ), si RI est une relation d’équivalence sur A compatible à
droite pour la loi .

3 I est un idéal de (A; +, ), si RI est une relation d’équivalence sur A compatible pour la loi .

Les sous-ensembles {0A } et A sont toujours des idéaux, d’un anneau unitaire (A; +, ), appelés idéaux
trviaux de (A; +, ).

©FOTUE TABUE Alexandre 33 Année académique 2024-2025


3.2 Sous-ensembles remarquables d’un anneau, anneau quotient 34

Exemple 3.7. Soit I ⊆ Z. Alors I est un idéal de (Z; +, ×) si, et seulement s’il existe un entier naturel n
tel que I = nZ.

Proposition 3.2.7

Soient (A; +, ) un anneau unitaire ; I et J deux idéaux de (A; +, ). Alors l’ensemble I ∩ J est un
idéal de (A; +, ).

Preuve. En salle.

Proposition 3.2.8

Soient (A; +, ) un anneau unitaire et S ⊆ A. L’intersection de tous les idéaux de (A; +, ) contenant
S est le plus petit idéal (au sens de l’inclusion) de (A; +, ) contenant S .

Preuve. En exercice.

Le plus petit idéal (au sens de l’inclusion) de (A; +, ) contenant S s’écrira (S ). On lira idéal de
(A; +, ) engendré par S .Dans la cas où S est fini, et S = {a1 , a1 , · · · , ak }, on écrit de préférence
( a1 , a1 , · · · , ak ) au lieu de ({a1 , a1 , · · · , ak }). Il est clair que h∅i = {0A }. En outre, si (∀a ∈ A)(a2 = 0A ),
on a clairement h a i = {0A ; a}.

Définition 3.2.7

Soient (A; +, ) un anneau unitaire et S ⊆ A.

1 On dit qu’un idéal I de (A; +, ) est engendré par S , si I = ( S ).

2 On dit que S est une partie génératrice d’un idéal I de (A; +, ), si I = ( S ).

Proposition 3.2.9

Soient (A; +, ) un anneau unitaire ; I et J deux idéaux de (A; +, ). On pose

I + J := {a + b : (a, b) ∈ I × J}.

Alors I + J est un idéal de (A; +, ). Plus I + J = ( I ∪ J ) .

Preuve. En exercice.

Test 3.9. Quel dire d’un idéal I d’un anneau (A; +, ) pour lequel 1A ∈ I ?

Test 3.10. Quels sont les idéaux de l’anneau (A; +, ) qui sont également des sous-anneaux de (A; +, ) ?

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3.3 Morphisme d’anneaux 35

Test 3.11. Soient (A; +, ) un anneau unitaire et a ∈ A.


( )
k
1 Montrer que (a) = bi aci : (∃k ∈ N )(∀1 ≤ i ≤ k)((bi , ci ) ∈ A ) .
∗ 2
P
i=1

2 Montrer que si  est commutative, (a) = aA := {ax : x ∈ A}.

3.3 Morphisme d’anneaux

Soient (A; +, ) et (B; +, ∗) deux anneaux unitaires.

Définition 3.3.1

Une application f : A → B est un morphisme de l’anneau unitaire (A; +, ) dans l’anneau unitaire
(B; +, ·), si f (1A ) = 1B et pour tout (a, a0 ) dans A2 ,

1 f (a + a0 ) = f (a) + f (a0 ) ;

2 f (a  a0 ) = f (a) ∗ f (a0 ).

Définition 3.3.2

Soit f : (A; +, ) → (B; +, ∗) un morphisme d’anneaux.

1 Le noyau de f , noté Ker( f ), est l’ensemble f −1 ({e}).

2 L’image de f , notée Im( f ), est l’ensemble f (G).

Proposition 3.3.1

Soit f : (A; +, ) → (B; +, ∗) un morphisme d’anneaux.

1 H est un sous-anneau de (A; +, ), alors f (H) est un sous-anneau de (B; +, ∗). En particulier,
Im( f ) est un sous-anneau de (B; +, ∗).

2 Si H 0 est un sous-anneau de (B; +, ∗), alors f −1 (H 0 ) est un sous-anneau de (A; +, ).

Preuve. En exercice.

Proposition 3.3.2

Soit f : (A; +, ) → (B; +, ∗) un morphisme d’anneaux.

1 H est un idéal de (A; +, ), alors f (H) est un idéal de (B; +, ∗).

2 Si H 0 est un idéal de (B; +, ∗), alors f −1 (H 0 ) est un idéal de (A; +, ). En particulier, Ker( f )
est un idéal groupe de (A; +, ).

©FOTUE TABUE Alexandre 35 Année académique 2024-2025


3.4 Exercices 36

Preuve. En exercice.

Proposition 3.3.3

Soit f : (A; +, ) → (B; +, ∗) un morphisme d’anneaux. Alors f est injective, si et seulement si


Ker( f ) = {0A }.

Preuve. En exercice.

Définition 3.3.3

Soit f : (A; +, ) → (B; +, ∗) un morphisme d’anneaux.

1 f est endomorphisme, si A = B. On note End(A) l’ensemble des endomorphismes de A.

2 f est monomorphisme, si f est injectif.

3 f est épimorphisme, si f est surjectif.

4 f est isomorphisme, si f est bijectif.

5 f est automorphisme, si f est un endomorphisme bijectif. On note Aut(A) l’ensemble des


automorphismes de A.

3.4 Exercices

Exercice 3.1. 1 Soit x un élément d’un anneau intègre A. Démontrer que si x est inversible à droite,
alors x est inversible à gauche.

2 On considére D l’ensemble des nombres décimaux.

a) Montrer que le corps des rationnels Q n’admet pas d’autre sous-corps que lui-même.
n o
b) Montrer que D = 10k n : (k; n) ∈ Z × N , et D est un sous-anneau de Q, puis déterminer D× .

Exercice 3.2. Soit A un anneau commutatif. On dit qu’un élément x est nilpotent s’il existe n ∈ N tel
que xn = 0A . On considère les ensembles N(A) := {x ∈ A : (∃n ∈ N)(xn = 0A )}

1 Montrer que, si x est nilpotent, alors 1 − x est inversible.

2 Montrer que, si x et y sont nilpotents, alors xy et x + y le sont aussi. En déduire que N(A) est un
idéal de A.

Exercice 3.3. Soit f : (G; +, ·) → (L; +, ) un morphisme d’anneaux.

1 Soit H un sous-anneau, et I un idéal de (G; ∗).

a) Montrer que f (H) est un sous-anneau dans ( f (L); +, ). A-t-on f (H) sous-anneau de (L; +, ) ?

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3.4 Exercices 37

b) Montrer que f (I) est un sous-anneau dans ( f (L); +, ). A-t-on f (I) idéal de (L; +, ) ?

2 Soit K un sous-anneau, et J un idéal de (L; +, ).

a) Montrer que f −1 (K) est un sous-anneau dans (G; +, ·). A-t-on f −1 (K) sous-anneau de (G; +, ·) ?

b) Montrer que f −1 (J) est un sous-anneau dans (G; +, ·). A-t-on f −1 (J) idéal de (G; +, ·) ?

Exercice 3.4. Soit f une application d’un corps K dans R+ telle que f (x) = 0 ⇔ x = 0, f (xy) =
f (x) f (y) et f (x + y) ≤ max{ f (x); f (y)}. Soient A := {x ∈ K : f (x) ≤ 1} et B := {x ∈ K : f (x) < 1}.

1 Montrer que A est un sous-anneau de K.

2 Montrer que B est un idéal de A.

3 Soit R la relation d’équivalence sur A définie par xRy ssi x − y ∈ B. Montrer que A/R est un corps.

Exercice 3.5. Soient G un groupe multiplicatif et A un anneau unitaire. Montrer que l’ensemble AG
des applications de G dans A, muni des lois + et ∗ definies par : pour tout ( f, g) dans (AG )2 , et pour tout
x dans G,

Addition : ( f + g)(x) = f (x) + g(x) ;

Produit de convolution ( f ∗ g)(x) = f (s)g(s−1 x).


P
s∈G

1 Montrer que (AG ; +, ∗) est un anneau unitaire.

2 Montrer que si G et A sont commutatif, alors la loi ∗ l’est aussi.

3 Mointrer que G ou A possède plus de deux éléments, alors (AG ; +, ∗) possède des diviseurs de zéro.

©FOTUE TABUE Alexandre 37 Année académique 2024-2025


Bibliographie

[1] Jean-Pierre Marco, Laurent Lazzarini : Mathématiques L1 - Cours complet avec 1000 tests et exer-
cices corrigés. Pearson Education (2007).

[2] A. Kostrikin : Introduction à l’algèbre, 2ème édition MIR - Moscou (1984).

[3] C. Fomekong, C. Nkuimi Jugnia, M. Tonga : Exercices d’algèbre avec rappels de cours 1er année
DEUG, Collection ASER (2002)

©FOTUE TABUE Alexandre 38 Année académique 2024-2025

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