Endomorphismes semi-simples
Références : que pour tout i ∈ J1, rK, pi est un polynôme en f . Comme F
Algèbre, Xavier Gourdon est stable par f , F est donc stable par pi ie pi (F ) ⊂ F . On a
aussi pi (F ) ⊂ pi (E) = Fi . Finalement, on a pi (F ) ⊂ Fi ∩ F et
Soit E un K-espace vectoriel de dimension finie. comme IdE = p1 + ... + pr , on a
Théo (Lemme des noyaux). Soit f ∈ L(E) et P = P1 ...Pk ∈ K[X], F ⊂ p1 (F )+...+pr (F ) = p1 (F )⊕...⊕pr (F ) ⊂ (F1 ∩F )⊕...⊕(Fr ∩F ).
les polynômes Pi étant premiers entre eux deux à deux. Alors
L’inclusion réciproque est facile puisque pour tout i ∈ J1, rK,
KerP (f ) = KerP1 (f ) ⊕ ... ⊕ KerPk (f ). Fi ∩ F ⊂ F donc (F1 ∩ F ) ⊕ ... ⊕ (Fr ∩ F ) ⊂ F .
• Supposons maintenant que Πf est irréductible. Montrons que f
Prop. Soit f ∈ L(E) et F ∈ K[X] un polynôme annulateur est semi-simple.
de f . Soit F = βM1α1 ...Msαs la décomposition en facteurs irré- Soit F un sous espace vectoriel stable par f . On veut donc
ductibles de K[X] du polynôme F . Pour tout i ∈ J1, sK, on note montrer qu’il existe un supplémentaire S de F dans E stable
Ni = KerMiαi (f ). On a alors E = N1 ... Ns , et pour tout
L L
par f .
i ∈ J1, sK, la projection sur Ni parallèlement à j6=i Nj est un poly-
L
Si F = E alors c’est terminé avec S = {0}.
nôme en f . Sinon, soit x1 ∈ E\F . Considérons
Déf. On dit que f ∈ L(E) est semi-simple si pour tout sous espace Ex1 = {P (f )(x1 ), P ∈ K[X]}.
vectoriel F de E stable par f , il existe un supplémentaire S de F
stable par f . Une matrice est dite semi-simple si l’endomorphisme Le sous espace vectoriel Ex1 est stable par f . Nous allons mon-
f de K dont M est la base canonique de Kn est semi-simple. trer que Ex1 ∩ F = {0}.
Soit Ix1 = {P ∈ K[X], P (f )(x1 ) = 0}. C’est un idéal de K[X],
Théo. Soit f ∈ L(E). f est semi-simple si et seulement si son non réduit à {0} car Πf ∈ Ix1 , donc il existe un polynôme uni-
polynôme minimal est sans facteurs carrés. taire Πx1 tel que Ix1 = (Πx1 ) = Πx1 K[X]. Comme Πf ∈ Ix1
le polynôme Πx1 divise Πf et Πf étant irréductible et uni-
Démonstration. Notons Πf le polynôme minimal de f . Soit Πf =
taire, on a Πx1 = Πf . Le polynôme Πx1 est donc irréductible.
M1α1 ...Mrαr la décomposition de Πf en facteurs irréductibles de K[X].
Soit y ∈ Ex1 ∩ F . Il existe un polynôme P ∈ K[X] tel que
• Soit F un sous espace vectoriel stable par f . Montrons que y = P (f )(x1 ). Si y 6= 0, alors P ∈
/ Ix1 = (Πx1 ), donc Πx1 ne di-
r vise pas P et Πx1 étant irréductible, Πx1 et P sont premiers entre
[KerMiαi (f ) ∩ F ]
M
F = eux. D’après le théorème de Bezout, il existe donc U, V ∈ K[X]
i=1 tels que U P + V Πx1 = 1, donc
Pour tout i ∈ J1, rK, on note Fi = KerMiαi (f ). On sait, par le x1 = U (f ) ◦ P (f )(x1 ) + V (f ) ◦ Πx1 (f )(x1 ) = U (f )(y)
lemme des noyaux, que E = F1 ⊕...⊕Fr (Pi (f ) est un polynôme
annulateur de f donc KerP (f ) = E). Pour tout i ∈ J1, rK, on Or y ∈ F et F est stable par f donc x1 = U (f )(y) ∈ F ce qui
note pi la projection sur Fi parallèlement à j6=i Fj . On sait est absurde. On a donc y = 0. On a donc le résultat.
L
1
Endomorphismes semi-simples
On vient de montrer que Ex1 et F sont en somme directe et Ex1 Mi est le polynôme minimal de fi . On utilise le deuxième
est stable par f . point pour affirmer que fi est semi-simple. Or F ∩ Fi est
Si F ⊕ Ex1 = E, alors c’est terminé. stable par fi donc il existe un supplémentaire Si stable
Sinon, on réitère le procédé. par fi (et donc par f ) tel que (Fi ∩ F ) ⊕ Si = Fi . Posons
On a donc, le résultat après un nombre fini d’itérations k (on maintenant S = S1 ⊕ ... ⊕ Sr , on a
travaille en dimension finie). Le sous espace vectoriel S = Ex1 ⊕
... ⊕ Exk est donc stable par f et vérifie F ⊕ S = E. E = F1 ⊕ ... ⊕ Fr
r
• Montrons que f est semi-simple si et seulement si Πf = M1 ...Mr
M
= (Fi ∩ F ) ⊕ Si
est produit de polynômes irréductibles unitaires distincts deux i=1
" r # " r #
à deux. M M
= (Fi ∩ F ) ⊕ Si
I Supposons f semi-simple. Soit Πf = M1α1 ...Mrαr la décom- i=1 i=1
position de Πf en facteurs irréductibles unitaires de K[X]. = F ⊕S
Il s’agit de montrer que pour tout i ∈ J1, rK, αi = 1.
Supposons, au contraire, qu’il existe i ∈ J1, rK tel que et S est stable par f . L’endomorphisme est donc semi-
α ≥ 2. Si M = Mi , on voit qu’il existe N ∈ K[X] tel simple.
que Πf = M 2 N . Soit F = KerM (f ). Le sous espace
vectoriel F est stable par f semi-simple donc il existe
un supplémentaire S de F stable par f . Montrons que Leçons possibles : 141 - 153 - 154
M N (f ) s’annule sur S. Si x ∈ S, alors M N (f )(x) ∈ F car
M (f )[M N (f )(x)] = Πf (f )(x) = 0 et M N (f )(x) ∈ S car
S est stable par f . Donc M N (f )(x) ∈ F ∩S = {0} et donc
M N (f )(x) = 0. L’endomorphisme M N (f ) s’annule donc
sur S. Il s’annule aussi sur F car si y ∈ F = KerM (f ),
alors M N (f )(y) = N [M (f )(y)] = 0. Comme F ⊕ S = E,
M N (f ) s’annule sur E tout entier ie M N (f ) = 0. Ceci
contredit la minimalité du degré du polynôme minimal
Πf = M 2 N .
I Supposons Πf = M1 ...Mr avec les Mi irréductibles uni-
taires et distincts deux à deux. Soit F un sous espace
vectoriel de E stable par f . Pour tout i ∈ J1, rK, notons
Fi = KerMi (f ). On a E = F1 ⊕ ... ⊕ Fr et d’après ce qui
précède, F = ri=1 (F ∩ Fi ). Pour tout i ∈ J1, rK, Fi est
L
stable par f . Notons fi ∈ L(Fi ) la restriction de f à Fi .
On a Mi (fi ) = 0 et Mi est irréductible ce qui prouve que