Analyse des Traités Environnementaux
Analyse des Traités Environnementaux
Licence 3 - Semestre 6
Dr Abdoulaye SENGHOR
Economiste de l’Environnement
Enseignant-Chercheur
SYLLABUS
PRE REQUIS :
Institutions internationales et développement économique
Economie de l’environnement
Droit de l’environnement
Gestion conflictuelle des ressources naturelles
Cadre institutionnel de la vie économique
OBJECTIF GENERAL : Acquérir une culture générale de la gouvernance nationale et
internationale de l’environnement.
OBJECTIFS SPECIFIQUES : L’étudiant doit être capable de
Comprendre le droit international de l’environnement
Comprendre les instruments conventionnels et non conventionnels
internationaux en matière d’environnement
Comprendre les documents de politique et stratégie environnementale du
Burkina Faso
Comprendre la chronologie des grandes rencontres internationales sur
l’environnement
Comprendre la chronologie des grandes manifestations internationales en
faveur de l’environnement
Comprendre l’insertion des instruments internationaux dans le droit Burkinabè
STRATEGIE PEDAGOGIQUE OU METHODE D’ENSEIGNEMENT : Cours magistral
axé sur une méthode participative à travers des exposés par groupes d’étudiants
sanctionné par Une session d’examen
MATERIEL PEDAGOGIQUE : Support du cours (version électronique et/ou version
papier) mis à la disposition des étudiants au début du cours
CONTENU DU COURS :
1ère Partie : Fondements juridique et politique du droit international de l’environnement
2ème Partie : Fondements institutionnels et empiriques de la gouvernance internationale de
l’environnement
3ème Partie : Fondements institutionnels et empiriques de la gouvernance nationale de
l’environnement
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RESSOUCES COMPLEMENTAIRES :
A. Bibliographie
APOSTOLODIS C. (1997), L’humanité face à la mondialisation, Droits des peuples et
Environnement, L’Harmattan, Paris
BOISSON DE CHAZOURNES C. (1998), Protection internationale de l’environnement,
Pedone, Paris
BOTHE M. & SAND P. H (2002), La politique de l’environnement : de la réglementation aux
instruments économiques, Nijhoff, La Haye
DUPUY P-M. (1977), La responsabilité internationale des Etats pour les dommages d’origine
technologique et industrielle, Pedone, Paris
BAZIADOLY S. (1996), Le droit communautaire de l’environnement depuis l’Acte unique
européen jusqu’à la Conférence intergouvernementale, Bruylant, Bruxelles
KAMTO M. (2000), Droit de l’environnement en Afrique, Edicef, Paris
B. Sites et liens internet :
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SOMMAIRE
INTRODUCTION GENERALE
Chapitre 1 : LES FONDEMENTS DE LA PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT
Section 1 : Concept de l’environnement et raisons de sa protection
Section 2 : Fondement juridique de la protection de l’environnement
Section 3 : Fondement économique de la protection de l’environnement
Section 4 : Consécration du droit à l’environnement et la promotion écologique
Chapitre 2: LA REGLEMENTATION INTERNATIONALE SUR
L’ENVIRONNEMENT
Section 1 : Généralités sur les traités internationaux
Section 2 : Aperçu sur le droit international de l’environnement
Section 3 : Exemples d’instruments juridiques en matière d’environnement
Section 4 : Exemples de principes fondamentaux en matière d’environnement
Chapitre 3 : L’ANALYSE DE QUELQUES TRAITES SUR L’ENVIRONNEMENT
Section 1 : La protection de la biodiversité
Section 2 : La lutte contre les changements climatiques
Section 3 : La lutte contre les mouvements transfrontaliers des déchets dangereux
Section 4 : La gestion des ressources en eaux partagées
Chapitre 4 : LES CONFERENCES DES PARTIES A LA CONVENTION SUR LES
CHANGEMENTS CLIMATIQUES
Section 1 : Les Conférences des Parties avant l’entrée en vigueur du Protocole de Kyoto
Section 2 : Les Conférences des Parties après l’entrée en vigueur du Protocole de Kyoto
Section 3 : Les Conférences des Parties après l’adoption de l’Accord de Paris
Chapitre 5 : LES CONFERENCES DES PARTIES A LA CONVENTION SUR LA
DIVERSITE BIOLOGIQUE
Section 1 : Les Conférences des Parties après le Sommet de la Terre de 1992
Section 2 : Les Conférences des Parties après le Sommet du Développement Durable de 2002
Section 3 : Les Conférences des Parties après le Sommet sur le Climat de 2015
Chapitre 6 : LES CONFERENCES DES PARTIES A LA CONVENTION SUR LES
ESPECES MENACEES DE DISPARITION
Section 1 : Les Conférences des Parties des Sommets de Stockholm à Rio de Janeiro
Section 2 : Les Conférences des Parties des Sommets de Rio de Janeiro à Johannesburg
Section 3 : Les Conférences des Parties des Sommets de Johannesburg à Paris
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INTRODUCTION GENERALE
Nous reconnaissons que la Terre et son écosystème constituent notre demeure et que
l’expression « Terre Mère » a cours dans de nombreux pays et régions, et nous notons que
certains pays reconnaissent les droits de la nature dans le cadre de la promotion du
développement durable. Nous sommes convaincus que pour parvenir à un juste équilibre entre
besoins économiques, sociaux et environnementaux des générations actuelles et futures, il est
nécessaire de promouvoir l’harmonie avec la nature. Pour cela, plusieurs interrogations peuvent
animer et nourrir la réflexion sur la réglementation et les traités internationaux en matière
environnementale. En premier lieu, l’on peut se poser la question de savoir qu’est-ce que
l’environnement ? La réponse à une telle question est tout aussi polysémique que conflictuelle,
d’autant plus que les doctrines luttent pour s’inscrire au chapitre de l’actualité. En second lieu,
pourquoi protégeons-nous l’environnement ? Là aussi, la réponse peut être à la fois morale,
éthique, religieuse, politique, sociologique, juridique, économique, etc. En troisième lieu,
pourquoi le droit est-il nécessaire pour protéger l’environnement ? En l’absence d’un cadre
institutionnel et réglementaire, toute société est vouée à la barbarie et donc à une gestion
chaotique des ressources. En quatrième lieu, pourquoi a-t-on besoin du droit international
pour protéger l’environnement ? La nature même de l’environnement ainsi que sa perception
commande de gérer les problèmes y afférents à une échelle internationale. En cinquième lieu,
pourquoi l’environnement intervient-il dans l’économie ? Promouvoir la croissance et le
développement économique tout en se souciant de la préservation de l’environnement relève
d’une gageure mais en réalité, il n’y a ni incompatibilité, ni opposition. En sixième lieu,
comment rendre conciliante l’éternelle controverse entre écologistes et économistes ? Le
développement durable, paradigme dominant actuellement, a sa démarche, sa vision et sa
méthode qui convergent vers la pluridisciplinarité, la multidisciplinarité, la transdisciplinarité,
etc. En septième lieu, quelle est l’évolution historique du droit de l’environnement au Burkina
Faso ? Le droit et la politique de l’environnement au Burkina Faso a suivi au moins trois étapes
historiques, chacune ayant sa spécificité. En huitième lieu, comment, quand et où les traités,
les conventions, les protocoles et autres accords internationaux sur l’environnement sont-ils
adoptés et mis en œuvre ? Autrement dit, dans quel cadre la Communauté internationale doit-
elle s’organiser pour faire entendre sa voix ? En neuvième lieu, comment rendre visibles ces
engagements et les actions en vue d’obtenir l’adhésion de tous ? En clair, par quels moyens la
communauté internationale peut-elle faire la promotion de l’environnement ? En dixième lieu,
qui doit être le premier responsable de la gestion, du financement et de la mise en œuvre des
traités internationaux sur l’environnement ? En d’autres termes, quels sont les acteurs publics
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qui sont les premiers responsables sur le terrain ? En onzième lieu, qui peut accompagner le
processus pour appuyer les autorités publiques au niveau international comme au niveau interne
des Etats ? Plus précisément, quels sont les acteurs privés qui les accompagnent sur ce grand
chantier ? En douzième lieu, quels sont les acteurs plus ou moins autonomes pour défendre les
intérêts des populations et influer les décideurs publics pour une meilleure prise en compte des
préoccupations environnementales à la base ? Clairement dit, qui doit défendre les droits et
faire remplir les obligations des populations à la base ? Voilà autant de questions dont les
réponses peuvent constituer l’ossature du présent cours.
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Le terme « environnement » lui- est récent dans de nombreuses langues, du moins tel qu’on
le définit aujourd’hui. En effet, «environnement » décrit avant tout une région limitée ou la
planète entière, ainsi qu’une partie de l’espace extra-atmosphérique qui l’entoure. La notion
d’« environnement » continue à susciter débats et interrogations. Confondue encore parfois
avec l’écologie, l’approche environnementale garde un ancrage biologique et géologique chez
nombre de professionnels de la Science de la Vie et de la Terre tandis qu’elle présente une
approche prioritairement humaine chez la majorité des historiens et des géographes. Ce terme
prend un caractère « esthétique » chez les plasticiens, voire chez les économistes et les
sociologues. Ce « cloisonnement disciplinaire » est rarement dépassé alors que la notion est
intrinsèquement transdisciplinaire. A cet effet, une des définitions les plus commodes de
l’environnement est celle de la biosphère qui est constituée d’une couche d’air, d’eau et de
sol, relativement à la Terre et qui peut supporter toute vie. Le terme « biosphère », utilisé en
particulier par l’Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture
(UNESCO), correspond à l’une des définitions les plus vastes puisqu’il désigne la totalité de
l’environnement humain, la partie de l’univers où, d’après ce que l’on sait aujourd’hui, toute
la vie est concentrée. En fait, la biosphère est une couche très fine qui entoure la Terre. Elle
comprend la Terre et une étendue de plusieurs milliers de mètres au-dessus et en dessous de la
surface de la Terre et des océans. C’est d’ailleurs pour cela que l’UNESCO la propose comme
définition de l’environnement. Les instruments juridiques internationaux et nationaux
contiennent de nombreuses définitions très différentes de l’environnement. Un texte juridique
adopté par le Conseil de la Communauté Economique Européenne (CEE) le 27 juin 1967
donne de l’environnement la définition suivante : « L’eau, l’air et la terre ainsi que les liens
qu’ils entretiennent entre eux ou avec quelque organisme vivant que ce soit ». D’autres
définitions sont fondées sur l’idée exprimée par le Préambule de la Déclaration des Nations
Unies sur l’environnement, adoptée à Stockholm en juin 1972, selon laquelle : « L’homme est
à la fois créature et créateur de son environnement, qui assure sa subsistance physique et lui
offre la possibilité d’un développement intellectuel, moral, social et spirituel ». Ainsi, on
considère que l’environnement construit par l’homme, qu’il soit composé de bâtiments, de
monuments, de structures diverses ou de paysages, fait partie de l’environnement que l’on se
doit de protéger de la détérioration. Le Code de l’environnement du Burkina Faso du 30
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janvier 1997 le définit comme « l’ensemble des éléments physiques, chimiques et biologiques
naturels ou artificiels et des facteurs économiques, sociaux, politiques et culturels, qui ont un
effet sur le processus de maintien de la vie, la transformation et le développement du milieu,
les ressources naturelles ou non et les activités humaines ». En définitive,
l’environnement peut être défini comme le « lieu d’interaction entre l’homme et la nature ». Il
se trouve donc à l’interface entre les aspects humains et les aspects naturels de la vie. Ainsi
On peut appréhender le concept d’environnement à travers une approche systémique. Le
système environnement se compose donc de plusieurs sous-systèmes : les ressources
naturelles et l’espace qui constituent les sous-systèmes de la nature et, la population et la
société qui constituent les sous-systèmes humains. La ressource naturelle quant à elle peut
être perçue comme « une production d’un lieu ou d’un biotope par le seul jeu des facteurs
naturels ». Les ressources naturelles ont trois caractéristiques fondamentales : elles préexistent
à toute activité humaine, leur stock est une variable d’état et non de commande, Selon leurs
caractères biophysiques, on distingue les ressources renouvelables (faune et flore) et les
ressources non renouvelables (minéraux, pétrole, charbon, etc.). Les ressources non
renouvelables sont celles dont la quantité est fixe mais dont la durée peut être allongée par
une utilisation réduite ou plus efficiente par la réutilisation ou par recyclage.
Le souci de préserver la nature est apparu il y a très longtemps dans de diverses croyances et
de diverses civilisations. (1) L’histoire de Noé nous enseigne que Dieu, voulant punir son
peuple, chargea Noé de planter des arbres afin d’utiliser les bois issus de ces plants, pour
construire un bateau recouvrant toutes les espèces, afin d’assurer la protection de la
biodiversité, à l’issu du déluge. L’épisode biblique du déluge exige de Noé qu’il sauve toutes
les créatures qui vivent sur la terre et donne lieu à une alliance entre Dieu, les hommes et
«toutes les créatures vivantes (...), à perpétuité ». (2) L’un des principes fondamentaux de
l’Islam est que l’homme a reçu de la sagesse divine la planète en héritage dont il n’est qu’un
simple gestionnaire et doit donc la garder, l’entretenir et la préserver honnêtement. Par
ailleurs, dans la même logique religieuse, l’histoire du prophète Soalihou dans laquelle Dieu
a chargé lourdement le prophète de veiller à la sécurité de la chamelle et de son chamelon,
tous issus de naissance miraculeuse. Il fut un moment où le peuple du prophète Soalihou,
porte atteinte à la vie de la chamelle ; acte perçu comme désobéissance engendrera
l’anéantissement total dudit peuple. Ce fait témoigne la nécessité de protéger les espèces,
donc l’environnement. (3) Un symposium organisé par le patriarche œcuménique de l’église
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orthodoxe en septembre 1995 a révélé, parmi les opinions de représentants des religions
catholique, protestante, chrétienne orthodoxe, musulmane, juive, hindoue, bouddhiste, jaïne,
sikh, zoroastrienne et bahaïe, une concordance dans les textes et enseignements sacrés en ce
qui concerne les sources de la moralité, à savoir le respect de la nature et le caractère sacré de
toute création. Le symposium a suggéré aux différentes religions de considérer la
détérioration délibérée de l’environnement comme un péché. (4) La Charte mondiale de la
nature, adoptée et proclamée solennellement par l’Assemblée générale des Nations Unies le
28 octobre 1982 affirme que « l’humanité fait partie de la nature et que la vie dépend du
fonctionnement ininterrompu des systèmes naturels qui sont source d’énergie et de matières
nutritives ». La protection de l’environnement fait l’objet de la 2 e proclamation exprimée par
le préambule de la déclaration des Nations Unies sur l’environnement. Cette proclamation
stipule que : « la protection et l’amélioration de l’environnement est une question
d’importance majeure qui affecte le bien-être des populations et le développement
économique dans le monde entier, et constitue un devoir pour tous les gouvernements. ». En
clair, d’après les Nations Unies, « Chaque forme de vie est unique et mérite qu’on la respecte
indépendamment de sa valeur pour l’homme ». (5) La civilisation a également ses racines
dans la nature, qui a modelé la culture humaine et influé sur toutes les œuvres artistiques et
scientifiques. Pourtant, les hommes peuvent modifier la nature et, à cause de leurs actes ou de
leurs conséquences, épuiser les ressources naturelles. Pour cette raison, il est de leur devoir
d’admettre l’urgence qu’il y a à maintenir la stabilité et la qualité de la nature et à conserver
les ressources naturelles. Les bénéfices durables que l’on peut retirer de la nature dépendent
du maintien des processus écologiques essentiels et des systèmes essentiels à la subsistance,
ainsi que de la diversité des formes de vie que l’homme, à cause d’une exploitation excessive
ou d’une destruction de l’habitat, a mis en danger. La dégradation des systèmes naturels qui
résulte d’une surconsommation et de l’usage abusif des ressources naturelles, ainsi que de
l’incapacité d’instaurer parmi les peuples et les États un ordre économique approprié, conduit
à l’effondrement des structures économiques, sociales et politiques de la civilisation. La
course aux ressources rares est génératrice de conflits alors que la conservation de la nature et
des ressources naturelles va dans le sens de la justice. Par conséquent, l’homme a le devoir
d’apprendre à maintenir et à développer son aptitude à utiliser les ressources naturelles tout en
préservant les espèces et les écosystèmes, dans l’intérêt des générations présentes et futures.
Tel est l’objectif de justice intra-générationnelle et intergénérationnelle que vise le
développement durable. La protection de l’environnement est donc devenue, aujourd’hui, un
impératif de survie de toutes les sociétés. Elle requiert la participation de tous les acteurs,
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aussi bien étatiques que non étatiques, conformément aux principes de la bonne gouvernance
environnementale. A cet égard, s’il revient à l’Etat d’assumer la première responsabilité de la
gouvernance de l’environnement et des ressources naturelles, la participation des collectivités
territoriales, des entreprises du secteur privé, des organisations de la société civile ainsi que de
toute autre personne prise individuellement à une telle gouvernance s’avère désormais
indispensable. Elle découle du principe général de la démocratie participative qui implique la
participation des citoyens à la gestion du pouvoir d’Etat ou à la gestion des affaires qui les
concernent. Et pour cela, la connaissance des instruments juridiques internationaux tels les
traités, conventions, protocoles, accords, constitue un préalable incontournable, de même que
l’arsenal juridique national qui régit l’application de cette règlementation internationale dans
l’ordre juridique interne. Loin de traiter tous problèmes liés à la dégradation continuelle des
ressources naturelles et de notre cadre de vie par les activités anthropiques, la règlementation
internationale en matière d’environnement constitue un cadre de référence à toutes les
politiques et stratégies de développement pour tous les pays à l’heure actuelle où le paradigme
universel est le développement durable. Le « développement durable », entendu au sens de la
définition universelle donnée par le Rapport Brundtland, est conçu comme « un processus de
changement par lequel l’exploitation des ressources, l’orientation des investissements, des
changements techniques et institutionnels se trouvent en harmonie et renforcent le potentiel
actuel et futur de satisfaction des besoins des hommes ». De Le Burkina Faso a signé et ratifié
une cinquantaine d’instruments juridiques internationaux qu’il a inséré dans l’ordre juridique
interne à travers des documents de politique et de stratégie en matière d’environnement ainsi
que des textes législatifs et réglementaires.
l’application des exigences du droit, fait de cet instrument plutôt un frein. C’est pourquoi, bon
nombre de personnes pensent que le droit n’est pas un outil adéquat pour la protection de
l’environnement, compte tenu de son inefficacité à cet effet. Toutefois, quand l’opinion
publique ou des groupes d’intérêts demandent au gouvernement, aux autorités d’un État ou
d’une ville de « faire quelque chose » afin de protéger une région ou une espèce, de lutter
contre la pollution ou d’améliorer le système de traitement des déchets, les autorités publiques
compétentes appliquent des règles juridiques existantes ou en créent de nouvelles, se servent
des institutions ou des organes déjà existants tels qu’un département ministériel ou la police
ou créent une nouvelle institution telle qu’un ministère ou une agence pour l’environnement,
ou encore un corps de gardes forestiers. Dans de nombreux cas, il y a une demande formelle
de règles juridiques ou de recours à des instruments juridiques. Par conséquent, il est
nécessaire de comprendre le rôle du droit dans la protection de l’environnement. En pratique,
le droit peut être considéré comme un ensemble de normes obligatoires adoptées par les
autorités publiques selon des procédures préétablies. De telles procédures permettent au droit
de se distinguer des principes moraux et des croyances religieuses, comme des convenances
ou des règles de comportement social, dont le respect ne peut être imposé par les autorités
publiques. Le caractère obligatoire du droit et les sanctions qui peuvent assurer l’application
des règles juridiques devraient empêcher et éliminer les actes et les comportements nuisibles à
l’environnement. Au début de l’« ère écologique » et en particulier dans les années 70, il y a
eu une tendance au développement de réglementations en matière d’environnement, alors
considérées comme le remède à la pollution et à l’appauvrissement de la flore et de la faune
sauvages dans le monde. Dans les années 80, la désillusion quant à l’efficacité des règles
juridiques pour la protection de l’environnement a grandi, mais cela n’a pas arrêté ni même
ralenti les efforts législatifs. Dans les années 90, avec le triomphe du système de l’économie
de marché, nombreuses ont été les personnes à émettre l’opinion que le droit n’est pas un outil
adéquat pour protéger l’environnement, que ce soit au niveau international ou national, en
raison de son inefficacité. La ferme conviction que le droit de l’environnement peut résoudre
tous les problèmes environnementaux est certainement irréaliste, mais l’élimination totale des
instruments juridiques comme outils de protection de l’environnement conduirait
certainement à l’effondrement de toute protection. Une meilleure compréhension de la place
et du rôle du droit dans le monde actuel aide à maintenir un équilibre entre ces deux extrêmes.
Le rôle du droit n’est pas seulement d’établir des prescriptions ou des interdictions. Le droit
implique également l’utilisation d’autres formes d’intervention, telles que des mesures
persuasives ou dissuasives et la création d’outils de gestion. La plupart des instruments
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économiques, qui sont très populaires dans le monde actuel, doivent être adoptés par le biais
de mesures juridiques. Un impôt spécial sur les substances polluantes ou sur le fuel, des
subventions pour les activités non polluantes, des exonérations pour les personnes qui
acceptent d’exploiter leurs terres en respectant l’environnement, la délivrance d’autorisations
concernant les activités polluantes, les audits en matière d’environnement et les labels
écologiques sont autant de mesures qui dérivent généralement, sinon toujours, d’instruments
juridiques. De même, quand la gestion de l’environnement est nécessaire pour des entités plus
importantes que des entreprises individuelles, des sociétés ou des branches professionnelles –
par exemple, des villes, des cours d’eau ou des régions industrielles – les autorités publiques
ont le devoir de l’organiser et d’en assurer le fonctionnement. Il faut donc éviter toute
confusion entre les formes d’instruments utilisés pour la protection de l’environnement, qui
sont pour la plupart juridiques (règles ou institutions), et le contenu même de ces instruments.
Celui-ci peut être très varié, allant de mécanismes « ordonner et contrôler » et de
l’établissement de standards environnementaux à diverses actions concernant la production
industrielle ou agricole, les transports, le commerce, la recherche scientifique, l’éducation et
l’information.
Le droit international public est un système juridique qui gouverne les relations entre les
États, mais aussi entre les États et les organisations internationales (ONU, FAO, UNESCO,
OUA, OEA, Conseil de l’Europe, etc.). Ces organisations ont elles-mêmes été créées par le
biais de règles de droit international. Contrairement au droit international public, le droit
international privé s’applique aux relations transnationales entre des entités non-étatiques,
telles que les individus, les sociétés ou les associations. Depuis le début du 20e siècle, nombre
de problèmes liés aux ressources naturelles et à l’environnement ont été résolus au niveau
international, même si le terme « environnement » n’est apparu que plus tard. Des problèmes
de pollution transfrontière notamment ont été réglés soit par voie d’accords internationaux, tel
que le Traité de 1909 entre les États-Unis et le Canada sur les eaux limitrophes, soit par
arbitrage, comme l’illustre la sentence rendue dans l’affaire de la Fonderie de Trail (1941)
entre les mêmes États. Depuis le commencement de ce qui peut être considéré comme l’« ère
écologique », il y a une cinquantaine d’années, on est de plus en plus conscient de la
dimension internationale des problèmes environnementaux. En 1968, le Conseil de l’Europe,
une organisation régionale, a adopté la Charte européenne de l’eau, l’un des premiers
instruments internationaux en matière d’environnement. Ce texte non contraignant a énoncé
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un principe fondamental qui, s’il semble aujourd’hui évident, ne l’était pas à l’époque, à
savoir que l’eau ne connaît pas de frontières. La pollution de l’eau illustre parfaitement les
problèmes environnementaux internationaux car il n’est pas rare que les pays partagent des
ressources telles que des rivières ou des bassins de taille importante et les problèmes liés à la
qualité et à la quantité de l’eau peuvent être à l’origine de conflits internationaux. A l’instar de
l’eau douce, les océans, l’atmosphère et l’environnement en général ne connaissent pas de
frontières. N’importe quel impact significatif sur l’environnement peut produire des effets au-
delà des frontières nationales, comme le démontre le nombre de pays ayant souffert des
conséquences de l’accident nucléaire de Tchernobyl, ou le phénomène des pluies acides qui
affectent lacs et forêts dans des pays lointains. En outre, on découvre de plus en plus de
phénomènes dont les dimensions transcendent les frontières nationales et qui ne peuvent être
compris et combattus qu’au niveau international, voire global : la désertification, la
diminution de l’héritage génétique mondial, l’appauvrissement de la couche d’ozone, le
réchauffement de la planète. Et cette liste s’allonge à mesure que nos connaissances sur la
biosphère se développent. En définitive, le droit international de l’environnement est
l’ensemble des règles juridiques visant à supprimer ou, à tout le moins, à limiter les atteintes à
l’environnement. C’est également l’ensemble des règles et techniques, ainsi que des
institutions relatives à la protection du milieu et à la conservation de la nature et des
ressources naturelles. Le droit de l’environnement connait un champ d’application
relativement vaste qui tend aujourd’hui à pénétrer tous les domaines de la vie contemporaine.
Il s’est bâti autour d’un noyau central qui a progressé, agrégé autour de lui de nouveaux
domaines.
Les différentes conceptions de l’environnement et de la Terre ont en effet joué un rôle majeur
dans la transition de l’ordre féodal à l’ordre capitaliste industriel et la marchandisation de
l’environnement est demeurée l’une des caractéristiques clefs de l’ordre socioéconomique
moderne. L’économie s’est ainsi constituée une sphère autonome non seulement par rapport au
social et au politique mais par rapport à l’environnement qu’elle a démembré en « ressources
naturelles » et dont elle a pu ignorer les principes et la dynamique de régulation. Très tôt,
plusieurs économistes ont relevé le caractère problématique de cette scission qui rendait
l’économie aveugle aux limites des ressources naturelles et de la capacité d’autoépuration des
milieux récepteurs. Plusieurs travaux d’éminents économistes contemporains vont par la suite
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toujours par en ressentir les conséquences, puisque les coûts sont répercutés sur les prix à
l’exportation des produits nationaux. Par conséquent, l’État qui protège son environnement
risque d’être pénalisé sur le marché international en étant désavantagé par rapport à ses
concurrents. Le problème de l’ «exportation de la pollution » est encore un autre aspect de
l’internationalisation des problèmes environnementaux exigeant la coopération et l’adoption de
normes communes. Il s’agit du transfert d’activités, d’installations ou de produits nuisibles à
l’environnement d’un pays où ils sont interdits ou réglementés vers un pays dont la législation
est moins restrictive : en pratique, ce sont souvent des pays en développement désirant attirer
des investissements étrangers qui acceptent le risque inhérent à de telles activités menées sur
leur territoire. Des catastrophes industrielles, comme celle de Bhopal, en Inde (1984), qui causa
la mort de 2500 personnes et fit des milliers de blessés, montrent combien le danger est réel.
transfert » dont les arguments (les variables indépendantes) mesurent l’ampleur des
interventions sur le système, et les valeurs (les variables dépendantes) représentent des
caractéristiques des écosystèmes, telles qu’elles résultent des interventions en question. C’est
essentiellement sur la base d’une critique de cette perspective macroéconomique néoclassique
plutôt que sur une critique de la théorie des effets externes que s’est construit le courant de
l’économie écologique. Cherchant à corriger l’évolution historique ayant mené à la
sectorisation des disciplines, ce courant de pensée va jeter les bases d’une nouvelle discipline
issue à la fois de l’économie et de l’écologie. Mais plutôt que d’appréhender la réalité
écologique à travers l’outillage économique comme s’y emploient les courants néoclassiques
de l’économie de l’environnement, l’économie écologique a l’ambition de développer une
vision transdisciplinaire à laquelle contribuent tout autant l’écologie que l’économie. Nombre
de penseurs qui lui sont associés ont cherché à comprendre les incompatibilités existant entre
les systèmes économiques et écologiques dans le but de proposer l’arrimage environnemental
d’une économie désencastrée du système écologique. La pensée de l’économie écologique a été
développée depuis fort longtemps avant d’être aujourd’hui à la mode en s’inscrivant dans la loi
de l’entropie (thermodynamique) qui caractérise l’univers. Selon cette pensée, toute activité est
nécessairement destruction, mais cette destruction peut être créatrice à l’instar du soleil qui
permet la vie tout en perdant son énergie. Rejetant la conception néoclassique de l’équilibre
général calquée sur la physique newtonienne, Passet s’inspire des systèmes thermodynamiques
de Carnot et des théories du chaos pour penser la problématique actuelle comme un conflit
entre deux logiques qu’il s’agit d’articuler par « une gestion normative sous contrainte » : celle
de l’économie et du développement et celle de la coévolution naturelle et de ses régulations.
L’intérêt général est l’intérêt de la collectivité, locale ou nationale, distinct de l’intérêt des
individus qui la composent et consistant à la fois dans la somme et le dépassement des intérêts
individuels. Il a été pendant longtemps admis que la société civile, au niveau tant national
qu’international, joue un rôle de plus en plus important dans la promotion de l’intérêt général.
Si ce rôle de promotion de l’intérêt général a été pendant longtemps incombé aux autorités
publiques au regard de la nature de leur fonction et des prérogatives y afférentes, celles-ci ont
toujours tendance à opérer de manière technocratique en excluant les populations du
processus de décision sensé satisfaire la nécessité de l’intérêt général. Cette pratique a
contribué à éloigner progressivement les Etats des aspirations réelles de la population et à
créer ainsi un décalage entre l’intérêt général réel auquel aspirent les populations et l’intérêt
général tel que conduit par les autorités publiques incapables de percevoir les attentes
légitimes. Par ailleurs, lorsque la concentration est engagée entre les acteurs, le risque est
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grand que le monde de l’industrie, aux ressources financières importantes, exerce de multiples
pressions pour imposer la prééminence des intérêts privés dans les choix nationaux, au
détriment du mouvement associatif. Si tant est que des échanges se déroulent entre acteurs
gouvernementaux et non gouvernementaux, les ONG n’ont cessé de faire remarquer que la
priorité est généralement donnée aux requêtes formulées par les acteurs privés, y compris en
particulier, les entreprises multinationales, dotées des ressources nécessaires peu entamé des
activités de lobbying. Par conséquent, en lieu et place de l’intérêt général, les politiques et
réglementation environnementales tendraient à satisfaire plus ouvertement les intérêts privés
d’acteurs économiques puissants et à ignorer ceux mis en avant par les représentants
associatifs. Dans un tel contexte marqué par le double risque de la confiscation de l’intérêt
général par une administration solitaire et par des intérêts privés, les organisations de la
société civile peuvent être une alternative à condition de les associer pleinement au processus
décisionnel. Il faudra cependant veiller à éviter que le mouvement associatif ne soit confisqué
par quelques associations et ONG puissantes et influentes. De même, les différences de
perception de l’intérêt général écologique et les luttes d’influence et de leadership entre les
différentes associations peuvent instaurer un climat de concurrence susceptible de nuire au
rôle de la société civile dans la promotion de l’intérêt général.
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Le traité est un accord international conclu par écrit entre États, ou entre un État et une
organisation internationale ou entre organisations internationales et régi par le droit
international. De fait, l’on distingue le traité au sens large et le traité au sens étroit ou
solennel, qui implique l’intervention formelle du Chef de l’État et la procédure de la
ratification. Les traités internationaux présentent les caractéristiques suivantes : l’existence
d’un document écrit ; un accord entre sujets de droit international car seuls les sujets de droit
international peuvent conclure des traités ; un accord ayant pour but de produire des effets de
droit ; un accord soumis au droit international car les traités se distinguent des conventions
domaniales, passées entre États ou avec une organisation internationale, qui sont régies par le
droit de l’État. Une convention, quant à elle, est un accord de volonté entre deux ou plusieurs
sujets de droit (privé ou public, national ou international), tendant à produire des effets de
droit et liant les parties. On distingue généralement plusieurs types de conventions
internationales. Selon le nombre d’Etats parties, on distingue les conventions bilatérales des
conventions multilatérales. Selon leur mode de conclusion, on distingue les conventions en
forme simplifiée, qui entrent en vigueur dès leur signature, des conventions en forme
22
solennelle, qui n’entrent en vigueur qu’après ratification par les parties. Un protocole, enfin,
est un accord international conclu entre deux ou plusieurs Etats et qui complète, précise ou
prolonge un accord précédent. Le nom n’a cependant que peu d’importance : l’élément
fondamental a trait au fait que les États impliqués veulent rendre le document obligatoire.
Notons toutefois que la différence fondamentale entre ces concepts est que le Traité a
généralement une portée générale tandis que la Convention porte le plus souvent sur un
domaine spécifique et que le Protocole quant à lui a un caractère plus technique.
Les traités comportent généralement un préambule, qui explique les motivations des Parties
contractantes mais ne contient aucune règle obligatoire. Le préambule peut cependant être très
utile pour interpréter le traité. La partie principale du traité est composée de règles qui
définissent les obligations des Parties, les mesures d’application. Les règles spécifiques
relatives aux détails techniques sont souvent annexées aux traités internationaux dont les
règles principales font référence aux annexes. Les traités étaient autrefois généralement
négociés et conclus lors de conférences accueillies par un État. Cette procédure est encore
utilisée mais presque tous les traités multilatéraux sont aujourd’hui rédigés et adoptés dans le
cadre d’une organisation internationale, telle que les Nations Unies, le Conseil de l’Europe ou
l’Organisation de l’unité africaine. Les acteurs principaux de la négociation sont les
délégations nationales envoyées par les États ; elles se composent désormais non seulement de
responsables gouvernementaux mais aussi de scientifiques et même de représentants d’ONG.
Ceci est particulièrement important dans la négociation d’accords internationaux sur
l’environnement. La négociation prend fin avec l’adoption d’un texte. Ceci peut être un « acte
final » constatant l’adoption d’un traité et ajoutant des remerciements, des explications, des
commentaires, voire des déclarations ou des plans d’action qui ne sont pas obligatoires en tant
que tels, à moins que les Parties n’en décident autrement. Le texte du traité est signé
personnellement par les représentants des États nommés à cette fin par leur gouvernement
(représentants « plénipotentiaires »). Certains traités peuvent être signés non seulement lors de
la clôture des négociations, mais également par la suite, pendant une période déterminée. Au
terme de cette période, les États non contractants ne peuvent qu’adhérer ou accéder au traité,
en suivant une procédure généralement déterminée par le traité lui-même et qui peut prévoir
des conditions particulières telles que l’approbation de l’adhésion par les États qui l’ont déjà
signé. L’étape suivante de la procédure relève du droit interne. Elle est régie par les
constitutions nationales qui peuvent prévoir, selon les cas, que certains traités doivent être
23
ratifiés par le chef d’État après approbation du parlement national, ou que des catégories
déterminées de traités ne sont approuvées que par le chef d’État, sans être soumises au
parlement, ou tout simplement « acceptées » par l’exécutif. Dans certains pays, de tels traités
sont appelés « accords exécutifs ». La ratification ou l’approbation d’un traité est officialisée
par le gouvernement concerné qui envoie un « instrument de ratification » à l’autre Partie
contractante ou, pour les traités multilatéraux, c’est-à-dire quand il y a plus de deux Parties,
au gouvernement de l’une des Parties ou, de plus en plus souvent, au secrétariat d’une
organisation internationale que l’on nomme « Dépositaire ». Le Dépositaire centralise toutes
les communications liées aux actes concernant le traité, tels que les adhésions, les réserves,
l’entrée en vigueur, les modifications, etc., et fait circuler les informations qui y ont trait à
tous les États Parties. La date d’entrée en vigueur d’un traité est généralement déterminée par
le traité lui-même. Elle a généralement lieu après le dépôt des instruments de ratification ou,
quand les parties contractantes sont nombreuses, après le dépôt des instruments de ratification
par un nombre déterminé de Parties.
1.3- Caractère juridique et champs d’application
L’une des règles fondamentales du droit international est que les traités sont obligatoires pour
les Parties contractantes, qui ont le devoir de les appliquer de bonne foi. Ils ne sont pas
obligatoires pour les autres Etats ou organisations. Cependant, les traités peuvent produire des
effets pour des Etats qui n’y sont pas parties. Certains systèmes juridiques permettent que
certains traités soient exécutés entre les Parties contractantes sans autre procédure. Ce sont les
« traités auto exécutoires ». D’autres traités doivent être complétés par des actes particuliers,
tels que des lois ou des décrets, mais aussi des instructions sous une forme différente, qui
permettent aux autorités nationales d’appliquer leurs dispositions. Ces traités sont dits « non
auto exécutoires ». Les traités eux-mêmes peuvent prévoir qu’ils doivent être complétés.
Section 2 : Aperçu sur le droit international de l’environnement
Le droit international de l’environnement consiste aujourd’hui principalement en des règles
établies sous forme de traités. De nombreux traités – leur nombre est estimé à plus de 700 –
formulent de telles règles. Au moins 250 d’entre eux sont entièrement consacrés à la
protection de l’environnement, alors que d’autres ne contiennent que quelques dispositions
relatives à l’environnement.
2.1- Instruments juridiques
Un grand nombre de traités relatifs aux eaux frontalières – traités pour la plupart bilatéraux ou
adoptés par des États qui partagent une rivière ou un bassin fluvial – ne contiennent qu’une ou
quelques dispositions relatives à l’environnement. Parmi les importantes conventions
24
internationales ayant une portée mondiale, on peut mentionner, par exemple, la Convention
des Nations Unies sur le droit de la mer (1982) qui contient une partie sur la pollution marine
et une série d’articles sur d’autres problèmes environnementaux. Dans le traité de 1967 sur les
principes régissant les activités des États en matière d’exploration et d’utilisation de l’espace
extra-atmosphérique, y compris la Lune et les autres corps célestes, seul l’article IX a trait à
l’environnement : il a pour but de protéger la Terre de la pollution provenant de l’espace et à
protéger l’espace de la contamination. L’accord de Marrakech du 15 avril 1994 établissant
l’Organisation mondiale du commerce n’aborde la question de l’environnement que dans son
Préambule, en expliquant les motivations des Parties contractantes. D’après le Préambule, les
Parties tiennent compte « de l’utilisation optimale des ressources mondiales conformément
aux objectifs du développement durable, cherchant à la fois à protéger et préserver
l’environnement et à améliorer les moyens pour atteindre ce but ». Quasiment tous les traités
multilatéraux importants adoptés depuis la Conférence de Rio contiennent des principes plus
ou moins développés relatifs à la protection de l’environnement.
2.2- Portée juridique
De nombreux principes peuvent être observés dans les traités sur l’environnement. Certains
instruments sont mondiaux et contiennent des normes destinées à régir la communauté
internationale dans son ensemble. Toutefois, la plupart des traités sur l’environnement ont une
couverture régionale. La Commission économique des Nations Unies pour l’Europe, qui
compte pour membres tous les États européens, ainsi que le Canada et les États-Unis, a adopté
d’importants accords relatifs à la gestion et à la protection des ressources en eau ainsi qu’à la
pollution atmosphérique transfrontière à longue distance, tandis qu’une série de traités relatifs
à la protection de la mer dans différentes régions du monde était rédigée avec l’aide du
PNUE, un organe subsidiaire de l’Assemblée générale des Nations Unies. Il est aujourd’hui
possible d’affirmer qu’une réglementation internationale à portée mondiale a été établie dans
trois secteurs traditionnels de l’environnement : la mer, avec la Convention de Montego Bay
sur le droit de la mer (1982), les ressources naturelles, avec la Convention de Rio sur la
diversité biologique (1992) et la Convention de New York sur le droit relatif aux utilisations
des cours d’eau internationaux à des fins autres que la navigation. Dans les trois cas, on peut
considérer que les traités internationaux sur l’environnement préexistants, que ce soit au
niveau mondial ou régional, sont désormais intégrés dans des systèmes généraux.
2.3- Tendance actuelle
Au cours de ces trente dernières années, l’Union mondiale pour la nature a élaboré un Pacte
sur l’environnement et le développement qui devrait être soumis à l’Assemblée générale des
25
Nations Unies. Ces développements illustrent aussi une nouvelle tendance dans les techniques
du droit international qui est particulièrement importante pour le droit international de
l’environnement. Il s’agit de la technique des « conventions-cadres », selon laquelle une
convention à portée générale est adoptée : elle proclame des principes fondamentaux
susceptibles de rallier le plus grand nombre. Parallèlement, les Parties prévoient l’élaboration
d’autres accords appelés protocoles additionnels et qui contiennent des obligations plus
détaillées. Cette méthode a d’abord été utilisée dans des traités régionaux pour la protection
des différentes mers, le premier d’entre eux étant la Convention sur la protection de la mer
Méditerranée contre la pollution (1976). La Convention établit les principes fondamentaux
que les Parties contractantes doivent appliquer. Les règles détaillées sont contenues dans des
protocoles additionnels. Certains d’entre eux sont signés en même temps que l’instrument
principal, d’autres sont élaborés par la suite. Bien que toutes les Parties à l’instrument
principal ne soient pas nécessairement Parties à tous les protocoles, on peut parler de
véritables systèmes conventionnels. La technique du traité-cadre s’est généralisée depuis la
Convention de Genève de 1979 sur la pollution atmosphérique transfrontière à longue
distance. Cette Convention a montré qu’il est plus facile de parvenir à un consensus sur la
nécessité et les moyens d’agir que de parvenir à un accord sur les détails de l’action, qui se
veut très technique et entraîne parfois de lourdes conséquences économiques pour les Parties
contractantes. La Convention a créé une structure juridique pour les négociations ultérieures,
auxquelles pourront participer des scientifiques, des représentants des intérêts économiques et
de l’opinion publique. Les trente ans d’expérience acquise dans le domaine des traités
internationaux sur l’environnement montrent que de tels traités nécessitent l’établissement de
structures et d’institutions internationales particulières afin d’assurer leur bon fonctionnement
et de faciliter leur adaptation aux nouvelles situations ainsi que leur développement, surtout
dans le cas des traités-cadres. La solution la plus communément adoptée est la création par le
traité concerné d’une Conférence des Parties qui se réunit à intervalles réguliers et qui reçoit
le soutien d’un secrétariat permanent. Ces solutions, particulièrement caractéristiques des
traités portant sur l’environnement, sont relativement nouvelles en droit international.
Section 3 : Exemples d’instruments juridiques en matière d’environnement
Les sources juridiques sont les procédés par lesquels se réalisent la politique et du droit de
l’environnement. Ce sont les textes qui contiennent l’ensemble des règles et procédures et qui
déterminent les institutions pour la protection et la promotion de l’environnement et des
ressources naturelles. Elles sont de deux natures : les sources internationales et les sources
26
Ce sont des textes non obligatoires adoptés par les Etats au sein des organisations
internationales notamment l’ONU. Bien que non obligatoires, ils ont une grande importance
du point de vue juridique qu’ils ont fortement inspiré les droits nationaux de l’environnement.
On distingue traditionnellement trois catégories : les déclarations (ou chartes), les
programmes (ou plans) d’action, les directives (ou recommandations).
Les programmes d’action sont l’œuvre de conférences internationales. Ce sont des textes
internationaux qui s’adressent généralement à l’ensemble de la communauté internationale
(Etats, OIG, ONG). Ils contiennent les mesures à prendre au niveau approprié, les moyens de
leur mise en œuvre et les mécanismes de suivi et contrôle. Le Programme d’action des
nations unies sur l’environnement et le développement (Agenda 21 ou Action 21) adopté à
Rio de Janeiro en 1992 contient l’ensemble des mesures normatives, institutionnelles et
financières qu’il convient de prendre au plan national, régional et mondial pour mettre en
œuvre les principes de la Déclaration et assurer la sauvegarde de l’environnement.
Les conventions, contrairement aux instruments non conventionnels, sont obligatoires pour
les Etats dès lors qu’ils les ont signées et ratifiées. La constitution burkinabè dispose que les
conventions régulièrement ratifiées ont une force supérieure aux lois nationales.
Ce sont les conventions qui concernent presque tous les Etats du monde. Elles sont le plus
souvent négociées dans le cadre des institutions multilatérales notamment l’ONU. Le Burkina
Faso est aujourd’hui lié par de nombreuses conventions multilatérales parce qu’il les a
ratifiées (une vingtaine). Mais trois (03) d’entre elles méritent une attention particulière.
28
A- La convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (Rio, 9
mai 1992)
Elle a été adoptée en réaction contre les menaces à l’environnement dues aux gaz à effet de
serre (notamment le CO2). L’objectif de la CCNUCC est de stabiliser les concentrations de
gaz à effet de serre dans l’atmosphère à un seuil limitant et prévenant les dangereuses
perturbations anthropiques climatiques. C’est dans le cadre de cette CCNUCC qu’a été
adoptée le 11 décembre 1997, le Protocole de Kyoto qui fixe des objectifs quantitatifs de
réduction des gaz (CO2) pour les différents pays sur la base de leurs émissions de 1990.
B- La Convention des Nations Unies sur la diversité biologique (Rio, 5 juin 1992)
Son objectif global est d’enrayer la perte de la diversité biologique constatée à travers le
monde, alors qu’elle est d’une importance fondamentale pour l’homme (alimentation,
médecine, habitat). Les causes de cette destruction sont entre autres, la pollution,
l’exploitation abusive, l’urbanisation anarchique. Les objectifs spécifiques sont au nombre de
trois : assurer la conservation de la diversité biologique, assurer le développement durable,
l’utilisation des ressources génétiques. Elle a été complétée par le Protocole de Cartagena sur
la prévention des risques biotechnologiques adoptée le 29 janvier 2000 à Montréal qui vise à
organiser les mouvements transfrontaliers des OGM et le protocole de Nagoya sur l'accès aux
ressources génétiques et le partage juste et équitable, des avantages résultant de leur
utilisation du 29 novembre 2010.
C- La convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification dans les pays
gravement touchés par la sécheresse et/ou la désertification, en particulier en
Afrique (Paris, 17 juin 1994).
contre la désertification qui pourront être appuyés par des programmes d’action sous
régionaux et régionaux et dont le contenu et la portée sont détaillées. Ils doivent également
s’attaquer véritablement aux causes profondes de la désertification en accordant une attention
particulière aux facteurs socio-économiques qui contribuent à ce phénomène. Ils doivent en
outre sensibiliser les populations locales, notamment les femmes et les jeunes et favoriser leur
participation à travers leur organisation non gouvernementale aux efforts de lutte contre la
désertification. Ils doivent enfin créer un environnement juridique approprié par l’adoption ou
le renforcement de législations pertinentes en la matière.
Les conventions régionales sont celles qui ont été conclues au niveau du continent africain, le
plus souvent dans le cadre de l’Union Africaine. De multiples conventions ont également été
adoptées dans ce cadre. On peut retenir deux conventions régionales à titre d’exemple.
C’est l’une des premières conventions modernes de protection de la nature. Elle impose aux
Etats africains la constitution d’aires protégées au profit de la flore et de la faune ainsi que la
prise de mesures particulières pour les espèces menacées.
Ce sont les conventions qui ont été adoptées au niveau sous régional ouest africain et le plus
souvent dans le cadre des organisations d’intégration ouest africaines, notamment dans le
cadre de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ou dans
le cadre de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) ou encore dans le
cadre du Comité inter-états de lutte contre la sècheresse dans le sahel (CILSS).
30
Ce sont entre autres : le Règlement pour la protection de la couche d’ozone qui réglemente
l’entrée dans l’Union de produits contribuant à la détérioration de la couche d’ozone et ce,
conformément aux engagements internationaux pris par les Etats membres ; le règlement sur
la sécurité sanitaire des végétaux, des animaux et des aliments qui vise à prévenir les crises
sanitaires au sein de l’Union dans les trois domaines respectifs en réglementant les conditions
de circulation de ces produits et en mettant en place les mécanismes institutionnels à cet effet.
Le Burkina Faso est lié par un certain nombre de conventions bilatérales conclues avec des
Etats voisins. On peut mentionner les conventions suivantes : l’Accord de lutte contre le
braconnage dans la république populaire du Benin et la République de Haute-Volta (12
juillet 1984) et étendu au Niger le 04 juillet 1986 ; l’Accord entre le Gouvernement du
Burkina Faso et le Gouvernement de la république du Mali sur la transhumance (18 juillet
1988) ; le Protocole d’accord portant création d’un cadre de concertation entre le Burkina
Faso et la République du Niger sur la transhumance transfrontalière (Tillabéri, 26 janvier
2003) ; l’Accord sur la mise en place d’un Comite Technique Conjoint sur la Gestion
Intégrée des Ressources en Eau (CTC-GIRE) entre le Ghana et le Burkina Faso (06
décembre 2005) ; l’Accord de coopération entre le Gouvernement du Burkina Faso et le
Gouvernement de la République du Ghana en matière de conservation des ressources
naturelles partagées (Accra, 10 juillet 2008).
Le développement doit satisfaire les besoins des générations actuelles sans compromettre
ceux des générations à venir. Chaque génération doit transmettre aux autres, le « patrimoine
terre » dans un état au moins identique à celui dont elle a bénéficié. Il s’agit d’un
développement qui permet une utilisation rationnelle des ressources naturelles, tout en
32
Participation et information sont intimement liées. Une participation efficace suppose une
participation en pleine connaissance de cause qui est elle-même tributaire de l’information
mise à la disposition du public. Les conditions d’accès du public à l’information, la qualité de
l’information fournie sont des facteurs essentiels d’une participation qualitative à l’action
environnementale. On ne peut participer efficacement à la prise de décision que si l’on est
bien informé. Le principe de participation et d’information n’est pas propre au domaine de
l’environnement. Il est un élément essentiel de toute démocratie participative visant à associer
le plus étroitement les citoyens à la décision. Mais le principe de participation et
d’information prend un relief particulier dans le domaine de l’environnement. Le fondement
du principe réside dans le caractère général de l’environnement et de la nature du patrimoine
national des ressources naturelles.
s'avère impossible, dans ce cas il faut envisager la conservation ex situ. Celle-ci s'opère en
dehors du milieu naturel de l'espèce dans une autre zone sur le territoire national ou à
l'étranger. C'est une méthode complémentaire car elle fait courir des risques pour les espèces
locales ou les écosystèmes locaux. Elle doit s'opérer de préférence dans le pays d'origine des
espèces à conserver, les Etats doivent éviter que soient menacés les écosystèmes et les
populations in situ et il faut favoriser dès que possible la réintroduction de ces espèces dans
leur milieu naturel. L'utilisation durable de la Diversité Biologique est définie comme étant
« l'utilisation des éléments constitutifs de la DB, d'une manière et à un rythme qui n'entraine
pas leur appauvrissement à long terme et sauvegardant ainsi leur potentiel pour satisfaire les
besoins et les aspirations des générations présentes et future ». Pour parvenir à cette utilisation
durable, la convention demande aux Etats d'intégrer les considérations relatives à l'utilisation
durable dans le processus décisionnel national ou encore de favoriser l'usage coutumier des
ressources biologiques conformément aux pratiques culturelles et conventionnelles. L'accès
équitable aux ressources génétiques et le partage des bénéfices résultant de leur exploitation
est le troisième élément. A partir de 1992, la CBD a mis fin au régime de libre accès aux
ressources génétiques et consacré le droit de ces pays à bénéficier d'une partie des ressources
financières résultant de l'exploitation commerciale des ressources génétiques prélevées sur
leur territoire. Il eut deux protocoles adoptés par la suite pour compléter la CDB : le protocole
de Nagoya sur l'accès aux ressources génétiques et le partage juste et équitable, des avantages
résultant de leur utilisation du 29 novembre 2010 et le protocole de Cartagena sur la
prévention des risques biotechnologiques du 29 janvier 2000.
Les zones humides sont d'une grande importance non seulement pour les services qu'elles
rendent aux hommes mais aussi en tant qu’habitat de nombreuses espèces de la diversité
biologique. Malgré cette importance, ces zones sont menacées par l'homme (ex: assèchement
des zones humides pour des activités socioéconomiques ou encore pollution de ces zones
humides). C'est donc pour faire face à ces menaces que la communauté internationale a
élaboré le 2 février 1971 la convention relative aux zones humides d'importance internationale
particulièrement comme habitats des oiseaux d'eaux encore appelée convention Ramsar. Cette
convention met un certain nombre d'obligations à la charge des Etats : (1) Chaque Etat doit
designer au moment de son adhésion à la convention au moins une zone humide d'importance
internationale à inscrire sur la Liste Ramsar ou encore la Liste des zones humides
36
d'importance internationale. Le choix de la zone humide à inscrire doit être fondé sur son
importance internationale du point de vue écologique et surtout, ayant une importance
particulière pour les oiseaux d'eaux douces. Les Etats peuvent inscrire par la suite d'autres
zones humides sur la Liste Ramsar, peuvent également étendre les limites d'une zone humide
déjà inscrite mais ils ne peuvent réduire l'étendue d'une zone humide déjà inscrite que lorsque
cela est justifié par des « raisons pressentes d'intérêt nationale ». Dans ce cas, il y a obligation
de compenser toute perte de zones humides inscrites par la création et l'inscription de
nouvelles zones humides. Il importe de noter que l'inscription d'un ZH sur la Liste Ramsar est
sans préjudice des droits exclusifs de souveraineté de l'Etat sur cette zone, c'est-à-dire que
cette zone humide continue de relever de la souveraineté exclusive des l'Etat mais la
communauté internationale a un droit de regard sur la gestion de cette ZH inscrite. A son
adhésion au droit Ramsar, le Burkina Faso a inscrit trois zones humides à savoir la mare aux
hippopotames de Bala d'une superficie de 19200 hectares pour une mare de 660 hectares, la
mare d'Oursi avec une superficie de 1250 hectares et le parc National du W. Par la suite, le
Burkina Faso a inscrit douze autres zones sur la Liste Ramsar. (2) Obligation de conservation
durable de la Zone Humide Inscrite par la prévention des dégradations de cet écosystème.
Pour cela, la convention impose aux Etats d'élaborer et d'appliquer des plans d'aménagement
pour chaque zone humide inscrite, mais également de créer des réserves naturelles dans ces
zones humides. Les Etats doivent informer le secrétariat de la convention des modifications
des caractéristiques écologiques de la ZH qui se sont produites, ou sont en train de se produire
ou sont susceptibles de se produire. En contrepartie de ces obligations, les Etats peuvent
obtenir des financements pour la gestion durable d'une zone humide à travers le fonds
Ramsar. Les Zones Humides inscrites sur la Liste Ramsar et dégradées sont inscrites sur la
Liste de Montreux. L'inscription des ZH sur la Liste Ramsar a connu un grand succès dans le
monde. En 2009 on dénombrait 1400 ZH inscrites représentant plus de 120 millions
d'hectares.
Elle a été adoptée le 17 juin 1994 à Paris mais elle fait partie des conventions de Rio. La
désertification est définie comme la dégradation des terres dans les zones arides, semi arides
et subhumides sèches par suite de divers facteurs parmi lesquels, les variations climatiques et
les activités humaines alors que la sécheresse est définie comme le phénomène naturel qui se
produit lorsque les précipitions ont été sensiblement inférieures au niveau normalement
enregistré. Désertification et sécheresse constituent des menaces pour les Etats qui sont
37
Certaines espèces de la faune et de la flore sont menacées de disparition parce qu'elles font
l'objet de commerce international. C'est pour faire face à ce phénomène que fut adopté la
convention sur le commerce international des espèces de la faune et de la flore sauvage
menacée d'extinction, signé le 3 mars 1973 à Washington. La convention de Washington
procède à la protection des espèces menacées par la méthode des listes. L'article 2 définit trois
listes sous forme d'annexe. L'annexe 1 comprend la liste des espèces gravement menacées
d'extinction. Le commerce international de ces espèces est prohibé sauf dans les circonstances
exceptionnelles. Dans les cas de circonstances exceptionnelles, le commerce de ces espèces,
qu'il s'agisse de l'importation ou de l'exportation est conditionné à l'obtention préalable d'un
permis d'exportation ou d'importation. Une autorité scientifique doit attester que l'exportation
ne nuit pas à la survie de l'espèce. Un organe de gestion de l'Etat d'exportation doit attester
que le spécimen n'a pas été obtenu en violation des lois nationales. L'annexe 2 comporte la
liste des espèces vulnérables, c'est-à-dire des espèces bien que n'étant pas menacées
actuellement d'extinction pourrait le devenir si le commerce de ces spécimens n'est pas
strictement encadré. Le commerce international de ces espèces est libre mais il reste soumis à
certaines conditions déterminées par la convention. Quant à l'annexe 3, elle comporte la liste
des espèces qu'un Etat partie estime menacées sur son territoire, cet Etat pourrait bénéficier de
38
l'assistance des autres Etats parties à la convention. En janvier 2008, 5000 espèces animales et
28000 espèces végétales étaient protégées par la CITES (Convention on International Trade
of Extinced Species).
Les Etats abritent sur leur territoire de nombreux biens et patrimoines, et certains biens tout en
étant situés sur le territoire d'un Etat donné ont une importance qui va au delà du pays
concerné. Ce sont les biens du patrimoine mondial. Ils peuvent être culturels et/ou naturels.
C'est pour protéger ces biens du patrimoine mondial que fut adopté sous les hospices de
l'UNESCO, la convention relative à la protection du patrimoine mondial culturel et naturel du
16 novembre 1972. Elle impose un certain nombre d'obligations aux Etats, à savoir: assurer
l'identification, la protection, la conservation et la mise en valeur des éléments du patrimoine
mondial situé sur leur territoire ; promouvoir les biens du patrimoine mondial sur leur
territoire, c’est-à-dire les intégrer dans les programmes de qualification, créer des services
publics de protection de ce patrimoine, accorder les ressources financières nécessaires à cette
protection, entreprendre les études et recherches scientifiques. Tout Etat peut inscrire un bien
du patrimoine sur la Liste du patrimoine mondial culturel et naturel. En contrepartie, les Etats
peuvent recevoir une assistance technique et financière à travers le Fonds pour le patrimoine
mondial.
C'est au milieu des années 80 que la communauté scientifique a établi un lien entre le
réchauffement climatique et les gaz à effet de serre (GES).
2.1- La lutte contre les changements climatiques par la protection de la couche d’ozone
39
accord international. Les principaux thèmes des négociations inclus dans la Feuille de route
de Bali étaient au nombre de 4. D'abord, l'adaptation aux changements climatiques. Le
nouvel accord devrait renforcer la coopération internationale ou soutenir la mise en œuvre
urgente des actions d'adaptation, par exemple l’évaluation de la vulnérabilité de chaque Etat,
de sa capacité de résilience, priorisation des actions a entreprendre, évaluation des capacités
financières. Les besoins des pays en développement et particulièrement des PMA (pays les
moins avancés), les petits Etats insulaires et les pays Africains devraient se voir accorder une
attention particulière. Ensuite, la réduction des émissions de gaz à effet de serre. La
conférence a souligné l'urgence de cette réduction en se basant sur le rapport du GIEC. Aussi,
le transfert de technologie, notamment des pays industrialisés vers les pays en développement
à travers l'échange de d'informations sur le phénomène mais également sur les mesures
d'adaptation. Enfin, les mécanismes financiers. L'accord permettra de mettre en place un fond
d'adaptation aux changements climatiques, surtout au bénéfice des pays en développement,
300 à 500 milliards de dollars selon l'ONU. Deux ans plus tard, se tenait la conférence de
Copenhague qui devait permettre d'adopter le nouvel accord mais ce fut un échec. Cependant,
les Etats se sont mis d'accord pour maintenir le réchauffement global sous la barre des 2°C et
se sont également mis d'accord pour créer un fond vert pour le climat doté de 30 milliards de
dollars qui devrait atteindre 100 milliards en 2020. Suite à l'échec de Copenhague, des
conférences se sont tenues par la suite mais sans succès.
2.2- La lutte contre les changements climatiques par la réduction des gaz à effet de
serre
Le GIEC a été créé par l’Organisation météorologique mondiale et le Programme des Nations
Unies pour l’environnement en vue de présenter clairement l’état des connaissances relatives
au changement climatique et ses répercussions possibles dans la sphère environnementale et
socio-économique. Pour ce faire, le GIEC examine et évalue les données scientifiques,
techniques et socio-économiques les plus récentes publiées dans le monde entier qui sont
utiles à une bonne compréhension des changements climatiques. Il indique aux décideurs ce
que l’on sait sur le phénomène, ce que l’on ne sait pas et ce qu’il est possible de faire. Le
GIEC est un partenariat sans équivalent entre les gouvernements qui en sont membres et les
milieux scientifiques qui procèdent aux évaluations. Il a pour principe fondamental d’établir
des rapports qui sont susceptibles d’orienter les politiques sans pour autant préconiser de
choix précis.
41
La pertinence des travaux du GIEC pour l’élaboration des politiques est notamment attestée
par la consultation de ses rapports pendant les négociations internationales sur le climat, telle
la Conférence des Parties (COP) à la Convention-cadre des Nations Unies sur les
changements climatiques (CCNUCC). Comme l’indique le site Web de la Convention, les
informations présentées dans les rapports du GIEC servent de référence quand la Conférence
des Parties prend des décisions de nature scientifique. Le GIEC collabore étroitement avec
l’Organe subsidiaire de conseil scientifique et technologique (SBSTA) puisque les travaux de
la CCNUCC reposent sur la science. Il a présenté à ce dernier les conclusions de son
cinquième Rapport d’évaluation paru récemment. Il a également participé à l’initiative de
dialogue structuré entre experts et à l’initiative de dialogue sur la recherche qui ont donné aux
négociateurs une compréhension poussée des questions scientifiques et ont facilité les
délibérations qui devaient aboutir à l’Accord de Paris.
Les sociétés industrielles ont généré beaucoup de déchets et certains de ces déchets sont
particulièrement dangereux pour la santé humaine et l'environnement. A partir des années 80,
certains producteurs de déchets ont décidé d'exporter ces déchets vers d'autres pays, soit pour
les éliminer, soit pour les stocker, soit pour les recycler. C'est ainsi qu’à partir des années 80,
on a assisté à des mouvements transfrontaliers illicites de déchets dangereux qui ont
particulièrement affecté les pays africains et qui risquaient de faire de ce continent la
« poubelle » des pays riches. C'est pour donc réagir à ce phénomène et pour mieux l'organiser
que fut conclue en 1989 la convention de Bâle sur le contrôle des mouvements transfrontaliers
des déchets dangereux et de leur élimination. La Convention de Bamako conclue en 1991
renforcera davantage les positions africaines sur cette question.
Elle définit les déchets comme des « substances ou objets qu'on élimine, qu'on a l'intention
d'éliminer ou qu'on est tenu d'éliminer en vertu des dispositions du droit national ». La
convention pose un certain nombre de principes : la gestion écologiquement rationnelle des
déchets dangereux, c'est-à-dire de manière à ne pas causer des dommages à l'environnement
ou à la santé humaine ; la réduction de la production de déchet dangereux à défaut d'obtenir la
pollution zéro ; l'élimination des déchets le plus près possible de leur source d'émission pour
éviter les voyages internationaux ; la réduction au maximum possible des mouvements
transfrontaliers des déchets dangereux. La convention de Bâle définit les obligations des
parties, notamment les procédures liées aux mouvements transfrontaliers des mouvements
dangereux et institue les organes et institutions de sa mise en œuvre. Tout Etat peut interdire
l'importation de déchets étrangers dangereux sur son territoire. En cas de mouvements
transfrontaliers de déchets dangereux, l'autorité compétente de l'Etat d'exportation doit notifier
à celle de l'Etat d'importation l'éminence d'un mouvement transfrontalier. L'autorité
compétente de l'Etat d'importation doit accuser réception de la notification en indiquant sa
décision et en aucun cas, aucun mouvement transfrontalier ne peut être entamé avant
réception de l'autorisation écrite. En cas de transit, l'autorisation des Etats de transit est
requise. La notification doit contenir un certain nombre de renseignements spécifiés à
l'annexe 5 de la convention. Un document doit accompagner tout mouvement transfrontalier
43
avec les informations requises. Tout mouvement transfrontalier entamé et qui ne peut être
mené à bien, emporte l'obligation de réimportation de déchets dans le pays d'origine. Les
mouvements transfrontaliers illicites de déchets dangereux font l'objet de sanctions pénales et
les Etats sont invités à adopté de telles sanctions. Ces sanctions peuvent être appliquées au
producteur, au transporteur, à l'exportateur, à l'éliminateur.
En réaction à la convention de Bâle qui n'interdit pas mais organise des mouvements
transfrontaliers des déchets dangereux, les Etat africains ont adopté deux ans après en 1991 la
convention de Bamako sur les mouvements des déchets dangereux. Celle-ci comporte deux
grands éléments : elle interdit toute importation de déchets extra africain sur le continent d'une
part et organise les mouvements transfrontaliers intra africain sur le modèle de la convention
de Bâle.
L’eau est une ressource qui est apparemment à la fois rare et limitée. En fait, l’eau est
abondante mais inégalement répartie sur la surface de la terre et elle n’a pas toujours la qualité
requise. pour les emplois qui en réclament l’usage. Sensible aux facteurs extérieurs et à la
dégradation de l’environnement, l’eau est coûteuse à maîtriser et à mettre en valeur. Elle
devient plus précieuse à mesure que se multiplient les utilisations concurrentes. C'est pour
prévenir ces conflits que les conventions internationales ont été adoptées dont la Convention
de new York sur le droit relatif à l'utilisation des cours d'eaux internationaux à des fins autres
que la navigation.
Aujourd’hui, la pénurie d’eau menace des facteurs essentiels à la sécurité de la vie humaine :
production alimentaire, santé de l’environnement aquatique et terrestre, stabilité sociale et
politique. En effet, tous les secteurs de l’économie sont tributaires de l’eau :
l’approvisionnement en eau potable des populations, l’agriculture, l’élevage, la pêche, la
production électrique, la production industrielle et minière, le tourisme, l’environnement, la
navigation, la construction, etc. sont donc en cause les besoins vitaux des hommes et leurs
activités économiques. Sont également concernés la protection de l’environnement,
44
forçage radiatif négatif ; le climat a évolué au cours des 100 dernières années ; un faisceau
d’éléments suggère qu’il y a une influence perceptible de l’homme sur le climat global ; on
s’attend à ce que le climat évolue mais les incertitudes restent nombreuses. La « Déclaration
de Genève » n’est rien d’autre que le reflet de la position des Etats-Unis présentée par
Timothy Wirth, ancien Sous-Secrétaire aux Affaires mondiales du Département d’Etat. Les
Parties adhèrent aux conclusions du GIEC mais rejettent les « Politiques harmonisées »
uniformes en faveur de la flexibilité et demandent des « Objectifs à moyen terme
juridiquement contraignants et des diminutions significatives des émissions des GES ». Au
total 14 décisions ont été prises lors de la COP2 parmi lesquelles on peut retenir : la date et le
lieu de la tenue de la COP3 devant aboutir à l’adoption du Protocole (Kyoto, 1997) ;
l’élaboration d’un programme de travail de l’Organe subsidiaire de mise en œuvre pour 1006-
1997 ; la mise au point et le transfert des technologies ; etc. La « Déclaration de Genève »
approfondit aussi le « Mandat de Berlin » en invitant les participants à fixer des objectifs de
réduction d’émissions chiffrés et contraints juridiquement.
1.3- La COP3 de Décembre 1997 à Kyoto
La COP3 s’est tenue à Kyoto (Japon) en décembre 1997, surtout connue pour avoir initié et
signé le célèbre Protocole de Kyoto le 11 décembre 1997 entre 196 Etats. En fait, les
modalités de ce traité étaient discutées depuis plusieurs années et avaient été à l’ordre du jour
de toutes les réunions qui s’étaient tenues depuis la conférence de Rio en 1992 pour tenter de
donner un contenu à la Convention-cadre sur le changement climatique. Au cours de cette
COP3, qui aboutit au Protocole de Kyoto, quatre groupes de pays se sont opposés : la
Communauté Européenne, un regroupement de 130 pays en développement, les pays
actuellement les plus directement menacés comme les petits États insulaires se déclarant les
«victimes non coupables du réchauffement climatique», enfin, des opposants à l’instauration
de quotas appelés un peu ironiquement les membres du « Carbon Club» regroupant de
nombreux pays développés incluant l’Amérique du nord, le Japon, l’Australie et les pays
producteurs de pétrole du Moyen Orient. Néanmoins, un protocole fut signé, rassemblant les
représentants des 160 pays présents sur une position commune. Ce fut un événement de portée
mondiale, largement médiatisé, qui restera dans l’histoire sous l’appellation de « Protocole de
Kyoto ». Pour entrer en vigueur, il devait être ratifié par 55 pays développés générant en
consolidé au moins 55% des émissions mondiales des GES en 1990. Avant même le dépôt
d’instruments de ratification par 195 Etats plus l’Union européenne, le Protocole est entré en
vigueur le 16 février 2005.
1.4- La COP4 de Décembre 1998 à Buenos Aires
48
La COP4, à Buenos Aires (Argentine) en décembre 1998, était destinée à définir les modalités
pratiques des décisions prises à Kyoto concernant la signature du Protocole de Kyoto. Cette
conférence fut un échec, les 180 pays participants se divisèrent en trois groupes irréductibles.
Certains pays du Nord autour des américains réaffirmèrent leur volonté d’obliger les pays en
voie de développement à participer eux aussi aux réductions d’émissions arguant que la
Chine, par exemple, allait bientôt dépasser l’Occident par le taux d’émission de gaz
carbonique de ses innombrables centrales à charbon (1). Mais les pays en développement
refusèrent par principe de céder quoi que ce soit à des pays qui polluent 20 fois plus qu’eux
par tête d’habitants (2). Les Européens tentant de trouver une issue au conflit demandèrent un
geste aux américains en leur proposant de s’engager à réduire leurs permis négociables de
droits à émettre, et les poussant ainsi à réduire concrètement leurs émissions ; ils refusèrent
obstinément tant que les pays en développement n’acceptaient pas le principe de leur
participation aux réductions des émissions (3). La situation était bloquée et elle le resta durant
toute la durée de la conférence qui se termina misérablement par un accord sur un calendrier
de travail.
1.5- La COP5 de Novembre 1999 à Bonn
La COP5 tenue à Bonn en Allemagne sous la présidence de Jan Szysko, Ministre polonais de
l’Environnement, de la Protection des Ressources Naturelles et des Forêts, assisté de Michael
Cutajar, Secrétaire Exécutif de la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement
Climatique (CCNUCC), a réuni 166 pays de la planète en novembre 1999. Elle fut aussi un
demi échec comme la précédente. Les américains restèrent sur leur position refusant de
s’engager sur des réductions d’émissions si les pays en développement ne participaient pas
eux-mêmes à ces réductions. Les pays pétroliers du Moyen Orient tentèrent de tirer avantage
de ces conflits pour faire capoter l’ensemble du processus de mise en pratique du traité. La
Communauté Européenne, le Japon et les pays en développement durcirent leur position. Au
final, aucun consensus majeur sur le contenu pratique du traité, notamment en termes
d’engagement sur des taux de réduction d’émission, ne fut atteint. Quelques résultats
cependant sur la précision de la mesure des émissions et les moyens de contrainte sur les pays
émetteurs qui ne respectent pas leurs engagements. Face à ce nouvel échec, une organisation
de petits pays insulaires, premières victimes potentielles de l’élévation du niveau de l’océan et
menacées de disparition : « Alliance Of Small Islands States – AOSIS » émit une protestation
solennelle qui eut un large écho médiatique.
1.6- La COP6 de Novembre 2000 à La Haye
49
Cette conférence, sixième conférence des Nations Unies sur les changements climatiques s’est
tenue du 16 au 27 Juillet 2001 à Bonn en Allemagne. La conférence était absolument
déterminante pour la suivie du protocole de Kyoto. Face au refus de Georges W. Bush de
signer l’accord sur la réduction de GES, allait-on encore permettre que l’intérêt économique
d’une nation, même si elle fut la plus puissante au monde, prime sur la survie de la planète ?
A l’ouverture de la conférence, l’atmosphère était au pessimisme. Les négociations s’agitent
rapidement et les participants évoquent publiquement son échec. Malgré leur retrait du
protocole, les américains participent aux négociations de Bonn. Cela parce qu’elle s’inscrit
dans le cadre des conférences de suivis de la convention de Rio, premier accord sur le
changement climatique qu’ils ont ratifié en 1992. Ils interviennent sur certains points comme
l’aide financière accordée au tiers monde pour affronter le changement climatique. Au terme
de 24 heures de négociations intensives, les participants ont enfin réussi à conclure un accord
politique (COP6bis) : l’entente consent reconnaitre l’importance des forêts comme un facteur
déterminant dans la lutte contre les émissions de GES. Par ailleurs, elle retient le principe de
pénalité, mais leurs règles d’application ne seront décidées qu’après l’entrée en vigueur du
Protocole de Kyoto. On assiste également à l’annonce des pays développés à la création d’un
50
fonds pour aider les pays en développement (PED) à faire face aux effets du changement
climatique, à gérer leur émission de GES.
combustion incomplète de la biomasse notamment lors des feux de forêts ; deux halocarbures
(HFC et PFC) les gaz réfrigérants utilisés pour la climatisation et les gaz propulseurs des
aérosols ; le protoxyde d’azote ou oxyde nitreux (N2O) issu d’engrais azotés et de certains
procédés chimiques ; l’hexafluorure de soufre (SF6), utilisé dans des transformateurs
électriques.
a réussi à ce que les conférenciers adoptent un texte de consensus fixant aux nations et au
monde de nouvelles obligations, y compris pour les pays développés. Les accords de Cancún
consolident dans le système onusien les éléments esquissés par l’Accord de Copenhague et
permettent la poursuite sur une base équilibrée des discussions dans les groupes de travail
sur la Convention Climat et sur le protocole de Kyoto, pour se diriger à terme vers un accord
juridiquement contraignant. Ils actent notamment : (1) la hausse de la température mondiale
doit être maintenue en dessous de 2°C ; (2) un processus sera lancé pour renforcer la
transparence des actions entreprises ; (3) le financement des 100 milliards de dollars US par
an d’ici à 2020 par les pays industrialisés et lancement d’un Fonds vert pour le climat ; (4) le
renforcement de l’action pour l’adaptation ; (5) un mécanisme "REDD +" est lancé pour
réduire les émissions provenant de la déforestation et de la dégradation des forêts dans les
pays en développement ; (6) le renforcement du développement et du transfert des
technologies des pays riches vers les pays en développement.
2.7- La COP17 de Décembre 2011 Durban
Du 28 novembre au 9 décembre 2011, s’est tenue la 17ème Conférence des Parties à la
Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique à Durban en Afrique du
Sud (COP17), et de la MOP7, assortie des Accords dits de Durban. La conférence de Durban
a décidé du lancement d’un processus ("Plate-forme de Durban") devant mener à l’adoption
d’un accord universel en 2015 (ADP). Le paquet de décisions de Durban comprend les
principaux éléments suivants : (1) lancement d’un processus chargé de travailler à un
"protocole, à un instrument juridique ou à un résultat ayant force de loi" qui sera applicable à
toutes les Parties à la Convention Climat de l’ONU. Le nouvel instrument devra être adopté
en 2015 et mis en œuvre à partir de 2020 ; (2) lancement d’un plan de travail pour identifier
des options pour combler le "fossé d’ambition" entre les promesses des pays actuels de
réduction des émissions pour 2020 et l’objectif de maintenir le réchauffement climatique en
dessous de 2°C ; (3) une deuxième période d’engagement du Protocole de Kyoto débutera à
partir du 1er Janvier 2013 et ce pour une durée de huit ans ; (4) le lancement effectif du
Fonds vert.
2.8- La COP18 de Décembre 2012 à Doha
La COP18, cumulée avec la MOP8, a eu lieu à Doha (Qatar) en 2012 assortie également des
Accords dits de Doha. La conférence de Doha a réussi à garantir la mise en œuvre d’une
poursuite du Protocole de Kyoto, à clôturer les deux pistes parallèles de négociations sur le
post 2012 et à poser les jalons du futur accord à obtenir en 2015. Les principales décisions
en sont : la mise en œuvre de la seconde période d’engagement du protocole de Kyoto de
55
2013 à 2020 avec de nouvelles règles de fonctionnement plus vertueuses notamment sur
l’utilisation et le report des crédits carbone.
afin d’aider les pays en développement à lutter contre le dérèglement climatique. La COP21
se déroule concomitamment avec la MOP12.
au bilan carbone 0 afin de limiter l’augmentation des températures à 1,5°C par rapport à la
période précédente ; développer une approche holistique de la protection de notre planète,
notamment en établissant un lien fort entre la bonne santé des océans et des mers et la lutte
contre le changement climatique ; favoriser les échanges d’expériences et de compétences à
travers l’inclusion, la convivialité et la solidarité.
La 24ème Conférence des parties (COP24), qui s’est déroulée du 3 au 14 décembre 2018 à
Katowice, était la 3ème Conférence des Parties depuis l’Accord historique de Paris, conclu fin
2015. Le sommet de Katowice a été une réussite notamment au travers de l’organisation de
l’évènement, la mise en opération des accords de Paris et l’engagement certain des différentes
nations signataires. Des avancées moyennes sont attendues de la 24 ième Conférence des Parties,
dans un contexte géopolitique plutôt défavorable, notamment dû à l’émergence de leaders
climato-sceptiques et l’absence de nombreux dirigeants. Jair Bolsonaro a récemment lancé un
signal fort en annonçant que le Brésil n’accueillerait pas la COP25. Certains espèrent,
néanmoins, que la publication du dernier rapport alarmant produit par le GIEC puisse servir
d’électrochoc en faveur de la cause climatique et aboutir à des actions concrètes pour combler
l’écart entre les contributions proposées dans les CDN et les efforts restant à faire pour
atteindre les objectifs de limitations à 2°C.
3.4- La COP25 de décembre 2019 à Madrid
La Conférence sur les changements climatiques, qui a eu lieu du 2 au 13 décembre 2019 à
Madrid (Espagne), s’est articulée autour des réunions suivantes : la 25ème session de la
Conférence des Parties à la CCNUCC (COP25) ; la 15ème session de la Conférence des Parties
agissant comme réunion des Parties au protocole de Kyoto (CMP) ; la 2ème session de la
Conférence des Parties agissant comme réunion des Parties à l’Accord de Paris (CMA 2 ) ; la
51ème session de l’Organe subsidiaire de conseil scientifique et technologique (SBSTA 51) ; et
la 51ème session de l’Organe subsidiaire de mise en œuvre (SBI 51). En outre, pendant cette
COP25, les six principaux thèmes proposés par la future présidence, qui seront examinés lors
d’évènements parallèles spéciaux, sont : les océans, l’Antarctique, les énergies renouvelables,
l’économie circulaire, les écosystèmes, la biodiversité et l’électro-mobilité. En dépit des
initiatives internationales en faveur d’une action urgente contre le changement climatique, les
effets de ce phénomène sont ressentis à l’échelle mondiale, avec des conséquences
désastreuses pour les vies et les moyens de subsistance des populations. Les phénomènes
climatiques extrêmes survenus cette année et exacerbés par le changement climatique dans les
58
régions d’Afrique, des Caraïbes, et le Pacifique, en sont une illustration. Dans ses rapports
spéciaux sur l’utilisation des sols et sur les océans et la cryosphère, le GIEC souligne qu’à
cause du changement climatique, les océans sont plus chauds, favorisant ainsi la prolifération
de la sargasse, et deviennent également plus acides et moins productifs. Par ailleurs, les
glaciers et les calottes glaciaires dans les régions polaires et montagneuses fondent, entrainant
une hausse du niveau de la mer. Les feux de brousse détruisent les écosystèmes et ont des
effets néfastes sur la santé, du fait de la pollution de l’air. Les vagues de chaleur et les risques
liés à la sécurité alimentaire augmentent également.
cette COP21 à Paris. Au bilan, on se rend compte que les flux financiers internationaux pour
l’adaptation au climat vers les pays en développement, en l’occurrence ceux d’Afrique, sont
5 à 10 fois inférieurs à ceux estimés.
La conférence des parties à la convention sur la diversité biologique (CDB) des Nations Unies
est une rencontre internationale qui rassemble des gouvernements du monde entier. Les
participants à la COP adoptent le cadre mondial pour préserver la nature et freiner ou
61
renverser la perte de la biodiversité afin de placer les milieux naturels sur la voie du
rétablissement d’ici 2050.
Cette conférence a initié le processus de décisions majeures qui sont aux nombres de 23 :
l’examen du Rapport de la première réunion de l’organe subsidiaire chargé de fournir des avis
scientifiques, techniques et technologiques (1) ; la publication et la diffusion des informations
scientifiques et techniques (2) ; la création d’un Centre d’échange d’informations pour la
coopération technique et scientifique (3) ; la mobilisation des moyens de promouvoir le
transfert et la mise au point de technologies et de faciliter l’accès à ces technologies (4) ;
l’examen de la nécessité et des modalités d’établissement d’un protocole concernant la
sécurité du transfert, de la manutention et de l’utilisation de tout organisme vivant modifié
(5) ; la mobilisation des ressources financières et le mécanisme de financement (6) ; l’examen
des articles 6 et 8 de la convention (7) ; l’examen préliminaire des éléments constitutifs de la
diversité biologique qui sont particulièrement menacés, et des mesures qui pourraient être
prises dans le cadre de la convention (8) ; forets et diversité biologique (9) ; conservation et
utilisation durable de la diversité biologique marine et côtière (10) ; ressources génétiques
(11) ; droits de propriété intellectuelle (12) ; coopération avec d’autres conventions
intéressant la diversité biologique (13) ; organisation d’un atelier intergouvernemental sur la
62
durable de la diversité biologique dans les programmes nationaux relatifs aux forêts et à
l’utilisation des sols et dans les systèmes de gestion forestière ; faciliter la concrétisation des
objectifs de la Convention sur la diversité biologique en s’appuyant sur une approche par
écosystèmes ; fournir aux programmes nationaux concernant les forêts et l’utilisation des sols
un outil complémentaire efficace pour appliquer la Convention sur la diversité biologique au
niveau national ; identifier les systèmes traditionnels de conservation et d’utilisation durable
de la diversité biologique des forêts, et favoriser l’utilisation des savoirs traditionnels pour la
gestion durable des forêts et le partage équitable des avantages, et aux autres dispositions
pertinentes de la Convention ; identifier les mécanismes qui pourront faciliter le financement
des activités pour la conservation et l’incorporation des savoirs traditionnels et de l’utilisation
durable de la diversité biologique des forêts, en veillant à ce que ces activités ne soient pas
redondantes mais viennent compléter celles déjà en cours ; contribuer aux travaux en cours
d’autres organisations et initiatives internationales et régionales, et notamment à l’application
des propositions d’action du Groupe intergouvernemental sur les forêts, et faire une
contribution aux travaux du Forum intergouvernemental sur les forêts ; contribuer à assurer
l’accès aux technologies et leur transfert ; définir le rôle joué par les réseaux de zones
protégées pour la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique des forêts.
De cette conférence, il est ressorti 29 décisions à savoir : (1) le Plan de travail du Comité
intergouvernemental pour le Protocole de Cartagena sur la prévention des risques
biotechnologiques ; (2) le Rapport intérimaire sur la mise en œuvre du programme de travail
sur la diversité biologique des écosystèmes des eaux intérieures ; (3) le Rapport d’activité sur
l’application du programme de travail relatif à la diversité biologique marine et côtière ; (4) le
Rapport d’activité sur la mise en œuvre du programme de travail sur la diversité biologique
des forêts ; (5) la Diversité biologique agricole, notamment l’examen de la première phase du
programme de travail et adoption d’un programme de travail pluriannuel ; (6) l’Approche par
écosystème ; (7) l’Identification, la surveillance, l’évaluation et les indicateurs ; (8) les
Espèces exotiques qui menacent des écosystèmes, des habitats ou des autres espèces locales ;
(9) l’Initiative taxonomique mondiale, notamment la mise en œuvre et le développement des
propositions d’action ; (10) la Stratégie mondiale pour la conservation des plantes ; (11) les
Ressources financières additionnelles ; (12) le Deuxième examen du Mécanisme de
financement ; (13) les Orientations supplémentaires à propos du mécanisme de financement ;
(14) la Coopération scientifique et technique et centre d’échange ; (15) les Mesures
d’incitation ; (16) les Dispositions connexes ; (17) l’Education et la sensibilisation du public ;
(18) l’Evaluation d'impact, la responsabilité et la réparation ; (19) les Rapports nationaux ;
(20) le Fonctionnement de la Convention ; (21) la Coopération avec d'autres organismes ; (22)
le Budget du programme de travail pour l’exercice biennal 2001-2002 ; (23) l’Examen des
66
La Sixième Conférence des Parties (COP6) à la Convention sur la diversité biologique (CDB)
s'est tenue en avril 2002 à La Haye, aux Pays-Bas. Environ 2 000 participants y ont assisté,
représentant 176 gouvernements, ainsi que des agences des Nations Unies, des organisations
non gouvernementales (ONG), des organisations intergouvernementales (OIG), des
organisations communautaires autochtones et locales. Elle fut présidée par Jan PRONK alors
Ministre de la coopération au développement des Pays-Bas. L'objectif principal de la
conférence était d'examiner et d'évaluer les progrès accomplis dans la mise en œuvre de la
Convention et de son Plan stratégique pour la biodiversité 2011-2020.
Les principales décisions qui ressortent de la COP6 sont au nombre d cinq (05). (1) Les
Parties ont adopté la "Déclaration de La Haye sur la protection de la diversité de la vie sur
Terre", qui appelait à une action urgente pour enrayer la perte de biodiversité et à la mise en
œuvre pleine et efficace de la Convention. (2) La conférence a également adopté un certain
nombre de décisions et de recommandations sur diverses questions, notamment la
conservation et l'utilisation durable de la biodiversité, le partage juste et équitable des
avantages tirés de l'utilisation des ressources génétiques et l'importance des connaissances
traditionnelles dans la conservation et l'utilisation durable des éléments de la biodiversité. (3)
67
La COP6 a également adopté un « Plan d'action pour la mise en œuvre du Plan stratégique
pour la biodiversité « 2011-2020 » qui a fourni des orientations sur les actions prioritaires à
entreprendre par les Parties pour atteindre les Objectifs d'Aichi pour la biodiversité, qui sont
un ensemble de 20 objectifs ambitieux à atteindre pour 2020 afin de conserver la biodiversité
et veiller à ce que ses avantages soient largement partagés. (4) La conférence a de plus, adopté
la Déclaration de Curitiba sur l'intégration de la biodiversité, qui a souligné l'importance
d'intégrer les considérations de biodiversité dans tous les secteurs de la société et les
processus décisionnels. (5) Parmi les autres décisions importantes prises à la COP6 figuraient
la création du programme de petites subventions du "Fonds pour l'Environnement Mondial",
qui soutient les efforts communautaires de conservation de la biodiversité, et l'adoption d'un
programme de travail de deux ans sur la diversité biologique des forêts.
La Convention sur la diversité biologique a tenu sa septième réunion (COP7) au Putra World
Trade Centre de Kuala Lumpur (Malaisie), du 9 au 20 février 2004 réunissant 150 Etats. Lors
de cette conférence, on a également observé la participation de Dato’Seri Law HIENG DING,
Ministre des sciences, de la technologie et de l’environnement de la Malaisie, président de
cette rencontre ; de Hans HOOGEVEEN, Président de la sixième réunion de la Conférence
des Parties ; de Klaus TÖPFER, Directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour
l’environnement.
Pour atteindre les objectifs de la COP7 on a assisté à la prise de 36 décisions lors de cette
conférence dont quelques-unes sont énumérées ci-après. La protection de la diversité
biologique des forêts à travers la création d’un groupe spécial d’experts techniques pour
procurer des conseils en vue de l’examen de la mise en œuvre du programme de travail, et à
travers l’invitation du Groupe spécial d’experts techniques sur la diversité biologique et les
changements climatiques à examiner les questions relatives aux liens entre la diversité
68
Sur la biodiversité et les forêts, l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et
l’Agriculture (FAO) a présenté un rapport sur le rôle du Partenariat de Collaboration sur les
Forêts dans la mise en application. Le Forum des Nations Unies sur les Forêts (FNUF) a
présenté un rapport sur les résultats de sa sixième réunion (Février 2006), mettant en relief : la
Résolution, pour adoption par le Conseil Economique et Social des Nation Unies, concernant
la disposition internationale future relative aux forêts ; et l’Accord sur l’adoption d’un
instrument juridiquement non contraignant applicable à tous les types de forêts. Sur la
69
biodiversité des eaux intérieures, plusieurs participants ont mis l’accent sur la collaboration
avec la Convention de Ramsar et avec les organismes spécialisés régionaux. Le Zimbabwe a
encouragé les parties et les donateurs à permettre la gestion subrégionale des eaux partagées.
La Thaïlande a suggéré que la COP prenne note des résolutions de la COP-9 de Ramsar
concernant la désignation des sites transfrontières pour l’application de Ramsar. Le Japon et
les Philippines ont mis en relief l’harmonisation des rapports nationaux établis dans les cadres
de la CDB et de la Convention de Ramsar. Sur la biodiversité marine et côtière, le Mexique
a présenté un rapport sur le Groupe de Travail Spécial de l’Assemblée Générale de l’ONU,
sur la biodiversité marine des zones situées au-delà de la juridiction nationale, le Ghana et le
Kenya faisant part de leur déception quant à ses résultats limités. Sur la biodiversité
agricole, la FAO et l’Institut International des Ressources Génétiques Végétales (IIRGV) ont
présenté un rapport sur l’initiative portant sur la biodiversité destinée à l’alimentation et à la
nutrition. Concernant les Technologies de restriction de l’utilisation des ressources génétiques
(TRURG), la Malaisie, au nom du G-77/Chine, a mis en relief les risques multiples que les
TRURG posent aux agriculteurs, aux communautés autochtones et locales, en particulier pour
ce qui est des pratiques traditionnelles de protection des graines. Sur l’article 8(j), soulignant
que les technologies de restriction de l’utilisation des ressources génétiques (TRURG) seront
traitées dans le cadre du point de l’ordre du jour consacré à la biodiversité agricole, le
Secrétariat a introduit les recommandations de la quatrième Réunion du Groupe de Travail sur
l’Article 8(j). Sur l’évaluation des écosystèmes pour le début du millénaire, le Brésil a
suggéré que les parties intègrent les résultats de l’EM dans les stratégies nationales de
manière volontaire. Sur les ressources financières, l’Afrique a rejeté le cadre d’allocation
des ressources du FEM, jugé incompatible avec les directives de la COP, et a appelé les
délégués à accéder à la proposition de la CdP/RdP-3 du Protocole pour la Prévention des
Risques Biologiques.
La neuvième Conférence des Parties a fait des progrès appréciables sur plusieurs questions
critiques. (1) La production et l’utilisation durable des biocombustibles par rapport à la
diversité biologique. (2) Le rôle de la Convention sur la diversité biologique a été confirmé.
(3) Un processus concret jusqu’à la dixième réunion de la Conférence des Parties a été décidé.
(4) La création de réseaux d’aires protégées. (5) La diversité biologique des forêts, le
principal étant de s’attaquer à la menace possible des arbres génétiquement modifiés. (6) La
coopération entre la Convention sur la diversité biologique et la Convention des Nations
Unies sur les changements climatiques.
La 10ème Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique s’est déroulée à
Nagoya au Japon du 18 au 29 Octobre 2010. Le segment de haut niveau du Sommet a été tenu
avec la participation de 122 ministres, et 5 chefs d’Etat et de Gouvernement, y compris le
président du Gabon, de la Guinée-Bissau, le premier Ministre de Yémen représentant le
Groupe des 77 et la Chine, ainsi que le Prince Albert de Monaco. La délégation de
l’UNESCO a pris part à cette importante réunion qui aborde également plusieurs questions
liées à la Convention du patrimoine mondial pour la conservation de la biodiversité.
Cette réunion a atteint ces trois buts relies : l’adoption d’un nouveau Plan stratégique de dix
ans pour guider les efforts internationaux et nationaux pour sauver la biodiversité par l’action
accrue afin de rencontrer les objectifs de la Convention sur la diversité biologique (1) ; une
stratégie de mobilisation des ressources fournissant une voie pour l’avenir afin d’augmenter
de façon substantielle les niveaux actuels d’aide publique au développement en soutien a la
biodiversité (2) ; un nouveau protocole international sur l’accès et le partage des avantages
71
issus de l’utilisation des ressources génétiques de la planète (3). Il faut noter que les Parties :
se sont entendues à réduire au moins de moitié ou, lorsque possible, à près de zéro le taux de
perte d’habitats naturels y compris les forêts (1) ; ont établi un objectif de 17% des zones
terrestres et d’eaux continentales et 10% des zones marines et côtières (2) ; par la
conservation et la restauration, les gouvernements restaureront au moins 15% des zones
dégradées, et feront un effort spécial pour réduire les pressions affligeant les récifs coralliens
(3).
La onzième conférence des parties de la convention sur la diversité biologique des Nations
Unies a regroupé 193 pays et s’est déroulée du 8 au 19 0ctobre 2012 à Hyberabad en Inde.
Elle fût l’événement majeur de l’année en termes d’organisation internationale de la
protection de la biodiversité et l’une des grandes conférences internationales organisées par
l’ONU. Cette conférence devait notamment examiner les progrès faits dans le domaine de la
diversité biologique depuis la conférence précédente, celle de Nagoya de 2010. Elle s’inscrit
dans le cadre de l’application de la convention sur la diversité biologique signé à Rio de
Janeiro en juin 1992 lors du troisième sommet de la terre.
Les négociateurs indiens ont proposé une solution à deux volets prévoyant un objectif
préliminaire et une feuille de route qui a permis d’éviter une situation de blocage. L'un des
résultats les plus importants a été l'engagement des Parties à doubler les flux financiers
internationaux en matière de diversité biologique d'ici 2015, ce qui devrait permettre de mieux
protéger la biodiversité des pays en développement. L'Inde veut aider les pays en
développement à préparer leurs projets éligibles au financement supplémentaire, et souhaite
œuvrer, en étroite collaboration avec tous les pays membres, au succès de la Feuille de route
d’Hyderabad.
La douzième conférence mondiale des nations unies sur la biodiversité (COP 12), qui s’est
tenue du 6 au 14 octobre 2014 à P’yŏngch’ang en Corée du Nord, a témoigné d’une
72
mobilisation mondiale, mais prenant des formes variées suivant la position de chaque pays vis
-à-vis de la préservation de la biodiversité et le regard des différentes sociétés sur les relations
homme/ nature. L’un des objectifs est d’assurer la durabilité de l’environnement et
comprendre la volonté de réduire significativement le taux de perte de biodiversité. L’objectif
principal de la conférence était la mise en œuvre du plan stratégique pour la biodiversité
2011-2020 et les objectifs d’Aichi pour la biodiversité.
2.6.3- Les principaux résultats de la COP12
On retient que la conférence s’est ouverte avec le lancement officiel de la quatrième édition
du rapport sur l’état de la biodiversité, les perspectives mondiales de la biodiversité (GBO-4)
(1). Ce rapport est un examen à mi-parcours des progrès vers les objectifs du Plan Stratégique
pour la biodiversité 2011-2020 et présente un bilan mitigé de la situation. Un résultat
important de la COP 12 était la reconnaissance officielle des principaux résultats et
conclusions atteints dans le GBO-4 (2). D’autres résultats clés de la COP 12 ont été
l’inclusion d’environ 150 zones marines d’importance écologique et biologique (3).
Section 3 : Les Conférences des Parties après le Sommet sur le Climat de 2015
Il reste moins de quatre ans avant l’échéance du Plan stratégique pour la biodiversité 2011-
2020 et l’UICN insiste sur l’importance vitale d’accroître les efforts si l’on veut atteindre les
Objectifs d’Aichi dès 2020, et rappelle aux Parties que la mise en œuvre des Objectifs d’Aichi
est essentielle pour la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD). Ainsi
l’accent de la COP13 est mis sur la prise en compte systématique et l’intégration de la
biodiversité dans différents secteurs, et ses conséquences sur le Programme de développement
durable à l’horizon 2030 et d’autres processus internationaux pertinents.
Trois questions cruciales pour les décennies à venir concernant la conservation sont
soulignées dans les Engagements : (1) le lien entre diversité biologique et culturelle ; (2)
l’importance des océans du monde pour la conservation de la biodiversité et des moyens
73
d'existence durables ; (3) les menaces à la biodiversité entraînées par la disparition des
habitats, les changements climatiques, les espèces exotiques envahissantes, l’exploitation non-
durable et la pollution. Pour soutenir les Parties dans la réalisation des Objectifs et les
rapports d’avancement, l’UICN insiste sur ses efforts collaboratifs avec le Centre mondial de
surveillance de la conservation du PNUE (UNEP-WCMC) et Bird Life International pour
développer des outils d’aide à la décision.
La 14e conférence des parties à la Convention sur la diversité biologique (CDB) s’est
tenue à Sharm El Sheikh, en Égypte, du 13 au 29 novembre 2018. Pour Gilles KLEITZ,
Directeur du département Transition écologique et Ressources naturelles à l’Agence
Française de Développement, c’est une étape importante pour la préparation d’un
accord global en 2020 sur la biodiversité, qui permettra enfin une meilleure prise en
compte du capital naturel et des écosystèmes dans l’économie mondiale. L’accord de
Pékin a vocation à être l’équivalent pour la biodiversité de l’Accord de Paris sur le
climat, c’est-à-dire un accord mondial et global qui permette de façon systématique et
ambitieuse d’inverser le phénomène de dégradation du capital naturel. Il impliquera
idéalement des engagements par pays, en responsabilité, avec un mode de compatibilité
homogène que l’on puisse mettre en regard d’un effort mondial à réaliser. Yasmine
FOUAD, Ministre de l‘environnement de la République Arabe d‘Egypte, et Présidente de la
COP14, a rappelé que les ministres et les chefs de délégation se félicitaient de l’initiative prise
par l’Égypte de promouvoir une approche coordonnée pour lutter contre la perte de
biodiversité, les changements climatiques et la dégradation des sols et des écosystèmes. Elle a
appelé l’Assemblée générale des Nations Unies à organiser un sommet sur la diversité
biologique pour les chefs d’État avant la COP15 de la CDB en 2020 et a invité les pays à
mener à bien la réalisation du Plan stratégique de la CDB avant la fin de la décennie.
Les 196 gouvernements acceptent d’intensifier leurs efforts pour la nature d’ici 2020 et au-
delà. Un sommet ministériel africain tenu juste avant la COP 14 a produit une déclaration
74
ministérielle ainsi qu’un Agenda d’actions panafricaines sur la restauration des écosystèmes
pour accroître leur résilience (1). Un appel à l‘Assemblée générale de l‘ONU pour déclarer la
période 2021–2030 comme décennie de la restauration des écosystèmes (2). Le Forum sur les
entreprises et la biodiversité a produit des recommandations pour renforcer davantage
l’engagement du secteur privé et des entreprises en faveur de la diversité biologique et son
intégration dans différents secteurs économiques (3). S’appuyant sur le thème de la
conférence, la COP14 a adopté une décision concernant une approche stratégique à long
terme visant à intégrer la biodiversité dans les travaux d’un certain nombre de secteurs
productifs, notamment l’énergie et les mines, les infrastructures, et la santé (4). Un Sommet
sur la Nature et la Culture a proposé des activités visant à faire progresser les travaux sur la
diversité biologique et culturelle en collaboration avec l’Organisation des Nations Unies pour
l’Education, la Science et la Culture (UNESCO), les peuples autochtones et les communautés
locales (5). Des directives volontaires ont été adoptées sur diverses questions, notamment sur
la conception et la mise en œuvre efficace de solutions fondées sur la nature pour l’adaptation
au changement climatique et la réduction des risques de catastrophes naturelles, sur les
connaissances traditionnelles et sur l’intégration d’aires protégées et d’autres mesures de
conservation dans les paysages terrestres et marins plus vastes (6). La Conférence a adopté
d’importantes décisions relatives aux pollinisateurs, à la gestion durable des espèces sauvages,
à la santé, aux espèces exotiques envahissantes, à la mobilisation des ressources financières,
l’accès aux ressources génétiques et au partage juste et équitable des bénéfices issus de leurs
utilisations (7).
La 15e COP CDB s’est tenue du 07 au 19 décembre 2022 au siège de son secrétariat à
Montréal (Québec). Cette COP était accès sur la protection de la nature et les moyens de
mettre un terme à l’apprivoisement de la biodiversité partout dans le monde. En effet, la
nature est essentielle pour atteindre les objectifs du développement durable et limiter le
réchauffement climatique à 1,5°. L’adoption d’un cadre mondial audacieux en matière de
biodiversité, qui s’attaque aux principaux facteurs de perte de la nature, est nécessaire pour
garantir la santé et le bien-être de l’Homme et de la planète.
Les principaux résultats de la COP15 CDB sont : adoption d’un cadre équitable globale
assorti des ressources nécessaires à sa mise en œuvre ; des objectifs clairs pour lutter contre la
surexploitation, la pollution, la fragmentation et les pratiques agricoles non durables sont
définies ; un plan qui préserve les droits des peuples autochtones et qui reconnait leurs
contributions en tant que gardiens de la nature est établi ; le financement de la biodiversité et
alignement des flux financiers sur la nature afin d’orienter les finances vers les
investissements durables et de les éloigner des investissements nuisibles à l’environnement est
recommandé.
76
La première session de la Conférence des Parties à la CITES (COP1) s’est tenue à Berne en
Suisse du 2 au 6 novembre 1976. Ont pris part à ce grand rassemblement, plus 200 délégués et
observateurs, une centaine de pays et organisations confondus. Les objectifs de cette COP
sont au nombre de trois (03) : examiner les mécanismes juridiques et administratifs de la
CITES ; discuter des questions liées à la conservation de la biodiversité ; encourager la
coopération internationale dans la gestion et la conservation des espèces sauvages.
La COP2 s’est tenue à San José à Costa Rica du 19 au 30 mars 1979. Les objectifs de cette
COP sont également au nombre de trois (03) : examiner les progrès réalisés depuis la COP1 ;
examiner les amendements proposés pour renforcer la réglementation sur le commerce
international des espèces sauvages ; discuter des problèmes émergents liés au commerce des
espèces sauvages.
Les propositions adoptées lors de la session sont les suivantes : 8 transferts d’espèces de
l’annexe I à l’annexe II ; 17 transferts d’espèces de l’annexe II à l’annexe I ; 10 suppressions
d’espèces de l’annexe I ; 6 suppressions d’espèces de l’annexe II ; 15 inscriptions d’espèces à
l’annexe I ; 36 inscriptions d’espèces à l’annexe II. A la suite de l’adoption, une notification
est faite aux pays signataires à titre informatif le 4 mai 1979. Le 28 juin 1979, lesdits
amendements sont entrés en vigueur. Notons également que de nombreuses espèces et
produits d’espèces sont inscrits à l’annexe III. Il a été demandé à chaque pays la mise en place
d’un registre naturel sur le commerce des espèces menacées et d’établir des rapports annuels
et bisannuels qui doivent être soumis au plus tard le 31 octobre de l’année suivante. Avec
l’entrée en vigueur des amendements, plusieurs espèces de diverses localités du monde seront
protégées et leur disparition sera ralentie voire limitée. Il revient donc aux pays membres de
travailler à une intégration effective de leurs espèces, tout en renonçant à un certain nombre
de privilèges locaux. En plus de l’adoption de la réglementation sur le commerce international
des espèces sauvages, il y a la création d’un Fonds pour la conservation des espèces sauvages
et l’encouragement à la coopération entre les gouvernements et les organisations non
gouvernementales.
La troisième session de la Conférence des Parties à la CITES (COP3) s’est tenue à New Delhi
en Inde du 24 février au 8 mars 1981. Les objectifs de cette COP sont pratiquement les
mêmes que ceux de la COP précédente : examiner les progrès réalisés depuis la COP2 ;
examiner les amendements proposés pour renforcer la réglementation sur le commerce
international des espèces sauvages ; discuter des espèces nouvellement proposées pour être
protégées par la CITES.
78
La quatrième session de la Conférence des Parties à la CITES (COP4) s’est tenue à Gaborone
au Botswana du 19 au 30 avril 1983. L’objectif principal de cette COP est d’examiner et
d’évaluer la mise en œuvre de la Convention depuis son entrée en vigueur et prendre des
mesures pour renforcer son efficacité.
L’adoption de plusieurs résolutions visant à renforcer la coopération entre les pays membres,
à améliorer la collecte des données sur le commerce des espèces sauvages et à renforcer les
mesures de protection pour certaines espèces.
La cinquième réunion de la Conférence des Parties à la CITES s'est tenue à Buenos Aires, en
Argentine, du 22 avril au 3 mai 1985. Les participants comprenaient des délégations de
soixante-six États parties, des représentants du Programme des Nations Unies pour
l'environnement (PNUE), des observateurs de quatre États non parties, le Programme des
Nations Unies pour le développement (PNUD), l'Organisation des Nations Unies pour
l'Alimentation et l'Agriculture (FAO), la Communauté économique européenne (CEE) et la
Commission baleinière internationale (CBI). Étaient également présents des observateurs de
114 organisations non gouvernementales. La réunion a été ouverte par le Dr Victor
MARTINEZ, Vice-Président de la République d’Argentine. L’objectif principal de cette COP
est d’évaluer les progrès réalisés dans la mise en œuvre de la Convention depuis la COP
précédente et d’adopter des mesures supplémentaires pour renforcer la protection des espèces
sauvages menacées.
79
La septième session de la Conférence des Parties à la CITES (COP7) s’est tenue à Lausanne
en Suisse du 9 au 20 octobre 1989. L’objectif principal de cette COP est d’examiner et réviser
les mesures prises pour la mise en œuvre de la Convention, en particulier, en ce qui concerne
le commerce des espèces inscrites aux annexes de la CITES.
L’adoption de plusieurs résolutions sur la lutte contre le commerce illégal des espèces
sauvages, l’amélioration de la gestion des quotas d’exploitation, la protection des espèces de
requins et raies, la réglementation du commerce de l’ivoire d’éléphant.
80
La huitième session de la COP à la CITES s’est tenue à Kyoto, Japon du 2 au 13 mars 1992.
Au total, il y avait 1590 participants, dont des délégations de 103 Etats parties et des
observateurs de six Etats non parties, 586 membres de la presse. La réunion a été ouverte par
M. K. KAKIZAWA, Vice-Ministre parlementaire des affaires étrangères du Japon. Il a
souligné la valeur économique et esthétique de la faune sauvage pour l'homme, a rappelé les
efforts déployés au Japon pour la conservation de la faune et a souligné l'importance de cette
année, le 20e anniversaire de la réunion des Nations Unies qui a donné naissance à la CITES,
et l'année où le Sommet de la Terre aurait lieu. Le Secrétariat de la CITES a présenté un
document complet comprenant un examen des infractions alléguées et d'autres problèmes
d'application de la Convention. L'examen a porté sur les sujets suivants : infractions relatives
à la soumission des rapports annuels ; désignation et fonctionnement des autorités
scientifiques et absence de législation nationale ; absence de réponse des Parties au
Secrétariat; délivrance irrégulière de certificats pré-Convention et de certificats d'élevage en
captivité et de reproduction artificielle; non application des Résolutions ; documents
invalides ; fraude à grande échelle ou élaborée ; conditions de transport; poursuites ou saisies
importantes; et d'autres problèmes de mise en œuvre.
Les principaux résultats de la COP8 comprenaient l'adoption d'un certain nombre de mesures
visant à renforcer la mise en œuvre de la CITES et à améliorer son efficacité dans la
réglementation du commerce international des espèces menacées. La conférence a également
adopté plusieurs décisions visant à améliorer la gestion des espèces inscrites à la CITES,
notamment des mesures visant à renforcer la protection de certaines espèces, telles que
l'éléphant d'Afrique et les grands singes, et à lutter contre le commerce d'espèces sauvages
récoltées et commercialisées illégalement. La première résolution relative à la soumission des
rapports annuels, stipule que la non-soumission des rapports annuels au 31 octobre de l'année
suivant l'année pour laquelle un rapport est dû constitue un problème majeur dans la mise en
œuvre de la Convention. La deuxième résolution traite des préoccupations concernant le
mouvement des spécimens CITES faisant partie d'expositions itinérantes d'animaux vivants et
appelle à la délivrance normalisée de certificats pré-Convention ou élevés en captivité pour
les animaux individuels détenus par ces opérations, et à une inspection accrue. La troisième
81
résolution charge le Secrétariat de revoir les lois nationales pour la mise en œuvre de la
Convention.
Section 2 : Les Conférences des Parties des Sommets de Rio de Janeiro à Johannesburg
2.1- La COP9 de Novembre 1994 à Fort Lauderdale
2.1.1- Le contexte et les objectifs de la COP9
La neuvième session de la Conférence des Parties à la CITES (COP9) s’est tenue à Fort
Lauderdale aux Etats-Unis du 7 au 18 novembre 1994. L’objectif principal de cette COP est
d’examiner les progrès réalisés dans la mise en œuvre de la Convention et prendre des
mesures supplémentaires pour renforcer la protection des espèces sauvages menacées.
L’adoption de plusieurs résolutions sur la lutte contre le commerce des espèces sauvages,
l’amélioration de la coopération internationale dans la gestion de la faune et de la flore, la
réglementation du commerce des espèces de bois précieux, et la mise en place des
mécanismes de suivi pour évaluer l’efficacité de la Convention.
L’adoption de plusieurs résolutions pour renforcer les mesures de lutte contre le commerce
illégal des espèces sauvages, l’amélioration de la réglementation du commerce de l’ivoire
d’éléphant, le renforcement de la protection des grands félins tels que les lions et les léopards,
la promotion de la conservation et l’utilisation durable des espèces inscrites aux annexes de la
CITES.
L’adoption de plusieurs résolutions pour renforcer les mesures de lutte contre le commerce
illégal des espèces sauvages, l’amélioration de la réglementation du commerce des espèces
inscrites aux annexes de la CITES, le renforcement de la participation des communautés
locales dans la conservation des espèces, la promotion de la coopération régionale pour la
conservation des espèces.
L’adoption de plusieurs résolutions pour renforcer les mesures de protection des espèces
marines, l’amélioration de la réglementation du commerce de l’ivoire d’éléphant, le
renforcement de la conservation des espèces d’arbres et de plantes, la promotion de la
coopération régionale pour la conservation des espèces.
L’adoption de plusieurs résolutions pour renforcer les mesures de protection des espèces
sauvages menacées, l’amélioration de la réglementation du commerce des espèces inscrites
83
La quatorzième session de la Conférence des Parties à la CITES s’est tenue à La Haye (Pays-
Bas) du 3 au 15 juin 2007. L’objectif principal de cette COP est d’examiner les progrès
réalisés dans la mise en œuvre de la Convention et prendre des mesures supplémentaires pour
renforcer la protection des espèces sauvages menacées.
L’adoption de plusieurs résolutions pour renforcer les mesures de protection des espèces
sauvages menacées, l’amélioration de la réglementation du commerce de l’ivoire d’éléphant,
le renforcement de la conservation des espèces inscrites aux annexes de la CITES, la
promotion de la coopération régionale pour la conservation des espèces migratrices.
La quinzième session de la Conférence des Parties à la CITES s’est tenue à Doha (Qatar) du 13 au
25 mars 2010. L’objectif principal de cette COP est d’examiner les progrès réalisés dans la
mise en œuvre de la Convention et prendre des mesures supplémentaires pour renforcer la
protection des espèces sauvages menacées.
L’adoption de plusieurs résolutions pour renforcer les mesures de protection des espèces
marines, l’amélioration de la réglementation du commerce des espèces inscrites aux annexes
de la CITES, la promotion de la coopération régionale pour la lutte contre le commerce des
espèces sauvages sur internet, le renforcement de la conservation des espèces d’arbres et de
plantes.
d’examiner les progrès réalisés dans la mise en œuvre de la Convention et prendre des
mesures supplémentaires pour renforcer la protection des espèces sauvages menacées.
L’adoption de plusieurs résolutions pour renforcer les mesures de lutte contre le trafic des
espèces sauvages, l’amélioration de la réglementation du commerce des espèces inscrites aux
annexes de la CITES, la promotion de la coopération régionale pour la lutte contre le
commerce des espèces marines et migratrices, l’adoption des mesures de lutte contre la
cybercriminalité liée au commerce des espèces sauvages,
L’adoption de plusieurs résolutions pour renforcer les mesures de lutte contre le trafic des
espèces sauvages, l’amélioration de la réglementation du commerce des espèces inscrites aux
85
Coincée entre la COP27 Climat et la COP15 Biodiversité, la COP19 de la Cites, qui s’est
tenue au Panama entre le 14 et le 25 novembre 2022 est pourtant parvenue à des résultats
satisfaisants. La COP19 a pour objectif de faire en sorte que les transactions sur les espèces de
la faune et de la flore ne menacent pas la survie de ces différentes espèces et parmi ces
espèces nous pouvons citer le requin nez blanc, bois de rose, concombre de mer ou le
rhinocéros blanc qui sont prélevées dans la nature et vendue pour leur viande, leurs ailerons,
leur ivoire pour fabriquer des meubles ou des instruments de musique servir d’animaux de
compagnie ou enrichir une collection. Lors de cette COP plusieurs propositions ont été faites
par les 1680 participants qui étaient des émissaires de leur différent pays. Au total, il a eu 51
propositions d’amendement de plusieurs types dans le but d’assouplir la règlementation.
Il ressort de cette COP des décisions historiques avec inscription de plus 500 espèces dans les
différentes annexes de la CITES comme la grenouille de verre, plusieurs espèces de
concombres de mer, mais surtout des dizaines d’espèces de requins requiem et marteaux ont
faire leur entrée à l’Annexe II de la CITES faisant d’eux des espèces dont le commerce fera
l’objet de contrôle accru. En revanche la déception fut grande en ce qui concerne
l’hippopotame car plusieurs pays dont le Bénin, le Niger, le Burkina Faso, la République
centrafricaine, le Mali ; le Sénégal et le Togo avaient fait une proposition pour qu’il fasse son
entrée sur les annexes mettant en avant l’exploitation de son ivoire comme substitue à l’ivoire
d’éléphant.
86
Le droit de l’environnement au Burkina Faso, territoire constitué en 1919, tire ses origines de
la période coloniale. En effet, un effort législatif et règlementaire avait été opéré pour
encadrer la vie sociale, économique, politique et culturelle des possessions à l’image du mode
organisationnel métropolitain. Ainsi, fut élaborée une législation environnementale applicable
dans les colonies de l’Afrique Occidentale Française (AOF). Le premier secteur à faire l’objet
d’une attention particulière des autorités coloniales fut le secteur de l’eau en raison du
caractère stratégique des ressources en eau. Ainsi, fut pris l’arrêté du 4 avril 1921
promulguant en AOF le décret du 5 mars 1921 règlementant le régime des eaux en AOF. De
même, a été pris l’arrêté du 10 février 1922 promulguant en AOF le décret du 28 décembre
1921 portant réglementation sur la police des eaux minérales aux colonies françaises. Les
autorités coloniales étaient particulièrement soucieuses d’un approvisionnement régulier pour
les exigences d’une mise en valeur et donc d’une exploitation maximale des colonies. C’est
pourquoi la réglementation des ressources en eau a précédé celle des autres secteurs de
l’environnement comme l’attestent les premières mesures réglementaires en la matière et qui
peuvent être considérées comme les premiers textes coloniaux environnementaux en AOF. Le
second secteur de réglementation coloniale fut celui de la foresterie. Les premières mesures
relatives à la détermination du régime forestier applicable dans les territoires de l’AOF
remontent à l’année 1935 avec l’adoption du régime forestier de l’AOF. Ce texte a été
pendant un demi-siècle celui de référence en matière forestière. De 1935 à la veille des
indépendances en 1959, une cinquantaine de textes ont permis la protection d’espaces
forestiers protégés à travers leur inscription dans le domaine forestier classé. Le troisième et
dernier secteur de l’environnement à faire l’objet de règlementation coloniale a été celui de la
87
Plan d’Action National pour l’Environnement (PANE). Selon ses concepteurs, le PANE offre
la possibilité de coordonner les politiques, les programmes, les projets et les investissements
en matière d’environnement, dans un cadre cohérent, susceptible d’aider à la saine gestion des
ressources naturelles et de l’espace. La finalité du PANE repose sur l’atteinte et le maintien
d’un équilibre socio-écologique national susceptible d’offrir de meilleures conditions de vie
aux populations actuelles et futures. Ce rapport constituait la contribution du Burkina Faso à
l’effort de réflexion internationale en matière de protection de l’environnement. Le rapport
expose d’abord les défis environnementaux majeurs auxquels le pays est confronté
(notamment la désertification) et qui se sont traduits par une dégradation continue et souvent
irréversible de l’environnement. Il décrit ensuite les efforts accomplis à travers les politiques
et les stratégies menées par le Burkina Faso en la matière, tant au plan normatif (législatif et
règlementaire) qu’opérationnel (projets et programmes environnementaux). Il définit enfin
une stratégie pour un développement durable dans une perspective aussi bien nationale
qu’internationale. S’agissant particulièrement de cette dimension internationale, le rapport
insiste, dans le cadre de la coopération pour le développement, sur la nécessité de ressources
financières additionnelles, le transfert de technologie sans but lucratif ou en tout cas, pour un
bénéfice minime et l’allègement du fardeau de la dette. A l’instar de la plupart des pays
africains, la politique et le droit de l’environnement au Burkina Faso reposent sur des sources
(globales et sectorielles) et des principes fondamentaux.
Les sources globales sont des sources de caractère général organisant la protection globale de
l’environnement. Il s’agit, notamment, de la Constitution, de la loi sur la RAF et du Code de
l’environnement.
l’environnement dans le cadre de la mise en œuvre de ce droit (article 29), ce qui induit la
participation des citoyens à l’élaboration et à la mise en œuvre des politiques publiques
environnementales ; (3) elle reconnaît le droit pour tout citoyen d’initier une action ou
d’adhérer à une action collective, sous forme de pétition, contre des actes portant atteinte à
l’environnement ou lésant le patrimoine public, culturel ou historique (article 30).
Ce sont des textes législatifs consacrés à des secteurs déterminés de l’environnement comme
les forêts, l’eau, le pastoralisme ou la santé publique.
la propriété de l’Etat qui en assure la mise en valeur en faisant appel notamment à l’initiative
privée. La recherche et l’exploitation de substances minérales sont autorisées en vertu d’un
titre minier. Aussi, la prospection, le traitement, le transport et la transformation des
substances minérales sont soumis à une autorisation. Les activités de recherche et
d’exploitation sont soumises au paiement de divers droits tels que les impôts, les redevances
et les taxes. Par ailleurs le code minier réaffirme le principe de participation gratuite de l’Etat
dans les entreprises minières à travers son article 18. Cet article stipule que « l’octroi du
permis d’exploitation industrielle de grande mine donne lieu à l’attribution à l’Etat de 10%
des parts ou actions de la société d’exploitation, libres de toutes charges ». Cette disposition
permet à l’Etat de se doter d’un patrimoine et d’avoir un regard sur la gestion de ces sociétés.
Le code minier burkinabè contient des dispositions qui permettent de prendre en compte les
dimensions sociale et environnementale dans les activités minières. On peut retenir de ces
dispositions que : aucun travail de prospection, de recherche ou d’exploitation ne peut être
entrepris dans une zone sans le consentement du voisinage ; dans les périmètres de
prospection, de recherche ou d’exploitation, des zones peuvent être établis pour la
préservation de l’environnement et la protection des sites archéologiques ou des ouvrages
d’intérêt public, l’occupation de terrains faisant l’objet de titre minier donne droit aux
propriétaires ou occupants coutumiers de ces terrains à une indemnisation ; la conduite
d’activités minières par les opérateurs privés se fait à travers des conventions qu’ils signent
avec l’Etat.
l’eau en disposant que « Le ministre chargé de l’eau veille à ce que les populations
concernées par un aménagement hydraulique ou une mesure de gestion de l’eau reçoivent une
information appropriée…» (article 15).
Biosécurité qui est l’Autorité nationale compétente dotée d’un pouvoir délibérant. La
consultation publique y est définie comme des « échanges avec les populations qui
permettent à celles-ci de réagir après avoir été dûment informées des intentions
d’importation et/ou d’utilisation des organismes génétiquement modifiés et des produits
dérivés, ainsi que de leurs avantages ou inconvénients sur l’environnement, la santé humaine
et animale, l’éthique et l’économie » (article 3).
La stratégie du Burkina Faso en matière de diversité biologique comprend les points suivants :
les principaux problèmes en matière de gestion de la diversité biologique ; les objectifs et les
options stratégiques retenus ; les mesures législatives et règlementaires. Au regard du
diagnostic fait sur l’état actuel de la diversité biologique sur le territoire national et à la
lumière du principe directeur, le problème majeur du Burkina Faso en matière de gestion de
sa diversité biologique est formulé comme suit : « Le Burkina Faso connaît un
appauvrissement de sa diversité dû aux effets conjugués de la détérioration des conditions
climatiques ; la dégradation des écosystèmes et des habitats et la surexploitation des
ressources naturelles ». Autour de ce problème central, se dessinent certains problèmes
spécifiques. Il s’agit notamment de la sècheresse, de l’érosion éolienne et hydrique, de la non
application de certaines mesures législatives et règlementaires par manque de volonté
affichée. Il s’agit également de la mauvaise politique anthropique Il s’agit en outre de
l’insuffisance de schémas d’aménagement, de l’ignorance des enjeux de la conservation des
ressources génétiques en raison du manque des ressources financières, de l’érosion du savoir
ou du savoir-faire traditionnel. Il s’agit enfin de la faible valorisation des ressources
biologiques et du faible niveau de partage des bénéfices découlant de l’exploitation des
ressources biologiques, surtout génétiques. Autre point relevé dans le cadre de la stratégie
nationale en matière de diversité biologique, ce sont les objectifs à atteindre pour corriger les
dégâts déjà subis par le patrimoine national, et prévenir tout dommage supplémentaire. Les
options stratégiques sont celles qui permettent de réaliser les objectifs définis.
L’identification des approches et options stratégiques s’appuie sur les expériences des
97
La promotion de l’assainissement au Burkina Faso repose sur les idées suivantes : associer le
plus possible les autorités au processus de planification afin d’assurer une certaine continuité
des approches, le renforcement des capacités, et une meilleure appropriation des stratégies
fondées sur la demande réelle des communautés ; intégrer le concept de partage de
responsabilité de gestion dans les arrangements institutionnels entre l’administration, le
secteur privé, les ONG et les communautés de base ; faire de l’assainissement une
composante essentielle des programmes de développement en s’appuyant sur les opportunités
et les initiatives communautaires.
La désertification qui se définit comme un processus de dégradation des terres dans les zones
arides, semi arides et subhumides, menace aujourd’hui les moyens d’existence de plusieurs
personnes dans une centaine de pays. Ce processus affecte quelques 25% de la superficie
terrestre et semble s’accélérer partout dans le monde. La Convention des Nations Unies sur la
lutte contre la désertification se fixe comme objectif de lutter contre la désertification et
d’atténuer les effets de la sècheresse dans les pays gravement touchés par la sècheresse ou la
désertification, en particulier en Afrique. Dans ce contexte, le PAN-CD se fixe les objectifs
suivants au Burkina Faso : contribuer à l’instauration d’un développement durable par le
renforcement des capacités des autorités locales et assurer la participation active des
populations, des collectivités et des groupes locaux dans les actions de lutte contre la
désertification et l’atténuation des effets de la sècheresse ; assurer une gestion durable et
intégrée des ressources naturelles aux fins de la promotion de la sécurité alimentaire.
L’Étude d’Impact Environnemental (EIE) est un principe majeur de prévention des dommages
à l’environnement. Elle est un moyen opportun de protection de l’environnement contre les
risques de dommages graves. L’EIE est l’étude qu’il faut mener, au préalable, afin d’apprécier
les incidences qu’auraient ou que peuvent avoir des projets d’ouvrages, de travaux ou
d’aménagement sur l’environnement. Plusieurs raisons sous-tendent l’impérieuse nécessité de
l’EIE. Il s’agit essentiellement de raisons écologiques, juridiques et économiques. En effet,
98
l’irréversibilité des dommages écologiques, les confusions et difficultés de mise en œuvre des
sanctions et réparations et l’onérosité de la réparation des dommages font que la prévention
est fondamentale dans le domaine de la protection de l’environnement. C’est la raison pour
laquelle, au niveau national qu’international, les États s’efforcent d’assurer un droit
suffisamment préventif. L’EIE a été pour la première fois envisagée aux États-Unis en 1970,
avant de s’intégrer progressivement dans les droits nationaux de l’environnement des autres
pays développés et des pays du tiers-monde. S’agissant des droits nationaux de
l’environnement, l’EIE a été introduite dans le droit burkinabè dès 1994 par le premier Code
de l’environnement. Elle sera confirmée par le Code de 1997. Conformément à l’article 23 du
Coe, un décret a été adopté en 2001 déterminant le contenu de l’EIE.
depuis la période coloniale, prononce l’annulation des droits coutumiers et crée le domaine
foncier national en nationalisant l’ensemble des terres de l’Etat, entre autres. Dans son
application, cette ordonnance et son décret d’application ont connu des difficultés dues à des
résistances de certains acteurs qui en réalité n’ont jamais renoncé à leurs prétentions sur les
terres notamment en milieu rural. En 1991 et en 1996, la RAF a été relue pour tenir compte de
l’évolution intentionnelle du pays. Cependant, l’état des lieux de l’application de la RAF
dernière version, celle de 1996 fait ressortir en ce qui concerne les terres rurales certaines
difficultés de gestion. Plusieurs approches de sécurisation foncière des acteurs du monde rural
ont été expérimentées par des projets et programmes du fait que les dispositifs juridique et
institutionnel existant n’ont pas permis de rassurer et de conforter les investissements qui y
ont cours. Ainsi, le Programme National de Gestion des Terroirs a expérimenté une approche
intentionnelle de sécurisation foncière à travers la mise en place des Commissions
Villageoises de Gestion des Terroirs (CVGT) tandis que d’autres projets (PDLO, PDRD…)
ont expérimenté des approches basées sur la sécurisation des droits des acteurs qu’il s’agisse
de droits individuels ou collectifs. L’état des lieux de la situation foncière en milieu rural a
surtout démontré que ce sont les éléments d’une crise foncière en milieu rural qui se mettent
en place : multiplication des conflits fonciers, dégradation de l’environnement, croissance
démographique, spéculation foncière notamment par les agro businessmen, etc. Parlant du
cadre institutionnel, il s’agit de « l’ensemble des personnes ou groupes de personnes
physiques et morales, de droit public ou de droit privé, ayant des intérêts à faire valoir sur la
terre rurale, soit à titre de propriétaires, de titulaires de droits de jouissance, de possesseurs
fonciers, soit encore à titre de simples usagers de la terre rurale ». De ce fait, l’Etat et ses
démembrements sont considérés comme des acteurs ruraux.
1.1 L’Etat
La distinction entre le domaine foncier rural de l’Etat, de celui des collectivités et du
patrimoine des personnes de droit privé emporte pour conséquence qu’il faut clarifier entre ce
qui revient à l’Etat et ce qui est de la part des autres acteurs. Le domaine foncier rural de
l’Etat est constitué des terres détenues en vertu de plusieurs mécanismes juridiques. De par la
loi, il s’agit de terres aménagées par les Etats sur fonds publics et les schémas d’aménagement
du territoire. Du droit commun, il s’agit des procédures de droit privé qui permettent à l’Etat
de se conduire comme un particulier et acquérir des terres par cessions, échanges, legs et
dons, achats, terres en déshérence. Les procédures exorbitantes de droit commun sont
l’expropriation pour cause d’utilité publique et le droit de préemption. Les terres appartenant
à l’Etat doivent être recensées, délimitées et immatriculées à son nom.
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0
1.2 Les collectivités territoriales
Aux termes de l’article 21 de la RAF, le domaine foncier des collectivités est constitué : des
terres que l’Etat leur aura cédées définitivement selon les termes de l’article 80 du code
général des collectivités territoriales ; des terres acquises par elles selon les procédés de droit
commun tels que les legs, dons, achats, échanges, cessions amiables, terres en déshérence ;
des terres acquises au terme de l’exercice du droit de préemption et de l’expropriation pour
cause d’utilité publique qui ne peuvent être exercés qu’après l’autorisation expresse de
l’autorité de tutelle (article 20).
1.3- Les personnes physiques et morales de droit privé
La possession foncière est définie comme le pouvoir de fait légitimement exercé sur une terre
rurale sur la base des us et coutumes foncières locales par une personne ou groupe de
personnes, à titre individuel ou collectif. La possession foncière est exercée à titre individuel
lorsque la terre qui en fait l’objet relève du patrimoine d’une seule personne physique ou
morale. Elle est exercée à titre collectif lorsque la terre concernée relève du patrimoine
commun d’un groupe de personnes physiques, notamment d’une famille ou d’un groupe de
familles. Les possessions foncières sont établies à l’issue d’une enquête publique et
contradictoire et donnent lieu à la délivrance d’une attestation de possession foncière rurale
(article 35). Pour la mise en œuvre de la loi, il est prévu de délivrer gratuitement les
attestations de possession foncière durant les quatre premières années (article 95). Mais cette
mesure ne profite pas aux agriculteurs d’entreprendre. Les droits d’usage foncier ruraux sont
définis comme « les droits d’exploitation des terres rurales, consentis à temps et à titre
personnel par un possesseur foncier rural à une tierce personne ». Ils sont constitués par les
prêts de terres rurales, les locations de terres rurales ou bail à ferme et les autorisations
temporaires de mise en valeur de terres. Le prêt de terres est défini comme un accord verbal
ou écrit par lequel un possesseur ou propriétaire foncier autorise une autre personne à
exploiter à des fins domestiques et à titre personnel pendant un temps déterminé ou non une
terre qu’il reprendra lorsqu’il en manifestera le souhait. La location de terre est définie comme
suit : « la location de terre rurale ou bail à ferme est la convention laquelle le propriétaire ou
possesseur foncier accorde la jouissance de sa terre au preneur en vue de la réalisation
d’activités agro-Sylvio-pastorales, pour une durée déterminée et moyennant le paiement d’un
loyer périodique ». Pour les autorisations temporaires de mise en valeur des terres rurales, il
s’agit d’offrir la possibilité à tout personne désirant réaliser des investissements de s’adresser
au Maire d’une commune rurale pour obtenir une non mise en valeur faisant l’objet d’une
possession foncière et d’un titre foncier. L’autorisation est accordée sous certaines conditions
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1
et le possesseur ou propriétaire foncier recouvre la plénitude de ses droits au bout du délai de
l’exploitation par le bénéficiaire de l’autorisation. Les baux emphytéotiques sur les terres
rurales aménagées de l’Etat et des collectivités territoriales concernent le fait que les
personnes peuvent passer des locations de longue durée (18 ans minimum à 99 ans maximum)
avec l’Etat et les collectivités territoriales sur les espaces aménagés par ceux-ci. Au niveau
local, il est créé les Service Fonciers Ruraux (SFR) au sein de chaque commune rurale. Ces
SFR auront la charge de gérer le domaine foncier de la commune et de réaliser toutes les
activités liées à la sécurisation foncier des acteurs en milieu rurale tel que l’information, les
enquêtes publiques et contradictoires pour la constatation des possessions foncières,
contribution à la création du cadastre communal etc. Il y a aussi des commissions foncières
villageoises au sein de chaque conseil villageois du développement ; ces commissions
réalisent les attributions des SFR au niveau villageois. Au niveau intermédiaire, les services
techniques déconcentrés apportent un appui aux services décentralisés pour la réalisation de
leurs missions. Au niveau central, l’avant-projet de loi prévoit la création d’un organisme
public chargé d’œuvrer à la constitution du domaine foncier rural de l’Etat et aux actions de
sécurisation et de promotion des terres de l’Etat, le fonds national de sécurisation foncier,
l’instance nationale de concertation, de suivi et d’évaluation de la politique et de législation
foncières rurales.
Section 2 : La protection de la diversité biologique
La protection nationale de la diversité biologique est assurée principalement par la loi n 003-
2011/AN portant code forestier au Burkina Faso. Cette loi organise la protection des forêts, de
la faune et des ressources halieutiques.
Le Burkina Faso possède des forêts et savanes qui s'opposent aux grandes forêts tropicales qui
assurent une fonction écologique (puits de carbone) en tant qu'habitat de la faune et de la flore
sauvage, une fonction économique à travers les produits forestiers ligneux et non ligneux et
aussi des fonctions culturelles (forêts sacrées). Le code forestier définit les forêts comme « les
terrains couverts de formations végétales à base d'arbres ou d'arbustes et d'herbes, à
l'exclusion de celles résultant d'activités agricoles » (art.10). On peut classer les forêts selon
deux critères. La classification fondée sur la propriété foncière qui permet de distinguer les
forêts publiques des forêts privées. Les forêts publiques appartiennent soit à l'Etat soit aux
collectivités territoriales. Le domaine forestier de l'Etat est géré par les services forestiers de
l'Etat mais certaines de ces forets peuvent faire l'objet de concession à des personnes
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physiques ou morales par contrat ou sur la base d'un cahier de charge. Le domaine forestier
des collectivités territoriales doit être géré par les services communaux et dans le cadre de la
décentralisation, chaque commune doit disposer de domaines forestiers communaux. Les
forêts privées sont les forêts légalement acquises ou plantées par des personnes physiques ou
morales de droit privé à condition d'être détenteur d'un titre de jouissance ou de propriété sur
le sol forestier. Les forêts privées sont gérées librement par leur propriétaire sous réserve de
déclaration d'exploitation et des restrictions imposées pour la préservation du milieu naturel.
La classification fondée sur l'affectation des forêts permet de distinguer les forêts classées des
forêts protégées. Les forêts classées sont celles qui ont fait l'objet d'un acte de classement soit
au nom de l'Etat, soit au nom d'une collectivité territoriale selon que cette forêt présente un
intérêt national ou local. Le classement est un acte administratif qui détermine l'affectation
d'une forêt, il permet de soumettre la forêt à un régime spécial restrictif concernant les droits
d'usage et les régimes d'exploitation. Une forêt classée peut être par la suite déclassée selon la
même procédure. Le Burkina Faso dispose environ de 65 forêts classées plus 12 aires classées
ne constituant pas des espaces forestiers. Les forêts protégées sont celles qui n'ont fait l'objet
d'aucun acte de classement. Elles sont soumises au régime commun de droit d'usage et
d'exploitation. Les forêts peuvent être exploitées à différentes fins. L'exploitation domestique
des forêts qui permet aux populations locales de satisfaire leurs besoins familiaux en produit
forestier ligneux et non ligneux. Ce sont les droits d'usage traditionnel qui s'exercent sous
forme de cueillettes, de ramassage, de prélèvement et d'extraction. L'étendue de ces DUT
(Droit d'Usage Traditionnel) varie selon les forêts. Dans les forêts classées, les populations
sont limitées au ramassage du bois mort gisant, la cueillette de fruit mûr et la récolte de
produit médicinal. Dans les forêts protégées, les DUT sont plus étendus car ils comportent en
plus, le droit de culture, ensuite le droit de pâturage ou de parcours et le prélèvement de
produits forestiers ligneux et non ligneux. Les DUT présentent un certain nombre de
caractéristiques. D'abord, ce sont des droits reconnus uniquement aux populations riveraines
des forêts. Ensuite, ce sont des droits d'auto consommation, c'est-à-dire destinés a la
satisfaction des besoins personnels, individuels et familiaux, ils ne peuvent donc faire l'objet
d'exploitation commerciale. Aussi, ce sont des droits libres, c'est-à-dire qu'ils ne sont soumis à
aucune formalité, donc sans autorisation. Ce sont des droits gratuits, pas de redevances, ni de
taxes à payer car ils n'engendrent pas de retombées financières pour les populations. Et enfin,
ce sont des droits inaliénables, c'est-à-dire qu'en aucun cas ils ne peuvent être remis en cause
par l'Etat, de même les populations ne peuvent y renoncer pour la simple raison qu'ils
conditionnent la survie de ces populations riveraines.
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A- L’exploitation commerciale et industrielle des forêts
L'art. 47 du code forestier définit les défrichements comme « l'abattage systématique ou ciblé
d'arbre, d'arbuste et d'autre formation végétale d'une forêt en vue d'utiliser l'espèce ainsi
déboisée à d'autres fins ». Les défrichements sont libres mais ceux portant sur des grandes
superficies nécessitent une autorisation préalable à déterminer par décret. L'introduction
d'espèces forestières étrangères est soumise à autorisation préalable du ministère chargé des
forêts.
Certaines espèces forestières, en raison de leur intérêt botanique ou des risques de disparition
qui pèsent sur elles, bénéficient de mesures de protection particulières sur l'ensemble du
territoire, qu'elles soient situées dans une forêt ou hors forêt. Elles ne peuvent être ni mutilées,
ni arrachées, ni abattues sans une autorisation préalable des services forestiers. Ces espèces
sont actuellement au nombre de 23 au Burkina Faso.
Le code forestier institue deux listes, la liste A sur laquelle sont inscrites les espèces
intégralement protégées et la liste B, les espèces partiellement protégées. Pour les espèces
inscrites sur la liste A, il y a une interdiction totale de prélèvement sur l'ensemble du territoire
en raison des menaces qui pèsent sur elles. Sont aussi interdits, la capture, la chasse, le
ramassage des œufs de ces espèces. Seules les mesures de légitime défense sont autorisées
contre ces espèces. Les dommages causés par ces espèces qu'ils soient corporels ou matériels
sont réparés par l'Etat. Quant à la liste B, elle comporte des espèces partiellement protégées et
qui sont soumises à des prélèvements contrôlés à travers des quotas. Les espèces qui ne
figurent pas sur la liste A et la liste B sont appelées espèces non inscrites, elles bénéficient des
mesures générales de protection de la faune.
Certaines parties du territoire national peuvent être classées à des fins de constitution d'aires
protégées pour la préservation de la diversité biologique. Il existe plusieurs catégories d'aires
protégées. D'abord les parcs nationaux définis comme « une partie du territoire national classé
au nom de l'Etat en vue de la conservation de la flore, de la faune, des eaux, des sols, des
paysages ou des formations géologiques ayant une valeur scientifique ou esthétique (art.87 du
code forestier). Les parcs nationaux sont créés par la loi et sont soustraits à tout DUT,
exception faite de la pèche qui peut y être exceptionnellement autorisée. Les parcs nationaux
peuvent cependant être valorisés à des fins touristiques, récréatives et culturelles. Dans ce cas,
les conditions d'accès, de circulation et de séjour sont strictement règlementées. Le Burkina
Faso dispose de deux parcs nationaux : le parc national du W (235 000 hectares) et le parc
national de Pô, dit parc Kaboré Tambi (155 000 hectares). Un troisième parc national est en
constitution, il s'agit du parc d'Arly d'une superficie de 93 000 hectares situé dans l'Est du
Burkina Faso.
On distingue les réserves totales de faune et les réserves partielles de faune. Les premières
sont établies pour la protection de toutes les espèces avec un régime juridique très restrictif
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car aucune présence humaine n'est autorisée dans ces réserves. Les réserves partielles de
faune sont généralement consacrées aux concessions de faune, des activités de chasse y sont
autorisées. Le Burkina Faso dispose de quatre réserves totales de faune et quinze réserves
partielles. Aussi, il y a les réserves de la biosphère qui sont créées sur initiative de l'UNESCO,
dans le cadre d'un réseau de modèle réussi d'aires protégées, pouvant être utilisées par d'autres
pays. Un Etat peut inscrire une aire protégée dans ce réseau international d'aires protégées
bien gérées. Le Burkina Faso a inscrit la mare aux hippopotames qui fait aujourd'hui partie
des réserves de la biosphère. Les sanctuaires sont des aires affectées à la protection de
communauté caractéristique de végétaux, d'animaux ou de site particulièrement menacé. Il en
existe deux au Burkina Faso, la mare d'Oursi et la rivière Béli. Les refuges locaux, quant à
eux, sont des aires protégées classées au nom d'une collectivité territoriale pour la protection
d'espèces fauniques. En rappel, le code général des collectivités territoriales dispose que
chaque commune doit disposer d'une zone d'habitation, zone de conservation. C'est dans les
zones de conservation que les collectivités territoriales peuvent créer les zones villageoises
d'intérêts cynégétiques. C'est une partie du terroir villageois affecté à l'exploitation de
ressources cynégétiques géré par les associations villageoises.
La chasse est la principale menace contre la faune, surtout en ce qui concerne le braconnage.
La chasse est définie comme « tout acte tendant à tuer, blesser, poursuivre, rechercher,
inquiéter, viser un animal en liberté ou détruire, ramasser des œufs d'oiseaux ou de reptiles »,
(art 116 du code forestier). Le code forestier distingue deux formes légales de chasse, à savoir
la chasse de subsistance ou chasse traditionnelle pratiquée par les populations locales sur leur
territoire en vue de satisfaire leurs besoins individuels et familiaux. La chasse sportive
exercée sans but lucratif à des fins récréatives et sportives, elle peut être pratiquée aussi bien
dans les concessions de chasse que dans les terroirs villageois, c'est-à-dire les zones
villageoises d'intérêts cynégétiques. Tout acte de chasse est conditionné à l'obtention d'un
permis de chasse. On distingue ainsi le permis villageois de chasse qui ne porte que sur le
petit gibier. Le demandeur doit adresser une demande de permis à l'association
départementale des chasseurs par l'intermédiaire de l'association villageoise des chasseurs.
C'est l'association départementale qui délivre le permis villageois de chasse. Le permis de
chasse sportive est délivré par les services forestiers. Il existe 3 catégories de permis de chasse
sportive, le permis de catégorie A ou permis de chasse nationale. Il est délivré aux nationaux
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burkinabé et valable pour une saison de chasse. Ensuite le permis de catégorie B ou permis de
chasse étranger, délivré aux personnes de nationalité étrangères résidant au Burkina Faso
depuis au moins 6 mois et valable pour une saison de chasse. Le permis de catégories C ou
permis de chasse touristique délivré aux étrangers ne résidant pas au Burkina Faso et
seulement valable pour un mois. Chaque permis de chasse sportive comporte deux degrés,
petite chasse et grande chasse et ce permis est délivré à titre onéreux et le titulaire doit payer
une taxe d'abattage pour chaque spécimen abattu. Les restrictions de la chasse tiennent à la
fois à la période de chasse (Décembre à Mai), à la zone de chasse (parcs nationaux, les
réserves totales de faune, les sanctuaires). Elle est par contre autorisée dans les réserves
partielles de faune, les refuges locaux et les zones villageoises d'intérêts cynégétiques.
Concernant les restrictions tenant aux espèces de faune, les espèces inscrites sur la liste A ne
sont pas susceptibles de chasse, par contre les espèces de la liste B peuvent faire l'objet de
chasse en fonction des quotas définis annuellement par le ministre de l'environnement. Les
espèces non inscrites font l'objet de chasse sans quota. Pour les restrictions tenant aux
méthodes et techniques de chasse, sont interdites les chasses de nuit, la chasse au moyen de
véhicule roulant, au moyen de piège, au moyen du feu, de produits chimiques et toxiques,
d'armes à feu ou de munitions non autorisées, la chasse sous forme de battue ou de chasse
collective non autorisée. Il existe des restrictions spécifiques à la chasse sportive et à la chasse
villageoise. S'agissant des restrictions spécifiques à la chasse villageoise, on peut noter : la
possibilité de chasser seulement le petit gibier, être membre de l'association villageoise des
chasseurs, résider effectivement dans la localité où s'exerce la chasse. La chasse villageoise
peut être pratiquée collectivement ou individuellement. Pour l'exercice collectif, un maximum
de 15 chasseurs est autorisé par séance de chasse et elle ne peut se dérouler plus de 3 fois par
saison, donne lieu à l'information des villages voisins, se déroule nécessairement sur une
étendue inferieure à la moitié du terroir villageois, les produits de la chasse traditionnelle ne
peuvent ni vendu, ni faire l'objet de troc et enfin le chasseur traditionnel a une obligation de
dénonciation des infractions commises dans le village en matière de chasse. L'élevage
faunique est une activité de production à but lucratif d'animaux sauvages en vue de la
commercialisation de viande sauvage et des produits de la faune. Il peut concerner toutes les
espèces de faune sauvage, qu'elle soit totalement ou partiellement protégée, elle est soumise à
autorisation préalable et les espèces faisant l'objet d'élevage faunique doivent être déclarées au
service forestier. La capture commerciale consiste à appréhender des animaux sauvages
vivant pour leur revente à des raisons diverses (ex: comme animaux de compagnie, revente
aux éleveurs fauniques, revente de viande sauvage). Ces différentes activités de chasse, de
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capture peuvent s'exercer dans les concessions de faune. Ce sont des espaces riches en
ressource faunique et dont la gestion est concédée à des personnes privées en vue de
l'organisation d'activité lucrative.
On entend par ressource halieutique tout organisme vivant exclusivement dans l'eau et
pouvant en être retiré. La pêche constitue l'activité qui menace le plus les ressources
halieutiques. On distingue plusieurs types de pêche, à savoir le commerce pratiqué dans un
but lucratif et qui donne lieu à la vente de tout ou partie des captures, la pêche de subsistance
ou pêche coutumière est destinée à l'auto consommation du pêcheur et de sa famille, la pêche
sportive, pratiquée sans but lucratif à des fins récréatives et enfin la pêche scientifique ou
pédagogique dont le but est l'étude et la connaissance des ressources halieutiques. Les pêches
sportive et commerciale nécessitent un permis de pêche valable pour une seule région. Le
permis de pêche peut être refusé, suspendu ou retiré si le demandeur ou le détenteur est
reconnu coupable d'une infraction en matière de pêche. La pêche scientifique et pédagogique
est soumise à une autorisation écrite du ministre chargé des pêches. Pour la pêche coutumière
ou de subsistance s'exerce librement et gratuitement. Il existe de nombreuses restrictions au
droit de pêche, des restrictions tenant aux périodes, saisons et heures d’abord, des restrictions
tenant aux zones de pêche (ex: interdiction de pêcher dans les frayères, lieu de reproduction
de poisson, plus précisément au abord des cours d'eau ensuite, les restrictions tenant aux
dimensions de certaines espèces (la capture des alevins est interdite), les poissons doivent être
d'une certaine taille définie par arrêté, les restrictions tenant aux caractéristiques des
embarcations et aux instruments de pêche (les mailles de filets sont réglementées), sont
interdits les filets dont les mailles sont très petites, les restrictions liées aux méthodes de
pêche, interdiction d'utilisation de substances toxiques, interdiction de se servir d'explosif,
d'arme à feu, etc. Certains plans d'eau peuvent faire l'objet de concession, c'est-à-dire confiés
par contrat, par l'Etat à une personne privée avec un cahier de charge à respecter. Certains
plans d'eau peuvent également être constitués en périmètre halieutiques d'intérêt économique
(PHIE) et ainsi soumis à un régime de gestion spéciale. Pour être PHIE, un plan d'eau doit
remplir les trois conditions suivantes : avoir une superficie supérieure à 5000 hectares ; avoir
une importance économique significative en matière de pêche ; avoir des ressources
halieutiques menacées de surexploitation. Les plans d'eau ayant le statut de PHIE sont les
barrages de Bagré, de la Kompienga, du Sourou et de Ziga. Pour ces plans d'eau, le permis de
pêche est délivré par le comité de gestion et uniquement valable pour ce plan d'eau. C'est plan
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d'eau ne peuvent faire l'objet de concession au regard de leur importance. Ces plans d'eau sont
gérés par un comité de gestion qui exerce d'importantes attributions qui relève de la
compétence des services forestiers pour les plans d'eau libres (ex: délivrance des permis de
pêche et élaboration des plans de gestion).
Elle est essentiellement assurée par la loi 002/2001/AN du 08 février 2001 portant loi
d'orientation relative à la gestion de l'eau au Burkina Faso et ses textes d'application. En ce
qui concerne la propriété des eaux, elle distingue les eaux publiques des eaux privées. Les
eaux publiques relèvent de ce que la loi appelle le domaine public de l'eau qui comporte
plusieurs dépendances à savoir les cours d'eau, les lacs naturels et artificiels. Ce domaine
public de l'eau doit faire l'objet de délimitation et de démarcation pour éviter les empiétements
de la part des particuliers. Aucune installation, aucun ouvrage ne peuvent être entrepris dans
ce domaine public de l'eau sans autorisation préalable de l'administration. La loi consacre
cependant de manière résiduelle les eaux privées, c'est-à-dire l'eau recueillie dans un ouvrage
privé et destinée à un usage domestique, l'eau des piscines, des étangs, des citernes et des
bassins d'agrément construits ou aménagés par les personnes privées sur un fonds privé.
S'agissant des règles d'utilisation de l'eau, la loi consacre la primauté des usages domestiques
sur les autres usages, notamment l'utilisation de l'eau pour l'irrigation, pour l'industrie, pour la
production hydroélectrique, la navigation, le tourisme, etc. L'utilisation domestique de l'eau
correspond à 100 litres par jour et par personne et cette quantité d'eau est dispensée de la taxe
parafiscale sur l'eau. Les besoins domestiques s'inscrivent dans le cadre du droit à l'eau,
considéré aujourd'hui comme un droit fondamental de la personne humaine. Le droit à l'eau
permet à toute personne de disposer de la quantité minimale d'eau pour la satisfaction de ses
besoins élémentaires, pour assurer sa dignité. Il est consacré par l'ONU et repris par l'article 2
de la loi d'orientation relative à la gestion de l'eau qui dispose que « La loi reconnait le droit à
chacun de disposer de l'eau correspondant à ses besoins et aux exigences élémentaires de sa
vie et de sa dignité ». Le droit à l'eau comporte trois dimensions fondamentales. (1) La
disponibilité de l'eau : Il s'agit de la disponibilité quantitative de l'eau d'une part car les
normes de l'OMS fixent à 20 L par jour et par personne la quantité d'eau nécessaire à la
réalisation du droit à l'eau et d'autre part de la disponibilité qualitative, c'est-à-dire une eau
salubre qui n'est pas susceptible de transmettre des maladies. (2) L'accessibilité à l'eau : elle
comporte d'une part l'accessibilité physique à l'eau, c'est-à-dire que dans les campagnes,
chaque personne doit disposer d'eau potable dans le voisinage et au Burkina Faso à moins de
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500 m. L'accès aux points d'eau doit être sans danger, sans risques pour les populations.
D'autre part l'accessibilité économique qui signifie que les services d'eau doivent être à un
coup abordable. Le droit à l'eau ne signifie pas gratuité de l'eau mais le budget consacré à
l'eau ne doit pas dépasser 5% du budget familial. (3) Pour l'accessibilité des populations à
l'information sur l'eau, l'article 15 de la loi d'orientation relative à la gestion de l'eau stipule
que « le ministre chargé de l'eau veille à ce que les populations concernées par un
aménagement hydraulique ou une mesure de gestion de l'eau reçoivent une information
appropriée » afin qu'elles puissent participer efficacement au processus de prise de décision
en matière d'eau. En ce qui concerne la protection des ressources en eau, elle est assurée par
de nombreux autres textes en plus de la loi sur l'eau. Ainsi le code de l'environnement
règlemente les rejets polluants dans l'eau. Certains rejets sont libres, d'autres rejets sont
interdits et d'autres rejets sont autorisés à condition d'avoir une autorisation spéciale de rejet
conformément aux normes établies (voir décret de 2001 sur les rejets polluants dans l'eau, l'air
et les sols). Il existe une protection spécifique pour les sources d'eaux destinées à la
consommation humaine. Pour ces sources, la loi institue un périmètre de protection immédiate
à l'intérieur duquel toute activité humaine est interdite, un périmètre de protection rapprochée
à l'intérieur duquel certaines activités sont autorisées alors que d'autres sont autorisées et un
périmètre de protection éloigné dans lequel toutes les activités sont autorisées mais soumises à
une surveillance particulière.