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Analyse des Traités Environnementaux

Le document présente le syllabus d'un cours sur l'analyse économique des traités internationaux concernant l'environnement, dispensé par Dr Abdoulaye Senghor à l'Université Thomas Sankara. Il vise à fournir aux étudiants une compréhension des aspects juridiques, politiques et économiques liés à la gouvernance environnementale, tant au niveau national qu'international. Le cours aborde divers thèmes, y compris les fondements du droit international de l'environnement, les instruments juridiques, et l'insertion des traités dans le droit burkinabè.

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Analyse des Traités Environnementaux

Le document présente le syllabus d'un cours sur l'analyse économique des traités internationaux concernant l'environnement, dispensé par Dr Abdoulaye Senghor à l'Université Thomas Sankara. Il vise à fournir aux étudiants une compréhension des aspects juridiques, politiques et économiques liés à la gouvernance environnementale, tant au niveau national qu'international. Le cours aborde divers thèmes, y compris les fondements du droit international de l'environnement, les instruments juridiques, et l'insertion des traités dans le droit burkinabè.

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1

UNIVERSITE THOMAS SANKARA

UNITE DE FORMATION ET DE RECHERCHE

EN SCIENCES ECONOMIQUES ET DE GESTION

COURS D’ANALYSE ECONOMIQUE DES TRAITES


INTERNATIONAUX SUR L’ENVIRONNEMENT
Option : Economie de l’Environnement et du Développement Durable (EEDD)

Licence 3 - Semestre 6

Dr Abdoulaye SENGHOR

Economiste de l’Environnement

Enseignant-Chercheur

Année universitaire 2022-2023


2

SYLLABUS

Code : 1TPE1641 ECUE : Credit : 3


Parcours : EEDDL3/S6 ANALYSE ECONOMIQUE DES CM : 36 heures
TRAITES INTERNATIONAUX SUR
L’ENVIRONNEMENT

Nom du professeur : Dr Abdoulaye SENGHOR


Grade/Qualification : Economiste de l’Environnement, Enseignant-Chercheur

PRE REQUIS :
 Institutions internationales et développement économique
 Economie de l’environnement
 Droit de l’environnement
 Gestion conflictuelle des ressources naturelles
 Cadre institutionnel de la vie économique
OBJECTIF GENERAL : Acquérir une culture générale de la gouvernance nationale et
internationale de l’environnement.
OBJECTIFS SPECIFIQUES : L’étudiant doit être capable de
 Comprendre le droit international de l’environnement
 Comprendre les instruments conventionnels et non conventionnels
internationaux en matière d’environnement
 Comprendre les documents de politique et stratégie environnementale du
Burkina Faso
 Comprendre la chronologie des grandes rencontres internationales sur
l’environnement
 Comprendre la chronologie des grandes manifestations internationales en
faveur de l’environnement
 Comprendre l’insertion des instruments internationaux dans le droit Burkinabè
STRATEGIE PEDAGOGIQUE OU METHODE D’ENSEIGNEMENT : Cours magistral
axé sur une méthode participative à travers des exposés par groupes d’étudiants
sanctionné par Une session d’examen
MATERIEL PEDAGOGIQUE : Support du cours (version électronique et/ou version
papier) mis à la disposition des étudiants au début du cours
CONTENU DU COURS :
1ère Partie : Fondements juridique et politique du droit international de l’environnement
2ème Partie : Fondements institutionnels et empiriques de la gouvernance internationale de
l’environnement
3ème Partie : Fondements institutionnels et empiriques de la gouvernance nationale de
l’environnement
3

RESSOUCES COMPLEMENTAIRES :
A. Bibliographie
APOSTOLODIS C. (1997), L’humanité face à la mondialisation, Droits des peuples et
Environnement, L’Harmattan, Paris
BOISSON DE CHAZOURNES C. (1998), Protection internationale de l’environnement,
Pedone, Paris
BOTHE M. & SAND P. H (2002), La politique de l’environnement : de la réglementation aux
instruments économiques, Nijhoff, La Haye
DUPUY P-M. (1977), La responsabilité internationale des Etats pour les dommages d’origine
technologique et industrielle, Pedone, Paris
BAZIADOLY S. (1996), Le droit communautaire de l’environnement depuis l’Acte unique
européen jusqu’à la Conférence intergouvernementale, Bruylant, Bruxelles
KAMTO M. (2000), Droit de l’environnement en Afrique, Edicef, Paris
B. Sites et liens internet :
4

SOMMAIRE

INTRODUCTION GENERALE
Chapitre 1 : LES FONDEMENTS DE LA PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT
Section 1 : Concept de l’environnement et raisons de sa protection
Section 2 : Fondement juridique de la protection de l’environnement
Section 3 : Fondement économique de la protection de l’environnement
Section 4 : Consécration du droit à l’environnement et la promotion écologique
Chapitre 2: LA REGLEMENTATION INTERNATIONALE SUR
L’ENVIRONNEMENT
Section 1 : Généralités sur les traités internationaux
Section 2 : Aperçu sur le droit international de l’environnement
Section 3 : Exemples d’instruments juridiques en matière d’environnement
Section 4 : Exemples de principes fondamentaux en matière d’environnement
Chapitre 3 : L’ANALYSE DE QUELQUES TRAITES SUR L’ENVIRONNEMENT
Section 1 : La protection de la biodiversité
Section 2 : La lutte contre les changements climatiques
Section 3 : La lutte contre les mouvements transfrontaliers des déchets dangereux
Section 4 : La gestion des ressources en eaux partagées
Chapitre 4 : LES CONFERENCES DES PARTIES A LA CONVENTION SUR LES
CHANGEMENTS CLIMATIQUES
Section 1 : Les Conférences des Parties avant l’entrée en vigueur du Protocole de Kyoto
Section 2 : Les Conférences des Parties après l’entrée en vigueur du Protocole de Kyoto
Section 3 : Les Conférences des Parties après l’adoption de l’Accord de Paris
Chapitre 5 : LES CONFERENCES DES PARTIES A LA CONVENTION SUR LA
DIVERSITE BIOLOGIQUE
Section 1 : Les Conférences des Parties après le Sommet de la Terre de 1992
Section 2 : Les Conférences des Parties après le Sommet du Développement Durable de 2002
Section 3 : Les Conférences des Parties après le Sommet sur le Climat de 2015
Chapitre 6 : LES CONFERENCES DES PARTIES A LA CONVENTION SUR LES
ESPECES MENACEES DE DISPARITION
Section 1 : Les Conférences des Parties des Sommets de Stockholm à Rio de Janeiro
Section 2 : Les Conférences des Parties des Sommets de Rio de Janeiro à Johannesburg
Section 3 : Les Conférences des Parties des Sommets de Johannesburg à Paris
5

Chapitre 7 : LA REGLEMENTATION NATIONALE SUR L’ENVIRONNEMENT


Section 1 : L’évolution historique
Section 2 : La réglementation globale
Section 3 : La réglementation sectorielle
Section 4 : Les documents de politique et de stratégie en matière d’environnement
Chapitre 8 : L’INSERTION DES TRAITES INTERNATIONAUX AU BURKINA
FASO
Section 1 : Le cadre institutionnel de la gouvernance de l’environnement
Section 2 : La protection de la diversité biologique
Section 3 : La gestion des ressources en eaux nationales
Section 4 : La lutte contre les pollutions
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INTRODUCTION GENERALE
Nous reconnaissons que la Terre et son écosystème constituent notre demeure et que
l’expression « Terre Mère » a cours dans de nombreux pays et régions, et nous notons que
certains pays reconnaissent les droits de la nature dans le cadre de la promotion du
développement durable. Nous sommes convaincus que pour parvenir à un juste équilibre entre
besoins économiques, sociaux et environnementaux des générations actuelles et futures, il est
nécessaire de promouvoir l’harmonie avec la nature. Pour cela, plusieurs interrogations peuvent
animer et nourrir la réflexion sur la réglementation et les traités internationaux en matière
environnementale. En premier lieu, l’on peut se poser la question de savoir qu’est-ce que
l’environnement ? La réponse à une telle question est tout aussi polysémique que conflictuelle,
d’autant plus que les doctrines luttent pour s’inscrire au chapitre de l’actualité. En second lieu,
pourquoi protégeons-nous l’environnement ? Là aussi, la réponse peut être à la fois morale,
éthique, religieuse, politique, sociologique, juridique, économique, etc. En troisième lieu,
pourquoi le droit est-il nécessaire pour protéger l’environnement ? En l’absence d’un cadre
institutionnel et réglementaire, toute société est vouée à la barbarie et donc à une gestion
chaotique des ressources. En quatrième lieu, pourquoi a-t-on besoin du droit international
pour protéger l’environnement ? La nature même de l’environnement ainsi que sa perception
commande de gérer les problèmes y afférents à une échelle internationale. En cinquième lieu,
pourquoi l’environnement intervient-il dans l’économie ? Promouvoir la croissance et le
développement économique tout en se souciant de la préservation de l’environnement relève
d’une gageure mais en réalité, il n’y a ni incompatibilité, ni opposition. En sixième lieu,
comment rendre conciliante l’éternelle controverse entre écologistes et économistes ? Le
développement durable, paradigme dominant actuellement, a sa démarche, sa vision et sa
méthode qui convergent vers la pluridisciplinarité, la multidisciplinarité, la transdisciplinarité,
etc. En septième lieu, quelle est l’évolution historique du droit de l’environnement au Burkina
Faso ? Le droit et la politique de l’environnement au Burkina Faso a suivi au moins trois étapes
historiques, chacune ayant sa spécificité. En huitième lieu, comment, quand et où les traités,
les conventions, les protocoles et autres accords internationaux sur l’environnement sont-ils
adoptés et mis en œuvre ? Autrement dit, dans quel cadre la Communauté internationale doit-
elle s’organiser pour faire entendre sa voix ? En neuvième lieu, comment rendre visibles ces
engagements et les actions en vue d’obtenir l’adhésion de tous ? En clair, par quels moyens la
communauté internationale peut-elle faire la promotion de l’environnement ? En dixième lieu,
qui doit être le premier responsable de la gestion, du financement et de la mise en œuvre des
traités internationaux sur l’environnement ? En d’autres termes, quels sont les acteurs publics
7

qui sont les premiers responsables sur le terrain ? En onzième lieu, qui peut accompagner le
processus pour appuyer les autorités publiques au niveau international comme au niveau interne
des Etats ? Plus précisément, quels sont les acteurs privés qui les accompagnent sur ce grand
chantier ? En douzième lieu, quels sont les acteurs plus ou moins autonomes pour défendre les
intérêts des populations et influer les décideurs publics pour une meilleure prise en compte des
préoccupations environnementales à la base ? Clairement dit, qui doit défendre les droits et
faire remplir les obligations des populations à la base ? Voilà autant de questions dont les
réponses peuvent constituer l’ossature du présent cours.
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Chapitre 1 : LES FONDEMENTS DE LA PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT

Section 1 : Concept de l’environnement et raisons de sa protection


1.1- Tentative d’une définition consensuelle de l’environnement

Le terme « environnement » lui- est récent dans de nombreuses langues, du moins tel qu’on
le définit aujourd’hui. En effet, «environnement » décrit avant tout une région limitée ou la
planète entière, ainsi qu’une partie de l’espace extra-atmosphérique qui l’entoure. La notion
d’« environnement » continue à susciter débats et interrogations. Confondue encore parfois
avec l’écologie, l’approche environnementale garde un ancrage biologique et géologique chez
nombre de professionnels de la Science de la Vie et de la Terre tandis qu’elle présente une
approche prioritairement humaine chez la majorité des historiens et des géographes. Ce terme
prend un caractère « esthétique » chez les plasticiens, voire chez les économistes et les
sociologues. Ce « cloisonnement disciplinaire » est rarement dépassé alors que la notion est
intrinsèquement transdisciplinaire. A cet effet, une des définitions les plus commodes de
l’environnement est celle de la biosphère qui est constituée d’une couche d’air, d’eau et de
sol, relativement à la Terre et qui peut supporter toute vie. Le terme « biosphère », utilisé en
particulier par l’Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture
(UNESCO), correspond à l’une des définitions les plus vastes puisqu’il désigne la totalité de
l’environnement humain, la partie de l’univers où, d’après ce que l’on sait aujourd’hui, toute
la vie est concentrée. En fait, la biosphère est une couche très fine qui entoure la Terre. Elle
comprend la Terre et une étendue de plusieurs milliers de mètres au-dessus et en dessous de la
surface de la Terre et des océans. C’est d’ailleurs pour cela que l’UNESCO la propose comme
définition de l’environnement. Les instruments juridiques internationaux et nationaux
contiennent de nombreuses définitions très différentes de l’environnement. Un texte juridique
adopté par le Conseil de la Communauté Economique Européenne (CEE) le 27 juin 1967
donne de l’environnement la définition suivante : « L’eau, l’air et la terre ainsi que les liens
qu’ils entretiennent entre eux ou avec quelque organisme vivant que ce soit ». D’autres
définitions sont fondées sur l’idée exprimée par le Préambule de la Déclaration des Nations
Unies sur l’environnement, adoptée à Stockholm en juin 1972, selon laquelle : « L’homme est
à la fois créature et créateur de son environnement, qui assure sa subsistance physique et lui
offre la possibilité d’un développement intellectuel, moral, social et spirituel ». Ainsi, on
considère que l’environnement construit par l’homme, qu’il soit composé de bâtiments, de
monuments, de structures diverses ou de paysages, fait partie de l’environnement que l’on se
doit de protéger de la détérioration. Le Code de l’environnement du Burkina Faso du 30
9

janvier 1997 le définit comme « l’ensemble des éléments physiques, chimiques et biologiques
naturels ou artificiels et des facteurs économiques, sociaux, politiques et culturels, qui ont un
effet sur le processus de maintien de la vie, la transformation et le développement du milieu,
les ressources naturelles ou non et les activités humaines ». En définitive,
l’environnement peut être défini comme le « lieu d’interaction entre l’homme et la nature ». Il
se trouve donc à l’interface entre les aspects humains et les aspects naturels de la vie. Ainsi
On peut appréhender le concept d’environnement à travers une approche systémique. Le
système environnement se compose donc de plusieurs sous-systèmes : les ressources
naturelles et l’espace qui constituent les sous-systèmes de la nature et, la population et la
société qui constituent les sous-systèmes humains. La ressource naturelle quant à elle peut
être perçue comme « une production d’un lieu ou d’un biotope par le seul jeu des facteurs
naturels ». Les ressources naturelles ont trois caractéristiques fondamentales : elles préexistent
à toute activité humaine, leur stock est une variable d’état et non de commande, Selon leurs
caractères biophysiques, on distingue les ressources renouvelables (faune et flore) et les
ressources non renouvelables (minéraux, pétrole, charbon, etc.). Les ressources non
renouvelables sont celles dont la quantité est fixe mais dont la durée peut être allongée par
une utilisation réduite ou plus efficiente par la réutilisation ou par recyclage.

1.2- Nécessaire obligation de protéger l’environnement

Le souci de préserver la nature est apparu il y a très longtemps dans de diverses croyances et
de diverses civilisations. (1) L’histoire de Noé nous enseigne que Dieu, voulant punir son
peuple, chargea Noé de planter des arbres afin d’utiliser les bois issus de ces plants, pour
construire un bateau recouvrant toutes les espèces, afin d’assurer la protection de la
biodiversité, à l’issu du déluge. L’épisode biblique du déluge exige de Noé qu’il sauve toutes
les créatures qui vivent sur la terre et donne lieu à une alliance entre Dieu, les hommes et
«toutes les créatures vivantes (...), à perpétuité ». (2) L’un des principes fondamentaux de
l’Islam est que l’homme a reçu de la sagesse divine la planète en héritage dont il n’est qu’un
simple gestionnaire et doit donc la garder, l’entretenir et la préserver honnêtement. Par
ailleurs, dans la même logique religieuse, l’histoire du prophète Soalihou dans laquelle Dieu
a chargé lourdement le prophète de veiller à la sécurité de la chamelle et de son chamelon,
tous issus de naissance miraculeuse. Il fut un moment où le peuple du prophète Soalihou,
porte atteinte à la vie de la chamelle ; acte perçu comme désobéissance engendrera
l’anéantissement total dudit peuple. Ce fait témoigne la nécessité de protéger les espèces,
donc l’environnement. (3) Un symposium organisé par le patriarche œcuménique de l’église
10

orthodoxe en septembre 1995 a révélé, parmi les opinions de représentants des religions
catholique, protestante, chrétienne orthodoxe, musulmane, juive, hindoue, bouddhiste, jaïne,
sikh, zoroastrienne et bahaïe, une concordance dans les textes et enseignements sacrés en ce
qui concerne les sources de la moralité, à savoir le respect de la nature et le caractère sacré de
toute création. Le symposium a suggéré aux différentes religions de considérer la
détérioration délibérée de l’environnement comme un péché. (4) La Charte mondiale de la
nature, adoptée et proclamée solennellement par l’Assemblée générale des Nations Unies le
28 octobre 1982 affirme que « l’humanité fait partie de la nature et que la vie dépend du
fonctionnement ininterrompu des systèmes naturels qui sont source d’énergie et de matières
nutritives ». La protection de l’environnement fait l’objet de la 2 e proclamation exprimée par
le préambule de la déclaration des Nations Unies sur l’environnement. Cette proclamation
stipule que : « la protection et l’amélioration de l’environnement est une question
d’importance majeure qui affecte le bien-être des populations et le développement
économique dans le monde entier, et constitue un devoir pour tous les gouvernements. ». En
clair, d’après les Nations Unies, « Chaque forme de vie est unique et mérite qu’on la respecte
indépendamment de sa valeur pour l’homme ». (5) La civilisation a également ses racines
dans la nature, qui a modelé la culture humaine et influé sur toutes les œuvres artistiques et
scientifiques. Pourtant, les hommes peuvent modifier la nature et, à cause de leurs actes ou de
leurs conséquences, épuiser les ressources naturelles. Pour cette raison, il est de leur devoir
d’admettre l’urgence qu’il y a à maintenir la stabilité et la qualité de la nature et à conserver
les ressources naturelles. Les bénéfices durables que l’on peut retirer de la nature dépendent
du maintien des processus écologiques essentiels et des systèmes essentiels à la subsistance,
ainsi que de la diversité des formes de vie que l’homme, à cause d’une exploitation excessive
ou d’une destruction de l’habitat, a mis en danger. La dégradation des systèmes naturels qui
résulte d’une surconsommation et de l’usage abusif des ressources naturelles, ainsi que de
l’incapacité d’instaurer parmi les peuples et les États un ordre économique approprié, conduit
à l’effondrement des structures économiques, sociales et politiques de la civilisation. La
course aux ressources rares est génératrice de conflits alors que la conservation de la nature et
des ressources naturelles va dans le sens de la justice. Par conséquent, l’homme a le devoir
d’apprendre à maintenir et à développer son aptitude à utiliser les ressources naturelles tout en
préservant les espèces et les écosystèmes, dans l’intérêt des générations présentes et futures.
Tel est l’objectif de justice intra-générationnelle et intergénérationnelle que vise le
développement durable. La protection de l’environnement est donc devenue, aujourd’hui, un
impératif de survie de toutes les sociétés. Elle requiert la participation de tous les acteurs,
11

aussi bien étatiques que non étatiques, conformément aux principes de la bonne gouvernance
environnementale. A cet égard, s’il revient à l’Etat d’assumer la première responsabilité de la
gouvernance de l’environnement et des ressources naturelles, la participation des collectivités
territoriales, des entreprises du secteur privé, des organisations de la société civile ainsi que de
toute autre personne prise individuellement à une telle gouvernance s’avère désormais
indispensable. Elle découle du principe général de la démocratie participative qui implique la
participation des citoyens à la gestion du pouvoir d’Etat ou à la gestion des affaires qui les
concernent. Et pour cela, la connaissance des instruments juridiques internationaux tels les
traités, conventions, protocoles, accords, constitue un préalable incontournable, de même que
l’arsenal juridique national qui régit l’application de cette règlementation internationale dans
l’ordre juridique interne. Loin de traiter tous problèmes liés à la dégradation continuelle des
ressources naturelles et de notre cadre de vie par les activités anthropiques, la règlementation
internationale en matière d’environnement constitue un cadre de référence à toutes les
politiques et stratégies de développement pour tous les pays à l’heure actuelle où le paradigme
universel est le développement durable. Le « développement durable », entendu au sens de la
définition universelle donnée par le Rapport Brundtland, est conçu comme « un processus de
changement par lequel l’exploitation des ressources, l’orientation des investissements, des
changements techniques et institutionnels se trouvent en harmonie et renforcent le potentiel
actuel et futur de satisfaction des besoins des hommes ». De Le Burkina Faso a signé et ratifié
une cinquantaine d’instruments juridiques internationaux qu’il a inséré dans l’ordre juridique
interne à travers des documents de politique et de stratégie en matière d’environnement ainsi
que des textes législatifs et réglementaires.

Section 2 : Fondement juridique de la protection de l’environnement


2.1- Importance du droit de l’environnement

Cette question est fondamentale et relative à la nécessité du droit en matière


environnementale. En effet, la protection de l'environnement parait complexe du point de vue
de la définition du terme «environnement » lui-même. Une directive s’annonce nécessaire
pour assurer cette protection : le droit. Il est considéré comme étant l’ensemble des normes
obligatoires adoptées par des autorités compétentes publiques selon des procédures
préétablies. Ce qui ferait du droit un instrument idéal pour la protection de l’environnement,
est relative à son caractère obligatoire de telle sorte que toute transgression ou tentative de
transgression est suivie d’une sanction ; ce qui pourrait au moins empêcher et éliminer les
actes et comportements néfastes à l’environnement. Cependant, le manque de rigueur dans
12

l’application des exigences du droit, fait de cet instrument plutôt un frein. C’est pourquoi, bon
nombre de personnes pensent que le droit n’est pas un outil adéquat pour la protection de
l’environnement, compte tenu de son inefficacité à cet effet. Toutefois, quand l’opinion
publique ou des groupes d’intérêts demandent au gouvernement, aux autorités d’un État ou
d’une ville de « faire quelque chose » afin de protéger une région ou une espèce, de lutter
contre la pollution ou d’améliorer le système de traitement des déchets, les autorités publiques
compétentes appliquent des règles juridiques existantes ou en créent de nouvelles, se servent
des institutions ou des organes déjà existants tels qu’un département ministériel ou la police
ou créent une nouvelle institution telle qu’un ministère ou une agence pour l’environnement,
ou encore un corps de gardes forestiers. Dans de nombreux cas, il y a une demande formelle
de règles juridiques ou de recours à des instruments juridiques. Par conséquent, il est
nécessaire de comprendre le rôle du droit dans la protection de l’environnement. En pratique,
le droit peut être considéré comme un ensemble de normes obligatoires adoptées par les
autorités publiques selon des procédures préétablies. De telles procédures permettent au droit
de se distinguer des principes moraux et des croyances religieuses, comme des convenances
ou des règles de comportement social, dont le respect ne peut être imposé par les autorités
publiques. Le caractère obligatoire du droit et les sanctions qui peuvent assurer l’application
des règles juridiques devraient empêcher et éliminer les actes et les comportements nuisibles à
l’environnement. Au début de l’« ère écologique » et en particulier dans les années 70, il y a
eu une tendance au développement de réglementations en matière d’environnement, alors
considérées comme le remède à la pollution et à l’appauvrissement de la flore et de la faune
sauvages dans le monde. Dans les années 80, la désillusion quant à l’efficacité des règles
juridiques pour la protection de l’environnement a grandi, mais cela n’a pas arrêté ni même
ralenti les efforts législatifs. Dans les années 90, avec le triomphe du système de l’économie
de marché, nombreuses ont été les personnes à émettre l’opinion que le droit n’est pas un outil
adéquat pour protéger l’environnement, que ce soit au niveau international ou national, en
raison de son inefficacité. La ferme conviction que le droit de l’environnement peut résoudre
tous les problèmes environnementaux est certainement irréaliste, mais l’élimination totale des
instruments juridiques comme outils de protection de l’environnement conduirait
certainement à l’effondrement de toute protection. Une meilleure compréhension de la place
et du rôle du droit dans le monde actuel aide à maintenir un équilibre entre ces deux extrêmes.
Le rôle du droit n’est pas seulement d’établir des prescriptions ou des interdictions. Le droit
implique également l’utilisation d’autres formes d’intervention, telles que des mesures
persuasives ou dissuasives et la création d’outils de gestion. La plupart des instruments
13

économiques, qui sont très populaires dans le monde actuel, doivent être adoptés par le biais
de mesures juridiques. Un impôt spécial sur les substances polluantes ou sur le fuel, des
subventions pour les activités non polluantes, des exonérations pour les personnes qui
acceptent d’exploiter leurs terres en respectant l’environnement, la délivrance d’autorisations
concernant les activités polluantes, les audits en matière d’environnement et les labels
écologiques sont autant de mesures qui dérivent généralement, sinon toujours, d’instruments
juridiques. De même, quand la gestion de l’environnement est nécessaire pour des entités plus
importantes que des entreprises individuelles, des sociétés ou des branches professionnelles –
par exemple, des villes, des cours d’eau ou des régions industrielles – les autorités publiques
ont le devoir de l’organiser et d’en assurer le fonctionnement. Il faut donc éviter toute
confusion entre les formes d’instruments utilisés pour la protection de l’environnement, qui
sont pour la plupart juridiques (règles ou institutions), et le contenu même de ces instruments.
Celui-ci peut être très varié, allant de mécanismes « ordonner et contrôler » et de
l’établissement de standards environnementaux à diverses actions concernant la production
industrielle ou agricole, les transports, le commerce, la recherche scientifique, l’éducation et
l’information.

2.2- Nécessité d’un droit international de l’environnement

Le droit international public est un système juridique qui gouverne les relations entre les
États, mais aussi entre les États et les organisations internationales (ONU, FAO, UNESCO,
OUA, OEA, Conseil de l’Europe, etc.). Ces organisations ont elles-mêmes été créées par le
biais de règles de droit international. Contrairement au droit international public, le droit
international privé s’applique aux relations transnationales entre des entités non-étatiques,
telles que les individus, les sociétés ou les associations. Depuis le début du 20e siècle, nombre
de problèmes liés aux ressources naturelles et à l’environnement ont été résolus au niveau
international, même si le terme « environnement » n’est apparu que plus tard. Des problèmes
de pollution transfrontière notamment ont été réglés soit par voie d’accords internationaux, tel
que le Traité de 1909 entre les États-Unis et le Canada sur les eaux limitrophes, soit par
arbitrage, comme l’illustre la sentence rendue dans l’affaire de la Fonderie de Trail (1941)
entre les mêmes États. Depuis le commencement de ce qui peut être considéré comme l’« ère
écologique », il y a une cinquantaine d’années, on est de plus en plus conscient de la
dimension internationale des problèmes environnementaux. En 1968, le Conseil de l’Europe,
une organisation régionale, a adopté la Charte européenne de l’eau, l’un des premiers
instruments internationaux en matière d’environnement. Ce texte non contraignant a énoncé
14

un principe fondamental qui, s’il semble aujourd’hui évident, ne l’était pas à l’époque, à
savoir que l’eau ne connaît pas de frontières. La pollution de l’eau illustre parfaitement les
problèmes environnementaux internationaux car il n’est pas rare que les pays partagent des
ressources telles que des rivières ou des bassins de taille importante et les problèmes liés à la
qualité et à la quantité de l’eau peuvent être à l’origine de conflits internationaux. A l’instar de
l’eau douce, les océans, l’atmosphère et l’environnement en général ne connaissent pas de
frontières. N’importe quel impact significatif sur l’environnement peut produire des effets au-
delà des frontières nationales, comme le démontre le nombre de pays ayant souffert des
conséquences de l’accident nucléaire de Tchernobyl, ou le phénomène des pluies acides qui
affectent lacs et forêts dans des pays lointains. En outre, on découvre de plus en plus de
phénomènes dont les dimensions transcendent les frontières nationales et qui ne peuvent être
compris et combattus qu’au niveau international, voire global : la désertification, la
diminution de l’héritage génétique mondial, l’appauvrissement de la couche d’ozone, le
réchauffement de la planète. Et cette liste s’allonge à mesure que nos connaissances sur la
biosphère se développent. En définitive, le droit international de l’environnement est
l’ensemble des règles juridiques visant à supprimer ou, à tout le moins, à limiter les atteintes à
l’environnement. C’est également l’ensemble des règles et techniques, ainsi que des
institutions relatives à la protection du milieu et à la conservation de la nature et des
ressources naturelles. Le droit de l’environnement connait un champ d’application
relativement vaste qui tend aujourd’hui à pénétrer tous les domaines de la vie contemporaine.
Il s’est bâti autour d’un noyau central qui a progressé, agrégé autour de lui de nouveaux
domaines.

Section 3 : Fondement économique de la protection de l’environnement


3.1- Importance de l’économie de l’environnement

Les différentes conceptions de l’environnement et de la Terre ont en effet joué un rôle majeur
dans la transition de l’ordre féodal à l’ordre capitaliste industriel et la marchandisation de
l’environnement est demeurée l’une des caractéristiques clefs de l’ordre socioéconomique
moderne. L’économie s’est ainsi constituée une sphère autonome non seulement par rapport au
social et au politique mais par rapport à l’environnement qu’elle a démembré en « ressources
naturelles » et dont elle a pu ignorer les principes et la dynamique de régulation. Très tôt,
plusieurs économistes ont relevé le caractère problématique de cette scission qui rendait
l’économie aveugle aux limites des ressources naturelles et de la capacité d’autoépuration des
milieux récepteurs. Plusieurs travaux d’éminents économistes contemporains vont par la suite
15

révolutionner la pensée néoclassique sur les ressources de l’environnement et l’approche


orthodoxe de l’économie va donc s’éclater. On assistera, d’abord à l’avènement de l’Ecole des
droits de propriété selon laquelle la dégradation de l’environnement résulte d’une structure
inadéquate des droits de propriété relatifs à l’environnement. En d’autres termes, ce courant
prône la privatisation de l’environnement grâce à laquelle pourrait émerger une dynamique de
marché autorégulatrice aboutissant à un niveau optimal de pollution. Ensuite, l’Ecole
néoclassique radicale qui considère qu’il existe un niveau optimal de pollution que l’on peut
découvrir à partir des courbes d’offre et de demande obtenues grâce à un exercice de
marchandisation de l’environnement. La proposition néoclassique radicale prétend mettre en
place une dynamique de marché neutre et objective sur la base des coûts environnementaux
estimés à partir de cette dynamique fictive. Enfin, l’Ecole néoclassique appliquée qui prône
l’utilisation des instruments économiques dans les politiques publiques de protection de
l’environnement en s’appuyant sur les principes de pollueur-payeur ou d’utilisateur-payeur.
Selon cette école, le recours aux instruments économiques de protection de l’environnement est
motivé par la recherche d’une plus grande efficacité dans les politiques publiques pourvu qu’ils
soient aussi plus flexibles que la réglementation. Si ces approches économiques orthodoxes ont
pu apporter quelques propositions intéressantes pour mettre en évidence les liens possibles
entre l’analyse économique et la problématique environnementale, celles-ci n’ont que des
protées microéconomiques. Au plan macroéconomique, la question de la croissance est
fondamentalement orthogonale à la dégradation de l’environnement abordée en termes d’effets
externes (Godard, 1998). Il s’agit ici de montrer que la détermination de la croissance optimale
relève d’une problématique différente, celle de la répartition du revenu entre consommation et
épargne pour réaliser le taux optimal d’investissement. La mise en cause de la croissance
économique pour des raisons environnementales refléterait alors une erreur fondamentale dans
la caractérisation des problèmes. Les facteurs économiques ont aussi un rôle à jouer dans les
efforts d’internationalisation de la protection de l’environnement. Un État qui prend des
mesures pour protéger l’environnement doit évaluer les coûts croissants supportés par son
économie. Bien sûr, à long terme, les investissements engagés pour prévenir la pollution et
éliminer les polluants sont amortis, car il est extrêmement coûteux de réparer les dommages
causés aux ressources naturelles quand celles-ci ont été détériorées ou gaspillées, par exemple
d’assainir les rivières ou les nappes phréatiques, de réhabiliter les campagnes, ou de
réintroduire des espèces de la faune et de la flore sauvages. Cependant, c’est à court terme que
les dépenses sont faites. Que les coûts soient à la charge des producteurs ou des consommateurs
de services, ou directement supportés par les autorités publiques, l’économie nationale finit
16

toujours par en ressentir les conséquences, puisque les coûts sont répercutés sur les prix à
l’exportation des produits nationaux. Par conséquent, l’État qui protège son environnement
risque d’être pénalisé sur le marché international en étant désavantagé par rapport à ses
concurrents. Le problème de l’ «exportation de la pollution » est encore un autre aspect de
l’internationalisation des problèmes environnementaux exigeant la coopération et l’adoption de
normes communes. Il s’agit du transfert d’activités, d’installations ou de produits nuisibles à
l’environnement d’un pays où ils sont interdits ou réglementés vers un pays dont la législation
est moins restrictive : en pratique, ce sont souvent des pays en développement désirant attirer
des investissements étrangers qui acceptent le risque inhérent à de telles activités menées sur
leur territoire. Des catastrophes industrielles, comme celle de Bhopal, en Inde (1984), qui causa
la mort de 2500 personnes et fit des milliers de blessés, montrent combien le danger est réel.

3.2- Nécessité d’une conciliation entre la vision écologiste et la logique économique

Assurer le développement économique et protéger l’environnement sont des impératifs qui


contribuent tous les deux au relèvement du niveau de vie et à l’amélioration de la qualité de vie.
Malheureusement, les principaux acteurs de ces domaines s’opposent fréquemment. La logique
et les points de vue des économistes ne coïncident pas toujours avec ceux des écologistes,
défenseurs de l’environnement et de la nature. Des questions se posent alors pour tenter de
rapprocher des positions en apparence difficilement conciliables. Comment accorder des points
de vue antagonistes ? Comment rendre les débats plus utiles et plus démocratiques ? Comment
dépasser les controverses et les oppositions stériles ? Comment ouvrir le dialogue et organiser
la mise en œuvre d’actions positives ? Comment faciliter de meilleures relations, confiantes et
efficaces entre économie et écologie ? Tenter d’y répondre, c’est rechercher en même temps
des moyens d’analyse satisfaisant aux critères d’évaluation et de jugement admis par
l’ensemble des protagonistes de ces grands débats contemporains. En effet, dans le contexte
actuel, les questions d’environnement sont trop souvent traitées au cas par cas et à court terme,
dans une atmosphère conflictuelle, où des mesures, parfois contraires à l’intérêt général, sont
prises parce que l’opinion publique l’exige. Et c’est alors là que le fond est sacrifié à
l’apparence. Pour réunir l’économie et l’écologie dans un même modèle, il suffit de rapprocher
différentes disciplines, de découvrir par des descriptions de ce qui constitue et de ce qui
structure les écosystèmes, d’analyser la manière dont ces écosystèmes évoluent spontanément
selon les lois de la biologie, de la chimie, de la physique et autres sciences de la nature,
d’analyser également les effets d’interventions extérieures, notamment celles qui résultent
d’actions humaines, sur ces écosystèmes, on aboutit à ce qu’on appelle des « fonctions de
17

transfert » dont les arguments (les variables indépendantes) mesurent l’ampleur des
interventions sur le système, et les valeurs (les variables dépendantes) représentent des
caractéristiques des écosystèmes, telles qu’elles résultent des interventions en question. C’est
essentiellement sur la base d’une critique de cette perspective macroéconomique néoclassique
plutôt que sur une critique de la théorie des effets externes que s’est construit le courant de
l’économie écologique. Cherchant à corriger l’évolution historique ayant mené à la
sectorisation des disciplines, ce courant de pensée va jeter les bases d’une nouvelle discipline
issue à la fois de l’économie et de l’écologie. Mais plutôt que d’appréhender la réalité
écologique à travers l’outillage économique comme s’y emploient les courants néoclassiques
de l’économie de l’environnement, l’économie écologique a l’ambition de développer une
vision transdisciplinaire à laquelle contribuent tout autant l’écologie que l’économie. Nombre
de penseurs qui lui sont associés ont cherché à comprendre les incompatibilités existant entre
les systèmes économiques et écologiques dans le but de proposer l’arrimage environnemental
d’une économie désencastrée du système écologique. La pensée de l’économie écologique a été
développée depuis fort longtemps avant d’être aujourd’hui à la mode en s’inscrivant dans la loi
de l’entropie (thermodynamique) qui caractérise l’univers. Selon cette pensée, toute activité est
nécessairement destruction, mais cette destruction peut être créatrice à l’instar du soleil qui
permet la vie tout en perdant son énergie. Rejetant la conception néoclassique de l’équilibre
général calquée sur la physique newtonienne, Passet s’inspire des systèmes thermodynamiques
de Carnot et des théories du chaos pour penser la problématique actuelle comme un conflit
entre deux logiques qu’il s’agit d’articuler par « une gestion normative sous contrainte » : celle
de l’économie et du développement et celle de la coévolution naturelle et de ses régulations.

Section 4 : Consécration du droit à l’environnement et la promotion écologique

4.1- Le droit de l’homme à l’environnement

Le principe de participation à la gouvernance de l’environnement trouve son origine dans le


droit de l’homme à l’environnement, c’est-à-dire le droit à un environnement sain consacré
tant au niveau international que national. Le droit à l’environnement, contrairement à ce que
l’on pourrait croire d’emblée, ne ressort pas toujours expressément des textes internationaux
non conventionnels relatifs aux droits de l’homme. Ces textes ne l’appréhendent que de
manière implicite. C’est ainsi que la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme adoptée
par l’Assemblée Générale des Nations Unies le 10 décembre 1948 et d’autres instruments
relatifs aux droits de l’homme, en garantissant le droit à la qualité de la vie et le droit à la
18

santé, reconnaissent indirectement le droit à l’environnement. De même, le Rapport spécial


concernant les droits de l’homme et l’environnement, nommé en 1989 par la Sous-
commission des Nations Unies sur la prévention de la discrimination et la protection des
minorités, contient le Projet des principes sur les droits de l’homme et l’environnement. Ces
principes prévoient explicitement que « chacun a droit à un environnement sûr, sain, dans le
respect de l’écologie ». C’est par contre dans les instruments non obligatoires relatifs à
l’environnement que l’on dispose des références les plus nettes au droit à l’environnement. Le
droit à l’environnement apparait d’abord au niveau international dans la déclaration de
Stockholm sur l’environnement humain qui relie les droits de l’homme et la protection de
l’environnement. Il considère les droits de l’homme comme un but fondamental et protection
de l’environnement comme un moyen essentiel d’atteindre les « conditions adéquates » pour
garantir une vie dans « la dignité et le bien-être ». Le principe 1 dispose en effet que
« L’homme a un droit fondamental à la liberté, à l’égalité et à des conditions de vie
satisfaisantes, dans un environnement dont la qualité lui permette de vivre dans la dignité et le
bien-être. Il a le devoir solennel de protéger et d’améliorer l’environnement pour les
générations présentes et futures. Ce n’est pas un hasard si au niveau international, dans les
deux décennies qui ont suivies la conférence de Stockholm, il a été unanimement reconnu que
le principe 1 a été l’une des dispositions les plus largement citées de la Déclaration final de
Stockholm. La Déclaration de Rio de Janeiro s’avère à cet égard un recul en la matière en
consacrant seulement de manière implicite le droit à l’environnement. Elle dispose
timidement dans son principe 1 que « Les êtres humains ont droit à une vie saine et productive
en harmonie avec la nature ». De nos jours, aucun traité mondial sur les droits de l’homme ne
proclame le droit à l’environnement. Celui-ci est plutôt consacré au plan conventionnel par les
textes régionaux relatifs aux droits de l’homme. C’est ainsi que la Charte africaine des droits
de l’homme et des peuples du 28 juin 1981 dispose en son article 24 que « tous les peuples
ont droit à un environnement satisfaisant et global, propice à leur développement ». De même,
le Protocole additionnel à la Convention américaine des droits de l’homme relatif aux droits
bénéficier des équipements essentiels ». Depuis le début des années 90, de nombreux pays
reconnaissent le droit de l’homme à l’environnement dans leur constitution. Ces pays, par la
constitutionnalisation du droit à l’environnement ont joué en la matière le rôle de pionnier
même s’il faut reconnaître que la mise en œuvre effective de ce droit relève encore d’une
chimère. La constitution burkinabè du 11 juin 1991 contient de nombreuses références à
l’environnement et aux ressources naturelles. Elle évoque dans son Préambule, la prise de
conscience du peuple burkinabè quant à la nécessité de protéger l’environnement. Elle dispose
19

en son article 29 que « le droit à un environnement sain et reconnu ; la protection, la défense


et la protection de l’environnement sont un devoir pour tous ». La reconnaissance du droit à
l’environnement et l’obligation de défendre et protéger l’environnement induisent la
participation du public à la gestion de l’environnement. La reconnaissance du droit de
l’homme à l’environnement tant au niveau international que national n’a pas cependant suffi à
clarifier le contenu de ce droit. Pendant longtemps, la question s’était posée de savoir si le
droit à l’environnement était un droit subjectif, semblable dans sa nature et ses conséquences
à ceux qui l’ont précédé et dont la violation serait sanctionnée par un juge. Comme le note
Maurice Kamto, « L’hésitation est permise, car la mise en œuvre du droit à l’environnement
s’avère d’autant plus malaisée que son contenu est mal défini et paraît en tous cas trop
englobant, donc extrêmement large : il tend à recouvrir la plupart des droits économiques et
sociaux en plus des droits proprement écologiques. Certes, il existe quelques efforts de
définition plus ou moins élaborés sur le plan doctrinal. Mais la difficulté de cerner les
contours mouvants et ambigus de ce droit dont le contenu varie au gré des découvertes
scientifiques et en fonction des contextes socio-économiques demeurent… ». Au-delà de ces
incertitudes, le droit à l’environnement est encore beaucoup appréhendé comme un droit
procédural, pouvant être formulé comme le droit à la protection de l’environnement ». C’est
le droit reconnu au public d’être informé sur l’environnement, ses modifications potentielles,
la participation aux décisions pouvant affecter l’environnement et éventuellement, l’accès aux
voies de recours pour la réparation des dommages résultant de la violation de ce droit.

4.2- La promotion de l’intérêt général écologique

L’intérêt général est l’intérêt de la collectivité, locale ou nationale, distinct de l’intérêt des
individus qui la composent et consistant à la fois dans la somme et le dépassement des intérêts
individuels. Il a été pendant longtemps admis que la société civile, au niveau tant national
qu’international, joue un rôle de plus en plus important dans la promotion de l’intérêt général.
Si ce rôle de promotion de l’intérêt général a été pendant longtemps incombé aux autorités
publiques au regard de la nature de leur fonction et des prérogatives y afférentes, celles-ci ont
toujours tendance à opérer de manière technocratique en excluant les populations du
processus de décision sensé satisfaire la nécessité de l’intérêt général. Cette pratique a
contribué à éloigner progressivement les Etats des aspirations réelles de la population et à
créer ainsi un décalage entre l’intérêt général réel auquel aspirent les populations et l’intérêt
général tel que conduit par les autorités publiques incapables de percevoir les attentes
légitimes. Par ailleurs, lorsque la concentration est engagée entre les acteurs, le risque est
20

grand que le monde de l’industrie, aux ressources financières importantes, exerce de multiples
pressions pour imposer la prééminence des intérêts privés dans les choix nationaux, au
détriment du mouvement associatif. Si tant est que des échanges se déroulent entre acteurs
gouvernementaux et non gouvernementaux, les ONG n’ont cessé de faire remarquer que la
priorité est généralement donnée aux requêtes formulées par les acteurs privés, y compris en
particulier, les entreprises multinationales, dotées des ressources nécessaires peu entamé des
activités de lobbying. Par conséquent, en lieu et place de l’intérêt général, les politiques et
réglementation environnementales tendraient à satisfaire plus ouvertement les intérêts privés
d’acteurs économiques puissants et à ignorer ceux mis en avant par les représentants
associatifs. Dans un tel contexte marqué par le double risque de la confiscation de l’intérêt
général par une administration solitaire et par des intérêts privés, les organisations de la
société civile peuvent être une alternative à condition de les associer pleinement au processus
décisionnel. Il faudra cependant veiller à éviter que le mouvement associatif ne soit confisqué
par quelques associations et ONG puissantes et influentes. De même, les différences de
perception de l’intérêt général écologique et les luttes d’influence et de leadership entre les
différentes associations peuvent instaurer un climat de concurrence susceptible de nuire au
rôle de la société civile dans la promotion de l’intérêt général.
21

Chapitre 2 : LA REGLEMENTATION INTERNATIONALE SUR


L’ENVIRONNEMENT
Section 1 : Généralités sur les traités internationaux

Un instrument international est un texte international convenu dans le cadre d’une


organisation internationale ou à l’issue d’une conférence diplomatique, et contenant un
ensemble de règles et/ou de procédures visant à fixer des normes de comportement, créer des
droits ou des structures. Les instruments internationaux peuvent être conventionnels ou non
conventionnels. Les instruments conventionnels ont un caractère contraignant et créent des
droits et/ou des obligations pour les parties qui sont tenues de les mettre en œuvre de bonne
foi, sous peine d’une sanction internationale. Les instruments non conventionnels sont de
caractère non contraignant. Ils ne créent ni des droits, ni des obligations juridiques en tant que
tels, mais contiennent simplement des invitations, des exhortations à faire ou à ne pas faire
quelque chose et leur non respect n’est pas susceptible de sanction internationale. Ils peuvent
revêtir différentes appellations selon qu’ils soient obligatoires (traité, convention,
engagement, accord, protocole, mémorandum d’accord, échange de lettres) ou non
obligatoires (déclaration, charte, recommandation, directive, programme ou plan d’action).

1.1- Définitions et classification

Le traité est un accord international conclu par écrit entre États, ou entre un État et une
organisation internationale ou entre organisations internationales et régi par le droit
international. De fait, l’on distingue le traité au sens large et le traité au sens étroit ou
solennel, qui implique l’intervention formelle du Chef de l’État et la procédure de la
ratification. Les traités internationaux présentent les caractéristiques suivantes : l’existence
d’un document écrit ; un accord entre sujets de droit international car seuls les sujets de droit
international peuvent conclure des traités ; un accord ayant pour but de produire des effets de
droit ; un accord soumis au droit international car les traités se distinguent des conventions
domaniales, passées entre États ou avec une organisation internationale, qui sont régies par le
droit de l’État. Une convention, quant à elle, est un accord de volonté entre deux ou plusieurs
sujets de droit (privé ou public, national ou international), tendant à produire des effets de
droit et liant les parties. On distingue généralement plusieurs types de conventions
internationales. Selon le nombre d’Etats parties, on distingue les conventions bilatérales des
conventions multilatérales. Selon leur mode de conclusion, on distingue les conventions en
forme simplifiée, qui entrent en vigueur dès leur signature, des conventions en forme
22

solennelle, qui n’entrent en vigueur qu’après ratification par les parties. Un protocole, enfin,
est un accord international conclu entre deux ou plusieurs Etats et qui complète, précise ou
prolonge un accord précédent. Le nom n’a cependant que peu d’importance : l’élément
fondamental a trait au fait que les États impliqués veulent rendre le document obligatoire.
Notons toutefois que la différence fondamentale entre ces concepts est que le Traité a
généralement une portée générale tandis que la Convention porte le plus souvent sur un
domaine spécifique et que le Protocole quant à lui a un caractère plus technique.

1.2- Conclusion et entrée en vigueur

Les traités comportent généralement un préambule, qui explique les motivations des Parties
contractantes mais ne contient aucune règle obligatoire. Le préambule peut cependant être très
utile pour interpréter le traité. La partie principale du traité est composée de règles qui
définissent les obligations des Parties, les mesures d’application. Les règles spécifiques
relatives aux détails techniques sont souvent annexées aux traités internationaux dont les
règles principales font référence aux annexes. Les traités étaient autrefois généralement
négociés et conclus lors de conférences accueillies par un État. Cette procédure est encore
utilisée mais presque tous les traités multilatéraux sont aujourd’hui rédigés et adoptés dans le
cadre d’une organisation internationale, telle que les Nations Unies, le Conseil de l’Europe ou
l’Organisation de l’unité africaine. Les acteurs principaux de la négociation sont les
délégations nationales envoyées par les États ; elles se composent désormais non seulement de
responsables gouvernementaux mais aussi de scientifiques et même de représentants d’ONG.
Ceci est particulièrement important dans la négociation d’accords internationaux sur
l’environnement. La négociation prend fin avec l’adoption d’un texte. Ceci peut être un « acte
final » constatant l’adoption d’un traité et ajoutant des remerciements, des explications, des
commentaires, voire des déclarations ou des plans d’action qui ne sont pas obligatoires en tant
que tels, à moins que les Parties n’en décident autrement. Le texte du traité est signé
personnellement par les représentants des États nommés à cette fin par leur gouvernement
(représentants « plénipotentiaires »). Certains traités peuvent être signés non seulement lors de
la clôture des négociations, mais également par la suite, pendant une période déterminée. Au
terme de cette période, les États non contractants ne peuvent qu’adhérer ou accéder au traité,
en suivant une procédure généralement déterminée par le traité lui-même et qui peut prévoir
des conditions particulières telles que l’approbation de l’adhésion par les États qui l’ont déjà
signé. L’étape suivante de la procédure relève du droit interne. Elle est régie par les
constitutions nationales qui peuvent prévoir, selon les cas, que certains traités doivent être
23

ratifiés par le chef d’État après approbation du parlement national, ou que des catégories
déterminées de traités ne sont approuvées que par le chef d’État, sans être soumises au
parlement, ou tout simplement « acceptées » par l’exécutif. Dans certains pays, de tels traités
sont appelés « accords exécutifs ». La ratification ou l’approbation d’un traité est officialisée
par le gouvernement concerné qui envoie un « instrument de ratification » à l’autre Partie
contractante ou, pour les traités multilatéraux, c’est-à-dire quand il y a plus de deux Parties,
au gouvernement de l’une des Parties ou, de plus en plus souvent, au secrétariat d’une
organisation internationale que l’on nomme « Dépositaire ». Le Dépositaire centralise toutes
les communications liées aux actes concernant le traité, tels que les adhésions, les réserves,
l’entrée en vigueur, les modifications, etc., et fait circuler les informations qui y ont trait à
tous les États Parties. La date d’entrée en vigueur d’un traité est généralement déterminée par
le traité lui-même. Elle a généralement lieu après le dépôt des instruments de ratification ou,
quand les parties contractantes sont nombreuses, après le dépôt des instruments de ratification
par un nombre déterminé de Parties.
1.3- Caractère juridique et champs d’application
L’une des règles fondamentales du droit international est que les traités sont obligatoires pour
les Parties contractantes, qui ont le devoir de les appliquer de bonne foi. Ils ne sont pas
obligatoires pour les autres Etats ou organisations. Cependant, les traités peuvent produire des
effets pour des Etats qui n’y sont pas parties. Certains systèmes juridiques permettent que
certains traités soient exécutés entre les Parties contractantes sans autre procédure. Ce sont les
« traités auto exécutoires ». D’autres traités doivent être complétés par des actes particuliers,
tels que des lois ou des décrets, mais aussi des instructions sous une forme différente, qui
permettent aux autorités nationales d’appliquer leurs dispositions. Ces traités sont dits « non
auto exécutoires ». Les traités eux-mêmes peuvent prévoir qu’ils doivent être complétés.
Section 2 : Aperçu sur le droit international de l’environnement
Le droit international de l’environnement consiste aujourd’hui principalement en des règles
établies sous forme de traités. De nombreux traités – leur nombre est estimé à plus de 700 –
formulent de telles règles. Au moins 250 d’entre eux sont entièrement consacrés à la
protection de l’environnement, alors que d’autres ne contiennent que quelques dispositions
relatives à l’environnement.
2.1- Instruments juridiques
Un grand nombre de traités relatifs aux eaux frontalières – traités pour la plupart bilatéraux ou
adoptés par des États qui partagent une rivière ou un bassin fluvial – ne contiennent qu’une ou
quelques dispositions relatives à l’environnement. Parmi les importantes conventions
24

internationales ayant une portée mondiale, on peut mentionner, par exemple, la Convention
des Nations Unies sur le droit de la mer (1982) qui contient une partie sur la pollution marine
et une série d’articles sur d’autres problèmes environnementaux. Dans le traité de 1967 sur les
principes régissant les activités des États en matière d’exploration et d’utilisation de l’espace
extra-atmosphérique, y compris la Lune et les autres corps célestes, seul l’article IX a trait à
l’environnement : il a pour but de protéger la Terre de la pollution provenant de l’espace et à
protéger l’espace de la contamination. L’accord de Marrakech du 15 avril 1994 établissant
l’Organisation mondiale du commerce n’aborde la question de l’environnement que dans son
Préambule, en expliquant les motivations des Parties contractantes. D’après le Préambule, les
Parties tiennent compte « de l’utilisation optimale des ressources mondiales conformément
aux objectifs du développement durable, cherchant à la fois à protéger et préserver
l’environnement et à améliorer les moyens pour atteindre ce but ». Quasiment tous les traités
multilatéraux importants adoptés depuis la Conférence de Rio contiennent des principes plus
ou moins développés relatifs à la protection de l’environnement.
2.2- Portée juridique
De nombreux principes peuvent être observés dans les traités sur l’environnement. Certains
instruments sont mondiaux et contiennent des normes destinées à régir la communauté
internationale dans son ensemble. Toutefois, la plupart des traités sur l’environnement ont une
couverture régionale. La Commission économique des Nations Unies pour l’Europe, qui
compte pour membres tous les États européens, ainsi que le Canada et les États-Unis, a adopté
d’importants accords relatifs à la gestion et à la protection des ressources en eau ainsi qu’à la
pollution atmosphérique transfrontière à longue distance, tandis qu’une série de traités relatifs
à la protection de la mer dans différentes régions du monde était rédigée avec l’aide du
PNUE, un organe subsidiaire de l’Assemblée générale des Nations Unies. Il est aujourd’hui
possible d’affirmer qu’une réglementation internationale à portée mondiale a été établie dans
trois secteurs traditionnels de l’environnement : la mer, avec la Convention de Montego Bay
sur le droit de la mer (1982), les ressources naturelles, avec la Convention de Rio sur la
diversité biologique (1992) et la Convention de New York sur le droit relatif aux utilisations
des cours d’eau internationaux à des fins autres que la navigation. Dans les trois cas, on peut
considérer que les traités internationaux sur l’environnement préexistants, que ce soit au
niveau mondial ou régional, sont désormais intégrés dans des systèmes généraux.
2.3- Tendance actuelle
Au cours de ces trente dernières années, l’Union mondiale pour la nature a élaboré un Pacte
sur l’environnement et le développement qui devrait être soumis à l’Assemblée générale des
25

Nations Unies. Ces développements illustrent aussi une nouvelle tendance dans les techniques
du droit international qui est particulièrement importante pour le droit international de
l’environnement. Il s’agit de la technique des « conventions-cadres », selon laquelle une
convention à portée générale est adoptée : elle proclame des principes fondamentaux
susceptibles de rallier le plus grand nombre. Parallèlement, les Parties prévoient l’élaboration
d’autres accords appelés protocoles additionnels et qui contiennent des obligations plus
détaillées. Cette méthode a d’abord été utilisée dans des traités régionaux pour la protection
des différentes mers, le premier d’entre eux étant la Convention sur la protection de la mer
Méditerranée contre la pollution (1976). La Convention établit les principes fondamentaux
que les Parties contractantes doivent appliquer. Les règles détaillées sont contenues dans des
protocoles additionnels. Certains d’entre eux sont signés en même temps que l’instrument
principal, d’autres sont élaborés par la suite. Bien que toutes les Parties à l’instrument
principal ne soient pas nécessairement Parties à tous les protocoles, on peut parler de
véritables systèmes conventionnels. La technique du traité-cadre s’est généralisée depuis la
Convention de Genève de 1979 sur la pollution atmosphérique transfrontière à longue
distance. Cette Convention a montré qu’il est plus facile de parvenir à un consensus sur la
nécessité et les moyens d’agir que de parvenir à un accord sur les détails de l’action, qui se
veut très technique et entraîne parfois de lourdes conséquences économiques pour les Parties
contractantes. La Convention a créé une structure juridique pour les négociations ultérieures,
auxquelles pourront participer des scientifiques, des représentants des intérêts économiques et
de l’opinion publique. Les trente ans d’expérience acquise dans le domaine des traités
internationaux sur l’environnement montrent que de tels traités nécessitent l’établissement de
structures et d’institutions internationales particulières afin d’assurer leur bon fonctionnement
et de faciliter leur adaptation aux nouvelles situations ainsi que leur développement, surtout
dans le cas des traités-cadres. La solution la plus communément adoptée est la création par le
traité concerné d’une Conférence des Parties qui se réunit à intervalles réguliers et qui reçoit
le soutien d’un secrétariat permanent. Ces solutions, particulièrement caractéristiques des
traités portant sur l’environnement, sont relativement nouvelles en droit international.
Section 3 : Exemples d’instruments juridiques en matière d’environnement
Les sources juridiques sont les procédés par lesquels se réalisent la politique et du droit de
l’environnement. Ce sont les textes qui contiennent l’ensemble des règles et procédures et qui
déterminent les institutions pour la protection et la promotion de l’environnement et des
ressources naturelles. Elles sont de deux natures : les sources internationales et les sources
26

nationales. Les sources internationales sont celles issues de la communauté internationale ou


régionale. Elles ont un caractère soit conventionnel, soit non conventionnel.
3.1- Les instruments non conventionnels

Ce sont des textes non obligatoires adoptés par les Etats au sein des organisations
internationales notamment l’ONU. Bien que non obligatoires, ils ont une grande importance
du point de vue juridique qu’ils ont fortement inspiré les droits nationaux de l’environnement.
On distingue traditionnellement trois catégories : les déclarations (ou chartes), les
programmes (ou plans) d’action, les directives (ou recommandations).

3.1.1- Les déclarations ou les chartes

Les déclarations peuvent émaner soit d’organisations intergouvernementales, soit de grandes


conférences régionales ou universelles. Elles consacrent des principes faisant l’objet d’un
consensus au plan international et qui sous-tendent cette valeur commune qu’est la nécessite
de protéger l’environnement pour la survie de l’humanité. La Déclaration sur les forêts (Rio
de Janeiro, 1992) par exemple est un ensemble de principes non juridiquement contraignants
mais faisant autorité pour un consensus mondial sur la gestion, la conservation et
l’exploitation écologiquement viable de tous les types de forêts. La Déclaration des Nations
Unies sur l’environnement humain (Stockholm, 1972) affirme que « Les ressources naturelles
du globe comme l’air, l’eau, la terre, la flore, la faune et particulièrement les échantillons
représentatifs des écosystèmes naturels doivent être préservées dans l’intérêt des générations à
venir » et constituent de nouvelles valeurs sociales à protéger. La Charte Mondiale de la
nature (1982) affirme que : « Toute personne aura la possibilité, en conformité avec la
législation de son pays, de participer individuellement ou avec d’autres personnes, à
l’élaboration des décisions qui concernent directement son environnement et, au cas où celui-
ci subirait des dommages ou des dégradations, elle aura accès à des moyens de recours pour
en obtenir réparation ». La Déclaration de la conférence des Nations Unies sur
l’Environnement et le Développement (Rio, 1992) pose également les mêmes principes. En
effet, initialement destinée à être la Charte de la Terre, elle s’inscrit dans la suite de la
Déclaration de Stockholm dont elle fait référence. Son préambule insiste d’une part sur
l’interdépendance de tous sur la terre et d’autre part sur la nécessité du renouvellement des
rapports internationaux pour un partenariat mondial. C’est un appel à la solidarité
internationale pour faire face à la dégradation continue de l’environnement.

3.1.2- Les programmes ou les plans d’action


27

Les programmes d’action sont l’œuvre de conférences internationales. Ce sont des textes
internationaux qui s’adressent généralement à l’ensemble de la communauté internationale
(Etats, OIG, ONG). Ils contiennent les mesures à prendre au niveau approprié, les moyens de
leur mise en œuvre et les mécanismes de suivi et contrôle. Le Programme d’action des
nations unies sur l’environnement et le développement (Agenda 21 ou Action 21) adopté à
Rio de Janeiro en 1992 contient l’ensemble des mesures normatives, institutionnelles et
financières qu’il convient de prendre au plan national, régional et mondial pour mettre en
œuvre les principes de la Déclaration et assurer la sauvegarde de l’environnement.

3.1.3- Les recommandations ou les directives

Les recommandations/directives émanent des organisations internationales qui les adressent


aux Etats membres pour leur indiquer la façon dont ils doivent remplir leurs obligations dans
le cadre de l’organisation. Les Nations Unies ou des organisations comme l’OCDE le PNUE
adoptent régulièrement des principes directeurs ou des lignes directrices dans tel ou tel
domaine de l’environnement à l’adresse des Etats membres. Elles constituent une activité
importante des OIG notamment en matière environnementale. Elles jouent un rôle
d’incitation. Le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) a adopté une
Directive sous forme de principes de conduite dans le domaine de l’environnement pour
l’orientation des Etats en matière de conservation et d’utilisation harmonieuse des ressources
naturelles partagées entre deux ou plusieurs Etats (19 mai 1978). Le texte donne l’orientation
aux Etats pour la gestion des ressources naturelles partagées entre deux ou plusieurs Etats
(cours d’eau internationaux, espèces migratrices de la faune).

3.2- Les instruments conventionnels

Les conventions, contrairement aux instruments non conventionnels, sont obligatoires pour
les Etats dès lors qu’ils les ont signées et ratifiées. La constitution burkinabè dispose que les
conventions régulièrement ratifiées ont une force supérieure aux lois nationales.

3.2.1- Les conventions universelles ou mondiales

Ce sont les conventions qui concernent presque tous les Etats du monde. Elles sont le plus
souvent négociées dans le cadre des institutions multilatérales notamment l’ONU. Le Burkina
Faso est aujourd’hui lié par de nombreuses conventions multilatérales parce qu’il les a
ratifiées (une vingtaine). Mais trois (03) d’entre elles méritent une attention particulière.
28

A- La convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (Rio, 9
mai 1992)

Elle a été adoptée en réaction contre les menaces à l’environnement dues aux gaz à effet de
serre (notamment le CO2). L’objectif de la CCNUCC est de stabiliser les concentrations de
gaz à effet de serre dans l’atmosphère à un seuil limitant et prévenant les dangereuses
perturbations anthropiques climatiques. C’est dans le cadre de cette CCNUCC qu’a été
adoptée le 11 décembre 1997, le Protocole de Kyoto qui fixe des objectifs quantitatifs de
réduction des gaz (CO2) pour les différents pays sur la base de leurs émissions de 1990.

B- La Convention des Nations Unies sur la diversité biologique (Rio, 5 juin 1992)

Son objectif global est d’enrayer la perte de la diversité biologique constatée à travers le
monde, alors qu’elle est d’une importance fondamentale pour l’homme (alimentation,
médecine, habitat). Les causes de cette destruction sont entre autres, la pollution,
l’exploitation abusive, l’urbanisation anarchique. Les objectifs spécifiques sont au nombre de
trois : assurer la conservation de la diversité biologique, assurer le développement durable,
l’utilisation des ressources génétiques. Elle a été complétée par le Protocole de Cartagena sur
la prévention des risques biotechnologiques adoptée le 29 janvier 2000 à Montréal qui vise à
organiser les mouvements transfrontaliers des OGM et le protocole de Nagoya sur l'accès aux
ressources génétiques et le partage juste et équitable, des avantages résultant de leur
utilisation du 29 novembre 2010.

C- La convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification dans les pays
gravement touchés par la sécheresse et/ou la désertification, en particulier en
Afrique (Paris, 17 juin 1994).

La convention sur la désertification se donne pour objectif de lutter contre la désertification et


d’atténuer les effets de la sécheresse pour promouvoir le développement durable dans les pays
gravement touchés. Elle impose d’importantes obligations (cinq) aux pays touchés. Ceux-ci
doivent ainsi accorder la priorité voulue à la lutte contre la désertification et à l’atténuation de
la sécheresse, en y consacrant les ressources suffisantes en rapport avec leur situation et leurs
moyens. Ils doivent aussi établir des stratégies et des priorités, dans le cadre des plans ou
politiques de développement durable pour lutter contre la désertification ou atténuer ses effets.
A ce propos, la convention insiste sur l’élaboration de programmes d’action nationaux de lutte
29

contre la désertification qui pourront être appuyés par des programmes d’action sous
régionaux et régionaux et dont le contenu et la portée sont détaillées. Ils doivent également
s’attaquer véritablement aux causes profondes de la désertification en accordant une attention
particulière aux facteurs socio-économiques qui contribuent à ce phénomène. Ils doivent en
outre sensibiliser les populations locales, notamment les femmes et les jeunes et favoriser leur
participation à travers leur organisation non gouvernementale aux efforts de lutte contre la
désertification. Ils doivent enfin créer un environnement juridique approprié par l’adoption ou
le renforcement de législations pertinentes en la matière.

3.2.2- Les conventions régionales

Les conventions régionales sont celles qui ont été conclues au niveau du continent africain, le
plus souvent dans le cadre de l’Union Africaine. De multiples conventions ont également été
adoptées dans ce cadre. On peut retenir deux conventions régionales à titre d’exemple.

A- La convention d’Alger de 1968 sur la conservation de la nature et des ressources


naturelles

C’est l’une des premières conventions modernes de protection de la nature. Elle impose aux
Etats africains la constitution d’aires protégées au profit de la flore et de la faune ainsi que la
prise de mesures particulières pour les espèces menacées.

B- La Convention de Bamako de 1991 sur l’interdiction des mouvements


transfrontaliers de déchets dangereux en Afrique

Elle a été adoptée en réaction au phénomène du déversement anarchique des déchets


dangereux sur le continent africain, en provenance des pays industrialisés. Cette convention
interdit tout mouvement de déchets africains sur le continent aux fins de gestion
rationnellement écologique des déchets.

3.2.3- Les Conventions sous régionales

Ce sont les conventions qui ont été adoptées au niveau sous régional ouest africain et le plus
souvent dans le cadre des organisations d’intégration ouest africaines, notamment dans le
cadre de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ou dans
le cadre de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) ou encore dans le
cadre du Comité inter-états de lutte contre la sècheresse dans le sahel (CILSS).
30

A- Les Accords de la CEDEAO

Il contient un certain nombre de dispositions en matière de protection de ressources naturelles.


Par la suite, la CEDEAO adopté des instruments divers dans le domaine des ressources
naturelles. Dans le domaine particulier des ressources en eau, la conférence des chefs d’Etat et
du Gouvernement, a adopté dès 2000, un Plan d’Action Régional de la Gestion Intégrée des
Ressources en Eau en Afrique de l’Ouest (PARE/GIRE/AO). L’année suivante, elle a mis en
place le cadre institutionnel de la Gestion Intégrée des Ressources en Eau au niveau sous
régional. En effet, en 2001, il créait le Cadre Permanant de Coordination et de Suivi de la
Gestion Intégrée des Ressources en Eau en Afrique de l’Ouest (CPCS/GIRE/AO) dont la
mission est de promouvoir, coordonner et assurer la mise en œuvre d’une politique
communautaire en matière de GIRE. La CEDEAO est entrain de se doter d’un document
cadre de politique environnementale devant orienter les futures actions de l’institution dans ce
domaine.

B- Les Accords de l’UEMOA

Ce sont entre autres : le Règlement pour la protection de la couche d’ozone qui réglemente
l’entrée dans l’Union de produits contribuant à la détérioration de la couche d’ozone et ce,
conformément aux engagements internationaux pris par les Etats membres ; le règlement sur
la sécurité sanitaire des végétaux, des animaux et des aliments qui vise à prévenir les crises
sanitaires au sein de l’Union dans les trois domaines respectifs en réglementant les conditions
de circulation de ces produits et en mettant en place les mécanismes institutionnels à cet effet.

C- Les Accords du CILSS

Dans le domaine du droit de l’environnement, le Comité inter-états de lutte contre la


sècheresse dans le sahel (CILSS) a également pris de nombreuses initiatives en matière
conventionnelle. On peut citer : la Convention portant sur l’homologation des pesticides dans
le Sahel qui lie de nos jours les Etats membres. Cette convention détermine les règles et
procédures d’homologation des pesticides sur les Etats membres. Dans le cadre de la mise en
œuvre de cette convention, le CILSS dresse régulièrement la liste des pesticides autorisés
dans le sahel ; la Convention cadre instituant une réglementation commune en matière de
semences dans l’espace CILSS (Janvier 2006) et la Convention cadre instituant une
réglementation commune bio sécuritaire dans l’espace CILSS (Février 2006).
31

3.2.4- Les conventions bilatérales

Le Burkina Faso est lié par un certain nombre de conventions bilatérales conclues avec des
Etats voisins. On peut mentionner les conventions suivantes : l’Accord de lutte contre le
braconnage dans la république populaire du Benin et la République de Haute-Volta (12
juillet 1984) et étendu au Niger le 04 juillet 1986 ; l’Accord entre le Gouvernement du
Burkina Faso et le Gouvernement de la république du Mali sur la transhumance (18 juillet
1988) ; le Protocole d’accord portant création d’un cadre de concertation entre le Burkina
Faso et la République du Niger sur la transhumance transfrontalière (Tillabéri, 26 janvier
2003) ; l’Accord sur la mise en place d’un Comite Technique Conjoint sur la Gestion
Intégrée des Ressources en Eau (CTC-GIRE) entre le Ghana et le Burkina Faso (06
décembre 2005) ; l’Accord de coopération entre le Gouvernement du Burkina Faso et le
Gouvernement de la République du Ghana en matière de conservation des ressources
naturelles partagées (Accra, 10 juillet 2008).

Section 4 : Exemples de principes fondamentaux en matière d’environnement


Un principe désigne soit une règle ou une norme générale de caractère non juridique d’où
peuvent être déduites des normes juridiques (principe de souveraineté de l’Etat ; principe de
coopération) soit une règle juridique bien établie par un texte en termes généraux, destiné à
inspirer diverses applications et s’imposant avec une autorité supérieure. Les principes sont
apparus progressivement dans l’évolution du droit de l’environnement. Ils ont été consacrés
d’abord au niveau international avant de l’être au niveau interne. Les Déclarations et les
Programmes d’Action adoptés lors des grandes conférences internationales consacrées à
l’environnement ont joué un grand rôle dans ce sens. Les principes peuvent être classés en
trois catégories. Les principes applicables entre Etats qui visent à régir leurs rapports
respectifs, les principes applicables à l’intérieur des Etats et enfin les principes mixtes
susceptibles d’être appliqués aux précédents niveaux.

4.1- Le principe de développement durable

Le développement doit satisfaire les besoins des générations actuelles sans compromettre
ceux des générations à venir. Chaque génération doit transmettre aux autres, le « patrimoine
terre » dans un état au moins identique à celui dont elle a bénéficié. Il s’agit d’un
développement qui permet une utilisation rationnelle des ressources naturelles, tout en
32

préservant l’environnement. Le développement durable comporte la conciliation du


développement économique, la protection de l’environnement et le développement social.

4.2-Le principe pollueur-payeur

Il s’inscrit dans le cadre de la théorie économique de la nécessité de l’internalisation des coûts


c'est-à-dire de la prise en compte des coûts sociaux de la production industrielle. En effet,
pendant longtemps les coûts sociaux liés à la production étaient considérés comme des effets
externes, « des externalités ». Désormais, les agents économiques doivent supporter les coûts
sociaux et environnementaux de leur production. Utilisant et polluant les biens
environnementaux à des fins lucratives, les agents économiques doivent contribuer à la
protection de l’environnement. Il s’agit d’imputer au pollueur le coût social de la pollution
qu’il engendre. Le principe a été consacré par la Déclaration de Rio en ces termes : « Les
autorités nationales devraient s’efforcer de promouvoir l’internalisation des coûts de
protection de l’environnement et l’utilisation d’instruments économiques, en vertu d’un
principe selon lequel c’est le pollueur qui doit, en principe, assumer le coût de la pollution,
dans le souci de l’intérêt public et sans fausser le jeu du commerce international et de
l’investissement » (Principe 16). Il a été incorporé dans le droit burkinabè par le code de
l’environnement.

4.3. Le principe de participation et d’information

Participation et information sont intimement liées. Une participation efficace suppose une
participation en pleine connaissance de cause qui est elle-même tributaire de l’information
mise à la disposition du public. Les conditions d’accès du public à l’information, la qualité de
l’information fournie sont des facteurs essentiels d’une participation qualitative à l’action
environnementale. On ne peut participer efficacement à la prise de décision que si l’on est
bien informé. Le principe de participation et d’information n’est pas propre au domaine de
l’environnement. Il est un élément essentiel de toute démocratie participative visant à associer
le plus étroitement les citoyens à la décision. Mais le principe de participation et
d’information prend un relief particulier dans le domaine de l’environnement. Le fondement
du principe réside dans le caractère général de l’environnement et de la nature du patrimoine
national des ressources naturelles.

4.4. Le principe de prévention ou l’évaluation des risques environnementaux


33

Le principe de prévention traverse tout le droit de l’environnement. Plus que la répression ou


la réparation au moyen de l’indemnisation et de la remise en l’état au moyen de la
responsabilité civile et de la responsabilité internationale, la prévention demeure encore le
meilleur moyen de la protection et de la préservation de l’environnement. C’est pourquoi tant
au niveau national qu’international, les Etats s’efforcent d’assurer un droit suffisamment
préventif. Les raisons sont à la fois écologiques, juridiques et économiques. Les dommages
écologiques sont irréversibles car une espèce disparue de la faune et de la flore ne ressuscite
plus et la santé humaine peut être définitivement altérée. De même les procédures
d’identification du responsable de la pollution et des sanctions aux fins de la réparation sont
souvent si complexes qu’elles sont nécessairement longues et que les réparations
interviennent tardivement. Enfin, lorsque les dommages sont réparables, les coûts sont
extrêmement élevés sans que l’on soit certain de son efficacité. L’évaluation des risques
environnementaux peut s’effectuer tant au niveau national que transfrontalière. Elle s’opère
au moyen de l’étude d’impact environnemental.

4.5. Le principe de précaution ou l’anticipation des risques environnementaux

Malgré les progrès scientifiques et technologiques considérables et peut-être à cause de ceux-


ci, certains risques sont inconnus ou incertains en ce sens qu’ils ne peuvent être déterminés
avec précision (conséquences de la détérioration de la couche d’ozone, déchets radioactifs,
utilisation des OGM, etc.). Au regard du caractère irréversible de certains de ces risques, il
convient d’observer la plus grande prudence. C’est le principe de précaution tel que consacré
par la Déclaration de Rion en son Principe 5 : « Pour protéger l’environnement, des mesures
de précaution doivent être appliquées par les Etats selon leurs capacités. En cas de risque de
dommages graves ou irréversibles, l’absence de certitude scientifique absolue ne doit pas
servir de prétexte pour remettre à plus tard l’adoption des mesures effectives visant à prévenir
la dégradation de l’environnement ». En d’autres termes, face à l’incertitude et à la
controverse scientifique sur une activité donnée, deux attitudes sont possibles : soit s’abstenir
de mener l’activité, soit entourer l’opération à effectuer des garanties énormes en adoptant des
mesures de protection sévères à titre de précaution. Il faut surdimensionner la protection par
rapport au risque inconnu ou soupçonné. C’est pourquoi il est présenté aujourd’hui comme
l’un des principes révolutionnaires du droit de l’environnement. Observer le principe de
précaution peut contribuer à mettre en œuvre concrètement le droit des générations futures.
En effet, si les risques inconnus ou incertains devaient se réaliser, ce sera dans le long ou le
34

très long terme.

Chapitre 3 : L’ANALYSE DE QUELQUES TRAITES EN MATIERE


ENVIRONNEMENTALE
Section 1 : La protection de la diversité biologique

La Biodiversité ou diversité biologique est l’ensemble de la diversité des espèces végétales et


animales et de leurs caractères génétiques. On distingue généralement la biodiversité
spécifique, qui désigne la diversité des espèces, de la biodiversité génétique, qui concerne la
diversité au sein des espèces. La Biosphère est l’ensemble des écosystèmes de la planète,
comprenant tous les êtres vivants et leurs milieux. Elle correspond à la partie de l’écorce
terrestre et de l’atmosphère où il existe une vie organique. C'est la convention sur la diversité
biologique (CDB) qui en donne la définition suivante : « la variabilité des organismes vivants
de tout origine, y compris entre autres, les écosystèmes terrestres, marins et autres
écosystèmes aquatiques et les complexes écologiques dont ils font partie ; cela comprend la
diversité au sein des espèces et entre espèces ainsi que celle des écosystèmes ». La protection
de la diversité biologique peut se faire de façon globale ou de façon spécifique.

1.1- La protection globale par la CDB

La CDB est la convention la plus importante en termes de protection de la diversité


biologique (DB) parce qu'elle n'assure pas la protection de telle ou telle espèce mais organise
la protection de toutes les espèces, animales ou végétales en vue d'assurer la viabilité
génétique de la terre. En plus des espèces, elle protège les écosystèmes. La CDB poursuit trois
grands objectifs : La conservation de la diversité biologique (1), le développement durable
(2), les ressources génétiques (3). Elle consacre deux méthodes de conservation : la
conservation in situ et la conservation ex situ. La première consiste à favoriser la conservation
des espèces dans leur milieu naturel. Elle impose aux Etats de créer des zones protégées, la
remise en l'état et la restauration des écosystèmes dégradés, la reconstitution d'espèce
menacée de disparition, le contrôle des espèces exotiques de la faune et de la flore, etc. La
méthode de la conservation in situ doit être privilégiée car elle ne fait courir aucun risque aux
éléments constitutifs de la DB puisqu’elle s'opère dans leur milieu naturel. Mais souvent elle
35

s'avère impossible, dans ce cas il faut envisager la conservation ex situ. Celle-ci s'opère en
dehors du milieu naturel de l'espèce dans une autre zone sur le territoire national ou à
l'étranger. C'est une méthode complémentaire car elle fait courir des risques pour les espèces
locales ou les écosystèmes locaux. Elle doit s'opérer de préférence dans le pays d'origine des
espèces à conserver, les Etats doivent éviter que soient menacés les écosystèmes et les
populations in situ et il faut favoriser dès que possible la réintroduction de ces espèces dans
leur milieu naturel. L'utilisation durable de la Diversité Biologique est définie comme étant
« l'utilisation des éléments constitutifs de la DB, d'une manière et à un rythme qui n'entraine
pas leur appauvrissement à long terme et sauvegardant ainsi leur potentiel pour satisfaire les
besoins et les aspirations des générations présentes et future ». Pour parvenir à cette utilisation
durable, la convention demande aux Etats d'intégrer les considérations relatives à l'utilisation
durable dans le processus décisionnel national ou encore de favoriser l'usage coutumier des
ressources biologiques conformément aux pratiques culturelles et conventionnelles. L'accès
équitable aux ressources génétiques et le partage des bénéfices résultant de leur exploitation
est le troisième élément. A partir de 1992, la CBD a mis fin au régime de libre accès aux
ressources génétiques et consacré le droit de ces pays à bénéficier d'une partie des ressources
financières résultant de l'exploitation commerciale des ressources génétiques prélevées sur
leur territoire. Il eut deux protocoles adoptés par la suite pour compléter la CDB : le protocole
de Nagoya sur l'accès aux ressources génétiques et le partage juste et équitable, des avantages
résultant de leur utilisation du 29 novembre 2010 et le protocole de Cartagena sur la
prévention des risques biotechnologiques du 29 janvier 2000.

1.2- La protection de la DB par des conventions spécifiques


A- La convention sur la protection des zones humides

Les zones humides sont d'une grande importance non seulement pour les services qu'elles
rendent aux hommes mais aussi en tant qu’habitat de nombreuses espèces de la diversité
biologique. Malgré cette importance, ces zones sont menacées par l'homme (ex: assèchement
des zones humides pour des activités socioéconomiques ou encore pollution de ces zones
humides). C'est donc pour faire face à ces menaces que la communauté internationale a
élaboré le 2 février 1971 la convention relative aux zones humides d'importance internationale
particulièrement comme habitats des oiseaux d'eaux encore appelée convention Ramsar. Cette
convention met un certain nombre d'obligations à la charge des Etats : (1) Chaque Etat doit
designer au moment de son adhésion à la convention au moins une zone humide d'importance
internationale à inscrire sur la Liste Ramsar ou encore la Liste des zones humides
36

d'importance internationale. Le choix de la zone humide à inscrire doit être fondé sur son
importance internationale du point de vue écologique et surtout, ayant une importance
particulière pour les oiseaux d'eaux douces. Les Etats peuvent inscrire par la suite d'autres
zones humides sur la Liste Ramsar, peuvent également étendre les limites d'une zone humide
déjà inscrite mais ils ne peuvent réduire l'étendue d'une zone humide déjà inscrite que lorsque
cela est justifié par des « raisons pressentes d'intérêt nationale ». Dans ce cas, il y a obligation
de compenser toute perte de zones humides inscrites par la création et l'inscription de
nouvelles zones humides. Il importe de noter que l'inscription d'un ZH sur la Liste Ramsar est
sans préjudice des droits exclusifs de souveraineté de l'Etat sur cette zone, c'est-à-dire que
cette zone humide continue de relever de la souveraineté exclusive des l'Etat mais la
communauté internationale a un droit de regard sur la gestion de cette ZH inscrite. A son
adhésion au droit Ramsar, le Burkina Faso a inscrit trois zones humides à savoir la mare aux
hippopotames de Bala d'une superficie de 19200 hectares pour une mare de 660 hectares, la
mare d'Oursi avec une superficie de 1250 hectares et le parc National du W. Par la suite, le
Burkina Faso a inscrit douze autres zones sur la Liste Ramsar. (2) Obligation de conservation
durable de la Zone Humide Inscrite par la prévention des dégradations de cet écosystème.
Pour cela, la convention impose aux Etats d'élaborer et d'appliquer des plans d'aménagement
pour chaque zone humide inscrite, mais également de créer des réserves naturelles dans ces
zones humides. Les Etats doivent informer le secrétariat de la convention des modifications
des caractéristiques écologiques de la ZH qui se sont produites, ou sont en train de se produire
ou sont susceptibles de se produire. En contrepartie de ces obligations, les Etats peuvent
obtenir des financements pour la gestion durable d'une zone humide à travers le fonds
Ramsar. Les Zones Humides inscrites sur la Liste Ramsar et dégradées sont inscrites sur la
Liste de Montreux. L'inscription des ZH sur la Liste Ramsar a connu un grand succès dans le
monde. En 2009 on dénombrait 1400 ZH inscrites représentant plus de 120 millions
d'hectares.

B- La convention de lutte contre la désertification (CCD)

Elle a été adoptée le 17 juin 1994 à Paris mais elle fait partie des conventions de Rio. La
désertification est définie comme la dégradation des terres dans les zones arides, semi arides
et subhumides sèches par suite de divers facteurs parmi lesquels, les variations climatiques et
les activités humaines alors que la sécheresse est définie comme le phénomène naturel qui se
produit lorsque les précipitions ont été sensiblement inférieures au niveau normalement
enregistré. Désertification et sécheresse constituent des menaces pour les Etats qui sont
37

affectés en raison de leurs conséquences néfastes sur l'homme et l'environnement (érosion et


disparition des sols, disparition du couvert végétale, disparition des espaces aquatiques,
appauvrissement de la diversité biologique, baisse des productions agricoles et animales,
famine, etc. C'est au regard de ces conséquences que fut élaborer la convention des Nations
Unies sur la lutte contre la désertification dans les pays gravement touchés par la sécheresse
et/ou la désertification, en particulier en Afrique. L'objectif de la CCD, c'est de lutter contre la
désertification et d'atténuer les effets de la sécheresse. Elle impose surtout des obligations aux
pays touchés par la désertification : (1) Accorder la priorité voulue à lutte contre la
désertification en y consacrant les ressources suffisantes. (2) Etablir des stratégies et des
priorités de lutte contre la désertification, notamment l'élaboration de programmes d'actions
nationaux de lutte contre la désertification. (3) S'attaquer véritablement aux causes profondes
de la désertification en accordant une attention particulière aux facteurs sociaux et
économiques. Ensuite, ils doivent sensibiliser les populations locales, notamment les femmes
et les jeunes ainsi que les associations et ONG aux efforts de lutte contre la désertification. (4)
Créer un environnement juridique approprié par l'élaboration de lois en la matière.

C- La convention sur le commerce international des espèces menacées de disparition

Certaines espèces de la faune et de la flore sont menacées de disparition parce qu'elles font
l'objet de commerce international. C'est pour faire face à ce phénomène que fut adopté la
convention sur le commerce international des espèces de la faune et de la flore sauvage
menacée d'extinction, signé le 3 mars 1973 à Washington. La convention de Washington
procède à la protection des espèces menacées par la méthode des listes. L'article 2 définit trois
listes sous forme d'annexe. L'annexe 1 comprend la liste des espèces gravement menacées
d'extinction. Le commerce international de ces espèces est prohibé sauf dans les circonstances
exceptionnelles. Dans les cas de circonstances exceptionnelles, le commerce de ces espèces,
qu'il s'agisse de l'importation ou de l'exportation est conditionné à l'obtention préalable d'un
permis d'exportation ou d'importation. Une autorité scientifique doit attester que l'exportation
ne nuit pas à la survie de l'espèce. Un organe de gestion de l'Etat d'exportation doit attester
que le spécimen n'a pas été obtenu en violation des lois nationales. L'annexe 2 comporte la
liste des espèces vulnérables, c'est-à-dire des espèces bien que n'étant pas menacées
actuellement d'extinction pourrait le devenir si le commerce de ces spécimens n'est pas
strictement encadré. Le commerce international de ces espèces est libre mais il reste soumis à
certaines conditions déterminées par la convention. Quant à l'annexe 3, elle comporte la liste
des espèces qu'un Etat partie estime menacées sur son territoire, cet Etat pourrait bénéficier de
38

l'assistance des autres Etats parties à la convention. En janvier 2008, 5000 espèces animales et
28000 espèces végétales étaient protégées par la CITES (Convention on International Trade
of Extinced Species).

D- La convention pour la protection du patrimoine mondial culturel et naturel

Les Etats abritent sur leur territoire de nombreux biens et patrimoines, et certains biens tout en
étant situés sur le territoire d'un Etat donné ont une importance qui va au delà du pays
concerné. Ce sont les biens du patrimoine mondial. Ils peuvent être culturels et/ou naturels.
C'est pour protéger ces biens du patrimoine mondial que fut adopté sous les hospices de
l'UNESCO, la convention relative à la protection du patrimoine mondial culturel et naturel du
16 novembre 1972. Elle impose un certain nombre d'obligations aux Etats, à savoir: assurer
l'identification, la protection, la conservation et la mise en valeur des éléments du patrimoine
mondial situé sur leur territoire ; promouvoir les biens du patrimoine mondial sur leur
territoire, c’est-à-dire les intégrer dans les programmes de qualification, créer des services
publics de protection de ce patrimoine, accorder les ressources financières nécessaires à cette
protection, entreprendre les études et recherches scientifiques. Tout Etat peut inscrire un bien
du patrimoine sur la Liste du patrimoine mondial culturel et naturel. En contrepartie, les Etats
peuvent recevoir une assistance technique et financière à travers le Fonds pour le patrimoine
mondial.

E- Les autres conventions de protection de la diversité biologique

On peut citer : Convention internationale pour la réglementation de la chasse à la baleine de


1986; Convention de Bonn du 23 juin 1999 sur la conservation des espèces migratrices
appartenant à la faune sauvage : Convention de Berne du 19 septembre 1979 relative à la
conservation de la vie sauvage et au milieu naturel de l'Europe, Convention Internationale de
Rome du 6 décembre 1951 relative à la protection des végétaux, Convention Africaine
d’Alger de 1968 (modifiée le 11 juillet 2003) sur le conservation de la nature et des ressources
naturelles.

Section 2 : La lutte contre les changements climatiques

C'est au milieu des années 80 que la communauté scientifique a établi un lien entre le
réchauffement climatique et les gaz à effet de serre (GES).

2.1- La lutte contre les changements climatiques par la protection de la couche d’ozone
39

La communauté internationale a très vite matérialisé la prise de conscience sur la détérioration


de la couche d’ozone à travers l’adoption de la Convention de Vienne du 22 mars 1985
relative à la protection de la couche d’ozone. Cette convention sera complétée deux ans plus
tard par le Protocole de Montréal du 16 septembre 1987 relatif à des substances qui
appauvrissent la couche d’ozone amendé successivement à Londres le 29 juin 1990 et à
Copenhague le 25 novembre 1992. En 1988 fut créé le GIEC (le Groupe Intergouvernemental
d'Experts sur l'évolution du Climat) dont la mission était d'apporter une réponse scientifique à
la question des changements climatiques afin d'orienter les décideurs. Mais c’est
véritablement au début des années 1990 que la mobilisation générale va se concrétiser même
si les résultats sont quelque peu mitigés. En 1992 fut adoptée la convention cadre des nations
unies sur les changements climatiques comme première réponse internationale à la question
des changements climatiques. L'objectif de cette formation, c'est de limiter les concentrations
de gaz à effet de serre dans l'atmosphère à un niveau qui n'entraine pas de perturbations
dangereuses du système climatique. En tant que convention cadre, celle-ci comprenait très
peu d'engagements, il était simplement demandé aux Etats d'échanger des informations et des
données sur les gaz à effet de serre, l'établissement d'inventaires nationaux de gaz à effet de
serre, la disponibilité de chaque Etat à approfondir la réflexion sur le phénomène et à
participer au processus futur au sein de l'ONU. Cinq ans plus tard, sera adopté le protocole de
Kyoto (1997) qui définit pour la première fois des objectifs quantitatifs de réduction de GES
mais uniquement pour les pays industrialisés. Ces derniers doivent opérer une réduction
d'environ 5% de leur émission de CO2 par rapport au niveau de l'année 90 et durant toute la
période d'engagement du protocole de Kyoto, c'est-à-dire 2008-2012. Le protocole de Kyoto a
établi quelques mécanismes novateurs pour aider les pays industrialisés à s'acquitter de leur
obligation. Il s'agit en premier lieu des mécanismes de développement propre qui permet à un
pays industrialisé d'exécuter dans un pays en développement des activités sous forme de
projet concourant à la réduction des gaz à effet de serre et qui se traduiraient par des
réductions d'émissions certifiées et en second lieu, la création de marchés ou de bourses de
pollutions permettant aux acteurs d'échanger des titres de pollution en achetant ou en vendant
de telles titres. Le protocole de Kyoto était prévu pour prendre fin le 31 décembre 2012 et un
autre accord international devrait prendre sa relève à partir du 1 er janvier 2013. Les préparatifs
de ce nouvel accord ont commencé en 2007 à la 13ème conférence des parties de la convention
des nations unies sur les changements climatiques tenue à Bali en décembre 2007. Cette
conférence a adopté la Feuille de route de Bali et a lancé les négociations sur le futur régime
climatique qui devrait normalement aboutir en 2009 à Copenhague à l'adoption du nouvel
40

accord international. Les principaux thèmes des négociations inclus dans la Feuille de route
de Bali étaient au nombre de 4. D'abord, l'adaptation aux changements climatiques. Le
nouvel accord devrait renforcer la coopération internationale ou soutenir la mise en œuvre
urgente des actions d'adaptation, par exemple l’évaluation de la vulnérabilité de chaque Etat,
de sa capacité de résilience, priorisation des actions a entreprendre, évaluation des capacités
financières. Les besoins des pays en développement et particulièrement des PMA (pays les
moins avancés), les petits Etats insulaires et les pays Africains devraient se voir accorder une
attention particulière. Ensuite, la réduction des émissions de gaz à effet de serre. La
conférence a souligné l'urgence de cette réduction en se basant sur le rapport du GIEC. Aussi,
le transfert de technologie, notamment des pays industrialisés vers les pays en développement
à travers l'échange de d'informations sur le phénomène mais également sur les mesures
d'adaptation. Enfin, les mécanismes financiers. L'accord permettra de mettre en place un fond
d'adaptation aux changements climatiques, surtout au bénéfice des pays en développement,
300 à 500 milliards de dollars selon l'ONU. Deux ans plus tard, se tenait la conférence de
Copenhague qui devait permettre d'adopter le nouvel accord mais ce fut un échec. Cependant,
les Etats se sont mis d'accord pour maintenir le réchauffement global sous la barre des 2°C et
se sont également mis d'accord pour créer un fond vert pour le climat doté de 30 milliards de
dollars qui devrait atteindre 100 milliards en 2020. Suite à l'échec de Copenhague, des
conférences se sont tenues par la suite mais sans succès.

2.2- La lutte contre les changements climatiques par la réduction des gaz à effet de
serre

Le GIEC a été créé par l’Organisation météorologique mondiale et le Programme des Nations
Unies pour l’environnement en vue de présenter clairement l’état des connaissances relatives
au changement climatique et ses répercussions possibles dans la sphère environnementale et
socio-économique. Pour ce faire, le GIEC examine et évalue les données scientifiques,
techniques et socio-économiques les plus récentes publiées dans le monde entier qui sont
utiles à une bonne compréhension des changements climatiques. Il indique aux décideurs ce
que l’on sait sur le phénomène, ce que l’on ne sait pas et ce qu’il est possible de faire. Le
GIEC est un partenariat sans équivalent entre les gouvernements qui en sont membres et les
milieux scientifiques qui procèdent aux évaluations. Il a pour principe fondamental d’établir
des rapports qui sont susceptibles d’orienter les politiques sans pour autant préconiser de
choix précis.
41

2.2.1- Le GIEC et la CCNUCC

La pertinence des travaux du GIEC pour l’élaboration des politiques est notamment attestée
par la consultation de ses rapports pendant les négociations internationales sur le climat, telle
la Conférence des Parties (COP) à la Convention-cadre des Nations Unies sur les
changements climatiques (CCNUCC). Comme l’indique le site Web de la Convention, les
informations présentées dans les rapports du GIEC servent de référence quand la Conférence
des Parties prend des décisions de nature scientifique. Le GIEC collabore étroitement avec
l’Organe subsidiaire de conseil scientifique et technologique (SBSTA) puisque les travaux de
la CCNUCC reposent sur la science. Il a présenté à ce dernier les conclusions de son
cinquième Rapport d’évaluation paru récemment. Il a également participé à l’initiative de
dialogue structuré entre experts et à l’initiative de dialogue sur la recherche qui ont donné aux
négociateurs une compréhension poussée des questions scientifiques et ont facilité les
délibérations qui devaient aboutir à l’Accord de Paris.

2.2.2- Le GIEC et l’Accord de Paris

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) procure aux


décideurs des informations scientifiques sur le changement climatique. Il a été pour beaucoup
dans l’élaboration de l’Accord de Paris visant à combattre le réchauffement planétaire. À son
tour, l’Accord aura une incidence prononcée sur les travaux du GIEC. Nous nous intéressons
ici à ses prolongements et à l’action engagée par le GIEC pour favoriser sa mise en œuvre. Le
GIEC est mentionné à plusieurs reprises dans l’Accord de Paris qui a été adopté en décembre
dernier lors de la COP 21. L’Accord vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre de
manière à contenir l’élévation de la température moyenne de la planète nettement en dessous
de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels, en s’efforçant de limiter la hausse à 1,5 °C.
L’objectif sera atteint grâce aux mesures annoncées par chaque pays – appelées contributions
déterminées au niveau national – qui feront l’objet d’un examen périodique. Chaque Partie
doit fournir régulièrement des informations sur ses émissions anthropiques par les sources et
ses absorptions anthropiques par les puits de gaz à effet de serre, selon les méthodes adoptées
par le GIEC et convenues par la COP. Le GIEC a donc décidé en avril, à sa quarante-
troisième session, d’affiner et d’actualiser les méthodes en question d’ici à mai 2019 afin de
donner une solide base scientifique à l’action internationale qui sera engagée en faveur du
climat, au titre notamment de l’Accord de Paris.
42

Section 3 : La lutte contre les mouvements transfrontaliers des déchets dangereux

Les sociétés industrielles ont généré beaucoup de déchets et certains de ces déchets sont
particulièrement dangereux pour la santé humaine et l'environnement. A partir des années 80,
certains producteurs de déchets ont décidé d'exporter ces déchets vers d'autres pays, soit pour
les éliminer, soit pour les stocker, soit pour les recycler. C'est ainsi qu’à partir des années 80,
on a assisté à des mouvements transfrontaliers illicites de déchets dangereux qui ont
particulièrement affecté les pays africains et qui risquaient de faire de ce continent la
« poubelle » des pays riches. C'est pour donc réagir à ce phénomène et pour mieux l'organiser
que fut conclue en 1989 la convention de Bâle sur le contrôle des mouvements transfrontaliers
des déchets dangereux et de leur élimination. La Convention de Bamako conclue en 1991
renforcera davantage les positions africaines sur cette question.

3.1- La Convention de Bâle 1989

Elle définit les déchets comme des « substances ou objets qu'on élimine, qu'on a l'intention
d'éliminer ou qu'on est tenu d'éliminer en vertu des dispositions du droit national ». La
convention pose un certain nombre de principes : la gestion écologiquement rationnelle des
déchets dangereux, c'est-à-dire de manière à ne pas causer des dommages à l'environnement
ou à la santé humaine ; la réduction de la production de déchet dangereux à défaut d'obtenir la
pollution zéro ; l'élimination des déchets le plus près possible de leur source d'émission pour
éviter les voyages internationaux ; la réduction au maximum possible des mouvements
transfrontaliers des déchets dangereux. La convention de Bâle définit les obligations des
parties, notamment les procédures liées aux mouvements transfrontaliers des mouvements
dangereux et institue les organes et institutions de sa mise en œuvre. Tout Etat peut interdire
l'importation de déchets étrangers dangereux sur son territoire. En cas de mouvements
transfrontaliers de déchets dangereux, l'autorité compétente de l'Etat d'exportation doit notifier
à celle de l'Etat d'importation l'éminence d'un mouvement transfrontalier. L'autorité
compétente de l'Etat d'importation doit accuser réception de la notification en indiquant sa
décision et en aucun cas, aucun mouvement transfrontalier ne peut être entamé avant
réception de l'autorisation écrite. En cas de transit, l'autorisation des Etats de transit est
requise. La notification doit contenir un certain nombre de renseignements spécifiés à
l'annexe 5 de la convention. Un document doit accompagner tout mouvement transfrontalier
43

avec les informations requises. Tout mouvement transfrontalier entamé et qui ne peut être
mené à bien, emporte l'obligation de réimportation de déchets dans le pays d'origine. Les
mouvements transfrontaliers illicites de déchets dangereux font l'objet de sanctions pénales et
les Etats sont invités à adopté de telles sanctions. Ces sanctions peuvent être appliquées au
producteur, au transporteur, à l'exportateur, à l'éliminateur.

3.2- La Convention de Bamako de 1991

En réaction à la convention de Bâle qui n'interdit pas mais organise des mouvements
transfrontaliers des déchets dangereux, les Etat africains ont adopté deux ans après en 1991 la
convention de Bamako sur les mouvements des déchets dangereux. Celle-ci comporte deux
grands éléments : elle interdit toute importation de déchets extra africain sur le continent d'une
part et organise les mouvements transfrontaliers intra africain sur le modèle de la convention
de Bâle.

Section 4 : La gestion des ressources en eaux partagées

L’eau est une ressource qui est apparemment à la fois rare et limitée. En fait, l’eau est
abondante mais inégalement répartie sur la surface de la terre et elle n’a pas toujours la qualité
requise. pour les emplois qui en réclament l’usage. Sensible aux facteurs extérieurs et à la
dégradation de l’environnement, l’eau est coûteuse à maîtriser et à mettre en valeur. Elle
devient plus précieuse à mesure que se multiplient les utilisations concurrentes. C'est pour
prévenir ces conflits que les conventions internationales ont été adoptées dont la Convention
de new York sur le droit relatif à l'utilisation des cours d'eaux internationaux à des fins autres
que la navigation.

4.1- La nécessité d’une gestion intégrée des ressources eaux

Aujourd’hui, la pénurie d’eau menace des facteurs essentiels à la sécurité de la vie humaine :
production alimentaire, santé de l’environnement aquatique et terrestre, stabilité sociale et
politique. En effet, tous les secteurs de l’économie sont tributaires de l’eau :
l’approvisionnement en eau potable des populations, l’agriculture, l’élevage, la pêche, la
production électrique, la production industrielle et minière, le tourisme, l’environnement, la
navigation, la construction, etc. sont donc en cause les besoins vitaux des hommes et leurs
activités économiques. Sont également concernés la protection de l’environnement,
44

l’aménagement du territoire, etc. Par conséquent, la gestion intégrée et concertée des


ressources en eau devient indispensable et constitue désormais un enjeu majeur de l’avenir qui
interpelle toutes les nations et même l’ensemble de la communauté internationale. L’eau doit
faire l’objet d’une gestion rationnelle et d’un contrôle efficient par les pouvoirs publics, afin
d’assurer son utilisation durable et sa répartition équitable entre les usagers. Les ressources en
eau partagée font partie des ressources naturelles partagées, à savoir les espèces migratrices
de la faune, les aires protégés et transfrontières. Les ressources en eaux partagées comportent
trois catégories, à savoir les cours d'eaux internationaux, les lacs internationaux et les
aquifères transfrontaliers. De par leur nature, elles sont à l'origine de nombreux conflits
interétatiques parce que les Etats se disputent l'utilisation de ces eaux. Globalement, sur la
planète, la demande en eau va croissant sous l'effet de la démographie galopante et de
l'élévation du niveau de vie alors que les ressources diminuent à cause des activités de
l'homme qui ont gravement perturbé le cycle de l'eau et altéré les régimes hydrologiques.
Conscients de l'urgence de la situation, les institutions internationales, les Etats, les
associations et mouvements sociaux se sont engagés depuis plusieurs années pour initier ou
mettre en œuvre des politiques de l'eau plus rationnelles et plus équitables. La gestion des
ressources en eau est donc un des principaux enjeux qui interpelle toute la communauté
nationale. Aussi, dans la Déclaration du Millénaire, les Nations Unies ont-elles demandé à
tous les Etats membres de « mettre fin à l'exploitation irrationnelle des ressources en eau, en
formulant des stratégies de gestion de l'eau aux niveaux régional et local, permettant
notamment d'assurer aussi bien un accès équitable qu'un approvisionnement adéquat ». De ce
fait, la gestion rationnelle des ressources en eau est devenue une des principales
préoccupations de la plupart des gouvernements du monde et de certains organismes privés en
vue d'assurer une bonne qualité de vie sur notre planète et un bon développement économique
de nos sociétés. Néanmoins, pour espérer s'engager dans la voie du développement durable, la
prise en compte du secteur hydrologique s'avère très indispensable du fait de la place
prépondérante qu'occupe ce secteur dans la vie économique.

4.2- Les instruments juridiques de la gestion des ressources en eaux internationales

Au titre des principes du droit international, il importe de relever les conventions


internationales qui contiennent des dispositions concernant l’eau. Il s’agit de : la Convention
Africaine pour la Conservation de la Nature et des Ressources Naturelles signée à Alger le 15
septembre 1968 ; la Convention de Ramsar du 02 février 1971 relative aux zones humides
d’importance internationale particulièrement comme habitats des oiseaux d’eau ; le Traité
45

d’Abuja du 3 juin 1991 instituant la Communauté Economique Africaine ; la Convention


Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques ; la Convention de Rio de Janeiro
du 5 juin 1992 sur la diversité biologique ; la Convention de Paris du 17 juin 1994 sur la lutte
contre la désertification dans les pays gravement touchés par la sécheresse et / ou la
désertification, en particulier en Afrique. Le Comité directeur de la DEPA (Décennie pour
l’Eau Potable et l’assainissement) et le PNUD (Programme des Nations Unies pour le
développement), organisent la Consultation mondiale sur l'eau potable et l'assainissement à
laquelle participent 155 pays à New Delhi (Inde) en Septembre 1990. Cette conférence prend
acte de l'impossibilité de couvrir les besoins en eau de toute la population s'il n'y a pas de
participation financière des usagers. L'eau ne peut plus être considérée comme un bien gratuit.
L'eau a un coût économique et social. Les usagers doivent participer financièrement à ce
service. Cette conférence met en place un programme "Eau salubre 2000" dont l'objectif est
de permettre un accès à l'eau potable pour tous à l'aube du troisième millénaire. La conférence
internationale sur l’eau et l’environnement de Dublin (Irlande) s’est tenue le 26 janvier 1992
sous le constat suivant : « la situation mondiale de l’eau est un danger, l’eau douce est rare et
son emploi doit se faire avec considération ». Ce constat a fait l’objet du chapitre 18 de
l’agenda 21 établi lors du sommet de Rio : « protection des ressources et de leur qualité ;
application d’approche intégrée de la mise en valeur de la gestion et de l’utilisation des
ressources en eau ». Cette conférence a réuni plus de 120 participants de tous les pays et de 80
ONG. C’est sous le thème « vision pour l’eau, vie et environnement » que s’est tenu le
premier forum mondial de l’eau du 20 au 25 mars 1997 à Marrakech au Maroc. Les première
et deuxième sessions ont porté respectivement sur les thèmes : « perspectives sur l’eau dans le
monde » et « vers une vision à long terme pour tenter de trouver des solutions au problème de
l’eau dans le monde ». La Conférence de Ouagadougou sur la gestion de l’eau au tout début
du XXème siècle a d’abord adopté dès l’année 2000, un Plan d’Action Régional de la Gestion
Intégrée des Ressources en Eau en Afrique de l’Ouest (PARE/GIRE/AO). Par ailleurs,
l’année suivante le sommet crée le Cadre Permanent de le Coordination et de Suivi de la
Gestion Intégrée des Ressources en Eaux en Afrique Occidentale (CPCS/GIRE/AO), dont la
mission est de promouvoir, de coordonner et de rassurer la mise en œuvre d’une politique
communautaire en matière de GIRE.
46

Chapitre 4 : LES CONFERENCES DES PARTIES A LA CONVENTION DES


NATIONS UNIES SUR LE CHANGEMENT CLIMATIQUE
Section 1 : Les Conférences des Parties avant l’entrée en vigueur du Protocole de
Kyoto

1.1- La COP1 de Mars 1995 à Berlin


La première Conférence des Parties (COP1) s’est tenue à Berlin (Allemagne) du 28 mars au 7
avril 1995, un an après l’entrée en vigueur de la convention-cadre sur le changement
climatique. Elle marque un certain désenchantement après l’euphorie qui avait marqué la
conférence de Rio trois ans plus tôt. Les participants constatent qu’il est très difficile
d’appliquer les engagements pris par la convention-cadre qui, par ailleurs, est assez floue sur
bien des points. Il est alors décidé d’élaborer un instrument nouveau appelé le « Mandat de
Berlin » qui reconnaît l’inadéquation des engagements actuels de la convention, notamment
ceux concernant l’aide des pays développés aux pays du sud, pour atteindre les objectifs
généraux de la conférence de Rio. Le « Mandat de Berlin », qui est la Décision 1 de la COP,
étend et contraint plus rigoureusement les engagements des pays développés et initie un cycle
de négociations pour mettre au point de nouveaux engagements pour la période au-delà de
l’an 2000 (l’objectif de réduction étant fixé à 2012). Il est également donné mandat aux pays
développés de mettre en place des engagements précis destinés à ramener leurs émissions au
niveau de 1990 comme ils s’y sont engagés. Ce nouveau cycle de négociation aboutira à des
propositions chiffrées de réduction par pays (ou groupes de pays), qui feront l’objet du
Protocole de Kyoto. La Décision 2 de la COP concerne l’examen des communications
initiales de Parties visées à l’Annexe 1 de la Convention. L’examen devrait fournir une
évaluation technique complète et détaillée de la dont les Parties visées à l’Annexe 1 respectent
individuellement ou collectivement les engagements découlant de la Convention. Il en va
ainsi de chacune des 21 décisions prises lors de la COP1.
1.2- La COP2 de Juillet 1996 à Genève
La COP2 s’est tenue à Genève en Suisse du 8 au 19 juillet 1996. Elle a été principalement
marquée par ce qui a été appelé la « Déclaration de Genève » précisant les orientations des
négociations en cours et approuvant le deuxième rapport du Groupe International des Experts
en Climat (GIEC) en considérant qu’il apporte une base de connaissance scientifique
suffisamment solide pour justifier un renforcement immédiat des actions de lutte contre le
réchauffement climatique. Ce rapport affirme que : les concentrations des gaz à effet de serre
(GES) ont continué à augmenter ; les aérosols d’origine humaine ont tendance à produire un
47

forçage radiatif négatif ; le climat a évolué au cours des 100 dernières années ; un faisceau
d’éléments suggère qu’il y a une influence perceptible de l’homme sur le climat global ; on
s’attend à ce que le climat évolue mais les incertitudes restent nombreuses. La « Déclaration
de Genève » n’est rien d’autre que le reflet de la position des Etats-Unis présentée par
Timothy Wirth, ancien Sous-Secrétaire aux Affaires mondiales du Département d’Etat. Les
Parties adhèrent aux conclusions du GIEC mais rejettent les « Politiques harmonisées »
uniformes en faveur de la flexibilité et demandent des « Objectifs à moyen terme
juridiquement contraignants et des diminutions significatives des émissions des GES ». Au
total 14 décisions ont été prises lors de la COP2 parmi lesquelles on peut retenir : la date et le
lieu de la tenue de la COP3 devant aboutir à l’adoption du Protocole (Kyoto, 1997) ;
l’élaboration d’un programme de travail de l’Organe subsidiaire de mise en œuvre pour 1006-
1997 ; la mise au point et le transfert des technologies ; etc. La « Déclaration de Genève »
approfondit aussi le « Mandat de Berlin » en invitant les participants à fixer des objectifs de
réduction d’émissions chiffrés et contraints juridiquement.
1.3- La COP3 de Décembre 1997 à Kyoto
La COP3 s’est tenue à Kyoto (Japon) en décembre 1997, surtout connue pour avoir initié et
signé le célèbre Protocole de Kyoto le 11 décembre 1997 entre 196 Etats. En fait, les
modalités de ce traité étaient discutées depuis plusieurs années et avaient été à l’ordre du jour
de toutes les réunions qui s’étaient tenues depuis la conférence de Rio en 1992 pour tenter de
donner un contenu à la Convention-cadre sur le changement climatique. Au cours de cette
COP3, qui aboutit au Protocole de Kyoto, quatre groupes de pays se sont opposés : la
Communauté Européenne, un regroupement de 130 pays en développement, les pays
actuellement les plus directement menacés comme les petits États insulaires se déclarant les
«victimes non coupables du réchauffement climatique», enfin, des opposants à l’instauration
de quotas appelés un peu ironiquement les membres du « Carbon Club» regroupant de
nombreux pays développés incluant l’Amérique du nord, le Japon, l’Australie et les pays
producteurs de pétrole du Moyen Orient. Néanmoins, un protocole fut signé, rassemblant les
représentants des 160 pays présents sur une position commune. Ce fut un événement de portée
mondiale, largement médiatisé, qui restera dans l’histoire sous l’appellation de « Protocole de
Kyoto ». Pour entrer en vigueur, il devait être ratifié par 55 pays développés générant en
consolidé au moins 55% des émissions mondiales des GES en 1990. Avant même le dépôt
d’instruments de ratification par 195 Etats plus l’Union européenne, le Protocole est entré en
vigueur le 16 février 2005.
1.4- La COP4 de Décembre 1998 à Buenos Aires
48

La COP4, à Buenos Aires (Argentine) en décembre 1998, était destinée à définir les modalités
pratiques des décisions prises à Kyoto concernant la signature du Protocole de Kyoto. Cette
conférence fut un échec, les 180 pays participants se divisèrent en trois groupes irréductibles.
Certains pays du Nord autour des américains réaffirmèrent leur volonté d’obliger les pays en
voie de développement à participer eux aussi aux réductions d’émissions arguant que la
Chine, par exemple, allait bientôt dépasser l’Occident par le taux d’émission de gaz
carbonique de ses innombrables centrales à charbon (1). Mais les pays en développement
refusèrent par principe de céder quoi que ce soit à des pays qui polluent 20 fois plus qu’eux
par tête d’habitants (2). Les Européens tentant de trouver une issue au conflit demandèrent un
geste aux américains en leur proposant de s’engager à réduire leurs permis négociables de
droits à émettre, et les poussant ainsi à réduire concrètement leurs émissions ; ils refusèrent
obstinément tant que les pays en développement n’acceptaient pas le principe de leur
participation aux réductions des émissions (3). La situation était bloquée et elle le resta durant
toute la durée de la conférence qui se termina misérablement par un accord sur un calendrier
de travail.
1.5- La COP5 de Novembre 1999 à Bonn
La COP5 tenue à Bonn en Allemagne sous la présidence de Jan Szysko, Ministre polonais de
l’Environnement, de la Protection des Ressources Naturelles et des Forêts, assisté de Michael
Cutajar, Secrétaire Exécutif de la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement
Climatique (CCNUCC), a réuni 166 pays de la planète en novembre 1999. Elle fut aussi un
demi échec comme la précédente. Les américains restèrent sur leur position refusant de
s’engager sur des réductions d’émissions si les pays en développement ne participaient pas
eux-mêmes à ces réductions. Les pays pétroliers du Moyen Orient tentèrent de tirer avantage
de ces conflits pour faire capoter l’ensemble du processus de mise en pratique du traité. La
Communauté Européenne, le Japon et les pays en développement durcirent leur position. Au
final, aucun consensus majeur sur le contenu pratique du traité, notamment en termes
d’engagement sur des taux de réduction d’émission, ne fut atteint. Quelques résultats
cependant sur la précision de la mesure des émissions et les moyens de contrainte sur les pays
émetteurs qui ne respectent pas leurs engagements. Face à ce nouvel échec, une organisation
de petits pays insulaires, premières victimes potentielles de l’élévation du niveau de l’océan et
menacées de disparition : « Alliance Of Small Islands States – AOSIS » émit une protestation
solennelle qui eut un large écho médiatique.
1.6- La COP6 de Novembre 2000 à La Haye
49

La conférence de la Haye (Pays-Bas), tenue du 13 au 24 Novembre 2000, avait pour objectif


de fixer les règles d’application du Protocole de Kyoto, pour qu’il puisse entrer en vigueur
(COP6). Trois clans s’affrontent lors de cette conférence : le groupe parapluie, l’union
Européenne et le G77. Le groupe parapluie (constitué des USA, de l’Australie, du Japon, du
Canada, de la Russie, de la Nouvelle Zélande, de la Norvège, de l’Islande et de l’Ukraine)
veut instaurer un marché mondial des droits d’émission de gaz à effet de serre (GES). Quant à
l’UE, ledit marché est un complément aux mesures de réduction. Par ailleurs, cette union
s’oppose au groupe parapluie sur l’importance à accorder aux puits de carbone (forêts, océans,
culture, etc.) qui absorbent naturellement les émissions de CO2, compensant ainsi les
émissions polluantes produites par l’activité humaine. Le G77 rejette la responsabilité sur les
pays riches (plus importants producteurs de GES). Les USA, poids lourd de ce groupe et la
Chine avec 1,3 milliards d’habitants et ses réserves énormes de charbon. De ce fait, la
conférence s’est soldée par un échec En effet, les 180 pays participants ne sont pas parvenus à
s’entendre sur le permis d’émissions et sur l’intégration des puits de carbone dans le protocole
de Kyoto. Le groupe parapluie, en plus d’échanger des droits d’émissions, voulait
comptabiliser l’action des puits carbones dans le calcul de leur émission polluante.

1.7- La COP6bis de Juillet 2001 à Bonn

Cette conférence, sixième conférence des Nations Unies sur les changements climatiques s’est
tenue du 16 au 27 Juillet 2001 à Bonn en Allemagne. La conférence était absolument
déterminante pour la suivie du protocole de Kyoto. Face au refus de Georges W. Bush de
signer l’accord sur la réduction de GES, allait-on encore permettre que l’intérêt économique
d’une nation, même si elle fut la plus puissante au monde, prime sur la survie de la planète ?
A l’ouverture de la conférence, l’atmosphère était au pessimisme. Les négociations s’agitent
rapidement et les participants évoquent publiquement son échec. Malgré leur retrait du
protocole, les américains participent aux négociations de Bonn. Cela parce qu’elle s’inscrit
dans le cadre des conférences de suivis de la convention de Rio, premier accord sur le
changement climatique qu’ils ont ratifié en 1992. Ils interviennent sur certains points comme
l’aide financière accordée au tiers monde pour affronter le changement climatique. Au terme
de 24 heures de négociations intensives, les participants ont enfin réussi à conclure un accord
politique (COP6bis) : l’entente consent reconnaitre l’importance des forêts comme un facteur
déterminant dans la lutte contre les émissions de GES. Par ailleurs, elle retient le principe de
pénalité, mais leurs règles d’application ne seront décidées qu’après l’entrée en vigueur du
Protocole de Kyoto. On assiste également à l’annonce des pays développés à la création d’un
50

fonds pour aider les pays en développement (PED) à faire face aux effets du changement
climatique, à gérer leur émission de GES.

1.8- La COP7 de Novembre 2001 à Marrakech


Cette conférence réunissant au sein de la ville marocaine, les délégations pour la plupart
dirigées par les ministres de l’environnement, doit permettre d’adopter les mécanismes
juridiques ouvrant la voie à la ratification et à l’entrée en vigueur de protocole de Kyoto de
1997. Le ministre marocain, président de la conférence, a averti qu’il n’y aurait pas de
prolongation de débat : « Nous espérons que ce sera un succès mais si c’est un échec il sera
consommé le vendredi. ». Les 160 pays membres des Nations Unies n’étaient pas parvenus au
dernier jour des négociations à définir l’application du Protocole de Kyoto. En effet,
l’annonce par les USA, responsables de quelques 36% des émissions de GES, de leur refus de
ratifier le protocole jugé très contraignant a donné à l’administration Bush un statut
d’observateur. Alors que l’Union Européenne s’est officiellement engagée à le ratifier, le
Protocole de Kyoto doit sa survie juridique à son adoption par les pays industrialisés. La
Russie se voyant décerner « le fossile du jour » sanctionnant symboliquement le pays le plus
pollueur, négocie pied à pied le doublement de son quota annuel d’émission de GES par
chantage.

1.9- La COP8 de Novembre 2002 à Kyoto


Cette huitième conférence avait pour objectif principal l'achèvement de négociations
techniques et l'adoption d'une déclaration. En continuité de l'article 6 de la Convention, un
programme de travail de 5 ans sur l'éducation, la formation et la sensibilisation du public,
destiné notamment à développer et à consolider la capacité d'expertise en développement a été
lancé. Des compléments méthodologiques indispensables à la mise en œuvre du Protocole de
Kyoto ont été adoptés (COP8): ils portent notamment sur la méthode de comptabilisation des
émissions de gaz à effet de serre, ainsi que sur les bases techniques du registre d'émissions
entre les pays.

1.10- La COP9 de Novembre 2003 à Milan


Un accord a été conclu à Milan (Italie) sur les lignes directrices du nouveau Fonds spécial
pour les changements climatiques dont la priorité est donnée aux activités d'adaptation et de
transferts de technologies. Au total, 22 décisions (COP9) ont été adoptées et notamment
51

l'inclusion des projets de boisement et de reboisement dans le Mécanisme pour un


Développement Propre avec une garantie de transparence d'information sur les projets ;
l'adoption du budget avec une augmentation de 6%, ainsi qu'une allocation intérimaire pour
financer la mise en œuvre du Protocole une fois entré en vigueur ; la validation de nouvelles
lignes directrices pour le Fonds spécial pour les changements climatiques et pour le Fonds
pour les pays les moins avancés ; un programme de travail sur l'atténuation des émissions de
gaz à effet de serre et l'adaptation aux changements climatiques, s'appuyant sur le troisième
rapport du GIEC.

1.11- La COP10 de Mai 2004 à Buenos Aires


La Dixième Conférence des Parties (COP10), tenue à Buenos Aires a abouti à l’adoption de
19 décisions techniques ; en vue d'ouvrir le débat Post 2012, il a été aussi
décidé de l'organisation par le Secrétariat de la Convention d'un séminaire d'experts
gouvernementaux en mai 2005 à Bonn sur l'avenir du régime multilatéral Climat ;
établissement du plan d'action de Buenos Aires sur l'adaptation aux changements
climatiques et aux mesures de riposte.

Section 2 : Les Conférences des Parties après l’entrée en vigueur du Protocole de


Kyoto

2.1- La COP11 de Décembre 2005 à Montréal


La COP11 tenue à Montréal (Canada) du 28 novembre au 9 décembre 2005 réunit 188 pays et
la Communauté européenne. Pour 156 d'entre eux, la conférence est la première réunion des
Parties au Protocole de Kyoto (MOP1) depuis la conclusion de 1997 et l'entrée en vigueur en
2005 du Protocole de Kyoto. Conformément au Protocole de Kyoto, les Parties contractantes
des pays développés s’engagent à réduire les émissions des GES d’au moins 5% par rapport
au niveau de 1990, au cours de la période de 2008 à 2012. Les six gaz énoncés dans le traité
sont les suivants ( le gaz carbonique ou dioxyde de carbone CO2, produit lorsque des
composés carbonés sont brulés et en présence d’oxygène (combustion d’énergies fossiles,
éruptions volcaniques, respiration des plantes des animaux et des Hommes, incendies naturels
de forêts, etc.) ; le méthane (CH4) dû aux fuites dans la gestion des gisements d’énergies
fossiles (émissions des mines de charbon, fuite lors de l’exploitation du gaz naturel méthane
et torchage incomplet du méthane relâché par l’industrie pétrolière), à la décomposition de la
cellulose par les bactéries (fermentation anaérobie de la biomasse dans les zones humides
(marais, tourbières, rizières, etc.), dans les décharges, dans la panse des bovins) ; à la
52

combustion incomplète de la biomasse notamment lors des feux de forêts ; deux halocarbures
(HFC et PFC) les gaz réfrigérants utilisés pour la climatisation et les gaz propulseurs des
aérosols ; le protoxyde d’azote ou oxyde nitreux (N2O) issu d’engrais azotés et de certains
procédés chimiques ; l’hexafluorure de soufre (SF6), utilisé dans des transformateurs
électriques.

2.2- La COP12 de Décembre 2006 à Nairobi


Annoncée au départ comme étant la « COP de l’Afrique », la conférence de Nairobi (Kenya) a
été l’occasion pour mettre l’accent sur les besoins des PED, particulièrement les pays
d’Afrique présentés comme ceux qui subissent le plus les impacts du changement climatique,
alors que ces derniers y contribuent moins. Il faut souligner que les discussions ont été
menées au niveau de deux (02) conférences simultanément : il s’agit de la COP12, la 12e
conférence des 189 pays ou parties à la CCNUCC , et la 2e réunion des 166 pays signataires
du Protocole de Kyoto (COP12/MOP2).Ainsi, du 06 au 17 Novembre 2006, les
gouvernements du monde se sont réuni à Nairobi au Kenya pour un but précis : « Evaluer les
progrès et prendre les décisions ou mesures visant à réduire les émissions des GES de la
pollution qui cause le changement climatique ». Durant 12 jours, du 6 au 17 novembre 2006,
et sous l’égide des Nations Unies, la ville de Nairobi accueillera cette réunion qui rassemble
6 000 participants dont 100 ministres et 2 000 responsables gouvernementaux. Les objectifs
de cette Conférence se déclinent en deux points ; la confirmation de la mise en œuvre des
engagements et des accords existants de la Convention et du Protocole d’une part, et la
consolidation et la poursuite du débat lancé à Montréal sur l’évolution du régime après 2012
afin de contribuer à l’émergence des éléments d’un consensus de politiques multilatérales.

2.3- La COP13 de Décembre 2007 à Bali


Le Plan d’action de Bali en Indonésie (COP13) constitue la décision qui a ouvert
officiellement les négociations post 2012, en vue de l’adoption d’un nouvel accord
international d’ici fin 2009 pour donner une suite à la première période d’engagement du
Protocole de Kyoto. Elle s’est déroulée parallèlement à la 3 ème Conférence des parties siégeant
en tant que réunion des parties du Protocole de Kyoto (MOP3). Les Parties ont décidé d’un
processus de négociation post (2012 et se sont mises d’accord sur une liste (non limitative)
des sujets à aborder dans le cadre de cette négociation. Ils sont au nombre de 5 : mise en place
d’une « vision partagée sur la coopération à long terme » permettant d’atteindre l’objectif
ultime de la Convention ; modalités relatives à la réduction des émissions des pays
53

développés et des pays en développement (vérification, rôle de la forêt, approches


sectorielles.) ; adaptation ; technologie ; financement.
2.4- La COP14 de Décembre 2008 à Pozna’n
La COP14 s’est tenue à Pozna’n (Ville considérée comme centre commercial de la
Pologne) en 2008 sous la présidence française de l’Union européenne parallèlement à la 4 ème
Conférence des parties siégeant en tant que réunion des parties du Protocole de Kyoto
(MOP4). Les 27 pays de l’Union européenne s’entendent sur les moyens d’honorer leur
engagement de réduction globale de leurs émissions de gaz à effet de serre de 20% en 2020
par rapport à 1990, voire de 30% en cas d’accord international ambitieux à Copenhague
(Paquet Energie Climat). Le 12 décembre 2008. Adoption du "paquet énergie climat" par
le Conseil européen. Le Conseil européen adopte un plan de lutte contre le réchauffement
climatique pour 2013-2020 : diminution de 20% des émissions, augmentation à 20% de la part
des énergies renouvelables dans la consommation énergétique de l’UE et amélioration de 20%
de l’efficacité énergétique de l’Union européenne.
2.5- La COP15 de Décembre 2009 à Copenhague
Elle a été la 15ème conférence des partis (COP15) de la Convention Cadre des Nations Unies
pour le Changement Climatique (CCNUCC). Elle s’est tenue à Copenhague (Danemark) du
07 au 18 Décembre 2009. Conformément à la feuille de route adoptée lors de la COP13 à Bali
(Indonésie), elle devrait être l’occasion pour les 192 pays ayant ratifiés la convention de
renégocier un accord international sur le climat remplaçant le protocole de Kyoto initié lors de
la COP3 en 1997 et dont la première étape prend fin en 2012. Cette COP15 de Copenhague
était également la MOP5 soit la cinquième réunion annuelle depuis l’entrée en vigueur du
protocole de Kyoto en 2005. Cinquième édition du sommet annuelle des représentants des
pays ayant ratifiés la CCNUCC, la COP15 a abouti au « premier accord réellement mondial ».
L’accord de Copenhague est un texte sans précédent qui rassemble des orientations à l’échelle
planétaire sur le traitement du changement climatique en particulier sur la réduction des
émissions et les financements pour les pays en développement pour les prochaines décennies.
2.6- La COP16 de Décembre 2010 Cancun
La seizième conférence des parties sur le changement climatique (COP16) s’est tenue du 29
Novembre au 10 Décembre 2010 à Cancun (Mexique) de façon concomitante avec la MOP6.
Elle s’est tenue peu après la conférence sur la biodiversité de Nagoya (Japon) où les relations
et les enjeux liant climat et biodiversité ont été rappelés. Elle devrait prolonger et compléter
l’Accord de Copenhague de 2009 construit pour préparer les suites du protocole de Kyoto.
Patricia Espinosa, ministre marocaine des affaires étrangères présidente de ladite conférence
54

a réussi à ce que les conférenciers adoptent un texte de consensus fixant aux nations et au
monde de nouvelles obligations, y compris pour les pays développés. Les accords de Cancún
consolident dans le système onusien les éléments esquissés par l’Accord de Copenhague et
permettent la poursuite sur une base équilibrée des discussions dans les groupes de travail
sur la Convention Climat et sur le protocole de Kyoto, pour se diriger à terme vers un accord
juridiquement contraignant. Ils actent notamment : (1) la hausse de la température mondiale
doit être maintenue en dessous de 2°C ; (2) un processus sera lancé pour renforcer la
transparence des actions entreprises ; (3) le financement des 100 milliards de dollars US par
an d’ici à 2020 par les pays industrialisés et lancement d’un Fonds vert pour le climat ; (4) le
renforcement de l’action pour l’adaptation ; (5) un mécanisme "REDD +" est lancé pour
réduire les émissions provenant de la déforestation et de la dégradation des forêts dans les
pays en développement ; (6) le renforcement du développement et du transfert des
technologies des pays riches vers les pays en développement.
2.7- La COP17 de Décembre 2011 Durban
Du 28 novembre au 9 décembre 2011, s’est tenue la 17ème Conférence des Parties à la
Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique à Durban en Afrique du
Sud (COP17), et de la MOP7, assortie des Accords dits de Durban. La conférence de Durban
a décidé du lancement d’un processus ("Plate-forme de Durban") devant mener à l’adoption
d’un accord universel en 2015 (ADP). Le paquet de décisions de Durban comprend les
principaux éléments suivants : (1) lancement d’un processus chargé de travailler à un
"protocole, à un instrument juridique ou à un résultat ayant force de loi" qui sera applicable à
toutes les Parties à la Convention Climat de l’ONU. Le nouvel instrument devra être adopté
en 2015 et mis en œuvre à partir de 2020 ; (2) lancement d’un plan de travail pour identifier
des options pour combler le "fossé d’ambition" entre les promesses des pays actuels de
réduction des émissions pour 2020 et l’objectif de maintenir le réchauffement climatique en
dessous de 2°C ; (3) une deuxième période d’engagement du Protocole de Kyoto débutera à
partir du 1er Janvier 2013 et ce pour une durée de huit ans ; (4) le lancement effectif du
Fonds vert.
2.8- La COP18 de Décembre 2012 à Doha
La COP18, cumulée avec la MOP8, a eu lieu à Doha (Qatar) en 2012 assortie également des
Accords dits de Doha. La conférence de Doha a réussi à garantir la mise en œuvre d’une
poursuite du Protocole de Kyoto, à clôturer les deux pistes parallèles de négociations sur le
post 2012 et à poser les jalons du futur accord à obtenir en 2015. Les principales décisions
en sont : la mise en œuvre de la seconde période d’engagement du protocole de Kyoto de
55

2013 à 2020 avec de nouvelles règles de fonctionnement plus vertueuses notamment sur
l’utilisation et le report des crédits carbone.

2.9- La COP19 de Novembre 2013 à Varsovie


Tenue entre le 11 et le 13 Novembre 2013 à Varsovie, capitale de la Pologne, elle est une
conférence sur le réchauffement climatique qui a réuni 10.000 participants venant de 189
pays avec 134 ministres. La conférence a été présidée par Marcin Korolec et coïncide avec la
MOP9.

2.10- La COP20 de Décembre 2014 à Lima


La Conférence de Lima (Pérou) s’est tenue du 1 er au 14 Décembre 2014 et parallèlement à la
10ème Conférence des parties siégeant en tant que réunion des parties du Protocole de Kyoto
(MOP10). Elle a vu la participation de 195 pays et est présidée par le Ministre péruvien de
l’environnement de l’époque, Manuel Pulgar Vidal. S’inscrivant dans une continuité des
sommets mondiaux organisés par l’ONU à la suite de l’adoption du Protocole de Kyoto en
1997, la COP20 a vu la création de NAP Global Network par son président. Ce NAP Global
Network regroupe des pays tels, la Norvège, les USA, l’Allemagne, les Philippines, le Togo,
le Royaume Uni, la Jamaïque et le Japon.

2.11- La COP21 de Décembre 2015 à Paris


La Conférence de Paris sur le changement climatique s’est tenue du 30 novembre au 15
décembre 2015 au Bourget en France. Elle a été la COP21 et la MOP11. Se tenant au Parc
des expositions de Paris, et réunissant 195 pays, la conférence a vu la validation le 12
décembre 2015 d’un accord international sur le climat, applicable à tous les pays. Cet accord
vise à limiter le réchauffement global à 2°C en poursuivant les efforts pour parvenir à 1,5°C.
Cette COP a également donné un nouvel essor pour l’eau sur le plan international en donnant
davantage d’importance au volet adaptation. En effet, 93% des contributions nationales
soumises par les Etats lors de la COP21 en matière d’adaptation concernent l’eau. Selon le
comité d’organisation, l’objectif de cette conférence est : « Aboutir pour la première fois à
un accord universel et contraignant permettant de lutter efficacement contre le dérèglement
climatique et d’impulser la transition vers les sociétés et les économies résilientes et sobres
en carbones ». La COP21 doit également permettre aux pays développés de mobiliser 100
milliards de dollars par an à partir de 2020, en partie par le « Fonds Vert pour le Climat »
56

afin d’aider les pays en développement à lutter contre le dérèglement climatique. La COP21
se déroule concomitamment avec la MOP12.

Section 3 : Les Conférences des Parties après l’adoption de l’Accord de Paris

3.1- La COP22 de Novembre 2016 à Marrakech


La COP 22 s’est tenue concomitamment avec la MOP12 du 7 au 18 novembre 2016 à
Marrakech au Maroc sous la présidence du Ministre marocain des Affaires Etrangères,
Salaheddine Mezouar. Elle a été l’occasion de faire le bilan de l’accord international sur le
climat, applicable à tous les pays, du 12 décembre 2015 à Paris, entré en vigueur la veille de
la Conférence du 4 novembre 2016. La COP22 a été largement consacrée aux pays les plus
vulnérables, notamment les pays africains. Il ressort certes quelques avancées mais
globalement les objectifs sont en dessous des attentes.

3.2- La COP23 de Novembre 2017 à Bonn


La COP 23 s’est tenue concomitamment avec la MOP13 du 6 au 12 novembre 2017 à Bonn
en Allemagne sous la présidence de la Chancelière, Angela Meckel. Cette conférence a ceci
de particulier : la présence de Emmanuel Macron et de Donald Trump, respectivement
président nouvellement élu en France et aux USA. Si le premier a positivement brillé par son
engagement ferme à respecter les accords internationaux signés par ses prédécesseurs et
avalisés par la représentation nationale, le second a plutôt négativement brillé par ses
attaques et son refus catégorique de se soumettre à cette discipline internationale et engage
par conséquent le Congrès américain à remettre en cause ledit accord. Les principaux
objectifs de cette COP sont : le renforcement des politiques nationales d’ici à 2 000 ; la
rédaction des règles de mise en œuvre de l’Accord de Paris afin de clarifier les textes de
négociations sur lesquels sera basée la COP24 : la réponse aux questions de vulnérabilité, du
financement et d’adaptation aux changements climatiques. Par ailleurs, une grande initiative
internationale sur les petites îles devrait être coordonnée par les Îles Fidji. La feuille de route
de la COP23 se décline en 7 axes : être dans la continuité de l’Accord de Paris et maintenir
l’élan de mobilisation par l’ensemble des Parties ; initier la préparation du « Dialogue de
facilitation » qui se tiendra en 2018 ; renforcer la résilience des pays les plus vulnérables aux
événements extrêmes et à la montée du niveau des mers, favoriser l’accès au financement
climat, à l’énergie renouvelable, à l’eau, promouvoir une agriculture durable ; créer et
renforcer les coalitions d’acteurs rassemblant la société civile, la communauté scientifique,
le secteur privé et tous les niveaux de gouvernement pour accélérer l’action climatique ;
favoriser les innovations et investissements qui permettent de faire émerger des économies
57

au bilan carbone 0 afin de limiter l’augmentation des températures à 1,5°C par rapport à la
période précédente ; développer une approche holistique de la protection de notre planète,
notamment en établissant un lien fort entre la bonne santé des océans et des mers et la lutte
contre le changement climatique ; favoriser les échanges d’expériences et de compétences à
travers l’inclusion, la convivialité et la solidarité.

3.3- La COP24 de Novembre 2018 à Katowice

La 24ème Conférence des parties (COP24), qui s’est déroulée du 3 au 14 décembre 2018 à
Katowice, était la 3ème Conférence des Parties depuis l’Accord historique de Paris, conclu fin
2015. Le sommet de Katowice a été une réussite notamment au travers de l’organisation de
l’évènement, la mise en opération des accords de Paris et l’engagement certain des différentes
nations signataires. Des avancées moyennes sont attendues de la 24 ième Conférence des Parties,
dans un contexte géopolitique plutôt défavorable, notamment dû à l’émergence de leaders
climato-sceptiques et l’absence de nombreux dirigeants. Jair Bolsonaro a récemment lancé un
signal fort en annonçant que le Brésil n’accueillerait pas la COP25. Certains espèrent,
néanmoins, que la publication du dernier rapport alarmant produit par le GIEC puisse servir
d’électrochoc en faveur de la cause climatique et aboutir à des actions concrètes pour combler
l’écart entre les contributions proposées dans les CDN et les efforts restant à faire pour
atteindre les objectifs de limitations à 2°C.
3.4- La COP25 de décembre 2019 à Madrid
La Conférence sur les changements climatiques, qui a eu lieu du 2 au 13 décembre 2019 à
Madrid (Espagne), s’est articulée autour des réunions suivantes : la 25ème session de la
Conférence des Parties à la CCNUCC (COP25) ; la 15ème session de la Conférence des Parties
agissant comme réunion des Parties au protocole de Kyoto (CMP) ; la 2ème session de la
Conférence des Parties agissant comme réunion des Parties à l’Accord de Paris (CMA 2 ) ; la
51ème session de l’Organe subsidiaire de conseil scientifique et technologique (SBSTA 51) ; et
la 51ème session de l’Organe subsidiaire de mise en œuvre (SBI 51). En outre, pendant cette
COP25, les six principaux thèmes proposés par la future présidence, qui seront examinés lors
d’évènements parallèles spéciaux, sont : les océans, l’Antarctique, les énergies renouvelables,
l’économie circulaire, les écosystèmes, la biodiversité et l’électro-mobilité. En dépit des
initiatives internationales en faveur d’une action urgente contre le changement climatique, les
effets de ce phénomène sont ressentis à l’échelle mondiale, avec des conséquences
désastreuses pour les vies et les moyens de subsistance des populations. Les phénomènes
climatiques extrêmes survenus cette année et exacerbés par le changement climatique dans les
58

régions d’Afrique, des Caraïbes, et le Pacifique, en sont une illustration. Dans ses rapports
spéciaux sur l’utilisation des sols et sur les océans et la cryosphère, le GIEC souligne qu’à
cause du changement climatique, les océans sont plus chauds, favorisant ainsi la prolifération
de la sargasse, et deviennent également plus acides et moins productifs. Par ailleurs, les
glaciers et les calottes glaciaires dans les régions polaires et montagneuses fondent, entrainant
une hausse du niveau de la mer. Les feux de brousse détruisent les écosystèmes et ont des
effets néfastes sur la santé, du fait de la pollution de l’air. Les vagues de chaleur et les risques
liés à la sécurité alimentaire augmentent également.

3.5- La COP26 de Novembre 2020 à Glasgow


La COP26 initialement prévue en Novembre 2020 à Glasgow au Royaume-Uni, est déjà
reportée à fin 2021 dans la même ville pour cause de la réquisition de la Scottish Event
Campus (SEC) pour la lutte contre la pandémie de la COVID-19 et sera coorganisée avec
l’Italie. La COP26 est initialement prévue pour être présidée par Claire Perry mais elle sera
relevée de cette tâche en Février 2020 et remplacée par Alok Sharma, Secrétaire d’Etat
britannique aux Affaires, à l’Energie et à la Stratégie industrielle. Cette COP devait être celle
de la finalisation des règles de mise en œuvre de l’Accord de Paris et du relèvement du
niveau de l’ambition.

3.6- La COP26 bis de Novembre 2021 à Glasgow


La COP26 bis s’est tenue au Scottish Event Campus à Glasgow en Ecosse et coorganisée par
le Royaume-Uni et l’Italie. Cette COP réunit parallèlement la 16 ème Réunion des Parties au
Protocole de Kyoto (CMP16) et la 3ème Réunion des Parties à l’Accord de Paris (CMA3). La
première décision de chacune de ces réunions est commune et s’intitule « Pacte de Glasgow
pour le Climat », obtenu avec de grandes difficultés et qui a abouti à la fin de la Conférence
avec un jour de retard. La COP26 bis a été marquée par trois manifestations majeures,
notamment les critiques de l’activiste du changement climatique Greta Thunber (1 er
novembre), la Journée « Friday for Future » (5 novembre) et la Journée mondiale d’action
pour la Justice climatique (6 novembre). Cette COP n’a pas eu de thème central mais elle est
articulée autour des thématiques telles que : l’atténuation, l’adaptation, le financement, les
pertes et préjudices, le renforcement des capacités, la transparence, la conformité, les
mesures de riposte, l’agriculture, le genre, etc. Au final, 22 décisions ont été adoptées dans le
« Pacte de Glasgow pour le Climat ».
59

2.2.29- La COP27 de Novembre 2022 à Sharm-el Sheick


Ville baleinière égyptienne nichée entre le désert de la péninsule du Sinaï et la Mer rouge,
Sharm-el Sheick a accueilli la COP27 du 6 au 12 Novembre 2022 concomitamment avec la
MOP17 et la CMA4. La COP27 a réuni 187 Etats, 110 Chefs d’Etat et de gouvernement,
40 000 participants. Elle est placée sous le thème central : « Mécanismes de financement de
la lutte contre les changements climatiques » et inscrit officiellement dans l’Agenda dès la
Cérémonie d’ouverture le 6 novembre présidée par le Secrétaire Général des Nations Unies,
Antonio Guterres. Puisque la COP26 bis s’est finalement concentrée essentiellement sur
l’atténuation, à Sharm-el Sheick cette COP devrait rétablir l’équilibre et mettre davantage
l’accent sur la solidarité financière, l’adaptation, la transition énergétique et les pertes et
dommages. C’est dans ce cadre que le Président français, Emmanuel Macron, s’est engagé
personnellement à mettre la pression sur les pays riches non européens, notamment la Chine
et les Etats-Unis à payer leur part de financement. Cependant, on note des absences notables
des pays comme la Chine, l’Inde et surtout une bonne partie des pays du G20, sans oublier
l’impact de la guerre Russie-Ukraine. En effet, l’Afrique pèse seulement 3% des émissions
mondiales des GES. Or, selon les experts, c’est le continent le plus exposé aux conséquences
de la dérèglementation climatique avec notamment 131 événements climatiques extrêmes
marqués par des tempêtes, des sécheresses et des inondations ces dernières années.
L’Afrique noire et la population payent au prix fort pour des actes irresponsables commis
par les autres parties du monde. Deux questions importantes se posent alors. Les participants
à la COP27 vont-ils enfin trouver des solutions à cette injustice climatique à l’encontre de
l’Afrique en apportant les réparations nécessaires ? Les autres continents de la planète vont-
ils continuer à se complaire dans l’impunité en laissant le berceau de l’humanité se détruire ?
Le continent africain a posé sur la table de la COP27 une Feuille de route élaborée en Juillet
2022 par la Fondation MO-Ibrahim faisant le plaidoyer pour positionner l’Afrique dans le
débat global sur le continent en 3 axes : (1) prendre en compte la vulnérabilité spécifique de
l’Afrique ; (2) répondre au droit des populations africaines à l’accès à l’énergie ; (3) mettre
en évidence le potentiel de l’Afrique pour le développement d’une économie verte à
l’échelle mondiale. Le sort réservé aux conclusions des précédentes rencontres sur le climat
ne prête pas à l’optimisme. L’on se souvient que l’Accord de Paris avait souligné la
nécessité des investissements à grande échelle pour rendre les émissions des GES de manière
significative. De façon plus précise, que les pays développés doivent prendre l’initiative
d’apporter une aide financière aux pays moins bien dotés et plus vulnérables aux
conséquences du changement climatique. Par ailleurs, des fonds avaient été promis lors de
60

cette COP21 à Paris. Au bilan, on se rend compte que les flux financiers internationaux pour
l’adaptation au climat vers les pays en développement, en l’occurrence ceux d’Afrique, sont
5 à 10 fois inférieurs à ceux estimés.

2.2.30- La COP28 de Décembre 2023 à Dubaï


La COP28 qui s’est déroulée à Dubaï au Qatar du 30 Novembre au 13 Décembre 2023 a vu
l’adoption de plusieurs accords à savoir l’adoption du fonds pour les pertes et préjudice et
l’accord visant à abandonner progressivement les énergies renouvelables. Les énergies
fossiles sont pour la première fois inscrites dans un accord de COP. C’est ce que tout le
monde retiendra de la COP28 qui s’est achevée le 13 décembre au matin, avec plus de 24
heures de retard.

Chapitre 5 : LES CONFERENCES DES PARTIES A LA CONVENTION DES


NATIONS UNIES SUR LA DIVERSITE BIOLOGIQUE
Section 1 : Les Conférences des Parties après le Sommet de la Terre de 1992

1.1- La COP1 de Décembre 1994 à Nassau

1.1.1- Le contexte et les objectifs de la COP1

La première réunion de la Conférence des Parties a été accueillie par le Gouvernement


bahamien à Nassau, du 28 novembre au 9 décembre 1994.sous la présidence de Mme Ivy
DUMONT, Ministre de l’éducation et de la formation des Bahamas. Les principaux objectifs
de la conférence sur la biodiversité sont : la conservation de la diversité biologique ;
l’utilisation durable de ses éléments constitutifs ; et la répartition juste et équitable des
avantages découlant de l’exploitation de ses ressources génétiques. La CDB a pour vocation
de promouvoir le développement durable et reconnait que la diversité biologique va au-delà
des plantes, des animaux et des micros organismes ainsi que leurs écosystèmes. Elle concerne
aussi les êtres humains qui ont besoin de sécurité alimentaire, de médicaments, d’air, d’eau,
d’abri, et d’un milieu de vie propre et sain.

1.1.2- Les résultats obtenus de la COP1

La conférence des parties à la convention sur la diversité biologique (CDB) des Nations Unies
est une rencontre internationale qui rassemble des gouvernements du monde entier. Les
participants à la COP adoptent le cadre mondial pour préserver la nature et freiner ou
61

renverser la perte de la biodiversité afin de placer les milieux naturels sur la voie du
rétablissement d’ici 2050.

1.2-La COP2 de Novembre 1995 à Jakarta

1.2.1- Le contexte et les objectifs de la COP2

La deuxième réunion de la Conférence des Parties à la CDB a été accueillie par le


Gouvernement de la République d’Indonésie au Jakarta Convention Center, à Jakarta du 6 au
17 novembre 1995. La réunion a été ouverte par la Ministre de l’éducation et de la formation
des Bahamas, Mme Ivy DUMONT, qui était la Présidente de la première réunion de la
Conférence des Parties de 1994. Selon elle, en raison des résultats de la première réunion de
la Conférence des Parties, on pouvait considérer que ladite réunion était l’amorce d’une phase
au cours de laquelle seraient concrétisés les engagements pris en vue de la réalisation des
objectifs de la Convention. Le Secrétaire exécutif du Secrétariat de la Convention sur la
diversité biologique, M. Calestous JUMA, a lui déclaré dans son allocution d’ouverture que la
présente réunion de la Conférence des Parties revêtait une grande importance en raison de la
très grande complexité des questions qui allaient être abordées et du moment décisif où se
tenait la réunion.

1.2.2- Les principaux résultats de la COP2

Cette conférence a initié le processus de décisions majeures qui sont aux nombres de 23 :
l’examen du Rapport de la première réunion de l’organe subsidiaire chargé de fournir des avis
scientifiques, techniques et technologiques (1) ; la publication et la diffusion des informations
scientifiques et techniques (2) ; la création d’un Centre d’échange d’informations pour la
coopération technique et scientifique (3) ; la mobilisation des moyens de promouvoir le
transfert et la mise au point de technologies et de faciliter l’accès à ces technologies (4) ;
l’examen de la nécessité et des modalités d’établissement d’un protocole concernant la
sécurité du transfert, de la manutention et de l’utilisation de tout organisme vivant modifié
(5) ; la mobilisation des ressources financières et le mécanisme de financement (6) ; l’examen
des articles 6 et 8 de la convention (7) ; l’examen préliminaire des éléments constitutifs de la
diversité biologique qui sont particulièrement menacés, et des mesures qui pourraient être
prises dans le cadre de la convention (8) ; forets et diversité biologique (9) ; conservation et
utilisation durable de la diversité biologique marine et côtière (10) ; ressources génétiques
(11) ; droits de propriété intellectuelle (12) ; coopération avec d’autres conventions
intéressant la diversité biologique (13) ; organisation d’un atelier intergouvernemental sur la
62

coopération entre la convention sur la diversité biologique et les autres conventions


internationales traitant de questions connexes (14) ; système mondial de conservation et
d’utilisation des ressources phylogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture, mis au point
par la FAO (15) ; déclaration adressée a la conférence technique internationale sur la
conservation et l’utilisation des ressources phylogénétiques pour l’alimentation et
l’agriculture (16) ; forme et fréquence des rapports nationaux devant être présentés par les
parties (17) ; programme de travail à moyen terme de la conférence des parties pour 1996-
1997 (18) ; emplacement du secrétariat de la Convention (19) ; financement et budget de la
convention (20) ; date et lieu de la troisième réunion de la conférence des parties (21) ;
organisation de réunions régionales pour les parties qui sont des pays en développement
(22) ; hommage au gouvernement et au peuple de la République d’Indonésie (23).

1.3- La COP3 de Novembre 1996 à Buenos Aires

1.3.1- Le contexte et les objectifs de la COP3


La troisième réunion de la Conférence des Parties s'est tenue au Golden Center de Buenos
Aires (Argentine) à l'aimable invitation du Gouvernement de la République d’Argentine, du 4
au 15 novembre 1996. La réunion a été ouverte par M. Sarwono Kusumaat MADJA, Ministre
de l'environnement de la République d'Indonésie et Président de la deuxième réunion de la
Conférence des Parties de 1995. Dans son allocution d'ouverture M. Kusumaat MADJA a fait
état des progrès enregistrés depuis la dernière réunion de la conférence des Parties et informer
les participants que 28 nouveaux pays étaient devenus Parties ; ce qui portait à 162 le nombre
total de Parties à la Convention. Dans la perspective de la session extraordinaire que
l'Assemblée générale des Nations Unies qui se tiendra en juin 1997 pour procéder à l'examen
de la mise en œuvre du programme Action 21, M. Kusumaat MADJA a attiré l'attention sur le
fait que la Convention recoupait plusieurs domaines. En conséquence, la réalisation des
objectifs de la Conférence des Nations Unies sur l'environnement et le développement
(CNUED) dépendait tout particulièrement de l'application de la Convention, par le biais de la
coordination, de la formulation et de la mise en œuvre d'activités au titre de l'Action 21.
1.3.2- Les principaux résultats de la COP3
Les résultats découlant de la COP3 sont au nombre 26. Rapport et recommandations de la
deuxième réunion de l'organe subsidiaire sur les conseils scientifiques, techniques et
technologiques (1). Utilisation des langues dans les réunions de l'organe subsidiaire de conseil
63

scientifique, technique et technologique (2). Mécanisme de la chambre de compensation pour


promouvoir et faciliter la coopération technique et scientifique (3). Orientations
supplémentaires pour le mécanisme financier (4). Ressources financières supplémentaires (5).
Lignes directrices pour l'examen de l'efficacité du mécanisme financier (6). Protocole d'accord
entre la Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique et le Conseil du
Fonds pour l'environnement mondial (7). Mise en œuvre des articles 6 et 8 de la Convention
(8). Identification, suivi et évaluation (9). Conservation et utilisation durable de la diversité
biologique agricole (10). Programme de travail pour la diversité biologique terrestre :
diversité biologique forestière (11). Futur programme de travail pour la diversité biologique
terrestre : écosystèmes des terres sèches, des montagnes et des eaux intérieures (12). Mise en
œuvre de l'article 8 (13). Accès aux ressources génétiques (14). Moyens de promouvoir et de
faciliter l'accès, le transfert et le développement de la technologie, comme prévu aux articles
16 et 8 de la Convention (15). Propriété intellectuelle (16). Mesures incitatives (17). Session
extraordinaire de l'Assemblée générale pour examiner la mise en œuvre d'Action (18).
Problèmes liés à la biosécurité (19). Relation de la Convention avec la Commission du
développement durable et les conventions liées à la biodiversité, d'autres accords
internationaux, institutions et processus pertinents (20). Programme de travail à moyen terme
pour 1996-1997 (21). Questions administratives (22). Budget du Fonds d'affectation spéciale
pour la Convention sur la diversité biologique (23). Date et lieu de la quatrième réunion de la
Conférence des Parties (24). Convocation de réunions régionales et sous régionales pour les
Parties à la Convention (25). Hommage au gouvernement et au peuple de la République
d’Argentine (26).
1.4- La COP4 de Mai 1998 à Bratislava

1.4.1- Le contexte et les objectifs de la COP4

La quatrième réunion de la Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique


s’est tenue au Centre d’exposition d’Incheba à Bratislava, à l'invitation du Gouvernement de
la République slovaque, du 4 au 15 mai 1998. Elle a été ouverte par Mme Maria Julia
ALSOGARAY, Ministre argentin de l’environnement et des ressources naturelles et
Présidente de la troisième réunion de la Conférence des Parties. Lors de cette conférence,
certaines organisations étaient représentées les organisations intergouvernementales. Les
objectifs du programme de travail sont les suivants : renforcer les moyens des Parties pour
qu’elles puissent atteindre les objectifs de la Convention, en incitant et en aidant les Parties à
prendre des mesures pour renforcer la prise en compte de la conservation et de l’utilisation
64

durable de la diversité biologique dans les programmes nationaux relatifs aux forêts et à
l’utilisation des sols et dans les systèmes de gestion forestière ; faciliter la concrétisation des
objectifs de la Convention sur la diversité biologique en s’appuyant sur une approche par
écosystèmes ; fournir aux programmes nationaux concernant les forêts et l’utilisation des sols
un outil complémentaire efficace pour appliquer la Convention sur la diversité biologique au
niveau national ; identifier les systèmes traditionnels de conservation et d’utilisation durable
de la diversité biologique des forêts, et favoriser l’utilisation des savoirs traditionnels pour la
gestion durable des forêts et le partage équitable des avantages, et aux autres dispositions
pertinentes de la Convention ; identifier les mécanismes qui pourront faciliter le financement
des activités pour la conservation et l’incorporation des savoirs traditionnels et de l’utilisation
durable de la diversité biologique des forêts, en veillant à ce que ces activités ne soient pas
redondantes mais viennent compléter celles déjà en cours ; contribuer aux travaux en cours
d’autres organisations et initiatives internationales et régionales, et notamment à l’application
des propositions d’action du Groupe intergouvernemental sur les forêts, et faire une
contribution aux travaux du Forum intergouvernemental sur les forêts ; contribuer à assurer
l’accès aux technologies et leur transfert ; définir le rôle joué par les réseaux de zones
protégées pour la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique des forêts.

1.4.2- Les principaux résultats de la COP4

Les résultats issus de la COP4 sont au nombre de 08. Meilleure compréhension de


l’application de l’approche par écosystème à la diversité biologique des forêts et renforcement
des liens avec d’autres travaux menés en application de la Convention (1). Orientations
émanant de la Convention sur la diversité biologique à l’intention du Forum
intergouvernemental sur les forêts et d’autres instances et conventions pertinentes (2).
Coopération entre les Parties et avec des organisations et conventions (3). Meilleure
compréhension de la complexité et de l’interdépendance des communautés biologiques et de
leur dépendance à l’égard des facteurs abiotiques propres à certains sites (4). Méthodes
propres à faire en sorte que les plans et pratiques forestiers reflètent les valeurs sociales
attachées à la forêt ainsi que les points de vue de toutes les parties prenantes (5). Définition
d’orientations et de méthodes générales destinées à faire en sorte que les plans et les pratiques
forestiers tiennent compte des considérations relatives à la conservation de la diversité
biologique, et aussi des facteurs sociaux, culturels et économiques (6). Meilleure
connaissance des liens entre l’approche par écosystème et la gestion durable des forêts (7).
Elaboration de techniques Approche (8).
65

1.5- La COP5 de Décembre 2000 à Nairobi

1.5.1- Le contexte et les objectifs de la COP5

La cinquième réunion de la Conférence des Parties à la Convention sur la diversité


biologique, accueillie par le Gouvernement kenyan, s'est tenue à l'Office des Nations Unies à
Nairobi du 15 au 26 mai 2000. Les préparatifs de cette réunion étaient d’autant plus
importants que l’ordre du jour était bien chargé. La plupart des points à examiner avaient déjà
fait l’objet de projets de décision soigneusement rédigés. La réunion a été ouverte par
M. Laswlo MIKLOS, Ministre slovaque de l’environnement et Président de la quatrième
réunion de la Conférence des Parties. La Conférence des Parties a entendu également une
allocution de Son Excellence, Monsieur le Président du Kenya Daniel Toroitich ARAP MOI.

1.5.2- Les résultats découlant de la Conférence

De cette conférence, il est ressorti 29 décisions à savoir : (1) le Plan de travail du Comité
intergouvernemental pour le Protocole de Cartagena sur la prévention des risques
biotechnologiques ; (2) le Rapport intérimaire sur la mise en œuvre du programme de travail
sur la diversité biologique des écosystèmes des eaux intérieures ; (3) le Rapport d’activité sur
l’application du programme de travail relatif à la diversité biologique marine et côtière ; (4) le
Rapport d’activité sur la mise en œuvre du programme de travail sur la diversité biologique
des forêts ; (5) la Diversité biologique agricole, notamment l’examen de la première phase du
programme de travail et adoption d’un programme de travail pluriannuel ; (6) l’Approche par
écosystème ; (7) l’Identification, la surveillance, l’évaluation et les indicateurs ; (8) les
Espèces exotiques qui menacent des écosystèmes, des habitats ou des autres espèces locales ;
(9) l’Initiative taxonomique mondiale, notamment la mise en œuvre et le développement des
propositions d’action ; (10) la Stratégie mondiale pour la conservation des plantes ; (11) les
Ressources financières additionnelles ; (12) le Deuxième examen du Mécanisme de
financement ; (13) les Orientations supplémentaires à propos du mécanisme de financement ;
(14) la Coopération scientifique et technique et centre d’échange ; (15) les Mesures
d’incitation ; (16) les Dispositions connexes ; (17) l’Education et la sensibilisation du public ;
(18) l’Evaluation d'impact, la responsabilité et la réparation ; (19) les Rapports nationaux ;
(20) le Fonctionnement de la Convention ; (21) la Coopération avec d'autres organismes ; (22)
le Budget du programme de travail pour l’exercice biennal 2001-2002 ; (23) l’Examen des
66

options en matière de conservation et d’utilisation durable de la diversité biologique dans les


écosystèmes des terres non irriguées, méditerranéennes, arides, semi-arides, d’herbages et de
savane ; (24) l'utilisation durable comme problème multisectoriel ; (25) la Diversité
biologique et tourisme ; (26) l’Accès aux ressources génétiques ; (27) les Contributions de la
Convention sur la diversité biologique à l’examen décennal des résultats obtenus depuis la
Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement ; (28) les
Remerciements au Gouvernement et au peuple kenyans ; (29) la Date et le lieu de la sixième
réunion de la Conférence des Parties .Ainsi s'achève la conférence, certes longue, mais fort
importante avec plus de 70 intervenants, ce qui, ajouté aux 64 signatures apposées au bas du
Protocole sur la prévention des risques biotechnologiques, démontre fort éloquemment
l'intérêt extrême que les pays portent à cette question.

1.6- La COP6 d’Avril 2002 à La Haye

1.6.1- Le contexte et les objectifs de la COP6

La Sixième Conférence des Parties (COP6) à la Convention sur la diversité biologique (CDB)
s'est tenue en avril 2002 à La Haye, aux Pays-Bas. Environ 2 000 participants y ont assisté,
représentant 176 gouvernements, ainsi que des agences des Nations Unies, des organisations
non gouvernementales (ONG), des organisations intergouvernementales (OIG), des
organisations communautaires autochtones et locales. Elle fut présidée par Jan PRONK alors
Ministre de la coopération au développement des Pays-Bas. L'objectif principal de la
conférence était d'examiner et d'évaluer les progrès accomplis dans la mise en œuvre de la
Convention et de son Plan stratégique pour la biodiversité 2011-2020.

1.6.2- Les résultats obtenus de la COP6

Les principales décisions qui ressortent de la COP6 sont au nombre d cinq (05). (1) Les
Parties ont adopté la "Déclaration de La Haye sur la protection de la diversité de la vie sur
Terre", qui appelait à une action urgente pour enrayer la perte de biodiversité et à la mise en
œuvre pleine et efficace de la Convention. (2) La conférence a également adopté un certain
nombre de décisions et de recommandations sur diverses questions, notamment la
conservation et l'utilisation durable de la biodiversité, le partage juste et équitable des
avantages tirés de l'utilisation des ressources génétiques et l'importance des connaissances
traditionnelles dans la conservation et l'utilisation durable des éléments de la biodiversité. (3)
67

La COP6 a également adopté un « Plan d'action pour la mise en œuvre du Plan stratégique
pour la biodiversité « 2011-2020 » qui a fourni des orientations sur les actions prioritaires à
entreprendre par les Parties pour atteindre les Objectifs d'Aichi pour la biodiversité, qui sont
un ensemble de 20 objectifs ambitieux à atteindre pour 2020 afin de conserver la biodiversité
et veiller à ce que ses avantages soient largement partagés. (4) La conférence a de plus, adopté
la Déclaration de Curitiba sur l'intégration de la biodiversité, qui a souligné l'importance
d'intégrer les considérations de biodiversité dans tous les secteurs de la société et les
processus décisionnels. (5) Parmi les autres décisions importantes prises à la COP6 figuraient
la création du programme de petites subventions du "Fonds pour l'Environnement Mondial",
qui soutient les efforts communautaires de conservation de la biodiversité, et l'adoption d'un
programme de travail de deux ans sur la diversité biologique des forêts.

Section 2 : Les Conférences des Parties après le Sommet du Développement


Durable de 2002

2.1- La COP7 de Février 2004 à Kuala Lumpur

2.1.1- Le contexte et les objectifs de la COP7

La Convention sur la diversité biologique a tenu sa septième réunion (COP7) au Putra World
Trade Centre de Kuala Lumpur (Malaisie), du 9 au 20 février 2004 réunissant 150 Etats. Lors
de cette conférence, on a également observé la participation de Dato’Seri Law HIENG DING,
Ministre des sciences, de la technologie et de l’environnement de la Malaisie, président de
cette rencontre ; de Hans HOOGEVEEN, Président de la sixième réunion de la Conférence
des Parties ; de Klaus TÖPFER, Directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour
l’environnement.

2.1.2- Les principaux résultats de la COP7

Pour atteindre les objectifs de la COP7 on a assisté à la prise de 36 décisions lors de cette
conférence dont quelques-unes sont énumérées ci-après. La protection de la diversité
biologique des forêts à travers la création d’un groupe spécial d’experts techniques pour
procurer des conseils en vue de l’examen de la mise en œuvre du programme de travail, et à
travers l’invitation du Groupe spécial d’experts techniques sur la diversité biologique et les
changements climatiques à examiner les questions relatives aux liens entre la diversité
68

biologique et les changements climatiques, etc. La protection de la diversité biologique des


terres arides et subhumides à travers la mise à jour d’un fichier d’experts sur la diversité
biologique des terres arides et subhumides, en étroite collaboration avec l’UNCCD ; et de
diffuser les données pertinentes sur la diversité biologique des terres arides et subhumides par
divers moyens. La protection de la diversité biologique agricole à travers la préparation
d’un projet de modèle de présentation du rapport thématique sur la diversité biologique
agricole, la création d’un groupe spécial d’experts techniques sur les impacts potentiels des
technologies de restriction de l’utilisation des ressources génétiques sur les petits agriculteurs
et les communautés autochtones et locales et sur les droits des exploitants agricoles.

2.2- La COP8 de Mars 2006 à Curitiba

2.2.1- Le contexte et les objectifs de la COP8

Les délégués à la huitième réunion de la Conférence des Parties à la Convention sur la


Diversité Biologique se sont réunis à Curitiba (Brésil) du 22 au 31mars 2006. Ils se sont
répartis dans deux groupes de travail dès le 22 mars 2006 pour travailler tout le long de la
journée. Le Groupe de Travail I s'est penché sur la biodiversité des forêts ; les eaux intérieures
; et la biodiversité marine et côtière. Le Groupe de Travail II a examiné l'Article 8(j),
notamment le savoir traditionnel ; la communication, sensibilisation et conscientisation du
public ; les progrès accomplis dans la mise en application ; et l'Evaluation des Ecosystèmes
pour le début du Millénaire.

2.2.2- Les principaux résultats de la COP8

Sur la biodiversité et les forêts, l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et
l’Agriculture (FAO) a présenté un rapport sur le rôle du Partenariat de Collaboration sur les
Forêts dans la mise en application. Le Forum des Nations Unies sur les Forêts (FNUF) a
présenté un rapport sur les résultats de sa sixième réunion (Février 2006), mettant en relief : la
Résolution, pour adoption par le Conseil Economique et Social des Nation Unies, concernant
la disposition internationale future relative aux forêts ; et l’Accord sur l’adoption d’un
instrument juridiquement non contraignant applicable à tous les types de forêts. Sur la
69

biodiversité des eaux intérieures, plusieurs participants ont mis l’accent sur la collaboration
avec la Convention de Ramsar et avec les organismes spécialisés régionaux. Le Zimbabwe a
encouragé les parties et les donateurs à permettre la gestion subrégionale des eaux partagées.
La Thaïlande a suggéré que la COP prenne note des résolutions de la COP-9 de Ramsar
concernant la désignation des sites transfrontières pour l’application de Ramsar. Le Japon et
les Philippines ont mis en relief l’harmonisation des rapports nationaux établis dans les cadres
de la CDB et de la Convention de Ramsar. Sur la biodiversité marine et côtière, le Mexique
a présenté un rapport sur le Groupe de Travail Spécial de l’Assemblée Générale de l’ONU,
sur la biodiversité marine des zones situées au-delà de la juridiction nationale, le Ghana et le
Kenya faisant part de leur déception quant à ses résultats limités. Sur la biodiversité
agricole, la FAO et l’Institut International des Ressources Génétiques Végétales (IIRGV) ont
présenté un rapport sur l’initiative portant sur la biodiversité destinée à l’alimentation et à la
nutrition. Concernant les Technologies de restriction de l’utilisation des ressources génétiques
(TRURG), la Malaisie, au nom du G-77/Chine, a mis en relief les risques multiples que les
TRURG posent aux agriculteurs, aux communautés autochtones et locales, en particulier pour
ce qui est des pratiques traditionnelles de protection des graines. Sur l’article 8(j), soulignant
que les technologies de restriction de l’utilisation des ressources génétiques (TRURG) seront
traitées dans le cadre du point de l’ordre du jour consacré à la biodiversité agricole, le
Secrétariat a introduit les recommandations de la quatrième Réunion du Groupe de Travail sur
l’Article 8(j). Sur l’évaluation des écosystèmes pour le début du millénaire, le Brésil a
suggéré que les parties intègrent les résultats de l’EM dans les stratégies nationales de
manière volontaire. Sur les ressources financières, l’Afrique a rejeté le cadre d’allocation
des ressources du FEM, jugé incompatible avec les directives de la COP, et a appelé les
délégués à accéder à la proposition de la CdP/RdP-3 du Protocole pour la Prévention des
Risques Biologiques.

2.3- La COP9 de Mai 2008 à Bonn

2.3.1- Le contexte et les objectifs de la COP9

La neuvième Conférence des Parties à la Convention sur la biodiversité s’est tenue du 19 au


30 mai 2008 à l’hôtel matritim de Bonn en Allemagne. Les représentants de 191 Pays et plus
de 100 ministres ont pris d'importantes nouvelles mesures visant à étendre le réseau de zones
protégées et à négocier une série de règles internationales sur l'accès et le partage des
avantages des riches ressources génétiques du monde. La perte d'espèces fait diminuer les
70

ressources génétiques nécessaires aux progrès de la médecine, au renforcement de la sécurité


alimentaire, et au maintien des services écosystémiques du monde dont les fonctions sont
essentielles à la vie. Tous conscients du fait que l’extinction de la diversité biologique causée
par les activités anthropiques progresse à une rapidité dramatique il importe au plus haut point
de prendre des mesures concrètes aux niveaux international, national et local.

2.3.2- Les principaux résultats de la COP9

La neuvième Conférence des Parties a fait des progrès appréciables sur plusieurs questions
critiques. (1) La production et l’utilisation durable des biocombustibles par rapport à la
diversité biologique. (2) Le rôle de la Convention sur la diversité biologique a été confirmé.
(3) Un processus concret jusqu’à la dixième réunion de la Conférence des Parties a été décidé.
(4) La création de réseaux d’aires protégées. (5) La diversité biologique des forêts, le
principal étant de s’attaquer à la menace possible des arbres génétiquement modifiés. (6) La
coopération entre la Convention sur la diversité biologique et la Convention des Nations
Unies sur les changements climatiques.

2.4- La COP10 d’Octobre 2010 à Nagoya

2.4.1- Le contexte et les objectifs de la COP10

La 10ème Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique s’est déroulée à
Nagoya au Japon du 18 au 29 Octobre 2010. Le segment de haut niveau du Sommet a été tenu
avec la participation de 122 ministres, et 5 chefs d’Etat et de Gouvernement, y compris le
président du Gabon, de la Guinée-Bissau, le premier Ministre de Yémen représentant le
Groupe des 77 et la Chine, ainsi que le Prince Albert de Monaco. La délégation de
l’UNESCO a pris part à cette importante réunion qui aborde également plusieurs questions
liées à la Convention du patrimoine mondial pour la conservation de la biodiversité.

2.4.2- Les principaux résultats de la COP10

Cette réunion a atteint ces trois buts relies : l’adoption d’un nouveau Plan stratégique de dix
ans pour guider les efforts internationaux et nationaux pour sauver la biodiversité par l’action
accrue afin de rencontrer les objectifs de la Convention sur la diversité biologique (1) ; une
stratégie de mobilisation des ressources fournissant une voie pour l’avenir afin d’augmenter
de façon substantielle les niveaux actuels d’aide publique au développement en soutien a la
biodiversité (2) ; un nouveau protocole international sur l’accès et le partage des avantages
71

issus de l’utilisation des ressources génétiques de la planète (3). Il faut noter que les Parties :
se sont entendues à réduire au moins de moitié ou, lorsque possible, à près de zéro le taux de
perte d’habitats naturels y compris les forêts (1) ; ont établi un objectif de 17% des zones
terrestres et d’eaux continentales et 10% des zones marines et côtières (2) ; par la
conservation et la restauration, les gouvernements restaureront au moins 15% des zones
dégradées, et feront un effort spécial pour réduire les pressions affligeant les récifs coralliens
(3).

2.5- La COP11 d’Octobre 2012 à Hyberabad

2.5.1- Le contexte et les objectifs de la COP11

La onzième conférence des parties de la convention sur la diversité biologique des Nations
Unies a regroupé 193 pays et s’est déroulée du 8 au 19 0ctobre 2012 à Hyberabad en Inde.
Elle fût l’événement majeur de l’année en termes d’organisation internationale de la
protection de la biodiversité et l’une des grandes conférences internationales organisées par
l’ONU. Cette conférence devait notamment examiner les progrès faits dans le domaine de la
diversité biologique depuis la conférence précédente, celle de Nagoya de 2010. Elle s’inscrit
dans le cadre de l’application de la convention sur la diversité biologique signé à Rio de
Janeiro en juin 1992 lors du troisième sommet de la terre.

2.5.2- Les principaux résultats de la COP11

Les négociateurs indiens ont proposé une solution à deux volets prévoyant un objectif
préliminaire et une feuille de route qui a permis d’éviter une situation de blocage. L'un des
résultats les plus importants a été l'engagement des Parties à doubler les flux financiers
internationaux en matière de diversité biologique d'ici 2015, ce qui devrait permettre de mieux
protéger la biodiversité des pays en développement. L'Inde veut aider les pays en
développement à préparer leurs projets éligibles au financement supplémentaire, et souhaite
œuvrer, en étroite collaboration avec tous les pays membres, au succès de la Feuille de route
d’Hyderabad.

2.6- La COP12 d’Octobre 2014 à P’yŏngch’ang

2.6.1- Le contexte et les objectifs de la COP12

La douzième conférence mondiale des nations unies sur la biodiversité (COP 12), qui s’est
tenue du 6 au 14 octobre 2014 à P’yŏngch’ang en Corée du Nord, a témoigné d’une
72

mobilisation mondiale, mais prenant des formes variées suivant la position de chaque pays vis
-à-vis de la préservation de la biodiversité et le regard des différentes sociétés sur les relations
homme/ nature. L’un des objectifs est d’assurer la durabilité de l’environnement et
comprendre la volonté de réduire significativement le taux de perte de biodiversité. L’objectif
principal de la conférence était la mise en œuvre du plan stratégique pour la biodiversité
2011-2020 et les objectifs d’Aichi pour la biodiversité.
2.6.3- Les principaux résultats de la COP12
On retient que la conférence s’est ouverte avec le lancement officiel de la quatrième édition
du rapport sur l’état de la biodiversité, les perspectives mondiales de la biodiversité (GBO-4)
(1). Ce rapport est un examen à mi-parcours des progrès vers les objectifs du Plan Stratégique
pour la biodiversité 2011-2020 et présente un bilan mitigé de la situation. Un résultat
important de la COP 12 était la reconnaissance officielle des principaux résultats et
conclusions atteints dans le GBO-4 (2). D’autres résultats clés de la COP 12 ont été
l’inclusion d’environ 150 zones marines d’importance écologique et biologique (3).

Section 3 : Les Conférences des Parties après le Sommet sur le Climat de 2015

3.1- La COP13 de Décembre 2016 à Cancun

3.1.1- Le contexte et les objectifs de la COP13

Il reste moins de quatre ans avant l’échéance du Plan stratégique pour la biodiversité 2011-
2020 et l’UICN insiste sur l’importance vitale d’accroître les efforts si l’on veut atteindre les
Objectifs d’Aichi dès 2020, et rappelle aux Parties que la mise en œuvre des Objectifs d’Aichi
est essentielle pour la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD). Ainsi
l’accent de la COP13 est mis sur la prise en compte systématique et l’intégration de la
biodiversité dans différents secteurs, et ses conséquences sur le Programme de développement
durable à l’horizon 2030 et d’autres processus internationaux pertinents.

3.1.2- Les principaux résultats de la COP13

Trois questions cruciales pour les décennies à venir concernant la conservation sont
soulignées dans les Engagements : (1) le lien entre diversité biologique et culturelle ; (2)
l’importance des océans du monde pour la conservation de la biodiversité et des moyens
73

d'existence durables ; (3) les menaces à la biodiversité entraînées par la disparition des
habitats, les changements climatiques, les espèces exotiques envahissantes, l’exploitation non-
durable et la pollution. Pour soutenir les Parties dans la réalisation des Objectifs et les
rapports d’avancement, l’UICN insiste sur ses efforts collaboratifs avec le Centre mondial de
surveillance de la conservation du PNUE (UNEP-WCMC) et Bird Life International pour
développer des outils d’aide à la décision.

3.2- La COP14 de Novembre 2018 à Sharm El Sheikh

3.2.1- Le contexte et les objectifs de la COP14

La 14e conférence des parties à la Convention sur la diversité biologique (CDB) s’est
tenue à Sharm El Sheikh, en Égypte, du 13 au 29 novembre 2018. Pour Gilles KLEITZ,
Directeur du département Transition écologique et Ressources naturelles à l’Agence
Française de Développement, c’est une étape importante pour la préparation d’un
accord global en 2020 sur la biodiversité, qui permettra enfin une meilleure prise en
compte du capital naturel et des écosystèmes dans l’économie mondiale. L’accord de
Pékin a vocation à être l’équivalent pour la biodiversité de l’Accord de Paris sur le
climat, c’est-à-dire un accord mondial et global qui permette de façon systématique et
ambitieuse d’inverser le phénomène de dégradation du capital naturel. Il impliquera
idéalement des engagements par pays, en responsabilité, avec un mode de compatibilité
homogène que l’on puisse mettre en regard d’un effort mondial à réaliser. Yasmine
FOUAD, Ministre de l‘environnement de la République Arabe d‘Egypte, et Présidente de la
COP14, a rappelé que les ministres et les chefs de délégation se félicitaient de l’initiative prise
par l’Égypte de promouvoir une approche coordonnée pour lutter contre la perte de
biodiversité, les changements climatiques et la dégradation des sols et des écosystèmes. Elle a
appelé l’Assemblée générale des Nations Unies à organiser un sommet sur la diversité
biologique pour les chefs d’État avant la COP15 de la CDB en 2020 et a invité les pays à
mener à bien la réalisation du Plan stratégique de la CDB avant la fin de la décennie.

3.2.2- Les principaux résultats de la COP14

Les 196 gouvernements acceptent d’intensifier leurs efforts pour la nature d’ici 2020 et au-
delà. Un sommet ministériel africain tenu juste avant la COP 14 a produit une déclaration
74

ministérielle ainsi qu’un Agenda d’actions panafricaines sur la restauration des écosystèmes
pour accroître leur résilience (1). Un appel à l‘Assemblée générale de l‘ONU pour déclarer la
période 2021–2030 comme décennie de la restauration des écosystèmes (2). Le Forum sur les
entreprises et la biodiversité a produit des recommandations pour renforcer davantage
l’engagement du secteur privé et des entreprises en faveur de la diversité biologique et son
intégration dans différents secteurs économiques (3). S’appuyant sur le thème de la
conférence, la COP14 a adopté une décision concernant une approche stratégique à long
terme visant à intégrer la biodiversité dans les travaux d’un certain nombre de secteurs
productifs, notamment l’énergie et les mines, les infrastructures, et la santé (4). Un Sommet
sur la Nature et la Culture a proposé des activités visant à faire progresser les travaux sur la
diversité biologique et culturelle en collaboration avec l’Organisation des Nations Unies pour
l’Education, la Science et la Culture (UNESCO), les peuples autochtones et les communautés
locales (5). Des directives volontaires ont été adoptées sur diverses questions, notamment sur
la conception et la mise en œuvre efficace de solutions fondées sur la nature pour l’adaptation
au changement climatique et la réduction des risques de catastrophes naturelles, sur les
connaissances traditionnelles et sur l’intégration d’aires protégées et d’autres mesures de
conservation dans les paysages terrestres et marins plus vastes (6). La Conférence a adopté
d’importantes décisions relatives aux pollinisateurs, à la gestion durable des espèces sauvages,
à la santé, aux espèces exotiques envahissantes, à la mobilisation des ressources financières,
l’accès aux ressources génétiques et au partage juste et équitable des bénéfices issus de leurs
utilisations (7).

3.3- La COP15 de Décembre 2022 à Montréal

3.3.1- Le contexte et les objectifs de la COP15

La 15e COP CDB s’est tenue du 07 au 19 décembre 2022 au siège de son secrétariat à
Montréal (Québec). Cette COP était accès sur la protection de la nature et les moyens de
mettre un terme à l’apprivoisement de la biodiversité partout dans le monde. En effet, la
nature est essentielle pour atteindre les objectifs du développement durable et limiter le
réchauffement climatique à 1,5°. L’adoption d’un cadre mondial audacieux en matière de
biodiversité, qui s’attaque aux principaux facteurs de perte de la nature, est nécessaire pour
garantir la santé et le bien-être de l’Homme et de la planète.

3.3.2- Les principaux résultats de la COP15


75

Les principaux résultats de la COP15 CDB sont : adoption d’un cadre équitable globale
assorti des ressources nécessaires à sa mise en œuvre ; des objectifs clairs pour lutter contre la
surexploitation, la pollution, la fragmentation et les pratiques agricoles non durables sont
définies ; un plan qui préserve les droits des peuples autochtones et qui reconnait leurs
contributions en tant que gardiens de la nature est établi ; le financement de la biodiversité et
alignement des flux financiers sur la nature afin d’orienter les finances vers les
investissements durables et de les éloigner des investissements nuisibles à l’environnement est
recommandé.
76

Chapitre 6 : LES CONFERENCES DES PARTIES A LA CONVENTION DES


NATIONS UNIES SUR LE COMMERCE INTERNATIONAL DES ESPECES
MENACEES D’EXTINCTION
Section 1 : Les Conférences des Parties des Sommets de Stockholm à Rio de Janeiro
1.1- La COP1 de Décembre 1976 à Berne
1.1.1- Le contexte et les objectifs de la COP1

La première session de la Conférence des Parties à la CITES (COP1) s’est tenue à Berne en
Suisse du 2 au 6 novembre 1976. Ont pris part à ce grand rassemblement, plus 200 délégués et
observateurs, une centaine de pays et organisations confondus. Les objectifs de cette COP
sont au nombre de trois (03) : examiner les mécanismes juridiques et administratifs de la
CITES ; discuter des questions liées à la conservation de la biodiversité ; encourager la
coopération internationale dans la gestion et la conservation des espèces sauvages.

1.1.2- Les principaux résultats de la COP1

Après l’élection du Présidium de la Conférence, des Comités Cites, le Secrétariat du Cites et


des Groupes de travail sont mis en place avant l’adoption des trois annexes. L’annexe I
comprend toutes les espèces menacées d’extinction qui sont ou pourraient être affectées par le
commerce. Le commerce des spécimens de ces espèces doit être soumis à une règlementation
particulièrement stricte afin de ne pas mettre davantage leur survie en danger, et ne doit être
autorisé que sous certaines conditions. L’annexe II comprend toutes les espèces qui, bien que
n’étant pas nécessairement menacées actuellement d’extinction pourraient, le devenir si le
commerce des spécimens de ces espèces n’était pas soumis à la réglementation stricte ayant
pour but d’éviter une exploitation incapable avec leur survie. Ces espèces doivent faire l’objet
d’une réglementation, afin de rendre efficace le contrôle du commerce des spécimens
d’espèces inscrites à l’annexe. L’annexe III comprend des espèces inscrites à la demande
d’une partie qui en règlemente déjà le commerce et qui a besoin de la coopération des autres
parties pour en empêcher l’exploitation illégale ou non durable. Le commerce international de
spécimens des espèces inscrits à cette annexe, n’est autorisé que sur présentation de permis ou
de certificat approprié. En outre, il a été recommandé d’encourager la recherche scientifique
sur les espèces sauvages.
77

1.2- La COP2 de Mars 1979 à San José


1.2.1- Le contexte et les objectifs de la COP2

La COP2 s’est tenue à San José à Costa Rica du 19 au 30 mars 1979. Les objectifs de cette
COP sont également au nombre de trois (03) : examiner les progrès réalisés depuis la COP1 ;
examiner les amendements proposés pour renforcer la réglementation sur le commerce
international des espèces sauvages ; discuter des problèmes émergents liés au commerce des
espèces sauvages.

1.2.2- Les principaux résultats de la COP2

Les propositions adoptées lors de la session sont les suivantes : 8 transferts d’espèces de
l’annexe I à l’annexe II ; 17 transferts d’espèces de l’annexe II à l’annexe I ; 10 suppressions
d’espèces de l’annexe I ; 6 suppressions d’espèces de l’annexe II ; 15 inscriptions d’espèces à
l’annexe I ; 36 inscriptions d’espèces à l’annexe II. A la suite de l’adoption, une notification
est faite aux pays signataires à titre informatif le 4 mai 1979. Le 28 juin 1979, lesdits
amendements sont entrés en vigueur. Notons également que de nombreuses espèces et
produits d’espèces sont inscrits à l’annexe III. Il a été demandé à chaque pays la mise en place
d’un registre naturel sur le commerce des espèces menacées et d’établir des rapports annuels
et bisannuels qui doivent être soumis au plus tard le 31 octobre de l’année suivante. Avec
l’entrée en vigueur des amendements, plusieurs espèces de diverses localités du monde seront
protégées et leur disparition sera ralentie voire limitée. Il revient donc aux pays membres de
travailler à une intégration effective de leurs espèces, tout en renonçant à un certain nombre
de privilèges locaux. En plus de l’adoption de la réglementation sur le commerce international
des espèces sauvages, il y a la création d’un Fonds pour la conservation des espèces sauvages
et l’encouragement à la coopération entre les gouvernements et les organisations non
gouvernementales.

1.3- La COP3 de Mars 1981 à New Delhi


1.3.1- Le contexte et les objectifs de la COP3

La troisième session de la Conférence des Parties à la CITES (COP3) s’est tenue à New Delhi
en Inde du 24 février au 8 mars 1981. Les objectifs de cette COP sont pratiquement les
mêmes que ceux de la COP précédente : examiner les progrès réalisés depuis la COP2 ;
examiner les amendements proposés pour renforcer la réglementation sur le commerce
international des espèces sauvages ; discuter des espèces nouvellement proposées pour être
protégées par la CITES.
78

1.3.2- Les principaux résultats de la COP3

L’adoption de nouvelles pour renforcer la réglementation sur le commerce international des


espèces sauvages ; l’ajout des nouvelles espèces réglementées par la CITES aux annexes I, II,
III ; l’encouragement de la restauration des habitats et de la gestion des espèces sauvages.

1.4- La COP4 d’Avril 1983 à Gaborone


1.4.1- Le contexte et les objectifs de la COP4

La quatrième session de la Conférence des Parties à la CITES (COP4) s’est tenue à Gaborone
au Botswana du 19 au 30 avril 1983. L’objectif principal de cette COP est d’examiner et
d’évaluer la mise en œuvre de la Convention depuis son entrée en vigueur et prendre des
mesures pour renforcer son efficacité.

1.4.2- Les principaux résultats de la COP4

L’adoption de plusieurs résolutions visant à renforcer la coopération entre les pays membres,
à améliorer la collecte des données sur le commerce des espèces sauvages et à renforcer les
mesures de protection pour certaines espèces.

1.5- La COP5 de Mai 1985 à Buenos Aires


1.5.1- Le contexte et les objectifs de la COP5

La cinquième réunion de la Conférence des Parties à la CITES s'est tenue à Buenos Aires, en
Argentine, du 22 avril au 3 mai 1985. Les participants comprenaient des délégations de
soixante-six États parties, des représentants du Programme des Nations Unies pour
l'environnement (PNUE), des observateurs de quatre États non parties, le Programme des
Nations Unies pour le développement (PNUD), l'Organisation des Nations Unies pour
l'Alimentation et l'Agriculture (FAO), la Communauté économique européenne (CEE) et la
Commission baleinière internationale (CBI). Étaient également présents des observateurs de
114 organisations non gouvernementales. La réunion a été ouverte par le Dr Victor
MARTINEZ, Vice-Président de la République d’Argentine. L’objectif principal de cette COP
est d’évaluer les progrès réalisés dans la mise en œuvre de la Convention depuis la COP
précédente et d’adopter des mesures supplémentaires pour renforcer la protection des espèces
sauvages menacées.
79

1.5.2- Les principaux résultats de la COP5

L’adoption de plusieurs résolutions visant à renforcer les mécanismes de contrôle du


commerce des espèces inscrites aux annexes de la CITES, à promouvoir la coopération
internationale dans la lutte contre le braconnage et le commerce illégal des espèces, à
améliorer la gestion des fonds alloués à la conservation des espèces menacées.

1.6- La COP6 de Juillet 1987 à Ottawa

1.6.1- Le contexte et les objectifs de la COP6


La COP CITES 6 s'est tenue du 12 au 24 juillet 1987 à Ottawa (Canada). La Conférence a
rassemblé tous les pays membres de la Convention sur le commerce international des espèces
de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES). Les participants ont discuté et
pris des décisions pour renforcer la protection des espèces menacées. L’objectif principal de
cette COP est d’évaluer les progrès réalisés dans la mise en œuvre de la Convention depuis la
COP précédente et d’adopter des mesures supplémentaires pour renforcer la protection des
espèces sauvages menacées.

1.6.2- Les principaux résultats de la COP6


Renforcer les mesures de protection des espèces inscrites aux annexes de la CITES.
Promouvoir la coopération régionale pour la conservation des espèces migratrices. Renforcer
les efforts de lutte contre le trafic des espèces sauvages. Encourager la participation des
communautés locales dans la conservation des espèces.
1.7- La COP7 d’Octobre 1989 à Lausanne
1.7.1- Le contexte et les objectifs de la COP7

La septième session de la Conférence des Parties à la CITES (COP7) s’est tenue à Lausanne
en Suisse du 9 au 20 octobre 1989. L’objectif principal de cette COP est d’examiner et réviser
les mesures prises pour la mise en œuvre de la Convention, en particulier, en ce qui concerne
le commerce des espèces inscrites aux annexes de la CITES.

1.7.2- Les principaux résultats de la COP7

L’adoption de plusieurs résolutions sur la lutte contre le commerce illégal des espèces
sauvages, l’amélioration de la gestion des quotas d’exploitation, la protection des espèces de
requins et raies, la réglementation du commerce de l’ivoire d’éléphant.
80

1.8- La COP8 de Mars 1992 à Kyoto


1.8.1- Le contexte et les objectifs de la COP8

La huitième session de la COP à la CITES s’est tenue à Kyoto, Japon du 2 au 13 mars 1992.
Au total, il y avait 1590 participants, dont des délégations de 103 Etats parties et des
observateurs de six Etats non parties, 586 membres de la presse. La réunion a été ouverte par
M. K. KAKIZAWA, Vice-Ministre parlementaire des affaires étrangères du Japon. Il a
souligné la valeur économique et esthétique de la faune sauvage pour l'homme, a rappelé les
efforts déployés au Japon pour la conservation de la faune et a souligné l'importance de cette
année, le 20e anniversaire de la réunion des Nations Unies qui a donné naissance à la CITES,
et l'année où le Sommet de la Terre aurait lieu. Le Secrétariat de la CITES a présenté un
document complet comprenant un examen des infractions alléguées et d'autres problèmes
d'application de la Convention. L'examen a porté sur les sujets suivants : infractions relatives
à la soumission des rapports annuels ; désignation et fonctionnement des autorités
scientifiques et absence de législation nationale ; absence de réponse des Parties au
Secrétariat; délivrance irrégulière de certificats pré-Convention et de certificats d'élevage en
captivité et de reproduction artificielle; non application des Résolutions ; documents
invalides ; fraude à grande échelle ou élaborée ; conditions de transport; poursuites ou saisies
importantes; et d'autres problèmes de mise en œuvre.

1.8.2- Les principaux résultats de la COP8

Les principaux résultats de la COP8 comprenaient l'adoption d'un certain nombre de mesures
visant à renforcer la mise en œuvre de la CITES et à améliorer son efficacité dans la
réglementation du commerce international des espèces menacées. La conférence a également
adopté plusieurs décisions visant à améliorer la gestion des espèces inscrites à la CITES,
notamment des mesures visant à renforcer la protection de certaines espèces, telles que
l'éléphant d'Afrique et les grands singes, et à lutter contre le commerce d'espèces sauvages
récoltées et commercialisées illégalement. La première résolution relative à la soumission des
rapports annuels, stipule que la non-soumission des rapports annuels au 31 octobre de l'année
suivant l'année pour laquelle un rapport est dû constitue un problème majeur dans la mise en
œuvre de la Convention. La deuxième résolution traite des préoccupations concernant le
mouvement des spécimens CITES faisant partie d'expositions itinérantes d'animaux vivants et
appelle à la délivrance normalisée de certificats pré-Convention ou élevés en captivité pour
les animaux individuels détenus par ces opérations, et à une inspection accrue. La troisième
81

résolution charge le Secrétariat de revoir les lois nationales pour la mise en œuvre de la
Convention.

Section 2 : Les Conférences des Parties des Sommets de Rio de Janeiro à Johannesburg
2.1- La COP9 de Novembre 1994 à Fort Lauderdale
2.1.1- Le contexte et les objectifs de la COP9

La neuvième session de la Conférence des Parties à la CITES (COP9) s’est tenue à Fort
Lauderdale aux Etats-Unis du 7 au 18 novembre 1994. L’objectif principal de cette COP est
d’examiner les progrès réalisés dans la mise en œuvre de la Convention et prendre des
mesures supplémentaires pour renforcer la protection des espèces sauvages menacées.

2.1.2- Les principaux résultats de la COP9

L’adoption de plusieurs résolutions sur la lutte contre le commerce des espèces sauvages,
l’amélioration de la coopération internationale dans la gestion de la faune et de la flore, la
réglementation du commerce des espèces de bois précieux, et la mise en place des
mécanismes de suivi pour évaluer l’efficacité de la Convention.

2.2- La COP10 de Juin 1997 à Harare


1.2.1- Le contexte et les objectifs de la COP10

La dixième session de la COP à la CITES s’est tenue à Harare au Zimbabwe du 9 au 20 juin


1997. L’objectif principal de cette COP est d’examiner les progrès réalisés dans la mise en
œuvre de la Convention et prendre des mesures supplémentaires pour renforcer la protection
des espèces sauvages menacées.

1.2.2- Les principaux résultats de la COP10

L’adoption de plusieurs résolutions pour renforcer les mesures de lutte contre le commerce
illégal des espèces sauvages, l’amélioration de la réglementation du commerce de l’ivoire
d’éléphant, le renforcement de la protection des grands félins tels que les lions et les léopards,
la promotion de la conservation et l’utilisation durable des espèces inscrites aux annexes de la
CITES.

2.3- La COP11 d’Avril 2000 à Nairobi


2.3.1- Le contexte et les objectifs de la COP11

La Onzième session de la COP à la CITES s’est tenue à Nairobi (Gigiri) au Kenya du 10 au


20 avril 2000. L’objectif principal de cette COP est d’examiner les progrès réalisés dans la
82

mise en œuvre de la Convention et prendre des mesures supplémentaires pour renforcer la


protection des espèces sauvages menacées.

2.3.2- Les principaux résultats de la COP11

L’adoption de plusieurs résolutions pour renforcer les mesures de lutte contre le commerce
illégal des espèces sauvages, l’amélioration de la réglementation du commerce des espèces
inscrites aux annexes de la CITES, le renforcement de la participation des communautés
locales dans la conservation des espèces, la promotion de la coopération régionale pour la
conservation des espèces.

2.4- La COP12 de Novembre 2002 à Santiago


La 12e session de la Conférence des Parties à la CITES est une réunion d'importance pour la
diversité biologique mondiale et pour le développement durable. Elle est l'une des quatre COP
d'accords multilatéraux sur l'environnement liés à la diversité biologique mondiale, tenues
depuis que le Sommet mondial sur le développement durable s'est achevé à Johannesburg il y
a deux mois. Tenue à New Delhi, en Inde, la COP12 a pour objectif principal d’examiner les
progrès réalisés dans la mise en œuvre de la Convention et prendre des mesures
supplémentaires pour renforcer la protection des espèces sauvages menacées.

2.4.2- Les principaux résultats de la COP12

L’adoption de plusieurs résolutions pour renforcer les mesures de protection des espèces
marines, l’amélioration de la réglementation du commerce de l’ivoire d’éléphant, le
renforcement de la conservation des espèces d’arbres et de plantes, la promotion de la
coopération régionale pour la conservation des espèces.

2.5- La COP13 d’Octobre 2004 à Bangkok


2.5.1- Le contexte et les objectifs de la COP14
La treizième session de la Conférence des Parties à la CITES s’est tenue à Bangkok
(Thaïlande) du 2 au 14 octobre 2004 . L’objectif principal de cette COP est d’examiner les
progrès réalisés dans la mise en œuvre de la Convention et prendre des mesures
supplémentaires pour renforcer la protection des espèces sauvages menacées.

2.5.2- Les principaux résultats de la COP13

L’adoption de plusieurs résolutions pour renforcer les mesures de protection des espèces
sauvages menacées, l’amélioration de la réglementation du commerce des espèces inscrites
83

aux annexes de la CITES, le renforcement de la conservation des espèces d’arbres et de


plantes, la promotion de la coopération régionale pour la conservation des espèces marines.

2.6- La COP14 de Juin 2007 à La Haye


2.6.1- Le contexte et les objectifs de la COP14

La quatorzième session de la Conférence des Parties à la CITES s’est tenue à La Haye (Pays-
Bas) du 3 au 15 juin 2007. L’objectif principal de cette COP est d’examiner les progrès
réalisés dans la mise en œuvre de la Convention et prendre des mesures supplémentaires pour
renforcer la protection des espèces sauvages menacées.

2.6.2- Les principaux résultats de la COP14

L’adoption de plusieurs résolutions pour renforcer les mesures de protection des espèces
sauvages menacées, l’amélioration de la réglementation du commerce de l’ivoire d’éléphant,
le renforcement de la conservation des espèces inscrites aux annexes de la CITES, la
promotion de la coopération régionale pour la conservation des espèces migratrices.

2.7- La COP15 de Mars 2010 à Doha


2.7.1- Le contexte et les objectifs de la COP15

La quinzième session de la Conférence des Parties à la CITES s’est tenue à Doha (Qatar) du 13 au
25 mars 2010. L’objectif principal de cette COP est d’examiner les progrès réalisés dans la
mise en œuvre de la Convention et prendre des mesures supplémentaires pour renforcer la
protection des espèces sauvages menacées.

7.2- Les principaux résultats de la COP15

L’adoption de plusieurs résolutions pour renforcer les mesures de protection des espèces
marines, l’amélioration de la réglementation du commerce des espèces inscrites aux annexes
de la CITES, la promotion de la coopération régionale pour la lutte contre le commerce des
espèces sauvages sur internet, le renforcement de la conservation des espèces d’arbres et de
plantes.

2.8- La COP16 de Mars 2013 à Bangkok


2.8.1- Le contexte et les objectifs de la COP16

La seizième session de la Conférence des Parties à la CITES (COP16) s’est tenue à


Bangkok en Thaïlande du 3 au 14 mars 2013. L’objectif principal de cette COP est
84

d’examiner les progrès réalisés dans la mise en œuvre de la Convention et prendre des
mesures supplémentaires pour renforcer la protection des espèces sauvages menacées.

2.8.2- Les principaux résultats de la COP16

L’adoption de plusieurs résolutions pour renforcer les mesures de lutte contre le trafic des
espèces sauvages, l’amélioration de la réglementation du commerce des espèces inscrites aux
annexes de la CITES, la promotion de la coopération régionale pour la lutte contre le
commerce des espèces marines et migratrices, l’adoption des mesures de lutte contre la
cybercriminalité liée au commerce des espèces sauvages,

Section 3 : Les Conférences des Parties des Sommets de Johannesburg à Paris

3.1- La COP17 d’Octobre 2016 à Johannesburg


3.1.1- Le contexte et les objectifs de la COP17

La dix-septième session de la Conférence des Parties à la CITES s’est tenue à Johannesburg


(Afrique du Sud) du 24 septembre au 5 octobre 2016. L’objectif principal de cette COP est
d’examiner les progrès réalisés dans la mise en œuvre de la Convention et prendre des
mesures supplémentaires pour renforcer la protection des espèces sauvages menacées.

3.1.2- Les principaux résultats de la COP17

L’adoption de plusieurs résolutions pour renforcer la protection des espèces sauvages


menacées, notamment les éléphants, les rhinocéros, les requins, les raies, les pangolins, les
arbres précieux, l’amélioration de la réglementation du commerce des espèces inscrites aux
annexes de la CITES, la promotion de la coopération régionale pour la conservation des
espèces sauvages,

3.2- La COP18 d’Aout 2019 à Genève


3.2.1- Le contexte et les objectifs de la COP18
La dix-huitième session de la Conférence des Parties à la CITES s’est tenue à Genève (Suisse), du
17 au 28 août 2019. L’objectif principal de cette COP est d’examiner les progrès réalisés dans
la mise en œuvre de la Convention et prendre des mesures supplémentaires pour renforcer la
protection des espèces sauvages menacées.

3.2.2- Les principaux résultats de la COP18

L’adoption de plusieurs résolutions pour renforcer les mesures de lutte contre le trafic des
espèces sauvages, l’amélioration de la réglementation du commerce des espèces inscrites aux
85

annexes de la CITES, la promotion de la coopération régionale pour la lutte contre le


commerce illégal des espèces sauvages, la promotion de la conservation des espèces marines,
le renforcement de la protection des espèces d’arbres et de plantes.

3.3- La COP19 de Novembre 2022 à Panama City


3.3.1- Le contexte et les objectifs de la COP19

Coincée entre la COP27 Climat et la COP15 Biodiversité, la COP19 de la Cites, qui s’est
tenue au Panama entre le 14 et le 25 novembre 2022 est pourtant parvenue à des résultats
satisfaisants. La COP19 a pour objectif de faire en sorte que les transactions sur les espèces de
la faune et de la flore ne menacent pas la survie de ces différentes espèces et parmi ces
espèces nous pouvons citer le requin nez blanc, bois de rose, concombre de mer ou le
rhinocéros blanc qui sont prélevées dans la nature et vendue pour leur viande, leurs ailerons,
leur ivoire pour fabriquer des meubles ou des instruments de musique servir d’animaux de
compagnie ou enrichir une collection. Lors de cette COP plusieurs propositions ont été faites
par les 1680 participants qui étaient des émissaires de leur différent pays. Au total, il a eu 51
propositions d’amendement de plusieurs types dans le but d’assouplir la règlementation.

3.3.1- Les principaux résultats de la COP19

Il ressort de cette COP des décisions historiques avec inscription de plus 500 espèces dans les
différentes annexes de la CITES comme la grenouille de verre, plusieurs espèces de
concombres de mer, mais surtout des dizaines d’espèces de requins requiem et marteaux ont
faire leur entrée à l’Annexe II de la CITES faisant d’eux des espèces dont le commerce fera
l’objet de contrôle accru. En revanche la déception fut grande en ce qui concerne
l’hippopotame car plusieurs pays dont le Bénin, le Niger, le Burkina Faso, la République
centrafricaine, le Mali ; le Sénégal et le Togo avaient fait une proposition pour qu’il fasse son
entrée sur les annexes mettant en avant l’exploitation de son ivoire comme substitue à l’ivoire
d’éléphant.
86

Chapitre 7 : LA REGLEMENTATION ENVIRONNEMENTALE AU BURKINA


FASO
Section 1 : L’évolution historique du droit de l’environnement
La politique et le droit de l’environnement sont relativement récents au Burkina Faso. Ils ont
cependant suivi une grande évolution, surtout au cours de la dernière décennie écoulée. Les
différentes étapes de cette évolution ont abouti à l’amorce d’une politique de l’environnement.
L’évolution du droit de l’environnement au Burkina Faso a suivi trois (03) phases essentielles,
la période coloniale, la période des indépendances et la phase contemporaine. Avant la
période coloniale, il existait dans les sociétés des techniques et des pratiques de conservation
des ressources naturelles trop traditionnelles.

1.1- La phase de la genèse (1919-1959)

Le droit de l’environnement au Burkina Faso, territoire constitué en 1919, tire ses origines de
la période coloniale. En effet, un effort législatif et règlementaire avait été opéré pour
encadrer la vie sociale, économique, politique et culturelle des possessions à l’image du mode
organisationnel métropolitain. Ainsi, fut élaborée une législation environnementale applicable
dans les colonies de l’Afrique Occidentale Française (AOF). Le premier secteur à faire l’objet
d’une attention particulière des autorités coloniales fut le secteur de l’eau en raison du
caractère stratégique des ressources en eau. Ainsi, fut pris l’arrêté du 4 avril 1921
promulguant en AOF le décret du 5 mars 1921 règlementant le régime des eaux en AOF. De
même, a été pris l’arrêté du 10 février 1922 promulguant en AOF le décret du 28 décembre
1921 portant réglementation sur la police des eaux minérales aux colonies françaises. Les
autorités coloniales étaient particulièrement soucieuses d’un approvisionnement régulier pour
les exigences d’une mise en valeur et donc d’une exploitation maximale des colonies. C’est
pourquoi la réglementation des ressources en eau a précédé celle des autres secteurs de
l’environnement comme l’attestent les premières mesures réglementaires en la matière et qui
peuvent être considérées comme les premiers textes coloniaux environnementaux en AOF. Le
second secteur de réglementation coloniale fut celui de la foresterie. Les premières mesures
relatives à la détermination du régime forestier applicable dans les territoires de l’AOF
remontent à l’année 1935 avec l’adoption du régime forestier de l’AOF. Ce texte a été
pendant un demi-siècle celui de référence en matière forestière. De 1935 à la veille des
indépendances en 1959, une cinquantaine de textes ont permis la protection d’espaces
forestiers protégés à travers leur inscription dans le domaine forestier classé. Le troisième et
dernier secteur de l’environnement à faire l’objet de règlementation coloniale a été celui de la
87

faune. Ces différents instruments coloniaux, législatifs ou réglementaires, présentaient trois


caractéristiques majeures. D’abord, ils étaient exclusifs des populations locales en matière de
gestion de l’environnement. Ils étaient élaborés et appliqués par la puissance coloniale dans
ses intérêts exclusifs. Les peuples coloniaux n’étaient associés ni à leur élaboration, ni à leur
mise en œuvre, ils étaient considérés comme des prédateurs contre lesquels il fallait protéger
les ressources naturelles. De même, les méthodes et techniques traditionnelles qui ont fait
leurs preuves séculaires en la matière étaient totalement ignorées.

1.2- La phase du tâtonnement (1960-1990)

Lorsque le Burkina Faso accéda à l’indépendance en 1960 et ce jusqu’en 1970, aucune


véritable initiative novatrice ne fut entreprise par les nouvelles autorités politiques dans le
domaine des ressources naturelles. Les priorités étaient nombreuses et impératives les unes et
les autres. La protection de l’environnement ne faisait pas nécessairement partie de ces
priorités. Même au niveau international, les questions environnementales n’avaient pas encore
acquis l’importance que nous leur connaissons aujourd’hui. Il a fallu attendre le début des
années 70 pour percevoir des signes d’évolution dans l’attitude des autorités publiques
nationales relativement aux questions environnementales. Cette nouvelle attitude est le
résultat d’une double évolution, d’abord au niveau international et ensuite au niveau national.
Au niveau international, le début des années 70 est marqué en la matière par la convocation
du premier sommet mondial sur l’environnement, la Conférence des Nations Unies sur
l’environnement humain qui s’est tenue en juin 1972 à Stockholm (Suède). Cette rencontre
avait été convoquée suite aux dangers qui menaçaient la planète et surtout de la nécessité
d’entreprendre des politiques volontaristes pour la protéger. S’agissant particulièrement du
Burkina Faso, et conformément aux recommandations de la Conférence, il créait en 1974 son
premier ministère de l’environnement. Au niveau national, le Burkina Faso sera confronté de
manière brutale dès 1973, à la plus grande catastrophe écologique de son histoire récente : une
sécheresse consécutive au processus de désertification en cours depuis le début des années
1960. A partir de cette date, le Burkina Faso prendra davantage conscience de la nécessité de
la protection de l’environnement et des ressources naturelles. Par la suite, l’on assistera à un
développement prodigieux du droit de l’environnement au Burkina Faso.

1.3- L’ébauche d’une politique environnementale (A partir de 1992)

Dans le cadre de la conférence de Rio de Janeiro (1992), le Burkina Faso a élaboré un


important document qui a été soumis à la Conférence à titre de Rapport national. Il s’agit du
88

Plan d’Action National pour l’Environnement (PANE). Selon ses concepteurs, le PANE offre
la possibilité de coordonner les politiques, les programmes, les projets et les investissements
en matière d’environnement, dans un cadre cohérent, susceptible d’aider à la saine gestion des
ressources naturelles et de l’espace. La finalité du PANE repose sur l’atteinte et le maintien
d’un équilibre socio-écologique national susceptible d’offrir de meilleures conditions de vie
aux populations actuelles et futures. Ce rapport constituait la contribution du Burkina Faso à
l’effort de réflexion internationale en matière de protection de l’environnement. Le rapport
expose d’abord les défis environnementaux majeurs auxquels le pays est confronté
(notamment la désertification) et qui se sont traduits par une dégradation continue et souvent
irréversible de l’environnement. Il décrit ensuite les efforts accomplis à travers les politiques
et les stratégies menées par le Burkina Faso en la matière, tant au plan normatif (législatif et
règlementaire) qu’opérationnel (projets et programmes environnementaux). Il définit enfin
une stratégie pour un développement durable dans une perspective aussi bien nationale
qu’internationale. S’agissant particulièrement de cette dimension internationale, le rapport
insiste, dans le cadre de la coopération pour le développement, sur la nécessité de ressources
financières additionnelles, le transfert de technologie sans but lucratif ou en tout cas, pour un
bénéfice minime et l’allègement du fardeau de la dette. A l’instar de la plupart des pays
africains, la politique et le droit de l’environnement au Burkina Faso reposent sur des sources
(globales et sectorielles) et des principes fondamentaux.

Section 2 : La réglementation globale

Les sources globales sont des sources de caractère général organisant la protection globale de
l’environnement. Il s’agit, notamment, de la Constitution, de la loi sur la RAF et du Code de
l’environnement.

2.1. La Constitution du 2 juin 1991


La Constitution burkinabé du 2 juin 1991 renferme de nombreuses dispositions en matière de
protection de l’environnement et des ressources naturelles. Dans son Préambule, elle affirme
la prise de conscience du Peuple Burkinabè « de la nécessité absolue de protéger
l’environnement ». (1) elle consacre les richesses et les ressources naturelles comme
propriété du Peuple et destinées à l’amélioration de ses conditions de vie (article 14). Elle ne
fait donc pas simplement de ce dernier un bénéficiaire mais également un acteur de la gestion
de ces ressources ; (2) elle reconnaît le droit à un environnement sain et met à la charge de
tout burkinabè l’obligation de participer à la protection, la défense et la promotion de
89

l’environnement dans le cadre de la mise en œuvre de ce droit (article 29), ce qui induit la
participation des citoyens à l’élaboration et à la mise en œuvre des politiques publiques
environnementales ; (3) elle reconnaît le droit pour tout citoyen d’initier une action ou
d’adhérer à une action collective, sous forme de pétition, contre des actes portant atteinte à
l’environnement ou lésant le patrimoine public, culturel ou historique (article 30).

2.2. La Réorganisation Agraire et Foncière du 23 mai 1996


La loi portant Réorganisation Foncière et agraire du 23 mai 1996 est une loi globale parce
qu’au-delà de la question foncière, elle régit la gestion de toutes les ressources naturelles au
Burkina Faso. Adoptée sous la période révolutionnaire, elle consacre le Domaine Foncier
National (DFN) appartenant à l’Etat. Elle contient de nombreux principes en matière de
protection de la faune, de la flore, des sols et des ressources en eau. Avec l’adoption du Code
de l’environnement et des lois sectorielles, de nombreuses dispositions de la RAF se trouvent
aujourd’hui vidées de leur substance et sont devenues ainsi caduques. Il convient cependant
de noter que les dispositions de la RAF qui ne sont pas contraires à celles de ces textes
législatifs récemment adoptés continuent à être en vigueur.

2.3. Le Code de l’environnement du 30 janvier 1997


C’est la loi de base en matière environnementale car elle « vise à établir les principes
fondamentaux destinés à préserver l’environnement et à améliorer le cadre de vie au Burkina
Faso » et devrait servir de source d’inspiration à tous les autres textes sectoriels
ultérieurement pris pour la préservation de l’environnement. Le Code de l’environnement du
30 janvier 1997 détermine le cadre normatif et institutionnel de la protection et de la
promotion de l’environnement. Le non-respect des règles du Code entraîne des sanctions
civiles et pénales. Le Code de l’environnement ne consacre pas de manière expresse la
participation comme un principe fondamental de préservation de l’environnement.
Contrairement au principe de l’éducation environnementale ou au principe pollueur-payeur,
qui sont expressément consacrés, le principe de participation ne ressort de manière expresse
dans aucune des dispositions du Code de l’environnement adopté cependant cinq après la
Conférence de Rio de Janeiro. Le Code de l’environnement institue cependant le principe de
participation de manière indirecte car il y procède à travers un autre principe fondamental qui
est le principe de prévention à travers l’Etude d’Impact Environnemental (EIE).

Section 3 : La réglementation sectorielle


90

Ce sont des textes législatifs consacrés à des secteurs déterminés de l’environnement comme
les forêts, l’eau, le pastoralisme ou la santé publique.

3.1. Le Code de santé publique du 15 mai 1994


Le Code de santé publique a pour objectif d’assurer la sécurité sanitaire des citoyens à travers
des prescriptions diverses. Cette loi a été complétée et précisée par deux (02) arrêtés
interministériels. L’Arrêté conjoint du 10 janvier 2004 fixe les modalités de contrôle de
qualité sanitaire des eaux destinées à la consommation humaine et l’Arrêté conjoint du 30
janvier 2004 fixe les modalités d’inspection sanitaire des unités de production et de
distribution d’eaux destinées à la consommation humaine au Burkina Faso.

3.2. Le Code forestier du 31 janvier 1997


Le Code forestier vise à assurer une gestion durable des ressources naturelles. Il définit le
régime des forêts, de la faune et des ressources halieutiques. Il fixe conformément à la
politique forestière nationale, l’ensemble des principes fondamentaux relatifs à la gestion des
ressources forestières et vise en particulier, à établir une articulation harmonieuse entre la
nécessaire protection de ces ressources et la satisfaction des besoins économiques, sociaux et
culturels des populations. Il s’agit de l’expression de la prise en compte du principe de
participation dans la gestion de ces ressources naturelles. Le Code forestier consacre ensuite
le principe de participation en disposant que : les forêts, la faune et les ressources halieutiques
sont des richesses naturelles faisant partie intégrante du patrimoine national qui doivent être
valorisées en vue de l’amélioration des conditions de vie des populations et à la préservation
desquelles, chaque burkinabè a le devoir de contribuer (article 2). Il ne fait pas uniquement de
ces populations des bénéficiaires des ressources naturelles, mais également des acteurs
conscients de la nécessité de leur préservation. La politique nationale en matière de forêt, de
faune et de ressources halieutiques est fondée sur les principales options qui sont entre autres,
« …la participation et la responsabilisation effective de la population dans la conception,
l’exécution, le suivi et l’évaluation des activités forestières, notamment à travers la gestion
décentralisée des ressources naturelles » (article 7).

3.3. Le Code minier du 22 octobre 1997


Adoptée dans l’objectif de promouvoir les investissements dans le secteur minier au Burkina
Faso, il vise à favoriser et encourager la recherche et l’exploitation des ressources minérales
nécessaires au développement économique et social du pays. Selon cette loi, les gites naturels
de substances minérales contenus dans le sol et le sous-sol du Burkina Faso sont de plein droit
91

la propriété de l’Etat qui en assure la mise en valeur en faisant appel notamment à l’initiative
privée. La recherche et l’exploitation de substances minérales sont autorisées en vertu d’un
titre minier. Aussi, la prospection, le traitement, le transport et la transformation des
substances minérales sont soumis à une autorisation. Les activités de recherche et
d’exploitation sont soumises au paiement de divers droits tels que les impôts, les redevances
et les taxes. Par ailleurs le code minier réaffirme le principe de participation gratuite de l’Etat
dans les entreprises minières à travers son article 18. Cet article stipule que « l’octroi du
permis d’exploitation industrielle de grande mine donne lieu à l’attribution à l’Etat de 10%
des parts ou actions de la société d’exploitation, libres de toutes charges ». Cette disposition
permet à l’Etat de se doter d’un patrimoine et d’avoir un regard sur la gestion de ces sociétés.
Le code minier burkinabè contient des dispositions qui permettent de prendre en compte les
dimensions sociale et environnementale dans les activités minières. On peut retenir de ces
dispositions que : aucun travail de prospection, de recherche ou d’exploitation ne peut être
entrepris dans une zone sans le consentement du voisinage ; dans les périmètres de
prospection, de recherche ou d’exploitation, des zones peuvent être établis pour la
préservation de l’environnement et la protection des sites archéologiques ou des ouvrages
d’intérêt public, l’occupation de terrains faisant l’objet de titre minier donne droit aux
propriétaires ou occupants coutumiers de ces terrains à une indemnisation ; la conduite
d’activités minières par les opérateurs privés se fait à travers des conventions qu’ils signent
avec l’Etat.

3.4. La loi d’orientation relative à la gestion de l’eau du 8 février 2001


La loi d’orientation relative à la gestion de l’eau au Burkina Faso définit le statut des
ressources en eau au plan national. Elle préconise la gestion durable des ressources en eau qui
sont reconnues comme élément du patrimoine commun de la nation. Elle reconnaît le droit
des citoyens à l’eau. En outre, elle définit le domaine public de l’eau, détermine les structures
et les instruments de sa gestion, les priorités d’utilisation, la protection de la ressource de
même, que les conditions de son financement. Cette loi consacre le principe de participation
de trois manières : (1) elle consacre le principe de participation de manière indirecte en
disposant que l’eau est un élément du patrimoine commun de la nation et fait partie du
domaine public, ce qui induit que tous les citoyens doivent participer à sa préservation dans
l’intérêt commun (article 7) ; (2) elle institue une enquête publique dans le cadre de la
détermination des limites des dépendances du domaine public de l’eau (article 10) ; (3) elle
consacre le principe de manière expresse, en tant que principe fondamental de la gestion de
92

l’eau en disposant que « Le ministre chargé de l’eau veille à ce que les populations
concernées par un aménagement hydraulique ou une mesure de gestion de l’eau reçoivent une
information appropriée…» (article 15).

3.5. La loi d’orientation relative au pastoralisme du 14 novembre 2002


La loi d’orientation relative au pastoralisme au Burkina Faso fixe « les principes et les
modalités d’un développement durable, paisible et intégré des activités pastorales,
agropastorales et Sylvio-pastorales ». Elle détermine les rôles respectifs des acteurs (Etat et
collectivités locales, pasteurs), les règles d’exploitation des ressources naturelles aux fins de
pastoralisme, les règles relatives à la mobilité des animaux, de même que les infractions et
leur procédure de sanction. C’est une loi très progressiste en matière de principe de
participation : son article 9 pose le principe de la participation en invitant les organisations de
pasteurs à participer, en concertation avec l’Etat et les collectivités locales, à la gestion
durable des ressources pastorales et à la sauvegarde de l’environnement ; cette participation
est plus explicitée par l’article 11 qui dispose que « Les organisations de pasteurs, en
concertation avec les autres organisations de producteurs, doivent apporter leur concours
aux actions d’identification, de préservation et de gestion des espaces pastoraux, des points
d’eau et des pistes à bétail. Ils contribuent également dans les mêmes conditions, aux niveaux
national et local, aux actions de prévention et de résolution des litiges liés aux activités
pastorales ».

3.6. Le Code général des collectivités territoriales du 21 décembre 2004


La loi n° 055-2004 du 21 décembre 2004 portant Code général des collectivités territoriales
au Burkina Faso, qui consacre la communalisation intégrale du territoire, contient de
nombreuses dispositions relatives aux compétences des collectivités locales en matière de
gestion de l’environnement et des ressources naturelles. Ainsi, l’article 88 énumère neuf (09)
compétences que doivent recevoir les régions, l’article 89 prévoit treize (13) compétences à
déléguer aux communes urbaines et rurales et l’article 90 ajoute huit (08) compétences
spécifiques aux communes rurales. C’est la mise en œuvre de la démocratie participative à
travers les structures de représentation des populations.

3.7. La loi portant régime de sécurité en matière de biotechnologie du 17 mars 2006


La loi sur le régime de sécurité en matière de biotechnologie assure des mécanismes de
participation des populations en matière de gestion des risques biotechnologiques. La
responsabilité de consulter les populations en la matière incombe à l’Agence Nationale de
93

Biosécurité qui est l’Autorité nationale compétente dotée d’un pouvoir délibérant. La
consultation publique y est définie comme des « échanges avec les populations qui
permettent à celles-ci de réagir après avoir été dûment informées des intentions
d’importation et/ou d’utilisation des organismes génétiquement modifiés et des produits
dérivés, ainsi que de leurs avantages ou inconvénients sur l’environnement, la santé humaine
et animale, l’éthique et l’économie » (article 3).

3.8- La loi portant Code de l’hygiène publique du 24 mai 2005


La loi portant code de l’hygiène publique a pour objectif principale de préserver et de
promouvoir la santé publique. Cette loi vise à régir « l’hygiène publique au Burkina Faso dans
divers domaines : l’hygiène sur les voies et places publiques ; des piscines et baignades ; des
habitations ; des denrées alimentaires ; de l’eau à travers les normes de potabilité ; des
installations industrielles et commerciales ; des établissements scolaires, préscolaires et
sanitaires ; des bâtiments publics ; du milieu naturel ; la lutte contre le bruit » (article 1).
3.9- La loi sur les semences végétales du 31 mars 2006
La loi n° 010-2006 du 31 mars 2006 portant règlementation des semences végétales
s’applique aux semences agricoles et forestières. Elle vise à « créer les conditions pour la
promotion de la qualité, de la production, de la commercialisation et de l’utilisation des
semences afin de contribuer à la réalisation de l’objectif national d’intensification, de
modernisation de l’agriculture d’accroissement des productions agricoles et forestières ainsi
que la sécurité alimentaire » (article 1). La loi sur les semences consacre les variétés de
semences traditionnelles en tant que patrimoine national ; prohibe le brevet sur le vivant mais
reconnaît le droit d’obtention végétale qui est le titre délivré pour protéger une variété
découverte par un obtenteur ; consacre le droit ou le privilège de l’agriculteur ou du fermier,
c’est-à-dire le droit des agriculteurs à utiliser librement la variété à des fins de semis pour leur
propre champ ; créé un catalogue national des variétés et des matériels forestiers de base,
contient la liste des espèces et variétés de plantes autorisées à être produites au Burkina
Faso ; protège les variétés traditionnelles car aucune variété traditionnelle ne peut, pour des
fins de recherche, sortir du territoire national sans une autorisation préalable ; consacre le
partage des avantages tirés de l’exploitation des ressources phylogénétiques traditionnelles
qui doivent bénéficier aux populations locales utilisatrices et gardiennes séculaires de
ressources ; institue un double contrôle de la qualité des semences : et le contrôle de qualité
dans le cadre de la production et de la certification des semences et le contrôle de qualité
dans le cadre de la commercialisation des semences.
94

3.10. La loi sur les pesticides du 8 novembre 1996


La loi n° 041/96/ ADP du 8 novembre 1996 instituant un contrôle des pesticides au Burkina
Faso soumet l’utilisation des pesticides (fabrication locale, importation, commercialisation) à
un système d’homologation préalable organisé par le Comité permanent Inter-états de la lutte
contre la Sécheresse dans le Sahel (CILSS). Pour tenir compte des évolutions, est
actuellement en vigueur la loi n° 006/98/AN du 26 mars 1998 portant modification de la loi
041 du 8 novembre 1996.
3.11. La loi sur les engrais du 20 novembre 2007
La loi n° 026-2007/AN instituant un contrôle des engrais organise un contrôle sur
l’importation, l’exportation, la fabrication locale et la commercialisation des engrais au
Burkina Faso. Elle soumet l’importation et la commercialisation des engrais à
l’accomplissement d’une double formalité : le certificat national de conformité (pour
l’importation) et l’agrément (pour l’importation et la commercialisation), délivrés par le
Ministère en charge du commerce, après avis du Ministre en charge de l’agriculture (article 3
et article 4). D’après l’article 6 « Le contrôle des engrais relève de la compétence du
Ministère en charge de l’agriculture et porte sur : la qualité des engrais ; le respect des
normes d’étiquetage et d’emballage ; la véracité des informations déclarées ; la régularité
de l’importation, de la fabrication locale, de la commercialisation et de l’exportation ».
3.12. La loi sur l’urbanisme et de la construction du 23 mai 2008
Le Code de l’urbanisme et de la construction contient d’importantes dispositions en matière
de préservation de l’environnement dans le cadre des opérations d’urbanisme et de
construction. Les instruments d’urbanisme que sont les schémas directeurs d’aménagement et
d’urbanisme (SDAU) et les plans d’occupation des sols (POS) constituent des outils
importants de la protection de l’environnement. Ce sont eux qui fixent à moyen et long terme,
les orientations du développement des agglomérations urbaines. Ils déterminent la destination
générale des sols dans le périmètre urbain donné et localise les zones à urbaniser. Les zones
urbaines non urbanisables ou à protéger en raison de leur spécificité et enfin, les grands
équipements d’infrastructure. Ils font apparaître la destination générale des sols, la
localisation des activités agro-pastorales, les principaux paysages boisés à maintenir, à
modifier ou à créer, les éléments essentiels des réseaux d’eau d’assainissement et
d’élimination des déchets.
95

Section 4 : Les documents de politique et de stratégie en matière d’environnement

4.1- Les textes de politique nationale en matière d’environnement


Plusieurs textes nationaux consacrent le principe de participation des citoyens à la protection
de l’environnement. Nous distinguerons les textes de politique et stratégie des textes
normatifs.

A- Le document de politique forestière nationale

Le document de politique forestière nationale a été adopté en 1995 et consacre, dans de


nombreuses dispositions, le principe de participation des populations. La promotion du
principe de participation en matière de gestion forestière a résulté d’une évolution progressive
dans l’approche de gestion de la forêt et de la faune. Pendant longtemps, ces ressources ont
été gérées de manière centralisée et technocratique, excluant les populations riveraines qui
étaient considérées comme des prédateurs de la ressource. Cette approche qui a ses racines
dans la période coloniale, s’est poursuivie durant les années des indépendances et ce, jusqu’au
milieu des années 90. C’est à cette période que les autorités forestières ont pris conscience de
la nécessité d’associer plus étroitement les populations locales car la stratégie d’exclusion
était à l’origine de l’échec des politiques publiques en la matière. En effet, l’exclusion, sans
mesures de compensation, des populations de la jouissance de certaines ressources vitales
dont elles ont jouit pendant des siècles, les a conduites, pour des nécessités de survie, à
ignorer la réglementation en vigueur et à s’exposer à la répression. La transition de l’approche
dirigiste de gestion des ressources naturelles vers la nouvelle approche participative associant
l’ensemble des acteurs s’est opérée progressivement avec l’apparition des concepts de gestion
des terroirs, de gestion communautaire, de cogestion ou de gestion partenariale. Aujourd’hui,
l’on parle de plus en plus d’éco-citoyenneté, approche visant à placer définitivement le
citoyen au cœur des problèmes d’environnement et de gestion durable des ressources
naturelles afin de maintenir un cadre de vie sain et d’améliorer de manière soutenable, ses
conditions de vie.

B- Le document de politique en matière d’eau


96

Le document de politique et stratégie en matière d’eau a été adopté en 1998. Il définit la


politique nationale en matière d’eau qui a pour objectif général « de contribuer au
développement durable, en apportant des solutions appropriées aux problèmes liés à l’eau,
afin que celle-ci ne devienne pas un facteur limitant du développement socio-économique ».
Le document retient la participation comme l’un des principes fondateurs de la politique de
l’eau au Burkina Faso. C’est ainsi que la politique nationale de l’eau fait intervenir les
utilisateurs à travers leurs organisations et associations professionnelles (secteur privé,
Organisations de la société civile), ainsi que les décideurs (Etat et collectivités locales). Ce
document est résolument basé sur la Gestion intégrée des Ressources en Eau (GIRE) dont un
des axes centraux concerne la participation des populations à la gestion de l’eau.

4.2- Les textes de stratégie nationale en matière d’environnement


A- La stratégie nationale en matière de la diversité biologique

La stratégie du Burkina Faso en matière de diversité biologique comprend les points suivants :
les principaux problèmes en matière de gestion de la diversité biologique ; les objectifs et les
options stratégiques retenus ; les mesures législatives et règlementaires. Au regard du
diagnostic fait sur l’état actuel de la diversité biologique sur le territoire national et à la
lumière du principe directeur, le problème majeur du Burkina Faso en matière de gestion de
sa diversité biologique est formulé comme suit : « Le Burkina Faso connaît un
appauvrissement de sa diversité dû aux effets conjugués de la détérioration des conditions
climatiques ; la dégradation des écosystèmes et des habitats et la surexploitation des
ressources naturelles ». Autour de ce problème central, se dessinent certains problèmes
spécifiques. Il s’agit notamment de la sècheresse, de l’érosion éolienne et hydrique, de la non
application de certaines mesures législatives et règlementaires par manque de volonté
affichée. Il s’agit également de la mauvaise politique anthropique Il s’agit en outre de
l’insuffisance de schémas d’aménagement, de l’ignorance des enjeux de la conservation des
ressources génétiques en raison du manque des ressources financières, de l’érosion du savoir
ou du savoir-faire traditionnel. Il s’agit enfin de la faible valorisation des ressources
biologiques et du faible niveau de partage des bénéfices découlant de l’exploitation des
ressources biologiques, surtout génétiques. Autre point relevé dans le cadre de la stratégie
nationale en matière de diversité biologique, ce sont les objectifs à atteindre pour corriger les
dégâts déjà subis par le patrimoine national, et prévenir tout dommage supplémentaire. Les
options stratégiques sont celles qui permettent de réaliser les objectifs définis.
L’identification des approches et options stratégiques s’appuie sur les expériences des
97

programmes et projets touchant directement ou indirectement à la préservation de la diversité


biologique.

B-La stratégie nationale dans le domaine de l’assainissement

La promotion de l’assainissement au Burkina Faso repose sur les idées suivantes : associer le
plus possible les autorités au processus de planification afin d’assurer une certaine continuité
des approches, le renforcement des capacités, et une meilleure appropriation des stratégies
fondées sur la demande réelle des communautés ; intégrer le concept de partage de
responsabilité de gestion dans les arrangements institutionnels entre l’administration, le
secteur privé, les ONG et les communautés de base ; faire de l’assainissement une
composante essentielle des programmes de développement en s’appuyant sur les opportunités
et les initiatives communautaires.

C- Le Programme d’action de lutte contre la désertification

La désertification qui se définit comme un processus de dégradation des terres dans les zones
arides, semi arides et subhumides, menace aujourd’hui les moyens d’existence de plusieurs
personnes dans une centaine de pays. Ce processus affecte quelques 25% de la superficie
terrestre et semble s’accélérer partout dans le monde. La Convention des Nations Unies sur la
lutte contre la désertification se fixe comme objectif de lutter contre la désertification et
d’atténuer les effets de la sècheresse dans les pays gravement touchés par la sècheresse ou la
désertification, en particulier en Afrique. Dans ce contexte, le PAN-CD se fixe les objectifs
suivants au Burkina Faso : contribuer à l’instauration d’un développement durable par le
renforcement des capacités des autorités locales et assurer la participation active des
populations, des collectivités et des groupes locaux dans les actions de lutte contre la
désertification et l’atténuation des effets de la sècheresse ; assurer une gestion durable et
intégrée des ressources naturelles aux fins de la promotion de la sécurité alimentaire.

D- L’étude d’impact sur l’environnement

L’Étude d’Impact Environnemental (EIE) est un principe majeur de prévention des dommages
à l’environnement. Elle est un moyen opportun de protection de l’environnement contre les
risques de dommages graves. L’EIE est l’étude qu’il faut mener, au préalable, afin d’apprécier
les incidences qu’auraient ou que peuvent avoir des projets d’ouvrages, de travaux ou
d’aménagement sur l’environnement. Plusieurs raisons sous-tendent l’impérieuse nécessité de
l’EIE. Il s’agit essentiellement de raisons écologiques, juridiques et économiques. En effet,
98

l’irréversibilité des dommages écologiques, les confusions et difficultés de mise en œuvre des
sanctions et réparations et l’onérosité de la réparation des dommages font que la prévention
est fondamentale dans le domaine de la protection de l’environnement. C’est la raison pour
laquelle, au niveau national qu’international, les États s’efforcent d’assurer un droit
suffisamment préventif. L’EIE a été pour la première fois envisagée aux États-Unis en 1970,
avant de s’intégrer progressivement dans les droits nationaux de l’environnement des autres
pays développés et des pays du tiers-monde. S’agissant des droits nationaux de
l’environnement, l’EIE a été introduite dans le droit burkinabè dès 1994 par le premier Code
de l’environnement. Elle sera confirmée par le Code de 1997. Conformément à l’article 23 du
Coe, un décret a été adopté en 2001 déterminant le contenu de l’EIE.

Chapitre 8 : L’INSERTION DES TRAITES INTERNATIONAUX AU BURKINA


FASO
Section 1 : Le cadre institutionnel de la gouvernance de l’environnement
La gouvernance peut être définie comme « l’exercice de l’autorité politique, économique et
administrative en vue de gérer les affaires d’un pays à tous les niveaux. La gouvernance
englobe les mécanismes, les processus et les institutions par le biais desquels les citoyens
expriment leurs intérêts, exercent leurs droits juridiques, assument leurs obligations et
auxquels ils s’adressent en vue de régler leur différend ». C’est donc l’ensemble des méthodes
et pratiques, qu’elles soient bonnes ou mauvaises, auxquelles une société recourt pour
distribuer le pouvoir et gérer les ressources publiques et les problèmes publics. Si la
gouvernance a ainsi traditionnellement concerné les domaines politique et économique, elle a
fortement investi le secteur de l’environnement et des ressources naturelles. De l’accession à
l’indépendance jusqu’au régime révolutionnaire de 1983, la Haute-Volta a laissé subsister le
modèle colonial puisque le dualisme juridique continuait de prévaloir. Deux textes importants
ont été pris pour la gestion des terres du pays : il s’agit de la loi n°77/60/AN du juillet 1960
portant règlementation des terres du domaine privé de la Haute-Volta et la loi n°29/63/AN du
24 juillet 1963 autorisant le Gouvernement à réserver pour l’Etat une part des terres ayant fait
l’objet d’aménagements spéciaux et à déclarer comme biens de l’Etat les terres peu peuplées
ou éloignées des agglomérations. L’avènement de la révolution marque une rupture avec la
gestion des terres hérité de l’époque coloniale par un texte important, en occurrence
l’ordonnance portant réorganisation agraire et foncière qui consacre au plan juridique la
nouvelle vision de l’Etat en matière de gestion des terres et des ressources naturelles. On note
surtout qu’il innove sur plusieurs points : il annule les titres fonciers précédemment délivrés
99

depuis la période coloniale, prononce l’annulation des droits coutumiers et crée le domaine
foncier national en nationalisant l’ensemble des terres de l’Etat, entre autres. Dans son
application, cette ordonnance et son décret d’application ont connu des difficultés dues à des
résistances de certains acteurs qui en réalité n’ont jamais renoncé à leurs prétentions sur les
terres notamment en milieu rural. En 1991 et en 1996, la RAF a été relue pour tenir compte de
l’évolution intentionnelle du pays. Cependant, l’état des lieux de l’application de la RAF
dernière version, celle de 1996 fait ressortir en ce qui concerne les terres rurales certaines
difficultés de gestion. Plusieurs approches de sécurisation foncière des acteurs du monde rural
ont été expérimentées par des projets et programmes du fait que les dispositifs juridique et
institutionnel existant n’ont pas permis de rassurer et de conforter les investissements qui y
ont cours. Ainsi, le Programme National de Gestion des Terroirs a expérimenté une approche
intentionnelle de sécurisation foncière à travers la mise en place des Commissions
Villageoises de Gestion des Terroirs (CVGT) tandis que d’autres projets (PDLO, PDRD…)
ont expérimenté des approches basées sur la sécurisation des droits des acteurs qu’il s’agisse
de droits individuels ou collectifs. L’état des lieux de la situation foncière en milieu rural a
surtout démontré que ce sont les éléments d’une crise foncière en milieu rural qui se mettent
en place : multiplication des conflits fonciers, dégradation de l’environnement, croissance
démographique, spéculation foncière notamment par les agro businessmen, etc. Parlant du
cadre institutionnel, il s’agit de « l’ensemble des personnes ou groupes de personnes
physiques et morales, de droit public ou de droit privé, ayant des intérêts à faire valoir sur la
terre rurale, soit à titre de propriétaires, de titulaires de droits de jouissance, de possesseurs
fonciers, soit encore à titre de simples usagers de la terre rurale ». De ce fait, l’Etat et ses
démembrements sont considérés comme des acteurs ruraux.
1.1 L’Etat
La distinction entre le domaine foncier rural de l’Etat, de celui des collectivités et du
patrimoine des personnes de droit privé emporte pour conséquence qu’il faut clarifier entre ce
qui revient à l’Etat et ce qui est de la part des autres acteurs. Le domaine foncier rural de
l’Etat est constitué des terres détenues en vertu de plusieurs mécanismes juridiques. De par la
loi, il s’agit de terres aménagées par les Etats sur fonds publics et les schémas d’aménagement
du territoire. Du droit commun, il s’agit des procédures de droit privé qui permettent à l’Etat
de se conduire comme un particulier et acquérir des terres par cessions, échanges, legs et
dons, achats, terres en déshérence. Les procédures exorbitantes de droit commun sont
l’expropriation pour cause d’utilité publique et le droit de préemption. Les terres appartenant
à l’Etat doivent être recensées, délimitées et immatriculées à son nom.
10
0
1.2 Les collectivités territoriales
Aux termes de l’article 21 de la RAF, le domaine foncier des collectivités est constitué : des
terres que l’Etat leur aura cédées définitivement selon les termes de l’article 80 du code
général des collectivités territoriales ; des terres acquises par elles selon les procédés de droit
commun tels que les legs, dons, achats, échanges, cessions amiables, terres en déshérence ;
des terres acquises au terme de l’exercice du droit de préemption et de l’expropriation pour
cause d’utilité publique qui ne peuvent être exercés qu’après l’autorisation expresse de
l’autorité de tutelle (article 20).
1.3- Les personnes physiques et morales de droit privé
La possession foncière est définie comme le pouvoir de fait légitimement exercé sur une terre
rurale sur la base des us et coutumes foncières locales par une personne ou groupe de
personnes, à titre individuel ou collectif. La possession foncière est exercée à titre individuel
lorsque la terre qui en fait l’objet relève du patrimoine d’une seule personne physique ou
morale. Elle est exercée à titre collectif lorsque la terre concernée relève du patrimoine
commun d’un groupe de personnes physiques, notamment d’une famille ou d’un groupe de
familles. Les possessions foncières sont établies à l’issue d’une enquête publique et
contradictoire et donnent lieu à la délivrance d’une attestation de possession foncière rurale
(article 35). Pour la mise en œuvre de la loi, il est prévu de délivrer gratuitement les
attestations de possession foncière durant les quatre premières années (article 95). Mais cette
mesure ne profite pas aux agriculteurs d’entreprendre. Les droits d’usage foncier ruraux sont
définis comme « les droits d’exploitation des terres rurales, consentis à temps et à titre
personnel par un possesseur foncier rural à une tierce personne ». Ils sont constitués par les
prêts de terres rurales, les locations de terres rurales ou bail à ferme et les autorisations
temporaires de mise en valeur de terres. Le prêt de terres est défini comme un accord verbal
ou écrit par lequel un possesseur ou propriétaire foncier autorise une autre personne à
exploiter à des fins domestiques et à titre personnel pendant un temps déterminé ou non une
terre qu’il reprendra lorsqu’il en manifestera le souhait. La location de terre est définie comme
suit : « la location de terre rurale ou bail à ferme est la convention laquelle le propriétaire ou
possesseur foncier accorde la jouissance de sa terre au preneur en vue de la réalisation
d’activités agro-Sylvio-pastorales, pour une durée déterminée et moyennant le paiement d’un
loyer périodique ». Pour les autorisations temporaires de mise en valeur des terres rurales, il
s’agit d’offrir la possibilité à tout personne désirant réaliser des investissements de s’adresser
au Maire d’une commune rurale pour obtenir une non mise en valeur faisant l’objet d’une
possession foncière et d’un titre foncier. L’autorisation est accordée sous certaines conditions
10
1
et le possesseur ou propriétaire foncier recouvre la plénitude de ses droits au bout du délai de
l’exploitation par le bénéficiaire de l’autorisation. Les baux emphytéotiques sur les terres
rurales aménagées de l’Etat et des collectivités territoriales concernent le fait que les
personnes peuvent passer des locations de longue durée (18 ans minimum à 99 ans maximum)
avec l’Etat et les collectivités territoriales sur les espaces aménagés par ceux-ci. Au niveau
local, il est créé les Service Fonciers Ruraux (SFR) au sein de chaque commune rurale. Ces
SFR auront la charge de gérer le domaine foncier de la commune et de réaliser toutes les
activités liées à la sécurisation foncier des acteurs en milieu rurale tel que l’information, les
enquêtes publiques et contradictoires pour la constatation des possessions foncières,
contribution à la création du cadastre communal etc. Il y a aussi des commissions foncières
villageoises au sein de chaque conseil villageois du développement ; ces commissions
réalisent les attributions des SFR au niveau villageois. Au niveau intermédiaire, les services
techniques déconcentrés apportent un appui aux services décentralisés pour la réalisation de
leurs missions. Au niveau central, l’avant-projet de loi prévoit la création d’un organisme
public chargé d’œuvrer à la constitution du domaine foncier rural de l’Etat et aux actions de
sécurisation et de promotion des terres de l’Etat, le fonds national de sécurisation foncier,
l’instance nationale de concertation, de suivi et d’évaluation de la politique et de législation
foncières rurales.
Section 2 : La protection de la diversité biologique
La protection nationale de la diversité biologique est assurée principalement par la loi n 003-
2011/AN portant code forestier au Burkina Faso. Cette loi organise la protection des forêts, de
la faune et des ressources halieutiques.

2.1- La protection des forêts

Le Burkina Faso possède des forêts et savanes qui s'opposent aux grandes forêts tropicales qui
assurent une fonction écologique (puits de carbone) en tant qu'habitat de la faune et de la flore
sauvage, une fonction économique à travers les produits forestiers ligneux et non ligneux et
aussi des fonctions culturelles (forêts sacrées). Le code forestier définit les forêts comme « les
terrains couverts de formations végétales à base d'arbres ou d'arbustes et d'herbes, à
l'exclusion de celles résultant d'activités agricoles » (art.10). On peut classer les forêts selon
deux critères. La classification fondée sur la propriété foncière qui permet de distinguer les
forêts publiques des forêts privées. Les forêts publiques appartiennent soit à l'Etat soit aux
collectivités territoriales. Le domaine forestier de l'Etat est géré par les services forestiers de
l'Etat mais certaines de ces forets peuvent faire l'objet de concession à des personnes
10
2
physiques ou morales par contrat ou sur la base d'un cahier de charge. Le domaine forestier
des collectivités territoriales doit être géré par les services communaux et dans le cadre de la
décentralisation, chaque commune doit disposer de domaines forestiers communaux. Les
forêts privées sont les forêts légalement acquises ou plantées par des personnes physiques ou
morales de droit privé à condition d'être détenteur d'un titre de jouissance ou de propriété sur
le sol forestier. Les forêts privées sont gérées librement par leur propriétaire sous réserve de
déclaration d'exploitation et des restrictions imposées pour la préservation du milieu naturel.
La classification fondée sur l'affectation des forêts permet de distinguer les forêts classées des
forêts protégées. Les forêts classées sont celles qui ont fait l'objet d'un acte de classement soit
au nom de l'Etat, soit au nom d'une collectivité territoriale selon que cette forêt présente un
intérêt national ou local. Le classement est un acte administratif qui détermine l'affectation
d'une forêt, il permet de soumettre la forêt à un régime spécial restrictif concernant les droits
d'usage et les régimes d'exploitation. Une forêt classée peut être par la suite déclassée selon la
même procédure. Le Burkina Faso dispose environ de 65 forêts classées plus 12 aires classées
ne constituant pas des espaces forestiers. Les forêts protégées sont celles qui n'ont fait l'objet
d'aucun acte de classement. Elles sont soumises au régime commun de droit d'usage et
d'exploitation. Les forêts peuvent être exploitées à différentes fins. L'exploitation domestique
des forêts qui permet aux populations locales de satisfaire leurs besoins familiaux en produit
forestier ligneux et non ligneux. Ce sont les droits d'usage traditionnel qui s'exercent sous
forme de cueillettes, de ramassage, de prélèvement et d'extraction. L'étendue de ces DUT
(Droit d'Usage Traditionnel) varie selon les forêts. Dans les forêts classées, les populations
sont limitées au ramassage du bois mort gisant, la cueillette de fruit mûr et la récolte de
produit médicinal. Dans les forêts protégées, les DUT sont plus étendus car ils comportent en
plus, le droit de culture, ensuite le droit de pâturage ou de parcours et le prélèvement de
produits forestiers ligneux et non ligneux. Les DUT présentent un certain nombre de
caractéristiques. D'abord, ce sont des droits reconnus uniquement aux populations riveraines
des forêts. Ensuite, ce sont des droits d'auto consommation, c'est-à-dire destinés a la
satisfaction des besoins personnels, individuels et familiaux, ils ne peuvent donc faire l'objet
d'exploitation commerciale. Aussi, ce sont des droits libres, c'est-à-dire qu'ils ne sont soumis à
aucune formalité, donc sans autorisation. Ce sont des droits gratuits, pas de redevances, ni de
taxes à payer car ils n'engendrent pas de retombées financières pour les populations. Et enfin,
ce sont des droits inaliénables, c'est-à-dire qu'en aucun cas ils ne peuvent être remis en cause
par l'Etat, de même les populations ne peuvent y renoncer pour la simple raison qu'ils
conditionnent la survie de ces populations riveraines.
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3
A- L’exploitation commerciale et industrielle des forêts

C'est un prélèvement de produit forestier à des fins commerciales et toutes personnes


physiques ou morales peuvent intervenir dans l'exploitation commerciale et industrielle des
forêts, soit en tant qu'exploitant forestier, transporteur, commerçant grossiste ou détaillant de
bois. Une même personne peut exercer plusieurs de ces activités si elle a les titres requis pour
chaque activité, à savoir le permis d'exploitation pour les exploitant forestiers, le permis de
circulation pour les transporteurs de bois et enfin, le permis de dépôt pour les commerçants
grossistes et détaillants. Ces différents intervenants ont la qualité de commerçant, ils doivent
s'acquitter des taxes et des redevances diverses et de payer l'impôt sur le bénéfice en fin
d'année. Certains feux sont interdits, il s'agit des feux de brousse, définis comme des feux
incontrôlés en milieu rural. Les auteurs de ces feux de brousse engagent leur responsabilité
pénale. Par contre, certains feux sont autorisés tels que les feux d'aménagement et les feux
coutumiers. Les feux d'aménagements sont constitués des feux précoces et des feux pratiqués
pour le renouvellement des pâturages notamment dans les zones pastorales. Les seconds sont
pratiqués pour respecter les prescriptions coutumières, ils doivent être menés en collaboration
avec les services forestiers, les autorités locales et les conseils villageois de développement

B- La réglementation des défrichements

L'art. 47 du code forestier définit les défrichements comme « l'abattage systématique ou ciblé
d'arbre, d'arbuste et d'autre formation végétale d'une forêt en vue d'utiliser l'espèce ainsi
déboisée à d'autres fins ». Les défrichements sont libres mais ceux portant sur des grandes
superficies nécessitent une autorisation préalable à déterminer par décret. L'introduction
d'espèces forestières étrangères est soumise à autorisation préalable du ministère chargé des
forêts.

C- La protection de certaines espèces spécifiques de la flore

Certaines espèces forestières, en raison de leur intérêt botanique ou des risques de disparition
qui pèsent sur elles, bénéficient de mesures de protection particulières sur l'ensemble du
territoire, qu'elles soient situées dans une forêt ou hors forêt. Elles ne peuvent être ni mutilées,
ni arrachées, ni abattues sans une autorisation préalable des services forestiers. Ces espèces
sont actuellement au nombre de 23 au Burkina Faso.

2.2- La protection de la faune


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Il existe trois grandes méthodes de protection de la faune. D'abord la protection par la
méthode des listes, la protection par les aires protégées et enfin par la réglementation des
activités d'exploitation de la faune.

A- La méthode des listes

Le code forestier institue deux listes, la liste A sur laquelle sont inscrites les espèces
intégralement protégées et la liste B, les espèces partiellement protégées. Pour les espèces
inscrites sur la liste A, il y a une interdiction totale de prélèvement sur l'ensemble du territoire
en raison des menaces qui pèsent sur elles. Sont aussi interdits, la capture, la chasse, le
ramassage des œufs de ces espèces. Seules les mesures de légitime défense sont autorisées
contre ces espèces. Les dommages causés par ces espèces qu'ils soient corporels ou matériels
sont réparés par l'Etat. Quant à la liste B, elle comporte des espèces partiellement protégées et
qui sont soumises à des prélèvements contrôlés à travers des quotas. Les espèces qui ne
figurent pas sur la liste A et la liste B sont appelées espèces non inscrites, elles bénéficient des
mesures générales de protection de la faune.

B- Les aires de protection de la faune

Certaines parties du territoire national peuvent être classées à des fins de constitution d'aires
protégées pour la préservation de la diversité biologique. Il existe plusieurs catégories d'aires
protégées. D'abord les parcs nationaux définis comme « une partie du territoire national classé
au nom de l'Etat en vue de la conservation de la flore, de la faune, des eaux, des sols, des
paysages ou des formations géologiques ayant une valeur scientifique ou esthétique (art.87 du
code forestier). Les parcs nationaux sont créés par la loi et sont soustraits à tout DUT,
exception faite de la pèche qui peut y être exceptionnellement autorisée. Les parcs nationaux
peuvent cependant être valorisés à des fins touristiques, récréatives et culturelles. Dans ce cas,
les conditions d'accès, de circulation et de séjour sont strictement règlementées. Le Burkina
Faso dispose de deux parcs nationaux : le parc national du W (235 000 hectares) et le parc
national de Pô, dit parc Kaboré Tambi (155 000 hectares). Un troisième parc national est en
constitution, il s'agit du parc d'Arly d'une superficie de 93 000 hectares situé dans l'Est du
Burkina Faso.

C- Les réserves de faune

On distingue les réserves totales de faune et les réserves partielles de faune. Les premières
sont établies pour la protection de toutes les espèces avec un régime juridique très restrictif
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car aucune présence humaine n'est autorisée dans ces réserves. Les réserves partielles de
faune sont généralement consacrées aux concessions de faune, des activités de chasse y sont
autorisées. Le Burkina Faso dispose de quatre réserves totales de faune et quinze réserves
partielles. Aussi, il y a les réserves de la biosphère qui sont créées sur initiative de l'UNESCO,
dans le cadre d'un réseau de modèle réussi d'aires protégées, pouvant être utilisées par d'autres
pays. Un Etat peut inscrire une aire protégée dans ce réseau international d'aires protégées
bien gérées. Le Burkina Faso a inscrit la mare aux hippopotames qui fait aujourd'hui partie
des réserves de la biosphère. Les sanctuaires sont des aires affectées à la protection de
communauté caractéristique de végétaux, d'animaux ou de site particulièrement menacé. Il en
existe deux au Burkina Faso, la mare d'Oursi et la rivière Béli. Les refuges locaux, quant à
eux, sont des aires protégées classées au nom d'une collectivité territoriale pour la protection
d'espèces fauniques. En rappel, le code général des collectivités territoriales dispose que
chaque commune doit disposer d'une zone d'habitation, zone de conservation. C'est dans les
zones de conservation que les collectivités territoriales peuvent créer les zones villageoises
d'intérêts cynégétiques. C'est une partie du terroir villageois affecté à l'exploitation de
ressources cynégétiques géré par les associations villageoises.

D- La réglementation des activités d'exploitation de la faune

La chasse est la principale menace contre la faune, surtout en ce qui concerne le braconnage.
La chasse est définie comme « tout acte tendant à tuer, blesser, poursuivre, rechercher,
inquiéter, viser un animal en liberté ou détruire, ramasser des œufs d'oiseaux ou de reptiles »,
(art 116 du code forestier). Le code forestier distingue deux formes légales de chasse, à savoir
la chasse de subsistance ou chasse traditionnelle pratiquée par les populations locales sur leur
territoire en vue de satisfaire leurs besoins individuels et familiaux. La chasse sportive
exercée sans but lucratif à des fins récréatives et sportives, elle peut être pratiquée aussi bien
dans les concessions de chasse que dans les terroirs villageois, c'est-à-dire les zones
villageoises d'intérêts cynégétiques. Tout acte de chasse est conditionné à l'obtention d'un
permis de chasse. On distingue ainsi le permis villageois de chasse qui ne porte que sur le
petit gibier. Le demandeur doit adresser une demande de permis à l'association
départementale des chasseurs par l'intermédiaire de l'association villageoise des chasseurs.
C'est l'association départementale qui délivre le permis villageois de chasse. Le permis de
chasse sportive est délivré par les services forestiers. Il existe 3 catégories de permis de chasse
sportive, le permis de catégorie A ou permis de chasse nationale. Il est délivré aux nationaux
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burkinabé et valable pour une saison de chasse. Ensuite le permis de catégorie B ou permis de
chasse étranger, délivré aux personnes de nationalité étrangères résidant au Burkina Faso
depuis au moins 6 mois et valable pour une saison de chasse. Le permis de catégories C ou
permis de chasse touristique délivré aux étrangers ne résidant pas au Burkina Faso et
seulement valable pour un mois. Chaque permis de chasse sportive comporte deux degrés,
petite chasse et grande chasse et ce permis est délivré à titre onéreux et le titulaire doit payer
une taxe d'abattage pour chaque spécimen abattu. Les restrictions de la chasse tiennent à la
fois à la période de chasse (Décembre à Mai), à la zone de chasse (parcs nationaux, les
réserves totales de faune, les sanctuaires). Elle est par contre autorisée dans les réserves
partielles de faune, les refuges locaux et les zones villageoises d'intérêts cynégétiques.
Concernant les restrictions tenant aux espèces de faune, les espèces inscrites sur la liste A ne
sont pas susceptibles de chasse, par contre les espèces de la liste B peuvent faire l'objet de
chasse en fonction des quotas définis annuellement par le ministre de l'environnement. Les
espèces non inscrites font l'objet de chasse sans quota. Pour les restrictions tenant aux
méthodes et techniques de chasse, sont interdites les chasses de nuit, la chasse au moyen de
véhicule roulant, au moyen de piège, au moyen du feu, de produits chimiques et toxiques,
d'armes à feu ou de munitions non autorisées, la chasse sous forme de battue ou de chasse
collective non autorisée. Il existe des restrictions spécifiques à la chasse sportive et à la chasse
villageoise. S'agissant des restrictions spécifiques à la chasse villageoise, on peut noter : la
possibilité de chasser seulement le petit gibier, être membre de l'association villageoise des
chasseurs, résider effectivement dans la localité où s'exerce la chasse. La chasse villageoise
peut être pratiquée collectivement ou individuellement. Pour l'exercice collectif, un maximum
de 15 chasseurs est autorisé par séance de chasse et elle ne peut se dérouler plus de 3 fois par
saison, donne lieu à l'information des villages voisins, se déroule nécessairement sur une
étendue inferieure à la moitié du terroir villageois, les produits de la chasse traditionnelle ne
peuvent ni vendu, ni faire l'objet de troc et enfin le chasseur traditionnel a une obligation de
dénonciation des infractions commises dans le village en matière de chasse. L'élevage
faunique est une activité de production à but lucratif d'animaux sauvages en vue de la
commercialisation de viande sauvage et des produits de la faune. Il peut concerner toutes les
espèces de faune sauvage, qu'elle soit totalement ou partiellement protégée, elle est soumise à
autorisation préalable et les espèces faisant l'objet d'élevage faunique doivent être déclarées au
service forestier. La capture commerciale consiste à appréhender des animaux sauvages
vivant pour leur revente à des raisons diverses (ex: comme animaux de compagnie, revente
aux éleveurs fauniques, revente de viande sauvage). Ces différentes activités de chasse, de
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capture peuvent s'exercer dans les concessions de faune. Ce sont des espaces riches en
ressource faunique et dont la gestion est concédée à des personnes privées en vue de
l'organisation d'activité lucrative.

2.3- La protection des ressources halieutiques

On entend par ressource halieutique tout organisme vivant exclusivement dans l'eau et
pouvant en être retiré. La pêche constitue l'activité qui menace le plus les ressources
halieutiques. On distingue plusieurs types de pêche, à savoir le commerce pratiqué dans un
but lucratif et qui donne lieu à la vente de tout ou partie des captures, la pêche de subsistance
ou pêche coutumière est destinée à l'auto consommation du pêcheur et de sa famille, la pêche
sportive, pratiquée sans but lucratif à des fins récréatives et enfin la pêche scientifique ou
pédagogique dont le but est l'étude et la connaissance des ressources halieutiques. Les pêches
sportive et commerciale nécessitent un permis de pêche valable pour une seule région. Le
permis de pêche peut être refusé, suspendu ou retiré si le demandeur ou le détenteur est
reconnu coupable d'une infraction en matière de pêche. La pêche scientifique et pédagogique
est soumise à une autorisation écrite du ministre chargé des pêches. Pour la pêche coutumière
ou de subsistance s'exerce librement et gratuitement. Il existe de nombreuses restrictions au
droit de pêche, des restrictions tenant aux périodes, saisons et heures d’abord, des restrictions
tenant aux zones de pêche (ex: interdiction de pêcher dans les frayères, lieu de reproduction
de poisson, plus précisément au abord des cours d'eau ensuite, les restrictions tenant aux
dimensions de certaines espèces (la capture des alevins est interdite), les poissons doivent être
d'une certaine taille définie par arrêté, les restrictions tenant aux caractéristiques des
embarcations et aux instruments de pêche (les mailles de filets sont réglementées), sont
interdits les filets dont les mailles sont très petites, les restrictions liées aux méthodes de
pêche, interdiction d'utilisation de substances toxiques, interdiction de se servir d'explosif,
d'arme à feu, etc. Certains plans d'eau peuvent faire l'objet de concession, c'est-à-dire confiés
par contrat, par l'Etat à une personne privée avec un cahier de charge à respecter. Certains
plans d'eau peuvent également être constitués en périmètre halieutiques d'intérêt économique
(PHIE) et ainsi soumis à un régime de gestion spéciale. Pour être PHIE, un plan d'eau doit
remplir les trois conditions suivantes : avoir une superficie supérieure à 5000 hectares ; avoir
une importance économique significative en matière de pêche ; avoir des ressources
halieutiques menacées de surexploitation. Les plans d'eau ayant le statut de PHIE sont les
barrages de Bagré, de la Kompienga, du Sourou et de Ziga. Pour ces plans d'eau, le permis de
pêche est délivré par le comité de gestion et uniquement valable pour ce plan d'eau. C'est plan
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d'eau ne peuvent faire l'objet de concession au regard de leur importance. Ces plans d'eau sont
gérés par un comité de gestion qui exerce d'importantes attributions qui relève de la
compétence des services forestiers pour les plans d'eau libres (ex: délivrance des permis de
pêche et élaboration des plans de gestion).

Section 3 : La gestion des ressources en eaux nationales

Elle est essentiellement assurée par la loi 002/2001/AN du 08 février 2001 portant loi
d'orientation relative à la gestion de l'eau au Burkina Faso et ses textes d'application. En ce
qui concerne la propriété des eaux, elle distingue les eaux publiques des eaux privées. Les
eaux publiques relèvent de ce que la loi appelle le domaine public de l'eau qui comporte
plusieurs dépendances à savoir les cours d'eau, les lacs naturels et artificiels. Ce domaine
public de l'eau doit faire l'objet de délimitation et de démarcation pour éviter les empiétements
de la part des particuliers. Aucune installation, aucun ouvrage ne peuvent être entrepris dans
ce domaine public de l'eau sans autorisation préalable de l'administration. La loi consacre
cependant de manière résiduelle les eaux privées, c'est-à-dire l'eau recueillie dans un ouvrage
privé et destinée à un usage domestique, l'eau des piscines, des étangs, des citernes et des
bassins d'agrément construits ou aménagés par les personnes privées sur un fonds privé.
S'agissant des règles d'utilisation de l'eau, la loi consacre la primauté des usages domestiques
sur les autres usages, notamment l'utilisation de l'eau pour l'irrigation, pour l'industrie, pour la
production hydroélectrique, la navigation, le tourisme, etc. L'utilisation domestique de l'eau
correspond à 100 litres par jour et par personne et cette quantité d'eau est dispensée de la taxe
parafiscale sur l'eau. Les besoins domestiques s'inscrivent dans le cadre du droit à l'eau,
considéré aujourd'hui comme un droit fondamental de la personne humaine. Le droit à l'eau
permet à toute personne de disposer de la quantité minimale d'eau pour la satisfaction de ses
besoins élémentaires, pour assurer sa dignité. Il est consacré par l'ONU et repris par l'article 2
de la loi d'orientation relative à la gestion de l'eau qui dispose que « La loi reconnait le droit à
chacun de disposer de l'eau correspondant à ses besoins et aux exigences élémentaires de sa
vie et de sa dignité ». Le droit à l'eau comporte trois dimensions fondamentales. (1) La
disponibilité de l'eau : Il s'agit de la disponibilité quantitative de l'eau d'une part car les
normes de l'OMS fixent à 20 L par jour et par personne la quantité d'eau nécessaire à la
réalisation du droit à l'eau et d'autre part de la disponibilité qualitative, c'est-à-dire une eau
salubre qui n'est pas susceptible de transmettre des maladies. (2) L'accessibilité à l'eau : elle
comporte d'une part l'accessibilité physique à l'eau, c'est-à-dire que dans les campagnes,
chaque personne doit disposer d'eau potable dans le voisinage et au Burkina Faso à moins de
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500 m. L'accès aux points d'eau doit être sans danger, sans risques pour les populations.
D'autre part l'accessibilité économique qui signifie que les services d'eau doivent être à un
coup abordable. Le droit à l'eau ne signifie pas gratuité de l'eau mais le budget consacré à
l'eau ne doit pas dépasser 5% du budget familial. (3) Pour l'accessibilité des populations à
l'information sur l'eau, l'article 15 de la loi d'orientation relative à la gestion de l'eau stipule
que « le ministre chargé de l'eau veille à ce que les populations concernées par un
aménagement hydraulique ou une mesure de gestion de l'eau reçoivent une information
appropriée » afin qu'elles puissent participer efficacement au processus de prise de décision
en matière d'eau. En ce qui concerne la protection des ressources en eau, elle est assurée par
de nombreux autres textes en plus de la loi sur l'eau. Ainsi le code de l'environnement
règlemente les rejets polluants dans l'eau. Certains rejets sont libres, d'autres rejets sont
interdits et d'autres rejets sont autorisés à condition d'avoir une autorisation spéciale de rejet
conformément aux normes établies (voir décret de 2001 sur les rejets polluants dans l'eau, l'air
et les sols). Il existe une protection spécifique pour les sources d'eaux destinées à la
consommation humaine. Pour ces sources, la loi institue un périmètre de protection immédiate
à l'intérieur duquel toute activité humaine est interdite, un périmètre de protection rapprochée
à l'intérieur duquel certaines activités sont autorisées alors que d'autres sont autorisées et un
périmètre de protection éloigné dans lequel toutes les activités sont autorisées mais soumises à
une surveillance particulière.

Section 4 : La lutte contre les pollutions


Un établissement classé est « un établissement humain présentant des dangers ou des
inconvénients, soit pour la commodité du voisinage, soit pour la santé et sécurité publique,
soit pour l'agriculture, le cadre de vie, la conservation des sites, espaces, monuments et la
diversité biologique ». L'article 38 du code de l'environnement distingue trois catégories
d'établissements publics. La 1ère classe comprend les établissements qui de par leur nature
doivent être obligatoirement éloignées des habitations. La 2 ème classe comprend les
établissements dont l'éloignement des habitations n'est pas rigoureusement nécessaire mais
dont l'exploitation ne peut être autorisée qu'à la condition que des mesures soient prises pour
prévenir les dangers ou les incommodités. La 3 ème classe comprend les établissements qui bien
que ne présentant pas d'inconvénients graves, ni pour le voisinage, ni pour la santé et la
sécurité publique, sont cependant soumis aux prescriptions générales édictées en vue de
prévenir les atteintes à l'environnement (décret 2006-347 du 17 juillet 2006 portant
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classement des établissements dangereux, insalubres et incommodes installés au Burkina
Faso). L'ouverture des établissements classés de première et deuxième classes est soumise à
autorisation préalable et le dossier doit comporter l'avis favorable du ministre de
l'environnement suite à l'EIE. La demande d'autorisation de l'ouverture de l'établissement
classé de première et deuxième classe nécessite un dossier qui doit comporter un certain
nombre d'informations, à savoir celles relatives au statut du demandeur, l'emplacement
envisagé de l'établissement, la nature et le volume de l'activité, l'EIE, le plan de prévention
des risques et accidents, les techniques et procédés de fabrication. Les établissements classés
sont soumis à un certain nombre d'obligation : le payement de la taxe unique et de la
redevance sur les établissements classés ; l'obligation de déclaration des accidents et incidents
survenus lors du fonctionnement de l'établissement classé et qui sont de nature à porter
atteinte à la santé, a la sécurité et à l'environnement. L'obligation de fournir des rapports
annuels sur leurs situations environnementales et de disposer d'un service opérationnel chargé
des questions d'environnements ; le respect des normes d'émission, le décret 2001-185 portant
fixation des normes de rejet de polluants dans l'air, l'eau et le sol doit être respecté et pour
cela, les établissements classés doivent prétraités leur déchet avant de les évacués dans le
milieu naturel ou dans le système d'assainissement collectif si il en existe. Les établissements
classés font l'objet d'un contrôle régulier sous forme d'inspection environnementale mené de
nos jours par des inspecteurs des établissements classés relevant du ministère en charge de
l'environnement. Ce sont des fonctionnaires nommés par le ministre et assermentés. Leur
mission est de faire respecter la réglementation environnementale en vigueur. Ce personnel a
un droit d'accès aux établissements classés, peuvent se faire communiquer les résultats des
mesures de pollution, effectuer des prélèvements et ordonner des analyses à la charge de
l'exploitant de l'établissement classé. Ils dressent des procès-verbaux pour le compte du
ministère de l'environnement dont copie est adressée au ministre chargé du secteur d'activité
et à l'inspection du travail. Il peut proposer au ministre de l'environnement des sanctions
administratives après mise en demeure rester infructueuse, à savoir la fermeture
d'établissement, la suspension d'activité, payement d'amande, le retrait ou suspension
d'autorisation. Cependant, l'exploitant peut exercer des recours administratifs (recours pour
excès de pouvoir). Les inspecteurs des établissements classés sont astreints au secret
professionnel et ne doivent révéler, ni utiliser directement ou indirectement même après la
cessation de leur fonction, les secrets de fabrication et les procédés d'exploitation dont ils
auraient eu connaissance dans l'exercice de leur fonction sinon ils encourent des sanctions
pénales. En ce qui concerne particulièrement les mines, outre les obligations générales des
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établissements classés, il existe des obligations spécifiques pour ces derniers. La première
obligation spécifique qui pèse sur eux est le dépôt dans un établissement financier à la
BCEAO d'un montant d'argent déterminé par les autorités administratives pour alimenter le
fonds de restauration des sites miniers. Cette somme devrait servir a financer la remise en état
des lieux au cas où l'exploitant miniers n'y procède pas à la fermeture de la mine. La
deuxième obligation spécifique consiste en la remise en l'état du site minier qui consiste à
rendre le site apte pour d'autres utilisations notamment à des fins agricoles, pastorales,
sylvicole. Il s'agit de décontaminer le sol.

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