Da 91
Da 91
Présentée par
Mohamad AWAD
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Résumé
La récupération d’énergie est un thème de recherche prometteur qui explore un large éventail
de sources. Parmi ces sources, on trouve l’énergie mécanique, thermique, électromagnétique,
etc. Cette thèse se propose d’explorer des solutions techniques de récupération de l’énergie
électromagnétique ambiante. Ce type d’énergie offre une belle opportunité pour participer à
l’alimentation, partielle ou complète, d’un système de communication sans fil à basse
consommation. Beaucoup d’applications intéressantes telles que les réseaux de capteurs sans
fil (WSN), assurant ainsi l’IoT (internet-of-things), dans le domaine médical et dans la sécurité,
sont dotés d’une antenne. Or cette antenne qui est un composant passif volumineux n’est utilisée
qu’une faible fraction du temps pour les seules communications. Dans le cadre de la
récupération d’énergie RF, l’idée est de mettre à profit ce composant pour glaner l’énergie
électromagnétique ambiante, malgré la faible puissance récupérée. Associée à l’antenne, la
récupération d’énergie RF est basée sur la mise en œuvre de diodes en redresseurs. Dans ce
manuscrit, des diodes intégrées issues d’une technologie moderne : FDSOI 28 nm sont utilisées.
A l’issue de ces travaux, trois « runs » dont deux en technologie FDSOI ont pu être réalisés.
Des convertisseurs d’énergie RF, du type Dickson, d’un et deux étages, ont été conçus et
réalisés à l’aide de cette technologie, mesurés et même comparés à des convertisseurs RF-DC
réalisés avec une autre technologie BiCMOS 55 nm. Les convertisseurs réalisés sont à l’état de
l’art au niveau du rendement de conversion énergétique pour une puissance donnée de l’ordre
de -20 dBm. La technologie FD-SOI offre un nouveau degré de liberté à l’aide de la polarisation
de la grille arrière (BG : Back Gate). Cette polarisation du BG permet de modifier les
paramètres de l’élément non-linéaire à la base de la conversion. Par ailleurs, une étude sur la
réalisation d’une diode Schottky intégrée dans le processus de la FDSOI 28 nm a même été
envisagée. A l’issue de ces premières expériences, une méthode d’optimisation de la conception
de ces convertisseurs Dickson à partir d’un cahier des charges simplifiée, a été proposée.
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Table des matières
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2.3.4 Effet de la grille arrière ...................................................................................... 56
2.4 Réalisation de SBD .................................................................................................. 57
2.4.1 SBD en utilisant la technologie 28 nm FDSOI .................................................. 57
2.4.2 Simulation et optimisation du SBD .................................................................... 60
Références ............................................................................................................................ 68
3 Méthodologie d’optimisation d’un redresseur Dickson ................................................... 72
3.1 Introduction .............................................................................................................. 73
3.2 Paramètres de conception ......................................................................................... 74
Influence de la résistance de charge ................................................................... 77
Influence des nombres d’étage ........................................................................... 80
Influence de la puissance d’entrée ..................................................................... 82
3.3 Méthode de conception ............................................................................................ 84
Détermination du nombre d’étages N................................................................. 85
Dimensionnement des transistors ....................................................................... 86
Effet de l’impédance du générateur ................................................................... 87
3.4 Exemples de conception ........................................................................................... 90
Efficacité et tension de sortie en fonction de N et Pin ........................................ 90
Comportement d’un redresseur optimisé à -20 dBm en fonction de Pin ............ 92
3.5 Comparaison entre la FDSOI et la BiCMOS ........................................................... 95
3.6 Conclusions .............................................................................................................. 96
Références ............................................................................................................................ 99
4 Conception, test et comparaison de redresseurs Dickson en technologies FDSOI 28 nm et
BiCMOS 55 nm ...................................................................................................................... 101
4.1 Introduction ............................................................................................................ 102
4.2 Choix et dimensionnement du transistor en FDSOI............................................... 104
4.2.1 Choix du type de transistor............................................................................... 104
4.2.2 Dimensionnement des transistors ..................................................................... 105
4.3 Effet de polarisation de la grille arrière .................................................................. 107
4.4 Test sous pointe ...................................................................................................... 109
4.4.1 Impédance d’entrée .......................................................................................... 109
4.4.2 Tension de sortie en fonction de la puissance d’entrée .................................... 111
4.4.3 Mesures et estimation du rendement de conversion en puissance pour un
redresseur non adapté ..................................................................................................... 114
4.5 FDSOI Vs. BiCMOS .............................................................................................. 117
4.5.1 Caractéristiques statiques ................................................................................. 117
4.5.2 Conception du redresseur en BiCMOS ............................................................ 118
vi
4.5.3 Performances des redresseurs ........................................................................... 118
4.6 Conclusion .............................................................................................................. 120
Conclusion générale : ............................................................................................................. 122
Perspectives : .......................................................................................................................... 125
Annexe A................................................................................................................................ 126
1.1 Travail de sortie ...................................................................................................... 126
1.2 Affinité électronique .............................................................................................. 126
1.3 Contact Métal-Semi-Conducteur............................................................................ 127
1.4 Etat de l’art de la SBD en intégré ........................................................................... 130
Références .......................................................................................................................... 132
Publications ........................................................................................................................ 134
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Liste des abréviations
Abréviations Sens technique
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PCE Power Conversion Efficiency
PDSOI Partially Depleted Silicon On Insulator
PMOS Transistor MOS de type P
PV Photovoltaïques
RF Radiofréquence
RVT Regular Voltage Transistor (VT)
SBD Schottky Barrier Diode
SBH Schottky Barrier Height
Si Silicon
SOI Silicon On Insulator
SRAM Static Random Acces Memory
STI Short Trench Isulation
UTBB Ultra Thin Body and BOX
Vdd Tension d’alimentaion
Via Interconnexion métallique entre deux couches
VNA Vector Network Analyser : Analyseur de résaux vectoriels
WEH Wireless Energy Harvesting
WET Wireless Energy Transfer
WiFi Wireless Fidelity
WSN Wireless Sensor Network
ZCE Zone de Charge d’Espace
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Introduction générale
L’énergie nécessaire à un capteur pour assurer ces fonctionnalités, est estimée à 3000 fois
moins importante que celle d’un téléphone portable. Cependant, tous ces systèmes sont
autonomes et ont besoin d’un élément de stockage de l’énergie comme une batterie. Le
remplacement d’une batterie induit un surcout qui représente des milliards d’euros chaque
année. En outre, c’est encore plus difficile sur les appareils médicaux, car il ne s’agit pas
seulement de coûts, mais aussi des conséquences à cause de l’intervention chirurgicale. Dans
le cas d’un pacemaker, chaque patient doit en moyenne subir au moins 3 interventions
chirurgicales durant sa vie pour remplacer la batterie.
1
Introduction générale
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En l’absence de lumière, lorsque l’objet ne bouge pas ou lorsqu’il n'y a pas de gradient de
température, le champ électromagnétique ambiant, même avec une amplitude extrêmement
faible, est alors une alternative crédible pour alimenter un objet à faible taux d'activité.
Généralement, chaque objet appartenant à un WSN contient une antenne. Cette antenne
occupe une surface non négligeable, fonction principalement de la fréquence des ondes
électromagnétiques, par rapport à la surface totale du capteur. Alors il est intéressant de
réutiliser cette antenne pour récupérer la puissance électromagnétique tout en ajoutant un
redresseur. Ce dernier n’est pas pénalisant au niveau de la surface. L’association de l’antenne
avec le redresseur s’appelle « rectenna ». La collecte d’énergie sous forme d’onde et le transfert
par couplage d’énergie électromagnétique sont les deux possibilités pour recharger une batterie.
Par exemple, pour un pacemaker, il est possible de recharger la batterie en utilisant un couplage
électromagnétique, sans recours à une chirurgie. Dans ce cas, on parle d’un transfert d’énergie.
D’autre part, pour les systèmes ayant une très faible consommation, une récupération d’énergie
ambiante peut être suffisante pour assurer l’autonomie d’un système.
Dans ce document, une étude sur la récupération d’énergie radiofréquence ambiante (faible
puissance), et plus particulièrement sur les circuits de redressement en technologies intégrées
est réalisée. Cette thèse est divisée en quatre chapitres :
Dans le deuxième chapitre, une présentation des technologies utilisées pour la récupération
d’énergie RF. Pour les diodes Schottky qui constituent le composant de référence, le
fonctionnement du contact ohmique et celle du contact Schottky est présentée. Pour les
2
Introduction générale
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technologies intégrées, une présentation des technologies silicium sur substrat massif, les
problèmes rencontrés, les améliorations réalisées sont exposées. Afin de dépasser la majorité
des problèmes des technologies sur silicium massif, une technologie silicium sur isolant peut
être utilisée. Finalement, une étude détaillée sur la réalisation de la diode Schottky en
technologie FDSOI 28 nm en conservant les étapes de fabrication est présentée.
Dans le troisième chapitre, une méthode d’optimisation des redresseurs est détaillée. En
outre, l’effet de résistance de charge et de la puissance d’entrée pour un circuit optimisé est
réalisé en utilisant le logiciel Cādence®. Finalement, des redresseurs optimisés en technologie
FDSOI et BiCMOS sont comparés.
3
1 État de l’art sur la récupération d’énergie
4
Chapitre 1 : État de l’art sur la récupération d’énergie
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1.1 Introduction
Depuis quelques années, une prise de conscience collective nécessite de prendre en compte
l’impact environnemental des nouveaux systèmes électroniques tout au long de leur vie. Ce
nouveau contexte impose aux ingénieurs et concepteurs de trouver un nouveau compromis entre
l’amélioration des fonctionnalités ou des performances de ces systèmes tout en tenant compte
de leur empreinte énergétique.
La diminution de la consommation assure donc une plus longue durée de vie des batteries
utilisées dans les appareils électroniques nomades. Du point de vue du consommateur, cet
appareil électronique avec des fonctionnalités supplémentaires, plus petit, et finalement avec
une batterie qui n’a plus besoin d’être changée ou rechargée fréquemment est plus attractif. Le
remplacement d’une batterie, induit un coût d’entretien non négligeable par rapport au prix du
système voire parfois très difficile à réaliser (par exemple dans le cas d’un capteur à l’intérieur
d’un mur d’une maison ou d’un pacemaker à l’intérieur du thorax d’un patient). Parmi les
solutions possibles pour augmenter la durée de vie de la batterie des dispositifs électroniques,
la première qui vienne à l’esprit est la réduction de la consommation d’énergie. L’énergie
consommée par les systèmes autonomes dépend de l’état d’activité du système. On distingue
plusieurs états d’activité, au minimum un état actif et un état de veille. La réduction de la
consommation ne doit pas seulement porter sur l’état actif, mais aussi prendre en compte
l’énergie consommée en état de veille qui est rarement négligeable. Par exemple des études ont
montré que la consommation en état de veille des appareils équipant un foyer « typique »,
représente environ 14 % de la consommation totale d’électricité d’un foyer européen [1], et
peut atteindre jusqu’à 25 % d’un foyer Californien [2].
Une deuxième piste pour augmenter la durée de vie des batteries des systèmes autonomes est
de tenter de récupérer l’énergie ambiante, en particulier pour les applications de faibles
puissances. Dans l’environnement, plusieurs sources d’énergie sont disponibles : la chaleur, les
mouvements mécaniques, le vent, etc… . Déjà depuis plusieurs décennies les chercheurs tentent
d’améliorer les techniques de récupération d’énergie ambiante. C’est aussi la solution la plus
adaptée pour alimenter un capteur en milieu sévère [3].
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Chapitre 1 : État de l’art sur la récupération d’énergie
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Ce chapitre est divisé en six parties dont la première est cette brève introduction. Dans la
deuxième partie, l’architecture générale d’un système de récupération d’énergie est décrite.
Dans la troisième partie, une présentation de différents types d’énergies ambiantes utilisées
dans le domaine de la récupération d’énergie est réalisée. Puis dans la quatrième, le type
d’énergie à récupérer est replacé dans le contexte. La cinquième partie présente un bref
historique de récupération d’énergie radiofréquence (RF). Enfin, l’état de l’art de la
récupération d’énergie en utilisant des technologies intégrées et discrètes est présenté ainsi que
les différentes topologies de redresseurs utilisés. Et dernière partie est consacrée à la conclusion
permet de dégager les voies qui ont guidé cette thèse.
La première partie d’un système de récupération d’énergie est représentée par le transducteur
d’énergie. A sa sortie, une puissance électrique qui résulte de la conversion d’une source
d’énergie (thermiques, mécaniques, chimiques, etc…) en source électrique est disponible [4].
La deuxième partie du système assure la conversion d’énergie électrique pour qu’elle soit
adaptée et utile, souvent une tension continue. Cette partie est généralement constituée de
convertisseurs, de redresseurs voire de pompes de charges. Le choix d’utilisation entre ces
circuits dépend du type d’énergie à récupérer, et aussi de la forme de la grandeur physique
obtenue à la sortie du transducteur d’énergie. Pour des sources d’énergie vibratoires
(mécaniques ou ondes électromagnétiques), le transducteur génère généralement une tension
alternative. Le convertisseur utilisé est alors un redresseur. En outre, pour les sources
thermiques et photovoltaïques par exemple, les convertisseurs utilisés sont des convertisseurs
6
Chapitre 1 : État de l’art sur la récupération d’énergie
___________________________________________________________________________
DC-DC. Le but final de ce convertisseur est d’assurer une efficacité de conversion la plus
grande possible afin d’alimenter un circuit donné (capteur par exemple) [5].
La troisième partie du circuit est un élément de stockage : une super-capacité, une batterie
rechargeable ou un condensateur afin de restituer l’énergie aux moments opportuns [6].
Pour les circuits les plus évolués, un gestionnaire de consommation peut être utilisé. Il est
composé d’un microcontrôleur contenant un algorithme qui distribue l’énergie récupérée soit
vers la cellule de stockage, soit vers le circuit à alimenter [7]. De plus, un convertisseur
d’énergie électrique, à l’aide d’élévateur ou abaisseurs de tension, permet de réguler la tension
d’alimentation [8].
La récupération d’énergie consiste à capter l’énergie ambiante à partir des différentes sources.
L’énergie solaire, l’énergie mécanique (hydroélectrique voire éolienne) (Figure 1-2) sont les
sources d’énergie qui ont été largement exploitées. Ces sources offrent l’avantage d’être très
énergétique et ainsi de pouvoir être utilisées pour des applications urbaines et industrielles.
Figure 1-2 : Les différentes sources d'énérgie présentes dans l’environnement [3]
De nos jours, l’internet des objets (IoT : Internet of Things) et des réseaux de capteurs sans fil
(WSN : Wireless Sensor Network) sont en plein développement et entrent dans nos usages
quotidiens. Ces derniers sont constitués d’un grand nombre des micros capteurs capables de
récolter et de transmettre des données d’une manière autonome. Ces micros capteurs sont pour
la plupart des capteurs à faible consommation.
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Chapitre 1 : État de l’art sur la récupération d’énergie
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Dans cette partie, un bref aperçu sur les différentes sources d’énergie environnementales les
plus utilisées dans le domaine de la récupération d’énergie pour des systèmes à faible
consommation est représenté.
Le graphique suivant représente une comparaison entre les différentes sources d’énergie
vibratoires mécaniques en fonction de la fréquence de vibration et de la puissance récupérable
de ces vibrations [9]. Les vibrations d’un moteur de voiture permettent de récupérer une
puissance de l’ordre de 100 µW autour d’une fréquence de 10 Hz [8]. Avec d’autres types de
vibration mécaniques, il est possible de récupérer des puissances de 10 µW et jusqu’à 100 mW
comme le montre la Figure 1-3.
Le transducteur d’énergie vibratoire mécanique est basé sur l’un des trois types de transduction
suivants :
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Chapitre 1 : État de l’art sur la récupération d’énergie
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L’efficacité de conversion de ce type d’énergie dépend des matériaux utilisés dans la fabrication
des cellules photovoltaïques. Le rendement de conversion se situe entre 5 % et 20 % selon [25].
Les dernières évolutions ont permis d’obtenir une efficacité de 35 % [26] [27].
Les transducteurs thermiques sont basés sur l’effet Seebeck découvert par Thomas Seebeck en
1822 (Figure 1-5). La récupération d’énergie thermique est basée sur un thermocouple placé
entre une jonction froide et une autre chaude. Lorsqu’une différence de température est obtenue
entre cette jonction, les électrons chauffés se déplacent vers le côté froid créant ainsi un courant
électrique [25].
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Chapitre 1 : État de l’art sur la récupération d’énergie
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Un transducteur d’énergie thermique commercial, fabriqué par Marlow Industries Inc, peut
fournir une puissance en sortie de 4,05 W si une différence de température de 230°C est
appliquée. D’autre part, dans la publication [29] un récupérateur d’énergie thermique placé sur
le corps humain peut produire une puissance de 13,6 mW/cm2. De plus, Volkswagen a présenté
un projet de récupération d’énergie thermique dissipée dans ses voitures à grande échelle. Cela
a permis de récupérer une puissance de 600 W ce qui équivaut à 30 % de la consommation
électrique totale assurant une économie de 5 % de carburant [30]. Pour un gradient de
température de 10°C, l’efficacité de conversion thermique-électrique est de 3 % seulement.
Cette efficacité augmente jusqu’à atteindre une valeur de 20 % avec un gradient de 100°C [3]
[8] [31].
___________________________________________________________________________
La Figure 1-6 présente les densités de puissance ambiantes récupérables en fonction des types
de sources d’énergie disponibles. Chaque source d’énergie possède des avantages et des
inconvénients. Par exemple pour une source thermique, la tension de sortie obtenue et le
rendement de conversion sont faibles. En outre, pour des sources de radiations
(photovoltaïques), des puissances captées sont nettement plus importantes (deux à trois ordres
de grandeurs) mais elles dépendent de conditions d’ensoleillement, etc… .
Figure 1-6 : Densité de puissances disponibles des différentes sources d’énergie [33]
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D’autre part, les technologies de micro-électronique sont de plus en plus sobres en énergie
électrique. L’un des principaux buts de l’évolution des nœuds technologiques est de pouvoir
augmenter la densité d’intégration du nombre de transistors au mm2 pour réduire le prix des
circuits intégrés. Aujourd’hui, Intel à démontrer qu’il était possible d’atteindre une densité
d’intégration supérieure à 100 millions de transistor au mm2 en utilisant des transistors de plus
en plus petits, dans ce cas il s’agit du nœud technologique 10 nm (Figure 1-7).
Figure 1-7 : Densité d’intégration du nombre de transistors par mm2 en fonction du temps et
des nœuds technologiques [34]
Cette réduction des dimensions des transistors (nœuds technologiques) permet de réduire la
tension d’alimentation des circuits numériques et ainsi de diminuer la consommation des
composants électroniques, pour tendre vers des systèmes à très faible consommation électrique
comme le décrit la Figure 1-8.
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Chapitre 1 : État de l’art sur la récupération d’énergie
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Sur la Figure 1-9 (a), l’énergie nécessaire (exprimée en pJ) à chaque cycle de traitement pour
un système type « microcontrôleur » en fonction de la tension d’alimentation (VDD) est
représentée. Ce microcontrôleur, réalisée en technologie 65 nm, est constitué d’une unité
arithmétique et logique (ALU), cœur des opérations dans un processeur qui interagit avec la
mémoire (SRAM). Nous pouvons remarquer que l’énergie totale passe par un minimum autour
de VDD = 0,4 V pour cette technologie. Cette énergie totale (ETOT) résulte de la somme de
l’énergie de fuite (ELEAK) et de l’énergie de commutation (EACT). Pour les faibles tensions
d’alimentation c’est l’énergie ELEAK (liée aux courants de fuite) qui devient prépondérante en
revanche, pour des alimentations supérieures à 0,4 V, c’est l’énergie EACT, qui dépend de VDD2
qui devient majoritaire.
La plupart des microcontrôleurs, voire des systèmes autonomes, intègrent une fonction de veille
pour laquelle seule la puissance de fuite est consommée. La Figure 1-9 (b) décrit l’évolution de
la puissance de fuite en fonction de la tension d’alimentation VDD. On note alors que cette
puissance est cohérente avec les niveaux de puissance récupérable dans un environnement RF
standard pour une antenne de surface équivalente à quelques cm2.
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Chapitre 1 : État de l’art sur la récupération d’énergie
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Figure 1-10 : Nombres d'articles recensés dans la base IEEE dans le domaine de la
récupération d’énergie (EH), transfert d’énergie(WET) et récupération d’énergie sans fil
(WEH) [3]
Dans la partie suivante, la récupération d’énergie RF sera présentée ainsi que l’état de l’art des
différents travaux de recherche réalisés dans ce domaine.
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Chapitre 1 : État de l’art sur la récupération d’énergie
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1.5.1 Historique
Avec la découverte de l’induction électromagnétique et la génération d’ondes
électromagnétiques, la transmission de puissance sans fil (Wireless Power Transmission : WPT
ou TESF pour transmission d’énergie électromagnétique sans fil) était un nouveau sujet de
recherche. En 1862, les premières approches théoriques à la base du WPT ont été formulées par
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Chapitre 1 : État de l’art sur la récupération d’énergie
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James Clerk Maxwell, qu’il a formalisées par des équations qui portent aujourd’hui son nom
[37] [38].
Afin de valider ces équations, un système de transmissions sans fil a été réalisé par Heinrich
Hertz où il a démontré expérimentalement la possibilité de transférer de l’énergie entre deux
points [39]. Puis, dans les années 1894 et 1899, Marconi a démontré la possibilité de la
transmission radio sur une distance relativement longue de 2,75 km [40]. Dans le même temps,
Tesla a réussi à réaliser une transmission sans fil sur une distance d’environ 48 km [41].
En 1901, Tesla même conçu une tour dite Wardenclyffe à 130 km à l’est de New York sur Long
Island (Figure 1-12), destinée à la récupération de l’énergie magnétique terrestre mais qui ne
fut jamais testée. Cette tour a été démolie au cours de la première guerre mondiale [36] [42].
Après les travaux réalisés par Tesla et jusqu’en 1961, les recherches dans le domaine de la
radiofréquence ont changé d’objectif pour se focaliser sur la transmission d’informations sans
fil et la WPT a été délaissée.
En 1950, des évolutions technologiques ont permis de reprendre les études sur WPT et ont
conduit, sous l’impulsion de William Brown, à la transmission de l’énergie micro-onde
(Microwave Power Transfer ou MPT) dans les années 1960. Les sources micro-ondes de haute
efficacité mises au point ont été des magnétrons et klystrons analogues à ceux qui équipent nos
fours micro-ondes. Pour récupérer cette énergie RF, il a mis au point une antenne associée à un
redresseur : le premier rectenna. Ce rectenna présentait des efficacités de conversion en
puissance de 40 % à 50 % pour des puissances DC en sortie de 4 W et 7 W respectivement [43].
L’efficacité de conversion (PCE : Power conversion efficiency) est exprimée par (1-2) :
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Chapitre 1 : État de l’art sur la récupération d’énergie
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Ce rectenna a même été utilisé dans une version plus étendue (basé sur une antenne dipôle et
4480 diodes) pour faire voler un hélicoptère électrique alimenté par un faisceau d’ondes
électromagnétiques en 1964 [42] [44].
En 1975, une nouvelle évolution dans le domaine de la MPT a été réalisée au Jet Propulsion
Lab (JPL) avec une efficacité de conversion d’énergie de 82,5 % pour une puissance micro-
onde de 30 kW [45].
En 1987, un prototype d’avion radiocommandé a été réalisé au Canada. Il a volé à une altitude
de 150 m pendant 20 minutes en utilisant l’énergie RF à 2,45 GHz d’une source placée au sol.
La densité de puissance rayonnée était de 400 W/m2 ce qui a permis de fournir une puissance
de 150 W au moteur électrique [46] [47] (Figure 1-13).
Figure 1-13 : Pilotage d'avion par énergie RF sans fil (f = 2,411 GHz) [47]
Par ailleurs, en 2000, un réseau de rectennas a été conçu et présenté par des chercheurs de
l’université du Texas A&M fonctionnant à une fréquence de 2,8 GHz avec une densité de
puissance captée de 2 mW/cm2 et a permis d’atteindre un maximum d’efficacité de conversion
RF-DC de 82 % en utilisant des diodes Schottky [48].
Plusieurs systèmes de récupération d’énergie RF ont été réalisés durant ces dernières années.
L’évolution des nœuds technologiques dans le domaine de la microélectronique surtout au
niveau de la miniaturisation et de la réduction de la consommation des composants, permet de
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Chapitre 1 : État de l’art sur la récupération d’énergie
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C’est aussi une topologie de redressement mono alternance, mais la diode est dans ce cas
montée en parallèle. Le signal est injecté sur la cathode de la diode alors que l’anode est reliée
à la masse (Figure 1-15). Cette topologie permet de redresser la partie négative du signal
d’entrée [54].
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Chapitre 1 : État de l’art sur la récupération d’énergie
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Doubleur de tension :
L’association des deux redresseurs mono alternance, l’un pour la partie positive et l’autre pour
la partie négative, permet d’obtenir une topologie de doubleur de tension représentée sur la
Figure 1-16. De même, cette topologie contient une capacité de stockage pour chaque diode :
la première en entrée qui est la capacité de la diode shunt (redressement de la partie négative),
et la deuxième est à la sortie pour stocker les charges résultantes des deux alternances négative
et positive. Il s’agit alors d’un redressement double alternance. Ce qui permet d’avoir presque
le double de la tension de sortie d’une structure mono alternance [55] [56] [57]. En effet, lorsque
la tension est négative, la capacité C1 est chargée au travers de la diode D1 et la diode D2 est
bloquée. Puis lorsque la tension d’entrée devient positive, c’est la capacité C2 qui stocke les
charges issues de la somme de la tension d’entrée et de la tension aux bornes de C1 via D2 (D1
étant polarisée en inverse).
La tension de sortie théorique à vide obtenue aux bornes de la capacité C2 avec ce doubleur est
donnée par la relation suivante :
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Chapitre 1 : État de l’art sur la récupération d’énergie
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Multiplieur de tension
Un multiplieur de tension consiste à cascader plusieurs étages d’un doubleur de tension. Cette
topologie assure à la sortie une tension plus élevée. La tension de sortie augmente d’une manière
proportionnelle avec l’augmentation du nombre d’étages jusqu’à atteindre une valeur maximale
où les charges gagnées seront compensées par les fuites et les pertes aux niveaux des diodes
(tension de seuil et résistance série). Plusieurs topologies de multiplieurs ont été développées
dont les plus utilisées sont celles de Cockcroft-Walton (Villard) et de Dickson [58]- [62].
Le redresseur de Dickson est une modification d’une pompe de charge de Dickson. La pompe
de charge est représentée sur la Figure 1-17. Généralement, l’entrée de cette pompe de charge
est une tension continue (Vin). Ce type de pompe de charge nécessite deux impulsions d’horloge
en opposition de phase (φ1 et φ2).
En modifiant les connexions d’horloges et celle de l’entrée, la pompe de charge est convertie
en un redresseur. Vin et φ2 sont reliés à la masse et φ1 est relié au signal d’entrée sinusoïdale. Ce
dernier signal devient l’entrée du redresseur et sert en même temps au contrôle des états des
diodes. La Figure 1-18 représente un multiplieur Dickson à trois étages.
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Chapitre 1 : État de l’art sur la récupération d’énergie
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Les multiplieurs Croft-Walton et Dickson ont à peu près la même structure. Mais la différence
principale de situe au niveau de l’entrée RF et des connexions de sortie des condensateurs de
chaque étage (Figure 1-19). Dans le multiplieur Dickson, l’entrée RF est connectée à chaque
étage via le condensateur d’entrée de chaque étage (C1, C3 et C5 dans la figure précédente),
alors que dans le multiplieur Croft-Walton, l’entrée RF est connectée uniquement au premier
étage via le condensateur d’entrée C1. En outre, dans le multiplieur de Dickson, une des
électrodes du condensateur de sortie et de stockage de chaque étage est connectée à la masse
(C2, C4 et C6 dans la Figure 1-18). Dans celui de Croft-Walton, les condensateurs de chacun
des étages sont connectés en série [64] [65].
Dans [33], les auteurs ont comparé les performances de deux multiplieurs de tension Dickson
et Croft-Walton à deux étages chacun. Les tensions de sortie DC obtenues sont comparables,
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Chapitre 1 : État de l’art sur la récupération d’énergie
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toutefois celle de la topologie Dickson est supérieure. Dans la suite, le fonctionnement d’un
étage d’un multiplieur de Dickson à N étages sera présenté.
Pour simplifier l’analyse, la résistance dynamique de la diode sera négligée, ainsi que
l’hypothèse que la chute de tension et la tension de seuil soit les mêmes. De plus, le temps de
charge du condensateur Cc sera nul et le régime permanent sera directement atteint. Ces
conditions optimales ne seront plus considérées lors de la conception des circuits.
Lorsque la tension d’entrée est négative, la diode Dc devient passante si la tension à ses bornes
est supérieure à la tension de seuil et par conséquent une chute de tension est observée. Le
condensateur Cc est chargé jusqu’à ce que la tension aux bornes de la diode ne soit plus
supérieure à la tension de seuil et que la diode se bloque. La tension accumulée, dans ce cas,
est donnée par la relation (1-4):
𝑉𝐶𝑐 = −𝑉𝑅𝐹.𝑚𝑖𝑛 + 𝑉𝑑𝑐 − 𝑉𝑡ℎ (1-4)
Lorsque la tension d’entrée devient positive, la tension aux bornes du condensateur Cc est
ajoutée à la tension d’entrée. La tension de sortie intermédiaire Vi est donnée par la relation
(1-5):
𝑉𝑖 = 𝑉𝐶𝑐 + 𝑉𝑅𝐹.𝑚𝑎𝑥 (1-5)
23
Chapitre 1 : État de l’art sur la récupération d’énergie
___________________________________________________________________________
de tension aux bornes de la diode de redressement Dr est obtenue. La tension de sortie Vo est
une tension continue (en négligeant les ondulations) et elle est donnée par la relation (1-7):
𝑉𝑜 = 2. 𝑉𝑅𝐹.𝑚𝑎𝑥 + 𝑉𝑑𝑐 − 2. 𝑉𝑡ℎ (1-7)
Pour le premier étage d’une structure comportant plusieurs étages, la tension Vdc est connectée
à la masse et la tension d’entrée DC est nulle. La tension de sortie du redresseur Dickson à N
étages est donnée par la relation (1-8) :
𝑉𝑜 = 2. 𝑁. (𝑉𝑅𝐹.𝑚𝑎𝑥 − 𝑉𝑡ℎ ) (1-8)
En réalité, la tension Vdc est inférieure à la valeur idéale (i) en raison du courant de fuite dans
les diodes lorsqu’elles sont bloquées et (ii) à cause du courant qui passe aux étages suivants.
La Figure 1-21 représente l’état de l’art présenté dans [66]. Elle représente l’efficacité de
conversion de puissance (PCE), pour différentes structure de redresseur et pour différents
éléments non linéaires, en fonction de la puissance d’entrée. Les étoiles bleues ajoutées
24
Chapitre 1 : État de l’art sur la récupération d’énergie
___________________________________________________________________________
représentent les efficacités des redresseurs utilisant des diodes montées en inverse. Les diodes
utilisées sont des diodes à effet tunnel [67]. Cette publication montre qu’une amélioration de la
sensibilité peut être grâce à l’utilisation de diodes à effet tunnel.
Tableau 1 : Synthèse des redreseurs avec des diodes discrètes
25
Chapitre 1 : État de l’art sur la récupération d’énergie
___________________________________________________________________________
Par ailleurs sur la Figure 1-21, on note qu’il est possible d’obtenir des efficacités supérieures
aux diodes Schottky discrètes grâce aux redresseurs conçus en technologie intégrée. Toutefois
ces maxima d’efficacité présentent des plages de puissance d’entrée plus étroite.
Dans le cadre d’applications de récupération d’énergie RF, pour lesquelles la distance émetteur-
récepteur est variable et inconnue, une plage d’efficacité maximale plus large serait mieux
adaptée.
Figure 1-21 : Etat de l’art de l’efficacité de conversion RF-DC (PCE) pour quelques circuits
et composants non-linéaires en fonction de la puissance d’entrée [66]
Par ailleurs, l’utilisation des diodes Schottky discrètes induit des capacités parasites dues aux
boitiers, les courants de fuites, les résistances de contact, et les dimensions fixes sont les
inconvénients majeurs aux fréquences RF. Ces derniers éléments réduisent leur efficacité.
Comme le montre le tableau précédent, les diodes Schottky sont efficaces pour de fortes
puissances d’entrée par rapport à la puissance ambiante disponible. Une forte puissance en
entrée signifie un transfert et pas une récupération d’énergie. Or dans le cadre de l’application
visée, des puissances plus faibles de l’ordre de -30 dBm à -15 dBm seront considérées. Dans la
partie suivante, l’état de l’art des redresseurs réalisés dans des technologies intégrées est
présenté.
26
Chapitre 1 : État de l’art sur la récupération d’énergie
___________________________________________________________________________
En moyenne, la tension de seuil des diodes Schottky est de l’ordre de 200 mV, et celle des
transistors MOS intégrée est environ deux fois plus grande, bien qu’elle dépende de la
technologie, et celle des jonctions P-N vaut plus du triple, environ 700 mV. La tension de seuil
et les courants de fuite sont les paramètres les plus critiques au niveau de la réalisation des
redresseurs pour la récupération d’énergie RF.
Plusieurs études faisant appel à différentes technologies intégrées pour la réalisation des
redresseurs-multiplieurs de tension pour la récupération d’énergie RF sont analysées.
L’avantage de la réalisation de redresseurs dans une technologie intégrée est de surmonter les
limitations dues aux diodes intrinsèques et de pouvoir optimiser les dimensions des diodes selon
le besoin et l’application.
Dans [68], six étages d’un multiplieur de Dickson sont réalisés en utilisant la technologie
CMOS 300 nm. Une technique de compensation de la tension de seuil est utilisée. Cette dernière
consiste à placer une capacité entre la grille et le drain des transistors. Les capacités sont
contrôlées à travers une unité de contrôle afin de les polariser. En outre, cette unité de contrôle
nécessite un générateur d’impulsion supplémentaire. Dans ces conditions, ils ont montré qu’une
batterie de 1,2 V pouvait être chargée à partir d’une puissance d’entrée de -20 dBm. Avec cette
architecture, une efficacité de conversion de puissance de 1,2 % a été obtenue. Ce système
présente une certaine complexité avec un faible rendement de conversion.
D’autre part, les auteurs de l’article [69] ont proposé l’utilisation d’un redresseur Dickson à 36
étages avec une grille flottante en utilisant la technologie CMOS 250 nm. L’utilisation d’une
grille flottante permet de diminuer la tension de seuil. Une capacité MOS est placée entre la
grille et le drain du transistor afin de créer une grille haute impédance comme le montre la
Figure 1-22. Cette grille haute impédance piège les charges injectées dans la grille ce qui
entraîne une polarisation fixe. Pour une résistance de 330 kΩ, une efficacité de 60 % est obtenue
pour une puissance d’entrée de -8 dBm.
27
Chapitre 1 : État de l’art sur la récupération d’énergie
___________________________________________________________________________
d’autres sources de polarisation. Par exemple, les grilles des transistors d’un étage sont
connectées à la tension de sortie du transistor suivant pour une compensation de niveau 1
(Figure 1-23).
Figure 1-22 : Redresseur Dickson basé sur une grille flottante pour la diminution de la
tension de seuil [69]
D’après leur étude, ils ont remarqué qu’une augmentation du niveau de compensation conduit
à une augmentation des courants inverses, ajoutant ainsi une dégradation des performances. En
outre, ils ont trouvé qu’avec une compensation d’un niveau 1 (n=1), une efficacité maximale
est obtenue. Avec une résistance de charge de 1 MΩ et une puissance d’entrée de -16,8 dBm,
l’efficacité d’un multiplieur Dickson à huit étages avec une compensation de niveau 1 est de
22,6 %.
D’autre part, les auteurs de l’article [71] ont utilisés la méthode de compensation. Un
multiplieur Dickson à 17 étages est réalisé avec une compensation de niveaux n=6. Pour les n-
1 transistors d’un multiplieur à N étages, les grilles des transistors ne peuvent pas être
compensées. Pour résoudre ce problème, ils ont cascadé une chaîne "fictive" (dummy)
supplémentaire dans le seul but de générer des tensions continues plus élevées à utiliser pour la
28
Chapitre 1 : État de l’art sur la récupération d’énergie
___________________________________________________________________________
compensation des tensions de seuil des n-1 derniers transistors. Une efficacité de 16,1 % est
obtenue pour une puissance d’entrée de -15,8 dBm avec une résistance de charge de 500 kΩ à
915 MHz.
Dans certaines applications, il est nécessaire de disposer de plusieurs tensions de sortie, par
exemple pour un micro capteur, ou dans un circuit RFID, la partie analogique a besoin d’une
tension de 1 V ou plus, tandis que la partie numérique a besoin d’une tension de 0,5 V.
Généralement, afin d’assurer plusieurs tensions en sortie, une pompe de charge peut être
utilisée. La référence [72], fait état d’une méthode d’optimisation de redresseurs avec plusieurs
tensions de sortie.
Par exemple, deux tensions de sortie, Vo1 et Vo2, (Vo2 > Vo1), sont demandées pour générer
deux puissance de sortie : Po1 et Po2 respectivement. Une optimisation séparée pour chaque cas
est réalisée. Les dimensions des transistors, (W/L)1 et (W/L)2, ainsi que le nombre d’étages N1
et N2 sont déterminés pour Vo1 et Vo2 respectivement.
Une superposition de ces deux multiplieurs Dickson est réalisée afin d’obtenir les deux
grandeurs en même temps. Cependant, les transistors optimisés pour générer Vo1, seront
redimensionnés de manière à remplacer les (W/L)1 par (W/L)1+(W/L)2 comme le montre la
Figure 1-24.
Figure 1-24 : Redresseur Dickson utilisant la méthode de superposition des deux redresseurs
optimisés séparément [72]
Un redresseur à trois sorties est réalisé dans [72]. Il est formé de 24 étages. Les trois sorties sont
situées à la sortie du 8éme, du 14éme et du 24éme étage respectivement. Les tensions de sortie
29
Chapitre 1 : État de l’art sur la récupération d’énergie
___________________________________________________________________________
obtenues sont de 0,537 V avec une résistance de charge de 35,2 kΩ, de 1,049 V avec 200 kΩ
et de 1,792 V avec 470 kΩ respectivement. L’efficacité de conversion est de 10,6 %, 7,12 % et
8,78 % respectivement et une efficacité globale de 26,5 % pour une puissance d’entrée de -11,1
dBm.
Les auteurs de [73] ont utilisé les redresseurs de type Cross-Coupled (Figure 1-25). Trois étages
d’un multiplieur Cross-Coupled différentiel sont réalisés en utilisant la technologie CMOS 130
nm. Une efficacité de conversion de puissance de 69,5 % est obtenue avec une puissance
d’entrée de 5,26 dBm et une résistance de charge de 2 kΩ. Un redresseur Cross-Coupled (CC)
(différentiel) est formé de quatre diodes : deux de type N et deux de type P. De plus, ce type de
redresseur est toujours différentiel.
Un multiplieur reconfigurable est proposé dans [75]. Il consiste à avoir deux multiplieurs Cross-
Coupled différentiels à deux étages chacun. Une unité de contrôle formé de trois transistors est
utilisée pour choisir si la sortie doit être la sortie de deux étages ou celle de quatre étages comme
le montre la Figure 1-26. Une efficacité maximale de 50 % est obtenue avec une puissance
d’entrée de -7 dBm pour deux étages et de 60 % pour le multiplieur à quatre étages avec une
puissance d’entrée de -3 dBm. La modification du nombre d’étages sans changement du
système d’adaptation d’impédance dégrade les performances.
___________________________________________________________________________
Le tableau suivant présente une synthèse de l’état de l’art des redresseurs en technologies
intégrées.
31
Chapitre 1 : État de l’art sur la récupération d’énergie
___________________________________________________________________________
1.6 Conclusion
Dans ce chapitre, une présentation des différents types d’énergie ambiante est réalisée. En outre,
les avantages et inconvénients de chaque type sont analysés. La source d’énergie solaire
possède la densité de puissance la plus importante mais n’est pas disponible en toutes
circonstances. A l’inverse, les ondes RF sont omniprésentes dans notre environnement et
l’efficacité de conversion énergétique de ces ondes pour les transformer en puissance DC peut
être supérieure à celle obtenue avec les cellules photovoltaïques. Malgré la faible densité de
puissance des ondes RF, la présence d’une antenne dans les WSN et les IoT, qui occupent une
surface importante du système, rend la récupération de ce type d’énergie utile pour des systèmes
à ultra faible consommation.
Après avoir présenté le principe de la récupération d’énergie RF, les différentes topologies de
redresseurs-multiplieurs de tensions utilisées sont analysées. L’état de l’art montre que
l’efficacité obtenue avec des diodes réalisées dans des technologies intégrées (transistor monté
en diode) est plus importante que celle obtenue avec des circuits réalisés en utilisant des diodes
Schottky commerciales. Les redresseurs réalisés avec des diodes Schottky souffrent d’une
limitation à cause des différents types de parasites ainsi que leur taille fixe ne permettant pas
une bonne optimisation.
Dans le chapitre suivant, les diodes Schottky sont présentées. Les technologies
microélectroniques utilisées pour la réalisation des diodes (transistors montés en diodes) sont
exposées. Une comparaison entre deux types de technologie intégrée l’une substrat sur silicium
massif et l’autre silicium sur isolant est réalisée. Finalement, une étude approfondie de
faisabilité des diodes Schottky en technologie silicium sur isolant est proposée.
32
Chapitre 1 : État de l’art sur la récupération d’énergie
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2 Technologies microélectroniques utilisables pour les
convertisseurs d’énergie électromagnétique
40
Chapitre 2 : Technologies microélectroniques utilisables pour les convertisseurs d’énergie
électromagnétique
__________________________________________________________________________________
2.1 Introduction
La Figure 2-1 représente l’état de l’art présenté dans [8]. Elle décrit l’efficacité de conversion
(RF-DC) des redresseurs, utilisés pour la récupération d’énergie RF, en fonction de la puissance
d’entrée des redresseurs, et pour différents types de non-linéarité ou diodes. L’efficacité de
conversion RF-DC est le rapport entre la puissance DC obtenue en sortie, et la puissance RF en
entrée. Pour les faibles puissances en entrée, l’efficacité obtenue avec des transistors montés en
diode (dont le drain est connecté à la grille), en utilisant une technologie CMOS peut s’avérer
être plus importante que celle obtenue avec des diodes Schottky commerciales. Toutefois la
plage de puissance d’entrée pour laquelle cette efficacité est plus grande est elle bien plus
étroite.
La raison doit être que l’utilisation des technologies intégrées doit permettre de réduire les
paramètres parasites inhérents aux diodes discrètes. Toutefois dans les systèmes de récupération
d’énergie RF, la puissane reçue dépend de la distance à l’émetteur et a de fortes chances de ne
pas être constante. Si les technologies CMOS intégrées standards offrent des plages de
conversion d’énergie assez réduite, la technologie FD-SOI offre une nouvelle fonctionnalité au
niveau du BOX où une polarisation de la grille arrière permet d’influencer la tension de seuil
de la jonction équivalente. De plus, cette technologie a été définie pour les applications faibles
puissances et permet de réduire certains effets parasites par rapport à une technologie MOS sur
silicium massif.
41
Chapitre 2 : Technologies microélectroniques utilisables pour les convertisseurs d’énergie
électromagnétique
__________________________________________________________________________________
Ce chapitre est organisé en quatre parties. Tout d’abord, cette brève introduction. La deuxième
partie, qui concerne la présentation des technologies utilisées pour la réalisation des redresseurs
pour la récupération d’énergie RF (diode Schottky, substrat sur silicium massif (Bulk) et
silicium sur isolant (SOI)) ainsi que les limitations qui leur sont inhérentes. Dans la troisième
partie, la technologie FDSOI 28 nm est présentée puis détaillée (plaque SOI, processus de
fabrication etc…). Enfin, une étude approfondie de faisabilité des diodes Schottky en
technologie SOI est proposée. L’objectif de cette étude est de concevoir un élément non linéaire
avec une faible tension de seuil tout en limitant les éléments parasites pour assurer la meilleure
efficacité possible de conversion RF-DC des dispositifs.
Comme décrit dans le chapitre précédent, les redresseurs sont basés sur des éléments non
linéaires (diodes) associés à des capacités de stockage de charges. Ces composants peuvent être
des diodes Schottky commerciales sous la forme de composants discrets (HSMS 2820, HSMS
2850, SMS 7630, etc…) [1]-[7], ou bien des diodes réalisées en technologie intégrée (à l’aide
des transistors montés en diode). L’utilisation d’un transistor à la place d’une diode N-P
intégrée induit une tension de seuil plus petite que celle d’une diode N-P. Cette dernière est de
plusieurs centaines de millivolt (environ 0,7 V). Par ailleurs, comme le montre quelques études,
il existe aussi des diodes Schottky réalisées en technologie intégrée (Annexe 1).
technologies intégrées, la première plus classique basée sur un substrat silicium massif (Bulk),
et une seconde sur du silicium sur isolant (SOI). Afin de voir les différences, une présentation
de ces deux technologies est tout d’abord faite dans la partie suivante.
Les composants électroniques non linéaires exploitent les propriétés d’hétérostructures qui sont
réalisées par l’association de différents matériaux : métal–semi-conducteur, semi-conducteur
1–semi-conducteur 2, métal–isolant–semi-conducteur, etc… . Le contact métal–semi-
conducteur représente l’un des premiers composants électroniques qui a été utilisé dès 1904.
Une interprétation des effets de redressement d’un tel contact a été étudiée en 1938 par Walter
H. Schottky. Aujourd’hui, ce type de contact présente l’un des dispositifs de base de
l’électronique moderne.
Les diodes standard sont basées sur la jonction de deux semi-conducteurs, l’un dopé P, l’autre
dopé N et parfois avec un semi-conducteur intrinsèque comme dans le cas de la diode PIN. Une
diode Schottky (Figure 2-2) est représentée par un contact Schottky (Anode) et un contact
ohmique (Cathode). Ce type de diode réunit un semi-conducteur du type N ou P et un métal.
Les métaux utilisés incluent le chrome et le tungstène, mais aussi des métaux précieux comme
le platine et le palladium. Généralement, pour les diodes Schottky, la forme la plus commune
est obtenue par la jonction métal et semi-conducteur du type N, d’autres constituées par une
jonction métal et semi-conducteur du type P sont également employées [9].
Le comportement de ce type de jonction est basé sur les caractéristiques I-V (statique) et C-V
(dynamiques). La hauteur de la barrière Schottky (SBH : Schottky Barrier Height) est l’un des
paramètres essentiels qui influence ses caractéristiques [10].
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Chapitre 2 : Technologies microélectroniques utilisables pour les convertisseurs d’énergie
électromagnétique
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La diode à barrière Schottky (SBD : Schottky Barrier Diode) est caractérisée par :
Faible chute de tension : La diode Schottky est utile dans beaucoup d’applications
grâce à sa chute de tension et sa tension de seuil réduite (tension de seuil est de 0,2-
0,4 V pour une diode Schottky).
Vitesse de commutation : Une diode P-N nécessite plus de temps pour changer d’état
qu’une diode Schottky à cause des charges stockées dans la jonction. Dans une diode
Schottky, vu qu’un des matériaux semi-conducteurs est remplacé par un métal, la
capacité de jonction est plus faible par rapport à celle d’une diode P-N, et le temps de
commutation est beaucoup aussi plus faible. Cet avantage améliore considérablement
l’efficacité du circuit et permet l’utilisation de ce type des diodes en hautes fréquences.
La Figure 2-3 représente le modèle électrique d’une diode Schottky. Lb et Cb représentent les
deux éléments parasites associés au boitier. RS, Rj et Cj représentent respectivement la
résistance série, la résistance de jonction et la capacité de jonction. Il est important que la
résistance série soit faible pour avoir le minimum de puissance dissipée dans la diode. Rj, décrit
le comportement non linéaire et dépend des conditions de fonctionnement de la diode et Cj
dépend de la tension appliquée à la diode [11] [12].
Dans la partie suivante, une présentation et une explication des phénomènes physiques pour les
contacts Schottky et ohmique sont proposées.
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Chapitre 2 : Technologies microélectroniques utilisables pour les convertisseurs d’énergie
électromagnétique
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Comme presenté précedemment, le contact Schottky a des caractéristiques qui permettent son
utilisation dans des applications et des systèmes haute fréquence (jusqu’à plusieurs dizaines de
GHz) et qui peuvent fonctionner avec de faibles niveaux de tension (quelques dizaines de mV).
La Figure 2-4 montre le diagramme de bande d’énergie pour ce type de contact (∅𝑚 > ∅𝑠 ) à
l'équilibre thermique. ∅𝑚 et ∅s representent le travail de sortie pour le métal et le
semiconducteur resepctivement (Annexe 1).
Le potentiel Vbi (build in potential) représente la tension de seuil. Cette tension est exprimée
par (1-1) :
𝐾𝐵 . 𝑇 𝑁𝑐 (2-1)
𝑉𝑏𝑖 = 𝛷𝐵𝑁 − . 𝑙𝑛 ( )
𝑞 𝑁𝑑
Où NC est la densité d’états qui correspond à la place disponible pour les électrons dans la bande
de conduction (2-2), 𝑁𝑑 est le niveau du dopage et ΦBN est la barrière de potentiel [13]. Le
𝐾𝐵 .𝑇
paramètre qui représente la tension thermique est égale à 26 mV pour une température
𝑞
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Chapitre 2 : Technologies microélectroniques utilisables pour les convertisseurs d’énergie
électromagnétique
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2. 𝜀𝑆𝐶 . 𝜀0 (2-3)
𝑑2 = 𝑉
𝑞. 𝑁𝑑 𝑑
Où 𝑁𝑑 est la densité du dopant, 𝜀𝑆𝐶 est la permittivité relative du semi-conducteur et 𝑉𝑑 =
∅𝑚 − ∅𝑠. D’autre part, lorsque la structure est polarisée avec une tension V, la zone de
depletion est représentée par :
2. 𝜀𝑆𝐶 . 𝜀0 (2-4)
𝑑2 = (𝑉𝑑 − 𝑉)
𝑞. 𝑁𝑑
Une variation de polarisation va donc produire une variation de 𝑑 et par suite une variation de
la capacité de jonction. Cette capacité est représentée par :
𝐴. 𝜀𝑆𝐶 . 𝜀0 (2-5)
𝐶=
𝑑
où A représente la surface de contact. On retrouve l’expression d’une capacité plan pour
laquelle la capacité de jonction est proportionnelle à la surface de contact. De même , la
résistance de la SBD (représentée ultérieurement) dépend aussi de la géométrie du contact.
Un contact ohmique est défini par un contact métal–semi-conducteur qui présente une
résistance de jonction négligeable par rapport à la résistance totale du dispositif à semi-
conducteur. Pour que ce type de contact soit satisfaisant, il ne doit pas perturber les
performances et induire une chute de tension qui est suffisamment petite par rapport à la chute
au niveau de la région active du dispositif [14]. Un contact ohmique peut être réalisé par deux
méthodes :
En réalisant un contact entre un métal et un semi-conducteur tel que ∅𝑚 < ∅𝑠. Cette
méthode est peu utilisée.
La méthode la plus utilisée est basée sur un contact entre un métal et un semi-conducteur
fortement dopé de telle sorte que l’effet tunnel soit dominant comme nous le montre la
Figure 2-5 [15].
Dans le cas où les matériaux sont surdopés au niveau des contacts, les zones de charges d’espace
(ZCE) deviennent très faibles (typiquement inférieures à 10 nm). La barrière de potentiel est
alors très fine (bien que haute) et une majorité de porteurs peuvent passer par effet tunnel. Ce
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Chapitre 2 : Technologies microélectroniques utilisables pour les convertisseurs d’énergie
électromagnétique
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fort courant tunnel permet d’avoir une faible résistance et donc un bon contact. Ce type de
contact est très utilisé parce qu’il est facile à réaliser et efficace.
Figure 2-6 : Evolution dans le temps de la taille de la grille des transistors MOS et la densité
du nombre de transistors [16]
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Chapitre 2 : Technologies microélectroniques utilisables pour les convertisseurs d’énergie
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En effet, les nouveaux nœuds technologiques permettent de réduire les tensions de seuil et donc
la tension d’alimentation des circuits et par conséquent, une réduction de leurs consommations
[17]. Toutefois, la diminution de la tension de seuil induit une augmentation des courants des
fuite dans les transistors, d’où, une augmentation des pertes associées qui aujourd’hui ne sont
plus négligeables. Ces courants de fuite conduisent à une consommation électrique
supplémentaire des circuits de dernière génération.
Afin de conserver le bénéfice de faibles tensions de seuil (pour les applications faibles
puissances) et limiter les fuites et les autres parasites causés par l’effet des canaux courts, de
nombreuses améliorations ([18] [19]) ont été apportées au niveau des transistors surtout à partir
du nœud technologique 90 nm (Figure 2-7). Ces améliorations ont été réalisées pour remédier
à la faible augmentation des performances.
Par ailleurs, pour augmenter le courant de fonctionnement Ion, une augmentation de la mobilité
des porteurs de charges en réalisant une contrainte mécanique sur le canal a été décrite [20]
[21]. De plus, afin de limiter les courants de fuite de la grille, une amélioration du contrôle
électrostatique du canal a été proposée grâce à un nouvel isolant à haute permittivité ou « hight-
k » introduit dans la grille. En outre, le polysilicium utilisé au niveau de la grille a été remplacé
par du métal permettant de supprimer l’effet de polydepletion comme décrit dans [22] [23].
Figure 2-7 : Coupe schématique de transistors N et P MOS fabriqué dans les dernières
technologies Bulk [17].
Une autre solution pour réduire les effets de canaux courts a été réalisée par l’insertion de zones
moins dopées, appelée LDD (Lightly Doped Drain). Ces zones LDD sont placées du côté source
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Chapitre 2 : Technologies microélectroniques utilisables pour les convertisseurs d’énergie
électromagnétique
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et du coté drain (S/D) à proximité du canal. Elles ont pour effet de limiter les extensions des
zones de charges d’espace (ZCE) au niveau des S/D du transistor, ce qui va induire par la suite
une amélioration du contrôle électrostatique du canal par la grille.
Une autre innovation est une implantation supplémentaire réalisée aussi au niveau du S/D,
communément appelée « halo », de même type de dopage que le caisson. Ces halos ont pour
rôle d’empêcher les ZCE des S/D de se rejoindre en créant un canal parasite. Toutefois, ces
halos ont un effet secondaire sur l’augmentation du courant GIDL (Gate-Induced Drain
Leakage) au niveau des jonctions S/D-caisson [24].
Malgré toutes ces innovations autour de la topologie des transistors, pour chaque nouveau nœud
technologique, une dégradation supplémentaire du contrôle électrostatique du canal par la grille
est observée. Cette dégradation due aux effets de canaux courts, a comme conséquence
l’augmentation des courants de fuite du transistor [17]. De plus, l’augmentation de la
complexité a un impact non négligeable sur les coûts de fabrication.
La technologie BiCMOS 55 nm est une technologie sur silicium massif de dernière génération
(prix CMP Mars 2018 pour BiCMOS 55 nm : 7500 €/mm2). Elle est formée d’un empilement
de couche de 8 métaux. La Figure 2-8 montre les niveaux d’interconnexions ou BEOL (Back
End Of Line) de la technologie BiCMOS 55 nm. Dans la suite, cette technologie sera comparée
avec une autre technologie plus sophistiquée la FDSOI 28 nm (prix CMP Mars 2018 FDSOI
28 nm : 12000 €/mm2).
Des transistors montés en diodes, de type N et P, avec un rapport largeur/longueur W/Len = 280
µm/60 nm, ont été conçus et réalisés en technologie BiCMOS 55 nm. Ces dimensions sont
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Chapitre 2 : Technologies microélectroniques utilisables pour les convertisseurs d’énergie
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choisies pour avoir la plus petite résistance série lorsque le transistor est en polarisation directe
(dizaine d’Ohm). Les caractéristiques I-V mesurées des transistors sont présentées sur la Figure
2-9. En polarisation directe, le courant obtenu avec les transistors de type N sont plus grands
que ceux du type P. En revanche, lorsque la jonction est polarisée en inverse, l’ordre de grandeur
des courants de fuite mesurés devient important par rapport à une polarisation en direct de +1 V.
Pour comparer les courants de fuite d’une technologie MOS sur silicium massif avec ceux
obtenus pour une technologie silicium sur isolant (SOI), la conception de transistors va être
décrite dans le paragraphe suivant.
Le passage d’un substrat de silicium massif à un substrat silicium sur isolant nommé SOI
(Silicon On Insulator) a été proposé pour résoudre certains problèmes rencontrés en technologie
Bulk. Plusieurs types des transistors sont disponibles dans les technologies silicium sur isolant :
PDSOI, ETSOI, et FDSOI. La différence entre ces différents types se situe au niveau de
l’épaisseur du silicium active (TSi) et de celle de l’oxyde enterré (BOX : Buried Oxide) comme
le montre la Figure 2-10. Cet oxyde enterré permet d’isoler électriquement le transistor du
substrat et ainsi de limiter les courants de fuite. Le PDSOI est un transistor MOS partiellement
déserté. Le BOX de ce transistor est épais. Le BOX utilisé en ETSOI (Extremely Thick Silicon
On Insulator) est plus épais que celui du PDSOI. Finalement, la FDSOI (Fully Depleted Silicon
On Insulator) propose un transistor complétement déserté sur silicium sur isolant qui présente
les meilleures performances au niveau de la consommation, en réduisant les fuites dans le
substrat, et offrant une diminution de la tension de seuil par rapport aux autres technologies
SOI. Il est caractérisé par un BOX qui est très fin, un canal complètement déserté et ultra fin,
présentant la région active du transistor. C’est pour cela qu’il est appelé UTBB (Ultra Thin
Body and BOX).
Figure 2-10 : Représentation des différentes technologies : sur silicium massif et trois
technologies silicium sur isolant
2.3 FDSOI 28 nm
Comme cela a été présenté précédemment, le problème des effets parasites, induit par la
miniaturisation des transistors, peut être partiellement résolu grâce à la technologie FDSOI. La
limitation des jonctions en profondeur, due à la faible épaisseur de silicium, offre un meilleur
contrôle électrostatique du canal du transistor. Le canal est constitué de silicium intrinsèque
(sans dopage 1015 atome.cm-3). Toutefois, l’introduction d’un film mince implique une
modification importante des paramètres du transistor MOS [27].
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Chapitre 2 : Technologies microélectroniques utilisables pour les convertisseurs d’énergie
électromagnétique
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En effet, avec une épaisseur de BOX suffisamment fine, il est possible de moduler la tension
de seuil, et par conséquent les courants de fuite, en faisant varier la tension de polarisation de
la grille arrière du transistor. Dans la partie suivante, une représentation détaillée de la FDSOI
est proposée ainsi que l’effet de la polarisation de la grille arrière.
Le plan de masse (Ground Plane) est implanté, il s’agit d’une région fortement dopée avec une
concentration plus grande que 1018 atomes/cm3. Cette région dopée, avec le BOX, assure le rôle
de grille arrière (Back Gate) du transistor. Pour contacter le Ground Plane, le BOX et le film de
silicium sont localement gravés en utilisant le masque NOSOI, permettant de réaliser un accès
pour contrôler le potentiel de la grille arrière sous le BOX (Figure 2-13-b).
Au-dessus du canal, afin de réaliser la grille avant du MOS, un empilement de matériaux est
réalisé. Une couche mince d’oxyde d’interface (SiO2) est déposée afin d’assurer une bonne
qualité d’interface entre le canal et l’oxyde. Une deuxième couche d’oxyde est de forte
permittivité diélectrique (HfO2) est déposée ensuite pour assurer un gain en contrôle
électrostatique. Au-dessus de cette couche, un métal ayant un travail de sortie dit « mid-gap »
est deposé. Le travail de sortie de ce métal est proche du milieu de la bande interdite (eg de la
Figure 2-4) du silicium. Le métal utilisé est le nitrure de titane (TiN) ou l’aluminium titanium
nitride (AlTiN). Ces étapes sont représentées par HK/MG (Hight-K/Metal Gate). Avant de
surélever la source et le drain, des espaceurs (offset spacer) sont utilisés afin de limiter la région
de placement de l’épitaxie dont l’épaisseur est de 15 nm. Le dopage au niveau des sources et
des drains est réalisé en deux étapes : LDD (Lightly Doped Drain) qui est une zone faiblement
dopée 1017 atomes/cm3 et qui est généralement plus étalée que la zone fortement dopée à 1021
atomes/cm3 (S/D implant) représentée (en rouge clair sur la Figure 2-13-b). Finalement une
couche de saliciuration est placée avant le placement des contacts (Tungestène). Cette couche
permet d’assurer un bon contact ohmique entre le métal et le semi-conducteur [31]-[33].
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Chapitre 2 : Technologies microélectroniques utilisables pour les convertisseurs d’énergie
électromagnétique
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En revanche, pour LVT, l’implantation du caisson et du plan de masse associé sont inversée,
ce qui signifie que l'implantation du plan de masse et celui du caisson associé est la même que
celle de la source et du drain du transistor.
La Figure 2-16 représente les mesures des caractéristiques I-V des 4 types de transistors en
FDSOI, pour lesquelles la grille arrière (BG) est reliée à la masse. Les transistors sont
dimensionnés de manière à avoir une petite résistance série (W/Len = 140 µm/30 nm). Le
transistor NLVT offre la plus faible tension de seuil, mais, il présente un courant de fuite plus
important. Dans la partie suivante, l’effet de la polarisation de la grille arrière sera présenté.
Figure 2-16 : Caractéristiques I-V mesurées des 4 types des transistors en FDSOI 28 nm
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Chapitre 2 : Technologies microélectroniques utilisables pour les convertisseurs d’énergie
électromagnétique
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Les mesures statiques I-V en fonction de la tension de grille arrière sont présentées sur la Figure
2-18. On peut constater que lorsque la grille arrière est polarisée négativement, la tension de
seuil augmente et les courants de fuite diminuent. En revanche, si une polarisation positive est
appliquée, la tension de seuil diminue et par conséquence les courants de fuite augmentent.
Cette polarisation de grille arrière peut jouer un rôle important sur les performances des
redresseurs grâce au contrôle de ces paramètres.
Dans la partie suivante, une étude détaillée de la réalisation des diodes Schottky en technologie
FDSOI 28 nm est établie.
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Chapitre 2 : Technologies microélectroniques utilisables pour les convertisseurs d’énergie
électromagnétique
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Figure 2-18 : Caractéristiques I-V mesurées pour un transistor NLVT monté en diode en
fonction de la polarisation de la grille arrière
Le but de cette étude est la réalisation de contacts Schottky intégrés pour les utiliser dans des
circuits de récupération d’énergie RF avec des faibles puissances en entrée typiquement de -30
dBm à -10 dBm (redresseur Dickson par exemple). La diode Schottky dans la technologie Bulk
souffre de plusieurs types de parasites dont le plus important est causé par la jonction P-N entre
le N-well et le substrat P (pour une diode de type N) [34]. Le but est de fabriquer une jonction
Schottky avec une tension de seuil la plus faible possible en technologie 28 nm FDSOI en
réalisant quelques modifications sur le processus de fabrication (seulement en supprimant des
étapes). Dans la partie suivante, une présentation des étapes de fabrication à envisager et des
résultats de simulations sont représentées.
Rsérie : représente la résistance dans la région faiblement dopée hors de la zone de depletion, elle
est obtenue à l’aide de l’expression suivante :
𝜌. ℎ (2-7)
𝑅𝑠é𝑟𝑖𝑒 =
𝑊. 𝑇𝑆𝑖
Où ℎ représente la longueur de la région faiblement dopée et hors de la zone de depletion , 𝑇𝑆𝑖
est l’épaisseur du silicium qui correspond à 25 nm.
La faible épaisseur de silicium 𝑇𝑆𝑖 qui remplace le N-well dans le CMOS, entraîne une
résistance plus grande ce qui va limiter la fréquence de coupure. D’autre part, cette résistance
peut être diminuée en modifiant la géométrie du contact Schottky. D’après les équations (2-6)
et (2-7), la 𝑅𝑑é𝑝𝑙𝑒𝑡𝑖𝑜𝑛 et la 𝑅𝑠é𝑟𝑖𝑒 sont inversement proportionnelles à 𝑊, alors ces deux
résistances peuvent être diminuées en réalisant des contacts avec des longueurs plus grandes.
Une autre méthode est utilisée pour diminuer la résistance série en utilisant la configuration
d’interdigitation de doigts [34]-[37]. Cette configuration génère des 𝑅𝑠é𝑟𝑖𝑒 + 𝑅𝑑é𝑝𝑙𝑒𝑡𝑖𝑜𝑛 qui
sont placés en parallèle ce qui implique que la résistance diminue avec l’augmentation du
nombres de doigts, mais la capacité parasite va augmenter ce qui va diminuer la fréquence
de coupure.Comme déjà représenté, l’idée est de réaliser la SBD au-dessus du BOX sans
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Chapitre 2 : Technologies microélectroniques utilisables pour les convertisseurs d’énergie
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L’épaisseur du film mince de silicium est de 7 nm et celle de l’épitaxie est de 15 nm, alors au
total, l’épaisseur de silicium est de 22 nm. C’est pour cela, que l’étape d’épitaxie est étendue
aussi au niveau du canal et les étapes de réalisation des diélectriques de la grille et la grille elle-
même sont supprimées. La Figure 2-21 montre les étapes de fabrication de la diode. Deux
niveaux de dopage sont utilisés dans cette technologie : dopage moyen de l’ordre de 1017
atomes/cm3 (NLDD) et 1021 atomes/cm3 (NPLUS) qui est utilisé au niveau des contacts
ohmiques.
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Chapitre 2 : Technologies microélectroniques utilisables pour les convertisseurs d’énergie
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Comme le montre la Figure 2-4, la différence entre la bande de conduction et le niveau de Fermi
est représenté par 𝛷𝑓 :
𝛷𝑓 = 𝐸𝐶 – 𝐸𝐹 (2-8)
𝐸𝑔 (2-9)
𝛷𝑓 = − (𝐸𝐹 – 𝐸𝐹𝑖 )
2
𝐾𝑇 𝑁𝑑 (2-10)
𝐸𝐹 = 𝐸𝐹𝑖 + 𝑙𝑛 ( )
𝑞 𝑁𝑖
𝑁𝑖 représente la concentration des électrons et des trous dans le semi-conducteur intrinsèque
(1,45 1010 atomes/cm3 pour le Silicium).
𝐸𝑔 𝐾𝑇 𝑁𝑑 (2-11)
𝛷𝑓 = − (𝐸𝐹𝑖 + 𝑙𝑛 ( ) – 𝐸𝐹𝑖 )
2 𝑞 𝑁𝑖
𝐸𝑔 𝐾𝑇 𝑁𝑑 (2-12)
𝛷𝑓 = − 𝑙𝑛 ( )
2 𝑞 𝑁𝑖
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Chapitre 2 : Technologies microélectroniques utilisables pour les convertisseurs d’énergie
électromagnétique
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Dans le cas où le contact est réalisé avec du Tungstène (∅𝑚 = 4,55𝑒𝑉) et du TiN (∅𝑚 =
4,33𝑒𝑉), le travail de sortie du métal est plus grand que celui du semi-conducteur (∅𝑚 > ∅𝑠),
donc ce contact est considéré comme étant un contact Schottky. D’autre part si le métal utilisé
est l’Aluminium (∅𝑚 = 4,2 𝑒𝑉), le contact métal–semi-conducteur n’est plus considéré
comme un contact Schottky vu que ∅𝑚 < ∅𝑠. La Figure 2-22 représente la caractéristique I-V
obtenue par le simulateur Silvaco pour un contact Schottky réalisé avec 3 types de métaux :
tungstène, Al et TiN . Les models utilisés sont : Concentration Dependent (conmob), Parallel
Electric Field Dependence (fldmob), Shockley-Read-Hall (srh), auger et band gap narrowing
(bgn). Pour l’Aluminium, le comportement est presque ohmique ce qui est compatible avec la
théorie. Pour le tungstène et le TiN il y a un redressement ce qui représente un contact Schottky.
La tension de seuil obtenue lorsque le TiN est utilisé, est plus petite que celle lorsque le
tungstène est utilisé, cela est dû à la hauteur de la barrière au niveau de l’interface entre le métal
et le semi-conducteur. Par application numérique, en se basant sur les équations (2-1) et (2-2),
le Vbi obtenu entre du Silicium dopé à 1017 cm-3 et du Tungsténe est de 353 mV. D’autre part,
pour le même dopage mais avec du TiN, le Vbi obtenu est de 133 mV.
Figure 2-22 : Caractéristiques I-V simulées pour un contact métal — semi-conducteur réalisé
avec trois types des métaux
Dans la suite, le tungstène est choisi vu qu’il est utilisé par défaut dans cette technologie.
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Chapitre 2 : Technologies microélectroniques utilisables pour les convertisseurs d’énergie
électromagnétique
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déposées comme représenté ci-dessous (en couleur cyan). Grâce à des simulations nous allons
chercher les paramètres géométriques de cette structure de jonction qui conduisent au plus petit
seuil avec le plus grand courant possible. Pour simplifier les simulations et en tenant compte de
la propriété de symétrie seulement une demi structure sera simulée (Figure 2-23-b).
Figure 2-23 : représentations du SBD (a) et d’une semi architecture de cette barrière (b)
Les paramètres sont : les dimensions des contacts métalliques (CA et CC) qui correspondent au
contact anode et au contact cathode, la largeur minimale d’une région dopée (LA et LC) ( dopé
N par exemple), la distance minimale (LI) entre deux vias. Notons que le via est représenté par
« CA » dans le Design Kit (DK). Ce « CA » assure le contact entre le métal 1 ( premier niveau
de métal ou M1) et une région active ou une région polysilicium (au niveau de la grille par
exemple).
Largeur anode (LA) : 0,04 µm, largeur cathode (LC) : 0,06 µm (Figure 2-24-a)
Largeur anode (LA) : 0,06 µm, largeur cathode (LC) : 0,04 µm (Figure 2-24-b)
Figure 2-24 : représentations du SBD en fonction des dimensions des régions et du dopage
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Chapitre 2 : Technologies microélectroniques utilisables pour les convertisseurs d’énergie
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La Figure 2-25 représente la caractéristique I-V. Nous remarquons que plus la longueur de la
zone N+ est petite, plus le courant est important. Ceci est dû à la diminution de la résistance
série équivalente à la zone N+ connectée à l’anode.
Figure 2-25 : caractéristiques I-V simulées en fonction des dimensions des régions de dopage
Dans la suite, la largeur de l’anode et de la cathode sont fixées à 0,05 µm et la largeur des
électrodes change.
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Chapitre 2 : Technologies microélectroniques utilisables pour les convertisseurs d’énergie
électromagnétique
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La Figure 2-27 présente les différents résultats de la caratéristique statique I-V pour différentes
largeurs d’éléctrodes. Nous pouvons constater que les électrodes les plus grandes conduisent à
un courant plus important car pour une même densité de courant, la section de la diode a
augmenté.
Figure 2-27 : caractéristiques I-V simulées en fonction des largeurs des électrodes
De même pour identifier quel contact est responsable de cette variation de courant, une autre
simulation est réalisée (la largeur de l’anode et de la cathode sont fixées à 0,05 µm) :
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Chapitre 2 : Technologies microélectroniques utilisables pour les convertisseurs d’énergie
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La Figure 2-29 montre que le courant est plus important lorsque la largeur de l’électrode de
l’anode est plus grande (augmentation de la section de la résistance série équivalente à la zone
N+).
Figure 2-29 : caractéristiques I-V simulées en fonction des largeurs des électrodes
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Chapitre 2 : Technologies microélectroniques utilisables pour les convertisseurs d’énergie
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On remarque que la largeur de l’électrode de la cathode n’a quasiment pas d’impact sur la
caractéristique I-V de la jonction.
Les simulations précédentes ont montré que la zone N+ sous l’anode doit être la plus petite
possible, et que l’électrode de l’anode posée sur cette zone N+ doit être la plus grande possible.
Conclusion
Les transistors MOS fabriqués en technologie silicium massif sont confrontés à des problèmes
des courants de fuite depuis le nœud 65 nm, malgré toutes les améliorations réalisées au niveau
transistor, il devient difficile avec ce type de transistor MOS de ce projeter les nœuds
technologiques sub-32 nm.
La FDSOI 28 nm est une technologie qui permet la réalisation des transistors MOS avec une
faible tension de seuil, un bon contrôle électrostatique du canal par la grille, et un procédé de
fabrication simplifié. Ces caractéristiques permettent de remplacer avantageusement la
technologie Bulk. De plus, un avantage offert par cette technologie est la possibilité du contrôle
des courants de fuite et de la tension de seuil en fonction de la polarisation de la grille arrière.
Grâce à des simulations réalisées à l’aide du logiciel Silvaco, nous avons déterminé les
paramètres géométriques d’une diode réalisée sur un substrat FD-SOI dans l’épaisseur du film
de silicium et qui est de 22 nm au dessus des 25 nm de dioxyde de silicium. Les deux niveaux
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Chapitre 2 : Technologies microélectroniques utilisables pour les convertisseurs d’énergie
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du dopage utilisés : dopage fort (1021 atomes/cm3) au niveau des cathodes (contact ohmique)
où le phénomène dominant est l’effet tunnel et un dopage faible au niveau des anodes (1017
atomes/cm3) (contact Schottky). Le tungstène ne peut pas être remplacé par de l’aluminium vu
que le travail de sortie du métal devient plus petit que celui du semi-conducteur, alors le contact
n’est plus un contact Schottky. Il peut être remplacé par du TiN qui conduit à une faible tension
de seuil grâce à la faible barrière qui se produit entre le métal et le semi-conducteur.
Les simulations ont montré que la zone N+ sous l’anode doit être la plus petite possible (par
rapport au DK) et que l’electrode de l’anode posée sur cette zone N+ doit être la plus grande
possible. D’autre part, la résistance associée à la SBD est inversement proportionnelle à la
largeur W, alors il devient intéressant de réaliser des contacts avec de larges W. En ce qui
concerne la zone N++ sous la cathode, elle n’a que peu d’impact sur les pertes car elle est
fortement dopée et la résistance équivalente à cette zone est faible. De plus, vu que l’épaisseur
du silicium est faible, la resistance qui en découle sera plus grande, cette resistance peut être
compensée par l’interdigitation mais c’est au prix de l’augmentation de la capacité parasite.
Cette capacité n’est pas trop critique vu qu’elle n’influe que sur la fréquence de coupure et notre
application est à 2,4 GHz.
Dans la suite, des redresseurs Dickson sont réalisés en une technologie Bulk BiCMOS 55 nm,
et en FDSOI 28 nm afin de comparer leurs performances. Des mesures sous pointes en fonction
de la puissance d’entrée et des résistances de charges sont réalisées pour des redresseurs réalisés
en FDSOI 28 nm et en BiCMOS 55 nm.
67
Références
[1] Y.-H. Suh and K. Chang, “A high-efficiency dual-frequency rectenna for 2.45- and 5.8-
GHz wireless power transmission”, IEEE Trans. Microw. Theory Techn., vol. 50, no. 7, pp.
1784–1789, Jul. 2002.
[2] K. V. S. Rao, P. V. Nikitin, and S. F. Lam, “Antenna design for UHF RFID tags: A review
and a practical application,” IEEE Trans. Antennas Propag., vol. 53, no. 12, pp. 3870–
3876, Dec. 2005.
[3] B. Merabet et al., “Low-cost converter for harvesting of microwave electromagnetic
energy”, in IEEE Energy Conversion Congr. & Exp., 2009, pp. 2592–2599.
[4] F. A. S. Riviere, A. Douyere, and J.-D. Lan Sun Luk, “A compact rectenna device at low
power level”, Progr. Electromagn. Res. C, vol. 16, pp. 137–146, 2010.
[5] G. Andia Vera, A. Georgiadis, A. Collado, and S. Via, “Design of a 2.45 GHz rectenna for
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64.
[6] C. M. Ghiglino, “Ultra-wideband (UWB) rectenna design for electromagnetic energy
harvesting”, Masters theses, Dept. Teoria del Senyal i Comun., Escola Técnica Superior
d’Enginyeria de Telecomun. De Barcelona, Catalunya, Spain, 2010.
[7] E. Falkenstein, M. Roberg, and Z. Popović, “Low-power wireless power delivery”, IEEE
Trans. Microw. Theory Techn., vol. 60, no. 7, pp. 2277–2286, Jul. 2012.
[8] HEMOUR et al.: “Towards Low-Power High-Efficiency Rf And Microwave Energy
Harvesting”, MTT 2014
[9] Damien RISALETTO, “Caractérisation électrique en commutation de diodes haute tension
en carbure de silicium”, L’institut National Des Sciences Appliquees De Lyon, 2017
[10] BENAZIEZ NEDJEDIA, “Etude des propriétés électriques en régime statique d’une
structure Schottky”, L’Université de Batna, Faculté des Sciences, Département de
Physique, 2010
[11] https://datasheet.octopart.com/HSMS-2820-TR1G-Avago-datasheet-10429945.pdf
[12] Zied SADDI, “Conception d’un dispositif de récupération d’énergie mixte vibratoire-
électromagnétique pour l’alimentation de dispositifs à faible consommation”, Université
Paris-Est, 2016
[13] Streetman, B., (1980), Solid State Eletronic Devices, Vol.2, pp. 185-190 (1980).
68
Chapitre 2 : Technologies microélectroniques utilisables pour les convertisseurs d’énergie
électromagnétique
__________________________________________________________________________________
69
Chapitre 2 : Technologies microélectroniques utilisables pour les convertisseurs d’énergie
électromagnétique
__________________________________________________________________________________
70
Chapitre 2 : Technologies microélectroniques utilisables pour les convertisseurs d’énergie
électromagnétique
__________________________________________________________________________________
[37] S. Sankaran and K. K. O, “Schottky barrier diodes for millimeter wave detection in a
foundry CMOS process”, in IEEE Electron Device Letters, vol. 26, no. 7, pp. 492-494,
July 2005.
71
3 Méthodologie d’optimisation d’un redresseur Dickson
72
Chapitre 3 : Méthodologie d’optimisation d’un redresseur Dickson
___________________________________________________________________________
3.1 Introduction
Le redresseur utilisé pour cette étude est du type Dickson. Chaque étage de ce redresseur est
formé de deux diodes et deux capacités comme le montre la Figure 3-1 (le premier étage est
formé des éléments D1, D2, C1, et C2). Un redresseur à un étage permet de stocker des charges
dans les capacités pendant les deux alternances du signal d’entrée. En effet, lorsque la tension
est négative, la capacité C1 est chargée au travers de la diode D1. Puis lorsque la tension d’entrée
devient positive, c’est la capacité C2 qui stocke les charges issues de la somme de la tension
d’entrée, et de la tension aux bornes de C1 via D2. Pour un redresseur à deux étages, la tension
de sortie du premier étage, représentée par VC2 est la tension continue d’entrée du deuxième
étage, formé par les éléments D3, D4, C3, et C4.
En augmentant le nombre d’étages N, la tension en sortie Vout augmente jusqu’à une valeur
maximale limite. Ce phénomène est dû à la compensation de l’ensemble des pertes présentes
sur un cycle (tension de seuil, courants des fuites, etc…) par les charges stockées dans les
différents condensateurs des différents étages du redresseur.
Figure 3-1 : Redresseur Dickson à N-étages avec une résistance de charge (RLoad) à sa sortie
En technologie intégrée, les diodes sont remplacées par des transistors montés en diode où la
grille du transistor est connectée au drain. Contrairement à l’utilisation des diodes commerciales
(diodes Schottky par exemple), les paramètres géométriques des transistors peuvent être choisis
pour augmenter l’efficacité globale de ce circuit. Le but de cette partie est de montrer qu’il est
possible de définir une méthode d’optimisation efficace pour obtenir les meilleures
73
Chapitre 3 : Méthodologie d’optimisation d’un redresseur Dickson
___________________________________________________________________________
performances au niveau de l’efficacité de conversion de puissance. La meilleure efficacité de
conversion assure la puissance maximale en sortie (présentée sur une résistance de charge) pour
une puissance d’entrée donnée.
Dans les articles [1]-[13], les auteurs ont optimisés et fabriqués des redresseurs pour la
récupération d’énergie RF, sauf que personne n’a décrit la méthode d’optimisation utilisée, le
choix du nombre d’étage, l’influence de la résistance de charge et la limitation de chaque étage,
etc… .
Dans ce chapitre, les paramètres de conception et l’effet de ces paramètres sur l’efficacité du
redresseur sont présentés. De plus, une méthode d’optimisation est proposée pour maximiser
l’efficacité de conversion en fonction des différents paramètres.
Pour l’optimisation d’un redresseur de type Dickson (comme décrit sur la Figure 3-1), il est
nécessaire de définir les paramètres clés qui décrivent les conditions de fonctionnement de ce
redresseur :
En effet, le redresseur n’est utile que s’il fournit l'énergie à une charge. Pour cela, une charge
doit être placée à sa sortie. Dans cette étude, la charge que nous avons choisie est une résistance
afin de prendre en compte une consommation d’énergie en mode DC. Elle représente
l’impédance d’entrée du circuit suivant à alimenter (un microcontrôleur ou autre fonction par
exemple).
Le critère que nous allons chercher à maximiser, est l’efficacité de conversion de puissance
(PCE), qui peut être défini à l’aide des trois paramètres clés précédents (Pin, Vout et RLoad), grâce
aux équations suivantes (3-1)(1-1) et (3-2).
𝑉𝑂𝑢𝑡 2 (3-1)
𝑃𝑜𝑢𝑡 =
𝑅𝐿𝑜𝑎𝑑
𝑃𝑜𝑢𝑡 (3-2)
𝑃𝐶𝐸 =
𝑃𝑖𝑛
74
Chapitre 3 : Méthodologie d’optimisation d’un redresseur Dickson
___________________________________________________________________________
Comme nous l’avons présenté dans l’introduction, il est possible d’augmenter la tension de
sortie (Vout) en cascadant plusieurs étages N d’un redresseur élémentaire Dickson.
Par ailleurs, il est évident que les conditions optimales de transfert de puissance seront obtenues
lorsque le redresseur présentera une impédance équivalente Zr = Rr + j.Xr adaptée à celle de
l’antenne génératrice (Rr et Xr représentent la partie réelle et la partie imaginaire de l’impédance
d’entrée respectivement). Or le caractère capacitif du redresseur impose d’ajouter une
inductance Lr en série avec le redresseur. Nous avons supposé dans cette étude que l’antenne
fonctionnera sur sa fréquence de résonance et que son impédance électrique est réelle et
représenté par Rg.
|𝑋𝑟 | (3-3)
𝑄=
𝑅𝑟
Dans un premier temps, les hypothèses supposées sont l’impédance de générateur (Rg), égale à
50 Ω. La longueur du canal des transistors (Len) est fixée à la valeur minimale autorisée par la
technologie pour assurer la résistance série la plus petite. De plus, la capacité de stockage est
fixée à Ci = 5 pF pour (i) pouvoir stocker une quantité de charge importante et (ii) pour ne pas
avoir une phase transitoire de longue durée (temps d’accumulation de charges dans Ci) et (iii)
finalement, vu que dans le Design Kit (DK) (formé de 8 niveaux de métal) il n’y a que des
75
Chapitre 3 : Méthodologie d’optimisation d’un redresseur Dickson
___________________________________________________________________________
capacités MOM (métal-oxyde-métal), alors une capacité de forte valeur est pénalisante au
niveau de la surface du silicium.
Prenons un exemple qui consiste à optimiser un redresseur Dickson à un étage, pour une
résistance de charge de 600 kΩ. Cette valeur de résistance est choisie car elle représente
l’impédance d’entrée d’un microcontrôleur à alimenter (Vdd/Idd) [14] [15]. Une simulation
paramétrique est réalisée avec deux paramètres en même temps : W et Lr. La combinaison de
ces deux paramètres nous permet de compenser la partie imaginaire de l’impédance d’entrée
(due à W et Len) et de trouver la largeur W optimale et l’inductance Lr appropriée pour assurer
le meilleur rendement de conversion.
80
70
60
PCE (%)
50
40
30
20
10
0
70 90 110 130 150 170 190 210
l (nH)
W1 W2 W3 W4 W5 W6
Figure 3-3 : Simulation de l’impact du W et Lr pour une puissance d’entrée Pin = -20 dBm et
une résistande de charge RLoad = 600 kΩ
Le tableau suivant représente le produit de la tension générée (Vg) par le facteur de qualité (Q).
Le produit (Vg × Q) qui correspond au plus grand est celui qui correspond à la largeur W3. Cette
valeur permet d’obtenir les valeurs optimales pour les conditions spécifiées.
76
Chapitre 3 : Méthodologie d’optimisation d’un redresseur Dickson
___________________________________________________________________________
Tableau 4 : Variation du Vg × Q pour différente W ; l
W Tension Partie Facteur de Vg × Q
générée (Vg) réelle qualité (Q)
W1= 17,6 µm 41,4 mV 95 30,6 1,26
W3 = 24 µm 32,7 mV 53,4 40 1,3
W6 = 33,6 µm 22,9 mV 28,4 53.9 1,23
8
7
Puissance de sortie (µW)
6
5
4
3
2
1
0
0 0,5 1 1,5 2 2,5 3 3,5 4 4,5 5
Rload (MΩ)
La puissance de sortie atteint une valeur maximale de 7,28 µW à 600 kΩ (PCE = 72,8 %). Cette
puissance diminue en s’éloignant de cette valeur de résistance.
77
Chapitre 3 : Méthodologie d’optimisation d’un redresseur Dickson
___________________________________________________________________________
Afin de comprendre les causes de cette variation du PCE, la Figure 3-5 représente la puissance
en sortie, la tension de sortie (aux bornes de RLoad) et la tension obtenue avec un redresseur à
un étage à vide (sans résistance de charge). L’hypothèse en entrée est que le redresseur est
adapté à 50 Ω.
En prenant la première série de résistances (S1, Figure 3-5), qui correspond aux valeurs de
résistances plus faible que la charge nominale choisie pour l’optimisation du redresseur. Les
puissances de sortie associées à ces valeurs de résistances de charge (S1) sont trop faibles. La
tension de sortie est dans sa zone de croissance mais encore loin de la limitation en tension de
cet étage (tension à vide), il fallait obtenir un PCE proche du PCE maximale obtenue avec la
résistance de 600 kΩ. C’est pour cela, qu’il faut regarder l’effet de la résistance de charge sur
l’impédance d’entrée. La Figure 3-6 représente la partie réelle et la partie imaginaire de
l’impédance d’entrée en fonction de la résistance de charge.
8 S1 S2 4
7 3,5 Puissance de
sortie
ΔV obtenue
6 ΔP 3
Puissance de sortie (µA)
5 2,5
Tension (V)
4 2 Tension de
sortie
3 1,5 obtenue
2 1
1 0,5
Tension de
sortie à vide
0 0 (adaptation à
0 1 2 3 4 5 50 Ω)
Résistance de charge (MΩ)
Les parties réelles et imaginaires de l’impédance d’entrée obtenues pour les valeurs de
résistances de charge (< 600 kΩ) montrent une forte désadaptation. Une dégradation des
performances est observée et une grande différence (ΔP) par rapport à celle de la puissance de
sortie maximale est obtenue. Cette forte désadaptation induit une forte réflexion de la puissance
reçue vers la source, et par suite une petite partie de la puissance est absorbée par le redresseur.
78
Chapitre 3 : Méthodologie d’optimisation d’un redresseur Dickson
___________________________________________________________________________
De plus, en augmentant la résistance de charge, les parties réelle et imaginaire s’approchent des
valeurs d’adaptation (ce qui induit une augmentation de la puissance de sortie) jusqu’à ce que
la partie imaginaire s’annule à 600 kΩ avec une partie réelle de 55 Ω. Au-delà de cette valeur,
pour la deuxième zones de résistances (S2 Figure 3-5), les parties réelles et imaginaires
continuent à diminuer légèrement sans s’éloigner trop de l’adaptation jusqu’à atteindre une
partie réelle de 26 Ω et une partie imaginaire de -16 Ω pour une résistance de charge de 5 MΩ
(comme le montre la Figure 3-6).
Dans ce cas, les tensions obtenues aux bornes de ces valeurs de résistances sont proches de celle
de la tension obtenue à vide. Une augmentation de la résistance de charge avec une tension de
sortie qui n’augmente que légèrement induit une diminution de la puissance de sortie et par
suite du PCE. D’autre part, on trouve aussi une petite différence entre la tension maximale d’un
étage à vide et celle avec la résistance de charge (ΔV). Cela est dû à la faible désadaptation avec
la source (la partie réelle devient plus inférieure à 50 Ω et la partie imaginaire est non nulle).
460 160
410 140
310 100
260 80
210 60
160 40
110 20
60 0
10 -20
0 1 2 3 4 5
Résistance de charge (MΩ)
Partie réelle Partie imaginaire
Bien que, la résistance de charge soit placée en parallèle avec une capacité (capacité de sortie
du dernier étage) qui présente une impédance très faible à 2,4 GHz (de 13 Ω pour 5 pF), cette
résistance impose un changement sur l’impédance d’entrée du redresseur (Figure 3-6). Pour
comprendre l’impact de cette résistance et pour simplifier l’analyse, nous débuterons par le cas
d’un redresseur à une seule diode dit « mono alternance ». Ce redresseur mono alternance est
optimisée pour une résistance de charge donnée. En augmentant la résistance de charge, la
tension de sortie augmente. L’augmentation de la tension de sortie va modifier la tension aux
79
Chapitre 3 : Méthodologie d’optimisation d’un redresseur Dickson
___________________________________________________________________________
bornes de la diode, modifiant ainsi l’impédance d’entrée de la diode. De plus, la conversion
d’énergie RF en DC conduit à la consommation de puissance globale dans le redresseur donc à
un modèle basé sur une résistance.
80
Chapitre 3 : Méthodologie d’optimisation d’un redresseur Dickson
___________________________________________________________________________
6
Puissance de sortie (µW)
0
0 1 2 3 4 5
Résistance de charge (MΩ)
N = 1/2 ; 10 kΩ N = 1/2 ; 50 kΩ N = 1/2 ; 100 kΩ N = 1/2 ; 150 kΩ N = 1/2 ; 200 kΩ
N = 1/2 ; 300 kΩ N = 1 ; 200 kΩ N = 1 ; 300 kΩ N = 1 ; 400 kΩ N = 1 ; 600 kΩ
N = 1 ; 800 kΩ N = 1 ; 1 MΩ N = 1 ; 1,5 MΩ N = 2 ; 1 MΩ N = 2 ; 1,5 MΩ
N = 2 ; 2 MΩ N = 2 ; 3 MΩ N = 2 ; 4 MΩ N = 2 ; 5 MΩ Max pour N =1/2
Max pour N = 1 Max pour N = 2
La Figure 3-8 représente la tension de sortie obtenue en fonction de la résistance de charge pour
différents nombres d’étages et pour une puissance d’entrée Pin de -20 dBm. L’optimisation est
réalisée pour chaque résistance de charge. En augmentant le nombre d’étages, le redresseur est
capable de délivrer une tension de sortie de plus en plus grande lorsque la résistance de charge
augmente. Ce résultat montre qu’un redresseur avec un nombre d’étages donné possède une
limite en tension, malgré l’augmentation de la résistance de charge. Cette limite correspond
parfaitement à celle obtenue à vide (avec une adaptation à 50 Ω avec le générateur) (présenté
dans le paragraphe 3.3.1).
81
Chapitre 3 : Méthodologie d’optimisation d’un redresseur Dickson
___________________________________________________________________________
9
N = 1/2
8 N=1
N=2
7
N=3
Tension de sortie (V)
0
0 5000 10000 15000
RLoad (KΩ)
Figure 3-8 : Tension de sortie simulée pour différents étages en fonction de la résistance de
charge RLoad pour une puissance d'entrée Pin = -20 dBm
80
78
76
74
72
PCE (%)
70
68
66
64
62
60
60 600 6000
Résistance de charge (kΩ)
-25 dBm ; N = 1 -20 dBm ; N = 1 -15 dBm ; N = 1
Figure 3-9 : Variation du PCE en fonction de la résistance de charge RLoad pour différentes
puissances d’entrées Pin
82
Chapitre 3 : Méthodologie d’optimisation d’un redresseur Dickson
___________________________________________________________________________
Néanmoins, la variation de la puissance d’entrée, pour un redresseur optimisé à une puissance
donnée, influe peu sur la valeur maximale du PCE (moins de 10 % de variation pour un ordre
de grandeur de la puissance d’entrée). Considérons par exemple un redresseur à un étage,
optimisé pour une résistance de charge de 600 kΩ pour une puissance d’entrée de -20 dBm. La
Figure 3-10 représente les évolutions des parties réelle et imaginaire, de l’impédance d’entrée
du convertisseur Dickson à un étage chargé par une résistance de 600 kΩ, en fonction de la
puissance d’entrée (Pin).
350 50
300 40
200 20
150 10
100 0
50 -10
0 -20
-30 -25 -20 -15 -10 -5
Pin (dBm)
Réelle Imaginaire
Figure 3-10 : Partie réelle et partie imaginaire pour un redresseur Dickson à un étage
optimisé pour une RLoad de 600k à -20 dBm en fonction de la puissance d’entrée Pin
On observe qu’il est possible de faire fonctionner le convertisseur à la résonance, avec la même
valeur d’inductance, (partie imaginaire de l’impédance d’entrée du redresseur en série avec
l’inductance Lr est nulle) lorsque la puissance d’entrée est égale à -20 dBm et à -8 dBm. Pour
ces deux valeurs, la partie réelle de l’impédance d’entrée sont respectivement égales à 55 Ω à -
20 dBm et à 215 Ω à -8 dBm. Au-delà de -17 dBm, la partie réelle augmente rapidement,
quasiment de manière exponentielle. Cette augmentation de la partie réelle peut être assimilée
à l’augmentation de la résistance série au niveau des diodes, et par suite, une augmentation de
la différence de potentielle aux bornes de la diode.
La Figure 3-11 représente la tension générée par le générateur Vg, la tension à l’entrée du
redresseur (après l’inductance Lr) Vind, la tension de sortie Vout, et finalement le PCE.
83
Chapitre 3 : Méthodologie d’optimisation d’un redresseur Dickson
___________________________________________________________________________
On constate que la tension Vg augmente continument avec Pin, alors que l’efficacité de
conversion PCE passe par un maximum à -18 dBm. À -20 dBm et à -8 dBm, le phénomène de
résonance est observé. Cependant le facteur de qualité obtenue à -20 dBm est de 39,5 et celui à
-8 dBm n’est plus que de 10, malgré l’augmentation de la puissance d’entrée. On observe que
la pente d’augmentation de Vind et Vout est très petite. Cette légère augmentation plus faible que
l’augmentation de la puissance d’entrée entraine une diminution du PCE.
5 80
70
1 60
Tension (V)
50
PCE (%)
0,2 40
30
0,04 20
10
0,008 0
-30 -25 -20 -15 -10 -5
Pin (dBm)
Vg Vind Vout PCE
Figure 3-11 : Vg, Vind, Vout, et PCE pour un redresseur Dickson optimisé pour un RLoad de
600 kΩ à -20 dBm en fonction de la puissance d'entrée Pin
Nous avons montré que les parties réelles et imaginaires de l’impédance d’entrée du redresseur
dépend de nombreux paramètres surtout de la puissance d’entrée Pin. De plus nous avons conclu
qu’il est important d’avoir une partie imaginaire nulle pour augmenter la tension à l’entrée du
redresseur grâce au phénomène de la résonance. Il convient donc de rechercher le facteur de
qualité le plus grand possible sans toutefois oublier qu’il est influencé par la valeur de la partie
réelle. Une tension maximale à l’entrée du redresseur avec la plus faible chute de tension
possible aux bornes de la diode (liée à la tension de seuil et à la résistance série) et de faibles
fuites dans le transistor assurent donc les meilleures performances.
Dans la partie suivante, la méthode de conception est détaillée pour une impédance du
générateur de 50 Ω. De plus, l’effet de l’impédance de générateur va être présenté.
La recherche du jeu de paramètres optimaux est réalisée en deux phases. La première consiste
à déterminer le nombre d’étages N à cascader pour atteindre la tension de sortie désirée. La
84
Chapitre 3 : Méthodologie d’optimisation d’un redresseur Dickson
___________________________________________________________________________
seconde étape consiste à optimiser les étages du redresseur (les N étages étant supposés
identiques) avec une résistance de charge spécifiée. Cela revient à dimensionner de manière
adéquate les transistors montés en diode à la base de la non-linéarité.
Dans cette partie, nous proposons une méthode qui à partir des paramètres cités dans le cahier
des charges, permet de choisir les paramètres optimaux des transistors et du convertisseur RF-
DC.
Le PCE d’un redresseur ne peut pas atteindre 100 %. Les effets des fuites et de la tension de
seuil diminuent l’efficacité de conversion. Dans l’état de l’art présenté dans le chapitre 1, la
valeur maximale de PCE obtenue, pour des faibles puissances, ne dépasse pas 60 %. En outre,
d’après notre propre étude (présentée dans les pages précédentes de ce chapitre), la valeur
maximale de PCE obtenue se situe autour de 70 % à -20 dBm en utilisant la technologie FDSOI.
Cette valeur de PCE est obtenue avec une polarisation dynamique de la grille arrière (cette
technique sera présentée dans le chapitre suivant). Cette différence entre les PCE obtenues dans
l’état de l’art et celles obtenues avec la FDSOI est due au fait que la technologie FDSOI est
caractérisée par des fuites et tension de seuil plus faibles en comparaison avec les autres
technologies. De plus, l'effet de polarisation de la grille arrière permet d’augmenter de quelques
pour cents cette efficacité de conversion RF-DC.
Pour une structure à une seule diode, soit une mono-alternance (N = ½), la tension maximale à
vide, obtenue pour une puissance d’entrée de -20 dBm (avec une adaptation entre le générateur
et le redresseur Rg = 50 Ω) est de 1,62 V. Cette tension passe à 3,26 V pour un redresseur à un
étage (N = 1), et de 6,31 V pour deux étages (N = 2). Si la puissance d’entrée est de Pin = -20
85
Chapitre 3 : Méthodologie d’optimisation d’un redresseur Dickson
___________________________________________________________________________
dBm et la tension en sortie demandée est de 2 V par exemple, un seul étage doit être utilisé.
Notons que la puissance espérée en sortie ne pourra pas dépasser la valeur PCEmax (%) ×
Pin (W).
Une fois le nombre d’étages N choisi, une optimisation des dimensions des transistors (W et
Len) et de l’inductance appropriée (Lr), pour une résistance de charge donnée (RLoad), doit être
réalisée.
De plus, une simulation paramétrique est réalisée avec deux paramètres en même temps : W et
Lr. Elle permet de trouver la largeur W optimale et l’inductance Lr appropriée. On obtient un
graphe similaire à celui présenté sur la Figure 3-3.
86
Chapitre 3 : Méthodologie d’optimisation d’un redresseur Dickson
___________________________________________________________________________
Nous considérons un redresseur optimisé pour une résistance de charge de 600 kΩ. Le Tableau
5 rassemble les paramètres clés issus de simulation de l’impédance du générateur, la tension du
générateur Vg, la partie réelle et la partie imaginaire de l’impédance d’entrée, la puissance en
sortie, et le facteur de qualité calculé à la résonance. La valeur maximale que nous nous sommes
imposées pour l’impédance du générateur est en cohérence avec l’impédance maximale
synthétisable à la sortie d’une antenne soit environ 200 Ω.
La première ligne représente l’optimisation initiale. La partie imaginaire vue par le générateur
est nulle et la partie réelle est légèrement plus grande que celle du générateur. Dans la deuxième
ligne, les mêmes valeurs de W ; Lr que celles obtenues à la première ligne sont utilisées, sauf
que l’impédance du générateur est remplacée par la valeur de la partie réelle de l’impédance
d’entrée obtenue au début. La puissance de sortie est presque identique (0,1 % plus grande).
En augmentant l’impédance du générateur (100 Ω), Vg va être aussi plus grande comme le
montre le tableau. Une optimisation est réalisée pour cette impédance du générateur pour
obtenir de nouvelles valeurs W2 et Lr2. La puissance de sortie est plus grande, même si le
facteur de qualité Q a diminué, mais au final le produit de Vg par le facteur de qualité a
augmenté. Le même phénomène apparait pour les autres impédances du générateur. Lorsque
87
Chapitre 3 : Méthodologie d’optimisation d’un redresseur Dickson
___________________________________________________________________________
l’impédance du générateur est maximale, soit 200 Ω, la puissance de sortie augmente de 3 %
par rapport à celle obtenue lorsque l’impédance du générateur est de 50 Ω.
Pour illustrer les résultats découlant de cette deuxième étape de la méthode d’optimisation, la
Figure 3-14 rassemble les résultats obtenus dans le cas d’une résistance de charge RLoad = 600
88
Chapitre 3 : Méthodologie d’optimisation d’un redresseur Dickson
___________________________________________________________________________
kΩ. La puissance de sortie obtenue avec l’impédance du générateur de 200 Ω représente une
puissance de sortie plus grande que celle obtenue lorsque l’impédance du générateur est de 50
Ω. Une augmentation de la valeur du PCE de 3% est obtenue.
Finalement, cette étape de méthodologie est appliquée sur une plage de résistances de charge
de 10 kΩ à 5 MΩ en utilisant un redresseur mono alternance (N = ½), un redresseur à un étage
(N = 1) et un redresseur à deux étages (N = 2). La Figure 3-15 représente les résultats de
simulation obtenus. Nous pouvons constater que la valeur du PCE augmente de quelques
pourcents avec l’augmentation de l’impédance Rg, mais cette augmentation devient quasi
négligeable dès qu’il y a au moins deux étages. L’augmentation du PCE induit à une
augmentation de la tension en sortie.
76
75,5
75
PCE (%)
74,5
74
73,5
73
72,5
50 100 150 200
Impédance du générateur (Ω)
Figure 3-14 : PCE pour un redresseur à un étage avec une RLoad de 600 kΩ en fonction de
l'impédance du générateur -20 dBm
89
Chapitre 3 : Méthodologie d’optimisation d’un redresseur Dickson
___________________________________________________________________________
6
Puissance de sortie (µW)
0
0 0,5 1 1,5 2 2,5 3 3,5 4 4,5 5
Résistance de charge (MΩ)
N = 1/2 ; 10 kΩ N = 1/2 ; 50 kΩ N = 1/2 ; 100 kΩ
N = 1/2 ; 150 kΩ N = 1/2 ; 200 kΩ N = 1/2 ; 300 kΩ
N = 1 ; 200 kΩ N = 1 ; 300 kΩ N = 1 ; 400 kΩ
N = 1 ; 600 kΩ N = 1 ; 800 kΩ N = 1 ; 1 MΩ
N = 1 ; 1,5 MΩ N = 2 ; 1 MΩ N = 2 ; 1,5 MΩ
N = 2 ; 2 MΩ N = 2 ; 3 MΩ N = 2 ; 4 MΩ
N = 2 ; 5 MΩ Max pour N = 1/2 (opt.1) Max pour N = 1 (opt.1)
Max pour N = 2 (opt.1) Max pour N = 1/2 (opt.2) Max pour N = 1 (opt.2)
Max pour N = 2 (opt.2)
Figure 3-15 : Comparaison entre opt.1 (Rg = 50 Ω)et opt.2 (Rg adaptée limitée à 200 Ω) en
fonction de la résistance de charge à -20 dBm
Dans cette partie, une étude comparative des performances obtenues pour différents redresseurs
: un redresseur mono-alternance (N = 1/2), un redresseur Dickson à un étage (N = 1), un
redresseur Dickson à deux étages (N = 2) et trois étages (N = 3) pour différentes puissances
d’entrée (Pin) et en fonction de différente résistances de charge (RLoad).
90
Chapitre 3 : Méthodologie d’optimisation d’un redresseur Dickson
___________________________________________________________________________
puissance de -20 dBm, la plage de résistance couverte (pour un maximum de valeur de PCE)
est de 200 kΩ à 1,2 MΩ. D’autre part, à -15 dBm, la plage de résistance couverte est de 90 kΩ
à 400 kΩ.
80
75
70 -25 dBm ; N = 1/2
-25 dBm ; N = 1
65
-25 dBm ; N = 2
60 -20 dBm ; N = 1/2
PCE (%)
55 -20 dBm ; N = 1
-20 dBm ; N = 2
50
-20 dBm ; N = 3
45 -15 dBm ; N = 1/2
40 -15 dBm ; N = 1
-15 dBm ; N = 2
35 -15 dBm ; N = 3
30
10 400 16000
RLoad (KΩ)
Figure 3-16 : PCE en fonction de la résistance de charge pour différents nombres d’étages et
différentes puissances d'entrée
En outre, pour faciliter la présentation des résultats, une représentation de la tension en fonction
de la résistance de charge pour différents nombres d’étages (N) est plus utile pour un
concepteur. Ce résultat est représenté sur la Figure 3-17 pour un redresseur Dickson à un étage
et sur la Figure 3-18 pour redresseur Dickson à deux étages.
3,5
Max N = 1 ; Pin = -25 dBm
3 Max N = 1 ; Pin = -20 dBm
2,5 Max N = 1 ; Pin = -15 dBm
Tension de sortie (V)
1,5
0,5
0
1 10 100 1000 10000
RLoad (kΩ)
7
Max N = 2 ; Pin = -25 dBm
6 Max N = 2 ; Pin = -20 dBm
5 Max N = 2 ; Pin = -15 dBm
Tension de sortie (V)
0
1 10 100 1000 10000
RLoad (kΩ)
𝜆 (3-4)
𝑃𝑟 = 𝑃𝑡 𝐺𝑡 𝐺𝑟 ( )2
4𝜋𝑅
Où Pr, Pt, Gt, Gr, λ et R représentent respectivement la puissance collectée par l’antenne de
réception, la puissance délivrée par l’antenne d’émission, le gain de l’antenne d'émission, le
gain de l'antenne de réception, la longueur d’onde, et la distance séparant les deux antennes.
Il faut donc étudier l’impact de la variation de la puissance d’entrée (Pin) sur la valeur du PCE.
Notons qu'il est important de choisir entre avoir une puissance de sortie maximale sur une petite
plage de puissance en entrée, et avoir une puissance en sortie qui est plus petite sur une plage
de puissance d’entrée qui est plus importante (Figure 3-19). Il sera possible que le cas 2 ou le
cas 3 offrent une énergie en sortie qui est plus importante surtout que leur fonctionnement est
92
Chapitre 3 : Méthodologie d’optimisation d’un redresseur Dickson
___________________________________________________________________________
sur plage de puissance d’entrée plus importante. Dans notre travail on s’intéresse à avoir une
puissance maximale en sortie sur une large plage de puissance d’entrée afin d’assurer l’énergie
maximale en sortie.
Cas 1
Efficacité de conversion de
Cas 2
Cas 3
puissance
Puissance d'entrée
Figure 3-19 : Representation des differents cas de fonctionnement d’un redresseur pour la
récupération d’énergie RF
La Figure 3-20 représente les PCE d’un système à un étage (N = 1) optimisé pour une puissance
de -20 dBm et pour différentes résistances de charge. Pour les différentes résistances de charge,
la valeur du PCE est plus grand de 40 % pour la plage de puissance allant de -30 dBm à -5 dBm.
Au-delà de -15 dBm, la variation de l’impédance d’entrée devient très significative ce qui
dégrade les performances.
80
70
60
50
PCE (%)
40
30
RLoad 200 kΩ
20 RLoad 400 kΩ
RLoad 600 kΩ
10
RLoad 800 kΩ
0
-30 -25 -20 -15 -10 -5
Puissance d'entrée (dBm)
Figure 3-20 : Simulation du comportement des redresseurs optimisés pour une puissance de -
20 dBm sur une plage de puissance de -30 dBm à -5 dBm
Afin de valider cette méthodologie, 14 dispositifs ont été conçus et envoyés en fabrication
(Figure 3-21). Ces dispositifs contiennent des redresseuses mono alternances (N = 1/2), à un
93
Chapitre 3 : Méthodologie d’optimisation d’un redresseur Dickson
___________________________________________________________________________
étage (N = 1), et deux étages (N = 2), pour différentes résistances de charge (RLoad) et avec la
technique de polarisation dynamique de la grille arrières (cette technique nécessite une
connexion intégrée). De plus, des circuits avec des polarisations des grilles arrières accessibles
sont réalisés afin de mettre en évidence l’avantage de la polarisation dynamique. L’intégralité
de ces dispositifs occupe une surface de silicium totale de 930 × 570 µm2 soit 0,53 mm2.
Figure 3-21 : Copie d’écran des dispositifs réalisés en suivant la méthodologie d’optimisation
Dans la partie suivante, les mêmes simulations ont été réalisées sur la seconde technologie, la
BiCMOS 55 nm.
94
Chapitre 3 : Méthodologie d’optimisation d’un redresseur Dickson
___________________________________________________________________________
Tableau 6 :Caractéristiques des redresseurs optimisés
Comme présenté dans le chapitre 2, les technologies intégrées sur silicium massif souffrent de
plusieurs problèmes surtout aux niveaux des courants de fuite et de la tension de seuil qui sont
des paramètres non négligeables. La technologie FDSOI est une technologie silicium sur isolant
qui propose un début de solution à ces problèmes. Pour vérifier la bonne adéquation de la
technologie FDSOI aux applications faible puissance et plus particulièrement pour nos
redresseurs RF-DC une comparaison a été menée entre deux technologie intégrées, la BiCMOS
55 nm et la FDSOI 28 nm. La méthodologie d’optimisation utilisée pour la conception des
circuits redresseurs est celle décrit précédemment et est la même pour les deux technologies.
95
Chapitre 3 : Méthodologie d’optimisation d’un redresseur Dickson
___________________________________________________________________________
Le graphe de la Figure 3-22 représente la valeur du PCE obtenue pour les deux technologies
FDSOI et BiCMOS. L’effet de la polarisation de la Back Gate (BG) disponible en FDSOI a été
rendu inopérant en reliant la BG à la masse (soit un potentiel BG nul). De même pour les
substrats des transistors de la BiCMOS. Les résultats font ressortir que la technologie FDSOI
permet d’obtenir une puissance en sortie plus grande que celle obtenue avec la BiCMOS. Cette
différence est due surtout à la réduction des effets parasites de la FDSOI par rapport à la
BiCMOS c’est à dire une tension de seuil et des courants de fuites plus faibles.
80
70
60
50
PCE (%)
40
BiCMOS ; N = 1/2
BiCMOS ; N = 1
30
BiCMOS ; N = 2
BiCMOS ; N = 3
20
FDSOI ; N = 1/2
FDSOI ; N = 1
10 FDSOI ; N = 2
FDSOI ; N = 3
0
10 100 1000 10000 100000
RLoad (kΩ)
Figure 3-22 : Comparaison entre les performances des redresseurs optimisés à -20 dBm en
utilisant les deux technologies FDSOI et BiCMOS
3.6 Conclusions
Dans ce chapitre, une méthodologie d’optimisation a été présentée à partir de paramètres clés
issu du cahier des charges. Ces différents paramètres de fonctionnement sont : la fréquence de
l’onde électromagnétique, la puissance d’entrée (Pin), la tension de sortie (Vout) nécessaire pour
alimenter un circuit, et l’impédance d’entrée du circuit à alimenter soit une résistance de charge
(RLoad).
Cette optimisation est divisée en deux parties : la première qui consiste à déterminer le nombre
d’étages (N) nécessaire, et la seconde qui consiste à optimiser les différents paramètres du
redresseur (W, Len) pour le nombre d’étages choisi. Un élément important pour l’adaptation
96
Chapitre 3 : Méthodologie d’optimisation d’un redresseur Dickson
___________________________________________________________________________
d’impédance entre le générateur (dans notre application une antenne) et le redresseur est
l’inductance (Lr). Son rôle est de compenser la partie capacitive de l’impédance d’entrée du
redresseur (Xr) afin d’assurer le phénomène de résonance. En outre, plus l’impédance d’antenne
sera grande et plus l’efficacité de conversion d’énergie (PCE) sera grande.
L’étude portant sur le nombre d’étages à montrer qu’en augmentant N, la tension de sortie
augmente mais la valeur maximale du PCE se déplace vers des valeurs de résistance de charge
plus grande et ses variations autour de ce maximum se font plus douces (soit une plus grande
tolérance sur les incertitudes de la valeur de RLoad optimale).
Un exemple d’optimisation a été entièrement décrit pour une seule résistance de charge, et une
seule puissance d’entrée. Des variations de l’un de ces deux paramètres, ont permis de
démontrer une diminution des performances lorsque l’impédance d’entrée varie, du fait d’une
désadaptation d’impédance entre le générateur et la source.
Si l’on souhaite concevoir un convertisseur pour une résistance de charge de valeur élevée
(plusieurs centaines de kΩ), il convient de choisir un nombre N en accord car chaque étage
présente une tension en sortie maximale atteignable.
D’après cette étude, en réalisant une bonne optimisation du redresseur, il n’y a aucun intérêt à
augmenter le nombre d’étages (au-delà de trois à -20 dBm).
97
Chapitre 3 : Méthodologie d’optimisation d’un redresseur Dickson
___________________________________________________________________________
Dans le cas de l’étude comparative avec la BiCMOS pour éviter le biais sur les résultats cette
polarisation de BG des transistors de la FDSOI a été rendue inopérante et placée à un potentiel
nul.
Un redresseur optimisé basé sur la technologie FDSOI donne une efficacité de conversion de
puissance qui est plus grande que celle obtenue avec un redresseur réalisé en technologie
BiCMOS (20 % pour un redresseur à un étage avec une puissance de -20 dBm et une résistance
de charge de 600 kΩ).
Finalement, 14 nouveaux dispositifs optimisés à l’aide de la méthode présentée, ont été réalisés
mais nécessitent encore d’être mesurés. Parmi ces dispositifs des redresseurs mono alternance
(N = 1/2), un étage (N = 1), et deux étages (N = 2), pour différentes résistances de charge avec
la technique de polarisation dynamique de la grille arrière qui nécessite une connexion intégrée.
Dans le chapitre suivant, les résultats de mesures des circuits fabriqués en utilisant les deux
technologies FDSOI et BiCMOS sont représentées.
98
Références
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for Passively Powered Sensor Networks”, in IEEE Journal of Solid-State Circuits, vol. 43,
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[3] Z. Hameed and K. Moez, “Hybrid Forward and Backward Threshold-Compensated RF-
DC Power Converter for RF Energy Harvesting”, in IEEE Journal on Emerging and
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73.9%-Efficiency CMOS Rectifier Using a Lower DC Feeding (LDCF) Self-Body-Biasing
Technique for Far-Field RF Energy-Harvesting Systems”, in IEEE Transactions on
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[10] L. G. de Carli, Y. Juppa, A. J. Cardoso, C. Galup-Montoro, and M. C. Schneider,
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99
Chapitre 3 : Méthodologie d’optimisation d’un redresseur Dickson
___________________________________________________________________________
rectifiers”, IEEE Trans. Circuits Syst. I, Reg. Papers, vol. 62, no. 4, pp. 967–975, Apr.
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[11] M. Stoopman, S. Keyrouz, H. J. Visser, K. Philips and W. A. Serdijn, “Co-Design of a
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[14] http://ww1.microchip.com/downloads/en/DeviceDoc/30009996g.pdf
[15] http://www.st.com/content/ccc/resource/technical/document/datasheet/9a/75/bd/16/0f/fd/
49/19/DM00108219.pdf/files/DM00108219.pdf/jcr:content/translations/en.DM00108219
.pdf
100
Chapitre 4 : Conception, test et comparaison de redresseurs Dickson en technologies FDSOI 28 nm
et BiCMOS 55 nm
___________________________________________________________________________
101
Chapitre 4 : Conception, test et comparaison de redresseurs Dickson en technologies FDSOI 28 nm
et BiCMOS 55 nm
___________________________________________________________________________
4.1 Introduction
Ce chapitre décrit les performances des convertisseurs Dickson (RF-DC), à un et deux étages
(Figure 4-1). Ces convertisseurs que nous avons conçus ont été réalisés en utilisant deux
technologies intégrées différentes : la technologie FDSOI 28 nm et la technologie BiCMOS 55
nm (la méthode de conception a été détaillée dans le chapitre précédent : chapitre 3). La
technologie FDSOI est une technologie caractérisée par un canal ultra mince et complètement
déserté. Ce canal est séparé du substrat par une couche d’isolant appelé BOX. En revanche, la
BiCMOS est une technologie classique, dite substrat en silicium massif ou Bulk technologie en
anglais. Ces deux technologies ont elles aussi été présentées en détail dans le chapitre 2.
Figure 4-1 : Schéma d'un doubleur de tension (a) et d'un multiplieur Dickson à deux étages
(b).
L’un des buts de ce chapitre est de vérifier l’intérêt apporté par cette spécificité offerte par la
technologie FDSOI 28 nm avec une polarisation de la grille arrière (BG pour Back Gate) sur
l’efficacité de fonctionnement de convertisseurs conçus. D’après les simulations, une solution
de polarisation dynamique a été proposée et dans ce chapitre les résultats de mesures
confirmeront cette utilisation pertinente. Il s’agit d’une solution originale qui permet
d’améliorer les performances des redresseurs en modifiant le comportement des transistors
(montés en diode) au moment opportun. C’est à dire lorsque la diode est en directe, une
polarisation positive de la BG permet de réduire la tension de seuil. La conséquence induite par
une telle polarisation de BG, si elle était maintenue serait une augmentation des courants de
fuites lorsque la diode est en inverse. Grâce à la BG dynamique lorsque l’état de la diode change
la polarisation de BG évolue et permet de réduire le paramètre critique (tension de seuil en
direct et courants de fuite en inverse) soit un meilleur compromis entre les courants de fuite des
diodes et la tension de seuil que dans le cas d’une polarisation fixe (décrit dans le chapitre 2).
102
Chapitre 4 : Conception, test et comparaison de redresseurs Dickson en technologies FDSOI 28 nm
et BiCMOS 55 nm
___________________________________________________________________________
Ce chapitre est organisé en six parties, la première étant cette introduction. La deuxième porte
sur la conception du redresseur Dickson en FDSOI. La troisième partie est consacrée à l’étude
de la polarisation de la grille arrière disponible en technologie FDSOI. Des mesures sous
pointes, sans adaptation d’impédance à 2,4 GHz ont été réalisées sur les redresseurs conçus.
Elles sont détaillées dans la quatrième partie. La cinquième est dédiée à la comparaison des
performances obtenues pour les deux technologies FDSOI et BiCMOS. Enfin la dernière partie
est consacrée à la conclusion.
Les diodes D1 et D2 fonctionnent en inverse. Lorsque la tension d’entrée est négative, la diode
D1 est passante et la diode D2 est bloquée. Lorsque la tension d’entrée devient positive, la diode
D2 devient passante et D1 devient bloquée. Pour avoir des meilleures performances pour le
redresseur, la diode passante doit avoir la plus petite tension de seuil afin d’avoir la plus petite
différence de potentiel à ses bornes. De plus, lorsque la diode est bloquée elle doit avoir les plus
petits courants de fuite.
Les deux diodes D1 et D2 seront réalisées à partir de deux transistors MOS (FDSOI ou
BiCMOS) pour lesquels la grille sera reliée au drain. La partie suivante propose des critères de
choix sur le type de transistor ainsi que les paramètres pour réaliser une diode pour un redresseur
Dickson.
Pour les premiers redresseurs RF-DC fabriqués, la méthodologie représentée dans le chapitre 3
(qui est plus efficace) n’était pas encore mature et n’a pas été utilisée. Un autre critère
d’optimisation a été utilisé pour la conception de ces circuits. En effet lorsque nous avons
démarré cette étude, les modèles des transistors pour la RF, n’étaient pas complètement
stabilisés. Nous avons donc découvert les transistors disponibles dans cette nouvelle
technologie FDSOI. Nos premiers travaux ont donc consisté à comprendre le fonctionnement
des transistors et les paramètres principaux qui permettent le les dimensionner tout en
examinant les résultats. De ce fait, nous n’avons pas cherché à réaliser une optimisation
poussée. A partir des résultats obtenus avec les premiers circuits, nous avons pu développer la
méthodologie de conception présentée dans le chapitre 3 et qui a donné lieu à des circuits qui
au moment de la rédaction de ce mémoire ne sont pas encore revenus de fabrication.
103
Chapitre 4 : Conception, test et comparaison de redresseurs Dickson en technologies FDSOI 28 nm
et BiCMOS 55 nm
___________________________________________________________________________
Dans cette partie, le choix du type du transistor sera justifié ainsi que le critère déterminant pour
dimensionner le transistor.
104
Chapitre 4 : Conception, test et comparaison de redresseurs Dickson en technologies FDSOI 28 nm
et BiCMOS 55 nm
___________________________________________________________________________
Si nous considérons maintenant les deux type de transistors NLVT (pour N Low Voltage
Transistor) et NRVT (pour N Regular Voltage Transistor). Dans l’acronyme NLVT transparait
l’avantage de ce transistor qui est sa petite tension de seuil. En revanche, le NRVT présente de
plus faibles courants de fuite. Parmi ces deux paramètres, lequel sera prépondérant ?
Pour répondre à cette question, une comparaison a été réalisée entre ces deux transistors afin de
savoir lequel permettait d’avoir les meilleures performances. La simulation transitoire,
représentée sur la Figure 4-3, d’un redresseur Dickson à un étage, avec une résistance de charge
en sortie, montre que la tension de sortie obtenue avec le NLVT est plus grande que celle qui
est obtenue avec le NRVT pour les mêmes dimensions des transistors. De plus, avec le transistor
NRVT, la capacité de sortie a besoin de plus de temps pour se charger complètement par
comparaison avec le NLVT, ce qui va allonger aussi le temps de simulation dans le domaine
temporel (analyse régimes transitoire). Pour la suite, nous avons retenu le transistor du type
NLVT pour sa tension de seuil la plus faible et pour le temps de charge le plus court (c’est-à-
dire la résistance série la plus faible).
NLVT
NRVT
Figure 4-3: Simulation transitoire d’un redresseur à un étage en utilisant deux types de
transistors différent : NLVT et NRVT à -20 dBm
105
Chapitre 4 : Conception, test et comparaison de redresseurs Dickson en technologies FDSOI 28 nm
et BiCMOS 55 nm
___________________________________________________________________________
courts-circuits à la fréquence RF du signal d’entrée. Seules les deux diodes montées en parallèle
restent présentes d’un point de vue RF. L’impédance d’entrée du redresseur dépend donc des
dimensions des transistors.
Dans la suite, le transistor utilisé est choisi de manière à avoir la résistance série (partie réelle)
la plus petite. Cette résistance série devrait permettre d’obtenir la plus faible différence de
potentiel aux bornes de la diode afin d’avoir la tension de sortie la plus grande (explication dans
le chapitre 2). La longueur W est fixée à 140 µm et la largeur est fixée à la valeur minimale
autorisée par la technologie soit 30 nm.
3,5 0
3 -0,2
Partie imaginaire (MΩ)
-0,4
2,5
Partie réelle (KΩ)
-0,6
2
-0,8
1,5
-1
1
-1,2
0,5 -1,4
0 -1,6
0,08 0,8 W (µm) 8 80
Reelle Imaginaire/Réelle Imaginaire
Figure 4-4 : Partie réelle et imaginaire simulées d’un transistor NLVT monté en diode en
fonction de la largeur du canal W
106
Chapitre 4 : Conception, test et comparaison de redresseurs Dickson en technologies FDSOI 28 nm
et BiCMOS 55 nm
___________________________________________________________________________
Figure 4-5 : Redresseur Dickson à un étage avec des transistors montés en diodes
La Figure 4-6 représente la tension de sortie obtenue pour différentes polarisations de la grille
arrière. Dans un premier temps, BGP1 et BGP2 sont portés au même potentiel. Si une
polarisation négative est appliquée, on obtient la tension de sortie la plus faible vu que cette
polarisation augmente la tension de seuil des deux diodes (mais réduit les courants de fuite). A
l’inverse, si une polarisation positive est appliquée, on obtient une tension de sortie qui est plus
grande que celle obtenu pour une polarisation négative. Dans ce cas la réduction de la tension
de seuil apporte plus de bénéfices que les pertes induites par les courants de fuite. Toutefois,
lorsque les polarisations de BGP1 et de BGP2 sont reliées à la masse (soit deux tensions nulles),
la tension obtenue à la sortie du convertisseur est plus grande que la tension de sortie obtenue
avec les autres types de polarisation (Figure 4-6). Cette polarisation nulle assure le meilleur
compromis entre la tension de seuil et les courants de fuite.
Pour conclure, une polarisation statique de la grille arrière (c’est à dire maintenue constante
pendant toutes les phases de fonctionnement du redresseur Dickson) conduit à limiter l’un des
deux paramètres : tension de seuil (BGP > 0) ou courant de fuite (BGP < 0). Il est à noter que
la tension de seuil semble avoir un impact plus important sur la tension moyenne à la sortie du
107
Chapitre 4 : Conception, test et comparaison de redresseurs Dickson en technologies FDSOI 28 nm
et BiCMOS 55 nm
___________________________________________________________________________
Une méthode de polarisation de la BG innovante est proposée dans la suite de ce chapitre. Cette
méthode consiste à modifier la tension de seuil et les courants de fuites en fonction de l’état de
fonctionnement de la diode. Afin de pouvoir réaliser cette polarisation, une polarisation
dynamique de la grille arrière en fonction du mode de fonctionnement doit être réalisée.
Lorsque la diode est passante, une polarisation positive va être appliquée ce qui va diminuer la
tension de seuil. D’autre part, lorsque la diode est bloquée, une polarisation négative sera
appliquée pour limiter les courants de fuite.
Figure 4-6 : Tension de sortie simulée d’un redresseur à un étage en fonction de la puissance
d’entrée pour différente BGP
Afin de réaliser cette polarisation dynamique (Figure 4-7), la grille arrière de la diode D2 doit
être polarisée d’une manière synchrone avec la tension d’entrée, en connectant directement
cette grille arrière BGP2 à la tension d’entrée (Sync. BGP). En revanche, pour polariser la grille
arrière de la diode D1, il faut une tension en opposition de phase avec la tension d’entrée. Pour
simplifier, BGP1 va être connectée à la masse (meilleur compromis).
Les performances de cette méthode de polarisation dynamique, représentés sur la Figure 4-6,
conduisent à une augmentation de la tension en sortie de 7 % par rapport à celle obtenue dans
le cas d’une polarisation nulle.
108
Chapitre 4 : Conception, test et comparaison de redresseurs Dickson en technologies FDSOI 28 nm
et BiCMOS 55 nm
___________________________________________________________________________
Nous avons également étudié l’impact de cette polarisation dynamique sur l’impédance
d’entrée du convertisseur RF-DC. Dans le cas de référence du redresseur Dickson à un étage
optimisé pour une charge de 600 kΩ et une puissance d’entrée de -20 dBm (présenté comme le
fil rouge du chapitre 2), la polarisation dynamique réduit la partie imaginaire de l’impédance
d’entrée d’environ 3 % et celle de la partie réelle de 4 %. Pour finaliser l’optimisation d’un
convertisseur utilisant une BG dynamique il faut tenir compte de ces réductions.
Cependant, pour une polarisation statique de la grille arrière, une source de tension (batterie ou
capacité chargée) doit être utilisée. Ce composant de stockage doit être rechargé. Le système
de rechargement de ce composant ne représente pas seulement une complexité supplémentaire
du système, mais aussi une perte d’une partie de la puissance récupérée. A l’inverse, avec une
polarisation dynamique, tout ce qu’il faut est une connexion supplémentaire au niveau du circuit
intégré, qui aboutit à des performances plus importantes avec plus de simplicité qu’une
polarisation statique.
Figure 4-7 : Redresseur Dickson avec une polarisation dynamique de la grille arrière
assurant de meilleures performances
Dans cette partie, les mesures sous pointes de l’impédance d’entrée sont détaillées et les deux
méthodes qui ont permis d’estimer le bilan de puissance et donc le PCE y sont également
présentées.
___________________________________________________________________________
l’impédance d’entrée du redresseur et des diodes utilisés sont présentés. Ces mesures sont
réalisées en utilisant la station manuelle SUSS MICROTEC PSM6RF avec des sondes
PicoProbes de 50 µm de pas (pitch).
𝑍𝑡𝑟𝑎𝑛𝑠 (4-1)
𝑍𝑟 ≈
2𝑁
Le setup de mesures du paramètre de réflexion S11 (mesure à un port) réalisées à l’aide d’un
VNA (Vector Network Analyser) et de deux pointes RF GSG (50 µm de pas) est décrit sur la
Figure 4-8.
Figure 4-8 : Mesure sous pointe du paramètre S11 des dispositifs en FDSOI
Les résultats de mesures obtenus sur la bande de fréquence 500 MHz – 2,6 GHz sont présentés
sur la Figure 4-9. L’impédance d’entrée à la fréquence 2,4 GHz est de Ztrans = 27 − 𝑗. 515 Ω
pour un transistor NLVT monté en diode et de Z𝑟 = 18 – 𝑗. 277 Ω pour un redresseur à un
étage. Les mesures de l’impédance d’entrée du redresseur font ressortir une forte désadaptation
110
Chapitre 4 : Conception, test et comparaison de redresseurs Dickson en technologies FDSOI 28 nm
et BiCMOS 55 nm
___________________________________________________________________________
avec le générateur (dans notre cas 50 Ω). Par conséquent, la quasi-totalité de la puissance
incidente est réfléchie.
Les valeurs obtenues sont proches de ce qui est prévu théoriquement. Les différences viennent
(i) de la précision de mesure vu que la partie réelle est très petite par rapport à la partie
imaginaire (un rapport 15 à 20), (ii) de la grille arrière du redresseur proposé dont la polarisation
dynamique influence légèrement l’impédance du transistor (environ 7 %) et (iii) en dernier lieu
des problèmes de contact avec les sondes RF, rencontrés lors des mesures en passant d’un
dispositif à un autre.
Figure 4-9 : Résultat de mesure sous pointe d’un redresseur à un étage et d’un transistor
NLVT monté en diode
___________________________________________________________________________
Layout Simulation) prenant en compte les lignes d’interconnexions, est de 13,8% pour une
puissance d’entrée de 0 dBm.
Figure 4-10 : Comparaison entre les résultats de simulations et de mesures sous pointes pour
un redresseur à un étage
Une deuxième série de mesures, à l’aide d’un autre montage expérimental de mesure a permis
d’estimer les performances du redresseur. Ce montage est représenté sur la Figure 4-11. Il met
en œuvre un générateur de puissance RF qui génère la puissance incidente (Pinc) à l’entrée du
redresseur. Du fait de la forte désadaptation entre le générateur et le dispositif sous test (DUT :
Design Under Test), une partie non négligeable de cette puissance est réfléchie (Pref). Un
coupleur directionnel a donc été placé entre le générateur et le DUT pour mesurer la puissance
réfléchie. Ce coupleur a un coefficient de couplage KdB = -16 dB. A la sortie du coupleur, la
puissance RF mesurée par un puissance-mètre (AGILENT - E4418B).
Pour chaque puissance d’entrée, deux mesures sont réalisées. Une première avec les sondes en
l’air, c’est-à-dire non connectées au circuit. Dans ce cas, l’intégralité de la puissance est
réfléchie et la puissance mesurée représente la puissance d’entrée réduite par les pertes du
système complet avec un coefficient de couplage (Pref_KCO). Pour la seconde mesure, les sondes
sont posées sur le DUT et une nouvelle puissance réfléchie mesurée par le puissance-mètre
(Pref_KDUT) est obtenue. La différence entre les deux puissances mesurées (avec et sans
connexion du DUT) permet de déterminer la puissance absorbée (Pabs en W) par le DUT (4-2).
112
Chapitre 4 : Conception, test et comparaison de redresseurs Dickson en technologies FDSOI 28 nm
et BiCMOS 55 nm
___________________________________________________________________________
En sortie, un multimètre KEITHLEY 2000E a été utilisé pour mesurer la tension continue VC2.
La Figure 4-12 représente la tension de sortie à vide pour un redresseur à un étage en fonction
de la puissance absorbée.
10000
1000
Tension de sortie (mV)
100
10
1
-40 -30 -20 -10
Puissance absorbée (dBm)
Figure 4-12 : Mesure de la tension de sortie VC2 en fonction de la puissance absorbée Pabs
Des séries de mesures avec une résistance de charge Rload (placée en parallèles avec la capacité
C2) ont également été réalisées en utilisant ce montage.
113
Chapitre 4 : Conception, test et comparaison de redresseurs Dickson en technologies FDSOI 28 nm
et BiCMOS 55 nm
___________________________________________________________________________
L’utilisation d’un autre montage expérimental s’est donc avéré indispensable afin d’avoir une
information précise sur la variation de la puissance absorbée en fonction de Rload et de la
puissance d’entrée. Ce nouveau montage, ainsi que la méthode d’estimation du rendement de
conversion sont décrits dans la partie suivante.
Pour avoir des mesures plus précises de la puissance absorbée, un second montage basé sur un
VNA et non plus sur un puissance-mètre a été réalisé (Figure 4-13). La méthode consiste à
mesurer les paramètres S11 pour différentes puissances d’entrée à l’aide un VNA. De plus, pour
chaque valeur de puissance incidente, une variation de la résistance de charge a été faite.
Afin de connaitre la puissance absorbée par le redresseur, le module du paramètre S11 noté |S11|
et sa phase représentée par φ (|S11| ∠ φ) sont récupérés pour chaque puissance et chaque
résistance de charge.
114
Chapitre 4 : Conception, test et comparaison de redresseurs Dickson en technologies FDSOI 28 nm
et BiCMOS 55 nm
___________________________________________________________________________
Pour une puissance de consigne dans la charge (ou dans le DUT) (Pg), et en respectant
l’hypothèse de l’adaptation d’impédance à 50 Ω, le VNA fourni donc une puissance double
pour compenser les pertes dans sa résistance interne (Rg). Prenons un DUT d’impédance égale
à Rg, si la puissance demandée est de 0 dBm, le VNA impose une tension à sa sortie de manière
à assurer que le DUT reçoit 0 dBm. Pour garantir cette puissance de 0 dBm, il faut prendre en
considération la puissance consommée par Rg, et donc une puissance double, soit + 3 dBm doit
être fourni par le générateur interne du VNA.
Figure 4-14 : Illustration de la puissance générée par le VNA et de la puissance absorbé par
un DUT désadapté en impédance
En calculant𝑉𝑔,𝑒𝑓𝑓 , le courant du générateur 𝐼𝑔 est calculé par l’équation (4-4). Ce courant est
complexe vu du fait que le DUT présente une impédance complexe avec une partie résistive
(réelle Res) et une autre partie capacitive (imaginaire Ims) en série avec l’impédance interne du
générateur Rg.
𝑉𝑔,𝑒𝑓𝑓 (4-4)
𝐼𝑔 =
𝑅𝑔 + 𝑅𝑒𝑠 + 𝑗. 𝐼𝑚𝑠
Les parties réelles et imaginaires de l’impédance d’entrée du redresseur (𝑍𝑟 ) sont calculées à
partir du paramètre S11 comme suit :
1+𝜌 (4-5)
𝑍𝑟 =
1−𝜌
𝜌 = |𝑆11 |∠ 𝜑 (4-6)
115
Chapitre 4 : Conception, test et comparaison de redresseurs Dickson en technologies FDSOI 28 nm
et BiCMOS 55 nm
___________________________________________________________________________
1 − 𝑅𝜌 2 − 𝑋𝜌 2 (4-7)
𝑅𝑒𝑠 = 2 2
(1 − 𝑅𝜌 ) + 𝑋𝜌
2. 𝑋𝜌 (4-8)
Ims = 2 2
(1 − 𝑅𝜌 ) + 𝑋𝜌
𝑅𝜌 = |S11 |. cos(φ) (4-9)
Finalement, la puissance absorbée par le DUT est la partie réelle du produit de la tension
obtenue à l’entrée du DUT (𝑉𝑖𝑛,𝑒𝑓𝑓 ) par le conjugué du courant (𝐼 ∗𝑔 ) (4-11) (4-12).
La Figure 4-15 représente la valeur du PCE d’un redresseur Dickson à un étage avec une
polarisation dynamique de la grille arrière. A -6 dBm de puissance absorbée, la valeur du PCE
maximale obtenue est de 31 % avec une résistance de charge de 4 kΩ.
Le lieu des maximas des PCE en fonction de la puissance d’entrée (pour différentes valeurs de
la résistance de charge) sont représentés sur la Figure 4-16. Une valeur de PCE maximale de
45 % est obtenue avec une puissance absorbée de 1 dBm. Lorsque la puissance absorbée
augmente, la tension présente à l’entrée du redresseur est aussi plus grande. L’augmentation de
116
Chapitre 4 : Conception, test et comparaison de redresseurs Dickson en technologies FDSOI 28 nm
et BiCMOS 55 nm
___________________________________________________________________________
la tension à l’entrée du redresseur conduit à des rendements plus grands vu que l’influence de
la tension de seuil devient de plus en plus faible en relatif.
Figure 4-16 : Maximums des PCE mesurés en fonction de Pabs pour un redresseur à un étage
Dans cette partie, une comparaison entre les caractéristiques statiques des transistors montés en
diode et réalisés en technologie FDSOI 28 nm et en technologie BiCMOS 55 nm est présentée.
Les dimensions des transistors sont choisies dans un premier temps pour avoir une faible
résistance série, dans un second temps une méthode de conception optimisée à pu être mise au
point et a été décrite dans le chapitre précédent. Une seconde vague de circuits a été conçu et
leur retour de réalsation est encore en attente. Toutefois ces premiers circuits redresseur à un et
deux étages sont pu etre réalisés dans les deux technologies. Ce qui nous permet de présenter
les résultats de mesures de la comparaison de leurs performances.
117
Chapitre 4 : Conception, test et comparaison de redresseurs Dickson en technologies FDSOI 28 nm
et BiCMOS 55 nm
___________________________________________________________________________
Figure 4-17 : Caractéristiques statiques (I-V) mesurées pour des transistors réalisés en
FDSOI et BiCMOS
Un second jeu de paramètres pour les transistors BiCMOS a également été testé celui qui
conduit au même W/Len que celui mis en œuvre dans les transistors FD-SOI
118
Chapitre 4 : Conception, test et comparaison de redresseurs Dickson en technologies FDSOI 28 nm
et BiCMOS 55 nm
___________________________________________________________________________
Figure 4-18 : Comparaison des tensions de sortie mesurées à vide pour deux étages d’un
redresseur Dickson en technologie FDSOI et BiCMOS
La Figure 4-19 représente la PCE en fonction de la résistance de charge d’un redresseur à deux
étages. À -6 dBm, le maximum de la valeur du PCE obtenue en technologie FDSOI est de 23 %
avec une RLoad de 10 kΩ. De plus, la valeur du PCE obtenu en technologie BiCMOS est de
18,1 % pour le même RLoad et la même puissance. En outre, la valeur du PCE obtenue avec la
technologie FDSOI est plus grande que celle obtenue avec la technologie BiCMOS pour les
différentes résistances de charge.
Figure 4-19 : Comparaison des PCE mesurés obtenues en FDSOI et BiCMOS en fonction de
RLoad
119
Chapitre 4 : Conception, test et comparaison de redresseurs Dickson en technologies FDSOI 28 nm
et BiCMOS 55 nm
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La Figure 4-20 représente le maximum des PCE obtenues en fonction de la puissance d’entrée
pour les deux technologies. Les PCE maximales mesurées pour la technologie FDSOI sont plus
grandes que celles obtenues pour la technologie BiCMOS pour la totalité de la plage de
variation de la puissance d’entrée. La valeur PCE maximale obtenue est de 44 % pour une
puissance de 3 dBm contre une valeur PCE de 37 % à 2 dBm en BiCMOS.
Figure 4-20 : Maximums des PCE mesurésen fonction de Pabs des redresseurs en FDSOI et
BiCMOS
4.6 Conclusion
Dans ce chapitre, nous avons dans un premier temps justifié le choix d’un transistor parmi les
quatre proposée par la technologie FDSOI. Une comparaison entre les deux types des transistors
NLVT et NRVT a été réalisée. Cette comparaison a aboutie à démontrer que parmi les
paramètres qui réduisent les performances, la tension de seuil est le paramètre le plus critique
et c’est pour cette raison que le transistor NLVT a été privilégié et choisi pour les designs
ultérieurs.
D’autre part, une polarisation dynamique de la grille arrière pour les redresseurs réalisés en
technologie FDSOI a été étudiée et réalisée. Cette polarisation dynamique permet d’augmenter
des tensions de sortie d’environ 7% par rapport aux autres types de polarisation. En outre, elle
représente une simplicité de réalisation par comparaison à une polarisation statique autre que
nulle.
Par ailleurs, une comparaison entre une technologie classique (BiCMOS) et une technologie
plus innovante (FDSOI) est présentée. Encore une fois, les caractéristiques statiques démontrent
120
Chapitre 4 : Conception, test et comparaison de redresseurs Dickson en technologies FDSOI 28 nm
et BiCMOS 55 nm
___________________________________________________________________________
que le transistor NLVT de la technologie FDSOI présente une tension de seuil plus petite que
celle du transistor de la BiCMOS. Cela laisse augurer de meilleures performances sur les
convertisseurs RF-DC qui seront conçu à l’aide de cette technologie FDSOI.
Dans un second temps, à l’aide de mesures sous pointes sur une première vague de redresseurs
réalisés, l’efficacité de conversion nommé PCE a pu être déterminée pour différentes charges
Rload et différentes puissances d’entrée.
Comme les caractéristiques statiques l’avaient laissé présager, dans toutes les conditions de
fonctionnement la valeur du PCE obtenue avec les redresseurs en technologie FDSOI surpasse
celle des redresseurs en technologie BiCMOS.
La Figure 4-21 permet de situer ce travail est par rapport à l’état de l’art. Les étoiles en rouges
représentent les mesures des redresseurs réalisés en FDSOI, optimisés d’une manière à avoir
une faible résistance série. Ces résultats sont obtenus en réalisant un bilan de puissance afin
d’estimer la puissance absorbée par les redresseurs à une fréquence de 2,4 GHz. Un circuit
d’adaptation d’impédance permet d’assurer plus de sensibilité. Ce qui signifie que des PCE
plus grandes seront obtenues avec des puissances d’entrée plus faibles. De plus, les étoiles en
vert représentent les résultats de simulation à partir de la méthodologie de conception présentée
dans le chapitre 3. La méthode de conception et les résultats obtenus, démontrent que les circuits
conçus et testés sont à l’état de l’art.
Figure 4-21 : Résultats obtenus par rapport à l’état de l’art à 2,4 GHz.
121
Conclusion générale
__________________________________________________________________________________
Conclusion générale :
Au cours de la dernière décennie, l’apparition de réseaux de capteurs sans fil (WSN) a
considérablement modifiée la façon de surveiller et de contrôler de nombreux paramètres
environnementaux et physiques. Ils ont déjà démontré leur efficacité dans de nombreux
domaines, comme la surveillance de la santé, de l’environnement, etc… . Ces capteurs sont
caractérisés par leur faible consommation énergétique. De plus, une antenne est utilisée par ces
systèmes afin de transmettre les données mesurées. Grâce à la présence d’une antenne
conjuguée à l’avantage de la réduction de la consommation énergétique des systèmes
électroniques, une récupération d’énergie RF peut être envisagée. Cette méthode permet
d’obtenir un système avec une durée de vie allongée, un système qui peut tendre vers une
autonomie énergétique.
Le travail présenté dans ce mémoire porte sur la conception des circuits intégrés en technologie
SOI et Bulk pour la récupération d’énergie électromagnétique. La récupération d’énergie
électromagnétique consiste à convertir les ondes radiofréquences captées par une antenne en
une tension continue afin de supporter l’alimentation ou d’alimenter un système à basse
consommation.
Nous avons tout d’abord présenté les différents types d’énergies ambiantes ainsi que leurs
avantages et inconvénients de chaque type. Le choix de la récupération d’énergie RF est
argumenté par son omniprésence dans notre environnement et par la forte efficacité de
conversion RF-DC malgré la faible densité de puissance. Les différentes topologies des
redresseurs-multiplieurs de tensions utilisées sont présentées et analysées et notre choix s’est
porté sur l’utilisation d’un multiplieur du type Dickson. D’après l’état de l’art, l’efficacité de
conversion obtenue avec des diodes en technologie intégrée est plus importante que celle
obtenue avec des diodes Schottky discrète.
Les technologies microélectroniques utilisées pour la réalisation des diodes (transistors montés
en diodes) sont exposées. Les problèmes rencontrés avec les transistors réalisés en technologie
silicium sur substrat massif sont présentés. Plusieurs améliorations sont réalisées au niveau du
transistor afin d’améliorer les performances mais cela entraine une complexité accrue du
processus de fabrication conduisant à une augmentation du cout des circuits. Les technologies
SOI sont utilisées pour résoudre la majorité des problèmes rencontrés avec la technologie Bulk.
122
Conclusion générale
__________________________________________________________________________________
Plusieurs générations des transistors en technologie SOI ont été réalisées dont la plus importante
est la FDSOI.
Des mesures sous pointe des transistors montés en « diodes » fabriqués en BiCMOS 55 nm et
FDSOI 28 nm sont réalisées. De plus, l’effet de la polarisation de la grille arrière, sur la non-
linéarité et les fuites des diodes en FDSOI est présenté.
En outre, une étude approfondie sur la réalisation d’une diode Schottky intégrée en technologie
FDSOI 28 nm a été proposée sans ajouter d’étapes sur le processus de fabrication. Toutefois
cette diode n’est pas pu être fabriquée car réalisation d’un contact métal avec une région
faiblement dopée, assurant un contact Schottky, n’est pas bien maitrisée, et risquait entrainer
une pollution des autres circuits disponibles sur le même wafer.
Une méthode d’optimisation selon un cahier des charges est ensuite présentée. Ce cahier des
charges représente les différents paramètres de fonctionnement : la fréquence de l’onde
électromagnétique, la puissance d’entrée, la tension de sortie nécessaire pour alimenter un
circuit, et l’impédance d’entrée du circuit à alimenter. Cette optimisation est divisée en deux
parties : la première qui consiste à déterminer le nombre d’étages à utiliser en fonction de la
tension de sortie désiré ; la seconde partie qui consiste à optimiser les paramètres géométriques
du redresseur principalement les dimensions des transistors. De plus, une optimisation de
l’impédance de l’antenne augmente l’efficacité du circuit. Finalement, une comparaison entre
deux technologies la FDSOI 28 nm et BiCMOS 55 nm est réalisée. La même méthode
d’optimisation est utilisée pour les deux technologies. La polarisation de la grille arrière des
transistors de la FDSOI est placée à un potentiel nul (reliée à la masse). De même pour les
substrats des transistors de la BiCMOS. Le redresseur optimisé en utilisant la technologie
FDSOI présente une efficacité de conversion de puissance de 72,8 %, valeur qui est 20 % plus
importante que celle obtenue avec un redresseur réalisé en technologie BiCMOS (pour un
redresseur à un étage avec une puissance de -20 dBm et une résistance de charge de 600 kΩ).
Afin de valider la méthode d’optimisation, 14 dispositifs ont été conçus, optimisés et envoyés
en fabrication.
Pour les circuits réalisés et testés en technologie FDSOI, les transistors du type NLVT sont
ceux qui présentent le meilleur compromis (tension de seuil-courants de fuite). De plus, une
polarisation dynamique de la grille arrière pour les redresseurs en FDSOI a été mise en œuvre.
Cette polarisation dynamique permet d’augmenter des tensions de sortie d’environ 7 % par
123
Conclusion générale
__________________________________________________________________________________
rapport aux autres types de polarisation. D’autre part, une comparaison entre la BiCMOS 55
nm et la FDSOI 28 nm est présentée. Les caractéristiques statiques montrent que le transistor
NLVT de la technologie FDSOI présente une tension de seuil qui est la plus petite par apport à
celle du transistor de la BiCMOS. Des comparaisons entre des redresseurs conçus dans ces deux
technologies sont explorées. Le critère d’optimisation est de dimensionner les transistors d’une
manière à avoir une faible résistance série pour assurer la différence de potentiel la plus faibles
possible aux bornes des diodes. Dans l’intégralité des cas, le PCE obtenue avec la technologie
FDSOI est plus grande que celle obtenue dans les mêmes conditions avec la BiCMOS.
124
Perspectives :
Ces travaux ouvrent sur plusieurs perspectives que ce soit au niveau des améliorations à
apporter à la conception des redresseurs, ou bien des études qui pourraient faire suite.
Dans un premier temps, une fabrication des circuits d’adaptation d’impédance pour les premiers
redresseurs (optimisés sur le critère d’une faible résistance série) permettra d’augmenter la
sensibilité. De plus, l’association d’une antenne à ces redresseurs en co-design avec le choix
d’une impédance idoine est importante.
Un redresseur, parmi les 14 circuits conçu, nécessite une antenne de 200 Ω. Les dispositifs
d’adaptation d’impédance doivent donc présenter des pertes les plus faibles possibles afin de
transmettre la puissance maximale aux redresseurs. Ils peuvent être réalisés soit avec des lignes
associées à des stubs, soit avec des composants discrets, ou mixtes. Après avoir réalisé l’antenne
avec le circuit d’adaptation d’impédance, un système complet peut être réalisé, par exemple
pour alimenter un microcontrôleur.
En ce qui concerne les améliorations à apporter à la conception, une étude sur la polarisation
dynamique de la deuxième diode (active sur redressement de la partie négative) permettrait
aussi d’augmenter le PCE. Cette polarisation doit être faite en opposition de phase par rapport
au signal RF. Une antenne différentielle peut être utilisée dans ce cas afin d’obtenir le signal
opposé. En outre, dans notre étude, les transistors et les capacités des N étages sont restés
identiques d’un étage à l’autre. Il sera intéressant de faire une étude sur le redimensionnement
des transistors et des capacités de chaque étage afin de voir l’impact sur l’efficacité de
conversion de l’optimisation des transistors étage par étage qui conduira à avoir des transistors
et des condensateurs de dimensions différentes d’un étage à l’autre, en augmentant par exemple
la largeur W en passant d’un étage à un autre supérieur.
Pour conclure, la technologie FDSOI 28 nm offre de bonnes opportunités comme l’ont montré
les résultats de mesures pour les applications faibles puissance. Par ailleurs, le degré de liberté
supplémentaire offert par la polarisation « Back Gate » permet d’explorer de nouvelle piste sur
l’ajustement des paramètres des composants non-linéaires en statique voire en dynamique.
125
Annexe A
__________________________________________________________________________________
Annexe A
1.1 Travail de sortie
Le travail de sortie du métal est l’énergie qu’il faut fournir à un électron situé au niveau de
Fermi (𝐸𝐹 ) pour qu’il quitte l’influence de ce métal et se retrouve dans le vide sans énergie
cinétique [1] (Figure 0-1). Le travail de sortie d’un métal est représenté par :
e∅m = NV − EF (0-1)
De même pour les semi-conducteurs, le travail de sortie 𝑒∅𝑠 est défini par l’énergie à fournir à
un électron du semi-conducteur pour qu’il passe du niveau de Fermi au niveau du vide (NV)
sans énergie cinétique. Cependant, la position du niveau de Fermi d’un semi-conducteur dépend
du dopage donc 𝑒∅𝑠 n’est pas constant.
La largeur de bande interdite (eg) est définie par la différence d’énergie entre la bande de valence
(𝐸𝑉 ) et la bande de conduction d’un semi-conducteur. Pour un semi-conducteur non dopé
(intrinsèque), le niveau de Fermi initiale (𝐸𝐹𝑖 ) est situé au milieu de la bande d’énergie interdite
eg. Si le semi-conducteur est dopé N par exemple, son comportement se rapproche de celui d’un
conducteur, et le niveau de Fermi (𝐸𝐹 ) s’approche de la bande de conduction 𝐸𝐶 comme le
montre la Figure 0-2. D’autre part, la largeur de la bande reste inchangée.
126
Annexe A
__________________________________________________________________________________
Le niveau de l’électron dans le vide NV est considéré comme niveau de référence. Après contact
entre le métal et le semi-conducteur, une barrière d’énergie s’établit à l’interface métal–semi-
conducteur et aucun échange d’électrons ne se fait entre les matériaux puisque le niveau de
Fermi n’a pas été modifié. Ce système est donc en régime de bandes plates (Figure 0-3).
127
Annexe A
__________________________________________________________________________________
Figure 0-3 : Diagramme d’énergie avant (à gauche) et après (à droite) le contact métal–
semi-conducteur
Cas2 : ∅𝒎 > ∅𝒔
Une fois les deux matériaux mis en contact, les deux niveaux de Fermi vont s’aligner. Comme
le travail de sortie du métal est supérieur à celui du semi-conducteur, le niveau de Fermi du
semi-conducteur va diminuer pour être aligné sur celui du métal et des électrons migrent du
semi-conducteur vers le métal. Dans le cas où le semi-conducteur est dopé N, une zone
dépourvue de porteur libre dite « zone de charge d’espace » (ZCE) se crée dans le semi-
conducteur. La valeur de la bande de conduction augmente (s’éloigne du niveau de Fermi) plus
on se rapproche de l’interface puisqu’il y a moins de porteurs, d’où la courbure des bandes qui
est orientée vers le haut du côté du semi-conducteur(Figure 0-4).
Figure 0-4 : diagramme d’énergie avant (à gauche) et après (à droite) le contact métal–semi-
conducteur
Si le métal est polarisé positivement par rapport au semi-conducteur (Figure 0-5), les niveaux
des bandes d’énergie du semi-conducteur s’élève et la courbure dans le semi-conducteur au
niveau de la jonction va diminuer. Alors la barrière semi-conducteur métal diminue alors
que la barrière métal semi-conducteur reste inchangée. Les électrons passent du semi-
conducteur vers le métal et créent un courant dans le sens inverse [2].
128
Annexe A
__________________________________________________________________________________
Si le métal est polarisé negativement par rapport au semi-conducteur (Figure 0-6), le niveau des
bandes d’énergie du semi-conducteur est abaissé ce qui augmente la hauteur de la barrière qui
va s’opposer au passage des électrons. Cette structure est donc polarisée en inverse.
Cas3 : ∅𝒎 < ∅𝒔 :
Vu que le travail de sortie du métal est inférieur au travail de sortie du semi-conducteur, les
niveaux de Fermi doivent s’aligner lorsque les deux matériaux sont mis en contact. Dans le cas
où le semi-conducteur est dopé N, une courbure vers le bas des bandes de conduction et de
valence est obtenue (Figure 0-7).
129
Annexe A
__________________________________________________________________________________
Figure 0-7 : Diagramme d’énergie avant (à gauche) et après (à droite) le contact métal–
semi-conducteur
Lorsqu’une tension positive est appliquée au niveau du métal, les électrons peuvent se déplacer
facilement à partir du semi-conducteur vers le métal car il n’y a pas de barrière formée. Mais si
une tension positive est appliquée au semi-conducteur, il y a une très faible barrière et les
électrons peuvent facilement passer du métal vers le semi-conducteur. Ainsi tout électron qui
arrive à l’interface passe librement dans le métal et vice-versa. C’est un contact ohmique [3].
Dans la suite, une explication detaillée des deux types de contacts (ohmique et Schottky) est
pésentée.
La fabrication des diodes à barrière Schottky, peut-être réalisée par deux méthodes. Il peut
s’agir d’une structure classique réalisée uniquement par le placement du contact métallique
directement sur le semi-conducteur [4] [5] [8] [10] [12], ou par l’utilisation d’une couche de
« salicidation » (Ce procédé consiste à déposer une mince couche de métal de transition sur des
dispositifs semi-conducteurs) entre le métal et le semi-conducteur [6][7] [11][12]. Notons que
lors de l’utilisation de la couche de « salicidation », le contact Schottky ne dépend plus du
métal, il dépend des caractéristiques physiques de la couche de « salicidation » (ex salicidation
CoSi2 avec du silicium 0.52 ev) [6]. Bien que les contacts salicidés puissent également former
des jonctions Schottky, leur tension de seuil est légèrement plus élevée que celle des diodes
Schottky sans le procédé salicide [10].
130
Annexe A
__________________________________________________________________________________
La salicidation au niveau de l’anode et de la cathode doit été séparée pour ne pas avoir un court-
circuit. Elle peut être séparée soit par (i) la réalisation d’isolateurs (STI : Shallow Trench
Isolator). Dans ce cas, les diodes Schottky sont équipées d'un anneau de garde p+ juste à côté
du STI afin de limiter l'effet des STI sur le courant de fuite inverse à proximité de la jonction
Silicide-Si [13]. Une élimination de l’anneau de garde p+ est possible. Cette modification se
traduit par l’augmentation de la densité de courant mais d’autre part par la diminution de la
tension de claquage et par une légère augmentation du courant de fuite [6][8] ; (ii) ou par la
réalisation du contact Schottky entre deux grilles flottantes [11] [16]. Cette technique permet
d’augmenter la fréquence de coupure jusqu’à 2 THz tandis que celle de la première méthode
avec les STI est de 600 GHz ; (iii) ou encore en utilisant le masque de blocage de salicidation.
Ce masque permet soit de réaliser des contacts salicidés et d’utiliser le blocage de salicidation
entre l’anode et la cathode soit en réalisant un contact métallique direct au-dessus du silicium
faiblement dopé (anode) en utilisant le masque de blocage de salicidation à ce niveau.
131
Annexe A
__________________________________________________________________________________
Références
132
Annexe A
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[13] S. Wane, R. van Heijster and S. Bardy, “Integration of Antenna-on-Chip and signal
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Annexe A
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Publications
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