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Valorisation Biotechnologique de Drêche

Ce mémoire de fin d'études présente une étude sur la valorisation biotechnologique de la drêche par la méthanisation et le compostage, dans le cadre de l'économie circulaire. Il est soutenu par Sophie Eldinah Hobiantsoa Razanadahy à l'Université d'Antananarivo et inclut des recherches expérimentales et bibliographiques. Le document aborde également les aspects socio-économiques et environnementaux liés à ces procédés.

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Valorisation Biotechnologique de Drêche

Ce mémoire de fin d'études présente une étude sur la valorisation biotechnologique de la drêche par la méthanisation et le compostage, dans le cadre de l'économie circulaire. Il est soutenu par Sophie Eldinah Hobiantsoa Razanadahy à l'Université d'Antananarivo et inclut des recherches expérimentales et bibliographiques. Le document aborde également les aspects socio-économiques et environnementaux liés à ces procédés.

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UNIVERSITE D’ANTANANARIVO

------------------------------------

ECOLE SUPERIEURE POLYTECHNIQUE


------------------------------------

DOMAINE : SCIENCES ET TECHNIQUES DE L’INGÉNIEUR


MENTION : GÉNIE DES PROCÉDÉS CHIMIQUES ET INDUSTRIELS
-------------------------------------

Parcours : Sciences et Techniques des Produits Bioactifs


Mémoire de fin d’études en vue de l’obtention du Diplôme de MASTER, titre Ingénieur

en Génie des Procédés Chimiques et Industriels

ÉTUDE DE LA VALORISATION BIOTECHNOLOGIQUE DE LA DRÊCHE

PAR LA MÉTHANISATION ET LE COMPOSTAGE, EN RESPECTANT

L’ÉCONOMIE CIRCULAIRE

Présenté par : RAZANADAHY Sophie Eldinah Hobiantsoa


Soutenu le : 01 Décembre 2023
Promotion : 2023
UNIVERSITE D’ANTANANARIVO
------------------------------------

ECOLE SUPERIEURE POLYTECHNIQUE


------------------------------------

DOMAINE : SCIENCES ET TECHNIQUES DE L’INGENIEUR


MENTION : GENIE DES PROCEDES CHIMIQUES ET INDUSTRIELS
-------------------------------------

Parcours : Sciences et Techniques des Produits Bioactifs


Mémoire de fin d’études en vue de l’obtention du Diplôme de MASTER, Titre Ingénieur
en Génie des Procédés Chimiques et Industriels

ÉTUDE DE LA VALORISATION BIOTECHNOLOGIQUE DE LA DRÊCHE

PAR LA MÉTHANISATION ET LE COMPOSTAGE, EN RESPECTANT

L’ÉCONOMIE CIRCULAIRE

Présenté par : RAZANADAHY Sophie Eldinah Hobiantsoa


Soutenu le : 01 Décembre 2023
Promotion : 2023
Membres du Jury :
Président : Monsieur RAKOTOSAONA Rijalalaina, Professeur titulaire
Co-Encadreurs : - Monsieur RANDRIANA Nambinina Richard Fortuné, Professeur titulaire
- Monsieur RAMAROSON Jean de Dieu, Directeur de Recherche
Examinateurs : - Monsieur ANDRIANAIVORAVELONA Jaconnet Oliva, Docteur HDR
- Madame RANAIVOSON Sahondra Lalao Olga, Docteur
REMERCIEMENTS
Je tiens tout d’abord à exprimer ma gratitude envers Dieu tout puissant pour sa grâce, sa
bénédiction et surtout son amour, qui m’ont permis de mener à bien l’exécution de ce mémoire.

L’accomplissement de ce mémoire n’aurait été possible sans l’aide de plusieurs


personnes auxquelles je voudrais exprimer ma profonde gratitude. Ainsi :

 Je remercie sincèrement Monsieur RAKOTOSAONA Rijalalaina, Professeur titulaire,


Directeur de l’École Supérieure Polytechnique d’Antananarivo, et également Président de
Jury de ce mémoire, pour m’avoir intégrée dans l’Établissement qu’il dirige, et pour avoir
accepté de diriger la soutenance de ce mémoire
 J’adresse également mes remerciements à Madame le Docteur HDR RATSIMBA Marie
Hanitriniaina, Chef de la Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels, pour
m’avoir autorisée à faire des études et des recherches au sein du Département sous sa
responsabilité.
 J’adresse aussi ma reconnaissance à mes examinateurs, Monsieur le Docteur HDR
ANDRIANAIVORAVELONA Jaconnet Oliva et Madame le Docteur RANAIVOSON
Sahondra Lalao Olga, pour avoir bien voulu évaluer ce mémoire.
 Je remercie sincèrement mes encadreurs pédagogiques, Monsieur RANDRIANA
Nambinina Richard Fortuné, Professeur titulaire, et Monsieur RAMAROSON Jean de
Dieu, Directeur de Recherche, pour leur dévouement et leurs judicieux conseils ayant
permis l’aboutissement de ce mémoire.
 Sans oublier mes encadreurs professionnels tout au long de mon stage au Centre National
de Recherches Industrielles et Technologiques (C.N.R.I.T), Madame le Docteur
RAVAOARINIRINA Zoé Martine et Monsieur le Docteur RANDRIAMBOLOLONA
Sabin. Ils m’ont épaulée pendant les recherches et les expérimentations, en me donnant
des conseils pour mener à bien mes études. Je les remercie vivement pour le temps et les
ressources qu’ils ont consacrés pour la réalisation de ce mémoire.
 Je n’ai pas pu terminer mes études à l’Ecole Supérieure Polytechnique d’Antananarivo et
achever cet ouvrage sans l’enseignement de qualité au sein de la Mention Génie des
Procédés Chimiques et Industriels, ayant également su amplifier mes capacités
intellectuelles et satisfaire mes curiosités, donc un grand merci aux Membres du
personnel enseignant et aussi à ceux du personnel de laboratoire de ce Département.
 J’exprime également ma reconnaissance au personnel du laboratoire pédologique de

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page I
FOFIFA (« Foibem-pirenena momba ny Fikarohana ampiharina amin'ny
Fampandrosoana ny eny Ambanivohitra » ou Centre National de Recherche Appliquée
au Développement Rural), qui m’a donné son accord pour accéder à son laboratoire et qui
m’a aussi aidé pour effectuer des analyses diverses pour les besoins de mes recherches.
 J’aimerais exprimer ma gratitude au personnel de l’Usine Star d’Antsirabe, ainsi que
toutes les personnes ayant participé aux approvisionnements des matières premières
utilisées au cours des expérimentations.
 Un grand merci à tous les étudiants et les membres de ma famille qui ont collaboré aux
essais expérimentaux.
 Et enfin, je suis profondément reconnaissante envers toutes les personnes qui m’ont
soutenue et aidée tout au long de mes études et de mes recherches. J’espère que leur
bienveillance sera récompensée.

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page II
SOMMAIRE
INTRODUCTION GÉNÉRALE
Première Partie : ÉTUDES BIBLIOGRAPHIQUES
Chapitre 1 : La drêche de brasserie
Chapitre 2 La Méthanisation
Chapitre 3 : Le biogaz
Chapitre 4 : Valorisation du digestat par compostage en matière fertilisante
Deuxième Partie : ÉTUDE EXPÉRIMENTALES
Chapitre 5 : Caractérisation des substrats
Chapitre 6 : La méthanisation des drêches de brasserie
Chapitre 7 : Valorisation du digestat en matière fertilisante
Chapitre 8 : Analyses socio-économiques et environnementales
CONCLUSION GÉNÉRALE ET PERSPECTIVE
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES ET WEBOGRAPHIQUES
LISTE DES ANNEXES
TABLE DES MATIÈRES

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page III
GLOSSAIRE
Amylolitique : Capacité à hydrolyser l'amidon

Antioxydant : Qui ralentit ou empêche le processus d'oxydation.

Biocénose : Ensemble des êtres vivants d'un biotope, d'un milieu donné.

Biotechnologie : Sciences et procédés visant l’exploitation des propriétés des cellules


(microbiennes, végétales, animales ou humaines) ou de leurs constituants (ADN, enzymes, etc.)
pour satisfaire les besoins de l’Homme.

Cellulolytique : capacité de décomposer la cellulose

Cosubstrat : substance organique additionnelle qui est mélangée avec la matière organique
principale (substrat) dans un digesteur anaérobie.

Dextrane : Terme générique pour les polysaccharides dérivés du glucose, biosynthétisés par
diverses bactéries

Fourrage : plante ou mélange de plantes servant à la nourriture du bétail.

Humifiable : Qui peut être transformé en Humus

Ignition : État de ce qui est en feu.

Kieselguhr : appelé aussi terre de diatomée, est une variété de diatomite, une roche
sédimentaire siliceuse d'origine organique et fossile, se composant de restes fossilisés
de diatomées. Elle est également appelée célite (nom de marque lexicalisé, utilisé en chimie),
ou terre d'infusoires.

Lignocellulose : un composant fait de lignine, d’hémicellulose et de cellulose en proportions


variables.

Lipolytique : substance qui a la propriété de dissoudre les corps gras lors de la digestion.

Lixiviats : jus produits sous l'action conjuguée de l'eau de pluie et de la fermentation des déchets
enfouis.

Mercaptan : Composé organique (de formule R-SH), généralement caractérisé par une odeur
fétide, analogue aux alcools mais dans lequel un atome de soufre divalent remplace l'atome
d'oxygène du radical oxhydrile.

Pectinolytique : capacité à décomposer les pectines.

Pédologique : qui se réfère à tout ce qui concerne l’étude, la classification, la formation et les
caractérisations des sols.

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page IV
Polyphénol : Composé chimique qui a plusieurs groupements phénoliques associés en structure
plus ou moins complexe généralement de haut poids moléculaire, fréquent ches les plantes, ayant
un rôle d’antioxydant naturel.

Prébiotique : substance qui sert de nourriture aux microorganismes qui vivent en symbiose avec
notre organisme.
Propionate : sel formé par l’acide propionique. L'acide propionique est un acide gras à courte
chaîne.

Saccharification : Transformation en sucres fermentescibles des matières amylacées, sous


l'influence d'enzymes ou d'acides minéraux.

Siloxane : une classe de composés du silicium (organosilicones) dont la formule empirique est
R2SiO, où R est un groupe radical qui peut être organique.

Syntrophie : relation mutualiste établie entre deux espèces au cours de laquelle chaque espèce
produit un élément nutritif essentiel au développement de l'autre.

Terreau : Sol fertile formé par la décomposition de substances végétales, et parfois animales,
réduites en poudre.

Touraillage : opération qui consiste à sécher le malt vert après la germination.

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page V
LISTE DES PHOTOS
Photo 5.01 : Prélèvement de la drêche sur le filtre dans la brasserie STAR d’Antsirabe 57
Photo 5.02 : Balance de marque KERN 58
Photo 5.03 : Etuve 58
Photo 5.04 : Mortier et Pilon 58
Photo 5.05 : Tamis 59
Photo 5.06 : Balance de Précision 59
Photo 5.07 : Tube de digestion 59
Photo 5.08 : Appareil de minéralisation 59
Photo 5.09 : Fiole jaugée 59
Photo 5.10 : Pipette graduée 59
Photo 5.11 : pH mètre de paillasse marque OHAUS 59
Photo 5.12 : Erlenmeyer 59
Photo 5.13 : Burette graduée et agitateur magnétique 59
Photo 5.14 : Distillateur 59
Photo 5.15 : Creuset en porcelaine 59
Photo 5.16 : Four à Moufle 59
Photo 5.17 : Papier filtre 59
Photo 5.18 : Spectrophotomètre UV-visible 59
Photo 5.19 : Spectrophotomètre à flamme 59
Photo 5.20 : Pesage de l’échantillon de substrat frais 60
Photo 5.21 : Etuvage de l’échantillon 60
Photo 5.22 : Mélange échantillon + réactifs dans une fiole (Minéralisé et ajusté) 61
Photo 5.23 : Pipetage de la solution préparée 61
Photo 5.24 : Capture de la vapeur dégagée avec une solution d’acide borique 61
Photo 5.25 : Solution obtenue (Acide + Base) 61
Photo 5.26 : Titrage avec l’acide sulfurique 0,01N 61
Photo 5.27 : Solution obtenue après titrage 61
Photo 5.28 : Ajout du bichromate de potassium 63
Photo 5.29 : Fin du virage de coloration 63
Photo 5.30 : Pesage de l’échantillon broyé dans un creuset en porcelaine 64
Photo 5.31 : Dépôt de l’échantillon dans le four à moufle 64
Photo 5.32 : Dépôt de l’échantillon dans le spectrophotomètre UV-visible 64
Photo 6.01 : Drêche de Brasserie fraiche 70
Photo 6.02 : Bouse de zébu fraiche 70
Photo 6.03 : Eau du robinet 70
Photo 6.04 : Paille de riz découpée 70
Photo 6.05 : Fleur de Chaux 70
Photo 6.06 : Solution de Soude à 40% 70
Photo 6.07 : Balance de cuisine SCA-301 70
Photo 6.08 : Digesteur de laboratoire 71
Photo 6.09 : Gazomètre 71
Photo 6.10 : Bac de récupération 71
Photo 6.11 : Tuyau de conduite 71
Photo 6.12 : Bac d’immersion 71
Photo 6.13 : Sonde thermocouple 72
Photo 6.14 : Résistance chauffante 72
Photo 6.15 : Régulateur de température 72
Photo 6.16 : pH mètre 72
Photo 6.17 : Bécher 72
Photo 6.18 : Entonnoir 72
Photo 6.19 : Fiche de suivi de production 73
Photo 6.20 : Briquet et petit bois de chauffe 73

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page VI
Photo 6.21 : Mixeur de cuisine 73
Photo 6.22 : Seringue 73
Photo 5.23 : Vue d’ensemble de l’installation de biogaz au laboratoire du C.N.R.I.T 73
Photo 6.24 : Pesage des matières premières (essais 1, 2 et 3) 75
Photo 6.25 : Versement dans le digesteur 75
Photo 6.26 : Ajout d’eau 75
Photo 6.27 : Mélange des matières premières et de l’eau 76
Photo 6.28 : Fermeture du digesteur 76
Photo 6.29 : Placement du digesteur dans le bac d’immersion 76
Photo 6.30 : Test d’inflammabilité 76
Photo 6.31 : Découpe de la paille de riz 76
Photo 6.32 : Macération de la paille de riz 77
Photo 6.33 : Filtration du jus de paille 77
Photo 6.34 : Pesage du substrat des essais 4,5 et 6 77
Photo 6.35 : Mesure du pH des substrats et du jus de paille de riz 77
Photo 6.36 : Mélange du jus de paille avec le substrat 77
Photo 6.37 : Mesure du ph du mélange 78
Photo 6.38 : Pesage des substrats des essais 7, 8 et 9 78
Photo 6.39 : Mélange avec de l’eau 78
Photo 6.40 : Mesure du pH du mélange 78
Photo 6.41 : Pesage de la chaux des essais 7,8 et 9 79
Photo 6.42 : Pesage des substrats des essais 10 et 11 79
Photo 6.43 : Versement dans le digesteur et mélange avec de l’eau 79
Photo 6.44 : Mesure du pH du mélange 80
Photo 6.45 : Pesage de la chaux des essais 10 et 11 80
Photo 6.46 : Broyage de la drêche de Brasserie 80
Photo 6.47 : Test d’inflammabilité des essais 1,2 et 3 84
Photo 6.48 : Test d’inflammabilité des essais 5 et 6 87
Photo 6.49 : Test d’inflammabilité des essais 10 et 11 96
Photo 6.50 : Comparaison des aspects de la drêche avant et après le broyage 97
Photo 6.51 : Mélange drêche broyé + bouse de zébu + eau 100
Photo 6.52 : Test d’inflammabilité des essais 12 et 13 101
Photo 7.01 : Sucre 110
Photo 7.02 : Eau du robinet 110
Photo 7.03 : Son de riz (« ampombo malemy ») 110
Photo 7.04 : Liquide ruminal de zébu frais (« Ranon-tsinain’omby ») 110
Photo 7.05 : Mélange du digestat brut obtenu des essais 8 à 13 111
Photo 7.06 : Tamis en plastique 111
Photo 7.07 : Terreau 112
Photo 7.08 : Déchet de chou vert 112
Photo 7.09 : Déchet d’autres légumes 112
Photo 7.10 : Pelure de pomme de terre et de manioc 112
Photo 7.11 : Tronc de bananier découpé 112
Photo 7.12 : Paille de riz découpé 112
Photo 7.13 : Balle de riz 112
Photo 7.14 : Cendre de balle de riz 112
Photo 7.15 : Fumier de fosse 112
Photo 7.16 : Une bèche 112
Photo 7.17 : Natte en polypropylène 112
Photo 7.18 : Arrosoir 112
Photo 7.19 : Haricot blanc sec 113
Photo 7.20 : Terre cultivable 113
Photo 7.21 : Compost 113
Photo 7.22 : Digestat liquide 113

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page VII
Photo 7.23 : Seringue 113
Photo 7.24 : Pot de fleur en plastique 113
Photo 7.25 : Mélange du son de riz avec l’eau 114
Photo 7.26 : Chauffage du mélange eau + son de riz 114
Photo 7.27 : Versement du mélange dans le bidon 114
Photo 7.28 : Stockage de la préparation pendant 15 jours 114
Photo 7.29 : Tamisage du disestat brut 114
Photo 7.30 : Essorage du digestat solide 114
Photo 7.31 : Deuxième tamisage et essorage 114
Photo 7.32 : Rassemblement de toutes les matières premières 114
Photo 7.33 : Mise en tas des couches de matières organiques 115
Photo 7.34 : L’Aspect du tas installé 116
Photo 7.35 : Couverture du tas par la natte en polypropylène 116
Photo 7.36 : Retournement du tas 117
Photo 7.37 : Test de l’humidité 117
Photo 7.38 : Arrosage du tas 117
Photo 7.39 : Le digestat liquide 118
Photo 7.40 : Le digestat solide 118
Photo 7.41 : Aspect du compost au septième jour de compostage 120
Photo 7.42 : Evolution de la plantation de haricot de l’essai 1 122
Photo 7.43 : Evolution de la plantation de haricot de l’essai 2 122
Photo 7.44 : Evolution de la plantation de haricot de l’essai 3 122

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page VIII
LISTE DES FIGURES
Figure 1.01 : Processus de fabrication de la Bière THB à l’Usine STAR Madagascar 8
Figure 1.02 : Structure et composition du grain d’orge 9
Figure 1.03 : Structure et composition du grain de maïs 9
Figure 1.04 : Particule de drêche observée au microscope, grossissement 100 X 9
Figure 1.05 : Particule de drêche observée au Microscope, grossissement 300 X 9
Figure 2.01 : Biodigesteur à dôme fixe ou modèle chinois 24
Figure 2.02 : Biodigesteur à cloche flottante ou modèle indien 24
Figure 2.03 : Biodigesteur modèle Sri Lankais 24
Figure 2.04 : Principe générale du prétraitement 30
Figure 4.01 : Les différentes phases du compostage 53
Figure 4.02 : Flux d’air au sein d’un tas en forme d’andain 54
Figure 5.01 : Teneurs en Matières Sèches des échantillons 66
Figure 5.02 : Teneur en Matières Organiques des échantillons 66
Figure 5.03 : pH des échantillons 67
Figure 5.04 : Rapports C/N des échantillons 68
Figure 6.01 : Proportion de méthane de l’essai 1 83
Figure 6.02 : Proportion de méthane de l’essai 2 83
Figure 6.03 : Proportion de méthane de l’essai 3 83
Figure 6.04 : Proportion de méthane de l’essai 4 86
Figure 6.05 : Proportion de méthane de l’essai 5 86
Figure 6.06 : Proportion de méthane de l’essai 6 86
Figure 6.07 : Proportion de méthane de l’essai 7 88
Figure 6.08 : Proportion de méthane de l’essai 8 91
Figure 6.09 : Proportion de méthane de l’essai 9 91
Figure 6.10 : Proportion de méthane de l’essai 10 93
Figure 6.11 : Proportion de méthane de l’essai 11 93
Figure 6.12 : Volume cumulé et production de biogaz par jour, avec rectification de pH 96
de l’essai 10
Figure 6.13 : Volume cumulé et production de biogaz par jour, avec rectification de pH 96
de l’essai 11
Figure 6.14 : Proportion de méthane de l’essai 12 97
Figure 6.15 : Proportion de méthane de l’essai 13 97
Figure 6.16 : Volume cumulé et production de biogaz par jour, avec rectification de pH 100
de l’essai 12
Figure 6.17 : Volume cumulé et production de biogaz par jour, avec rectification de pH 100
de l’essai 13
Figure 6.18 : Evolution de la production journalière cumulée de biogaz pour les treize 102
essais
Figure 6.19 : Comparaison des volumes moyens de biogaz obtenus pour chaque essai 104
Figure 6.20 : Comparaison des volumes moyens de méthane obtenus pour chaque essai 104
Figure 7.01 : Evolution de la température en fonction du jour au cours de compostage 119
Figure a1.01 : Logo du C.N.R.I.T a2
Figure a1.02 : Organigramme du C.N.R.I.T a3

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page IX
LISTE DES TABLEAUX
Tableau 1.01 : Variations de la composition chimique des drêches 11
Tableau 2.01 : Exemples de rapport C/N de quelques substrats 28
Tableau 3.01 : Composition chimique du biogaz 37
Tableau 5.01 : Résultats des analyses préliminaires des échantillons de substrats 65
Tableau 6.01 : Les matériels de laboratoire utilisés durant les essais de méthanisation 70
Tableau 6.02 : Les autres matériels utilisés durant les essais de méthanisation 73
Tableau 6.03 : Les formulations des essais de méthanisation 74
Tableau 6.04 : Résultat de l’essai 1 82
Tableau 6.05 : Résultat de l’essai 2 82
Tableau 6.06 : Résultat de l’essai 3 83
Tableau 6.07 : Evolution du pH des essais 4,5 et 6 84
Tableau 6.08 : Résultat de l’essai 4 85
Tableau 6.09 : Résultat de l’essai 5 85
Tableau 6.10 : Résultat de l’essai 6 86
Tableau 6.11 : Comparaison des résultats des essais 1, 2, 3 avec ceux des essais 4, 5, 6 87
Tableau 6.12 : Ajustement du pH de l’essai 7 88
Tableau 6.13 : Résultat de l’essai 7 89
Tableau 6.14 : Ajustement du pH des essais 8 et 9 au début de la fermentation 90
Tableau 6.15 : Ajustement du pH des essais 8 et 9 au 15ème jour 90
Tableau 6.16 : Résultat de l’essai 8 91
Tableau 6.17 : Résultat de l’essai 9 92
Tableau 6.18 : Ajustement du pH des essais 10 et 11 par la chaux 93
Tableau 6.19 : Résultat de l’essai 10 94
Tableau 6.20 : Résultat de l’essai 11 95
Tableau 6.21 : Rectification du pH avant l’introduction dans le digesteur 97
Tableau 6.22 : Résultat de l’essai 12 98
Tableau 6.23 : Résultat de l’essai 13 99
Tableau 6.24 : Productivité de chaque essai 103
Tableau 7.01 : Caractéristiques chimiques du digestat liquide 118
Tableau 7.02 : Résultat du suivi du compostage par jour 119
Tableau 7.03 : Résultat de l’analyse du compost obtenu 121
Tableau 7.04 : Evolution des essais 1 et 2 de plantation de haricots 122
Tableau 7.05 : Evolution de l’essai 3 de plantation de haricots 122
Tableau 7.06 : Comparaison des paramètres du compost et du digestat liquide 124
Tableau 7.07 : Comparaison du digestat liquide obtenu avec d’autres digestats liquides 125
Tableau 8.01 : Les dépenses financières lors des recherches 127
Tableau 8.02 : Coûts de production par unité de masse ou de volume de chaque produit 127
obtenu
Tableau 8.03 : Comparaison des coûts des produits obtenus avec ceux des produits sur 128
le marché actuel

Tableau a3.01 : Correspondance entre la température et la durée supportée par la main a5


dans le compost

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page X
LISTE DES ABREVIATIONS ET ACRONYMES
% : pour cent
°C : degré Celsius
AGV : Acide Gras Volatil
Ar : Ariary
C(%) : Pourcentage en carbone organique
C.N.R.I.T : Centre National de Recherches Industrielle et Technologique
C/N : Rapport carbone – azote
Ca (%) : Pourcentage en Calcium
Ca : Calcium
cm : centimètre
etc. : et cetera
Ex : exemple
F.A.O : Food and Agriculture Organisation (Organisation des Nations Unies pour
l’Alimentation et l’Agriculture)
FOFIFA : « Foibem-pirenena momba ny Fikarohana ampiharina amin'ny Fampandrosoana
ny eny Ambanivohitra » ou Centre National de la Recherche Appliquée au Développement
Rural
g: gramme
h : heure
H(%) : Taux d’humidité
H/C : Rapport Hydrogène sur Carbone
HAP : hydrocarbures aromatiques polycycliques
ISDND : Installations de Stockage des Déchets Non
J.-C. : Jésus-Christ
K : Potassium
K(%) : Pourcentage en potassium
Kg : Kilogramme
kWh : Kilowattheures
L : Litre
m : mètre
M.O : Matière Organique
M.S : Matière Sèche
m3 : mètre cube
mg : milligramme
MJ : Mégajoules
ml : millilitre
N : Azote
N(unité) : Normalité
N(%) : Pourcentage en azote
N.B. : nota bene ou bien noter que
Na (%) : Pourcentage en Sodium
Na : Sodium
Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page XI
Nm3 : Normaux Mètre Cube
P : Phosphore
P(%) : Pourcentage en Phosphore
P.N.U.D : Programme des Nations unies pour le développement
PCB : Polychlorobiphényles
PCI : Pouvoir Calorifique Inférieur
pH : potentiel hydrogène
TBF : Tank de Bière Finie
V: Volt
W: Watt
ha: hectare

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page XII
NOTATIONS ET UNITES
Grandeur Unité Symbole des grandeurs
Concentration Gramme par litre ou Milligramme g/L ou mg/m3
par mettre cube
Masse Kilogramme ou gramme kg ou g
Pouvoir calorifique Kilowattheures ou Mégajoules par kWh/Nm3 ou MJ/Nm3
Normaux Mètre Cube
Longueur Centimètre cm
Superficie Hectare ou Centimètre carré ha ou cm2
Volume Litre, Millilitre, Centimètre cube L, ml, cm3 ou m3
ou Mètre cube
Longueur d’onde Nanomètre nm
Tension électrique Volt V
Puissance Watt W
Température Degré Celsius °C

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page XIII
INTRODUCTION GÉNÉRALE
Les déchets organiques de Madagascar sont nombreux et en grande quantité. Ils
demeurent de nos jours sous-exploités. Les techniciens qui travaillent dans ce domaine
sont confrontés à des problèmes environnementaux et économiques liés à la gestion de ces
déchets, tels que les restes alimentaires, les débris agricoles, etc. Selon un expert en gestion
des déchets, le Docteur SALAMA Jean Claude, la plupart des déchets à Madagascar est
souvent jetée dans des sites d’enfouissement non réglementés, dans des canaux, au bord
des rues, dans les égouts, les rivières et aux environs des maisons d’habitation avec des
poubelles débordantes. Ils sont alors des sources de pollutions et de nuisances assez
considérables.

Pour le cas de l’Usine STAR Antsirabe, le principal déchet organique qu’elle


produit dans sa brasserie est la drêche, un sous produit solide issu du brassage de la bière.
D’après les membres du personnel de cette usine, ils produisent environ 54 tonnes de
drêche par jour et des prestataires de services récupèrent ces déchets pour des fins non
précisées. Mais habituellement, ces résidus sont utilisés dans l’alimentation animale.

Cette quantité produite par jour étant abondante, il s’avère alors nécessaire de
rechercher une gestion plus soucieuse de l’environnement de cette ressource résiduelle,
afin de réduire son implication dans la pollution et les nuisances qu’elle peut engendrer, et
de donner plus de valeur ajoutée à sa valorisation. C’est pour cette raison que nous avons
décidé d’entamer ce mémoire intitulé : « Etude de la valorisation biotechnologique de la
drêche par la méthanisation et le compostage, en respectant l’économie circulaire ».
En effet, comme la drêche est un déchet organique, la méthanisation peut être une solution
prometteuse pour sa valorisation, permettant de produire du biogaz tout en réduisant les
déchets brassicoles. De plus, cette production de biogaz peut être une solution pour
d’autres problèmes à Madagascar, surtout ceux liés aux domaines de l’énergie. Un autre
aspect qui a conduit à l’élaboration de ce sujet est le fait que le digestat résultant du
processus de méthanisation puisse être transformé en fertilisant organique. Cette
valorisation du digestat ferme la boucle de l’économie circulaire qui est le modèle de
production appliqué dans ce mémoire. Ce dernier vise justement à minimiser le gaspillage
des ressources non-renouvelables, pour créer des produits à valeur ajoutée en réutilisant, en
recyclant et en valorisant les déchets organiques. Dans le cadre de ce mémoire, la boucle
de l’économie circulaire commence alors à partir du grain d’orge qui est transformé en

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 1
bière, puis son résidu est méthanisé pour produire du biogaz, et le digestat est recyclé en
fertilisant. La quantité des déchets produits est alors réduite au maximum.

En partant de ces hypothèses, ce mémoire vise alors à explorer en profondeur cette


approche novatrice de valorisation de la drêche, en cherchant les méthodes les plus
adéquates pour avoir un rendement optimal en biogaz, ainsi que les modes de fabrications
de fertilisants à partir du digestat suivant les normes. Les impacts économiques, sociaux et
environnementaux des différents processus de transformation et des produits sont
également à mettre en évidence dans cet ouvrage.

Dans la mise en œuvre de ce mémoire, les résultats attendus sont alors l’obtention
d’un mode de méthanisation applicable à Madagascar, qui permet d’avoir un meilleur
rendement en biogaz à partir de la drêche de brasserie, et la production de fertilisant
conforme à la norme à partir du digestat.

Pour ce faire,
 La première partie de cet ouvrage comportera les études bibliographiques,
composées des chapitres concernant la drêche de brasserie, la
méthanisation, le biogaz, et la valorisation du digestat par compostage en
matière fertilisante.
 La deuxième partie concerne les études expérimentales, présentant les
expériences réalisées sur la caractérisation des substrats, la méthanisation
de la drêche de brasserie, la valorisation du digestat en matière fertilisante,
et les analyses socio-économiques et environnementales.

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 2
Première Partie : ÉTUDES
BIBLIOGRAPHIQUES
Chapitre 1 : La drêche de brasserie
1-1- Définition et Généralités
La fabrication de bière procure plusieurs sous-produits comme les drêches, les
levures de la fermentation principale et celle de garde, le kieselguhr, le résidu de
clarification de bière, les freintes de bière et les eaux de rinçage des bouteilles [1].

La drêche fait donc partie des coproduits venant des industries de bières. Elle est
solide et de nature végétale. On peut dire que c’est le sous-produit principal, car elle
représente 85 % de ces sous-produits cités ci-dessus. Environ 39 millions de tonnes de
drêche par an sont produits mondialement, avec environ 3,4 millions de tonnes produites
dans l'Union européenne, dont 2 millions de tonnes produites en Allemagne seulement.
Environ 20 kg de drêche humide sont produits pour 100 L de bière brassée [w1].

Actuellement, la majorité de la drêche produite est utilisée comme aliment pour les
animaux. Mais elle peut aussi être utilisée dans l’alimentation humaine, la biotechnologie,
l’énergie et dans la production de biomatériaux. L’utilisation des drêches de brasserie dans
l’alimentation des volailles est très limitée. Par contre, elles peuvent être intégrées en tant
qu’aliment protéique végétal dans les rations des animaux de rente. Fraîches, ensilées ou
séchées, les drêches constituent visiblement un complément protéique pour les bœufs, les
moutons, les chèvres et les chevaux [2].

1-2- Origine des drêches de brasserie


Comme il a été mentionné ci-dessus, la drêche est un sous-produit venant des
industries de bières. Elle s’est donc formée dans le processus de fabrication de ces
boissons.

1-2-1- Les matières premières pour la fabrication de la bière


Notons d’abord que les matières premières pour la fabrication de bière sont :
- L’eau
L’utilisation de l’eau est essentielle presque dans tout le processus de
fabrication de la bière, par exemple, lors de la fabrication et traitement du moût,
lors des différents nettoyages, etc. Au cours de l’élaboration d’un litre de bière,
il faut environ 5 à 6 litres d’eau. De plus, 90 à 95% de la bière est constituée par
l’eau. La nature et les caractéristiques physico-chimiques de l’eau influencent
fortement les qualités nutritionnelles, la couleur, la clarté et le goût de la bière.

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 3
Effectivement, ce liquide stimule les levures lors de la transformation des sucres
en alcool, et il a des responsabilités dans la libération des sucres, des arômes et
des parfums du malt et du houblon. L’eau pure permet d’éviter les infections et
le goût de la bière en bouche dépend de la dureté de l’eau [3].

- Le Malt
Lorsque l’orge est transformée par les enzymes, elle se change en malt. La
fermentation alcoolique ne peut pas encore être effectuée par les grains d’orge
crus car ils ne renferment pas encore les sucres nécessaires. Cependant, au cours
du maltage, les amidons non solubles contenus dans ces grains vont se
transformer en amidons solubles. Ces amidons avec les protéines, les glucanes
solubles et les acides gras sont dégradés respectivement par les enzymes du
maltage qui sont les amylases, les peptidases, les glucanases et les lipases. Le
malt, qui est le produit de ce maltage, a une couleur allant du jaune au brun. Le
malt pâle, le malt Pilsen, le malt Vienne, le malt Munich, le malt caramel, le
malt tourbé, le malt diastasique, le malt torréfié, le malt noir, etc., sont des
variétés de malt dont la nature dépend du processus de transformation [3].
Il faut noter que dans la brasserie STAR à Madagascar, les orges
proviennent d’Ambositra, Betafo et Vinanikarena qui sont des localités proches
de la brasserie [4].

- La Matière amylacée
Afin d’améliorer la composition du moût et de diminuer le prix de revient
de la bière, il faut utiliser d’autres sources de sucre comme le riz et le maïs.
Pour le cas de Madagascar et France, ce versement est de l’ordre de 20 à 30 %,
et pour le cas de l’Amérique, l’ordre est de 50%.
Le riz, qui est d’abord transformé en farine, permet d’avoir un haut
rendement. Mais son action sur les levures est problématique. De son côté, le
maïs doit être dégermé avant son utilisation dans la fabrication de la bière.
L’ajout de sucre peut se faire pendant la cuisson dans le but
d’augmenter la densité du moût, ou après la fermentation principale pour
permettre l’activation de la fermentation secondaire, ou encore ce sucre est
utilisé comme édulcorant au cours du soutirage [3].

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 4
Pour la brasserie STAR à Madagascar, la matière amylacée choisie est
le maïs car les producteurs de maïs sont très proches de la brasserie donc c’est
la plus accessible et la plus facile à récupérer [4].

- Le Houblon
Le Houblon est une plante vivace grimpante appartenant à la famille des
Cannabinées, au genre Humulus et à l’espèce Lupulus. Cette plante est pourvue
de deux pieds mâles et femelles, mais dans les industries brassicoles, ce sont
seulement les fleurs des pieds femelles non fécondées qui sont employées. La
lupuline, qui est la résine responsable de l’amertume de la bière, est produite
par ces fleurs. Effectivement, les rôles du houblon sont d’aromatiser la bière
tout en lui donnant son amertume, c’est pour cela qu’on dit que le houblon est
l’épice de la bière.
Au cours de l’élaboration d’un litre de bière, on a besoins d’à peu près
1 à 2 grammes de houblon [3].

- La Levure
On appelle levure, un champignon unicellulaire qui a la capacité de
provoquer la fermentation alcoolique, c'est-à-dire de transformer le sucre en
alcool et en dioxyde de carbone. En conséquence, on ne peut pas vraiment
désigner la levure comme étant une matière première, car c’est un agent de
fermentation. A l’aide des enzymes comme les lipases, les protéases, les
saccharases et les lactases, la levure dégrade le moût houblonné de bière. La
reproduction et la multiplication de ces champignons ont lieu au cours de la
fermentation et ils synthétisent eux-même, tout ce qu’ils ont besoins pour leur
développement [3]. Au cours de la production d’énergie, deux systèmes
différents sont utilisés par la levure de bière : la fermentation alcoolique (en
anaérobiose) et la respiration (en aérobiose) [5].
On peut distinguer deux espèces de levure :
 Les levures hautes qui accomplissent la fermentation à une température
élevée entre 15 et 20°C, entraînant une vaste couverture à la surface de
la bière.

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 5
 Les levures basses qui accomplissent la fermentation à une température
entre 5 à 15°C [4].

On peut classer la levure de bière comme suit :


 Règne : Fungi
 Division : Ascomycota
 Subdivision : Ascomycotina
 Classe : Hémiascomycètes
 Ordre : Endomycétales
 Famille : Saccharomycetaceae
 Sous-famille : Saccharomycoideae
 Genre : Saccharomyces
 Espèce : Saccharomyces cerevisiae (levures hautes) ;
Saccharomyces carlsbergensis, S. uvarum, S. pastorianus (levures
basses) [4].

Cette levure est composée de :


 Protéines et acides aminés : contenant environ 48% de protéines et 16 acides
aminés sur les vingt existants et notamment les huit acides aminés essentiels que
l’organisme n’est pas capable de synthétiser (l’isoleucine, la leucine , la
lysine, la méthionine, la phénylalanine, la thréonine, le tryptophane et la valine)
 Vitamines du groupe B, à l’exception de la vitamine B12
 Les sels minéraux (Potassium, Phosphore, Magnésium, Calcium) et les oligo-
éléments (Zinc, Cuivre, Fer, Manganèse, Sélénium) [5].

- Les additifs
Les différents additifs utilisés quand on fabrique une bière sont: les
colorants, les édulcorants et les antioxydants. Un exemple de colorant, qui peut
rendre la bière plus foncée tout en lui donnant un arôme particulier, est le
caramel [3].

1-2-2- Le processus de fabrication de la bière


 Au tout début de la fabrication de bière, l’orge brassicole utilisée subit d’abord un
processus de maltage comme suit :
 D’abord, un nettoyage des grains d’orge se fait afin d’éliminer toutes les impuretés.
Puis ces grains sont calibrés dans le but de retirer ceux qui sont endommagés et de ne
conserver que les grains ayant une taille la plus proche possible de 2,5mm.

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 6
 Ces grains d’orges sont ensuite trempés dans des conditions de chaleur et d’humidité
permettant leur germination.
 Durant cette germination, une dégradation partielle se produit via des enzymes
hydrolytiques (ex : s β-glucanases, α-amylases, xylanases et les protéases) produites
durant le début de la germination par le scutellum à la couche à aleurone des grains
eux-mêmes. Les protéines de stockage, l’albumen amylacé et la paroi cellulaire sont
alors les composés dégradés. Si le maltage est insuffisant, une diminution de la
qualité de la bière est observée
 Par la suite, les grains sont séchés à l’air chaud. On appelle cela touraillage. Les buts
de ce séchage sont d’éradiquer toute activité de développement embryonnaire et de
stabiliser le malt. Les germes des grains sont également enlevés pour éliminer les
radicelles. Durant cette phase, l’humidité du malt passe de 44 - 45 % à 3 - 4 %.
 Le malt passe ensuite dans un concasseur dans lequel les enveloppes sont séparées du
reste des grains. Ce dernier est transformé en farine puis mélangé avec de l’eau.
Après, le mélange est placé dans des tonneaux et subit le brassage : c’est la phase
d’empatage.
 Le brassage est l’étape pendant laquelle l’amidon du malt est transformé en maltose,
en maltotriose, en sucres fermentescibles, en dextrines et en 20 sucres non
fermentescibles. Pendant cette étape, le malt est broyé avec l’eau et le mélange est
soumis à des paliers de températures successifs (de 37 à 78 °C) qui permettent
l'action des enzymes en fonction de leur température optimale d'activité. Le produit
obtenu du brassage s’appelle moût qui est donc un liquide riche en sucres et en
matières azotées assimilables par les levures. C’est ce liquide qui sera transformé en
bière.
 Ce moût est filtré dans un récipient de décantation où les matières insolubles (balles,
bouts d’enveloppes, protéines et lipides) sont séparées avant la poursuite du
processus de brassage, ces matières insolubles sont appelées drêches de brasserie.
 Le moût sort de la cuve en traversant la drêche, et la drêche qui reste dans la cuve est
récupérée en tant que sous-produit [2] [6] [7].
La figure suivante montre le détail du processus de production de la bière THB dans la
brasserie de STAR :

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 7
MALTAGE

B
R
A
S
S
A
G
E
LABORATOIRE

F
E
Levurier R
M
E
N
T
A
T
I
O
N

CONDITIONNEMENT

Stockage en
TBF

Figure 1.01 : Processus de fabrication de la Bière THB à l’Usine STAR Madagascar


Source : RARIVO RASOAMAMPIANINA, 2012

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 8
1-3- Les propriétés des drêches
1-3-1- Propriétés physiques
Les différentes couches de l’enveloppe des grains utilisés dans les premières étapes
du procédé de fabrication de bière constituent principalement la composition physique des
drêches de brasserie. La richesse de ces couches en lignine, en cellulose et en
polysaccarides non cellulosique est remarquable. On peut alors dire que les drêches sont
des matières lignocellulosiques avec un taux de 20 % de protéines et d’environ 70 % de
fibres [9].

Figure 1.02 : Structure et composition du grain d’orge Figure 1.03 : Structure et composition du grain de maïs
Source : ZAKIA, 2018 Source : [Link]
Ces couches de fibres sont observables au microscope dont les images sont
représentées par les figures ci-dessous :

Figure 1.04 : Particule de drêche observée au Figure 1.05 : Particule de drêche observée au
microscope, grossissement 100 X Microscope, grossissement 300 X
Source : MUSSATO et al. ,2006 Source : MUSSATO et al. ,2006

On peut observer sur ces images des points brillants sur la partie externe de
l’enveloppe des grains. Ce sont des silicates constituant environ 25 % des minéraux
présents dans la drêche [w2].
Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 9
Lors de la fabrication des bières, il est possible que la nature des grains exploités
varie énormément. Par conséquent, le goût du produit obtenu peut aussi changer selon les
grains choisis. Malgré cela, les drêches sont toujours composées des parties insolubles de
ces différents grains. Parmi ces grains, c’est l’orge qui est généralement utilisé. Mais elle
peut être mélangée avec d’autres céréales, par exemples : le blé, le riz, l’avoine ou le maïs
[9]. Pour le cas de la STAR Madagascar, on utilise les grains d’orge et de maïs [4].
Les drêches possèdent une très grande teneur en eau. En effet, son taux d’humidité
est très élevé, environ de 77% à 85 % sur une base massique. De plus, elles contiennent des
polysaccarides et des protéines. C’est pourquoi on les considère comme un matériau
favorisant la croissance biologique et aussi qu’elles ne se dégradent seulement qu’en sept à
dix jours. Son entreposage est alors difficile ainsi que son utilisation sous forme humide.
Le pouvoir calorifique inférieur des drêches se situe à 18,64 MJ/kg de matière sèche, soit
4455kcal/kg. Par contre, le pouvoir calorifique supérieur est de 20,14 MJ/kg soit 4814
kcal/kg [w2] [w3]. Il est avantageux de connaître ces valeurs puisqu’elles sont des
indicatives. En effet, elles peuvent varier selon le taux d’humidité et la matière en question
[9].

1-3-2- Propriétés chimiques


Les drêches de brasserie sont très intéressantes grâce à sa composition qui est très
riche en valeurs nutritives très bonnes pour la santé [w4]. Toutefois, les drêches ne
contiennent pas les mêmes composants. En réalité, leur composition chimique diffère en
fonction de la variété des grains utilisés, du moment de la récolte, les conditions du
broyage, du maltage, ainsi que de la qualité et du type d'adjuvants ajoutés dans le processus
de brassage [2] [6].
Comme l’orge est la matière première principale de la drêche de brasserie, cette
dernière est donc composée de l’enveloppe du grain de l’orge malté, ainsi qu’une partie du
péricarpe et du tégument. Si une autre céréale est utilisée dans la fabrication du moût, les
mêmes composés de cette céréale se retrouveront également dans la drêche de brasserie
[w3]. La drêche est un produit hétérogène composé d’une biomasse lignocellulosique, de
fibres, de protéines, de lipides, d’hydrates de carbone, d’eau, d’une petite fraction de
cendre, de molécules de glucose et de maltose [6].
Le tableau suivant montre les variations de composition qu’on pourrait observer
dans différentes drêches :

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 10
Tableau 1.01 : Variations de la composition chimique des drêches

Compositions chimique Teneur (g/kg de matière sèche)


Cellulose 168 à 260
Hémicellulose 192 à 419
Lignine 119 à 278
Groupements acétylés 11 à 14
Protéines 153 à 247
Cendres 11 à 46
Extractibles 56 à 107
Silicium 1,4 à 10,74
Phosphore 4,6 à 6
Calcium 2,2 à 3,6
Magnésium 1,9 à 2,4
Sulfure 1,98 à 2,9
Potassium 0,2581 à 0,7
Sodium 0,1 à 0,3093
Fer 0,1 à 0,1934
Zinc 0,0812 à 0,178
Aluminium 0,036 à 0,0812
Manganèse 0,0409 à 0,0514

Source : Labelle, 2018

1-4- Mode de conservation de la drêche


Comme on l’a mentionné dans le paragraphe 1-3-1, les drêches fraiches périssent
facilement puisqu’elles ont un fort taux d’humidité (environ 80%) et une teneur en sucres
fermentescibles qui provoque une croissance des bactéries, des levures et des
champignons. Après 3 jours à l’air libre, elles perdent de la qualité, et leur temps de
stockage ne doit pas dépasser les 7 jours [2] [w5].

Afin de Prolonger ce temps de stockage des drêches, de nombreuses propositions ont été
données comme :
 Le séchage (ou la déshydratation) qui est jugé comme une méthode adéquate, car il
permet de faciliter le transport sur de grandes distances et le stockage, donc il réduit
leurs coûts [w5] [w6]. Par contre, cette méthode provoque une légère baisse de
l’azote total (±2%) [2]. Ce séchage des drêches est également une alternative pour
prolonger sa durée de préservation et provoque une diminution du volume et de la
masse associée à ce produit. Effectivement, lorsque les drêches contiennent près de
76 % d’eau, sa masse volumique est de 450 kg/m 3 [w2], tandis qu’elle est de 257
kg/m3 si la teneur en eau de 58 % [9]. Les coûts d’entreposage et de transport des
drêches diminuent également [w2]. Des installations appropriées sont nécessaires
pour cette déshydratation, étant donné qu’elle se fait thermiquement ou par une
Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 11
presse à bande. Certaines brasseries utilisent une technique de séchage en deux
étapes : premièrement, le taux d’humidité est diminué à moins de 60% par
pressage, et deuxièmement, les drêches sont séchées au four pour garantir une
humidité inférieure à 10% [6] [w6].
 D’autres recommandations telles que les méthodes de lyophilisation, de séchage au
four (T° de 60°C) et les méthodes de congélation ont été faites, mais elles sont très
onéreuses [6]. De plus, le séchage au four à une température supérieure à 60 °C
peut altérer la saveur, mais également provoquer une couleur brunâtre sur les
drêches [6] [w4].
 Les stockages en silo ou en balles rondes sont aussi de bonnes alternatives pour
conserver les drêches fraiches. Mais avant de mettre en œuvre ces méthodes, ces
dernières doivent encore être refroidies et essorées. Les conditions de mise en
œuvre doivent être favorables à la fermentation anaérobique, c’est-à-dire que les
drêches de brasserie doivent être bien enfermées hermétiquement. Ce sont des
moyens de stockage efficaces pour une période variant entre 3 semaines à 6 mois.
Néanmoins, dans ce cas l’ajout des additifs (acide lactique, formique et acétique)
est impératif pour stabiliser les drêches et préserver leur qualité nutritionnelle. Une
diminution du pH est aussi observable durant la fermentation à cause d’une
production d'acide lactique [2] [w5].

1-5- Les différentes possibilités de valorisation de la drêche de brasserie


A cause de la composition intéressante de la drêche de brasserie, il existe plusieurs
valorisations possibles de celle-ci comme : l’alimentation animale, l’alimentation humaine,
substrat pour la culture de microorganismes et de champignons, valorisation dans le
domaine énergétique, l’amendement et compost et bien d’autres valorisations [6] [7] [9].

1-5-1- Alimentation animale


Généralement, on utilise la drêche de brasserie pour nourrir les animaux comme les
bovins, les chèvres, les moutons, les porcs et les chevaux. Qu’elle soit humide ou sèche,
elle engraisse les ovins et les bovins. En plus, elle est utilisée comme fourrage pour les
vaches laitières en lactation [2] [9]. Les ruminants montrent une très bonne digestion des
protéines contenues dans les drêches de brasserie. Les drêches séchées ont une valeur
énergétique variant entre 5,8 à 7,8 MJ/kg et elles sont très riches en protéines non

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 12
dégradables. Afin de fournir tous les acides aminés essentiels, elles peuvent être associées
avec des sources d’Azote (urée, par exemple) [2].
Pour les chevaux, la drêche, étant riche en fibres et protéines, peut remplacer les
céréales fourragères et les protéines qui leur sont nécessaires. Des scientifiques ont déjà
fait des recherches et ont prouvé qu’il n’y avait pas de différence de digestibilité si on
substituait totalement l’avoine et le tourteau de soja par de la drêche séchée dans
l’alimentation des chevaux, cela constituant 40% de cette alimentation [2].
Comme on l’a dit dans le premier paragraphe, une limite s’impose dans l’usage de
la drêche dans l’alimentation des volailles, à cause des fibres en grande quantité dans celle-
ci et de ses protéines qui sont difficiles à digérer. Mais de nombreux chercheurs (Llopis et
al., 1981 ; Deltoro-López et Fernandez-Carmona 1981 ; Sintondji, 1990, Denstadli et al.
2010 et Arbouche et al., 2014) ont conclu que l’incorporation de 5 à 10 % de drêche de
brasserie dans l’alimentation du poulet de chair en phase de croissance et de finition est
possible, par contre, en dehors de ces taux, la performance de croissance et l’efficacité
alimentaire diminuent. Pour le cas des poules pondeuses, un taux d’incorporation de drêche
allant de 10 à 30% ne semble pas détériorer la production d’œufs [2].

Dans le cas des lapins, on utilise les drêches sèches pour leur engraissement avec
un taux d’incorporation qui peut aller de 20 à 40%. L’utilisation des drêches dans leur
alimentation peut être une bonne source d’énergie et de protéine. Mais cela permet
également d’économiser financièrement, réduisant ainsi les coûts de leur alimentation [2].

1-5-2- Alimentation humaine


Dans l’alimentation humaine, la drêche de brasserie peut être premièrement utilisée
dans la fabrication de farines, de pâtes, de pains, de biscuits, de gaufres, de crêpes, de
céréales, de tortillas, de crackers et de snacks extrudés. De plus, en ajoutant de la drêche,
le taux en fibres de la farine de blé peut accroître de 135 %, le taux en béta-glucane de 85%
et les propriétés antioxydantes de cette farine augmentent de 19%. Grâce à la richesse en
fibres, en protéines et en minéraux de la drêche, elle est très bénéfique pour la santé
humaine [6] [9].
Deuxièmement, des composés qui possèdent une haute valeur nutritive peuvent être
extraits des drêches de brasserie. Comme exemples, on peut citer : l’arabinoxylanes
(polysaccharide), les polyphénols, les antioxydants, le glucose et les protéines. On peut

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appliquer les arabino-xylooligosaccharides venant des drêches comme étant des
prébiotiques.
Une fermentation par des bactéries peut aussi transformer les drêches en
polysaccharide appelé « dextrane », qui peut être utilisé dans l’industrie alimentaire [6].

1-5-3- Substrat pour la culture de microorganismes et de champignons


D’une part, la drêche humide a été désignée comme étant un bon substrat pour la
culture des microorganismes après avoir constaté la rapidité de sa dégradation
microbiologique. En effet, pour faire développer un microorganisme ou un champignon en
particulier, de façon contrôlée, on peut utiliser les drêches à cause de leur grande richesse
en protéines, leur humidité élevée, la taille de leurs particules, leur densité, leur capacité de
rétention d’eau et leur porosité. Par ailleurs, cette application des drêches est peu coûteuse
et pratique, ne requérant pas de prétraitement majeur [w2].
D’autre part, en ajoutant de la paille de blé, de la sciure de bois, du son de blé ou
des retailles de papiers recyclés au substrat de drêches, le rendement en champignons va
augmenter [9].

1-5-4- Valorisation dans le domaine énergétique

1-5-4-1- Utilisation comme combustible


La drêche peut être réutilisée en tant que combustible dans la brasserie qui l’a
produite. Effectivement, d’une part, la drêche peut être brulée dans une chaudière pour
produire la chaleur indispensable dans la fabrication de bière. Mais, pour que cette
utilisation soit possible, la drêche doit d’abord subir un séchage parce que la quantité
minimale d’eau qu’elle doit contenir est de 550g par kilogramme de matière. Autrement
dit, le taux d’humidité doit être inférieur à 55%. Malgré cela, des précautions doivent être
prises au cours de cette combustion de la drêche, car elle émet des particules de gaz
toxiques comme le dioxyde d’azote (concentration entre 1000 à 3000 mg/m3) et le dioxyde
de soufre (concentration environ 480mg/m3) [w2] [w3].
D’autre part, une transformation de la drêche en briquette de charbon est aussi
envisageable, dont l’application ne se limite pas dans la brasserie car elle peut aussi être
utilisée par exemple dans les barbecues. Pour éviter la combustion de la matière, la
transformation de la drêche en charbon doit d’abord passer par un séchage et par une
carbonisation dans un environnement faible en oxygène. De nombreux minéraux sont
contenus dans le charbon de drêche. Plus précisément, d’après une étude scientifique, ce

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charbon contient environ 81 % de carbone fixé et 12 % de cendres. Ces cendres renferment
47 % de phosphore, 22 % de calcium, 14 % de magnésium et 13 % de silicium. Les
briquettes de charbon de drêche ont un pouvoir calorifique s’élevant à 27 MJ/kg, qui est
supérieur à celui des drêches non-transformées [w2] [w3].

1-5-4-2- Production de biocarburants


Pour rendre la société indépendante des matières polluantes et non renouvelables,
plusieurs études ont été faites dans le domaine de biocarburant, notamment l’éthanol.
Théoriquement, on obtient de l’éthanol à partir de la biomasse transformée
biochimiquement par des microorganismes et des enzymes. C’est pour cela qu’on peut
générer des carburants de deuxième génération, qui est le bioéthanol, à partir de la drêche
de brasserie possédant des matières lignocellulosiques.
Au cours de cette valorisation, les levures doivent avoir accès aux sucres contenus
dans la drêche, dans le but d’effectuer la fermentation alcoolique. Mais avant cette
fermentation, la drêche doit subir un prétraitement puisque, même si elle est riche en
hémicellulose et en cellulose ce qui favorise la production d’éthanol, la lignine doit
d’abord être éliminée puis les sucres complexes de la cellulose et de l’hémicellulose
doivent être transformés en sucres simples et accessibles aux levures à l’aide d’une
saccharification. Il existe différents types de prétraitement de la drêche (physique,
chimique, biologique, physicochimique) et de multiples choix d’enzymes et de levures.
Ainsi, le rendement en éthanol dépend de ces paramètres [9] [w3].

1-5-4-3- Production de biogaz


A partir d’un processus qui s’appelle bio méthanisation, les drêches de brasserie
peuvent être transformées en biogaz. Théoriquement, le gaz obtenu contient 55 à 65 % de
méthane, 30 à 45 % de dioxyde de carbone, de la vapeur d’eau et des traces de sulfure
d’hydrogène [w3].

Il doit y avoir deux étapes dans cette valorisation des drêches en biogaz :
 Dans un premier lieu, dans le but d’obtenir un rendement maximal en
biogaz, une dégradation maximum des structures fibreuses doit être
effectuée à l’aide d’un traitement thermochimique avec de l’hydroxyde de
sodium (NaOH) à 70 °C, par exemple, ou d’un traitement mécanique,
comme un concassage, ou d’un traitement enzymatique.

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 15
 En second lieu, les drêches obtenues de ces traitements subissent la
fermentation anaérobie. Dans cette étape, les macromolécules, devenues
accessibles grâce à la première étape, sont converties en acides gras volatils,
en acétate, en butyrate et en propionate par les microorganismes acidogènes.
Puis, ces derniers sont convertis en méthane sous l’action des
microorganismes méthanogènes [9] [w3].

L’efficacité de la première étape et le choix de prétraitement influencent


grandement le rendement en biogaz. Pour illustrer cela, une comparaison entre deux études
ayant utilisé des prétraitements différents a été faite : la première a obtenu un rendement de
86 % en huit jours de fermentation, alors que la deuxième a obtenu un rendement de 81 %
en 15 jours de fermentation [9].
A cause des structures ligneuses en grande quantité dans la drêche, qui ne favorise
pas la méthanisation, accompagnés des prétraitements importants qu’on doit faire pour que
la méthanisation soit rentable, la valorisation des drêches en biogaz n’est pas très répandue
même si ces matières organiques procurent un rendement assez élevé en biogaz [9] [w2].

1-5-5- Amendement et compost


Etant riche en matières organiques, la drêche donne un bon amendement, car elle
peut apporter ces matières au sol tout en améliorant les propriétés chimiques et biologiques
de celui-ci, en augmentant aussi sa productivité. Les protéines, la lignine, les
hémicelluloses, les celluloses, les minéraux et les acides aminés qu’elle contient permettent
au sol de se réapprovisionner en nutriments. L’agrégation du sol et sa capacité de rétention
de l’eau sont également améliorées. Cependant, l’épandage des drêches peut être combiné
avec une utilisation de certains engrais inorganiques pour optimiser le rendement de la
production.

Le compostage des drêches est de même possible, mais leur richesse en eau et en
protéine doit être étudiée de près. En effet, cela peut provoquer une détérioration
microbiologique rapide des drêches si celles-ci sont laissées en andain sans prises de
mesures. Effectivement, dans ce cas, les zones anaérobies peuvent créer des odeurs
désagréables. Comme solution, la porosité de l’andain doit être augmentée grâce à l’ajout
d’agents de remplissage (comme les copeaux de bois), pour que l’air puisse circuler. Dans
le but de rendre adéquat le ratio carbone-azote, il faut aussi ajouter des matières carbonés
(sciure de bois, par exemple) au compost, car la drêche est une matière azotée à cause de

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 16
ses nombreuses protéines. Pour éviter que la drêche se détériore microbiologiquement, cet
ajout doit se faire dans les quatre jours suivant l’élimination des drêches du procédé.
Néanmoins, le compostage des drêches est complexe au niveau de l’entretien des andains à
cause du taux d’humidité élevé de ces produits. La teneur en eau doit alors diminuer et un
séchage doit être fait préalablement. Mais au cas où les drêches sont devenues trop sèches,
une réhydratation pourrait également être nécessaire pour que le compostage se déroule
normalement [9].

1-5-6- Autres valorisations


D’autres valorisations de la drêche sont possibles. On peut citer :
- L’utilisation comme adsorbant,
- L’application comme support pour l’immobilisation cellulaire,
- L’augmentation de la porosité dans la fabrication de brique,
- La fabrication de papier,
- La production de xylitol et des acides phénoliques,
- L’association avec de la fécule de pomme de terre, qui provoque une création
des conditionnements biosourcés jetables utilisés en remplacement de ceux à
base de plastique,
- L’utilisation comme substitut des particules de bois en association avec ces
dernières,
- L’extraction des antioxydants acide férulique et p-coumarique utilisés dans le
domaine cosmétique et pharmaceutique [6] [7] [8].

1-6- Conclusion partielle


Pour conclure ce premier chapitre, la drêche qui est un sous-produit de la
fabrication de bière, vient plus précisément des grains de malt. Elle peut contenir des
résidus d’autres grains comme le maïs qui est la matière amylacée utilisée par l’Usine
STAR à Madagascar. Sa structure physique est surtout constituée par l’enveloppe de ces
grains et sa composition chimique est marquée par une richesse en fibres
lignocellulosiques et en protéines. La drêche a un taux d’humidité et un taux en sucre
fermentescible élevés. Ce qui la rend facilement périssable, mais elle peut quand même
être stockée par différents modes de conservation. Il existe plusieurs manières de valoriser
les drêches de brasserie, comme son utilisation dans l’alimentation animale et humaine,
son application comme substrat dans la culture des microorganismes et champignons, sa

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 17
valorisation dans le domaine énergétique, dans l’amendement, dans le compostage, et dans
d’autres valorisations. Toutefois, l’objet de cette étude est la valorisation de ces matières
organiques en biogaz et compost, qui va s’effectuer par la méthanisation et le compostage.
Ces méthodes de valorisation seront développées dans les prochains chapitres.

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 18
Chapitre 2 : La méthanisation
2-1- Définition de la méthanisation
La méthanisation, appelée aussi digestion anaérobie ou bio méthanisation ou
fermentation méthanique, est un processus naturel de biodégradation des déchets
organiques afin de les transformer en méthane. En effet, cette dégradation fournit deux
coproduits qui sont : le biogaz et le digestat (résidu méthanisé). Les déchets humides
riches en celluloses et en matières organiques sont très favorables à cette transformation
[9].

Au fond des lacs, dans les milieux où l’oxygène est absent et où aboutissent des
végétaux morts, la fermentation méthanique se déclenche naturellement. Et dans les lieux
où l’on entrepose les déchets organiques, elle est spontanée. Par contre, au cours des
traitements des boues d’épuration, des déchets industriels ou agricoles, la méthanisation est
provoquée dans des digesteurs [10].

2-2- Les principes de la méthanisation


La fermentation méthanique doit se dérouler en absence totale d’oxygène. Elle est
provoquée à partir d’un ensemble complexe de réactions qui met en jeu divers micro-
organismes. Il existe quatre étapes distinctes dans le processus de méthanisation et elles se
déroulent successivement : l’hydrolyse, l’acidogenèse, l’acétogenèse et la méthanogenèse.
Des communautés microbiennes spécifiques interviennent pour chacune de ces étapes et
elles interagissent les unes avec les autres de façon anaérobie stricte ou facultative [9] [11]
[12].

2-2-1- L’hydrolyse
Dans cette étape qui est généralement lente, la matière organique brute est
solubilisée par des mécanismes physiques, et les molécules complexes (les
polysaccharides, les protéines, les lipides et les acides nucléiques) sont hydrolysées et
transformées en composés plus simples (monomères qui sont les monosaccharides, les
acides aminés, les acides gras à longue chaine), sous l’action des bactéries hydrolytiques
comme les cellulolytiques, les amylolytiques, les pectinolytiques et les lipolytiques. Cette
phase est plus longue pour les substrats à caractère cellulosique. Pour que les réactions se
déroulent normalement, la température doit être entre 15°C à 60°C et le pH entre 4,5 et 6,3
[13] [w7].

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Ces bactéries peuvent agir en milieux anaérobies stricts ou facultatifs. Les genres
Clostridium, Bacillus, Ruminococcus, Enterobacteroïdes, Propionibacterium et Butivibrio
sont les plus concernés. A part les transformations des polymères en monomères, ces
bactéries sont également responsables de l’élimination de l’oxygène dans le milieu. Au
cours de cette première étape, il est possible que ces bactéries soient aidées par des
protozoaires anaérobies facultatifs [14].

2-2-2- L’acidogenèse
La deuxième étape de la biométhanisation est l’acidogenèse qui est l’étape de
fermentation anaérobie transformant les molécules simples (monomères) obtenues
précédemment en acides organiques. Dans cette phase, qui est très rapide par rapport aux
deux dernières étapes, les molécules subissent encore une simplification et des acides gras
volatils, des alcools, de l’acide acétique, de l’acide propionique, de l’acide butyrique et de
l’ammoniac se forment. Il y a également libération de gaz carbonique (CO2) et
d’hydrogène (H2). Les bactéries fermentaires qui travaillent au cours de cette étape sont
celles appartenant au groupe des Entérobactéries. Les genres Clostridium,
Peptostreptococcus, Propionibacterium, Bacteroides, Micrococcus et Ruminococcus
interviennent de façon anaérobie stricte ou facultative [w7] [14].

2-2-3- L’acétogenèse
Dans cette étape transitoire, on obtient les éléments précurseurs de méthane dans la
réaction de méthanogenèse. En effet, les produits obtenus lors de l’acidogenèse sont
-
transformés en acétate (CH3-COO ), en dihydrogène (H2) et en dioxyde de carbone (CO2).
Cette étape se déroule en absence d’oxygène avec un pH optimale entre 6,80 à 7,50.
Les trois groupes de bactéries acétogènes suivants interviennent dans
l’acétogenèse :
- Les homoacétogènes : où se trouvent les genres Clostridium, Acetobacterium,
Sporomusa, Acetogenium.
- Les syntrophes : qui regroupent les genres Syntrophobacter, Syntrophomonas,
et Syntrophus. Ce groupe est responsable de la production obligée d’hydrogène
ou «Obligate Hydrogen Producing Acetogenic» (OHPA).
- Les sulfato-réductrices : qui regroupent les genres Desulfovibrio,
Desulfobacter, Desulfotomaculum et Desulfomonas. Ces bactéries sont

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 20
responsables de la formation d’hydrogène sulfuré (H2S) en présence de sulfate
et d’hydrogène [14].

2-2-4- La méthanogenèse
La dernière étape de la bio méthanisation est la méthanogenèse. Une population
bactérienne anaérobie stricte, appartenant au groupe des Archea, intervient dans cette
phase en décomposant les composés simples issus des étapes précédentes: formate, acétate,
hydrogène et gaz carbonique. Ce groupe de bactéries renferme trois types de bactérie
méthanogène qui sont :
 Les bactéries acétoclastes ou acétotrophes: qui regroupent les genres
Methanosarcina et Methanosaeta. Elles utilisent uniquement l’acétate pour
la production du méthane.
 Les bactéries hydrogénotrophes ou hydrogénophiles : qui renferment les
genres Methanobacterium, Methanobrevibacter, Methanospirillum et
Methanogénium. Elles utilisent l’acétate, le dioxyde de carbone et
l’hydrogène pour produire le méthane.
 Les bactéries méthanogènes méthylotrophes : qui regroupent les genres
Methanosarcina, Methanococcoïde et Methanolobus tindarius. Ce type de
bactérie transforme le méthanol, le méthylamine et le méthyldisulfure en
méthane [13] [14].
Il existe deux types de réactions de formation de méthane :
Réaction 1 : Décarboxylation de l’acide acétique, qui produit 70% du CH4 [14].
CH3COOH  CH4 + CO2 Equation 2.01
 Réaction 2 : Réduction du CO2, qui produit 30% du CH4 [14].
CO2 + 4H2  CH4 + 2 H2O Equation 2.02

2-3- Les produits de la méthanisation


Les produits de la bio méthanisation sont le biogaz et les digestats.

2-3-1- Le Biogaz
Le biogaz, ou gaz biologique, est un gaz combustible et une énergie renouvelable. Il
est généré par la fermentation anaérobie des substrats fermentescibles, c’est-à-dire par la
transformation ou dégradation de certaines substances organiques sous l’action des
enzymes secrétées par des micro-organismes en absence d’air. Ce gaz inflammable est

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composé de méthane (CH4), de gaz carbonique (CO2) des traces d’hydrogène sulfuré
(H2S), d’azote, de vapeur d’eau, et d’ammoniac. Sa valeur énergétique ainsi que sa qualité
dépendent de sa teneur en méthane [15] [16].
Etant donné que le biogaz est un sujet très important dans cette étude, celui-ci va
être développé plus amplement dans le chapitre 3.

2-3-2- Le digestat

Le second produit de la bio méthanisation est le digestat qui est le résidu de la


fermentation méthanique. Par rapport au substrat, ce produit a une charge polluante faible
et une manipulation facile en raison de sa consistance liquide. De nos jours, le digestat est
très utilisé dans les pratiques agrobiologiques et il est surtout valorisé en tant que
fertilisant. En réalité, la majorité des éléments issus de la méthanisation sont sous forme
minérale, et l’azote est sous forme ammoniacale. Par conséquent, ces substances sont plus
accessibles par les plantes et plus disponibles pour les cultures.

Le digestat est constitué par deux fractions :


- La fraction solide (digestat solide) ou méthacompost, peut être utilisée comme
combustible après séchage.
- La fraction liquide (digestat liquide) ou jus du processus contient moins de
matière organique, mais possède une teneur élevée en azote ammoniacal par
rapport à la fraction solide. Ce digestat liquide est souvent utilisé pour arroser
les plantes pour sa capacité fertilisante remarquable. Son ajout au compostage
peut de même se faire afin de provoquer la maturation du compost.
La composition de ces fractions varie en fonction des substrats et de la typologie de
bio méthanisation. Le digestat peut aussi contribuer au développement des
planctons et à la nutrition des poissons [14] [17] [18].

2-4- Les différentes technologies de fermentation


Il existe généralement trois types de technologie de fermentation qui peuvent être
choisis en fonction des caractéristiques des substrats à fermenter, du mode de chargement
du fermenteur et de la périodicité d’apport de matières premières. Ces types sont :

 La fermentation en continu : qui dérive du principe des fosses septiques.


Ce système ressemble au tube digestif à cause de son exigence d’une
certaine température pour être efficace, de la nécessité d’une

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 22
alimentation régulière. En plus, il cultive également des bactéries. Le
volume qui se trouve dans le digesteur est alors constant à cause de
l’alimentation régulière, et le gaz est ainsi produit de façon régulière. Ce
mode de fermentation est utilisé pour les substrats liquides ou semi-
liquides. Ces derniers sont dilués afin d’avoir un mélange fluide qui peut
s’écouler facilement par gravité. Il est nécessaire de contrôler
régulièrement le pH si on veut pratiquer ce système parce que des
croûtes et des poches d’acidification peuvent se former. En addition, il
est essentiel de brasser la cuve pour que le substrat entrant et la masse en
digestion soient homogènes, ainsi que la température du digesteur.
 La fermentation en discontinu : contrairement au système précédent, le
chargement du digesteur dans ce type de fermentation se fait en une
seule opération et le déchargement s’effectue au moment où la matière
organique est épuisée par la fermentation, puis le processus peut
recommencer. Ce système s’applique aux substrats comme les fumiers
pailleux tels que les déchets végétaux et les ordures. A cause de la
dépendance par rapport à la périodicité de chargement de la cuve, le gaz
est produit irrégulièrement. Mais pour remédier à ce désavantage, on
peut utiliser des digesteurs en série. La période de fermentation est de 40
à 45 jours. Il est alors nécessaire de pré-fermenter les substrats pendant
quelques jours de façon aérobie, pour que les molécules peu
polymérisées susceptibles d’acidifier le milieu se dégradent. Toutefois,
une perte d’azote peut être engendrée par cette pré*fermentation, et si la
quantité d’air est trop grande, cela peut compromettre la fermentation
anaérobie. Il faut alors faire très attention à la durée de cette pré-
fermentation. Elle ne doit être ni trop longue ni trop courte [13].
 La fermentation en semi-continu : dans ce type de digestion, le
remplissage du digesteur se fait progressivement et les charges sont
convenablement réparties dans le temps. Quand le volume utile du
digesteur est atteint et que la production de biogaz n’est plus suffisante,
on effectue la vidange [19].

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 23
2-5- Le Biodigesteur

Le dispositif technique utilisé dans la production du biogaz est appelé biodigesteur,


ou fermenteur ou bioréacteur anaérobie. Son rôle est d’assurer la condition anaérobiose de
l’enceinte afin que les réactions se déroulent normalement. En général, sa construction est
faite en béton, accompagné d’une protection interne en résine époxy. Mais les digesteurs
de grande taille sont souvent construits à partir d’acier vitrifié [w8].
Le bioréacteur anaérobie est constitué d’une cuve fermée qui ne laisse pas passer
l’air. Il peut être accompagné d’un système de chauffage, d’agitation et de mesure de
teneur en gaz, des dispositifs de contrôle de divers paramètres comme la température, le
pH, etc. [20].
Les digesteurs peuvent être de type expérimental de laboratoire ou de type digesteur
d’exploitation. Les figures ci-dessous montrent quelques modèles de digesteur :

Figure 2.01 : Biodigesteur à dôme fixe ou modèle Figure 2.02 : Biodigesteur à cloche flottante ou
chinois modèle indien
Source : [Link] Source : [Link]

Figure 2.03 : Biodigesteur modèle Sri Lankais


Source : [Link]
Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 24
2-6- Les conditions à respecter pour effectuer la méthanisation
2-6-1- La qualité du substrat
Premièrement, les substrats doivent être biodégradables et avoir les caractéristiques
suivantes :
- Pour le cas des ordures ménagères, du fumier et de quelques résidus industriels,
la teneur en matière sèche (M.S) doit être supérieure à 20% avec 40 % à 80 %
de matière organique
- Pour le cas des substrats visqueux et hautement pollués comme les excréments
des animaux, la demande chimique en oxygène (D.C.O) doit être de l’ordre de
100 – 150 mg/l et la teneur en M.S de 5 à 12 % avec 60 à 80 % de M.O.
- Pour le cas des lisiers dilués des grandes fermes porcines et des eaux usées, le
D.C.O est de l’ordre de 3 à 17 g/l et les matières en suspension de 1 à 2 g/l
- Pour le cas des effluents de sucreries, distilleries, laiteries et d’autres industries
de transformation alimentaire, le D.C.O est de 5 – 18 g/l [21] [22].

Effectivement, la quantité en matière organique du substrat est indiquée par la


teneur en matière sèche. C’est pour cela que la teneur en matière organique est rapportée
en pourcentage de la matière sèche. Pour le cas des substrats marqués par une faible teneur
en matière sèche, ils sont caractérisés par la demande chimique en oxygène. L’introduction
des produits inorganiques (exemples : minéraux, métaux, etc.) dans le digesteur est à
éviter, car la digestion ne permet pas de les dégrader. Ce qui peut perturber divers
processus comme la séparation de phases, la sédimentation, la flottation, l’apparition de
mousse, etc. De plus, si le digestat est épandu, ces substances inorganiques vont polluer le
sol.
Deuxièmement, pour avoir un rendement maximal en méthane, les substrats doivent
contenir une quantité considérable de graisse, de protéine et d’hydrate de carbone, puisque
ces substances peuvent former des acides gras volatils (principaux précurseurs du méthane)
en se dégradant. Si on parle de volume de gaz obtenu par unité de poids, c’est la cellulose
qui est la matière la plus productive. Les substrats les plus exploités pour la méthanisation
sont les effluents d’élevage et les déchets végétaux peu ligneux. Par contre, les déchets
ligneux comme les bois et les branchages ne sont pas digérés par les bactéries. En réalité,
les lisiers apportent des bactéries fraîches et ont un pouvoir tampon considérable, les
réactions bactériennes étant alors facilitées et le milieu devenant plus stable [13].

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 25
2-6-2- Les autres paramètres

Pour atteindre un rendement maximum en Biogaz, la méthanisation est influencée


par divers paramètres physico-chimiques comme l’absence d’oxygène, la température, le
potentiel hydrogène, le rapport carbone-azote, l’humidité, la pression, le temps de
rétention, l’agitation et l’influence des matières toxiques.

2-6-2-1- L’absence d’oxygène


Les bactéries méthanogènes, qui sont les acteurs les plus importants dans la
méthanisation, ont besoin d’un milieu en absence totale d’oxygène ou anaérobie. Par
conséquent, le digesteur doit être très étanche [13].

2-6-2-2- La température
Pour leur développement, la température du milieu où vivent les micro-organismes
doit également être optimale. Trois types de population bactérienne existent en fonction de
la température :
 Les bactéries psychrophiles qui réclament une température inférieure à 20°C ;
 Les bactéries mésophiles dont la température optimale pour leur développement est
de 37°C, mais elles se développent quand même entre 30°C et 35°C.
 Les bactéries thermophiles qui évoluent à une température comprise entre 50°C et
55°C.
La variation de la température doit alors se situer entre 10°C et 55°C. Les bactéries
risquent d’être tuées ou présentent un arrêt de croissance ou encore on rencontre une
activation enzymatique si la température se trouve hors de ces limites. Actuellement, c’est
la zone mésophile qui est la plus utilisée à Madagascar c'est-à-dire que la température doit
être entre 30°C et 37°C [13].

Pour la digestion mésophile et thermophile, la température doit être stable pour garantir un
bon déroulement de la fermentation méthanique. Il est facile d’équilibrer cette température
au cours du stade pilote, mais dans les grandes unités, ce sera plus difficile. Pour le cas des
températures mésophiles, si la température monte de 1°C, il est possible que la production
de gaz augmente de 5%. Par contre, si la température décroit fréquemment, les
populations microbiennes peuvent être déséquilibrées [23].

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 26
2-6-2-3- Le potentiel Hydrogène (pH)
Un autre paramètre très important pour la réalisation de la fermentation est la valeur
du potentiel Hydrogène, car les bactéries ne survivent que dans des conditions adéquates
de pH. Généralement, la digestion anaérobie se déroule avec un pH situé entre 6 et 8. Pour
le cas de la fermentation méthanique, le pH doit être aux environs de la neutralité (entre 6,6
et 7,6) mais la valeur optimale est de 7,1. Une altération de l’équilibre chimique des
réactions enzymatiques ou une destruction des enzymes peuvent avoir lieu dans les milieux
acides ou basiques. Avec un pH en dessous de 6, il y a une accumulation d’acides
organiques. Par conséquent, on peut observer une diminution rapide de l’activité des
bactéries méthanogènes. A partir de 5,5, il est possible que cette activité bactérienne soit
inhibée.
Au début de la fermentation, il est normal que le milieu s’acidifie un peu, mais si
les bactéries de l’acidogenèse continuent encore de produire des acides gras volatils
(AGV), ces acides vont de plus en plus s’accumuler et vont être en très grande quantité
dans le milieu. Le pH peut alors diminuer aux environs de 4,5. Dans ce cas, la production
de méthane va être bloquée et il y aura un dysfonctionnement de la syntrophie entre les
microorganismes de la méthanisation. D’autres causes qui peuvent engendrer cette
diminution de pH sont : d’une part, l’accumulation de propionate causée par la production
et la consommation d’hydrogène par certaines bactéries, d’autre part, dans le cas où les
substrats sont en surcharge, la quantité des substances organiques va dépasser les capacités
de dégradation de l’écosystème microbien, par conséquent les AGV vont de même
s’accumuler [13] [20] [24].
Pour minimiser les risques de chute de pH, les solutions suivantes sont proposées :

 Ajouter du bicarbonate de soude au début de la digestion (jusqu’à 5g/l) ou


 Ajouter de la chaux dans le substrat [13].

2-6-2-4- Le rapport carbone-azote (C/N)


Ce rapport représente la proportion de carbone par rapport à l’azote dans la matière
organique. Il représente la teneur en nutriments du substrat. Plus précisément, le carbone et
l’azote sont les principaux nutriments des micro-organismes. L’azote, qui se trouve surtout
dans les déjections animales, est un élément d’édification des structures cellulaires. Le
carbone, se trouvant essentiellement dans la cellulose des végétaux, est une source
d’énergie. Puisqu’au cours de la bio méthanisation, les bactéries consomment environ 30

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 27
fois plus de carbone que d’azote, la valeur optimum de ce rapport est alors de 30. Mais ce
rapport diminue tout au long de la fermentation, car le carbone part. Afin de réussir une
bonne fermentation, il faut mélanger adéquatement des matières riches en azote avec celles
riches en carbone. Si le rapport C/N est élevé, les micro-organismes éprouveront une
difficulté à dégrader les substances dans le substrat. Par contre, si ce rapport est faible,
c'est-à-dire que la teneur en azote est en excès, il y aura production accrue d’ammoniac. Ce
qui est toxique pour les micro-organismes et provoque l’inactivation de la méthanisation
[13] [25].
Le tableau ci-après représente des exemples de rapport C/N de quelques substrats :

Tableau 2.01 : Exemples de rapport C/N de quelques substrats


Substrats C (%) N (%) C/N
Fumier frais de bovin 7,3 0,29 25
Fumier frais de porc 7,3 0,60 12
Fumier frais de cheval 10 0,42 24
Fumier frais d’ovins 16 0,55 29
Chyme stomacal 17 0,59 29
Source : ANDRIAMALALA, 2015

2-6-2-5- L’humidité
L’action des bactéries est très influencée par la présence de l’eau dans la
méthanisation. La teneur en eau dépend du type d’installation et du mode de fermentation.
Au minimum, le taux d’humidité doit être entre 60 et 70 %, le taux maximal étant aux
environs de 80 %.
Pour un bon déroulement de la première étape, qui est l’hydrolyse, l’humidité des
déchets doit être suffisante. S’il y a excès d’eau, la production va chuter par unité de
volume de la fosse. Dans le cas contraire, s’il y a manque d’eau, l’acidification se fait trop
vite à cause de l’accumulation d’acide organique. Par conséquent, le processus de
fermentation ainsi que la production sont freinés et l’activité enzymatique est inhibée.
Dans ce cas, la dilution du substrat organique doit être très élevée (85à 90 % d’eau avec 10
à 15 % de matière sèche)
Dans le processus de fermentation, le rôle de l’humidité est très important pour
avoir une bonne qualité de production. C’est pour cela que les substrats secs doivent être
humectés afin de rendre la matière organique plus facile à dégrader par les bactéries [13]
[27].

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2-6-2-6- La pression
La production n’est pas entravée même s’il y a une surpression jusqu’à 4 bars. De plus, une
légère surpression peut être avantageuse, car :
 Elle permet d’éviter l’entrée d’air en cas de fuite et l’explosion
 Elle est essentielle pour l’expédition du gaz à travers les canalisations [25].

2-6-2-7- le temps de rétention


Le temps de rétention est le nombre de jours pendant lesquels le substrat reste dans
le digesteur. Ce temps dépend de la température. En effet, plus la température est élevée,
plus le temps de rétention dans le digesteur diminue. Pour la fermentation mésophile (à
35°C), le temps de rétention est :
- De 10 à 15 jours pour les lisiers de porcs,
- De 20 à 30 jours pour les lisiers de bovin,
- De 20 à 30 jours pour les fientes de volailles,
- De 21 à 25 jours pour les substrats riches en matières cellulosiques.
Le temps moyen de séjour est de 8 semaines pour une digestion psychrophile et de 10 à 15
jours pour une digestion thermophile. Ce temps dépend également :
 Du taux de matière sèche : plus le substrat est riche en eau et en particules fines,
plus la digestion est rapide
 De la nature et de la composition du substrat
 Du type de digesteur : la masse à digérer doit correspondre à la dimension
digesteur.
 De la qualité requise d’effluent : si le substrat reste encore un peu plus dans le
digesteur, il sera de plus en plus épuré donc à la sortie l’effluent sera moins
polluant [13] [27].

2-6-2-8- L’agitation
Une agitation continue ou intermittente est aussi nécessaire pour améliorer le
rendement en biogaz. En effet, l’agitation permet une désagrégation complémentaire des
précipités. De plus, s’il n’y a pas d’agitation, il y aura formation de croûtes au niveau de la
surface qui va empêcher le bon dégazage. Ces croûtes sont causées par la flottation des
particules fibreuses. Une étude d’A. Hajji et de M. Rhachi en 2016 a montré que par
rapport à la production avec agitation, il y a une diminution de production de 62% s’il n’y
a pas d’agitation lors de la digestion [28].

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 29
2-6-2-9- L’influence des matières toxiques
Quelques substances ne doivent pas être introduites à forte concentration dans le
digesteur, pouvant être toxiques pour les bactéries et provoquer une perturbation du
processus bactérien tout en altérant la qualité du digestat. Ces substances sont :
 Les engrais chimiques, les pesticides, les antibiotiques,
 Les détergents, les savons, les organo-chlorés,
 Les sels minéraux et les ions minéraux (Na+, K+, Ca2+, Mg2+, NH4+)
 Les métaux lourds qui, en se combinant avec les sulfures, forment des précipités
insolubles de sels [13] [25].

2-7- Prétraitements de la biomasse avant la méthanisation


Le développement de la méthanisation est très influencé par la digestibilité des
résidus de production agricole. En effet, une faible vitesse de dégradation ou une faible
potentiel bio-méthanogène peut engendrer une faible digestibilité de ces résidus. Pour les
gisements riches en composés ligno-cellulosiques, on considère que l’étape d’hydrolyse est
l’étape limitante de la bio méthanisation. Dans le but d’augmenter la bioaccessibilité et la
biodégradabilité de ces substrats, il est alors nécessaire de casser la structure du complexe
ligno-cellulosique.
Au cours de la digestion anaérobie, il est très difficile de dégrader les composés
comme la lignine, la cutine ou la kératine. Par contre, par rapport à la cellulose, il est plus
facile de dégrader les polymères comme l’amidon et les hémi-celluloses. L’accessibilité
des enzymes hydrolytiques par rapport à ces polymères est alors limitée parce qu’une
structure ligno-cellulosique de matière végétale les protège. Pour que la digestion soit plus
performante, il faut alors optimiser les conditions d’hydrolyse.
Les prétraitements des substrats peuvent avoir d’autres avantages, comme la
déduction des coûts d’opération et de maintenance aux digesteurs, l’homogénéisation du
substrat et l’ajustement du taux d’humidité du substrat [29].

SUBSTRAT
SUBSTRAT BRUT
PRETRAITEMENT PRETRAITE
Biodégradabilité/
avec changements Biodegradabilité/
Bioaccessibilté faible
physico-chimiques Bioaccessibilité
ou limitée
élevée

Figure 2.04 : Principe générale du prétraitement


Source : FERNANDEZ, 2021
Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 30
Il existe diverses techniques de prétraitement des substrats :
 Prétraitement mécanique : qui consiste à modifier la taille des particules
de la biomasse par broyage, extrusion, concassage, défibrage ou
déchiquetage.
 Prétraitement thermique : qui est surtout appliqué sur les biomasses
comme les déchets alimentaires, les boues de station d’épuration des eaux
usées domestiques, les biomasses ligno-cellulosiques denses (ex : sous-
produits forestiers), ce traitement consiste à traiter les biomasses par
chauffage ou refroidissement. Si la température appliquée est entre 50°C et
250°C, le but de traitement est d’hygiéniser la matière dans les installations
de méthanisation. Si la température appliquée est inférieure à 100°C, cela
provoque juste la défloculation des macromolécules, mais n’a pas d’effet
sur les structures polymériques complexes telles que la ligno-cellulose.

 Prétraitement chimique : qui consiste à additionner un agent chimique


capable d’agir sur les fractions ligno-cellulosiques à la biomasse avant son
incorporation dans le digesteur, afin de faciliter leur biodégradabilité. Pour
ce traitement, on utilise surtout les acides (H2SO4, HNO3, HCl, H3PO4) et
les bases (NaOH, KOH ,Ca(OH)2, NH3) car ils permettent d’hydrolyser les
polymères. Mais l’ozone et le peroxyde d’hydrogène peuvent aussi être
utilisés permettant d’oxyder partiellement la matière organique.

 Prétraitement biologique : ce principe, qui est non-énergivore et ne


nécessitant pas l’usage de réactif, consiste à utiliser des bactéries, des
champignons filamenteux ou des cocktails enzymatiques pour optimiser la
digestion anaérobie des biomasses ligno-cellulosiques.

 Prétraitement combiné : c‘est la combinaison de plusieurs traitements


(biologiques, chimiques, thermiques ou mécaniques). Ce mode de
traitement est surtout appliqué au traitement de boues de station d’épuration
ou au traitement de biomasses végétales dédiées à la production de
bioéthanol. Par exemple, certains auteurs ont fait une étude sur la
combinaison d’opérations mécaniques (extrusion), chimiques (NaOH
0,4%m/v) et biologiques (enzymes) sur des épis de maïs et ont rapporté une
hausse de la rapidité de la production de méthane et du potentiel bio-
méthanogène. Par contre, cette combinaison peut susciter une difficulté
Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 31
économique si on la met en œuvre dans une installation de méthanisation
agricole [29].

2-8- Conclusion partielle


Tout au long de ce second chapitre, la méthanisation, qui est le processus de
biodégradation des déchets organiques en méthane, a été développée. Ce processus se
déroule en quatre étapes qui sont : l’hydrolyse, l’acidogenèse, l’acétogenèse et la
méthanogenèse. La méthanisation produit du biogaz et du digestat. La fermentation peut
être réalisée de façon continue ou discontinue ou semi-continue dans un biodigesteur. La
qualité du substrat ainsi que d’autres facteurs doivent être considérés afin de mener à bien
ce processus. Pour augmenter la bioaccessibilité et la biodégradabilité des substrats, ils
doivent subir des prétraitements, et cela permet également d’optimiser les conditions
d’hydrolyse ainsi que le rendement en biogaz. Il existe quatre modes de prétraitement
possibles qui sont : le prétraitement thermique, le prétraitement chimique, le prétraitement
biologique et le prétraitement combiné. Dans le chapitre suivant, le développement se
focalisera sur le biogaz, qui est l’un des produits de la méthanisation pouvant être valorisé
par diverses manières.

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 32
CHAPITRE 3 : Le Biogaz
Comme on l’a mentionné dans le paragraphe 2-3-1- du chapitre précédent, le biogaz est un
gaz combustible et une énergie renouvelable générée par la méthanisation. Ce chapitre
révèlera plus de détails sur ce produit de la méthanisation.

3-1- Historique
Le biogaz est connu depuis longtemps et il parait même qu’il a déjà été utilisé au
Xe siècle avant J.-C. pour chauffer les bains en Assyrie. Pourtant, à partir du XVIIe siècle,
les scientifiques ont commencé à s’intéresser au processus de méthanisation, également
appelé digestion anaérobie [28]. Vers 1630, Van HELMONT a découvert le
dégagement de gaz inflammable à partir de la putréfaction de la matière organique.
Ensuite, l’identification du méthane comme étant le composant combustible du gaz a été
faite par Alessandro VOLTA en 1776. En 1808, Humphrey DAVY a expérimenté la
fermentation du fumier, a produit du biogaz et a aussi découvert la composition du
méthane. Vers l’année 1884, une étude a été menée par Louis PASTEUR et son élève
Ulysse Gayon pour produire le gaz par fermentation méthanique. Louis PASTEUR a
montré dans les résultats de cette étude qu’il est possible d’utiliser cette fermentation
comme moyen de production d’une source d’énergie utilisable pour le chauffage et
l’éclairage. En 1896, l’éclairage public par le biogaz apparaissait la première fois en
Grande Bretagne, dans la ville Exeter. La recherche appliquée relative à la digestion
anaérobie commença avec Buswell en 1920. Et il a décrit les mécanismes biologiques et
les principaux processus de cette digestion en 1930 [12] [16] [30] [31].

3-2- Le Biogaz dans le Monde


Le biogaz est très exploité dans le monde, mais les technologies utilisées et les
types d’exploitation peuvent varier. C’est la Chine qui s’est remise très tôt à la technologie
du biogaz. En effet, dès la fin du XIXè siècle, des fermenteurs rudimentaires ont été
construits dans les zones côtières de la Chine du Sud. En 1920, Luo Guorui a fondé
« Santou Guorui Biogas Lamp Company » qui est une société d’éclairage au biogaz, puis
en 1932 s’ensuit la fondation d’une autre société, la « Chinese Guorui Biogas Company »,
qui se trouve à Shangai et qui a eu plusieurs filiales dans les provinces du Sud de la Chine.
En 1958, une seconde vague de l’usage du biogaz est née dans la province de Wuchang.
Puis, une troisième vague est apparue vers la fin des années 1970 et le début des années
1980. Les apports de la production de Biogaz en Chine étaient divers comme

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 33
l’approvisionnement en énergie, l’amélioration de la protection de l’environnement et de
l’hygiène et la modernisation de l’agriculture à cette époque [32].
Une accélération de la production de biogaz a été observée dans le monde à la fin
des années 1990. Près de 6,8 millions de digesteurs ont été installés et cette hausse de
production a été surtout rencontrée en Inde et en Chine. Les européens et les américains,
qui sont les détenteurs des technologies les plus avancées en matière de bio méthanisation,
font usage de cette dernière dans le but d’épurer les déchets et les eaux usées pour avoir
des sources d’énergie. Par contre, la méthanisation est moins répandue dans les pays
africains puisque ces pays manquent de programme de soutien et de promotion de l’énergie
nouvelle. On rencontre les plus grands digesteurs qui s’appellent « les digesteurs ovoïdes
de DINSLAKEN » en Allemagne. Ces digesteurs ont un volume de 6000 m3 [31].

3-3- Le Biogaz à Madagascar


3-3-1- Historique
A Madagascar, en 1949, les premières installations de production continue de gaz
avec du fumier de bœuf ont été réalisées par le chef de la circonscription vétérinaire
d’Antsirabe, le Docteur METZEGER. Deux fosses en briques ont été utilisées comme
méthaniseur pendant cette installation et le gaz produit a été utilisé pour la cuisson.
De 1965 à 1969, le gaz obtenu à partir de la méthanisation des fientes de poules a
été utilisé comme carburant par les étudiants du Lycée Technique d’Alarobia,
Antananarivo, afin de mettre en marche un moteur à essence [33].
Ensuite, une installation de biogaz de type discontinu, alimentée par du lisier de
porc, a été réalisée à la ferme d’Etat de Sakay, à l’Ouest d’Antananarivo (environ à 150
km). Mais cette installation a échoué à cause des problèmes techniques que les techniciens
n’ont pas pu résoudre. En 1981, les Frères de Saint Gabriel d’Amborovy Majunga ont
commencé à utiliser « l’unité pionnière productrice de biogaz »[13].
Afin d’élargir l’utilisation du Biogaz et de maitriser sa technologie, à partir du
mois de septembre 1986 jusqu’au mois de juin 1988, le ministère de l’Energie,
l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et le
Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) ont contribué dans un
projet. Le titre de ce projet était : « Technique de production de biogaz à Madagascar ».
C’était ce projet qui a permis l’installation du centre de base d’information sur le biogaz
dans le département énergétique du Centre national de recherches industrielles et
technologiques (CNRIT), appelé « cellule de biogaz » [34].
Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 34
Aux cours des années 2005-2006, une vingtaine d’installations de biogaz ont existé
à Madagascar. Ces installations étaient surtout localisées à Majunga (Juvenat Saint Gabriel
– Amborovy), à Tuléar (Station Marine de Tuléar), à Antananarivo ( R.M.1 Antsahasoa,
C.A.R Bevalala, Centre « Notre Dame de Clairvaux » Ivato, Institut Saint Benoit Mahitsy,
S.A.F.F Mahitsy), dans la région de Tsiroanomadidy, dans des localités avoisinant la route
Antananarivo-Antsirabe, au Centre de la Croix Rouge d’Antsirabe en 1999, à l’Akany
Avoko Ambohidratrimo en 1993, et dans la région de Tamatave (route de Foulpointe) [13].
Depuis sa naissance jusqu’à nos jours, l’équipe de l’Unité de Recherche Biogaz au
sein du C.N.R.I.T a toujours continué ses recherches, afin d’améliorer et d’approfondir les
bases de données des résultats de production de biogaz. Cette équipe collabore avec
différentes entités, des organismes publics et surtout des étudiants stagiaires venant des
écoles et instituts supérieurs. Avec ces collaborateurs, l’équipe étudie la valorisation des
substrats solides, liquides ou semi-liquides, d’origine animale ou végétale, qui n’a pas
encore été exploitée. Par exemple, en 2022, la bio méthanisation des déchets de la tannerie
d’Anjeva a été étudiée au sein du laboratoire du Centre, et en coopérant avec le Parc
Botanique et Zoologique de Tsimbazaza, la bio méthanisation des déjections des
chameaux, des lémuriens, des grillons et des lapins géants de Flandre a été analysée dans
ce même laboratoire [35].

3-3-2- Facteurs favorables et les limites


Madagascar a de grands avantages s’il veut attirer les différents acteurs pour

l’exploitation du biogaz dans l’Ile.

 Premièrement, les matières premières nécessaires à la production du biogaz sont


diverses et abondantes à Madagascar. Effectivement, les sous-produits des
industries agroalimentaires comme la vinasse, les eaux usées des brasseries et
fromageries, etc. sont considérables dans l’Ile. Il y a également les déchets
organiques urbains comme les ordures ménagères et les eaux d’égouts qui sont
débordants.
 Deuxièmement, la coordination entre les différents acteurs de la filière est facilitée
par l’assistance de la Commission nationale du biogaz, en plus, les échanges
d’informations étant assurés. Et de leur côté, des organismes publics comme le
C.N.R.I.T, ainsi que des organismes parapublics réalisent des installations de
biogaz. Parallèlement à cela, plusieurs chercheurs et étudiants sont intéressés par la

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 35
bio méthanisation. Et ils font des expérimentations et des études sur ce sujet au
niveau des laboratoires de recherche.
 Troisièmement, on peut également citer la présence d’une grande superficie
exploitable et l’abondance de la main d’œuvre comme facteurs favorables à
l’installation de biogaz. On peut de même dire que la concurrence directe en
matière d’utilisation du biogaz et de ses résidus n’existe pas, surtout dans les
régions les plus reculées [13].
Par contre, les contraintes concernant cette filière à Madagascar sont également
nombreuses. Par exemple :
 Au cours de la production, les informations sur la technique de bio
méthanisation manquent et elles sont limitées. Il y a aussi un problème de
communication, car, l’existence de cette technologie n’est connue que par les
personnes concernées.
 L’encadrement et la structure socio-organisationnelle sont insuffisants ou
même absents, diminuant ainsi la motivation des utilisateurs.
 Pareillement, les acteurs (producteurs, ministères, opérateurs économiques,
bailleurs de fond, …) manquent de coordination aux niveaux institutionnel et
financier.
 En outre, on peut également citer l’inexistence de politique gouvernementale
sur l’énergie renouvelable, la durée limitée de financement de projet, les
problèmes de tabous dans la plupart des régions de l’Ile et le coût de
l’installation trop élevé [13].

3-4- Composition chimique du Biogaz


Les éléments majeurs du biogaz, provenant directement de la matière organique,
sont : le Carbone (C), l’Hydrogène (H), l’Oxygène (O), l’Azote (N) et le Soufre (S). Ces
éléments se retrouvent principalement sous la forme d’un mélange de méthane CH4
(constituant environ 2/3 de la composition du biogaz), de dioxyde de carbone CO2 et
d’autres gaz dont l’hydrogène sulfuré H2S, les mercaptans R-SH et les Composés
Organiques Volatiles ou C.O.V (alcanes et hydrocarbures aromatiques) [12] [36].
La proportion de ces gaz est présentée dans le tableau ci-dessous. Il faut noter que cette
proportion peut varier en fonction de la nature des matières premières et des conditions de
fermentation.

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 36
Tableau 3.01 : Composition chimique du biogaz
Gaz Formules Chimiques Pourcentages (%)
Méthane CH4 50 à 80
Dioxyde de carbone CO2 35 à 40
Dihydrogène H2 1à3
Dioxygène O2 0.1 à 1
Monoxyde de carbone CO 0 à 0.1
Diazote N2 0.5 à 3
Gaz divers H2S, NH3, CnH2n, etc. 1à5
Vapeur d’eau H2O Variable
Source : RECORD, 2009 & BILLAUD et al. ,1983

3-4-1- Le méthane (CH4)


Le méthane est un hydrocarbure saturé formé par un atome de carbone est quatre
atomes d’hydrogène (CH4). C’est un gaz inodore, incolore et sans goût, qui est plus léger
que l’air et dont la solubilité dans l’eau est très faible. Ce gaz est très inflammable à l’air
libre. Lors de la combustion, il est très important dans la production d’énergie en
provoquant une flamme bleue et un dégagement d’une grande quantité de chaleur. Son
auto-inflammation n’est pas spontanée, car en présence d’une flamme ou d’une étincelle,
sa température d’ignition à pression atmosphérique est de 550°C [12] [37].

Ainsi, selon le pourcentage en méthane, on peut citer trois groupes de biogaz :


 Méthane à 50 % : Biogaz pauvre
 Méthane à 65 % : Biogaz moyen
 Méthane à 80 % : Biogaz riche [36].
L’évaluation de l’état de la biocénose méthanogène peut également être effectuée
grâce à ce pourcentage en méthane dans le biogaz. En effet, s’il y a une diminution de la
production de méthane malgré le fait que l’alimentation soit constante, il est probable que
les micro-organismes méthanogènes soient inhibés [38].

3-4-2- Le dioxyde de carbone (CO2)


D’après le chapitre précédent, le dioxyde de carbone se forme pendant les phases
d’acidogenèse, acétogenèse et méthanogenèse. Ce gaz est un tampon
d’hydrogénocarbonate se dissolvant dans l’eau. Il ne contribue pas au processus de
combustion. Par contre, il a un rôle dans l’accroissement de l’indice de méthane. S’il y a
une diminution du rapport entre méthane et CO2, tandis que la composition du substrat n’a
pas été changée, il est probable que le taux de formation d’acide vis-à-vis du taux de
formation de méthane ait augmenté. Il y a donc une perturbation de l’équilibre des débits
massiques dans le procédé de dégradation. Deux possibilités de causes de ce phénomène
Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 37
peuvent exister : soit les quantités introduites dans le digesteur ont été modifiées, soit les
organismes méthanogènes sont inhibés [12] [39].

3-4-3- Les autres gaz


o Le dihydrogène (H2) est produit pendant les phases d’acidogénèse et d’acétogenèse.
C’est donc un gaz intermédiaire important, qui est ensuite transformé en méthane.
o Le dioxygène (O2) dont la présence est essentiellement liée au mode opératoire de
production de biogaz. En effet, au cas où il y a un défaut d’étanchéité au cours du
procédé d’extraction du gaz produit, le biogaz pourrait contenir du dioxygène. Un
exemple de gaz qui contient du dioxygène est le gaz de décharge.
o Le monoxyde de carbone (CO) dont la teneur présente dans le biogaz est très faible
voir nulle. Mais si cette teneur est élevée, le gaz peut être toxique.
o L’hydrogène sulfuré (H2S) est produit après la réduction des sulfates (SO4 2-) et des
composés organiques contenant du soufre par des micro-organismes sulfato-
réducteurs lors de la digestion anaérobie [12] [39] [40].

3-5- Caractéristiques du Biogaz


3-5-1- Pouvoir calorifique
Tout d’abord, la quantité de chaleur dégagée par la combustion complète du
combustible est définie comme son pouvoir calorifique. De la même façon qu’un
combustible fossile, le biogaz peut être caractérisé par son pouvoir calorifique inférieur
(PCI) lorsque l’eau produite par sa combustion reste à l’état vapeur. Il faut noter que ce
pouvoir calorifique est proportionnel au pourcentage de méthane dans le biogaz [41]. Or,
pour 100 % de méthane à 0°C et 1 atm, le PCI est 9,94 kWh/Nm3. Donc, par exemple, s’il
y a 70% de méthane dans le biogaz, le PCI de celui-ci est 9,94*0.7 = 6.96 kWh/Nm3 [42].
Pour une teneur en méthane comprise entre 30 et 70 %, le pouvoir calorifique se situe entre
10,74 MJ/Nm3 et 25,06 MJ/Nm3 (soit entre 2,98 kWh/Nm3 et 6,96 kWh/Nm3) [43].

3-5-2- Température adiabatique de la flamme du biogaz


Lors de la combustion du biogaz, la température adiabatique de la flamme est
également proportionnelle au pouvoir calorifique inférieur. En fonction de la teneur en
méthane dans le biogaz, cette température varie entre 800 à 1100°C. Par exemple, avec
50% de méthane dans le biogaz, la température de la flamme est 870°C [41].

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 38
3-5-3- Equivalence énergétique
En matière énergétique, il faut savoir que 1m3 de biogaz contenant environ 50% de
méthane est équivalent à :
 0,6 L d’essence [43]. Mais comme le rapport H/C du méthane est plus élevé,
celui-ci émet moins de CO2 que l’essence [41].
 0,85 L d’alcool à brûler,
 4,58 kWh d’électricité
 0,5 L de mazout
 0,62 kg de charbons de bois
 0,5 m3 de gaz naturel (méthane) [43].

3-6- Valorisations et utilisations du Biogaz


Il existe cinq manières possibles de valoriser le biogaz : la valorisation thermique, la
valorisation électrique, la production d’énergie électrique avec récupération de chaleur, la
valorisation en carburant automobile et l’introduction dans les réseaux de gaz naturel.

3-6-1- La valorisation thermique


La valorisation thermique est le moyen le plus simple pour valoriser le biogaz.
Effectivement, le biogaz peut être brûlé dans une chaudière afin de produire de l’eau
chaude ou de la vapeur. Il peut également être utilisé dans le chauffage des fours. Cette
utilisation est adaptée aux consommateurs locaux qui se trouvent à proximité du gisement
du biogaz. Le procédé peut être rentabilisé très vite, étant donné qu’il ne nécessite pas de
gros investissements. De plus, des teneurs en méthane proches de 20% sont suffisantes
avec un débit à partir de 100 Nm3.h-1. Il existe des brûleurs spécifiques pour l’installation,
et adaptés à la combustion de biogaz sous surpression de 300 mbar minimum. Les
contraintes techniques de ces brûleurs sont faibles [41] [43].
Dans les Installations de Stockage des Déchets Non Dangereux (ISDND) , la
réduction des lixiviats par déshydratation et le séchage des boues, etc. sont assurés par
l’utilisation directe de la chaleur produite par la combustion du biogaz. L’utilisation
indirecte se fait après production d’eau chaude ou de vapeur [43].
Au niveau des stations d’épuration, le maintien de la température des digesteurs
(mésophiles : 35-37°C ou thermophiles : 55-58°C) est souvent assuré par une partie de la
chaleur produite par la combustion du biogaz, en réchauffant les boues à l’extérieur,
ensuite en les réintroduisant [43].

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 39
La production directe de chaleur par combustion du biogaz dans un brûleur peut
être effectuée sur des installations existantes qui fonctionnent au gaz naturel, l’adaptation
étant moindre, et c’est un grand avantage. En outre, la seule contrainte en termes
d’épuration, est le problème de l’hydrogène sulfuré qui, en présence de vapeur d’eau,
provoque des phénomènes de corrosion. Par conséquent, il est nécessaire de protéger et
d’adapter certains éléments de l’installation comme les canalisations, le brûleur, le
surpresseur, etc. [43].

3-6-2- La valorisation électrique


La production d’électricité à partir du biogaz est intéressante si les Installations de
Stockage des Déchets Non Dangereux (ISDND) ou la station d'épuration des eaux usées
ne se trouvent pas à proximité d'un site industriel, et lorsque les besoins thermiques locaux
sont négligeables en regard de l'énergie biogaz disponible. Mais, avant de valoriser le
biogaz sous forme d’électricité, une évaluation des différents critères comme la production
de biogaz, la teneur en méthane, la qualité du biogaz, le coût financier initial, etc., doit
d’abord être effectuée [43]. Pour cette valorisation, les quatre solutions techniques
suivantes sont proposées :
 La chaudière à gaz associée à une turbine à vapeur (plus alternateur) : qui
possède des conditions de traitement du biogaz identiques à celles des
chaudières produisant uniquement de la chaleur. De plus, c’est la voie de
production d’électricité ayant le moins de contraintes techniques [43].
 Le moteur à combustion interne (plus alternateur) : qui est la technique la
plus utilisée de nos jours, car elle est compatible avec les puissances
générées sur les sites, et les coûts d’investissement et de maintenance sont
économiques. Mais, il existe plusieurs contraintes. Premièrement, la teneur
en méthane doit être supérieure à 40% et le débit au moins égal à 500
Nm3.h-1 pour que l’installation soit rentable économiquement.
Deuxièmement, un traitement épuratoire est obligatoire si on veut
rentabiliser les coûts de maintenances (vidanges, nettoyages, etc.).
Troisièmement, il y a également d’autres conditions qui doivent être
respectées, comme teneur en H2S qui doit être inférieure à 100 [Link]-3, le
point de rosée devant être inférieur à 5°C pour la vapeur d’eau, la teneur en
O2 qui ne doit pas dépasser 4 % et la taille des poussières qui doit
strictement être inférieur à 5 µm. Les teneurs en chlore (50 [Link]-3), fluor
Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 40
(25 [Link]-3) et ammoniac (30 [Link]-3) sont de même des contraintes
[43].
 La turbine à combustion (plus alternateur) : qui est composé par une
chambre dans laquelle le biogaz est brûler (avec déshydratation et
compression entre 4 à 6 bar), d’un étage de décompression des gaz de
combustion, afin d’entraîner la turbine (énergie mécanique) entrainant
ainsi l’alternateur (énergie électrique). Cette machine peut fonctionner
avec des teneurs en méthane inférieures à 35 % et la plupart du temps, la
désulfuration n’est pas nécessaire. Par contre, si des produits abrasifs
(silice) qui viennent de l’oxydation des « siloxanes » sont présents, les
éléments métalliques en mouvement peuvent se dégrader. La turbine à
combustion produit un rendement plus faible par rapport aux moteurs. Par
contre, le rejet de composés toxiques dans l’atmosphère est moindre pour
cette machine [43].
 La micro turbine à combustion (plus alternateur) : avec une puissance de
quelques dizaines de kW, cette technologie est très intéressante. Même si
le rendement d’électricité de cette machine est plus faible que celui d’un
moteur, la micro turbine permet d’envisager des productions d’électricité
avec des flux de biogaz réduits (quelques dizaines de Nm3.h-1). Même si la
teneur en méthane est inférieure à 35%, le biogaz peut quand même être
valorisé en électricité par cette micro turbine [43].

3-6-3- La production d’énergie électrique avec récupération de chaleur


L’augmentation des rendements énergétiques peut être garantie par la récupération de
l’énergie thermique de combustion du biogaz en plus de l’énergie mécanique. Cette
technologie possède les mêmes conditions de traitement des biogaz que celles de la
production électrique décrites dans le paragraphe précédent. Dans le cas d’une turbine à
combustion, si on installe une unité de cogénération utilisant un moteur à gaz, le
rendement global peut augmenter à 75 % voire même à 90 % [43].

3-6-4- La valorisation en carburant automobile


Cette valorisation, qui est plutôt expérimentale, utilise le méthane contenu dans le
biogaz comme carburant pour les véhicules. C’est le biocarburant le plus propre et son
utilisation est très bénéfique pour l’environnement. C’est pour cela qu’en 2005, les voitures

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 41
automobiles qui roulent au méthane ont été qualifiées de « Véhicules verts ». En Europe,
ce mode de valorisation est fortement appliqué par la Suède, et la France a mis en place des
projets concernant cette valorisation à Lille, Sonzay et Chambéry. Mais, pour pouvoir
appliquer cette technologie, le biogaz doit être en très bonne qualité et il doit contenir plus
de 96 % de méthane. De nos jours, cette utilisation est limitée seulement à des flottes de
véhicules spécifiques comme les camions poubelles, les transports en commun, etc. [43]
[44].

3-6-5- L’introduction dans les réseaux de gaz naturel


Le biogaz peut aussi être injecté sur le réseau de gaz naturel. Dans le cas où ce
réseau est assez proche du point de production, cette valorisation permet d’améliorer le
rendement énergétique. Mais l’opération n’est possible qu’après une épuration
extrêmement poussée du biogaz. Un prétraitement consistant à éliminer le CO2, le H2S,
l’O2, le H2O et les composés halogénés est obligatoire. Le gaz injecté doit également être
odorisé [41] [43].

3-7- Avantages et inconvénients du biogaz


La filière du biogaz présente des avantages et des inconvénients. Les avantages
sont cités ci-après :
o Diminution des besoins en énergies fossiles
o Contribution à la réduction des émissions de gaz à effet de serre
o Le fait que le biogaz peut être converti sous forme d’énergie thermique,
électrique et carburant
o Participation du biogaz dans la production décentralisée d’énergie et
d’électricité
o Diminution de la charge en carbone des déchets végétaux. De plus, les
déchets digérés sont moins nocifs pour l’environnement, donc le risque de
pollution biologique ou organique est également réduit.
o Réduction du pourcentage en matière sèche, facilitant le transport et
l’épandage.
o Puisque le système d’aération n’est pas nécessaire, le coût de traitement est
aussi faible.
o La digestion anaérobie permet de traiter des effluents fortement chargés et
des contaminants spéciaux comme les HAP (hydrocarbures aromatiques

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 42
polycycliques), les PCB (Polychlorobiphényles) et les composés organiques
azotés [45] [46].

En termes d’inconvénients, on peut énumérer :


o La faiblesse de la vitesse de croissance des microorganismes, rendant la
fixation des temps de séjour des boues élevés obligatoire. Dans ce cas, une
perte des microorganismes est possible pendant les chocs hydrauliques,
donc le procédé est également très vulnérable.
o La complexité de l’écologie microbienne. En effet, chaque type de
microorganismes possède ses propres conditions optimales de
développement ne pouvant pas être satisfaites simultanément.
o La réduction du sulfate en H2S qui peut provoquer une production d’odeurs,
la production de mercaptans s’accroissant également.
o La sensibilité aux variations environnementales et la forte dépendance du
pH.
o La mise en équilibre du procédé qui est relativement longue [46] [47].

3-8- Conclusion partielle


Ce troisième chapitre a développé plus d’informations sur le biogaz. Ce gaz est déjà
apparu au Xe siècle avant J.-C., mais ce n’était qu’à partir du XVIIe siècle que les
scientifiques ont commencé à s’intéresser au processus de méthanisation. Il est exploité
dans de nombreux pays dans le monde. Cependant, les modes d’exploitations peuvent êtres
différents. A Madagascar, la première installation continue de biogaz est apparue en 1949,
et depuis, la filière du biogaz n’a pas cessé de se développer.
Le biogaz est surtout composé de méthane et de dioxyde de carbone, mais le
dihydrogène, le dioxygène, le monoxyde de carbone, le diazote, la vapeur d’eau et d’autres
gaz comme H2S, NH3, etc. existent aussi, mais en petite quantité. Le pouvoir calorifique du
biogaz dépend de la teneur en méthane qu’il contient, et la température adiabatique est
proportionnelle au pouvoir calorifique inférieure. On peut comparer le biogaz à d’autres
combustibles en matière énergétique. Ce gaz peut être valorisé en énergie thermique et
électrique. Il peut de même être employé comme carburant et on peut l’introduire dans les
réseaux de gaz naturel. Toutefois, les installations de biogaz ont des avantages et des
inconvénients.

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 43
A part la digestion anaérobie des drêches de brasserie, ce mémoire consiste
également à transformer le digestat obtenu en matière fertilisante. Cette transformation sera
alors l’objet du prochain chapitre.

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 44
Chapitre 4 : Valorisation du digestat par compostage en matière
fertilisante
4-1- Les caractéristiques et la composition du digestat brut
Comme nous avons mentionné dans les chapitres précédents, la méthanisation
produit de l’énergie renouvelable appelé « biogaz », et un résidu liquide ou pâteux appelé
« digestat ».
Le substrat frais qui a été introduit dans le digesteur contient des matières
organiques biodégradables (sucres, lipides, protéines, etc.), des matières organiques peu
biodégradables (lignine, protéines complexes, etc.) et des matières minérales (N, P, K,
oligoéléments). Le biogaz est issu de la dégradation de ces matières organiques facilement
biodégradables. Les composés plus complexes, comme la lignine, ne sont pas affectés par
la méthanisation et gardent leur potentiel d’humification. La méthanisation conserve aussi
les éléments qui ne font pas partie du biogaz, comme l’azote. Une partie de l’azote
organique est minéralisée sous forme d’ammonium NH4+ pendant la digestion.
Le digestat brut contient alors la partie de la matière organique qui n’a pas été
transformée en biogaz, les matières minérales dissoutes (N, P, K, oligoéléments), les
micro-organismes et l’eau. Cette composition du digestat peut varier en fonction des
substrats introduits dans le digesteur, des procédés de digestion appliqués et des post-
traitements effectués [48] [49].
Les caractéristiques du digestat dépendent de son substrat d’origine. Mais
généralement, par rapport à ce substrat, celui-ci est plus basique, possédant un rapport C/N
plus faible et un taux de matière sèche plus faible. Le taux d’azote minéralisé (sous forme
NH4+) dans le digestat est également plus élevé par rapport au taux d’azote (N) total [48].

4-2- Les valeurs fertilisantes du digestat brut


Le procédé de méthanisation n’altère pas la composition chimique des éléments
fertilisants présents dans le substrat. Il modifie par contre leur forme et leur disponibilité
pour les plantes.
Deux effets possibles peuvent être engendrés par le digestat si on l’utilise dans
l’alimentation des cultures :
1- Un effet à court terme, au cours duquel une partie de l’azote minérale et de l’azote
organique minéralisé est absorbée rapidement par la culture réceptrice.

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 45
2- Un effet à long terme, au cours duquel l’azote organique stocké dans le sol est
modifié et minéralisé progressivement.
Puisqu’au cours de la digestion, une partie de l’azote organique a été minéralisée, la
teneur en azote assimilable du digestat est alors plus élevée qu’un fumier ou un lisier.
Concernant le Phosphore, sa biodisponibilité dans le digestat est variable selon les
études. Mais à long terme, elle est équivalente à celle d’une forme minérale soluble.
Enfin, la méthanisation n’a pas d’impact sur la biodisponibilité du potassium pour les
plantes, le potassium étant majoritairement soluble dans le digestat [48].

4-3- L’utilisation du digestat dans l’agriculture


Le digestat est destiné à être épandu sur les sols agricoles. Effectivement, il peut
avoir un double rôle dans l’alimentation des cultures. En premier lieu, il peut améliorer les
sols en modifiant leurs propriétés physiques, chimiques ou biologiques. Dans ce cas, on
peut dire qu’il a une propriété « amendante ». En second lieu, il est capable d’apporter des
éléments nutritifs pour les plantes. Dans ce cas, on parle de sa propriété « fertilisante ».
Mais, cet épandage du digestat doit respecter deux types de réglementation : la
première, qui s’applique au producteur du digestat, concerne la qualité et la sécurité du
digestat. Et la seconde a trait aux conditions d’épandage du digestat sur les exploitations
agricoles, et variant selon les zones [48].
Des traitements ultérieurs (post-traitements) du digestat s’avèrent alors nécessaires
afin de suivre ces règlementations strictes. En effet, un exemple concret est la nécessité de
traitement du digestat dans les zones à forte pression environnementale, afin de limiter les
excédents en azote et en phosphore [50].
Le post-traitement le plus courant après la digestion anaérobie est la séparation des
phases solide et liquide du digestat. Cette étape facilite la gestion du digestat. De plus, elle
est souvent indispensable pour pouvoir appliquer d’autres techniques de valorisation du
digestat (compostage, filtration membranaire, stripping de l’azote, etc.). Elle peut être
effectuée à l’aide d’une vis compacteuse, d’une décanteuse centrifugeuse ou d’un tamis
rotatif. Cette séparation permet généralement d’obtenir les deux produits suivants:

- La phase liquide, qui est riche en azote minéralisé, pouvant être utilisé comme
fertilisant azoté ou être utilisé dans d’autres procédés comme le stripping,
l’évaporation, etc.

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 46
- La phase solide, contenant la matière organique résiduelle, qui selon les cas, peut
aussi refermer la majorité du phosphore. Cette phase est habituellement utilisée
comme fertilisant ou amendement organique pour le sol. Pour avoir un
amendement qui suit les normes et les règlementations, cette fraction solide est
souvent compostée [50] [51].

4-4- Relation entre la méthanisation et le compostage


La méthanisation modifie profondément la matière organique. Et dans le cas où
l’on a l’intention de poursuivre la méthanisation par un compostage, la fermentation
méthanique n’est pas un simple prétraitement. En réalité, elle ressemble à la phase active
du compostage, où le carbone est transformé en CO2 avec production de chaleur. Sauf que
dans la méthanisation il se transforme aussi en méthane CH4. Après cette phase active, il
reste un produit résiduel qui doit être stabilisé par une phase de maturation. La
méthanisation ne permet pas l’humification de la matière organique, qui nécessite des
conditions spécifiques de température et d’aération. Un post-traitement aérobie, peut donc
être nécessaire pour valoriser le digestat [49].

4-5- Le compostage
4-5-1- Définition et Objectifs du compostage
Le compostage est un processus de fermentation aérobie qui décompose les
matières organiques en facilitant et en accélérant leur oxydation. Cette fermentation dégage
de l’eau, de dioxyde de carbone et de la chaleur. C’est un processus naturel dont les acteurs
principaux sont les microorganismes, l'air et l'eau. Ces microorganismes préexistent dans
les déchets, et ils secrètent des enzymes qui sont responsables de la fermentation aérobie.
Dès que les conditions sont favorables à leur activité, ils agissent rapidement et
spontanément.

Si le compostage est bien mené, on obtient une matière organique complexe et


humifiable appelé « compost », contenant du carbone et de l'azote. Ce produit est sec,
désodorisé, stabilisé, et hygiénisé car les micro-organismes pathogènes ont été détruits.

Le compostage a deux principaux objectifs :

 Premièrement, la valorisation des déchets organiques tels que les résidus de culture,
les déjections animales, les déchets ménagers, etc. Effectivement, ces déchets
organiques renferment des produits simples et facilement fermentescibles, qui sont

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 47
plus ou moins accessibles aux microorganismes, comme les sucres, l’amidon, les
graisses, les protéines, etc., mais également des hémicelluloses, celluloses, et
lignines dont la décomposition biologique est plus lente. La dégradation de ces
substances fermentescibles rend les déchets plus stables, réduisant leur quantité et
permettant de maîtriser les odeurs et les nuisances.
 Deuxièmement, l’obtention d’un amendement organique ou d’un support de
culture, dont la qualité satisfait les attentes des utilisateurs, suivant également les
normes et les règlementations [52].

4-5-2- Les différents types de compostage


Il existe 2 types de compostage : anaérobie et aérobie.
 Le compostage anaérobie se fait sans ou avec très peu d’oxygène. Il produit des
substances malodorantes et toxiques pour les plantes, comme le méthane ou le
sulfure d’hydrogène. Il est lent et ne détruit pas les mauvaises herbes ni les germes
pathogènes.
 Le compostage aérobie se fait avec beaucoup d’oxygène. Il produit du gaz
carbonique, de l’eau, de la chaleur et de l’humus, qui est une matière organique
stable et bénéfique pour les plantes. Il est rapide et élimine les mauvaises herbes et
les germes pathogènes grâce à la chaleur. Le compostage aérobie est plus efficace
et plus utile que le compostage anaérobie pour l’agriculture [53].

Il existe également un autre type de compostage appelé « vermicompostage » qui utilise


des vers de terre pour digérer la matière organique [53].

4-5-3- Les principes et les facteurs influençant le compostage


Il existe plusieurs façons de faire du compost. On peut former des petits tas avec les
déchets organiques, les déposer progressivement dans une fosse, dans une cabane avec un
toit ou encore dans une enceinte fermée. Mais quel que soit le lieu, il faut toujours
respecter les principes du compostage. Les conditions favorables doivent alors être créées
dans le milieu pour que les microorganismes puissent assurer la transformation des
matières organiques par compostage. Ces conditions favorables implique l’aération,
l’humidité, le rapport C/N, la microbiologie, la température, la valeur du pH, la teneur en
lignine, la teneur en polyphénols et les aspects biochimiques [54].

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 48
4-5-3-1- L’aération
Pour que le compostage aérobie se déroule bien, il faut beaucoup d'oxygène, surtout
au début. Effectivement, puisque les matières organiques des déchets ont besoin
d’oxydation durant ce compostage, le taux d’oxygène lacunaire étant alors très important.
Cet oxygène provient de l'aération qui est alors un élément essentiel du compostage
aérobie également. Si l'oxygène manque, les micro-organismes aérobies ne peuvent pas se
développer et la décomposition est plus lente. De plus, l'aération empêche la fermentation
anaérobie et la production d’odeurs nauséabondes. Elle permet également de réduire la
chaleur excessive et d'évacuer la vapeur d'eau et les autres gaz s'accumulant dans le tas.
Dans les régions chaudes, cette évacuation de la chaleur est indispensable pour diminuer
les risques de surchauffe et d'incendie. Pour avoir une bonne aération, il faut ajuster la
qualité physique des matériaux (c'est-à-dire, la taille des particules et l’humidité), la
dimension du tas et la ventilation. Il faut également remuer souvent le mélange [52] [53].

4-5-3-2- L’humidité
Le choix des matériaux de départ influence fortement le taux d’humidité du
compost. En réalité, la teneur en eau des matériaux formant le tas au début du compostage
doit être comprise entre 50 et 60 % afin de favoriser l’activité microbiologique. Tout au
long du processus de compostage, l’humidité doit être entre 40 et 65%. Le maintien de ce
taux d’humidité est important pendant les premières semaines du compostage, car il y a des
pertes hydriques dues à la vapeur d’eau. En plus, même s’il y a de l’eau qui se forme
pendant la réaction d’oxydation de la matière, la quantité de cette eau est négligeable, par
rapport à celle de l’eau évaporée par le dégagement de chaleur.
Si le compost est trop sec, les micro-organismes manquent d’eau et le compostage
est ralenti. Il faut alors ajuster la teneur en eau en sélectionnant convenablement les
composants à composter et en les arrosant si besoin au début et pendant le compostage.
Effectivement, un simple apport d’eau peut relancer le processus de décomposition. Par
contre, si le taux d’humidité dépasse 65 %, les conditions anaérobies défavorables se
créent. En outre, la matière en décomposition devient asphyxiée et l’air ne circule plus
correctement. Le retournement du compost et l’ajout de matériaux secs sont des solutions
pour remédier à ce problème. Cependant, il ne faut pas arroser le compost vers la fin du
processus, car cela n’apporte pas de bénéfice et augmente le coût de transport [52] [53]
[55].

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 49
4-5-3-3- Le rapport C/N
Tout d’abord, il faut noter que les éléments nutritifs essentiels pour les micro-
organismes sont le carbone (C), l’azote (N), le phosphore (P) et le potassium (K). Le
rapport C/N est un facteur déterminant important pour la croissance des micro-organismes.
Pendant le compostage, les micro-organismes consomment 15 à 30 fois plus de carbone
organique que d’azote. Au début, le rapport C/N doit alors être compris entre 30 à 35, mais
des valeurs entre 20 et 40 sont également acceptables. Si le rapport C/N dépasse 40, les
micro-organismes se développent moins vite, ce qui allonge la durée du compostage. Si le
rapport C/N est inférieur à 20, l’azote n’est pas utilisé de façon optimale et il peut être
perdu sous forme de gaz (ammoniac ou oxyde nitreux) dans l’air, ce qui peut causer des
nuisances olfactives. Le compost obtenu après le processus de compostage doit avoir un
rapport C/N final inférieur à 15, le ratio optimal étant entre 10 et 15 [52] [53].

4-5-3-4- La Microbiologie
Le compostage est une transformation biologique de la matière organique résultant
de l’activité de différents groupes de micro-organismes. Les microorganismes concernés
dans cette transformation sont les bactéries (comme les Actinomycètes) typiquement
unicellulaires avec une taille de 0,5 à 3 µm, les champignons (Trichoderma sp ; Pleurotus
sp, etc.), les algues, les protozoaires et d’autres organismes du sol tels que les lombrics.
Ces êtres vivants s’adaptent à des conditions variables de température, d’humidité et
d’aération. Les matières organiques présentes sont surtout consommées et dégradées par
les bactéries au cours du processus de compostage, car elles sont plus nombreuses par
rapport aux autres microorganismes. L’activité de ces organismes est faible au début du
processus de compostage. C’est au cours du dernier stade qu’ils deviennent plus actifs et
efficaces.

Selon leur température optimale de croissance, on peut classer les microorganismes en


trois catégories :
- Les psychrophiles : qui agissent à basse température (inferieure à 20°C)
- Les mésophiles : qui sont les plus nombreux dans l’environnement. Leur
température optimale se situe entre 20 et 45°C.
- Les thermophiles : dont la température optimale se situe au-delà de 45°C, ou vers
50 à 60°C. La température maximale de croissance peut atteindre jusqu’à 85°C.
Ces microorganismes sont peu nombreux dans l’environnement [54] [56].

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 50
4-5-3-5- La température
Parmi les types de micro-organisme cités dans le paragraphe précédent, la gamme
mésophile et la gamme thermophile sont impliquées dans le processus de compostage.
Effectivement, les microorganismes mésophiles agissent au cours de la phase
initiale, nécessitant une température optimale de 20 à 45°C. Tandis qu’au cours de la suite
du processus, la température doit être comprise entre 50 et 70°C pour que les organismes
thermophiles puissent agir. Dans le compostage aérobie, les températures élevées prouvent
qu’il existe une forte activité microbienne. Elles permettent aussi d’éliminer les pathogènes
(à partir de 55°C) et les graines d’adventices (à partir de 62°C). Afin de bien contrôler la
température, il faut retourner et aérer le compost [53].

4-5-3-6- La valeur du pH
Le processus de compostage dépend également de la valeur du pH, car elle
influence les conditions de vie des microorganismes responsables de la fermentation.
Malgré le fait qu’on peut utiliser des substances ayant une large gamme de pH à cause de
l’existence d’un effet tampon naturel au cours du compostage, le pH maximum doit être
égal à 8. La valeur optimale étant entre 6 et 8. Plus le pH est élevé, plus il y a de
l’ammoniac qui se forme et qui peut s’échapper dans l’atmosphère [53].

4-5-3-7- La teneur en lignine


La lignine, qui est surtout présente sur les parois des cellules végétales, est une
substance très difficile à dégrader par les micro-organismes. La teneur en lignine est
également un des facteurs qui peuvent influencer le compostage. En effet, la lignine
empêche l’accès aux autres éléments des parois cellulaires, ce qui diminue le rapport réel
C/N à une valeur inférieure aux valeurs favorables. Par contre, elle peut augmenter la
porosité du compost, ce qui favorise l’aération et la décomposition des matières
organiques.
Ainsi, l’ajout de champignons capables de détruire la lignine peut parfois être
avantageux, étant donné que cela va accentuer le nombre de carbone disponible, rendre le
processus de compostage plus rapide et diminuer les pertes d’azote. Mais cet ajout de
champignon peut aussi augmenter le rapport réel C/N et réduire la porosité du compost,
rallongeant ainsi le temps de compostage [53].

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 51
4-5- 3-8- La teneur en polyphénols
Les tanins hydrolysables et condensés constituent les polyphénols qui ont des effets
sur la décomposition de la matière organique.
D’une part, les liaisons des tannins condensés insolubles avec les parois cellulaires
et les protéines diminuent leur accessibilité par les micro-organismes décomposeurs.
D’autre part, la présence de tannins solubles (qu’ils soient condensés ou hydrolysables),
qui interagissent avec les protéines, diminue aussi la dégradation de ces dernières par les
micro-organismes. Ce qui réduit les émissions d’azote.
Par conséquent, les polyphénols et la lignine sont souvent considérés comme des
facteurs importants inhibant la décomposition. En 2001, des chercheurs ont proposé
d’utiliser les concentrations de ces deux substances pour classer les matières organiques,
dans l’intention d’améliorer l’utilisation des ressources naturelles dans le compostage et les
autres systèmes agricoles [53].

4-5-3-9- Les aspects biochimiques


Un compost est composé par des substances non-humiques et des substances
humiques. D’une part, les résidus de constituants organiques végétaux, animaux,
microbiens ou molécules rencontrées dans les boues et les déchets verts sont les sources
des substances non-humiques. Ces résidus constituent la matière organique du compost. Ils
renferment des glucides, de la cellulose, de l’hémicelluloses, de la lignine, des lipides, des
protéines, des tanins, de la cutine ou de la subérine, etc. D’autre part, les substances
humiques n’ont pas de définition précise. Ce sont des substances organiques plus stables
qui ont des responsabilités importantes durant le compostage et divers processus dans le
sol. En effet, elles exercent des rôles au cours de la décomposition du sol, la nutrition des
plantes, la stabilisation du pH, la mobilité et la toxicité d'élément trace métallique, la
disponibilité biologique, etc. [56].

4-5-4- Les différentes phases du processus de compostage


Le processus de compostage se déroule en quatre étapes, liées à l’évolution de
différentes populations de micro-organismes, principalement des bactéries, des
champignons et des actinomycètes.
 La première étape est la phase mésophile, où les bactéries dégradent la matière
organique fraîche et produisent de la chaleur.

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 52
 La deuxième étape est la phase thermophile, où la température augmente et favorise
le développement d’autres bactéries plus résistantes à la chaleur.

Ces deux phases correspondent à la décomposition ou à la fermentation de la matière


organique, qui donne naissance à un compost jeune ou préhumifié.

 La troisième étape est la phase de refroidissement, où la température diminue et


permet l’apparition de champignons et d’actinomycètes, qui vont continuer à
dégrader la matière organique et à former des composés humiques.
 La quatrième étape est la phase de maturation, où les composés humiques sont
synthétisés et stabilisés, donnant un compost mûr ou humifié.

Ces deux dernières phases correspondent à la maturation ou à l’humification de la


matière organique, qui transforme le compost jeune en un compost riche en humus
[57].
La figure suivante illustre ces différentes étapes du compostage :

Figure 4.01 : Les différentes phases du compostage.


Source : PAILLAT, 2007

Mais il faut également noter que le compostage implique aussi des processus
physiques, comme la convection et la diffusion.
D’une part, la chaleur générée par la dégradation aérobie des matières organiques
provoque la convection. La circulation des gaz dépend de la forme du tas (c’est-à-dire
sa taille et son poids) et de la porosité qui permet le passage de l’air. Elle varie selon
les matériaux utilisés pour le compostage. Quand le tas a une forme d’andain (section
trapézoïdale), l’air entre par les côtés et sort par le haut du tas. Cela crée un effet de

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 53
cheminée qui fait que le centre et le sommet du tas sont plus chauds que les bords et le
fond [53]. La figure ci-après illustre ce flux d’air au sein d’un tas en forme d’andain :

Figure 4.02 : Flux d’air au sein d’un tas en forme d’andain


Source : PAILLAT, 2007

D’autre part, dans les phases gazeuses et liquides, les différences de concentration
en gaz ou en ions entraînent la diffusion. Elles sont liées aux conditions variables de
transformation des matières organiques selon l’endroit, dans le tas ou dans les agrégats
[57].

4-5-5- Les matériaux et matériels nécessaires pour l’élaboration


du compost
On peut distinguer deux catégories de matières qui peuvent être utilisées dans la
fabrication de compost. En premier lieu, il y a les matières organiques à forte teneur en
carbone, comme :
 La paille et la balle de riz,
 Les foins et les feuilles mortes,
 Les ordures ménagères,
 Les cendres, la sciure et les copeaux de bois
 Le papier, le carton, le coton et la laine

En second lieu, il existe aussi les matières organiques à forte teneur en azote, comme :
 Les déjections animales (bovins, ovins, caprins, asines, poulets, pintades)
 Les feuilles fraîches (feuilles coupées sur les haies-vives, herbes fauchées,
feuilles provenant de l’élagage des arbres)
 Les restes des fruits et légumes
Concernant les matériels, ceux qui sont les plus utilisés sont :
 Une pelle et une pioche pour creuser les fosses
 Une machine à découpe ou une machette pour débiter les matériaux

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 Une charrette ou une brouette pour collecter et transporter les matériaux et l’eau)
 Un bidon ou un arrosoir ou un seau pour arroser le compost
 Une bâche en plastique ou sacs de céréales pour couvrir le compost [54].

4-5-6- Les avantages et les inconvénients du compostage


Le compostage des matières organiques peut générer de nombreux avantages,
comme :
 La réduction et l’élimination des agents pathogènes
 La réduction du volume et de la teneur en eau
 La diminution du nombre de graines de mauvaises herbes viables
 La destruction d’une partie des larves des insectes, éliminant alors les
problèmes de mouches
 La réduction des odeurs, surtout les mauvaises odeurs dégagées par les
déchets organiques et les déjections animales
 La stabilisation des constituants organiques et des éléments nutritifs
 La production d’un amendement fertilisant le sol [58].

Mais, le compostage est également pourvu de risques et désavantages. D’abord, les


désavantages sont :
 Le besoin de contrôles stricts des différentes conditions comme la
température, l’aération etc. pour le bon déroulement du compostage et la
maîtrise des agents pathogènes.
 La durée du processus généralement très longue
 Les investissements sont parfois trop coûteux
 Les charges de travail sont nombreuses [58].

Il y a aussi les risques biologiques. En effet, les travailleurs du secteur du


compostage risquent d’avoir des troubles respiratoires et des irritations des muqueuses.
Ces problèmes sont causés par les micro-organismes et les composés chimiques qu’ils
dégagent (par exemple, les endotoxines, les allergènes, etc.). Ils sont présents dans
l’atmosphère sous forme de micro-organismes aéroportés.
Les risques chimiques qui peuvent avoir lieu sont l’exposition à l’ammoniac et aux
poussières, les risques d’explosion liés au méthane et l’intoxication à l’hydrogène sulfuré
en cas d’existence d’une installation de méthanisation et d’une installation de compostage
en manque d’aération.

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 55
Le bruit provoqué par les opérations de broyage, criblage, chargement et
retournement, l’humidité et la chaleur, les vibrations ainsi que les odeurs peuvent aussi être
des sources de problèmes [59].

4- 6- Conclusion partielle
Dans ce mémoire, le digestat sera transformé en matière fertilisante. Effectivement,
ce second produit de la méthanisation a d’excellentes propriétés fertilisantes. On peut
même affirmer qu’il a la vocation d’être épandu sur les sols agricoles. Mais pour cela, il
faut des traitements comme la séparation des phases et le compostage pour que cet
épandage suive les normes et les règlementations. De plus, même si la méthanisation est
conforme à la phase active du compostage, le digestat a encore besoin d’un traitement
aérobie pour humifier la matière organique et pour le stabiliser, ce qui favorise également
la nécessité de le composter.
Ce quatrième chapitre a défini le compostage comme étant une fermentation
aérobie engendrant la formation d’une matière organique complexe et humifiable qu’on
appelle compost. Ce procédé permet de valoriser les déchets organiques et de maîtriser
leurs odeurs et les nuisances qu’ils peuvent générer. Il permet également d’obtenir un
amendement organique de bonne qualité.
Le compostage peut être aérobie ou anaérobie. Pour un bon déroulement de ce
procédé, plusieurs facteurs doivent être pris en compte, comme l’aération, l’humidité, le
rapport C/N, la microbiologie, la température, la valeur du pH, la teneur en lignine, la
teneur en polyphénols et les aspects biochimiques.
Le processus de compostage comporte 4 phases qui sont : la phase mésophile, la
phase thermophile, la phase de refroidissement et la phase de maturation. Pour faire du
compost, on a besoin de matières organiques à forte teneur en carbone et des matières
organiques à forte teneur en azote. Les matériels sont divers, par exemple : une pelle, une
machette, une brouette, un bidon, une bâche, etc. Comme la méthanisation, le compostage
possède aussi des avantages et des inconvénients.

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 56
Deuxième Partie : ÉTUDES
EXPÉRIMENTALES
Chapitre 5 : Caractérisation des substrats
Dans cette étude, le principal substrat étudié est la drêche de brasserie, à laquelle de la
bouse de zébu a été ajoutée comme cosubstrat, afin d’optimiser la production d’énergie à
partir du substrat principal. Les analyses préliminaires de ces substrats ont été effectuées dans
le laboratoire pédologique de FOFIFA situé à la rue Rasamimanana Fiadanana.

5-1- Origines des substrats utilisés


5-1-1- La drêche de brasserie

Tout d’abord, il faut noter que la drêche de brasserie utilisée au cours de cette étude
provient de la brasserie de l’Usine STAR d’Antsirabe. Nous avons présenté dans la figure
1.01, le processus de fabrication de la Bière THB de l’Usine STAR Madagascar, la drêche
étant obtenue après la filtration effectuée à la suite de l’empâtage.
La veille de chaque chargement dans le digesteur, la drêche est alors prélevée au
niveau du filtre. Il s’agit du résidu solide de la filtration. Le filtrat étant le liquide transformé
en bière. Après chaque prélèvement, la drêche est emballée dans des sacs en polypropylène,
puis transportée à Antananarivo par taxi-brousse.

Photo 5.01 : Prélèvement de la drêche sur le filtre dans la brasserie STAR d’Antsirabe
Source : Employé de la brasserie STAR Antsirabe

5-1-2- La bouse de zébu


La bouse de zébu contient toutes les bactéries propices à la méthanisation. De plus,
elle est riche en matières organiques et en nutriments [27]. C’est pour cela qu’elle est souvent
utilisée comme cosubstrat ou ferment dans la production de biogaz.
La bouse de zébu que nous avons utilisée au cours de cette étude a été récupérée chez
un éleveur de zébu situé à Ankadivory Ambohimangakely. Les récupérations ont été

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 57
accomplies une heure avant le chargement. Nous avons donc utilisé de la bouse de zébu
fraiche tout au long de l’expérimentation.

5-2- Matériels
5-2-1- Les matières premières et les réactifs
Au cours des analyses préliminaires, les matières premières et les réactifs que
nous avons utilisés sont :
 466g de drêche de brasserie
 134g de bouse de zébu
 150 ml d’acide sulfurique (H2SO4) concentré
 Acide sulfurique (H2SO4) 0,01N
 1,2g de sulfate de cuivre (CuSO4)
 5.25g de sulfate de Potassium (K2SO4)
 30ml de soude (NaOH) 10N
 Acide borique
 Eau distillée
 60 ml de bichromate de potassium (K2Cr2O7) 1N
 Sulfate ferreux 0,5N
 Ortho-phénantroline
 15ml d’acide nitrique (HNO3) 2N
 6ml d’acide chlorhydrique (HCl) concentré

5-2-2- Les matériels de laboratoire


Les matériels de laboratoire utilisés au cours de ces analyses sont présentés et illustrés par les
photos ci-dessous :

Photo 5.02 : Balance de Photo 5.03 : Etuve Photo 5.04 : Mortier et Pilon
marque KERN Source : Auteur Source : Auteur
Source : Auteur

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 58
Photo 5.05 : Tamis Photo 5.06 : Balance de Précision Photo 5.07 : Tube de digestion
Source : Auteur Source : Auteur Source : [Link]

Photo 5.08 : Appareil de Photo 5.09 : Fiole jaugée Photo 5.10 : Pipette graduée
minéralisation Source : [Link] Source : [Link]
Source : Auteur

Photo 5.11 : pH mètre de Photo 5.12 : Erlenmeyer Photo 5.13 : Burette graduée et
paillasse marque OHAUS Source : Auteur agitateur magnétique
Source : Auteur Source : Auteur

Photo 5.14 : Distillateur Photo 5.15 : Creuset en Photo 5.16 : Four à Moufle
Source : Auteur porcelaine Source : Auteur
Source : Auteur

Photo 5.17 : Papier filtre Photo 5.18 : Spectrophotomètre Photo 5.19 : Spectrophotomètre
Source : Auteur UV-visible à flamme
Source : Auteur Source : Auteur

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 59
5-3- Méthodes
5-3-1- Humidité (H%)
5-3-1-1- Les différentes étapes

- Pesage de la masse de l’échantillon de substrat frais


- Etuvage de l’échantillon à 70°C pendant 48 heures
- Pesage de la masse de l’échantillon sec

Photo 5.20 : Pesage de l’échantillon de substrat frais Photo 5.21 : Etuvage de l’échantillon
Source : Auteur Source : Auteur

5-3-1-2- Calcul
H (%) = (Masse frais – Masse sec)*100/ Masse frais Formule 5.01

Avec :
Masse frais= masse de l’échantillon de substrat frais
Masse sec= masse de l’échantillon sec

5-3-2- Teneur en matières sèches (M.S %)


Le taux de matière sèche est obtenu par la formule suivante :
M.S (%) = 100 - H (%) Formule 5.02

5-3-3- Azote (N %)
5-3-3-1- Les différentes étapes
- Broyer puis tamiser l’échantillon
- Peser exactement 0,1 g d’échantillon puis le placer dans un tube de digestion pour
plante ou compost
- Ajouter 10 ml d’acide sulfurique concentré, avec 0,4 g de Sulfate de Cuivre et 1,75 g
de Sulfate de Potassium de minéralisation
- Placer le tout sur l’appareil de minéralisation à 430°C et continuer le chauffage
pendant une heure.
- Refroidir

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 60
- Ajouter de l’eau dans le contenu du tube puis agiter
- Transférer l’ensemble dans une fiole jaugée de 50 ml puis ajuster
- Faire l’extraction de la façon suivante :
 Pipeter 10 ml de la solution préparée, et la mettre dans le distillateur
 Ajouter 10 ml de soude (10N)
 Capter la vapeur dégagée avec une solution d’acide borique, continuer pendant
5 à 10 minutes
 Titrer avec une solution d’acide sulfurique (H2SO4) 0,01N
Ce processus d’extraction est illustré par les photos ci-après :

Photo 5.22 : Mélange Photo 5.23 : Pipetage de la Photo 5.24 : Capture de la


échantillon + réactifs dans une solution préparée vapeur dégagée avec une
fiole (Minéralisé et ajusté) Source : Auteur solution d’acide borique
Source : Auteur Source : Auteur

Photo 5.25 : Solution obtenue Photo 5.26 : Titrage avec Photo 5.27 : Solution
(Acide + Base) l’acide sulfurique 0,01N obtenue après titrage
Source : Auteur Source : Auteur Source : Auteur

5-3-3-2- Calcul

N (%) = Volume H2SO4 * 0,07 / Masse Echantillon Formule 5.03


Avec :
Volume H2SO4= Volume de l’acide sulfurique obtenu par le titrage

Masse Echantillon= Masse de l’échantillon qu’on a placé dans le tube de


digestion dans la deuxième étape (~0,1g)

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 61
5-3-4- pH

Pour avoir la valeur du pH, nous avons procédé comme suit :


- Peser 5 g de l’échantillon
- Ajouter 25 ml d’eau distillée
- Agiter l’ensemble pendant une minute à l’aide d’une spatule
- Laisser reposer pendant 30 minutes
- Mesurer le pH à l’aide du pH mètre

5-3-5- Carbone organique (C %)


5-3-5-1- Principes
Les carbones organiques sont oxydés par un excès d’une solution de bichromate de potassium
en milieu acide. L’excès sera ensuite déterminé à l’aide d’une solution de sulfate ferreux. Les
réactions correspondantes seront les suivantes :

 Oxydation du carbone organique :


C (org) ⇌ C+4 (CO2) + 4e- Equation 5.01
Cr2O72- + 14 H+ + 6e- ⇌ 2 Cr3+ + 7H2O Equation 5.02

 Titrage de l’excès du bichromate :

Fe 2+ ⇌ Fe3+ + e- Equation 5.03


Cr2O7 2- + 7H+ + 6e- ⇌ 2Cr3+ + 7 H2O Equation 5.04

5-3-5-2- L es différentes étapes

- Peser à peu près 0,5 g de l’échantillon. Le transférer dans un erlenmeyer de 250 ml


- Ajouter 10 ml de bichromate de potassium 1N et faire tournoyer l’erlenmeyer pour
faire disperser l’échantillon dans la solution
- Ajouter rapidement 20 ml de H2SO4 concentré. Tournoyer l’erlenmeyer puis agiter
vigoureusement pendant une minute.
- Laisser reposer pendant 30 minutes. Ajouter 200 ml d’eau distillée. Ajouter 4 gouttes
d’Ortho-phénantroline et titrer la solution avec le Sulfate ferreux 0,5N
- La fin de la réaction s’observe par le virage d’une coloration verte intense au rouge
violacé
- Faire un essai à blanc dans les mêmes conditions.

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 62
Photo 5.28 : Ajout du bichromate de Photo 5.29 : Fin du virage de
potassium coloration
Source : Auteur Source : Auteur

5-3-5-3- Calcul

C (%) = (Nox Vox - Nred Vred) * 0,39 / Masse Echantillon Formule 5.04
Avec :

Nox= Normalité du bichromate de potassium


Vox= Volume du bichromate de potassium
Nred= Normalité du sulfate ferreux
Vred= Volume du sulfate ferreux

5-3-5- Matières organiques (M.O %)


Le taux de la matière organique peut être obtenu par la formule suivante :

M.O (%) = C (%) * 1,72 Formule 5.05

5-3-6- Phosphore (P%), Potassium (K%), Sodium (Na%) et Calcium


(Ca%)

5-3-6-1- Préparation des échantillons


D’abords, les échantillons sont préparés comme suit :
- Séchage à 70°C pendant 48 heures
- Broyage, puis tamisage avec un tamis de 0,5 mm d’ouverture
- Séchage pendant une heure à 70°C
- Refroidissement

5-3-6-2- Calcination/ Extraction


- Peser 1 g de l’échantillon broyé dans un creuset en porcelaine
- Le mettre dans un four à moufle à 500 ± 50°C pendant 5 heures environ
- Refroidir l’échantillon quand la calcination est complète
- Ajouter quelques gouttes d’eau pour humidifier
- Ajouter 2 ml d’acide chlorhydrique concentré
- Faire évaporer sur une plaque chauffante pendant une heure

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 63
- Ajouter 5 ml d’acide nitrique 2N et bien mélanger pour dissoudre les résidus
- Filtrer à l’aide d’un papier filtre dans une fiole de 50 ml en utilisant de l’eau distillée
chaude
- Après refroidissement, ajouter de l’eau distillée froide jusqu’au trait de jauge
- Faire une série de dilution à 1/10, 1/100,1/1000. Ces solutions sont utilisées pour
déterminer les P (%), K(%), Na (%) et Ca (%)
- Déterminer à l’aide du spectrophotomètre d’absorption atomique UV-visible avec
longueur d’onde 660 nm la teneur en Phosphore et à l’aide du spectrophotomètre à
flamme la teneur en potassium, sodium et Calcium.

Voici quelques illustrations de ces étapes :

Photo 5.30 : Pesage de Photo 5.31 : Dépôt de Photo 5.32: Dépôt de


l’échantillon broyé dans un l’échantillon dans le four à l’échantillon dans le
creuset en porcelaine moufle spectrophotomètre UV-
Source : Auteur Source : Auteur visible
Source : Auteur

5-3-6-3- Calcul
X (%) = (Lecture * Dilution * 50)/10 000 Formule 5.06
Avec :

X= P ou K ou Na ou Ca
Lecture = la valeur affichée par le spectrophotomètre
Dilution = le taux de dilution effectuée

5-4- Les résultats


Nous avons analysé 3 échantillons. Le premier est constitué par 100% de drêche de
brasserie fraiche, le second par 83% de drêche fraiche et 17% de bouse de zébu fraiche, et le
dernier par 50% de drêche fraiche et 50% de bouse de zébu fraiche. Nous avons choisi ces
proportions, car ce sont celles que nous avons utilisées dans les essais de méthanisation.

Les résultats obtenus sont résumés dans le tableau ci-dessous :

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 64
Tableau 5.01 : Résultats des analyses préliminaires des échantillons de substrats
Paramètres Echantillon 1 : Echantillon 2 : 83% Drêche Echantillon 3 : 50%
100% Drêche +17% Bouse de zébu Drêche + 50 % Bouse de
zébu
H (%) 71,00 75,30 78,50
M.S (%) 29,00 24,70 21,50
N (%) 4,43 4,27 3,42
pH 4,38 4,89 5,73
C (%) 51,70 52,10 48,50
M.O (%) 88,93 89,61 83,42
C/N 11,67 12,20 14,18
P (%) 0,37 0,37 0,36
K (%) 0,04 0,09 0,23
Na (%) 0,09 - -
Source : Auteur
Nous pouvons interpréter ces résultats comme suit :
 Nous avons constaté que la bouse de zébu fraiche et plus humide que la drêche de
brasserie fraiche, car plus la proportion en bouse de zébu augmente, plus l’humidité
augmente aussi.
 Par contre, quand la proportion en bouse de zébu s’élève, le taux de matière sèche
diminue.
 La drêche est également plus riche en Azote que la bouse de zébu, étant donné que
plus la proportion en drêche décroit, plus le taux en Azote diminue aussi.
 Le substrat principal possède un pH acide, et lorsque nous ajoutons de la bouse de
zébu, le pH augmente.
 La teneur en carbone est à peu près les mêmes pour les 2 premiers échantillons. Par
contre, celle du troisième échantillon est un peu faible.
 Les échantillons sont très riches en matières organiques.
 Plus la quantité en bouse de zébu augmente, plus le rapport C/N s’accroît.
 La teneur en phosphore est à peu près la même pour les 3 échantillons.
 La bouse de zébu est très riche en potassium, et c’est pour cela que l’échantillon avec
une grande quantité en bouse de zébu a une teneur en potassium élevée.
 La teneur en Sodium de la drêche de brasserie est très faible.

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 65
5-5- Discussions
5-5-1- La teneur en matière sèche
Selon le paragraphe 2-6-1, les substrats doivent avoir une teneur en matière sèche
supérieure à 20% pour pouvoir effectuer une bonne méthanisation. L’histogramme suivant
montre une comparaison entre cette valeur limite minimale et les valeurs obtenues au cours
des analyses :

M.S (%)

29
24,7 21,5
20

Valeur limite Echantillon 1 Echantillon 2 Echantillon 3


minimale

Figure 5.01 : Teneurs en Matières Sèches des échantillons


Source : Auteur
A partir de la figure 5.01 ci-dessus, nous pouvons apercevoir que la teneur en matières
sèches des échantillons analysés est supérieure à la valeur limite minimale requise, qui est de
20%. Nous pouvons alors en conclure que la teneur en matière sèche des échantillons est
excellente pour la méthanisation.

5-5-2- La teneur en Matières organiques


D’après le paragraphe 2-6-1, la teneur en matière organique des substrats doit être aux
environs de 40% à 80 % pour qu’ils puissent être méthanisés. L’histogramme suivant présente
la teneur en matières organiques des échantillons :

M.O (%)

80 88,93 89,61 83,42

40

Teneur Teneur Echantillon 1 Echantillon 2 Echantillon 3


minimale maximale
requise requise

Figure 5.02 : Teneur en Matières Organiques des échantillons


Source : Auteur
Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 66
D’après la figure ci-dessus, nous pouvons observer que la teneur en Matières
organiques des échantillons est supérieure à 80%. Les échantillons sont alors très riches en
matières organiques. En conséquence, la production de biogaz peut être amplement favorisée.
Mais les risques d’acidification lors de la digestion anaérobie peuvent également s’élever. En
effet, lorsque la dégradation de la matière organique est excessive, elle peut produire des
acides organiques. Ce qui peut réduire le pH dans le digesteur et perturber le processus de
méthanisation. Afin de réussir le processus de méthanisation, celui-ci doit alors être surveillé
attentivement. Il est nécessaire d’ajuster les conditions de fonctionnement comme le pH, la
température et les taux de charge.

5-5-3- Le pH
Le paragraphe 2-6-2-3 mentionne que la digestion anaérobie se déroule avec un pH
situé entre 6 et 8, et la valeur optimale est 7,1. La figure suivante montre les valeurs de pH des
différents échantillons en comparaison avec les valeurs de pH requises pour effectuer une
méthanisation :

pH
8
7,1
5,73 6
4,89
4,38

Echantillon 1 Echantillon 2 Echantillon 3 pH minimal requis pH optimal pH maximal requis

Figure 5.03 : pH des échantillons


Source : Auteur

Nous pouvons remarquer sur ce graphe que le pH des 3 échantillons de substrat est,
pour tous, inférieur à 6, donc au-dessous du pH minimal requis pour réussir une
méthanisation. Par conséquent, il est probable que les activités des micro-organismes soient
inhibées par ce pH acide lors de la méthanisation, ce qui réduirait la production de biogaz. Il
sera alors nécessaire d’ajuster et de contrôler le pH des substrats, pour maintenir les
conditions optimales pour les micro-organismes.

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 67
5-5-4- Le rapport C/N
Le paragraphe 2-6-2-4 affirme que le rapport C/N optimal pour la production de
biogaz est de 30, et le rapport C/N du fumier frais de bovin, connu pour son excellent
potentiel méthanogène, est de 25. La figure ci-après montre les différences entre ces valeurs et
celles obtenues après les analyses :

35
30
30
25
25
20
14,18
15 11,67 12,2
10
5
0
Echantillon 1 Echantillon 2 Echantillon 3 Fumier de Valeur
Bovin optimale

Rapport C/N

Figure 5.04 : Rapports C/N des échantillons


Source : Auteur

Cette figure 5.04 nous montre que les rapports C/N des échantillons sont faibles. Ils
sont inférieurs à celui du fumier de bovin, et ils sont mêmes inférieurs à 20. Cela veut dire que
la teneur en azote des substrats est en excès, et la production d’ammoniac sera accrue lors de
la digestion anaérobie. Cela peut également inhiber le processus de méthanisation.

5-6- Conclusion partielle


Les analyses préliminaires effectuées sur les substrats ont été développées dans ce
cinquième chapitre. Il faut d’abord noter que le substrat principal étudié au cours de ce
mémoire est la drêche de brasserie fraiche provenant de l’Usine STAR d’Antsirabe. Nous
avons également utilisé la bouse de zébu fraiche, venant d’un éleveur de zébu sis à
Ankadivory Ambohimangakely, comme cosubstrat.
Etant encadré par le personnel du laboratoire pédologique de FOFIFA situé dans la rue
Rasamimanana, à Fiadanana, ces analyses des substrats ont été réalisées au sein de ce
laboratoire. Les réactifs et les matériels de laboratoire utilisés au cours de ces analyses ont de
même appartenu à ce laboratoire. Les méthodes appliquées ont aussi été celles mises en œuvre
par ce laboratoire, et ce, à chaque fois que les membres du personnel du laboratoire examinent
un échantillon de matière organique ou de compost.

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 68
Les résultats des analyses ont montré que la teneur en matière sèche de ces substrats
est idéale pour une méthanisation. Ils sont très riches en matières organiques, favorisant la
méthanisation, mais entrainant également la nécessité de surveillance attentive des conditions
de fonctionnement comme le pH, la température et le taux de charge. Les substrats possèdent
un pH acide qui peut inhiber la production de biogaz. Un ajustement et un contrôle du pH sont
alors indispensables pour réussir la méthanisation. Et enfin, les rapports C/N des substrats
sont très faibles, augmentant ainsi les risques de production accrue d’ammoniac lors de la
digestion anaérobie.
Les études expérimentales de méthanisation effectuées tout au long de ce mémoire ont
été inspirées de ces caractéristiques des substrats que nous avons étudiées dans ce chapitre. Le
chapitre suivant exposera et développera alors les essais de méthanisation.

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 69
Chapitre 6 : La méthanisation des drêches de brasserie
Les essais de méthanisation des substrats ont été effectués au sein du Département
énergétique du Centre National de Recherches Industrielles et Technologiques (C.N.R.I.T) à
partir du 11 janvier 2023 jusqu’au 21 septembre 2023. Les expériences de méthanisation ont
été réalisées sous l’encadrement des chercheurs de ce département. Une présentation détaillée
de ce Centre sera exposée dans l’annexe 1 de ce mémoire.

6-1- Les matériels utilisés lors des essais de méthanisation


6-1-1- Les matières premières
Les photos suivantes présentent et illustrent les matières premières utilisées aux cours des
différents essais :

Photo 6.01 : Drêche de Brasserie Photo 6.02 : Bouse de zébu Photo 6.03 : Eau du
fraiche fraiche robinet
Source : Auteur Source : Auteur Source : Auteur

Photo 6.04 : Paille de riz découpée Photo 6.05 : Fleur de Chaux Photo 6.06 : Solution
Source : Auteur Source : Auteur de Soude à 40%
Source : Auteur

6-1-2- Les matériels de laboratoire


Les matériels de laboratoire utilisés au cours des essais sont ceux du Laboratoire du
Département énergétique du C.N.R.I.T. Le tableau suivant décrit ces divers matériels avec
leurs caractéristiques et leurs rôles :

Tableau 6.01 : Les matériels de laboratoire utilisés durant les essais de méthanisation
Nom du Photo Caractéristique(s) Rôle(s)
matériel
Balance de  Capacité de Pesage les matières
cuisine SCA- lecture : 1g premières, les réactifs et les
301 jusqu’à 7kg résidus.
 Taille : 24 x 16,5
x 3,5 cm
Photo 6.07 : Balance de
cuisine SCA-301
Source : Auteur
Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 70
Digesteur de  Bocal en verre Récipient contenant les
laboratoire  Capacité : 5L matières organiques à
dégrader par le processus de
méthanisation.

Photo 6.08 : Digesteur de


laboratoire
Source : Auteur
Gazomètre  Cylindre vertical  Récupère le gaz
en Plexiglas provenant du
transparent digesteur. Au début
 Gradué de haut de l’expérience, il
vers le bas est rempli d’eau
 Diamètre : 13,5 salée pour réduire la
cm solubilité du gaz
 Hauteur : 30 cm dans l’eau.
 Volume :  La graduation
Photo 6.09 : Gazomètre 4294,16 cm3 permet de mesurer
le niveau de gaz
Source : Auteur
obtenu.
Bac de  Bac  L’ouverture en
récupération parallélépipédiq dessous permet de
ue en plastique se communiquer
 Muni d’une aux gazomètres
ouverture en comme le système
dessous de vase
 Longueur : 56 communicante
Photo 6.10 : Bac de cm  Le bac permet de
récupération  Largeur : 37 cm récupérer l’eau
Source : Auteur
 Hauteur : 21 rejetée par le
cm gazomètre
 Volume : 43,5L
Tuyau de  Longueur  Assure
conduite dépendant des l’acheminement du
distances biogaz produit
Gazomètre – depuis le digesteur
Digesteur et vers le gazomètre et
Photo 6.11 : Tuyau de Gazomètre –bac celui de l’eau du
conduite de récupération gazomètre vers le
Source : Auteur bac de récupération.
Bac  Bac Contient l’eau chauffée et les
d’immersion parallélépipédiq digesteurs pour leur bain
ue en fibre de marie.
verre renforcée
Photo 6.12 : Bac  Longueur :
d’immersion 72cm
Source : Auteur  Largeur : 39cm
 Hauteur 29cm
 Volume : 81,4L
Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 71
Sonde  Type K Mesure la température du
thermocoupl  Capacité : -5°C à bain-marie
e 900°C

Photo 6.13 : Sonde


thermocouple
Source : Auteur
Résistance  Puissance : Assure le chauffage de l’eau
chauffante 1500W du bac d’immersion.
 Tension en
courant
alternatif : 220V

Photo 6.14 : Résistance


chauffante
Source : Auteur
Régulateur  Valeur Permet de maintenir la
de consignée : température requise pour
température 37°C l’évolution microbienne au
 Minimum : 34°C cours de la fermentation.

Photo 6.15 : Régulateur  Maximum :


de température 39,8°C
Source : Auteur
pH-mètre  Mesure le pH de Pour mesurer le pH des
0 à 14 substrats et du digestat.
 Précision : ±0,01

Photo 6.16 : pH mètre


Source : Auteur
Bécher  Volume : 100ml Contient la solution dont le
pH va être mesuré.

Photo 6.17 : Bécher


Source : Auteur
Entonnoir  Métallique Pour faciliter le
transvasement dans le
digesteur

Photo 6.18 : Entonnoir


Source : Auteur
Source : Auteur

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 72
6-1-3- Les autres matériels
Le tableau suivant affiche les autres matériels utilisés au cours des expérimentations,
mais n’appartenant pas au Laboratoire du C.N.R.I.T :
Tableau 6.02 : Les autres matériels utilisés durant les essais de méthanisation
Nom du matériel Photo Rôle
Fiche de suivi de Permet de faire le suivi des
production et Stylo paramètres (pH,
température) et le volume
de gaz produit par jour.

Photo 6.19 : Fiche de suivi de production


Source : Auteur
Briquet et petits bois Pour faire le test
de chauffe d’inflammabilité du gaz

Photo 6.20 : Briquet et petit bois de chauffe


Source : Auteur
Mixeur de cuisine Pour broyer et bien
mélanger le substrat

Photo 6.21 : Mixeur de cuisine


Source : Auteur
Seringue 10 ml Pour verser la soude dans le
digesteur

Photo 6.22 : Seringue


Source : Auteur
Source : Auteur

La photo ci-dessous montre une vue d’ensemble du dispositif expérimental lorsqu’il est
installé :

Photo 5.23 : Vue d’ensemble de l’installation de biogaz au laboratoire du C.N.R.I.T


Source : Auteur
Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 73
6-2- Les méthodes adoptées pour les essais de méthanisation
6-2-1- Les formulations des différents essais
Tout au long de l’étude expérimentale, nous avons effectué 13 essais de méthanisation
au sein du Laboratoire du département énergétique du C.N.R.I.T. La quantité totale de
substrats utilisés est estimée à 1500g pour chaque essai, mais les proportions ont été variées
selon celles citées dans le chapitre 5. Le volume d’eau a été de 2L pour chaque essai, mais
certaines fois, nous avons utilisé du jus de paille de riz au lieu de l’eau du robinet. Le tableau
suivant résume ces formulations :
Tableau 6.03 : Les formulations des essais de méthanisation
Numéro Masse de Masse de Proportion des Nature de Particularité(s)
de drêche de Bouse de substrats l’eau utilisée
l’essai Brasserie (g) zébu (g)
Essai 1 1500 0 100% Drêche Eau du robinet Sans ajustement de pH
Essai 2 1250 250 83% Drêche + Eau du robinet Sans ajustement de pH
17% Bouse
Essai 3 750 750 50% Drêche + Eau du robinet Sans ajustement de pH
50% bouse
Essai 4 1500 0 100% Drêche Jus de paille Ajustement du pH : Jus de
de riz paille
Essai 5 1250 250 83% Drêche + Jus de paille Ajustement du pH : Jus de
17% Bouse de riz paille
Essai 6 750 750 50% Drêche + Jus de paille Ajustement du pH : Jus de
50% bouse de riz paille
Essai 7 1500 0 100% Drêche Eau du robinet Ajustement du pH : chaux
Essai 8 1500 0 100% Drêche Eau du robinet Ajustement du pH : chaux
Essai 9 1250 250 83% Drêche + Eau du robinet Ajustement du pH : chaux
17% Bouse
Essai 10 1500 0 100% Drêche Eau du robinet Ajustement du pH : chaux
+ soude
Essai 11 1250 250 83% Drêche + Eau du robinet Ajustement du pH : chaux
17% Bouse + soude
Essai 12 1500 0 100% Drêche Eau du robinet Substrat broyé et
Ajustement du pH (chaux
+ soude)
Essai 13 1250 250 83% Drêche + Eau du robinet Substrat broyé et
17% Bouse Ajustement du pH (chaux
+ soude)
Source : Auteur
Il faut noter que nous avons réalisé ces essais dans une perspective d'optimisation des
performances, à savoir la production journalière de biogaz, la teneur en méthane et le choix de
la formulation et du traitement les plus efficaces si on veut produire du biogaz à partir de la
drêche de brasserie.

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 74
6-2-2- Les conditions de réalisation des essais
Pour chaque essai, la fermentation a duré 30 jours. Celle-ci s’est déroulée dans une
zone de température mésophile, car nous avons consigné la température optimale de 37°C au
régulateur, et nous avons observé une variation de température entre 34°C et 39,8°C.

6-2-3- Les modes opératoires


Comme chaque essai a sa propre formulation et ses particularités, les étapes suivies au cours
de leurs réalisations ne sont pas les mêmes.

6-2-3-1- Mode opératoire pour les essais 1, 2 et 3


Pout les essais : 1, 2 et 3, nous avons suivi les étapes suivantes :

1- Mesure du pH de la drêche fraîche

2- Pesage des matières premières

Photo 6.24 : Pesage des matières premières (essais


1, 2 et 3)
Source : Auteur

3- Versement dans le digesteur

Photo 6.25 : Versement dans le digesteur


Source : Auteur

4- Ajout d’eau

Photo 6.26 : Ajout d’eau


Source : Auteur

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 75
5- Mélange des matières premières et
de l’eau

Photo 6.27 : Mélange des matières


premières et de l’eau
Source : Auteur

6- Fermeture du digesteur

Photo 6.28 : Fermeture du digesteur


Source : Auteur

7- Placement du digesteur dans le bac


d’immersion

Photo 6.29 : Placement du digesteur dans le bac


d’immersion
Source : Auteur

8- Suivi journalier de la production de


biogaz pendant 30 jours avec test
d’inflammabilité

Photo 6.30 : Test d’inflammabilité


Source : Auteur

6-2-3-2- Mode opératoire pour les essais 4, 5 et 6


Pendant les essais : 4, 5 et 6, nous avons suivi les étapes suivantes :

1- Découpe de la paille de riz

Photo 6.31 : Découpe de la paille de riz


Source : Auteur

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 76
2- Macération de la paille de riz
dans l’eau de robinet pendant
une heure (750g de paille
dans 6L d’eau)
Photo 6.32 : Macération de la paille de riz
Source : Auteur

3- Filtration du jus de paille

Photo 6.33 : Filtration du jus de paille


Source : Auteur

4- Pesage des substrats

Photo 6.34 : Pesage du substrat des essais 4,5 et 6


Source : Auteur
5- Mesure du pH des substrats et
du jus de paille

Photo 6.35 : Mesure du pH des substrats et du jus de


paille de riz
Source : Auteur
6- Mélange du jus de paille avec
le substrat dans le digesteur

Photo 6.36 : Mélange du jus de paille avec le substrat


Source : Auteur

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 77
7- Mesure du pH du mélange

Photo 6.37 : Mesure du ph du mélange


Source : Auteur

8- Fermeture et placement du digesteur dans le bac d’immersion


9- Suivi journalier de la production de biogaz pendant 30 jours avec test
d’inflammabilité
10- Mesure du pH du digestat à la fin des essais

6-2-3-3- Mode opératoire pour les essais 7, 8 et 9


Au cours des essais 7,8 et 9, nous avons suivi les étapes ci-après :

1- Pesage des substrats

Photo 6.38 : Pesage des substrats des essais 7, 8 et 9


Source : Auteur

2- Mélange avec de l’eau

Photo 6.39 : Mélange avec de l’eau


Source : Auteur

3- Mesure du pH du mélange

Photo 6.40 : Mesure du pH du mélange


Source : Auteur

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 78
4- Ajustement du pH par la chaux
jusqu’à l’obtention d’un pH
aux environs du pH neutre

Photo 6.41 : Pesage de la chaux des essais 7,8 et 9


Source : Auteur

5- Versement dans le digesteur


6- Fermeture et placement du digesteur dans le bac d’immersion
7- Suivi journalier de la production de biogaz pendant 30 jours avec test
d’inflammabilité
8- Mesure du pH du digestat à la fin des essais

6-2-3-4- Mode opératoire pour les essais 10 et 11


Au cours des essais 10 et 11, nous avons suivi les étapes suivantes :

1- Pesage des substrats

Photo 6.42 : Pesage des substrats des essais 10 et 11


Source : Auteur

2- Versement dans le digesteur,


puis mélange avec de l’eau

Photo 6.43 : Versement dans le digesteur et mélange


avec de l’eau
Source : Auteur

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 79
3- Mesure du pH du mélange

Photo 6.44 : Mesure du pH du mélange


Source : Auteur
4- Ajustement du pH par la
chaux jusqu’à l’obtention
d’un pH aux environs du pH
neutre
Photo 6.45 : Pesage de la chaux des essais 10 et 11
Source : Auteur

5- Fermeture et placement du digesteur dans le bac d’immersion


6- Suivi journalier de la production de biogaz pendant 30 jours avec test
d’inflammabilité
7- Essais de référence avec les mêmes conditions pour faire le suivi de l’évolution
du pH. Ces essais serviront de modèle pour ajuster le pH des vrais essais.
Effectivement, nous ne pouvons pas ouvrir les digesteurs des vrais essais, afin de
respecter les conditions anaérobies.
8- Ajustement du pH aux environs du pH neutre tous les 3 jours à l’aide d’une
solution de soude à 40% de concentration, jusqu’au moment où le pH se stabilise
spontanément. Nous avons choisi la soude au lieu de la chaux, car celle-ci peut
être introduite facilement dans le digesteur à l’aide s’une seringue. De cette
manière, le digesteur reste fermé et le milieu réactionnel n’est pas en contact avec
l’air.
9- Mesure du pH du digestat à la fin des essais

6-2-3-5- Mode opératoire pour les essais 12 et 13


Au cours des essais 12 et 13, nous avons suivi les étapes suivantes :
1- Pesage des substrats

2- Broyage de la drêche de brasserie

Photo 6.46 : Broyage de la drêche de Brasserie


Source : Auteur

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 80
3- Versement de la drêche broyée et de la bouse de zébu dans le digesteur, puis
mélange avec de l’eau
4- Mesure du pH du mélange
5- Ajustement du pH par la chaux jusqu’à l’obtention d’un pH aux environs du pH
neutre
6- Fermeture et placement du digesteur dans le bac d’immersion
7- Suivi journalier de la production de biogaz pendant 30 jours avec test
d’inflammabilité
8- Essais de référence avec les mêmes conditions pour faire le suivi de l’évolution
du pH. Le mode opératoire est identique à celui des essais précédents.
9- Ajustement du pH aux environs du pH neutre tous les 3 jours à l’aide d’une
solution de soude à 40% de concentration, de la même manière que l’ajustement
des essais précédents, jusqu’au moment où le pH se stabilise spontanément.
10- Mesure du pH du digestat à la fin des essais

6-2-4- Méthodes de calcul des résultats


 Le volume du biogaz obtenu peut être calculé selon la formule suivante :

Volume du gaz = Hauteur de l’eau déplacée x Surface de base du gazomètre Formule 6.01
Avec : Surface de base du gazomètre = (Diamètre / 2)2 * π = 143,138815 cm2

 La production moyenne de biogaz par jour est obtenue par la formule suivante :

Production moyenne par jour = Volume total cumulé / temps de rétention Formule 6.02
Avec : temps de rétention = 30 jours pour tous les essais.

 La productivité de l’essai est obtenue par la formule ci-après :

Productivité = Volume total de biogaz obtenu / Masse totale de substrat Formule 6.03
introduit dans le digesteur
Avec : Masse totale de substrat introduite dans le digesteur = 1500g pour tous les essais.

6-3- Les résultats obtenus


Les résultats des treize essais sont très diversifiés. Ils sont présentés avec leurs
interprétations suivant le groupe d’essais ayant les mêmes particularités, mais de proportion
de substrat différente.

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 81
6-3-1- Résultats des essais 1,2 et 3
6-3-1-1- Tableaux des résultats des essais 1,2 et 3
Tableau 6.04 : Résultat de l’essai 1
Essai 1 (100% drêche) : 1500g de drêche de brasserie + 2L d’eau
Date de fermentation : du 11 janvier 2023 au 10 février 2023
pH de la drêche fraîche : 5,77
Volume
Hauteur d'eau Volume de biogaz Test cumulé du
Jour déplacée (cm) obtenu (cm3) d'inflammabilité biogaz (cm3)
J-1(12/01/23) 0 0 0
J-2 5,3 758,63 ininflammable 758,64
J-3 12,6 1 803,55 Inflammable 2 562,18
J-4 11,1 1 588,84 Inflammable 4 151,026
J-5 3,3 472,36 Inflammable 4 623,38
J-6 à J-30 0 0 4 623,38
Source : Auteur

Tableau 6.05 : Résultat de l’essai 2

Essai 2 (83% drêche + 17% Bouse) : 1250 g de drêche de Brasserie + 250g de Bouse de zébu
+ 2 L d’eau
Date de fermentation : du 11 janvier 2023 au 10 février 2023
pH de la drêche fraiche : 5,77
Volume
Hauteur d'eau Volume de biogaz cumulé de
Jour déplacée (cm) obtenu (cm3) Test d'inflammabilité biogaz (cm3)
J-1 (12/01/23) 0,3 42,94 ininflammable 42,94
J-2 0 0 ininflammable 42,948
J-3 2,3 329,22 ininflammable 372,16
J-4 28 4 007,89 Inflammable 4 380,05
J-5 0 0 4 380,05
J-6 28 4 007,89 Inflammable 8 387,93
J-7 17,2 2 461,99 Inflammable 10 849,92
J-8 7,7 1 102,17 Inflammable 11 952,09
J-9 6,8 973,34 Inflammable 12 925,43
J-10 1,5 214,71 Inflammable 13 140,14
J-11 1,3 186,08 Inflammable 13 326,22
J-12 0,9 128,82 Inflammable 13 455,05
J-13 0,6 85,88 Inflammable 13 540,93
J-14 0,4 57,25 Inflammable 13 598,19
J-15 à J-30 0 0 13 598,19
Source : Auteur

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 82
Tableau 6.06 : Résultat de l’essai 3
Essai 3 (50% drêche + 50 % Bouse) : 750g de drêche + 750g de bouse de zébu + 2L d'eau
Date de fermentation : du 11 janvier 2023 au 10 février 2023
pH de la drêche fraîche : 5,77
Volume
Hauteur d'eau Volume de biogaz Test cumulé de
Jour déplacée (cm) obtenu (cm3) d'inflammabilité biogaz (cm3)
J-1 (12/01/23) 0 0 0
J-2 0 0 0
J-3 0,6 85,88 ininflammable 85,88
J-4 11 1 574,53 ininflammable 1 660,41
J-5 10,2 1 460,02 Inflammable 3 120,43
J-6 5,1 730,01 Inflammable 3 850,43
J-7 1,2 171,77 Inflammable 4 022,20
J-8 à J-30 0 0 4 022,20
Source : Auteur

6-3-1-2- Proportion de méthane dans le biogaz obtenu des essais 1,2 et 3

Figure 6.01 : Proportion de Figure 6.02 : Proportion de Figure 6.03 : Proportion de


méthane de l’essai 1 méthane de l’essai 2 méthane de l’essai 3
Source : Auteur Source : Auteur Source : Auteur

6-3-1-3- Observations et interprétations des résultats des essais 1,2 et 3


Nous avons constaté que les trois premiers essais ont tous produit du biogaz
renfermant du méthane. Nous avons pu alors confirmer que les différentes phases de la
méthanisation ont vraiment eu lieu pendant ces essais.
Il était remarquable aussi qu’au début, la réaction a été très active avec une production
de méthane en grande quantité, mais à un certain moment, cette activité a cessé et
n’est plus réapparue jusqu’à la fin des 30 jours. Nous avons pu de même en conclure
que la méthanisation a été très rapide au début, mais n’existe plus à un certain
moment. La justification de ce phénomène est la dégradation de la matière organique
en grande quantité dans le substrat, accompagnée de la formation d’acides organiques

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 83
et d’acides gras volatils qui ont provoqué la diminution du pH. Par conséquent, la
méthanisation a été inhibée.
Nous avons aussi remarqué que la drêche de brasserie avait un pH inférieur à 7,1 (pH
optimal pour la méthanisation d’après les études bibliographiques). Il serait donc
nécessaire de l’ajuster jusqu’au pH proche du neutre avant son introduction dans le
digesteur.
Lors des tests d’inflammabilité, le gaz inflammable a brûlé avec une flamme bleue
sans fumée. Nous avons donc conclu que c’était du méthane. C’est à partir de ces
observations que nous avons calculé la teneur en méthane du biogaz obtenu lors de
chaque essai. Les résultats des essais 1 et 2 ont montré une très forte teneur en
méthane. Par contre, l’essai 3 a donné une teneur moyenne.

Essai 1 Essai 2 Essai 3


Photo 6.47 : Test d’inflammabilité des essais 1,2 et 3
Source : Auteur
6-3-2- Résultats des essais 4,5 et 6
Au cours de ces essais, nous avons utilisé du jus de paille de riz au lieu de l’eau, dans le but
d’augmenter le pH du substrat brut qui est très acide. Malheureusement, il y a eu une panne
de la résistance chauffante à partir du dix-septième jour jusqu’au vingt-quatrième jour.

6-3-2-1- Evolutions du pH des essais 4,5 et 6


Tableau 6.07 : Evolution du pH des essais 4,5 et 6

Essai pH non ajusté du pH du jus de pH ajusté du mélange pH à la fin des


mélange de substrats paille de substrats essais
4 4,33 9,04 4,38 4,23
5 4,72 9,04 4,80 4,40
6 5,28 9,04 5,39 4,80
Source : Auteur

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 84
6-3-2-2- Tableaux des résultats des essais 4,5 et 6
Tableau 6.08 : Résultat de l’essai 4
Essai 4 (100% drêche) :1500 g de drêche + 2 L de jus de paille
Date de fermentation : du 10 février 2023 au 12 Mars 2023
Volume
Hauteur d'eau Volume de biogaz Test cumulé de
Jour déplacée (cm) obtenu (cm3) d'inflammabilité biogaz (cm3)
J-1 (11/02/23) 5,1 730,01 ininflammable 730,01
J-2 4,7 672,75 ininflammable 1 402,76
J-3 4 572,55 ininflammable 1 975,31
J-4 3,2 458,04 ininflammable 2 433,36
J-5 1,9 271,00 ininflammable 2 705,32
J-6 à J-16 0 0 2 705,324
J-17 à J-24 Panne de la résistance chauffante
J-25 2 286,277 ininflammable 2 991,60
J-26 3,1 443,73 ininflammable 3 435,33
J-27 4,3 615,50 ininflammable 4 050,83
J-28 7,2 1 030,60 ininflammable 5 081,43
J-29 1,3 186,08 ininflammable 5 267,51
J-30 3,2 458,04 ininflammable 5 725,55
Source : Auteur
Tableau 6.09 : Résultat de l’essai 5
Essai 5 (83% Drêche + 17% Bouse) : 1250 g de drêche + 250 g de Bouse de zébu +2 L de Jus
de paille
Date de fermentation : du 10 février 2023 au 12 Mars 2023
Hauteur d'eau déplacée Volume de biogaz Test Volume cumulé
Jour (cm) obtenu (cm3) d'inflammabilité de biogaz (cm3)
J-1 (11/02/23) 0 0 0
J-2 0,4 57,25 57,25
J-3 7,4 1 059,23 ininflammable 1 116,48
J-4 11,8 1 689,04 Inflammable 2 805,52
J-5 18,7 2 676,70 Inflammable 5 482,22
J-6 1,4 200,39 Inflammable 5 682,61
J-7 1,8 257,65 Inflammable 5 940,26
J-8 à J-15 0 0 5 940,26
J-16 1 143,14 ininflammable 6 083,40
J-17 à J-24 Panne de la résistance chauffante
J-25 0 0 6 083,40
J-26 1 143,14 ininflammable 6 226,54
J-27 3,4 486,67 ininflammable 6 713,21
J-28 1,5 214,71 ininflammable 6 927,92
J-29 1 143,14 ininflammable 7 071,06
J-30 0 0 7 071,06
Source : Auteur

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 85
Tableau 6.10 : Résultat de l’essai 6
Essai 6 (50% Drêche + 50% Bouse) : 750 g de drêche + 750 g de Bouse de zébu +2 L de Jus
de paille
Date de fermentation : du 10 février 2023 au 12 Mars 2023
Volume de
Hauteur d'eau biogaz obtenu Test Volume cumulé de
Jour déplacée (cm) (cm3) d'inflammabilité biogaz (cm3)
J-1 (11/02/23) 5,3 758,63 ininflammable 758,63
J-2 12,9 1 846,50 ininflammable 2 605,13
J-3 12 1 717,66 Inflammable 4 322,79
J-4 4,8 687,07 Inflammable 5 009,86
J-5 3,1 443,73 Inflammable 5 453,59
J-6 à J-16 0 0 5 453,59
J-17 à J-24 Panne de la résistance chauffante
J-25 1,2 171,77 ininflammable 5 625,35
J-26 0,4 57,26 ininflammable 5 682,61
J-27 0,4 57,26 ininflammable 5 739,87
J-28 0,4 57,26 ininflammable 5 797,12
J-29 0,1 14,31 ininflammable 5 811,44
J-30 0 0 5 811,44
Source : Auteur

6-3-2-3- Proportion de méthane du biogaz obtenu lors des essais 4,5 et 6

Figure 6.04 : Proportion Figure 6.05 : Proportion de méthane Figure 6.06 : Proportion de
de méthane de l’essai 4 de l’essai 5 méthane de l’essai 6
Source : Auteur Source : Auteur Source : Auteur

6-3-2-4-Observations et interprétations des résultats des essais 4,5 et 6


D’après les observations précédentes, il est nécessaire d’ajuster le pH acide de la
drêche avant de l’introduire dans le digesteur. Nous avons pu remarquer dans les
résultats des essais 4,5 et 6, que le pH de la drêche de brasserie était encore plus acide
que celle des essais précédents. Le pH de la drêche fraîche provenant de la brasserie
d’Antsirabe est alors instable. Toutefois, lorsque nous avons essayé de l’augmenter
avec du jus de paille de riz, son élévation a été moindre. Autrement dit, l’ajout de jus
de paille n’a pas ajusté le pH jusqu’au pH proche du neutre, idéal pour la
méthanisation. Nous avons pu en conclure que le jus de paille de riz, souvent utilisé

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 86
comme agent d’ajustement de pH (d’après les chercheurs du C.N.R.I.T), n’a pas été
efficace pour la drêche.
Les tests d’inflammabilité ont montré que l’essai 4 n’a pas produit de méthane. En
effet, le gaz produit n’a pas brûlé. Nous avons pu en déduire que la méthanogenèse n’a
pas eu lieu dans l’essai 4. Ceci s’explique par le pH très acide du substrat, qui a inhibé
l’activité des bactéries méthanogène. De plus, la drêche n’a pas été activée par de la
bouse de zébu. Par contre, les essais 5 et 6, dont les mélanges de substrats ont eu des
pH plus basiques et qui ont été activés par la bouse de zébu, ont produit du méthane
dont les flammes sont illustrées par les photos ci-après :

Essai 5 Essai 6
Photo 6.48 : Test d’inflammabilité des essais 5 et 6
Source : Auteur
Nous avons pu apercevoir une grande différence entre les résultats des essais 4,5 et 6
et ceux des essais 1,2 et 3 pendant les 16 premiers jours, c'est-à-dire au moment où il
n’y a pas encore eu de panne de chauffage. Effectivement, les essais 4,5 et 6 ont été
moins actifs dans la production de biogaz et de méthane, malgré le fait que leurs pH
ont été ajustés par du jus de paille. Cette différence peut s’expliquer par l’instabilité du
pH de l’échantillon de drêche fraîche (qui était plus acide que celui des essais
précédents), mais également par l’inefficacité du jus de paille dans l’augmentation du
pH.

Tableau 6.11 : Comparaison des résultats des essais 1, 2, 3 avec ceux des essais 4, 5, 6
Proportion des substrats 100% Drêche 83% Drêche + 50% Drêche + 50
17% Bouse % Bouse
Essai 1 4 2 5 3 6
pH de la drêche fraiche 5,77 4,33 5,77 4,33 5,77 4,33
pH à l’entrée du digesteur 5,77 4,38 5,77 4,80 5,77 5,39
Volume total de Biogaz obtenu 4,60 2,70 13,50 6,02 4,02 5,45
après 16 jours de fermentation
(L)
Teneur en méthane après 16 jours 84 0 97 79 59 52
de fermentation (%)
Source : Auteur
Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 87
Nous avons constaté également qu’il y a eu un arrêt de la réaction de méthanisation,
avant et pendant la panne de chauffage. Les raisons de cet arrêt sont en premier
lieu, l’acidification du pH qui a inhibé la réaction de méthanisation, puis en second
lieu, la panne de chauffage qui a fait baisser la température. Le milieu n’était donc
plus favorable à la méthanisation. Comme du biogaz a de nouveau été produit 5 à 6
jours avant l’aboutissement des 30 jours, nous avons pu en déduire que la réaction a
été rétablie, mais le méthane ne s’est plus formé. Cette reprise a été due à
l’épuisement des acides formés par les bactéries acétogènes qui a permis un auto-
ajustement du pH.

6-3-3- Résultats de l’essai 7


N.B : Un problème d’approvisionnement en drêche est survenu avant la réalisation de l’essai
7. Pour effectuer ce dernier, nous avons alors utilisé les restes de drêche des essais précédents
qui ont été stockés pendant 36 jours. Le pH de celui-ci a été très acide, nous l’avons donc
ajusté par de la chaux.
Tableau 6.12 : Ajustement du pH de l’essai 7

pH de la drêche Masse de chaux pH du mélange (substrat + pH du digestat à la


en stock ajoutée (g) chaux) à l’entrée du sortie du digesteur
digesteur
4,74 10 6,99 Pas relevé
Source : Auteur

6-3-3-1- Les résultats de l’essai 7


La figure ci-après illustre la proportion de méthane dans le biogaz obtenu à partir de l’essai 7 :

Autres Gaz
39%
Méthane
61%

Figure 6.07 : Proportion de méthane de l’essai 7


Source : Auteur

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 88
Tableau 6.13 : Résultat de l’essai 7
Essai 7 (100% drêche) : 1500 g de drêche de brasserie en stock + 2 L d'eau + 10 g de chaux
Date de fermentation : du 17 Mars 2023 au 16 Avril 2023
Hauteur d'eau Volume de biogaz Test Volume cumulé de
Jour déplacée (cm) obtenu (cm3) d'inflammabilité biogaz (cm3)
J-1 (18/03/23) 28,2 4 036,51 Inflammable 4 036,51
J-2 21,5 3 077,48 Inflammable 7 114,00
J-3 0 0 7 114,00
J-4 0,2 28,63 ininflammable 7 142,63
J-5 1,2 171,77 ininflammable 7 314,39
J-6 0 0 7 314,39
J-7 9,2 1 316,88 ininflammable 8 631,27
J-8 4,4 629,81 ininflammable 9 261,09
J-9 0,8 114,51 ininflammable 9 375,59
J-10 4,6 658,44 ininflammable 10 034,03
J-11 2 286,28 ininflammable 10 320,31
J-12 1,2 171,77 ininflammable 10 492,08
J-13 1,1 157,45 ininflammable 10 649,53
J-14 0,2 28,63 ininflammable 10 678,16
J-15 0,1 14,31 ininflammable 10 692,47
J-16 à J-17 0 0 10 692,47
J-18 1,3 186,08 ininflammable 10 878,55
J-19 à J-22 0 0 10 878,55
J-23 0,1 14,31 ininflammable 10 892,86
J-24 0,2 28,63 ininflammable 10 921,49
J-25 à J-26 0 0 10 921,49
J-27 3,6 515,30 ininflammable 11 436,79
J-28 1,5 214,71 ininflammable 11 651,50
J-29 à J-30 0 0 11 651,50
Source : Auteur

6-3-3-2- Interprétations des résultats de l’essai 7


Nous avons remarqué que la réaction de méthanisation a été très rapide dans cet essai,
puisqu’il y a déjà une production de méthane après 24 heures de fermentation. Le test
d’inflammabilité a donné une flamme bleue pendant les deux premiers jours. La rapidité de
la réaction a été causée par la richesse en matière organique du substrat, et le milieu
réactionnel qui a été favorable à la réaction (pH proche du neutre et température
mésophile).
Nous avons pu déduire à partir du tableau 6.12 que la chaux a été très efficace pour ajuster
le pH au début de la réaction.
La réaction de méthanisation a continué tout au long des 30 jours, c'est-à-dire que le
processus de méthanisation ne s’est pas arrêté. Ceci peut s’expliquer par le fait que la

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 89
drêche a été altérée par des bactéries au cours de son stockage. Ce qui a constitué un début
de dégradation biologique, qui a facilité la méthanisation en augmentant la disponibilité
des substrats organiques pour les bactéries méthanogènes. Le complexe ligno-cellulosique
de la drêche a pu être décomposé lors de ce stockage, donc ce dernier peut être considéré
comme un prétraitement biologique. Mais il faut faire très attention aux pertes excessives
de matière organique pendant le stockage, et respecter les conditions qui sont appropriées
pour la méthanisation.
Toutefois, le rendement en biogaz s’est affaibli à partir du troisième jour et le méthane
n’a été produit que pendant les deux premiers jours. Nous pouvons justifier ce phénomène
par l’épuisement de la matière organique, puisque la dégradation de cette dernière a déjà
commencé lors du stockage. Mais à cause de cette dégradation, le pH a aussi diminué au
cours du processus de réaction, ce qui empêche les activités des micro-organismes
méthanogènes.
Le rendement en Biogaz a été élevé par rapport aux essais précédents qui ont eu la même
proportion de substrat (100% drêche), à cause du prétraitement biologique. De plus, le
volume en méthane produit a été considérable.

6-3-4- Résultats des essais 8 et 9


Au cours de ces essais, nous avons d’abord ajusté le pH du substrat avec de la chaux
avant son introduction dans le digesteur. Mais nous avons observé que la réaction a cessé
pendant des jours, le digesteur a donc été ouvert au quinzième jour et le pH a été ajusté par de
la chaux.
6-3-4-1- Ajustements du pH des essais 8 et 9
Tableau 6.14 : Ajustement du pH des essais 8 et 9 au début de la fermentation
Essai pH du mélange de Masse de chaux pH du mélange (substrats +
substrats non ajusté ajoutée (g) chaux) à l’entrée du digesteur
8 6 4 7,01
9 6,28 3 7,13
Source : Auteur
Tableau 6.15 : Ajustement du pH des essais 8 et 9 au 15ème jour
Essai pH du mélange de Masse de pH du mélange (substrats + pH du digestat à la
substrats au 15ème chaux ajoutée chaux) à l’entrée du sortie du digesteur
jour (g) digesteur au 15ème jour
8 4,68 30 7,11 4,48
9 4,79 30 7,25 4,52
Source : Auteur
Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 90
6-3-4-2- Résultats des essais 8 et 9
Les figures ci-après illustrent la proportion de méthane dans le biogaz obtenu à partir des essais 8 et 9 :

Figure 6.08 : Proportion de méthane de l’essai 8 Figure 6.09 : Proportion de méthane de l’essai 9
Source : Auteur Source : Auteur

Tableau 6.16 : Résultat de l’essai 8


Essai 8 (100% drêche) : 1500 g de Drêche de brasserie + 2 L d'eau + 4 g de chaux
Date de fermentation : du 19 Avril 2023 au 19 Mai 2023
Hauteur d'eau Volume de biogaz Test Volume cumulé
Jour déplacée (cm) obtenu (cm3) d'inflammabilité de biogaz (cm3)
J-1 (20/04/23) 0 0 0
J-2 22,7 3 249,25 Inflammable 3 249,25
J-3 24,9 3 564,16 Inflammable 6 813,41
J-4 0,6 85,88 ininflammable 6 899,29
J-5 0 0 6 899,29
J-6 0 0 6 899,29
J-7 0 0 6 899,29
J-8 0 0 6 899,29
J-9 0 0 6 899,29
J-10 0 0 6 899,29
J-11 0 0 6 899,29
J-12 0 0 6 899,29
J-13 0 0 6 899,29
J-14 0 0 6 899,29
J-15 Ajustement du pH par 30g de chaux
J-16 0 0 6 899,29
J-17 0 0 6 899,29
J-18 0 0 6 899,29
J-19 0 0 6 899,29
J-20 0,5 71,57 ininflammable 6 970,86
J-21 1,4 200,39 ininflammable 7 171,25
J-22 1,3 186,08 ininflammable 7 357,33
J-23 4,2 601,18 ininflammable 7 958,52
J-24 0,9 128,82 ininflammable 8 087,34
J-25 2,1 300,59 ininflammable 8 387,93
J-26 1,7 243,34 ininflammable 8 631,27
J-27 0,2 28,63 ininflammable 8 659,90
J-28 1,5 214,71 ininflammable 8 874,61
J-29 1,4 200,39 ininflammable 9 075,00
J-30 0 0 9 075,00
Source : Auteur
Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 91
Tableau 6.17 : Résultat de l’essai 9
Essai 9 (83% drêche + 17% Bouse) : 1250 g de Drêche de brasserie + 250 g Bouse de zébu + 2 L
d'eau + 2 g de chaux
Date de fermentation : du 19 Avril 2023 au 19 Mai 2023
Hauteur d'eau Volume de biogaz Test Volume cumulé
Jour déplacée (cm) obtenu (cm3) d'inflammabilité de biogaz (cm3)
J-1 (20/04/23) 0 0 0
J-2 28 4 007,89 Inflammable 4 007,89
J-3 28,1 4 022,20 Inflammable 8 030,09
J-4 0,2 28,63 ininflammable 8 058,71
J-5 0 0 8 058,71
J-6 0 0 8 058,71
J-7 0 0 8 058,71
J-8 0 0 8 058,71
J-9 0 0 8 058,71
J-10 0 0 8 058,71
J-11 0 0 8 058,71
J-12 0 0 8 058,71
J-13 0 0 8 058,71
J-14 0 0 8 058,71
J-15 Ajustement du pH par 30g de chaux
J-16 0 0 8 058,71
J-17 1,1 157,45 ininflammable 8 216,17
J-18 1,4 200,39 ininflammable 8 416,56
J-19 1,2 171,77 ininflammable 8 588,33
J-20 3,9 558,24 ininflammable 9 146,57
J-21 1,8 257,65 ininflammable 9 404,22
J-22 2,3 329,22 ininflammable 9 733,44
J-23 1,3 186,08 ininflammable 9 919,52
J-24 1,5 214,71 ininflammable 10 134,23
J-25 4 572,55 ininflammable 10 706,78
J-26 3,4 486,67 ininflammable 11 193,45
J-27 2,7 386,47 ininflammable 11 579,93
J-28 1,3 186,08 ininflammable 11 766,01
J-29 1,8 257,65 ininflammable 12 023,66
J-30 2,2 314,90 Inflammable 12 338,56
Source : Auteur

6-3-4-3- Interprétations des résultats des essais 8 et 9


Nous avons constaté qu’au début, la méthanisation a été très rapide et que le méthane est
apparu aux deuxième et troisième jours de fermentation. Ceci s’explique par les conditions
de pH et de températures favorables à la méthanisation qui ont été respectées, mais
également par la grande disponibilité en matière organique. Les tests d’inflammabilité ont
montré une intense flamme bleue. Mais, la réaction s’est arrêtée à partir du cinquième jour

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 92
à cause de la formation d’acides organiques et d’acides gras volatils, provoquant la
diminution du pH, la méthanisation étant ainsi inhibée.
Cependant, au quinzième jour de fermentation, nous avons découvert que le pH du milieu
est devenu très acide. Nous l’avons alors ajusté par de la chaux. Deux jours après cette
rectification du pH, la production de biogaz a repris, mais il n’y a eu que du CO2. Pour
l’essai 9, il y a eu une reproduction de méthane. Nous avons pu en déduire que la réaction
de méthanisation a recommencé après l’ajustement du pH au quinzième jour. Mais le
temps de réadaptation des micro-organismes a été assez long. L’activation de l’essai 9 par
de la bouse de zébu a également permis cette reprise de la méthanogenèse, d’où la
reproduction de méthane.
A partir du tableau 6.14, nous avons pu constater que le pH à la fin de la rétention est
encore très acide. Il y a donc encore eu une formation d’acides après le quinzième jour.
Toutefois, ces acides ont commencé à s’épuiser. Ce qui a permis la continuité du processus
de méthanisation.

6-3-5- Résultats des essais 10 et 11


Pendant ces essais, le pH a d’abord été ajusté par de la chaux. Mais, comme nous
l’avons constaté lors des essais précédents, même si le pH est ajusté par de la chaux au début
de la fermentation, celui-ci s’acidifie rapidement après quelques jours et inhibe la production
de Biogaz. Nous avons alors décidé de contrôler et d’ajuster le pH tous les 3 jours par de la
soude.
6-3-5-1- Ajustement du pH au début des essais 10 et 11
Tableau 6.18 : Ajustement du pH des essais 10 et 11 par la chaux
Essai pH initial du mélange de Quantité de chaux pH du mélange à l’entrée du
substrat ajoutée (g) digesteur
10 6,33 2 6,85
11 6,62 1 6,85
Source : Auteur
6-3-5-2- Les proportions en méthane du biogaz obtenu lors des essais 10 et
11

Figure 6.10 : Proportion de méthane de l’essai 10 Figure 6.11 : Proportion de méthane de l’essai 11
Source : Auteur Source : Auteur
Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 93
6-3-5-3- Résultats des essais 10 et 11
Tableau 6.19 : Résultat de l’essai 10
Essai 10 (100% Drêche) : 1500 g de Drêche + 2 L d'eau + 2 g Chaux
Date de fermentation : du 05 Juin 2023 au 05 Juillet 2023
pH Volume de Volume de Volume C
non soude ajouté pH biogaz Test cumulé de
Jour ajusté (ml) ajusté obtenu (cm ) d'inflammabilité biogaz (cm3)
3

J-1
06/06/23 0 0
J-2 2 447,67 Inflammable 2 447,67
J-3 4,38 27 7,03 1 946,69 Inflammable 4 394,36
J-4 0 4 394,36
J-5 0 4 394,36
J-6 5,03 16 6,8 71,57 ininflammable 4 465,93
J-7 0 4 465,93
J-8 186,08 ininflammable 4 652,01
J-9 5,83 10 6,75 143,14 ininflammable 4 795,15
J-10 1 502,96 ininflammable 6 298,11
J-11 858,83 ininflammable 7 156,94
J-12 5,83 13 6,81 329,22 ininflammable 7 486,16
J-13 300,59 ininflammable 7 786,75
J-14 0 7 786,75
J-15 6,14 3 6,75 85,88 ininflammable 7 872,63
J-16 0 7 872,63
J-17 0 7 872,63
J-18 6,56 3 6,84 0 7 872,63
J-19 0 7 872,63
J-20 214,71 ininflammable 8 087,34
Auto-
J-21 6,91 ajustement 6,91 286,28 ininflammable 8 373,62
J-22 300,59 ininflammable 8 674,21
J-23 128,82 ininflammable 8 803,03
Auto-
J-24 7 ajustement 7 171,77 ininflammable 8 974,80
J-25 42,94 ininflammable 9 017,74
J-26 171,77 ininflammable 9 189,51
Auto-
J-27 7,1 ajustement 7,1 143,14 ininflammable 9 332,65
J-28 71,57 ininflammable 9 404,22
J-29 14,31 ininflammable 9 418,53
Auto-
J-30 7,08 ajustement 7,08 186,08 ininflammable 9 604,61
Source : Auteur

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 94
Tableau 6.20 : Résultat de l’essai 11
Essai 11(83% Drêche + 17% Bouse) : 1250 g de Drêche + 250g de Bouse de zébu + 2L d'eau +
1g de Chaux
Date de fermentation : du 05 Juin 2023 au 05 Juillet 2023
pH Volume de Volume de Volume
non soude ajouté pH biogaz obtenu Test cumulé de
Jour ajusté (ml) ajusté (cm3) d'inflammabilité biogaz (cm3)
J-1
06/06/23 0 0
J-2 4 007,89 Inflammable 4 007,89
J-3 4,55 21 6,84 300,59 Inflammable 4 308,48
J-4 143,14 ininflammable 4 451,62
J-5 128,82 ininflammable 4 580,44
J-6 5,16 15 6,83 343,53 ininflammable 4 923,97
J-7 214,71 ininflammable 5 138,68
J-8 186,08 ininflammable 5 324,76
J-9 6,08 10 6,76 500,99 ininflammable 5 825,75
J-10 429,42 ininflammable 6 255,17
J-11 1 417,07 ininflammable 7 672,24
J-12 5,87 12 6,75 930,40 ininflammable 8 602,64
J-13 0 8 602,64
J-14 0 8 602,64
J-15 6,11 8 6,82 4 294,16 ininflammable 12 896,81
J-16 787,26 Inflammable 13 684,07
J-17 644,12 Inflammable 14 328,19
J-18 6,64 3 7 157,45 Inflammable 14 485,65
J-19 214,71 Inflammable 14 700,36
J-20 1 202,37 Inflammable 15 902,72
Auto-
J-21 6,94 ajustement 6,94 787,26 Inflammable 16 689,99
J-22 1 030,60 Inflammable 17 720,58
J-23 930,40 Inflammable 18 650,99
Auto-
J-24 7,01 ajustement 7,01 644,12 Inflammable 19 295,11
J-25 458,04 Inflammable 19 753,15
J-26 730,01 Inflammable 20 483,16
Auto-
J-27 7,09 ajustement 7,09 257,65 Inflammable 20 740,81
J-28 286,28 Inflammable 21 027,09
J-29 214,71 Inflammable 21 241,80
Auto-
J-30 7,1 ajustement 7,1 343,53 Inflammable 21 585,33
Source : Auteur

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 95
6-3-5-4- La production journalière de Biogaz avec les ajustements de pH,
et le volume cumulé journalier des essais 10 et 11
12000
Volume de BIogaz 10000
8000
(cm3) 6000
4000
2000
0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30
Jour
Volume cumulé de biogaz Volume journalier de biogaz Rectification de pH
Figure 6.12 : Volume cumulé et production de biogaz par jour, avec rectification de pH de l’essai 10
Source : Auteur

30000
biogaz (cm3)
Volume de

20000
10000
0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30
Jour
Volume cumulé de biogaz Volume journalier de biogaz Rectification de pH
Figure 6.13 : Volume cumulé et production de biogaz par jour, avec rectification de pH de l’essai 11
Source : Auteur

6-3-5-5- Interprétations des résultats des essais 10 et 11


Nous avons pu constater que l’essai 11, qui a été activé par la bouse de zébu, a produit beaucoup
plus de biogaz, avec une teneur en méthane plus élevée que l’essai 10. Effectivement, c’était l’ajout
de la bouse de zébu, contenant les bactéries propices à la méthanisation, qui a induit cette
différence. Autrement dit, le substrat de l’essai 11 a contenu plus de bactéries que l’essai 10. Après
le 3ème jour, l’essai 10 n’a produit que du CO2, car la méthanogenèse n’a pas eu lieu, tandis que
l’essai 11 a recommencé à produire du méthane au 16ème jour. Ce phénomène a été encore dû à
cette activation par la bouse de zébu.
Pendant les essais 10 et 11, nous avons pu remarquer que la production journalière de biogaz n’a
pas été interrompue. En effet, les ajustements de pH tous les 3 jours ont permis à la méthanisation
de continuer tout au long des 30 jours.
Lors des tests d’inflammabilité, le méthane produit par ces essais a brulé avec une flamme bleue.

Essai 10 Essai 11
Photo 6.49 : Test d’inflammabilité des essais 10 et 11
Source : Auteur

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 96
Au début de la fermentation, nous avons constaté que la méthanisation a été très rapide, car il y a
déjà eu une production de méthane au deuxième jour de digestion. Ceci s’explique par la grande
disponibilité en matière organique dans le substrat et les conditions de températures et de pH
respectées lors des deux premiers jours.
Le contrôle du pH tous les 3 jours a révélé que l’acidification diminue progressivement, et vers le
21ème jour, la rectification du pH n’a plus été nécessaire. Effectivement, les acides formés au cours
de la réaction se sont épuisés progressivement. Par conséquent, le pH s’est auto-ajusté à partir du
21ème jour. Les matières ligno-cellulosiques sont devenues accessibles par les micro-organismes.

6-3-6- Résultats des essais 12 et 13

Pendant ces essais, nous avons d’abord broyé la drêche de brasserie avant de l’introduire dans
le digesteur.

Drêche avant broyage Drêche après broyage


Photo 6.50 : Comparaison des aspects de la drêche avant et après le broyage
Source : Auteur
6-3-6-1- Ajustement du pH au début des essais 12 et 13
La première rectification du pH des substrats bruts a été effectuée par de la chaux, avant
l’introduction dans le digesteur.
Tableau 6.21 : Rectification du pH avant l’introduction dans le digesteur
Essai pH non-ajusté du Masse de chaux pH du mélange à
mélange de substrats ajoutée (g) l’entrée du digesteur
12 6,5 3 7,16
13 6,69 2 7,28
Source : Auteur

6-3-6-2- Les proportions en méthane du biogaz obtenu lors des essais 12 et


13

Figure 6.14 : Proportion de méthane de l’essai 12 Figure 6.15 : Proportion de méthane de l’essai 13
Source : Auteur Source : Auteur

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 97
6-3-6-3- Les résultats des essais 12 et 13
Tableau 6.22 : Résultat de l’essai 12
Essai 12 (100% Drêche): 1500 g de Drêche broyée + 2 L d'eau +3 g de chaux
Date de fermentation : du 22 Août 2023 au 21 septembre 2023
pH Volume de Volume de Volume
non soude ajouté pH biogaz Test Cumulé de
Jour ajusté (ml) ajusté obtenu (cm ) d'inflammabilité biogaz (cm3)
3

J-1 (23/08/23) 0 0
J-2 4 294,16 Inflammable 4 294,16
J-3 4,45 30 7,03 214,71 Inflammable 4 508,87
J-4 558,24 Inflammable 5 067,11
J-5 143,14 ininflammable 5 210,25
J-6 6,06 11 6,97 429,42 ininflammable 5 639,67
J-7 85,88 Ininflammable 5 725,55
J-8 114,51 ininflammable 5 840,06
J-9 6,59 5 7,03 257,65 ininflammable 6 097,71
J-10 0 6 097,71
J-11 143,14 6 240,85
J-12 6,8 3 7,08 543,93 ininflammable 6 784,78
J-13 157,45 ininflammable 6 942,23
J-14 214,71 ininflammable 7 156,94
Auto-
J-15 ajustement 357,85 ininflammable 7 514,79
J-16 143,14 ininflammable 7 657,93
J-17 71,57 ininflammable 7 729,50
Auto-
J-18 ajustement 100,20 ininflammable 7 829,69
J-19 357,85 ininflammable 8 187,54
J-20 243,34 ininflammable 8 430,88
Auto-
J-21 ajustement 57,25 ininflammable 8 488,13
J-22 171,77 ininflammable 8 659,90
J-23 586,87 ininflammable 9 246,77
Auto-
J-24 ajustement 715,69 ininflammable 9 962,46
J-25 257,65 ininflammable 10 220,11
J-26 286,28 ininflammable 10 506,39
Auto-
J-27 ajustement 214,71 ininflammable 10 721,10
J-28 458,04 ininflammable 11 179,14
J-29 343,53 ininflammable 11 522,67
Auto-
J-30 ajustement 143,14 ininflammable 11 665,81
Source : Auteur

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 98
Tableau 6.23 : Résultat de l’essai 13
Essai 13 (83% drêche + 17% bouse) : 1250 g drêche de brasserie + 250 g de bouse de zébu + 2
L d'eau +2 g de chaux
Date de fermentation : du 22 Août 2023 au 21 septembre 2023
Volume de Volume de Volume
pH non soude ajouté pH biogaz obtenu Test Cumulé de
Jour ajusté (ml) ajusté (cm3) d'inflammabilité biogaz (cm3)
J-1
(23/08/23) 0 0
J-2 4 294,16 Inflammable 4 294,16
J-3 4,97 23 7,17 143,14 Inflammable 4 437,30
J-4 1 374,13 Inflammable 5 811,44
J-5 543,93 ininflammable 6 355,36
J-6 6,07 13 6,96 1 130,80 ininflammable 7 486,16
J-7 300,59 ininflammable 7 786,75
J-8 1 946,69 ininflammable 9 733,44
J-9 6,36 8 7 214,71 ininflammable 9 948,15
J-10 214,71 ininflammable 10 162,86
J-11 143,14 ininflammable 10 306,00
J-12 6,89 1 7,04 801,58 ininflammable 11 107,57
J-13 701,38 ininflammable 11 808,95
J-14 830,21 ininflammable 12 639,16
Auto-
J-15 ajustement 1 617,47 ininflammable 14 256,63
J-16 672,75 ininflammable 14 929,38
J-17 1 889,43 Inflammable 16 818,81
Auto-
J-18 ajustement 472,36 Inflammable 17 291,17
J-19 744,32 Inflammable 18 035,49
J-20 959,03 Inflammable 18 994,52
Auto-
J-21 ajustement 572,55 Inflammable 19 567,08
J-22 744,32 Inflammable 20 311,40
J-23 515,30 Inflammable 20 826,70
Auto-
J-24 ajustement 973,34 Inflammable 21 800,04
J-25 472,36 Inflammable 22 272,40
J-26 329,22 Inflammable 22 601,62
Auto-
J-27 ajustement 543,93 Inflammable 23 145,54
J-28 372,16 Inflammable 23 517,71
J-29 572,55 Inflammable 24 090,26
Auto-
J-30 ajustement 171,77 Inflammable 24 262,03
Source : Auteur

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 99
6-3-6-4- La production journalière avec ajustement de pH des essais 12 et
13

Volume de biogaz (cm3) 14000


12000
10000
8000
6000
4000
2000
0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30

Jour
Volume cumulé de biogaz Volume journalier de biogaz Rectification de pH

Figure 6.16 : Volume cumulé et production de biogaz par jour, avec rectification de pH de
l’essai 12
Source : Auteur

30000
Volume de biogaz (cm3)

25000
20000
15000
10000
5000
0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30
Jour
Volume cumulé de biogaz Volume journalier de biogaz Rectification de pH

Figure 6.17 : Volume cumulé et production de biogaz par jour, avec rectification de pH de
l’essai 13
Source : Auteur

6-3-6-5- Observations et Interprétations des résultats des essais 12 et 13


Nous avons remarqué que le mélange de la drêche avec de la bouse de zébu et de l’eau
a été plus homogène lorsque nous avons broyé la drêche de brasserie. La photo ci-
dessous montre cette observation :

Photo 6.51 : Mélange drêche broyé + bouse de zébu + eau


Source : Auteur
Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 100
Nous avons remarqué également que lorsque le digesteur rempli de substrats est placé
quelques heures dans le bac d’immersion, une croûte se forme rapidement à la surface
des substrats. La disparition de cette croûte et le dégazage ne s’effectuent qu’après une
agitation manuelle du digesteur.
Nous avons constaté aussi, pendant ces essais que le biogaz est produit tous les jours
tout au long du temps de rétention. De plus, le rendement en biogaz a augmenté par
rapport à ceux des essais précédents, avec une teneur en méthane presque identique.
Ces phénomènes s’expliquent par l’ajustement du pH tous les 3 jours et le
prétraitement mécanique (broyage) que nous avons effectué. Effectivement, le
complexe ligno-cellulosique contenu de la drêche de brasserie a été décomposé
pendant le broyage, ce qui a augmenté la biodégradabilité du substrat ainsi que sa
bioaccessibilité par les micro-organismes.
Comme lors des essais précédents, le contrôle du pH tous les 3 jours a révélé que
l’acidification diminue progressivement, et vers le 15ème jour, la rectification du pH
n’a plus été nécessaire. Effectivement, les acides formés au cours de la réaction se sont
épuisés progressivement. En conséquence, le pH s’est auto-ajusté à partir du 15ème
jour.
Pendant les tests d’inflammabilité, la présence de méthane a été justifiée par une
flamme bleue légèrement orangée. La couleur orange de la flamme pendant le test
montre la présence d’imbrûlés causée par un déséquilibre de la combustion air/biogaz
au niveau de la vanne du gazomètre.

Essai 12 Essai 13
Photo 6.52 : Test d’inflammabilité des essais 12 et 13
Source : Auteur

6-3-7- Comparaison des résultats


6-3-7-1- Volume cumulé par jour
La figure suivante présente les courbes d’évolution journalière des volumes cumulés de tous
les essais :

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 101
15000

Volume Cumulé
10000
Essai 1

(cm3)
5000
0 Essai 2
1 3 5 7 9 11 13 15 17 19 21 23 25 27 29 Essai 3
Jour

8000
Volume cumulé

6000
(cm3)

4000 Essai 4
2000
Essai 5
0
Essai 6
1 3 5 7 9 11 13 15 17 19 21 23 25 27 29
Jour

15000
volume cumulé

10000
(cm3)

5000 Essai 7

0 Essai 8
1 3 5 7 9 11 13 15 17 19 21 23 25 27 29 Essai 9

Jour

30000
Volume cumulé

20000 Essai 10
(cm3)

10000 Essai 11
0 Essai 12
1 3 5 7 9 11 13 15 17 19 21 23 25 27 29 Essai 13
Jour

Figure 6.18 : Evolution de la production journalière cumulée de biogaz pour les treize essais
Source : Auteur

Nous pouvons observer à partir de la figure ci-dessus que :


Chacune des courbes des essais 1,2 et 3 montre une forte production de biogaz pendant les
premiers jours, et devient ensuite constante jusqu’à la fin. C’est la perturbation
occasionnée par le pH qui provoque ce phénomène.
L’aspect des courbes des essais 4,5 et 6 exprime une production de biogaz au début, puis
un arrêt pendant plusieurs jours. Cet arrêt est causé par la perturbation due à l’acidification
du milieu et à la baisse de température provoquée par la panne de la résistance chauffante.

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 102
Vers la fin de l’essai, du biogaz est de nouveau produit en raison de l’épuisement des
acides formés.
L’allure de la courbe de l’essai 7 montre une évolution assez constante à partir du 11ème
jour, car la production journalière est très faible à cause de l’épuisement de la matière
organique disponible et l’acidification du milieu.
Les courbes des essais 8 et 9 montrent une production de biogaz au début, puis un arrêt
pendant quelques jours, et une reprise de la production vers la fin. Cette instabilité de la
production est causée par la perturbation due au changement du pH, qui est neutre au
début, puis s’acidifie et remonte un peu au cours des derniers jours par auto-ajustement.
Les courbes des essais 11 et 13 présentent une évolution croissante considérable signifiant
que chaque jour, une production de biogaz est réalisée. La cause de cette production
continue est l’ajustement du pH tous les 3 jours et la facilité de la dégradation des substrats
(complexe ligno-cellulosique) pour l’essai 13. La hausse du volume produit par jour est
causée par l’activation par la bouse de zébu.
Les courbes des essais 10 et 12 montrent une évolution moyennement croissante, qui
signifie que la production journalière existe en raison de la rectification du pH tous les 3
jours. Mais la quantité de la production journalière est faible, le substrat n’étant pas activé
par la bouse de zébu. Les micro-organismes responsables de la réaction sont donc moins-
nombreux.

6-3-7-2- La productivité en biogaz et la production moyenne de biogaz et


de méthane par jour de chaque essai
Le tableau ci-dessous montre la productivité de chaque essai :
Tableau 6.24 : Productivité de chaque essai
Essai Volume total de biogaz obtenu (L) Productivité (L/ kg de mélange de substrat et de ferment)
1 4,623 3,082
2 13,598 9,065
3 4,022 2,681
4 5,725 3,816
5 7,071 4,714
6 5,811 3,874
7 11,651 7,767
8 9,075 6,050
9 12,338 8,225
10 9,604 6,402
11 21,585 14,390
12 11,665 7,777
13 24,262 16,175
Source : Auteur

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 103
900

(Volume de biogaz (cm3/jour)


800
700
600
500
400
300
200
100
0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14
Essai

100 % drêche 83% drêche + 17% bouse 50% drêche + 50% bouse

Figure 6.19 : Comparaison des volumes moyens de biogaz obtenus pour chaque essai
Source : Auteur

600
Vomuùe de méthane (cm3/jour)

500

400

300

200

100

0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14
Essai

100 % drêche 83 % drêche + 17% bouse de vache 50% drêche + 50% bouse

Figure 6.20 : Comparaison des volumes moyens de méthane obtenus pour chaque essai
Source : Auteur

Interprétations du tableau et des figures ci-dessus :


Nous avons pu observer sur le tableau 6.24 et les figures 6.19 et 6.20 que les essais avec
50% de drêche + 50% de bouse de zébu n’ont pas donné beaucoup de biogaz et de
méthane. Cela peut être causé par la disponibilité en matière organique qui a été faible par
rapport aux autres. C’est pour cela qu’on n’a plus continué les essais avec cette proportion
à partir de l’essai 7.
Pour les essais avec 100% de drêche, l’essai 7, dont la drêche a subit un prétraitement
biologique, et l’essai 12 ayant subit un prétraitement mécanique accompagné d’une

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 104
rectification de pH, ont eu le meilleur rendement en biogaz. Toutefois, le rendement en
méthane de l’essai 12 a été faible par rapport à celui de l’essai 7, car la soude contient des
matières toxiques pour les bactéries, comme l’ion minéral Na+, ayant pu perturber le
processus bactérien tout en altérant la qualité du digestat.
Nous avons pu remarquer sur ces figures que peu importe le type de traitement appliqué,
c’étaient les essais dont la proportion de substrat est de 83% de drêche avec 17% de bouse
de zébu qui ont eu les meilleurs rendements en biogaz, et également en méthane. La raison
de la productivité de ces essais a été la grande disponibilité en matière organique dans la
drêche activée par la bouse de zébu, refermant les micro-organismes bénéfiques pour la
méthanisation.
Parmi les treize essais, c’était l’essai 13 qui a eu le meilleur rendement en biogaz et en
méthane, car la drêche qui a constitué les 83% du substrat, étant riche en matière
organique, a subit un prétraitement mécanique. Elle a été aussi activée par la bouse de
zébu, la température ayant été maintenue dans la zone mésophile, et le pH rectifié tous les
trois jours.

6-4- Discussions
6-4-1- Les facteurs influençant ces résultats
6-4-1-1- La proportion en substrat et cosubstrat
Les résultats de ces essais confirment que l’activation par la bouse de zébu est
nécessaire pour optimiser le rendement en biogaz, surtout en méthane. Néanmoins, la teneur
optimale en bouse de zébu est de 17% pour le cas de la valorisation de la drêche de ces essais.
Cette valeur est analogue à la teneur optimale de bouse de zébu permettant le démarrage de la
fermentation méthanique du tourteau de Jatropha, entre 10 à 20%, d’après les études de
RALANTOMAHEFA R. (2007) [60].
Effectivement, d’après les analyses effectuées dans le chapitre 5, la teneur en matière
organique de la drêche est très élevée (88,93%), et l’ajout de 17% de bouse de zébu a encore
augmenté cette teneur (89,61%) tout en élevant également le rapport C/N (de 11,67 à 12,2).
Même si ce rapport est encore inférieur à la valeur optimale (égale à 30), les essais avec une
activation par la bouse de zébu ont produit un volume de biogaz considérable. Toutefois, un
ajout de cosubstrat plus riche en carbone peut accroître ce rapport C/N jusqu’à la valeur
optimale, donc cela pourrait optimiser le rendement en biogaz.

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 105
6-4-1-2- La rectification du pH
 Nous avons pu remarquer qu’au cours des expériences, nous avons surtout travaillé en
fonction du pH qui, d’après les observations, a joué un rôle très important au cours de
la fermentation des substrats. Nous avons pu même dire que le pH est un facteur de
performance de la technique de méthanisation de la drêche. Cela confirme la
conclusion du chapitre 5, déclarant qu’un ajustement et un contrôle du pH sont
indispensables dans la méthanisation de la drêche.
 Effectivement, la drêche étant une matière végétale fraîche, sa méthanisation peut
causer un phénomène d’acidose. D’après les résultats des essais effectués, le jus de
paille n’est pas efficace pour augmenter le pH. Par contre, la chaux est efficace. Ce qui
confirme les informations du paragraphe 2-6-2-3, ainsi que les recherches de
RAHARIJAONA O. T. (2006) et de RALANTOMAHEFA R. (2007) affirmant que
l’ajout de la chaux ou du bicarbonate de soude peut augmenter le pH des substrats
pour la méthanisation. Mais, au cours de nos expériences, à part l’ajustement du pH au
début par la chaux, nous avons également utilisé une solution de soude à 40% de
concentration pour rectifier le pH pendant la digestion. Nous avons choisi cette base,
car elle est en forme liquide pouvant facilement être introduite dans le digesteur
étanche. La soude peut donc être remplacée par de la chaux s’il y a un moyen de
l’introduire dans le digesteur sans compromettre la condition d’anaérobiose.
Toutefois, l’utilisation de ces bases doit être limitée pour favoriser la production de
méthane au lieu de CO2.
 Les essais nous ont permis de vérifier la citation du paragraphe 2-6-2-3 qui affirme
que le pH aux environs de la neutralité (entre 6,6 et 7,6) est favorable au processus de
méthanisation, le pH optimal étant de 7,1.
 Le travail de recherche de Kalloum S. et al. (2007), qui a étudié l’influence du pH sur
la production du biogaz à partir des déchets ménagers, a montré que l’ajustement du
pH aux alentours de 7 pendant les dix premiers jours de fermentation favorise le
développement des bactéries méthanogènes, en augmentant ainsi le rendement en
biogaz [61]. En effet, nous avons pu constater lors de nos essais que les matières
organiques produisent deux fois plus de biogaz si nous ajustons le pH aux environs du
pH neutre pendant les 18 premiers jours au maximum. Le contrôle du pH des essais
10, 11, 12 et 13 a de même confirmé l’existence de l’auto ajustement du pH à un
certain moment de la fermentation, qui est due à l’épuisement des acides formés dans

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 106
la première partie par les bactéries acétogènes, mentionné par Kalloum S. et al.
(2007).
 Pour le cas de la drêche de brasserie, un pH-mètre doit être installé en permanence
parmi les dispositifs de méthanisation afin de contrôler et d’ajuster le pH à partir de la
réception de la drêche dans le site de méthanisation jusqu’à la fin de la digestion,
puisque le pH de ce substrat est très instable.

6-4-1-3- Température
A partir des essais 4, 5 et 6, nous avons pu constater l’importance de la température
dans la fermentation. En effet, lorsqu’une panne de chauffage est survenue au cours de ces
essais, la méthanisation a été interrompue, la température étant descendue au dessous de la
zone mésophile. Ce qui a également affecté le rendement en biogaz et en méthane.

6-4-1-4- Le prétraitement
Dans le chapitre 1, le paragraphe 1-5-4-3 cite que la valorisation de la drêche de
brasserie en biogaz nécessite d’abord un prétraitement pour dégrader les structures fibreuses,
la drêche étant très riche en ces substances. Ce paragraphe mentionne également que
l’efficacité de ce prétraitement et le choix du type de traitement influencent grandement le
rendement en biogaz. Nos études expérimentales confirment ces informations. En effet, pour
les essais avec 100 % de drêche, ce sont l’essai 7 (ayant subit un prétraitement biologique) et
l’essai 12 (ayant subit un prétraitement mécanique) qui ont produit le plus de biogaz, avec une
production journalière en continue. De même, pour les essais avec 83% de drêche et 17% de
bouse de zébu, c’est l’essai 13 dont la drêche utilisée a subit un prétraitement mécanique qui
produit le plus de biogaz, avec une production journalière en continue.

6-4-2- Les paramètres optimaux pour valoriser la drêche de brasserie


D’après les études effectuées, si nous voulons réussir la valorisation de la drêche de brasserie
en biogaz :
- Elle doit d’abord subir un prétraitement dans le but d’altérer les composés ligno-
cellulosiques qu’elle renferme, ainsi la bioaccessibilité et la biodégradabilité du
substrat par les micro-organismes accroissent également.
- Le pH doit être contrôlé et ajusté à l’entrée dans le digesteur, pendant la fermentation
anaérobie et vers la sortie du digesteur.
- Les conditions de son stockage doivent être favorables à la méthanisation.

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 107
- Il est nécessaire d’ajouter de la bouse de zébu avec une teneur de 17% pour optimiser
le rendement en biogaz.
- Le digesteur doit être muni d’un agitateur afin d’éviter la formation de croûte et de
faciliter le dégazage.

6-4-3- Les utilisations possibles du biogaz obtenu par la drêche de


brasserie
En s’inspirant du paragraphe 3-6, le biogaz obtenu à partir de la drêche de brasserie peut être
valorisé :
 En énergie thermique, qui est adaptée aux consommateurs se situant à proximité des
sites de biogaz. Même une teneur en méthane proche de 20% est suffisante pour cette
valorisation. La drêche de brasserie peut donc très bien être utilisée comme substrat
pour cette transformation.
 En énergie électrique, nécessitant au minimum 35% de méthane avec un débit allant
de 10 Nm3.h-1 à 500 Nm3.h-1. La drêche est aussi idéale pour cette valorisation si le pH
est bien contrôlé.
 En carburant automobile, qui est seulement possible pour le cas de l’essai 2 dont la
teneur en méthane est à 97%.
 Or, en considérant les données du paragraphe 3-5-3 concernant les équivalences
énergétiques, et en effectuant le calcul à partir des proportions de l’essai 13 ayant eu le
meilleur rendement tout au long des études expérimentales, avec une teneur en
méthane à 62%, on peut déduire que la méthanisation d’un mélange d’environ 51 kg
de drêche prétraitée mécaniquement avec 10kg de bouse zébu, pendant 30 jours, avec
contrôle et ajustement du pH au début et pendant la digestion, produit 1m3 de biogaz,
étant approximativement et théoriquement équivalent à :
o 0,6 L d’essence
o 0,85 L d’alcool à brûler
o 4,58 kWh d’électricité
o 0,5 L de mazout
o 0,62 kg de charbon de bois
o 0,5 m3 de gaz naturel (méthane)

6-5- Conclusion partielle


En résumé, ce chapitre 6 a développé les études de la méthanisation de la drêche de
brasserie, effectuées au Laboratoire du département énergétique du C.N.R.I.T. La matière
Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 108
première principale est la drêche de brasserie, et le cosubstrat est la bouse de zébu. A part ces
matières, nous avons également utilisé du jus de paille, de la chaux et de la soude pour ajuster
le pH acide du substrat. Pour faire les expériences, nous avons utilisé plusieurs matériels de
laboratoire et d’autres matériels personnels.
Nous avons réalisé 13 essais de méthanisation tout au long de l’étude. Ces essais ont
eu des modes opératoires différents et ont chacun eu leur propre résultat. Les résultats obtenus
ont montré la complexité de la méthanisation de la drêche. Effectivement, pour réussir cette
opération, il est nécessaire de prétraiter le substrat, de contrôler et d’ajuster minutieusement le
pH au début et tout au long du processus, d’ajouter de la bouse de zébu avec une teneur de
17%, de respecter la zone mésophile de température, et d’agiter le contenant du digesteur
pendant la fermentation.
Après ces études de méthanisation, le chapitre qui va suivre exposera les expériences
effectuées pour valoriser le digestat.

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 109
Chapitre 7 : Valorisation du digestat en matière fertilisante
A part le biogaz, la méthanisation produit également un second produit, appelé
« digestat », qui possède d’excellentes propriétés fertilisantes. Dans ce chapitre, on exposera
les expériences réalisées pour transformer le digestat obtenu, à partir de la méthanisation de la
drêche de brasserie, en matière fertilisante suivant les normes.

7-1- Matériels
7-1-1- Préparation de levure
Dans le but d’accélérer le processus de compostage, nous avons d’abord préparé une levure
que nous allons utilisée dans l’élaboration du compost.

7-1-1-1- Les matières premières et consommables

Photo 7.01 : Sucre Photo 7.02 : Eau du robinet


Source : Auteur Source : Auteur

Photo 7.03 : Son de riz (« ampombo Photo 7.04 : Liquide ruminal de zébu
malemy ») frais (« Ranon-tsinain’omby »)
Source : Auteur Source : Auteur

7-1-1-2- Les matériels


- Marmite, charbon et réchaud : pour cuire le son de riz
- Louche en bois : pour remuer le contenant de la marmite
- Cuvette : contenant pour mélanger les matières premières
- Bidon : pour stocker la levure obtenue

7-1-2- Séparation de phase du digestat brut


Avant le compostage, le digestat a d’abord subit une séparation de phase.

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 110
7-1-2-1- La matière première
La matière première est l’ensemble de digestat brut obtenu après la méthanisation des essais 8
à 13.

Photo 7.05 : Mélange du digestat brut obtenu des essais 8 à 13


Source : Auteur
7-1-2-2- Le matériel
Pour notre cas, le matériel utilisé a été un tamis en plastique, car le digestat obtenu est
en petite quantité, et nous n’avons pas eu accès à des matériels plus adéquats (comme la vis
compacteuse, la décanteuse centrifugeuse ou le tamis rotatif, qui sont mentionnés dans l’étude
bibliographique).

Photo 7.06 : Tamis en plastique


Source : Auteur
7-1-3- Fabrication du compost
7-1-3-1- Les matières premières
La matière première principale, que nous voulons étudier dans ce chapitre, est le
digestat solide obtenu de la méthanisation de la drêche de brasserie. Mais, d’une part, comme
les expériences de méthanisation ont été faites à l’échelle laboratoire, la quantité de digestat
obtenu a été très faible, ce qui n’a pas permis la réalisation du processus de compostage.
L’ajout d’autres matières premières organiques s’est avéré alors indispensable. D’autre part,
pour accélérer le temps de compostage, nous avons également utilisé de la levure, préparée 15
jours avant la mise en place du compost, dont les matériels pour son élaboration ont été
présentés dans le paragraphe 7-1-1.
Les matières premières, autres que le digestat solide et la levure, sont citées et
illustrées par les photos ci-dessous. Il faut noter que le sac mentionné, pour mesurer la
quantité des matières premières et des produits, est un sac en polypropylène tissé, dont la
dimension est de 65cm de largeur et 105 cm de longueur. Le digestat solide a rempli 1/8 de ce
sac.

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 111
 1 sac de terreau  2/3 de sac de  1/2 de sac de déchet d’autres
déchet de chou légumes (citrouille, brèdes,
vert poireau, pelure de carotte)

Photo 7.07 : Terreau Photo 7.08 : Déchet de Photo 7.09 : Déchet d’autres légumes
Source : Auteur chou vert Source : Auteur
Source : Auteur

 1/4 de sac de  1/8 de sac de  1 sac et demi de paille de riz


pelure de pomme tronc de bananier découpé
de terre et de découpé
manioc

Photo 7.10 : Pelure de Photo 7.11 Tronc de Photo 7.12 : Paille de riz découpé
pomme de terre et de manioc bananier découpé Source : Auteur
Source : Auteur Source : Auteur

 1/4 de sac de  4 sacs de fumier de fosse


 1/3 de sac de balle
cendre de balle de (« zezim-pahitra »)
de riz
riz

Photo 7.13 : Balle de riz Photo 7.14 : Cendre de Photo 7.15 : Fumier de fosse
Source : Auteur balle de riz Source : Auteur
Source : Auteur

7-1-3-2- Les matériels


Pour la mise en place du tas de compost, ainsi que son entretien, nous avons utilisé les
matériels sur les photos suivantes :

Photo 7.16 : Une bèche Photo 7.17 : Natte en Photo 7.18 : Arrosoir
Source : Auteur polypropylène Source : Auteur
Source : Auteur

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 112
7-1-4- Caractérisation des produits obtenus
7-1-4-1- Caractérisation des produits
Le digestat liquide et le compost obtenu ont été analysés au Laboratoire pédologique
de FOFIFA. Pour le compost, les matériels utilisés ont été les mêmes que ceux mentionnés
dans le paragraphe 5-2 pour les analyses des substrats. Par contre, l’analyse du digestat
liquide a été effectuée par le personnel de ce laboratoire, et les matériels utilisés n’ont pas été
précisés.

7-1-4-2- Test de maturité des produits obtenus


Pour tester la maturité du digestat liquide et du compost obtenu, à part les analyses au
FOFIFA, nous avons aussi fait des tests à partir de la plantation de haricot blanc sec. Les
matériels utilisés sont les suivants :

Photo 7.19 : Haricot blanc sec Photo 7.20 : Terre cultivable Photo 7.21: Compost
Source : Auteur Source : Auteur Source : Auteur

Photo 7.22 : Digestat liquide Photo 7.23 : Seringue Photo 7.24 : Pot de fleur en
Source : Auteur Source : Auteur plastique
Source : Auteur
7-2- Méthodes
7-2-1- Préparation de la levure
15 jours avant l’élaboration du compost, la levure a d’abord été préparée comme suit :

 Préparer une solution composée d’1 kg de sucre et de 5L d’eau


 Mélanger 3kg de son de riz avec 10L d’eau
 Chauffer le mélange jusqu’à ébullition, puis refroidir
 Récupérer 5 L de liquide ruminal de zébu frais, avec un délai maximal de 3 heures
avant le mélange de toutes les matières premières.

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 113
 Mélanger la solution sucrée avec le liquide ruminal
 Ajouter le mélange d’eau et de son de riz refroidi, puis remuer
 Verser l’ensemble dans un bidon et laisser reposer pendant 15 jours avant l’utilisation

Photo 7.25 : Photo 7.26 : Chauffage Photo 7.27 : Versement Photo 7.28 :
Mélange du son de du mélange eau + son du mélange dans le Stockage de la
riz avec l’eau de riz bidon préparation
Source : Auteur Source : Auteur Source : Auteur pendant 15 jours
Source : Auteur
7-2-2- Séparation de phase
Puis, la veille de l’élaboration du compost, nous avons effectué la séparation de phase du
digestat comme suit :
1- Premier 2- Essorage du digestat 3- Deuxième
tamisage du solide obtenu à partir du tamisage et
digestat brut premier tamisage pour essorage
bien se débarrasser du
liquide

Photo 7.29 : Tamisage du Photo 7.30 : Essorage du digestat Photo 7.31 : Deuxième
disestat brut solide tamisage et essorage
Source : Auteur Source : Auteur Source : Auteur

7-2-3- Fabrication du compost et suivi du processus


 Tout d’abord, nous avons récupéré et rassemblé toutes les matières à l’endroit où nous
avons effectué le compostage.

Photo 7.32 : Rassemblement de toutes les matières premières


Source : Auteur
Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 114
 Puis nous avons mis en place le tas de compost sur un endroit abrité du soleil, nous
avons disposé les matières premières par couche successive, dans l’ordre suivant :
1- Terreau 12- Paille de riz découpé
2- Fumier de fosse Versement de levure
3- Déchet de chou vert 13- Fumier de fosse
4- Paille de riz 14- Cendre de balle de riz
5- Terreau Versement de levure
Versement de levure 15- Pelure de manioc et de
pomme de terre
6- Déchet d’autres légumes Versement de levure
7- Fumier de fosse 16- Digestat solide
8- Digestat solide 17- Terreau
9- Déchet de chou vert Versement de levure
Versement de levure 18- Paille de riz découpé
10- Balle de riz 19- Déchet de chou vert
Versement de levure 20- Fumier de fosse
11- Tronc de bananier découpé

N.B. : A part son rôle d’activateur du processus de compostage, la solution de levure a


également joué le rôle d’agent d’humectation du tas lors de sa mise en place. C’est pour cela
qu’à chaque couche, lorsque la matière première est sèche, nous avons versé de la levure.

Photo 7.33 : Mise en tas des couches de matières organiques


Source : Auteur
 Lorsque les couches ont été installées, le reste de fumier de fosse a été répandu pour
recouvrir les couches. L’implantation du tas a alors été terminée.

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 115
Photo 7.34 : L’Aspect du tas installé
Source : Auteur
 Le tas a été ensuite couvert par la natte en polypropylène.

Photo 7.35 : Couverture du tas par la natte en polypropylène


Source : Auteur

 Depuis l’installation des différentes couches jusqu’à la maturation du compost,


l’humidité et la température du tas ont été contrôlées une fois par jour, et ce contrôle a
été accompagné du retournement et du remuement du tas, afin d’assurer l’aération et
la maitrise de la température. Les méthodes de contrôles appliquées ont été celles
conseillées par le personnel du laboratoire FOFIFA, expliquées ci-après :
o Le contrôle de l’humidité se fait en pressant un échantillon de compost par la
main. L’humidité optimale est entre 40 à 65%. Si l’échantillon devient
compact, nous avons une bonne humidité, Si celui-ci devient compact en
dégageant de l’eau, l’humidité est supérieure à la valeur optimale. Si
l’échantillon s’éparpille, l’humidité est faible. Lorsque le tas est sec, nous
l’arrosons par de l’eau jusqu’à l’obtention de l’humidité optimale. Par contre,
lorsqu’il est trop humide, nous ajoutons une matière organique sèche.
o Pour contrôler la température, nous introduisons la main au centre du tas. La
température est mesurée en fonction de la durée pendant laquelle la main

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 116
supporte la chaleur dans le tas. Nous avons pris comme référence de cette
mesure les résultats des études sur « La correspondance entre la température et
la durée supportée par la main dans le compost », effectuées par le Docteur
RAVAOARINIRINA Zoé Martine en 2017 [62]. Ces résultats d’études sont
présentés dans l’annexe 3 de ce mémoire. Dans le cas où la température
dépasse 60°C, nous laissons le tas à l’air libre pendant quelques minutes au
moment du retournement, jusqu’à ce que la température descende à une valeur
entre 40°C à 60 °C. Par contre, si la température est moyenne (entre 40°C et
60°C) ou basse, nous procédons au retournement une fois par jour, puis nous
recouvrons tout de suite le tas par la natte en polypropylène.

Photo 7.36 : Retournement du Photo 7.37 : Test de Photo 7.38 : Arrosage du


tas l’humidité tas
Source : Auteur Source : Auteur Source : Auteur

7-2-4- Caractérisations des produits obtenus

7-2-4-1- Analyses au FOFIFA

Les méthodes d’analyse du compost obtenu dans le Laboratoire pédologique de


FOFIFA sont identiques à celles mentionnées dans le paragraphe 5-3. L’analyse du digestat
liquide a été effectuée par le personnel du laboratoire de FOFIFA, et les informations sur les
méthodes n’ont pas été transmises.

7-2-4-2- Test de maturité des produits obtenus

Nous avons effectués 3 essais de plantation de haricot :


- Dans le pot de l’essai 1, nous avons mis 2000g de terre cultivable, dans laquelle nous
avons semé 10 grains de haricot blanc sec, avec une profondeur de 2 cm.
- Dans le pot de l’essai 2, nous avons mis 1900g de terre cultivable, dont la surface
supérieure a été mélangée avec 100g du compost obtenu. Dans ce pot, nous avons
semé 10 grains de haricot blanc sec, avec une profondeur de 2 cm.

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 117
Ces deux essais ont été arrosés une fois par jour avec de l’eau.

- Dans le pot de l’essai 3, qui est petit par rapport aux pots précédents, nous avons mis
1000g de terre cultivable, dans laquelle nous avons semé 5 grains de haricot blanc sec,
avec une profondeur de 2 cm. Ce troisième essai a été arrosé avec 10ml de digestat
liquide dilué (dilution 1/10) le premier jour de plantation. Pendant les jours suivants,
nous avons arrosé cet essai avec de l’eau une fois par jour, comme les autres essais. Il
faut noter que l’essai 3 n’a pas été effectué pendant la même période que les deux
premiers essais.

7-3- Résultats et interprétations


7-3-1- Les produits obtenus à partir de la séparation de phase
7-3-1-1- Les différentes phases obtenues
A partir d’environ 22L de digestat brut des essais 8 à 13, nous avons obtenu à peu près 13L de
phase liquide et 9kg de phase solide. Leurs aspects sont présentés sur les photos ci-après :

Photo 7.39 : Le digestat liquide Photo 7.40 : Le digestat solide


Source : Auteur Source : Auteur

7-3-1-2- Les caractéristiques du digestat liquide


D’après les analyses effectuées au Laboratoire de FOFIFA, 11 jours après la fin de l’essai 13,
le digestat liquide possède un pH 6,71. La masse d’un litre de ce digestat liquide est de 1015g.
Ses caractéristiques chimiques sont présentées dans le tableau ci-après :

Tableau 7.01 : Caractéristiques chimiques du digestat liquide


Sigle N PO4 K Na Ca
Concentration (g/L) 2,840 0,072 0,122 3,830 0,372
Teneur en masse (%) 0,2800 0,0071 0,0120 0,3770 0,0370
Source : Auteur

7-3-1-3- Interprétations de ces résultats


Nous pouvons confirmer à partir de ces résultats que le digestat brut est composé
d’une phase liquide et d’une phase solide.

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 118
L’analyse du digestat liquide confirme également l’information du paragraphe 4-1 qui
cite que le digestat brut contient les matières minérales dissoutes (N, P, K)
La présence d’une quantité élevée de sodium (Na) est justifiée par l’ajout de soude
lors de la méthanisation. La présence de calcium (Ca) est causée par l’ajout de chaux.
Le pH du digestat liquide brut est 6,71. Cette valeur est plus basique que le pH du
substrat au début de la méthanisation, parce que nous avons ajouté de la soude et de la
chaux pendant la méthanisation, et après le temps de rétention, le pH s’est auto-ajusté.

7-3-2- Les résultats des suivis lors du compostage


Le tableau ci-après présente le résultat du suivi journalier du processus de compostage :
Tableau 7.02 : Résultat du suivi du compostage par jour
Jour Durée supportée Température Humidité Entretien du tas
par la main dans le tas du compost
0 (installation illimitée Température Tas sec Installation des couches,
22/09/2023) ambiante humectation par la levure.
1 12 s 45 °C Tas sec Retournement, Humidification
par l’eau
2 9s 50°C Tas sec Retournement, Humidification
par l’eau
3 2s 65°C Convenable Retournement systématique
4 2s 65°C Convenable Retournement systématique
5 5s 55°C Convenable Retournement systématique
6 12s 45°C Convenable Retournement systématique
7 illimitée Température Convenable Retournement systématique
ambiante
8 illimitée Température Convenable Retournement systématique
ambiante
9 illimitée Température Convenable Retournement systématique
ambiante
10 illimitée Température Convenable Fin de compostage
ambiante
Source : Auteur
La figure suivante montre la variation de température tout au long des jours de compostage :

80
Température (°C)

60
40
20 Température (°C)

0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11
Jour

Figure 7.01 : Evolution de la température en fonction du jour au cours du compostage


Source : Auteur
Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 119
Nous pouvons interpréter ces résultats comme suit :
L’entretien du tas a été efficace pour la maîtrise du compostage, car l’aération,
l’humidité et la température ont été bien contrôlés.
La durée du compostage a été très rapide à cause de l’utilisation de la levure.
Effectivement, sur la figure 4.01, le compostage peut durer jusqu’à 6 mois. Par contre,
au cours de notre expérimentation, la durée de compostage est de 10 jours. Nous
pouvons alors conclure que la levure préparée dans ce mémoire a été efficace.
Nous pouvons déduire de la figure 7.01 que pour l’essai de compostage :
- La phase mésophile a duré deux jours (du jour 0 au deuxième jour) ;
- La phase thermophile a débuté à partir du troisième jour jusqu’au cinquième
jour
- La phase de refroidissement se situe entre le sixième et le septième jour
- La phase de maturation a commencé à partir du huitième jour jusqu’au dixième
jour.

7-3-3- Les caractéristiques du compost obtenu

A partir du septième jour de compostage, nous avons remarqué que le compost était
déjà mûr, car les matières premières ont été toutes digérées, et le compost avait une odeur
caractéristique qui ressemble à une odeur de sous-bois. De plus l’ensemble a été homogène,
avec une couleur brun foncé comme celle du terreau. Mais nous avons continué le traitement
jusqu’au dixième jour. C’est à ce dixième jour qu’un échantillon du compost a été prélevé et
analysé au Laboratoire pédologique de FOFIFA.

Photo 7. 41 : Aspect du compost au septième jour de compostage


Source : Auteur

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 120
Tableau 7.03 : Résultat de l’analyse du compost obtenu

Sigle H M.S(%) N(%) P(%) C(%) M.O(%) C/N K(%) Na(%) pH


(%)
Compost 57,3 42,7 1,10 0,525 17 28,24 15,45 2,88 0,525 7,80
Source : Auteur

Interprétations de ces résultats :


L’odeur caractéristique de sous-bois et l’aspect du compost au septième jour justifient
que le compostage a été réussi, parce que la mauvaise odeur et les nuisances ont été
maitrisées, et les matières premières n’ont plus été distinctes.
Le taux d’humidité 57,3 % appartient à l’intervalle d’humidité optimale pour le
compostage, qui est entre 40% à 65%.
A cause des variétés de matières premières utilisées, comportant des matières
organiques à forte teneur en carbone (paille, balle et cendre de balle de riz, etc.) et des
matières organiques à forte teneur en azote (fumier de fosse, déchets de légumes, etc.),
les micro-organismes ont été bien nourris. De plus, les quantités de ces différentes
matières premières sont les causes des différentes teneurs montrées dans le tableau
7.03. La teneur en sodium des matériaux de départ est la cause de la présence du
sodium dans le compost. Etant donné que nous avons utilisé de la soude lors de la
méthanisation, le digestat solide qui en découle peut contenir du sodium, celui-ci
influence donc fortement le pourcentage en sodium dans le compost.
Le rapport C/N égale à 15,45 est très proche du ratio optimal qui est entre 10 et 15,
d’après le paragraphe 4-5-3-3.
La valeur du pH égale à 7,8 appartient à l’intervalle de pH optimal qui est entre 6 et 8.

7-3-4- Le rendement en compost obtenu


A partir d’un total de 8,25 sacs de matières premières, nous avons obtenu 4 sacs de
compost dont la masse moyenne d’un sac est de 67 kg. En divisant donc le nombre de sacs de
compost obtenus par le nombre de sacs de matières premières utilisées, et en multipliant par
100, le rendement en compost est de 48,48%.
Nous pouvons alors affirmer que le compostage a réduit la quantité de déchets, en les
rendant plus stables, comme l’a cité le paragraphe 4-5-1.

7-3-5- Les résultats du test de maturation du compost sur la plantation


d’haricot
Le tableau ci-après montre l’évolution des essais 1 et 2 par jour :

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 121
Tableau 7.04 : Evolution des essais 1 et 2 de plantation de haricots
Jour 0 Jour 7 Jour 9 Jour 12 Jour 22
Essai 1 :
Terre

Plantation des Sortie des Germination Croissance des Croissance


grains plantules feuilles des feuilles,
tiges courtes
Photo 7.42 : Evolution de la plantation de haricot de l’essai 1
Source : Auteur
Essai 2 :
Terre +
compost

Plantation des Sortie de la Germination Croissance des Croissance


grains plantule feuilles des feuilles,
tiges longues
Photo 7.43 : Evolution de la plantation de haricot de l’essai 2
Source : Auteur
Source : Auteur
L‘essai 3, ayant été arrosé par le digestat liquide dilué et effectué pendant une autre période
que les deux premiers essais, a évolué d’une manière très différente. Son évolution est
présentée dans le tableau ci-après :
Tableau 7.05 : Evolution de l’essai 3 de plantation de haricots
Jour 0 Jour 5 Jour 6 Jour 8
Essai 3 :
Arrosé par le
digestat liquide
dilué

Plantation des Sortie des Germination Croissance des


grains plantules feuilles
Photo 7.44 : Evolution de la plantation de haricot de l’essai 3
Source : Auteur
Source : Auteur
Interprétations :
Ces résultats confirment que le compost obtenu et le digestat liquide ont eu des
propriétés fertilisantes, et que nous avons obtenu deux types d’amendement organique
à partir du digestat brut.
Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 122
En comparant les essais 1 et 2, la différence n’a été remarquée qu’au 22ème jour.
Effectivement, les tiges de l’essai 2 ont été plus longues que celles de l’essai 1, la terre
ayant été enrichie par les nutriments essentiels (azote, phosphore, potassium) et les
matières organiques contenus dans le compost. Mais, la différence entre ces deux
essais a été moindre. En effet, d’une part, à partir des résultats de l’essai 1, nous
pouvons déduire que la terre que nous avons utilisée était déjà de bonne qualité. Par
conséquent, il est possible que l’impact de l’amendement ait été peu significatif, car
les nutriments contenus dans la terre ont déjà satisfait amplement la nutrition de la
plante. De plus, cette dernière ne peut absorber qu’une quantité limitée de nutriments.
D’autre part, une autre possibilité est que la composition du compost ait été inadaptée
aux besoins spécifiques de l’haricot, ou que la variété de haricot utilisée ait possédé
une tolérance élevée aux conditions de sol, ou encore que la quantité de compost
appliquée sur la culture ait été insuffisante pour avoir un impact significatif. Ces
explications ne sont que des hypothèses. Des analyses de la terre et de la variété
d’haricots utilisés sont donc encore nécessaires pour les affirmer.
Nous avons pu observer que, par rapport à l’évolution des essais 1 et 2, celle de l’essai
3 a été très rapide. En effet, les plantules de l’essai 3 ont été sorties au cinquième jour,
tandis que celles des essais 1 et 2 n’ont été sorties qu’au septième jour. Puis, la
germination de l’essai 4 a eu lieu le lendemain de la sortie des plantules, tandis que
celles des essais 1 et 2 ne se sont produites qu’après deux jours de la sortie de la
plantule. La croissance des feuilles de l’essai 4 a de même été plus rapide que celle des
autres essais. Ce phénomène a pu être dû à l’absorption rapide de l’azote minérale et
de l’azote organique du digestat liquide par la plante. Ce qui certifie que le digestat
liquide a un effet fertilisant à court terme. Mais une autre possibilité est l’influence du
climat et des conditions météorologiques, accompagnée par la richesse en nutriments
de la terre utilisée, étant donné que l’essai 3 a été réalisé pendant des temps pluvieux
et que le digestat liquide dilué a eu une concentration en nutriments (N, P, K) faible.
Ces résultats montrent aussi que le compost au 10ème jour de compostage a bien été
mûr. Il peut alors être utilisé comme matière fertilisante pour le sol et les plantes. De
même, pour le digestat liquide dilué. Effectivement, l’évolution des haricots n’a
montré aucune anomalie. Les plantules ont été vigoureuses, les feuilles ayant été
vertes et bien formées, les tiges solides, et la croissance des haricots a été continue.

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 123
Toutefois, il est probable que les résultats ont pu être plus satisfaisants si nous avons
d’abord analysé le sol pour pouvoir connaître les doses d’amendement à appliquer.
Même si le compost a déjà été mûr au dixième jour de compostage, et même s’il a pu
être utilisé comme amendement à partir de ce dixième jour, il est possible que si nous
avons prolongé la durée de compostage, la phase de maturation aurait pu encore se
prolonger, et le compost aurait pu encore être plus mature.

7-4- Discussions
Nous avons pu valoriser le digestat brut, obtenu à partir de la méthanisation de la
drêche de brasserie, en matière fertilisante pour la plante et le sol. Mais nous pouvons encore
discuter de la qualité du digestat liquide et du compost obtenu, par rapport à la norme et aux
amendements déjà existant.
La norme que nous avons utilisée comme référence ici est la norme française
homologuée NF U 44-051, qui concerne les amendements organiques et les supports de
culture. Elle fixe les spécifications et les critères de qualité pour ces produits. Le digestat
liquide, utilisé comme amendement, et le compost à base de digestat solide obtenus dans cette
étude, sont alors concernés par cette norme.
Tableau 7.06 : Comparaison des paramètres du compost et du digestat liquide

Paramètres Compost à Digestat Compost à Compost de Norme NF U


base de liquide de base de l’Association 44-051
digestat solide drêche de tourteau de TANANAMADIO
de drêche de brasserie Jatropha [63]
brasserie curcas [62]
M.S (%) 42,7 - - 28,98 ≥ 30
N (%) 1,1 0,28 1,7 1,32 <3
P ou PO4 0,525 0,0071 0,8 0,54 <3 N+P+K
ou P2O5 <7
(%)
K (%) 2,88 0,012 1,3 0,9 <3
Na (%) 0,525 0,377 - - -
Ca (%) - 0,037 0,3 - -
C (%) 17 - 20,1 - -
M.O (%) 28,24 - 34,1 31,75 ≥ 20
C/N 15,45 - 13,4 10,7 -
pH 7,8 6,71 7,8 8,17 -
Source : Auteur
Nous pouvons remarquer à partir du tableau ci-dessus que :
 Le compost à base de digestat solide de drêche de brasserie est plus riche en matière
sèche que le compost de l’Association TANANAMADIO. Par contre, les teneurs en

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 124
Azote et en Phosphore sont inférieures à celles des autres composts cités dans le
tableau.
 Le compost étudié dans ce mémoire est plus riche en potassium que le compost de
tourteau de Jatropha curcas et celui de l’Association TANANAMADIO. Sa teneur en
matière organique est un peu faible, son rapport C/N est un peu élevé, et le pH est
identique à celui du compost de tourteau de Jatropha. Mais le compost de
l’association TANANAMADIO est plus basique.
 Les teneurs en matières minérales dissoutes (N, P, K) contenues dans le digestat
liquide sont très faibles par rapport à celles contenues dans le compost. Malgré cela,
ses propriétés fertilisantes peuvent convenir à certains types de sol qui n’ont pas
besoin de beaucoup de nutriments. Son pH est aussi inférieur à celui des composts,
mais il est proche du pH neutre.
 Le compost à base de digestat solide de drêche de brasserie, et le digestat liquide
utilisé comme amendement suivent la norme NF U 44-051. Ils peuvent être alors
classés parmi les « amendements organiques ». Si on souhaite monétiser leurs
propriétés fertilisantes, déjà démontrées lors des études expérimentales, ces produits
ont le droit d’être mis sur le marché.
 Par contre, les teneurs en sodium des amendements obtenus dans ce mémoire, sont
encore à étudier en termes de norme. En effet, il est évident que ces amendements ne
peuvent pas être utilisés pour tout type de sol, sachant que le sodium est néfaste pour
le sol et les plantes, ces amendements peuvent nuire à la culture en augmentant la
quantité de sodium dans le sol. Une analyse du sol est alors indispensable avant
d’appliquer ces amendements. Une autre solution est de substituer la soude avec une
autre substance basique moins nuisible lors de la méthanisation, afin d’assurer que les
teneurs en sodium dans les amendements suivent les normes.
Tableau 7.07 : Comparaison du digestat liquide obtenu avec d’autres digestats liquides
Paramètres Digestat Digestat liquide de Digestat liquide Digestat liquide d’effluent
liquide de lisier + Culture d’effluent [w9] + Déchets de biomasse
drêche de intermédiaire à issus des industries agro-
brasserie vocation énergétique alimentaires [w9]
[w9]
M.S (%) - 10 9,1 4,53
N (%) 0,28 5,94 5,73 4,52
P ou PO4 ou 0,0071 3,03 2,74 1,39
P2O5 (%)
K ou K2O 0,012 6,48 7,05 4,14
(%)
Source : Auteur
Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 125
Dans ce tableau, nous avons constaté que le digestat liquide obtenu lors des
expérimentations dans le cadre de ce mémoire est très pauvre en nutriments par rapport aux
autres digestats liquides. Cela peut être dû aux types de substrats utilisés lors de la
méthanisation, ou au mode de séparation des phases. En effet, d’après la source, les autres
digestats liquides dans le tableau ci-dessus sont issus de la séparation de phase par presse à
vis. Par contre, dans notre expérimentation, nous avons utilisé un tamis de cuisine qui n’est
pas le matériel adéquat pour cette opération. Il faut également noter que les résultats des
analyses pratiquées au Laboratoire de FOFIFA ne précisent pas la nature de l’azote (minérale
ou organique). En revanche, ceux des autres digestats cités dans le tableau 7.07 sont des
pourcentages d’azote total. Il est donc possible que le pourcentage total en azote du digestat
liquide de la drêche soit encore supérieur à cette valeur présentée.

7-5- Conclusion partielle


Les études réalisées pour valoriser le digestat brut en matière fertilisante ont été
démontrées tout au long de ce chapitre. Les études ont été divisées en quatre étapes qui sont :
la préparation de la levure, la séparation de phase du digestat brut, l’élaboration du compost à
partir du digestat solide, et les études des propriétés des produits obtenus. Ces étapes ont eu
chacune leurs propres matériel et méthode pour leur mise en œuvre.
A partir de la séparation de phase, nous avons obtenu du digestat liquide et du digestat
solide. Le digestat liquide dilué possède des effets à court terme sur une plantation, étant
donné qu’il stimule rapidement la croissance de la plante. Le digestat solide a été composté
avec d’autres matières organiques, et le compost obtenu possède également des propriétés
fertilisantes remarquables. Ces deux produits sont classés parmi les amendements organiques.
Ils suivent les normes, et nous pouvons, par conséquent, les commercialiser. Un point
remarquable concernant le compostage dans ce chapitre aussi est la rapidité du processus, à
cause de l’efficacité de la levure que nous avons élaborée.
En ce septième chapitre s’achève le développement des expériences effectuées au titre
de ce mémoire. Par la suite, nous allons réaliser les analyses socio-économiques et
environnementales.

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 126
Chapitre 8 : Analyses socio-économiques et environnementales
8-1- Analyses socio-économiques
8-1-1- Les dépenses engagées au cours de la réalisation de ce mémoire

Le tableau suivant présente les dépenses financières tout au long des recherches
réalisées dans le cadre de la rédaction de ce mémoire :
Tableau 8.01 : Les dépenses financières lors des recherches
Produit/service Coût unitaire (Ariary) Nombre Coût total (Ariary)
Transport de la drêche 12 000 5 60 000
Récolte de la bouse de zébu 1 000 5 5 000
Déplacements lors des suivis 1 500 155 232 500
Analyses au FOFIFA 50 000 5 250 000
Fleur de chaux de 5kg 4 000 1 4 000
Soude caustique 1kg 7 000 1 7 000
Résistance chauffante 10 000 2 20 000
Impression de la fiche de suivi 100 5 500
Sucre 5 000 1 5 000
Son de riz 1 000 5 5 000
Liquide ruminal de zébu frais 1 200 5 6 000
Déchet de légume 3 000 3 9 000
Balle de riz 2 000 1 2 000
Fumier de fosse 1 000 4 4 000
TOTAL 610 000
Source : Auteur

Il faut noter que les matériels et les matières premières qui ne sont pas mentionnés
dans le tableau ci-dessus n’ont pas été achetés, mais donnés ou empruntés gratuitement auprès
des tiers.
En se basant sur le tableau 8.01 et les résultats des études expérimentaux, nous
pouvons examiner les coûts de production par unité de masse ou de volume de chaque produit
obtenu à l’échelle laboratoire. Le tableau suivant présente ces coûts :
Tableau 8.02 : Coûts de production par unité de masse ou de volume de chaque produit obtenu

Produit obtenu Quantité ou Volume Coût total de Coût de production par


total(e) obtenu production unité de masse ou volume
Biogaz 141,03 L 479 000 Ar 3 396,44 Ar / L
Méthane 86,99 L 479 000 Ar 5 506,13Ar / L
Compost 268 kg 131 000 Ar 488,80 Ar / kg

Source : Auteur

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 127
En comparant ces coûts de production par unité de masse ou de volume avec les coûts
des produits similaires déjà sur le marché de nos jours, nous obtenons le tableau suivant :

Tableau 8.03 : Comparaison des coûts des produits obtenus avec ceux des produits sur le
marché actuel
Similarité des produits Gaz combustible Compost
Produits obtenus lors des études méthane Compost à partir de
digestat de drêche
Coût de production lors des 5 506,13Ar / L 488,80 Ar / kg
études
Produits déjà sur le marché Propane ou Butane (Vitogaz) Compost Zina’Bio
(Vohitra
Environnement)
Prix de vente actuel sur le marché 6 625 Ar / L (sans bouteille) 700Ar / kg
Source : Auteur

Sur le tableau 8.03, nous pouvons constater que les coûts de production à l’échelle
laboratoire du méthane et du compost à partir du digestat de drêche sont inférieurs aux prix de
vente de gaz combustible et de compost sur le marché actuel. Les coûts mentionnés dans les
tableaux 8.02 et 8.03 peuvent être des bases pour étudier la rentabilité de ce projet si nous
envisageons de le monter à plus grande échelle.
Il faut noter que le montant 479 000 Ar dans le tableau 8.02 représente le coût total
de la méthanisation qui produit du biogaz contenant du méthane, et du digestat brut à partir
duquel nous pouvons extraire du digestat liquide. Donc, si nous produisons du méthane à
partir de ce coût, le digestat liquide est un sous produit qui pourrait être commercialisé
immédiatement sous forme d’amendement organique liquide. Par conséquent, le prix de vente
du digestat liquide peut constituer un bonus lors de la vente du méthane.

8-1-2- Les difficultés rencontrées au cours de la réalisation de ce mémoire


Au cours des expériences réalisées lors de la valorisation de la drêche en biogaz, nous
avons constaté que le pH de ce substrat ainsi que sa composition sont très complexes. Son
stockage est également difficile, car elle se dégrade très vite. Des précautions sont alors
indispensables lors du stockage. Et un prétraitement et un ajustement fréquent de pH sont
nécessaires pour avoir un rendement optimal. A part les matériels habituels indispensables
pour la production de biogaz, la méthanisation de la drêche exige la possession d’un pH-
mètre, d’un matériel de prétraitement, et l’achat fréquent d’une substance basique pour
maîtriser le pH. Par conséquent, par rapport à la méthanisation d’autres déchets moins
complexes, celle de la drêche requiert plus de manipulation et de dépense. Ce qui favorise la
nécessité d’analyser la rentabilité du projet avant de le lancer. En outre, les recherches et la

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 128
rédaction de ce mémoire ont été effectuées à Antananarivo, alors que la drêche est produite à
Antsirabe. De plus, le laboratoire de méthanisation est situé loin du domicile de l’opérateur.
Le coût de transport des drêches et celui du déplacement augmentent en conséquence, les
charges de la production. Ce qui peut avoir des impacts sur la rentabilité. Pour diminuer ce
coût, il est préférable d’installer le site de méthanisation de la drêche à proximité de la
brasserie et de l’habitation de l’opérateur. La panne de la résistance chauffante a également
perturbé le processus de méthanisation, engendrant une dépense supplémentaire, car il fallait
acheter une nouvelle résistance après chaque panne. Pour éviter les surplus de dépense et les
perturbations liées à la température, il faut remplacer le système de chauffage par un autre
plus durable et résistant. Un ajout d’agitateur dans l’installation de matériel de méthanisation
est aussi indispensable pour régler les problèmes de croûte et de dégazage mentionnés dans le
chapitre 6.
Lors des essais de compostage, les difficultés se situaient surtout au niveau des
recherches et des collectes des matières premières diverses. Une solution pour remédier à ces
problèmes, si on veut réaliser le projet, est d’engager un partenariat fixe avec des éleveurs et
des agriculteurs produisant les matières premières indispensables pour la production du
compost. Une autre observation est que l’entretien des tas de compost requiert beaucoup
d’énergies et des aptitudes physiques. Si on veut donc effectuer un compostage à grande
échelle, le travail doit être accompli par des ouvriers compétents. Il faut également faire très
attention au lieu d’installation du tas, surtout quand le temps est pluvieux, le tas ne devant pas
être atteint par la pluie.

8-1-3- Analyses socio-économiques de la valorisation de la drêche

Comme nous l’avons vu dans le paragraphe 1-5, la drêche de brasserie peut être
valorisée de plusieurs façons. Cependant, dans notre cas, elle a été transformée en biogaz et le
digestat en fertilisant. La valorisation de la drêche peut avoir de nombreux impacts socio-
économiques positifs, en particulier, en termes de développement durable et de création
d’emplois. De plus, la drêche est une matière première peu coûteuse pouvant remplacer
d’autres matières premières plus coûteuses. Ce qui peut augmenter ainsi la rentabilité du
procédé. En valorisant la drêche, nous pouvons aussi limiter la production des déchets de
l’industrie brassicole. Ce qui peut réduire les coûts de gestion des déchets.
Néanmoins, il est important de noter que la plupart des méthodes de valorisation des
drêches ne sont pas encore adoptées à grande échelle. Ce qui signifie qu’il y a des
opportunités pour le développement de nouvelles entreprises ou la modification de procédés

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 129
existants pour utiliser les drêches comme matière première. Le contrôle des coûts
d’investissement pour une nouvelle entreprise de valorisation des drêches ou pour la
modification d’un procédé existant nécessite une analyse détaillée de chaque projet, leur
rentabilité étant au cas par cas. Par exemple, une analyse technico-économique menée au
Brésil a montré qu’il était rentable de produire du xylitol et des acides phénoliques à partir de
la drêche de brasserie, avec une marge économique de 62,25 % tout en minimisant les
impacts environnementaux et leur empreinte carbone. Toutefois, il est important de noter que
la valorisation de la drêche de brasserie peut également avoir des impacts négatifs, tels que la
concurrence avec les cultures alimentaires pour les terres agricoles et la pollution
environnementale due à la production de biocarburants [8].

8-1-4- Analyses socio-économiques de la production de biogaz et de


fertilisant à partir du digestat
La bio méthanisation est un moyen de valoriser économiquement les déchets et les
ressources, tout en améliorant le niveau de vie des acteurs et en favorisant le développement
économique. La production de biogaz, qui est une énergie renouvelable, ainsi que celle du
compost, un fertilisant naturel, sont des solutions économiques pour la gestion des déchets et
des fertilisants, étant donné qu’elle permet de réduire les coûts associés à leur traitement et
leur transport. Dans les zones rurales, se situant à proximité des matières premières et où
l’accessibilité à l’électricité est difficile, la production et l’utilisation de biogaz permettent de
réduire les charges liées en énergie (temps nécessaires et dépenses lors des récoltes et des
achats de bois de chauffe ou de charbon pour la cuisson, ou du pétrole pour les lampes, par
exemple). De plus, comme les fertilisants sont des matières de première nécessité pour les
agriculteurs, ils peuvent produire leurs propres amendements liquides et solides à partir du
digestat, réduisant ainsi leur dépendance aux engrais chimiques coûteux. En outre,
l’application de la bio méthanisation et du compostage permet de diversifier les activités en
milieu rural, en engendrant aussi des emplois directs et indirects, par exemple dans la collecte
et le transport des matières premières, dans la gestion de la production de biogaz et de
compost, dans la vente des produits, etc., contribuant à l’amélioration des sources de revenu
des personnes concernées.
Dans les zones urbaines, le biogaz peut être une source d’énergie pour la production
d’électricité et de chaleur. Il peut même être utilisé comme carburant pour les véhicules. Ce
qui peut être une solution pour réduire la dépendance aux énergies fossiles importées,
renforçant la sécurité énergétique.

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 130
La méthanisation et le compostage éliminent les odeurs liées au traitement habituel des
déchets organiques et constituent une activité de dépollution. Ils forment une alternative à
l’enfouissement et une solution au niveau de l’environnement social. La bio méthanisation est
également intéressante pour les régions fortement peuplées, où la disponibilité en combustible
constitue un problème.

8-2- Analyses environnementales


8-2-1- Analyses environnementales de la valorisation de la drêche
La drêche de brasserie est un résidu riche en nutriments qui peuvent être dangereux
pour l’environnement s’ils ne sont pas éliminés correctement. Lorsque la drêche est déversée
dans les cours d’eau, sa décomposition entraîne une diminution de l’oxygène disponible dans
le milieu, ce qui nuit à la faune et à la flore aquatique. De plus, l’enfouissement de la drêche
peut entraîner la formation de lixiviat et de biogaz, qui peut affecter la qualité du sol et des
eaux et constituer une menace pour la faune et la flore. Bien que le lixiviat et le biogaz soient
captés, des fuites sont toujours possibles, pouvant induire des impacts environnementaux
nuisibles [8]. Il est donc important de trouver des méthodes de mise en valeur des drêches
pour éviter ces problèmes.
Les processus de combustion de la drêche brute peuvent affecter la qualité de l’air, si
les composés nocifs ne sont pas captés. Toutefois, les autres méthodes contribuant au
recyclage ou à la valorisation des drêches ne semblent pas engendrer de conséquences
négatives sur l’environnement. Parmi ces méthodes, on peut citer la valorisation de la drêche
en biogaz, ou son utilisation dans une chaudière à biomasse, ou la fabrication de briquettes de
charbon de drêches, permettant de remplacer le gaz naturel, diminuant ainsi la demande en
combustibles fossiles, permettant également de réduire la quantité de charbon fabriqué à
partir du bois en limitant la pression sur les ressources forestières.
Cependant, des émissions de gaz à effet de serre peuvent se produire au cours des
transports de la drêche d’un lieu à un autre. Pour réduire la distance de transport et des
émissions de gaz à effet de serre, il est alors indispensable d’installer les sites de mise en
valeur de la drêche à proximité des brasseries [8].

8-2-2- Analyses environnementales de la production de biogaz et de


compost
L’usage d’énergie renouvelable est une solution pour diminuer les émissions de gaz à
effet de serre, comme l’indique le protocole de Kyoto [14]. Le biogaz étant de l’énergie
renouvelable, il peut être utilisé en tant que source d’énergie renouvelable pour la production
Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 131
d’électricité et de chaleur, tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre.
Effectivement, la production de biogaz à partir de matières organiques permet de récupérer le
méthane, un gaz à effet de serre potentiellement nocif pour l’environnement, et de le convertir
en énergie. Les problèmes énergétiques et écologiques sont alors minimisés. La méthanisation
aide aussi dans la gestion de déchets organiques, réduisant leur quantité, et diminuant les
charges polluantes de l’environnement d’une manière microbiologique et parasitaire. Le
recyclage de ces déchets permet la préservation des ressources naturelles en réduisant les
impacts désavantageux pour l’environnement. Par exemple, la déforestation est largement
réduite par la production de biogaz. Plus précisément, pour chaque mètre cube de biogaz
utilisé en cuisson, il est possible de compenser l’utilisation de 0,33 hectare de surface en
culture de bois. De plus, la préservation des arbres aide aussi à protéger le sol, la ressource en
eau et la qualité de l’air [14].
L’application des amendements, comme le digestat liquide et le compost, améliore la
structure du sol. En effet, le sol devient riche en humus et possède une réserve en minéraux
pour les plantes. L’air et l’eau circulent bien et la rétention d’eau est excellente. La protection
du sol contre l’érosion pendant la saison des pluies est assurée en raison de la rapidité du
développement de la couverture végétale. De plus, le développement des organismes vivants
du sol ainsi que celui des racines des plantes sont favorisés, et le cycle cultural est réduit
permettant alors une économie d’eau. Comme ces amendements sont des produits organiques,
ils permettent de réduire ou d’éviter l’utilisation des engrais chimiques qui sont souvent
nocifs pour l’environnement, et les produits agricoles ont tendance à être biologiques [62].
Par contre, le processus de production de biogaz nécessite de l’énergie pour chauffer et
agiter les réacteurs. Ce qui peut avoir un impact environnemental désavantageux, surtout si
cette énergie provient des sources non renouvelables. La production de CO2, étant également
un gaz à effet de serre contribuant au changement climatique, est aussi favorisée par
l’utilisation directe du biogaz comme combustible [14]. Pour notre cas, l’utilisation de la
soude pour ajuster le pH au cours de la méthanisation amplifie également cette production de
CO2, ainsi que la présence de sodium dans le digestat, qui est indésirable pour le sol et la
plante. L’utilisation inadéquate du digestat liquide et du compost obtenu peut aussi entraîner
des problèmes environnementaux. En effet, si ces fertilisants sont en excès dans le sol, ils
peuvent polluer celui-ci et les cours d’eau environnants, en déséquilibrant l’écologie. Ils
peuvent être toxiques pour les plantes, par exemple, l’excès d’azote peut rendre les plantes
plus vulnérables aux maladies. Les sols excessivement riches peuvent causer la perte de

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 132
biodiversité, la dépendance de la plante aux fertilisants, et une gestion coûteuse de la culture
afin de maintenir l’équilibre des nutriments et d’éviter les problèmes.

8-3- Conclusion partielle


Nous pouvons remarquer dans ce chapitre que, d’une part, les produits obtenus lors
des études expérimentales dans ce projet de mémoire sont des produits commercialisables
pouvant engendrer des bénéfices. D’autre part, à cause de la complexité de l’utilisation de la
drêche, la méthanisation de celle-ci est plus coûteuse par rapport aux méthanisations
habituelles, exigeant plus de traitements. Tout au long des expérimentations, nous avons subi
des difficultés, qui nous ont permis d’avancer et de trouver des points d’amélioration.
La valorisation de la drêche de brasserie peut engendrer des avantages financiers
positifs, puisqu’elle peut se substituer à des matières premières plus coûteuses. Elle offre des
opportunités pour développer de nouvelles entreprises ou modifier des procédés déjà
existants. Mais, une analyse détaillée des différents coûts et de la rentabilité est encore
nécessaire pour monter le projet. La production de biogaz à partir de la drêche, et la
fabrication de fertilisant à partir du digestat participent à la création d’emploi, au
développement durable et à la diversification des activités rurales. L’application de ces
produits permet d’économiser en terme d’énergie, d’achat de fertilisant, de coûts de gestion et
de transport des déchets.
Une méthode pour éviter les conséquences négatives de la drêche sur l’environnement
est sa transformation en biogaz. La dépendance aux énergies fossiles, la déforestation et la
pollution sont alors limitées. Les émissions de gaz à effet de serre diminuent aussi si on
procède à la méthanisation. Les amendements organiques améliorent également la qualité du
sol et des plantes qui s’y trouvent, et réduisent l’utilisation des engrais chimiques qui sont
parfois nocifs pour l’environnement.
Mais la valorisation de la drêche en biogaz et du digestat en fertilisant possède aussi
des désavantages. Si nous voulons lancer ce projet de façon plus économique et respectueuse
de l’environnement, le site de méthanisation doit être localisé à proximité de la brasserie
produisant la drêche, et l’opérateur doit habiter aux alentours du site. Il est préférable que
l’énergie utilisé pour chauffer et agiter les réacteurs de méthanisation soit de l’énergie
renouvelable. Il faut remplacer la soude par d’autres substances basiques moins dangereuses
pour l’environnement. Enfin, les doses de fertilisants appliquées sur le sol de culture doivent
être bien étudiées avant leur utilisation.

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 133
CONCLUSION GÉNÉRALE ET
PERSPECTIVE
Les études bibliographiques nous ont permis d’apprendre que la drêche de brasserie
vient des grains de malt, mais elle peut aussi contenir des résidus de grains de maïs pour le
cas de l’Usine STAR d’Antsirabe. Elle possède une composition chimique complexe, avec un
taux d’humidité et une teneur en sucre fermentescible élevés. Elle peut être valorisée de
plusieurs façons. Une des manières de valorisation est la méthanisation, au cours de laquelle
de nombreux facteurs doivent être considérés. Ce processus produit du biogaz et du digestat.
Le biogaz est un gaz combustible et une énergie renouvelable, pouvant être utilisé dans divers
domaines, notamment en énergie électrique et en énergie thermique. Le digestat est composé
d’une phase liquide et d’une phase solide qui peuvent être appliquées comme amendements.
Cependant, le digestat solide doit être composté pour être conforme aux normes et avoir plus
de valeur ajoutée.

Les études expérimentales ont montré que la drêche est très riche en matières
organiques (> 80%) et en matière sèche (> 20%), mais son rapport C/N est faible (< 20). Sa
méthanisation est possible, mais pour avoir un rendement optimal en biogaz, il faut ajouter de
la bouse de zébu comme cosubtrat (17% de la quantité totale de substrats). Il est également
indispensable de faire un prétraitement de la drêche avant la méthanisation, afin de dégrader
les complexes ligno-cellulosiques qu’elle contient. Le pH étant également instable (4 <pH <
8), un contrôle et un ajustement systématique de celui-ci s’avèrent alors nécessaires tout au
long du processus de méthanisation. Les traitements du digestat obtenu ont permis d’obtenir
deux types d’amendement organique. Le premier type est le digestat liquide, qui est très
pauvre en nutriments par rapport à d’autres digestats liquides étudiés par d’autres
scientifiques. Effectivement, la teneur totale en matières minérales dissoutes (N, P, K)
contenue dans celui-ci est d’environ 0,3 % tandis que celle d’autres digestats liquides est
d’environ 10 % et peut atteindre jusqu’à 15,52 %. Le second type est le compost obtenu à
partir du digestat solide, dont la qualité est plus ou moins identique à celle d’autres composts.
Toutefois, ces deux amendements suivent les normes et peuvent alors être commercialisés. Si
un lancement de projet concernant cette valorisation innovante de la drêche et du digestat est
envisagé, une étude économique et financière approfondie est encore nécessaire. Néanmoins,
il est sûr que ce projet créera des emplois et participera au Développement durable. Il peut
être bénéfique pour l’économie, la société et l’environnement.

Les études effectuées au titre de la réalisation de ce mémoire ont alors permis


d’atteindre les objectifs d’obtenir la meilleur méthode pour avoir un rendement élevé en
biogaz à partir de la drêche, et d’avoir des fertilisants conformes aux normes à partir du

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 134
digestat. Les méthodes utilisées sont parfaitement applicables à Madagascar pour traiter ces
types de déchet organique, même si elles sont complexes et nécessitent beaucoup de tâches.
Les limites rencontrées tout au long de la réalisation des études étaient surtout au niveau de la
distance entre la brasserie et le laboratoire de méthanisation, des coûts des analyses
différentes nécessaires, du manque de matériels au cours de la méthanisation et de la
séparation de phase, et enfin au niveau du contrôle et d’ajustement du pH qui ont exigé une
substance basique en solution, requérant alors l’utilisation de la soude qui peut être nocive
pour l’environnement.

Dans la perspective de l’avenir, il est impératif d’encourager la méthanisation des


déchets et la transformation du digestat obtenu en fertilisant comme moyens essentiels pour
développer et promouvoir l’économie circulaire. Ce mémoire constitue une base dans cette
approche par la valorisation de la drêche de brasserie, tout en tenant compte que des études
techniques sont encore indispensables pour optimiser cette valorisation. En outre, ces études
pour être rentables et vulgarisées, devront être accompagnées et complétées par des analyses
économiques et financières plus approfondies.

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 135
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
ET WEBOGRAPHIQUES
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
[1] LECLERCQ, S., JACQ, V.A., TINE, E. (1985). Essais de valorisation de sous-produits
de brasserie par fermentation méthanique - Procédé « Contact Anaérobie ». Antenne
ORSTOM de Microbiologie des fermentations (UR 601) BP 1386 DAKAR-SENEGAL.

[2] ZAKIA, C. (2018). Utilisation des drêches de brasserie en alimentation du lapin. Thèse de
doctorat en science agronomique. Université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou.

[3] RAVELOSON, N. D. H. (2018). Étude des paramètres physico-chimiques, lors de la


filtration de la bière THB au sein de la nouvelle brasserie de Madagascar. Mémoire en vue de
l’obtention du Diplôme de Master II en Chimie. Université d’Antananarivo, Faculté des
sciences.

[4] RARIVO RASOAMAMPIANINA, A. (2012). Étude des paramètres liés à la croissance


de la levure de bière durant la propagation et la fermentation. Mémoire de fin d’étude en vue
de l’obtention du diplôme d’Ingéniorat. Université d’Antananarivo, Ecole Supérieure des
Sciences Agronomiques, Département des Industries Agricoles et Alimentaires.

[5] CASTANT, C. (2016). La levure de bière : un champignon aux multiples bienfaits pour la
santé et la beauté. Thèse présentée à la Faculté de Pharmacie de Montpellier en vue d’obtenir
le Diplôme d’Etat de Docteur en Pharmacie. Université de Montpellier.

[6] MABILLARD & MAURINE (2022). Conception de snacks apéritifs à base de drêches
de brasserie. Master en management de l'innovation et de la conception des aliments, à finalité
spécialisée. Gembloux Agro-Bio Tech (GxABT)

[7] RATOLOME, J.A.N. (2019). Contribution à l’étude de fabrication de composite à base


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Grade de Docteur. Université d’Antananarivo.

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[w2] MUSSATTO, S.I., DRAGONE, G., ROBERTO, I.C. (2006). Brewers’ spent grain:
generation, characteristics and potential applications. Journal of Cereal Science, 43(1), 1-14.
[Link] date de consultation:
29 Juillet 2023

[w3] MUSSATTO, S. I. (2014). Brewer’s spent grain: a valuable feedstock for industrial
applications. Journal of the Science of Food and Agriculture, 94, 1264-1275
[Link] date de
consultation: 29 Juillet 2023

[w4] IKRAM, S., HUANG, L., ZHANG, H., WANG, J. & YIN, M. (2017). Composition
and Nutrient Value Proposition of Brewers Spent Grain. J Food Sci, 82(10), 2232-2242.
[Link] date de consultation: 30 Juillet 2023

[w5] GBENOU, G.X., SOULE, A.H, AKPO, Y., DJENONTIN, A.J., BABATOUNDE, S.,
SIDI, H., KPEROU GADO, B.O., MENSAH, G.A. (2019). Quatrième article :
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Synthèse bibliographique. Bulletin de la Recherche Agronomique du Bénin (BRAB) Numéro
Spécial Interdisciplinaire. [Link] date de consultation : 02 Août 2023

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DEL NOZAL, M. (2003). Variability of brewer’s spent grain within a brewery. Food
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consultation : 03 Août 2023

[w7] COARITA FERNANDEZ, H. (2021). Prétraitement des déchets agricoles pour


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[Link] date de consultation : 20 Août
2023

[w8]CIRNE, D. G., PALOUMET, X., BJORNSON, L., ALVES, M., MATTIASSON, B.


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124, SE-221 00 Lund, Sweden & Centro de Engenharia Biolo´gica, Universidade do Minho,
4710-057 Braga, Portugal. [Link], date de consultation: 21 Août 2023

[w9] VRIGNAUD, G. (2020). Synthèse d’essai d’épandage de digestat liquide sur sol argilo-
calcaire de 2010 à 2016. Revue à comité de lecture et en accès libre éditée par l’Association
Française d’Agronomie sous le numéro ISSN 177564240. [Link]/aes, date
de consultation : 11 Novembre 2023

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page 142
LISTE DES ANNEXES
ANNEXE 1 : Présentation détaillée du C.N.R.I.T

ANNEXE 2 : Présentation détaillée du FOFIFA

ANNEXE 3 : Correspondance entre la température et la durée supportée par la main dans le


compost

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page a1
ANNEXE 1 : Présentation détaillée du C.N.R.I.T
1-1- Historique et localisation
Le Centre National de Recherches Industrielle et Technologique (CNRIT) est un
établissement public à caractère industriel et commercial doté de la personnalité civile et
d’autonomie de gestion administrative et financière. Il a été créé par le décret nº 87 – 288 du
28 juillet 1987 et réorganisé par le décret nº92-469 du 22 avril 1992. Le CNRIT est placé sous
tutelle technique du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique
(MESupRES), et sous tutelle financière du Ministère de l’Economie, des finances et du
budget (MEFB). Il est situé au 38, rue Rasamimanana, Fiadanana, Antananarivo 101 [64].

1-2- Fiche d’identification du C.N.R .I.T


 Nom: CNRIT
 Statut Juridique: Etablissement Public à Caractère Industriel et commercial (EPIC)
 Adresse : 38, rue RasamimananaFiadanana, Antananarivo 101
 Tél : 020 22 635.20
 Mobile : 032 04 452 39 (directeur)
 E-mail : cnrit@[Link]
 Année de création : 1987
[64]

Figure a1.01 : Logo du C.N.R.I.T


Source : [Link]

1-3- Les objectifs et les missions du C.N.R.I.T


Le CNRIT participe à l’élaboration et à la mise en œuvre de la politique nationale de
recherches technologiques. Cette politique vise à promouvoir la recherche et l’innovation,
ainsi que la valorisation des matières premières et des ressources locales. Les résultats de la
recherche sont valorisés et appliqués pour un développement durable (économique, social et

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page a2
environnemental). Pour atteindre ces objectifs, le CNRIT développe des technologies
endogènes, absorbe et adapte les technologies étrangères, encadre, assiste et appuie les
opérateurs de développement, renforce les capacités et les compétences régionales par la
maîtrise des technologies propres, et gère et protège l’environnement (industriel, physique et
social) [64].

1-4- Organigramme du C.N.R.I.T

Figure a1.02 : Organigramme du C.N.R.I.T


Source : ANDRIHERINDRAINY, 2005

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page a3
ANNEXE 2 : Présentation détaillée du FOFIFA
2-1- Historique
Le FOFIFA est la plus importante institution de recherche Agricole. Le Décret n° 2015-1166 a
été émis pour la création et l’organisation du Centre National de la Recherche Appliquée au
Développement Rural, également connu sous le nom de « Foibem-pirenena momba ny Fikarohana
ampiharina amin’ny Fampandrosoana ny eny Ambanivohitra » (CENRADERU/FOFIFA). Le FOFIFA
a été créé en 1974 après le départ des instituts français de recherche agricole et est aujourd’hui la
principale institution de recherche agricole du Système National de Recherche Agricole à Madagascar.
Il s’agit d’un Etablissement Public à caractère Industriel et Commercial, doté de la personnalité
morale, de l’autonomie financière et administrative.
Le FOFIFA est placé sous la tutelle technique du Ministère de l’Agriculture de l’Elevage et de
la Pêche et du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, sous la tutelle
comptable du Ministère chargé de la Comptabilité Publique, et sous la tutelle budgétaire du Ministère
chargé du Budget. Le FOFIFA est responsable de toutes les recherches liées au développement rural, à
l’exception de certaines recherches d’accompagnement exécutées dans les structures rattachées
directement à la production, telles que le blé, l’orge, la pomme de terre et le tabac.

2-2- Les missions du FOFIFA


 En matière de Recherche

 Contribuer à l’élaboration de la politique nationale de recherche en matière de développement rural et


d’en assurer, la définition, la promotion, l’orientation, la coordination et la capitalisation de toutes les
activités de recherche ;
 Mettre en oeuvre la politique nationale de recherche en matière de développement rural et d’en assurer
, la définition, la promotion, l’orientation , la coordination et la capitalisation de toutes activités de
recherche;
 Développer la recherche thématique de base, pour générer des connaissances et techniques pour
pouvoir anticiper les problèmes.

 En matière de Développement Rural :

 Mettre en oeuvre les documents de cadrage de la politique générale et des stratégies du Ministère de
l’Agriculture;

 Appuyer et accompagner les actions de diffusion des résultats de recherche auprès des bénéficiaires
cibles.

Source : [Link]

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page a4
ANNEXE 3 : Correspondance entre la température et la durée
supportée par la main dans le compost
Tableau a3.01 : Correspondance entre la température et la durée supportée par la main dans le
compost

Températures dans le compost (après 70°C 65°C 60°C 55°C 50°C 40°C
plusieurs jours)
Durée supportée Opérateur N°1 1.1s 1.9s 2.8s 5.4s 10.1s Illimitée
par la main dans Opérateur N°2 0.7s 2.1s 2.3s 4.8s 7.9s Illimitée
le compost Opérateur N°3 0.9s 2s 2.5s 5.1s 9s illimitée
Source : RAVAOARINIRINA, 2017

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page a5
TABLE DES MATIÈRES
REMERCIEMENTS ................................................................................................................... I
SOMMAIRE .............................................................................................................................III
GLOSSAIRE ........................................................................................................................... IV
LISTE DES PHOTOS ............................................................................................................. VI
LISTE DES FIGURES ............................................................................................................ IX
LISTE DES TABLEAUX ......................................................................................................... X
LISTE DES ABREVIATIONS ET ACRONYMES ............................................................... XI
NOTATIONS ET UNITES ................................................................................................... XIII
INTRODUCTION GÉNÉRALE ................................................................................................1
Première Partie : ÉTUDES BIBLIOGRAPHIQUES..................................................................3
Chapitre 1 : La drêche de brasserie .............................................................................................3
1-1- Définition et Généralités .................................................................................................3
1-2- Origine des drêches de brasserie .....................................................................................3
1-2-1- Les matières premières pour la fabrication de la bière ............................................3
1-2-2- Le processus de fabrication de la bière ....................................................................6
1-3- Les propriétés des drêches ..............................................................................................9
1-3-1- Propriétés physiques ................................................................................................9
1-3-2- Propriétés chimiques ..............................................................................................10
1-4- Mode de conservation de la drêche ...............................................................................11
1-5- Les différentes possibilités de valorisation de la drêche de brasserie ...........................12
1-5-1- Alimentation animale .............................................................................................12
1-5-2- Alimentation humaine............................................................................................13
1-5-3- Substrat pour la culture de microorganismes et de champignons ..........................14
1-5-4- Valorisation dans le domaine énergétique .............................................................14
1-5-4-1- Utilisation comme combustible ......................................................................14
1-5-4-2- Production de biocarburants ...........................................................................15
1-5-4-3- Production de biogaz ......................................................................................15
1-5-5- Amendement et compost .......................................................................................16
1-5-6- Autres valorisations ...............................................................................................17
1-6- Conclusion partielle ......................................................................................................17
Chapitre 2 : La méthanisation ...................................................................................................19
2-1- Définition de la méthanisation ......................................................................................19

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page a6
2-2- Les principes de la méthanisation .................................................................................19
2-2-1- L’hydrolyse ............................................................................................................19
2-2-2- L’acidogenèse ........................................................................................................20
2-2-3- L’acétogenèse ........................................................................................................20
2-2-4- La méthanogenèse..................................................................................................21
2-3- Les produits de la méthanisation ...................................................................................21
2-3-1- Le Biogaz ...............................................................................................................21
2-3-2- Le digestat ..............................................................................................................22
2-4- Les différentes technologies de fermentation ..............................................................22
2-5- Le Biodigesteur .............................................................................................................24
2-6- Les conditions à respecter pour effectuer la méthanisation ..........................................25
2-6-1- La qualité du substrat .............................................................................................25
2-6-2- Les autres paramètres.............................................................................................26
2-6-2-1- L’absence d’oxygène ......................................................................................26
2-6-2-2- La température ................................................................................................26
2-6-2-3- Le potentiel Hydrogène (pH)..........................................................................27
2-6-2-4- Le rapport carbone-azote (C/N)......................................................................27
2-6-2-5- L’humidité ......................................................................................................28
2-6-2-6- La pression......................................................................................................29
2-6-2-7- le temps de rétention .......................................................................................29
2-6-2-8- L’agitation ......................................................................................................29
2-6-2-9- L’influence des matières toxiques ..................................................................30
2-7- Prétraitements de la biomasse avant la méthanisation ..................................................30
2-8- Conclusion partielle ......................................................................................................32
CHAPITRE 3 : Le Biogaz ........................................................................................................33
3-1- Historique ......................................................................................................................33
3-2- Le Biogaz dans le Monde ..............................................................................................33
3-3- Le Biogaz à Madagascar ...............................................................................................34
3-3-1- Historique...............................................................................................................34
3-3-2- Facteurs favorables et les limites ..........................................................................35
3-4- Composition chimique du Biogaz .................................................................................36
3-4-1- Le méthane (CH4) ..................................................................................................37
3-4-2- Le dioxyde de carbone (CO2) ................................................................................37

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page a7
3-4-3- Les autres gaz.........................................................................................................38
3-5- Caractéristiques du Biogaz ............................................................................................38
3-5-1- Pouvoir calorifique ................................................................................................38
3-5-2- Température adiabatique de la flamme du biogaz .................................................38
3-5-3- Equivalence énergétique ........................................................................................39
3-6- Valorisations et utilisations du Biogaz ..........................................................................39
3-6-1- La valorisation thermique ......................................................................................39
3-6-2- La valorisation électrique.......................................................................................40
3-6-3- La production d’énergie électrique avec récupération de chaleur .........................41
3-6-4- La valorisation en carburant automobile ...............................................................41
3-6-5- L’introduction dans les réseaux de gaz naturel ......................................................42
3-7- Avantages et inconvénients du biogaz ..........................................................................42
3-8- Conclusion partielle ......................................................................................................43
Chapitre 4 : Valorisation du digestat par compostage en matière fertilisante ..........................45
4-1- Les caractéristiques et la composition du digestat brut .................................................45
4-2- Les valeurs fertilisantes du digestat brut .......................................................................45
4-3- L’utilisation du digestat dans l’agriculture ...................................................................46
4-4- Relation entre la méthanisation et le compostage ........................................................47
4-5- Le compostage ..............................................................................................................47
4-5-1- Définition et Objectifs du compostage ..................................................................47
4-5-2- Les différents types de compostage .......................................................................48
4-5-3- Les principes et les facteurs influençant le compostage ........................................48
4-5-3-1- L’aération .......................................................................................................49
4-5-3-2- L’humidité ......................................................................................................49
4-5-3-3- Le rapport C/N ................................................................................................50
4-5-3-4- La Microbiologie ............................................................................................50
4-5-3-5- La température ................................................................................................51
4-5-3-6- La valeur du pH ..............................................................................................51
4-5-3-7- La teneur en lignine ........................................................................................51
4-5- 3-8- La teneur en polyphénols...............................................................................52
4-5-3-9- Les aspects biochimiques ...............................................................................52
4-5-4- Les différentes phases du processus de compostage .............................................52
4-5-5- Les matériaux et matériels nécessaires pour l’élaboration du compost .................54

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page a8
4-5-6- Les avantages et les inconvénients du compostage ...............................................55
4- 6- Conclusion partielle ....................................................................................................56
Deuxième Partie : ÉTUDES EXPÉRIMENTALES .................................................................57
Chapitre 5 : Caractérisation des substrats .................................................................................57
5-1- Origines des substrats utilisés .......................................................................................57
5-1-1- La drêche de brasserie............................................................................................57
5-1-2- La bouse de zébu....................................................................................................57
5-2- Matériels ........................................................................................................................58
5-2-1- Les matières premières et les réactifs ....................................................................58
5-2-2- Les matériels de laboratoire ...................................................................................58
5-3- Méthodes .......................................................................................................................60
5-3-1- Humidité (H%) ......................................................................................................60
5-3-1-1- Les différentes étapes .....................................................................................60
5-3-1-2- Calcul ..............................................................................................................60
5-3-2- Teneur en matières sèches (M.S %).......................................................................60
5-3-3- Azote (N %) ...........................................................................................................60
5-3-3-1- Les différentes étapes .....................................................................................60
5-3-3-2- Calcul ..............................................................................................................61
5-3-4- pH..........................................................................................................................62
5-3-5- Carbone organique (C %) .....................................................................................62
5-3-5-1- Principes .........................................................................................................62
5-3-5-2- L es différentes étapes ....................................................................................62
5-3-5-3- Calcul ..............................................................................................................63
5-3-5- Matières organiques (M.O %) ..............................................................................63
5-3-6- Phosphore (P%), Potassium (K%), Sodium (Na%) et Calcium (Ca%) .................63
5-3-6-1- Préparation des échantillons ...........................................................................63
5-3-6-2- Calcination/ Extraction ...................................................................................63
5-3-6-3- Calcul ..............................................................................................................64
5-4- Les résultats ...................................................................................................................64
5-5- Discussions ....................................................................................................................66
5-5-1- La teneur en matière sèche.....................................................................................66
5-5-2- La teneur en Matières organiques ..........................................................................66
5-5-3- Le pH .....................................................................................................................67

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page a9
5-5-4- Le rapport C/N .......................................................................................................68
5-6- Conclusion partielle ......................................................................................................68
Chapitre 6 : La méthanisation des drêches de brasserie ...........................................................70
6-1- Les matériels utilisés lors des essais de méthanisation .................................................70
6-1-1- Les matières premières ..........................................................................................70
6-1-2- Les matériels de laboratoire ...................................................................................70
6-1-3- Les autres matériels ...............................................................................................73
6-2- Les méthodes adoptées pour les essais de méthanisation .............................................74
6-2-1- Les formulations des différents essais ...................................................................74
6-2-2- Les conditions de réalisation des essais .................................................................75
6-2-3- Les modes opératoires ...........................................................................................75
6-2-3-1- Mode opératoire pour les essais 1, 2 et 3........................................................75
6-2-3-2- Mode opératoire pour les essais 4, 5 et 6........................................................76
6-2-3-3- Mode opératoire pour les essais 7, 8 et 9.......................................................78
6-2-3-4- Mode opératoire pour les essais 10 et 11........................................................79
6-2-3-5- Mode opératoire pour les essais 12 et 13........................................................80
6-2-4- Méthodes de calcul des résultats ............................................................................81
6-3- Les résultats obtenus .....................................................................................................81
6-3-1- Résultats des essais 1,2 et 3 ...................................................................................82
6-3-1-1- Tableaux des résultats des essais 1,2 et 3 .......................................................82
6-3-1-2- Proportion de méthane dans le biogaz obtenu des essais 1,2 et 3 ..................83
6-3-1-3- Observations et interprétations des résultats des essais 1,2 et 3 ....................83
6-3-2- Résultats des essais 4,5 et 6 ...................................................................................84
6-3-2-1- Evolutions du pH des essais 4,5 et 6 ..............................................................84
6-3-2-2- Tableaux des résultats des essais 4,5 et 6 .......................................................85
6-3-2-3- Proportion de méthane du biogaz obtenu lors des essais 4,5 et 6 ...................86
6-3-2-4-Observations et interprétations des résultats des essais 4,5 et 6 ......................86
6-3-3- Résultats de l’essai 7 ..............................................................................................88
6-3-3-1- Les résultats de l’essai 7 .................................................................................88
6-3-3-2- Interprétations des résultats de l’essai 7 ........................................................89
6-3-4- Résultats des essais 8 et 9 ....................................................................................90
6-3-4-1- Ajustements du pH des essais 8 et 9 ...............................................................90
6-3-4-2- Résultats des essais 8 et 9 ...............................................................................91

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page a10
6-3-4-3- Interprétations des résultats des essais 8 et 9..................................................92
6-3-5- Résultats des essais 10 et 11 ..................................................................................93
6-3-5-1- Ajustement du pH au début des essais 10 et 11..............................................93
6-3-5-2- Les proportions en méthane du biogaz obtenu lors des essais 10 et 11 .........93
6-3-5-3- Résultats des essais 10 et 11 ...........................................................................94
6-3-5-4- La production journalière de Biogaz avec les ajustements de pH, et le volume
cumulé journalier des essais 10 et 11............................................................................96
6-3-5-5- Interprétations des résultats des essais 10 et 11.............................................96
6-3-6- Résultats des essais 12 et 13 ..................................................................................97
6-3-6-1- Ajustement du pH au début des essais 12 et 13..............................................97
6-3-6-2- Les proportions en méthane du biogaz obtenu lors des essais 12 et 13 .........97
6-3-6-3- Les résultats des essais 12 et 13 .....................................................................98
6-3-6-4- La production journalière avec ajustement de pH des essais 12 et 13 .........100
6-3-6-5- Observations et Interprétations des résultats des essais 12 et 13 ..................100
6-3-7- Comparaison des résultats ...................................................................................101
6-3-7-1- Volume cumulé par jour ...............................................................................101
6-3-7-2- La productivité en biogaz et la production moyenne de biogaz et de méthane
par jour de chaque essai ..............................................................................................103
6-4- Discussions ..................................................................................................................105
6-4-1- Les facteurs influençant ces résultats...................................................................105
6-4-1-1- La proportion en substrat et cosubstrat .........................................................105
6-4-1-2- La rectification du pH ...................................................................................106
6-4-1-3- Température ..................................................................................................107
6-4-1-4- Le prétraitement............................................................................................107
6-4-2- Les paramètres optimaux pour valoriser la drêche de brasserie ..........................107
6-4-3- Les utilisations possibles du biogaz obtenu par la drêche de brasserie ...............108
6-5- Conclusion partielle ....................................................................................................108
Chapitre 7 : Valorisation du digestat en matière fertilisante ..................................................110
7-1- Matériels ......................................................................................................................110
7-1-1- Préparation de levure ...........................................................................................110
7-1-1-1- Les matières premières et consommables ....................................................110
7-1-1-2- Les matériels .................................................................................................110
7-1-2- Séparation de phase du digestat brut....................................................................110
7-1-2-1- La matière première ......................................................................................111
Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page a11
7-1-2-2- Le matériel ....................................................................................................111
7-1-3- Fabrication du compost ........................................................................................111
7-1-3-1- Les matières premières .................................................................................111
7-1-3-2- Les matériels .................................................................................................112
7-1-4- Caractérisation des produits obtenus ...................................................................113
7-1-4-1- Caractérisation des produits .........................................................................113
7-1-4-2- Test de maturité des produits obtenus ..........................................................113
7-2- Méthodes .....................................................................................................................113
7-2-1- Préparation de la levure .......................................................................................113
7-2-2- Séparation de phase .............................................................................................114
7-2-3- Fabrication du compost et suivi du processus .....................................................114
7-2-4- Caractérisations des produits obtenus ..................................................................117
7-2-4-1- Analyses au FOFIFA ....................................................................................117
7-2-4-2- Test de maturité des produits obtenus ..........................................................117
7-3- Résultats et interprétations ..........................................................................................118
7-3-1- Les produits obtenus à partir de la séparation de phase .......................................118
7-3-1-1- Les différentes phases obtenues ...................................................................118
7-3-1-2- Les caractéristiques du digestat liquide ........................................................118
7-3-1-3- Interprétations de ces résultats ......................................................................118
7-3-2- Les résultats des suivis lors du compostage.........................................................119
7-3-3- Les caractéristiques du compost obtenu ..............................................................120
7-3-4- Le rendement en compost obtenu ........................................................................121
7-3-5- Les résultats du test de maturation du compost sur la plantation d’haricot .........121
7-4- Discussions ..................................................................................................................124
7-5- Conclusion partielle ....................................................................................................126
Chapitre 8 : Analyses socio-économiques et environnementales ...........................................127
8-1- Analyses socio-économiques ......................................................................................127
8-1-1- Les dépenses engagées au cours de la réalisation de ce mémoire ......................127
8-1-2- Les difficultés rencontrées au cours de la réalisation de ce mémoire ..................128
8-1-3- Analyses socio-économiques de la valorisation de la drêche ..............................129
8-1-4- Analyses socio-économiques de la production de biogaz et de fertilisant à partir
du digestat .......................................................................................................................130
8-2- Analyses environnementales .......................................................................................131

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page a12
8-2-1- Analyses environnementales de la valorisation de la drêche ...............................131
8-2-2- Analyses environnementales de la production de biogaz et de compost .............131
8-3- Conclusion partielle ....................................................................................................133
CONCLUSION GÉNÉRALE ET PERSPECTIVE ................................................................134
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES ET WEBOGRAPHIQUES ....................................136
LISTE DES ANNEXES ........................................................................................................... a1
ANNEXE 1 : Présentation détaillée du C.N.R.I.T.................................................................... a2
1-1- Historique et localisation ........................................................................................ a2
1-2- Fiche d’identification du C.N.R .I.T....................................................................... a2
1-3- Les objectifs et les missions du C.N.R.I.T ............................................................. a2
1-4- Organigramme du C.N.R.I.T .................................................................................. a3
ANNEXE 2 : Présentation détaillée du FOFIFA ...................................................................... a4
2-1- Historique ...................................................................................................................... a4
2-2- Les missions du FOFIFA .............................................................................................. a4
ANNEXE 3 : Correspondance entre la température et la durée supportée par la main dans le
compost ..................................................................................................................................... a5
TABLE DES MATIÈRES ........................................................................................................ a6

Mémoire de Fin d’Études / Mention Génie des Procédés Chimiques et Industriels Page a13
Auteur : RAZANADAHY Sophie Eldinah Hobiantsoa
Titre : « Étude de la valorisation biotechnologique de la
drêche par la méthanisation et le compostage, en
respectant l’économie circulaire »
Nombre de pages : 135
Nombre de tableaux : 39
Nombre de figures : 38
Nombre de photos : 128
Adresse de l’auteur : Lot II B 152 bis Mahalavolona Andoharanofotsy – Antananarivo 102
Courriel : sophiera45@[Link]
Contact : 0342618286
Co-encadreurs : - Monsieur RANDRIANA Nambinina Richard Fortuné, Professeur Titulaire,
Enseignant Chercheur.
- Monsieur RAMAROSON Jean de Dieu, Directeur de Recherche, Chercheur
Enseignant.
FINTINA : Ny asa notontosaina tamin’ity fikarohana ity dia azo heverina ho fototra azo hiaingana raha
hamokatra angovo azo havaozina avy amin’ny fako-na varim-bazaha azo avy amin’ny fanamboarana
labiera, ary ny fanodinana ny ambiny sisa tsy levona ho lasa zezika. Ny famadihana ny fako ho lasa angovo
dia natao tao amin’ny laboratoaran’ny C.N.R.I.T ao Tsimbazaza, avy eo nosarahana ny ambiny ka ny
ventiny dia navadika ho zezim-pako, ary ny ranony lasa ranon-jezika. Somary sarotra noho ny mahazatra ny
asa satria ilay fako-na varim-bazava dia somary be asidra sady mitahiry singa sarotra levonina. Nampiasa
lalivay tamin’ny fanamboarana zezim-pako, hany ka vetivety dia levona ny fako. Azo lazaina izany fa afaka
atao tsara ny mamadika ny fako-na varim-bazaha azo avy nanamboarana labiera ho lasa angovo, ary ny
ambiny sisa tsy levona ho lasa zezika.
Teny manan‐danja : fako-na varim-bazaha azo avy nanamboarana labiera, angovo, ambiny sisa tsy
levona, zezika.
RÉSUMÉ : Les travaux effectués dans le cadre de ce mémoire peuvent constituer des bases pour valoriser
la drêche de brasserie en biogaz, et transformer le digestat obtenu en matière fertilisante. Ils se sont basés
sur 13 essais de méthanisation au laboratoire du C.N.R.I.T à Tsimbazaza, une séparation des phases du
digestat brut obtenu, et un essai de compostage du digestat solide. Les conditions habituelles de
méthanisation à température mésophile (37°C) ont été respectées. Mais pour avoir le meilleur rendement en
biogaz, le substrat doit subir un prétraitement et le pH doit être ajusté tout au long du processus. De la
levure a été utilisée au cours du compostage, ce qui a accéléré le processus. A partir de la drêche, nous
pouvons alors obtenir du biogaz avec une teneur en méthane variant entre 0% et 97%, et du digestat
pouvant être transformé en fertilisant.
Mots clés : drêche, biogaz, digestat, méthanisation, séparation des phases, compostage, fertilisant.
ABSTRACT: The work that was accomplished in this dissertation can constitute a basis for valorizing
brewer’s spent grain into biogas, and transforming the digestate obtained into fertilizing material. They
were based on 13 methanization tests at the C.N.R.I.T laboratory in Tsimbazaza, phase separation of raw
digestate obtained, and composting of the solid digestate. The usual methanization conditions at mesophilic
temperature (37°C) were respected, but to have the best biogas yield, the substrate must undergo
pretreatment and the pH must be adjusted throughout the process. A yeast was used during composting,
which accelerated the process. From the spent grain, we can then have biogas with a methane proportion
varying between 0% and 97%, and digestate which can be transformed into fertilizer.
Keywords: brewer's spent grain, biogas, digestate, methanization, phase separation, composting, fertilizer.

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