Méthodes Numériques en Mathématiques Appliquées
Méthodes Numériques en Mathématiques Appliquées
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Dr Joseph Désiré Bukweli Kyemba
Professeur
Objectifs :
Cette UE permet à l’étudiant d’acquérir les notions de mathématiques appliquées.
De manière spécifique, à la fin de cet EC, l’étudiant sera capable de :
– Résoudre les problèmes aux valeurs de bords,
– Résoudre les problèmes de diffusion et du potentiel électrique
à l’aide des méthodes des Différences Finies et/ou des Éléments Finies.
Approches pédagogiques :
Dans cette UE l’enseignement et l’apprentissage utiliseront les approches ci-après :
dans
– Exposés magistraux interactifs ;
– Travaux individuels et en groupes ;
– Travaux dirigés ;
– Utilisation des TIC pour les travaux pratiques.
Modalités d’évaluation :
De préférence, après chaque module (chapitre), l’apprenant sera soumis à un travail à
domicile en groupe suivi d’un exposé et à une interrogation.
Un examen sur toute la matière sera proposé à la fin de l’UE.
Bibliographie
1. M. A. Aziz Alaouti et C. Bertelle, Méthodes numériques appliquées, Paris, 2002.
2. R. L. Berden and J. D. Faires, Numerical Analysis, 9th ed., Books/Cole, Cengage
Learning, Boston, 2011.
3. S. D. Conte and C. de Boor, Elementary numerical Analysisis : An algorithmic
approach, 3rd ed., McGraw-Hill Book Company, New York, 1980.
4. G. Legendre, Méthodes numériques : Introduction à l’analyse et calcul scien-
tifique, Université Paris Dauphine, inédit, 2013.
5. S. Nakamura, Numerical Analysis and Graphic Visualization with MATLAB, 2nd
ed., Prentince-Hall, New Jersey, 2002.
6. W. F. Trench, Elementary Differential equations with boundary value problems,
Brooks/Cole Thomson Learning, 2001.
7. C. J. Zarowski, An introduction to numerical analysis for electrical and computer
engineers, John & Sons Inc., New Jersey, 2004.
La plupart des fonctions ne peuvent pas être représentées par des formules analytiques.
Il est donc impossible de calculer leurs dérivées, même avec un code de calcul formel.
La méthode des différences finies propose un moyen de calculer une approximation
numérique des valeurs des dérivées d’une fonction.
t0 = a, t1 = t0 + h . . . , ti = t0 + i h . . . , tI = b.
On dit que l’on discrétisé l’intervalle à l’aide d’une grille définies par se sommets
ti = a + ih, i = 0, 1, · · · , I
h2 00 hn hn+1 (n+1) +
u(ti+1 ) = u(ti ) + hu0 (ti ) + u (ti ) + · · · + u(n) (ti ) + u (ξi ), (1.1.1)
2 n! (n + 1)!
où ti < ξ+i < ti+1 ; et
t0 = a, t1 = t0 + h . . . , ti = t0 + i h . . . , tI = b.
Puisque u est solution du P.V.B (1.2.1), les différences finies centrés (1.1.5) et (1.1.6) nous
permettent d’obtenir :
1 1
− 2
[u(ti+1 ) − 2u(ti ) + u(ti−1 )] + p(ti ) [u(ti+1 ) − u(ti−1 )] + q(ti ) u(ti ) = g(ti )
h 2h
ou encore
! !
h h
− 1 + p(ti ) u(ti−1 ) + 2 + h q(ti ) u(ti ) − 1 − p(ti ) u(ti+1 ) = h2 g(ti ).
2
(1.2.2)
2 2
Au = b (1.2.4)
où
λ1 µ1 ... ...
0 0
u1
b1
.. ..
ν2 λ2 µ2 . .
2
u2 h g(t2 )
. ... ... ... .. .. ..
0 ..
. . .
A = u = . et b =
.. . . ; ..
... ... ...
. . 0
..
.
.. ..
u h2 g(t )
. νI−2 λI−2 µI−2
.
I−2 I−2
uI−1 bI−1
. . . . . . 0 νI−1 λI−1
0
u0 = α t ∈ [a, a + h/2[
uh (t) = t ∈ [ti − h/2, ti + h/2[, i = 0, . . . , I − 1
ui (1.2.5)
u = β t ∈ [b − h/2, b]
I
Remarque 1.2.1
Si une des conditions de bords du P.V.B sont données par u0 (a) = α ou u0 (b) = β on utilisera
au besoin l’une des formules de différences finies décentrées (1.1.1) ou (1.1.2) et on ajoutera aux
systèmes précédents éventuellement l’une ou les deux équations
1
u0 (a) = [u1 − u0 ] = α
h
1
u0 (b) = [uI − uI−1 ] = β
h
où u0 et uI seront des variables éventuelles. Et dans ce cas la méthode sera d’ordre 1 au moins.
On peut aussi utiliser les différences centrées
1
u0 (a) = [u1 − u−1 ] = α
2h
1
u0 (b) =
[uI+1 − uI−1 ] = β
2h
où u−1 et uI+1 sont appelés sommets fantômes, pour augmenter la performance.
1
∇2 u(x, y) ≡ uxx + u yy = − ρ(x, y), (x, y) ∈ D,
ε (1.3.1)
u(x, y) = g(x, y) pour (x, y) ∈ ∂D,
tifs.
Nous utilisons la méthode de différences finies pour trouver une approximation de la
solution. Pour cela on se donne deux entiers I et J et on définit les pas de discrétisations
h = (b − a)/I et k = (d − c)/J. Ce qui revient à diviser l’intervalle [a, b] en I parties de
taille h et [c, d] en J parties de taille k ; ou encore à placer une grille sur la surface D en
traçant des lignes verticales et horizontales aux points des cordonnées (xi , yi ), avec
xi = a + i h, i = 0, 1, . . . , I et y j = c + j k, j = 0, 1, . . . , J.
Les lignes x = xi et y = y j sont appelées les lignes de la grille et leurs intersections les
points ou sommets de grillage.
Pour chaque sommet intérieur de la grille c’est-à -dire (xi , y j ), i = 0, 1, . . . , I − 1 et
j = 0, 1, . . . , J − 1 on a les formules de différences finies centrées
pour i = 1, . . . , I − 1 et j = 1, . . . , J − 1, et
et la condition initiale
On discrétise le domaine :
Ω = {(t, x) : t ≥ 0, a ≤ x ≤ b}
txi = i h, i = 0, 1, . . . et x j = a + j k, j = 0, 1, . . . , J.
∂u ∂u
α2 (ti , x j ) = (ti , x j ) − f (x j ), i = 1, 2, > 0 · · · , j = 1, · · · , J − 1
∂x2 ∂t
En utilisant les différences finies centrées i = 1, 2, · · · , j = 1, · · · , J − 1, on a :
α2 h i 1 h i
u(ti , x j+1 ) − 2u(ti , x j ) + u(ti , x j−1 ) = u(ti+1 , x j ) − u(ti−1 , x j ) − f (x j ),
h2 2h
ou encore pour i = 1, 2, · · · , j = 1, · · · , M − 1
h i hh i
α2 ui, j+1 − 2ui j + ui, j−1 = ui+1, j − ui−1,j − h2 f (x j ),
2
ou encore pour i = 1, 2, · · · , j = 1, · · · , M − 1
h h
ui−1, j + α2 ui,j−1 − 2α2 ui j + α2 ui, j+1 − ui+1, j = h2 f (x j ). (1.3.7)
2 2
La discrétisation des conditions de bords donne
uti ,0 = 0, uti ,J = 0, i = 1, 2, · · ·
u0, j = g(x j ), j = 0, 1, · · · , J − 1.
Les ui (t) ne seront jamais calculés en pratique mais sont des intermédiaires pour dériver
les schémas numériques. En chaque sommet intérieur de la grille
x j = a + j k, j = 0, 1, . . . , J
α2 h i
u j+1 (t) − 2u j (t) + u j−1 (t) = u0j (t) − f (x j ), t > 0, j = 1, . . . , J − 1
h2
ou encore
α2 h i
u0j (t) − u j−1 (t) − 2u j (t) + u j+1 (t) = f (x j ), t > 0, j = 1, . . . , J − 1 (1.3.8)
h2
qui peut se mettre sous forme matricielle suivante :
u0 (t) + Au(t) = b
> >
où u(t) = u1 (t) u2 (t) · · · u J−1 (t) et b = f (x1 ) f (x2 ) · · · f (x j−1 ) en tena compte des
conditions aux limites
u0 (t) = 0, u J (t) = 0, t > 0.
Le vecteur condition initiale (1.3.6) et u(0) avec comme composantes :
Nous commençons par la méthode des résidus afin d’introduire d’une manière douce
la méthode des éléments finis. Cette manière de faire permet d’éviter de parler des
espaces fonctionnels (espaces de Sobolev) pour introduire les éléments finis.
û(x) = c0 + c1 x + c2 x2 + c3 x3 + · · · ou
û(x) = a0 + a1 cos x + b1 sin x + a2 cos 2x + b2 sin 2x + · · ·
2. Cette solution doit satisfaire l’EDO sur Ω ainsi que les conditions sur le bord Γ.
En substituant cette solution d’essai dans l’EDO et dans les conditions de bord,
on obtient l’erreur appelée respectivement résidu du domaine et résidu de bord.
3. Déterminer les paramètres inconnues c0 , c1 , c2 , c3 , · · ·, ou a0 , a1 , b1 , a2 , b2 , , · · · de
telle sorte que les résidus soient les plus petits possibles.
L’idéal serait d’annuler les résidus.
d2 u
α (x) + q0 = 0, 0 < x < L (2.1.1)
dx2
du
u(0) = 0, (L) = 0. (2.1.2)
dx
où α, q0 et L sont des constantes réelles données avec α , 0 et L > 0.
û(x) = c0 + c1 x + c2 x2 . (2.1.3)
Remarque 2.1.3
Les solutions d’essai des exemples précédents sont exactes car on a réussi à avoir Rd = 0 sur
tout le domaine ]0, L[ de l’EDO.
Exemple 2.1.4 Considérons maintenant une poutre de longueur L ayant deux points d’appui
et soumise à une charge transversale uniformément distribuée q0 . Les déformations de cette
poutre est régie par l’EDO
d4 v
β − q0 = 0, x ∈]0, L[. (2.1.16)
dx4
Les conditions de bord sont données par
d2 v
v(0) = 0, (0) = 0
dx2
2
dv
v(L) = 0, (L) = 0. (2.1.17)
dx2
Etape 1 : Choix d’un solution d’essai
On pourrait prendre v̂ comme dans l’exemple précédent, mais pour des raisons de
simplicité prenons, au vu des conditions de bord,
d4 v̂
Rd = β − q0 = βc1 (π/L)4 sin(πx/L) + βc2 (3π/L)4 sin(3πx/L) − q0 . (2.1.23)
dx4
Ayant deux paramètres à déterminer, on peut supposer Rd = 0 en deux points suivants :
x = L/4 et x = L/3. On a
1 1
β(π/L)4 √ c1 + β(3π/L)4 √ c2 − q0 = 0
√2 2
3
β(π/L)4 c1 − q0 = 0.
2
La solution de ce système est
2q0 L4
c1 = √ (2.1.24)
βπ4 3
√ √
(2 − 3) 2q0 l4
c2 = √ . (2.1.25)
β34 π4 3
Si on compare les déviations entre la solution exacte et les solutions approchées ci-
dessus déterminées, on constatera que la dernière parait plus bonne que la première.
où Wi (x) sont appelés fonctions poids et choisies afin d’atteindre cette objectif de min-
imiser le résidu sur tout le domaine ]0, L[ Leur nombre dépend du nombre des
paramètres à déterminer. Mais le choix de ces fonctions reste complètement arbitraire.
La seule exigence est qu’elles soient non nulles et intégrables.
Galerkin (1915) proposa de prendre pour fonctions poids Wi (x) les solution d’essai
elles-mêmes. Ainsi pour l’exemple précédent on prendra les fonctions poids :
où Φ(x) et Ni (x) sont totalement connues et présélectionnées de telle sorte que les
conditions de bord sont satisfaites par f (x) et donc, les fonctions poids sont données
par
∂f
Wi (x) = (x) = Ni (x). (2.2.6)
∂ci
T(R) = Tm
dT
q0 πR2 L = (−k)(2πR L) (R), (2.2.8)
dr
où Tm représente la température du mur et la deuxième condition de bord exprime que la chaleur
est produite est égale à la chaleur perdue.
où les ci sont des paramètres à déterminer par la méthode des résidus pondérés, Φ et Ni
sont des fonction choisies de sorte que û satisfait les conditions de bord. En notant Rd
le résidu du domaine Ω, alors les équations résiduelles pondérées sont données par :
Z
Wi Rd dΩ = 0, i = 1, · · · , n, (2.3.2)
Ω
où Wi = Ni . On notera que ces équations sont satisfaites par la solution exacte du
problème car son résidu est trivialement nul partout.
Ainsi, l’idée générale de la méthode des résidus pondérés est que si on est capable
de satisfaire l’équation résiduelle pondérée pour un plus grand nombre des fonctions
indépendantes, alors on a la chance que la solution d’essai considérée soit plus proche
de la solution exacte. Plus généralement, si on considère que la fonction d’essai possède
la forme d’une série (entière ou de Fourier), on peut espérer que le résultat obtenu sera
meilleur si on a plus des termes dans la série. Donc, on espère des bonnes propriétés
de convergence.
∂4 w ∂4 w ∂4 w
!
β + 2 2 2 + 4 − q0 = 0, 0 < x < a, 0 < y < b, (2.3.3)
∂x4 ∂x ∂y ∂y
car
∂4 ŵ
= (π/a)4 c1 sin(πx/a) sin(πy/b)
∂x4
∂4 ŵ
= (π/a)2 (π/b)2 c1 sin(πx/a) sin(πy/b)
∂x2 ∂y2
∂4 ŵ
= (π/b)4 c1 sin(πx/a) sin(πy/b).
∂y 4
0 0
ou encore
" 2 2 #2 Z b Z a
2 πy
Z bZ a πy
π π 2 πx πx
βc1 + sin sin dxdy = q0 sin sin dxdy.
a b 0 0 a b 0 0 a b
Remarque 2.3.2 Bien que l’augmentation des termes dans la solution d’essai améliore cette
dernière, elle possède néanmoins un inconvénient sur le plan algorithmique (les calculs devi-
ennent de plus en plus lourds). En lieu et place d’augmenter les termes nous allons, dans un
premier temps, utiliser moins des termes dans la solution d’essai en affaiblissant l’équation
résiduelle pondérée. C’est l’objet de la section suivante
d2 u
α (x) + ax = 0, 0 < x < L,
dx2
(2.4.2)
du
u(0) = 0, α (L) = 0.
dx
Prenons û comme solution d’essai. Par conséquent, le résidu du domaine est donné par
d2 û
Rd = α 2 + ax. (2.4.3)
dx
ou encore
Z L ! Z L
dû
W(x)d α + W(x)ax dx = 0. (2.4.6)
0 dx 0
dû
En posant P = α , appelée aussi force axiale, l’équation précédente s’écrit
dx
Z L Z L
dû dW
W(L)P(L) − W(0)P(0) − α dx + W(x)ax dx = 0. (2.4.8)
0 dx dx 0
Sa solution est dite solution faible ou affaiblie tandis que les autres solutions sont dites
solution fortes.
Pour illustrer une solution faible notons toujours par û la solution d’essai du problème
variationnelle, mais un polynôme de degré 2 :
dû
= c1 + 2c2 x. (2.4.11)
dx
x
x0 = 0 x1 x2 x3 x4 L = xN
Figure : Maillage du domaine et bases locales
Pour faciliter les calculs on fait une discrétisation régulière avec un pas h = NL . Avec
cette discrétisation du domaine [0, L], les fonctions λi1 et λi2 sont appelées fonctions de
la base locale de l’élément Ki = [xi−1 , xi ]. En posant s = x − xi−1 , ces deux fonctions ainsi
que leurs dérivées sont localement sur définies par :
s dλi1 (s) 1
λi1 (s) = 1− , = − , 0 ≤ s ≤ h, (2.4.21)
h ds h
s dλi2 (s) 1
λi2 (s) = , = − , 0 ≤ s ≤ h. (2.4.22)
h ds h
Ces fonctions de bases locales permettent de définir les fonctions d’interpolation
définies sur tout le domaine [0, L] appelées aussi fonctions chapeaux par :
x − xi−1
λ (x), xi−1 ≤ x ≤ xi
i
, xi−1 ≤ x ≤ xi
2i+1
h
φi (x) =
λ1 (x), xi ≤ x ≤ xi+1 càd φi (x) =
x − x i
, xi ≤ x ≤ xi+1 (2.4.23)
1−
h
0, ailleurs
0, ailleurs
1
, xi−1 ≤ x ≤ xi
h
φ0i (x) = 1
(2.4.24)
− , xi ≤ x ≤ xi+1
h
0, ailleurs.
x−x
N−1
λN , xN−1 ≤ x ≤ xN
(
(x), xN−1 ≤ x ≤ xN
φN (x) = càd φN (x) =
2
h (2.4.26)
0, ailleurs
0, ailleurs
1 1
− , x0 ≤ x ≤ x1 , xN−1 ≤ x ≤ xN
φ0 (x) = φN (x) =
0
0
h h (2.4.27)
0, ailleurs 0, ailleurs
v Ki−1 Ki Ki+1
1 φi−1 φi φi+1
x
x0 = 0 xi−1 xi xi+1 L = xN
Figure : Fonctions de base globale
Chaque fonction chapeaux φi donne la contribution ui dans la valeur de û sur [0, L].
Aussi φi (xi ) = 1 et φi (x j ) = 0 ; φi croit sur Ki−1 et décroit sur Ki , 1 ≤ i ≤ N tandis que φ0
est décroit et φN+1 croit.
Finalement, l’interpolation de la fonction u sur le domaine [0, L] est donnée par :
N
X
û(x) = ui φi (x). (2.4.28)
i=0
d2 u
α (x) + q0 = 0, 0 < x < L,
dx2
(2.4.29)
du
u(0) = u0 , α (L) = PL .
dx
En effet, la formulation résiduelle forte pondérée est :
L !
d2 û
Z
W(x) α 2 + q dx = 0,
0 dx
(2.4.30)
du
u(0) = u0 , α (L) = PL .
dx
En intégrant par partie le premier terme on obtient
" #L Z L Z L
dû dû dW
W(x)α − α dx + W(x)q0 dx = 0. (2.4.31)
dx 0 0 dx dx 0
dû
En posant α = P(x), cette équation peut encore se mettre sous la forme :
dx
Z L Z L
dû dW h iL
α dx = W(x)q0 dx + W(x)P(x) . (2.4.32)
0 dx dx 0
0
où on a utilisé la règle de Chasles et les cordonnées locales de chaque maille Ki . Sachant
que dans cette maille û est interpolée par
" #
h i ui−1
û(s) = ui−1 λ1 (s) + ui λ2 (s) = λ1 (s) λ2 (s)
i i i i
(2.4.34)
ui
Par conséquent,
" #
dû(s) 1 1 1h i ui−1
= − ui−1 + ui = −1 1 . (2.4.35)
ds h h h ui
s dW1 1
W1 (s) = λi1 (s) = 1 − =−
h ds h
s dW1 1
W2 (s) = λi2 (s) = = .
h ds h
Le premier membre de l’élément Ki donne :
h h
−ui−1 + ui 1 αh
Z Z " #
dû dW1 ui−1
i
α ds = α − ds = 1 −1 (2.4.36)
0 ds ds 0 h h h ui
h h
−ui−1 + ui 1 αh
Z Z " #
dû dW2 ui−1
i
α ds = α ds = −1 1 (2.4.37)
0 ds ds 0 h h h ui
" #h h
dû s
W1 (s)α = 1−P(s) = −P0 (2.4.40)
ds 0
h 0
" #h h
dû s
W2 (s)α = P(s) = Ph . (2.4.41)
ds 0
h 0
En combinant les résultats des calculs obtenus dans le premier et le deuxième membres
de l’élément Ki , on obtient le système caractéristique de l’élément :
# q0 h "
α
" #" #
1 −1 ui−1 −P 0
= q0 h + .
2
(2.4.42)
h −1 1 ui 2
P h
Pour illustrer notre propos, on suppose que notre domaine est subdivisé en quatre
sous-domaine. Dans ce cas les équations caractéristiques des quatre mailles sont re-
spectivement données par :
# q0 h "
α
" #" #
1 −1 u0 −P 0
= q0 h + ,
2
(2.4.43)
h −1 1 u1 2
P 1
q0 h
"
α
" #" # #
1 −1 u1 −P 1
= + ,
2
q0 h (2.4.44)
h −1 1 u2 2
P2
q0 h
"
α
" #" # #
1 −1 u2 −P 2
= + ,
2
q0 h (2.4.45)
h −1 1 u3 2
P3
q0 h
"
α
" #" # #
1 −1 u3 −P 3
= + .
2
q0 h (2.4.46)
h −1 1 u4 2
P4
Notons que ces systèmes de huit équations à huit inconnues : les P0 , P1 , P2 , P3 ainsi
que les u1 , u2 , u3 , u4 car u0 et P4 = PL sont données. On peut éliminer les inconnues
P1 , P2 , P3 en additionnant membres à membres la dernière et la première équation
des sous-systèmes consécutifs pour obtenir le système réduit à cinq équations à cinq
inconnues :
qh
0 u0 20 −P0
1 −1 0 0
−1 2 −1 0 0 u1 q0 h 0
α
0 u2 = q0 h + 0 ,
0 −1 2 −1
(2.4.47)
h
0 0 −1 2 −1 u3 q0 h 0
q0 h
0 0 0 −1 1 u4 PL
2
L N L
dφi dφ j
Z X Z h iL
α ui dx = φ j (x)q0 dx + φ j (x)P(x) .
0 i=0
dx dx 0
0
N L L
dφi dφ j
X Z Z h iL
ui α dx = φ j (x)q0 dx + φ j (x)P(x) . (2.4.51)
i=0 0 dx dx 0
0
p(ai ) = αi , i = 1, · · · , N.
Ceci revient encore à dire que l’application L : P −→ RN qui à une fonction p associe
L(p) = p(a1 ), · · · , p(aN ) est bijective.
Définitions 2.5.2
Un élément fini de Lagrange est un triplet (K, Σ, P) satisfaisant les 3 conditions suivantes :
1° K est un partie compacte, connexe et d’intérieur non vide de Rn (n = 1, 2, 3) ;
2° Σ = {a1 , · · · , aN } un ensemble de N points distincts K et
3° P un espace vectoriel de dimension fini de fonctionnelles réelles définies sur K et tel que
Σ est P-unisolvant (dim P = N = CardΣ)
On appelle fonctions de bases locales de l’élément (K, Σ, P), les N fonctions p1 , · · · , pN
telles que
pi (a j ) = δi j , 1 ≤ i, j ≤ N.
On appelle opérateur de P-interpolation sur Σ l’opérateur πK qui, à toute fonctionnelle v
définie sur K, associe la fonctionnelle πK v de P définie par
N
X
πK v = v(ai )pi .
i=1
πK v est donc l’unique élément de P qui prend les mêmes valeur que v sur les points de Σ.
– p1 (x) = x−b
a−b
, p2 (x) = x−a
b−a
sont les fonctions de base locale de l’élément ([a, b], {a, b}, P1 )
(x−b)(2x−a−b) −4(x−a)(x−b) (x−a)(2x−a−b)
– p1 (x) = (b−a)2
, p2 (x) = (b−a)2 , p3 (x) = (b−a)2
sont les fonctions de base
n o
locale de l’élément [a, b], a, 2 , b , P2 .
a+b
y
a3 (x3 , y3 )
P(λ1 , λ2 , λ3 )
a2 (x2 , y2 )
a1 (x1 , y1 )
x
Fig. Cordonnées barycentriques :
P est le barycentre du triangle
λ j (ai ) = δ ji , 1 ≤ i, j ≤ 3. (2.5.1)
On peut remarquer que la somme λ1 + λ2 + λ3 est une fonction affine qui vaut 1 sur
chacun des 3 sommets. C’est donc la fonction constante égale à 1.
Si on pose (xi , yi ) les coordonnées du sommet ai et λ j (x, y) = α j x + β j y + γ j , alors le
système linéaire (2.5.1) s’écrit :
α j xi + β j yi + γ j = 0
α jx j + β j y j + γ j = 1
(2.5.2)
α x +β y +γ =0
j k j k j
où {i, j, k} est une permutation de {1, 2, 3}. La solution du système ci-dessus est :
yk − yi xi − xk xk yi − xi yk
αj = , βj = , γj = ,
∆ ∆ ∆
où ∆ = (xi − x j )(y j − yk ) − (x j − xk )(yi − y j ) = 2 l’aire du triangle des sommets ai , a j , ak .
Ainsi,
yi − yk xk − xi xi yk − xk yi
λ j (x, y) = x+ y+ (2.5.3)
∆ ∆ ∆
– Elément P1 : K le triangle de sommets a1 , a2 , a3
Σ = {a1 , a2 , a3 } et P = P1 = Vect {λ1 , λ2 , λ3 }.
Les fonctions de bases locales les coordonnées barycentriques : p j = λ j , (1 ≤ j ≤ 3)
définies-ci-dessus car p j (ai ) = λ j (ai ) = δi j .
– Elément P2 : K le triangle de sommets a1 , a2 , a3
a +a
Σ = {a1 , a2 , a3 , na12 , a13 , a23 } , où ai j = i 2 j o
P = P2 = Vect λ1 λ2 , λ1 λ3 , λ2 , λ3 , λ21 , λ22 , λ23 .
Définition 2.5.6
Deux élément finis K̂, Σ̂, P̂ et (K, Σ, P) sont dits affine-équivalents si et seulement si CardΣ =
N = CardΣ̂ et il existe une fonction affine inversible F (F(x̂) = Bx̂ + b) telle que
– K = F(K̂),
– ai = F( n âi ) pour i = 1,o · · · , N,
– P = p̂ ◦ F : p̂ ∈ P̂ . Autrement dit les fonctions de base locale de K et celles de K̂ sont
liées par : pi = p̂i ◦ F pour i = 1, · · · , N.
Notons en passant que si K ⊂ Rn , alors F est inversible si B est une matrice inversible
régulière de dimension n et b un vecteur de Rn .
D’un point de vue pratique, le fait de travailler avec une famille affine d’éléments finis
permet de ramener tous les calculs d’intégrales à des calculs sur l’élément de référence.
Voici quelques éléments de référence :
– En 1-D : l’intervalle [0, 1] ;
– En 2 − D : le triangle unité de sommets (0, 0), (1, 0) et (0, 1) ;
– En 3 − D : le tétraèdre unité de sommets (0, 0, 0), (1, 0, 0), (0, 1, 0) et (0, 0, 1).
Supposons qu’on voudrait résoudre une EDO ou une EDP sur un domaine Ω et soit H
l’espace (de Hilbert) dans lequel on cherche une solution de la formulation variation-
nelle du problème. On réalise un maillage de Ω par une famille affine de Ne éléments
finis (Ki , Σi , Pi )1≤i≤Ne . Il est à noter qu’un nœud sera en général commun à plusieurs
éléments adjacents. Le nombre total de nœuds Nh est donc inférieur à Ne × CardΣi et on
a alors dim Hh = Nh . Notons a1 , · · · , aNh les nœuds du maillage. Le problème se ramène
à la détermination des valeurs de uh aux points ai : ce sont les degrés de liberté (ddl) du
problème approché.
On construit alors une base de Hh en associant à chaque ddl ai une fonction de base
globale φi satisfaisant :
φi |K j ∈ P j , j = 1, · · · , Ne et φi (a j ) = δi j , 1 ≤ i, j ≤ Nh (2.5.4)
Il est facile alors de remarquer qu’une telle fonction φi est nulle partout, sauf sur les
éléments dont ai est nœud. En effet, si ai n’appartient pas à un élément K, φi est nulle
sur tous les nœuds de K, et donc sur K tout entier par unisolvance.
De plus, sur un élément K dont ai est un nœud, φi vaut 1 sur ai et 0 sur les autres nœuds
de K. Donc φi |K est une fonction de base locale de K. On voit donc que la fonction
de base globale φi est construite comme réunion des fonctions de base locales sur les
éléments du maillage dont ai est un nœud.
C’est à ce niveau que se situe le lien entre les définitions locales introduites ci-haut et
le problème global approché à résoudre. Par ailleurs, ceci implique que tous les calculs
à effectuer sur les fonctions de base globales peuvent se ramener à des calculs sur les
fonctions de base locales, et donc simplement à des calculs sur l’élément de référence
(car on a maillée le domaine avec une famille d’éléments finis affine-équivalents).
Ce type de définition des fonctions de base n’est possible que si le maillage est conforme,
c’est-à-dire si l’intersection entre deux éléments est soit vide, soit réduite à un sommet
en dimension 1, ou encore à un sommet ou une arête en dimension 2 (ou à un sommet,
une arête ou une face en dimension 3).
Nh
X
Sachant que û(x, y) = Ui φi (x, y) et utilisant la technique de Galerkin (prendre W =
i=1
φ j 1 ≤ j ≤ Nh ), le problème se réduit à :
√
Nous discrétisons Ω en triangles de même diamètre h = 2/N pour obtenir un maillage
triangulaire (ou triangulation) conforme comme indiqué sur la figure ci-dessous :
yN = 1
ij
.. T2
ij ij
. T3 T1
..
. ij
T4
ij
T6
ij
T5
y1
y0 = 0 Triangles entourant un
x0 = 0 x1 .... .... xN = 1 x nœud intérieur (xi , y j )
Fig. 2.1 : Triangulation du domaine
Ce qui nous permet d’avoir une famille affine d’éléments finis Ki , Σ j , Pi où
1≤i≤N2 −2
– chaque Ki est un triangle rectangle dont les dimensions des deux côtés de l’angle
droit sont égaux à 1/N ;
– chaque Σi est l’ensemble de trois sommets de Ki ;
– Pi est l’espace des fonctions engendré par les coordonnées barycentriques du
triangle Ki .
Notons que le ddl est le nombre des nœuds intérieurs (N − 1)2 et chaque nœud intérieur
est entouré par six triangles. En notant φi j la fonction de base globale associée au nœud
Autrement dit,
"
N−1 X
N−1
∂φi j ∂φkl ∂φi j ∂φkl
X !
Ui,j + dxdy = Uk,l · Ik,l + Uk−1,l · Ik−1,l
i=1 j=1 Ω ∂x ∂x ∂y ∂y
+Uk+1,l · Ik+1,l + Uk,l+1 · Ik,l+1 + Uk,l−1 · Ik,l−1 + Uk−1,l+1 · Ik−1,l+1 + Uk+1,l−1 · Ik+1,l−1 ,
avec
" 6 "
∂φkl ∂φkl ∂φkl ∂φkl ∂φkl ∂φkl ∂φkl ∂φkl
! X !
Ik,l = + dxdy = + dxdy
Ω ∂x ∂x ∂y ∂y kl ∂x ∂x ∂y ∂y
" " "α=1 T α
" "
2 1 1 2 1
= 2 dxdy + 2 dxdy + 2 dxdy + 2 dxdy + 2 dxdy
h T1kl h T2kl h T3kl h T4kl h T5kl
"
1 8 8 h2
+ 2 dxdy = 2 (Aire triangle) = 2 · = 4;
h Tkl h h 2
6
"
∂φk−1,l ∂φkl ∂φk−1,l ∂φkl
!
Ik−1,l = + dxdy
∂x ∂x ∂y ∂y
" Ω
∂φk−1,l ∂φkl ∂φk−1,l ∂φkl
!
= + dxdy
T3kl ∪T4kl ∂x ∂x ∂y ∂y
" "
−1 1 2
= dxdy − dxdy = − · (Aire triangle) = −1;
h2 Tkl h2 Tkl h2
3 4
"
∂φk+1,l ∂φk+1,l ∂φkl ∂φkl
!
Ik+1,l = + dxdy
∂x ∂x ∂y ∂y
"Ω
∂φk+1,l ∂φk+1,l ∂φkl ∂φkl
!
= + dxdy
T1kl ∪T6kl ∂x ∂x ∂y ∂y
" "
1 1 2
= − 2 dxdy − 2 dxdy = − 2 · (Aire triangle) = −1;
h Tkl h Tkl h
1 6
"
∂φk,l−1 ∂φkl ∂φk,l−1 ∂φkl
!
Ik,l−1 = + dxdy
∂x ∂x ∂y ∂y
" Ω
∂φk,l−1 ∂φkl ∂φk,l−1 ∂φkl
!
= + dxdy
T4kl ∪T5kl ∂x ∂x ∂y ∂y
" "
−1 1 2
= 2
dxdy − 2 dxdy = − 2 · (Aire triangle) = −1;
h Tkl h Tkl h
4 5
"
∂φk,l+1 ∂φkl ∂φk,l+1 ∂φkl
!
Ik,l+1 = + dxdy
∂x ∂x ∂y ∂y
"Ω
∂φk,l+1 ∂φkl ∂φk,l+1 ∂φkl
!
= + dxdy
T1kl ∪T2kl ∂x ∂x ∂y ∂y
" "
−1 1 2
= 2
dxdy − 2 dxdy = − 2 · (Aire triangle) = −1;
h Tkl h Tkl h
1 2
"
∂φk−1,l+1 ∂φkl ∂φk−1,l+1 ∂φkl
!
Ik−1,l+1 = + dxdy
∂x ∂x ∂y ∂y
"Ω
∂φk−1,l+1 ∂φkl ∂φk−1,l+1 ∂φkl
!
= + dxdy = 0
Tkl ∪Tkl ∂x ∂x ∂y ∂y
2 3
"
∂φk+1,l−1 ∂φkl ∂φk+1,l−1 ∂φkl
!
Ik+1,l−1 = + dxdy
∂x ∂x ∂y ∂y
"Ω
∂φk+1,l−1 ∂φkl ∂φk+1,l−1 ∂φkl
!
= + dxdy = 0
Tkl ∪Tkl ∂x ∂x ∂y ∂y
2 3
Ainsi,
"
N−1 X
N−1
∂φi j ∂φkl ∂φi j ∂φkl
X !
Ui, j + dxdy = 4Ukl − Uk−1,l − Uk+1,l − Uk,l−1 − Uk,l+1 .
i=1 j=1 Ω ∂x ∂x ∂y ∂y