Introduction aux Équations Différentielles
Thèmes abordés
Introduction aux Équations Différentielles
Thèmes abordés
ou
hin
1 Existence et unicité de la solution 4
1.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.2 Existence locale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.3 Prolongement et solution maximale . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
Ou
1.4 Dépendance continue de la solution . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.5 Equation différentielle en dimension finie . . . . . . . . . . . . . . . 20
1.5.1 Théorème de Cauchy-Peano . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
1.5.2 Fonction de lyapunov et solution globale . . . . . . . . . . . 24
A.
1
3.4.1 l’ensemble limite des trajectoires et ses propriétés . . . . . . 61
3.4.2 Principe d’invariance de la Salle . . . . . . . . . . . . . . . . 67
ou
hin
Ou
f. A.
Pro
2
Abstract
ou
Ce cours est une introduction aux équations différentielles ordinaires et sys-
hin
tèmes dynamiques. On commence par démontrer quelques théorèmes fonda-
mentaux concernant le problème de Cauchy abstrait : existence, unicité, prolon-
gement et dépendance continue par rapport à la donnée initiale.
Ou
On continue par considérer l’aspect dynamique des équations différentièlles
et introduire la notion de points d’équilibres et leurs effets sur la dynamique
des solutions. Pour la stabilité des points d’équilibres, on démontre le principe
de linéarisation ainsi que les théorèmes de Liapunov et celui d’invariance de La
Salle pour la stabilité des points d’équilibres.
f. A.
Pro
3
Chapitre 1
ou
Existence et unicité de la solution
1.1 Introduction
hin
Soient E un espace de Banach E et I un intervalle ouvert de R. On appelle une
Ou
équation différentielle ordinaire d’ordre n, toute équation de la forme :
où x (·) est une fonction définie sur I à valeurs dans E, x ( p) est la p-ème dérivée
de x et F est une application définie convenablement.
A.
Toute équation différentielle ordinaire d’ordre n peut être reformulée sous forme
de système d’équations différentielles ordinaires d’ordre 1 dans un espace conve-
nable. En effet : on pose x1 (t) = x 0 (t), . . . , xn−1 (t) = x (n−1) (t) ; et donc (∗) s’écrit :
f.
x 0 ( t ) = x1 ( t )
0
x1 ( t ) = x2 ( t )
Pro
..
.
0
x n −2 ( t ) = x n −1 ( t )
F (t, x (t), . . . , x 0
n−1 , xn−1 ( t )) = 0.
Où simplement, pour
4
avec
X10 (t) − X2 (t)
..
.
F (t, X (t), X 0 (t)) =
.
Xn0 −1 (t) − Xn (t)
F (t, X1 (t), X2 (t), . . . , Xn (t), Xn0 (t))
ou
x 00 (t) + 2x 0 (t) + t sin( x (t)) = 0. (∗)
On pose
hin
F : R4 → R
( a, b, c, d) 7→ d + 2c + a sin(b).
Alors (∗) peut s’écrire sous la forme
avec
Pro
G : R × R2 → R2
( a, (b, c)) 7→ (c, −2c − a sin(b)).
Ou bien
F (t, y, y0 ) = y0 − G (t, y) = 0.
5
sous forme abstraite suivante :
(
x 0 (t) = f (t, x (t))
(1.2.1)
x ( t0 ) = x0 .
ou
(1.2.1).
2- x : I → Ω est dite solution integrale locale de (1.2.1) si x est continue et pour tout
t ∈ I on a
hin
Z t
x ( t ) = x0 + f (s, x (s))ds.
t0
Proposition 1.2.1 Toute solution locale x est une solution integrale locale de (1.2.1). Inver-
Ou
sement, si f est continue, alors toute solution integrale locale de (1.2.1) est une solution locale
sur I.
Preuve. L’implication directe est triviale. Pour l’implication inverse, soit x solu-
tion integrale de (1.2.1), en particulier x est continue aussi f (·, x (·)) est continue
Z t
A.
Définition 1.2.2 f est dite localement lipschitzienne par rapport à la deuxième variable, si et
seulement si, pour tout (t1 , x1 ) ∈ J × Ω ; ils existent I ouvert de J, Ω1 ouvert de Ω et k > 0
Pro
Preuve : Exercice 2
On aura besoin du résultat suivant pour démontrer les théorèmes d’existence
de solution pour (1.2.1).
6
Théorème 1.2.1 (Théorème du point fixe de Cauchy 1922) :
Soient ( A, d) un espace métrique complet et T : A → A une application strictement contrac-
tante (i.e) :
ou
Preuve. Soit la suite récurrente
(
x0 ∈ A
xn+1 = Txn ,
hin
pour un x0 fixé dans A. On montre que ( xn )n est bien définie et qu’elle est de
Cauchy dans A.
On a, x0 ∈ A. Par récurence, supposons que xn ∈ A, alors xn+1 = Txn ∈ A.
Ainsi xn ∈ A pour tout n ∈ N, et ( xn )n est bien définie.
Ou
Soit m > n, on a
| x m − x n | = | x m − x m −1 + x m −1 + · · · + x n +1 − x n |
≤ | xm − xm−1 | + · · · + | xn+1 − xn |. (∗)
A.
| x2 − x1 | = | Tx1 − Tx0 | ≤ δ| x1 − x0 |.
Pro
| x k +1 − x k | ≤ δ k | x 1 − x 0 | .
| xm − xn | ≤ (δm−1 + · · · + δn )| x1 − x0 |
1 − δm−n
= δn | x1 − x0 |
1 − δ
δn n,m→∞
≤ | x1 − x0 | −−−−→ 0.
1−δ
7
Ainsi ( xn )n est de Cauchy dans A qui est un complet. Par suite ( xn )n converge
vers x ∗ ∈ A.
Or T est continue (elle est contractante). Donc
ou
Pour l’unicité, soit a un point fixe de T dans A. On a
| a − x ∗ | = | Ta − Tx ∗ | ≤ δ| a − x ∗ |.
hin
Donc (1 − δ)| a − x ∗ | ≤ 0. pour δ < 1. D’où a = x ∗ . 2
L’hypothèse suivante est fréquement utilisée par la suite :
(H1 ) : f est continue et localement lipschitzienne par rapport à la deuxième
variable.
Ou
Théorème 1.2.2 (Picard-Lipschitz) :
Supposons (H1 ), alors il existe α > 0 et une fonction unique x : [t0 − α, t0 + α] → Ω de
classe C1 solution locale de (1.2.1) :
(
x 0 (t) = f (t, x (t)) ; t ∈ [t0 − α, t0 + α]
A.
(1.2.1)
x ( t0 ) = x0 ,
Preuve. Puisque f est continue, donc x est solution de (1) sur I = [t0 − α, t0 + α],
si et seulement si, pour tout t ∈ I on a x (t) ∈ Ω et
f.
Z t
Pro
x ( t ) = x0 + f (s, x (s))ds.
t0
8
Donc | f (t, x )| ≤ k2r + | f (t, x0 )|. Comme Ia est compact, par suite
r 1
Soit α > 0 , α < a , α < M ,α< k
On considère Γ = C ( Iα , E) est un espace de Banach muni de la norme infinie
k x k∞ = sup | x (t)|.
ou
t∈ Iα
hin
Z t
( Hx )(t) = x0 + f (s, x (s))ds, ∀t ∈ Iα .
t0
F et t ∈ Iα on a
Z t
|( Hx )(t) − ( Hy)(t)| = | [ f (s, x (s)) − f (s, y(s))]ds|
t0
f.
Z t
≤ [ f (s, x (s)) − f (s, y(s))]|ds
Pro
t0
Z t
≤ k | x − y|∞ ds
t0
≤ αkk x − yk∞
Donc
k Hx − Hyk∞ ≤ αkk x − yk∞ .
Puis que αk < 1, donc H est une contraction stricte sur F. D’après le théorème de
point fixe de Cauchy, H admet un point fixe unique x dans F. Par construction x
9
est une solution integrale locale (continue) de (1.2.1) et par suite c’est une solution
locale de (1.2.1).
Pour l’unicité de la solution x sur Iα , soit y une solution de (1.2.1) sur Iα et on
considère les ensembles suivants :
ou
t1 = inf( A+ ). (1.2.2)
hin
Par continuité de x et y, on obtient que x (t1 ) = y(t1 ) ∈ B̄Γ ( x¯0 , r ), et on peut
1
choisir 0 < δ < k tel que y(t) ∈ B̄E ( x0 , 2r ). En utilisant la version intégrale de
(1.2.1) pour t ∈ [t1 , t1 + δ], on trouve que
Rt
Ou
| x (t) − y(t)| = | t ( f (s, x (s)) − f (s, y(s)))ds|
Rt1
≤ t | f (s, x (s)) − f (s, y(s))|ds
R t1
≤ t k| x (s) − y(s)|ds
1
≤ kδ sup | x (s) − y(s)|
t1 ≤ s ≤ t1 + δ
A.
Donc
sup | x (s) − y(s)| ≤ kδ sup | x (s) − y(s)|.
t1 ≤ s ≤ t1 + δ t1 ≤ s ≤ t1 + δ
f.
10
Preuve. On considère l’ensemble
A = {t ∈ I / x1 (t) = x2 (t)} ,
On a A est non vide car il contient t1 . De plus A est fermé par continuité de x1 et
x2 .
Montrons que A est un ouvert. En effet, soit t2 ∈ A, et on considère :
(
ou
x 0 (t) = f (t, x (t)) t ∈ I.
(1.2.3)
x ( t2 ) = x1 ( t2 ) = x2 ( t2 ).
D’après le théorème d’existence locale (Picard- Lipschitz) il existe α > 0 tel que x̄
hin
est une solution unique de (1.2.3) sur [t2 − α, t2 + α] ⊂ I.
Or x1 /[t2 −α,t2 +α] et x2 /[t2 −α,t2 +α] sont aussi solution de (1.2.3) sur [t2 − α, t2 + α].
Donc ∀t ∈ [t2 − α, t2 + α] : x1 (t) = x2 (t) = x̄ (t).
Ainsi
Ou
[t2 − α, t2 + α] ⊂ A.
Par consequent A est à la fois ouvert et fermé non vide de I. Or, I est connexe,
donc A = I. Ce qui démontre le théorème.
A.
(
x 0 (t) = f (t, x (t)) t ∈ ] a, b[ ⊂ J,
(1.3.1)
x ( t0 ) = x0 .
Pro
1- Si lim x (t) existe et égale à x1 ∈ Ω, alors il existe δ > 0 et y solution de (1.3.1) sur
t→b−
] a, b + δ[ avec x = y/]a,b[ .
2- Si lim x (t) existe et égale à x1 ∈ Ω, alors il existe δ > 0 et y solution de (1.3.1) sur
t→ a+
] a − δ, b[ avec x = y/]a,b[ .
11
D’après Theorem 1.2.2, l’équation (1.3.2) admet une solution locale y définie sur
un intervalle [b − δ, b + δ] . Soit la fonction
(
x (t) Si t ∈ ] a, b[
z(t) =
y(t) Si t ∈ [b, b + δ[ .
ou
Z t
z ( t ) = x ( t ) = x0 + f (s, z(s))ds.
t0
Pour t = b, on a
hin
Z r Z b
z(b) = x1 = lim x (t) = x0 + lim f (s, z(s))ds = x0 + f (s, z(s))ds.
r →b+ r → b t0 t0
Ce qui démontre que z est une solution integrale de (1.3.1) sur ] a, b + δ[ qui est
continue. Par conséquent z est solution de (1.3.1) sur ] a, b + δ[.
De même on procède pour (2).
f.
Définition 1.3.1 Une solution x de (1.2.1) est dite maximale, s’elle est définie sur le plus
Pro
grand intervalle possible Imax dans J. Autrement dit, si y est solution de (1.2.1) sur un inter-
valle I, alors I ⊆ Imax .
Théorème 1.3.2 Sous les mêmes hypothèses, l’équation (1.2.1) admet une seule solution
maximale définie sur ]α, β[
12
Théorème 1.3.3 Sous l’hypothèse (H1 ). Si f est bornante (i.e f transforme un borné de
R × Ω dans un borné de E).
Soit x la solution maximale de l’équation (1.2.1) définie sur ]α, β[. Alors
a) β = +∞, si non (β < +∞) on aura nécessairement
ou
b) α = −∞, si non on aura nécessairement
hin
Preuve. a) Supposons que β est fini. Si limt→ β− | x (t)| < ∞, en particulier, ∃ M > 0
tel que | x (t)| ≤ M∀t ∈ [t0 , β[.
Puis que x 0 (t) = f (t, x (t)); t ∈ [t0 , β[ et f est bornante, donc
Ou
| x 0 (t)| ≤ sup | f (t, x )| < ∞.
(t,x )∈[t0 ,β]× B̄(0,M)∩Ω
Ainsi, x est uniformément continue sur [t0 , β[, par conséquent lim x (t) = x1
t→ β−
existe dans E. (Exercice).
A.
Donc, et necessairement,
Pro
13
On a f (t, x ) = 1 + x2 est bornante localement lipschitziènne par rapport à la deuxième
variable.
On vérifie que ; x (t) = tan(t) est solution de (1.3.3) sur − π2 , π2 , de plus, elle est la
solution maximale.
Théorème 1.3.4 Supposons (H1 ), J = R, Ω = E et qu’ils existent a, b > 0 tels que
ou
Alors ∀(t0 , x0 ) ∈ R × E, l’équation
(
x 0 (t) = f (t, x (t)) t ∈ R.
hin
(1.3.4)
x ( t0 ) = x0 .
Z t Rt
v(s)ds
f (t) = c + u(s)v(s)ds et g(t) = ce a .
a
f (t)
Pour c > 0, on pose φ(t) = g(t)
, donc
14
Ainsi, u(t) ≤ f (t) ≤ g(t). Et par conséquent
Rt
v(s)ds
u(t) ≤ ce a ∀t ∈ [ a, b] .
Si c = 0, on montre pour c + ε > 0 et on fait tendre ε → 0+ .
Preuve.(Théorème 1.3.4) Soit x la solution maximale de (1.3.4) sur ]α, β[ .
Si β < +∞, puisque f est bornante sur Ω = E, alors
ou
lim | x (t)| = +∞. (1.3.5)
t→ β−
hin
0 Z t
≤ | x0 | + b ( β − t0 ) + a| x (s)|ds
Z t t0
| f (t, x )| ≤ a(t)| x | + b,
f.
Démonstration. (Exercice)
Corollaire 1.3.2 Supposons que f est k-lipschitzienne sur R × E par rapport à la 2me va-
riable :
| f (t, x ) − f (t, y)| ≤ k| x − y| ∀ x, y ∈ E, ∀t ∈ R.
Alors (
x 0 (t) = f (t, x (t)) t ∈ R.
x ( t0 ) = x0 .
admet une solution globale sur R.
15
Preuve. (Exercice)
ou
( (
x 0 (t) = f (t, x (t)) t ∈ J y0 (t) = g(t, y(t)) t ∈ J.
et
x ( t0 ) = x0 . y ( t0 ) = y0 .
hin
Alors,
k f − g k ∞ L ( t − t0 )
k x ( t ) − y ( t ) k ≤ k x 0 − y 0 k e L ( t − t0 ) + (e − 1) , ∀t ∈ J.
L
Ou
Avec M :=k f − g k∞ = sup | f (t, x ) − g(t, x )|.
(t,x )∈ J ×Ω
Donc
Z t
M M M
| x (t) − y(t)| + ≤ | x0 − y0 | + + L | x (s) − y(s)| + ds.
L L t0 L
Lemme de Gronwall implique que
M M
| x (t) − y(t)| + ≤ | x0 − y0 | + e L ( t − t0 ) .
L L
Donc
M
| x (t) − y(t)| ≤ | x0 − y0 |e L(t−t0 ) + (e L(t−t0 ) − 1) .
L
Le cas t < t0 est laissé à titre d’exercice.
16
Remarque 1.4.1 Dans le théorème précédent, pour f = g, on aura que :
ou
x (0) = 0.
Remarque 1.4.2 Si f n’est pas localement lipschitzinne, donc, en cas d’existence d’une
hin
solution locale, on peut pas affirmer sa unicité.
On peut vérifier que x (t) = 0 et y(t) = 14 t2 sont deux solutions différentes de (?).
p
D’autre part, on montre que f ( x ) = | x | est continue mais n’est pas localement lip-
schitzienne au voisinage de 0 (exercice).
A.
Solution d’Exercice : (
x 0 (t) =
p
x (t) = f ( x )
x (0) = 0.
f.
17
Preuve. Soit l’espace vectoriel suivant :
c0 = {( xn )n≥0 ∈ C ; lim xn = 0} .
f : c0 −→ c0
ou
x = ( xn ) 7→ ( f ( x ))n = ( | xn | + n1 ).
p
hin
n ∈ N, on a
p p
|( f ( x − h))n − ( f ( x ))n | = | | xn − hn | − | xn ||.
p
≤ | h n |. (Exercice)
Ou
Donc, q q
h →0
k f ( x + h) − f ( x ) k∞ ≤ sup | hn | = k h k∞ −−→ 0.
n ≥0
D’où la continuité de f en x, pour tout x ∈ c0 .
2) Montrons que f n’est pas localement lipschitzienne au voisinage de 0. Par
A.
D’où
Pro
q q
sup | | xn | − |yn || ≤ k sup | xn − yn |.
n ≥0 n ≥0
En particulier, Pour y = 0 on aura que
q
sup | xn | ≤ k sup | xn | ; ∀ x ∈ B(0, e).
n ≥0 n ≥0
18
Ce qui pas possible. Par conséquent f n’est pas localement lipschitzienne au voi-
sinage de 0.
3) En dérnier point, on va montrer que
(
x 0 (t) = f ( x (t)).
(∗)
x (0) = 0.
n’admet pas de solution locale.
ou
Par l’absurde, supposons que (∗) a une solution locale ( x (t) = ( xn (t))n≥0 ) sur
un intervalle [−α, α] . Donc pour tout
n ≥ 0 on a
hin
1
q
xn0 (t)
= + | xn (t)| > 0, ∀t ∈ [−α, α].
n
En particulier, on obtient que xn (t) est strictement croissante sur sur [0, α] avec
1
q q
0
xn (t) = + xn (t) ≥ | xn (t)|, ∀t ∈ [−α, α].
Ou
n
Ainsi , ∀t ∈ [−α, α], on a
x 0 (t) x 0 (t)
Z t
pn ≥ 1 et 2 pn dt ≥ t.
xn (t) 0 2 xn (t)
A.
D’où
t2
q
2 xn (t) ≥ t, et xn (t) ≥ .
4
Par suite, pour tout t ∈ ]0, α], on a
f.
t2
lim | xn (t)| ≥ > 0.
n 4
Pro
lim xn (t) = 0.
n
19
1.5 Equation différentielle en dimension finie
1.5.1 Théorème de Cauchy-Peano
Théorème 1.5.1 (Cauchy-Peano 1890)
Supposons que f : J × Ω → Rn ; (Ω ⊂ Rn ) est continue.
Alors, l’équation (1) admet au moins une solution locale définie sur un intervalle
[t0 − α, t0 + α] .
ou
Preuve. Pour la démonstration, nous avons besoin du polygon d’Euler (1736).
L’idée est que pour h > 0, on approxime la solution par
hin
x (t + h) ' x (t) + h f (t, x (t)).
tk−1 = tk − h; x k −1 = x k − h f ( t k , x k ).
Et on définit la fonction xh (t) qui joint linéairement entre 2 points (tn , xn ), (tn+1 , xn+1 )
A.
On pose
M= sup | f (t, x )| < ∞.
(t,x )∈[t0 − T,t0 + T ]× B̄( x0 ,r )
Maintenant on va chercher des conditions sous lesquelles le polygon d’Euler soit
bien défini sur un voisinage de t0 .
r
On choisie 0 < α < min{ T, M} (on rajoutera des conditions par la suite ) et on
note
A = [t0 − α, t0 + α] × B̄( x0 , r ).
Pour la suite de la preuve on aura besoin du lemme suivant.
20
Lemme 1.5.1 Soit n ∈ N? . Si hn = nα , le polygon d’Euler satisfait
ou
Preuve du Lemme.
Premièrement, on montre que pour tout n ∈ N? , la fonction xhn (·) est bien définie
pour tout t ∈ [t0 − α, t0 + α]. Pour cela, il suffit de montrer que (ti , xi ) ∈ A pour
hin
tout i = 0, · · · , n. Par récurence, on a (t0 , x0 ) ∈ A, on suppose que (ti , xi ) ∈ A
pour i < n, et montrons que (ti+1 , xi+1 ) ∈ A.
On a
ti+1 = t0 + (i + 1)hn ≤ t0 + nhn = t0 + α.
Ou
De plus, on a
x i +1 = x i + h n f ( t i , x i )
= x i −1 + h n f ( t i −1 , x i −1 ) + h n f ( t i , x i )
..
.
A.
= x0 + h n f ( t0 , x0 ) + · · · h n f ( t i , x i ).
Donc
| xi+1 − x0 | ≤ |hn f (t0 , x0 )| + · · · |hn f (ti , xi )|
f.
≤ |hn M +{z · · · hn M}
Pro
i +1 f ois
≤ ( i + 1) h n M
≤ (i + 1) M nα
≤ αM ≤ r.
Donc (ti+1 , xi+1 ) ∈ A.
De même, on montre que (ti , xi ) ∈ A pour tout i = 0, −1, · · · , −n. Par suite
xhn est bien définie sur [t−n , tn ] = [t0 − α, t0 + α] avec (t, xhn (t)) ∈ A pou tout
t ∈ [t0 − α, t0 + α].
Maintenant, on démontre (1.5.1). Soit t < s ∈ [t0 − α, t0 + α], ∃i, j < N, (i ≤ j) tel
21
que
t ∈ [ti , ti+1 ] et s ∈ t j , t j+1 .
Donc,
| xhn (t) − xhn (s)| = |( xhn (s) − xhn (t j )) + ( xhn (t j ) − xhn (t j−1 )) + . . .
+( xhn (ti+1 ) − xhn (t))|
≤ | xhn (s) − xhn (t j )| + |hM + ·{z · · + hM} +
ou
j−i −1 fois
+| xhn (ti+1 ) − xhn (t)|
t j +1 − s s−t j
≤ | hn x j +hn x j+1 − x j | + ( j − i − 1) Mhn +
t −t t−t
hin
| xhn (t j+1 ) − j+h1n xi − hn j xi+1 |
s−t t −t
≤ ( h j ) Mhn + ( j − i − 1) Mhn + ( i+h1n ) Mhn .
≤ ((s − t j ) + ( j − i − 1)hn + (ti+1 − t)) M
≤ |s − t| M.
Ou
Suite de la preuve du théorème.
D’après le lemme 1.5.1, la famille Bα = xhn ; hn = nα ; n ∈ N∗ est une partie de
C ([t0 − α, t0 + α] , E) De plus
Bα ⊂ B̄( x¯0 , r ),
A.
où x¯0 est la fonction constant avec x¯0 (t) = x0 et B̄( x¯0 , r ) est la boule fermé centrée
en x¯0 de rayon r.
On veut montrer que Bα est relativement compact. Pour utiliser le théorème
f.
d’Ascoli-Arzela ;
1- On montre d’abord que Bα est équicontinue (Exercice).
Pro
22
Pour finir, on montre que x satisfait l’equation integrale suivante :
Z t
x ( t ) = x0 + f (s, x (s))ds, pour t ∈ [t0 − α, t0 + α] .
t0
En effet, soit t ∈ [t0 , t0 + α]. Pour chaque n, il doit exister i ∈ {0, . . . , ϕ(n) − 1} tel
que t ∈ [ti , ti+1 ] (ti = t0 + ih ϕ(n) ). Et, on aura que
t i +1 − t
x ϕ(n) ( t ) = hn xi + t− tl
h n x i +1 .
ou
Or pour p ∈ N, on a ( x p+1 = x p + h ϕ(n) f (t p , x p )), et en utilisant un raisonement
par induction, on obtient que
hin
x ϕ(n) ( t ) = xi + ( t − ti ) f ( ti , xi )
= x i −1 + h ϕ ( n ) f ( t i −1 , x i −1 ) + ( t − t i ) f ( t i , x i )
(?) ..
.
= x 0 + h ϕ ( n ) f ( t 0 , x 0 ) + · · · + h ϕ ( n ) f ( t i −1 , x i −1 ) + ( t − t i ) f ( t i , x i ).
Ou
Puisque t 7→ (t, x (t)) est continue, elle est intégrable au sens de Riemann :
Z t
f (s, x (s))ds = h ϕ(n) f (t0 , x0 ) + · · · + h ϕ(n) f (ti−1 , x (ti−1 )) + (t − ti ) f (ti , x (ti )) + R(hn ), (??)
t0
A.
h →0
avec R(h) −−→ 0. Or f est uniformément continue sur A compact et x ϕ(n) → x,
donc
∀e > 0, ∃ N > 0 tel que pour n > N, on a : sup | f (t, x ϕ(n) (t)) − f (t, x (t))| < e.
f.
On sait que x ϕ(n) (tin ) = xin (tin = t0 + iϕ(n)), ainsi (?) et (??) implique que
Z t
k x ϕ ( n ) ( t ) − x0 − f (s, x (s))ds k ≤ h ϕ(n) | f (t0n , x ϕ(n) (t0n )) − f (t0n , x (t0n ))| + . . .
t0
+h ϕ(n) | f (tin−1 , x ϕ(n) (tin−1 )) − f (tin−1 , x (tin−1 ))|+
(t − tin )| f (tin , x ϕ(n) (tin )) − f (tin , x (tin ))| + R(h ϕ(n) )
≤ h ϕ(n) e + · · · + h ϕ(n) e + R ( h ϕ(n) )
| {z }
i +1 fois
≤ (i + 1) ϕ(αn) e + R ( h ϕ(n) )
≤ αe + R(h ϕ(n) )&0 (n→+∞)
23
Par passage à la limite, on trouve que
Z t
x ( t ) − x0 − f (s, x (s))ds ≤ αe ceci pour tout e > 0.
t0
ou
De même, on démontre pour t ∈ [t0 − α, t0 ] . (exercice)
hin
1.5.2 Fonction de lyapunov et solution globale
Théorème 1.5.2 Fonction de Liapunov Soit f : Rn → Rn une fonction localement Lip-
schitzienne. Supposons qu’il existe V : Rn → R (fonction de liapunov) de classe C1 tel que :
Ou
1- V ( x ) ≥ 0 ; ∀ x ∈ Rn et lim V ( x ) = +∞
k x k→∞
2-DV ( x ). f ( x ) ≤ a + bV ( x ),
alors le problème de Cauchy : (
x 0 (t) = f ( x )
(1.5.2)
A.
x ( t0 ) = x0 .
admet une solution unique sur [α, +∞[
Preuve Puisque f est localement Lipschitzienne, (1.5.2) admet une solution unique
f.
0
v( x (t)) = < ∇v( x (t)), x 0 (t) > = Dv( x (t)).x 0 (t)
24
D’après Lemme de Gronwall, on aura que
a + bv( x0 ) eb(t−t0 ) .
a + bv( x (t)) ≤
Ce qui implique
a a + bv( x0 ) b(t−t0 )
v( x (t)) ≤ − + e , ∀ t ∈ [ t0 , β [ (1.5.3)
b b
ou
alors v( x (t)) est borné sur [t0 , β[ . Par l’absurde, supposons que β < +∞. Puis
que f est localement lipschitzienne alors, donc elle est bornante (exercice). Par le
principe de maximum 1.3.1, on aura necéssairement que
Donc
t→ β−
hin
lim k x (t) k= +∞,
(
x 0 (t) = −∇v( x )
(G)
x ( t0 ) = x0 .
Si limk xk→+∞ v( x ) = +∞, alors l’équation ( G ) admet une solution unique sur ]α, +∞[ .
f.
Preuve. (Exercice)
Pro
Remarque : Pour n = 1;
(
x 0 (t) = f ( x (t))
(1.5.4)
x ( t0 ) = x0 .
Z y
Soit F (y) = f ( x )dx. Donc,
x0
(
x 0 (t) = −∇ F ( x (t))
(1.5.4) ⇔
x ( t0 ) = x0 .
25
Théorème 1.5.3 Soit H : Rn × Rn → R de classe C2 , H est la fonction Hamiltonienne
du système (Hamiltonien) associé :
0
x (t) = ∇y H ( x, y),
(H) y0 ( x ) = −∇ x H ( x, y),
( x (0), y(0)) = ( x , y ).
0 0
ou
Supposons que
lim H ( x, y) = +∞, (∗)
k( x,y)k→+∞
hin
Preuve. On a f ( x, y) = ∇y H ( x, y), −∇ x H ( x, y) est localement lipschitzienne,
D’où l’existence locale.
Soit ( x, y) la solution unique maximale définie sur ]α, β[
Ou
On a
d
H ( x (t), y(t)) = ∇ x H ( x (t), y(t)).x 0 (t) + ∇y H ( x, y).y0 (t)
dt
= ∇ x H ( x (t), y(t))∇y H ( x (t), y(t)) − ∇y H ( x, y)∇ x H ( x, y)
= 0. ( H ∈ C2 )
A.
Donc
H ( x (t), y(t)) = H ( x0 , y0 ) ∀t ∈ R2 . (∗∗)
26
Théorème 1.5.4 Soit f : Rn → Rn localement lipschitzienne ; Supposons qu’il existe u ∈
Rn , a > 0, b > 0 tel que :
< f ( x ), x − u >≤ a − bk x k2 .
ou
x ( t0 ) = x0 ,
admet une solution unique sur [t0 , +∞[ .
k x − u k2 < x − u, x − u >
hin
Preuve. Soit v( x ) = =
2 2
1
v0 ( x ) =< ∇v( x ), f ( x ) >= < 2( x − u ), f ( x ) >
2
= < x − u, f ( x ) > ≤ a − bk x k2 ≤ a.
Ou
De plus, on a que
k x k→+∞
v( x ) −−−−−→ +∞ ( Exercice)
x10 (t) = − x1 + x2
Pro
x 0 (t)
= − x1 x3 + x1 − x2
2
x30 (t) = x1 x2 − x3
x1 (0) = a1 , x2 (0) = a2 x3 (0) = a3
27
Montrons que ∀ x0 ∈ Rn , l’équation
(
x 0 (t) = f (t, x (t))
(1) :
x (0) = x0
ou
∃k > 0; ∀t ∈ R, ∀ x, y ∈ Rn | f (t, x ) − f (t, y)| ≤ k| x − y|.)
Rt
Preuve. Soit x solution de (1), donc x (t) = x0 + f (s, x (s))ds (2)
hin
0
ceci pour tout t ∈ R. Soit T ∈ R.
Considérons F = C ([− T, T ] , Rn ) muni de la norme
k x k∞ = sup k x (t)k
Ou
t∈[− T,T ]
Soit
H: F → F
x 7→ H ( x ) : [− T, T ] → Rn
Z t
A.
Z t
|( Hx )(t) − ( Hy)(t)| ≤ | f (s, x (s)) − f (s, y(s))|ds
Pro
0
Z t
≤ k | x (s) − y(s)|ds ≤ ktk x − yk∞ ∀t ∈ [− T, T ]
0
kn n
|( H n x )(t) − ( H n y)(t)| ≤ t k x − yk∞ .
n!
28
et montrons que
k n +1 n +1
|( H n+1 x )(t) − ( H n+1 y)(t)| ≤ t k x − yk∞ .
n + 1!
On a : ∀t ∈ [− T, T ],
Z t
|( H n+1 x )(t) − ( H n+1 y)(t)| ≤ k |( H n x )(s) − ( H n y)(s)|ds
Z0 t
ou
kn n
≤ s k x − yk∞ ds
k
0 n!
n +1
≤ (nk +1)! tn+1 k x − yk∞ .
hin
Donc
(kT )n
n n
k( H x ) − ( H y)k ≤ k x − y k ∞ ∀ n ∈ N∗
n!
(kT )n
Or lim = 0, alors il existe m > 0 tel que
n→+∞ n!
Ou
(kT )m
< 1.
m!
Donc H m est une contraction stricte.
D’après le lemme précédent H admet un seul point fixe de F qui est solution de
A.
(1) sur [− T, T ]
∗ Pour l’unicité. Soit y solution de (1) sur [− T, T ] .
On a y ∈ F donc y solution de (1) est un point fixe de H sur F. D’où y = x par
f.
29
Solution
1- Soit x ∈ F on a
e|δ|t | x (t)| ≥ eδt | x (t)| ≥ e−|δ|t | x (t)|
ou
Z t
|( Hx )(t) − ( Hy)(t)| ≤ | f (s, x (s)) − f (s, y(s))|ds
Z t0
≤ k | x (s) − y(s)|ds ∀t ∈ [− T, T ]
hin
0 Z
t
≤ keδs e−δs | x (s) − y(s)|ds
0 Z t
≤ k k x − ykδ e−δs ds
0
k
− ykδ (1 − e−δt )
Ou
≤ δ kx
30
Chapitre 2
ou
Equations différentielles linéaires et
affines
(L( E), k · k) est l’epace de Banach des applications linéaires bornées sur E muni
de la norme d’opérateur :
| Lx |
f.
k Lk = sup , ∀ L ∈ L( E).
x 6 =0 | x |
Pro
31
k Ide x k kxk
Preuve. 1) k Ide k = sup = sup = 1.
x 6 =0 kxk x 6 =0 k x k
2) Soit x 6= 0 on a
k ABx k2 ≤ k A kk Bx k ≤ k A kk B kk x k .
Donc
k ABx k
≤ k A kk B k .
ou
kxk
Donc
k ABx k
sup ≤ k A kk B k .
x 6 =0 kxk
hin
Ainsi
k AB k ≤ k A kk B k .
3) C’est une conséquence de 2).
Ou
Théorème 2.1.1 Si A : R → L( E) est continue, et f est continue, alors (2.1.2) admet une
et une seule solution définie sur R.
Preuve. Soit F (t, x ) = A(t) x + f (t), alors De plus F est continue sur R × E. (Exer-
cice)
A.
≤ max k A ( t ) k | x − y |.
t∈[t1 −l,t1 +l ]
32
En particulier F est une application bornante. Supposons par l’absurde que β <
+∞. Pour t ∈ [t0 , β[, on a :
Z t Z t
x ( t ) = x0 + A(s) x (s)ds + f (s)ds.
t0 t0
De plus,
Z β Z t
ou
| x (t)| ≤ | x0 | + | f (s)|ds + k A(s) k | x (s)|ds
α t0
Z β Z t
≤ | x0 | + | f (s)|ds + max k A(s) k | x (s)|ds
α t∈[α,β] α
hin
Z β
(Gronwall) ≤ | x0 | + | f (s)|ds exp maxt∈[α,β] k A(s) k ( β − α) < +∞
α
Soit
à : (R × L( E)) → L( E)
Pro
33
cette solution par R(t, t0 ).
Pour x0 ∈ E, on considère la fonction à valeurs dans E suivante
x (t) = R(t, t0 ) x0 ∈ E, ∀t ∈ R.
ou
dt
Et par conséquent x (·) est la solution globale du problème de Cauchy suivant
(
x 0 ( t ) = A ( t ) x ( t ).
hin
y ( t0 ) = x0 .
Définition 2.2.1 ( R(t, s))t,s∈R est connue sous le nom : famille fondamentale ou famille
d’évolution de (2.2.1) (ou matrice fondamentale si dim( E) < ∞ ).
Ou
Propriétés 2.2.1 Pour tout r, s, t dans R, on a
1) R(r, r ) = Id E .
2) R(t, s) ◦ R(s, r ) = R(t, r ).
3) R(t, s) est inversible et R(t, s)−1 = R(s, t).
A.
Preuve.
1) Par définition, on a R(·, r ) : R → L( E) est la solution du problème de Cauchy :
f.
(
Y 0 ( t ) = A ( t )Y ( t ) .
Y (r ) = id E .
Pro
donc R(r, r ) = Id E .
2) Soit t, s ∈ R et montrons que R(t, s) ◦ R(s, r ) = R(t, r ).
Soient x0 ∈ E et y0 = R(s, r ) x0 et on pose
On considère l’équation
(?) z 0 ( t ) = A ( t ) z ( t ).
34
On a
x 0 (t) = R0 (t, r ) x0 = A(t) R(t, r ) x0 = A(t) x (t), ∀t ∈ R.
D’autre part, on voit que la fonction y(·) satisfait :
y0 (t) = A(t)y(t) ∀t ∈ R.
Puisque
ou
x (s) = R(s, r ) x0 = y0 = y(s).
Par le billet du Théorème de l’unicité globale), on déduit que
y(t) = x (t), ∀t ∈ R.
D’où
hin
R(t, s) R(s, r ) x0 = R(t, s)y0 = R(t, r ) x0 , ceci pour toutx0 ∈ E.
Par conséquent pour tout r, s, t ∈ R, on a
Ou
R(t, s) R(s, r ) = R(t, r ).
(
x 0 (t) = A(t) x (t) + B(t)
(2.3.1)
x ( t0 ) = x0
35
Z t
Preuve. Soit la fonction ϕ(t) = R(t, s) B(s)ds. Alors ϕ est bien définie, déri-
t0
vable sur R et à valeurs dans E avec
Z t
dR
ϕ0 (t) = R(t, t) B(t) + (t, s) B(s)ds (Exercice)
t0 dt
Rt Rt
= B(t) + t0 A(t) R(t, s) B(s)ds = B(t) + A(t) t0 R(t, s) B(s)ds
= B ( t ) + A ( t ) ϕ ( t ).
ou
Par suite
x 0 (t) = A(t) R(t, t0 ) x0 + B(t) + A(t) ϕ(t)
= A(t) R(t, t0 ) x0 + ϕ(t) + B(t)
hin
= A ( t ) x ( t ) + B ( t ).
Donc x satisfait la 1re équation de (2.3.1).
Pour la donnée initiale, on a x (t0 ) = R(t0 , t0 ) x0 = x0 .
Soit maintenant l’équation différentielle semi-linéaire suivante :
Ou
(
x 0 (t) = A(t) x (t) + F (t, x (t))
(2.3.2)
x ( t0 ) = x0 .
Proposition 2.3.1 Supposons que F est continue localement lipschitzienne par rapport à la
A.
deuxième variable, alors la solution maximale x de (2.3.2) sur un intervalle Imax vérifie la
formule de la variation de la constante
Z t
x (t) = R(t, t0 ) x0 + R(t, s) F (s, x (s))ds, ∀t, s ∈ Imax .
f.
t0
36
Preuve. Soit (φn )n∈N la suite définie par :
N
( t − t0 ) n n
φn = ∑ n! A .
n =0
On montre que (φn )n∈N est de Cauchy dnas L( E). En effet, pour n < m, on a
m
( t − t0 ) k k
|φn − φm | = | ∑ A |
ou
k = n +1
k!
m
| t − t0 | k
≤ ∑ k A kk
k = n +1
k!
m
(|t − t0 | k A k)k n,m→+∞
hin
≤ ∑ −−−−−→ 0.
k = n +1
k!
D’où (φn ) est une suite de Cauchy. Donc lim φn existe dans L( E) et e(t−t0 ) A est
bien défini pour tout t0 , t ∈ R.
Ou
D’autre part, pour |h| < 1 dans R on a,
k ≥0 k ≥0
Ak ( t − t 0 ) k k +1
(TAF, |αk | < |h|) = ∑ k(t − t0 + αk ) .h −∑
k −1
A .h
k ≥1
k! k ≥0
k!
k −1 Ak
= h ∑ t − t0 + α k − ( t − t 0 ) k −1
f.
k ≥1
( k − 1) !
k −2 A k
(TAF, | β k | < |αk |) = h ∑ α k ( k − 1) t − t0 + β k
Pro
k ≥2
( k − 1) !
k Ak
= hA2 ∑ αk t − t0 + β k .
k ≥0
k!
Let
ke(t+h−t0 ) A − e(t−t0 ) A − Ae(t−t0 ) A .hk
Ih =
|h|
37
Donc
k k Akk
∑
|h|
Ih ≤ |h|
k A k2 | α k | | t | + | t0 | + | β k |
k ≥0
(k)!
k k Akk
≤ |h|k Ak2 ∑ | t | + | t0 | + 1
(k)!
k ≥0
≤ |h|k Ak e(|t|+|t0 |+1)k Ak
2 −→ 0
h →0
ou
h →0
d ( t − t0 ) A
e = Ae(t−t0 ) A , ∀t ∈ R.
dt
hin
Pour la condition initiale, on a (e(t−t0 ) A )/t=t0 = Id. Donc
R(t, t0 ) = e(t−t0 ) A , ∀t ∈ R.
Corollaire 2.4.1 l’équation
Ou
(
x 0 (t) = Ax (t).
x ( t0 ) = x0
admet une solution unique sur R donnée par :
x ( t ) = e ( t − t0 ) A x 0 .
A.
∞
Ak
Pro
eA = ∑ k!
.
k =0
38
Preuve.
1) et 2) sont trivial par définition de l’exponentielle.
3) Si AB = BA alors
∞
( A + B)k
e A+ B = ∑ k!
k =0
∞
1 k
(AB=BA) j
= ∑ ∑ j k− j
AB
ou
k =0
k! j =0
k
∞ ∞
1 .
= ∑ ∑ j!(k − j)! A j Bk− j
j =0 k = j
∞
Aj ∞ Bk
hin
= ∑ j! k∑ k!
j =0 =0
= e A eB.
n
tk Ak
= lim ∑ k! B
A.
n→∞
k =0
= etA B.
5) On a e A e− A = e A− A = e0 = Id , donc e A est inversible et son inverse est e− A .
f.
6) Pour tout k ∈ N on a
Pro
Donc
n
( PAP−1 )k n
A k −1 n Ak
∑ k!
= ∑ P k! P = P ∑ k! P−1.
k =0 k =0 k =0
Quand n → ∞ on obtient
∞ ∞
PAP−1 ( PAP−1 )k A k −1
e = ∑ =P∑ P = Pe A P−1 .
k =0
k! k =0
k!
39
Exemples 2.4.1
1- Soit J une matrice de M2 (R) donnée par
!
0 1
J= .
−1 0
On a ! !
1 0 0 1
J2 = = I2 et J 3 = = − J.
ou
0 1 −1 0
On déduit par récurrence que J 2n = (−1)n I2 et J 2n+1 = (−1)n J. Donc
∞
(tJ )k
etJ = ∑
hin
k =0
2k!
∞ ∞
(tJ )2k (tJ )2k+1
= ∑ + ∑ (2k + 1)!
k =0
(2k)! k =0
Ou
∞ ∞
(−1)k t2k (−1)k t2k+1
= ∑ I2 + ∑ J
k =0
(2k)! k =0
(2k + 1)!
= cos(t) I2 + sin(t) J
A.
!
cos(t) sin(t)
= .
− sin(t) cos(t)
f.
!
a b
,
−b a
avec a, b ∈ R. Donc on a
! !
1 0 0 1
A = a + b = aI2 + bJ.
0 1 −1 0
Les matrices aI2 et bJ commutent donc
!
cos(tb) sin(tb)
etA = et(aI2 +bJ ) = etaI2 etbJ = eta .
− sin(tb) cos(tb)
40
2.5 Le calcule de l’exponentielle d’une matrice A et appli-
cation
Pour, A ∈ Mn (C), on suit les étapes suivantes :
1- On calcule le polynôme caractéristique pour déterminer les Valeurs propres et
leurs multiplicités algébriques n a .
2- On chercher les sous espaces propres pour déterniner les multiplicités géomé-
ou
triques n g .
3− Si n a = n g → A est diagonalisable A = Pdiag(λ1 , . . . , λn ) P−1
4− Si n a > n g → A s’écrit en bloc de Jordan.
hin
J1
−1
A = P J2 P
...
Ou
λ1 1
... ...
J1 =
...
1
A.
λ1
e J1
−1
eA = P e J2
P .
...
f.
Pro
λ1 0 0 1
... ... ... ...
J1 = + = D + N.
... ...
0
1
λ1 0
D et N commutent et donc
e D+ N = e D e N = eλ e N .
Ce qui reste de cette section est dédié aux calcules de la matrice fondamentale.
Soient A ∈ Mn (C) et λ1 , . . . , λn ses n valeurs propres réelles au complexes ( En
41
comptant les multiplicités algébriques ).
ou
λn
Alors
λ1k
hin
Ak =
...
.
λkn
Ainsi
Ou
∞ ∞ tk λ1k
tk Ak tk λkn
e tA
= ∑ = ∑ diag( k! , . . . , k! ) = diag(etλ1 , . . . , etλn ).
k =0
k! k =0
Donc
etλ1
...
A.
etA =
.
etλn
De la même manière on montre que si A est une matrice diagonale par bloc i.e :
f.
A1
A=
...
Pro
An
42
v1 , . . . , vn sont les vecteurs propres associés aux valeurs propres λ1 . . . λn , tel que
A = Pdiag(λ1 , . . . λn ) P−1 .
ou
etλn
hin
λ 1
... ...
A= .
...
1
Ou
λ
C’est une matrice n’a qu’une valeur propre (qui est λ) de multiplicité n, donc on
a
A.
λ 0 0 1
... ...
... ...
A= + = D+N
... ...
0
1
f.
λ 0
où D est une matrice diagonale et N est une matrice nilpotente avec N n−1 = 0.
Pro
Donc
N2 t n −1 N n −1
etN = In + tN + t2+···+
2 ( n − 1) !
n −1
1 t · · · (nt −1)!
... ... ..
.
= .
...
t
1
43
D et N commutent donc
et( D+ N ) = etD etN
= etλ etN .
Ainsi
tn−1 tλ
etλ tetλ ··· ( n −1) !
e
... ... ..
.
etA = .
ou
...
tetλ
etλ
cas 4 : A n’est pas diagonalisable.
hin
Pour toute matrice A ∈ Mn (C) il existe une matrice de Jordan
Jλ1
J=
...
Ou
Jλr
où les Jλi sont des blocs de Jordan, λi les valeurs propres de A et il existe une
matrice P inversible tel que A = PJP−1 . Dans ce cas on a
A.
etJλ1
etA = P
... −1
P .
e tJλ r
f.
Exemple
Pro
Soit le système
x˙1 (t) = x1 (t)
(S) : x˙2 (t) = x2 (t) + x3 (t)
x˙ (t) = 4x (t) + x (t)
3 2 3
44
avec x (t) = ( x1 (t), x2 (t), x3 (t))t , et
1 0 0
A=
0 1 1 .
0 4 1
! !
1 0 1 1
A est une matrice diagonale par bloc tel que A = avec B = .
ou
0 B 4 1
Donc !
et 0
e At = .
0 e Bt
et !
1
Av2 = λ2 v2 =⇒ v2 = .
2
f.
!
1 1
P=
−2 2
et son inverse est
!
1 2 −1
P −1 = .
4 2 1
Ainsi ! !
e−t 0 1 −t
2 (e + 2e3t ) 1 3t −t
4 (e − e )
etB = P P −1 = .
0 e3t −e−t + e3t 1 −t
2 (e + e3t )
45
et 0 0
e At 1 −t −t
1 3t
Donc =
0 2 (e + 2e3t ) 4 (e − e )
.
0 −e−t + e3t 1 −t
2 (e + e3t )
x (t) = e At x0
ou
et 0 0 1
1 −t −t
1 3t
=
0 2 (e + 2e3t ) 4 (e − e )
1
hin
0 −e−t + e3t 1 −t
2 (e + e3t ) 1
et
Ou
1 −t
=
4e + 34 e3t .
−1 e−t + 3 e3t
2 2
Exercice.
Supposons que A ∈ Mn (R) et le poplynôme caractéristique n’est pas scindé.
A.
2m + k et où
Pro
P = [ v 1 , . . . , v k +1 , v k +1 , u k +1 , . . . v k + m , u k + m ]
46
où Jλ j sont des blocs de Jordan donnés par
λj 1
... ...
Jλ j =
...
1
λj
ou
pour les valeurs propres réelles λ j ; j = 1, . . . , r1 .
Et pour j = r1 + 1, . . . , r2
hin
Dj I2
... ...
Jλ j = = D + N
...
I2
Ou
Dj
avec !
a j −b j
Dj =
bj aj
A.
et N est une matrice nilpotente d’ordre m. En utilisant les cas précédents, l’expo-
nentielle de Jλ j pour j = r1 + 1, . . . , r2 est donnée par
tα j
Rj Rjt · · · Rj
f.
αj!
..
tJλ ... ...
.
e j = .
Pro
...
Rjt
Rj
avec !
cos(tb j ) sin(tb j )
R j = etDj = eta j .
− sin(tb j ) cos(tb j )
47
Chapitre 3
ou
Stabilité et comportement asymptotique
des solutions
P diag(λ1 , . . . , λn ) P−1
Re(λ1 ) ≥ · · · ≥ Re(λn )
où λi sont les valeurs propres comptées selon leur ordre de multiplicité algé-
f.
brique.
Pro
48
On a la solution de (3.1.1) est :
= C1 eλ1 t v1 + · · · + Cn eλn t vn
On a
k x (t)k = k Pdiag(eλ1 t , . . . , eλn t ) P−1 x0 k
ou
≤ k Pkk P−1 kkdiag(eλ1 t , . . . , eλn t )kk x k
On a
kdiag(eλ1 t , . . . , eλn t )k1 = k P−1 ke Re(λ1 )t ( Ex )
Si ∀i = 1, . . . , n on a Re(λi ) < 0, alors
t→+∞ hin
∀ x0 ∈ Rn , k x (t, x0 )k −−−−→ 0 exponentiellement.
Ou
Dans ce cas, le système (3.1.1) est dit stable.
Exercice 5 Supposons que A est une matrice stable, Montrer qu’il existe M ≥ 1 et
α > 0 tels que
ketA k ≤ Me−αt ; ∀t ≥ 0.
f.
C0 v0 eλ0 t + · · · + Cn vn eλn t = C0 v0 .
lim x (t, x0 ) = lim
t→+∞ t→+∞
49
α 0 1 −1
On note x0 = β et A = 1 0 1
.
γ −1 1 0
Donc (3.1.2) à la forme matricielle suivante :
(
x 0 (t) = Ax (t)
x (0) = x0 .
ou
1/ Calcule des valeurs propres :
det( A − λI3 ) = −λ3 + 3λ − 2 = (−λ + 1)2 (−λ − 2).
Donc les valeurs propres sont : λ1 = −2, λ2 = 1; λ3 = 1.
hin
2/ Calcule des vecteurs propres :
1
E−2 = Ker ( A + 2I3 ) = Vect v1 = −1 .
Ou
1
1 0
E1 = Ker ( A − I3 ) = vect v2 =
1 , v3 = −1 .
A.
0 1
Calcule de la solution :
4
Pour x0 = 3v1 + v2 + 2v3 =
0 , on a
f.
5
Pro
et
lim k x (t, x0 )k = +∞.
t→+∞
50
Si on s’interesse à la proportion de chaque compartiment xi , on calcule la limite
1
−t −3t
e x (t, x0 ) = lim 3e v1 + (v2 + 2v3 ) = v2 + 2v3 = 3
t→+∞
2
ou
susceptibles infectés et vaccinés ...).
La quantité totale est : xtot = x1 (t) + x2 (t) + x3 (t). Pour t >> 1, la population est
asymptotiquement constamment distribuée selon le scénario suivant :
hin
1 1
1+3+2 = 6 = 16.66% de la quantité est en classe 1
3 1
1+3+2 = 2 = 50% de la quantité est en classe 2
2 = 1 = 33.33% de la quantité est en classe 3
6 3
Ou
Définition 3.1.2 Si A admet une valeur propre à partie réelle strictement positive, alors
(3.1.1) est dit instable (ou simplement A est instable).
x (0) = x0 .
Pro
f : Ω ⊂ Rn → Rn de classe C1
On a (3.2.1) admet une solution maximale unique x (t, x0 ) sur ]α, β[ alors :
- Soit β < ∞ et lim| x (t, x0 )| = +∞
- Ou bien β = +∞, et dans ce cas, on va s’intéresser à l’étude de comportement
de la solution.
L’étude du comportement asymptotique des solutions s’intitule dans le cas où
β = +∞.
Définition 3.2.1 x̄ ∈ Ω est dit point d’équilibre de (3.2.1), si f ( x̄ ) = 0.
Dans ce cas, pour x0 = x̄, x (t, x̄ ) = x̄ est une solution stationnaire de (3.2.1) définie sur R.
51
Définition 3.2.2 1- Un point d’équilibre est dit stable si ∀v ouvert qui contient x̄ ; il existe
O ouvert avec x̄ ∈ O tel que pour tout x0 ∈ O, on a
x (t, x0 ) ∈ v , ∀t ≥ 0.
2- x̄ est dit asymptotiquement stable si ∃δ > 0 tel que ∀ x0 ∈ B( x̄, δ) on a lim x (t, x0 ) = x̄
t→+∞
ou
t→+∞
Exercice 1 :
Soit le système (
hin
x 0 (t) = −y
(∗)
y0 = x
1/ Résoudre explicitement (∗)
2/ Etudier la stabilité du point d’équilibre (0, 0).
Ou
Solution : 2/ Pour déterminer les points d’équilibres de (∗), on résout l’équation
(
−y = 0
⇔ x = 0 et y = 0
x=0
(∗) admet un seul point d’équilibre (0, 0) (point d’équilibre trivial).
A.
R(t) = 2 2
x ( t ) + y ( t ).
On a
Pro
52
C-à-d x (t), y(t) ∈ Bk.k2 (0, 0), δ ⊂ O
C/C : (0, 0) est un point d’équilibre stable.
Exercice 1. Soit le système suivant :
(
x 0 (t) = −y(t)
y0 (t) = 2x (t).
ou
R( x, y) définit une norme dans R2 , de même que dans
p
Puisque |( x, y)| =
l’exercice 1, on montre que le point d’équilibre n’est pas asymptotiquement stable
mais il est stable.
hin
Remarque. Les courbes dans R2 avec equation R( x, y) = cte sont nomées courbes
de niveau.
En d’autres termes, si une telle courbe de niveau existe, alors pour toute condi-
Ou
tion initiale qui lui appartient, la solution ne quitte pas cette courbe de niveau.
f 2 ( x, y) = 0
Pro
Donc
dR
Z Z
= −2 dt.
R2
53
Autrement
−1 1
= −2t + c =⇒ R(t) = .
R 2t + c
Or pour t = 0, on a R(0) = x02 + y20 = R0 , et on trouve que c = R10 .
Par suite
R0 t→+∞
R(t) = −−−−→ 0.
2R0 t + 1
En particulier ; la solution maximale est bornée sur son intervalle maximale ]0, β[ . Donc
ou
β = +∞.
hin
q
lim k( x (t), y(t))k2 = lim R(t) = 0.
t→+∞ t→+∞
Autrement,
d
V ( x (t), y(t)) =< ∇V ( x (t), y(t)), ( x (t), y(t))
dt
=< (2x (t), 2y(t)), ( x 0 (t), y0 (t)) >
f.
2
= −2 V ( x (t), y(t)) < 0.
Pro
Ceci partout, sauf l’origine. Donc, le champ de vecteur f ( x, y) est dirigé dans la
direction dans laquelle V décroit. C-à-d vers l’intérieur des courbes de niveau.
Théorème 3.2.1 Soit x̄ un point d’équilibre pour (3.2.1).
Soient U un voisinage de x̄ et V : U → R une fonction de classe C1 tels que :
1 − V ( x̄ ) = 0 et V ( x ) > 0; ∀ x ∈ U r { x̄ } .
·
2 − V ( x ) =< ∇V ( x ), f ( x ) >≤ 0 ∀ x ∈ U,
alors, x̄ est stable.
·
Si de plus ∀ x ∈ U r { x̄ } on a V ( x ) < 0, alors x̄ est asymptotiquement stable.
54
Remarque 3.2.1 La condition 1/ peut être remplacée par :
1’/ x̄ est un minimum local V.
En effet, il suffit de prendre Ṽ au lieu de V où
Ṽ ( x ) = V ( x ) − V ( x̄ ) > 0 si x 6= x̄ avec Ṽ ( x̄ ) = 0.
ou
B̄( x̄, ε) ⊂ O.
On prend
hin
m = min {V ( x ) ; k x k = ε} > 0. (3.2.2)
V ( x ) < m ; ∀k x k < δ.
Ou
On montre maintenant, que pour tout x0 ∈ B( x̄, δ) on a
x (t, x0 ) ∈ O.
En effet, par l’absurde, supposons qu’il existe t2 > 0 tel que x (t2 ) ∈
/ O, en parti-
A.
culier x (t2 ) ∈
/ B̄( x̄, ε).
Par continuité de V, il doit exister t1 ∈]0, t2 [ tel que k x (t1 )k = ε. D’une part on a
V̇ ≤ 0, alors
f.
V ( x (t1 )) ≤ V ( x0 ) < m.
55
lim x (t, x0 ) s’elle existe n’est pas x̄.
t→+∞
x (tnk , x0 ) −→ y 6= x̄.
ou
Par continuité de V on aura que
hin
Soient la trajectoire x (t, y) et T > 0. La continuité de la solution par rapport à la
condition initiale avec Principe de prolongement implique aue
V ( x ( T + tnk , x0 )) ≥ V (y); ∀k
T →0+ T
Ce qui absurde. Donc, ∀ x0 ∈ B( x̄, δ), necessairement on a
56
Etudier la stabilité de (0, 0) en utilisant la fonction de Lyapunov suivante :
x 4 y2
V ( x, y) = + .
4 2
Solution : On a V est de classe C1
V (0, 0) = 0 et V ( x, y) > 0. ∀( x, y) 6= (0, 0).
ou
!
f 1 ( x, y)
f ( x, y) =
f 2 ( x, y)
hin
V 0 =< ∇V ( x, y), f ( x, y) > = x3 . f 1 ( x, y) + y. f 2 ( x, y)
= x3 y + y(− x3 − x2 y) = x3 y − yx3 − x2 y2
= − x 2 y2 ≤ 0
Ou
Donc (0, 0) est stable.
Exercice. (Système fortement dissipatif)
Soit : (
x 0 (t) = f ( x (t))
x (0) = x0
A.
1
V ( x ) = | x |2 .
2
On a V (0) = 0 et V ( x ) > 0 ∀ x 6= 0. De plus, V est de classe C1 sur Rn , avec
D’où
·
V ( x ) = DV ( x ) f ( x ) =< ∇V ( x ), f ( x ) >
= 2 < x, f ( x ) >
≤ −2µ| x |2 .
57
Ainsi, pour x 6= 0, on a
DV ( x ). f ( x ) ≤ −2µ| x |2 < 0.
ou
ϕ0 (t) ≤ −4µϕ(t).
hin
ϕ0 (t)
≤ −4µ
ϕ(t)
D’où,
Z ϕ(t) Z t
dϕ
Ou
≤ −4µ ds, ∀t ≥ 0.
ϕ (0) ϕ 0
Ou bien
ϕ(t) ≤ ϕ(0)e−4µt , ∀t ≥ 0.
Autrement
A.
t→+∞
| x (t, x0 )| ≤ | x0 |e−2µt −−−−→ 0. (convergence exponentielle)
58
tel que
A matrice n × n
g : R × Rn → Rn continue,
( H1 ) :
localement lipschitzienne par rapport à la deuxième variable
g(t,x ) x →0
g(t, 0) = 0 ∀t ≥ 0 et −−→ 0 uniformément par rapport à t.
kxk
ou
Soit l’équation
x 0 (t) = f ( x (t)); t ∈ R,
hin
où f est localement lipschitzienne sur Rn avec f ( x̄ ) = 0.
Supposons que f est de classe C1 au voisinage de x. Après dévelopement limité de f au
voisinage de x, il exixte une fonction R définie sur Rn , telle que
f ( x ) = J f ( x̄ )( x − x̄ ) + R( x − x̄ ) ∀ x ∈ v( x̄ )
Ou
où J f ( x̄ ) est la matrice jacobienne de f en x et
R( x − x̄ )
lim = 0.
x → x̄ k x − x̄ k
A.
ketA k ≤ Me−αt ; ∀t ≥ 0.
59
Comme g(t, x ) = o (k x k) alors pour 0 < e < α, il existe δ > 0 tq
e
k g(t, x )k ≤ k x k ∀t ∈ R, ∀ x ∈ B(0, δ).
M
Pour x0 ∈ B(0, δ
M ), On montre que
∀t ≥ 0, | x (t, x0 )| < δ.
ou
Par l’absurde, supposons qu’il existe t1 > 0 tel que
k x (t1 , x0 )k > δ.
hin
Posons
t0 = inf {t > 0; | x (t, x0 )| > δ} .
Pour t ∈ [0, t0 ] on a :
Z t
At
| x (t, x0 )| ≤ ke x0 k + ke A(t−s) kk g(s, x (s))kds.
A.
0
Z t
−αt e
≤ Me k x0 k + Me−α(t−s) k x (s)kds
0 M
Parsuite,
f.
Z t
e | x (t, x0 )| ≤ Mk x0 k + e
αt
eαs k x (s, x0 )kds
Pro
0
Lemme de Gronwall, implique que
et
| x (t)| ≤ δe(e−α)t ; ∀t ∈ [0, t0 ]
En particulier, pour t = t0 , on aura que
60
Ce qui tombe en contradiction avec | x (t0 )| = δ.
Par conséquent, ∀ x0 ∈ B(0, δ
M) on a
ou
t →0
| x (t, x0 )| ≤ δe(e−α)t −−→ 0.
hin
stable pour (3.3.1).
Soit l’équation : (
x 0 (t) = f ( x (t)) t ∈ R
(3.4.1)
x (0) = x0 ∈ Ω
f supposée localement lipschitzienne sur Ω ⊂ Rn .
61
Définition 3.4.1 1/ On dit que M ⊂ Ω est positivement invariant par (3.4.1) si, ∀ x0 ∈ M
on a
∀t ≥ 0, x (t, x0 ) ∈ M
2/ On dit que M ⊂ Ω est négativement invariant par (3.4.1) si ∀ x0 ∈ M on a
∀t ≤ 0; x (t, x0 ) ∈ M
ou
3/ M ⊂ Ω est dit invariant si :
∀ x0 ∈ M, on a x (t) ∈ M, ∀t ∈ R
hin
Définition 3.4.2 Soit x0 ∈ Ω; et x (t, x0 ) la solution de (3.4.1)
- L’orbite positive γ+ ( x0 ) est le connexe γ+ ( x0 ) = { x (t, x0 ); t ≥ 0}
- L’orbite négative γ− ( x0 ) est γ− ( x0 ) = { x (t, x0 ); t ≤ 0}
- L’orbite : γ( x0 ) = γ+ ∪ γ− .
Ou
Définition 3.4.3 Soit x0 ∈ Ω, l’ensemble ω_limite ω ( x0 ) est donné par
n→+∞
n o
ω ( x0 ) = z ∈ Ω/∃tn → +∞; x (tn , x0 ) −−−−→ z
A.
ω ( x0 ) = { x̄ }
62
On peut exprimer cette proposition comme suite :
1-ω ( x ) est un ensemble fermé non vide.
2- Si y ∈ ω ( x0 ) ⇔ ∀t on a y ∈ ω ( x (t, x0 ))
3- Si y ∈ ω ( x0 ) =⇒ ∀t on a x (t, y) ∈ ω ( x0 ). (invariance)
4-Si y ∈ ω ( x0 ) =⇒ ω (y) ⊂ ω ( x0 ).
5- ω ( x0 ) est connexe.
Preuve. Soit tn % +∞, on a { x (tn , x0 ); n ∈ N} est borné dans Rn donc il est re-
ou
lativement compact. Par suite, il existe une sous-suite x (tnk ) k∈N de ( x (tn ))n∈N
qui converge vers un point y. Donc y ∈ ω ( x0 ). Ce qui implique que
hin
ω ( x0 ) 6= ∅.
Parsuite,
Pro
y ∈ γ + ( P ).
Et
\
ω ( x0 ) ⊂ γ+ ( P)
P ∈ γ + ( x0 )
\
Inversement, pour y ∈ γ+ ( P), autrement :
P ∈ γ + ( x0 )
Pour tout t ≥ 0 , pour tout n ∈ N∗ , on a
+ 1
6= ∅.
\
γ ( x (t, x0 )) B y, (3.4.3)
n
63
Pour n = 0, on prend t0 = 0.
Pour l’étape suivante n = 1, on a
+ 1
6= ∅.
\
γ ( x (t0 + 1, x0 )) B y,
1
Donc, il existe au moins un r1 > 0 tel que
1
ou
x (r1 , x (t0 + 1, x0 )) ∈ B(y, ).
1
Autrement
1
x (r1 + t0 + 1, x0 ) = x (r1 , x (t0 + 1, x0 )) ∈ B(y, ).
hin
1
Et, on pose t1 = t0 + 1 + r1 .
Par récurence on construit l’élément de la suite tn+1 comme suit :
D’après (3.4.3), on a
Ou
+ 1
6= ∅
\
γ ( x (tn + 1, x0 )) B y,
n+1
Donc il existe au moins un rn+1 > 0 tel que
1
A.
1
∀n ∈ N∗ , on a x (tn , x0 ) ∈ B(y, ).
n
D’où lim x (tn , x0 ) = y, et
y ∈ ω ( x0 ).
Par conséquent
\
ω0 ( x 0 ) = γ + ( P ).
P ∈ γ + ( x0 )
64
5- Montrons que ω ( x0 ) est connexe.
Par l’absurde, si non, il doit exister U1 et U2 deux ouverts disjoints tq
U1 ∩ ω ( x0 ) 6= ∅ et U2 ∩ ω ( x0 ) 6= ∅ avec ω ( x0 ) ⊂ U1 ∪ U2 .
Soient z1 ∈ U1 ∩ ω ( x0 ) et z2 ∈ U2 ∩ ω ( x0 ).
Or
ou
ω0 ( x0 ) = ∩t∈R γ+ ( x (t, x0 )).
Donc ∃ N ∈ N tq
γ+ ( x ( N, x0 )) ⊂ U1 ∪ U2 .
hin
Si non,
∀n ∈ N, γ+ ( x (n, x0 )) * U1 ∪ U2 . (∗)
Donc, il existe une suite (δn ) % ∞ telle que
Ou
x (δn , x0 ) ∈
/ U1 ∪ U2 , ∀n ∈ N.
Par compacité de { x (δn , x0 )¯; n ∈ N}; il existe une sous suite x (δkn , x0 ) telle que
lim x (δkn , x0 ) = ξ ∈ ω ( x0 ).
A.
∃ N ∈ N, tq γ+ ( x ( N, x0 )) ⊂ U1 ∪ U2 .
Pro
Soit
C = { x (t, x0 ); t ≥ N } ⊂ U1 ∪ U2 .
Il est claire que C est connexe. D’autre part,
(
z1 ∈ ω ( x0 ) U1 =⇒ z1 ∈ γ+ ( x (n, x0 )) ∩ U1
T
z2 ∈ ω ( x0 ) ∩ U2 =⇒ z2 ∈ γ+ ( x (n, x0 )) ∩ U2 .
Donc
γ+ ( x (n, x0 )) ∩ U1 6= ∅ et γ+ ( x (n, x0 )) ∩ U2 6= ∅.
65
Donc C ⊂ U1 ∪ U2 ; U1 ∩ U2 = ∅; C ∩ U1 6= ∅ et C ∩ U2 6= ∅.
Absurde car C est connexe.
C/C : ω ( x0 ) est connexe.
3- Soit y ∈ ω ( x0 ). On montre que ∀t ∈ R :
x (t, y) ∈ ω ( x0 ).
ou
Pour T ∈ R, par la continuté par rapport à la condition initiale, on a :
x ( T, y) = x ( T, lim x (tn , x0 ))
n→+∞
hin
= lim x ( T, x (tn , x0 ))
n→+∞
= lim x (tn + T, x0 ).
n→+∞
ω ( y ) ⊂ γ + ( y ) ⊂ ω ( x0 ).
A.
Remarque 3.4.2 Si ω ( x0 ) ⊂ x1 , . . . , x p Alors ∃i0 ∈ {1, . . . , p} tq
ω ( x 0 ) = { x i0 } .
f.
Preuve. Par absurde, supposons que lim x (t, x0 ) s’elle existe ne peut pas
t→+∞
être l.
Autrement
lim | x (t, x0 ) − l | = α > 0.
t→+∞
66
Ainsi l¯ ∈ ω ( x0 ) avec
Ce qui contredit ω ( x0 ) = {l } .
ou
Théorème 3.4.1 (Principe d’invariance de la Salle)
Soient K un sous-ensemble compact positivement invariant et O un ouvert tel que
K ⊂ O. Supposons qu’on a une fonctionnelle v : O → R de classe C1 telle que
hin
V 0 ( x ) =< ∇v( x ), f ( x ) >≤ 0 ; ∀ x ∈ K.
x (t) ∈ K, ∀t ≥ 0.
A.
Ainsi
lim ϕ x (t) = inf ϕ x (t) = c ∈ R.
Pro
t→+∞ t∈[0,+∞)
De plus ∀y ∈ ω ( x0 ) ⊂ K, on a :
v(y) = c.
D’où
ϕ0y (t) =< ∇v( x (t, y)), f ( x (t, y)) >= 0 ∀t ≥ 0.
67
Pour t = 0, pour tout y ∈ ω ( x0 ), on aura que
ω ( x0 ) ⊂ M.
Remarque 3.4.3 Ce théorème généralise le théorème de stabilité de Liapunov.
ou
Exemples 3.4.1 Soit
x 0 (t) = y
( E) :
y0 = − x3 − x2 y
Soit la fonction de Liapunov
v( x, y) =
x 4 y2
4
+
2
hin
Ou
associée au point d’équilibre (0, 0).
En effet, v(0, 0) = 0; v( x, y) > 0 ∀( x, y) 6= (0, 0) et
v0 ( x, y) = − x2 y2 ≤ 0 ∀( x, y) ∈ R2 .
A.
E = ( x, y) ∈ K; tq v0 ( x, y) = − x2 y2 = 0
E = {0} × R ∪ R × {0} ∩ K.
68
Soit M le plus grand sous-ensemble positivement invariant de E ( M ⊂ E).
En ( x0 , 0) 6= (0, 0) dans E, on a y0 (0) = − x3 (0) 6= 0
Alors ∃t0 tq ∀t ∈ ]0, t0 [ y(t) 6= 0(∗) et
( x (t), y(t)) ∈
/ E, ∀t ∈ ]0, t0 [ .
ou
Donc il existe t0 tel que ∀t ∈ ]0, t0 [, on a
hin
(∗) et (∗∗) implique que M ⊂ {(0, 0)}. Donc
M = {(0, 0)} .
D’où,
Ou
∀( x0 , y0 ) ∈ K, ω (( x0 , y0 )) ⊂ {(0, 0)} .
On sait que ω (( x0 , y0 )) est non vide, donc
ω (( x0 , y0 )) = {(0, 0)}
A.
t→+∞
69