Mat121 Ec2
Mat121 Ec2
Structures algébriques
3 octobre 2024
Table des matières
2 Le groupe symétrique 16
2.1 Permutation d’un ensemble fini . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
2.2 Composition, décomposition, et inverse d’une permutation . . . . . . . . . . . . . . . . 18
2.2.1 Composition de permutations et inverse d’une permutation . . . . . . . . . . . . 18
2.2.2 Décomposition d’une permutation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
2.3 La signature d’une permutation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
3 Anneaux et corps 27
3.1 La structure d’anneaux et corps . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
3.2 Sous-ensembles remarquables d’un anneau, anneau quotient . . . . . . . . . . . . . . . 30
3.3 Morphisme d’anneaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
3.4 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
Bibliographie 38
Dans cette section, E est un ensemble non vide. L’intérêt d’une étude générale de la notion d’opé-
ration sur des éléements de E. est donc de saisir ce qui ne dépend que de leurs relations et de nature
(nombres, vecteurs, etc.).
Définition 1.1.1
Notation 1.1. Plutôt que Ψ(x, y), on note souvent le résultat de l’opération Ψ de x par y à l’aide d’un
symbole, par exemple ?, à la manière de l’addition + et de la multiplication × usuelles : Ψ(x, y) = x ? y.
Définition 1.1.2
Un magma est un ensemble M non vide muni d’une loi de composition interne ?. On le note (M; ?).
Exemple 1.1. Soit P(E) l’ensemble des parties de E. Les couples (P(E); ∩), (P(E); ∪) et (P(E); ∆)
sont des magmas.
Lorsque E est fini, à la manière des tables d’addition et de multiplication de notre enfance, on peut
définir une loi de composition par la donnée d’une table dans laquelle figurent tous les résultats des
opérations x ? y pour x et y dans E. Ce tableau est parfois appelé table de Cayley de la loi ?. Ainsi
E := {a1 , a2 , · · · , an }, la table de Cayley du magma (E; ?) est :
? a1 a2 ··· an
a1 a1 ? a1 a1 ? a2 ··· a1 ? an
a2 a2 ? a1 a2 ? a2 ··· a2 ? an
.. .. .. ..
. . . .
an an ? a1 an ? a2 ··· an ? an
D’une manière générale, effectuer des opérations successives sur un ensemble E non vide à l’aide
d’une loi de composition ? soulève quelques problème. Par exemple, il faut avoir conscience que l’ex-
pression x ? y ? z n’a aucune sens car on peut l’interpréter de deux manière différentes : (x ? y) ? z ou
x ? (y ? z), ces deux éléments de E n’ayant aucune raison en général d’être égaux. L’écriture a2 définie
par a2 = a ? a ne pose aucun problème au contraire de la forme an pour n ≥ 3, qui n’a aucun sens
car on ne sait pas s’il faut calculer an−1 ? a ou a ? an−1 . La notion d’associativité permet de lever cette
difficulté. 1 Au-delà de cette première difficulté, on prendra garde aux réflexes dus à la pratique exclu-
sive du calcul dans C : l’égalité (a ? b)2 = a2 ? b2 n’est pas vérifiée en général. En effet, par défintion
(a ? b)2 = (a ? b) ? (a ? b) et rien a priori nous auorise à rigroupe ces terme en a2 ? b2 , à moins que la
loi ? ne soit associative et commutative.
Définition 1.1.3
Les lois usuelles + et × définies sur C sont associations, commutatives et admettent 0 et 1 pour
élément neutres respectifs.
Test 1.1. Comment lit-on immédiatement sur sa table de Cayley d’un magma (M; ?) que ? est admet
un élément neutre ?
Test 1.2. Comment lit-on immédiatement sur sa table de Cayley d’un magma (M; ?) que ? est com-
mutative ?
1. Il semble d’ailleurs que l’associativité soit le minimum requis pour espérer des règles de calcul simples.
Test 1.3. Le produit vectoriel des vecteurs de l’espace à trois dimensions est-il commutatif ? Associa-
titif ? Admet-il un élément neutre ?
Proposition 1.1.1
Soit (E; ?) un magma. Si ? admet un élément neutre, alors celui-ci est unique.
Définition 1.1.4
Exemple 1.3. Les magmas (N; +), (N; ×), (Z; +), (Z; ×), (R; +), (R; ×), (C; +), (C; ×), (E E ; ◦) et (P(E); ∆)
sont des monoïdes.
Il s’agit de généraliser la notion d’inverse bien connue pour l’addition et le produit des nombres
complexes : on dit que z dans C admet un opposé pour + s’il existe z0 dans C tel que z + z0 = 0 ; on dit
que z dans C admet un inverse pour × s’il existe z0 dans C tel que z × z0 = 1. L’opposé de z sera noté −z
et l’inverse de z sera noté z−1 .
Définition 1.1.5
1 symétrisable à gauche, (∃y)(y ? x = e). Un tel élément y est appelé un symétrique à gauche
de x pour la loi ?.
2 symétrisable à droite, (∃y)(x ? y = e). Un tel élément y est appelé un symétrique à droite de
x pour la loi ?.
On prendra garde à ce que l’existe d’un inverse à droite et d’un inverse à gauche n’implique pas
l’existence d’un inverse en général. L’unicité d’un éventuel inverse n’est pas assurée en général. On
parlera donc d’un symétrique et non de l’symétrique d’un élément x.
Exemple 1.4. Soit E = {a, b, c, d} muni de la loi ? définie par la table de Cayley suivante :
? a b c d
a a b c d
b b a a c
c c a c a
d d a b d
L’élément a est neutre pour ?. L’élément d est symétrisable à droite (car d ? b = a) et à gauche (car
c ? d = a) mais pas inversible. L’élément b admet deux symétriques : b (car b ? b = a) et (car b ? c = a
et c ? b = a).
Proposition 1.1.2
Soit (E; ?) un monoïde et x ∈ E. Si x admet un symétrique, alors celui-ci est unique. On le notera
x.
e
Preuve. Notons e l’élément neutre pour la loi ?. Soient y1 et y2 deux symétriques de x pour la loi ?. On
a : x ? y1 = y1 ? x = e et y2 ? x = x ? y1 = e. Donc (y1 ? x) ? y2 = e ? y2 = y2 et y1 ? (x ? y2 ) = y1 ? e = y1 .
Par associativité de ?, on a : y1 = y2 .
La notion de régularité permet de généraliser à une loi ? quelconque le raisonnement suivant : pour
tout x réel non nul, (∀(a, b) ∈ C2 )((a × x = b × x) ⇒ (a = b)).
Définition 1.1.6
Exemple 1.5. Dans N2 muni de la loi (n, m) ? (n0 , m0 ) = (nn0 , mm0 ), l’élément (1; 0) n’est pas régulier
à gauche car (1; 0) ? (2; 3) = (1; 0) ? (2; 5) et (2; 3) , (2; 5). Par contre, (1; 1) est régulier à gauche, et
à droite. De plus, (1; 0) n’est pas régulier à droite.
L’exemple le plus important d’élément régulier est celui des éléments symétriques d’un monoïde
(M; ?).
Proposition 1.1.3
Preuve. Soit x ∈ E. Notons e l’élément neutre pour la loi ?. Supposons que x est un élément de M
symétrique pour la loi ?. Soit (y1 , y2 )inE 2 tel que x ? y1 = x × y2 . On a : e
x ? (x ? y1 ) = e
x ? (x × y2 ), par
associativité de ?, on a : y1 = (e
x ? x) ? y1 = (e
x ? x) × y2 = y2 . Donc x est régulier à gauche. On prouve
de la même façon la régularité à droite.
En particulier, dans un monoïde (E; ?), pour tout élément symétrisable x pour la loi ?, on a :
Test 1.5. Soient (M; ?) un monoïde et a un élément de M symétrisable pour la loi ?. Résoudre dans M
l’équation a ? x = b pour tout b dans M.
Test 1.6. Soient (M; ?) un monoïde, cinM ; a et b deux éléments de M symétrisables pour la loi ?.
Résoudre dans M l’équation a ? x ? b = c.
Définition 1.1.7
Exemple 1.6. Considérons le magma ([0; +∞[; ×). On vérifie que la relation ≤ est compatible avec ×.
Mais pour le magma (R; ×), la relation ≤ n’est pas compatible avec ×.
Proposition 1.1.4
Soit (E; ?) un magma. La relation binaire R sur E est compatible, si et seulement si (∀(x, y, z, t) ∈
E 4 )((xRytextetzRt) ⇒ (x ? zRy ? t)).
Preuve. En exercice.
Définition 1.2.1
Un monoïde (G; ?) est un groupe, si tout élément de G est symétrisable pour la loi ?. Si de plus la
loi ? est commutative, on qualifiera le groupe (G; ?) d’être abélien.
x+y
Test 1.7. Montrer que (] − 1; 1[; ?) est un groupe, où x ? y := 1+xy .
Exemple 1.7. Voici quelques exemples de groupes rencontrés au cours des chapitres précédents.
I (Z; +), (D; +), (Q; +), (R; +) et (C; +) où + est l’addition usuelle des nombres.
Test 1.8. Soit E un ensemble et P(E) l’ensemble des partie(s) de E. Montrer que (P(E); ∆) est groupe
abélien.
Test 1.9. Dans un monoïde (M; ?) d’élément neutre e. Si x ? y = e, peut-on dire que x est le symétrique
de y ? Si (M; ?) est un groupe, peut-on en déduire que y est le symétrique de x ?
On peut facilement construire de nouveaux groupes à partir de deux groupes (G1 ; ?) et (G2 ; ) par
produit direct des lois de composition ? et .
Proposition 1.2.1
(Groupe produit) Soient (G1 ; ?) et (G2 ; ) deux groupes. L’ensemble G1 × G2 muni de la loi ⊗
Preuve. En exercice.
n
Ainsi le groupe produit des groupes (Gk ; ?k ) où 1 ≤ k ≤ n est (G; ?) où G =
Q
et
k=1
Un sous-groupe d’un groupe (G; ?) d’élément neutre e, est une partie non vide H de G qui, munie de
la loi ?|H induite par celle de G confère à H une structure de groupe. Par exemple, les sous-ensembles
{e} et G sout des groupes. On les appelle les sous-groupes triviaux de (G; ?).
Définition 1.2.2
Soit (G; ?) un groupe et ∅ , H ⊆ G. On dit que H est un sous-groupe de (G; ?), note H ≤ (G; ?),
si (H; ?|H ) est un groupe.
Exemple 1.8. L’ensemble Z est un sous-groupe du groupe (R; +), mais Z n’est pas un sous-groupe du
groupe (R; ?) où x ? y := x3 + y3 .
p3
Test 1.10. Soit (G; ?) un groupe et Z(G; ?) := {x ∈ G : (∀g ∈ G)(x ? g = g ? x)}. Montrer que Z(G; ?)
est un sous-groupe de (G; ?), appelé centre du groupe (G; ?).
Continuons notre raisonnement. Un sous-groupe H d’un groupe (G; ?) est en aprticulier un monoïde :
l’associativité de la loi ? sur H découlant de l’associativité de ? de G, cette propriété se résume à
l’existence d’un élément neutre eH , qui pourrait être distinct a priori du neutre eG de (G; ?). Mais on a
en fait égalité, comme le montre le lemme suivant.
Lemme 1.2.1
Soit H un sous-groupe de (G; ?). Alors eH = eG et les symétriques d’un élément de H dans les
groupes (H; ?|H ) et (G; ?) coïncident.
Preuve. En exercice.
Proposition 1.2.2
(Caractérisation des sous-groupes). Soient (G; ?) un groupe et H ⊆ G. Alors les conditions sui-
vantes sont équivalentes.
x ? y ∈ H)).
3 (eG ∈ H) ∧ ((∀(x, y) ∈ H 2 )(e
Preuve. En exercice.
Proposition 1.2.3
Soit (G; ?) un groupe. Toute intersection de sous-groupes de (G; ?) est un sous-groupe de (G; ?).
Preuve. En exercice.
Test 1.12. Soit (Hn )n∈N une suite de sous-groupes d’un groupe (G; ?) telle que (∀n ∈ N)(Hn ⊆ Hn+1 ).
Hn est un sous-groupe de (G; ?).
S
Établir que
n∈N
Proposition 1.2.4
Soient (G; ?) un groupe et S ⊆ G. L’intersection de tous les sous-groupes de (G; ?) contenant S est
le plus petit sous-groupe (au sens de l’inclusion) de (G; ?) contenant S .
Preuve. En exercice.
Le plus petit sous-groupe (au sens de l’inclusion) de (G; ?) contenant S s’écrira hS i. On lira sous-
groupe de (G; ?) engendré par S .Dans la cas où S est fini, et S = {a1 , a1 , · · · , ak }, on écrit de préférence
h a1 , a1 , · · · , ak i au lieu de h{a1 , a1 , · · · , ak }i. Il est clair que h∅i = {eG }. En outre, si (∀e ∈ G)(a2 = eG ),
on a clairement h a i = {eG ; a}.
Définition 1.2.3
3 On dit qu’un groupe (G; ?) est monogène, s’il existe a dans G tel que G = h a i.
Test 1.14. Dans le groupe (P(E); ∆) où E = {0; 1}, on note a := {0} et b := {1}. Déterminer les
sous-groupes suivants :
h a i, h b i, h ∅ i, h ∅, a i, h a, b i, h E i.
Test 1.15. Montrer que H est un sous-groupe de (Z; +) si et seulement s’il existe un entier naturel n tel
que H = nZ.
Définition 1.3.1
Une application f : G → G0 est un morphisme du groupe (G; ?) dans le groupe (G0 ; ), si pour tout
(x1 , x2 ) dans G2 ,
f (x1 ? x2 ) = f (x1 ) f (x2 ).
Exemple 1.9. Voici divers exemples issus des cours d’algèbre et d’analyse.
3 La fonction f : (R; +) → (U; ×) définie par f (t) = eit est un morphisme de groupes, où U := {z ∈
C : |z| = 1};
4 Soit k dans Z. La fonction g : (Z; +) → (Z; +) définie par g(n) = kn est un morphisme de groupes.
Proposition 1.3.1
Soit f : (G; ?) → (G0 ; ) un morphisme de groupes. On note e et e0 les éléments neutres respectifs
pour les lois ? et . Alors f (e) = e0 et pour tout x dans G, f (e
x) = fg
(x).
Preuve. En exercice.
Définition 1.3.2
Soit f : (G; ?) → (G0 ; ) un morphisme de groupes. On note e l’élément neutre pour la loi ?.
Proposition 1.3.2
Preuve. En exercice.
Proposition 1.3.3
1 H est un sous-groupe de (G; ?), alors f (H) est un sous-sous groupe de (G0 ; ). En particulier,
Im( f ) est un sous-groupe de (G0 ; ).
2 Si H 0 est un sous-groupe de (G0 ; ), alors f −1 (H 0 ) est un sous-sous groupe de (G; ?). En
particulier, Ker( f ) est un sous-sous groupe de (G; ?).
Preuve. En exercice.
Proposition 1.3.4
Preuve. En exercice.
Définition 1.3.3
Test 1.16. Montrer que f : (Z; +) → (2Z; +) définie par f (n) = 2n est un isomorphisme de groupes.
(g)
Soient (G; ?) un groupe et H un sous-groupe de G. Considérons les relations binaires RH et R(d)
H
sur G definies par :
(g)
x ? y ∈ H, et xR(d)
xRH y, si e H y, si y ? e
x ∈ H.
Alors
(g)
1 RH et R(d)
H sont des relations d’équivalente sur G.
2
(g)
G/RH = {g ? H : g ∈ H} et G/R(d)
H = {H ? g : g ∈ H},
où
g ? H := {g ? h : h ∈ H} et H ? g := {h ? g : h ∈ H}.
3 L’application
(g)
G/RH → G/R(d)
H
(1.1)
g?H → H?g
est bijective.
Preuve. En exercice.
Théorème 1.4.1
(Lagrange) Soient (G; ?) un groupe et H un sous-groupe de G. Si G est fini, alors |H| divise |G|.
Preuve. En exercice.
Proposition 1.4.1
(g)
Soit (G; ?) un groupe et H un sous-groupe de (G; ?). La relation d’équivalence RH est compatible
avec la loi ? si et seulement si pour tout g dans G, on a g ? H = H ? g.
Preuve. En exercice.
Définition 1.4.1
Soit (G; ?) un groupe. Un sous-groupe H de (G; ?) est distigué, on note H E (G; ?), si pour tout g
dans G, on a g ? H = H ? g.
Proposition 1.4.2
Soit f : (G; ?) → (G0 ; ) un morphisme de groupes. Alors Ker( f ) est un sous-groupe distigué de
(G; ?).
Preuve. En exercice.
Soit (G; ?) un groupe d’élément neutre e et pour tout élément g de G, on définit l’application
ϕg : (Z; +) → (G; ?)
k 7→ g?n .
Proposition 1.5.1
Preuve. En exercice.
Définition 1.5.1
2 L’ordre d’un élément g de G, noté ord(g), est l’entier naturel n tel que Ker(ϕg ) = nZ.
Lorsque n = 0, on dit que g est d’ordre infini.
3 L’exposant d’un groupe (G; ?), noté exp(G), est defini par : exp(G) := min{k ∈ N / (∀g ∈
G)(g?n = e)}.
Proposition 1.5.2
Si g est un élément d’ordre fini égal à n d’un groupe (G; ?), alors ord(g) = |h g i|.
Preuve. En exercice.
Proposition 1.5.3
Si (G; ?) est un groupe fini d’élément neutre e et g ∈ G. Alors g est un élément d’ordre fini et
ord(g) divise |G|. De plus pour tout g dans G, on a : g|G| = e.
Preuve. En exercice.
Test 1.17. Soient (G; ?) est un groupe fini d’élément neutre e, et g ∈ G\{e}.
Test 1.18. Soient f : (G; ?) → (G0 ; ) un isomorphisme de groupes, et g ∈ G. Montrer que ord( f (g)) =
ord(g).
Exercice 1.1. Parmi les ensembles suivants dire lesquels sont des groupes et lesquels ne le sont pas.
Justifier votre réponse.
Exercice 1.2. Montrer que le groupe G × H est abélien si et seulement si G et H sont abéliens.
Exercice 1.3. Montrer que le relation R définie sur Z par : xRy⇔x + y est pair est une relation
d’équivalence, et déterminer ses classes déquivalences.
Exercice 1.4. Est-ce que la rélation définie sur Z par xRy⇔ x + y est divisible par 3 est une rélation
d’équivalence.
Exercice 1.5. Soit G un groupe tel que g2 = eG pour tout g ∈ G. Prouver que G est un groupe abélien.
Exercice 1.6. Donner un exemple de groupe G avec deux de ses sous-groupes H et K tels que H ∪ K
ne soit pas un sous-groupe de G.
6 Soient H et K deux sous-groupes de (G; ∗). Montrer que H ∪ K est un sous-groupe de (G; ∗) si et
seulement si H ⊆ K ou K ⊆ H.
Exercice 1.8. Soient (G; ∗) un groupe, et H un sous-groupe distingué dans (G; ·) tel que G/H soit fini
d’ordre n.
2 Soit H un sous-groupe dans (G; ∗). Montrer que f (H) est un sous-groupe dans ( f (L); ). A-t-on
f (H) E (L; ) ?
3 Soit K un sous-groupe distingué dans (L; ). Montrer que f −1 (K) est un sous-groupe distingué
dans (G; ∗).
1 Montrer que G contient un élément d’ordre 4 si, et seulement si (G; ∗) est cyclique.
a) Montrer que tout élément de G autre que l’élément neutre est d’ordre 2. En déduire que ∗ est
commutative.
b) On pose G := {e, a, b, c} où e est l’élément neutre pour ∗ dans G. Dresser la table de Cayley de
(G; ∗). En déduire que (G, ∗) est isomorphe à (Z × Z; ⊗).
a) Montrer que
n
Y ε i
hS i = , ε .
s : (∃n ∈ N)(∀i ∈ {1; 2; · · · ; n})(s ∈ S ∈ {−1; 1})
i i i
i=1
(1 pt)
a) Montrer que
n
X
hS i = ε , ε .
s : (∃n ∈ N)(∀i ∈ {1; 2; · · · ; n})(s ∈ S ∈ {−1; 1})
i i i i
i=1
(1 pt)
Le groupe symétrique
Notation 2.1. Pour un ensemble E, on note S(E) l’ensemble des bijections de E dans E. On note
Sn := S(Nn ). Une bijection σ : Nn → Nn est aussi appelée permutation.
Plutôt qu’un diagramme de Venn fléché ou qu’une définition point par point, on représente une per-
mutation σ de Nn sous la forme d’une matrice ayant deux lignes et n colonne(s) : sur la première ligne
figurent les éléments 1; 2; · · · ; n de Nn et sur la seconde ligne leurs images par la permutation σ.
1 2 ··· k ··· n
σ := .
σ(1) σ(2) · · · σ(k) · · · σ(n)
Par exemple, la permutation σ de N3 définie par σ(1) = 2, σ(2) = 3 et σ(3) = 1 sera notée
1 2 3
σ :=
2 3 1
Grâce à cette notation, les puissances de σ (pour la loi ◦) se calculent facilement. Ainsi,
1 2 3 1 2 3
σ2 =
et σ3 = = Id .
N3
3 1 2 1 2 3
s’obtient en "suivant" les flèches dans la figure obtenue par cette superposition Donc
1 2 3 4 5
αβ = .
4 1 2 5 3
Test 2.1. Écrire sous forme matricielle la permutation σ de N5 définie par σ(k) = 6 − k. Déterminer
son inverse.
Les propriétés des applications bijectives de E dans E et de la loi de composition ◦ sur S(E) prouvées
dans les chapitres précédents peuvent être résumées comme suit.
Proposition 2.1.1
Pour tout ensemble E non vide, (S(E); ◦) est un groupe. En particulier, pour tout entier naturel n
non nul, (Sn ; ◦) est un groupe appelé le groupe symétrique. Le cardinal de Sn est égal à n!.
Le résultat suivant justifie que l’étude des groupes S(E) se résumé à celle des groupes de permuta-
tions.
Proposition 2.1.2
Pour tout ensemble E de cardinal n, les groupes (S(E); ◦) et (Sn ; ◦) sont isomorphes.
Ψ : S(E) → Sn
(2.1)
σ 7→ f −1 ◦ σ ◦ f.
Test 2.2. Écrire les tables de Cayley des groupes (Sn ; ◦) et (S3 ; ◦). Quels sont les sous-groupes de
(S3 ; ◦) ? Déterminer les sous-groupes de (S3 ; ◦) qui sont distingués.
Théorème 2.1.1
(Cayley)
Tout groupe fini d’ordre n est isomorphe à un sous-groupe de (Sn ; ◦).
Preuve. Soit (G; ∗) un groupe d’ordre n. Alors il existe une bijection f : E → Nn et l’application
Ψ f : S(E) → Sn
(2.2)
σ 7→ f −1 ◦ σ ◦ f.
Φ: G → Sn
(2.3)
g 7→ Ψ(Lg ),
où
Lg : G → G
(2.4)
x 7→ x ∗ g.
Une permutation σ de Nn étant fixée, nous allons définir une relation d’équivalence sur Nn associée
à σ et qui permettra d’écrire la manière donc σ agit sur Nn .
On écrira indifféremment α ◦ α ou αβ la composée de deux cycles α et β de Sn . Une composition de
permutations est souvent appelée produit de permutationss.
Proposition 2.2.1
Preuve. En exercice.
Définition 2.2.1
La classe d’équivalence de x pour Rσ est appelée l’orbite de x pour la relation Rσ , et notée Oσ (x).
Définition 2.2.2
Soit n ≥ 2. Une permutation σ est un cycle, si la relation Rσ a une seule orbite ayant au moins deux
éléménts.
Remarque 2.1. Soit n ≥ 2. Une permutation σ est un cycle si et seulement s’il existe une p-liste
(a1 , a2 , · · · , a p ) d’éléments de Nn où 2 ≤ p ≤ n tels que {a1 , a2 , · · · , a p } = Supp(σ) et
Notation 2.3. Soit n ≥ 2. Le cycle défini précédemment est noté (a1 , a2 , · · · , a p ). Par convention,
IdNn := ().
Définition 2.2.3
1 2 3 4 5
Exemple 2.2. La permutation σ := est un cycle de S5 , car N5 est sa seule orbite
4 3 1 5 2
1 2 3 4 5
et σ := (1, 4, 5, 2, 3). En revanche, la permuatation τ := n’est pas un cycle car elle
4 3 2 5 1
admet deux orbites non réduits à en singleton, à savoire Oτ (1) = {1; 4; 5} et Oτ (2) = {2; 3}.
Lemme 2.2.1
Preuve. En exercice.
Proposition 2.2.2
Preuve. En exercice.
1 2 3 4 5 6 7
2 6 4 7 3 ? ?
Test 2.6. Calculer dans S6 le produit (3; 4)(4; 5)(2; 3)(1; 2)(5; 6)(2; 3)(4; 5)(3; 4)(2; 3). Déterminer l’in-
verse de ce produit.
Test 2.7. Soient n ≥ 3 et a, b, c trois éléments deux-à-deux distincts de Nn . Calculer (a, b)(b, c)(a, b).
Test 2.8. Que dire d’une permutation de Sn n’admettant qu’une seule orbite ?
Toute permutation de Sn se décompose de manière unique (à l’ordre des facteurs près) en un produit
de cycles de supports deux-à-deux disjoints.
Preuve. Admise.
Méthode 2.2.2
Si σ , σ1 , on prend k := min(Nn \Oσ (1), et on calcule Oσ (k) : σ2 := (1, σ(k), σ2 (k), · · · , . . .).
1 2 3 4 5 6 7
Exemple 2.3. Décomposer la permutation σ := en produit de cycles à
4 3 1 7 6 5 2
supports disjoints.
I Calculons l’orbite Oσ (1). On a : σ(1) = 4, σ2 (1) = 7, σ3 (1) = 2, σ4 (1) = 3, σ4 (1) = 1. Donc
Oσ (1) = {1, 2, 3, 4, 7}. On obtient σ1 = (1, 4, 7, 2, 3). De même Oσ (5) = {5, 6} et σ2 = (5, 6). Ainsi
σ = σ1 σ2 = (1, 4, 7, 2, 3)(5, 6).
Proposition 2.2.4
Preuve. Admise.
2 Calculer l’ordre de α et β.
Proposition 2.2.5
Preuve. Admise.
Méthode 2.2.3
Contrairement à la décomposition en produit de cycles à supports disjoints, il n’y a plus unicité. Par
exemple, on a : (1, 2, 3) = (1, 2)(2, 3) = (1, 2)(1, 2)(1, 2)(2, 3), car (1, 2)(1, 2) = Id. Mais on a également
(1, 2, 3) = (1, 3)(1, 2).
1 2 3 4 5 6 7
Exemple 2.5. Décomposer la permutation σ := en produit de transposi-
4 3 1 7 6 5 2
tions.
I On a : σ = (1, 4, 7, 2, 3)(5, 6). Donc σ = (1, 4)(4, 7)(7, 2)(2, 3)(5, 6).
1 2 3 4
et β := 1 2 3 4 5 6
α :=
3 4 2 1 3 5 6 1 2 4
en produit de transpositions.
Proposition 2.2.6
2 {(1, i) : 2 ≤ i ≤ n},
3 {(i, i + 1) : 1 ≤ i ≤ n − 1},
Soit n ≥ 2.
Définition 2.3.1
Soit σ ∈ Sn . Le couple (i, j) de N2n est une inversion de σ si i < j et σ(i) > σ( j). On note I(σ) le
nombre d’inversion(s) de σ.
1 2 3 4 5
Exemple 2.6. Déterminons le nombre d’inversions de σ := .
5 2 1 3 4
I Les inversions de σ sont (2, 5), (1, 5), (3, 5), (4, 5) et (1, 2) : I(σ) = 5.
Proposition 2.3.1
σ(i) − σ( j) Y σ(i) − σ( j) !
Y !
= = (−1)I(σ) .
{i, j}∈Pn
i− j 1≤i< j≤n
i − j
Preuve. En exercice.
Définition 2.3.2
Soit σ ∈ Sn . L’application
ε : Sn → {−1; +1}
Q σ(i)−σ( j) (2.5)
σ 7→ i− j
1≤i< j≤n
est la signature de Sn .
Proposition 2.3.2
Soit n ≥ 2.
1 La signature ε est un épimorphisme du groupes (Sn ; ◦) dans le groupe ({−1; +1}; ×).
4 Les seuls morphismes du groupes (Sn ; ◦) dans le groupe ({−1; +1}; ×) sont : le morphisme
trivial et la signature.
Preuve. En exercice.
Proposition 2.3.3
Soit n ≥ 2.
Preuve. En exercice.
Méthode 2.3.1
Caclul de (σ)
I Soient n ≥ 2 et σ ∈ Sn .
Décomposer σ en un produit de m transpositions, on a : (σ) = (−1)`(σ)−1 .
1 Pour chacune des permutattions suivantes, déterminer sa décomposition en produit de cycles dis-
joints, et en déduire son ordre.
Exercice 2.3. Soient (n, k) ∈ (N\{0})2 , α ∈ Sn , et (x1 , x2 , · · · , xk ) est un cycle dans Sn , Montrer que
Exercice 2.4. Soient (n; k) ∈ (N\{0})2 tel que k ≤ n. On désigne par Nn := {1; · · · ; n}, Supp(α) := {i ∈
Nn : α(i) , i}, le support de α ∈ Sn , Ek := {σ ∈ Sn : |Supp(σ)| = k}, et pk := |{σ ∈ Sk : |Supp(σ)| =
k}| le nombre des dérangements de Sk .
1 Soit k ∈ {1; 2; · · · ; n}. Montrer que {Ek : k ∈ {1; · · · ; n}} est une partition de Sn . En déduire que
n
Cnk pk = n!
P
k=1
3 En déduire que n
X 1
pn = n! (−1) .
k
k=0
k!
Anneaux et corps
La structure de groupe peut êtr enrichie d’une seconde loi de composition. Par exemple, sur le groupe
(Z; +) est également définie une multiplication.
Définition 3.1.1
Un anneau unitaire est un ensemble A muni de deux loi de compositions internes + et telles que :
On écrira (A; +, ), pour désigner l’anneau unitaire A muni de deux loi de compositions internes +
et .
La loi de groupe d’un anneau unitaire est traditionnellement notée additivement + ; pour la loi +,
l’opposé d’un élément a s’écrira −a et les puissance de a seront notées na (n ∈ Z), la notation an
étant réservée aux puissance pour la loi . Un anneau unitaire (A; +, ) est commutatif, si la loi est
commutative.
Notation 3.1. On note A∗ l’ensemble A\{0A }. On dit que A∗ est l’ensemble des éléments non nuls de A.
Exemple 3.1. Nous avons rencontré de nombreux anneaux unitaire dans les chapitres précédents.
I Les ensembles Z, D, Q, R, C, pour l’addition et la multiplication usuelles, sont des anneaux unitaires
commutatifs.
I Pour E un ensemble et (A; +, ) un anneau unitaire, AE muni des lois + et × définies par : pour tout
élément x de E,
( f + g)(x) = f (t) + g(x) et ( f g)(x) = f (x) g(x),
est un anneau unitaire. L’élément neutre pour + est x 7→ 0A et l’élément neutre pour est x 7→ 1A .
À la manière du produit direct de deux groupes, on peut définir une notion d’anneau produit. Les
vérifications calculatoires et laissées au lecteur.
Proposition 3.1.1
Le produit direct de n anneaux unitaires (A1 , ⊕1 , ⊗1 ), (A2 , ⊕2 , ⊗2 ), · · · , (An , ⊕n , ⊗n ) est (A; ⊕, ⊗), où
A = A1 × A2 × · · · × An , pour tout a := (a1 , a2 , · · · , an ) et b := (b1 , b2 , · · · , bn ) dans A,
a ⊕ b := (a1 ⊕1 b1 , a2 ⊕2 b2 , · · · , an ⊕n bn ), et a ⊗ b := (a1 ⊗1 b1 , a2 ⊗2 b2 , · · · , an ⊗n bn ).
Pour tout élément a d’un anneau unitaire (A; +, ), on a : a(0A +0A ) = a0A +a0A d’où a0A = 0A ;
par la réguralarité de a 0A dans le groupe additif (A; +). On prouve de même que 0A a = 0A . Plus
généralement, l’existence d’une seconde loi de composition sur le groupe (A; +) et ses propriétés de
distributivité et d’associativité enrichissent les règles de calcul déjà exposées dans le chapitre sur les
groupes.
Proposition 3.1.2
Preuve. En salle.
n
X n
Y
xk = x1 + x2 + · · · + xn , et xk = x1 x2 · · · xn .
k=1 k=1
Ces expresions étant bien définies par associativité des lois + et . La distributivité de sur +,
ainsi que l’associativité de +, permet d’écrire sans ambiguïté que, pour tout n et m dans N∗ , tous
x1 , x2 , · · · , xn , yn , · · · , ym dans A
n m n X
m
X X X
xi y j = xi y j .
i=1 j=1 i=1 j=1
L’ensemble des règles de calcul dans un anneau unitaire (A; +, ) permet d’établir que la formule du
binôme est valable dans (A; +, ) pour des éléments a et b qui commutent. Nous nous contenterons de
l’énoncer, la preuve est laisser au lecteur.
Proposition 3.1.3
n
X
(a + b) =
n
Ckn ak bn−k .
k=1
Test 3.1. Que dire d’un anneau unitaire (A; +, ) dans lequel 1A = 0A ?
Définition 3.1.2
Exemple 3.2. Dans l’anneau unitatire commutatif (Z2 ; ⊕, ⊗), les éléments (1, 0) et (0, 1) sont des divi-
seurs de zero, car on a : (1, 0) ⊗ (0, 1) = (0, 0)
Définition 3.1.3
Un anneau unitaire (A; +, ) est intègre, s’il est commutatif, si 1A , 0A et si pour tout (a, b) dans
A2 ,
(a b = 0A ) ⇒ (a = 0A ou b = 0A ).
Les anneaux intègres sont encore appelés domaine d’intégrité. On remarque que tout anneau intègre
est un anneau unitaire commutatif ne possèdant pas de diviseurs de zéro.
Définition 3.1.4
Un corps est un triplet (K; +, ) tels que (K; +, ·) est un anneau unitaire commutatif a , dont tous les
éléments distincts de 0K sont inversibles.
a. Dans le cas où la loi n’est pas commutative, la structure (K; +, ) est appélée un corps gauche.
Proposition 3.1.4
Preuve. En classe.
Nous étudions trois sous-structures importantes dans des anneaux unitaires : les sous-anneaux, le
groupe des éléments inversibles et les idéaux. Les deux dernières structures sont particulièrement impor-
tantes quand on cherche à faire de l’arithmétique sur un anneau unitaire.
Définition 3.2.1
Soient (A; +, ) un anneau unitaire et B une partie de A. On dit que B est un sous-anneau de
(A; +, ), si les restrictions des opérations + et à B confèrent à B une struture d’anneau unitaire, et
que 1A = 1B .
Cette défintion impose en premier lieu que les restrictions des opérations + et à B soient internes sur
B. Remarquons dès meintenant que le condition 1A = 1B n’est pas superflue : par exemple, ({0A }; +, )
est un anneau unitaire pas un sous-anneau de ({0A }; +, ).
Proposition 3.2.1
1 1A ∈ B ;
2 (∀(a, b) ∈ B2 )(a − b ∈ B) ;
Preuve. En salle.
Proposition 3.2.2
Soit (A; +, ) un anneau. L’intersection d’une famille quelconque de sous-anneaux (Bi )i∈I d’un an-
neau est un sous-anneau de (A; +, ).
Preuve. En salle.
Exemple 3.3. Posons Z[i] := {a + ib : (a, b) ∈ Z2 }. L’ensemble Z[i] est un sous-anneau de (C; +, ×).
Proposition 3.2.3
Preuve. En exercice.
Le plus petit sous-anneau (au sens de l’inclusion) de (A; +, ) contenant S s’écrira (S ). On lira sous-
anneau de (A; +, ) engendré par S .Dans la cas où S est fini, et S = {a1 , a1 , · · · , ak }, on écrit de
préférence ( a1 , a1 , · · · , ak ) au lieu de ({a1 , a1 , · · · , ak }).
Définition 3.2.2
2 On dit que S est une partie génératrice d’un sous-anneau B de (A; +, ), si B = ( S ).
Définition 3.2.3
Soient (K; +, ) un corps et L une partie de K. On dit que L est un sous-corps de (K; +, ), si les
restrictions des opérations + et à L confèrent à L une struture de corps, et que 1L = 1K .
Méthode 3.2.1
Pour montrer qu’une partie L d’un corps (K; +, ) est un sous-corps, il faut et il suffir de prouver
que (L; +) est un sous-groupe de (K; +) et (L∗ ; ) est un sous-groupe de (K∗ ; ).
Proposition 3.2.4
Preuve. En exercice.
Le plus petit sous-corps (au sens de l’inclusion) de (K; +, ) contenant S s’écrira (S ). On lira sous-
corps de (K; +, ) engendré par S .Dans la cas où S est fini, et S = {a1 , a1 , · · · , ak }, on écrit de préférence
( a1 , a1 , · · · , ak ) au lieu de ({a1 , a1 , · · · , ak }).
Définition 3.2.4
2 On dit que S est une partie génératrice d’un sous-corps L de (K; +, ), si L = ( S ).
Définition 3.2.5
Soient (A; +, ) un anneau intègre. Le corps de fraction de A, noté Frac(A), est le plus petit corps
contenant A.
Test 3.3. Soient (K; +, ∗) un corps et n ≥ 2. L’anneau produit (Kn ; ⊕, ~) est-il un corps ?
Test 3.6. Soit (A; +, ·) un anneau unitaire. On pose Z(A) := {x ∈ A : (∀a ∈ A)(a · x = x · a)}. Montrer
que Z(A) est un sous-anneau de (A; +, ·).
Notation 3.2. Soit (A; +, ×) un anneau unitaire. On note A× ou U(A), l’ensemble des éléments inver-
sibles pour la lois .
Proposition 3.2.5
Preuve. En salle.
I Pour tout ensemble E, le groupe des unités de l’anneau (P(E); 4, ∩) est {E}.
Test 3.7. Soit (A; +, ) un anneau unitaire. Que pensz-vous des inclusions A× ⊆ A∗ et A∗ ⊆ A× ?
Proposition 3.2.6
Soit (A; +, ) un anneau unitaire et I une partie non vide de A. On définit sur A la relation binaire RI
par :
aRI b, si a − b ∈ I.
Alors
1 RI est une relation d’équivalence sur A, si et seulement si I est un sous-groupe de (A; +).
3 La relation RI est compatible à droite pour la loi , si et seulement si (∀(a, x) ∈ A×I)(ax ∈ I).
Preuve. En salle.
Définition 3.2.6
Soit (A; +, ) un anneau unitaire et I une partie non vide de A. On définit sur A la relation binaire RI
par :
aRI b, si a − b ∈ I.
1 I est un idéal à gauche de (A; +, ), si RI est une relation d’équivalence sur A compatible à
gauche pour la loi .
2 I est un idéal à droite de (A; +, ), si RI est une relation d’équivalence sur A compatible à
droite pour la loi .
3 I est un idéal de (A; +, ), si RI est une relation d’équivalence sur A compatible pour la loi .
Les sous-ensembles {0A } et A sont toujours des idéaux, d’un anneau unitaire (A; +, ), appelés idéaux
trviaux de (A; +, ).
Exemple 3.7. Soit I ⊆ Z. Alors I est un idéal de (Z; +, ×) si, et seulement s’il existe un entier naturel n
tel que I = nZ.
Proposition 3.2.7
Soient (A; +, ) un anneau unitaire ; I et J deux idéaux de (A; +, ). Alors l’ensemble I ∩ J est un
idéal de (A; +, ).
Preuve. En salle.
Proposition 3.2.8
Soient (A; +, ) un anneau unitaire et S ⊆ A. L’intersection de tous les idéaux de (A; +, ) contenant
S est le plus petit idéal (au sens de l’inclusion) de (A; +, ) contenant S .
Preuve. En exercice.
Le plus petit idéal (au sens de l’inclusion) de (A; +, ) contenant S s’écrira (S ). On lira idéal de
(A; +, ) engendré par S .Dans la cas où S est fini, et S = {a1 , a1 , · · · , ak }, on écrit de préférence
( a1 , a1 , · · · , ak ) au lieu de ({a1 , a1 , · · · , ak }). Il est clair que h∅i = {0A }. En outre, si (∀a ∈ A)(a2 = 0A ),
on a clairement h a i = {0A ; a}.
Définition 3.2.7
2 On dit que S est une partie génératrice d’un idéal I de (A; +, ), si I = ( S ).
Proposition 3.2.9
I + J := {a + b : (a, b) ∈ I × J}.
Preuve. En exercice.
Test 3.9. Quel dire d’un idéal I d’un anneau (A; +, ) pour lequel 1A ∈ I ?
Test 3.10. Quels sont les idéaux de l’anneau (A; +, ) qui sont également des sous-anneaux de (A; +, ) ?
Définition 3.3.1
Une application f : A → B est un morphisme de l’anneau unitaire (A; +, ) dans l’anneau unitaire
(B; +, ·), si f (1A ) = 1B et pour tout (a, a0 ) dans A2 ,
1 f (a + a0 ) = f (a) + f (a0 ) ;
2 f (a a0 ) = f (a) ∗ f (a0 ).
Définition 3.3.2
Proposition 3.3.1
1 H est un sous-anneau de (A; +, ), alors f (H) est un sous-anneau de (B; +, ∗). En particulier,
Im( f ) est un sous-anneau de (B; +, ∗).
Preuve. En exercice.
Proposition 3.3.2
1 H est un idéal de (A; +, ), alors f (H) est un idéal de (B; +, ∗).
2 Si H 0 est un idéal de (B; +, ∗), alors f −1 (H 0 ) est un idéal de (A; +, ). En particulier, Ker( f )
est un idéal groupe de (A; +, ).
Preuve. En exercice.
Proposition 3.3.3
Preuve. En exercice.
Définition 3.3.3
3.4 Exercices
Exercice 3.1. 1 Soit x un élément d’un anneau intègre A. Démontrer que si x est inversible à droite,
alors x est inversible à gauche.
a) Montrer que le corps des rationnels Q n’admet pas d’autre sous-corps que lui-même.
n o
b) Montrer que D = 10k n : (k; n) ∈ Z × N , et D est un sous-anneau de Q, puis déterminer D× .
Exercice 3.2. Soit A un anneau commutatif. On dit qu’un élément x est nilpotent s’il existe n ∈ N tel
que xn = 0A . On considère les ensembles N(A) := {x ∈ A : (∃n ∈ N)(xn = 0A )}
2 Montrer que, si x et y sont nilpotents, alors xy et x + y le sont aussi. En déduire que N(A) est un
idéal de A.
a) Montrer que f (H) est un sous-anneau dans ( f (L); +, ). A-t-on f (H) sous-anneau de (L; +, ) ?
b) Montrer que f (I) est un sous-anneau dans ( f (L); +, ). A-t-on f (I) idéal de (L; +, ) ?
a) Montrer que f −1 (K) est un sous-anneau dans (G; +, ·). A-t-on f −1 (K) sous-anneau de (G; +, ·) ?
b) Montrer que f −1 (J) est un sous-anneau dans (G; +, ·). A-t-on f −1 (J) idéal de (G; +, ·) ?
Exercice 3.4. Soit f une application d’un corps K dans R+ telle que f (x) = 0 ⇔ x = 0, f (xy) =
f (x) f (y) et f (x + y) ≤ max{ f (x); f (y)}. Soient A := {x ∈ K : f (x) ≤ 1} et B := {x ∈ K : f (x) < 1}.
3 Soit R la relation d’équivalence sur A définie par xRy ssi x − y ∈ B. Montrer que A/R est un corps.
Exercice 3.5. Soient G un groupe multiplicatif et A un anneau unitaire. Montrer que l’ensemble AG
des applications de G dans A, muni des lois + et ∗ definies par : pour tout ( f, g) dans (AG )2 , et pour tout
x dans G,
3 Mointrer que G ou A possède plus de deux éléments, alors (AG ; +, ∗) possède des diviseurs de zéro.
[1] Jean-Pierre Marco, Laurent Lazzarini : Mathématiques L1 - Cours complet avec 1000 tests et exer-
cices corrigés. Pearson Education (2007).
[3] C. Fomekong, C. Nkuimi Jugnia, M. Tonga : Exercices d’algèbre avec rappels de cours 1er année
DEUG, Collection ASER (2002)