Activité : lecture
Support : « Afrique » de David Diop p. 101
Compréhension globale :
1-Qui est l'auteur de ce texte ?
David Diop : (1927- 1961) est un poète français d’origine sénégalaise. Il appartient au
mouvement culturel de la « négritude » dont les chefs de file sont Aimé Césaire et Léopold
Sédar Senghor. Ces écrivains défendaient des idées anticolonialistes et revendiquaient une
identité culturelle noire.
La négritude désigne l'ensemble des valeurs culturelles et spirituelles revendiquées par les
Noirs comme leur étant propres ; c'est la prise de conscience de l'appartenance à cette culture
spécifique.
La Seconde Guerre mondiale a déstabilisé l'empire colonial français. Après cette guerre, les
peuples colonisés par la France réclamaient (ou revendiquaient) leur liberté. Cette période est
appelée « la décolonisation »
2- Quelle est la forme de ce texte ?
C'est une poésie libre. Ce poème se caractérise par l'absence de signes de ponctuation. Les
vers sont de longueur variable. Le poème n'est pas constitué de strophes. La poésie libre est
une poésie moderne qui ne respecte pas les règles de la versification classique.
3-Quelle est la signification symbolique du titre de ce poème ?
Afrique
Sans déterminant, ce titre dénote l'appel. C'est une apostrophe : une figure de rhétorique par
laquelle un orateur interpelle tout à coup une personne ou une chose personnifiée. L'Afrique
désigne, ici, le peuple africain.
« Afrique » est un poème formé d’une seule strophe de 24 vers. Il est formé de deux parties
principales :
1- Vers 1 au vers 16 : l’invocation
a- Vers 1 au vers 5 : l’Afrique antique ; précoloniale
b- Vers 6 au vers 11 : l’Afrique de l’ère de l’esclavage
c- Vers 12 au vers 16 : l’Afrique de la période coloniale
2- Vers 17 au vers 24 : La réponse : l’Afrique de la période des indépendances
Explication détaillée :
À qui s’adresse-t-il le poète ?
Le poète ouvre son poème par une apostrophe (une figure de style qui consiste à s’adresser
directement à quelqu’un). Il personnifie (l’emploi de la personnification) le continent
d’Afrique, traitant cette étendue de terre sous les traits d’une personne. On remarque que cette
personnification s’étend sur tout le poème : ainsi il fait posséder le sang (vers 6) ; la sueur
(vers 8) ; le dos (vers 13) ; la voix (vers 17)
L’anaphore : la répétition du nom "Afrique" montre le lien fort entre le poète et le continent.
Bien qu'il soit né en France, David Diop se sent africain. Il appartient à l'Afrique et l'Afrique
lui appartient. Ce sentiment d'appartenance à l'Afrique est souligné par l'utilisation de
l'adjectif possessif "mon" : « mon Afrique ».
Le poète connaît-il vraiment l’Afrique ?
Le poète ne connait pas vraiment l'Afrique. Il est né en France. Mais il a le sang africain. « Je
ne t’ai jamais connue / Mais mon regard est plein de ton sang » C'est comme un orphelin qui
ne connaît pas sa mère mais qui y pense toujours.
Dans les cinq premiers vers, le poète chante la louange de ce beau continent. Il évoque ce que
lui chante sa grand-mère de ce beau pays d’autrefois adorable et paisible, de ces fiers
guerriers pendant la période précoloniale quand les européens n’y sont pas encore venus. Il
chante l’héroïsme chez les ancêtres africains.
Il exprime sa nostalgie pour le fait de ne jamais connaitre ce lieu et pour la perte à jamais de
la beauté et la sérénité de ce continent.
Que représente l'Afrique pour le poète ?
Pour le poète, l'Afrique représente les origines, l’amour et la fierté.
Quels procédés d’écriture le poète utilise-t-il pour souligner sa fierté d'être africain ?
Pour montrer sa fierté d'appartenir à l'Afrique, le poète recourt au discours élogieux en
employant les expansions du nom : Le complément du nom : "Afrique des fiers guerriers dans
les savanes africaines". / La subordonnée relative : "Afrique que chante ma grand-mère".
Que dénonce le poète dans cette partie ? (Du vers 6 au vers 11)
Il dénonce le phénomène historique de l’esclavage. L’exploitation et l’pression des africains à
travers la traite négrière sont mises en valeur par l’emploi de la figure de style de l’anadiplose
dans les vers (8-11) : il dénonce la cruauté des esclavagistes qui infligent des blessures aux
esclaves africains en les fouettant.
Dans les vers qui suivent (12 à 16), le poète continue à dénoncer la colonisation et la
domination des occidentaux envers les noirs africains assujettis et humiliés.
L’Afrique personnifiée « ce dos qui se courbe …/ qui dit oui au fouet… » est octroyée d’une
bouche et elle parle comme un être humain. Le poète s’attaque aux africains qui disent « oui »
et acceptent l’pression coloniale, qui se résignent devant les travaux forcés. Il faudrait se
révolter contre les méfaits des colons qui traitent les africains comme des bêtes, fouettés
comme des animaux sauvages et soumis à toute sorte de sévices.
Quelle métaphore permet d’exprimer l’espoir d’une Afrique libre ?
C’est la métaphore de l’arbre : « cet arbre robuste et jeune/Cet arbre là-bas ».
Cet arbre représente les héros audacieux et braves prêts à lutter pour la
libération de leurs pays.
Relevez deux adverbes et une locution adverbiale qui montrent que la
liberté se gagne progressivement.
« Patiemment », « obstinément » et « peu à peu ».
Pourquoi d'après le poète, la liberté a-t-elle une saveur amère ?
La liberté a un goût amer car elle s'acquiert après beaucoup de souffrances, de
luttes, de patience et d'obstination.
Synthèse :
Dans ce poème, David Diop chante l’Afrique dans le but de la louer. Mais aussi, il
veut montrer ce qu’est devenue après l’arrivée des occidentaux : les ravages et
les exploitations des esclavagistes et des colons.
Tout en mettant en valeur son sentiment nostalgique du passé glorieux africain, il
se sert de ce poème comme une arme pour lutter pour la libération des pays
africains colonisés.