2024 Corriges
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Banque d’Épreuves des Concours des Écoles d’Actuariat et Statistique
Épreuve de mathématiques
Éléments de correction
Exercice 1. Probabilités
Question 1. (a)
Soient X et Y deux variables aléatoires définies sur (Ω, A , P ), à valeurs dans N et indépendantes. Déterminer la
loi de X + Y en fonction de celles de X et Y , et en déduire une relation entre G X +Y , G X et G Y .
Solution
1. Détermination de la loi de X + Y
X et Y sont deux variables aléatoires indépendantes. Pour une valeur donnée k, la probabilité que X +Y = k est
donnée par :
k
X
P (X + Y = k) = P (X = n)P (Y = k − n).
n=0
Cela découle de l’indépendance des deux variables et de la formule des probabilités totales.
G X +Y (t ) = G X (t ) · G Y (t ).
Question 1. (b)
Généraliser le résultat précédent à la somme de n variables aléatoires mutuellement indépendantes.
Solution
1. Détermination de la loi de la somme S n = X 1 + X 2 + · · · + X n
Cela découle de l’indépendance mutuelle des variables aléatoires et de la formule des probabilités totales appliquée
récursivement.
G S n (t ) = G X 1 (t ) · G X 2 (t ) · · · · · G X n (t ).
En particulier, si toutes les variables aléatoires X i (i = 1, 2, . . . , n) ont la même loi (i.e., X 1 ∼ X 2 ∼ · · · ∼ X n ), avec une
fonction génératrice commune G X (t ), alors :
G S n (t ) = [G X (t )]n .
Question 2. (a)
Soit U la loi uniforme sur {2, . . . , 12}. Déterminer sa fonction génératrice GU (t ) et déterminer toutes les racines
réelles de GU (t ) ainsi que leur multiplicité.
Solution
1. Détermination de la fonction génératrice GU (t )
La loi U est uniforme sur l’ensemble {2, 3, . . . , 12}. Cela signifie que chaque valeur k dans cet ensemble a une
probabilité égale à :
1
P (U = k) = pour k = 2, 3, . . . , 12.
11
Par définition, la fonction génératrice GU (t ) est donnée par :
12
P (U = k)t k .
X
GU (t ) =
k=2
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1
En substituant P (U = k) = 11 , on obtient :
1 X12
GU (t ) = tk.
11 k=2
Cette somme est une somme partielle d’une série géométrique. En factorisant t 2 , on obtient :
10
1 2X
GU (t ) = t tk.
11 k=0
P10
La somme k=0
t k est une somme géométrique dont la formule est :
n 1 − t n+1
tk =
X
, pour t ̸= 1.
k=0 1−t
10 1 − t 11
tk =
X
.
k=0 1−t
1 t 2 (1 − t 11 )
GU (t ) = · , pour t ̸= 1.
11 1−t
Les racines de GU (t ) sont les valeurs de t qui annulent le numérateur t 2 (1 − t 11 ), à l’exception de celles qui
annuleraient le dénominateur 1 − t .
1. Racines provenant de t 2 :
t2 = 0 ⇒ t = 0 (racine double).
2. Racines provenant de 1 − t 11 :
1 − t 11 = 0 ⇒ t 11 = 1.
Les racines sont donc les 11-èmes racines de l’unité :
t = e 2i πk/11 , k = 0, 1, . . . , 10.
3. Racine provenant de 1 − t :
1−t = 0 ⇒ t = 1.
Cependant, cette racine est annulée par la simplification du dénominateur.
Question 2. (b)
Supposons que l’on ait un dé à 6 faces tel que la probabilité d’apparition de la face i ∈ {1, . . . , 6} soit égale à p i ,
avec p i ∈]0, 1[. Soit X la variable aléatoire associée à l’apparition d’une face. Montrer que G X admet une racine non
nulle.
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Solution
1. Définition de la fonction génératrice G X (t )
La variable aléatoire X prend ses valeurs dans {1, 2, 3, 4, 5, 6}, avec des probabilités associées P (X = i ) = p i . La
fonction génératrice G X (t ) est donnée par :
6
pi t i .
X
G X (t ) =
i =1
G X (t ) = p 1 t + p 2 t 2 + p 3 t 3 + p 4 t 4 + p 5 t 5 + p 6 t 6 ,
où les coefficients p i sont strictement positifs (p i > 0) car p i ∈]0, 1[ pour tout i ∈ {1, . . . , 6}.
Le polynôme G X (t ) est défini sur R, mais il peut être considéré comme un polynôme sur C, le corps des nombres
complexes. Tout polynôme non constant de degré n a exactement n racines complexes (comptées avec multipli-
cité). Les racines de G X (t ) peuvent être :
• complexes non réelles (apparaissant par paires conjuguées si les coefficients du polynôme sont réels).
Étant donné que G X (t ) est de degré 6, il a précisément 6 racines complexes. Parmi elles :
Le polynôme G X (t ) satisfait les conditions suivantes : G X (t ) ≥ 0 pour t ≥ 0, et G ′X (0) = p 1 > 0 et limt →−∞ G X (t ) =
+∞. Au voisinahe de 0, G X (t ) devient négative pour t < 0. Il est clair que G X (t ) = 0 pour au moins un t < 0, et ainsi,
G X (t ) admet au moins une racine non nulle.
Question 2. (c)
On veut montrer qu’il n’est pas possible de construire un dé faussé à 6 faces (numérotées de 1 à 6) tel que si on
le lance deux fois, la somme des deux résultats obtenus suive une loi uniforme sur {2, 3, 4, . . . , 12}.
Solution
Synthèse des réponses aux questions 2.(a) et 2.(b)
1. Fonction génératrice de la loi uniforme U (Question 2.(a)) La fonction génératrice de la loi uniforme U sur
{2, 3, . . . , 12} est donnée par :
1 t 2 (1 − t 11 )
GU (t ) = · .
11 1−t
Les racines réelles de GU (t ) sont : t = 0 avec une multiplicité de 2.
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G X (t ) = p 1 t + p 2 t 2 + p 3 t 3 + p 4 t 4 + p 5 t 5 + p 6 t 6 ,
P6
où p i > 0 pour i = 1, . . . , 6, et i =1 p i = 1.
Nous avons démontré que G X (t ) admet au moins une racine non nulle.
Si un dé faussé à 6 faces pouvait générer une loi uniforme U sur {2, 3, . . . , 12} par la somme de deux lancers, alors
la fonction génératrice GU (t ) de cette loi uniforme serait donnée par le carré de la fonction génératrice du dé :
GU (t ) = [G X (t )]2 .
• Cela implique que [G X (t )]2 admet également des racines non nulles réelles, mais avec des multiplicités dou-
blées.
2. Incompatibilité avec GU (t ) :
Conclusion
Il est impossible de construire un dé à 6 faces avec des probabilités p i > 0 pour lesquelles la somme de deux
lancers suit une loi uniforme sur {2, 3, . . . , 12}. La structure des fonctions génératrices G X (t ) et GU (t ) est incompa-
tible.
Question 3. (a)
Préciser la fonction caractéristique de N , où N est une variable aléatoire suivant une loi de Poisson de paramètre
λ > 0.
Solution
Définition de la fonction caractéristique
φN (t ) = E[e i t N ],
où t ∈ R.
La variable N suit une loi de Poisson de paramètre λ > 0. La probabilité qu’elle prenne la valeur k est donnée
par :
λk e −λ
P (N = k) = , k = 0, 1, 2, . . .
k!
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∞ (λe i t )k
φN (t ) = e −λ
X
.
k=0 k!
zk
est le développement en série de Taylor de e z . En utilisant cette propriété, on a :
P∞
La série k=0 k!
it
φN (t ) = e −λ e λe .
Question 3. (b)
Déterminer la fonction caractéristique de Y , où Y est la variable aléatoire correspondant au nombre de produits
vendus par jour. Montrer que Y suit une loi de Poisson dont on précisera le paramètre.
Solution
Modèle pour Y
• N , le nombre de clients par jour, suit une loi de Poisson de paramètre λ > 0.
• Chaque client achète un produit avec une probabilité p ∈ [0, 1], et ces décisions sont indépendantes entre les
clients.
La variable Y (le nombre total de produits vendus par jour) est alors la somme de N variables indicatrices
indépendantes :
N
X
Y = Zi ,
i =1
Fonction caractéristique de Y
φY (t ) = E[e i t Y ].
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Étape 1 : Conditionnement sur N En conditionnant sur N = n, Y est la somme de n variables indicatrices indé-
pendantes :
∞
φY (t ) = P (N = n)E[e i t Y | N = n].
X
n=0
Pn
Si N = n, alors Y = i =1 Zi , où chaque Zi est indépendante. On a :
E[e i t Y | N = n] = E[e i t Z1 ]n ,
E[e i t Zi ] = (1 − p) + pe i t .
Donc :
E[e i t Y | N = n] = [(1 − p) + pe i t ]n .
Étape 2 : Expression non conditionnée La probabilité P (N = n) pour N suivant une loi de Poisson est donnée
par :
λn e −λ
P (N = n) = .
n!
En substituant :
∞ λn e −λ
φY (t ) = [(1 − p) + pe i t ]n .
X
n=0 n!
Regroupons les termes :
∞ [λ((1 − p) + pe i t )]n
φY (t ) = e −λ
X
.
n=0 n!
zn
= e z , donc :
P∞
La série n=0 n!
it
φY (t ) = e −λ e λ((1−p)+pe ) .
Simplifions :
it
φY (t ) = e λ(−1+(1−p)+pe ) .
Finalement, on obtient :
i t −1))
φY (t ) = e λ(p(e .
Loi de Y
La fonction caractéristique obtenue est celle d’une loi de Poisson avec paramètre λY = λp. Par conséquent :
Y ∼ Poisson(λp).
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Partie 1 - Question 1
Montrer que pour tout n ≥ 1, on a l’inégalité H2n − Hn ≥ 12 , et utiliser cette inégalité pour montrer que la série
harmonique n≥1 n1 diverge.
P
Solution
1
1. Montrons que H2n − Hn ≥ 2
Définition des termes La somme partielle Hn de la série harmonique est définie comme :
Xn 1 X2n 1
Hn = , H2n = .
k=1 k k=1 k
P2n 1
Minoration de la somme Dans la somme k=n+1 k
, tous les k sont compris entre n + 1 et 2n. Ainsi :
1 1
≥ , pour tout k ∈ {n + 1, n + 2, . . . , 2n}.
k 2n
P2n 1
Il y a n termes dans la somme k=n+1 k
. Par conséquent :
X2n 1 1
≥n· .
k=n+1 k 2n
En simplifiant :
X2n 1 1
≥ .
k=n+1 k 2
Ainsi, on a montré que :
1
H2n − Hn ≥ .
2
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Solution
Analyse de l’expression
Développement en série de ln(1+x) Pour |x| < 1, la fonction logarithme naturel ln(1+x) admet le développement
en série suivant :
x2 x3
ln(1 + x) = x − + −··· .
2 3
En tronquant après le premier terme, nous obtenons une approximation : ln(1 + x) ≈ x. L’erreur d’approximation
est donnée par :
x2 x3
R(x) = ln(1 + x) − x = − + −··· .
2 3
1
Application avec x = n En remplaçant x par n1 , on obtient :
µ ¶
1 1 1 1
ln 1 + − = − 2 + 3 −··· .
n n 2n 3n
³ ´
L’ordre dominant de l’erreur est donc O n12 .
Majoration de l’erreur
Pour majorer l’erreur, utilisons une borne supérieure sur la série restante. Le reste R(x) peut être écrit comme :
X∞ (−1)k+1 x k
R(x) = ln(1 + x) − x = .
k=2 k
Comme n k−2 = e (k−2) ln(n) ≥ e (k−2) ln(2) , pour n ≥ 2, on en déduite que la série 1/(kn k−2 ) est convergente. On
P∞
k=2
peut donc écrire : ¯ µ ¯
¯ln 1 + 1 − 1 ¯ ≤ C ,
¶
¯ ¯
¯ n n ¯ n2
où C est une constante positive .
Remarque : On pourra aussi utiliser la formule de Taylor-Lagrange à la fonction x 7→ ln(1 + x) sur l’intervalle
[0, 1/n].
Hn = ln n + γ + o(1) quand n → ∞.
Solution
1. Convergence de la série
Expression de la différence dans la somme La différence dans la somme est donnée par :
n +1
µ ¶ µ ¶
1
ln = ln 1 + .
n n
Donc, la série devient :
n +1
µ µ ¶ ¶ µ µ ¶ ¶
X 1 X 1 1
ln − = ln 1 + − .
n≥1 n n n≥1 n n
Majoration des termes de la série D’après la question 2.(a), nous savons que :
¯ µ ¯
¯ln 1 + 1 − 1 ¯ ≤ C ,
¶
¯ ¯
¯ n n ¯ n2
où C > 0 est une constante.
C
Ainsi, les termes de la série sont majorés en valeur absolue par n2
.
Convergence de la série La série n≥1 nC2 est une série de type p-série avec p = 2 > 1, qui converge. Par le critère
P
2. Approximation asymptotique de Hn
On peut la décomposer en :
Xn µ1 µ
k +1
¶¶
Hn = ln(n + 1) + − ln .
k=1 k k
Partie 2 - Question 3
Montrer que les intégrales impropres
Z 1 Z ∞
−t
ln(t )e dt et ln(t )e −t d t
0 1
sont convergentes.
Solution
Étape 1 : Intégrale sur [0, 1]
R1
Analysons l’intégrale 0 ln(t )e −t d t .
| ln(t )e −t | = | ln(t )| · e −t .
On utilise une majoration : | ln(t )| ≤ − ln(t ) (car ln(t ) est négatif pour t ∈ (0, 1)).
Pour tester la convergence :
• ln(t ) diverge en t → 0+ , mais le produit | ln(t )| · t a converge vers 0 pour tout a > 0.
R1
• Prenons 0 < a < 1 : l’intégrale de t −a est converge, donc l’intégrale 0 ln(t )e −t d t converge sur [0, 1].
• Pour t grand, ln(t ) croît lentement, mais e −t décroît exponentiellement plus vite.
ln(t )
• Par comparaison avec et
, cette intégrale est dominée par une fonction qui converge rapidement vers 0.
| ln(t )e −t | ≤ ln(t ) · e −t .
La convergence est assurée car e −t = e −t /2 e −t /2 et e −t /2 domine tout terme polynomial et aussi ln(t ).
Conclusion
Solution
2. Calculons sa dérivée :
1 1 − (1 + u) u
f ′ (u) = −1 = =− .
1+u 1+u 1+u
• Lorsque u ∈] − 1, 0], f ′ (u) ≥ 0, donc f (u) est croissante sur cet intervalle.
• Lorsque u ∈ [0, ∞[, f ′ (u) ≤ 0, donc f (u) est décroissante sur cet intervalle.
4. Calculons f (0) :
f (0) = ln(1 + 0) − 0 = 0.
5. Puisque f (u) est croissante pour u < 0 et décroissante pour u > 0, et que f (0) = 0, on a f (u) ≤ 0 pour tout
u ∈] − 1, ∞[.
En conclusion :
ln(1 + u) ≤ u pour tout u ∈] − 1, ∞[.
Question 4. (b)
t n−1
µ ¶
0 ≤ 1− ≤ e · e −t .
n
¢n−1 ¢n−1
Solution Examinons 1 − nt pour t ∈ [0, n]. Tout d’abord, 1 − nt
¡ ¡
est bien définie et positive car t ∈ [0, n],
donc 1 − nt ≥ 0.
Prenons le logarithme de cette expression :
t n−1 t
µµ ¶ ¶ µ ¶
ln 1− = (n − 1) ln 1 − .
n n
Partie 2 - Question 5
Montrer que :
n t n−1
Z µ ¶ Z ∞
lim ln(t ) 1 − dt = ln(t )e −t d t .
n→∞ 0 n 0
Solution
On peut écrire
n t n−1 ∞ t n−1
Z µ ¶ Z µ ¶
ln(t ) 1 − dt = ln(t ) 1 − I{t ≤n} d t
0 n 0 n
Z ∞
= : ln(t ) f n (t ) d t .
0
D’après la question 4,
t n−1
µ ¶
f n (t ) = 1 − I{t ≤n} ≤ e · e −t .
n
Il est
R ∞également facile de montrer que f n converge simplement vers f avec f (t ) = e −t . Enfin, d’après la question
−t
3, 0 ln(t )e d t est bien définie. On déduit le résultat par le théorème de convergence dominée rappelé dans
l’énoncé.
Partie 2 - Question 6
Montrer successivement les égalités suivantes :
t n−1
Z n µ ¶ Z 1
ln(t ) 1 − dt = ln(n) + n ln(u)(1 − u)n−1 d u
0 n 0
Z 1 1£
(1 − u)n−1 − 1 d u.
¤
= ln(n) +
0 u
Solution
On utilise la propriété du logarithme ln(nu) = ln(n) + ln(u) pour réécrire l’intégrale comme suit :
Z 1 Z 1
ln(nu) (1 − u)n−1 n d u = n [ln(n) + ln(u)] (1 − u)n−1 d u.
0 0
Partie 2 - Question 7
Retrouver la formule de la constante d’Euler γ donnée en début de la partie 2 :
Z ∞
ln(t )e −t d t = −γ.
0
Solution
n t n−1 (1 − u)n − 1
Z µ ¶ Z 1
ln(t ) 1 − d t = ln(n) + d u.
0 n 0 u
Or
(1 − u)n − 1 (1 − u)n − 1 n−1
X 1
=− =−
u (1 − u) − 1 k=0 (1 − u)k
et donc
(1 − u)n − 1
1
Z
du
0 u
n−1
XZ 1 1 n−1
X 1
= − k
d u == −
k=0 0 (1 − u) k=0 k + 1
= −Hn .
Partie 3 - Question 8
Montrer que pour tout s > 1, ζ(s) est bien définie et vérifie
Z ∞ Z ∞
1 1
s
d t ≤ ζ(s) ≤ 1 + s
dt.
1 t 1 t
Solution
1. Définition de ζ(s) La fonction zêta de Riemann est définie pour s > 1 par :
∞ 1
ζ(s) =
X
s
.
n=1 n
PN 1
La série converge pour s > 1 car la somme partielle n=1 n s est dominée par une intégrale convergente (dé-
montré ci-dessous).
2. Encadrement par une intégrale Pour s > 1, t1s est décroissante, ce qui permet d’encadrer la somme par une
intégrale (méthode des sommes de Riemann) :
1
Z n+1 1 1
≤ dt ≤ s .
(n + 1)s n ts n
t 1−s
.
s −1
Ainsi, pour t ∈ [1, ∞[, l’intégrale devient :
∞ · ¸T
1 1 1
Z
d t = lim − = .
1 ts T →∞ (s − 1)t s−1 1 s − 1
R∞ 1 1
4. Encadrement de ζ(s) Substituons 1 ts dt = s−1 dans l’encadrement de ζ(s) :
1 1
≤ ζ(s) ≤ 1 + .
s −1 s −1
5. Équivalent lorsque s → 1+ Lorsque s → 1+ , on remarque que la divergence de ζ(s) est dominée par le terme
1 1
s−1 , car 1 + s−1 tend aussi vers ∞. Par conséquent :
1
ζ(s) ∼ , lorsque s → 1+ .
s −1
Partie 3 - Question 9
(a) Montrer que, pour s > 1, la série
∞
X
µ
1 1
¶
n s
−
n=1 n (n + 1)s
converge.
(b) En évaluant ses sommes partielles, montrer que sa somme vaut ζ(s).
(c) En déduire la formule : Z ∞ E (t )
ζ(s) = s dt,
1 t s+1
où E (t ) désigne la fonction partie entière.
Solution
1
1. Simplification du terme général : En factorisant par n s , on obtient :
n s
¡ ¢
1− n+1
an = n · .
ns
n s 1 s
¡ ¢ ¡ ¢
Or, n+1 = 1 − n+1 , et en développant au premier ordre avec le développement de Taylor :
¶s
s
µ
1
1− ≈ 1− .
n +1 n +1
Ainsi : ³ n ´s s
1− ≈ .
n +1 n +1
2. Comportement asymptotique : Substituons cette approximation dans a n :
s
n+1
an ≈ n · .
ns
Pour n grand, cela donne :
s
an ∼ .
ns
P 1
Comme s > 1, la série ns converge. Par conséquent, la série donnée converge également.
N
X
µ
1 1
¶
SN = n − .
n=1 n s (n + 1)s
1. Réécriture : Posons
N
X
µ
1 1
¶
1
AN = s
− s
= 1− ,
n=1 n (n + 1) (N + 1)s
et A 0 = 0. Nous avons
N
X N
X N
X
SN = n (A n − A n−1 ) = n An − n A n−1
n=1 n=1 n=1
N
X NX
−1 NX
−1
= n An − (n + 1)A n = − An + N A N
n=1 n=0 n=1
XN 1
= s
− (N − 1) + N A N
n=2 n
XN 1 XN 1 N
= s
+ N (A N − 1) = s
−
n=1 n n=1 n (N + 1)s
lim S N = ζ(s).
N →∞
(c) Formule intégrale Pour établir la formule intégrale, utilisons la fonction partie entière E (t ), définie comme le
plus grand entier inférieur ou égal à t .
La somme partielle de la série peut être exprimée en termes de la fonction partie entière :
Z ∞
E (t ) X∞ Z n+1 E (t ) X∞ Z n+1 n
s+1
d t = d t = dt
1 t n=1 n t s+1 n=1 n t s+1
∞ µ
1 1
¶
= ζ(s).
X
= n s−
n=1 n (n + 1)s
Partie 3 - Question 10
Démontrer que, pour tout entier N ≥ 2, on a :
Z N
E (t ) − t
d t = H N − ln(N ) − 1,
1 t2
et en déduire la formule : ∞ E (t ) − t
Z
d t = γ − 1.
1 t2
Solution
2. Décomposition de E (t ) − t Pour t ∈ [n, n + 1), où n est un entier, la fonction partie entière E (t ) est constante et
égale à n. Ainsi :
E (t ) − t = n − t .
Donc, l’intégrale sur [n, n + 1) devient :
Z n+1 E (t ) − t
Z n+1 n−t
dt = dt.
n t2 n t2
• Premier terme :
n+1 1 n+1
· ¸
1 1 1
Z
dt = − =− + .
n t2 t n n +1 n
• Deuxième terme : Z n+1 1
d t = ln(n + 1) − ln(n).
n t
Simplifions :
Z n+1 n−t 1 1
2
dt = − − ln(n + 1) + ln(n).
n t n n +1
Ainsi : Z N E (t ) − t
d t = H N − ln(N ) − 1.
1 t2
H N − ln(N ) → γ,
Partie 3 - Question 11
Justifier l’égalité :
s
Z ∞ E (t ) − t
ζ(s) − =s dt,
s −1 1 t s+1
et conclure que :
1
ζ(s) = + γ + o(1) lorsque s → 1+ .
s −1
Solution
D’après la question précédente, on peut exprimer cette somme comme une intégrale :
Z ∞
E (t )
ζ(s) = s+1
dt,
1 t
s t
2. Substraction de s−1 En ajoutant et en soustrayant le terme intégral correspondant à t s+1
, on obtient :
Z ∞ Z ∞ Z ∞
E (t ) t E (t ) − t
ζ(s) = s s+1
d t = s s+1
d t + s dt.
1 t 1 t 1 t s+1
La première intégrale est simple à calculer :
Z ∞ ∞
t 1 1
Z
s+1
dt = s
dt = .
1 t 1 t s −1
En substituant, nous avons :
s
Z ∞ E (t ) − t
ζ(s) = +s dt,
s −1 1 t s+1
ou encore ∞
s E (t ) − t
Z
ζ(s) − =s dt.
s −1 1 t s+1
Ainsi, pour s → 1+ : Z ∞ E (t ) − t
s d t → (γ − 1).
1 t s+1
En regroupant les termes, on trouve :
1
ζ(s) = + γ + o(1), lorsque s → 1+ .
s −1
Conclusion
1
ζ(s) = + γ + o(1).
s −1
Question 1
Montrer que Tn+ , Tn− et Tn++ sont des sous-espaces vectoriels (on pourra se contenter de rédiger les détails pour
+
Tn ) et préciser leur dimension.
Solution
1. Tn+ est un sous-espace vectoriel
Pour Tn+ , qui est l’ensemble des matrices triangulaires supérieures dans M n (R) :
• Stabilité par addition : Si A, B ∈ Tn+ , alors la somme (A + B ) est aussi une matrice triangulaire supérieure car
les coefficients sous la diagonale restent nuls.
• Stabilité par multiplication scalaire : Si A ∈ Tn+ et λ ∈ R, alors λA est encore une matrice triangulaire supé-
rieure car les coefficients sous la diagonale restent nuls.
2. Dimension de Tn+
3. Dimension de Tn−
n(n+1)
De manière similaire, Tn− (matrices triangulaires inférieures) a également 2 coefficients non nuls, donc la
même dimension.
4. Dimension de Tn++
n(n−1)
Les matrices triangulaires strictement supérieures ont des zéros sur la diagonale et 2 coefficients non nuls
(ceux au-dessus de la diagonale). Ainsi, la dimension de Tn++ est n(n−1)
2 .
Question 2
Montrer que Tn− ⊕ Tn++ = M n (R).
Solution
Définition des ensembles
• Tn++ : Ensemble des matrices triangulaires supérieures strictes (n’ayant que des 0 sur la diagonale).
L’objectif est de montrer que chaque matrice A ∈ M n (R) peut être exprimée comme la somme d’une matrice
B ∈ Tn− et d’une matrice C ∈ Tn++ , c’est-à-dire :
Ainsi, B contient les éléments de A situés sur ou sous la diagonale, avec des 0 au-dessus de la diagonale.
Ainsi, C contient les éléments de A situés au-dessus de la diagonale, avec des 0 ailleurs.
car les termes b i j et c i j sont complémentaires et couvrent exactement tous les coefficients de A.
Question 3
Pour 1 ≤ k ≤ n, on note E k = {x = (x 1 , . . . , x n ) ∈ Rn : ∀i ≥ k, x i = 0}. On note également E n+1 = Rn . Soit A ∈ Tn++ et
u l’endomorphisme de Rn canoniquement associé à A.
Solution
(a) Montrons que u(E k ) ⊆ E k−1
• Par définition de Tn++ , A est une matrice triangulaire supérieure stricte. Ainsi, A a des coefficients nuls sur et
sous la diagonale, et les éléments non nuls se situent uniquement au-dessus de la diagonale.
• Considérons x ∈ E k . Par définition, x i = 0 pour tout i ≥ k. En calculant u(x) = Ax, chaque composante (u(x))i
de u(x) est donnée par :
n
X
(u(x))i = ai j x j ,
j =1
où a i j sont les coefficients de A. Étant donné que A est triangulaire stricte, a i j = 0 si j ≤ i . Si i ≥ k, alors x j = 0
pour j ≥ k. Ainsi, pour i ≥ k − 1, on a (u(x))i = 0.
• Par conséquent, u(x) ∈ E k−1 , car les seules composantes non nulles de u(x) sont celles avec i < k − 1.
• Soit x ∈ Rn . En appliquant successivement u, on observe que les éléments non nuls de u(x) “descendent”
dans les indices à chaque itération, grâce à la propriété triangulaire stricte de A.
• Par définition, Nn est l’ensemble des matrices nilpotentes de M n (R). Nous avons montré en (b) que toute
matrice A ∈ Tn++ est nilpotente. Par conséquent, Tn++ ⊆ Nn . De plus Tn++ ⊆ Tn+ et donc Tn++ ⊆ Tn+ ∩ Nn .
• Réciproquement, si A ∈ Tn+ ∩ Nn , alors il existe k ≥ 1 tel que A k = 0. Le produit de deux matrices triangulaires
supérieures est une matrice triangulaire supérieure, dont les éléments sur les éléments sur la diagonale sont
égaux aux produits des coefficients diagonaux. On déduit que si A est nilpotente, les éléments diagonaux
sont nécessairement nuls et A ∈ Tn++ .
Question 4
Nn est-il un sous-espace vectoriel de M n (R) ?
Solution
Définitions
• Nn : Ensemble des matrices nilpotentes, c’est-à-dire les matrices A ∈ M n (R) telles qu’il existe un entier k ≥ 1
pour lequel A k = 0.
1. Nn est non vide La matrice nulle 0 appartient à Nn , car 0k = 0 pour tout k ≥ 1. Donc Nn ̸= ∅.
2. Stabilité par multiplication scalaire Si A ∈ Nn , alors il existe k ≥ 1 tel que A k = 0. Pour tout scalaire λ ∈ R, nous
avons (λA)k = λk A k = 0. Donc, λA ∈ Nn .
Conclusion
Nn n’est pas un sous-espace vectoriel de M n (R), car il n’est pas stable par addition.
Question 5
Si A ∈ Nn , montrer que Tr(A) = 0. (Indication : on pourra étudier les valeurs propres complexes de A.)
Solution
Propriétés de la trace
• La trace d’une matrice A ∈ M n (R), notée Tr(A), est la somme de ses valeurs propres (y compris les valeurs
propres complexes et leur multiplicité).
• Si A est nilpotente (A k = 0 pour un certain k ≥ 1), alors toutes les valeurs propres de A sont égales à zéro. Cela
découle de la définition des valeurs propres.
det(A − λI ) = 0,
où I est la matrice identité. Si A est nilpotente, alors A k = 0 pour un certain k ≥ 1. Cela implique que toutes les
valeurs propres λ de A satisfont λk = 0, donc λ = 0.
Tr(A) = 0.
Question 6
Soient A et B dans M n (R). Montrer que si A, B , et A + B sont nilpotentes, alors Tr(AB ) = 0.
Solution
Hypothèses
Nous devons montrer que Tr(AB ) = 0. A + B est nilpotent, donc aussi (A + B )2 . On a donc
Question 7
(a) Montrer que dim(V ) = dim(V ∩ Tn− ) + dim(π(V )).
Solution
(a) Montrons que dim(V ) = dim(V ∩ Tn− ) + dim(π(V ))
Hypothèses et définition
• V est un sous-espace vectoriel de M n (R) contenu dans Nn , l’ensemble des matrices nilpotentes.
Décomposition de V Toute matrice M ∈ V peut s’écrire de manière unique comme une somme :
Par construction, π(M ) = M 2 est l’image de M dans Tn++ . De plus, M 1 = M − π(M ) ∈ Tn− .
Interprétation dimensionnelle Les composantes M 1 ∈ Tn− et M 2 ∈ Tn++ sont indépendantes. Ainsi, l’espace V se
décompose en une somme directe :
V = (V ∩ Tn− ) ⊕ π(V ).
Par la propriété classique des espaces vectoriels, on a alors :
Hypothèses et définition
Application à V ∩ Tn− L’application τ agit sur V ∩ Tn− pour produire une image contenue dans Tn++ . En effet, la
transposée d’une matrice triangulaire inférieure est triangulaire supérieure stricte.
Puisque τ est un isomorphisme entre Tn− et Tn++ , la dimension de τ(V ∩ Tn− ) est la même que celle de V ∩ Tn− .
Ainsi :
dim(V ∩ Tn− ) = dim(τ(V ∩ Tn− )).
Question 8
Montrer que τ(V ∩ Tn− ) est inclus dans Tn++ .
Solution
Hypothèses et définitions
• V est un sous-espace vectoriel de M n (R) contenu dans Nn , l’ensemble des matrices nilpotentes.
• Tn++ est l’ensemble des matrices triangulaires supérieures strictes, c’est-à-dire ayant des 0 sur la diagonale.
Propriété clé
La transposée d’une matrice triangulaire inférieure est une matrice triangulaire supérieure stricte si cette ma-
trice appartient à Tn− ∩ Nn . Cela découle directement des définitions des ensembles.
Par définition, V ∩ Tn− ⊆ Tn− . Ainsi, toute matrice A ∈ V ∩ Tn− est triangulaire inférieure.
Si A ∈ Tn− , alors τ(A) = A ⊤ est une matrice triangulaire supérieure. Si A est nilpotente (car A ∈ V ), alors A ⊤ est
également nilpotente, car les valeurs propres d’une matrice et de sa transposée sont identiques.
De plus, comme A est nilpotente et triangulaire inférieure, les coefficients diagonaux de A sont nuls. Par consé-
quent, A ⊤ est triangulaire supérieure stricte, c’est-à-dire A ⊤ ∈ Tn++ .
Question 9
Soit A ∈ τ(V ∩ Tn− ) ∩ π(V ) et N ∈ V tel que A = π(N ).
Solution
(a) Montrons que A ⊤ + N ∈ V et déduisons que Tr(A ⊤ N ) = 0
1. A ⊤ + N ∈ V :
2. Tr(A ⊤ N ) = 0 :
• A ⊤ N est une matrice résultant du produit d’une matrice triangulaire supérieure stricte (A ⊤ ) avec une
matrice nilpotente (N ).
• Par une propriété des matrices nilpotentes et triangulaires strictes, les termes diagonaux de A ⊤ N sont
tous nuls. Ainsi, Tr(A ⊤ N ) = 0.
1. N − A ∈ Tn− :
• Par hypothèse, N ∈ V , donc π(N ) = A. Cela signifie que N − A est une composante de N dans Tn− .
• Par construction, π(N − A) = 0, ce qui implique N − A ∈ Tn− .
2. A(N ⊤ − A ⊤ ) ∈ Tn++ :
D’après la question (b) précédente, Tr(AN ⊤ )−Tr(A A ⊤ ) = 0. Or d’après la question (a), Tr(AN ⊤ ) =Tr(N A ⊤ ) =Tr(A ⊤ N ) =
0. On en déduit que Tr(A A ⊤ ) = 0.
• Si Tr(A A ⊤ ) = 0, cela implique que tous les termes de A sont nuls, car
n X
n
Tr(A A ⊤ ) = a i2, j .
X
i =1 j =1
• Par conséquent, A = 0.
n(n − 1)
dim(V ) ≤ .
2
Solution
1. Résultats préliminaires obtenus
Comme π(V ) est aussi inclus dans Tn++ , et que l’intersection avec τ(V ∩ Tn− ) est réduite à 0, on déduit que
n(n − 1)
dim(τ(V ∩ Tn− )) + dim(π(V )) ≤ dim(Tn++ ) = .
2
Par conséquent
n(n − 1)
dim(V ) ≤
2
et le théorème de Gerstenhaber est démontré.
Question 1
Montrer qu’il existe un nombre complexe λ tel que :
(X − a 1 )(X − a 2 ) · · · (X − a n−1 )
F (X ) = λ .
(X + b 1 )(X + b 2 ) · · · (X + b n )
Solution
Etapes de résolution
1. Définition de F (X ) :
F (X ) est la fraction rationnelle associée à une matrice de Cauchy augmentée :
¯ 1 1 ¯
¯
¯ a1 +b1 ··· a 1 +b n
¯
¯
¯ .. .. .. ¯
¯
F (X ) = ¯¯ . . .
¯
¯.
¯ a 1+b ··· 1 ¯
a n−1 +b n ¯
¯
¯ n−11 1 1
¯
X +b 1 ··· X +b n
¯
(X − a 1 )(X − a 2 ) · · · (X − a n−1 )
F (X ) = λ ,
(X + b 1 )(X + b 2 ) · · · (X + b n )
5. Conclusion :
Le facteur λ peut être déterminé explicitement en calculant le coefficient dominant de F (X ), mais l’énoncé
demande simplement de prouver son existence, ce qui est établi grâce à la factorisation ci-dessus.
Question 2
On pose G(X ) = (X + b n )F (X ). Montrer que G(−b n ) = D n−1 et en déduire une relation entre D n et D n−1 .
Solution
On peut calculer F (X ) en développant par rapport à la dernière ligne. En multipliant par (X + b n ), on obtient
n−1 1
βi
X
G(X ) = D n−1 + (X + b n )
i =1 X + bi
G(−b n ) = D n−1 .
(X − a 1 )(X − a 2 ) · · · (X − a n−1 )
F (X ) = λ ,
(X + b 1 )(X + b 2 ) · · · (X + b n )
on obtient :
(X − a 1 )(X − a 2 ) · · · (X − a n−1 )
G(X ) = λ .
(X + b 1 )(X + b 2 ) · · · (X + b n−1 )
Comme
(a n − a 1 )(a n − a 2 ) · · · (a n − a n−1 )
F (a n ) = D n = λ
(a n + b 1 )(a n + b 2 ) · · · (a n + b n )
et en remplaçant X par −b n dans G(X ), on a :
Question 3
Conclure que : Q Q
1≤i < j ≤n (a j − ai ) 1≤i < j ≤n (b j − bi )
Dn = Q ,
1≤i , j ≤n (a i +bj )
dans le cas où les a i et b i sont distincts, puis dans le cas général.
Solution
Etapes de la solution
1. Relation de récurrence
2. Cas de base (n = 1)
1
Pour n = 1, la matrice est de taille 1 × 1 avec un seul terme a 1 +b 1 . Le déterminant est directement :
1
D1 = .
a1 + b1
3. Hypothèse de récurrence
Alors
Qn−1 Qn−1 Q Q
i =1 (a n − a i ) i =1 (b n − b i ) 1 1≤i < j ≤n−1 (a j − ai ) 1≤i < j ≤n−1 (b j − bi )
Dn = Qn−1 Qn−1 Q
i =1 (a i + b n ) i =1 (b i + a n )
(a n + b n ) 1≤i , j ≤n−1 (a i +bj )
Q Q
1≤i < j ≤n (a j − a i ) 1≤i < j ≤n (b j − b i )
= Q ,
1≤i , j ≤n (a i +bj )
et l’hypothèse est vraie pour n. Par récurrence, la formule est vraie pour tout n ≥ 1.
Si les a i ou b i ne sont pas distincts, alors des termes comme a j − a i ou b j − b i deviennent nuls dans le numé-
rateur. Cela rend D n = 0, ce qui est cohérent avec le fait qu’une matrice de Cauchy avec des lignes ou colonnes
identiques est singulière.
Conclusion
La formule finale est donc :
( Q1≤i < j ≤n (a j −ai ) Q1≤i < j ≤n (b j −bi )
Q si les a i et b i sont distincts,
Dn = 1≤i , j ≤n (a i +b j )
0 sinon.
Question 4
Soit (e 1 , . . . , e m ) une base orthonormale de V et M la matrice de taille m × n définie par
¡ ¢
M = 〈e i |x j 〉 1≤i ≤m,1≤ j ≤n .
4. En déduire que det(Gram(x 1 , . . . , x n )) ≥ 0, avec égalité si et seulement si (x 1 , . . . , x n ) est une famille liée.
Solution
1. Expression de la matrice de Gram
Utilisant la base orthonormale (e 1 , . . . , e m ) de V , chaque vecteur x j s’écrit dans cette base comme :
m
X
xj = 〈e i |x j 〉e i .
i =1
Gram(x 1 , . . . , x n ) = M ⊤ M .
rg(Gram(x 1 , . . . , x n )) = dimV.
3. Valeurs propres de M ⊤ M
Le produit M ⊤ M est une matrice symétrique positive semi-définie. Cela signifie que :
u ⊤ (M ⊤ M )u = λu ⊤ u = λ∥u∥2 = ∥Mu∥2 .
Le déterminant de la matrice de Gram est donné par le produit des valeurs propres de M ⊤ M . Puisque toutes
les valeurs propres sont positives ou nulles, on a :
det(Gram(x 1 , . . . , x n )) ≥ 0.
Question 5
On suppose que la famille (x 1 , . . . , x n ) est libre. Soit x ∈ E et p(x) le projeté orthogonal de x sur V = Vect(x 1 , . . . , x n ).
Montrer que : s
det(Gram(x, x 1 , . . . , x n ))
d (x,V ) = ,
det(Gram(x 1 , . . . , x n ))
où d (x,V ) désigne la distance de x au sous-espace V .
Solution
1. Distance et projection orthogonale
d (x,V ) = ∥x − p(x)∥,
〈x − p(x)|v〉 = 0, ∀v ∈ V.
Pn
Si p(x) = i =1 λi x i , alors les coefficients λi sont déterminés par :
〈x − p(x)|x j 〉 = 0, ∀ j = 1, . . . , n.
n
λi x i .
X
x − p(x) = x −
i =1
L’orthogonalité impose :
n
λi 〈x i |x j 〉,
X
〈x|x j 〉 = ∀ j = 1, . . . , n.
i =1
λ1 〈x|x 1 〉
. .
Gram(x 1 , . . . , x n ) .. = .. .
λn 〈x|x n 〉
3. Distance ∥x − p(x)∥2
ou encore
∥x − p(x)∥2 = ∥x∥2 − ∥p(x)∥2 .
Gram(x, x 1 , . . . , x n )
∥x − p(x)∥2 + ∥p(x)∥2
〈p(x)|x 1 〉 ... 〈p(x)|x n 〉
〈x 1 |p(x)〉 〈x 1 |x 1 〉 ... 〈x 1 |x n 〉
= .. .. .. .
..
. . . .
〈x n |p(x)〉 〈x n |x 1 〉 ... 〈x n |x n 〉
Le det(Gram(x, x 1 , . . . , x n )) se calcule par exemple en dévelopant par rapport à la première colonne. On obtient alors
det(Gr am(x, x 1 , . . . , x n ))
= det(Gr am(p(x), x 1 , . . . , x n ))
∥x − p(x)∥2 〈p(x)|x 1 〉
... 〈p(x)|x n 〉
0 〈x 1 |x 1 〉 ... 〈x 1 |x n 〉
+ det .. .. .. ..
. . . .
0 〈x n |x 1 〉 ... 〈x n |x n 〉
= ∥x − p(x)∥2 det(Gram(x 1 , . . . , x n )).
det(Gram(p(x), x 1 , . . . , x n )) = 0.
Cette formule relie la distance d’un vecteur à un sous-espace aux déterminants des matrices de Gram.
Question 6
Montrer que le module de continuité ω est un nombre réel bien défini et qu’il vérifie :
lim ω(δ) = 0,
δ→0
Solution
1. Définition de ω(δ)
Le module de continuité ω(δ) est une borne supérieure prise sur les différences des valeurs de f pour des points
x, y ∈ [0, 1] tels que |x − y| ≤ δ.
• Bornes de ω(δ) : f étant continue sur le compact [0, 1], elle est uniformément continue. Cela signifie qu’il
existe un contrôle uniforme sur | f (x) − f (y)| pour |x − y| ≤ δ. Par continuité de f , ω(δ) est un nombre réel
(fini).
• Croissance de ω(δ) : Lorsque δ augmente, la condition |x − y| ≤ δ devient moins restrictive. Ainsi, ω(δ) est
croissante :
ω(δ1 ) ≤ ω(δ2 ) si δ1 ≤ δ2 .
• Comportement pour δ → 0 : Pour δ = 0, on impose x = y, ce qui donne | f (x) − f (y)| = 0. Ainsi, ω(0) = 0.
• Uniformité de la continuité : Pour δ > 0, la continuité de f assure que, pour tout ϵ > 0, il existe δ0 > 0 tel que
si |x − y| ≤ δ0 , alors | f (x) − f (y)| < ϵ. Cela implique que :
ω(δ) → 0 lorsque δ → 0.
3. Conclusion
• ω(δ) est bien défini car f est continue sur un compact, assurant que | f (x) − f (y)| est borné pour |x − y| ≤ δ.
• limδ→0 ω(δ) = 0 découle de la continuité de f , qui impose que les variations de f tendent vers 0 lorsque x et
y deviennent arbitrairement proches.
Question 7
Montrer que, pour tout n ≥ 0, la famille {B n,k }0≤k≤n est une base de l’espace des polynômes réels de degré
inférieur ou égal à n, noté P n .
Solution
1. Définition des polynômes de Bernstein
2. Vérification de la linéarité
L’espace P n est un espace vectoriel de dimension n +1, avec comme base canonique {1, x, x 2 , . . . , x n }. Pour prou-
ver que {B n,k }nk=0 est une base de P n , il faut montrer qu’elle :
1. génère P n ,
2. est une famille libre.
3. Génération de P n
Pour tout p(x) ∈ P n , il existe une combinaison linéaire des B n,k telle que :
n
X
p(x) = c k B n,k (x),
k=0
où c k ∈ R. Cela découle du fait que chaque B n,k (x) est une combinaison de monômes x i (pour 0 ≤ i ≤ n), et que
{1, x, . . . , x n } est une base de P n .
4. Indépendance linéaire
En divisant par x (1 − x) et par induction, on montre que tous les c k = 0. Ainsi, la famille {B n,k }nk=0 est libre.
La famille {B n,k }nk=0 génère P n , et est linéairement indépendante. Par conséquent, {B n,k }nk=0 est une base de P n .
Question 8
Montrer que B n ( f ) est un polynôme de degré n, que l’on exprimera en fonction des B n,k .
Solution
1. Définition de B n ( f )
Sn
· µ ¶¸
B n ( f )(x) = E f ,
n
P(X i = 0) = 1 − x).
h ³ ´i
2. Calcul de E f Snn
n µ ¶Ã !
k n k
x (1 − x)n−k .
X
B n ( f )(x) = f
k=0 n k
4. Degré du polynôme B n ( f )
Chaque B n,k (x) est un polynôme de degré n. Une somme finie de polynômes de degré n est elle-même un
polynôme de degré au plus n. Donc B n ( f )(x) est un polynôme de degré n.
Question 9
Montrer que : ¯
¯ Sn
µ¯ ¶
|B n ( f )(x) − f (x)| ≤ ω(δ) + 2∥ f ∥∞ P ¯¯ − x ¯¯ > δ ,
¯
n
puis que :
∥ f ∥∞
|B n ( f )(x) − f (x)| ≤ ω(δ) + .
2nδ2
Solution
1. Décomposition de l’erreur |B n ( f )(x) − f (x)|
et donc ¯¸
¯ Sn
·¯ µ ¶
|B n ( f )(x) − f (x)| ≤ E ¯¯ f
¯
− f (x)¯¯ .
n
¯ ¯
2. Partition des cas selon ¯ Snn − x ¯
¯ ¯
¯ ¯
2. Lorsque ¯ Snn − x ¯ > δ.
¯ ¯
On décompose : ¯¸ ¯
¯ Sn ¯ Sn
·¯ µ ¶ ·¯ µ ¶ ¸
E ¯¯ f − f (x)¯¯ = E ¯¯ f
¯ ¯
− f (x)¯¯ · 1n¯¯ S n ¯¯ o
n n ¯ n −x ¯≤δ
¯
¯ Sn
·¯ µ ¶ ¸
¯
+E ¯¯ f − f (x)¯¯ · 1n¯¯ S n ¯¯ o .
n ¯ n −x ¯>δ
¯ ¯
3. Premier terme (¯ Snn − x ¯ ≤ δ)
¯ ¯
¯ ¯
Lorsque ¯ Snn − x ¯ ≤ δ, la définition du module de continuité ω(δ) donne :
¯ ¯
¯ µ ¶ ¯
¯ Sn
¯ ≤ ω(δ).
¯
¯f − f (x)
¯ n ¯
Ainsi : ¯
¯ Sn
·¯ µ ¶ ¸
E ¯¯ f − f (x)¯¯ · 1n¯¯ S n ¯¯ o ≤ ω(δ).
¯
n ¯ n −x ¯≤δ
¯ ¯
4. Deuxième terme (¯ Snn − x ¯ > δ)
¯ ¯
¯ ¯ ¯ ³ ´ ¯
Lorsque ¯ Snn − x ¯ > δ, on majore ¯ f Snn − f (x)¯ par 2∥ f ∥∞ :
¯ ¯ ¯ ¯
¯ ¯
¯ Sn ¯ Sn
·¯ µ ¶ ¸ µ¯ ¶
E ¯¯ f − f (x)¯¯ · 1n¯¯ S n ¯¯ o ≤ 2∥ f ∥∞ · P ¯¯ − x ¯¯ > δ .
¯ ¯
n ¯ n −x ¯>δ n
³¯ ¯ ´
5. Probabilité P ¯ Snn − x ¯ > δ
¯ ¯
La variable Snn suit une loi binomiale centrée réduite avec moyenne x et variance x(1−x)
n . En appliquant l’inéga-
lité de Chebyshev, on obtient : ³ ´
¯ ¶ Var S n
¯ Sn x(1 − x)
µ¯
n
P ¯¯ − x ¯¯ > δ ≤
¯
= .
n δ 2 nδ2
1
Comme x(1 − x) ≤ 4 pour tout x ∈ [0, 1], on a :
¯
¯ Sn
µ¯ ¶
1
P ¯¯ − x ¯¯ > δ ≤
¯
.
n 4nδ2
6. Résultat final
Question 10
Montrer que pour tout entier n ≥ 1, il existe un polynôme Tn ( f ) tel que :
∥ f − Tn ( f )∥∞ = d ( f , P n ),
où d ( f , P n ) est la distance entre f et l’espace des polynômes de degré inférieur ou égal à n, mesurée avec la norme
∥ · ∥∞ .
Solution
1. Distance à un sous-espace de dimension finie
L’espace P n des polynômes de degré inférieur à n est un sous-espace vectoriel de dimension finie de l’espace
C ([a, b]), muni de la norme infinie :
∥g ∥∞ = sup |g (x)|.
x∈[a,b]
La compacité de [a, b] garantit que ∥ f − p∥∞ atteint une borne inférieure, car ∥ f − p∥∞ est une fonction continue
de p, définie sur le sous-espace compact P n .
2. Existence de Tn ( f )
En d’autres termes, Tn ( f ) est le polynôme minimisant la distance entre f et P n pour la norme infinie. Cette exis-
tence repose sur les propriétés suivantes :
1. Compacité : L’ensemble des polynômes de degré ≤ n, noté P n , est compact lorsqu’il est restreint à C ([a, b]).
2. Continuité de ∥ f − p∥∞ : Cette norme est une fonction continue de p dans l’espace vectoriel normé.
Question 11
Montrer que si f ∈ C ([a, b]), alors :
lim ∥Tn ( f ) − f ∥∞ = 0,
n→∞
Solution
On se ramène sur le segment [0, 1] par translation et homothétie. De plus, par définition
∥Tn ( f ) − f ∥∞ ≤ ∥B n ( f ) − f ∥∞ .
Par la question 9,
∥ f ∥∞
∥B n ( f ) − f ∥∞ ≤ ω(δ) + .
2nδ2
A δ fixé, on fait tendre n vers l’infini, pour déduire
lim ∥B n ( f ) − f ∥∞ = 0,
n→∞
et enfin
lim ∥Tn ( f ) − f ∥∞ = 0.
n→∞
Question 12
Montrer que si f : [0, 1] → R est lipschitzienne, alors il existe une constante C > 0 telle que :
C
∥B n ( f ) − f ∥∞ ≤ .
n 1/3
Solution
1. Définition de la condition lipschitzienne
La fonction f est dite lipschitzienne s’il existe une constante L > 0 telle que :
2. Décomposition de l’erreur ∥B n ( f ) − f ∥∞
Par la question 9,
∥ f ∥∞ ∥ f ∥∞
∥B n ( f ) − f ∥∞ ≤ ω(δ) + ≤ Lδ + .
2nδ2 2nδ2
3. Résultat final
C
∥B n ( f ) − f ∥∞ ≤ .
n 1/3
Question 13
(a) Montrer qu’il existe un polynôme pair Tn tel que :
d (V, P n ) = ∥V − Tn ∥∞ .
(b) En minorant |Tn −Tn (0)−V | près de x = 0, montrer qu’il existe une constante c > 0 telle que d (V, P n ) ≥ cn −4 .
Solution
On considère la fonction V (x) = |x| et l’inégalité des frères Markov (1890) :
∥P ′ ∥∞ ≤ n 2 ∥P ∥∞ ,
où P est un polynôme de degré au plus n et ∥ · ∥∞ désigne la norme infinie sur [−1, 1].
Symétrie de V et Tn
• Toute approximation optimale Tn de V doit être paire, car si Tn n’est pas pair, on peut la remplacer par le
polynôme Ten (x) pair :
Tn (x) + Tn (−x)
= ,
2
qui satisfera ∥V − Ten ∥∞ ≤ ∥V − Tn ∥∞ .
• Le polynôme Tn (x) est différentiable partout. En particulier, Tn′ (0) = 0 car Tn est pair.
1
V (x) − Tn (x) ∼ |x| − Tn (0) − Tn′ (0)x − Tn′′ (0)x 2 .
2
Puisque Tn′ (0) = 0, cette différence est dominée par un terme quadratique.
Minoration locale
1
Sur un voisinage |x| ≤ n2
, on peut approximer Tn (x) comme un polynôme quadratique, et on obtient :
|x|
|V (x) − Tn (x)| ≳ .
n4
Résultat final
En prenant en compte cette approximation locale et en utilisant la norme infinie sur [−1, 1], on obtient :
d (V, P n ) ≥ cn −4 ,
Vérifier que ∥·∥2 est une norme associée à un produit scalaire que l’on explicitera et que l’on pourra noter 〈·|·〉 dans
la suite.
Solution
Pour f ∈ C ([0, 1]), on définit la norme ∥ · ∥2 par :
µZ 1 ¶1/2
2
∥ f ∥2 = | f (t )| d t .
0
1. Positivité : ∥ f ∥2 ≥ 0 et ∥ f ∥2 = 0 ⇐⇒ f = 0.
3. Inégalité triangulaire : ∥ f + g ∥2 ≤ ∥ f ∥2 + ∥g ∥2 .
1. Positivité
Par définition,
µZ 1 ¶1/2
2
∥ f ∥2 = | f (t )| d t .
0
R1 R1
L’intégrale 0 | f (t )|2 d t ≥ 0 car | f (t )|2 ≥ 0 pour tout t . Si ∥ f ∥2 = 0, alors 0 | f (t )|2 d t = 0, ce qui implique que f (t ) = 0
pour tout t ∈ [0, 1].
2. Homogénéité
Pour tout α ∈ R, on a :
µZ 1 ¶1/2
2
∥α f ∥2 = |α f (t )| d t .
0
En factorisant |α|2 dans l’intégrale :
µ Z 1 ¶1/2
2 2
∥α f ∥2 = |α| | f (t )| d t = |α| · ∥ f ∥2 .
0
3. Inégalité triangulaire
on en déduit que :
∥ f + g ∥22 ≤ (∥ f ∥2 + ∥g ∥2 )2 .
Ainsi :
∥ f + g ∥2 ≤ ∥ f ∥2 + ∥g ∥2 .
2. Symétrie : 〈 f |g 〉 = 〈g | f 〉.
3. Positivité : 〈 f | f 〉 ≥ 0 et 〈 f | f 〉 = 0 ⇐⇒ f = 0.
Conclusion
1. La norme ∥ · ∥2 est bien une norme sur C ([0, 1]). 2. Elle est associée au produit scalaire :
Z 1
〈 f |g 〉 = f (t )g (t ) d t .
0
Question 12
Montrer que l’espace vectoriel :
Vect {x m | m ∈ N}
¡ ¢
Solution
1. Densité dans (C ([0, 1]), ∥ · ∥∞ )
Le théorème d’approximation de Weierstrass affirme que les polynômes sont denses dans (C ([0, 1]), ∥·∥∞ ). Cela
signifie que pour toute fonction f ∈ C ([0, 1]) et pour tout ϵ > 0, il existe un polynôme P (x) = nm=0 c m x m tel que :
P
2. Relation entre ∥ · ∥∞ et ∥ · ∥2
Cela montre que si une suite de polynômes (P n ) converge uniformément vers f , alors elle converge également en
norme ∥ · ∥2 , car :
∥ f − P n ∥2 ≤ ∥ f − P n ∥∞ .
3. Approximation en norme ∥ · ∥2
Pn m
Soit f ∈ C ([0, 1]) et ϵ > 0. Par le théorème de Weierstrass, il existe un polynôme P (x) = m=0 c m x tel que :
∥ f − P ∥∞ < ϵ.
Puisque ∥ f − P ∥2 ≤ ∥ f − P ∥∞ , on obtient :
∥ f − P ∥2 < ϵ.
Cela prouve que pour toute fonction f ∈ C ([0, 1]) et tout ϵ > 0, il existe un polynôme P (x) ∈ Vect({x m }) tel que
∥ f − P ∥2 < ϵ.
Question 13
On considère une suite (λn )n≥0 avec λn ≥ 0 pour tout n. Montrer que la famille de fonctions {x λn }n≥0 est libre
dans C ([0, 1]). Cela signifie que si :
N
c n x λn = 0, ∀x ∈ [0, 1],
X
n=0
Solution
Considérons une combinaison linéaire finie de fonctions de la forme x λn :
N
c n x λn = 0,
X
∀x ∈ [0, 1],
n=0
N
où (c n )n=0 ⊂ RN +1 . Nous devons montrer que cette égalité implique c n = 0 pour tout n.
En prenant la limite en 0, nous obtenons que c 0 est égal à 0 à partir de la limite en 0. Ensuite il suffit de diviser
par x λ1 pour x ∈]0, 1] et de prendre la limite en 0 pour obtenir c 1 = 0, et d’itérer jusqu’à c N .
Question 14
Soit VN = Vect{x λn | 0 ≤ n ≤ N } et m un réel positif. On étudie la distance entre x m et VN dans (C ([0, 1]), ∥ · ∥2 ), où
la norme ∥ · ∥2 est définie par :
µZ 1 ¶1/2
2
∥ f ∥2 = | f (t )| d t .
0
Par orthogonalité, la projection optimale de x m sur VN minimise la norme. Étant donné que la suite (λn ) est stric-
tement croissante, la famille (x λ0 , ..., x λN ) est une base de VN et on peut donc utiliser les résultats de la Partie 2.
Calculons donc les matrices de Gram intervenant dans le calcul :
. . . 〈x m |x λN 〉
m m
〈x m |x 1 〉
〈x |x 〉
〈x λ0 |x m 〉 〈x λ0 |x λ0 〉 . . . 〈x λ0 |x λN 〉
m λ0 λN
Gram(x , x , ..., x ) = .. .. .. .. .
.
. . .
〈x λN |x m 〉 〈x λN |x λ0 〉 ... 〈x λN |x λN 〉
et
〈x λ0 |x λ0 〉 〈x λ0 |x λN 〉
...
.. ..
Gram(x λ0 , ..., x λN ) = ..
.
. . .
〈x λN |x λ0 〉 ... 〈x λN |x λN 〉
Nous avons établi que : s
det(Gram(x m , x λ0 , ..., x λN ))
d 2 (x m ,VN ) = .
det(Gram(x λ0 , ..., x λN ))
Après calculs, cela conduit à l’expression de d 2 (x m ,VN ) comme :
1 N |m − λi |
d 2 (x m ,VN ) = p
Y
.
2m + 1 i =0 |m + λi + 1|
|m − λi | |m − λ∞ |
→ < 1.
|m + λi + 1| |m + λ∞ + 1|
lim d 2 (x m ,VN ) = 0.
N →∞
Pour tout m ∈ N, il existe N0 ∈ N tel que λn > m pour tout n ≥ N0 . On a alors, pour n grand,
λn − m
µ ¶
2m + 1 2m + 1
u n := ln ∼− ∼− .
m + λn + 1 m + λn + 1 λn
m
Comme ∞
P P∞
n=1 1/λn diverge, n=1 u n diverge vers −∞, d 2 (x ,V N ) → 0 et réciproquement.
Question 15
Soit V = Vect{x λn | n ≥ 0} dans (C ([0, 1]), ∥ · ∥2 ). Montrer que V est dense dans (C ([0, 1]), ∥ · ∥2 ) si et seulement si :
X∞ 1
n=1 λn
diverge.
Solution
1. Densité et approximation
Pour que V soit dense dans (C ([0, 1]), ∥ · ∥2 ), il faut que pour toute fonction f ∈ C ([0, 1]) et tout ϵ > 0, il existe une
combinaison finie de la forme :
N
c n x λn ,
X
P (x) =
n=0
telle que :
∥ f − P ∥2 < ϵ,
où la norme ∥ · ∥2 est donnée par :
µZ 1 ¶1/2
∥ f ∥2 = | f (t )|2 d t .
0
P∞ 1
2. Condition nécessaire et suffisante sur n=1 λn
P∞ 1
(a) Condition nécessaire : Si n=1 λn converge, alors V n’est pas dense dans (C ([0, 1]), ∥ · ∥2 ).
1 λn
• Lorsque ∞
P
n=1 λn < ∞, cela signifie que la famille {x } ne peut pas fournir suffisamment d’“information”
pour approximer toutes les fonctions f ∈ C ([0, 1]) en norme ∥ · ∥2 .
• En particulier, la convergence de la série limite l’étendue des fonctions pouvant être construites par des com-
binaisons linéaires des x λn .
P∞ 1
Ainsi, si n=1 λn converge, V n’est pas dense.
P∞ 1
(b) Condition suffisante : Si n=1 λn diverge, alors V est dense dans (C ([0, 1]), ∥ · ∥2 ).
1 λn
• Lorsque ∞
P
n=1 λn = ∞, les x couvrent une gamme suffisamment large d’exposants pour permettre une
approximation arbitrairement précise de toute fonction f ∈ C ([0, 1]).
Question 16
Soit V = Vect{x λn | n ≥ 0} dans (C ([0, 1]), ∥ · ∥∞ ), où la norme ∥ · ∥∞ est définie par :
∥ f ∥∞ = sup | f (x)|.
x∈[0,1]
X∞ 1
n=1 λn
diverge.
Solution
La densité de V dans (C ([0, 1]), ∥ · ∥∞ ) signifie que pour toute fonction f ∈ C ([0, 1]) et tout ϵ > 0, il existe une
combinaison finie de la forme :
N
c n x λn ,
X
P (x) =
n=0
telle que :
∥ f − P ∥∞ = sup | f (x) − P (x)| < ϵ.
x∈[0,1]
Mais
∥ f − P ∥2 ≤ ∥ f − P ∥∞ ,
ce qui implique que V est dense dans (C ([0, 1]), ∥ · ∥2 ) et que ∞
P
n=1 1/λn = ∞ d’après la question précédente.
Question 17
∥ f − g ∥∞ ≤ | f (0) − g (0)| + ∥ f ′ − g ′ ∥2 .
Preuve
∥ f − g ∥∞ = sup | f (t ) − g (t )|.
t ∈[0,1]
2. Puisque f et g sont de classe C 1 , par le théorème fondamental du calcul différentiel, on peut écrire pour tout
t ∈ [0, 1] : Z t
f (t ) − g (t ) = ( f (0) − g (0)) + ( f ′ (s) − g ′ (s)) d s.
0
| f (t ) − g (t )| ≤ | f (0) − g (0)| + ∥ f ′ − g ′ ∥2 .
∥ f − g ∥∞ ≤ | f (0) − g (0)| + ∥ f ′ − g ′ ∥2 .
P∞ 1
(b) Conclure que si n=1 λn diverge, alors V est dense dans (C ([0, 1]), ∥ · ∥∞ )
1. L’inégalité (a) montre que pour approximer une fonction f ∈ C ([0, 1]) en norme ∥ · ∥∞ , il suffit d’approcher :
• f (0) avec x 0 en x = 0,
1 λn
2. Si ∞
P
n=1 λn = ∞, la question 16 garantit que {x } est dense dans (C ([0, 1]), ∥ · ∥∞ ). Cela signifie qu’on peut
′
approximer f (0) et f (t ) à volonté par des éléments de V .
1 λn
3. Conclusion : Si ∞
P
n=1 λn = ∞, alors V = Vect{x } est dense dans (C ([0, 1]), ∥ · ∥∞ ).
Question 1
Quelles sont les valeurs prises par la variable aléatoire S iA,k (1) ? Même question pour la variable aléatoire S iA,k (2).
Solution
• Définition : S iA,k (1) représente le montant dont dispose le joueur A après le premier lancer de la pièce.
• Résultats possibles :
– Si la pièce tombe sur “face” (probabilité p), A gagne 1 euro : S iA,k (1) = i + 1.
– Si la pièce tombe sur “pile” (probabilité 1 − p), A perd 1 euro : S iA,k (1) = i − 1.
• Définition : S iA,k (2) représente le montant dont dispose le joueur A après deux lancers de la pièce.
• Etapes possibles :
Question 2
Déterminer la loi de la variable aléatoire S iA,k (2).
Solution
Après deux lancers de la pièce, la variable aléatoire S iA,k (2) peut prendre les valeurs suivantes :
– La pièce tombe une fois sur “ face ” puis une fois sur “ pile ”.
– La pièce tombe une fois sur “ pile ” puis une fois sur “ face ”.
Probabilité :
P (S iA,k (2) = i ) = p(1 − p) + (1 − p)p = 2p(1 − p).
Question 3
Dans le cas où p = 1/2, quelle est l’espérance de S iA,k (2) ?
Solution
1
2. Probabilités associées pour p = 2
¡ 1 ¢2
• P (S iA,k (2) = i + 2) = 2 = 41 ,
• P (S iA,k (2) = i ) = 2 · 21 · 12 = 12 ,
¡ 1 ¢2
• P (S iA,k (2) = i − 2) = 2 = 41 .
3. Calcul de l’espérance
1 1 1
E[S iA,k (2)] = (i + 2) · + i · + (i − 2) · = i .
4 2 4
Question 4
A
Quelle est la valeur de la probabilité w 0,k (i.e., la probabilité que le joueur A gagne s’il dispose de 0 euro en début
de partie) ?
Solution
Si le joueur A commence avec 0 euro :
• Par définition, lorsqu’un joueur est ruiné, il ne peut plus participer au jeu et perd automatiquement.
w 0,k
A
= 0.
Question 5
A
Quelle est la valeur de la probabilité w k,k ?
Solution
Si le joueur A commence avec k euros :
w k,k
A
= 1.
Questions 6 à 9 : Cas i = 2, k = 3
A
6. Calculer la probabilité pour que τ2,3 soit égal à 1.
A A A
7. Expliquer pourquoi S 2,3 (τ2,3 ) = 3 si et seulement si τ2,3 est impair.
A
9. En déduire l’expression (en fonction de p) de w 2,3 . Vous vérifierez que lorsque p = 1/2, le joueur A a 2 chances
sur 3 de remporter le jeu.
A
Question 6 : Probabilité que τ2,3 =1
A
• τ2,3 = 1 signifie que la ruine pour B se produit après le premier lancer.
A
• Pour que A gagne immédiatement (S 2,3 (1) = 3), la pièce doit tomber sur “ face ” avec probabilité p.
A A
• S 2,3 (τ2,3 ) = 3 signifie que A gagne la partie.
A
• Pour atteindre 3 à partir de S 2,3 (0) = 2, A doit gagner un nombre impair de fois car les transitions entre i et
i + 1 alternent.
A
• De manière similaire, A atteint S 2,3 = 0 (ruine) uniquement après un nombre pair de lancers.
A A A
Donc, S 2,3 (τ2,3 ) = 3 si et seulement si τ2,3 est impair.
A
Question 8 : Montrer que P (τ2,3 = 2m + 1) = p m+1 (1 − p)m
Hérédité (m → m + 1) : Si c’est vrai au rang m, la probabilité qu’il ait 2 chances au bout de 2m lancers est de
p m (1 − p)m ,
et donc
A
P(τ2,3 = 2(m + 1) + 1) = p m+1 (1 − p)m+1 × p = p m+2 (1 − p)m+1 .
La formule est démontrée par récurrence.
A A A A P∞ A
w 2,3 est la probabilité que A gagne, soit S 2,3 (τ2,3 ) = 3. D’après la question 8 : w 2,3 = m=0 P (τ2,3 = 2m + 1). En
substituant :
∞
A
p m+1 (1 − p)m
X
w 2,3 =
m=0
∞
X ¡ ¢m
= p p(1 − p) .
m=0
Donc :
A 1 1
w 2,3 =p· =p· 2 .
1 − p(1 − p) p + (1 − p)2
1
Si p = 2 (pièce équilibrée) :
1 1
A 2 2 2
w 2,3 = 1
= = .
4 + 14 1
2
3
Ainsi, A a deux chances sur trois de gagner.
Question 10
Pour tout i ≥ 2, donner l’expression de la fonction g (i , r ) > 0 pour laquelle :
Solution
Détermination de g (i , r )
1. Relation de récurrence donnée
a i +1,r − a i ,r = r · (a i ,r − a i −1,r ).
b i +1 = r · b i .
b i = b 1 · r i −1 ,
où b 1 = a 1,r − a 0,r .
En utilisant b i = a i ,r − a i −1,r , on a :
i
X
a i ,r − a 0,r = bj .
j =1
i
b 1 · r j −1 .
X
a i ,r − a 0,r =
j =1
i 1−ri
r j −1 = b 1 ·
X
a i ,r − a 0,r = b 1 · , si r ̸= 1.
j =1 1−r
4. Définition de g (i , r )
i
b 1 · 1−r
1−r 1−ri
g (i , r ) = = .
b1 1−r
5. Résultat final
1−ri
g (i , r ) = , si r ̸= 1.
1−r
6. Cas particulier : r = 1
a i ,r − a 0,r = i · b 1 ,
donc :
g (i , r ) = i .
Question 11
Montrer que :
a n,r − a 0,r
a 1,r = + a 0,r .
g (n, r )
Solution
D’après la question précédente, nous savons que :
a n,r − a 0,r = g (n, r ) · (a 1,r − a 0,r ),
où g (n, r ) est donné par :
1−r n
(
1−r , si r ̸= 1,
g (n, r ) =
n, si r = 1.
En réarrangeant l’équation, nous obtenons :
a n,r − a 0,r
a 1,r − a 0,r = .
g (n, r )
En ajoutant a 0,r des deux côtés de l’équation, on obtient :
a n,r − a 0,r
a 1,r = + a 0,r .
g (n, r )
La formule demandée est donc démontrée :
a n,r − a 0,r
a 1,r = + a 0,r .
g (n, r )
Question 12
Justifier la relation de récurrence :
w iA,k = pw iA+1,k + (1 − p)w iA−1,k , pour tout i ≥ 1.
Solution
On a
³ ´
w iA,k = P S iA,k (τiA,k ) = k | 1i er lancer = “pile" p
³ ´
+P S iA,k (τiA,k ) = k | 1i er lancer = “face" (1 − p).
Donc
w iA,k = p w iA+1,k + (1 − p)w iA−1,k .
Question 13
Donner l’expression (en fonction de p, k, i ) de la probabilité w iA,k .
Solution
1. Relation de récurrence
D’après la question précédente, la relation de récurrence pour w iA,k est donnée par :
1
2. Cas général : p ̸= 2
1−p
Pour p ̸= 12 , posons r = p . D’après les questions 4, 5 et 11, on obtient :
1−ri
w iA,k = .
1−rk
Cherchons une solution sous la forme :
1
3. Cas particulier : p = 2
Lorsque p = 12 , r = 1. La solution précédente n’est pas directement applicable. L’équation de récurrence de-
vient :
1 1
w iA,k = · w iA+1,k + · w iA−2,k .
2 2
La solution est alors linéaire :
i
w iA,k = .
k
Question 14
Vérifier que le résultat ci-dessus coïncide lorsque i = 2 et k = 3 à la réponse donnée à la question 9. Vous pourrez
dans un premier temps montrer que pour tout p ∈]0, 1[\{1/2} :
p 3 − (1 − p)3
= 1 − p(1 − p).
p 2 − (1 − p)2
Solution
Vérification de l’égalité
La question demande de vérifier que l’expression générale de w iA,k obtenue en question 13 coïncide avec le
résultat spécifique pour i = 2, k = 3, et p ̸= 21 :
p 3 − (1 − p)3 1 − (1 − p)2
= .
p 2 − (1 − p)2 1 − (1 − p)3
1
L’expression générale de w iA,k pour p ̸= 2 est :
1−p i
³ ´
1− p
w iA,k = .
1−p k
³ ´
1− p
2. Développement de w 2,3
A
Développons explicitement :
(1−p)2
1− p2
w iA,k = .
(1−p)3
1− p3
Simplifions davantage :
p 3 · p 2 − (1 − p)2
¡ ¢
w iA,k = 2 ¡ 3 ¢.
p · p − (1 − p)3
Ce qui donne :
p · p 2 − (1 − p)2
¡ ¢
p
w iA,k = = ¢.
p 3 − (1 − p)3
¡
1−p 1−p
Question 15
Quelle est la première ligne de la matrice de transition P ? La dernière ligne ?
Solution
• 0 correspondant à la ruine de A,
• k correspondant à la ruine de B .
1. Structure de la matrice P
Pi ,i −1 = 1 − p, Pi ,i +1 = p, Pi ,i = 0.
• Si i = 0 (ruine de A) :
P0,0 = 1, P0, j = 0 pour j ̸= 0.
• Si i = k (ruine de B ) :
Pk,k = 1, Pk, j = 0 pour j ̸= k.
2. Première ligne de P
La première ligne correspond à i = 0 (ruine de A). Dans cet état, A ne peut plus jouer, donc :
P0 = [1, 0, 0, . . . , 0].
3. Dernière ligne de P
La dernière ligne correspond à i = k (ruine de B ). Dans cet état, B ne peut plus jouer, donc :
Pk = [0, 0, 0, . . . , 1].
4. Résultat final
• Première ligne (i = 0) :
P(0) = [1, 0, 0, . . . , 0].
• Dernière ligne (i = k) :
P(k) = [0, 0, 0, . . . , 1].
Question 16
Pour tout u ∈ {2, . . . , k}, donner les expressions, en fonction de p, de Pu,u−1 , Pu,u+1 et Pu,v pour tout v ∉ {u −1, u +
1}.
Solution
Question 17
La matrice P est-elle une matrice stochastique ? Justifier votre réponse.
Solution
1. Rappel des propriétés d’une matrice stochastique
2. Structure de la matrice P
La matrice P représente les transitions d’une marche aléatoire. Chaque ligne de P correspond aux transitions
possibles depuis un état donné i . En fonction de i , nous avons les cas suivants :
Première ligne (i = 0) :
Dernière ligne (i = k) :
Lignes intermédiaires (1 ≤ i ≤ k − 1) :
• La somme des éléments de chaque ligne est égale à 1, comme montré ci-dessus.
4. Conclusion
La matrice P est une matrice stochastique, car elle satisfait les deux propriétés nécessaires :
Question 18
Pour tout couple (r, s) ∈ {0, . . . , k}2 , donner l’expression de la probabilité P (S iA,k (ℓ + 2) = s | S iA,k (ℓ) = r ), ℓ ∈ N.
Solution
Pour une chaîne de Markov, la probabilité de transition en deux étapes est donnée par :
³ ´ Xk
P S iA,k (ℓ + 2) = s | S iA,k (ℓ) = r = Pr,t · Pt ,s .
t =0
Ici :
2. Formule finale
3. Interprétation
• L’état intermédiaire t correspond à tous les états possibles où le système peut être après une étape depuis r .
• La probabilité totale prend en compte toutes les transitions possibles via les états intermédiaires t .
4. Résultat final
Question 19
Expliciter la probabilité donnée par l’élément P2u,v de la ligne u et de la colonne v de la matrice P2 . Plus géné-
ralement, pour m ∈ N \ {0}, que représente l’élément Pm u,v ?
Solution
L’élément P2u,v de la matrice P2 correspond à la probabilité de passer de l’état u à l’état v en deux étapes. Selon
la définition des puissances d’une matrice de transition, cette probabilité est donnée par :
³ ´ Xk
P2u,v = P S iA,k (ℓ + 2) = v − 1 | S iA,k (ℓ) = v − 1 = Pu,t · Pt ,v ,
t =0
où :
Ainsi, P2u,v est obtenu en sommant, pour tous les états intermédiaires t , les contributions des probabilités de
transition via t .
2. Interprétation de Pm
u,v pour m ∈ N \ {0}
De manière générale, l’élément Pm u,v représente la probabilité de passer de l’état u à l’état v en exactement m
étapes. Cette probabilité est calculée à partir des puissances de la matrice de transition P, en utilisant la relation :
³ ´
Pm A A
X
u,v = P S i ,k (ℓ + m) = v − 1 | S i ,k (ℓ) = v − 1 = Pu,t1 · Pt1 ,t2 · · · · · Ptm−1 ,v .
t 1 ,t 2 ,...,t m−1
Ici :
• La somme est effectuée sur tous les chemins possibles passant par ces états intermédiaires.
• Pour m = 2 :
k
P2u,v =
X
Pu,t · Pt ,v .
t =0
• Pour m ∈ N \ {0} :
Pm
u,v représente la probabilité de passer de l’état u à l’état v en exactement m étapes.
Question 20
La matrice Pm est-elle une matrice stochastique ? Justifier votre réponse.
Solution
2. Analyse de la matrice Pm
La matrice Pm représente les probabilités de transition en exactement m étapes. Elle est obtenue par le produit
matriciel :
Pm = P · P · · · · · P (m fois).
Nous analysons les deux propriétés nécessaires pour déterminer si Pm est stochastique.
• Dans une chaîne de Markov, la somme des probabilités de transition à partir d’un état u doit être égale à 1,
quel que soit le nombre d’étapes.
• Pour P, la somme des lignes est 1. Lorsqu’on élève P à la puissance m, les propriétés de multiplication matri-
cielle garantissent que la somme des lignes de Pm reste égale à 1, car la probabilité totale de transition depuis
un état donné est conservée.
3. Conclusion
La matrice Pm est une matrice stochastique, car elle satisfait les deux propriétés nécessaires :
Pm
P
2. La somme des éléments de chaque ligne est égale à 1 ( v u,v = 1 pour tout u).
Question 21
Comment interprétez-vous les éléments de la (k +1)-ième colonne de la matrice limite Q obtenue lorsque m →
∞ ? Justifier votre réponse.
Solution
Lorsque m → ∞, la matrice Pm converge vers une matrice Q, appelée la matrice limite. Les éléments de Q,
notés Qu,v , représentent les probabilités limites de se trouver dans l’état v en partant de l’état u après un nombre
infini d’étapes.
La (k +1)-ième colonne de Q contient les probabilités limites Qu,k+1 , qui peuvent être interprétées comme suit :
Question 22
Donner la matrice de transition P dans le cas k = 3.
Solution
La matrice P est une matrice (k + 1) × (k + 1), ici 4 × 4, décrivant les probabilités de transition entre les états
{0, 1, 2, 3}. Les transitions possibles sont définies comme suit :
• Etat 0 (ruine de A) :
• Etats intermédiaires 1 ≤ i ≤ k − 1 :
• Etat k (ruine de B ) :
2. Matrice de transition P
1 0 0 0
1 − p 0 p 0
P= .
0 1−p 0 p
0 0 0 1
3. Interprétation
• La première ligne représente l’état 0 (ruine de A) : le système reste bloqué dans cet état.
• Les lignes intermédiaires représentent les transitions entre les états 1 et 2, où le joueur A peut gagner ou
perdre selon la probabilité p et 1 − p, respectivement.
• La dernière ligne représente l’état 3 (ruine de B ) : le système reste bloqué dans cet état.
Question 23
Pour tout m ∈ N \ {0}, donner la première et la dernière ligne de la matrice Pm .
Solution
1. Première ligne (u = 0)
L’état 0 correspond à la ruine de A. Cet état est absorbant, ce qui signifie qu’une fois dans cet état, il est impos-
sible d’en sortir. Par conséquent, la première ligne de Pm est :
Pm
0 = [1, 0, 0, 0].
2. Dernière ligne (u = 3)
L’état 3 correspond à la ruine de B . Cet état est également absorbant, ce qui signifie qu’une fois dans cet état, il
est impossible d’en sortir. Par conséquent, la dernière ligne de Pm est :
Pm
3 = [0, 0, 0, 1].
Question 24
Montrer que lorsque m → ∞, la matrice Pm converge vers la matrice Q que vous préciserez. Vérifier que Q est
une matrice stochastique.
Solution
2. Initialisation (m = 2)
1 0 0 0
q 0 p 0
P= ,
0 q 0 p
0 0 0 1
où q = 1 − p. Calculons P2 = P · P :
1 0 0 0
2
q pq 0 p 2
P2 =
.
q 2 0 pq p 2
0 0 0 1
2/2−1 2/2−1
(pq) j = q · 1, (pq)2/2 = pq, p2 (pq) j = p 2 · 1.
X X
q
j =0 j =0
2/2−1 2/2−1
q2 (pq) j = q 2 · 1, (pq)2/2 = pq, (pq) j = p · 1.
X X
p
j =0 j =0
3. Hérédité
Supposons que l’assertion est vraie pour m = 2k, avec k ∈ N. Montrons qu’elle est vraie pour m = 2(k + 1).
Deuxième ligne de P2(k+1) : La deuxième ligne de P2k est donnée par l’hypothèse de récurrence :
h P i
q k−1
j =0 (pq) j
, (pq) k
, 0, p 2 Pk−1
j =0 (pq) j
.
Troisième ligne de P2(k+1) : La troisième ligne de P2k est donnée par l’hypothèse de récurrence :
h P i
q 2 k−1 j k Pk−1 j
j =0 (pq) , 0, (pq) , p j =0 (pq) .
4. Conclusion
Par récurrence, nous avons montré que pour tout m ∈ N \ {0} pair :
Question 25
En utilisant la question précédente, donner la deuxième et la troisième ligne de la matrice Pm lorsque m est
impair.
Solution
Pour Pm , lorsque m est impair, nous avons :
Pm = Pm−1 · P,
où Pm−1 est la matrice obtenue après m − 1 étapes (avec m − 1 pair), et P est la matrice de transition initiale.
Lorsque m est impair, les deuxièmes et troisièmes lignes de Pm sont données par :
Question 26
Montrer que lorsque m → ∞, la matrice Pm converge vers la matrice Q que vous préciserez. Vous vérifierez
également que Q est une matrice stochastique.
Solution
Convergence de Pm vers Q
1. Comportement de Pm lorsque m → ∞
• Absorbance des états 0 et k : Les états 0 (ruine de A) et k (ruine de B ) sont absorbants. Cela signifie que les
premières et dernières lignes de Pm sont constantes :
Pm
0 = [1, 0, . . . , 0], Pm
k = [0, 0, . . . , 1].
• Comportement des autres lignes : Pour 1 ≤ i ≤ k−1, lorsque m → ∞, les probabilités de transition convergent
vers les probabilités limites dépendant des chances d’atteindre 0 ou k.
où q = 1 − p.
La matrice Q est stochastique, car tous ses éléments sont positifs ou nuls et la somme des éléments de chaque
ligne est égale à 1.
Question 27
Avant de commencer le jeu, une tierce personne lance la pièce : si elle tombe sur “face”, le joueur A reçoit la
somme de 1 euro (et donc le joueur B reçoit 2 euros) sinon il reçoit 2 euros. Calculer la probabilité que le joueur A
gagne en fonction de p.
Solution à la Question 27
La probabilité que le joueur A gagne est :
p × Q2,4 + (1 − p) × Q3,4
(
1
p3 pq si p = 21 ,
= + = 12 1
1 − pq 1 − pq 3 si p = 3 .
p 3 + pq p2 + q p2 + 1 − p
= =p =p = p.
1 − pq 1 − pq 1 − p + p2
Question 1
A quoi correspondent les entiers s, N , et n dans le problème des chars d’assaut ?
Solution
• s : il s’agit du numéro de série du premier char produit. Ce numéro est inconnu, et tous les numéros de série
ultérieurs sont incrémentés de 1 à partir de s.
• N : il s’agit du nombre total de chars produits par les Allemands, dont la valeur est également inconnue. Les
numéros de série vont de s + 1 à s + N .
• n : il s’agit du nombre de chars capturés par les Alliés et dont les numéros de série ont été observés. Ces
numéros permettent d’estimer N .
Question 2
Quel est le cardinal de l’ensemble E n ?
Solution
L’ensemble E n est défini comme :
Cela représente l’ensemble des n-uplets croissants distincts que l’on peut former à partir de N entiers consécutifs.
Le cardinal de cet ensemble correspond au nombre de façons de choisir n éléments distincts parmi N . Ce cardinal
est donné par le coefficient binomial : Ã !
N N!
|E n | = = .
n n!(N − n)!
Explication
• Le choix de n éléments parmi N est une combinaison, car l’ordre des éléments sélectionnés n’a pas d’impor-
tance.
• Le cardinal est donc le nombre de sous-ensembles de taille n que l’on peut former parmi les N entiers.
Question 3
Quelle est la loi de la variable aléatoire (X (1) , . . . , X (n) ) ?
Solution
La variable aléatoire (X (1) , . . . , X (n) ) correspond aux n-uplets ordonnés des numéros de série capturés. Ces n-
uplets sont tirés de manière uniforme parmi tous les n-uplets ordonnés possibles dans {s + 1, . . . , s + N }.
La probabilité associée à chaque réalisation (x (1) , . . . , x (n) ) de la variable aléatoire (X (1) , . . . , X (n) ) est donnée par :
£ ¤ 1
P (X (1) , . . . , X (n) ) = (x (1) , . . . , x (n) ) = ¡N ¢ ,
n
¡N ¢
où n est le nombre total de combinaisons de n éléments parmi N .
Justification
• L’ensemble des numéros capturés est tiré de manière uniforme et aléatoire parmi les N entiers.
• Chaque réalisation de (X (1) , . . . , X (n) ) a une probabilité identique, car toutes les combinaisons sont équipro-
bables dans un tirage aléatoire sans remise.
Question 4
m(N +1)
Montrer que si Y ∼ H (N , n, m), alors E (Y ) = n+1 .
Solution
La variable aléatoire Y suit une loi hypergéométrique inverse de paramètres N , n, et m, notée Y ∼ H (N , n, m).
La définition de cette loi donne :
¡ i −1 ¢¡ N −i ¢
m−1 n−m
P (Y = i ) = ¡N ¢ , pour i ∈ {m, . . . , N − n + m}.
n
Espérance de Y
(N +1) N
¡ ¢
¡N +1¢ n
Enfin, en utilisant n+1 = n+1 , on obtient :
m(N + 1)
E (Y ) = .
n +1
Question 5
m(N +1)(N −n)(n−m+1)
Montrer que si Y ∼ H (N , n, m), alors Var(Y ) = (n+1)2 (n+2)
.
Solution
Formule de la variance
Calcul de E (Y 2 )
Cette somme se simplifie grâce aux propriétés des coefficients binomiaux, donnant finalement :
m(N + 1)(N + 2)
E (Y 2 ) = .
(n + 1)(n + 2)
Calcul de la variance
Question 6
Quel est l’ensemble des valeurs prises par la variable aléatoire X (k) ?
Solution
La variable aléatoire X (k) représente la k-ième valeur minimale parmi les n valeurs tirées aléatoirement dans
l’ensemble {s + 1, . . . , s + N }. En d’autres termes, c’est la k-ième plus petite valeur parmi les n numéros de série
capturés.
Pour X (k) , les valeurs possibles dépendent de sa position k et des contraintes imposées par la structure des
tirages :
X (k) ∈ {s + k, s + k + 1, . . . , s + N − n + k}.
• s+k : C’est la valeur minimale que peut prendre X (k) , car les k −1 valeurs précédentes doivent être inférieures.
• s + N − n + k : C’est la valeur maximale que peut prendre X (k) , car les n − k valeurs restantes doivent être
supérieures.
Question 7
Montrer que X (k) − s suit une loi hypergéométrique inverse dont vous préciserez les paramètres.
Solution
La variable aléatoire X (k) −s représente la k-ième plus petite valeur parmi les n tirages dans l’ensemble {1, . . . , N }.
Elle suit une loi hypergéométrique inverse avec les paramètres N (taille de l’ensemble), n (nombre de tirages), et k
(position de la valeur minimale).
Pour une loi hypergéométrique inverse, la probabilité que X (k) − s = i est donnée par :
¡ i −1 ¢¡N −i ¢
k−1 n−k
P (X (k) − s = i ) = ¡N ¢ ,
n
où :
• i ∈ {k, k + 1, . . . , N − n + k},
¡ i −1 ¢
• k−1 est le nombre de façons de choisir k − 1 éléments parmi les i − 1 premiers,
¡N −i ¢
• n−k est le nombre de façons de choisir les n − k éléments parmi les N − i derniers,
• N
¡ ¢
n est le nombre total de combinaisons de n éléments parmi N .
Interprétation
Question 8
Montrer que N̂ (n, k, ℓ) est un estimateur sans biais de N
Solution
On considère l’estimateur :
n +1
N̂ (n, k, ℓ) :=
(X (ℓ) − X (k) ) − 1.
ℓ−k
Nous devons montrer que cet estimateur est sans biais, c’est-à-dire que :
E [N̂ (n, k, ℓ)] = N .
Espérance de N̂ (n, k, ℓ)
1. Expression de N̂ (n, k, ℓ) :
n +1
N̂ (n, k, ℓ) = (X (ℓ) − X (k) ) − 1.
ℓ−k
2. Espérance de X (ℓ) − X (k) :
Les variables X (k) et X (ℓ) sont respectivement les k-ième et ℓ-ième plus petites valeurs parmi les n tirages. La
différence X (ℓ) − X (k) mesure l’écart entre ces deux rangs dans l’ensemble {s + 1, . . . , s + N }. Par propriété des
lois hypergéométriques inverses, l’espérance de X (ℓ) − X (k) est donnée par :
ℓ−k
E [X (ℓ) − X (k) ] = (N + 1).
n +1
3. Espérance de N̂ (n, k, ℓ) :
En substituant E [X (ℓ) − X (k) ] dans l’expression de N̂ (n, k, ℓ) :
n +1 ℓ−k
E [N̂ (n, k, ℓ)] = · (N + 1) − 1 = N .
ℓ−k n +1
0.1 Question 9
Quelle est la valeur de l’estimateur N̂ (n, k, ℓ) lorsque n = N (i.e., lorsqu’on tire tous les éléments de {s +1, . . . , s +
N }) ?
Solution
Lorsqu’on tire tous les éléments de l’ensemble {s + 1, . . . , s + N }, cela signifie que n = N . Nous déterminons alors
la valeur de l’estimateur N̂ (n, k, ℓ) dans ce cas.
Etapes de la démonstration
X (k) = s + k et X (ℓ) = s + ℓ,
car les k-ième et ℓ-ième plus petites valeurs correspondent exactement à leur rang dans l’ensemble
{s + 1, . . . , s + N }.
n +1
N̂ (n, k, ℓ) = (X (ℓ) − X (k) ) − 1.
ℓ−k
N +1
N̂ (N , k, ℓ) = (ℓ − k) − 1.
ℓ−k
4. Simplification :
N̂ (N , k, ℓ) = N + 1 − 1 = N .
Question 10
Justifier l’équivalence : l’événement [X (k) = i ] ∩ [X (ℓ) = j ] est non vide si et seulement si :
k ≤ i, j − i ≥ ℓ − k, et N − j ≥ n − ℓ.
Solution
Analyse et justification
L’objectif est de comprendre les conditions sur i et j pour que [X (k) = i ] ∩ [X (ℓ) = j ] soit possible, c’est-à-dire
que i soit la k-ième plus petite valeur et j soit la ℓ-ième plus petite valeur parmi les n tirages dans {1, . . . , N }.
1. Condition k ≤ i :
• i est la k-ième plus petite valeur, donc il doit y avoir au moins k − 1 valeurs strictement inférieures à i .
• Cela impose k ≤ i .
2. Condition j − i ≥ ℓ − k :
• j est la ℓ-ième plus petite valeur. Entre i (la k-ième) et j , il doit y avoir exactement (ℓ − k − 1) valeurs
intermédiaires.
• Cela impose j − i ≥ ℓ − k.
3. Condition N − j ≥ n − ℓ :
• j est la ℓ-ième plus petite valeur. Il doit donc rester au moins (n − ℓ) valeurs strictement supérieures à j
dans l’ensemble {1, . . . , N }.
• Cela impose N − j ≥ n − ℓ.
Conclusion
k ≤ i, j − i ≥ ℓ − k, et N − j ≥ n − ℓ.
Question 11
Que faut-il mettre à la place des points d’interrogation pour que :
Solution
Nous devons compléter l’expression suivante pour que E ⋆ (N , n, k, ℓ) représente l’ensemble des valeurs pos-
sibles du couple (X (k) , X (ℓ) ) :
• La valeur maximale de i est imposée par la condition que j = X (ℓ) reste dans l’ensemble {1, . . . , N }. Cela im-
pose :
i ≤ N − n + k.
• j doit être supérieur ou égal à ℓ − k + i , car il doit y avoir au moins (ℓ − k − 1) valeurs entre i et j .
• La valeur maximale de j est imposée par la condition qu’il reste au moins (n − ℓ) valeurs après j , ce qui
donne :
j ≤ N − n + ℓ.
Conclusion
L’ensemble des valeurs possibles pour (X (k) , X (ℓ) ) est donné par :
E ⋆ (N , n, k, ℓ) = {(i , j ) ∈ N2 | k ≤ i ≤ N − n + k, ℓ − k + i ≤ j ≤ N − n + ℓ}.
Question 12
Donner l’expression de la probabilité P ([X (k) = i ] ∩ [X (ℓ) = j ]), où (i , j ) ∈ E ⋆ (N , n, k, ℓ).
Solution
La probabilité est donnée par :
¡ i −1 ¢¡ j −i −1 ¢¡N − j ¢
k−1 ℓ−k−1 n−ℓ
P ([X (k) = i ] ∩ [X (ℓ) = j ]) = ¡N ¢ .
n
Domaine de validité
k ≤ i ≤ N − n + k, ℓ − k + i ≤ j ≤ N − n + ℓ.
Question 13
Montrer que : Ã !Ã !Ã ! Ã !
X i −1 j −i −1 N − j N
= .
(i , j )∈E ⋆ k −1 ℓ−k −1 n −ℓ n
Solution
Nous devons montrer que : Ã !Ã !Ã ! Ã !
X i −1 j −i −1 N − j N
= .
(i , j )∈E ⋆ k −1 ℓ−k −1 n −ℓ n
Interprétation combinatoire
• La gauche de l’égalité représente une sommation sur toutes les paires (i , j ) possibles où X (k) = i et X (ℓ) = j .
¡ i −1 ¢¡ j −i −1 ¢¡N − j ¢
• Chaque terme k−1 ℓ−k−1 n−ℓ
décompose le choix des n valeurs tirées parmi N :
¡ i −1 ¢
– k−1 : Nombre de façons de choisir les k − 1 valeurs inférieures à i ,
¡ j −i −1 ¢
– ℓ−k−1 : Nombre de façons de choisir les ℓ − k − 1 valeurs entre i et j ,
¡N − j ¢
– n−ℓ : Nombre de façons de choisir les n − ℓ valeurs supérieures à j .
Construction du tirage
Le tirage total des n valeurs parmi {1, . . . , N } peut être décomposé en trois parties :
• k − 1 valeurs inférieures à i ,
• ℓ − k − 1 valeurs entre i et j ,
• n − ℓ valeurs supérieures à j .
La somme sur tous les (i , j ) ∈ E ⋆ recouvre tous les choix possibles pour ces trois parties.
Regroupement combinatoire
La somme des termes couvre exactement tous les sous-ensembles de taille n parmi les N éléments, indépen-
damment de l’ordre. Par construction :
à !à !à ! à !
X i −1 j −i −1 N − j N
= .
(i , j )∈E ⋆ k − 1 ℓ − k − 1 n − ℓ n
Question 14
Montrer que pour tout 1 ≤ k < ℓ ≤ n,
£ ¡ ¢¤ ℓ−k h
2
i
E X (k) · X (ℓ) − X (k) = · (N + 1) · E [X (k) ] − E [X (k) ] .
n −k +1
Solution
D’après la définition de l’espérance et la loi jointe (X (k) , X (ℓ) ), nous avons
¡ i −1 ¢¡ j −i −1 ¢¡N − j ¢
N −n+k
X N −n+ℓ k−1 ℓ−k−1 n−ℓ
£ ¤ X
E X (k) · (X (ℓ) − X (k) ) = i(j −i) ¡N ¢
i =k j =ℓ−k+i n
à ! ¡ j −i −1 ¢¡N − j ¢
N −n+k i −1 N −n+ℓ
− i ) ℓ−k−1 n−ℓ
X X
= i (j ¡N ¢ .
i =k k −1 j =ℓ−k+i n
Or : Ã !Ã ! Ã !Ã !
N −n+ℓ
X j −i −1 N−j N −n+ℓ
X j −i N − j
(j −i) = (ℓ − k) .
j =ℓ−k+i ℓ−k −1 n −ℓ j =ℓ−k+i ℓ − k n −ℓ
Posons x = j − i + 1,
à !à !
N −n+ℓ
X j −i −1 N − j
(j −i)
j =ℓ−k+i ℓ−k −1 n −ℓ
à !à !
N −n+ℓ−i
X +1 x − 1 N −x −i +1
= (ℓ − k)
x=ℓ−k+1 ℓ−k −1 n −ℓ
à !à !
N −n+ℓ−i
X +1 x − 1 N −x −i +1
= (ℓ − k)
x=ℓ−k+1 ℓ − k − 1 n − (ℓ − k + 1) − h + 1
à !
N −i +1
= (ℓ − k) .
n −k +1
Or à !à ! à !
N −n−k
X i −1 N −i . N
E (X (k) ) = i .
i =h k −1 n −k n
En combinant, nous obtenons :
ℓ−k ©
(N + 1)E(X (k) ) − E (X (k) )2 .
£ ¤ £ ¤ª
E X (k) · (X (ℓ) − X (k) )) =
n −k +1
Question 15
En déduire la covariance entre X (k) et X (ℓ) lorsque 1 ≤ k < ℓ ≤ n, sous la forme :
Solution
Nous devons montrer que la covariance entre X (k) et X (ℓ) , avec 1 ≤ k < ℓ ≤ n, peut être exprimée sous la forme :
Définition de la covariance
Expression de la covariance
ℓ−k h
2
i
2
Cov(X (k) , X (ℓ) ) = · (N + 1) · E [X (k) ] − E [X (k) ] + E [X (k) ] − E [X (k) ] · E [X (ℓ) ].
n −k +1
Facteur de proportionnalité
où :
n −ℓ+1
r (n, k, ℓ) = .
n −k +1
Question 16
Utiliser les résultats précédents pour montrer que :
¢ (N + 1)(N − n)
Var N̂ (n, k, ℓ) = · [k(n − k + 1) + (ℓ − 2k)(n − ℓ + 1)] .
¡
(ℓ − k)2 (n + 2)
Solution
Etapes de la démonstration
n +1
N̂ (n, k, ℓ) = (X (ℓ) − X (k) ) − 1.
ℓ−k
Sa variance est donc :
n +1 2
µ ¶
Var N̂ (n, k, ℓ) =
¡ ¢ ¡ ¢
· Var X (ℓ) − X (k) .
ℓ−k
¢ (N + 1)(N − n)
Var N̂ (n, k, ℓ) = · [k(n − k + 1) + (ℓ − 2k)(n − ℓ + 1)] .
¡
(ℓ − k)2 (n + 2)
Question 17
Après avoir étudié la fonction k 7→ σ2n (k), quel choix proposer pour k afin de minimiser la variance de l’estima-
teur N̂ (n, k, n) ?
Solution
Nous devons minimiser la variance de l’estimateur N̂ (n, k, n), donnée par :
(N + 1)(N − n)
σ2n (k) := Var(N̂ (n, k, n)) = · [k(n − k + 1) + (n − 2k)] .
(n − k)2 (n + 2)
(N + 1)(N − n) k(n − k + 1) + n − 2k
σ2n (k) = · .
(n + 2) (n − k)2
Les termes constants par rapport à k sont (N + 1)(N − n) et (n + 2). La minimisation revient donc à étudier la
fonction :
k(n − k + 1) + n − 2k
f (k) = .
(n − k)2
En dérivant par rapport à k,
2. Etude de f (k) :
Épreuve de français
Éléments de correction
Épreuve d’anglais
Éléments de correction
Au cours de l’été 2022, le milliardaire Frederick Barclay, alors âgé de 87 ans et présent sur la Rich List du Sunday
Times, a comparu devant la Haute Cour, accusé par son ex-épouse de ne pas avoir respecté leur accord de divorce
d’un montant de 100 millions de livres. Les neveux de Frederick, fils de son frère jumeau David, étaient représentés
par plus d’avocats dans la salle d’audience que leur oncle ou tante et ont tenté, sans succès, d’empêcher la publi-
cation des informations sur l’affaire. Cela reflète bien la famille, notoirement avare de publicité. “Après une vie de
discrétion”, écrit Jane Martinson dans son récit sur les jumeaux et leurs affaires, “des histoires de disputes familiales
et de crises ont soudainement envahi les pages des journaux.”
Le problème du tribunal était que le réseau d’entreprises des Barclay était si complexe que personne, même
au sein de la famille, ne semblait le comprendre. “L’affaire revenait sans cesse à deux questions : la recherche de
sommes d’argent colossales dans des structures de propriété opaques et l’identification du contrôleur ultime.” Cela
pose également un problème à Martinson, car bien que You May Never See Us Again suive les indices comme un
détective, le tableau général reste frustrant, juste hors de portée. Frederick a déclaré au juge que le problème n’était
pas qu’il refusait de payer, mais qu’il en était incapable. La moitié d’un partenariat autrefois estimé à 6 milliards de
livres affirmait désormais ne plus avoir d’argent. Où était-il passé ?