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Révélations d'un rebelle ivoirien

Padjofê Ibrahim, un déserteur de l'armée ivoirienne, révèle les détails de la rébellion en Côte d'Ivoire et les raisons qui ont conduit à l'attaque du 19 septembre 2002. Il décrit la préparation de l'attaque, le recrutement des combattants, les personnalités ciblées pour l'élimination, et les commanditaires de ce coup d'État, notamment Alassane Ouattara et Blaise Compaoré. Ibrahim exprime des regrets pour les violences causées et souligne l'ignorance des véritables dangers qui menacent le pays.

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Révélations d'un rebelle ivoirien

Padjofê Ibrahim, un déserteur de l'armée ivoirienne, révèle les détails de la rébellion en Côte d'Ivoire et les raisons qui ont conduit à l'attaque du 19 septembre 2002. Il décrit la préparation de l'attaque, le recrutement des combattants, les personnalités ciblées pour l'élimination, et les commanditaires de ce coup d'État, notamment Alassane Ouattara et Blaise Compaoré. Ibrahim exprime des regrets pour les violences causées et souligne l'ignorance des véritables dangers qui menacent le pays.

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Mort de Guei Robert : Pourquoi nous avons tué Robert les aveux d'un rebelle Force

nouvelle repenti.

Je m'appelle Padjofê Ibrahim. Je suis de l'ethnie Dioula et je suis un déserteur de


l'armée ivoirienne. Si je donne mon vrai nom, c'est parce que je n'ai plus personne
à protéger car, mes parents (mon père, mes deux sœurs et mon frère étudiant en
licence d'anglais à l'Université de Bouaké) ont été exécutés dans la nuit du 8 au 9
février dernier.
Je suis donc un rebelle fugitif qui a décidé de ne plus participer à la destruction
de mon pays. J'ai été au cœur de la rébellion, j'ai participé à toutes les étapes
de la préparation de l'attaque jusqu'à son exécution. Je sais que les choses que je
vais dire aujourd'hui paraîtront aux yeux de certaines personnes comme une
plaisanterie de mauvais goût, mais je jure sur les cadavres de mes parents que ce
qui va suivre est la stricte vérité et même si cela arrive bien en retard, il
n'empêche qu'il peut permettre de comprendre beaucoup de choses et de prévenir bien
d'autres dangers qui guettent le contrôle gouvernemental pour réaliser à quel point
les Ivoiriens, avec les autorités à leur tête, ignorent les véritables dangers qui
planent sur le pays.
Je voudrais préciser avant toute chose, qu'aucun des pays qui entourent la Côte
d'Ivoire n'aime la Côte d'Ivoire. Ils ont tous participé d'une façon ou d'une autre
à la destruction du pays. J'y reviendrai. Cela dit, je voudrais demander pardon aux
Ivoiriens et à toutes les victimes innocentes de cette guerre atroce que nous avons
provoquée dans notre propre pays. J'ai fait du mal, beaucoup de mal en succombant à
un certain discours, en pensant d'après ce qu'on nous avait dit, que le Président
Gbagbo était venu au pouvoir pour organiser le génocide des gens du Nord et qu'il
fallait tout mettre en œuvre pour l'arrêter. Voilà pourquoi, la plupart de ceux qui
ont pris les armes sont des gens du Nord et qu'à la fin de cette guerre, on
découvrira que 60% des jeunes du Nord sont morts, tant les FANCI les massacrent sur
les fronts de guerre. Quelqu'un a dit que « le jour où ceux qui financent les
guerres se retrouveront sur les fronts, il n'y aura plus de guerre dans le monde ».
Je me demande si ce monsieur se rendait compte de la véracité de ce qu'il disait.
Je voudrais dire ici qu'aucun des chefs de la rébellion qui endeuille le pays n'a
jamais mis les pieds sur un front de guerre, ni conduit une troupe au cours d'un
combat.
Le seul qui a eu le courage de participer à un combat à la tête d'une unité de 227
personnes (tous des gamins de 12 à 15 ans) a été abattu par les FANCI le jeudi 17
octobre 2002 à M'Bahiakro et son unité a été totalement anéantie. Il s'agit d’Inza
Karamoko. Après cette guerre, le monde entier constatera le désastre. Cela dit, je
voudrais situer les choses que je vais dire à 11 niveaux :
1. La préparation de l'attaque ; 2. Le recrutement ; 3. Les raisons de l'attaque ;
4. Les personnalités qu'il fallait tuer ; 5. La mort de Balla Kéita ; 6. Les
commanditaires du coup ; 7. Les complicités internes et externes ; 8. L'élimination
systématique des gendarmes ; 9. Le but assigné au MPIGO et au MJP ; 10. La mission
de l'escadron de la mort et des médias étrangers ; 11. Le rôle de la France et des
multinationales françaises. Beaucoup de choses ont été dites sur l'attaque du 19
septembre 2002. Certaines de ces choses sont vraies, et d'autres sont très loin de
la vérité. Il a fallu que je sois au Burkina Faso du mardi 16 janvier 2001 au lundi
16 septembre 2002 pour comprendre à quel point la Côte d'Ivoire était haïe par les
pays qui l'entourent. J'y reviendrai dans le point 7. 1.- La préparation de
l'attaque
A mon arrivée à Somgandé au Burkina le 16 janvier 2001, le noyau qui devrait
diriger les opérations était déjà constitué ; il s'agissait de Tuo Fozié, Massemba
Koné, Omar Diarrassouba, Iréné Kablan et Souleyman Diomandé. Il s'agit là de la
phase 1. 2.- La deuxième phase a consisté à recruter
C'est IB qui a été chargé de cette tâche, aidé par trois officiers burkinabè qui
agissaient pour le compte de leur pays. Le recrutement a été fait dans trois pays:
le Liberia, la Sierra Leone et le Burkina Faso. Ainsi, au total, ce sont 417
personnes qui ont été recrutées en deux mois, dont 288 Burkinabè (125) soldats de
l'armée burkinabé et 163 repris de justice libérés des prisons et conduits au camp
de formation de Pô. Quant aux Ivoiriens qui ont participé à l'attaque, il a suffi
de leur expliquer ce qui suit : 3.- Les raisons de l'attaque
Il y a trois raisons essentielles à l'attaque du 19 septembre.
- Il fallait sauver les peuples du Nord, et principalement les Dioula, du génocide
que préparait le Président Gbagbo.
- Pour convaincre chacun de cette idée, une photo couleur agrandie était accrochée
dans toutes les chambres des villas de Somgandé et une autre (petite) était dans
les poches de toutes les recrues, de sorte que chacun se disait qu'il avait une
mission noble à accomplir en faisant la guerre en Côte d'Ivoire. Il s'agissait de
sauver tout un peuple menacé d'extermination totale par un régime supposé
génocidaire.
- Il fallait ensuite permettre aux Burkinabè résidant en Côte d'Ivoire d'avoir les
mêmes droits que les Ivoiriens et de participer à toutes les prises de décisions
concernant l'avenir du pays. Pour convaincre les Burkinabè de ce que les Ivoiriens
partisans du régime étaient en train de massacrer leurs compatriotes, le journal
Sidwaya a utilisé les mêmes photos du charnier de Yopougon qu'il a présenté comme
étant constitué de ressortissants burkinabè. Cela a provoqué une grande colère et a
facilité le recrutement des Burkinabè avec l'accord des autorités burkinabè. Pour
que ce qui précède puisse se réaliser, il fallait éliminer systématiquement un
certain nombre de personnalités politiques et militaires et permettre ainsi, par la
chute du gouvernement, l'installation d'un nordiste à la tête de l'Etat et en
l'occurrence M. Alassane Ouattara, après 6 mois de transition au cours de laquelle,
par l'usage de la terreur, toutes les personnes gênantes devraient être soit
exécutées soit forcées à l'exil. 4.- Les personnalités politiques et militaires
qu'il fallait tuer
Je reviendrai de façon détaillée sur un certain nombre de choses dans le point 6,
mais il faut dire que si le coup d'Etat avait réussi, il n'y aurait aujourd'hui
d'hommes politiques en Côte d'Ivoire que ceux venant du RDR tant la liste des
personnes qu'il fallait exécuter était longue. Je ne pourrai donc pas donner la
composition de cette liste de façon exhaustive mais voici quelques-uns des noms. 1.
Emile Boga Doudou (à la demande de Blaise Compaoré) ; 2. Doué Mathias ; 3. Touvoli-
Bi ; 4. Lida Kouassi ; 5. Henri Konan Bédié ; 6. Emile Constant Bombet ; (l'ancien
ministre) ; 7. Blé Goudé Charles ; 8. Tapé Koulou (à la demande de Shérif
Ousmane) ; 9. Mamadou Koulibaly ; 10. Guéi Robert (à la demande d’Alassane
Ouattara). C'est ce dernier nom, celui du général, ajouté à la demande de Alassane
Ouattara qui a changé tout et donc a précipité les choses car, on ne sait trop
comment cela s'est passé mais quelqu'un a filé l'information à M. Balla Kéita qui
suivait le déroulement des préparatifs pour le compte du général. 5.- La mort de
Balla Kéita
M. Balla Kéita a été envoyé au Burkina Faso par le général Guéi pour suivre
l'évolution des préparatifs pour son compte. A son arrivée au Burkina, M. Balla
devrait avoir ses appartements à Somgandé, mais pour éviter les soupçons, Blaise
Compaoré a décidé de le loger personnellement. Cette démarche n'a pas beaucoup plu
au Général qui soupçonnait un mauvais coup de la part d'Alassane, mais on a su le
convaincre. En réalité, si on avait éloigné Balla Kéita, c'était pour qu'il ne soit
pas au courant de certains détails, tels que la composition de la liste.
Ainsi, lorsqu'il s'est agi de dresser la liste, le Général n'a eu son mot à dire
que sur le sort du Président Gbagbo, car l'informateur qui se trouvait à la
Présidence avait prévenu que le Président devait s'absenter dans le courant de la
3e semaine du mois de septembre 2002. Le Général a donc conseillé que le coup se
fasse en son absence, car cela permettrait d'épargner sa vie et donc d'éviter un
certain nombre de difficultés inutiles. Mais le Général ne savait pas qu'il était
lui-même sur la liste; normal, car le coup devait être fait pour lui, du moins
d'après ce que M. Ouattara lui avait promis. Ainsi, le Général en qualifiant le
Président de boulanger, ignorait que le vrai boulanger était celui à qui il
téléphonait 3 fois par jour.
Lorsque Balla Kéita, on ne sait par quel moyen, avait appris que le nom de son
patron était sur la liste des personnes qu'il fallait exécuter, au lieu d'informer
directement le Général, il a cru bon d'en parler d'abord à Blaise Compaoré. Dès cet
instant, il avait signé son arrêt de mort et effectivement, on le retrouvera mort
le lendemain. Nous étions alors fin juillet-début août. La difficulté a été dès
lors de convaincre le Général que la mort de son agent n'avait rien à avoir avec un
mauvais coup que l'on préparerait dans son dos. Une tâche que les autorités
burkinabè avec le ministre de la Défense vont réussir à merveille, en retournant
les soupçons sur le gouvernement FPI au pouvoir à Abidjan et pour parachever la
machination, Fabien Coulibaly qui, à la demande du Général, s'était rendu au
Burkina, avait été chargé d'assassiner le Général, mais on ne sait pour quelles
raisons, il n'a jamais exécuté son contrat et donc jusqu'à ce qu'on déclenche
l'attaque, on ne savait pas si Fabien Coulibaly et le Général avaient un autre plan
et dans le doute, pour éviter les problèmes, son nom avait été ajouté sur la liste,
de même que celui de tous ceux qui se trouvaient dans l'environnement immédiat du
Général.
Ceci explique ce qui s'est passé ou plus précisément, devrait expliquer ce qui
s'est passé car on saura plus tard que Fabien Coulibaly avait vendu la mèche et que
le Général avait concocté son propre plan, mais malheureusement pour lui, certains
éléments de la gendarmerie qui étaient dans le coup et dont le Général avait les
noms, avaient réussi à s'infiltrer dans les patrouilles des gendarmes loyaux et
donc pour éviter que le Général ne se venge d’eux s'il prenait le pouvoir, ont
réussi à créer la confusion, de sorte que même au jour d'aujourd'hui, vu la façon
dont les choses se sont passées, au plus haut niveau de la rébellion, tout le monde
a la trouille quand il s'agit de savoir si ceux qui ont tué le Général sont tous
morts ou vivants et prisonniers ; mais on les préfère plutôt morts que vivants :
suivez mon regard. 6.- Les commanditaires du coup
Il y a essentiellement trois commanditaires : Alassane Dramane Ouattara ; Guéi
Robert ; Blaise Compaoré.
Alassane Ouattara a offert tous les moyens de communication dont dispose le MPCI.
Il a également corrompu tous les correspondants-Afrique de tous les médias français
à qui une mission précise a été confiée. J'y reviendrai dans le point 10. C'est M.
Alassane qui s'est chargé de la rémunération de tous les chefs rebelles de Tuo
Fozié à Dacoury-Tabley en passant par Soro Guillaume. Même au niveau de la
rébellion, on ignore où Alassane Ouattara a tiré tout l'argent qu'il a investi dans
cette guerre et c'est sans doute ce qui constitue le plus grand danger pour la Côte
d'Ivoire.
Le rôle de Guéi a consisté à créer au sein de l'armée, un environnement de
suspicion propice à un soulèvement général de l'armée. Mais il a échoué dans sa
tâche car en dehors des Bayefouè et des Zinzins et de quelques officiers dont Gueu
Michel, pas grand monde n'a mordu à son hameçon et c'est l'une des raisons qui
explique l'échec de la prise d'Abidjan.
Blaise Compaoré est ce qu'il convient d'appeler le plus grand danger pour la Côte
d'Ivoire. Ce Monsieur a juré que tant qu’Alassane ne sera pas à la tête de la Côte
d’Ivoire, ce pays ne connaîtra jamais la paix.
Blaise Compaoré a fourni à lui seul et cela grâce à ses propres réseaux de trafic
d'armes dont les sièges se trouvent en Libye et au Liberia, toutes les armes dont
dispose actuellement le MPCI. C'est lui qui a fourni tous les instructeurs, c'est
également lui qui a fourni 125 soldats burkinabè dont 38 officiers qui sont
répartis comme suit : 13 à Korhogo, 15 à Bouaké et 10 à Odienné. Ce sont eux qui
forment actuellement sur le terrain, toutes les recrues. Blaise Compaoré a investi
au bas mot, plus de 4 milliards dans cette guerre, de l'argent qu'il compte
récupérer une fois que les Burkinabè résidant en Côte d'Ivoire et Alassane seront
parvenus au pouvoir. 7.- Les complicités internes et externes
Tous les dirigeants du RDR, des plus modérés aux plus durs, savaient plus ou moins
que leur mentor préparait un coup fumant. Certains comme Ali Coulibaly, Gon
Coulibaly, Ali Kéita, ont parcouru nuitamment pendant des semaines les villes du
Nord avec des photos du charnier de Yopougon. Je dois avouer qu'ils ont fait un
travail remarquable, car aujourd'hui, pour convaincre un jeune du Nord de tuer un
gendarme et de boire son sang, il suffit de lui montrer une de ces photos et de lui
dire que c'est le sort que Gbagbo et ses gendarmes lui réservent s'il ne réagit
pas.
Alassane lui-même leur avait expliqué cela pendant sa tournée d'avant les élections
des conseils généraux. Au niveau interne, il faut souligner que même dans
l'entourage du Chef de l'Etat, certaines personnes étaient au courant du coup.
Aujourd'hui, un travail a été fait pour éloigner ces traitres qui mangeaient avec
le Président et qui savaient pourtant qu'on allait le tuer. Au niveau interne
toujours, il faut dire que dans toutes les villes occupées et non occupées, se
trouve quelqu'un qui est chargé d'organiser avec l'aide de quelques personnes, la
chute de la ville et à dresser la liste des personnes qu'il fallait
systématiquement exécuter à notre arrivée.
Ainsi par exemple à Bouaké, le maire a joué ce rôle, à Béoumi, le chef de canton a
aidé à la prise de la ville. La liste complète de tous ces gens qui tapis dans
l'ombre aident les rebelles est actuellement au domicile du préfet de Bouaké qui
est la maison de Soro Guillaume.
La plupart des gens qui sont sur cette liste sont des Burkinabè qui connaissent
très bien les villes dans lesquelles ils vivent. Ainsi à Agboville, il y a un
certain Ouédraogo Binaté, à Divo, un certain Sampoudou Dramane, à Tiassalé, un
certain Savadogo Ladji dit « Sabari Kagni », ce dernier est actuellement à Bouaké
et joue un grand rôle dans le rapatriement des corps des gendarmes exécutés au
Burkina Faso par le biais de gros camions qui semblent lui appartenir. J'y
reviendrai dans le point 8. A Daloa, Kafando Compaoré (tué par les loyalistes
pendant la libération de la ville, à Sakassou, Boureïma Sylla, à Bouna, IIboudo
Assimi (c'est lui qui a exigé et obtenu l'exécution du commandant de brigade de
Bouna devant sa femme et ses enfants). Il y a donc actuellement, dans presque
toutes les villes de Côte d'Ivoire, des gens dont le rôle est de préparer l'arrivée
des rebelles en donnant journellement des informations précises sur les mouvements
des gendarmes. 8.- L'élimination systématique des gendarmes
Si tout le monde a constaté que la Gendarmerie a payé le plus lourd tribut à cette
guerre, eh bien ! C’est parce que cela fait partie d'un plan bien précis.
MM. Ouattara et Blaise Compaoré ont une grande colère contre la Gendarmerie de Côte
d'Ivoire et pour cause, ils considèrent que les gendarmes sont la cause de tous les
malheurs des militants du RDR et des Burkinabè et par conséquent, il fallait les
éliminer jusqu'au dernier, du moins, ceux qui ne sont pas avec eux, c'est-à- dire
la quasi-totalité car au jour d'aujourd'hui, il y a exactement 113 militaires et
gendarmes qui sont avec la rébellion en dehors des Bayéfoué et des Zinzins.
La consigne qui a donc été donnée était de tuer systématiquement tous les « corps
habillés » des villes prises et principalement les gendarmes, mais comme il était
impossible de cacher les corps d'autant de personnes, avec l'accord des autorités,
plutôt sur proposition de ces autorités, les cadavres de la plupart des corps
habillés ont été convoyés au Burkina dans des camions et même les corps de beaucoup
de civils tués, environ 2000 personnes, se trouvent au Burkina ; ce qui advient de
ces corps une fois au Burkina, seuls Alassane, Blaise Compaoré et Soro le savent.
C'est un moyen efficace d'éviter les charniers. Quant aux gendarmes qui ont réussi
à fuir pour se retrouver au Burkina, s'ils n'ont pas été abattus à la frontière,
ils sont dans une prison quelque part au Burkina. Je sais par exemple qu'il y a
environ 47 gendarmes ivoiriens qui se trouvent actuellement dans les prisons de
Blaise Compaoré. 9.- Le but assigné au MPIGO et au MJP
A la date du 23 octobre, tout le monde était unanime pour reconnaître que le coup
avait capoté et que ou bien on fuyait tous le pays ou bien on restait et alors, il
fallait poser des actes de nature à ébranler le pouvoir et à obtenir par les
massacres et la terreur, ce que nous n'avions pas été capables d'obtenir par
l'attaque du 19 septembre. Il fallait d'un côté chercher à gagner du temps en
bluffant, le temps que les commanditaires trouvent des soutiens et apportent la
logistique nécessaire pour mener une guerre sur un long terme car nous n'étions
absolument pas préparés pour cela. Il n'a pas été facile de trouver des soutiens et
je dois avouer qu'il y a eu un moment de flottement au cours duquel si les FANCI
avaient tenté leur chance, elles auraient fait de nous une bouchée mais il y avait
une telle crise de confiance au sein de l'armée que personne n'osait tourner le dos
à son voisin.
Le premier soutien trouvé fut le Liberia de Charles Taylor qui devrait ouvrir un
front à partir de l'Ouest, mais ce dernier a posé tellement de conditions que les
choses ont traîné. Finalement, Alassane et Compaoré ont dû lui vendre tout l'Ouest
y compris ses habitants pour que Charles Taylor se décide. C'est ainsi que le MPIGO
et le MJP ont été créées à partir du MPCI avec pour mission farfelue de venger le
général Guéi.
Le 2ème soutien a été le Sénégal à qui il a été confié la mission de faire
accepter la rébellion à une table de négociation. Le 3ème soutien a été le Gabon
dont le Président a été chargé de convaincre les autorités françaises que Gbagbo
n'a que ce qu'il mérite et que tout le monde l'avait prévenu qu'il ne ferait pas de
vieux os au pouvoir et qu'il fallait aider les rebelles à régler une fois pour
toutes, tous les problèmes créés par Gbagbo depuis son arrivée au pouvoir.
Le 4ème soutien a été celui des multinationales françaises installées en Côte
d'Ivoire, soutien obtenu par MM. Ouattara et l'Ambassadeur Renaud Vignal qui ont
quasiment vendu le pays. Au jour d'aujourd'hui, la Côte d'Ivoire n'appartient aux
Ivoiriens que parce que Gbagbo est encore au pouvoir, sinon Alassane Ouattara a
vendu le pays au Burkina Faso et aux sociétés françaises. 10.- L'escadron de la
mort
Effectivement, il y a un escadron de la mort en Côte d'Ivoire. Cet escadron a été
créé pour une mission précise. L'escadron de la mort a été créé le vendredi 20
avril 2001 à Abobo par des responsables du RDR qui voulaient laver l'image de M.
Alassane Ouattara en éliminant toutes les personnes qui s'attaqueraient ou
dénonceraient son imposture. La 2ème mission de l'escadron était d'éliminer tous
les gendarmes qui avaient été jugés dans le procès du charnier de Yopougon. Il est
inutile de préciser que M. Ouattara avait donné toute sa caution.
A l'origine, l'escadron était constitué de 7 personnes (3 membres de la garde
rapprochée de M. Ouattara, 2 Burkinabé (des anciens gendarmes), un chauffeur ;
[jusqu’en 2001,] le chef du groupe était Shérif Ousmane. Après cette date, compte
tenu de l’opération actuelle qui était en préparation au Burkina, l'escadron de la
mort avait été dissous mais en dehors de Shérif, les autres sont restés en Côte
d'Ivoire et ont travaillé dans la sécurité de M. Ouattara et depuis le 18 octobre
2002, l'escadron de la mort a été reconstitué avec les mêmes éléments mais le chef
est désormais un Burkinabé et ses missions sont : salir le gouvernement et
provoquer une guerre musulmans-chrétiens. En dehors de Benoît Dacoury-Tabley dont
la mort a été une erreur, les autres sont bien sur la liste et ceux qui restent
sont les suivants : Maurice Guikahué ; K. K. Bertin (Jeunesse PDCI) ; Blé Goudé
(rayé-contradiction) ; Tapé Koulou (rayé-contraction) ; Thierry Legré (rayé-
contraction) ; trois Imams (non déterminés) ; trois évêques (rayés-contradiction) ;
le maire d'Adjamé (à sacrifier pour la cause) ; Le directeur de l'AFP Abidjan.
P.S. Les personnes doivent être exécutées selon l'actualité. 11.- Le rôle des
médias
Tous les médias étrangers qui couvrent la guerre en Côte d'Ivoire ont été achetés.
Ainsi, dès le 15 septembre 2002, tous les médias français ou presque étaient déjà à
Bouaké. Le rôle à eux assigné est de faire en sorte que les agresseurs passent pour
les victimes auxquelles les armes se sont imposées, d'où les déclarations de Soro
du genre : « les armes se sont imposées à nous ».
Les Médias français se sont tus sur les massacres commis en zone occupée et je dois
avouer que beaucoup de massacres ont été commis sous les yeux des journalistes
français. Comme je l'ai dit plus haut, environ 2000 personnes ont été massacrées
mais les journaux français n'en ont jamais parlé, normal, ils font leur travail, il
faut avoir été bien payé pour fermer les yeux sur l'exécution de 70 gendarmes après
l'entrée et la sortie des FANCI dans Bouaké. Il faut avoir été bien payé pour
fermer les yeux sur le viol public de 37 filles baoulé dont le sang a été par la
suite distribué aux dozos après les avoir égorgées. Il faut avoir été bien payé
pour être capable de fermer les yeux sur le fait que toutes les filles qui se
trouvent dans les zones sous contrôle rebelles sont violées journellement depuis.
En fait, le rôle de la presse française en Côte d'Ivoire est de faire en sorte que
Gbagbo se retrouve devant le TPI ou la CPI. 12.- Le rôle de la France mère
Tout ce que je peux dire, c'est que la France est coupable mais elle est prise dans
l'étau entre les menaces de dénonciation de la rébellion et la réaction du peuple
ivoirien et des Français de Côte d'Ivoire.
En réalité, aucun pays n'aime la Côte d'Ivoire, tous les voisins de la Côte
d'Ivoire sont contre elle et principalement le Burkina qui a déclaré la guerre à la
Côte d'Ivoire. Des indignes fils comme moi ont pris les armes pour détruire la Côte
d'Ivoire, la mère patrie, mais je sais que je me suis lourdement égaré, trompé et
je veux faire marche arrière. Pourra-t-on me pardonner un jour ? Source : Lettre
d’un certain Padjofê Ibrahim, se disant « ancien rebelle et en rupture de ban »,
parue dans Fraternité-Matin du 03/09/2003 ; reprise par Le Quotidien d’Abidjan du
19 Septembre 2013.
Titre original : « Les crimes oubliés de la rébellion. Padjofê Ibrahim (ancien
rebelle) : "Pourquoi nous avons tué Robert Guéi ?" ».

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