Cours de Transfert de Matière Chapitre II R.
KETRANE
Chapitre II
Transfert de matière par convection et par diffusion moléculaire
II.1. Introduction
Le phénomène de transfert de matière ou de transfert de masse est un phénomène réversible
durant lequel une grandeur physique est transportée par le biais de molécules. Il a pour origine
l'inhomogénéité d’une ou plusieurs grandeurs (la concentration, température ou pression)
répartie(s) entre deux phases. C'est la tendance spontanée des systèmes physiques et
chimiques à rendre uniforme ces grandeurs qui provoquent le transport.
Ainsi, le transfert de matière peut être défini comme la migration d’un constituant d’un
système depuis une région où sa concentration est élevée vers une autre région où sa
concentration est moindre : c’est le déplacement sous l’effet d’un gradient de concentration,
sans intervention des forces extérieures (agitation, pression,…).
Cette migration peut avoir lieu, soit sous l’influence du mouvement Brownien et on dit que
l’on a affaire à la diffusion moléculaire, soit sous l’effet de la turbulence au sein du fluide et
on dit que l’on a alors affaire à la diffusion turbulente.
La migration d’un constituant peut aussi avoir lieu sous l’effet de la convection qui est le
transport lié au mouvement d’ensemble du fluide. La convection peut être naturelle ou forcée.
II.2. Diffusion moléculaire et transfert de matière
Les différentes opérations unitaires ont pour principe de base le transfert de matière et dans
toutes les opérations de transfert de masse, la diffusion a lieu dans au moins une phase et
souvent dans les deux (gaz-liquide), (gaz-solide) ou (liquide-solide).
Ainsi, par exemple, lors du phénomène d’absorption des gaz, le soluté diffuse à travers la
phase gazeuse vers l’interface des deux phases puis à travers le liquide. Pour la distillation, le
constituant le plus volatil diffuse à travers le liquide vers l’interface et quitte celle-ci pour
diffuser dans la vapeur.
Dans le cas de la cristallisation, le soluté diffuse à travers la solution mère vers les cristaux et
se dépose sur les surfaces solides.
Pour le procédé de séchage, l’eau diffuse à travers le solide à sécher vers la surface de celui-ci
et fini par se vaporiser et diffuse comme vapeur dans le gaz qui peut être l’air ambiant.
1
Cours de Transfert de Matière Chapitre II R. KETRANE
II.3. Vitesse des constituants et flux de matière
II.3.1. Définitions
Le flux de matière est la quantité de matière qui traverse une surface perpendiculairement
pendant une unité de temps (1s). C’est une grandeur vectorielle.
Le flux de matière molaire est exprimé en mol/s et le flux de matière massique est exprimé en
kg/s.
La densité de flux est le flux de matière par unité de surface (1m2). C’est également une
grandeur vectorielle.
⃗ 𝐴 est exprimée en mol/m2s et la densité deflux de
La densité deflux de matière molaire notée 𝑁
matière massique notée 𝑛⃗𝐴 est exprimée en kg/m2s.
𝐹𝑙𝑢𝑥
𝐷𝑒𝑛𝑠𝑖𝑡é 𝑑𝑒 𝑓𝑙𝑢𝑥 = 𝑆𝑢𝑟𝑓𝑎𝑐𝑒
D’une manière générale, le flux de transfert de matière est la somme du flux lié à la diffusion
moléculaire et celui du flux lié au mouvement d’ensemble du fluide (convection).
Soit un soluté A répartit d’une manière déséquilibrée dans les deux phases 1 et 2. La phase 1
étant de forte concentration en A et la zone 2 de faible concentration en A. Le soluté A va
migrer spontanément au cours du temps de la phase 1 vers la phase 2 en franchissant
l’interface comme illustré sur le schéma suivant :
II.3.2. Densité de flux de transfert massique"𝑛⃗𝐴 "
La densité de flux de transfert massique s’exprimer comme suit :
𝑛⃗𝐴 = 𝐽𝐴 + 𝐶𝐴̅ 𝑉
⃗
2
Cours de Transfert de Matière Chapitre II R. KETRANE
⃗ est appelée vitesse massique moyenne ou vitesse de déplacement du barycentre massique.
𝑉
⃗ 𝑖 étant la vitesse d’une espèce "i" de ce
Soit le système suivant composé de n constituants et 𝑉
système.
∑𝐶̅𝑖 𝑉
⃗𝑖
⃗ =
La vitesse massique moyenne du système a pour expression : 𝑉 ∑𝐶̅𝑖
Ci étant la concentration massique en volume de l’espèce i
⃗ 𝐴 +𝐶𝐵 𝑉
𝐶𝐴 ∙𝑉 ⃗ 𝐵 +𝐶𝐶 𝑉
⃗ 𝐶 +⋯+𝐶𝑛 ∙𝑉
⃗𝑛
⃗ =
Ou bien : 𝑉 ̅ ̅ ̅
𝐶𝐴 +𝐶𝐵 +𝐶𝐶 +⋯𝐶𝑛 ̅
𝐶𝐴̅ 𝑉
⃗ 𝐴 + 𝐶𝐵̅ 𝑉
⃗ 𝐵 + 𝐶𝐶̅ 𝑉
⃗ 𝐶 + ⋯ + 𝐶𝑛̅ 𝑉
⃗𝐴
⃗ =
⟹𝑉
∑𝐶𝑖̅
𝐶𝐴̅ 𝐶𝐵̅ 𝐶̅
⃗ =
⟹𝑉 ∙ ⃗⃗⃗⃗
𝑉𝐴 + ⃗𝐵 + ⋯+ 𝑛 ∙ 𝑉
∙𝑉 ⃗𝐴
∑𝐶𝑖̅ ∑𝐶𝑖̅ ∑𝐶𝑖̅
⃗ = ∑𝑛𝑖=1 𝑥̅ 𝑖 ∙ 𝑉
𝑉 ⃗𝑖 …..(II)
Par ailleurs :⃗𝐽𝐴 = 𝐶𝐴̅ (𝑉
⃗𝐴 − 𝑉
⃗)
Avec :
𝐽𝐴 : Flux massique lié à la diffusion moléculaire
⃗ 𝐴 : C’est la vitesse du constituant A par rapport à la vitesse massique ou molaire moyenne,
𝑉
appelée vitesse de diffusion. Elle représente le mouvement propre du constituant ; c’est un
mouvement relatif qui est dû au gradient de potentiel chimique du constituant.
⃗𝐴 − 𝑉
𝑉 ⃗ : vitesse de diffusion du corps A pour rapport à 𝑉
⃗
⃗ 𝐴 : désigne une vitesse absolue par rapport à un repère fixe ou système de coordonnées fixes
𝑉
(qui peut être liée à une interface).
⃗ : vitesse massique moyenne.
𝑉
On a :⃗⃗⃗𝑛𝐴 = 𝐽𝐴 + 𝐶𝐴̅ 𝑉
⃗
⟹ 𝑛⃗𝐴 = 𝐶𝐴̅ (𝑉 ⃗ ) + 𝐶𝐴̅ 𝑉
⃗𝐴 − 𝑉 ⃗
⟹ 𝑛⃗𝐴 = 𝐶𝐴̅ 𝑉 ⃗ + 𝐶𝐴̅ 𝑉
⃗ 𝐴 − 𝐶𝐴 𝑉 ⃗
⟹ 𝑛⃗𝐴 = 𝐶𝐴̅ ∙ 𝑉
⃗𝐴
Ou encore : 𝑛⃗𝐴 = 𝐶𝐴̅ 𝑉
⃗ 𝐴 + 𝐶𝐴̅ 𝑉
⃗ − 𝐶𝐴 ∙ 𝑉
⃗
⟹ 𝑛⃗𝐴 = 𝐶𝐴̅ (𝐶𝐴 − 𝑉
⃗ ) + 𝐶𝐴̅ 𝑉
⃗
3
Cours de Transfert de Matière Chapitre II R. KETRANE
∑𝐶𝑖̅ 𝑉
⃗𝑖
⟹ 𝑛⃗𝐴 = 𝐶𝐴̅ (𝑉 ⃗ ) + 𝐶𝐴̅ (
⃗𝐴 − 𝑉 )
∑𝐶𝑖̅
𝐶𝐴̅
⟹ 𝑛⃗𝐴 = 𝐶𝐴̅ (𝑉
⃗𝐴 − 𝑉
⃗)+ ∙ ∑𝐶𝑖̅ 𝑉
⃗𝑖
∑𝐶𝑖̅
⟹ 𝑛⃗𝐴 = 𝐽𝐴 + 𝑥̅𝐴 ∑𝑛⃗𝑖
Pour le système précèdent :
𝑛⃗𝐴 = 𝐽𝐴 + 𝑥̅𝐴 (𝑛⃗𝐴 + 𝑛⃗𝐵 + ⋯ + 𝑛⃗𝑛 ) (1)
𝑛⃗𝐵 = 𝐽𝐴 + 𝑥̅𝐵 (𝑛⃗𝐵 + 𝑛⃗𝐵 + ⋯ + 𝑛⃗𝑛 ) (2)
. .
. .
. .
𝑛⃗𝑛 = 𝐽𝑛 + 𝑥̅𝑛 (𝑛⃗𝐴 + 𝑛⃗𝐵 + ⋯ + 𝑛⃗𝑛 ) (n)
(1)+(2)………………+(n) ⟺
𝑛⃗𝐴 + 𝑛⃗𝐵 + ⋯ + 𝑛⃗𝑛 = (𝐽𝐴 + 𝐽𝐵 + ⋯ + 𝐽𝑛 ) + (𝑥̅𝐴 + 𝑥̅𝐵 + ⋯ + 𝑥̅𝑛 )(𝑛⃗𝐴 + 𝑛⃗𝐵 + ⋯ + 𝑛⃗𝑛 )
⟹ (𝑛⃗𝐴 + 𝑛⃗𝐵 + ⋯ + 𝑛⃗𝑛 ) = (𝐽𝐴 + 𝐽𝐵 + ⋯ + 𝐽𝑛 ) + (𝑛⃗𝐴 + 𝑛⃗𝐵 + ⋯ + 𝑛⃗𝑛 )
⟹ 𝐽𝐴 + 𝐽𝐵 + ⋯ + 𝐽𝑛 = ⃗0
⟹ ∑𝐽𝑖 = ⃗0
La somme de tous les flux massiques de diffusion est nulle.
⃗𝐴
II.3.3. Densité de flux de transfert molaire : 𝑁
La densité de flux de transfert molaire a pour expression :
⃗ 𝐴 = 𝐽𝐴∗ + (𝐶𝐴 − 𝑉
𝑁 ⃗ ∗)
⃗ ∗ : Vitesse molaire moyenne.
Avec 𝑉
⃗
⃗ ∗ = ∑𝐶𝑖 𝑉𝑖
Or la vitesse molaire moyenne a pour expression : 𝑉 (III)
∑𝐶 𝑖
⃗ 𝐴 + 𝐶𝐵 𝑉
𝐶𝐴 𝑉 ⃗ 𝐵 + ⋯ + 𝐶𝑛 𝑉
⃗𝑛
⃗∗=
𝑉
∑𝐶𝑖
4
Cours de Transfert de Matière Chapitre II R. KETRANE
Avec : ∑𝐶𝑖 = 𝐶𝐴 + 𝐶𝐵 + ⋯ + 𝐶𝑛
𝐶𝐴 𝐶 𝐶 𝐶
⃗∗=
𝑉 ⃗𝐴 + 𝐵 𝑉
∙𝑉 ⃗𝐵 + 𝑐 𝑉⃗𝐶 + ⋯+ 𝑛 𝑉
⃗
∑𝐶𝑖 ∑𝐶𝑖 ∑𝐶𝑖 ∑𝐶𝑖 𝑛
⃗ ∗ = 𝑥𝐴 𝑉
𝑉 ⃗ 𝐴 + 𝑥𝐵 𝑉
⃗ 𝐵 + ⋯ + 𝑥𝑛 ∙ 𝑉
⃗𝑛
⃗ ∗ = ∑𝑛𝑖=1(𝑥𝑖 𝑉
𝑉 ⃗ 𝑖) (IV)
⃗𝐴 − 𝑉
Or le flux molaire lié à la diffusion a pour expression : 𝐽𝐴∗ = 𝐶𝐴 (𝑉 ⃗ ∗)
⃗ 𝐴 = 𝐽𝐴∗ + 𝐶𝐴 ∙ 𝑉
On a :𝑁 ⃗∗
⃗ 𝐴 = 𝐶𝐴 (𝑉
⟹𝑁 ⃗𝐴 − 𝑉
⃗ ∗ ) + 𝐶𝐴 𝑉
⃗∗
⃗ 𝐴 = 𝐶𝐴 ∙ 𝑉
⟹𝑁 ⃗ 𝐴 − 𝐶𝐴 ∙ 𝑉
⃗ ∗ + 𝐶𝐴 ∙ 𝑉
⃗∗
⃗ 𝐴 = 𝐶𝐴 ∙ 𝑉
⟹𝑁 ⃗ 𝐴 …. (𝑉)
Par ailleurs :
⃗ 𝐴 = 𝐶𝐴 ∙ 𝑉
𝑁 ⃗ 𝐴 − 𝐶𝐴 ∙ 𝑉
⃗ ∗ + 𝐶𝐴 ∙ 𝑉
⃗∗
⃗𝑖
∑𝐶𝑖 𝑉
⃗ 𝐴 = 𝐶𝐴 (𝑉
⟹𝑁 ⃗𝐴 − 𝑉
⃗ ∗ ) + 𝐶𝐴 ( )
∑𝐶𝑖
𝐶
⃗ 𝐴 = 𝐶𝐴 (𝑉
⟹𝑁 ⃗𝐴 − 𝑉
⃗ ∗ ) + 𝐴 × ∑𝐶𝑖 𝑉
⃗ 𝑖.
∑𝐶 𝑖
⃗ 𝐴 = 𝐽𝐴∗ + 𝑥𝐴 ∑𝑁
⟹𝑁 ⃗ 𝑖 …. (VI)
Pour le système précèdent :
⃗ 𝐴 = 𝐽𝐴∗ + 𝑥𝐴 (𝑁
𝑁 ⃗𝐴 + 𝑁
⃗ 𝐵 + ⋯+ 𝑁
⃗ 𝑛) (1)
⃗ 𝐵 = 𝐽𝐵∗ + 𝑥𝐵 (𝑁
𝑁 ⃗𝐴 + 𝑁⃗𝐵 + ⋯+ 𝑁⃗𝑛 (2)
.
.
𝑁⃗ 𝑛 = 𝐽𝑛∗ + 𝑥𝑛 (𝑁
⃗𝐴 + 𝑁
⃗𝐵 + ⋯+ 𝑁
⃗ 𝑛) (n)
⃗𝐴 + 𝑁
(1)+(2)+…+(n)⟺ 𝑁 ⃗𝐵 + ⋯+ 𝑁
⃗ 𝑛 = (𝐽𝐴∗ + 𝐽𝐵∗ + ⋯ + 𝐽𝑛∗ ) + (𝑥𝐴 + 𝑥𝐵 + ⋯ + 𝑥𝑛 ) ×
⃗𝐴 + 𝑁
(𝑁 ⃗ 𝐵 + ⋯+ 𝑁
⃗ 𝑛)
5
Cours de Transfert de Matière Chapitre II R. KETRANE
⟺ 𝐽𝐴∗ + 𝐽𝐵∗ + ⋯ + 𝐽𝑛∗ = ⃗0
⟺ ∑𝐽𝑖∗ = ⃗0
La somme de tous les flux molaire de diffusion est nulle.
Ainsi pour un système binaire A+B :
On a :𝐽𝐴∗ + 𝐽𝐵∗ = ⃗0 ⟹ 𝐽𝐴∗ = −𝐽𝐵∗
Ou encore : 𝐽𝐴 + 𝐽𝐵 = ⃗0 ⟹ 𝐽𝐴 = −𝐽𝐵
Si l’un diffuse dans sens, l’autre se diffuse dans le sens inverse.
II.4. Première loi de FICK
En 1855, Adolph Fick propose des lois empiriques, inspirées de la loi de Fourier pour la
chaleur. En 1905 Albert Einstein avec ses travaux sur la loi stochastique démontrera les lois
de Fick. La validation expérimentale fut réalisée par Jean Perrin en 1909 qui confirma ainsi
l'analyse théorique d'Einstein.
Plaçons-nous dans un système unidirectionnel et considérons le flux de particules d’une
certaine espèce. Les particules peuvent être des molécules, des atomes ou des ions, des
électrons libres, etc. Soit C(x, t) leur concentration spatio-temporelle exprimée en nombres de
𝜕𝑐
moles par unité de volume. En présence d’un gradient de concentration , on admet qu’il
𝜕𝑛
s’établit un flux de particules dans le sens descendant le gradient, et que ce flux est
proportionnel au gradient correspondant.
𝜕𝑐
Ainsi, le flux molaire a pour expression : 𝐽𝑖∗ = −𝐷 𝜕𝑥
𝜕𝐶̅
Le flux massique va s’écrire : 𝐽𝑖 = −𝐷 ∙ 𝜕𝑥
NB : Le signe (-) indique la diminution de la concentration
D’une façon générale :
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐶𝑖
Flux molaire : 𝐽𝑖∗ = −𝐷𝑔𝑟𝑎𝑑
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐶𝑖̅
Flux massique : 𝐽𝑖 = −𝐷𝑔𝑟𝑎𝑑
C’est la 1ère Loi de FICK
6
Cours de Transfert de Matière Chapitre II R. KETRANE
La loi de FICK est formellement identique à loi de FOURRIER qui régit l’écoulement
𝑑𝑇
de la chaleur et qui a pour expression : 𝑞 = −𝑘 𝑑𝑥
Dans le cas d’un mélange binaire (A+B) :
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐶𝐴
𝐽𝐴∗ = −𝐷𝐴𝐵 ∙ 𝑔𝑟𝑎𝑑 ; ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐶𝐴̅
𝐽𝐴 = −𝐷𝐴𝐵 𝑔𝑟𝑎𝑑
𝐷𝐴𝐵 étant le coefficient de diffusion de A dans B.
Le coefficient de diffusion de A dans B 𝐷𝐴𝐵 est fonction de la température, de la pression, du
binaire considéré et parfois de la concentration totale.
Si la température T et la pression P sont constantes, alors la concentration totale C est
constante (Cas des gaz). Ainsi, dans le cas où la concentration totale est constante, la loi de
FICK va s’écrire :
On a : 𝐶𝐴 = 𝑦𝐴 ∙ 𝐶
D’où : 𝐽𝐴∗ = −𝐷𝐴𝐵 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑔𝑟𝑎𝑑 𝐶𝐴
⟹ 𝐽𝐴∗ = −𝐷𝐴𝐵 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑔𝑟𝑎𝑑 (𝑦𝐴 ∙ 𝐶)
⟹ 𝐽𝐴∗ = −𝐷𝐴𝐵 ∙ 𝐶 ∙ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑔𝑟𝑎𝑑 𝑦𝐴
𝐽𝐴∗ = −𝐷𝐴𝐵 ∙ 𝐶 ∙ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑔𝑟𝑎𝑑 𝑦𝐴
On a aussi : 𝐶𝐴̅ = 𝑦̅𝐴 . 𝜌
D’où : 𝐽𝐴 = −𝐷𝐴𝐵 ∙ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑔𝑟𝑎𝑑 𝐶𝐴̅
⟹ 𝐽𝐴 = −𝐷𝐴𝐵 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑔𝑟𝑎𝑑 (𝑦̅𝐴 . 𝜌)
⟹ 𝐽𝐴 = −𝐷𝐴𝐵 ∙ 𝜌 ∙ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑔𝑟𝑎𝑑 𝑦̅𝐴
Pour le cas d’un mélange binaire (A+B) :
𝐽𝐴∗ = −𝐷𝐴𝐵 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑔𝑟𝑎𝑑 𝐶𝐴 (1)
Et : 𝐽𝐵∗ = −𝐷𝐵𝐴 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑔𝑟𝑎𝑑 𝐶𝐵 (2)
Or :𝐶𝐵 = 𝐶 − 𝐶𝐴 ⟹ 𝐽𝐵∗ = −𝐷𝐵𝐴 ∙ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑔𝑟𝑎𝑑 (𝐶 − 𝐶𝐴 )
⟹ 𝐽𝐵∗ = −𝐷𝐵𝐴 ∙ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑔𝑟𝑎𝑑 𝐶 + 𝐷𝐵𝐴 ∙ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑔𝑟𝑎𝑑 𝐶𝐴
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐶𝐴
Comme la concentration C est constante alors : 𝐽𝐵∗ = 𝐷𝐵𝐴 ∙ 𝑔𝑟𝑎𝑑
Par ailleurs, ∑𝐽𝑖∗ = ⃗0 ⟹ 𝐽𝐴∗ + 𝐽𝐵∗ = ⃗0
(1)+(2)=0 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐶𝐴 + 𝐷𝐵𝐴 ∙ 𝑔𝑟𝑎𝑑
⟹ −𝐷𝐴𝐵 ∙ 𝑔𝑟𝑎𝑑 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐶𝐴 = ⃗0
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐶𝐴 = 𝐷𝐵𝐴 ∙ 𝑔𝑟𝑎𝑑
⟹ +𝐷𝐴𝐵 ∙ 𝑔𝑟𝑎𝑑 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐶𝐴
⟹ 𝐷𝐴𝐵 = 𝐷𝐵𝐴 (Cas des gaz)
7
Cours de Transfert de Matière Chapitre II R. KETRANE
II.5. Coefficient de diffusion
Les systèmes diffusionnels sont gouvernés par les coefficients de diffusion qui dépendent de
plusieurs facteurs tels que la nature et la concentration des constituants, la nature et la
concentration du milieu diffusionnel, la pression et enfin la température. Le coefficient de
diffusion de l’espèce A dans le milieu B, noté DA-B ou DAB, a pour unité dans le système
international (SI) m2/s.
Dans ce qui suit sont reportés les ordres de grandeurs de certains coefficients de diffusion.
Tableau II.1 Ordre de grandeur du coefficient de diffusion en m2/s dans les différents milieux
Dans le tableau qui suit sont présentées quelques valeurs du coefficient de diffusion de
certaines espèces chimiques et de certains systèmes.
Tableau II.2 Ordre de grandeur du coefficient de diffusion en m2/s de certains systèmes
8
Cours de Transfert de Matière Chapitre II R. KETRANE
On distingue les coefficients de diffusion dans les gaz et les coefficients de diffusion dans les
liquides.
II.5.1. Coefficient de diffusion dans les gaz
Selon la théorie cinétique des gaz, le coefficient de diffusion (pour les gaz parfaits) est
proportionnel au facteur suivant :
3⁄
𝑇 2
𝐷𝐺 ∼ 1⁄
𝑃 ∙ 𝜎𝑀 2
Où :
DG : Coefficient de diffusion dans le gaz
T : Température du gaz (K)
P : Pression du gaz (N/m2)
M : Masse molaire du gaz (kg/mol)
𝜎 : Diamètre moléculaire (m)
3⁄
𝑇1 2
A température T1 et à pression P1 : 𝐷𝐺1 ∼ 1
𝑃1 𝜎𝑀 ⁄2
3⁄
𝑇2 2
A température T2 et à pression P2 : 𝐷𝐺1 ∼ 1
𝑃2 𝜎𝑀 ⁄2
𝐷𝐺2 𝑇2 3 𝑃1
⟹ 𝐷𝐺2 = 𝐷𝐺1 ( ) ⁄2 ∙ ( )
𝐷𝐺1 𝑇1 𝑃2
Cette relation permet de connaitre le coefficient de diffusion à une température et pression
données s’il est déjà connu à une autre température et à une autre pression.
II.5.2. Coefficient de diffusion dans les liquides
Contrairement aux gaz, il n’existe pas de théorie cinétique pour les liquides connue jusqu’à
présent. Ainsi, les coefficients de diffusion des constituants dissous dans les liquides ne
peuvent pas être déterminés sur la base de considérations théoriques. Pour les solutions
aqueuses, la relation suivante a été établie :
𝜇. 𝑇
= 𝐶𝑜𝑛𝑠𝑡𝑎𝑛𝑡𝑒
𝐷
𝜇1 ∙𝑇1 𝜇2 ∙𝑇2 𝑇2 𝜇2
D’où : = ⟹𝐷2 = 𝐷1 ∙ ∙
𝐷1 𝐷2 𝑇1 𝜇1
Il est donc aisé de trouver la valeur du coefficient de diffusion à une température donnée (en
°C) s’il est déjà connu à une autre température.