Introduction aux Alcaloïdes
Introduction aux Alcaloïdes
III-Structure chimique :
A-2-Alcaloïdes Hétérocycles à 2 N.
IV-Biogénèses.
VI-Propriétés pharmacologiques.
VII-Emploi.
1
Généralités sur les alcaloïdes Dr Ben Moussa MT
I-Définition :
Les alcaloïdes sont des substances organiques, le plus souvent d'origine végétale,
azotées, basiques, donnant des réactions de précipitation avec certains réactifs
(appelés « réactifs généraux des alcaloïdes ») et douées, à faible dose, de
propriétés physiologiques marquées.
Sur le plan chimique, ils constituent un groupe très hétérogène, possédant cependant
quelques propriétés physico-chimiques communes.
Ils portent tous la terminaison « ine ».
II-Etat naturel et répartition :
Monocotylédones : Amaryllidaceae (colchique), Liliaceae (Galanthus sp..)
Dicotylédones : Annonaceae, Apocynaceae, Fumariaceae, Lauraceae, Loganaceae,
Magnoliaceae, Menispermaceae, Papaveraceae, Ranunculaceae, Rubiaceae, Rutaceae,
Solanaceae, etc.).
Animaux : salamandre ; crapaud ; castor ; coquillage ; poissons.
Champignons : Pénicillium ; Ergot de seigle.
Bactéries : Pseudomonas aeruginosa : pyocyanine.
Chez le végétal les alcaloïdes existent sous la forme soluble, de sels ou sous celle
d’une combinaison avec les tanins.
Les alcaloïdes sont localisés dans les tissus périphériques:
téguments de la graine,
assises externes des écorces de tiges et de racines,
épiderme et couches sous épidermiques des feuilles.
Elles sont stockées dans les vacuoles cellulaires.
La synthèse des alcaloïdes s’effectue au niveau de site précis : racine en croissance,
cellules spécialisées des laticifères, chloroplastes.
III-Structure chimique :
A-Alcaloïdes à azote intracyclique :
A-1-Alcaloïdes avec un seul atome d’azote :
a-noyau pyridine : +/- hydrogéné.
N
N H
pyridine pipéridine
ex:nicotine du Tabac ex.lobéline de la lobélie
2
Généralités sur les alcaloïdes Dr Ben Moussa MT
N CH3
la quinoléine :
N
(ex.quinine, quinidine du Quinquina)
(ex. quinine, quinidine du Quinquina).
l’isoquinoléine :
N
R
la benzylisoquinoléine :
N
R
(ex.papavérine du Pavot)
(Ex, Papavérine du Pavot)
3
Généralités sur les alcaloïdes Dr Ben Moussa MT
N
R
N N N
H H H
pyrrole pyrroline pyrrolidine
(ex.hygrine de la Coca)
N
(ex.alcaloides des Sènecons)
(Ex, alcaloides des Sèneçons)
le noyau indole : +/- hydrogéné.
N N
H H
indole dihydroindole
(ou benzopyrrole)
N
(ex.pilocarpine du Jaborandi)
(Ex, pilocarpine du Jaborandi)
b-noyau pyrimidine :
4
Généralités sur les alcaloïdes Dr Ben Moussa MT
N N
(ex.caféine du Café)
(Ex, caféine du Café)
B-Alcaloïdes à azote extracyclique :
B-1-Les amines alcaloïdiques :
CH2 CH2 NH2 OH
MeO OMe
OMe CH2 CH2 N(CH3)2
(ex.mescaline du Peyotl) (ex.hordénine de l'Orge ou N-diméthyltyramine)
5
Généralités sur les alcaloïdes Dr Ben Moussa MT
Solubilité :
R1 R1
H+ X
-
R2 N R2 N
+ H X-
OH -
R3 R3
BASE SEL
B-Extraction :
Extraction par solvant organique apolaire en milieu alcalin.
Extraction par solvants organiques polaires.
Extraction par l’eau acide.
6
Généralités sur les alcaloïdes Dr Ben Moussa MT
Drogue pulvérisée
(Impuretés)
Phase aqueuse acide
(Sels d’alcaloïdes)
1-traitement alcalin (NH4OH, NaOH…)
Phase aqueuse 2-solvant organique apolaire (CHCl3, éther, toluène)
Phase aqueuse
(Impuretés)
(Impuretés)
Phase organique
(Alcaloïdes bases)
1-lavage (H2O)
3-évaporation
7
Généralités sur les alcaloïdes Dr Ben Moussa MT
Drogue pulvérisée
Ethanol, Méthanol
Marcs épuisées -macération-lixiviation-percolation
Phase organique
(Alcaloïdes bases)
1-lavage (H2O)
3-évaporation
8
Généralités sur les alcaloïdes Dr Ben Moussa MT
Drogue pulvérisée
-H2O acide
-macération-lixiviation-percolation
Marcs épuisées
(Alcaloïdes bases)
1-lavage (H2O)
2-séchage (Na2SO4 anhydre)
3-évaporation
2ème possibilité :
Drogue pulvérisée
-H2O acide
Marcs épuisées -macération-lixiviation-percolation
Complexe filtré
Détruire le complexe
C-Caractérisation :
C-1-Réactions de précipitation :
Réalisées sur les sels (milieu aqueux acide).
Réactif de Dragendorff : (tétraiodo-bismuthate de K+) précipité rouge à orange.
Réactif de Bouchardat : (iodo-iodurée) précipité brun.
Réactif de Mayer : (mercuri-iodure de K+) précipité blanc.
Réactif silico-tungstique :
Réactif à l’iodoplatinate alcalin.
Avec les sels des métaux lourds.
Avec certains acides : acide picrique.
Avec les tanins.
C-2-Réactions de colorations spécifiques des alcaloïdes :
Réaction de Van-Urk : p-diméthylaminobenzaldéhyde (p-DAMB) alcaloïdes
indoliques de l’Ergot de Seigle.
Le sulfate de cérium et d’ammonium : qui différencie les indols (jaunes), les
dihydroindols (rouges), les β-anilinoacrylates (bleus), les oxindoles.
Ninhydrine : pour les arylalkylamines.
Réaction de Vitali-Morin : (HNO3 fumant + KOH) pour les esters tropiques.
Les réactifs au FeCl3 en milieu chlorhydrique : (tropolone) ou perchlorique
(Rauwolfia).
C-3-Caractérisation par chromatographie :
CCM : révélation par les réactifs de coloration.
HPLC : en phase normale ou inverse.
CPG : en quelques cas particuliers.
Electrophorèse :
D-Dosage :
D-1-Dosage pondéral : cocaïne de la coca.
D-2-Dosage volumétrique :
Par acidimétrie direct ;
Par acidimétrie indirect ; alcaloïdes totaux des solanacées.
Par acidimétrie en milieu non aqueux : on opère en solution dans l’acide
acétique anhydre et on titre par l’acide perchlorique en milieu acétique.
D-3-Dosage colorimétrique et spectrophotométrique : alcaloïdes de quinquina
rouge.
10
Généralités sur les alcaloïdes Dr Ben Moussa MT
D-4-Autres :
Dosage fluorimétrique
Dosage densitométrique : après CCM (semi-quantitative).
CPG ou CPG/SM
HPLC ou HPLC/SM/SM ;
Dosage immunologique : les opiacés.
VI-Propriétés pharmacologiques :
Les alcaloïdes sont des substances particulièrement intéressantes pour leurs activités
pharmacologiques qui s'exercent dans les domaines les plus variés :
-Au niveau du système nerveux central :
dépresseurs (morphine, scopolamine)
stimulants (strychnine, caféine) ;
-Au niveau du système nerveux autonome :
sympathomimétiques (éphédrine)
sympatholytiques (yohimbine, certains alcaloïdes de l'ergot de seigle),
parasympathomimétiques inhibiteurs des cholinestérases (ésérine,
pilocarpine, galanthamine),
anticholinergiques (atropine, hyoscyamine, scopolamine),
ganglioplégiques (spartéine, nicotine).
-Curarisants, anesthésiques locaux : (cocaïne),
-Antifibrillants : (quinidine),
-Antitumoraux : (vinblastine, camptothécine),
-Antipaludiques : (quinine),
-Amoebicides : (émétine).
VII-Emploi :
-Préparations galéniques : (belladone, stramoine, jusquiame noire),
-Matières premières : pour l'extraction industrielle des alcaloïdes qu'elles renferment
morphine de la paille de pavot ou de l'opium.
-Hémi-synthèse : codéine à partir de la morphine.
-Synthèse partielle ou totale des molécules analogues : dérivés des alcaloïdes
de l’ergot de seigle.
11
Les alcaloïdes tropaniques Dr Ben Moussa MT
PLAN :
I-Caractères généraux :
A-Structure chimique et répartition botanique
B-Répartition botanique
C-Biogénèse
D-Propriétés physico-chimiques
E-Propriétés pharmacologiques
II-Principaux sources :
A-Solanacées parasympatholytiques officinales
1
Les alcaloïdes tropaniques Dr Ben Moussa MT
I-CARACTERES GENERAUX :
A-Structure chimique et répartition botanique :
1-Noyau tropane :
1 2
7
N CH3 3
6
5 4
noyau tropane
formule plane
2-Les alcools :
Scopanol :
2
Les alcaloïdes tropaniques Dr Ben Moussa MT
Ecgonine :
3-Les acides :
3
Les alcaloïdes tropaniques Dr Ben Moussa MT
B-Répartition botanique :
Convolvulaceae,
Euphorbiaceae,
Proteaceae,
Rhizophoraceae.
Solanaceae,
Erythroxolaceae.
4
Les alcaloïdes tropaniques Dr Ben Moussa MT
C-Biogénèse :
D-Propriétés physico-chimiques :
E-Propriétés pharmacologiques :
5
Les alcaloïdes tropaniques Dr Ben Moussa MT
II-PRINCIPAUX SOURCES :
A-Solanacées parasympatholytiques officinales :
Plante :
Plante vivace par une souche rhizomateuse, à tiges dressées (l-1 ,5 m), elle croît
dans les clairières et les décombres, de préférence en terrain calcaire.
Les fleurs, solitaires, ont une corolle campanulée à lobes brun violacé ou jaune
brun.
Le fruit, une baie subglobuleuse noir brillanté.
Drogue :
Alcaloïdes totaux : 0,3 à 0,6% (hyoscyamine : 90% des alcaloïdes totaux, la teneur en
scopolamine étant très faible).
Plante :
6
Les alcaloïdes tropaniques Dr Ben Moussa MT
Drogue :
Les feuilles seules ou mêlés de sommités florifères et, parfois, fructifères, séchées.
Composition chimique :
Substances minérales : 15-18%
Alcaloïdes totaux : 0,2-0,5% (les proportions hyoscyamine/scopolamine sont très
variables : de 2/3-1/3 à 3/4 -1/4).
La drogue :
Les feuilles seules ou mêlés de sommités florifères et, parfois, fructifères, séchées.
Composition chimique :
Substances minérales : 18-20%.
Alcaloïdes totaux : 0,04-0,15% (les proportions hyoscyamine/scopolamine sont très
variables : de 2/3-1/3 à 3/4 -1/4).
7
Les alcaloïdes tropaniques Dr Ben Moussa MT
8
Les alcaloïdes tropaniques Dr Ben Moussa MT
9
Les alcaloïdes tropaniques Dr Ben Moussa MT
4-Propriétés pharmacologique :
Propriétés de l’atropine et de l’hyoscyamine :
SNC : peu active aux doses usuelles. A plus fortes doses, excitation → délire
atropinique : idiosyncrasie (vieillards et enfants +++).
SNA : aux doses thérapeutiques : parasympatholytique.
Accélération cardiaque (suppression tonus vagal).
Bronchodilatateur (anti asthmatique)
Vasoconstriction (PA augmente)
Ralentissement péristaltisme.
Diminution (voire, suppression) des sécrétions (salive, sueur,
pancréatiques)contre indication.
Spasmolytique neurotopes.
Dilatation de la pupille (mydriase passive)
Scopolamine :
L'activité parasympatholytique de cet alcaloïde est identique à celle de l'atropine,
du moins quant à ses effets périphériques.
Ses effets sur le SNC sont nets et différents : action sédative, tranquillisante,
hypnotique, amnésiante.
Potentialisatrice des neuroleptiques, elle est, à haute dose, « incapacitante ».
Chez certains patients, elle peut provoquer des hallucinations.
5-Emploi :
Les trois drogues sont uniquement utilisées pour la préparation de formes galéniques
: poudre titrée, extrait, teinture.
Ces formes galéniques entrent dans la composition d'un certain nombre de
spécialités pharmaceutiques (en associations) prescrites dans
traitement symptomatique des toux non productives (Bronpax ®,
Codotussyl®).
antispasmodiques,
anti sécrétoire gastriques (Gastropax ®, Gastrosedyl®))
traitement symptomatique d'affections douloureuses et d'affections fébriles
(Lamaline®).
10
Les alcaloïdes tropaniques Dr Ben Moussa MT
Atropine :
Scopolamine :
11
Les alcaloïdes tropaniques Dr Ben Moussa MT
Plante :
Le cocaier est un arbuste cultivé, taillé à une
hauteur variable.
Les rameaux, de coloration rougeâtre, portent
des feuilles ovales, entières, courtement
pétiolées.
Les fleurs, pentamères, sont blanc jaunâtre.
Le fruit est une petite drupe rouge.
On peut distinguer trois taxons
morphologiquement très proches - trois
variétés - rattachés à deux espèces, E. coca et
E. novogranatense :
E. coca Lam. var. coca, (Andes péruviennes et boliviennes)
E. novogrcnratense (Morris) Hieron var. novogranatense. (Colombie et au
Venezuela).
E. novogranatense (Morris) Hieron var. truxillense (Rusby) Plowman. (Pérou
et de l'Équateur).
Drogue :
La feuille de l'espèce type a un limbe légèrement acuminé (2,5-7,5 x 15-
4 cm), marqué plus ou moins sur la face inférieure par deux lignes courbes
qui délimitent un espace ovalaire de part et d'autre de la nervure centrale.
La saveur est faiblement amère;
L'odeur faible (feuille fraîche) est nettement aromatique (feuille sèche) ;
L'examen microscopique : épiderme à cuticule à protubérances semi-circulaires
marquées.
12
Les alcaloïdes tropaniques Dr Ben Moussa MT
Composition chimique :
Huiles essentielles, flavonoïdes, tanins.
Alcaloïdes : 0,5-1,5%
Constituant principal 30 à 50% est un alcaloïde ester (cocaïne, ecgonine, tropacaïnes
et truxillines)
Pyrrolidines (hygrine, cuscohygrine).
Pharmacologie :
La cocaïne est un anesthésique local (Anesthésique de surface).
Sur le système nerveux autonome : sympathomimétique.
Au niveau périphérique : hyperthermie, une vasoconstriction, une mydriase.
Au niveau central : stimulation qui s'accompagne d'euphorie et d'une exaltation
du psychisme recherchées par les toxicomanes.
L'abus donne naissance à la « cocaïnomanie » avec l'installation rapide d'une
dépendance psychique très intense.
Le chlorhydrate de cocaïne est inscrit sur la liste des stupéfiants. Il n'est pratiquement
plus utilisé en thérapeutique.
Emploi :
Les feuilles sont uniquement utilisées pour l'extraction de la cocaïne.
13
Drogues à alcaloïdes quinolizidiniques Dr Ben Moussa MT
Plan :
I-Généralités
A-Définition.
Le Genêt à balais.
1
Drogues à alcaloïdes quinolizidiniques Dr Ben Moussa MT
I-Généralités :
A-Définition :
2
Drogues à alcaloïdes quinolizidiniques Dr Ben Moussa MT
1-Plante :
Est un arbrisseau buissonnant silicicole (50-250 cm), très commun dans toute
l'Europe.
2-La drogue :
a-Les rameaux : vert noirâtre par dessiccation, sont raides, anguleux, glabres, peu
ramifiés, de 1 à 2 millimètres de diamètre.
b-Les fleurs : séchées sont jaune brunâtre (par suite de l'oxydation d'amines
aromatiques comme nous le verrons plus loin), d'odeur agréable, de saveur peu
marquée. On doit conserver à l'abri de l'humidité et de la lumière.
3
Drogues à alcaloïdes quinolizidiniques Dr Ben Moussa MT
Récolte :
On récolte les fleurs en avril-mai, au début de la floraison.
Les rameaux en hiver ou après la fructification (teneur maximale en alcaloïdes).
3-Composition chimique :
La plante doit son odeur à la 4-mercapto-4-méthylpentan2-one.
La drogue sèche renferme 5 à 10% d'eau, 2-3% de matières minérales.
Principes actifs :
a-Les alcaloïdes : 0,5 - 1,5 %, largement majoritaire dans les rameaux, 60 % est la
(-)-spartéine
c-Les flavonoïdes :
4
Drogues à alcaloïdes quinolizidiniques Dr Ben Moussa MT
4-Action pharmacologique :
La spartéine est un :
Ganglioplégique léger,
Diminue l'excitabilité, la conductibilité ainsi que la fréquence et l'amplitude
des contractions cardiaque.
Ocytocique.
5-Emploi :
On n'utilise pas les rameaux de genêt pour la préparation d'infusions, mais
uniquement pour l'extraction de la spartéine : après extraction par de l'eau acidifiée,
la phase aqueuse est alcalinisée et soumise à un entraînement par la vapeur d'eau ; la
spartéine se sépare, dans le condensat, par différence de densité. Le produit brut est
purifié et transformé en sulfate.
a-Emploi de la spartéine :
Les préparations à base de genêt à balais ne doivent pas être utilisées pendant la
grossesse et en cas d'hypertension.
5
LES ALCALOIDES INDOLIQUES « ERGOLINES » Dr Ben Moussa MT
PLAN
I-Généralités :
A-Structure chimique
C-Biogénèse
II-Ergot de seigle :
A-Introduction
B-Etude botanique
C-Composition chimique
E-Propriétés pharmacologiques
F-Emploi
1
LES ALCALOIDES INDOLIQUES « ERGOLINES » Dr Ben Moussa MT
I-Généralités :
A-StructureHchimique
O : CH 2 CH COO - HO CH 2 CH 2 NH 2
+
NH 3
tyramine
tyrosine
N N
indole dihydroindole
Tous les alcaloïdes de ce groupe sont des dérivés d'un noyau tétracyclique octahydro-
indoloquinoléique, l'ergoline.
7
6
8 N
5
9
10 4
12 11 2
13
14
N
H
ergoline
2
LES ALCALOIDES INDOLIQUES « ERGOLINES » Dr Ben Moussa MT
OH
NH 2 COOH
P-P-O OH
COOH
DMAPP acide mévalonique
N
H
NH 2
COOH
N
H
tryptophane
CH 2OH
CH 2OH
méthionine
H
H N
NH CH 3 CH 3
NH CH 3 H
H
N
N N
H
H H
elymoclavine
chanoclavine
COOH COOH
8 8
9 9
N H
N
10 CH 3 CH 3
H H
N N
H H
acide lysergique acide paspalique
II-Ergot de seigle :
A-Introduction :
L'ergotisme « feu sacré » ou « feu de Saint Antoine »: épidémies résulte
de l'ingestion de céréales contaminées par le champignon, se présentait couramment
sous deux formes :
Forme gangréneuse
Forme convulsive
3
LES ALCALOIDES INDOLIQUES « ERGOLINES » Dr Ben Moussa MT
B-Etude botanique :
B-1-Position botanique :
-Embranchement : Mycomycophytes
-Classe : Ascomycètes
-Ordre : Clavicipitales
-Famille : Clavicipitaceae
-Genre : Claviceps
-Espèce : purpurea (Fries) Tulsane
B-2-Le champignons : le sclérote :
Le champignon existe sous deux formes :
La forme végétative : stroma conidiogène appelé sphacélie (formée du mycélium)
La forme de résistance : sclérote : est une masse allongée, arquée, pourpre
noirâtre, destinée à passer l'hiver sur le sol.
B-3-Cycle végétatif :
-le cycle sexué : commence au printemps avec la formation, sur le sclérote, de
masses stromatiques pédicellées contenant chacune de nombreuses ascothecies. Les
ascospores filamenteuses (60-70 x 2 µm) libérées et emportées par le vent vont
infester les fleurs du seigle. Le mycélium se développe alors en un stroma
conidiogène, des phialides atypiques produisant les conidiospores;
-le cycle asexué : les conidiospores véhiculées par les insectes, assurent une
reproduction asexuée du gamétophyte haploïde mycélien.
4
LES ALCALOIDES INDOLIQUES « ERGOLINES » Dr Ben Moussa MT
C-Composition chimique :
Substances banales :
-glucides
-aminoacides,
-lipides : 20 à 40 %
-stérols (ergostérol et composés apparentés),
-pigments anthraquinoniques.
5
LES ALCALOIDES INDOLIQUES « ERGOLINES » Dr Ben Moussa MT
Principes actifs :
1-Les amines : issues de la décarboxylation d'amino-acides (tyramine dérivé de la
tyrosine, histamine de l’histidine)
2-Les alcaloïdes :
0,15 - 0,5 %, l % chez les souches destinées à l'infestation artificielle de céréales.
On distingue deux groupes :
-Les dérivés de l’acide lysergiques,
-Les clavines.
2-1-Les dérivés de l’acide lysergiques :
Sont des amides de l’acide lysergique et de son isomère l’acide d-lysergique.
2-1-1-Les amides simples :
20% des alcaloïdes totaux.
Solubles dans l’eau.
L’alcaloïde majoritaire est l’ergométrine (=ergobasine=ergonovine) amide
de l’acide lysergique et du 2-amino-propanol.
H
O N
OH
H 8
9
7
12 10 6
N
13 11 5 CH3
H
14 4
N
H 2
ergométrine
6
LES ALCALOIDES INDOLIQUES « ERGOLINES » Dr Ben Moussa MT
AA2
L-proline
AA1 10' 9'
1' OH
8'
O
R' ' H N7'
2
N 5'
N 3'
O
O H
O R
H 8 AA3
9
7
12 10 6
N
13 11 5 CH3
H
14 4
N
H 2
Ergotamines (L-hydroxy-alanine)
Ergoxines (α-hydroxy α-aminobutyrique)
Ergotoxines (L-hydroxyvaline)
Le deuxième acide aminé est le même pour tous les alcaloïdes : L-proline.
Le troisième acide aminé est variable pour chaque alcaloïde.
7
LES ALCALOIDES INDOLIQUES « ERGOLINES » Dr Ben Moussa MT
10' 9'
' OH
8'
1
O
H3C H N7'
2'
N 5'
N 3'
O
O H
O R
H 8
9
7
12 10 6
N
13 11 5 CH3
H
14 4
N
H 2
A ergotamines
10
' '
9
1' OH
8'
H 3C O
H N7'
2
'
N 5'
N 3
' O
O H
O R
H 8
9
7
12 10 6
N
13 11 5 CH 3
H
14 4
N
H 2
B ergoxines
8
LES ALCALOIDES INDOLIQUES « ERGOLINES » Dr Ben Moussa MT
10
' 9
'
1
' OH '
8
H 3C O
H N7'
H 3C 2
'
N 5
'
N '
3
O
O H
O R
H 8
9
7
12 10 6
N
13 11 5 CH 3
H
14 4
N
H 2
C ergotoxines
Groupe Groupe Groupe
ERGOTAMINES ERGOXINES ERGOTOXINES
AA1 L-hydroxy- α-hydroxy α- L-hydroxyvaline
CH 3
AA3 alanine aminobutyrique (R’= CH
)
(R’=CH3) (R’= -CH2 -CH3) CH 3
9
LES ALCALOIDES INDOLIQUES « ERGOLINES » Dr Ben Moussa MT
2-2-Les clavines :
Ce sont des dérivés méthylés ou hydroxyméthylés de l’ergoline en C8.
Exemple : elymoclavine.
OH
7
6 CH 3
8 N
5 H
9
10 4
H
12 11 2
13
14
N
H
elymoclavine
10
LES ALCALOIDES INDOLIQUES « ERGOLINES » Dr Ben Moussa MT
b-Essai quantitatif :
Teneur en eau : <5%
Teneur en cendre sulfurique : <5%
D-3-Dosage des alcaloïdes :
Dosage colorimétrique : avec para-diméthylaminobenzaldéhyde (p.D.A.B).
Dosage chromatographique : HPLC et HPLC/SM/SM, CPG et CPG/SM.
Dosage immunologique.
E-Propriétés pharmacologiques :
L'action pharmacologique des alcaloïdes de l'ergot trouve son origine dans l'analogie
structurale qu'ils présentent avec la noradrénaline, la dopamine et la sérotonine.
11
LES ALCALOIDES INDOLIQUES « ERGOLINES » Dr Ben Moussa MT
9,10-Dihydroergotoxine :
-Stimulation des récepteurs centraux
-Vasodilatation périphérique
-Action régulatrice du métabolisme neuronal.
Nicergnline :
-α-1-adrénolytique.
-Vasodilatateur cérébral.
-Antiagrégant plaquettaire.
12
LES ALCALOIDES INDOLIQUES « ERGOLINES » Dr Ben Moussa MT
F-Emploi :
F-1-Alcaloïdes naturels ou modifiés :
Dihydroergotoxine : HYDERGINE®
Dihydroergocristine : ISKÉDYL®
Méthysergide : DÉSERNIL-SANDOZ®
13
LES ALCALOIDES INDOLIQUES « ERGOLINES » Dr Ben Moussa MT
Maladie de Parkinson.
®
Lisuride : DOPERGINE
14
Les alcaloïdes quinoléiques Dr Ben Moussa MT
« INDOLO-MONOTERPENIQUES »
PLAN :
I-Généralités :
A-Structure chimique
B-Biogenèse
C-Répartition botanique
A-Etude botanique
B-Composition chimique
D-Propriétés pharmacologiques
E-Emploi
1
Les alcaloïdes quinoléiques Dr Ben Moussa MT
I-GENERALITES :
A-Structure chimique :
N
(ex.quinine, quinidine du Quinquina)
B-Biogenèse : tryptophane.
C-Répartition botanique :
2
Les alcaloïdes quinoléiques Dr Ben Moussa MT
3
Les alcaloïdes quinoléiques Dr Ben Moussa MT
B-Composition chimique :
1-Matière secondaire :
Tanins catéchiques (3 à 5%) :
-Cinchonaïnes Ia et Id : caféates de flavan-3-ols.
-Cinchonaïnes IIa et IIb= Cinchonaïnes Ia et Id-(48)-épicatéchine.
En s’oxydant phlobaphènes (« rouge de Quinquina »).
Huiles essentielles : traces.
Acides organiques : acide quinique. HO COOH
HO OH
OH
acide quinique
4
Les alcaloïdes quinoléiques Dr Ben Moussa MT
noyau quinoléine
H2C CH H H 2C CH H
N N
H H
HO H HO H
5' 4
' 5' 4
'
H3CO H
3' 3'
6' 6'
2' 2'
7' N 7' N
8
' 8
'
1
' 1
'
R= OCH3:(-)-quinine(8S,9R) R= H (-)-cinchonidine(8S,9R)
H2C CH H H2C CH H
H H
N N
HO HO
5' '
4 5' '
4
H3C O H H H
3' 3'
6' 6'
' 2
' ' 2
'
7 N ' 7 N'
8 8
1' 1'
R= OCH3 (+)-quinidine(8R,9S) R= H (+)-cinchonine(8R,9S)
5
Les alcaloïdes quinoléiques Dr Ben Moussa MT
Cinchonamine :
N
N
H
CH CH 2
cinchonamine
H HH +
H N+ + N+
N H H
N +N+N
H HH
H
H H
_ _ HH OO ____ HOHO
R
5
R
HO HO H
'
54'
'
4
'
H
XX RR
5' 5' '
4 ' 4
H
H
X
X H H
R R
'
33'
3' 3' 6' 6'
6' 6'
' ' '
22'
' ' 2 2 7' 7' NN N N
7
' 7 8N ' N 8' 8' '
11'
8 ' '
1 1 ou
-Sels « neutres » (à réaction acide au papier pH), plus hydrosolubles ;
Q2+, 2X- (acide monovalent) Q2+, X2- (acide divalent)
H2C CH H H2C CH H
H H
N+ N+
H
_ H
X __
HO H HO H
R R
X
+ _ +
N X N
H ou H
2-Extraction :
6
Les alcaloïdes quinoléiques Dr Ben Moussa MT
3-Caractérisation :
7
Les alcaloïdes quinoléiques Dr Ben Moussa MT
a-Réaction de fluorescence :
Quinine et quinidine en solution acide oxygéné (H2SO4, HNO3) ont une fluorescence
bleu intense en UV qui disparait par addition d’HCl.
b-Réactions colorées spécifiques :
De la « thalléoquinine » : la solution H2SO4 de quinine ou quinidine est
additionnée d’eau de brome jusqu'à disparition de fluorescence. Par addition de
NH4OH, une coloration vert émeraude, extractible par le chloroforme, apparait.
De l’ « érythroquinine » : si addition de ferrocyanure de potassium (Fe(CN)6K4),
une coloration rouge violacé, également extractible par le chloroforme.
4-Dosage :
Spectrophotométrique.
D-Propriétés pharmacologiques :
Drogue totale :
Antimalarique,
Antipyrétique,
Tonique,
Astringente.
Quinine :
Antimalarique, actif sur les formes intra-érythrocytaires, jusqu'au stade
trophozoite jeune. Active sur Plasmodium vivax, falciparum, malarias et
ovale.
Au niveau myocardique : diminue l'excitabilité, la conductibilité et la
contractilité.
n'est que très modestement antipyrétique et analgésique,
Faiblement curarisante au niveau de la plaque motrice.
Quinidine :
Antifibrillant
Antiarythmique.
E-Emploi :
8
Les alcaloïdes quinoléiques Dr Ben Moussa MT
9
Les alcaloïdes isoquinoléines « pavot somnifere » Dr Ben Moussa MT
PLAN :
I-Généralités :
A-Structure chimique
B-Distribution botanique
C-Biogenèse
A-Etude botanique
B-Composition chimique
D-Propriétés pharmacologiques
E-Emploi
F-Toxicité
1
Les alcaloïdes isoquinoléines « pavot somnifere » Dr Ben Moussa MT
I-Généralités :
A-Structure chimique :
N N
N
R
(ex.morphine, codéine du Pavot somnifère)
B-Distribution botanique :
Papaveraceae,
Menispermaceae,
Lauraceae,
Euphorbiaceae.
C-Biogenèse :
Tyrosine ;
2
Les alcaloïdes isoquinoléines « pavot somnifere » Dr Ben Moussa MT
HO
H3CO
COOH
NH
HO N
NH2 H3C O
HO HO
OCH3
COOH
HO
NH2 OCH3
HO Norlaudanosine Papavérine
2 tyrosine
H3C O HO
HO HO
HO CH3 HO
N NH
H3C O HO
Norlaudanosine
H3C O 2 2
H3C O H3C O
1 1
3 3
HO 4 4
15 10 15 10
16 16
O O
9 9
N CH3 5
13
5
13
14 N CH3 14 N CH3
6 H 6 H
H3C O 8 8
H3C O 7
O 7
OH Codéinone
thébaine
2
HO 2
3
1 H3C O
1
3
4 15 10
16
O 4 15 10
5
H 9 O 16
13
N CH3 5 H 9
14 13
6 H 14 N CH3
8 6 H
HO 7
8
HO 7
morphine
codéine
3
Les alcaloïdes isoquinoléines « pavot somnifere » Dr Ben Moussa MT
1-La plante :
4
Les alcaloïdes isoquinoléines « pavot somnifere » Dr Ben Moussa MT
2-Parties employées :
a- Les feuilles,
b- Les capsules,
c- Les graines,
d- La paille.
e- Opium :
5
Les alcaloïdes isoquinoléines « pavot somnifere » Dr Ben Moussa MT
B-Composition chimique :
Opium :
1-Substances banales :
Eau : 10 à 15%
Matières minérales : 5 à 10%
Sucres : 20%
Les acides organiques : acide méconique, acide lactique,
HOOC O COOH
OH
O
acide méconique
2-Principes actifs :
a-Groupes de la morphine (groupes à noyau morphinane) :
Morphine :
2
HO
1
3
4 15 10
16
O
5
H 9
13
14 N CH 3
6 H
8
HO 7
morphine
6
Les alcaloïdes isoquinoléines « pavot somnifere » Dr Ben Moussa MT
Codéine :
2
H3CO
1
3
4 15 10
16
O
5 H 9
14 N CH3
6 H
8
HO 7
codéine
Thébaïne :
2
H3C O
1
3
4 15 10
16
O
9
5
13
14 N CH3
6 H
8
H3C O 7
thébaine
N
H3CO
OCH3
OCH3
papavérine
7
Les alcaloïdes isoquinoléines « pavot somnifere » Dr Ben Moussa MT
N CH3
O
H
H3CO O O
H
OCH3
OCH3
noscapine(=narcotine)
O
CH3
N
O
O
O
O
protopine
1-Extraction :
On distingue 2 types, selon la matière première utilisée :
8
Les alcaloïdes isoquinoléines « pavot somnifere » Dr Ben Moussa MT
9
Les alcaloïdes isoquinoléines « pavot somnifere » Dr Ben Moussa MT
2-Caractérisation :
2-1-Essai qualitatif :
a-Réaction de caractérisation de l’acide méconique :
Après extraction par l'éther en milieu chlorhydrique, celui-ci est caractérisé par la
coloration rouge-grenat qu'il donne en présence d'une solution diluée de perchlorure
de fer.
b-Réaction de caractérisation de la porphyroxine (papavérubine D) :
(Alcaloïde phénolique, abondant dans l'opium de l'Inde)
L'opium est trituré avec un lait de chaux.
Après filtration, la liqueur est agitée avec de l'éther qui est séparé et évaporé.
Au résidu, on ajoute 1 ml d'acide chlorhydrique et l'on chauffe quelques
minutes au bain marie : on obtient une coloration rouge intense.
c-CCM : révélation par iodobismuthate de potassium.
2-2-Essai quantitatif :
Taux d’humidité : <15%
3-Dosage des alcaloïdes (morphine) :
Dosage acidimétrique (volumétrique),
Dosage colorimétique (spectrophotométrique) : coloration jaune de
nitrosomorphine.
Dosage pondéral (précipitation de la morphine à l’état d’éther dinitrophénylique)
Méthodes chromatographiques :
CPG ou CPG/SM, HPLC ou HPLC/SM/SM.
D-Propriétés pharmacologiques :
1-Morphine :
a-Effets au niveau du système nerveux central :
Effet analgésique.
Effets respiratoires : La morphine déprime les centres respiratoires bulbaires.
Autres effets centraux :
Déprime le centre de la toux,
Myosis,
Apparition de vomissements.
Dépression de l'activité hypophysaire diminution de la sécrétion de
FSH, de LH, d'ACTH.
10
Les alcaloïdes isoquinoléines « pavot somnifere » Dr Ben Moussa MT
Dépendance : psychodysleptiques
b-Effets périphériques :
Effets digestifs :
Vomissements,
Constipation.
Induit une rétention urinaire (Antidiurétique)
Bradvcardisante,(dose forte)
Vasodilatatrice (dose forte)
Hypotensive (dose forte).
2-Codéine :
Antitussive,
Analgésique moins intensif que la morphine.
Antalgique comme paracétamol (plus prolongé dans le temps).
3-Noscapine :
Antitussive par action centrale et périphérique (spasmolytique).
E-Emploi :
Naturels
1-Opium et concentré de paille de pavot :
Sont utilisés pour l'extraction des alcaloïdes.
11
Les alcaloïdes isoquinoléines « pavot somnifere » Dr Ben Moussa MT
2-Morphine :
Douleurs intenses ou rebelles aux antalgiques de niveau plus faible, en particulier
douleurs d'origine cancéreuse.
2-Dihydrocodéine :
Traitement symptomatique des affections douloureuses d'intensité moyenne.
3-Hydromorphine :
Antalgique en cas d’intolérance ou de résistance à la morphine.
4-Nalpuphine :
Douleurs intenses et/ou rebelles aux antalgiques de niveau plus faible.
5-Oxycodone :
Douleurs intenses et/ou rebelles aux antalgiques de niveau plus faible.
6-Ethylmorphine :
Traitement symptomatique des toux non productives gênantes
12
Les alcaloïdes isoquinoléines « pavot somnifere » Dr Ben Moussa MT
7-Pholcodine :
Traitement symptomatique des toux non productives gênantes.
8-Méthylnaltrexone :
Traitement des constipations liées aux opioïdes.
9-Nalorphine :
Antidote de la morphine.
10-Naltrexone :
Dans le cadre de la toxicomanie aux opiacés, traitement de soutien
après la cure de sevrage, en consolidation,
dans la prévention tertiaire pour éviter les rechutes.
Traitement de soutien dans le maintien de l'abstinence chez les patients
alcoolodépendants.
11-Héroïne :
Non utilisée en thérapeutique.
F-Toxicité :
1-Intoxication aiguë :
Excitation, vertiges, parfois de vomissements, elle est caractérisée par des troubles
respiratoires, et la mort survient par asphyxie. Les enfants sont très sensibles aux
opiacés.
13
LES TROPOLONES « COLCHIQUE » Dr Ben Moussa MT
PLAN
I-Généralités :
A-Structure chimique
B-Biogenèse
II-Colchique :
A-Etude botanique
B-Etude chimique
D-Propriétés pharmacologiques
E-Emploi
F-Toxicité
1
LES TROPOLONES « COLCHIQUE » Dr Ben Moussa MT
I-GENERALITES :
A-Structure chimique :
OH
tropolone
B-Biogenèse :
+ COOH H3C O
+ H3C O
NH2 +
NH2 NH CO CH3
H3CO * COOH H3C O
phénylalanine
H3CO
H3CO
*
* COOH
° O
NH2 ° OH H3CO
H3CO
HO °
tyrosine
II-COLCHIQUE :
Colchicum autumnale L.,Colchicaceae (ex Liliaceae)
A-Etude botanique :
1-La plante :
2-Les drogues :
a-Les graines :
Très petites 2-3mm de diamètre forme subglobuleuse, très dures, avec tégument
brun rougeâtre, finement ponctué, un coté avec un épaississement
charnu=strophiole.
La drogue est produite essentiellement par cueillette (Europe centrale), la récolte à
maturité des fruits.
2
LES TROPOLONES « COLCHIQUE » Dr Ben Moussa MT
b-Le bulbe :
Ovoïde, 3-4cm long sur 2-5 cm larges aspects d’une petite châtaigne avec une face
plane, se présente en tranches minces réniformes (découpé transversalement).
On récolte le bulbe en début de l’été.
B-Etude chimique :
1-Des graines :
a-substances banales : eau, matières minérales, sucres réducteurs, amidon,
lipides, protides, résine, tanin.
b-principes actifs :
0,3 à 1,2% alcaloïdes et glucoalcaloïdes
Alcaloïdes : dont le plus important est la colchicine.
Glucoalcaloïdes : Colchicoside
R1 O 1 5
2
6
3 A B
7 NH R3
R2 O
4
H 3CO 12 C
8
11 9
10 O
OCH 3
R1 R2 R3
Colchicine (substance A) CH3 CH3 CO-CH3
Substance B CH3 CH3 CO-H
Substance C H CH3 CO-CH3
Substance E CH3 H CO-CH3
Substance F Démécolcine ou CH3 CH3 CH3
colchamine
colchicoside C6H11O5 CH3 CO-CH3
2-Du bulbe :
Similaire à celle des graines.
Teneur en alcaloïdes plus faible (0,2-0,6%).
3
LES TROPOLONES « COLCHIQUE » Dr Ben Moussa MT
4
LES TROPOLONES « COLCHIQUE » Dr Ben Moussa MT
2-Colchicine :
Anti-inflammatoire,
Antigoutteux,
Antimitotique.
3-Colchicoside :
Anti-inflammatoire,
Antigoutteux.
E-Emploi :
1-Colchicine :
Traitement de la goutte aigu (Colchicine Houdé ®, association Colchimax®).
Inhibiteur de la biosynthèse du collagène dans certaines maladies
(sclérodermies, cirrhoses, maladie périodique, maladie de Behçet...).
Autres emplois : en agriculture pour obtenir des plantes polyploïdes
(cellules géantes).
2-Colchicoside :
Utilisé dans les maladies allergiques (prurits rebelles).
3-Thiocolchicoside :
Dérivé d’hémisynthèse à partir de la colchicoside (analogue soufré).
Le thiocolchicoside est décontracturant, myorelaxant, utilisé dans le traitement des
contractures musculaires et en rééducation fonctionnelle (Coltramyl ®).
C6H11O5 O 1 5
2
6
3 A B
7 NH CO CH3
H3C O
4
H3CO 12 C
8
11 9
10 O
S CH3
F-Toxicité :
La colchicine est toxique et a une marge thérapeutique étroite. L'intoxication se
manifeste par des diarrhées, des vomissements puis une atteinte rénale,
médullaire et bulbaire (dépression respiratoire), pouvant entraîner la mort.
5
Les alcaloïdes a noyau imidazole- « colchique » Dr Ben Moussa MT
PLAN
I-Généralités :
A-Structure chimique
B-Répartition botanique
II-Jaborandi :
A-Etude botanique
B-Composition chimique
D-Propriétés pharmacologiques
E-Emploi
1
Les alcaloïdes a noyau imidazole- « colchique » Dr Ben Moussa MT
I-GENERALITES :
A-Structure chimique :
N
H
imidazole
B-Répartition botanique :
II-JABORANDI :
A-Etude botanique :
1-La plante :
2
Les alcaloïdes a noyau imidazole- « colchique » Dr Ben Moussa MT
Caractères macroscopique :
Dans le commerce les folioles sont mondées. Elles
ont 2 à 5 cm de long sur 1 à 2,5 de large. Seules les
folioles terminales ont un pétiole de 5 à 10 mm.
La nervure médiane est assez saillante, le limbe est
mince, de coloration gris-vert à vert jaunâtre, avec
ponctuations peu visibles par transparence.
L'odeur est faible, la saveur amère; la masticat ion
augmente la sécrétion salivaire.
Caractères microscopique :
Poils tecteurs courts uni-cellulaires
Poils sécréteurs pluricellulaires (rares).
Poches à essence schizolysigènes
B-Composition chimique :
1-substances banales :
Eau 6-8%, matières minérales 5-7%, huiles essentielles 0,5%, tanin.
2-principes actifs :
Sont des alcaloïdes (0,7-0,8%) à noyau imidazole. Le principal est la pilocarpine.
N
H
imidazole
3
Les alcaloïdes a noyau imidazole- « colchique » Dr Ben Moussa MT
4
Alcaloïdes diterpéniques : aconit Dr Ben Moussa MT
PLAN :
I-GENERALITES :
A-Définition
B-Répartition botanique
C-Structure chimique
D-Biogenèse
II-ACONIT :
A-La plante
B-La drogue
C-Composition chimique
E-Emploi
1
Alcaloïdes diterpéniques : aconit Dr Ben Moussa MT
I-GENERALITES :
A-Définition :
L'alcaloïde n'est pas issu du métabolisme d'un acide aminé : c'est en fait un
terpénoïde (diterpène) qui, tardivement, incorpore un atome d'azote.
Si leur origine isoprenique a conduit certains auteurs à ne voir dans ces composés
que des « pseudoalcaloïdes ».
B-Répartition botanique :
-En majorité chez les Ranunculaceae (Aconitum, Consolida, Dc'phinium).
-Sporadiquement, chez des Rosaceae (Spiraea), des Garryaceae, des
Escalloniaceae (Anopterus).
C-Structure chimique :
Leur structure est toujours complexe et leur squelette peut compter 19 ou 20
atomes de carbone : on parlera respectivement d'alcaloïdes norditerpéniques et
d'alcaloïdes diterpéniques.
A-1-Les alcaloïdes norditerpéniques : 19 atomes de carbone on distingue
a-Le type aconitine : (non substitué en C-7, comme la delphinine),
b-Le type lycoctonine (substitué en C-7),
c-Le type pyro-norditerpénique (8,15-déhydro)
d-Le type lactone : dans lequel le cycle C est transformé en lactone par une
séquence réactionnelle.
2
Alcaloïdes diterpéniques : aconit Dr Ben Moussa MT
II-ACONIT :
Aconitum napellus L., Ranunculaceae
A-La plante :
L'aconit napel est une plante herbacée assez polymorphe, vivace par une racine
tubérisée.
La tige, dressée,
Les feuilles alternes fortement pennatiséquées en 3 à 7 segments eux-mêmes divisés
en lobes étroits.
Les fleurs sont groupées en grappes. Le calice est formé de 5 sépales bleu violacé; le
sépale postérieur, très caractéristique par sa forme de casque, enveloppe les sépales
latéraux. Les pétales pont réduits (cornets nectarifères et languettes).
B-La drogue :
La racine est napiforme, pointue (5-8 x 2-3 cm). Sa surface est brun noirâtre, striée
longitudinalement : sa cassure est nette, blanchâtre. La racine est inodore, sa saveur
est douce puis âcre et accompagnée d'une sensation de fourmillement et
d'engourdissement de la langue.
La récolte :
La racine encore utilisée provient de la récolte de la plante dans ses gîtes naturels
essentiellement dans les zones montagneuses de l'ouest de l'Europe et jusqu'à
l'Himalaya. On récolte normalement le tubercule latéral (tubercule de
remplacement) au moment de la floraison.
C-Composition chimique :
La racine d'aconit, riche en glucides (50-60 %, surtout de l'amidon), renferme de
0.5 à 1,5 % d'alcaloïdes.
3
Alcaloïdes diterpéniques : aconit Dr Ben Moussa MT
O O
HO
O
O
N OH
O
HO
554
O O
O
266 614
134 161 178 196 536 570
236 448 480
Les autres alcaloïdes ont une structure voisine
120 150 180 210 240 270 300 330 360 390 420 450 480 510 540 570 600 630
D-Propriétés pharmacologiques et toxicité :
1-L'aconitine :
Excite puis paralyse aussi bien les terminaisons nerveuses périphériques
que les centres bulbaires.
Induit ralentissement respiratoire
Dissociation auriculo-ventriculaire.
Agit au niveau des canaux sodiques et entrave la repolarisation.
2-L'aconit : est l'une des plantes les plus toxiques connues.
E-Emploi :
E-1-En France :
La monographie de la racine d'aconit a été supprimée de la Pharmacopée en
1984.
Cette racine sert essentiellement à l'obtention de préparations homéopathiques.
E-2-En Allemagne :
La Commission E a estimé que l'administration de la racine d'aconit n'était pas
justifiée en raison de la faible marge thérapeutique et du risque d'intoxication.
E-3-En Orient :
La médecine chinoise fait souvent appel aux aconits auxquels elle attribue des
propriétés (mais après préparation) :
Antirhumatismales
Analgésiques,
Anesthésiques
Antinévralgiques.
4
Drogues à bases puriques « café, thé, cacao » Dr Ben Moussa MT
PLAN
I-GENERALITES :
A-Définition
B-Structure chimique
C-Propriétés pharmacologiques
D-Emplois
A-Théier
B-Caféier
C-Cacaoyer
1
Drogues à bases puriques « café, thé, cacao » Dr Ben Moussa MT
I-GENERALITES :
A-Définition :
Un certain nombre de plantes renferment des dérivés de la purine (noyau
pyrimidine fusionné avec un noyau imidazole).
H H
6
5 N7
N N 1 N
+ 2
8
N N 4 N
N 9
3
pyrimidine imidazole purine
Bien qu'azotés, ces composés sont le plus souvent considérés comme ne faisant
pas partie du groupe des alcaloïdes en raison de :
leur structure,
leurs propriétés physicochimiques
leur biogenèse particulière.
Les plantes renfermant des bases puriques sont peu répandues et dispersées dans le
règne végétal.
B-Structure chimique :
On différencie ainsi
la caféine : 1, 3,7 -triméthylxanthine
la théophylline : 1,3-diméthylxanthine;
la théobromine ou 3,7-diméthylxanthine.
O CH3 O H O CH3
7
H3C 1
N H3C 1 7
N N H N
N N
O N3 N N
O N3 O N3 N
CH3 CH3 CH3
caféine théophylline théobromine
2
Drogues à bases puriques « café, thé, cacao » Dr Ben Moussa MT
Ces composés sont solubles dans l’eau chaude et les solvants chlorés.
Ces composés sont des bases très faibles à caractère amphotère.
C-Propriétés pharmacologiques :
Ces trois bases ont des propriétés pharmacologiques voisines du point de qualitatif
mais d'intensités différentes. Elles agissent à plusieurs niveaux.
Action sur système nerveux central :
La caféine est la substance la plus active.
C'est un stimulant qui favorise l'état d'éveil et diminue la sensation de fatigue.
Des doses très élevées peuvent provoquer de la nervosité et des insomnies.
Action sur système cardiovasculaire :
La caféine et la théophylline sont actives. On observe un effet inotrope
positif, de la tachycardie et une augmentation du débit cardiaque.
Action sur les fibres lisses :
Cette action se manifeste surtout au niveau des bronches et s'observe avec la
théophylline. Elle induit une relaxation non spécifique des muscles bronchiques.
Action diurétique :
La théophylline est la molécule la plus active. La théobromine a une action moins
intense mais de plus longue durée.
D-Emplois :
1-Caféine :
La caféine entre dans la formulation d'un grand nombre de spécialités
pharmaceutiques en association (avec l'aspirine, la codéine, le paracétamol, la
vitamine C, la quinine...), proposées dans le traitement symptomatique
des affections fébriles et grippales et comme antalgiques (Métaspirine®,
Céphyl®, Propofan®, Rumicine ®).
Elle est également associée dans des spécialités pharmaceutiques avec des
alcaloïdes de l'ergot de seigle pour augmenter leur résorption
intestinale (Gynergène®, caféiné®, Vasobral®).
La caféine est par ailleurs proposée en application locale, dans le traitement
symptomatique des surcharges adipeuses sous-cutanées localisées
(Percutaféine ®).
3
Drogues à bases puriques « café, thé, cacao » Dr Ben Moussa MT
2-Théophylline :
La théophylline, actuellement produite par synthèse, est proposée dans le traitement de
l'asthme persistant, dans le traitement de l'asthme à dyspnée paroxystique et dans les
formes spastiques des bronchopneumopathies obstructives chroniques (Théolair®,
Théostat® LP, Dilatrane®).
1-Etude botanique :
a-La plante :
Le théier est un arbre de 5 à 10 m de haut mais qui est taillé
quand il est cultivé de manière à ne pas dépasser 1,5 m
de haut pour faciliter la récolte.
Les feuilles sont persistantes, ovales, à bords dentés.
Les fleurs sont blanches, solitaires ou groupées par 2 ou 3.
b-La drogue :
Les feuilles qui sont produites par culture dans des régions
à climat chaud et humide (Inde, Sri-Lanka, Chine, Sud-
Est asiatique, Kenya...).
4
Drogues à bases puriques « café, thé, cacao » Dr Ben Moussa MT
thé noir se présente sous forme de petites feuilles noirâtres roulées et cassantes qui
donnent un infusé brun-rougeâtre d'odeur aromatique.
2-Composition chimique :
La feuille de thé renferme
des polyphénols (30%) : des acides phénols, tanins galliques, flavonoïdes ; les
constituants majoritaires sont de nature flavanique (dans le thé noir, oxydation
de ces polyphénols)
des bases puriques (2 à 4%) avec surtout de la caféine et des traces de
théophylline;
des vitamines (C et groupe B), surtout dans le thé vert ;
des hétérosides d'alcools terpéniques, aliphatiques et aromatiques qui
s'hydrolysent en constituants qui contribuent à l'arôme du thé noir.
3-Propriétés pharmacologiques :
Le thé présente des propriétés stimulantes liées à la présence de caféine.
Le thé vert présente un certain nombre de propriétés liées à la présence de dérivés
flavaniques : propriétés protectrices cardiovasculaire et potentiellement
protectrices contre les processus de cancérisation.
4-Emploi :
Le thé est mondialement utilisé sous forme d'infusé comme boisson stimulante et
d'agrément.
En pharmacie :
Diurétiques (adjuvant dans des régimes amaigrissants)
Traitement symptomatique des diarrhées légères.
5
Drogues à bases puriques « café, thé, cacao » Dr Ben Moussa MT
6
Drogues à bases puriques « café, thé, cacao » Dr Ben Moussa MT