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CPT Predalle 2e Partie

Le Cahier des Prescriptions Techniques décrit les normes et méthodes pour la conception, la fabrication et l'utilisation de dalles pleines en béton et prédalles préfabriquées. Ce document, approuvé par le Groupe spécialisé n° 3.1, remplace le cahier n° 3221 et s'inscrit dans le cadre des efforts du CSTB pour améliorer la qualité et la sécurité dans le secteur de la construction. Il inclut des sections détaillées sur la conception, le calcul, la mise en œuvre et les normes associées.

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CPT Predalle 2e Partie

Le Cahier des Prescriptions Techniques décrit les normes et méthodes pour la conception, la fabrication et l'utilisation de dalles pleines en béton et prédalles préfabriquées. Ce document, approuvé par le Groupe spécialisé n° 3.1, remplace le cahier n° 3221 et s'inscrit dans le cadre des efforts du CSTB pour améliorer la qualité et la sécurité dans le secteur de la construction. Il inclut des sections détaillées sur la conception, le calcul, la mise en œuvre et les normes associées.

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Dalles pleines confectionnées à partir de prédalles

préfabriquées et de béton coulés en œuvre – Titre II

Cahier des Prescriptions Techniques communes

Le présent Cahier des Prescriptions Techniques a été entériné par


le Groupe spécialisé n° 3.1 « Planchers et accessoires de plancher »
de la commission chargée de formuler des Avis Techniques,
lors de ses séances du 8 avril et du 9 octobre 2014.

Ce document annule et remplace le cahier n° 3221, e-Cahiers du CSTB, mai 2000.

Groupe Spécialisé n° 3.1


Planchers et accessoires de plancher

Commission chargée de formuler des Avis Techniques


et Documents Techniques d’Application

(arrêté du 21 mars 2012)

Secrétariat de la commission des Avis Techniques


CSTB, 84 avecnue Jean Jaurès, Champs sur Marne, FR-77447 Marne la Vallée Cedex 2
Tél. : 01 64 68 82 82 - Internet : www.ccfat.fr

Cahier 2892_V2 - Avril 2016


Établissement public au service de l’innovation dans le bâtiment, le CSTB, Centre Scientifique et
Technique du Bâtiment, exerce quatre activités clés : la recherche, l’expertise, l’évaluation, et la
diffusion des connaissances, organisées pour répondre aux enjeux de la transition écologique et
énergétique dans le monde de la construction. Son champ de compétences couvre les produits
de construction, les bâtiments et leur intégration dans les quartiers et les villes.
Avec plus de 900 collaborateurs, ses filiales et ses réseaux de partenaires nationaux, européens
et internationaux, le groupe CSTB est au service de l’ensemble des parties prenantes de la
construction pour faire progresser la qualité et la sécurité des bâtiments.

Toute reproduction ou représentation intégrale ou partielle, par quelque procédé que ce soit, des pages publiées dans le présent
ouvrage, faite sans l’autorisation de l’éditeur ou du Centre Français d’Exploitation du droit de copie (3, rue Hautefeuille, 75006
Paris), est illicite et constitue une contrefaçon. Seules sont autorisées, d’une part, les reproductions strictement réservées à
l’usage du copiste et non destinées à une utilisation collective et, d’autre part, les analyses et courtes citations justifiées par le
caractère scientifique ou d’information de l’œuvre dans laquelle elles sont incorporées (Loi du 1er juillet 1992 - art. L 122-4 et
L 122-5 et Code Pénal art. 425).
© CSTB 2016
Dalles pleines confectionnées à partir de prédalles
préfabriquées et de béton coulés en œuvre – Titre II

SOMMAIRE

1. Généralités ............................................................. 5 5. Porte-à-faux .......................................................... 36


1.1 Préambule .............................................................. 5 6. Ancrage des armatures –
1.2 Définitions .............................................................. 5 Cas particuliers .................................................... 37
1.3 Objet........................................................................ 6 6.1 Renforts d’ancrage sur prédalle.......................... 37
1.4 Domaine d’application .......................................... 6 6.2 Cas des éléments porteurs sans retombée ....... 37
1.5 Données et éléments d’information 6.3 Cas de repos effectif insuffisant.......................... 38
à fournir pour la conception ................................. 7
7. Fonction diaphragme .......................................... 40
1.6 Éléments à fournir
7.1 Principes ............................................................... 40
pour l’approvisionnement..................................... 7
7.2 Calcul du diaphragme ......................................... 40
1.7 Plans et documents
de mise en œuvre des prédalles........................... 7 7.3 Cas d’existence de trémie ................................... 43
1.8 Coordination avec les autres 8. Méthode de justification par
entreprises et intervenants ................................... 8 le calcul de la résistance au feu .......................... 43
SECTION A 8.1 Généralités ........................................................... 43
Conception et calcul des planchers à prédalles ......... 9 8.2 Méthodes d’analyse............................................. 43
1. Actions et sollicitations......................................... 9 9. Méthode de justification par
1.1 Actions .................................................................... 9 le calcul de la résistance au séisme ................... 45
1.2 Sollicitations ......................................................... 10 9.1 Conditions d’application ..................................... 45

2. États-Limites Ultimes (ELU) ............................... 15 9.2 Généralités ........................................................... 45

2.1 Matériaux.............................................................. 15 9.3 Dispositions constructives .................................. 46

2.2 Vérification à la flexion ........................................ 19 Annexe A


Repos sur appuis des planchers................................ 47
2.3 Vérification à l’effort tranchant............................ 19
2.4 Vérification au poinçonnement........................... 21 Annexe B
Calcul des sollicitations
2.5 Vérification de l’ancrage et répartition transversale des charges .................... 49
à l’État-Limite Ultime ........................................... 21
2.6 Stabilité de forme ................................................ 22 Annexe C
Planchers supportant des charges concentrées
3. États-Limites de Service (ELS) ........................... 24 linéaires importantes en leur centre ou en rive ....... 53
3.1 Généralités ........................................................... 24 Annexe D
3.2 Effets de la précontrainte .................................... 24 Planchers supportant des charges concentrées
ponctuelles fixes ou mobiles ..................................... 62
3.3 Limitation des contraintes................................... 24
3.4 Maîtrise de la fissuration ..................................... 25 Annexe E
Planchers à prédalles épaisses .................................. 84
3.5 Limitation des flèches .......................................... 25
Annexe F
4. Phases provisoires ............................................... 29 Planchers à prédalles suspendues ............................ 88
4.1 Généralités ........................................................... 29
Annexe G
4.2 Détermination des distances entre étais............ 30 Planchers utilisant des prédalles
4.3 Détermination des espacements de coffrage................................................................. 104
entre appuis de stockage .................................... 34
Annexe H
4.4 Détermination des espacements Méthode analytique pour le calcul
entre les points de levage ................................... 34 des températures ...................................................... 105

e-Cahiers du CSTB -1- Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Annexe I
Calcul des continuités .............................................. 108
Annexe J
Trémies .......................................................................113
Annexe K
Dimensionnement et dispositions constructives
des planchers-dalles avec ou sans chapiteaux
réalisés à partir de prédalles préfabriquées
en béton armé ............................................................116
SECTION B
Fabrication et contrôle des prédalles ..................... 120
1. Plancher à prédalles........................................... 120
1.1 Prédalles préfabriquées..................................... 120
1.2 Autres éléments ................................................. 120
2. Dispositifs de manutention .............................. 120
2.1 Généralités ......................................................... 120
2.2 Autres dispositifs de manutention ................... 121
SECTION C
Transport, mise en œuvre et finition ...................... 122
1. Règles d’exécution pour
les planchers à prédalles ................................... 122
1.1 Généralités ......................................................... 122
1.2 Manutention et stockage ................................... 122
1.3 Pose ..................................................................... 125
1.4 Ferraillage et bétonnage du plancher............... 126
2. Règles d’exécution particulières ...................... 129
2.1 Réalisation des réservations ............................. 129
2.2 Réalisation des porte-à-faux ............................. 131
2.3 Dispositions pour les planchers suspendus .... 131
2.4 Dispositions pour les rupteurs thermiques ..... 133
2.5 Disposition pour les goujons ............................ 133
2.6 Dispositions pour les appuis
sans retombée.................................................... 135
2.7 Cas de repos effectif insuffisant........................ 135
2.8 Réalisation des finitions .................................... 137
3. Tolérances d’exécution ...................................... 138
Annexe A
Réception, déchargement et stockage ................... 139
Annexe B
Calcul des étaiements intermédiaires
et des lisses de rive .................................................. 140
Annexe C
Exemples de fiches d’auto-contrôle ........................ 141

e-Cahiers du CSTB -2- Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Normes associées PR NF EN 10138-1 (A35-040-1PR), Armatures de précon-
trainte. Partie 1 : prescriptions générales.
Les documents de référence suivants sont indispensables NF EN 1990 (P06-100-1), Eurocodes structuraux – Base
pour l’application du présent document. Pour les réfé- de calcul des structures.
rences datées, seule l’édition citée s’applique. Pour les
NF EN 1990/NA (P06-100-1/NA), Eurocodes structuraux –
références non datées, la dernière édition du document
Base de calcul des structures – Annexe nationale à la
de référence (y compris les éventuels amendements)
norme NF EN 1990.
s’applique.
NF EN 1991-1-1 (P06-111-1), Eurocode 1 – Actions sur
NF EN 45011 (X50-071), Exigences générales relatives
les structures. Partie 1.1 : Actions générales – Poids volu-
aux organismes procédant à la certification de produits.
miques, poids propres, charges d’exploitation des bâti-
NF DTU 20.12, NF P10-203-1 (P10-203-1), Maçonnerie ments.
des toitures et d’étanchéité – Gros œuvre en maçonnerie
NF EN 1991-1-1/NA (P 06-111-2), Eurocode 1 – Actions
des toitures destinées à recevoir un revêtement d’étan-
sur les structures – Partie 1.1 : Actions générales – Poids
chéité.
volumiques, poids propres, charges d’exploitation des
NF DTU 21, NF P18-201 (P18-201), Travaux de bâtiment – bâtiments – Annexe nationale à la norme NF EN 1991-1-1.
Exécution des ouvrages en béton.
NF EN 1991-1-6 (P06-116-1), Eurocode 1 – Actions sur
NF DTU 65.7, NF P52-302-1 (P52-302), Travaux de bâti- les structures - Partie 1-6 : Actions générales - Actions en
ment – Exécution des planchers chauffants par câbles cours d’exécution
électriques enrobés dans le béton. Partie 1 : Cahier des
NF EN 1991-1-6/NA (P06-116-1/NA), Eurocode 1 –
clauses techniques.
Actions sur les structures - Partie 1-6 : Actions générales
NF DTU 65.14 (P52-307), Travaux de bâtiment – Exécution - Actions en cours d’exécution - Annexe nationale de la
de planchers chauffants à eau chaude : NF EN 1991-1-6
– Partie 1 : Cahier des clauses techniques – Dalles déso- NF EN 1991-1-2 (P06-112-1), Eurocode 1 – Actions sur les
lidarisées isolées ; structures. Partie 1.2 : Actions générales – Actions sur les
– Partie 2 : Cahier des clauses techniques – Autres dalles structures exposées au feu.
que les dalles désolidarisées isolées. NF EN 1991-1-2/NA (P06-112-2), Eurocode 1 – Actions
NF DTU 59.1 (P74-201-1-1), Travaux de bâtiment – Revê- sur les structures. Partie 1.2 : Actions générales – Actions
tements de peinture en feuil mince, semi-épais, ou épais. sur les structures exposées au feu – Annexe nationale à la
Partie 1-1 : Cahier des clauses techniques types. norme NF EN 1991-1-2.
NF DTU 25.1 (P71-201-1-1), Travaux de bâtiment – Enduits NF EN 1992-1-1 (P18-711-1), Eurocode 2 – Calcul des
intérieurs en plâtre. Partie 1-1 : Cahier des clauses tech- structures en béton. Partie 1-1 : Règles générales et
niques types. règles pour les bâtiments.
NF EN 13747 (P19-809), Produits préfabriqués en béton – NF EN 1992-1-1/NA (P18-711-1/NA), Eurocode 2 – Calcul
Prédalles pour systèmes de planchers. des structures en béton – Partie 1-1 : Règles générales et
règles pour les bâtiments – Annexe nationale à la norme
NF EN 13369 (P19-800), Règles communes pour les NF EN 1992-1-1.
produits préfabriqués en béton.
NF EN 1992-1-2 (P18-712-1), Eurocode 2 – Calcul des
NF EN 13670/CN (PN18-450/CN), Exécution des structures structures en béton – Partie 1-2 : Règles générales –
en béton – Complément national à la NF EN 13670 :2013. Calcul du comportement au feu.
NF EN 206/CN (P18-325/CN), Béton – Spécification, NF EN 1992-1-2/NA (P18-712-1/NA), Eurocode 2 – Calcul
performance, production et conformité béton – Complé- des structures en béton – Partie 1-2 : Règles générales –
ment national à la NF EN 206. Calcul du comportement au feu - Annexe nationale à la
NF P03-001 (P03-001), Marchés privés – Cahiers types – norme NF EN 1992-1-2.
Cahier des clauses administratives générales applicable NF EN 1998-1 (P06-030-1), Eurocode 8 – Calcul des struc-
aux travaux de bâtiment faisant l’objet de marchés privés. tures pour leur résistance aux séismes – Partie 1 : Règles
NF P03-002 (P03-002), Marchés privés – Cahiers types – générales, actions sismiques et règles pour les bâtiments.
Cahier des clauses administratives générales applicable NF EN 1998-1/NA (P06-030-1/NA), Eurocode 8 – Calcul
aux travaux de génie civil faisant l’objet de marchés des structures pour leur résistance aux séismes – Partie 1 :
privés. Règles générales, actions sismiques et règles pour les
NF EN 13225 (P19-812), Produits préfabriqués en béton – bâtiments – Annexe nationale à la norme NF EN 1998-1.
Éléments de structure linéaires. Fascicule de documentation FD P18-717 (P18-717),
NF EN 15037-1 (P19-810-1), Produits préfabriqués en Eurocode 2 − Calcul des structures en béton − Guide
béton – Systèmes de planchers à poutrelles et entrevous. d’application des normes NF EN 1992, 2013.
Partie 1 : Poutrelles. FFB, CERIB, FIB, Planchers à prédalles. Guide d’appli-
NF A35-080-1 (A35-080-1), Aciers pour béton armé - cation des recommandations professionnelles concer-
Aciers soudables - Partie 1 : barres et couronnes nant les planchers à prédalles suspendues avec boîtes
NF A35-080-2 (A35-080-2), Aciers pour béton armé - d’attentes, collection « Recherche et développement
Aciers soudables - Partie 2 : treillis soudés métier », 2012.

e-Cahiers du CSTB -3- Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Avant-propos
Le présent document révise et remplace le CPT « Plan-
chers », Titre II « Dalles pleines confectionnées à partir
de prédalles préfabriquées et de béton coulé en œuvre »,
publié en mai 2000. L’édition antérieure avait été rédigée
sur la base des règles BAEL 91 et BPEL 91.
Les prescriptions de conception et de calcul données
dans ce titre du CPT sont établies par référence aux
règles de conception et de calcul aux états limites des
ouvrages en béton armé et précontraint, prescrites dans la
norme NF EN 1992-1-1 et son annexe nationale
NF EN 1992-1-1/NA, ainsi que dans la norme produit
NF EN 13747. En outre, ce document intègre les modifica-
tions et compléments intervenus entre temps.
Le présent CPT s’applique aux Avis Techniques qui y font
référence. La dénomination « Avis Technique » employée
dans le présent document couvre également le cas des
« Documents Techniques d’Application ».
Pour les Avis Techniques de procédés de planchers à
prédalles préfabriquées munies de treillis raidisseurs, en
cours de validité, le tableau suivant établit la correspon-
dance entre les articles de la version CPT « Planchers »
Titre II, édition 2000 et ceux du présent CPT « Planchers »,
Titre II, édition 2014.

CPT « Planchers », CPT « Planchers »,


Référence Titre II, Titre II,
édition 2000 édition 2014
Domaine Généralités, § 3 Généralités, § 3
d’emploi
accepté
Section A, Art. II.A.1, Section A, § 9
Stabilité
§ 1 109.2
Prévention Section A, Art. II.A.2, Section A, § 4
des § 2 203
accidents
lors de la
mise en
œuvre
Section A, Art. II.A.2, Section A, § 3.5
Flexibilité
§ 2 203
Section B, Art. II.B.2 Section A, § 2.1.2
§ 2 201 & 202 pour le béton,
Section A, § 4.4.2
pour les treillis
raidisseurs

Section B, Art. II.B.2, Section A, Annexe J


§ 2 203

Section B, Art. II.B.2, Section A, § 1.1.2,


Prescriptions
§ 2 204 § 4.4
de fabrication
Section B, Art. II.B.2, Section C, § 1.2
§ 2 205
Section B, Art. II.B.2, Section A, § 4 4.2
§ 2 206
Section B, Art. II.B.2, Section B, § 1.1
§ 2 207
Section B, Art. II.B.2, Section A, § 4.4.2
§ 2 208

Section A, Art. II.A.2, Section A, § 1.2 2


Prescriptions
§ 2 201 & 202 et Annexe I
de
conception
Section A, Art. II.A.1, Section A, § 3.5
et de calcul
106
Prescriptions Section C, Art. II.C.1 Section C, § 1
de mise Section C, Art. II.C.2 Section C, § 1
en œuvre

e-Cahiers du CSTB -4- Cahier 2892_V2 – Avril 2016


1. Généralités

1.1 Préambule
Ce document est construit en 3 Sections comprenant
chacune ses propres Annexes. La numérotation des
figures et des tableaux est réalisée indépendamment
pour chaque section.

1.2 Définitions
Pour les besoins du présent document, les définitions
suivantes s’appliquent.
• Plans de préconisation de pose
Ensemble des plans et documents définissant les condi-
tions permettant la mise en œuvre des prédalles.
• Repos sur appui
Distance horizontale entre le nu de l’appui et le point le plus
en retrait au niveau de la sous-face de la prédalle, (repos
effectif « u » constaté et mesuré, comme indiqué sur la
Figure 1).

Vue en plan Vue en coupe A-A


Légende :
1. Prédalle
2. Appui

Figure 1 — Repos sur appui

• Repos minimum
Valeur de repos sur appui en dessous de laquelle une
lisse de rive est obligatoire (Figure 2).
• Repos nominal
Valeur du repos sur appui indiquée sur le plan de pose, qui
tient compte des tolérances de fabrication des prédalles
et des tolérances d’exécution des ouvrages (Figure 2).
• Espace d’appui
Profondeur d’appui nominale devant être réservée sur la
structure porteuse pour permettre la pose des prédalles
compte tenu d’obstacles éventuels (cadres de poutre, par
exemple) et des différentes tolérances.

e-Cahiers du CSTB -5- Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Le présent titre ne vise que les éléments structurels
confectionnés à partir de bétons de granulats courants.
L’utilisation de bétons de granulats légers peut être envi-
sagée dans les Avis Techniques.
Le présent document a pour objet également de :
• fixer les critères généraux de choix des matériaux
utilisés pour l’exécution des ouvrages de bâti-
ment et de génie civil, tels que définis ci-après ;
donner les clauses administratives spéciales aux
marchés de travaux de planchers à prédalles industria-
lisées en béton, tels que définis ci-après ;
• définir les règles de calcul des planchers à prédalles
Légende : industrialisées en béton armé ou béton précontraint
pour des ouvrages de bâtiment et de génie civil, tels
1. Repos minimum que définis ci-après.
2. Repos nominal
Le présent document précise l’application de certaines
3. Espace d’appui annexes informatives de la norme NF EN 13747 et apporte
des compléments pour leur application. Ces annexes
Figure 2 — Repos des prédalles (cas sans lisse d’appui) deviennent, à ce titre, normatives pour tout ou partie.
À défaut de calcul plus précis, les annexes du présent
document fournissent des méthodes de calcul simplifiées
• Lisse de rive pour le dimensionnement des planchers à prédalles.
Lisse d’appui dont l’axe est situé au plus à 30 cm du nu Ces annexes fournissent également des prescriptions
de l’appui définitif. complémentaires :
• Prédalle de coffrage • pour les planchers à prédalles épaisses, en Annexe E ;
Prédalle utilisée comme coffrage pour le béton coulé en • pour les planchers à prédalles suspendues, en
place sans contribution à la résistance du plancher fini, Annexe F ;
excepté pour l’enrobage.
• pour les planchers à prédalles de coffrage, en
• Prédalle suspendue Annexe G.
Prédalle autre que de coffrage, sans appui direct sur
l’élément porteur comportant à l’about des armatures 1.4 Domaine d’application
assurant le relèvement de la réaction d’appui dans la dalle
de compression. Le présent document est applicable aux planchers à
• Prédalle mince prédalles industrialisées mis en œuvre dans toutes les
zones climatiques ou naturelles françaises.
Prédalle dont l’épaisseur est inférieure ou égale à la
demi-épaisseur du plancher, sans excéder 80 mm. Note 1 : Le domaine d’application couvre ainsi les
• Prédalle épaisse départements d’Outre-mer et le département de la
Guyane.
Prédalle dont l’épaisseur est supérieure à la demi-
épaisseur du plancher ou supérieure à 80 mm. Note 2 : Les prédalles industrialisées sont des prédalles
préfabriquées en usine fixe de manière industrielle. Elles
1.3 Objet sont appelées « prédalles » dans la suite du document.
Le présent titre a pour objet de donner les prescriptions Les prescriptions du présent document permettent
courantes applicables aux planchers à prédalles relevant de traiter le cas des ouvrages courants, tels que ceux
de la procédure de l’Avis Technique. destinés aux logements, bâtiments scolaires et hospi-
taliers, immeubles de bureaux, bâtiments industriels,
Il indique les cas où, en fonction de justifications appro-
commerces et parkings, pour des conditions normales
priées, des prescriptions différentes, exposées dans un
d’utilisation.
Avis Technique particulier, peuvent être appliquées.
En matière d’Avis Technique, il est actuellement admis Note 3 : Ces prescriptions sont fondées sur l’appli-
que : cation de la norme NF EN 1992-1-1 et son Annexe
nationale (NF EN 1992-1-1/NA).
• Les planchers à prédalles en béton armé ne relèvent
pas de la procédure d’Avis Technique et du présent Note 4 : Les prédalles peuvent également être
Titre II. Toutefois, pour justifier des prescriptions du utilisées dans certains ouvrages de génie civil comme,
présent titre, les prédalles peuvent donner lieu à un Avis par exemple, les couvertures de stations d’épuration et
Technique assorti d’une certification de type « produit » ; les couvertures de bassin de rétention.
• Les planchers à prédalles en béton armé munies de Les planchers peuvent :
treillis raidisseurs sont du ressort des Avis Techniques – reposer sur 2, 3 ou 4 bords, voire un bord dans le cas
du Groupe Spécialisé n° 3.1, avec certification de type de porte-à-faux ;
« produit » sur le treillis raidisseur. Pour bénéficier de
dérogations non spécifiques au treillis raidisseur, la – reposer sur appuis ponctuels (planchers-dalles avec ou
prédalle doit faire l’objet d’une certification de type sans chapiteau(x)) ;
« produit » ; – être suspendus, à l’exception des ouvrages ou parties
• Les planchers à prédalles en béton précontraint sont d’ouvrages pour lesquels l’article 3 de l’arrêté du
du ressort des Avis Techniques du Groupe Spécialisé 22 octobre 2010 relatif à la classification et aux règles
n° 3.1, avec certification de type « produit ». de construction parasismique applicables aux bâti-
ments de la classe dite « à risque normal » s’applique.

e-Cahiers du CSTB -6- Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Le présent document ne vise pas les planchers constitués • les prescriptions particulières qui peuvent éventuel-
de prédalles comportant des alvéoles. lement s’imposer compte tenu du type de construc-
tion, des conditions d’exploitation ou d’agressivité du
milieu ambiant (classe d’exposition, conditions parti-
1.5 Données et éléments d’information culières de calcul, enrobages accrus, revêtement
protecteur, ...) ;
à fournir pour la conception
• les états limites de déformation et/ou de fissuration à
Les éléments d’information suivants doivent être fournis respecter.
au bureau d’études chargé du dimensionnement du
Note 4 Les vérifications de déformation nécessitent
plancher à prédalles :
la distinction entre éléments supportés fragiles et non
• les moyens de levage (capacité, inserts de manutention fragiles et la connaissance des dates de mise en œuvre
le cas échéant, …) ; de ces éléments.
• les plans d’implantation et la nature des dispositifs à Il y a lieu de préciser éventuellement :
intégrer dans les prédalles ; • les charges dynamiques et la valeur du coefficient de
• les charges de chantier et les sujétions d’étaiement ; majoration dynamique correspondant ;
• les charges en phases d’exécution (réaction d’étais • les efforts dus à la poussée des terres et à la pression
des étages supérieurs, circulation d’engins de chantier, hydrostatique pour les différentes phases d’exécution ;
stockage provisoire, …) ; • le gradient thermique à prendre en compte ;
• les plans de coffrage détaillés nécessaires à l’éta- • les dispositions de ferraillage particulières liées, par
blissement du plan de préconisation de pose des exemple, à des distances importantes entre joints de
prédalles, mentionnant notamment les zones d’appuis dilatation, …
particulières (plancher suspendu, rupteur thermique,
goujon, …) ; Dans le cas où le bureau d’études n’est pas chargé de
l’étude complète du bâtiment, il doit lui être communiqué,
• les plans de ferraillage des éléments susceptibles d’in- en complément des éléments ci-dessus :
terférer sur la conception (armatures dépassantes des
supports, …) ; • les sollicitations dues au contreventement du bâtiment ;
• la pente éventuelle du plancher ; • les sollicitations dues aux actions accidentelles éven-
tuelles (séisme, feu, …) ;
• la classe du (ou des) ciment(s) utilisé(s) dans le béton
coulé en place ; • les éventuelles exigences thermiques et acoustiques.
Note 1 : En l’absence d’information, le type de ciment N Généralement, les dispositifs de sécurité sont conçus
au sens de l’article 3.1.2 (6) de la NF EN 1992-1-1 est et dimensionnés par l’entreprise. Elle communiquera
retenu par défaut. tous les éléments nécessaires à la mise en œuvre dans
les prédalles. Dans le cas particulier où les dispositifs de
• les informations sur les granulats du béton coulé en sécurité sont conçus par le fournisseur des prédalles,
place permettant le calcul du module d’Young et les l’entreprise communiquera les efforts à prendre en compte.
vérifications relatives à la résistance au feu ;
Note 2 : En l’absence d’information : 1.6 Éléments à fournir
le module d’Young du Tableau 3.1 de la norme pour l’approvisionnement
NF EN 1992-1-1 et son Annexe nationale (NF EN 1992-
1-1/NA) est retenu par défaut ; Les éléments d’information suivants doivent être fournis
par l’entreprise au fournisseur de prédalles :
pour le dimensionnement au feu, on retient l’hypothèse la
plus défavorable. • le planning de livraison ;
• la classe de résistance du (ou des) béton(s) de chantier ; • le mode de chargement compatible avec la cinéma-
tique de pose, le cas échéant ;
• la nature, la classe et les caractéristiques des aciers ;
• les conditions d’accessibilité au chantier ;
• les charges permanentes et d’exploitation en phase
définitive (nature, intensité, position, calendrier de mise • les possibilités de stockage sur chantier.
en charge, …) ;
Note 3 Conformément à l’article 6.3.1.2 (8) de la norme
1.7 Plans et documents
NF EN 1991-1-1 et son Annexe nationale, les charges de mise en œuvre des prédalles
linéaires jusqu’à 3 kN/ml peuvent être assimilées à des
La mise en œuvre des prédalles fait l’objet de plans et
charges réparties. Les charges linéaires d’intensité supé-
de documents suffisants pour définir les dispositions
rieure doivent être repérées sur les plans.
constructives à réaliser.
• les coefficients de combinaison Ψ0, Ψ1, Ψ2 dans le cas
Ces plans et documents, qui constituent le plan de préco-
où ils ne sont pas prévus par la norme NF EN 1990 et
nisation de pose, doivent préciser :
son Annexe nationale française (NF P 06-100-1/NA) ;
• les hypothèses prises en compte dans les calculs ;
• les cas éventuels d’interdépendance de charges ;
• les conditions à respecter pour les appuis, ancrages,
• la nature, la position et les dimensions des réservations liaisons et continuités, notamment en ce qui concerne
et des biais, les porte-à-faux à équilibrer ; les armatures, qu’elles sortent en attente des prédalles
• la nature, la position des inserts (pots électriques,....) ; ou qu’elles soient à placer en œuvre ;
• si prévu dans les DPM (Document Particulier du • la pente éventuelle du plancher ;
Marché), la majoration éventuelle des ferraillages pour • la définition des prédalles, leur poids théorique avec
les percements a posteriori ; leur repérage et leur implantation ;

e-Cahiers du CSTB -7- Cahier 2892_V2 – Avril 2016


• les conditions de stockage ;
• les conditions de manutention, de levage et de pose
des prédalles ;
• les conditions d’étaiement.
Ils indiquent également les zones non traitées en
intégralité et pour lesquelles il est nécessaire de se référer
à d’autres documents d’exécution (par exemple, balcons,
chevêtres).

1.8 Coordination avec les autres


entreprises et intervenants
Les éventuelles lacunes seront comblées par recours aux
dispositions des normes NF P03-001 et NF P03-002.
Les plans d’exécution des ouvrages sont réalisés sous la
responsabilité de l’entreprise à partir des plans de préco-
nisation de pose du (ou des) fournisseur(s) des prédalles
et des modes opératoires retenus (type d’étaiement, ...).
Le plan de préconisation de pose doit être validé par
l’entreprise et éventuellement complété par le bureau
d’études chargé de l’étude générale d’exécution du
bâtiment. Dans le cas où le plan de pose est établi par
le fabricant, il doit être complété par le bureau d’études
chargé de l’étude d’exécution du bâtiment en ce qui
concerne les poutres, les chaînages, les trémies et les
chevêtres et, plus généralement, les autres parties en
béton armé coulé en œuvre.

e-Cahiers du CSTB -8- Cahier 2892_V2 – Avril 2016


SECTION A
Conception et calcul
des planchers à prédalles

1. Actions et sollicitations

1.1 Actions
La nature et l’intensité des actions à introduire dans les
calculs sont fixées par les Documents Particuliers du
Marché (DPM), par référence à la norme NF EN 1991-1, Figure 1 — Principe de chargement à considérer
en phase provisoire de chantier (illustration
parties 1 à 6 avec ses Annexes nationales.
dans le cas d’une pose sans étai).
Les combinaisons d’actions sont définies dans la norme
NF EN 1990 avec son Annexe nationale (NF EN 1990/NA). La zone 1 correspond à une charge uniformément répartie
Qs2 égale à 50 daN/m² à l’extérieur de l’aire de travail et
1.1.1 Actions dues à la précontrainte constitue l’action variable d’accompagnement, affectée
du coefficient de combinaison ψ0 égal à 0,6.
Les pertes de précontraintes finales sont déterminées La zone 2 correspond à une charge uniformément répartie
conformément au paragraphe 4.2.3.2.6 de la norme Qs1 égale à 150 daN/m² appliquée sur une aire de travail
NF EN 13747. de dimensions en plan 3 m x 3 m et constitue l’action
Pour les vérifications en phases provisoires, mise en variable dominante.
précontrainte et manutention, la perte de précontrainte • une surcharge de béton supplémentaire : lors de la
est prise égale à 8 %. mise en œuvre du plancher à prédalles, le béton coulé
Il est possible d’appliquer le paragraphe 5.10.6 de en place provoque une déformation des prédalles qui
la norme NF EN 1992-1-1 avec son Annexe natio- engendre une surcharge correspondant à un volume de
nale (NF EN 1992-1-1/NA) en considérant les différentes béton supplémentaire (« effet de mare »). Les vérifica-
phases de la construction. tions menées en phase de construction prendront en
compte cette surcharge de béton (paragraphe 4 de la
1.1.2 Actions en phases provisoires présente section).
Les combinaisons de charge à prendre en compte sont
Concernant les actions en phases provisoires s’exerçant
explicitées aux paragraphes 4.2, 4.3 et 4.4 de la présente
sur la prédalle seule, il convient de considérer :
section.
a) les actions lors du stockage, constituées du seul poids
Les repos sur appuis des planchers en phases provisoires
propre de la prédalle ;
doivent être déterminés conformément à l’Annexe A de la
b) les actions lors de la manutention et du transport, présente section.
constituées du poids propre de la prédalle majoré des
effets dynamiques ou de ventouse au démoulage, ou 1.1.3 Principe de dégression
encore du vent. Le poids de la prédalle est majoré de :
• 20 % au minimum pour tenir compte des effets Les charges d’exploitation correspondant à une
mentionnés ci-dessus, catégorie d’usage unique peuvent être réduites en
appliquant un coefficient de réduction αA pour grandes
• 10 % pour tenir compte de l’incertitude sur la répartition
surfaces, conformément au paragraphe 6.3.1.2
des efforts entre les points de levage ;
de la norme NF EN 1991-1-1 avec son Annexe
c) les actions à la mise en œuvre. Les prédalles du plan- nationale (NF EN 1991-1-1/NA) :
cher en cours de coulage assurent alors à elles-seules la
résistance sous les charges considérées.
Les actions à la mise en œuvre comprennent :
• systématiquement le poids mort des éléments destinés
à constituer le plancher terminé, à savoir le poids des
prédalles et du béton coulé en œuvre sur les prédalles ;
• les charges dites « de chantier » définies sur la Figure 1 On considère A = 2,5 Leff2 où Leff est la portée utile des
et tel qu’indiquées dans la norme NF EN 1991-1-6 et prédalles.
son Annexe nationale (NF EN 1991-1-6/NA) ; Si A < 15 m2, alors αA = 1,0.
Si A > 200 m2, alors αA = 0,77.
Ce coefficient de dégression est applicable uniquement
pour les bâtiments de catégories A, B, C3, D1 et F, telles
que définies dans la norme NF EN 1991-1-1 avec son
Annexe nationale pour une aire chargée A.

e-Cahiers du CSTB -9- Cahier 2892_V2 – Avril 2016


1.2 Sollicitations Une méthode simple de calcul des planchers comportant
des trémies est présentée en Annexe J de la présente
section.
1.2.1 Hypothèses
1.2.2.2 Détermination de la portée utile de calcul
Le calcul des sollicitations est réalisé avec les hypothèses Dans la suite du document, la portée utile de calcul est
simplificatrices suivantes : appelée « portée utile ».
• suivant la capacité du joint à transmettre des moments La portée utile est déterminée conformément au
transversaux, le comportement structural des planchers paragraphe 5.3.2.2 de la norme NF EN 1992-1-1 avec
à prédalles épaisses (voir Annexe E de la présente son Annexe nationale (NF EN 1992-1-1/NA).
section) se situe entre celui d’une dalle monolithe (trans-
Dans le cas d’éléments pour lesquels l’ancrage est assuré
mission complète des moments transversaux et de l’ef-
par des armatures dépassantes, la portée utile, Leff, est
fort tranchant) et celui des dalles articulées le long des
déterminée :
joints (transmission uniquement de l’effort tranchant au
droit du joint) ; • pour les appuis de rive, comme indiqué dans la
Figure 2 ;
• les sollicitations du second ordre peuvent être négli-
gées, sauf pour les vérifications d’État-Limite Ultime de • pour les appuis intermédiaires, selon la Figure 5.4 b) de
stabilité de forme ; la norme NF EN 1992-1-1 avec son Annexe nationale.
• dans le cas du calcul en section non fissurée avec
des prédalles précontraintes, la détermination des
contraintes peut être conduite à partir des caractéris-
tiques des sections (sans déduction de la section des
armatures), sans homogénéisation des bétons.

1.2.2 Calcul des sollicitations

1.2.2.1 Principe
La prise en compte de continuité entre travées voisines
est le mode normal de dimensionnement.
Par simplification, les vérifications de résistance du
plancher en exploitation sont faites à l’État-Limite Ultime
de résistance (ELU) sans tenir compte des phases
successives d’exécution.
De plus, il y a lieu de tenir compte des phases de mise
en œuvre dans le cas de la pose sans étai pour les véri-
fications aux États-Limites de Service des planchers à
prédalles en béton armé munies ou non de treillis raidis-
seurs. Le calcul des contraintes et des déformations doit
tenir compte des valeurs successives du bras de levier
en fonction des hauteurs utiles de la section, relatives à
chacune des phases de construction.
On vérifie les contraintes dans les armatures suivant le para-
Légende :
graphe 3.3 et conformément à la norme NF EN 1992-1-1
avec son Annexe nationale (NF EN 1992-1-1/NA). Leff : portée utile
Les exigences relatives aux espacements des arma- avec ai = max [(p + 100) / 2 ; min (ht / 2 ; t / 2)]
tures sont définies au paragraphe 4.2.4 de la norme
ai, p, ht et t en mm
NF EN 13747.
Le calcul des sollicitations est réalisé suivant les prescrip-
Figure 2 — Détermination de la portée utile dans le cas
tions de l’Annexe B de la présente section. d’armatures dépassantes
Les dispositions d’armatures de répartition doivent être
conformes aux prescriptions du paragraphe 1.2.3. Note : La distance t intègre l’enrobage de l’armature
Note : Parfois, il peut être nécessaire, pour d’autres dépassante. Cet enrobage peut être pris égal à 30 mm.
raisons, de renforcer les armatures de répartition, par Lorsque la charge globale (hors poids propre du plan-
exemple pour se prémunir contre les effets de la dilatation cher) appliquée sur le plancher est inférieure à 10 kN/m2,
différentielle, dans les angles des planchers-terrasses. la portée utile est donnée dans le Tableau 1 suivant en
Dans ces cas, les prescriptions correspondantes seront fonction du type d’appui.
communiquées par le bureau d’études structures.

e-Cahiers du CSTB - 10 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Tableau 1 — Portées utiles pour différentes conditions d’appui (Annexe F de la norme NF EN 13747)

Type d’appuis Appuis de rive et intermédiaire sans continuité Appuis intermédiaires avec continuité
Poutres en béton
Poteaux Espacement entre les faces des appuis
Murs en béton
Poutrelles mécaniques Distance entre les bords des ailes (côté travée) Entraxe des appuis
Maçonnerie de petits éléments Espacement entre les faces des appuis + 5 cm
Appareils d’appui Entraxe des appuis
Poutres noyées Entraxe des poutres

Pour le calcul de la stabilité d’ensemble, la portée utile est • des armatures supérieures capables d’équilibrer un
prise égale à l’entraxe des appuis. moment fléchissant égal à 0,15 MTmax doivent être prévues
Les charges sont prises en compte à partir du nu de au droit des appuis simples et de rives, conformément
l’appui pour la détermination des sollicitations. au paragraphe 9.3.1.2 de la norme NF EN 1992-1-1
avec son Annexe nationale (NF EN 1992-1-1/NA), avec
MTmax le moment maximal de la travée considérée ;
• la section des armatures supérieures prévues au droit
des appuis de continuité doit être supérieure ou égale à
la section minimale définie au paragraphe 9.3.1.1 (1) de
la norme NF EN 1992-1-1 avec son Annexe nationale.
Les armatures transversales aux barres principales supé-
rieures ne sont pas nécessaires, aussi bien au voisinage
des appuis qu’en partie courante lorsqu’il n’existe aucun
moment fléchissant transversal.

1.2.3 Répartition transversale

1.2.3.1 Généralités
Le moment transversal MEd,y maximum à l’État-Limite
Ultime par unité de largeur (kN.m/ml), tel que défini au
paragraphe B.3.1.2 de l’Annexe B de la présente section,
est déterminé en tenant compte des conditions d’appui et
de chargement du plancher.
Lorsque le plancher est appuyé sur deux lignes d’appui,
Légende : le moment transversal à l’État-Limite Ultime, noté MEd,y, dû
1. Leff portée utile à la charge d’exploitation uniformément répartie Q, peut
2. Zone chargée
être fixé forfaitairement à :

Figure 3 — Modèle de calcul des sollicitations

avec :
1.2.2.3 Continuité –– Q le coefficient partiel pour les actions variables ;
Vis-à-vis de l’utilisation des continuités, il y a lieu de – Q la charge d’exploitation uniforme (kN/m2) ;
distinguer les planchers à prédalles en béton armé des
planchers à prédalles précontraintes pour lesquels les – Leff la portée utile de la travée (m).
moments sur appui doivent être estimés en tenant compte
de l’effet différé de la précontrainte. Note : Le moment transversal total doit intégrer, le cas
échéant, l’influence des charges linéaires.
La méthode de calcul est présentée en Annexe I de la
présente section. 1.2.3.2 Armatures minimales
Les dispositions d’armatures sont les suivantes : Sous réserve des vérifications à la manutention, au
• les armatures longitudinales (armatures inférieures et transport et à la pose, on dispose un minimum d’arma-
supérieures) doivent être disposées de manière à équi- tures de répartition dans les prédalles.
librer, en toute section, les moments fléchissants résul- Dans le cas de prédalles bénéficiant d’une certifica-
tant du tracé des courbes enveloppes décalées de la tion NF, les armatures de flexion transversale peuvent
hauteur utile d ; être calculées comme indiqué ci-après lorsque l’inégalité
suivante est vérifiée :

e-Cahiers du CSTB - 11 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


avec : 1.2.3.3 Armatures de flexion transversale
– MEd,y le moment transversal maximum à l’État-Limite Les armatures nécessaires pour assurer la résistance
Ultime par unité de largeur (kN.m/ml) ; de la dalle à ces flexions transversales doivent être
– ht l’épaisseur totale du plancher (m) ; déterminées comme indiqué au paragraphe 1.2.3.1, dans
les cas suivants :
– fctk0,05 la résistance caractéristique en traction directe • zones de planchers proches des rives latérales suppor-
du béton (MPa) ; tées, même lorsque les charges peuvent être assimi-
Le pourcentage minimal d’armatures est égal au rapport lées à des charges uniformément réparties ;
0,20 / fyk dans le cas de treillis soudés ou de barres à • dans le cas de charges autres que celles définies
haute adhérence. dans la norme NF EN 1991-1-1 et son Annexe natio-
Ces armatures de répartition doivent être entièrement nale (NF EN 1991-1-1/NA), il y a lieu d’envisager la
ancrées à une distance des rives de la prédalle ne situation défavorable d’un chargement localisé condui-
dépassant pas la plus faible des deux valeurs suivantes : sant à un moment transversal MEd,y déterminé comme
500 mm ou le tiers de la largeur de prédalle. indiqué au paragraphe 1.2.3.1 ;
Les armatures de répartition ne doivent être espacées de • planchers supportant des charges importantes, soit
plus de 330 mm. linéaires de plus de 5 kN/m, soit ponctuelles (impacts
Note 1 : Cette limitation est différente de celle prescrite au de roues de camions ou engins de manutention).
chapitre 9.3.1.1 (3) de la norme NF EN 1992-1-1 pour les Elles doivent, en outre, satisfaire aux prescriptions des
dalles pleines. paragraphes ci-après relatives aux dispositions d’arma-
Dans le cas d’un treillis soudé, la distance de la première tures inférieures et supérieures.
soudure au bord latéral de la prédalle ne doit pas dépasser L’espacement des armatures ne doit pas dépasser
le demi-espacement des soudures. 330 mm.
Des armatures sur joint sont disposées dans le béton
coulé en œuvre afin d’assurer le recouvrement au droit 1.2.3.3.1 Armatures inférieures
des joints entre prédalles. Ces armatures doivent être a) Moment transversal équilibré par les armatures de
capables de transmettre le même effort de traction que répartition disposées dans les prédalles
les armatures de répartition requises dans les prédalles La section de ces armatures doit satisfaire aux conditions
et ancrées de façon à tenir compte de leur décalage en suivantes :
hauteur avec ces dernières armatures.
• assurer la résistance du plancher à la flexion transver-
On fait intervenir ce décalage en considérant des bielles sale sous sollicitations de calcul ;
à 45°.
• équilibrer un moment sollicitant ultime égal à
Note 2 : La mise en œuvre d’armatures de recouvrement fctm b ∙ ht2 / 6 (avec ht la hauteur totale et fctm la valeur
n’est pas nécessaire dans le cas de dépassement en moyenne de la résistance en traction directe relative
attente des armatures de répartition sur les rives latérales au béton de la prédalle).
des prédalles.
Au droit des joints entre prédalles, des armatures venant
Dans le cas où l’inégalité précédente n’est pas satisfaite
en recouvrement des armatures de ces dernières doivent
en considérant la section au droit du joint, la section d’ar-
être disposées dans le béton coulé en œuvre. Leur section
mature est calculée pour équilibrer le moment transversal.
est déterminée comme ci-dessus par la plus défavorable
Dans les mêmes conditions, aucune armature de réparti- des conditions de résistance et de non-fragilité, en tenant
tion n’est exigible au voisinage de la fibre supérieure du compte de la hauteur utile réduite de la section à l’aplomb
béton coulé en place. des joints et en considérant la valeur moyenne de la
Dans le cas des planchers ne vérifiant pas les conditions résistance en traction du béton coulé en place.
ci-dessus, les armatures de flexion transversale sont Des armatures transversales doivent dans tous les cas
calculées comme indiqué paragraphe 1.2.3.3. être prévues de part et d’autre des joints entre prédalles
pour assurer la continuité des armatures de répartition.
Ces armatures, qui sont disposées sur chacune des
longueurs de recouvrement des armatures de réparti-
tion de la prédalle et du béton coulé en œuvre, doivent
présenter une section au moins égale à la plus faible des
sections de ces deux systèmes d’armatures.

e-Cahiers du CSTB - 12 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


lbd

Légende :
1. Armature de la prédalle de section Ap
2. Armature transversale en recouvrement de section Aj
3. Grecques de couture de section totale Ac = min (Aj ; Ap)
lbd : longueur assurant le scellement de l’armature de la prédalle

Figure 4 — Exemple de dispositions d’armatures au niveau d’un joint entre prédalles

Pour les planchers présentant des rives latérales suppor- La section de ces armatures doit satisfaire à la double
tées, il y a lieu : condition suivante :
• soit d’assurer l’appui effectif de la prédalle de rive sur • assurer la résistance à la flexion transversale du plan-
l’élément porteur ; cher fini sous sollicitations de calcul, dans les sections
• soit, dans le cas contraire, de disposer dans le béton situées au droit des joints ;
coulé en œuvre une armature venant à recouvrement • équilibrer un moment sollicitant ultime égal à fctm ∙ b ∙
de celle de la prédalle, cette dernière étant en outre (ht − hp)2 / 6 avec ht la hauteur totale, hp la hauteur de la
munie d’armatures transversales déterminées comme prédalle et en considérant une valeur moyenne de résis-
indiqué à l’alinéa précédent. tance en traction directe du béton fctm égale à 2,6 MPa.
Dans les deux cas, l’armature de répartition doit être Des armatures de répartition complémentaires doivent
capable d’assurer, notamment du point de vue de son être disposées dans les prédalles, afin de satisfaire à la
ancrage, l’équilibre de la bielle d’effort tranchant sur cet double condition suivante :
appui latéral. • vérification de la résistance à la flexion transversale du
b) Moment transversal équilibré par des armatures de plancher fini, en tenant compte, d’une part, des solli-
répartition disposées sur les prédalles citations maximales (S) sur l’étendue de la prédalle
et, d’autre part, des deux systèmes d’armatures (A1)
Des armatures de répartition sont disposées au-dessus
et (A2), avec leurs positions et compte tenu de leur
des prédalles, dans le béton coulé en œuvre, et règnent
ancrage respectif ;
dans toute la zone affectée par les flexions transversales.

Figure 5 — Positionnement des systèmes d’armatures et diagramme des déformations

e-Cahiers du CSTB - 13 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Note : Lorsque les moments de flexion transversaux ne d) Cas n° 2 : zones centrales des dalles
restent pas constants sur la largeur de la prédalle, il y a lieu Aucune armature n’est nécessaire lorsqu’à l’État-Limite
de s’assurer que les armatures de cette dernière, compte Ultime, le moment fléchissant MEd,y vérifie l’inégalité
tenu de leurs conditions de scellement, conduisent bien à suivante :
une enveloppe des moments résistants recouvrant l’enve-
loppe des moments sollicitants décalée de d.
• condition de non-fragilité, appliquée comme indiqué au
paragraphe précédent a) sur le cas des armatures de
répartition disposées dans les prédalles, et en tenant
compte des armatures disposées au-dessus des avec :
prédalles, en suivant le même principe que pour les fctd la résistance de calcul en traction du béton définie de
vérifications à l’État-Limite Ultime de l’alinéa précédent. la manière suivante :
Aucune armature transversale supplémentaire (grecques,
étriers, suspentes, etc.) n’est à prévoir, lorsque la répar-
tition des flexions transversales est telle que le moment
maximal sur l’étendue d’une prédalle est au plus égal à
1,20 fois le moment le plus faible affectant les sections de avec :
joints qui la bordent. αct,pl le coefficient pris égal à 0,8 ;
fctk,0,05 la résistance caractéristique en traction directe du
béton ;
c le coefficient partiel de sécurité sur le matériau béton.

Note 2 : Il y a lieu de tenir compte de la réduction de la


hauteur de la section résistante au droit des joints entre
Légende : prédalles.
M1, M2 et M’2 : moments transversaux avec M1 ≤ 1,20 min (M2 ; M’2)
1.2.3.4 Cas particuliers
1.2.3.4.1 Cas des prédalles étroites (largeur inférieure ou égale
Figure 6 — Dispositions sans armature transversale à 1 m) soumises à des flexions transversales faibles
Dans de telles prédalles, les armatures de répartition
Dans le cas contraire, des armatures transversales minimales décrites au paragraphe 1.2.3.2 peuvent, en
doivent être disposées en bordure de la prédalle comme dérogation à ce paragraphe, être partiellement ancrées
indiqué au paragraphe précédent « a) Moment trans- sur le tiers de la largeur de la prédalle, dans les conditions
versal équilibré par les armatures de répartition disposées suivantes :
dans les prédalles », leur section étant alors égale à celle
des armatures de répartition de la prédalle. • pour les 2/3 de leur ancrage total, pour les prédalles de
largeur comprise entre 0,5 et 1 m ;
1.2.3.3.2 Armatures supérieures
• pour le 1/3 de leur ancrage total, pour les prédalles de
En ce qui concerne les flexions transversales susceptibles largeur inférieure à 0,5 m.
de mettre en traction les fibres supérieures des planchers,
il y a lieu, pour tenir compte des conséquences d’une Dans ce cas, les armatures sur joint disposées dans le
fissuration éventuelle quant à la stabilité de la construc- béton coulé en œuvre doivent régner sur toute la largeur
tion, de différencier les zones situées au voisinage des des prédalles étroites (pas de recouvrement avec les
rives des dalles (cas n° 1) des zones centrales des armatures des prédalles).
dalles (cas n° 2). 1.2.3.4.2 Cas des prédalles de grandes dimensions
La section des armatures de répartition à disposer en On entend par « prédalles de grandes dimensions »,
partie haute du béton coulé en œuvre doit satisfaire à la les prédalles dont la largeur (direction perpendiculaire
double condition suivante : à la portée) est supérieure à 3,50 m, ou dont l’aire est
• vérifier la résistance à la flexion transversale du plancher supérieure à 25 m2.
fini sous sollicitations de calcul à l’État-Limite Ultime ; Note : Ces prédalles sont généralement dimensionnées
• la section des armatures supérieures doit être pour couvrir une cellule. Dans le cas de prédalles en
au moins égale à la section minimale définie au béton armé, munies de treillis raidisseurs, la limite de
paragraphe 9.3.1.1 (1) de la norme NF EN 1992-1-1 largeur à 3,50 m s’applique à la dimension perpendicu-
avec son Annexe nationale (NF EN 1992-1-1/NA). laire à la direction des treillis raidisseurs.
Les armatures de répartition sont déterminées par le
c) Cas n° 1 : zones situées au voisinage des rives des calcul, par la plus sévère des conditions suivantes :
dalles
• vérification à la manutention et à la pose (se reporter au
Ces prescriptions sont applicables aux zones voisines des paragraphe 4) ;
rives non supportées. Elles le sont également dans le cas
des rives supportées lorsqu’il y a continuité du plancher • vérification de la résistance à la flexion transversale
sur ces appuis latéraux et que cette continuité est prise du plancher fini, sous sollicitations de calcul, en parti-
en compte pour assurer la résistance de la dalle (c’est, culier lorsque les prédalles portent sur 3 ou 4 appuis
par exemple, le cas d’une dalle rectangulaire considérée (se reporter au paragraphe 1.2.2.1) ;
comme encastrée partiellement ou totalement sur 3 ou • la section d’armatures dans la direction transversale
4 appuis). est au moins égale au 1/5e de la section d’armature
Note 1 : La prescription relative aux sections minimales calculée dans la direction longitudinale.
n’est pas imposée lorsque les armatures supérieures
dimensionnées forfaitairement (0,15 MTmax ) n’interviennent
pas dans les calculs de résistance.

e-Cahiers du CSTB - 14 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


1.2.3.4.3 Cas des prédalles épaisses
La répartition transversale dans le cas de prédalles
épaisses est traitée en Annexe E de la présente section.
1.2.3.4.4 Cas des prédalles nervurées
Pour les aspects relatifs à la flexion transversale, on
distingue deux typologies de prédalles nervurées :
• les prédalles pour lesquelles la position de la nervure
de rive permet de réaliser un recouvrement des efforts
avec des armatures de pontage disposées au-dessus
de la membrure inférieure (Figure 7) ;

l0

hp

Figure 7 — Prédalles nervurées avec recouvrement sur la membrure inférieure. (lo : longueur de recouvrement
entre les armatures ; hp : épaisseur de la prédalle).

La détermination des sollicitations et les dispositions


constructives sont réalisées comme pour une prédalle
d’épaisseur constante hp.
• les prédalles avec une nervure en rive n’autorisant pas
cette disposition (Figure 8).

hr

hp

Figure 8 — Prédalles nervurées avec nervures de rive proches du joint

La détermination des sollicitations et les dispositions Note 1 : En l’absence d’information plus précise, on
constructives sont réalisées comme pour une prédalle pourra retenir uk = 0,9 Agt où Agt est le pourcentage
d’épaisseur constante (hp + hr). minimum d’allongement à la force maximale défini dans la
norme NF EN 10138-1.
2. États-Limites Ultimes (ELU) Par ailleurs, la limite d’élasticité conventionnelle pour les
armatures de précontrainte est déduite de la résistance
en traction en considérant fp0,1k / fpk = 0,9.
2.1 Matériaux
En alternative à l’utilisation des diagrammes contraintes-
déformations, définis aux paragraphes 3.2 et 3.3 de la
2.1.1 Armatures norme NF EN 1992-1-1, lorsqu’il est fait usage pour les
armatures de précontrainte des diagrammes contraintes-
Conformément aux paragraphes 3.2 et 3.3 de la déformations réels, ces diagrammes doivent être
norme NF EN 1992-1-1 avec son Annexe nationale documentés et la procédure correspondante doit être
(NF EN 1992-1-1/NA), il est possible d’adopter pour les surveillée dans le cadre de la certification NF.
armatures soit un diagramme de calcul avec branche Pour les armatures de béton armé, le rapport ft / fy est
horizontale soit un diagramme de calcul avec branche donné à l’Annexe C de la norme NF EN 1992-1-1 avec
inclinée (repère [B] des diagrammes contraintes- son Annexe nationale, en fonction de la classe de ductilité
déformations des Figures 9 et 10). de l’acier considéré.
Dans le cas où l’on adopte un diagramme de calcul avec La déformation relative initiale des armatures de précon-
branche horizontale, il n’y a pas de limite de déformation trainte est déterminée en considérant la précontrainte
pour l’acier. La courbure d’équilibre sera déterminée par probable : Pd,t(x) = p Pm,t(x), avec p égal à 1,0 comme
l’atteinte du raccourcissement maximum pour le béton. mentionné aux paragraphes 2.4.2.2 et 5.10.8 (1) de la
Si, à l’inverse, on adopte un diagramme avec branche norme NF EN 1992-1-1 avec son Annexe nationale.
inclinée, l’allongement limite ud est déduit de l’allonge- La valeur de s peut être prise égale à 1,10 pour
ment à rupture uk par la relation ud = 0,9 uk. l’ensemble des armatures dans le cas de prédalles faisant
l’objet d’une certification NF.

e-Cahiers du CSTB - 15 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Note 2 : La certification NF atteste que les tolérances sur
les dimensions transversales vérifient les exigences du
Tableau A.1 de l’Annexe A de la norme NF EN 1992-1-1
avec son Annexe nationale.
Lorsque l’armature n’est que partiellement ancrée, le
diagramme de calcul est modifié pour limiter la contrainte
en fonction de la force effectivement disponible dans
la section considérée (repère [C] des diagrammes
contraintes-déformations des Figures 9 et 10).
Note 3 : Les contraintes admissibles dans les zones
d’ancrage des armatures (y,max pour les armatures
de béton armé, p1,max et p2,max pour les armatures de
précontrainte) sont déterminées à l’abscisse considérée.
L’équilibre de la section est ensuite vérifié, comme indiqué
au paragraphe 2.2, en retenant, pour un allongement
donné, la valeur de contrainte la plus faible entre celle
issue de la loi [B] retenue ou de la loi [C].
2.1.1.1 Diagramme de calcul relatif aux armatures
de béton armé
La contrainte maximale dans les armatures y,max corres-
pondant à la force ancrée est égale à la contrainte
de calcul sd déterminée suivant le paragraphe 8.4
de la norme NF EN 1992-1-1 avec son Annexe
nationale (NF EN 1992-1-1/NA), en fonction de la longueur
lbd à l’abscisse considérée (Figure 9).
Note : La longueur lbd est déterminée en considérant
la contrainte ultime d’adhérence fbd définie au para-
graphe 8.4.2 de la norme NF EN 1992-1-1 avec son
Annexe nationale.

Légende :
A. Diagramme simplifié
B. Diagramme de calcul
C. Diagramme de calcul d’une armature partiellement ancrée

Figure 9 — Diagramme de calcul des armatures passives


2.1.1.2 Diagramme de calcul relatif aux armatures
de précontrainte
La contrainte maximale est déterminée, pour chaque
armature, en fonction de la distance de l’abscisse consi-
dérée à l’about de l’élément, en tenant compte de l’an-
crage complémentaire éventuel dans la partie en dépas-
sement (Figure 10).
La valeur p1,max est déterminée en tenant compte :
• d’une contrainte d’adhérence fbpt constante (para-
graphe 8.10.2.2 de la norme NF EN 1992-1-1 avec son
Annexe nationale (NF EN 1992-1-1/NA)) sur la longueur
de transmission lpt2 (fonctionnement en ancrage actif) ;

e-Cahiers du CSTB - 16 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


• d’une contrainte d’adhérence fbpd (paragraphe 8.10.2.3
de la norme NF EN 1992-1-1 avec son Annexe nationale)
au-delà de lpt2 (fonctionnement en ancrage passif).
La valeur p2,max est déterminée avec une contrainte
d’adhérence égale à fbpd sur toute la longueur d’ancrage.
Note 1 : Les variables utilisées ont les définitions données
au paragraphe 8.10.2.3 de la norme NF EN 1992-1-1 avec
son Annexe nationale.

Légende:
A. Diagramme simplifié
B. Diagramme de calcul
C. Diagramme de calcul d’une armature partiellement ancrée
Figure 10 — Diagramme de calcul des armatures de précontrainte

Il convient de tenir compte de l’évolution des contraintes


mobilisables dans une armature de précontrainte sans
dépassement à l’about en fonction de la distance à l’about
de l’élément considéré, comme indiquée sur la Figure 11.

Légende :
1. Courbe n° 1 (ancrage actif)
2. Courbe n° 2 (ancrage passif)
3. About de prédalle

Figure 11 — Contrainte de calcul dans une armature de précontrainte sans dépassement à l’about

e-Cahiers du CSTB - 17 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


La longueur d’ancrage notée lbpd,1 nécessaire pour La longueur d’ancrage passif lbpd,2 nécessaire pour ancrer
ancrer une armature de précontrainte sans dépassement une armature de précontrainte, avec un dépassement à
à l’about avec une contrainte égale à fpk / s est définie l’about égal à lb / , avec une contrainte égale à fpk / s, est
comme la somme d’une longueur d’ancrage actif et d’une définie selon l’expression ci-après :
longueur d’ancrage passif selon l’expression ci-après :

où :
La longueur d’ancrage passif notée lbpd,2 nécessaire pour • p est la contrainte de calcul dans les armatures de
ancrer une armature de précontrainte sans dépassement précontrainte calculée au droit de la section d’about de
à l’about avec une contrainte égale à fpk / s est calculée la poutre et limitée à 300 p2 dans le cas d’armatures
au moyen de l’expression ci-après : droites avec p2 = 1,2 pour les torons et 1,4 pour les fils
à empreintes ;
• f*bpd est la contrainte d’adhérence dans le béton de
chantier sur la partie dépassante de l’armature de
précontrainte.
Note 3 : Le coefficient 2 est égal à 0,19 pour les torons
Note 2 : Le coefficient 2 est égal à 0,19 pour les torons et à 0,25 pour toutes les autres armatures de section
et à 0,25 pour toutes les autres armatures de section circulaire.
circulaire.
2.1.2 Béton
L’effort supplémentaire équilibré sur la partie dépassante
est évalué conformément au paragraphe 2.5.1. La vérification peut être réalisée en considérant le
Il convient de tenir compte de l’évolution des contraintes diagramme parabole-rectangle, le diagramme bilinéaire
mobilisables dans une armature de précontrainte avec ou le diagramme rectangulaire, tels que définis au
dépassement à l’about en fonction de la distance à l’about paragraphe 3.1.7 de la norme NF EN 1992-1-1 avec son
de l’élément considéré, comme indiqué sur la Figure 12. Annexe nationale (NF EN 1992-1-1/NA).

Légende :
1. Courbe n° 1 (ancrage actif)
2. Courbe n° 2 (ancrage passif)

Figure 12 — Contrainte de calcul dans une armature de précontrainte avec dépassement à l’about

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Pour le béton des prédalles, la valeur du coefficient 2.3 Vérification à l’effort tranchant
partiel de sécurité c est pris égale à 1,50. Si les prédalles
bénéficient d’une certification NF, le coefficient partiel de
sécurité sur le béton c est pris égal à 1,35. 2.3.1 Généralités
Pour le béton de chantier, la valeur du coefficient partiel L’effort tranchant sollicitant au voisinage de l’appui
de sécurité c est déterminée suivant l’Annexe A de la est déterminé en tenant compte du report direct des
norme NF EN 1992-1-1 avec son Annexe nationale. charges comme indiqué au paragraphe 6.2.1 (8) dans
Le poids propre des planchers est calculé en prenant : le cas des charges uniformément réparties, et aux para-
• pour poids volumique de la prédalle en béton armé graphes 6.2.2 (6) et 6.2.3 (8) de la norme NF EN 1992-1-1
munie de treillis raidisseurs la valeur de 25 kN/m3 ; avec son Annexe nationale (NF EN 1992-1-1/NA) dans le
cas des charges ponctuelles.
• pour poids volumique du béton de la prédalle en béton
précontraint la valeur de 24 kN/m3 ; Note 1 : Ces prescriptions conduisent à ne considérer,
dans le calcul de l’effort tranchant, que les charges
• pour poids volumique du béton coulé en place la valeur uniformément réparties situées à une distance du nu
de 24 kN/m3. d’appui supérieure à d et à affecter les charges ponc-
tuelles appliquées sur la face supérieure de l’élément
2.2 Vérification à la flexion du coefficient  représenté dans la Figure 14 ci-dessous.
Le coefficient  est donné en fonction de la distance
Dans toute section  d’abscisse x, la valeur du moment av au nu de l’appui.
résistant est déterminée conformément au para-
– Dans le cas où les charges concentrées sont appliquées
graphe 6.1 de la norme NF EN 1992-1-1 avec son Annexe
en face supérieure de l’élément à une distance av du nu
nationale (NF EN 1992-1-1/NA). Les contraintes dans les
de l’appui, tel que 0,5 d ≤ av ≤ 2 d (d la hauteur utile
armatures sont limitées en fonction de l’ancrage de ces
de la section), la contribution de ces charges à l’effort
dernières.
tranchant agissant peut être multipliée par  = av / (2d).
Dans le cas des prédalles en béton armé, il convient de
– Dans le cas où av ≤ 0,5 d, il convient de prendre
se référer au paragraphe 6.1 de la norme NF EN 1992-1-1
pour av la valeur de 0,5 d. Ceci n’est valable que si les
avec son Annexe nationale.
armatures longitudinales sont totalement ancrées au
Dans le cas des prédalles précontraintes, la force droit de l’appui.
maximale pour chaque armature est celle ancrée à
l’abscisse x, lorsque la contrainte maximale de traction
du béton est inférieure ou égale à fctk0,05. La vérification
est réalisée sous la combinaison d’action considérée à
l’État-Limite Ultime, en section homogène non fissurée, en
tenant compte du phasage.
Si la contrainte maximale de traction du béton excède
fctk0,05, la force maximale est déterminée à une abscisse
décalée de i avec i = z + (d – di), comme montré sur la
Figure 13.
Dans ces expressions :
• di est la distance de l’axe de l’armature considérée à la
fibre comprimée de la section ;
• d est la distance de la résultante des forces de traction Légende :
dans les armatures à la fibre comprimée de la section. 1. Portée
Vis-à-vis des vérifications sous moments positifs, la valeur Figure 14 — Principe de réduction
du décalage i ne peut excéder (x – ai), ai ayant la défini- de l’effort tranchant agissant
tion donnée au paragraphe 1.2.2.2.

Figure 13 — Règle du décalage sous moment positif

e-Cahiers du CSTB - 19 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Les enveloppes d’efforts tranchants doivent être déter- 2.3.2.4 Cas particulier d’un bord libre
minées, sur toute l’étendue de l’élément de dalle consi- Sur bord libre, sauf dans le cas de planchers à
dérée, en tenant compte des effets dus à la solidarisa- charges d’exploitation modérées (voir paragraphe I.2.1
tion transversale. Dans le cas de charges ponctuelles, de l’Annexe I de la présente section), il est nécessaire de
à défaut d’une étude plus rigoureuse, il est possible de prévoir des armatures longitudinales et transversales telles
recourir aux indications de l’Annexe D de la présente que définies au chapitre 9.3.1.4 de la NF EN 1992-1-1 :
section (paragraphe D.5).
Note 2 : Ce sont ces enveloppes qui sont à considérer
pour les vérifications relatives à la condition d’entraîne-
ment des armatures.
Dans le cas particulier des planchers à prédalles nervu-
rées, la vérification est effectuée en négligeant les phases
de construction et en considérant la résistance du béton
coulée en place. Figure 15 — Armatures de rive dans une dalle

2.3.2 Vérification du monolithisme


2.3.3 Résistance à l’effort tranchant
2.3.2.1 Cas général
2.3.3.1 Généralités
La vérification du monolithisme des planchers compo-
sites est déterminée à l’État-Limite Ultime conformément à La vérification de la résistance à l’effort tranchant des
l’Annexe D et l’Annexe K de la norme NF EN 13747. planchers composites est déterminée à l’État-Limite
Ultime conformément aux paragraphes 6.2.1, 6.2.2
Le cisaillement des surfaces de reprise est déterminé à et 6.2.3 de la norme NF EN 1992-1-1 avec son Annexe
l’État-Limite Ultime conformément au paragraphe 6.2.5 nationale (NF EN 1992-1-1/NA).
de la norme NF EN 1992-1-1 et son Annexe nationale
(NF EN 1992-1-1/NA). Le ferraillage minimal d’armatures transversales d’effort
tranchant peut être omis dans les planchers à prédalles.
Dans le cas où les prédalles ont une surface crantée, si les
prédalles bénéficient d’une certification NF, on retiendra L’effort tranchant résistant d’un plancher à prédalles sans
les valeurs de c et de µ correspondant à des surfaces armature d’effort tranchant est déterminé :
indentées au sens du paragraphe 6.2.5 (2) de la norme • à partir de la formule (6.4) définie au paragraphe 6.2.2 (2)
NF EN 1992-1-1 et son Annexe nationale. Une surface est dans les régions non fissurées en flexion, au voisi-
dite « crantée » si elle est uniformément rugueuse avec nage des appuis sans continuité, pour les planchers à
des aspérités d’au moins 6 mm de haut espacées au plus prédalles précontraintes dont l’épaisseur des prédalles
de 40 mm ou si elle est striée avec des stries d’au moins représente au moins la moitié de l’épaisseur totale du
6 mm de profondeur espacées au plus de 40 mm. plancher ;
En l’absence de certification NF, les valeurs à considérer • et dans les autres cas, à partir des formules (6.2.a) et
pour c et  sont celles du paragraphe 6.2.5 (2) de la (6.2.b) définies au paragraphe 6.2.2 (1) de la norme
norme NF EN 1992-1-1 et son Annexe nationale pour les NF EN 1992-1-1 avec son Annexe nationale.
états de surface lisse ou rugueux.
Dans le cas des planchers à prédalles précontraintes,
Note : Pour les charges dynamiques ou de fatigue, le ratio l d’armatures longitudinales ramenées à la
on applique le paragraphe 6.2.5 (5) de la norme section fictive, donné dans la formule (6.2.a) de la norme
NF EN 1992-1-1 (division de c par 2). NF EN 1992-1-1 avec son Annexe nationale, est défini de
2.3.2.2 Cas particulier du camion pompier la manière suivante :
En raison du caractère exceptionnel de l’intervention du
camion pompier, la contrainte admissible à l’interface
peut être déterminée dans l’hypothèse d’un chargement
statique, sous réserve de majorer le cisaillement induit
par les charges des roues des véhicules d’un coeffi-
cient égal à 4/3. La charge correspondant à l’échelle est avec :
considérée comme une charge statique. • fyk la limite d’élasticité caractéristique de l’acier égale à
Note : En référence au paragraphe A 1.3.1 de l’Annexe 500 MPa ;
nationale NF EN 1990/NA, le coefficient partiel applicable • FR,a l’effort ancré à l’ELU par les armatures à l’abscisse
aux véhicules de pompiers est égal à 1,35. considérée.
2.3.2.3 Cas particulier des prédalles nervurées Une zone de plancher est réputée non fissurée en flexion
En alternative au calcul défini en Annexe D de la norme lorsque la contrainte de traction en flexion, calculée
NF EN 13747 : sous la combinaison fondamentale, est inférieure à fctd
• si la fabrication des prédalles est soumise à un contrôle défini par :
de production en usine portant sur la géométrie
des nervures ainsi que sur l’état de surface défini au
paragraphe 4.3.2.2 de la norme NF EN 15037-1,
• et si les produits bénéficient d’une certification NF,
portant sur la géométrie des nervures ainsi que sur l’état
de surface, Dans le cas de prédalles béton armé mises en œuvre
avec des lisses d’étais intermédiaires, on vérifiera
la capacité résistante au cisaillement à l’interface peut l’inégalité suivante :
être déterminée en retenant les valeurs c et  définis
dans le Tableau 3 au paragraphe 4.3.2.2 de la norme
NF EN 15037-1.

e-Cahiers du CSTB - 20 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Dans le cas spécifique de prédalles en béton précontraint 2.4 Vérification au poinçonnement
mises en œuvre avec des lisses d’étais intermédiaires, on
vérifiera l’inégalité suivante : Cette vérification est menée indépendamment de celle
relative à l’effort tranchant. Il n’est donc pas procédé au
cumul des contraintes tangentes qui s’en déduisent ni à
celui d’armatures transversales éventuelles.
Les planchers à prédalles sont justifiés vis-à-vis
du poinçonnement par application du paragraphe 6.4
avec : de la norme NF EN 1992-1-1 avec son Annexe
nationale (NF EN 1992-1-1/NA).
• MEd le moment sollicitant par unité de largeur sous
combinaison fondamentale à l’abscisse considérée ; 2.5 Vérification de l’ancrage à l’État-Limite
• ht l’épaisseur totale du plancher ; Ultime
• fctd la résistance de calcul en traction du béton ;
Le paragraphe E.2.2 de l’Annexe E de la norme
• p,i(x) la contrainte de compression en fibre inférieure NF EN 13747 définit diverses dispositions constructives.
due à la précontrainte à l’abscisse x considérée. Dans
le cas d’une prédalle mince en béton précontraint, on 2.5.1 Ancrage des armatures sur appuis
considérera la contrainte de précontrainte moyenne.
Dans le cas de mise en œuvre sans étai intermédiaire, le 2.5.1.1 Généralités
calcul des contraintes est réalisé en tenant compte des L’effort de traction à ancrer sur appui est déterminé à
phases de construction, les moments dans chaque phase l’abscisse ai, telle que définie au paragraphe 1.2.2.2.
étant majorés par les coefficients partiels pour l’action L’effort équilibré sur la longueur d’armature ancrée est
considérée. évalué en considérant une contrainte d’adhérence égale
Pour le calcul de vmin, on considère qu’à l’exception de la respectivement à :
bande de largeur 2 ht située au voisinage d’un bord libre, • f*bd pour les armatures à haute adhérence et f*bpd pour
un plancher à prédalle bénéficie d’un effet de répartition les armatures de précontrainte dans le cas où les arma-
transversale. tures sont situées dans le béton de chantier ;

a 1 2

(b – 2 ht) 2 ht

Légende :
1 : Zone de plancher bénéfi ciant d’un eff et de répartition transversale
2 : Zone de plancher ne bénéfi ciant pas d’un eff et de répartition transversale
a : Dimension de la dalle dans le sens porteur principal
b : Dimension de la dalle dans le sens orthogonal au sens porteur principal
ht : Épaisseur de la dalle

Figure 16 — Zone de plancher bénéficiant d’un effet de répartition transversale

e-Cahiers du CSTB - 21 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


• fbd pour les armatures à haute adhérence et fbpd pour les 2.5.2 Compression dans la bielle
armatures de précontrainte dans le cas où les armatures
sont situées dans le béton préfabriqué de la prédalle. Cette vérification n’est généralement pas limitative. Elle
doit cependant être réalisée dans les cas particuliers tels
Note : La contrainte d’adhérence est définie respecti-
que les planchers à prédalles suspendues.
vement au paragraphe 8.4.2 pour les armatures haute
adhérence et au paragraphe 8.10.2.3 pour les armatures La résistance de calcul de la bielle doit être
de précontrainte de la norme NF EN 1992-1-1 avec son vérifiée conformément au paragraphe 6.5.4 (4)
Annexe nationale. de la norme NF EN 1992-1-1 avec son Annexe
nationale (NF EN 1992-1-1/NA).
Il convient, par ailleurs, de considérer une longueur droite
équivalente égale au quotient (lb / ) où lb est la longueur
d’ancrage de référence, mesurée le long de l’axe de
2.6 Stabilité de forme
l’armature et  est égal au produit 1 ∙ 2 ∙ 3 ∙ 4 ∙ 5 tels Le présent paragraphe fournit une méthode de justi-
que définis au paragraphe 8.4.4 (Tableau 8.2) de la norme fication vis-à-vis de l’État-Limite Ultime des planchers
NF EN 1992-1-1 avec son Annexe nationale. Sur justifica- pour lesquels on ne peut pas négliger les effets dits
tion particulière et dans le cas d’appui à retombée, il peut « du second ordre ». D’autres méthodes définies au
être pris en compte un coefficient  inférieur à 0,70, sans paragraphe 5.8 de la norme NF EN 1992-1-1 avec
être inférieur à 0,49. son Annexe nationale (NF EN 1992-1-1/NA) peuvent
Dans le cas de charges concentrées à proximité d’un également être utilisées.
bord libre (distance inférieure à 1,2 m) les moments Note 1 : Les effets du second ordre peuvent être négligés
négatifs d’appuis ne sont pas pris en compte dans la s’ils représentent moins de 10 % des effets du premier
vérification de l’ancrage. ordre ou si le coefficient d’élancement  tel que défini
2.5.1.2 Ancrage par armatures relevées au paragraphe 5.8.3.2 de la norme NF EN 1992-1-1
avec son Annexe nationale est inférieur à lim donné au
Lorsque la partie dépassante des armatures est relevée,
paragraphe 5.8.3.1 de la norme NF EN 1992-1-1 avec
la longueur d’ancrage prise en compte dans les calculs
son Annexe nationale.
est la somme de a + p, comme indiqué sur la Figure 17,
avec dans tous les cas a ≥ 90 mm (a est la longueur droite Note 2 : La précontrainte par prétension, liée au béton,
de la partie horizontale de l’armature relevée) : ne peut engendrer sous ses effets isostatiques aucun
phénomène d’instabilité.
Ces prescriptions sont applicables aux planchers suscep-
tibles de présenter une instabilité sous sollicitations
de compression-flexion, les efforts de compression étant
exercés suivant l’axe longitudinal de la dalle.
Note 3 : Ce cas peut se présenter pour des planchers
de sous-sol enterrés soumis à la pression des terres.
Il convient de s’intéresser à la stabilité du plancher à vide
et du plancher en charge. L’effort normal peut généra-
lement être décomposé en charges permanentes et en
charges d’exploitation.
Note 4 : Les efforts de compression orientés perpendi-
Légende : culairement ainsi que les ferraillages correspondants
1. Point de référence sont déterminés par le bureau d’études structures de
l’entreprise de gros œuvre.
Figure 17 — Ancrage avec armatures relevées
2.6.1 Principe des justifications
Le point de référence pour la vérification de l’ancrage sur
appui de rive est situé à l’intersection de la partie inclinée La justification consiste à démontrer qu’il existe un état
côté appui et de la partie horizontale de l’armature de de contraintes qui équilibre les sollicitations de calcul,
béton armé. La position effective du point de référence ne y compris celles du second ordre, et qui soit compatible
doit pas se trouver au-delà du nu de l’appui côté travée. avec les caractères de déformabilité et de résistance de
La distance horizontale, dmax, entre le nu de l’appui et le calcul des matériaux.
point de référence doit être supérieure ou égale à :
2.6.2 Sollicitations de calcul
Les sollicitations sont calculées selon les combinaisons
d’actions à l’État-Limite Ultime en tenant compte en outre :
a) d’une imperfection géométrique initiale ayant un carac-
où : tère conventionnel qui consiste à prendre en compte
– Δal est la tolérance sur l’alignement du point de référence une excentricité additionnelle des efforts normaux
par rapport à l’about de la prédalle (Δal = ± 2 cm) ; autres que la précontrainte, égale à la plus grande des
– p le repos nominal sur appui. deux valeurs suivantes : 20 mm, hl0 / 400 ;
Dans le cas contraire, le paragraphe 6.3 du présent avec :
document s’applique. • h le coefficient de réduction relatif à la longueur de
l’élément défini de la manière suivante :

e-Cahiers du CSTB - 22 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Leff désignant la portée utile de l’élément en mètres, ef représente le coefficient de fluage effectif et est pris
• l0 la longueur efficace (ou longueur de flambe- égal à ef =  (∝ ; t0) M0Eqp / M0Ed
ment) en [m] et définie au paragraphe 5.8.3.2 où :
de la norme NF EN 1992-1-1 avec son Annexe ––  (∝ ; t0) est la valeur finale du coefficient de fluage ;
nationale (NF EN 1992-1-1/NA) en fonction des liaisons
aux appuis ; – M0Eqp est le moment du premier ordre dû à la combi-
naison quasi permanente ;
b) des sollicitations du premier ordre liées à la déforma-
tion différée du plancher ; – M0Ed est le moment du premier ordre dû à la totalité des
charges à l’État-Limite Ultime.
c) des sollicitations du second ordre liées à la déforma-
tion du plancher. Le coefficient de fluage effectif est soit pris égal à 2, soit
justifié par un calcul.
2.6.3 Hypothèses de calcul Note : Le moment de précontrainte est pris en compte
dans ces deux moments du premier ordre car M0Eqp / M0Ed
Les déformations sont évaluées à partir des hypothèses a pour objet de tenir compte de la variation des rapports
suivantes : contraintes/déformations.
• les sections droites restent planes ; Pour les vérifications du flambement vers le bas, le
moment du premier ordre dû à la combinaison quasi
• le béton tendu est négligé ;
permanente est négatif (fluage vers le haut), M0Eqp / M0Ed
• les effets du retrait du béton sont négligés ; est pris égal à 0.
• le diagramme des armatures est défini dans Les coefficients partiels de sécurité sur l’acier s et sur le
la norme NF EN 1992-1-1 avec son Annexe béton c sont définis aux paragraphes 2.1.1 et 2.1.2 du
nationale (NF EN 1992-1-1/NA), au paragraphe 3.2.7 présent document.
pour les armatures de béton armé et au para-
 graphe 3.3.6 pour les armatures de précontrainte, en 2.6.4 Méthode de calcul

considérant que la tension finale Fpm est déjà comp-
tabilisée comme une action extérieure, l’origine du L’élément résistant constitué par la prédalle et le béton
 diagramme est déplacée tel qu’indiqué sur la Figure 18. complémentaire est analysé comme un élément isolé
suivant une des méthodes du paragraphe 5.8.8 de

la norme NF EN 1992-1-1 avec son Annexe natio-
nale (NF EN 1992-1-1/NA).
Les calculs peuvent être menés dans l'hypothèse d’une
déformée sinusoïdale. Cette hypothèse permet d’établir la
relation entre l‘excentricité additionnelle du second ordre
e2 à la courbure 1 / r de la section la plus sollicitée :

Légende :
1. Nouvelle origine Dans cette expression, l0 est la longueur efficace ou
longueur de flambement de l’élément. Le calcul est
ramené à celui d'un poteau soumis à un effort normal
Figure 18 — Loi de comportement des armatures
de précontrainte modifiée
extérieur NEd valant (Fpm + N0) et ayant une excentricité du
premier ordre donnée par :
• le diagramme de calcul du béton est déduit du
diagramme pour l’analyse structurale défini au para-
 graphe 3.1.5 de la norme NF EN 1992-1-1 avec son
Annexe nationale (NF EN 1992-1-1/NA).

à condition de remplacer la longueur de flambement l0 du


poteau par une longueur fictive lf valant :

(1 + ef) c1 (1 + ef) cu1

Figure 19 — Loi de comportement du béton modifiée

e-Cahiers du CSTB - 23 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


3. États-Limites de Service (ELS) 3.3.3 Cas particulier des prédalles épaisses
Dans le cas des prédalles épaisses, le calcul des
3.1 Généralités contraintes est effectué en tenant compte du phasage et
des effets des déformations différées.
Le calcul des contraintes normales et des déformations
est réalisé dans l’hypothèse d’une section non fissurée si Les contraintes finales dans le montage composite, pour
la contrainte maximale de traction n’excède pas  ∙ fctm,fl(t) les planchers à prédalles épaisses, sont déterminées en
où fctm,fl(t) est la résistance moyenne à la traction en flexion section non fissurée et en tenant compte de la redistribu-
à la date de la vérification définie au paragraphe 3.1.8 tion des sollicitations de précontrainte et du poids propre
de la norme NF EN 1992-1-1 avec son Annexe dus au fluage du béton ainsi que du retrait différentiel
nationale (NF EN 1992-1-1/NA). comme suit :
Le coefficient  est égal à 1,00. Si les prédalles bénéficient Les actions appliquées à la section composite sont
d'une certification NF, le coefficient  est pris égal à 1,10. distribuées entre l’élément préfabriqué et la section du
montage comme indiqué dans le Tableau 2.
Lorsque la contrainte maximale de traction est supérieure
à  ∙ fctm,fl(t), le calcul est effectué en section fissurée. Dans
cette vérification, on négligera la participation de toute Tableau 2 —Distribution des actions entre l’élément
partie de la section soumise ou ayant été soumise à une préfabriqué et la section du montage
contrainte de traction supérieure à  ∙ fctm,fl(t).
Actions à considérer
Note : Il sera tenu compte des contraintes supportées en Actions à considérer
sur l’élément
sur le montage
phase de construction et de l’âge du béton. Pour les vérifi- préfabriqué
cations en service, toute fibre tendue au-delà de  ∙ fctm,fl(t) Précontrainte
dans l’une quelconque des combinaisons de charges, ne (éventuelle)
 ∙ Pm (1 − )Pm
peut participer à la traction pour les autres combinaisons.
Poids propre
Le calcul en section fissurée peut également être réalisé de la prédalle
 ∙ G1 (1 − ) ∙ G1
en négligeant la participation du béton tendu.
Poids du béton
 ∙ G2 (1 − ) ∙ G2
3.2 Effets de la précontrainte coulé en œuvre
Réaction
Les valeurs caractéristiques de la précontrainte à R [  G2] R [  G2]
d’étais (éventuelle)
prendre en compte dans les vérifications à l’État-
Autres charges
Limite de Service sont définies au paragraphe 5.10.9 G
permanentes
de la norme NF EN 1992-1-1 avec son Annexe
nationale (NF EN 1992-1-1/NA), avec rsup = 1,05 et Charges
Q
rinf = 0,95. Si les prédalles bénéficient d'une certification d’exploitation
NF, les valeurs rsup et rinf sont prises égales à 1,00. Retrait différentiel Δ cs

3.3 Limitation des contraintes


avec :
3.3.1 Contraintes de compression • Pm la valeur probable de la précontrainte éventuelle
après déduction des pertes finales ;
dans le béton
• G1 le poids propre de l’élément préfabriqué ;
Les contraintes de compression dans le béton doivent être • G2 le poids du béton coulé en place ;
limitées aux valeurs spécifiées au paragraphe 5.10.2.2 et
au paragraphe 7.2 de la norme NF EN 1992-1-1 avec son • R la réaction d’étai calculée à partir de la seule charge
Annexe nationale (NF EN 1992-1-1/NA).  ∙ G2 ;
La valeur de la résistance caractéristique fck(t) au moment • G les autres charges permanentes s’appliquant sur le
de la détension est égale à 0,9 fois la valeur du seuil de montage ;
détension. Si les prédalles bénéficient d'une certification • Q les charges d’exploitation ;
NF, fck(t) est prise égale à la valeur du seuil de détension.
• Δ cs le retrait différentiel ;
Il convient de considérer le fluage non linéaire lorsque la
contrainte de compression dépasse 0,45 fck(t) au niveau •  et  sont deux coefficients pour tenir compte du
du centre de gravité des armatures de précontrainte ou partage conventionnel des charges s’exerçant sur l’élé-
lorsque sous combinaison quasi-permanente la contrainte ment préfabriqué et sur le montage. Le coefficient  est
dans le béton excède 0,45 fck. pris égal à 0,55 et le coefficient  est pris égal à 0,40.
Pour la détermination du moment de précontrainte,
3.3.2 Contraintes de traction l’excentricité est prise par rapport au centre de gravité de
dans les armatures la prédalle en première phase et par rapport au centre de
gravité de la section composite en deuxième phase. La
La valeur de la contrainte de traction des armatures, tension dans les deux phases étant la tension probable
de précontrainte et de béton armé respectivement, en phase finale.
évaluée sous la combinaison caractéristique des charges, À défaut d’une méthode plus élaborée de calcul en
doit être limitée à la valeur spécifiée au paragraphe 7.2 (5) continuité, la méthode dite « forfaitaire » de l’Annexe I
de la norme NF EN 1992-1-1 avec son Annexe est applicable dans le domaine d’application énoncé au
nationale (NF EN 1992-1-1/NA). paragraphe I.2.1 de l’Annexe I.
Pour les prédalles minces en béton précontraint, cette
vérification est réputée satisfaite compte tenu de la
limitation du moment fléchissant longitudinal défini au
paragraphe 3.4.2.2 du présent document.

e-Cahiers du CSTB - 24 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


3.4 Maîtrise de la fissuration avec :
• Mcar le moment fléchissant longitudinal calculé sous
combinaisons caractéristiques ;
3.4.1 Considérations générales
• Mqp le moment fléchissant longitudinal calculé sous
À défaut d’exigences plus détaillées dans les DPM combinaisons quasi-permanentes ;
(Documents Particuliers du Marché), le paragraphe 7.3.1
• Mf le moment fléchissant longitudinal calculé sous
de la norme NF EN 1992-1-1 avec son Annexe natio-
combinaisons fréquentes ;
nale (NF EN 1992-1-1/NA) s’applique, en fonction des
classes d’exposition définies au paragraphe 4.2 de ladite •  pm la précontrainte moyenne ;
norme. • fctm la valeur moyenne de la résistance à la traction
Pour un élément soumis à une sollicitation de flexion, la directe du béton de la prédalle ;
section minimale d’armatures doit être déterminée confor-
• la valeur du module d’inertie de la dalle compo-
mément au paragraphe 7.3.2 de la norme NF EN 1992-1-1
site non homogénéisée.
avec son Annexe nationale.
Pour les prédalles précontraintes, aucun ferraillage minimal En l’absence de calcul plus précis, il convient de prendre
n’est requis si la contrainte maximale de traction calculée les valeurs du tableau ci-dessous pour l’estimation de la
en section non fissurée, sous la combinaison caractéris- force de précontrainte à long terme.
tique des charges, n’excède pas 1,5 fctm conformément au
paragraphe 7.3.2 (4) de la norme NF EN 1992-1-1 avec Tableau 4 — Pertes de précontrainte finales
son Annexe nationale. Cette vérification n’est en outre
pas nécessaire si le calcul des contraintes est réalisé en Tension à l’origine dans Perte totale au bout d’un temps
les armatures de précontrainte infini en pourcentage de la force
section fissurée, en négligeant le béton tendu. de précontrainte initiale

3.4.2 Calcul de l’ouverture des fissures ( 0max) (∆PIPO%)


min (0,85 fpk; 0,95 fpo, 1k) 22 %
3.4.2.1 Cas général 0,80 fpk 21 %
Dans le cas où la contrainte maximale de traction déter-
0,75 fpk 20 %
minée dans l’hypothèse d’une section non fissurée est
inférieure à  ∙ fctm,fl(t) la section est réputée non fissurée. 0,70 fpk 19 %
Le coefficient  est défini dans le paragraphe 3.1. 0,65 fpk 17 %
Dans le cas contraire, le calcul de l’ouverture des fissures
est réalisé suivant les indications du paragraphe 7.3.4
de la norme NF EN 1992-1-1 avec son Annexe 3.5 Limitation des flèches
nationale (NF EN 1992-1-1/NA). On limite la déformation fqp de la dalle sous la combinaison
3.4.2.2 Cas particulier des prédalles minces en BP quasi-permanente des charges conformément aux pres-
En l’absence de calcul plus précis, la section transversale criptions du paragraphe 7.4.1 (4) de la NF EN 1992-1-1.
totale de la prédalle peut être considérée comme soumise On appelle « flèche active » la part des déformations
à une contrainte de précontrainte moyenne pm égale à du plancher risquant de provoquer des désordres
Fpm / Ac où Ac est l’aire de la section de la prédalle et Fpm dans un ouvrage considéré généralement supporté
est la force de précontrainte finale. (cloison, carrelage, étanchéité, notamment). C’est donc
Note : Le calcul des états de contrainte dans la prédalle l’accroissement de la flèche, ou fléchissement, pris par le
est peu satisfaisant compte tenu des incertitudes plancher à partir de l’achèvement de l’ouvrage concerné.
relatives à la position des armatures de précontrainte, au Dans tous les cas de planchers, les flèches peuvent
nivellement des étais ou aux déformations irréversibles être déterminées en application du paragraphe 7.4.3
prises lors du stockage. Cependant, si on connaît mal les de la norme NF EN 1992-1-1 avec son Annexe
contraintes extrêmes dans la prédalle, on peut déterminer nationale (NF EN 1992-1-1/NA), en prenant en compte
avec une bonne précision la précontrainte moyenne qui les hypothèses de mise en œuvre propres à ce
n’est pas modifiée pendant les phases de mise en œuvre. plancher. Il sera tenu compte des déformations différées
Afin d’assurer la durabilité de l’armature vis-à-vis de du béton (fluage et retrait). Les paragraphes 3.5.1 et
la corrosion, il convient de limiter, suivant la classe 3.5.2 suivants définissent des méthodes simplifiées qui
d’exposition considérée et la combinaison d’actions peuvent être utilisées dans le cas de charges principale-
correspondantes, le moment fléchissant longitudinal sous ment réparties.
les charges appliquées tel qu’indiqué dans le Tableau 3 : Pour les éléments précontraints, sous réserve de la prise
en compte dans le calcul des sollicitations liées aux
déformations différées et aux effets de la température, la
Tableau 3 — Limitation des moments en fonction de la classe
résistance en traction du béton sera prise égale à fctm.
d’exposition considérée. Cas des prédalles minces en BP
Si les prédalles bénéficient d’une certification NF, la
Vérification et limitation résistance en traction du béton est prise égale à fctm,fl.
Classes d’exposition
du moment On désigne par :
X0, XC1 Mcar ≤ W ∙ (pm + 0,7 ∙ fctm) • G1 le poids propre du plancher constitué des prédalles
XC2, XC3, XC4 Mqp ≤ W ∙ pm seules en kN/m² ;
XD1, XD2, XS1, XS2, XS3, XD3 Mf ≤ W ∙ pm • G2 le poids du béton de la dalle collaborante rapportée
en kN/m² ;
• Gv les charges permanentes appliquées sur le plan-
cher avant la mise en œuvre des ouvrages supportés
vis-à-vis desquels on souhaite vérifier la déformation
du plancher en kN/m² ;

e-Cahiers du CSTB - 25 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


• Ga le poids propre des ouvrages supportés vis-à-vis 3.5.1 Prédalles en béton armé
desquels on souhaite vérifier la déformation du
plancher en kN/m² ; La déformation fqp de la dalle sous la combinaison
quasi-permanente des charges peut être déterminée à
• Gp les charges permanentes appliquées sur le plancher
partir de la formule suivante :
après la charge Ga en kN/m² ;
• Gq la part, si elle existe, devant être considérée perma-
nente des charges d’exploitation en kN/m² ;
Note 1 : La part considérée permanente des charges
d’exploitations doit être appréciée au cas par cas et ne
pas être référencée au coefficient 2. À défaut de spéci-
fication dans les DPM, une valeur de 0,5 2 pourra être
retenue.
• Q la part variable des charges d’exploitation en kN/m² ;
• Q1 la charge d’exploitation dominante en kN/m² ; La flèche active est calculée à partir de l’expression
suivante :
• Qi les charges d’exploitation d’accompagnement en
kN/m² ;
•  est le rapport entre les charges d’exploitation et la
totalité des charges :
avec :
• fs la flèche calculée après mise en œuvre des ouvrages
supportés vis-à-vis desquels on souhaite vérifier la
déformation du plancher ;
• ft la flèche totale égale à :
• cs est la déformation totale due au retrait du béton
coulé en place, déterminée conformément au para-
graphe 3.1.4 de la norme NF EN 1992-1-1 avec son
Annexe nationale. Sauf justification particulière, une
valeur de 3,5 ∙ 10-4 pourra être retenue en situation
normale ;

avec M0 est le moment à mi-portée en situation isosta- Ψ0,i


tique et Me et Mw sont respectivement les moments sur
appui à droite et à gauche ;
Note 2 : L’attention est attirée sur la nécessité d’éva-
luer w et e en fonction de M0 et non de M’0 dans le cas
des planchers mis en œuvre sans étai, bien que les
moments sur appuis Mw et Me aient été calculés à partir
de M’0 (voir méthode forfaitaire présentée en Annexe I, avec :
paragraphe I.2). • L la portée entre nus d’appuis ;
Dans le cas de planchers mis en œuvre avec étais : M’0 • Ec,eff le module d’élasticité différé du béton, déter-
est égal à M0. miné conformément au paragraphe 7.4.3 (5) de
Dans le cas de planchers mis en œuvre sans étais : M’0 la norme NF EN 1992-1-1 avec son Annexe natio-
est évalué comme M0 mais en considérant seulement nale (NF EN 1992-1-1/NA) :
50 % du poids propre du plancher.
Note 3 : Dans le cas d’une travée de rive comportant un
appui libre, le moment sur celui-ci est pris égal à 0.
• à défaut d’un calcul plus précis pour la prise en compte
des continuités, on peut retenir un coefficient, a, tenant
compte de la réduction de la flèche due à la continuité :
avec φ (∞, t0) calculé selon le paragraphe 3.1.4 de la
norme NF EN 1992-1-1 avec son Annexe nationale.
Une valeur par défaut de 2 peut être retenue ;
• Iuc est le moment d’inertie en section non fissurée, en
mm4/m ;
pour une travée continue et a = 1 pour une travée indé- • Ifc est le moment d’inertie en section fissurée, en mm4/m ;
pendante. • le coefficient d’équivalence acier/béton est pris égal à
15 ;
• le coefficient d’équivalence béton préfabriqué/béton
coulé en place est pris égal à 1 pour le calcul sur la
base d’une section non fissurée ;

e-Cahiers du CSTB - 26 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


• avec :

avec :

Ψ0,i

où :
Mcr est le moment de fissuration correspondant à
une contrainte de traction égale à fctm en section homo-
généisée ;
M0 est le moment isostatique sous charges caractéris-
tiques.
La flèche fs est déterminée de la façon suivante : Pour les prédalles munies de treillis raidisseurs, la flèche
active peut être réduite par un coefficient (supérieur ou
égal à 0,85) qu’il convient de démontrer par des essais.
Deux prédalles identiques doivent être testées (type
de béton, dimensions, etc.), la seule différence étant
l’absence d’armature diagonale. La flèche des prédalles
où  est un coefficient d’interpolation compris entre 0 et est comparée afin de démontrer l’influence positive du
0,5 tenant compte du temps écoulé t entre l’enlèvement treillis raidisseur.
des étais et la mise en œuvre des ouvrages supportés
fragiles (cloison, carrelage, étanchéité, notamment). 3.5.2 Prédalles précontraintes
Ce coefficient  est pris égal à :
Les déformations sont déterminées en utilisant les carac-
téristiques mécaniques des sections non fissurées.
La déformation fqp de la dalle sous la combinaison
quasi-permanente des charges peut être déterminée à
partir de la formule suivante :

Si la mise en œuvre de l’élément supporté a lieu juste après


l’enlèvement des étais, la flèche f1 se calcule comme suit :

Dans le cas d’une déformation de fluage vers le haut, on


doit vérifier la déformation instantanée vers le bas due
à l’application des seules charges d’exploitation. Ces
Si la mise en œuvre de l’élément supporté a lieu très déformations sont :
longtemps après l’enlèvement des étais, la flèche f2
• fa1 la flèche active maximale vers le haut ;
se calcule comme suit :
• fa2 la déformation instantanée sous charges d’exploita-
tion ;
• fa3 la flèche active maximale vers le bas.
Dans le cas des prédalles minces, la section est
considérée non fissurée si les spécifications données au
paragraphe 3.4.2.2 sont respectées.
3.5.2.1 Cas des travées indépendantes ou entrant dans
le cadre de la méthode forfaitaire
La formule simplifiée de la flèche active donnée ci-après
peut être utilisée dans le cas de travées indépendantes
soumises à des charges uniformément réparties et des
travées en continuité entrant dans le domaine d’appli-
cation de la « méthode forfaitaire », les calculs étant
effectués pour une bande de dalle de largeur unité.

e-Cahiers du CSTB - 27 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Note : L’Annexe I de la présente section donne une • ks, kp, k1, k2, k3 sont des coefficients sans dimension de
description du domaine d’emploi de la méthode prise en compte des sollicitations (retrait gêné, effet
forfaitaire. différé de la précontrainte et effets des charges) tels
La flèche active maximale vers le haut fa1 est donnée par qu’indiqués dans le Tableau 5.
l’expression ci-après :
Tableau 5 — Coefficients de prise en compte des sollicitations

Délai de mise
k1 k2 k3 ks kp
en œuvre
Délai normal
1/5 1/2 2/3 1/3 1/5
(autres cas)
Délai court
(stockage 1/4 1/2 2/3 1/5 1/4
≤ 15 jours)

La déformation instantanée sous charges d’exploitation fa2


est donnée par l’expression ci-après :
3.5.2.2 Cas des planchers à charges d’exploitation
relativement élevées
Ψ0,i Dans le cas le plus général, il est procédé à la détermi-
> nation des fléchissements maximaux, dans les sections
où ils sont atteints, sous les effets cumulés des diverses
actions (charges permanentes et d’exploitation, précon-
trainte, retrait, éventuellement dénivellations d’appui)
frappées des coefficients de prise en compte correspon-
La flèche maximale active vers le bas fa3 est donnée par dant, comme il est indiqué au paragraphe précédent.
l’expression ci-après :
Les déformations maximales étant obtenues le plus
souvent dans des sections s’écartant peu de la section
médiane des travées, il est possible de retenir, pour la
flèche active, l’expression suivante :

Les notations sont celles du paragraphe précédent


(Ec,eff ∙ I) est relatif au plancher dont l’inertie est calculée complété comme suit :
en tenant compte des modules des bétons ; • fi la flèche élémentaire totale due à la charge (i), évaluée
• m est le moment statique de la section B de la prédalle en considérant la travée comme indépendante et en
par rapport à la fibre neutre de la section du plancher prenant en compte le module de déformation corres-
fini, sans homogénéisation des sections : pondant ;
• ki le coefficient de prise en compte de la charge (i) ;
• kd le coefficient de prise en compte des dénivellations
d’appui ;
• Me et Mw les moments sur les appuis de droite et de
ht et hp étant respectivement l’épaisseur totale du gauche, pris avec leur signe, sous les effets de l’en-
plancher et l’épaisseur de la prédalle ; semble des actions. Ces moments sont ceux qui corres-
• cs est la contrainte de traction qui serait développée pondent au cas de chargement conduisant au moment
dans le béton coulé en place sous l’effet total de maximal dans la travée considérée ;
son retrait si ses déformations étaient complétement • ke et kw les coefficients de prise en compte des moments
empêchées, il est possible de retenir cs = 3 MPa ; précédents. Ces coefficients sont fonction des coeffi-
• Pm,∝ est la force de précontrainte finale probable par cients de prise en compte des diverses actions.
dalle ; Par exemple :
• ep est la valeur absolue de l’excentricité de la précon-
trainte par rapport à la fibre neutre de la section du
plancher fini ;

e-Cahiers du CSTB - 28 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Les expressions des moments sur l’appui de droite, pris 4. Phases provisoires
avec leur signe, ont les significations suivantes :
Mei le moment dû à la charge (i) ;
4.1 Généralités
Mer le moment dû aux effets du retrait gêné ;
Mep le moment dû aux déformations différées de précon- Les actions à prendre en compte en phases provisoires de
trainte ; chantier sont définies au paragraphe 1.1.2 de la Section A
du présent document.
Med le moment dû aux dénivellations d’appui ;
Les vérifications à effectuer en phases provisoires de
Me = Mei+ Mer+ Mep+ Med ;
chantier sont de trois sortes :
Les coefficients ki prennent, selon la nature des charges,
• dans tous les cas, les vérifications de sécurité desti-
les valeurs k1, k2, ka ou kQ.
nées à s’assurer de la résistance des prédalles pendant
En ce qui concerne les effets des dénivellations d’appui, les phases de construction, garantissant par la même la
il y a lieu de considérer séparément les diverses actions sécurité du personnel de chantier ;
qui les provoquent, le coefficient kd prenant, dans chaque
cas, la valeur du coefficient de prise en compte de l’action • les vérifications d’intégrité ;
en cause. • les vérifications de déformation pour les distances entre
Dans le cas où l’ensemble des charges peut être assimilé étais.
à des charges uniformément réparties, l’expression de la Ces vérifications en phases provisoires sont d’autant plus
flèche active prend la forme suivante : nécessaires que les prédalles sont de dimensions impor-
tantes. Pour les prédalles de grandes dimensions, défi-
nies au paragraphe 1.2.3.4 de la Section A du présent
document, il est nécessaire de procéder à une étude
particulière des opérations de démoulage, manutention et
stockage. En tout état de cause, il est prudent de limiter
l’aire des prédalles à 30 m2 environ.
Concernant les charges à prendre en compte dans ces
vérifications, le présent paragraphe adopte la termino-
logie suivante :
• G1 le poids propre des prédalles exprimé en kN/m² ;
• Qs la sollicitation due aux charges de construction
définies comme la combinaison de deux actions
(paragraphe 1.1.2) en kN/m² : E {Qs1 + 0,2Qs,2} avec un
coefficient de combinaison 0,2 de 0,6 ;
• Qc0 le poids propre du béton coulé en place exprimé en
avec kN/m² de plancher ;
Note : Qc0 correspond à la variable G2 utilisée par ailleurs
dans le texte.
3.5.3 Vérifications à effectuer • Q’c0 le poids du béton de chantier en kN/m²
intégrant l’accumulation de béton du fait de la
On vérifie que la flèche active est inférieure en valeur
déformation de la prédalle sous la combinaison de
absolue aux valeurs limites définies ci-après :
charges E {G1 + Qc0 + Qs}. Le surcroît de charge est
• L / 500 pour L ≤ 7,00 m et (0,7 cm + L / 1 000) pour représenté par une charge uniformément répartie
L > 7,00 m si les ouvrages supportés sont fragiles ; équivalente correspondant à une épaisseur de béton
• ou L / 350 pour L ≤ 7,00 m et (1,0 cm + L / 700) pour constante, égale à 0,70 wmax où wmax est la flèche
L > 7,00 m dans les autres cas. résiduelle totale calculée à mi-portée compte-tenu de la
contreflèche wc éventuelle. Pour ce calcul, le système
Ces limitations peuvent être prises en l’absence de limite de charges Qs = {Qs1 + 0,2 Qs,2} est positionné de
plus contraignante fixée dans les DPM (Documents manière à créer la sollicitation de flexion la plus défavo-
Particuliers du Marché). rable sur la travée ;
La déformation fqp de la dalle sous la combinaison quasi-
• Q’’c0 le poids du béton de chantier en kN/m² intégrant
permanente doit être inférieure à L / 250.
l’accumulation de béton du fait de la déformation de la
prédalle sous la combinaison de charges E {G1 + Qc0}.
Au levage, il convient de considérer la résistance du béton
au démoulage ou à la mise en précontrainte.
À la mise en œuvre, il convient de considérer la résistance
en compression du béton fck,tc suivante :
fck,tc = fck,p + 0,4 (fck – fck,p)

e-Cahiers du CSTB - 29 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


avec :
• fck,tc la résistance en compression du béton à la date du
coulage du béton sur chantier ;
• fck,p la résistance en compression au démoulage ou
au relâchement de la précontrainte mesurée sur des
éprouvettes ayant subi le même traitement que les
éléments préfabriqués ;
• fck la résistance en compression du béton à 28 jours.
Conformément à la norme NF EN 13747, les portées de
mise en œuvre doivent être déterminées par calcul ou au
moyen d’essais de type.

4.2 Détermination des distances entre étais


Les prescriptions qui suivent permettent de répondre
aux exigences du paragraphe 4.3.3.6.3 de la norme
NF EN 13747 et du paragraphe 4.3.3 de la norme
NF EN 13369.
Dans le cas des prédalles munies de treillis raidis-
seurs, les distances entre étais sont indiquées dans les
Avis Techniques. Elles sont déduites de données expéri-
mentales directes. Les distances entre étais ne peuvent
être déterminées par un calcul seul. Pour un système de
raidisseur déterminé, il est généralement possible d’extra-
poler à partir d’un nombre limité de prédalles, connaissant
le comportement des raidisseurs intégré aux prédalles.
Lorsque les portées entre appuis temporaires sont
déterminées par calcul, il convient que la contrainte de
traction dans le béton ne dépasse pas  ∙ fctm,fl(t) avec
fctm,fl(t) la résistance en traction du béton par flexion à la
date t considérée. Il convient de déterminer fctm,fl(t) à partir
de la résistance en compression du béton fck,tc à la date
du coulage du béton sur chantier.
Note : Il est rappelé que, conformément au para-
graphe 1.3.4 de la Section C du présent document, les
étais sont réglés de niveau avec les appuis pour les
prédalles ne présentant pas de contre-flèche, au contact
de leur sous-face dans le cas contraire.

4.2.1 Vérification du critère de sécurité


La vérification de sécurité est effectuée à l’État-Limite
Ultime sous la combinaison d’actions pondérées
suivante : E {1,35 ∙ KFI ∙ G1 + 1,35 ∙ KFI ∙ Q’c0 + 1,5 ∙ KFI ∙ Qs},
expression dans laquelle le coefficient KFI est égal à 0,90
dans le cas de planchers dont la hauteur mesurée par
rapport au sol n’est pas supérieure à 1 m (classe CC1 au
sens de la norme NF EN 1990) et égal à 1 dans les autres
cas (classe de conséquence CC2). Les charges G1, Q’c0 et
Qs sont définies au paragraphe 1.1.2 de la Section A du
présent document.
Les vérifications sont menées selon les schémas
statiques (sans étai ou avec étais équidistants) présentés
sur la Figure 20 pour le moment fléchissant et sur la
Figure 21 pour l’effort tranchant. Le système de charges
Qs est positionné dans la situation la plus défavorable. La
zone de travail est axée sur la portée d’étaiement pour la
vérification à la flexion et en bordure de l’appui pour la
vérification à l’effort tranchant. Il convient d’adapter ces
configurations dans le cas d’un étaiement en nombre
supérieur.
Note 1 : Sauf disposition particulière, lorsque sous une
combinaison de charge, la réaction d’appui s’avère
négative (cas de soulèvement d’appui), le schéma
statique doit être révisé. Les lisses d’appuis sont géné-
ralement conçues pour supporter la prédalle et non pour
empêcher son soulèvement.

e-Cahiers du CSTB - 30 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Portée d’étaiement ≤ 3 m Portée d’étaiement > 3 m

Configuration 1

Configuration 2

Configuration 3

Configuration 4

Figure 20 — Schémas statiques pour les vérifications de sécurité vis-à-vis du moment fléchissant

e-Cahiers du CSTB - 31 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Portée d’étaiement ≤ 3 m Portée d’étaiement > 3 m

Configuration 1

Configuration 2

Figure 21 — Schémas statiques pour les vérifications de sécurité vis-à-vis de l’effort tranchant.

On vérifie que les aciers ont une section suffisante pour avec :
que la prédalle en l’état fissuré soit capable de supporter • d1 et d2 hauteurs utiles ;
les charges définies plus haut et on doit vérifier que :
•  égal à 1,2 ;
• Δc(−) et Δc(+) égaux à 5 mm ;
• Δhp(−) égal à 10 mm ;
avec : • Δbw(−) égal à 15 % de bw.
– MEd,prov le moment fléchissant en phase provisoire
calculé en considérant la combinaison d’actions pondé- Si les prédalles bénéficient d’une certification NF,  est
rées E {1,35 ∙ KFI ∙ G1 + 1,35 ∙ KFI ∙ Q’c0 + 1,5 ∙ KFI ∙ Qs} ; pris égal à 1,0. Les valeurs à prendre en compte pour
Δc(−), Δc(+), Δbw(−) et Δhp(−) sont les valeurs déclarées dans
– MRd le moment résistant de la prédalle. le cadre de la certification de produit.
Pour le calcul du moment résistant positif, on tient compte Étant donnée l’utilisation dans ce calcul de données
de la tolérance en moins sur l’épaisseur des prédalles géométriques minimales toutes tolérances épuisées,
Δhp(−) (considérée sur la valeur moyenne) et de la tolé- le coefficient partiel relatif aux armatures des prédalles
rance en plus sur la position du centre de gravité moyen s peut être réduit à 1,05 par application du para-
des armatures de la prédalle Δc(+), pris sur une largeur graphe A.2.2 de l’Annexe A de la norme NF EN 1992-1-1
d’un mètre. La hauteur utile minimale d1min à considérer avec son Annexe nationale (NF EN 1992-1-1/NA).
dans le calcul est : Dans le cas où le coefficient de variation de la résistance
du béton n’est pas supérieur à 10 % et si les prédalles
bénéficient d’une certification NF, la valeur du coefficient
partiel de sécurité relatif au béton de la prédalle c peut
être réduit à 1,30.
Pour le calcul du moment résistant négatif, on tiendra
compte de la tolérance en moins sur la position du centre 4.2.2 Vérification du critère d’intégrité
de gravité moyen des armatures de la prédalle Δc(−), pris
sur une largeur d’un mètre. La hauteur utile minimale d2min La vérification du critère d’intégrité est effectuée en
à considérer dans le calcul est : considérant les travées entre étais uniformément ou
partiellement chargées sous la combinaison d’actions
non pondérée {G1 + Q’c0 + Qs}. Les charges G1, Q’c0 et Qs
sont définies au paragraphe 1.1.2 de la Section A.
Pour la vérification d’intégrité, il convient de distinguer les
Dans le cas des prédalles nervurées, la largeur des vérifications suivantes :
nervures bw est réduite en fonction de la tolérance en
moins Δbw(−) sur la largeur des nervures. La largeur des • celles réalisées sur la travée, auquel cas le schéma de
nervures bw,min à considérer est en conséquence prise chargement est identique à celui défini pour la vérifi-
égale à : cation du critère de sécurité (avec des charges non
majorées), voir Figure 20 ;
• celles réalisées sur appui, avec un chargement tel
que défini sur la Figure 22 ci-dessous (au droit de la
première file d’étais, par exemple).

e-Cahiers du CSTB - 32 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Il convient d’adapter ces schémas statiques dans le cas
d’un étaiement en nombre supérieur.
Portée d’étaiement Portée d’étaiement
≤3m >3m

1 étai
intermédiaire

2 étais
intermédiaire

4 Ψ0,i0 ∙ QΨ
Ψ s2
Ψ
3 Ψ0,2
2 Q'c0
1 G1

Figure 22 — Schémas statiques pour les vérifications du critère d’intégrité

Il convient de vérifier l’inégalité suivante : avec :


G1 le poids propre de la prédalle en daN/m² ;
a la largeur de la prédalle ;
Lb la longueur béton de la prédalle considérée ;
avec : Ecm,b,r la valeur du module d’élasticité du béton de la
–– t la contrainte de traction de calcul de la section de prédalle au moment de la mise en précontrainte, calculée
béton, déterminée avec le module d’inertie de la selon la paragraphe 3.1.2 de la norme NF EN 1992-1-1 et
section nominale sous les actions non pondérées son Annexe nationale ;
E {G1 + Q’c0 + Qs} ; I l’inertie de la prédalle déterminée à partir de sa géomé-
––  coefficient égal à 1. Si les prédalles bénéficient d’une trie nominale ;
certification NF, le coefficient  peut être pris égal à Pm,r la force de précontrainte au moment de la mise en
1,10 ; précontrainte déterminée en considérant une perte de
– fctm,fl(t) la résistance en traction par flexion du béton précontrainte égale à 8 % de la précontrainte initiale ;
déterminée à partir de la résistance en compression du eb l’excentricité de la force de précontrainte Pm,r par
béton fck,tc à la date du coulage du béton sur chantier. rapport au centre de gravité de la section transversale de
Note : Il peut être retenu par défaut une valeur minimale de la prédalle.
3,6 MPa pour les prédalles en béton armé et de 4,4 MPa
pour les prédalles précontraintes. 4.2.3 Vérification du critère de déformation
Pour les prédalles précontraintes, on peut conventionnel- La vérification du critère de déformation est effectuée en
lement : considérant toutes les portées, entre appuis provisoires ou
– prendre un pourcentage de pertes de précontrainte non, uniformément chargées sous la combinaison d’ac-
égal à 8 % de la précontrainte initiale ; tions non pondérées E {G1 + Q’’c0}. Dans cette vérification, il
– tenir compte du moment hyperstatique de précontrainte convient de ne pas tenir compte des charges de chantier.
évalué, en supposant que la précontrainte est appliquée La flèche maximale wmax prise au coulage par la prédalle
à la prédalle reposant déjà sur ses appuis et étais ; entre deux appuis provisoires ou non ne doit pas
dépasser :
– dans le cas d’une pose sans étais, en l’absence de
vérification particulière, la contreflèche à la mise en • 10 mm si Ler ≤ 4 m ;
œuvre peut être évaluée par l’expression ci-après : • (Ler / 400) si Ler > 4 m ;
avec Ler la portée de mise en œuvre,
La flèche maximale prise par la prédalle entre deux appuis
provisoires ou non est déterminé par calculs :
– à partir de la géométrie nominale de la prédalle dans le
cas d’une prédalle en béton précontraint ;
– à partir de la rigidité flexionnelle [EI] de la prédalle
déterminée par essai dans le cas des prédalles béton
armé avec treillis raidisseurs.

e-Cahiers du CSTB - 33 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Note : Les portées limites définies dans les Avis • 4 points de levage si le système d’élingage permet un
Techniques des treillis raidisseurs intègrent la limitation de auto-équilibrage des efforts ;
flèche à 10 mm. • 3 points de levage pour les prédalles souples (épaisseur
Par ailleurs, la nécessité de limiter les désaffleurements de la prédalle inférieure ou égale à 8 cm, sans treillis
de part et d’autre des joints peut conduire à rapprocher raidisseur ni nervure en béton) ;
encore les étais.
• 2 points de levage dans les autres cas.
Il est possible, lorsqu’il n’y pas d’exigence particulière sur
la planéité de la sous-face du plancher, de ne pas prendre Lorsque la prédalle est levée en plus de 4 points, un
en compte cette limitation. palonnier équilibrant ou tout autre système équivalent sera
nécessaire : la charge à lever pourra ainsi être répartie
4.3 Détermination des espacements uniformément entre les points de levage. Les dispositifs
entre appuis de stockage de sécurité (garde-corps, …) doivent être positionnés
avant la manutention des prédalles.
Il convient de déterminer l’espacement des appuis de
stockage à l’aide de la vérification d’intégrité sous le seul 4.4.1 Manutention par boucles
poids propre de la prédalle.
Les boucles de levage doivent répondre aux spécifica-
4.4 Détermination des espacements tions particulières qui suivent :
entre les points de levage • chaque boucle de levage doit être ancrée sous les
armatures principales, enserrer l’une d’elles et être liée
Les charges à considérer lors de la manutention sont à ces dernières ;
données dans le paragraphe 1.1.2. b) de la Section A du • l’enrobage effectif des boucles par rapport à la face
présent document. inférieure de la prédalle est supérieur ou égal à 10 mm ;
Il convient de déterminer les espacements entre les points
de levage, à l’aide de la vérification d’intégrité et de la Note 1 : Lorsqu’il n’est pas possible pour une boucle de
vérification de sécurité. Ces vérifications sont effectuées levage d’enserrer une armature principale, il convient de
dans les deux sens de la prédalle. prévoir à cet emplacement une armature d’au moins 1 m
de longueur.
Note : Dans le sens longitudinal des prédalles munies
de treillis raidisseurs, les distances entre points de • le scellement dans la prédalle des branches inférieures
levage peuvent être déduites de données expérimentales des boucles doit être assuré pour un effort égal à la
à travers les essais réalisés dans le cadre des Avis totalité de la résistance de l’acier constitutif ;
Techniques des raidisseurs : les vérifications d’intégrité et Note 2 : Il n’est pas tenu compte des limitations d’effort
de sécurité sont à effectuer dans le sens transversal. par boucle prescrites.
Le scellement des inserts de levage dans les prédalles Note 3 : Dans le cas d’un retour rectiligne, compte tenu du
doit être vérifié en tenant compte des caractéristiques du pliage à 90°, la longueur du retour doit être égale à la moitié
béton au moment du démoulage. de la longueur d’ancrage de calcul lbd de l’armature.
Le présent paragraphe n’envisage que la manutention • le façonnage et la mise en œuvre des boucles doivent
des prédalles à l’horizontale. Pour les autres cas de faire l’objet d’un auto-contrôle de fabrication ;
manutention, des règles doivent être définies, notamment • les boucles doivent être réalisées en acier de classe
en matière de sécurité. B235C et d’un diamètre minimal de 10 mm ;
Lorsque la prédalle est levée en 4 points par des élingues,
par sécurité, la charge à lever est répartie uniformément
entre :

Figure 23 — Exemple de dispositifs de manutention

e-Cahiers du CSTB - 34 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Boucle oblique
Boucle droite

Légende :
1. Armature principale enserrée par la boucle
2. Ligature
3. Crochet éventuel
Figure 24 — Ancrage des boucles sous les armatures

Si les prédalles bénéficient d’une certification NF, - dont le diamètre est égal à 6 mm, sont associées à un
l’emploi de boucles en acier de 8 mm de diamètre de filant supérieur dont le diamètre est au moins égal à
classe B235C est admis pour les prédalles d’épaisseur 10 mm et à des filants inférieurs de diamètre au moins
au plus égale à 6 cm. égal à 6 mm ;
• le diamètre du mandrin de cintrage de la boucle « d » - dont le diamètre est au moins égal à 7 mm, sont
ne doit pas être inférieur à 4 fois le diamètre de l’arma- associées à un filant supérieur dont le diamètre est
ture utilisée. au moins égal à 12 mm et à des filants inférieurs de
diamètre au moins égal à 6 mm.
Les efforts maximaux en service par boucle figurent dans
le tableau de la Figure 6 de la Section C, paragraphe 1.2. • les soudures inférieures des treillis raidisseurs ont une
Note 4 : Les efforts maximaux dans les boucles indi- résistance au moins égale à 80 % de la résistance
qués dans le tableau de la Figure 6 de la Section C, des diagonales, sans être inférieure à 9,8 kN, et les
paragraphe 1.2 ne tiennent pas compte de l’angle soudures supérieures ont une résistance au moins
d’élingage. égale à 10,5 kN ;
Le tableau 1 de la section C du présent document indique • les armatures de répartition perpendiculaires aux
la majoration des efforts en fonction de l’angle d’élingage ; armatures longitudinales sont disposées de la manière
suivante :
• il est interdit de jumeler les boucles de levage destinées
à être prises par un seul crochet. - soit les armatures sont alternées (à l'intérieur et en
dessous des treillis raidisseurs) ;
4.4.2 Manutention par treillis raidisseurs - soit toutes les armatures de répartition de la prédalle
sont disposées à l’intérieur des treillis raidisseurs et
Les treillis raidisseurs des prédalles en béton armé non à l’intérieur des boucles inférieures du treillis ;
peuvent être utilisés pour manutentionner les éléments
lorsque : • l’enrobage des armatures inférieures des treillis
raidisseurs par rapport à la face supérieure de la
• ils sont mis en œuvre avant bétonnage ; prédalle est supérieur ou égal à 15 mm ;
• les diagonales sont de type « Warren » et le treillis • les prédalles bénéficient d’une certification NF.
raidisseur est constitué de deux diagonales ;
Note 1 : On rappelle que les treillis raidisseurs doivent
• les diagonales : aussi bénéficier d’une certification NF.
- dont le diamètre est égal à 5 mm, sont associées à un Les prédalles de dimensions courantes doivent être
filant supérieur dont le diamètre est au moins égal à manutentionnées à partir de la 3e boucle. Dans le cas de
7 mm et à des filants inférieurs de diamètre au moins petites dimensions, les prédalles peuvent être manuten-
égal à 5 mm ; tionnées à la 1re ou à la 2nde boucles.

e-Cahiers du CSTB - 35 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Figure 25 — Manutention possible aux 1re, 2nde et 3e boucles

Dans le cas de la manutention à la 1re boucle, la soudure Tableau 7 — Charges Maximales d’Utilisation (CMU)
du nœud inférieur de la diagonale avec le filant inférieur par point de préhension pour le levage par treillis
du treillis raidisseur doit être présente et située à au-moins raidisseurs dans le cas où les armatures sont alternées
200 mm de l’about de la prédalle.
Diamètre Ø Enrobage nominal
Les efforts maximaux (Charge Maximale d’Utilisation) Effort maximal
des diagonales supérieur des filants
CMU (kN)
par point de préhension sur les treillis raidisseurs sont du treillis inférieurs du
(3e boucle)
précisés dans le Tableau 6 et le Tableau 7 ci-dessous raidisseur (mm) treillis (mm)
selon le diamètre de la diagonale du treillis raidisseur et la 5 23 5,4
boucle retenue. Ces valeurs correspondent à la compo-
sante verticale de l’effort maximal : les valeurs ne doivent
pas être corrigées en fonction de l’angle de levage. En faisant référence aux éléments apportés dans le
Les efforts maximaux sont donnés pour une résistance tableau de la Figure 6 en Section C, les dimensions
minimale en compression du béton mesurée sur cube de maximales des crochets de levage doivent respecter les
10 cm de côté de 18 MPa. valeurs du diamètre de la boucle de 8 mm. Les crochets
doivent impérativement être passés à l’intérieur des
Tableau 6 — Charges Maximales d’Utilisation (CMU)
boucles formées par les diagonales du treillis raidisseur
par point de préhension pour le levage par treillis raidisseurs et non au niveau de la membrure supérieure du treillis
dans le cas où toutes les armatures sont à l’intérieur raidisseur.
des treillis raidisseurs Note 3 : Dans le cas de prédalles manutentionnées
au minimum à partir de la 3e boucle, et si la position
Diamètre Ø Enrobage Effort Effort Effort du levage n’est pas marquée, la vérification doit être
des nominal maximal maximal maximal effectuée en tenant compte d’une position de levage
diagonales supérieur CMU (kN) CMU (kN) CMU (kN) effective à + 40 cm d’écart par rapport à la position
du treillis des filants (3e boucle) (2nde boucle) (1re boucle) théorique lors du dimensionnement.
raidisseur inférieurs
(mm) du treillis
(mm) 5. Porte-à-faux
5 15 5,6 - -
Seul l’emploi de prédalles interrompues aux appuis est
5 23 5,9 3,5 1,5 admis.
6 22 6,5 3,5* 1,5*
≥7 22 7,6 3,5* 1,5*

*Note 2 : Pour les diamètres de diagonales supé-


rieurs ou égaux à 6 mm, on retient les valeurs d’efforts
maximaux (CMU) données dans le Tableau 6 pour
la diagonale de 5 mm pour la première boucle et Figure 26 — Schéma de principe de porte-à-faux
la seconde boucle.

e-Cahiers du CSTB - 36 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Tableau 8 — Configurations nécessitant des armatures 6. Ancrage des armatures –
de liaison entre les prédalles et le béton coulé en œuvre
Cas particuliers
Armatures Armatures
Cas de de liaison de liaison Les cas courants d’ancrage des armatures ont été traités
porte-à-faux sur la zone en sur la zone au paragraphe 2.5 du présent document.
encorbellement d’équilibrage
6.1 Renforts d’ancrage sur prédalle
Porte-à-faux
supportant des
Oui Oui Des renforts d’ancrage doivent être disposés sur la
charges linéiques
> 15 kN/m prédalle lorsque la longueur d’appui de la prédalle et
le dépassement éventuel des armatures de la prédalle
Porte-à-faux sont insuffisants pour équilibrer l’effort à ancrer. Cette
supportant des disposition n’est acceptable que lorsque l’épaisseur de
charges linéiques Oui Non(2) la prédalle permet de disposer les armatures de renfort
≤ 15 kN/m et de
débord > 60 cm
dans la moitié inférieure du plancher total.
Dans ce cas, les dispositions constructives de
Porte-à-faux
supportant des
l’Annexe E.3 de la norme NF EN 13747 sont applicables,
charges linéiques Non(1) Non les armatures de couture entre les deux bétons doivent
≤ 15 kN/m et de être capables d’équilibrer la totalité de l’effort ancré par
débord ≤ 60 cm les armatures de renfort et être disposées sur la longueur
de recouvrement de ces dernières avec les armatures
(1) Sous réserve d’une couture à l’extrémité de l’encorbellement et d’un
appui effectif de 2 cm sur l’élément porteur. longitudinales de la prédalle.
(2) Sauf si les autres vérifications (cisaillement, sismique, …) les rendent Ces armatures de couture peuvent cependant être omises
nécessaires. dans les cas suivants :
• lorsque toutes les armatures de renfort sont situées
Lorsque des armatures de couture sont nécessaires, elles dans le tiers inférieur du plancher et que les renforts
doivent respecter les dispositions du paragraphe 4.2.4 de sur prédalle reprennent moins de 50 % de l’effort total
la norme NF EN 13747. à ancrer ;
Dans le cas de porte-à-faux perpendiculaire au sens • ou lorsque toutes les armatures de renfort sont situées
porteur, la section résistante au droit du joint est réduite dans la moitié inférieure du plancher et que les renforts
à l’épaisseur de béton complémentaire. Dans le cas où il sur prédalle reprennent moins de 25 % de l’effort total
est nécessaire de prendre en compte l’épaisseur totale du à ancrer.
plancher, une zone de clavetage entre les deux prédalles
doit être prévue (Figure 27). L’effort à ancrer pour les appuis simples et les
appuis de continuité est défini paragraphe 9.3.1.1 (4)
de la norme NF EN 1992-1-1 avec son Annexe
nationale (NF EN 1992-1-1/NA).

6.2 Cas des éléments porteurs sans retombée


Le repos de la prédalle sur l’élément porteur étant nul,
il convient de reporter la réaction d’appui sur le support
par l’intermédiaire d’armatures disposées dans le béton
Figure 27 — Porte-à-faux avec prédalles épaisses de clavetage. Le mode de fonctionnement de référence
perpendiculaires au sens porteur est un fonctionnement de type bielle, qui sert de calcul
de base.
Il convient de considérer la participation de la prédalle
D’autres modes de fonctionnement sont possibles :
dans le calcul du moment résistant du porte-à-faux, sous
réserve des dispositions ci-dessus et de la vérification du • équilibre en console courte mobilisant l’armature
monolithisme. supérieure en attente ;
• ou par tout autre mécanisme assurant la stabilité de
l’appui.
Quelles que soient les dispositions constructives
retenues, il convient :
• de justifier le recouvrement des efforts entre les diverses
armatures ;
• d’assurer la compatibilité entre les armatures en attente
de l’élément porteur et celles de la prédalle ;
• de justifier l’épaisseur du béton coulé en œuvre quand
la stabilité suppose l’équilibre d’une bielle appuyée sur
l’armature inférieure en attente ;
• de tenir compte des tolérances afin d’assurer l’équilibre
du principe de stabilité retenu.
Les dispositions constructives présentées au para-
graphe 2.6 de la Section C du présent document doivent
être appliquées.

e-Cahiers du CSTB - 37 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Les armatures d’ancrage sont situées au-dessus d’une
armature longitudinale de l’élément porteur, de diamètre
minimal 12 mm.
Avec la longueur d’ancrage a1 définie sur les Figures 28
et 29, le brin du cadre le plus proche de la prédalle doit
être capable d’assurer la suspension de la totalité de la
charge.
Les longueurs d’ancrage doivent être calculées pour
équilibrer l’effort tranchant selon les prescriptions du
paragraphe 6.6 de la norme NF EN 1992-1-1 avec son
Annexe nationale.
La pression transversale provoquée par la bielle n’est pas
prise en compte dans ce cas (5 = 1,0 ; voir Tableau 8.2
de la norme NF EN 1992-1-1).
L’espacement des armatures de suspension prévues doit
vérifier les conditions prescrites au paragraphe 2.6 de la
Section C du présent document.

Légende :
1. Armatures supérieures de dalle
2. Armature de diamètre 12 mm minimum
3. Armatures complémentaires d’ancrage

a 1 la longueur d’ancrage dépassante au-delà de l’armature


Légende :
de diamètre 12 mm minimum
1. Cadre
Figure 28 — Exemples de disposition avec armatures 2. Armature d’ancrage de l’effort tranchant
dépassant de la prédalle
3. Armature diamètre 12 mm minimum

Figure 30 — Exemple de disposition d’appui avec


poutre noyée

6.3 Cas de repos effectif insuffisant


Lorsqu’il est constaté sur le chantier que les prescrip-
tions d’appui définies sur les plans de préconisation de
pose ne sont pas respectées, le bureau d’études du
fournisseur de prédalles doit définir les dispositions
particulières à adopter, en concertation avec le bureau
d’études de l’entreprise de gros œuvre :
• si la pénétration de l’armature sur l’appui est
Légende : suffisante (vérification de l’ancrage conformément
1. Armatures supérieures de dalle au paragraphe 2.5 de la présente section), aucune
2. Armature de diamètre 12 mm minimum
disposition complémentaire n’est à prendre ;
3. Armatures complémentaires d’ancrage • si la pénétration de l’armature sur l’appui n’est pas
suffisante mais supérieure ou égale à 50 mm et si le
retrait de la prédalle est inférieur ou égal à 50 mm, alors
a 1 la longueur d’ancrage de l’armature au -dessus de la prédalle
une solution de renforcement par cadres de suspen-
au-delà de l’armature de diamètre 12 mm minimum
sion telle que décrite aux paragraphes 6.3.1 et 6.3.2
de la présente section est possible. Dans ce cas, une
Figure 29 — Exemple de disposition avec armatures
armature dimensionnée (repère 2 sur les Figures 31 et
mises en place au-dessus de la prédalle
32) pour une force égale au 3/4 de l’effort tranchant
non réduit, et ancrée totalement de part et d’autre du
brin de suspension, doit être placée juste au-dessus
de la prédalle à l’intérieur des armatures de suspen-
sion. Cette armature doit être disposée dans la moitié
inférieure de la hauteur totale du plancher, faute de quoi
cette disposition n’est plus acceptable ;

e-Cahiers du CSTB - 38 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


• dans le cas d’un appui insuffisant ne respectant pas ces
deux conditions (pénétration de l’armature sur l’appui
inférieure à 50 mm ou retrait de la prédalle supérieur à
50 mm), une étude spécifique doit être réalisée. À défaut
de justification du nouveau fonctionnement mécanique
de l’appui, la prédalle doit être mise au rebut.
Les armatures de suspension sont dimensionnées pour
relever la totalité de l’effort tranchant réduit.

6.3.1 Cas d’un appui libre


La longueur a de dépassement de l’armature sortant en
attente de la prédalle par rapport au brin de suspension
doit être suffisante pour assurer l’ancrage des 3/4 de
l’effort tranchant non réduit.

5 2
3

Coupe longitudinale Coupe AA

Solution a)

5 2
3

Coupe longitudinale Coupe AA

Solution b)

Légende :
1. Armatures de chaînage
2. Armature complémentaire d’ancrage
3. Armatures de suspension
4. Armatures de la prédalle
5. Armatures supérieures

Figure 31 — Exemples de disposition d’appui libre dans le cas de repos effectif insuffisant

e-Cahiers du CSTB - 39 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


6.3.2 Cas d’un appui de continuité
Les armatures de suspension peuvent être remplacées
par des cadres entourant les armatures supérieures.

Solution a) Solution b)

Légende :
1. Armatures supérieures
2. Armature complémentaire d’ancrage
3. Armatures de suspension
4. Armatures de la prédalle

Figure 32 — Exemples de disposition d’appui de continuité dans le cas de repos effectif insuffisant

7. Fonction diaphragme 7.2 Calcul du diaphragme

7.1 Principes 7.2.1 Dimensionnement vis-à-vis


du cisaillement horizontal
Le fonctionnement en diaphragme des planchers assure
la répartition des efforts horizontaux (vent, séisme,
7.2.1.1 Vérifications en partie courante
poussées des terres, …) entre les éléments de contreven-
tement (voiles, portiques). Le dimensionnement vis-à-vis du cisaillement horizontal
en partie courante de plancher est effectué selon les para-
Le transfert des efforts dans le plancher dépend
graphes 6.2.2, 6.2.3 ou 6.5 de la norme NF EN 1992-1-1
notamment de sa géométrie. L’analyse peut être menée
et de son Annexe nationale (NF EN 1992-1-1/NA), selon
en considérant le comportement du plancher comme
le modèle de calcul adopté. Lorsque le plancher est assi-
celui d’une poutre plate, d’un treillis plan ou d’un méca-
milé à une poutre plate (paragraphe 6.2.2 de la norme
nisme bielles-tirants. Le calcul des efforts internes du
NF EN 1992-1-1 et de son Annexe nationale), on retient
diaphragme permet de dimensionner les armatures à
pour vmin, la valeur adoptée pour les voiles.
disposer dans la dalle de compression rapportée, ainsi
que dans les chaînages périphériques et intérieurs. 7.2.1.2 Vérifications au droit des joints
Les notions de « chaînage périphérique » et « chaî- Le dimensionnement vis-à-vis du cisaillement horizontal
nage intérieur » sont conformes à celles de la au droit des joints est effectué selon le paragraphe 6.2.5
norme NF EN 1992-1-1 et de son Annexe nationale de la norme NF EN 1992-1-1 et de son Annexe nationale,
(NF EN 1992-1-1/NA) dont la Figure 9.15 illustre les en assimilant la surface au droit du joint à une surface
différents types. de reprise fictive. On retiendra les valeurs de c et de 
suivantes : c = 0,5 et  = 0,9.

e-Cahiers du CSTB - 40 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Légende :
1. Armature de répartition de la prédalle (section At1)
2. Armature en recouvrement sur le joint (section At2)
3. Armature complémentaire éventuelle sur toute la surface (section At3)

Figure 33 — Coupe transversale sur joint

Les armatures (section At2) placées sur le joint viennent 7.2.2 Dimensionnement vis-à-vis
en recouvrement des armatures transversales des des efforts de flexion
prédalles (section At1). La longueur de recouvrement l0
est déterminée conformément au paragraphe 8.7.3 de la Les chaînages périphériques et intérieurs assurent la
norme NF EN 1992-1-1 et de son Annexe nationale. résistance à la flexion des diaphragmes. Les sections défi-
S’il y a lieu, les armatures complémentaires (section At3) nies au paragraphe 9.10.2 de la norme NF EN 1992-1-1
ajoutées dans le béton coulé en place contribuent à la et de son Annexe nationale (NF EN 1992-1-1/NA) sont
résistance du joint. complétées si besoin afin de résister aux sollicitations
Note : Pour les vérifications incluant les actions dyna- de calcul.
miques ou sismiques, il convient de ne pas diviser la
valeur de c par 2 étant donné qu’il n’y a pas de reprise de 7.2.3 Continuité mécanique au droit
bétonnage effective. des appuis intermédiaires
7.2.1.3 Vérifications aux appuis et éléments de contre- La fonction diaphragme doit être assurée au droit des
ventement appuis intermédiaires. Ceci peut être réalisé par l’une ou
Le dimensionnement vis-à-vis du cisaillement horizontal l’autre des trois dispositions suivantes.
à la liaison plancher-appui ou plancher-élément de
contreventement est effectué indépendamment du dimen- 7.2.3.1 Recouvrement direct des armatures des
sionnement vis-à-vis du cisaillement vertical. prédalles
Par application du paragraphe 6.2.2 de la norme La longueur du recouvrement horizontal e (Figure 34.d),
NF EN 1992-1-1 et de son Annexe nationale mesurée entre les naissances des courbures, doit être
(NF EN 1992-1-1/NA), aucune disposition particulière supérieure ou égale à 10Ø + dmax où dmax est la distance
n’est requise si le cisaillement sollicitant est inférieur au libre entre les armatures (perpendiculairement à la
cisaillement résistant minimum vmin (vmin calculé avec la Figure 34.d, voir Figure 34.b).
valeur adoptée pour les voiles). Dans le cas où le cisail- La longueur d’ancrage lbd est calculée conformément au
lement horizontal est supérieur à la contrainte de cisail- paragraphe 8.4.4 de la norme NF EN 1992-1-1 et de son
lement vmin, il convient d’appliquer le paragraphe 6.2.4 Annexe nationale (NF EN 1992-1-1/NA).
de la norme NF EN 1992-1-1 et son Annexe nationale. Les longueurs lo et lbd sont déterminées en fonction du
Lorsqu’il y a une reprise de bétonnage entre le voile dimensionnement vis-à-vis du cisaillement horizontal.
ou l’élément de contreventement et le plancher, le Note : La longueur l0 intègre le décalage entre arma-
paragraphe 6.2.5 de la norme NF EN 1992-1-1 et son tures (se reporter au chapitre 8.7.2 de NF EN 1992-1-1
Annexe nationale s’applique. et de son Annexe nationale (NF EN 1992-1-1/NA)).
Dans le sens non porteur, les armatures de répartition
des prédalles doivent être ancrées dans les chaînages
latéraux. Ceci peut être réalisé par des armatures placées
en recouvrement dans des conditions similaires à celles
prévues pour le recouvrement des joints courants entre
prédalles.

e-Cahiers du CSTB - 41 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Figure 34 — Réalisations possibles avec recouvrement direct des armatures des prédalles

7.2.3.2 Recouvrement par les armatures de continuité 7.2.3.3 Recouvrement par des armatures placées
placées en chapeaux au-dessus des prédalles
La longueur du recouvrement l1 = l0 + ∆ prend en Ces armatures ne peuvent pas être prises en compte
compte la distance verticale entre les deux lits d’arma- dans les justifications de flexion sous moment négatif.
tures (Figure 35).

Légende :
Légende : 1. Armature de continuité
1. Armature de continuité et de recouvrement 2. Armature de recouvrement

Figure 35 — Recouvrement par des armatures Figure 36 — Recouvrement par des armatures placées
de continuité en chapeaux au-dessus des prédalles

e-Cahiers du CSTB - 42 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Les longueurs de recouvrement l1 doivent satisfaire les pres- 8.2.2.2 Distribution de la température
criptions du paragraphe 8.7 de la norme NF EN 1992-1-2 Les températures peuvent être déterminées par essais ou
et de son Annexe nationale (NF EN 1992-1-2/NA). par calculs (paragraphe 4.2.2 de la norme NF EN 1992-1-2
Le décalage vertical et le décalage horizontal entre et de son Annexe nationale NF EN 1992-1-2/NA).
armatures doivent être pris en compte. Une méthode analytique pour le calcul des températures
est donnée en Annexe H de la présente section.
7.3 Cas d’existence de trémie
Dans le cas des dalles d’épaisseur courante, les distri-
L’existence d’une (ou de plusieurs) trémie(s) peut butions de températures présentées en Annexe A de
modifier le cheminement des efforts dans le diaphragme. la norme NF EN 1992-1-2 et de son Annexe nationale
Une grande trémie (ou le groupement de plusieurs petites) peuvent être utilisées pour les armatures inférieures.
peut neutraliser une partie du diaphragme. Dans ce cas, 8.2.2.3 Capacité portante
il faut justifier des efforts dans les parties pleines en
assurant un fonctionnement en bielles-tirants ou en voûtes. 8.2.2.3.1 Résistance à la flexion
La résistance à la flexion est vérifiée de la façon suivante :
8. Méthode de justification par
le calcul de la résistance au feu

8.1 Généralités
Les critères de classification de résistance au feu R, E, I, avec :
définis au paragraphe 2 de la norme NF EN 1992-1-2 et de • MEd,fi le moment sollicitant à chaud ;
son Annexe nationale (NF EN 1992-1-2/NA), peuvent être • MRd,fi,T le moment résistant à chaud en travée ;
vérifiés individuellement selon l’une des trois méthodes
suivantes : • MRd,fi,W et MRd,fi,E les moments résistants à chaud, respec-
• valeurs tabulées ; tivement sur l’appui de gauche et sur l’appui de droite.

• méthode de calcul simplifiée ; Note : Cette formule correspond au cas de charges


uniformément réparties avec des moments résistants sur
• méthode de calcul avancée. appuis sensiblement identiques. Dans les autres cas, il
Les actions dues à la température sont détermi- convient de déterminer l’abscisse critique en considérant
nées suivant la norme NF EN 1991-1-2 et son Annexe la ligne de fermeture.
nationale (NF EN 1991-1-2/NA). Les actions mécaniques Lorsque le critère d’isolation I est vérifié, le coeffi-
sont combinées, en situation accidentelle, conformé- cient d’affaiblissement de la résistance des armatures
ment à la norme NF EN 1990 et son Annexe natio- supérieures est pris égal à 1,0.
nale (NF EN 1990/NA). La prise en compte des moments sur appuis est possible :
Les joints entre prédalles dont l’épaisseur nominale e est lorsque la redistribution des moments fléchissants pour le
inférieure ou égale à 20 mm sont négligés pour le calcul calcul à température normale n’excède pas 15 % ;
des températures, conformément au paragraphe 4.6 (4)
de la norme NF EN 1992-1-2. ou lorsque la redistribution des moments est supérieure à
15 %, si la capacité de rotation aux appuis est suffisante
8.2 Méthodes d’analyse pour les conditions d’exposition au feu requises. La justi-
fication de la capacité de rotation aux appuis peut être
réalisée suivant l’une des méthodes suivantes :
8.2.1 Valeurs tabulées – la méthode dite « règle du ferraillage » ;
La Section 5 de la norme NF EN 1992-1-2 et de son – la méthode dite « règle du coffrage », conformément au
Annexe nationale (NF EN 1992-1-2/NA) s’applique avec paragraphe 5.7.3 (2) de la norme NF EN 1992-1-2 et de
les compléments ci-après. son Annexe nationale (NF EN 1992-1-2/NA).
Les valeurs tabulées sont applicables uniquement pour a) Règle du ferraillage
l’analyse par élément dans le cas de feu normalisé. Les moments résistants MRd,fi sur appuis (MRd,fi,W ou MRd,fi,E)
La fonction porteuse (critère R) est considérée satisfaite peuvent être pris en compte si l’inégalité suivante est
lorsque les exigences minimales relatives aux dimensions vérifiée :
et à la distance de l’axe des armatures au parement sont
conformes aux valeurs données au paragraphe 5.7 de la
norme NF EN 1992-1-2 et de son Annexe nationale.

8.2.2 Calcul simplifié Ma est la valeur absolue du moment appliqué sur l’appui
considéré et calculé comme ci-après.
8.2.2.1 Généralités Note 1 : Le moment sollicitant Ma peut être déterminé en
La méthode de calcul simplifiée peut être applicable application de la NF EN 1992-1-1 et son Annexe nationale.
pour l’analyse de parties de structure dans le cas de feu On détache, de part et d’autre de l’appui, des travées
normalisé, ou pour l’analyse par élément dans le cas de fictives de longueur ℓ ’w à gauche de l’appui et ℓ ’e à droite
feu paramétré, quel que soit le type de chargement. de l’appui (Figure 37) :
Note : L’Annexe B de la norme NF EN 1992-1-2 et de son • ℓ ’e = ℓ e pour la travée de rive droite ;
Annexe nationale (NF EN 1992-1-2/NA) présente deux
méthodes simplifiées, pour le calcul de la résistance aux • ℓ ’w = ℓ w pour la travée de rive gauche ;
moments de flexions et aux efforts normaux. • ℓ ’e = 0,8 ℓ e et ℓ ’w = 0,8 ℓ w dans tous les autres cas.

e-Cahiers du CSTB - 43 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Appui considéré Schéma de transposition (Mθ − MΩ) en kN.m/m peut être calculé par la formule :

Appui l w l e

intermédiaire
dans le cas
de 2 travées
l' =l l' e= l e
en continuité w w

Premier appui
intermédiaire l l e

dans le cas
Dans le cas où h tw = h te = h t, cette formule peut être
de plusieurs
travées en l' w= l w l' e = 0,8 l e
simplifiée de la manière suivante :
continuité
Autre(s) appui(s)
intermédiaire(s) l l e

dans le cas
de plusieurs avec :
travées en
continuité
l' w= 0,8 l w l' e = 0,8 l e
• L défini de la manière suivante : ;
•  r rotation limite de la rotule plastique définie dans le
Figure 37 — Définition des travées fictives
paragraphe 5.7.3 (2) de la norme NF EN 1992-1-2/NA ;
Dans le cas de travées de même épaisseur, supportant • les valeurs a i, b i, a 0, b 0 et h 0 figurant dans le tableau
des charges réparties uniformes pw et pe, le moment sur suivant :
appui est donné par :
Tableau 9 — Paramètres pour calcul de Mθ − MΩ

REI ai bi a0 b0 hθ

Note 2 : Pour des travées d’épaisseurs différentes he et 30 1,2600 3,44 − 1,81 0,882 0,0564
hw et des charges quelconques entraînant des rotations
sur appuis déterminées en supposant les travées isosta- 60 0,4010 3,73 − 2,67 1,289 0,0715
tiques ’e et ’w (calculées avec ℓ ’e et ℓ ’w) et soumises aux
mêmes charges (Figure 38): 90 0,1520 3,98 − 3,64 1,868 0,1082

120 0,0598 4,22 − 5,28 3,097 0,1860

180 0,0071 4,75 − 40,20 105,74 2,224

a
b) Règle du coffrage
La condition A du paragraphe 5.7.3 (2) de la
ω’w norme NF EN 1992-1-2 et de son Annexe nationale
(NF EN 1992-1-2/NA) est définie dans le cas de plan-
0,10 lw l’w = 0,80 lw 0,10 lw chers d’épaisseurs identiques. Pour des épaisseurs
différentes de part et d’autre de l’appui, cette condition
lw est remplacée par les deux inégalités suivantes qui
doivent être simultanément vérifiées :
Figure 38 — Travée fictive pour la détermination
des moments sous charges quelconques

avec :
– Ecm module d’élasticité du béton (utilisé dans le calcul
de ’e et ’w) ;
– Mθ est la valeur absolue du moment sur appui provoqué
par le phénomène de gradient thermique résultant de
l’action du feu ;
– MΩ est le moment limite admissible résultant de la
formation d’une rotule plastique, moment qui vient en
déduction des moments précédents.

e-Cahiers du CSTB - 44 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


avec : Note : L’application de ces clauses revient à consi-
• htw épaisseur totale de la dalle à gauche de l’appui, dérer une épaisseur minimale de béton rapporté (dalle
en mètres ; de compression) solidaire des prédalles de 50 mm. Le
monolithisme de la section composite en situa-
• hte épaisseur totale de la dalle à droite de l’appui, tion sismique doit être assuré. Les vérifications sont
en mètres. effectuées en considérant un coefficient de sur-résistance
appliqué aux sollicitations sismiques égal à 1,3 pour les
8.2.3 Calculs avancés sollicitations de cisaillement et à 1,1 pour les sollicitations
de flexion.
Le paragraphe 4.3 de la norme NF EN 1992-1-2 et de son
Annexe nationale (NF EN 1992-1-2/NA) s’applique. 9.2.2 Fonction liaison assurée
par les prédalles
9. Méthode de justification par
le calcul de la résistance au séisme Cette liaison est à considérer sous trois aspects :
• la liaison du plancher aux éléments de structure qui le
portent ;
9.1 Conditions d’application
• le chaînage du plancher sur ses rives latérales ;
Ce chapitre précise les conditions d’application de • la liaison entre façades opposées.
la norme NF EN 1998-1 et son Annexe nationale
(NF EN 1998-1/NA) pour les planchers à prédalles La liaison aux éléments de structures est assurée par les
en béton. armatures existantes (dépassantes) ou ajoutées, conti-
nues ou en recouvrement, disposées dans les compo-
9.2 Généralités sants et/ou dans la table de compression.
Les dispositions du paragraphe 7.2.3.2 du présent
Vis-à-vis des sollicitations sismiques, les planchers à document sont utilisables en zones de sismicité 2 et 3 ;
prédalles doivent être organisés de manière à : les dispositions des paragraphes 7.2.3.1 et 7.2.3.3 sont
a) Assurer le rôle de diaphragme en transmettant aux utilisables en toute zone sismique.
éléments de contreventement verticaux les efforts Dans les deux directions, le plancher doit présenter en
sismiques horizontaux provenant de l’accélération des toute section transversale une capacité de résistance
masses associées aux planchers : ultime à la traction correspondant à la valeur maxi-
L’intensité des efforts développés dans le diaphragme et male entre 15 kN/ml et celle issue du calcul sismique
les réactions engendrées dans les éléments de contreven- d’ensemble effectué sur le projet.
tement verticaux sont fonction de la rigidité des éléments Dans la direction perpendiculaire à la portée et
de contreventement verticaux, la rigidité du diaphragme dans la direction de la portée des prédalles, le
pouvant être supposée infinie. système de chaînage intérieur réparti correspond au
Note : La rigidité supposée infinie du diaphragme est en minimum aux prescriptions du paragraphe 9.10.2.3
général assurée. Dans le cas de planchers à fort élan- de la norme NF EN 1992-1-1 et de son Annexe
cement en plan et/ou d’éléments de contreventement nationale (NF EN 1992-1-1/NA).
éloignés, cette hypothèse peut être remise en cause et il Les recouvrements tiennent compte, s’il y a lieu, des
convient alors de prendre en compte dans les calculs la décalages transversaux entre armatures.
flexibilité en plan du plancher.
b) Assurer la liaison entre les différents éléments de la 9.2.3 Monolithisme du plancher
structure :
Cela implique que les planchers soient correctement La vérification du cisaillement au droit des joints est effec-
ancrés et chaînés sur leurs appuis, conformément aux tuée conformément au paragraphe 7.2.1.2 du présent
prescriptions de la présente section. document, en prenant en compte les forces sismiques
horizontales au niveau du plancher, avec un coefficient
Le dimensionnement doit être réalisé conformément aux de sur-résistance appliqué aux sollicitations sismiques
paragraphes 5.10 et 5.11 de la norme NF EN 1998-1 et de égal à 1,3.
son Annexe nationale (NF EN 1998-1/NA).
En zones de sismicité 2, 3 et 4, pour autant que le béton
9.2.1 Fonction diaphragme coulé en œuvre présente une résistance caractéristique
fck au moins égale à 25 MPa, les seules vérifications rela-
Le fonctionnement en diaphragme des planchers assure tives au monolithisme sont celles prévues en situation non
la répartition des efforts horizontaux entre les éléments sismique.
de contreventement (voiles, portiques). Pour cela, le Le paragraphe ci-dessus est applicable en zone de
plancher diaphragme doit avoir une rigidité suffisante sismicité 4 uniquement pour les prédalles bénéficiant
afin que la déformabilité de cisaillement soit négli- d’une certification NF et présentant un état de surface
geable par rapport aux déplacements horizontaux des cranté.
éléments porteurs (voir paragraphe 5.1.1 (7) de la norme En zones de sismicité 4 et 5, lorsque les prédalles ne
NF EN 1992-1-1). respectent pas les exigences définies à l’alinéa précé-
Le paragraphe 7 de la présente section est applicable. dent, des armatures de couture entre prédalles et béton
Les paragraphes 4.4.2.5 et 5.11.3.5 de la norme coulé en œuvre doivent régner sur les tiers extrêmes des
NF EN 1998-1 et de son Annexe nationale s’appliquent. portées et tout le long des rives des prédalles et respecter
les conditions suivantes (Figure 39) :
• l’espacement des coutures dans le sens transversal ne
doit pas excéder 3 fois la hauteur totale du plancher ;

e-Cahiers du CSTB - 45 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


• l’espacement des boucles de couture dans le sens
longitudinal ne doit pas excéder la hauteur totale du
plancher, à moins que les coutures soient réalisées par
des treillis raidisseurs parallèles au sens de portée ;
• les armatures de couture (grecques ou treillis raidis-
seurs) doivent être dimensionnées pour ancrer vertica-
lement un effort de 100 kN par m² de plancher dans
les zones cousues (vérification sous combinaison
sismique) ;
• les armatures de couture placées en rive sont identiques
à celles placées dans les zones des tiers extrêmes des
portées, mais sur toute la portée. La file de rive ne doit
pas être distante de la rive de plus de 300 mm.

Légende :
1. Prédalle de portée L
2. Armatures de couture d’about
3. Armatures de couture de rive

Figure 39 — Positionnement des armatures de couture

Dans le cas où, hors situation sismique, des coutures


sont nécessaires, il n’y a pas lieu de les cumuler avec les
exigences précédentes. C’est la configuration d’armature
la plus défavorable qui est retenue.
Dans le cas des balcons, des coutures sont systématiques.

9.3 Dispositions constructives


Conformément au 9.2.3 (1) de la norme NF EN 1992-1-1 et
de son Annexe nationale (NF EN 1992-1-1/NA), il convient
que les chaînages intérieurs répartis soient effectivement
continus sur toute leur longueur et qu’ils soient ancrés aux
chaînages périphériques à chaque extrémité.

e-Cahiers du CSTB - 46 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Annexe A A3. Repos minimal sur murs
Repos sur appuis des planchers en maçonnerie de petits éléments
La valeur minimale la doit être telle que :
A1. Généralités
Les prescriptions suivantes sont applicables aux appuis
sans lisses de rive.
Les valeurs minimales prescrites des repos sur appui
IA sont déterminées à partir de la charge Pa transmise à avec A1 = 3 Pa / 2 (Pa en kN/m et A1 en mm)
l’appui en phase provisoire et diffèrent suivant la nature
du support. La valeur du repos minimal A2 sur support en maçonnerie
de petits éléments est donnée par le tableau qui suit :
La charge Pa est calculée au mètre linéaire d’appui à
l’État-Limite Ultime. Dans ce calcul, il est tenu compte
du poids propre du plancher et d’une charge de chantier Tableau A2 — Repos minimal A2 sur support en maçonnerie
de petits éléments
conventionnelle équivalente à une charge uniformément
répartie Qc.
Avec étaiement intermédiaire Sans étaiement intermédiaire
30 mm 40 mm

Note : Le calcul de A1 est établi pour une résistance


caractéristique de la maçonnerie d’au moins 4 MPa. Pour
avec : une résistance caractéristique plus faible, la valeur de A1
• G1 le poids propre en kN/m2 de la prédalle seule ; devra être majorée proportionnellement.
• G2 le poids de béton complémentaire en kN/m2 ;
A4. Détermination du repos nominal
• Qc la charge conventionnelle de chantier équivalente
à une charge uniformément répartie prise égale à et de l’espace d’appui
1,0 kN/m2 ;
Le repos nominal est déterminé en ajoutant au repos
• Leff la portée utile du plancher en mètres dans le cas minimal la combinaison quadratique des tolérances inter-
d’une mise en œuvre sans étai. férant sur cette dimension.
Pour une mise en œuvre avec étais intermédiaires et à Dans l’hypothèse de conditions d’appuis symétriques, le
défaut de calculs plus précis, la charge Pa est déterminée repos minimal doit être augmenté de :
avec l’expression ci-dessus en prenant Leff égale à la
distance entre l’appui et la première file d’étais.

A2. Repos minimal sur support


métallique ou en béton
La valeur minimale la doit être telle que : De même, l’espace d’appui est déduit du repos nominal
en ajoutant la combinaison quadratique :

avec A1 égal à Pa / 1,5 (Pa en kN/m et A1 en mm).


La valeur du repos minimal A2 sur support métallique ou Sauf indications contraires dans les DPM, les tolérances
en béton est donnée par le tableau qui suit : à considérer pour la conception des appuis sont les
suivantes :
Tableau A1 — Repos minimal A2 sur support métallique
• tolérance maximale sur la longueur des prédalles :
ou en béton Δa1 = ± 20 mm, conformément à la norme NF EN 13747 ;
• tolérance sur la distance libre entre les éléments
Repos minimal A2 (mm) support : Δa2 = ± 20 mm, conformément au §3 de la
Avec étaiement intermédiaire Sans étaiement intermédiaire Section C du présent document ;
15 mm 30 mm • tolérance sur la position transversale des cadres de
poutres : Δa3 = ± 15 mm, conformément à la norme
NF EN 13225.
Ce qui conduit à :
Δ1 = 14 mm et Δ2 = 20 mm

e-Cahiers du CSTB - 47 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Des valeurs de 15 mm et 20 mm sont généralement
retenues, respectivement pour Δ1 et Δ2.

Légende :
1. Repos minimal (ℓ a)
2. Repos nominal
3. Espace d’appui

Figure A1 — Repos des prédalles (cas sans lisse d’appui)

A5. Valeurs du repos nominal


en tolérances courantes
Les valeurs de repos nominal des prédalles pour des
tolérances courantes sont données dans le tableau
suivant :

Tableau A3 — Repos nominal (mm)

Avec étaiement Sans étaiement


intermédiaire intermédiaire
Support métallique
30 45
ou en béton
Support en maçonnerie
45 55
de petits éléments

A6. Valeurs de l’espace d’appui


en tolérances courantes
Les valeurs d’espace d’appui des prédalles pour des
tolérances courantes sont données dans le tableau
suivant :

Tableau A4 — Espace d’appui (mm)

Avec étaiement Sans étaiement


intermédiaire intermédiaire
Support métallique
50 65
ou en béton
Support en maçonnerie
65 75
de petits éléments

e-Cahiers du CSTB - 48 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Annexe B Dans les autres cas, le dimensionnement doit être mené
en tenant compte des conditions réelles d’appui et de
Calcul des sollicitations chargement, ainsi que de l’influence éventuelle des
et répartition transversale des charges coupures entre prédalles voisines. En l’absence
d’une modélisation plus précise, les sollicitations sont
évaluées dans l’hypothèse d’une dalle isotrope et sont
B1. Domaine d’application affectées d’un coefficient correcteur prenant en compte
les coupures au droit des joints et différenciant le cas des
La présente annexe définit les modalités de calcul des prédalles précontraintes et en béton armé.
sollicitations de planchers à prédalles dont l’épaisseur hp
est au plus égale à 18 cm et pour lesquels l’épaisseur ho À défaut d’un mode de dimensionnement plus élaboré,
du béton coulé en place sur les prédalles est au moins on peut recourir aux méthodes simplifiées dont il est traité
de 5 cm. en annexes :
• l’Annexe C de la présente section traite de l’utilisation de
prédalles dans des planchers supportant des charges
B2. Généralités concentrées linéaires importantes en leur centre ou
Le modèle de calcul des sollicitations est généralement en rive :
un modèle élastique et linéaire. • l’Annexe D de la présente section traite de l’utilisation de
Indifféremment des conditions d’appui des planchers prédalles dans des planchers supportant des charges
(pouvant porter sur 2, 3 ou 4 bords) et pour le cas des concentrées ponctuelles, fixes ou mobiles.
charges définies dans la norme NF EN 1991-1-1 et son Note : Dans le cas de charges concentrées importantes,
Annexe nationale (NF EN 1991-1-1/NA), il est possible de linéaires ou ponctuelles, appliquées en rive d’un plancher
calculer les planchers comme des dalles portant sur une à prédalles, il est conseillé, plutôt que de faire appel à la
direction. répartition transversale, de prévoir une poutre de rive ou
Note 1 : La norme NF EN 1991-1-1 et son Annexe natio- tout autre dispositif pour porter directement les charges.
nale indiquent les poids propres des cloisons assimi-
lables à des charges uniformément réparties compte tenu B2.1 Coefficient correcteur des sollicitations
de la capacité de redistribution transversale des charges suivant le sens de la portée des prédalles
par les planchers à prédalles. Dans le cas de charges
linéiques supérieures, le bureau d’études structures Dans les cas de planchers dont l’épaisseur est de l’ordre
de l’entreprise de gros œuvre peut définir les charges de 3 fois celle de la prédalle (par exemple, 14 cm au
réparties équivalentes. minimum pour une prédalle courante de 5 cm d’épais-
Note 2 : Les cloisons légères mises en œuvre après seur) ou dans le cas de planchers ne présentant pas
les planchers mais auxquelles des charges peuvent de coupure du fait des joints (cellule couverte par une
ultérieurement être transmises par suite des déformations seule prédalle ou continuité des armatures de réparti-
différées des planchers ne forment pas des appuis au tion réalisée entre 2 prédalles voisines dans une bande
sens de la présente annexe. de béton coulée en place), le coefficient correcteur x
appliqué aux sollicitations (moments, efforts tranchants et
Dans les conditions de charges définies ci-avant, il est réactions d’appuis) agissant suivant le sens de la portée
possible de considérer les zones de plancher situées au des prédalles a pour valeur :
voisinage de l’appui porteur latéral, sur une largeur égale
à L/2, comme portant sur trois appuis (Figure B1). -– x égal à 1 dans le cas de prédalles en béton armé ;
-– x égal à 1,15 dans le cas de prédalles en béton
précontraint.

Légende :
1. Une prédalle
2. Deux prédalles
Figure B1 — Prédalles de rives portant sur 3 appuis

e-Cahiers du CSTB - 49 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Dans les autres cas, le coefficient correcteur aura pour B3.1.4 Effort tranchant aux appuis
valeur :
-– x égal à 1,10 dans le cas de prédalles en béton Le calcul de l’effort tranchant aux appuis est réalisé
armé ; conformément aux principes de la résistance des
matériaux dans l’hypothèse d’un fonctionnement en
-– x égal à 1,25 dans le cas de prédalles en béton poutre.
précontraint.
B3.1.5 Réaction d’appui
B2.2 Coefficient correcteur des sollicitations
dans le sens transversal Le calcul de la réaction d’appui est réalisé conformément
aux principes de la résistance des matériaux dans l’hypo-
Le coefficient correcteur y appliqué aux sollicitations thèse d’un fonctionnement en poutre.
(moments, efforts tranchants et réactions d’appuis)
agissant dans le sens transversal a pour valeur : B3.2 Plancher portant sur 3 ou 4 lignes d’appui

– dans le cas de prédalles en béton armé ; Les sollicitations sont déterminées en application des
principes définis au paragraphe B2.

B3.2.1 Moment longitudinal


– dans le cas de prédalles en béton
Le moment longitudinal déterminé en application de
précontraint ;
la résistance des matériaux dans l’hypothèse d’une
avec : dalle isotrope est affecté du coefficient x défini au
–– – égal à 1 dans une section au droit du joint ; paragraphe B2.1.
–– – égal à 0,5 en section courante.
B3.2.2 Moment transversal

B3. Cas de la charge uniformément Le moment transversal déterminé en application de


la résistance des matériaux dans l’hypothèse d’une
répartie dalle isotrope est affecté du coefficient y défini au
paragraphe B2.2.
B3.1 Plancher portant sur deux lignes d’appui
B3.2.3 Effort tranchant au droit des joints
B3.1.1 Moment longitudinal L’effort tranchant est calculé en considérant l’application
de l’ensemble des charges à la zone de plancher située
Quel que soit le rapport (hp / ht), la détermination du au-delà du joint bordant la prédalle la plus sollicitée en
moment longitudinal est effectuée dans l’hypothèse d’un flexion longitudinale. Pour le poids propre, on considère
fonctionnement en poutre. 50 % de sa valeur si les prédalles sont posées sans étai
Note : On n’applique pas dans ce cas le coefficient intermédiaire et 100 % dans le cas contraire.
correcteur x. À défaut d’un calcul plus précis, la valeur de l’effort
tranchant à l’État-Limite Ultime par unité de longueur de
B3.1.2 Moment transversal joint est donnée par l’expression :
Le moment transversal est considéré comme négligeable
lorsque les charges d’exploitation Q sont inférieures à
2 fois les charges permanentes G et que d’autre part la
fraction (1 − ψ2) Q des charges d’exploitation considérées
comme variables est au plus égale à 5 kN/m². Toutefois, avec :
dans cette limitation, ψ2 est borné supérieurement à 0,50. • G’ l’ensemble des charges permanentes G majorées
Dans le cas d’une charge répartie d’exploitation Q incluant d’une fraction du poids propre ;
des charges linéaires assimilées à une charge répartie, • Q les charges d’exploitation ;
la valeur du moment transversal à l’état ultime (MEd,y
en kN.m/ml) est fixé forfaitairement à : • k égal à 1 si Xj ≤ L / 2 ;
• k égal à 2 si Xj ≥ L avec interpolation linéaire pour les
abscisses Xj intermédiaires, Xj étant la distance du joint
à l’appui de rive (Figure B2) ;
• b la largeur de la prédalle.
B3.1.3 Effort tranchant au droit des joints
L’effort tranchant au droit des joints est négligeable lorsque
les charges sont celles définies au paragraphe B3.1.2.
Dans les autres cas, la valeur de l’effort tranchant par
unité de longueur de joint peut être prise égale à :

avec b = la largeur de la prédalle et k = 2.

e-Cahiers du CSTB - 50 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Note : Il convient de prendre également en compte l’effort
tranchant induit par la charge répartie tel que défini au
paragraphe B3.1.

B4.1.4 Effort tranchant aux appuis


L’effort tranchant déterminé en application de la résis-
tance des matériaux, dans l’hypothèse d’une dalle
isotrope, est affecté du coefficient correcteur x défini au
paragraphe B2.1.

B4.1.5 Réaction d’appui


La réaction d’appui, déterminée en application de la
résistance des matériaux, dans l’hypothèse d’une dalle
isotrope, est affectée du coefficient correcteur x défini au
paragraphe B2.1.

B4.2 Plancher portant sur 3 ou 4 lignes d’appui


Figure B2 — Distances à considérer pour le calcul de l’effort
tranchant au droit des joints Les sollicitations sont déterminées en application
des principes de la résistance des matériaux dans
B3.2.4 Effort tranchant aux appuis l’hypothèse d’une dalle pleine. La partie centrale de la
dalle peut toutefois être vérifiée suivant les prescriptions
Les efforts tranchants déterminés en application de la du paragraphe B4.1.
résistance des matériaux, dans l’hypothèse d’une dalle
isotrope sont affectés des coefficients correcteurs x et y B4.2.1 Moment longitudinal
définis au paragraphe B2.
Le moment longitudinal déterminé en application de
B3.2.5 Réaction d’appui la résistance des matériaux dans l’hypothèse d’une
dalle isotrope est affecté du coefficient x défini au
Les réactions d’appui déterminées en application de la paragraphe B2.1.
résistance des matériaux, dans l’hypothèse d’une dalle
isotrope sont affectées des coefficients correcteurs x et B4.2.2 Moment transversal
y définis au paragraphe B2.
Le moment transversal déterminé en application de la
résistance des matériaux dans l’hypothèse d’une dalle
B4. Cas de la charge concentrée linéaire isotrope est affecté du coefficient y défini au para-
d’appui graphe B2.2.
Une charge est considérée comme importante si elle est B4.2.3 Effort tranchant au droit des joints
supérieure à 5 kN/m.
À défaut de calcul plus précis, l’effort tranchant VEd,j à
B4.1 Plancher portant sur deux lignes d’appui prendre en compte par unité de longueur de joint est fixé
forfaitairement à une fraction de la charge linéique Q en
L’Annexe C de la présente section permet de déterminer fonction de la position des joints, comme indiqué sur la
les sollicitations dans une dalle isotrope dans le cas de Figure B3. Cette vérification intéresse les joints situés à
planchers pour lesquels ht ≥ 2 hp. une distance inférieure ou égale à L à partir de l’axe de
la charge :
B4.1.1 Moment longitudinal
Le moment longitudinal déterminé en application de la
résistance des matériaux avec l’hypothèse d’une dalle
isotrope est affecté du coefficient x défini au para-
graphe B2.1. avec Q la charge linéaire.
Les valeurs de k sont fournies dans le tableau B1.
B4.1.2 Moment transversal
Le moment transversal déterminé en application de la Tableau B1 — Valeurs de coefficients k
résistance des matériaux avec l’hypothèse d’une dalle
k1 k2 k3
isotrope est affecté du coefficient y défini au para-
graphe B2.2. Xj ≤ L / 2 3/2 2 2
Xj > L 2 2 2
B4.1.3 Effort tranchant au droit des joints
On interpole linéairement pour les abscisses Xj intermé-
La valeur de l’effort tranchant par unité de longueur de diaires.
joint peut être prise égale à : Note : Il convient de prendre également en compte l’effort
tranchant induit par la charge répartie tel que défini au
paragraphe B3.1.

avec Q l’intensité de la charge linéaire et k égal à 2.

e-Cahiers du CSTB - 51 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


B5.1.2 Moment transversal
Le moment transversal déterminé en application de la
résistance des matériaux dans l’hypothèse d’une dalle
isotrope est affecté du coefficient y défini au para-
graphe B2.2.

B5.1.3 Effort tranchant au droit des joints


À défaut d’un calcul plus précis, la valeur de l’effort tran-
chant à l’État-Limite Ultime est donnée par l’expression :

avec Q l’intensité de la charge linéaire et k égal à 2.


La surface de calcul du joint Ac,j est définie au para-
graphe E.3.
Note : Il convient de prendre également en compte l’effort
tranchant induit par la charge répartie tel que défini au
paragraphe B3.1.

B5.1.4 Effort tranchant


Les efforts tranchants déterminés en application de la
résistance des matériaux, dans l’hypothèse d’une dalle
Figure B3 — Positionnement pour les valeurs de k isotrope sont affectés des coefficients correcteurs x et y
définis au paragraphe B2.

B4.2.4 Effort tranchant aux appuis B5.1.5 Ancrage


Les efforts tranchants déterminés en application de la Du fait des sollicitations de torsion dans l’angle des dalles,
résistance des matériaux, dans l’hypothèse d’une dalle les efforts évalués au paragraphe précédent devront être
isotrope sont affectés des coefficients correcteurs x et y majorés de 40 % pour déterminer la réaction d’appui.
définis au paragraphe B.2.
B6. Prise en compte des liaisons
B4.2.5 Réaction d’appui
sur appuis
Du fait des sollicitations de torsion dans l’angle des dalles,
les efforts évalués au paragraphe précédent devront être Lorsque le plancher est composé de plusieurs travées,
majoré de 40 % pour déterminer la réaction d’appui. les effets de leur continuité sur appuis doivent être pris
en compte.
À défaut de méthodes de calcul plus élaborées,
B5. Cas des charges concentrées il est possible de se reporter au paragraphe 9.3
ponctuelles fixes ou mobiles de la norme NF EN 1992-1-1 avec son Annexe
nationale (NF EN 1992-1-1/NA).
B5.1 Plancher portant sur 2, 3 ou 4 lignes Note : L’attention est attirée sur les particularités suivantes
d’appui des dalles pour lesquelles le rapport des côtés est suffi-
samment voisin de 1 pour que la portance dans les deux
L’Annexe D de la présente section permet de déterminer directions soit assurée sur toute leur étendue, dans le cas
les sollicitations dans une dalle isotrope soumise à des où ces dalles sont encastrées partiellement ou totalement
charges ponctuelles. sur leurs rives :
• pour une bande porteuse donnée, la somme des
B5.1.1 Moment longitudinal valeurs absolues des moments sur appuis et en travée
est nettement supérieure au moment affectant la même
Le moment longitudinal déterminé en application de la bande lorsque la dalle est simplement appuyée sur
résistance des matériaux dans l’hypothèse d’une dalle son contour ;
isotrope est affecté du coefficient x défini au para- • les moments d’encastrement sur les petits côtés
graphe B2.1. peuvent atteindre des valeurs du même ordre que sur
les grands côtés.

e-Cahiers du CSTB - 52 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Annexe C C3. Méthode de calcul
Planchers supportant des charges
concentrées linéaires importantes C3.1 Introduction
en leur centre ou en rive Le plancher est assimilé à une dalle isotrope de grande
largeur vis-à-vis de la portée et reposant sur deux lignes
d’appuis simples.
C1. Définition
L’application de la méthode de Guyon-Massonnet permet
La présente méthode de calcul a pour but de déterminer, de connaître la répartition des moments dans les deux
de façon approchée, la répartition des efforts longitudi- sens suivant les différentes positions des charges. Les
naux et transversaux sous l’effet des charges concen- zones de ferraillage sont déterminées forfaitairement en
trées linéaires (cloisons), pour le cas des dalles larges enveloppant les courbes des moments par palier.
appuyées sur 2 côtés. Note : Les armatures nécessaires pour équilibrer les
Note 1 : Pour une détermination plus précise de la répar- moments positifs transversaux doivent être placées
tition des efforts, il y a lieu de se reporter à la théorie dans les prédalles. Pour les moments négatifs trans-
générale de ces dalles. versaux (courbes 2 des figures C2 et C4, courbe de la
Note 2 : Dans le cas de dalles appuyées sur leurs figure C8), la limitation à ct,pl.fctd / C en MPa (sous solli-
4 bords, les indications de l’Annexe D de la présente citation à l’État-Limite Ultime) de la contrainte de trac-
section peuvent être utilisées en décomposant la charge tion du béton (paragraphe 1.2.3.3) est vérifiée si M / 100
concentrée linéaire en un certain nombre de charges (M en kN.m) inférieur ou égal à ht2 (ht étant l’épaisseur
concentrées ponctuelles. totale du plancher en cm, réduite au droit des joints à
l’épaisseur du béton coulé en place). Cette règle n’est pas
applicable au voisinage du bord libre du plancher.
C2. Domaine de validité
C3.2 Prise en compte des effets de la continuité
C2.1 Cas des planchers dont l’épaisseur
Dans le cas de planchers comportant plusieurs travées
est de l’ordre de 3 fois celle de la prédalle continues, il est tout d’abord procédé à la détermination
du diagramme des moments fléchissants globaux dans
La méthode exposée ci-après est applicable aux plan-
l’ensemble du plancher considéré comme une poutre
chers dont l’épaisseur est de l’ordre de 3 fois celle de
continue soumise aux charges appliquées.
la prédalle (par exemple, 14 cm au minimum pour une
prédalle courante de 5 cm d’épaisseur) et présentant une Les effets de répartition sont ensuite déterminés en déta-
largeur 2b au moins égale à 2 fois la portée utile Leff, ce qui chant dans chacune des travées un élément de plaque
correspond à un coefficient d’entretoisement : simplement appuyé à ses deux extrémités et dont la portée
utile est égale à la distance entre points de moments nuls
du diagramme d’ensemble. Le même effet de répartition
est admis pour les moments négatifs sur les appuis de
continuité. Lorsque ces effets sont différents pour deux
travées contiguës, c’est le cas le plus défavorable qui est
considéré.
Toutefois, pour  compris entre 0,75 et 1, la méthode
est encore applicable à condition que la somme des C3.3 Efforts tranchants aux appuis
moments pris en compte pour le dimensionnement des
prédalles intéressées par la répartition soit au moins égale Les sollicitations, évaluées en prenant en compte les effets
au moment sollicitant M0. de répartition comme il est indiqué ci-dessus, doivent être
Pour le cas limite de  = 0,75, les triangles négligés des frappées des coefficients de majoration suivants :
diagrammes des moments compris entre les abscisses
relatives y / Leff = 0,75 et y / Leff = 1 (Figure C1) doivent être Tableau C1 – Coefficients de majoration
reportés sur les dalles voisines.
Charge appliquée
C2.2 Cas des planchers dont l’épaisseur
Au milieu de la dalle Au bord de la dalle
est comprise entre 2 et 3 fois
celle de la prédalle Appui libre 2,50 3,25
Appui de
Pour les planchers dont l’épaisseur est comprise entre 3,00 4,00
continuité
2 fois et 3 fois celle de la prédalle, le présent document
n’envisage que l’application de la méthode qui suit. Cette
méthode majore les moments longitudinaux de 25 %, une Une interpolation linéaire est effectuée entre les valeurs
réduction corrélative équivalente dans le sens perpendi- de ces coefficients pour une charge appliquée à une
culaire pouvant être admise. distance du bord libre de la dalle inférieure à Leff / 2.
Note : La distinction entre les planchers définis aux deux
paragraphes précédents résulte de ce que le bras de
levier de la section résistante de la prédalle ne doit pas
être affecté trop sensiblement par les joints entre les
prédalles.

e-Cahiers du CSTB - 53 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


C4. Notations
La présente annexe utilise la terminologie suivante :
- p la charge par mètre de longueur ;
- M0 le moment maximal ;
- 2b la largeur de la dalle ;
- Leff la portée utile ;
-–  le coefficient d’entretoisement défini par le rapport
b / Leff ;
- y l’abscisse de la section étudiée (en général,
abscisse du début du palier enveloppant la courbe
des moments).

C5. Charges au milieu de la dalle

Légende :
1. Bord libre
2. Bord appuyé
3. Charge par unité de longueur

Figure C1 — Charges au milieu de la dalle. Configuration et notations

e-Cahiers du CSTB - 54 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Courbe 1 - Moment longitudinal.
Moment pour une charge unité et par unité de largeur de prédalle (M = α Leff)

Courbe 2 - Moment transversal.


Moment pour une charge unité et par unité de longueur de prédalle (M =  Leff)

Figure C2 — Dalles infiniment larges (b > Leff). Charge au milieu de la dalle

Les courbes en Figure C2 donnent la répartition des


moments fléchissants unitaires dans les deux sens pour
une charge unité et dans le cas où la charge est située
au milieu du plancher, considéré infiniment large (b > Leff).
Pour la courbe 1 de la Figure C2, les paliers de l’enve-
loppe des moments résistants ont, en général, pour
largeur, la largeur des prédalles.

e-Cahiers du CSTB - 55 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


C6. Charges au bord de la dalle

Légende :
1. Bord appuyé
2. Bord libre
3. Charge p/unité de longueur
Figure C3 — Charges au bord de la dalle. Configuration et notations.

Les courbes en Figure C4 ci-après donnent la répartition


des moments fléchissants unitaires dans les deux sens
pour une charge unité, située au bord d’une dalle. Les
zones de ferraillage sont déterminées forfaitairement en
enveloppant les courbes des moments par palier.

e-Cahiers du CSTB - 56 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Courbe 1 - Moment longitudinal pour une charge unité et par unité de largeur de prédalle (M = –Leff)

Courbe 2 - Moment transversal négatif pour une charge unité et par unité de longueur de
prédalle (M = –Leff)

Figure C4 — Dalles infiniment larges (b > Leff ). Charge au bord de la dalle.

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C7. Charges proches au bord de la dalle

Légende :
1. Bord appuyé
2. Bord libre
3. Charge p/unité de longueur

Figure C5 — Charges proches du bord de la dalle. Configuration et notations.

Les courbes en Figure C6 donnent la valeur des moments


longitudinaux unitaires sous la charge (courbe A), au bord
de la dalle (courbe B), et à 2  de celui-ci (courbe C), pour
une charge unité par unité de longueur de prédalle située
à  du bord libre d’une dalle.
La Figure C7 permet de déterminer le moment transversal
positif sous la charge située à  du bord d’une dalle.
La Figure C8 donne le moment maximal négatif à une
abscisse fonction de  / Leff (voir plus loin).

e-Cahiers du CSTB - 58 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


ε P
1
C
B
A

Légende :
1. Bord de la dalle

Figure C7 — Dalles infiniment larges (b > Leff).


Légende :
Charges proches du bord de la dalle. Moment transversal
1. Bord de la dalle positif sous la charge pour une charge unité et par unité
A : Moment au droit de P de largeur de prédalle (M = Leff).
B : Moment au bord
C : Moment à 2ε du bord

Figure C6 — Dalles infiniment larges (b > Leff) . Charges


proches du bord de la dalle. Moment longitudinal pour une
charge unité et par unité de largeur de prédalle (M = Leff).

e-Cahiers du CSTB - 59 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Légende :
1. Bord de la dalle

Figure C8 — Dalles infiniment larges (b > Leff). Charges proches du bord de la dalle. Moment transversal négatif maximum
pour une charge unité et par unité de largeur de prédalle (M = Leff).

C7.1 Sollicitations longitudinales


Les zones de ferraillage sont déterminées, pour les
moments longitudinaux, par la connaissance des valeurs
des moments unitaires en trois points : au bord (B), sous
la charge (A) et à 2  du bord (C) (Figure C6).
On complète la courbe des moments définie précé-
demment par une droite à pente négative passant par
mc (moment unitaire à 2 ) et définissant une aire telle que
l’aire totale des moments unitaires soit égale au moment
sollicitant global M0.

Figure C9 — Évolution transversale des moments longitudinaux

e-Cahiers du CSTB - 60 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


C7.2 Sollicitations transversales :
zones de ferraillage
a) Sous moment transversal positif
Quelle que soit la valeur de , le moment maximal positif
sous la charge est évalué avec la courbe de la Figure C7.
Le diagramme des moments est triangulaire. La largeur
de la zone à ferrailler est prise égale à 2  sans dépasser
0,60 Leff.
b) Sous moment transversal négatif
Le moment maximal négatif est donné par la Figure C8.
Dans le cas où  > 0,30 Leff, le diagramme des moments
négatifs en rive de prédalle est le prolongement du
diagramme des moments positifs, avec limitation à la
valeur maximale donnée par la Figure C9.
Les schémas ci-dessous explicitent les diagrammes des
moments transversaux positifs et négatifs.

Courbe 1 : ε ≤ 0,30 Leff (ℓ = Leff)

Courbe 2 : ε > 0,30 Leff (ℓ = Leff)

Légende :
1. Maximum donné par la courbe de la Figure C6
2. Maximum donné par la courbe de la Figure C7

: moment positif

: moment négatif

Figure C10 — Diagramme des moments transversaux positifs et négatifs

e-Cahiers du CSTB - 61 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Annexe D L’étude des sollicitations est limitée aux points suivants :
Planchers supportant des charges • centre des panneaux de dalles, pour les moments
fléchissants et efforts tranchants ;
concentrées ponctuelles fixes
ou mobiles • milieu des lignes d’appui, pour les efforts tranchants et
réactions d’appui.
Chaque tableau de valeurs définit, par ses cotes de niveau
D1. Définition évaluées en des points répartis selon un maillage régulier,
la surface d’influence de la sollicitation étudiée au point
La méthode de calcul qui suit a pour but de déterminer − de calcul considéré, l’impact pouvant donc prendre une
de façon approchée pour certaines d’entre elles − la répar- position quelconque.
tition des sollicitations sous l’effet de charges concentrées Dans tous les cas, la charge ponctuelle est supposée
ponctuelles (impacts fixes ou mobiles), dans le cas de uniformément répartie, sur la surface d’un impact carré
dalles reposant sur des appuis linéaires, à leur périphérie.
de côté a dont le rapport à A, égal à  = a / A, détermine le
Note 1 : La présente annexe est limitée au cas des dalles tableau (ou les tableaux) dans le cas où une interpolation
reposant sur leurs 4 bords. Le cas des rives latérales entre deux valeurs de  est nécessaire à utiliser. Quatre
non supportées n’est donc pas envisagé. Cette dernière valeurs de a / A sont considérées : 0,05 ; 0,10 ; 0,15 ; 0,20.
disposition est déconseillée : il est spécialement recom-
Afin de faciliter les interpolations pour les valeurs inter-
mandé de l’éviter pour les planchers supportant des
médiaires de  et des positions d’impacts ne correspon-
charges roulantes importantes.
dant pas aux points de repères des tableaux, les lignes
Note 2 : Dans le cas contraire, la détermination des sollici- d’influence des sollicitations dans des bandes parallèles
tations − qui se trouvent considérablement accrues dans ou perpendiculaires aux lignes d’appui − obtenues en
les zones voisines des rives non supportées − doit faire pratiquant des coupes suivant les axes Ou et Ov dans
l’objet de calculs précis, tant pour ce qui est des sollicita- les surfaces d’influence − sont reproduites dans les
tions principales que des efforts de répartition (on peut se Figures D20 à D23. Le diagramme de variation, en fonc-
reporter notamment aux surfaces d’influence de Pücher). tion de , de la sollicitation considérée pour une charge
Note 3 : Lorsque les dalles sont supportées par des appliquée au point de calcul (u = v = 0), est également
nervures, l’attention est également attirée sur la nécessité tracé.
de cumuler les sollicitations déterminées conformément Dans le cas d’un impact rectangulaire de côtés b et c
aux prescriptions de la présente annexe et celles dues à (b > c), il est possible de lui substituer un impact carré
la répartition des efforts entre nervures, quand celle-ci est de côté a tel que lorsque le rapport b/c < 2. Dans
assurée par la dalle. les autres cas, il est possible de décomposer l’impact
réel en impacts élémentaires satisfaisant à la condition
D2. Domaine de validité précédente.
Les tableaux de valeurs sont établis pour une charge
La méthode exposée ci-après est applicable aux plan- ponctuelle Q égale à 1 000 daN : ils fournissent les
chers définis au paragraphe C2.1 de l’Annexe C de la valeurs des sollicitations unitaires, c’est-à-dire relatives à
présente section. une bande de 1 m de largeur.
Dans les autres cas, la réduction locale de l’inertie du L’ensemble des tableaux de valeurs et lignes d’influence
plancher, à l’aplomb des joints entre prédalles, conduit à sont reproduits sur la base A = 20 m, afin de pouvoir y
un moindre effet de répartition. Le calcul pourrait alors être reporter à l’échelle si nécessaire, les systèmes de charge
mené en admettant la création d’une articulation au droit à considérer.
de ces joints. Toutefois, la présente méthode de calcul
Note : C’est notamment le cas pour les impacts multiples.
peut encore être appliquée, à défaut de justifications plus
L’échelle du tracé est donc fixée par le rapport entre la
précises, en majorant de 25 % les sollicitations (moments
base ci-dessus et la dimension correspondante réelle de
fléchissants, efforts tranchants et réactions d’appui) qui
la dalle.
affectent les bandes porteuses parallèles aux joints, une
réduction corrélative équivalente dans le sens perpendi-
culaire pouvant être admise. D4. Moments fléchissants

D3. Méthode de calculs D4.1 Cas des dalles simplement appuyées


sur leurs rives
Les tableaux de valeurs des Figures D4 à D19 ont été
établis à partir de calculs basés sur la théorie des plaques Les tableaux de valeurs et lignes d’influence fournissent
développées par Timoshenko. Ces calculs ont porté sur les moments fléchissants au centre des panneaux de
les plaques simplement appuyées sur leur pourtour, deux dalle :
types de dalles étant considérées :
• dans le sens porteur principal, selon lequel les prédalles
• dalle carrée, de côté A ; sont disposées : MA (Figures D4 à D7 et D20 pour
• dalle rectangulaire, dont le rapport des côtés A et B est B / A = 1 ; Figures D12 à D15 et D21 pour B / A ≥ 2) ;
égal à 2 : B = 2 A. • dans le sens perpendiculaire (flexion transversale due
Pour les dalles rectangulaires dont le rapport des côtés aux effets de répartition) : MB (Figures D4 à D7 et D20
est compris entre 1 et 2, les calculs peuvent être effectués pour B / A = 1 ; Figures D12 à D15 et D22 pour B / A ≥ 2).
par interpolation linéaire entre les résultats trouvés dans Les valeurs données sont des moments de calculs de
les deux cas ci-dessus. ferraillage, évalués avec un coefficient de Poisson égal à
Par ailleurs, dans les conditions d’utilisation définies 0,15 et en prenant en compte les moments de torsion Muv
ci-après, les tableaux de valeurs relatifs au cas où B = 2 A conformément aux errements habituels :
peuvent être utilisés pour des dalles rectangulaires dont
le rapport des côtés est supérieur à 2.

e-Cahiers du CSTB - 62 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Pour un rapport donné, les tableaux de valeurs et lignes D4.2.2 Dalles rectangulaires dont le rapport
d’influence sont à lecture directe : les résultats relevés des côtés est au moins égal à 2
sont les moments unitaires exprimés en kN.m/ml pour une
charge concentrée de 10 kN. a) Évaluation des moments fléchissants dans le sens
porteur principal (MA)
D4.2 Cas des dalles encastrées totalement
Les calculs sont effectués en détachant tout d’abord de
ou partiellement sur leurs lignes d’appui chaque panneau de dalle un élément de bande centrale
traité comme une poutre et en y déterminant les sollici-
Ces encastrements peuvent ne régner que sur certaines
tations maximales, c’est-à-dire les moments extrêmes
des lignes d’appui. À défaut de calculs plus précis, les
en travée et sur les appuis, compte tenu des liaisons
méthodes de dimensionnement exposées ci-après sont
effectives sur ces derniers.
utilisées.
Note : Dans le cas le plus courant de panneaux de dalles
D4.2.1 Dalles rectangulaires dont le rapport accolés, la bande centrale découpée se comporte donc
comme une poutre continue sur appuis. L’enveloppe des
des côtés est inférieur à 2 moments fléchissants est déterminée à partir des lignes
d’influence correspondantes, en tenant compte de la
Pour l’évaluation des moments MA et MB, les calculs de
position la plus défavorable des charges pour chaque
ces dalles sont effectuées sur la base des efforts qui s’y
section de calcul.
développeraient si elles étaient articulées sur leur contour,
comme au paragraphe D4.1 ci-dessus. Les moments L’effort d’étalement des efforts dû au fonctionnement en
fléchissants maximaux, en travée, ainsi que les moments plaque est conventionnellement pris égal, tant en ce qui
d’encastrement sur les rives, peuvent ensuite être évalués concerne les moments positifs que les moments néga-
conformément aux errements habituels. tifs, à celui qui serait obtenu au centre d’un panneau de
dalle de portée utile  Leff simplement appuyé sur ses
Note : L’attention est attirée sur les particularités suivantes
rives, les charges étant placées dans la position la plus
des dalles pour lesquelles le rapport des côtés est
défavorable pour ce dernier cas.
suffisamment faible pour que la portance dans
les deux directions soit assurée sur toute leur La portée utile  Leff est la distance entre points de
étendue, dans le cas où ces dalles sont encas- moment nul de la courbe des moments correspondant au
trées partiellement ou totalement sur leurs rives : cas de charge réparti considéré. À défaut d’une évalua-
tion précise de cette distance, il est possible de prendre
• pour une bande porteuse donnée, la somme des
 égal à 0,85 pour une travée de rive et  égal à 0,5 pour
valeurs absolues des moments sur appuis et en travée
une travée centrale. II est ainsi possible de déterminer le
est nettement supérieure au moment affectant la même
coefficient d’étalement :
bande lorsque la dalle est simplement appuyée sur son
contour ;
• les moments d’encastrement sur les petits côtés
peuvent atteindre des valeurs du même ordre que sur
les grands côtés.

Vue en plan Coupe C-C

Légende :
1. Lignes d’appui

2. Enveloppe des moments

3. Diagramme des moments pour le cas de charges considéré

Figure D1 — Évaluation des moments fléchissants dans le sens porteur principal (MA).

e-Cahiers du CSTB - 63 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


avec : Note 3 : Au centre de la dalle, les calculs conduisent à un
• MA le moment maximal au centre de la dalle résultant effort tranchant TA nul lorsque l’impact est appliqué sur
du calcul ci-dessus effectué en utilisant les tableaux de l’axe Ov, notamment en O (se reporter au croquis suivant).
valeurs 7, 9, 11 ou 13 ; Dans ce dernier cas, c’est donc la valeur des sollicitations
unitaires sur le bord de l’impact qui est prise en considé-
• MQ le moment au même point et sous les mêmes ration. De plus, un certain écrêtement des efforts a été
charges, dans une bande isolée de même portée utile admis, ainsi qu’il est indiqué ci-après.
et de même largeur, simplement appuyée à ses extré-
mités. Les valeurs des efforts tranchants unitaires sont plafonnées
à Q / 4a (correspondant à TA ∙ a = 250 dans les tableaux).
L’enveloppe des moments fléchissants dans la dalle est Note 4 : En effet, les calculs effectués ont montré que,
donc obtenue par réduction homothétique de l’enveloppe sur le bord d’un impact disposé en un point quelconque
relative à la poutre continue, dans les rapports de 1 à ke. d’une dalle, l’effort tranchant n’excède que très locale-
Lorsque les deux panneaux adjacents sont de portées ment la valeur ci-dessus. Du fait de l’effet de masse, il n’y
utiles  Leff différentes, les moments fléchissants sur a pas lieu de prendre en compte ces pointes d’effort tran-
leur appui commun sont affectés de la valeur la plus chant unitaire − qui ne dépassent pas la valeur moyenne
défavorable de ke. de plus de 30 %, et seulement pour des charges proches
Les valeurs des sollicitations ainsi déterminées sont géné- de l’appui (5 à 10 % au centre des dalles) − s’agissant
ralement considérées sur toute l’étendue des panneaux de s’assurer du maintien de la liaison, vis-à-vis du glisse-
de dalles, y compris dans les zones voisines des appuis ment, entre la prédalle et le béton coulé en place.
latéraux. Note 5 : Lorsque les charges sont situées au voisinage
b) Évaluation des moments transversaux dus aux effets de l’appui, il est également possible de tenir compte des
de répartition (MB) possibilités de transmission directe, au moins partielle, à
Ces moments fléchissants peuvent être déterminés par ce dernier. Dans le cas présent, elles ont été prises en
utilisation directe des tableaux de valeurs 8, 10, 12 ou 14, considération quand la distance du bord de l’impact à
sans aucune réduction. l’appui est inférieure à a.
Lorsque la dalle est totalement ou partiellement encastrée De plus, en ce qui concerne l’effort tranchant à l’appui, un
sur les appuis latéraux, il est pris en compte, à l’aplomb certain écrêtement de cette sollicitation − dont la variation
de ces derniers, un moment négatif au moins égal : est rapide le long de la ligne d’appui lorsque la charge
s’approche de celui-ci − est admissible (se reporter au
• à la valeur du moment négatif maximal affectant le ou dernier commentaire du paragraphe D6.1 ci-après).
les appuis orthogonaux, dans le cas où la dalle est tota-
lement ou partiellement encastrée sur ceux-ci ; Cet écrêtement a donc été pris en compte dans l’élabora-
tion des tableaux de valeurs.
• en valeur absolue, au moment positif maximum MB en
zone courante de la dalle, dans le cas contraire.

D5. Efforts tranchants

D5.1 Cas des dalles simplement appuyées


sur leurs rives
Les tableaux de valeurs et lignes d’influence permettent
l’évaluation des efforts tranchants TA, c’est-à-dire dans le
sens porteur principal pour les dalles rectangulaires (sens
de la plus faible portée utile A) :
• au centre des panneaux de dalles (Figures D8 à D11
et D23) ;
Note 1 : Les tableaux de ces figures sont données pour
B / A = 1, mais sont également utilisables pour B / A > 1,
en substituant à la dalle réelle une dalle carrée de côté A.
• au milieu des lignes d’appui (Figures D16 à D19 et D23).
Note 2 : Les tableaux de ces figures sont données
pour B / A ≥ 2, mais sont également utilisables pour
1 < B / A < 2, en substituant à la dalle réelle une dalle Figure D2 — Évaluation de l’effort tranchant TA
rectangulaire de côté B’ et A avec B’ = 2A.
Les valeurs données, exprimées en kN, pour une charge La vérification relative au poinçonnement (se reporter au
concentrée Q de 10 kN, sont égales à TA ∙ a, a étant paragraphe 2.4 de la présente section) couvre donc celle
exprimé en mètres. Les efforts tranchants unitaires TA, relative à l’effort tranchant dans le cas d’un impact unique ou
exprimés en kN/ml sont donc obtenus à partir de ces d’impacts multiples mais éloignés − à l’échelle de la plaque −
valeurs, corrigées pour tenir compte de la dimension les uns des autres. Dans le cas contraire, il y a lieu de
réelle de l’impact. considérer des cumuls d’efforts qui peuvent être obtenus
par utilisation des tableaux de valeurs et lignes d’influence
Les valeurs inscrites entre parenthèses sont des valeurs
fournis.
approchées ne résultant pas directement des calculs
effectués.

e-Cahiers du CSTB - 64 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Note 6 : Toutefois, les calculs effectués ont montré que, C’est ainsi que, quand l’impact vient au contact de la ligne
pour ce qui est des efforts tranchants, l’influence d’un d’appui, la valeur calculée de la réaction unitaire n’est que
impact n’est sensible qu’à faible distance de celui- peu supérieure à la moitié de la valeur maximale ; elle
ci. C’est la raison pour laquelle il n’a pas paru utile de correspond à la réaction unitaire moyenne régnant sur une
reproduire les tableaux de valeurs relatives : longueur de l’ordre de 2 a mesurée selon la ligne d’appui.
• d’une part, à l’effort tranchant au centre des dalles En effet, l’évaluation des réactions d’appui est
dont le rapport des côtés est égal ou supérieur à 2 : les nécessaire pour la vérification communément désignée
résultats donnés pour B / A = 1 sont utilisables dans par « Ancrage de l’effort tranchant », la réaction d’appui
tous les cas ; devant être substituée à l’effort tranchant dans le cas
• d’autre part, à l’effort tranchant TB dans le sens perpen- particulier des dalles. Pour ce calcul, il n’y a pas lieu de
diculaire au sens porteur principal : la connaissance considérer la valeur maximale de la réaction unitaire,
de cette sollicitation serait nécessaire pour pouvoir lorsque la charge est proche de l’appui.
procéder au cumul vectoriel des efforts TA et TB. Cepen-
dant, ces derniers ne résultant que des effets des Cette réaction, qui est alors trop localisée, ne peut
charges appliquées hors du point de calcul, toujours solliciter effectivement les armatures ancrées à l’appui,
faibles, ils peuvent être négligés. avec toute son intensité : un certain étalement des efforts
doit donc nécessairement être admis.
Le signe de l’effort tranchant au centre d’une plaque varie
en fonction de la position de l’impact par rapport aux
divers quadrants délimités par les axes Ou et Ov : il est
indiqué sur les Figures D8 à D11.
Lorsque l’effort tranchant à l’appui est supérieur à l’effort
tranchant au centre de la dalle, la loi de variation entre
ces deux valeurs extrêmes est supposée linéaire. Cette
enveloppe des efforts est conservée sur toute l’étendue
de la dalle, jusqu’à ses rives latérales.

D5.2 Cas des dalles encastrées totalement


ou partiellement sur leurs lignes d’appui
Les efforts tranchants, évalués comme dans le cas précé-
dent, doivent être majorés de 25 % au voisinage de
chaque ligne d’appui intéressée, dans une bande bordant
cette dernière et de largeur au moins égale au 1/5e de la
portée utile A de la dalle.

D6. Réactions d’appui


Pour une plaque, la répartition des réactions d’appui sur
ses supports diffère de celle des efforts tranchants, du
fait des sollicitations de torsion qui se traduisent par une
tendance au soulèvement des angles de la dalle.

D6.1 Cas des dalles simplement appuyées


sur leurs rives
Figure D3 — Répartition de la réaction unitaire le long
Les tableaux de valeurs et lignes d’influence relatives à de la ligne d’appui pour diverses positions de l’impact
l’effort tranchant au milieu des lignes d’appui peuvent
encore être utilisés, sous réserve de majorer les résultats
obtenus de 40 %.
D6.2 Cas des dalles encastrées totalement
ou partiellement sur leurs lignes d’appui
Note : Pour déterminer la réaction la plus défavorable,
il y a lieu de placer l’impact − ou l’un des impacts Les réactions d’appui, évaluées comme dans le cas
dans le cas d’un système de charges − comme il précédent, doivent être majorées de 10 %.
est indiqué dans l’exemple traité au paragraphe D5.1,
positions (1) (Figure D2).
Toutefois, le mode d’évaluation retenu conduit à un écrête-
ment de la réaction d’appui lorsque le centre de la charge
est à une distance du point de mesure inférieure à 1,5 a.

e-Cahiers du CSTB - 65 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Figure D4 — Sollicitations au centre de la dalle (O) pour une charge de 10 kN ; B / A = 1 et  = 0,05.

e-Cahiers du CSTB - 66 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Figure D5 — Sollicitations au centre de la dalle (O) pour une charge de 10 kN ; B / A = 1 et  = 0,10.

e-Cahiers du CSTB - 67 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Figure D6 — Sollicitations au centre de la dalle (O) pour une charge de 10 kN ; B / A = 1 et  = 0,15.

e-Cahiers du CSTB - 68 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Figure D7 — Sollicitations au centre de la dalle (O) pour une charge de 10 kN ; B / A = 1 et  = 0,20.

e-Cahiers du CSTB - 69 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


TA x a en kN u/A
B
0.50

0.02 0.03 0.03 0.04 0.05 0.07 0.07 0.08 0.09 0.40

0.02 0.04 0.05 0.06 0.08 0.10 0.11 0.12 0.14 0.35

0.03 0.04 0.06 0.08 0.11 0.13 0.16 0.18 0.17 0.30

0.03 0.05 0.07 0.10 0.13 0.17 0.21 0.24 0.24 0.25

0.03 0.05 0.07 0.11 0.15 0.20 0.27 0.32 0.36 0.20

0.03 0.05 0.07 0.10 0.15 0.23 0.33 0.44 0.51 0.15

0.02 0.04 0.06 0.09 0.14 0.22 0.37 0.61 0.73 0.10

0.01 0.02 0.03 0.05 0.08 0.15 0.31 0.79 1.54 0.05

0.01 0.01 0.02 0.02 0.03 0.06 0.20 1.20 2.50 0.00
v/B 0.50 0.40 0.35 0.30 0.25 0.20 0.15 0.10 0.05 0

Figure D8 — Sollicitations au centre de la dalle (O) pour une charge de 10 kN ; B / A = 1 et  = 0,05.


Ce tableau de valeur peut également être utilisé pour B / A > 1.

TA x a en kN u/A
B
0.50

0.03 0.04 0.06 0.08 0.10 0.13 0.14 0.15 0.16 0.40

0.04 0.07 0.09 0.12 0.16 0.19 0.22 0.24 0.24 0.35

0.05 0.08 0.12 0.16 0.21 0.26 0.31 0.35 0.37 0.30

0.06 0.09 0.14 0.19 0.26 0.33 0.41 0.48 0.50 0.25
A

0.06 0.10 0.14 0.21 0.29 0.40 0.53 0.63 0.67 0.20

0.05 0.09 0.14 0.20 0.30 0.45 0.65 0.87 0.97 0.15

0.04 0.07 0.11 0.17 0.27 0.44 0.75 1.24 1.54 0.10

0.02 0.03 0.06 0.10 0.16 0.28 0.60 1.68 2.50 0.05

0.02 0.03 0.06 0.10 0.16 0.28 0.60 2.50 2.50 0.00
v/B 0.50 0.40 0.35 0.30 0.25 0.20 0.15 0.10 0.05 0

Figure D9 — Sollicitations au centre de la dalle (O) pour une charge de 10 kN ; B / A = 1 et  = 0,10.


Ce tableau de valeur peut également être utilisé pour B / A > 1.

e-Cahiers du CSTB - 70 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Figure D10 — Sollicitations au centre de la dalle (O)
pour une charge de 10 kN ; B / A = 1 et  = 0,15. Ce tableau de valeur peut également être utilisé pour B / A > 1.

Figure D11 — Sollicitations au centre de la dalle (O) pour une charge de 10 kN ; B / A = 1 et  = 0,20.
Ce tableau de valeur peut également être utilisé pour B / A > 1.

e-Cahiers du CSTB - 71 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Figure D12— Sollicitations au centre de la dalle (O) pour une charge de 10 kN ; B / A ≥ 2 et  = 0,05.

e-Cahiers du CSTB - 72 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Figure D13 — Sollicitations au centre de la dalle (O) pour une charge de 10 kN ; B / A ≥ 2 et  = 0,10.

e-Cahiers du CSTB - 73 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Figure D14 — Sollicitations au centre de la dalle (O) pour une charge de 10 kN ; B / A ≥ 2 et  = 0,15.

e-Cahiers du CSTB - 74 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Figure D15 — Sollicitations au centre de la dalle (O) pour une charge de 10 kN ; B / A ≥ 2 et  = 0,20.

e-Cahiers du CSTB - 75 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Figure D16 — Effort tranchant maximal à l’appui (O) pour une charge de 10 kN ; B / A ≥ 2 et  = 0,05.
Ce tableau de valeur peut être utilisé pour 1 ≤ B/A < 2.

e-Cahiers du CSTB - 76 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Figure D17 — Effort tranchant maximal à l’appui (O) pour une charge de 10 kN ; B / A ≥ 2 et  = 0,10.
Ce tableau de valeur peut être utilisé pour 1 ≤ B / A < 2.

e-Cahiers du CSTB - 77 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Figure D18 — Effort tranchant maximal à l’appui (O) pour une charge de 10 kN ; B / A ≥ 2 et  = 0,15.
Ce tableau de valeur peut être utilisé pour 1 ≤ B/A <2.

e-Cahiers du CSTB - 78 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Figure D19 — Effort tranchant maximal à l’appui (O) pour une charge de 10 kN ; B / A ≥ 2 et  = 0,20.
Ce tableau de valeur peut être utilisé pour 1 ≤ B / A < 2.

e-Cahiers du CSTB - 79 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Figure D20 — Sollicitations MA et MB (en kN.m/m) au centre de la dalle, avec B / A = 1, pour une charge de 10 kN appliquée
sur les axes Ou et Ov (se reporter aux Figures D4 à D7). En médaillon, cas de la charge au centre (u = v = 0).
F — t M m t l A
a k e e ( r e o
u =

e-Cahiers du CSTB - 80 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Figure D21 — Sollicitations MA (en kN.m/m) au centre de la dalle, avec B / A ≥ 2, pour une charge de 10 kN
appliquée sur les axes Ou et Ov (se reporter aux premiers tableaux relatifs à MA des Figures D12 à D15).
En médaillon, cas de la charge au centre (u = v = 0).

e-Cahiers du CSTB - 81 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Figure D22 — Sollicitations MB (en kN.m/m) au centre de la dalle, avec B/A ≥ 2, pour une charge de 10 kN appliquée
sur les axes Ou et Ov (se reporter aux deuxièmes tableaux reltifs à MB des Figures D12 à D15).
En médaillon, cas de la charge au centre (u = v = 0).

e-Cahiers du CSTB - 82 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Figure D23 — Efforts tranchants TA x a (en kN) à l’appui (se reporter aux Figures D16 à D19) et au centre de la dalle
(se reporter aux Figures D8 à D11) avec B / A = 1 (partie droite du présent graphe) et B / A ≥ 2
(partie gauche du présent graphe), pour une charge de 10 kN appliquée sur l’axe Ou

e-Cahiers du CSTB - 83 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Annexe E
Planchers à prédalles épaisses

E1. Domaine d’application


La présente annexe définit les dispositions constructives
et les armatures à disposer au voisinage des joints entre
prédalles en fonction de leur typologie.

E2. Sollicitations
Les sollicitations sont déterminées suivant l’Annexe B de
la présente section.

E3. Dimensionnement des joints


entre prédalles
Les moments transversaux et les efforts tranchants sont
repris au droit des joints par la section de béton armé
constituée par la partie coulée en œuvre qui doit être
armée en conséquence par les armatures formant couvre-
joint et assurant, en collaboration avec le béton coulé en
œuvre, le rôle d’armature de couture. Les armatures de
couture verticales, lorsqu’elles sont nécessaires, sont
ancrées dans les prédalles le long des bords à moins de
10 cm des joints.
Note : Les armatures destinées à reprendre les moments
transversaux au droit du joint peuvent être prises en
compte comme armatures horizontales de couture du
joint.

Figure E1 — Définition de la longueur de calcul d’un joint Ij (cas de la charge linéique ou ponctuelle)

Figure E2 — Définition de la hauteur efficace du joint hj (joint rugueux à gauche et joint à clef à droite)

e-Cahiers du CSTB - 84 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


avec :
• ho l’épaisseur du béton coulé en œuvre sur les prédalles ;
• hr la hauteur de la partie rugueuse du joint ;
• hj la hauteur efficace du joint :
- hj = ho pour les joints à bord franc vertical,
- hj = ho + hr / 2 pour les joints à bord franc incliné,
- hj = ho + hr / 2 pour les joints rugueux,
- hj = ho + hr pour les joints clefs ;
• l la longueur de la charge linéique ou ponctuelle
parallèlement au joint ;
• lj la longueur du joint intéressée par la charge :
- cas de la charge répartie : lj = longueur totale du joint,
- cas de la charge linéique ou ponctuelle : lj = l + 2 a
+ hj ;
- Ac,j la surface de joint intéressée par la charge définie
de la manière suivante : .

E3.1 Joint à bord franc


Les joints à bord franc ne sont autorisés que dans le cas
où l’épaisseur de la prédalle est inférieure aux 2/3 de
l’épaisseur ht du plancher fini.

Figure E3 — Exemples de joint à bord franc

Il y a lieu de disposer, sur la distance lj, des armatures de Dans les autres cas, des armatures de couture verticales
couture horizontales dans la partie coulée en œuvre dont sont nécessaires : leur section As,C est déterminée à
la section As,j est égale à : l’État-Limite Ultime pour reprendre l’effort tranchant au droit
du joint, leur section minimale étant de 0,5 cm² par mètre
linéaire de longueur de prédalle. Elles sont constituées
en pratique par un treillis raidisseur, par des grecques de
couture disposées comme indiqué en Figure E4 ou par
tout système d’armatures équivalent. Elles sont ancrées
dans le béton des prédalles et dans le béton coulé en
Aucune armature de couture verticale n’est à disposer œuvre d’épaisseur ho.
lorsque l’épaisseur du plancher est au moins égale à
2 fois l’épaisseur de la prédalle ou lorsque les deux Soit :
conditions suivantes sont respectées :
• les charges, permanentes ou variables, sont assimi-
lables à des charges réparties ;
• la charge d’exploitation est inférieure ou égale à
5 kN/m².
avec :
• fyd la limite d’élasticité de calcul de l’acier de béton armé
défini de la manière suivante : fyd = fyk / s ;
• fyk la limite caractéristique d’élasticité de l’acier de
béton armé ;
• VEd,j l’effort tranchant sollicitant le joint à l’État-Limite
Ultime.

e-Cahiers du CSTB - 85 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Figure E4 — Exemples d’armatures de couture

E3.2 Joint rugueux La résistance de calcul au cisaillement du joint vRd est


pondérée d'un facteur 2/3 dans le cas de sollicitations
Un joint est considéré comme « rugueux » si les condi- dues à des charges à caractère dynamique.
tions géométriques suivantes sont respectées :
Dans le cas où vEd est supérieur à vRd, il y a lieu de
• l’ouverture horizontale supérieure fait au moins 40 mm disposer, sur la distance lj, des armatures de couture
de largeur ; horizontales dans la partie coulée en œuvre dont la
• la partie rugueuse est verticale et présente une rugosité section Ac est égale à (Figure E4) :
de profondeur au moins égale à 3 mm ;
• la hauteur rugueuse hr est au moins égale aux 2/3 de
l’épaisseur de la prédalle ;
• le becquet inférieur fait au moins 30 mm de hauteur.
avec :
- µ le coefficient de rugosité pris égal à 0,7 ;
- e la distance de l’axe de l’armature à la face supé-
rieure du plancher.
Aucune armature de couture verticale n’est à disposer
lorsque l’épaisseur du plancher est au moins égale à
deux fois l’épaisseur de la prédalle ou lorsque les deux
conditions suivantes sont respectées :
Figure E5 — Exemple de joint rugueux • la charge d’exploitation est assimilable à une charge
répartie inférieure ou égale à 5 kN/m² ;
Aucune armature horizontale de couture du joint autre •
que celle à laquelle conduit le pourcentage minimal n’est
à disposer si :

Note : Cette vérification implique de réaliser, en même


temps et avec le même béton, le remplissage des joints
et le coulage du béton sur les prédalles.
Dans le cas contraire, il y a lieu de disposer sur la distance
avec :
lj des armatures de couture verticales dont la section As,c
• VEd,j l’ effort tranchant sollicitant le joint à l’État-Limite est égale à :
Ultime ;
• Ac,j la surface de calcul du joint définie ci-avant ;
• vRd la résistance de calcul au cisaillement du joint à l’État-
Limite Ultime, dont la valeur est déterminée conformé-
ment au paragraphe 6.2.5 de la norme NF EN 1992-1-1
et son Annexe nationale (NF EN 1992-1-1/NA) pour le
cas « surface rugueuse ».

e-Cahiers du CSTB - 86 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


E3.3 Joint-clef
Un joint-clef doit vérifier les conditions géométriques
suivantes :
- l’ouverture supérieure horizontale fait au moins 30 mm
de largeur ;
- la section mécanique utile (section S définie à la
Figure E6) ne doit pas être inférieure à 20 cm² ;
- il doit être possible de relier les faces d’appui
opposées des deux éléments adjacents par des
bielles à 45° ;
- la hauteur utile hu s’arrête en partie basse quand la
largeur du joint ne fait plus que 20 mm de largeur ;
• les becquets non armés formés par les faces latérales
de deux éléments adjacents, becquets soumis à des
flexions, doivent présenter les dimensions minimales
ci-après :
- becquet supérieur : hauteur à la naissance hs ≥ 35 mm,
- becquet inférieur : hauteur à la naissance hi ≥ 45 mm.

Figure E6 — Dimensions minimales du joint-clef

Figure E7 — Exemples de joint-clef

Les joints-clef sont obligatoires dans les prédalles des


planchers pour lesquels l’épaisseur de la prédalle est
égale ou supérieure aux 2/3 de l’épaisseur du plancher
fini.
Le calcul du joint (taux de cisaillement et armatures) est
mené comme pour celui du joint rugueux en prenant ses
propres caractéristiques géométriques.

E3.4 Joint avec armature de répartition


en recouvrement
Dans le cas des planchers dont l’épaisseur est de l’ordre
de 3 fois celle de la prédalle (par exemple, 14 cm au
minimum pour une prédalle courante de 5 cm d’épaisseur),
aucune vérification particulière n’est nécessaire, hormis le
recouvrement des armatures.
Dans les autres cas, les vérifications sont réalisées comme
indiqué au paragraphe E3.1 pour les joints à bords francs.

e-Cahiers du CSTB - 87 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Annexe F La présente annexe concerne les planchers à prédalles
suspendus dans lesquels :
Planchers à prédalles suspendues
- l’épaisseur nominale des prédalles n’est pas
inférieure à 50 mm ;
F1. Objet - l’épaisseur de la prédalle est inférieure ou égale
à la moitié de l’épaisseur totale du plancher ;
Cette annexe traite des dispositions à prendre pour la
conception et la réalisation du nœud d’appui entre un • l’encombrement vertical des attentes hat est au moins
plancher composite, réalisé dans les cas courants à l’aide égal à 50 mm.
de prédalles en béton précontraint ou en béton armé et Les planchers à prédalles peuvent être suspendus sur
un support vertical (voile, poutre allège ou paroi enterrée une ou sur deux extrémités.
avec une face coffrée) coulé préalablement jusqu’à un Les planchers à prédalles suspendus sont générale-
niveau supérieur à celui du plancher et intégrant des arma- ment réalisés en intégrant des boîtes d’attentes dans les
tures en attente pour assurer la liaison. Les appuis sont éléments porteurs.
alors dits « suspendus ». Ce type de condition d’appui
nécessite la prise en compte de dispositions particulière- Note 1 : Il est également possible de remplacer les boîtes
ment précises et rigoureuses pour garantir la pérennité de d’attentes par des armatures ancrées par scellement
la liaison et, par conséquent, celle des bâtiments. a posteriori dans les éléments porteurs. Les attentes
des voiles peuvent également être réalisées avec des
La coordination des études est indispensable entre le coupleurs.
bureau d’études structures et celui du préfabricant de
prédalles. La classe du béton coulé en place est au moins C25/30.
À tout moment, il doit être gardé à l’esprit de tous les Les boîtes d’attentes doivent être certifiées NF AFCAB
intervenants que le point essentiel d’une telle disposition ou équivalent.
est la rigueur de sa mise en œuvre. Note 2 : Dans l’attente de la mise en place effective de
Un contrôle visuel avant coulage doit être réalisé par le cette certification, le fournisseur des boîtes d’attentes
responsable chargé de l’exécution (voir modèle de fiche devra apporter la preuve de conformité aux exigences du
d’auto-contrôle en Annexe C de la Section C). référentiel de certification.
Les tolérances de fabrication des prédalles et celles La présente annexe traite :
d’exécution du plancher sont prises en compte pour • des boîtes d’attentes comportant deux rangées
déterminer les dispositions constructives à retenir pour la d’armatures disposées dans un même support de
conception du nœud d’appui. boîte (Figure F1) ;
Les tolérances de position verticale des boîtes d’attentes
par rapport à la sous-face du plancher sont généralement
prises égale à :
• ± 15 mm (tolérance fine) ;
• ou ± 25 mm (tolérance courante).
La prise en compte de ces tolérances conduit à une
épaisseur minimale de plancher de 17 cm.
Note : D’autres tolérances peuvent être considérées
dans la mesure où elles sont intégrées dans les calculs.
Un accroissement des tolérances peut entraîner une
augmentation de l’épaisseur du plancher.

F2. Domaine d’application Figure F1 — Exemple de boîte d’attentes comportant deux


rangées d’armatures disposées dans un même support
Cette annexe s’applique aux dalles de planchers
composites de tous les planchers intermédiaires et de • des boîtes d’attentes comportant deux rangées
toitures-terrasses de bâtiments (logements collectifs, d’armatures, chaque rangée étant disposée dans un
bureaux, industriels, stockages, établissements publics support de boîte (Figure F2). L’élément en béton formé
tels que écoles, hôpitaux, etc.), se comportant de façon entre les deux supports doit être éliminé avant coulage
monolithique après durcissement du béton coulé en du plancher ;
place, confectionnées à partir de bétons de granulats
courants. Ce monolithisme est obtenu par l’adhérence
entre l’élément préfabriqué et la table de compression
avec ou sans armatures de liaison.
Les différents types de dalles de planchers concernés
sont les dalles composites pleines réalisées avec des
prédalles en béton armé ou précontraint, avec ou sans
treillis raidisseur, fabriquées en usine fixe. Les prédalles
sont munies de suspentes et ne comportent pas d’arma-
tures longitudinales dépassant aux abouts.

Figure F2 — Exemple de boîte d’attentes comportant


une rangée d’armatures disposées chacune dans un support

e-Cahiers du CSTB - 88 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Suspente fermée avec brin supérieur de l’attente
Suspente fermée et avec brin supérieur de l’attente
au-dessus des filants de renfort (sans toutefois dépasser
au-dessous des filants de renfort
le niveau du retour horizontal de la suspente)

Suspente en U avec brin supérieur de l’attente au-dessus


Suspente en U avec brin supérieur de l’attente
des filants de renfort (sans toutefois dépasser le niveau
au-dessous des filants de renfort
du retour horizontal de la suspente)

Solution pour le cas particulier des planchers épais – Solution pour le cas particulier des planchers épais –
Rehausse de suspente avec un cadre fermé Rehausse de suspente avec un U
Figure F3 — Exemples de principes de ferraillage pour un plancher à prédalles suspendu.

Note 3 : La suspente peut être prolongée en partie


supérieure par un cadre ou un U en rehausse avec un
recouvrement effectif vertical. L’ensemble est appelé
« suspente » dans la suite du présent document.
Note 4 : Dans la suite du document, la solution avec
suspentes en forme de cadre fermé est souvent
représentée par défaut sans que cela constitue un choix
qualitatif.
Ne sont pas visés :
• les éléments formant seulement coffrage de dalle ou
de hourdis pendant la construction ; la résistance de la
dalle étant, dans ce cas, assurée par la partie de béton
armé coulée sur la prédalle ;
• les planchers-dalles sur appuis ponctuels.

e-Cahiers du CSTB - 89 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


F3. Symboles et définitions

F3.1 Symboles

Figure F4 — Schémas des symboles utilisés

e-Cahiers du CSTB - 90 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Tableau F1 - Terminologie utilisée dans cette annexe

Symbole Correspondance
s Diamètre de la suspente
hs,p Encombrement vertical de la suspente avant redressage
hs Encombrement vertical de la suspente après redressage
st Espacement des suspentes
Hauteur de la boîte d’attentes (lorsqu’une boîte d’attentes est utilisée) ou hauteur de la zone traitée par piquage du
hb
support (lorsque des armatures sont scellées a posteriori)
at Diamètre des armatures de la boîte d’attentes
As,at Section unitaire de l’armature de la boîte d’attentes
dat Distance nominale entre la face inférieure de la prédalle et l’armature inférieure en attente
Δdat Tolérance d’implantation des boîtes d’attentes dans le voile
Hauteur d’encombrement des attentes, égale à la distance verticale hors tout entre les brins du lit inférieur et ceux du lit
hat
supérieur
Δhat Tolérance sur la hauteur d’encombrement des attentes
ht Épaisseur totale du plancher
Δht Tolérance d’exécution de l’épaisseur du plancher
hp Épaisseur nominale de la prédalle
Δzp Tolérance de positionnement vertical de la prédalle
c1 Enrobage nominal de la suspente par rapport à la fibre inférieure de la prédalle
c2 Enrobage nominal du retour horizontal supérieur de la suspente
c3 Enrobage nominal des armatures inférieures en attente par rapport à la fibre supérieure de la prédalle
c4 Enrobage nominal de l’armature supérieure en attente par rapport à la fibre supérieure du plancher
d’ Hauteur de l’axe des armatures de précontrainte par rapport à la face inférieure de la prédalle
eb Largeur de la bielle
hc Épaisseur nominale du béton coulé en œuvre au-dessus de la prédalle
Hauteur entre l’axe de l’attente inférieure et le bord supérieur de la boîte d’attentes (lorsqu’une boîte d’attentes est utilisée)
h1
ou entre l’axe de l’attente inférieure et la limite supérieure de piquage (lorsque des armatures sont scellées a posteriori)
Lat Longueur de dépassement des armatures de la boîte d’attentes par rapport au nu intérieur du support

F3.2 Définitions

F3.2.1
Prédalle
Dalle de béton, armé ou précontraint, utilisée en tant que
coffrage permanent pour le béton coulé en place avec
lequel elle forme la dalle monolithe. Elle constitue la partie
inférieure du plancher et comporte tout ou partie de
l’armature inférieure.

F3.2.2

Prédalle en béton armé


Prédalle dont les armatures de béton armé constituent
l’armature principale de la dalle composite.

F3.2.3

Prédalle en béton précontraint


Prédalle dont les armatures de précontrainte par
pré-tension constituent l’armature principale de la dalle
composite.

e-Cahiers du CSTB - 91 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


F3.2.4

Prédalle avec treillis raidisseur


Prédalle comportant des treillis raidisseurs continus
généralement parallèles à la direction mécanique princi-
pale de la dalle composite. Ils contribuent à la résistance
et la rigidité de la dalle dans les phases provisoires.

F3.2.5

Suspente
Armature transversale façonnée en forme de cadre ou en
U dont un brin horizontal vient en recouvrement avec les
armatures longitudinales de la prédalle.

F3.2.6

Prédalle suspendue
Prédalle sans armature dépassante, comportant des
suspentes au voisinage de l’about. La liaison sans appui
sur l’élément porteur vertical est constituée de suspentes
intégrées à la prédalle avec des aciers horizontaux
intégrés dans l’élément porteur. Cette disposition peut
être rencontrée soit à une seule de ses extrémités (l’autre
extrémité reposant de façon classique sur son élément
porteur), soit à ses deux extrémités.

F4. Conception du nœud d’appui


Étant donné que la prédalle ne prend pas directement
appui sur l’élément porteur, il convient de reporter la
réaction d’appui sur le support par l’intermédiaire d’arma-
tures disposées dans le béton de clavetage.
Selon les caractéristiques géométriques du nœud
d’appui, deux modes de fonctionnement peuvent être
utilisés : avec ou sans armatures d’effort tranchant.
Dans le présent document, le fonctionnement sans arma-
tures d’effort tranchant est considéré comme la méthode
de dimensionnement courante des planchers à prédalles
suspendues.
Dans le cas où le fonctionnement ci-dessus n’est pas
justifiable (résistance du béton seul insuffisante), le fonc-
tionnement avec armatures d’effort tranchant est utilisé.
Cette approche, valable pour des planchers d’épaisseur
supérieure ou égale à 22 cm, conduit à des sections de
suspentes plus importantes.

F4.1 Caractéristiques géométriques du nœud

F4.1.1 Tolérances d’exécution


Pour les planchers à prédalles suspendues, la tolérance
de position verticale des attentes est précisée sur les
plans d’exécution. Dans le cas de boîtes d’attentes, sauf
indication contraire, on retiendra l’une des tolérances
suivantes :
• tolérance courante : Δdat = ± 25 mm ;
• tolérance fine : Δdat = ± 15 mm.
La tolérance sur la distance libre entre les éléments
support est prise égale à ± 20 mm.

Note : Sauf indications contraires mentionnées dans


les Documents Particuliers du Marché, les tolérances
définies dans la norme NF EN 13670 s’appliquent.

e-Cahiers du CSTB - 92 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Figure F5 — Tolérances de mise en œuvre des boîtes d’attentes pour les planchers à prédalles suspendues

F4.1.2 Différentes configurations


de mise en œuvre
Avec la prise en compte des tolérances d’exécution
présentées au chapitre F4.1.1, cinq configurations
peuvent être distinguées pour la conception du plancher,
en prenant le cas le plus défavorable selon la vérification
considérée (effort tranchant, flexion, …).
a) Configuration n° 1
Dans cette configuration, les boîtes d’attentes sont dépla-
cées vers le bas de la valeur de la tolérance ∆dat retenue
pour leur implantation. Simultanément, les prédalles sont
décalées vers le haut de 5 mm. Le niveau supérieur du
plancher est considéré à sa position nominale.

Figure F6.a — Boîtes d’attentes en position basse et prédalles en position haute (configuration n° 1).
Cas des boîtes de type « standard ».

e-Cahiers du CSTB - 93 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


h’4

Légende :

h4 : Hauteur entre l’axe du brin supérieur de l’attente et le dessus de la prédalle


h’4 : Hauteur entre l’axe du brin supérieur de l’attente et le niveau inférieur de la boîte
Figure F6.b — Boîtes d’attentes en position basse et prédalles en position haute (configuration n° 1).
Cas des boîtes de type « spécial prédalles ».
b) Configuration n° 2
Les boîtes d’attentes sont déplacées vers le haut de la
valeur de la tolérance ∆dat retenue pour leur implantation.
Simultanément, les prédalles sont décalées vers le bas de
5 mm. Le niveau supérieur du plancher est considéré à sa
position nominale.

Légende :

h5 : Hauteur entre l’axe du brin inférieur de l’attente et la face supérieure de la dalle


Figure F7 — Boîtes d’attentes en position haute et prédalles en position basse (configuration n° 2)

c) Configuration n° 3
Les boîtes d’attentes sont déplacées vers le haut de la
valeur de la tolérance Δdat retenue pour leur implantation.
Simultanément, l’épaisseur de béton coulé en œuvre et
donc le niveau supérieur du plancher sont abaissés de
5 mm. Le niveau inférieur du plancher est considéré à sa
position nominale.

h1

Légende :

h2 : Hauteur entre l’axe du brin inférieur de l’attente et la face supérieure de la dalle


h3 : Hauteur de la dalle fictive limitée par la face supérieure du plancher et un enrobage de 1 cm sous les attentes
inférieures
Figure F8 — Boîtes d’attentes en position haute et épaisseur totale du plancher réduite (configuration n° 3)

e-Cahiers du CSTB - 94 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


d) Configuration n° 4
Les boîtes d’attentes et les prédalles sont en position
nominale, l’épaisseur de béton coulé en œuvre et donc
le niveau supérieur du plancher sont abaissés de 5 mm.
Le niveau inférieur du plancher est considéré à sa position
nominale.

Figure F9 — Épaisseur totale du plancher plus faible(configuration n° 4)

e) Configuration n° 5
Les boîtes d’attentes sont déplacées vers le haut de la
valeur de la tolérance Δdat retenue pour leur implantation.
Le niveau supérieur du plancher est considéré à sa posi-
tion nominale. Le niveau inférieur du plancher est décalé
vers le haut de 5 mm.

h'4 h4

Légende :

h4 : Hauteur entre l’axe du brin supérieur de l’attente et le dessus de la prédalle


h’4 : Hauteur entre l’axe du brin supérieur de l’attente et le niveau inférieur de la boîte
Figure F10 — Boîte d’attentes « spécial prédalles » en position haute (configuration n° 5)

F4.2 Fonctionnement sans armature d’effort


tranchant

F4.2.1 Contraintes géométriques


Les différents critères suivants doivent être respectés lors
de la conception du plancher.
a) Hauteur d’encombrement des attentes
La hauteur d’encombrement des attentes hat n’est pas
inférieure à 50 mm.
b) Dans la configuration n° 1
L’attente inférieure doit pouvoir être dépliée horizontale-
ment :
• Au-dessus de la suspente repliée à l’horizontale
L’encombrement de la suspente au-dessus de la prédalle
est égal à [c1 + hs,p − hp], où hs,p représente l’encombre-
ment vertical total de la suspente pré-pliée. Lorsque la
suspente est façonnée pliée avant intégration dans la
prédalle, hs,p est au moins égal à [6 s + 20 mm].
Note : Cette condition résulte de contraintes de façon-
nage de l’armature.

e-Cahiers du CSTB - 95 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Le dépassement au-dessus de la prédalle doit en outre
être au minimum de 3 s pour permettre un dépliage
correct.
Exemple 1 : Dans le cas d’une prédalle de 5 cm et une
suspente de diamètre 8 mm façonnée repliée, avec
c1 égal à 10 mm, on a : (c1 + 6 s+ 20 − hp) = 28 mm,
supérieur à 3 s = 24 mm.
Exemple 2 : Dans le cas d’une prédalle de 6 cm et une
suspente de diamètre 6 mm avec un encombrement
vertical hs,p égal à 65 mm et c1 égal à 20 mm, on a :
c3 = c1 + hs,p − hp = 25 mm, supérieur à 3 ∅s = 18 mm.
• Au-dessus de la prédalle en ménageant un enrobage
minimum effectif de 10 mm
Notons c3[1] la valeur prise par c3 dans la configuration
n° 1.
Il faut vérifier :
c3[1] ≥ c3,min

avec

pour une suspente façonnée pliée


avant intégration dans la prédalle.

soit :

Figure F11 — Encombrement maximum de la suspente repliée

c) Dans la configuration n° 3
L’enrobage du brin supérieur de l’attente doit être au moins
égal à la valeur cmin requise pour la classe d’exposition,
soit :
Notons c4[3] la valeur prise par c4 dans la configuration n° 3.

e-Cahiers du CSTB - 96 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Il faut vérifier : • On définit les valeurs limites des enrobages nominaux
c4[3] ≥ cmin permettant de justifier, dans les situations défavorables,
un enrobage minimum suffisant vis-à-vis de la classe
avec c4[3] = ht − dat − hat − Δht − Δdat = c4 − Δht − Δdat d’exposition considérée :
soit :
c4 ≥ cmin + Δht + Δdat
c4 ≥ cmin + Δht + Δdat
avec :
cmin déterminée selon la classe d’exposition considérée.
Exemple : Pour du béton XC1, cmin = 10 mm.
d) Dans les configurations n° 1, n° 3 et n° 4
L’enrobage du retour horizontal supérieur de la suspente • On vérifie par ailleurs que la position relative de la
doit être au moins égal à la valeur cmin requise pour la suspente et de la boîte d’attente sera telle que le brin
classe d’exposition. supérieur de l’attente ne se situera pas au-dessus du
Notons c2[1], c2[3], c2[4] la valeur prise par c2 respectivement retour horizontal de la suspente :
dans les configurations n° 1, n° 3 et n° 4.
c4 ≥ c2 + ∆dat
Il faut vérifier :
c2[1] ≥ cmin 4.2.2 Dimensionnement
c2[3] ≥ cmin
La vérification d’effort tranchant est réalisée dans la
c2[4] ≥ cmin configuration n° 3 (voir paragraphe F4.1.2) en référence
avec : au paragraphe 6.2 de la norme NF EN 1992-1-1 et son
c2[1] = ht − c1 − hs − Δzp = c2 − Δzp Annexe nationale. Pour cette vérification, la hauteur utile
c2[3] = c2[4] = ht − c1 − hs − Δht = c2 − Δht d est prise égale à :
d = Min [h1 ; h2]
soit : Compte tenu de la prise en compte des tolérances dans le
calcul, il est admis, pour cette vérification, conformément
à l’Annexe A de la norme NF EN 1992-1-1, de prendre
un coefficient partiel de sécurité pour le matériau béton c
de 1,45 au lieu de 1,5.
Les brins inférieurs des attentes sont ancrés pour équi-
Note : Les deux formules donnent des résultants iden- librer un effort correspondant à la réaction d’appui. La
tiques car Δzp = Δht = 5 mm. contrainte dans les armatures peut être limitée du fait de
Dans le cas des boîtes d’attentes posées plus haut que la capacité d’ancrage sur la longueur dépassant au-delà
prévu et à la limite des tolérances, les aciers hauts sortant du nu d’appui.
de ces boîtes doivent se trouver au même niveau que
celui du retour horizontal des suspentes.
Pour cela, la position théorique sur plan en altitude des
boîtes d’attentes doit être telle que le plan horizontal des
aciers hauts sortant de ces boîtes soit situé à une distance
de celui du retour horizontal des suspentes égale à la
valeur admise pour la tolérance en altitude.

Soit :
c4 ≥ c2 + ∆dat
Le brin vertical de la suspente situé au plus près du
e) Pour la synthèse des contraintes géométriques support est dimensionné pour équilibrer un effort corres-
pondant à la réaction d’appui.
• On détermine tout d’abord la valeur dat :

Figure F12 — Hauteur utile pour la vérification


à l’effort tranchant

e-Cahiers du CSTB - 97 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Note : Pour la vérification à l’effort tranchant ou pour Il est nécessaire de vérifier la reprise des moments
un pré-dimensionnement, on utilisera le tableau des sur appui (égaux à 0,15 Mt) par les attentes hautes,
capacités résistantes des boîtes d’attentes présenté assurant le rôle d’armatures en chapeau, sans considérer
dans le « Guide d’application des recommandations les attentes basses comme armatures comprimées.
professionnelles concernant les planchers à prédalles Afin de prendre en compte l’aléa de remplissage de
suspendues avec boîtes d’attentes ». l’angle inférieur lors du bétonnage du plancher, il est
Vis-à-vis des brins inférieurs des attentes, la vérification nécessaire de prendre un coefficient partiel de sécu-
du moment de flexion est réalisée dans la configuration rité sur le béton coulé sur site de 1,5. Compte tenu des
n° 3. Le moment de flexion dans la section droite au nu opérations de pliage/redressage réalisées sur les attentes
de la suspente est équilibré par les brins inférieurs des et les suspentes, une valeur du coefficient partiel de
attentes (hauteur utile h2). sécurité sur le matériau acier s de 1,15 doit être retenue
Les brins supérieurs des attentes ne sont pas pris en pour ces armatures.
compte comme armatures comprimées. Compte-tenu de la longueur des armatures en attente, la
L’effort dans les brins inférieurs peut être limité par contrainte admissible peut s’avérer inférieure à la capa-
l’ancrage de ces armatures au-delà de la section cité maximale :
considérée.

Pour la détermination de 3, on distinguera les deux cas


suivants :
a) Cas 1
L’armature présente une longueur suffisante pour assurer
la couverture des moments négatifs (à partir du tracé
local de la courbe enveloppe décalée).
Comme indiqué précédemment, il est admis pour cette Note : En l’absence de justification particulière, on pourra
vérification, de prendre un coefficient partiel de sécurité considérer que la longueur de l’armature est suffisante
sur le matériau béton c de 1,45. Compte tenu des opéra- lorsque Lat est au moins égale au 1/10e de la portée.
tions de pliage/redressage réalisées sur les attentes, une Le coefficient 3 est calculé en considérant la capacité
valeur de 1,15 pour le coefficient partiel de sécurité s sur d’ancrage au-delà de l’abscisse située au nu d’appui.
le matériau acier doit être retenue pour ces armatures.
Note : Pour des armatures scellées, la valeur du
coefficient partiel de sécurité s sur le matériau acier de
1,05 figurant dans l’Annexe A de la norme NF EN 1992-1-1
est applicable.
D’autre part, l’espacement des brins inférieurs des
attentes n’excède pas 3 ∙ h3, h3 étant la hauteur de dalle b) Cas 2
fictive telle que définie dans la configuration n° 3. L’armature de longueur insuffisante doit être prolongée
Vis-à-vis des brins supérieurs des attentes, la vérification par une armature complémentaire mise en recouvre-
du moment résistant à la flexion est réalisée de manière ment. On fait l’hypothèse que ce recouvrement est réalisé
différenciée suivant le type de boîte d’attente utilisé : avec des armatures de même diamètre, disposées à une
• pour le type « standard », on considère la configura- distance libre inférieure à 4∅ ou 50 mm. Ces armatures
tion n° 1 systématiquement défavorable. En l’absence complémentaires viennent jusqu’au nu d’appui avec un
de disposition particulière, la hauteur utile de la section enrobage de 10 mm.
est prise égale à la distance entre l’axe des attentes Le coefficient 3 est calculé en considérant la capacité de
supérieures et la face supérieure de la prédalle (hauteur transfert d’effort entre les deux armatures compte tenu de
notée h4) ; la longueur de recouvrement .
• pour le type « spécial prédalles », on considère les
configurations n° 1 et n° 5. Cette dernière pouvant
être plus défavorable du fait d’un enrobage réduit,
pénalisant la longueur d’ancrage. La hauteur utile de
la section est prise égale à la plus grande des valeurs
entre la hauteur h4 définie ci-avant et la distance de
l’axe des attentes supérieures au niveau inférieur de
la boîte, sans toutefois descendre en-dessous de la
sous-face du plancher (hauteur notée h’4).

e-Cahiers du CSTB - 98 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Note 1 : Pour les armatures scellées, la valeur du coeffi-
cient partiel de sécurité s sur le matériau acier de 1,05
figurant dans l’Annexe A de la norme NF EN 1992-1-1 est
applicable.
Note 2 : La hauteur utile étant localement bien inférieure
à la hauteur totale du plancher, une fissure sur appui peut
apparaître après mise en service du plancher, malgré le
rôle d’armatures en chapeaux joué par les attentes supé-
rieures. Cette fissure est admissible car bien localisée.
Note 3 : Pour la vérification à la flexion sur appui ou pour
un pré-dimensionnement, on utilisera le tableau des
capacités résistantes des boîtes d’attentes présenté
dans le « Guide d’application des recommandations
professionnelles concernant les planchers à prédalles
suspendues avec boîtes d’attentes ».

F4.3 Fonctionnement avec armatures d’effort


tranchant
Dans ce schéma de stabilité, les suspentes assurent le
relevage de l’effort tranchant en partie supérieure de la
bielle d’about.

F4.3.1 Contraintes géométriques


Note : Pour des cas de charges courants, la solution
de fonctionnement sans armature d’effort tranchant
(paragraphe F4.2) s’avère plus favorable. La solution
avec armatures d’effort tranchant peut présenter un intérêt
lorsque la capacité résistante à l’effort tranchant avec le
béton seul est dépassée.
Conformément au paragraphe 9.3.2 de la norme
NF EN 1992-1-1, l’épaisseur totale du plancher doit être
supérieure ou égale à 20 cm.
En complément des exigences définies au para-
graphe F4.2 ci-dessus, pour justifier d’un fonctionnement
avec armatures d’effort tranchant, il faut vérifier l’inéga-
lité : d2 ≥ d1 (Figure F13).
Dans la configuration n° 2, la membrure horizontale
comprimée est supposée appuyée en partie supérieure
de la suspente, sa hauteur étant prise égale à 0,25 fois
la hauteur utile h5 (armatures inférieures de la boîte
d’attentes).
Pour la détermination de d1, il est possible de considérer
un angle de bielle (noté  sur la Figure F13) de 45°, soit :
p = 0,25 x h5
où p correspond à la projection horizontale de la première
bielle sur l’appui.
Les valeurs d1 et d2 peuvent être déterminées à partir des
équations suivantes :

avec :

e-Cahiers du CSTB - 99 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Légende :
1 Première bielle d’inclinaison β et de largeur eb ;
2 Sous-tendeur de la bielle 1 ;
β Angle de bielle ;
re
p Projection horizontale de la 1 bielle sur l’appui.

Figure F13 — Fonctionnement mécanique. Schéma du treillis à 45°.

F4.3.2 Dimensionnement Lorsque la distance d3 est inférieure ou égale à 5 cm,


en tenant compte des écarts possibles du fait des tolé-
Le relevage de la charge doit être réalisé en totalité par rances (configuration n° 2), il convient de ne considérer
le seul brin vertical proche de l’extrémité de la prédalle. que le schéma de fonctionnement de la Figure F13.
En se plaçant dans la configuration n° 2, il convient d’en- On admet alors que le passage des forces entre les arma-
visager pour le dimensionnement mécanique du nœud, tures inférieures tendues se fait par la règle des recouvre-
un schéma de type « treillis », tel que décrit sur les ments d’armatures, ce qui conduit à un recouvrement au
Figures F13 et F14, en vérifiant : moins égal à la longueur d’ancrage plus 5 cm.
• une géométrie de bielle à 45° ou plus ; Le brin vertical de la suspente situé au plus près du
• l’ancrage du sous-tendeur de cette première bielle ; support est dimensionné pour équilibrer un effort corres-
pondant à la réaction d’appui.
• la compression dans les bielles associées.
Dans le cas contraire (d3 ≥ 5 cm), l’effort dans la suspente
Dans le plan longitudinal, la largeur eb de la première déterminé conformément au schéma de fonctionnement
bielle se déduit de la hauteur possible de la membrure de la Figure F14 doit être multiplié par
comprimée par la formule suivante :

Dans le plan transversal, la largeur de cette première afin d’intégrer l’effort induit par l’équilibre des bielles du
bielle est prise égale à 3 fois le diamètre des brins infé- sous-tendeur. On considère que ces bielles s’appuient
rieurs des attentes. L’effort dans cette bielle est limité à : sur le sous-tendeur à une distance de l’extrémité de
l’attente inférieure correspondant à la moitié de sa
longueur d’ancrage lbd ou à la moitié de la longueur
dépassant au-delà du brin vertical lorsque celle-ci est
inférieure à lbd.
Les brins inférieurs des attentes sont ancrés pour équi-
Note : Le terme 3 fcd correspond à la prise en compte du
librer la composante horizontale de la première bielle
confinement et le terme 3 at,inf à la prise en compte de la
d’appui.
diffusion.
Note : Pour une bielle à 45° (angle ), cet effort corres-
Compte tenu de la prise en compte des tolérances dans
pond à la réaction d’appui.
le calcul, il est admis, pour cette vérification, confor-
mément à l’Annexe A de la norme NF EN 1992-1-1, L’espacement des suspentes, dont le brin vertical le
de prendre pour le coefficient partiel de sécurité du béton plus proche de l’appui joue le rôle d’armature d’effort
c une valeur de 1,45 au lieu de 1,5. tranchant, ne doit pas dépasser 1,5 fois la hauteur utile h2
telle que définie dans la configuration n° 3.

e-Cahiers du CSTB - 100 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


h2

lbd/2 lbd/2

Légende :
1 Bielles d’équilibrage du sous-tendeur
2 Sous-tendeur

Figure F14 — Fonctionnement mécanique. Schéma d’ancrage du sous-tendeur de la première bielle.

Le dimensionnement en flexion est identique au cas sans


armatures d’effort tranchant (paragraphe F4.2).

F4.4 Détermination de la hauteur des boîtes


d’attente hat
La hauteur des boîtes d’attentes hat pour une hauteur
quelconque de dalle coulée sur place est égale à :

En classe d’exposition XC1 (cmin = 10 mm), dans le cas


d’une prédalle d’épaisseur 5 cm :
- avec une suspente de diamètre 6 mm, considérant
que c3,min = 3 ∅s = 18 mm ; Figure F15 — Enrobages et hauteur des boîtes d’attentes
- ou une suspente de diamètre 8 mm, avec c3,min =
10 + 6 x 8 + 20 − 50 = 28 mm. F4.5 Prise en compte du retrait gêné
En arrondissant les résultats de calculs, on aboutit aux Le retrait gêné doit être pris en compte lors du dimen-
valeurs suivantes pour la hauteur des boîtes d’attentes : sionnement par le bureau d’études structures, conformé-
- cas tolérance Δdat = ± 15 mm et suspente de diamètre ment aux dispositions de la norme NF EN 1992-1-1 et son
6 mm : hat = hc – 70 mm ; Annexe nationale (NF EN 1992-1-1/NA).
- cas tolérance Δdat = ± 15 mm et suspente de diamètre Note 1 : Des informations complémentaires concer-
8 mm : hat = hc – 80 mm ; nant le retrait gêné figurent dans les recommandations
professionnelles sur l’Eurocode 2, partie 1.1, éditées par
- cas tolérance Δdat = ± 25 mm et suspente de diamètre la FFB.
6 mm : hat = hc – 90 mm ;
Note 2 : L’importance de ce phénomène dépend
- cas tolérance Δdat = ± 25 mm et suspente de diamètre de la raideur horizontale des supports : superstruc-
8 mm : hat = hc – 100 mm. ture ou infrastructure avec des enceintes-supports
pré-existantes, nature du contreventement, … L’utilisation
d’un appui suspendu constitue une situation aggravante
du fait de la réduction de section dans laquelle la fissura-
tion risque d’apparaître et se développer.
L’étude réalisée doit permettre de retenir les dispositions
appropriées et de faire connaître, le cas échéant, au
fournisseur des prédalles, les dispositions qui concernent
ses études de coffrage et le ferraillage de ses prédalles.

e-Cahiers du CSTB - 101 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


F5. Armatures du nœud et des prédalles F5.2 Suspentes
Le relevage de la charge doit être réalisé en totalité par
F5.1 Armatures longitudinales et armatures le seul brin vertical proche de l’extrémité de la prédalle.
de répartition des prédalles L’armature de suspente doit être pliable-dépliable. Cette
aptitude sera mentionnée sur les plans de préconisation
La transmission des efforts doit être assurée entre de pose du fournisseur des prédalles.
l’armature de flexion de la prédalle et le brin horizontal de
la suspente intégré dans la prédalle. Les armatures sont Note 1 : La procédure E4 de décembre 2004 de la certi-
ancrées dans la prédalle suivant le principe de l’ancrage fication AFCAB permet de répondre à cette exigence.
actif pour les armatures de précontrainte et suivant Les suspentes des prédalles peuvent être livrées droites,
le principe usuel d’adhérence pour les armatures inclinées ou pré-pliées.
passives. Le report de charge entre les armatures Note 2 : Lorsque des cunettes se situent le long du
principales de flexion et l’armature de la suspente se fait support (cas des voiles dans les parkings, par exemple),
par bielles à 45°. elles seront réalisées par des recharges de béton afin de
garantir l’enrobage minimal des suspentes.

F5.3 Attentes du support


L’armature d’attente doit être pliable-dépliable. Cette apti-
tude sera mentionnée sur les documents du fournisseur
des attentes.
Note 1 : La procédure E4 de décembre 2004 de la certifi-
cation AFCAB permet de répondre à cette exigence.
Les attentes des voiles peuvent être réalisées avec des
coupleurs, des barres scellées ou des armatures en
attente. Elles sont le plus souvent réalisées avec des
attentes du commerce.
Figure F16 — Principe de recouvrement dans la prédalle Les armatures ont une limite caractéristique d’élasticité fyk
(vue de dessus) égale à 500 MPa et leur diamètre varie entre 6 et 12 mm.
Dans les cas des bâtiments courants dont la charge d’ex-
Les armatures de répartition perpendiculaires dispo-
ploitation ne dépasse pas 5 kN/m2, le diamètre maximal
sées dans la prédalle assurent la couture des bielles.
des attentes est de 10 mm.
Des armatures complémentaires peuvent cependant
être nécessaires. Afin d’assurer la couture des bielles Le choix des attentes à mettre en œuvre sur chantier
dans la zone de recouvrement des brins horizontaux infé- est effectué par le bureau d’études structures en tenant
rieurs des suspentes avec les armatures longitudinales compte des préconisations du bureau d’études du
de la prédalle, il peut être nécessaire de prévoir des préfabricant.
armatures en complément des armatures de répartition Note 2 : Lorsque des planchers à prédalles suspendues
des prédalles. sont prévus des deux côtés d’un même voile, l’utilisation
Pour une suspente de section unitaire As, l’effort NEd à de boîtes d’attentes n’est généralement plus possible.
reprendre a pour valeur : Il est recommandé de prévoir des réservations pour le
passage de barres traversantes. Le recours au perce-
NEd = As fyk / s
ment est également envisageable. Dans tous les cas, des
Avec un coefficient partiel de sécurité sur le matériau empochements sont nécessaires pour caler les bielles de
acier s de 1,15 en combinaison fondamentale et de 1,0 béton (encoche rugueuse).
en combinaison accidentelle.
Ces armatures sont disposées horizontalement et perpen- F5.4 Filants de renfort dans le béton coulé
diculairement aux armatures longitudinales des prédalles. en œuvre
Note : À titre d’exemple, pour des suspentes de diamètre
∅ 6 HA et de limite caractéristique d’élasticité fyk de Les armatures de renfort sont disposées parallèlement au
500 MPa, on disposera au minimum 2 armatures de support dans le béton coulé en œuvre. Elles permettent
diamètre ∅ 5 HA. d’armer la bordure de la dalle en flexion et torsion. Les
armatures en attente supérieures du support vertical
(voile ou poutre) ne correspondant pas systématique-
ment à celles des suspentes des prédalles, ces filants
de renfort peuvent également contribuer au report des
charges entre les axes de suspentes et les attentes dans
le support.
Note : Dans les cas courants, avec des aciers de limite
caractéristique d’élasticité fyk égale à 500 MPa, on retient
2 HA 8 filants en partie supérieure.

e-Cahiers du CSTB - 102 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


F5.5 Cas particulier des suspentes
avec rehausse
Si les suspentes sont rehaussées par des cadres, un
recouvrement effectif vertical de 10 ∅s entre suspentes
et cadres doit être respecté. D’autre part, il convient de
limiter à 4 ∅ ou à 50 mm la distance libre entre la suspente
et le cadre.
Si cette condition n’est pas satisfaite, il convient
d’augmenter la longueur de recouvrement d’une valeur
égale à la distance libre entre les barres.

Figure F17 — Recouvrement vertical minimum entre cadres


de rehausse de suspentes et suspentes

F5.6 Armatures de liaison entre les prédalles


et les rives non porteuses
Lorsque les dalles sont calculées portant dans une
seule direction et que les charges appliquées (hors
poids propre) sont inférieures à 7 kN/m², les prédalles
ne comportent ni suspente ni couture sur les rives non
porteuses.
Les armatures de liaison sont dimensionnées confor-
mément à la norme NF EN 1992-1-1 et son Annexe
nationale (NF EN 1992-1-1/NA).
Note : Dans les cas courants (épaisseur de plancher
inférieure ou égale à 25 cm), il sera disposé un minimum
de trois attentes HA 6 par mètre dans le support.

e-Cahiers du CSTB - 103 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Annexe G
Planchers utilisant des prédalles
de coffrage

G1. Rappel
Est considéré comme « prédalle de coffrage », tout
élément utilisé comme coffrage pour le béton coulé en
place sans contribution à la résistance du plancher fini
excepté pour l’enrobage (durabilité et comportement au
feu).

G2. Sollicitations
Les prédalles de coffrage sont vérifiées vis-à-vis des
sollicitations suivantes :
• manutention ;
• transport ;
• stockage ;
• phases provisoires de mise en œuvre.

G3. Dimensionnement
Les prédalles de coffrage sont dimensionnées suivant
le paragraphe 4 de la section A du présent document vis-
à-vis des sollicitations définies ci-dessus.

G4. Liaison avec la dalle coulée en place


Afin d’assurer une bonne liaison entre la prédalle de
coffrage et la dalle coulée en place, l’état de surface de la
prédalle de coffrage doit être au moins de type « rugueux »,
au sens du paragraphe 6.2.5 de la norme NF EN 1992-1-1
avec son Annexe nationale (NF EN 1992-1-1/NA).
Des armatures de liaison doivent être dimensionnées afin
d’équilibrer le poids de la prédalle. Leur ancrage doit être
assuré dans le béton coulé en place.
Note : Les boucles de levage, les treillis raidisseurs, …,
peuvent être pris en compte pour la vérification de cette
exigence.

G5. Résistance au feu


L’épaisseur de la prédalle de coffrage peut être prise en
compte pour le calcul des températures.

e-Cahiers du CSTB - 104 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Annexe H L’ambiance froide est supposée maintenue, quel que soit
le temps, à la température 0 choisie au départ (0 = 20 °C)
Méthode analytique pour le calcul selon le paragraphe 3.2 de la norme NF EN 1991-1-2 et
des températures de son Annexe nationale (NF EN 1991-1-2/NA).
L’ambiance chaude a une température k qui évolue avec
le temps tk (en minutes) selon le paragraphe 3.2 de la
H1. Principe de la méthode norme NF EN 1991-1-2 et de son Annexe nationale.
Dans le cas d’un problème bidimensionnel, la tempéra-
ture  au point de coordonnées x et y est donnée par la H1.3 Description de l’hétérogénéité de l’espace
transmission de la chaleur par conduction à l’intérieur
Conformément au paragraphe 3.1 (5) de la norme
d’un solide en régime variable par l’équation de Fourier.
NF EN 1991-1-2 et de son Annexe nationale
(NF EN 1991-1-2/NA), la surface non exposée (l’ambiance
froide) est caractérisée par un coefficient de transfert
thermique global (convection + rayonnement) :
net,sne = 9 W/m2.°K.
Note : Il est possible de désigner un coefficient d’échange
thermique global net,sne en sommant le coefficient
avec : d’échange convectif et le coefficient d’échange radia-
– cp la chaleur spécifique ; tifs comme défini au paragraphe 3.1 (5) de la norme
NF EN 1991-1-2 et de son Annexe nationale.
– λ la conductivité thermique ;
Conformément au paragraphe 3.2 de la norme
––  la température au point de coordonnées x, y ; NF EN 1991-1-2 et de son Annexe nationale, la surface
– t le temps ; exposée (l’ambiance chaude) est caractérisée par son
coefficient de transfert thermique global :
––  la masse volumique.
La façon la plus classique de transformer cette équa-
tion consiste à la transformer en différences finies par
un découpage de l’espace en rectangles élémentaires
adjacents et par un découpage du temps en intervalles
élémentaires successifs.

H1.1 Découpage de l’espace


L’espace envisagé concerne un grand rectangle composé
de c.l rectangles élémentaires obtenu par un quadril-
lage basé sur c colonnes de largueur Δ x(i) et l lignes de
hauteur Δ y(j) (i variant de 1 à c et j variant de 1 à l ).
où :
Chaque rectangle appartient soit à l’ambiance chaude,
soit à l’ambiance froide, soit au solide étudié y compris • r est la température de rayonnement effectif de l’envi-
les vides internes. L’ambiance chaude est ainsi limitée ronnement du feu (°C) ;
par la surface chaude du solide. L’ambiance froide est en
• m est la température de surface de l’élément (°C) ;
contact du solide par la surface froide.
•  est le facteur de forme ;
H1.2 Découpage du temps et températures • m est l’émissivité de la surface de l’élément ;
Le temps est découpé en intervalles successifs égaux, • f est l’émissivité du feu ;
∆t, exprimés en heures, ce qui fait apparaître une suite de •  est la constante de Stéphan-Boltzmann (= 5,67 ∙
temps tk = t(k) = k x Δt. 10-8 W/m2 K4).
Les valeurs de m et f sont déterminées conformément au
paragraphe 3.1 (6) de la norme NF EN 1991-1-2 et de son
Annexe nationale.
La valeur de  est déterminée conformément au para-
graphe 3.1 (7) de la norme NF EN 1991-1-2 et de son
On admet que toutes les caractéristiques physiques de la Annexe nationale.
matière et de l’ambiance froide restent constantes durant Chacun des rectangles de matière est caractérisé par les
un intervalle Δt en conservant la valeur que l’on a calculée paramètres suivants :
au début de cet intervalle. • chaleur spécifique cp ;
On a donc au centre de chaque rectangle de solide
• masse volumique  ;
une température k(i,j), on a également une température
moyenne de la surface exposée (surface chaude) k,mc, • conductivité thermique c.
une température moyenne de la surface non exposée Ces paramètres évoluent de façon différente en fonction
(surface froide) k,mf. Les transferts de chaleur durant de la température k(i,j) au centre du rectangle.
l’intervalle de temps Δt feront qu’à la fin de cet intervalle,
les caractéristiques physiques seront modifiées.

e-Cahiers du CSTB - 105 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


a) Chaleur spécifique cp • pour 140 < θ ≤ 160 °C :
La variation de la chaleur spécifique cp en fonction
de la température k(i,j), cp [k(i,j)] est définie au para-
graphe 3.3.2 (1) et 3.3.2 (2) de la norme NF EN 1992-1-2
et de son Annexe nationale, soit :
– dans le cas de béton sec (u = 0 %) de granulats • pour θ > 160 °C :
siliceux et calcaires :

Les rectangles de vide entourés de matière sont consti-


tués par de l’air et on admet que les échanges entre
rectangle d’air et rectangle d’air ou rectangle de matière
se font par convection avec les coefficients suivants :
pour la convection ;

d'air pour la chaleur massique.


– dans le cas de béton de granulats siliceux et calcaires
où la teneur en eau n’est pas explicitement prise en
compte dans la méthode de calcul (u ≠ 0 %), la fonction H1.4 Transferts de chaleur
adoptée pour la chaleur spécifique du béton de granu- On fait le bilan thermique des flux reçus par le rectangle
lats siliceux ou calcaires peut être modélisée par une élémentaire [i,j] durant l’intervalle de temps Δt, le long de
valeur constante, cp.peak, située entre 100 °C et 115 °C et ses quatre facettes que l’on désigne par les quatre lettres
une décroissance linéaire entre 115 °C et 200 °C : cardinales.

Pour d’autres teneur en eau, une interpolation linéaire


peut être effectuée.

b) Masse volumique 
La variation de la masse volumique  en fonction
de la température k(i,j), [k(i,j)] est définie au para-
graphe 3.3.2 (3) de la norme NF EN 1992-1-2 et de son
Annexe nationale, soit : Figure H1 — Discrétisation de la section
pour le bilan thermique

a) Le rectangle [i,j] est dans la matière :


- si le rectangle W est dans la matière :

- si le rectangle W est dans l’ambiance chaude :

c) Conductivité thermique λc
Les valeurs de la conductivité thermique λc en fonc-
tion de la température x(i,j), c[k(i,j)] sont définies au
paragraphe 3.3.3 de la norme NF EN 1992-1-2 et de
son Annexe nationale (NF EN 1992-1-2/NA), soit :
- si le rectangle W est dans l’ambiance froide :
• pour θ ≤ 140 °C :

e-Cahiers du CSTB - 106 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


- si le rectangle W est dans un vide interne : H2. Critère de convergence
La méthode exposée revient à la résolution explicite de
l’équation de Fourier par la méthode des différences
finies. On sait alors qu’il faut respecter certaines condi-
tions de découpage dans l’espace et le temps si l’on veut
que les résultats numériques soient acceptables.
Le critère de convergence dans la matière peut s’écrire :
b) Le rectangle [i,j] est dans un vide interne :
- si le rectangle W est dans la matière :

quels que soient i, j et k.

- si le rectangle W est dans un vide interne :


Si l’on envisage les vides internes, la transposition du
Le flux total total reçu a pour valeur : total = W + E + N critère de convergence devient :
+ S.

H1.5 Température des surfaces chaudes


et froides
Il faut procéder à la fin de tout intervalle de temps tk au
réajustement des paramètres physiques pour le calcul du
pas de temps tk+1, ce qui oblige en particulier à calculer
les températures de surface de chaque rectangle en
contact avec l’ambiance. Nous écrirons les formules pour
un rectangle en contact par sa facette W avec l’ambiance
chaude ou l’ambiance froide, les autres cas s’en dédui-
sant par la logique des appellations.
• température de la surface exposée au temps tk+1

• température de la surface non exposée au temps tk+1

Les températures moyennes des surfaces, non exposées


et exposées, s’obtiennent par pondération des tempéra-
tures de surface correspondante à l’aide des longueurs
des côtés des rectangles concernés. On calcule égale-
ment la température maximale de surface non exposée.

e-Cahiers du CSTB - 107 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Annexe I I2.2 Principe de la méthode
Calcul des continuités La méthode consiste à fixer les valeurs maximales des
moments en travée et des moments sur appuis à des
fractions de la valeur maximale du moment fléchissant M0
I1. Généralités dans la « travée de comparaison », c’est-à-dire dans la
Pour les planchers à prédalles précontraintes, il doit être travée indépendante de même portée utile que la travée
tenu compte de la réduction de la valeur absolue des considérée et soumise aux mêmes charges. Ces fractions
moments négatifs sur les appuis de continuité, résultant sont fixées forfaitairement.
des effets des déformations différentielles différées (fluage
de la prédalle précontrainte et retrait différentiel entre I2.3 Condition d’application de la méthode
béton coulé en œuvre et la prédalle préfabriquée, les MEd,0 est la valeur de calcul du moment fléchissant
effets du premier l’emportant sur ceux du second). agissant dans la « travée de comparaison » définie
Dans les conditions décrites au paragraphe 1.2.2.3, la ci-avant au paragraphe I2.2, les charges étant prises
répartition des moments fléchissants entre les sections en en totalité, y compris le poids propre du plancher, et
travée et sur appuis peut être forfaitaire, comme indiqué affectées de leurs coefficients partiel de sécurité à l’ELU.
au paragraphe I2 ci-après, les moments sur appuis étant MRd,w et MRd,e sont respectivement les valeurs absolues
toutefois bornés pour tenir compte des effets rappelés des moments résistants sur appuis de gauche et de
ci-avant, dans le cas des prédalles précontraintes. droite, compte tenu des sections de chapeaux mises en
Pour les planchers à prédalles précontraintes à charges place, et MRdT,max est le moment résistant en travée, dans la
d’exploitation relativement élevées, les redistributions zone de moment sollicitant maximal pris en compte dans
d’efforts dues aux déformations différentielles différées les calculs de la travée considérée.
doivent être prises en compte directement dans les
calculs par cumul aux effets des charges, appréciés par
ailleurs avec plus de précision, ainsi qu’il est indiqué au a) Moments minimaux sur appuis
paragraphe I3 ci-après. La valeur absolue de chaque moment résistant sur appui
Les deux méthodes ci-dessus ne s’appliquent strictement intermédiaire MRd,w et MRd,e n’est pas inférieure à la valeur
qu’au cas des dalles assimilables à des poutres larges et figurant dans le tableau suivant :
supportant des charges uniformément réparties dans la
direction parallèle aux lignes d’appui (charges uniformes Tableau I1 — Valeurs minimales de moment sur appui
ou concentrées linéaires). intermédiaire

I2. Méthode de calcul applicable Plancher Plancher


à prédalles à prédalles
aux planchers à charges précontraintes armées
d’exploitation modérées
dite « méthode forfaitaire » Plancher à 2 travées 0,60 M’0 0,65 M’0

I2.1 Domaine d’application


Appuis voisins
À défaut d’une méthode plus élaborée de calcul en conti- des appuis de rive
0,50 M’0 0,55 M’0
nuité, prenant en compte notamment les redistributions, d’un plancher
une répartition forfaitaire des moments fléchissants entre à plus de 2 travées
les sections en travée et sur appuis est admissible sous Autres appuis
les conditions suivantes : intermédiaires
0,45 M’0
d’un plancher
• la totalité des charges permanentes rapportées et à plus de 3 travées
d’exploitation G + Q demeure inférieure à 7,5 kN/m2,
et Q au plus égal à 2 x Gtotal (poids propres et charges
permanentes rapportées) ; Dans le cas de planchers mis en œuvre avec étais :
• les moments d’inertie des sections transversales M ’0 = MEd,0.
doivent être du même ordre de grandeur dans les diffé- Dans le cas de planchers mis en œuvre sans étai, M’0 est
rentes travées en continuité ; évalué comme MEd,0 mais en considérant seulement 50 %
du poids propre du plancher.
• les portées utiles successives doivent être dans un
rapport compris entre 0,80 et 1,25 ; Note 1 : Cette distinction dans le cas du plancher mis en
œuvre sans étai est justifiée par le fait que le poids propre
• pour les planchers à prédalles en béton armé, l’élan- du plancher, initialement appliqué aux prédalles seules,
cement Leff / d (rapport portée utile/hauteur utile) des se trouve partiellement reporté sur le système continu par
travées est limité à 27 ; le jeu des redistributions de contraintes dues au fluage.
Note : cette valeur est portée à 32 dans le cas de prédalles Dans le cas de travées de portées utiles inégales ou char-
bénéficiant d’une certification NF. gées inégalement de part et d’autre de l’appui considéré,
• la maîtrise de la fissuration n’est pas requise pour le la valeur de M ’0 intervenant dans la détermination des
comportement du béton armé ou la tenue des ouvrages bornes du moment sur appui est prise égale à la demi-
supportés. somme des M ’0 des deux travées.
La méthode forfaitaire ne s’oppose pas à la prise en En ce qui concerne les appuis de rive, lorsque des liai-
considération de charges concentrées, comme indiqué sons efficaces établies entre les planchers et les éléments
dans l’Annexe B de la présente section. L’appréciation de porteurs verticaux (murs armés,...) permettent de justifier
la conformité au domaine d’application défini ci-dessus un encastrement partiel, le moment correspondant peut
est alors basée sur la notion de « moment équivalent ». être pris en compte dans les vérifications, sans dépasser
toutefois 0,5 M ’0.

e-Cahiers du CSTB - 108 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Note 2 : En règle générale, il n’est pas admis de prendre I2.5 Dispositions d’armatures
en compte la rigidité de torsion de l’élément porteur pour
assurer cet encastrement (cas d’un appui sur poutre).
Si les calculs font intervenir un encastrement partiel sur un
I2.5.1 Cas des prédalles en béton armé
appui de rive, il convient de ne pas omettre de justifier la Dans le cas général, on applique les règles données au
résistance de l’élément porteur. paragraphe 1.2.2.3 de la section A.
b) Vérification de la capacité portante Lorsque la charge d’exploitation est au plus égale à la
On vérifie l’inégalité suivante : charge permanente et lorsque ces charges peuvent être
MRdT,max + (MRd,w + MRd,e) / 2 ≥ cferm MEd,0 considérées comme uniformément réparties, on peut se
dispenser du tracé des courbes enveloppes, sous réserve
avec :
que les dispositions suivantes soient adoptées.
• cferm = 1,1 dans le cas des travées intermédiaires des
Si l’on prend pour les moments sur appuis les valeurs abso-
planchers à plus de 3 travées ;
lues minimales définies au paragraphe I2.3 ci-dessus,
• cferm = 1,15 dans le cas de planchers à 2 travées ou à moins de justifications plus précises, la longueur des
dans le cas des travées de rive d’un plancher à plus chapeaux, à partir du nu des appuis, est au moins égale :
de 2 travées. • à 1/5e de la plus grande portée utile des deux travées
encadrant l’appui considéré, il s’agit d’un appui
I2.4 Vérifications particulières n’appartenant pas à une travée de rive ;
pour les prédalles précontraintes
• à 1/4 de la plus grande portée utile des deux travées
Cette vérification est effectuée dans une section encadrant l’appui considéré, s’il s’agit d’un appui
située à une distance de l’appui égale à la demi- intermédiaire voisin d’un appui de rive ;
longueur d’établissement de la précontrainte (définie au • en outre, la moitié au moins de la section des arma-
paragraphe 8.10.2 de la norme NF EN 1992-1-1 et son tures inférieures nécessaires en travée est prolongée
Annexe nationale). On s’assure que le moment résistant jusqu’aux appuis et les autres armatures sont arrêtées
de cette section est au moins égal au moment sollici- à une distance des appuis au plus égale à 1/10e de la
tant qui affecte cette dernière, déterminé en prenant en portée utile.
compte le même coefficient multiplicateur que pour le
Note : En tout état de cause, l’attention est appelée sur
moment sur appui.
le fait que, dans une poutre continue comportant des
Le moment résistant est évalué en considérant conven- travées inégales ou inégalement chargées, les chapeaux
tionnellement pour résistance du béton comprimé la doivent s’étendre dans les travées les plus courtes et les
valeur suivante : moins chargées sur une longueur plus grande que dans
fck − K ∙ pm les travées les plus longues et les plus chargées.
avec :
• fck la résistance du béton de la prédalle à 28 jours,
2.5.2 Cas des prédalles précontraintes
mesurée sur cylindre ; Dans le cas général, on applique les règles données au
Note 1 : À défaut de la connaissance précise de fck, on paragraphe 1.2.2.3.
peut prendre la valeur 1,10 K ∙ pm sans être inférieure à Toutefois, on prend pour les moments sur appuis les
27,5 MPa, avec K = 3 + 6 e / hp (e étant la valeur de valeurs absolues minimales définies au paragraphe I2.3
l’excentricité des armatures actives et hp l’épaisseur de la ci-dessus lorsque les deux conditions ci-après sont
prédalle). Dans le cas d’une prédalle d’épaisseur hp infé- simultanément respectées :
rieure à 5 cm, la valeur de K ∙ pm est multipliée par 5 / hp.
• la charge d’exploitation est au plus égale à la charge
Le coefficient 1,10 tient compte d’une augmenta-
permanente ;
tion minimale de résistance en compression de 30 %
entre la détention et 28 jours et de la correspondance • lorsque ces charges peuvent être considérées comme
cylindrique/cube. Des valeurs nettement plus élevées uniformément réparties.
sont généralement obtenues. On peut se dispenser du tracé des courbes enveloppes
-– pm la précontrainte moyenne de la prédalle ; sous réserve que, à moins de justifications plus précises,
- K défini de la manière suivante : la longueur des chapeaux à partir du nu des appuis soit
au moins égale :
• à 1/5e de la plus grande portée utile des deux travées
encadrant l’appui considéré, s’il s’agit d’un appui
n’appartenant pas à une travée de rive ;
• à 1/4 de la plus grande portée utile des deux travées
e l’excentricité de la précontrainte ; encadrant l’appui considéré, s’il s’agit d’un appui
intermédiaire voisin d’un appui de rive, cette longueur
hp l’épaisseur de la prédalle. pouvant être réduite au 1/5e de la portée utile dans le
Note 2 : En pratique, la seconde vérification est effectuée cas de travées de portées utiles égales et également
à 50 cm de l’appui avec les aciers couramment utilisés. chargées.
Il est possible de ne vérifier que la section sur appui si le Note : En tout état de cause, l’attention est appelée sur
moment résistant à rupture dans cette section est calculé le fait que, dans une poutre continue comportant des
en supposant la résistance du béton égale à la plus faible travées inégales ou inégalement chargées, les chapeaux
des deux valeurs : (fck − K ∙ pm) ou 25 MPa. doivent s’étendre dans les travées les plus courtes et les
moins chargées sur une longueur plus grande que dans
les travées les plus longues et les plus chargées.

e-Cahiers du CSTB - 109 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


I3. Méthode de calcul applicable I3.2.2 Évaluation des moments sur appuis
aux planchers à charges Ces sollicitations sont évaluées en faisant appel aux
d’exploitation relativement élevées méthodes usuelles de la résistance des matériaux. L’effet
des variations d’inertie dans les sections proches des
appuis dues à la fissuration du béton (fonctionnement
I3.1 Domaine d’application
en béton armé) est pris en compte forfaitairement en
Pour les planchers à charges d’exploitation relativement frappant les valeurs M des moments d’appui, calculés
élevées, ou supportant des charges roulantes, les enve- en supposant constant le moment d’inertie de chacune
loppes des moments fléchissants doivent être détermi- des travées, d’un coefficient K variable selon la nature de
nées conformément aux méthodes de la résistance des l’action tel que défini ci-dessous.
matériaux, en disposant ces charges dans les positions
les plus défavorables, et en tenant compte des effets Tableau I2 — Valeurs du coefficient K selon la nature de
de solidarisation transversale dans le cas des charges l’action
concentrées. En outre, pour les planchers à prédalles en
béton précontraint, les effets de redistribution d’efforts Actions K
dus aux déformations différentielles différées (précon- Poids propre du plancher 0,90
trainte de la prédalle et retrait du béton coulé en œuvre)
doivent obligatoirement être pris en compte. Autres charges permanentes et charges
0,90
d’exploitation : M < 0
Les planchers visés dans le présent paragraphe sont
ceux pour lesquels la « méthode forfaitaire » définie au Charges uniformément réparties
paragraphe I2 ne peut être appliquée du fait que les Charges concentrées linéaires
0,80
disposées parallèlement aux
conditions de charge ou de géométrie fixées dans son
lignes d’appui
domaine d’application ne sont pas respectées. M>0
Charges concentrées linéaires
I3.2 Principe de méthode disposées perpendiculairement
0,40*
aux lignes d’appui
Le plancher est calculé comme une poutre continue Charges concentrées ponctuelles
soumise aux actions qui le sollicitent, c’est-à-dire, outre Précontrainte 0,90
les charges, permanentes et variables, les déformations Retrait différentiel 1,00
imposées. Ces dernières sont les déformations différen- Dénivellations d’appui 1,00
tielles différées (voir paragraphe I3.2.1 ci-après) ainsi * Valeur réduite pour tenir compte de l’effet d’étaiement dans les travées
que, éventuellement, les dénivellations d’appui impo- adjacentes à l’appui considéré.
sées au plancher à prédalles du fait de la flexibilité des
ouvrages qui le supportent.
I3.3 Conditions d’application de la méthode
I3.2.1 Prise en compte des effets
des déformations différentielles différées I3.3.1 Valeurs des coefficients de prise
en compte  des actions pour
Ces déformations, qui sont imposées au plancher après
la détermination des moments sur appui
solidarisation du béton coulé en œuvre et de la prédalle,
sont dues : Les valeurs des coefficients  pour la détermination
• au fluage de la prédalle précontrainte, qui a pour effet des moments sur appuis sont données dans le tableau
de reporter sur le plancher fini une part des actions ci-dessous, les cas de pose des prédalles avec et sans
appliquées initialement à l’élément préfabriqué : poids étais étant différenciés.
propre de la prédalle G1 et précontrainte Fpm, éventuel-
lement, et poids du béton coulé en place G2 ; Tableau I3 — Valeurs du coefficient  en fonction de la nature
• au retrait du béton coulé en place, gêné par la de l’action
prédalle (effet de bilame).
Pose
La prise en compte des effets des déformations diffé- Actions
rentielles différées est limitée aux redistributions d’efforts Avec étais Sans étai
entre les sections, c’est-à-dire à l’évaluation des moments Poids propre
d’appui qui en résultent. 0,45 0,45
de la prédalle (G1)*
Pour les planchers à charges d’exploitation importantes Poids propre du béton
réalisés avec les prédalles fortement précontraintes, les 1,00 0,60
coulé en œuvre (G2)
effets de redistribution d’efforts peuvent être tels que,
cumulés aux sollicitations dues aux charges permanentes Autres charges
permanentes et charges 1,00 1,00
et aux charges d’exploitation disposées de la manière la
d’exploitation
plus défavorable, ils conduisent à des moments d’appui
résultants positifs : il est alors nécessaire que l’assem- Précontrainte (F)* 0,45 0,45
blage entre les travées successives, sur leurs appuis, * Dans le cas où le béton de la prédalle est soumis à un traitement
comporte une liaison par armatures inférieures dimen- thermique. Dans le cas contraire, γ = 0,50.
sionnées pour ces sollicitations.

e-Cahiers du CSTB - 110 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


I3.3.2 Effets différés de la précontrainte ht et hp étant respectivement les épaisseurs du plancher
terminé et de la prédalle.
Les moments hyperstatiques sur les appuis sont La valeur de Mri indiquée ci-dessus résulte des hypo-
déterminés en assimilant les effets de la précontrainte thèses suivantes :
à une flexion circulaire, dans chacune des travées
supposée indépendante, le moment isostatique en toute • Le retrait différentiel entre le béton coulé en œuvre et
section étant égal à : celui de la prédalle est tel que :
Δ cs égal à 1,5 x 10-4, dans le cas où le béton de prédalle
est soumis à un traitement thermique ;
Δ cs égal à 1,2 x 10-4 dans le cas contraire.
avec :
• Le module d’élasticité du béton coulé en œuvre est tel
• Fpm,∞ la force de précontrainte par unité de largeur après que Ec,eff égal à 10 500 MPa.
pertes (voir 1.1.1) ;
Note : Dans les sections sur appuis, le moment isostatique
• e’ la valeur absolue de l’excentricité de la précontrainte est nul. Le moment résultant relatif à cette action est donc
par rapport à la fibre neutre de la section totale du plan- égal au moment hyperstatique déterminé comme indiqué
cher, supposée implantée à mi-épaisseur de la dalle ; au paragraphe I3.2.2.
•  le coefficient de prise en compte de la précontrainte, Dans le cas d’une succession de n travées identiques, les
défini au paragraphe I3.3.1. moments hyperstatiques dus au retrait différentiel Mrh, sur
Note : Dans les sections sur appuis, le moment isosta- les divers appuis de continuité, sont égaux à :
tique de précontrainte est nul. Le moment résultant relatif Mrh = −  . Mri
à cette action est donc égal au moment hyperstatique K est égal à 1,00 conformément au paragraphe I.3.2.2.
déterminé comme indiqué au paragraphe I3.2.2. Les valeurs des coefficients  étant indiquées dans le
Dans le cas d’une succession de n travées identiques, les tableau du paragraphe I3.3.2. Ces moments sont toujours
moments hyperstatiques de précontrainte sur les divers négatifs.
appuis de continuité sont égaux à :
Mph = −  ∙ K ∙ Mpi I3.3.4 Diagramme des moments fléchissants
La valeur du coefficient K étant indiquée au para- sous les effets des actions permanentes
graphe I3.2.2 et celle du coefficient  dans le tableau
suivant. Ces moments sont toujours positifs. Pour chacune des travées, le tracé de ce diagramme
résulte de la considération :
Tableau I4 — Valeurs du coefficient  suivant l’appui • du diagramme des moments fléchissants dans la travée
considéré libre sous la totalité des charges permanentes ;
• d’une ligne de fermeture définie par les moments sur les
Nombre appuis limitant la travée, égaux à la somme algébrique :
∆0 ∆1 ∆2 ∆3 ∆≥4
de travées
- des moments de continuité sous charges
2 3/2 partielles déterminés conformément au para-
3 6/5 graphe I3.2.2, compte tenu des coefficients de prise
en compte  correspondants, indiqués au para-
4 9/7 6/7
graphe I3.3.1 ;
5 24/19 18/19
- des moments de continuité sous les effets différés
6 33/26 24/26 27/26 de la précontrainte et du retrait différentiel, déter-
∞ 1,27 0,93 1,02 1,00 minés comme indiqué respectivement aux para-
graphes I3.3.2 et I3.3.3 ;
- ainsi qu’éventuellement des moments de conti-
I3.3.3 Effets du retrait différentiel
nuité dus aux dénivellations d’appui à caractère
Les moments hyperstatiques qui résultent de cette action, permanent.
sur les appuis, sont déterminés en assimilant ses effets à
une flexion circulaire, dans chacune des travées suppo- I3.3.5 Enveloppe des moments fléchissants
sées indépendantes, le moment isostatique en toute sollicitants
section étant égal à :
Mri = + 0,15 m (en daN.m par mètre de largeur) dans le Cette enveloppe est obtenue par cumul, au diagramme
cas où le béton de la prédalle est soumis à un traitement des moments fléchissants sous les effets des actions
thermique, + 0,12 m dans le cas contraire, permanentes définis au paragraphe précédent, des effets
des charges d’exploitation déterminés en tenant compte
avec m le moment statique de la section B (égale à b.hp)
des dispositions de charges les plus défavorables,
de la prédalle par rapport à la fibre neutre de la section
ainsi qu’éventuellement des dénivellations d’appui
du plancher fini, sans homogénéisation des sections,
concomitantes.
exprimé en cm3 par mètre de largeur et défini de la
manière suivante :

e-Cahiers du CSTB - 111 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Il en résulte :
• pour les sections en travée, la détermination du moment
maximal ;
• pour les sections sur appuis, la détermination des
moments minimal (moment négatif le plus important)
et maximal (moment qui, dans certains cas, appa-
raît comme positif : se reporter au commentaire du
paragraphe I3.2.1).

I3.3.6 Efforts tranchants


Les efforts tranchants sont déterminés dans les condi-
tions définies ci-avant, c’est-à-dire en tenant compte
des transferts d’efforts dus aux moments hyperstatiques
d’origines diverses.

I3.4 Vérifications relatives aux zones d’appui


L’ensemble des vérifications suivantes sont effectuées à
la rupture.

I3.4.1 Détermination des chapeaux


Les armatures supérieures sont déterminées à partir
du moment sollicitant négatif le plus important pour
chacun des appuis, le moment résistant correspondant
étant évalué conformément au paragraphe 1.2.2.3 de la
section A.

I3.4.2 Vérification complémentaire


Cette vérification est effectuée dans une section située
à une distance de l’appui égale à la demi-longueur
d’établissement de la précontrainte, comme indiqué au
paragraphe I2.4.

I3.4.3 Détermination des armatures inférieures


lorsque le moment maximal sur appui
est positif
La section des armatures sortant en attente des prédalles
doit être capable d’équilibrer un effort égal à :
VEd + MEd / z

À l’État-Limite Ultime, VEd étant l’effort tranchant concomi-


tant à MEd, moment de continuité pris avec son signe, et
z le bras du levier du couple. À défaut de calculs plus
précis, on pourra prendre z = 0,9 ∙ d.
Une liaison mécanique doit être assurée à l’aplomb de
l’appui entre les armatures relatives aux deux travées
adjacentes, au moins pour celles équilibrant la part MEd / z
de l’effort ci-dessus.
Les armatures assurant l’ancrage de la part restante de
cet effort, c’est-à-dire l’effort tranchant, doivent satisfaire
aux prescriptions du paragraphe I2.5, notamment pour ce
qui est de leur longueur d’ancrage.

e-Cahiers du CSTB - 112 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Annexe J
Trémies

J1. Introduction
Le problème des renforts d’armatures à prévoir au
voisinage des trémies ne peut être traité d’une manière
simplifiée dans sa généralité.
Les recommandations qui suivent sont donc limitées à
quelques cas-types courants : elles sont basées sur des
études de cas particuliers de trémies définies par leur
emplacement et leurs dimensions relatives par rapport à
la portée utile du plancher.
Les règles énoncées ne sont valables que pour des
trémies situées loin des rives non supportées et isolées
ou pouvant être considérées comme telles, c’est-à-dire
pour lesquelles il n’y a pas chevauchement des zones de
renforcement. Légende :

Leur utilisation est par ailleurs limitée au domaine des 1. Aire ∆M


charges uniformément réparties, ce qui exclut le cas où 2. 3 à 4 b environ
des charges concentrées importantes sont appliquées à
la dalle, en bordure d’une trémie. 3. Trémie de largeur b

Dans les cas ne relevant pas de l’application de la


présente annexe, et notamment pour les trémies de Figure J1 — Visualisation du moment supplémentaire ΔM
grandes dimensions qui affectent considérablement dû à la présence de la trémie
l’effet de répartition de la dalle, il y a lieu de recourir à des
méthodes de dimensionnement plus élaborées (calcul en a) 1er cas
poutres croisées par découpage de la dalle en bandes, Trémies carrées (Figure J2), trémies rectangulaires
éléments finis). dont le grand côté a est perpendiculaire aux lignes
Note : Il peut être alors nécessaire, à défaut de prévoir d’appuis (Figure J3) et le rapport à la portée utile, du
des appuis supplémentaires (sur des murs fondés, par grand côté, ou du côté du carré, est inférieur ou égal
exemple), de border les trémies par une poutraison à 0,3.
spécialement dimensionnée, notamment lorsque des
déformations exagérées sont à craindre.

J2. Trémies situées à mi-portée


de la dalle
Il est possible de recourir aux renforcements définis
ci-après, ΔM désignant le moment isostatique qui affec-
terait la bande de dalle de largeur b / 2, supposée non
coupée sous les effets des charges qui leur sont effec-
tivement appliquées, b étant la dimension de la trémie
mesurée perpendiculairement à la portée Leff.
Note : ΔM est donc égal au moment supplémentaire, Figure J2 — Trémies centrées avec b / Leff ≤ 0,3
résultant de l’existence de la trémie, qui doit être équi-
libré de chaque côté de cette dernière dans les zones
courantes de la dalle.

Figure J3 — Trémies centrées avec a / Leff ≤ 0,3

e-Cahiers du CSTB - 113 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Le moment supplémentaire ΔM est réparti à raison de b) 2e cas
50 % sur une bande de largeur b / 2 et 50 % sur une Trémies carrées, trémies rectangulaires avec Leff / 4 ≤ b
bande de largeur 3b / 2. ≤ Leff / 3 (Figure J6).
b) 2e cas
Trémies rectangulaires dont le grand côté b est parallèle
aux lignes d’appuis (Figure J4) et son rapport à la portée
utile inférieur ou égal à 0,3.

Figure J6 — Trémies près des appuis avec Leff / 3 ≥ b ≥ Leff / 4

Le moment supplémentaire ΔM ’ est réparti à raison de


50 % sur une bande de largeur b / 3 et 50 % sur une
bande de largeur 4b / 3.
Figure J4 — Trémies centrées avec b / Leff ≤ 0,3
J4. Dispositions d’armatures
Dans ce cas, le moment supplémentaire ΔM est majoré
de 10 % et réparti par moitiés sur des bandes de largeurs Les largeurs de répartition admises dans les règles
respectivement égales à b / 3 et 4/3 b. précédentes constituent des valeurs maximales. Il est
possible de répartir les sollicitations supplémentaires sur
J3. Trémies situées près des appuis des zones plus réduites.
de la dalle Dans le cas de prédalles précontraintes, il est préférable
de renforcer les bandes bordant les trémies avec des
Dans ce cas de trémie, on constitue un chevêtre incorporé armatures de précontrainte pour une part du moment
disposé perpendiculairement à la portée, en bordure de supplémentaire. Toutefois, il est possible de réaliser ce
la trémie. Ce chevêtre amène, de part et d’autre de cette renforcement intégralement avec des armatures de béton
dernière, une réaction R sur les bandes porteuses qui la armé.
bordent, bandes qui sont donc soumises à un moment En ce qui concerne les armatures de répartition, l’atten-
supplémentaire ΔM’. tion est attirée sur la nécessité de prévoir un ferraillage
ΔM’ = R ∙ a ∙ (Leff – a) / Leff de renfort près des bords des trémies, perpendiculaire-
ment à la portée de la dalle, déterminé statiquement pour
Il est possible de recourir aux renforcements qui suivent :
assurer le transport des charges appliquées au droit de la
a) 1er cas bande interrompue par la trémie sur les axes des bandes
Trémies carrées, trémies rectangulaires avec b ≤ Leff / 4 longitudinales renforcées.
(Figure J5). Les calculs doivent être menés dans les conditions de
pondération des charges correspondant aux vérifications
effectuées.
Dans le cas de trémies de grandes dimensions situées en
bordure de prédalle, on peut utiliser un raidisseur filant sur
la rive concernée.

J5. Autres vérifications relatives


aux bandes porteuses renforcées
Elles doivent être menées dans les mêmes hypothèses de
répartition que celles adoptées pour la détermination des
armatures de flexion de renfort.
Figure J5 — Trémies près des appuis avec b ≤ Leff / 4. C’est ainsi que, si ces dernières sont concentrées sur des
largeurs inférieures à celles définies aux paragraphes J2
Le moment supplémentaire ΔM ’ est réparti à raison de et J3, comme il est indiqué au paragraphe J4, ce sont ces
50 % sur une bande de largeur b / 2 et 50 % sur une largeurs de répartition qui doivent être prises en compte
bande de largeur 3b / 2. pour les autres vérifications.
Ces autres vérifications concernent :
• la prise en compte des effets de la continuité, qui doit
être effectuée dans les mêmes conditions de répartition
des moments fléchissants entre les sections sur appuis
et en travée que pour les zones courantes de la dalle ;
• l’évaluation des efforts tranchants ;

e-Cahiers du CSTB - 114 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Note 1 : Lorsque les renforcements sont réalisés sur
des bandes de largeur réduite, il peut être nécessaire
de prévoir localement des armatures transversales afin
d’assurer la couture prédalle/béton coulé en place.

• l’évaluation des déformations ;


Note 2 : Dans le cas des prédalles précontraintes,
l’attention est attirée sur le fait que, lorsque le renforce-
ment de la dalle est assuré par des armatures de béton
armé, il y a lieu d’en tenir compte, les prescriptions
du paragraphe 3.5.2 n’étant plus applicables.
À défaut d’une évaluation plus précise, il est possible
de majorer la flèche évaluée conformément au para-
graphe 3.5.2 d’un coefficient majorateur égal à (1 + K),
avec :

Fyd et nø ∙ Fpd étant respectivement les forces de rupture


des armatures passives et de précontrainte implantées
dans chacune des bandes considérées, évaluées comme
il est indiqué au paragraphe 2.1.1 de la section A.

e-Cahiers du CSTB - 115 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Annexe K K2.2 Poteaux
Dimensionnement et dispositions Tous les poteaux intérieurs sont généralement supposés
constructives des planchers-dalles identiques, de section transversale rectangulaire ou
avec ou sans chapiteaux réalisés circulaire ou polygonale régulière. Les poteaux de rive
et d’angle doivent en général présenter une section au
à partir de prédalles préfabriquées moins égale à la demi-section des poteaux intérieurs.
en béton armé Les appuis de la dalle peuvent être réalisés à partir de
voiles et de voiles d’angle moyennant justification locale.
K1. Domaine d’application Les poteaux peuvent être ou non pourvus, à chaque
étage, de têtes, généralement de forme évasée (troncs
La présente annexe concerne les bâtiments à un ou de cônes ou de pyramides renversés) ou d’une retombée
plusieurs étages dont les planchers sont constitués par de section rectangulaire sur-épaissie de la dalle, appelés
des dalles continues sans nervure supportées directe- « chapiteaux ».
ment par des poteaux, sauf éventuellement sur leurs rives, Lorsque les chapiteaux existent, les planchers sont dits
le long desquelles peuvent exister des murs porteurs ou « planchers-champignons », dans le cas contraire, ils
des poutres en saillie des dalles. Les dalles peuvent éven- sont dits « planchers-dalles ».
tuellement être prolongées en porte-à-faux au-delà des
poteaux de rive. K2.3 Chapiteaux
L’analyse des planchers-dalles peut être conduite confor-
mément à l’Annexe I de la norme NF EN 1992-1-1 avec Le chapiteau d’un pilier intérieur peut être constitué d’un
son Annexe nationale (NF EN 1992-1-1/NA) et les complé- tronc de pyramide, d’un tronc de cône circulaire ou ellip-
ments de la présente annexe. tique dont la petite base est la section supérieure de la
partie prismatique du pilier.
Il peut être constitué d’une dalle sur-épaissie rectangu-
laire, circulaire ou elliptique en retombée au voisinage de
ces appuis.
La superposition d’un sur-épaississement de la dalle et
d’un tronc de pyramide ou d’un tronc de cône peut aussi
être envisagée.
Dans tous les cas, l’encombrement de la grande base
du chapiteau de dimensions a’ et b’ ne peuvent excéder
0,4 fois les portées respectives dans les deux directions
x et y (les portées sont mesurées entre axes des poteaux).

K3. Méthode de calcul


D’une façon générale, on peut utiliser toute méthode de
calcul notamment les méthodes de calcul aux éléments
finis, scientifiquement justifiée et correspondant au fonc-
Figure K1 — Exemple de trame de poteaux tionnement réel du plancher, tenant compte en particulier
des liaisons existant entre les poteaux et la dalle.
Cette méthode de calcul s’impose plus particulière-
K2. Dispositions ment dans le cas où les inégalités suivantes ne sont pas
respectées, ainsi que les situations de projet suivantes :
K2.1 Généralités ly / 2 ≤ lx ≤ 2ly
b / 2 ≤ a ≤ 2b b’ / 2 ≤ a’ ≤ 2b’
Les dalles sont pleines et d’épaisseur totale constante
et réalisées à partir de prédalles en béton armé dont a ≤ lx1 / 5 b ≤ ly1 / 5
l’épaisseur n’excède pas la demi-épaisseur de la dalle. où lx1 et ly1 les plus faibles portées dans le sens X et Y des
Celle-ci est pourvue d’armatures inférieures mises en panneaux voisins du poteau considéré.
place en tout ou partie dans la prédalle avec éventuelle- La plus grande dimension d’une trémie, dans les bandes
ment un complément d’armatures disposées sur prédalle centrales de la dalle, ne doit pas dépasser la plus petite
et des chapeaux disposés dans les directions X et Y. Elle des valeurs suivantes : lx / 6 ou ly / 6.
peut également être munie d’armatures supérieures en
dehors des zones voisines des poteaux. Dans la zone commune à une bande centrale et à une
bande sur appuis, les trémies ne peuvent avoir plus de
Si besoin, dans les zones localisées proches des appuis lx / 10 dans le sens X ou ly / 10 dans le sens Y suivant leur
de la dalle, les prédalles peuvent être pourvues d’arma- plus grande dimension. Entre deux trémies, il doit y avoir
tures anti-poinçonnement. Elles peuvent être réalisées à une zone pleine au moins égale, dans les sens X ou Y,
partir d’armatures en forme de cadre ou d’étrier, à l’aide à 3 fois la plus grande dimension des trémies.
de raidisseurs à treillis ou de poinçons à double tête.
Si QB désigne la charge totale d’exploitation supposée
uniformément répartie sur un panneau d’aire lxly, soit
QB = qBlxly, on peut admettre que celui-ci peut supporter
des charges localisées dont l’intensité ne dépasse pas
QB / 10 en même temps que des charges d’exploitation
réparties à condition que la charge totale d’exploitation
reste au plus égale à 0,9 ∙ QB et que la résistance de la
dalle au poinçonnement permette l’application desdites
charges localisées. Pour les autres cas, des justifications
spéciales doivent être apportées.
e-Cahiers du CSTB - 116 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016
K4. Règles simplifiées Les panneaux sont divisés en bandes centrales et
bandes sur appuis, avec la répartition correspondante
des moments fléchissants, le tout conformément au
K4.1 Domaine d’application paragraphe 1.2 de l’Annexe I de la norme NF EN 1992-1-1
avec son Annexe nationale (NF EN 1992-1-1/NA).
Les présentes règles s’appliquent uniquement à des
planchers-dalles, pour des bâtiments dans lesquels En l’absence de justifications plus précises, les appuis de
la résistance aux forces horizontales est entièrement rive, et en particulier les poteaux, sont capables d’équi-
assurée par une structure rigide (murs-pignons, façades, librer un moment d’encastrement au moins égal à 20 %
refends, ...). du moment isostatique, si la dimension a des poteaux est
inférieure au double de l’épaisseur h de la dalle et à 40 %
De plus, les conditions ci-après doivent être remplies : dans les autres cas.
• la somme des charges d’exploitation qui peuvent être La répartition des moments fléchissants tient compte de la
appliquées à chacun des éléments est inférieure aux présence de rive supportée (mur ou poutre suffisamment
2/3 de la somme des charges permanentes ; rigide) ainsi que de porte-à-faux éventuel. Dans le cas où
• s’il existe sur un panneau des charges localisées, le plancher-dalle présente un porte-à-faux dont la largeur
chacune d’elles ne dépasse pas le 1/10e de l’ensemble l0 n’excède pas le 1/3 de la largeur ly des panneaux de rive
des charges appliquées au panneau ; voisins, il est possible de calculer le panneau de dalle en
porte-à-faux de la même façon qu’un panneau courant,
• le nombre des travées suivant les directions X et Y est
en adoptant notamment la même division en bandes.
au moins égal à 2 ;
Les moments fléchissants déterminés dans les conditions
• le rapport des portées de deux panneaux voisins, définies ci-dessus, qui sollicitent les deux demi-bandes
mesurées suivant une même direction, est compris sur appuis situées de part et d’autre d’une file de poteaux,
entre 0,5 et 2 ; sont supposés uniformément répartis sur la totalité de
• les dimensions a et b de la section droite des poteaux la largeur de ces deux demi-bandes. En conséquence,
vérifient les inégalités : a ≤ lx 1/4 et b ≤ ly 1/4. la répartition des armatures est uniforme dans chaque
bande sur appuis et dans chaque bande centrale.
K4.2 Dimensionnement La vérification de la résistance à la flexion doit être
effectuée en supposant que le béton et les armatures
L’élément de base de calcul est constitué par un panneau compris à l’intérieur de la bande sur appuis ou de la
de dalle limité par les plans verticaux contenant les axes bande centrale considérée équilibrent seuls le moment
des poteaux de deux files voisines. fléchissant positif ou négatif qui sollicite cette bande. Si
les panneaux ne sont pas carrés, les armatures parallèles
aux grands côtés sont les plus proches du parement du
béton le plus voisin.
Les arrêts des armatures inférieures et supérieures
peuvent être déterminés, pour l’ensemble de la bande,
conformément au paragraphe 9.2.1.3 de la norme
NF EN 1992-1-1 avec son Annexe nationale. Le pourcen-
tage des armatures tendues situées sur toute la largeur
du panneau limité par les files de poteaux doit être au
moins égal au pourcentage minimum défini au para-
graphe 9.3.1.1 (1) de la norme NF EN 1992-1-1 avec son
Annexe nationale.
Il y a lieu de vérifier la déformation du plancher dans les
bandes les plus sollicités dans le sens X et le sens Y.
Cela implique de vérifier uniquement les bandes
porteuses se trouvant dans l’axe des poteaux suivants les
Figure K2 — Délimitation du panneau de dalle deux directions.

Ce panneau de dalle est considéré dans chaque sens


comme une poutre reposant sur des appuis disposés
K5. Vérification au poinçonnement
suivant les droites joignant les axes des poteaux des files Les vérifications sont effectuées en tenant compte de la
perpendiculaires. Cette poutre est supposée soumise par présence des prédalles pour la détermination de la capa-
unité de longueur à l’ensemble des charges permanentes cité résistante du plancher. La résistance au poinçonne-
et d’exploitation appliquées sur une tranche de longueur ment des dalles pleines étant définie au paragraphe 6.4
unité affectant la totalité de la largeur du panneau. de la norme NF EN 1992-1-1 avec son Annexe natio-
Les deux séries de panneaux perpendiculaires qui consti- nale (NF EN 1992-1-1/NA).
tuent le plancher doivent ainsi être calculées de façon que Quelles que soient les dispositions retenues, il convient
chacune d’elles puisse équilibrer la totalité des charges de limiter le diamètre des armatures de poinçonnement
qui lui sont appliquées à l’État-Limite considéré. (en mm) :
Note : Il est admis dans la suite que le panneau de
dalle considéré est étudié dans la direction X. Il suffit de
permuter X et Y, x et y, a et b, pour obtenir les éléments
correspondants du calcul d’un panneau de dalle dirigé
suivant la direction Y.
Les moments qui sollicitent chaque panneau peuvent
être déterminés selon une analyse élastique linéaire avec
ou sans redistribution des moments fléchissant dans les
poutres, sous réserve de prendre en compte dans les
calculs la portée entre axes des poteaux.

e-Cahiers du CSTB - 117 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Les principes de vérifications à effectuer sont fonction
de la configuration du poteau étudié, en tenant compte
à la fois de l’épaisseur de la dalle et de l’équarrissage du
poteau et de sa position par rapport à la dalle :
• poteau intermédiaire ;
• poteau d’angle ;
• poteau de rive.

K6. Dispositions constructives

K6.1 Calepinage des prédalles


Le calepinage des prédalles doit respecter au mieux les
demi-bandes sur appuis situées de part et d’autre d’une
file de poteaux dans le sens de la plus grande portée
suivant X ou Y.
• toutes les prédalles sont orientées dans le sens de la
plus grande portée à la fois au droit des demi-bandes
sur appui et de la bande centrale (Figure K3). À ce titre,
les armatures inférieures sont intégrées en tout ou partie
dans la prédalle ;

Figure K3 — Exemple de calepinage avec toutes les prédalles dans le sens de la plus grande portée

• au droit des demi-bandes sur appui, les prédalles sont


orientées suivant chacune des directions X et Y, tout en
privilégiant les prédalles dans le sens de la plus grande
portée (Figure K4). À ce titre, les armatures inférieures
sont intégrées en tout ou partie dans la prédalle. Dans
la bande centrale, les prédalles sont orientées dans le
sens de la plus grande portée, les armatures inférieures
dans le sens perpendiculaire à la plus grande portée
étant disposées sur la prédalle.

Figure K4 — Exemple de calepinage avec les prédalles orientées dans les deux directions
au droit des demi-bandes sur appuis

e-Cahiers du CSTB - 118 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


K6.2 Position des joints d’abouts de prédalle
des demi-bandes sur appui
Les joints d’abouts entre prédalles doivent être disposés
dans les zones de flexion les moins sollicitées (point de
moment nul). Cette disposition est imposée seulement
dans les demi-bandes sur appui, à la fois dans les sens
parallèle et perpendiculaire de la plus grande portée.
Note 1 : Si la position des joints d’about (lja), par
rapport à l’axe de l’un des deux poteaux sur la ligne
d’appui, se trouve à une distance comprise entre lx
(ou ly) / 5 ≤ lja ≤ lx (ou ly) / 3, cette condition est respectée.
Les conditions d’appui, en phase provisoire, doivent
être conforme à l’Annexe A de la présente section pour
l’ensemble des appuis périphériques de la dalle, s’ils
existent, à condition que la lisse de rive soit à une distance
supérieure à 2,5 h.
Note 2 : Certains appuis intérieurs peuvent faire l’objet
d’une vérification, si les conditions d’étaiement peuvent
être assimilées à une dalle reposant sur deux lignes
d’appui.
Cette vérification n’est pas à effectuer pour un appui ou
une zone d’appui d’un plancher-dalle. En effet, la pénétra-
tion de la prédalle sur un pilier intermédiaire, d’angle, de
rive ou en extrémité de voile ne doit pas perturber la trans-
mission des bielles de compression sur le pilier considéré.
La valeur de la pénétration de la prédalle ne doit en aucun
cas être supérieure au 1/20e de la plus petite dimension
du pilier exprimée en cm, sans toutefois dépasser 2 cm.

Légende :
1. Pilier intérieur
2. Repos d’appui : min (min (a;b) / 20 ; 2) cm
Figure K5 — Conditions de repos d’appui

K6.3 Dispositions particulières


en bord de prédalles
Les extrémités des prédalles doivent être chanfreinées en
partie supérieure sur toute la périphérie dans les zones
de continuité des prédalles, y compris les bords de trémie
présente au droit des poteaux intérieurs, d’angle et de
rive, en angle et en extrémité de voile. Les dispositions
sont illustrées ci-dessous.

Légende :
1. Joint de prédalle

Figure K6 — Chanfreins en extrémité de prédalles

e-Cahiers du CSTB - 119 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


SECTION B 2. Dispositifs de manutention
Fabrication et contrôle des prédalles
2.1 Généralités
1. Plancher à prédalles Quel que soit le dispositif de manutention utilisé, l’angle
d’élingage est généralement de 60° mais ne peut en
À défaut de spécifications des Documents Particuliers du aucun cas dépasser 90° (Figure 1).
Marché (DPM), la conception et le dimensionnement des
Les conditions de levage et notamment les angles
planchers à prédalles doivent être réalisés conformément
d’élingage sont indiqués sur les plans de préconisation
à la Section A du présent document.
de pose du fournisseur de prédalles.
1.1 Prédalles préfabriquées Lorsque la manutention se fait par crochets de levage,
ceux-ci doivent être choisis en tenant compte des dimen-
Les prédalles constitutives du plancher doivent être sions des boucles de levage afin :
conformes à la norme NF EN 13747, dans les limites • de permettre une application de la charge sur le siège
dimensionnelles suivantes : du crochet ;
• pour les prédalles précontraintes : épaisseur comprise • d’assurer une surface suffisante de contact entre la
entre 0,05 m et 0,18 m (bornes incluses) ; boucle et le crochet ;
• pour les prédalles en béton armé munies de treillis • d’assurer la fermeture du linguet de sécurité ;
raidisseurs : épaisseur comprise entre 0,04 m et
0,18 m (bornes incluses). • d’éviter tout phénomène de « pied de biche » qui pour-
rait entraîner une déformation, voire un arrachement de
Note 1 : L’épaisseur des prédalles en béton armé munies la boucle de levage.
de treillis raidisseurs est portée à 50 mm dans le cas de
prédalles suspendues. Les caractéristiques des crochets, définies dans le
Note 2 : Les treillis raidisseurs relèvent de la procédure tableau de la Figure 6 de la Section C (paragraphe 1.2),
d’Avis Techniques avec certification NF ou équivalent. permettent de respecter ces préconisations. Il appartient
à l’utilisateur de vérifier la compatibilité des éléments
Le présent document vise également les planchers à
avec l’usage prévu. Les conditions d’emploi doivent être
dalle pleine constitués de prédalles pouvant comprendre
conformes à la notice d’utilisation établie par le fournis-
des treillis raidisseurs ou des nervures de raidissement
seur.
en béton, ainsi que les planchers constitués de prédalles
formant seulement coffrage du plancher pendant la Les boucles de levage doivent respecter les prescriptions
construction. du paragraphe 4.4 de la Section A du présent document.
Il convient que l’acier des suspentes puisse être déclaré Lorsque la prédalle est levée en quatre points, la charge
« apte au redressage après pliage », après essai selon est considérée comme étant répartie sur les quatre points
la procédure E4 de l’AFCAB ou selon une procédure si le système d’élingage permet un auto-équilibrage des
équivalente. efforts. Dans le cas contraire, la charge est supposée
se répartir en trois points pour les prédalles souples
1.2 Autres éléments (épaisseur de prédalle inférieure ou égale à 8 cm, sans
treillis raidisseur ni nervure en béton) et en deux points
Le béton coulé en place et les ferraillages complémen- dans les autres cas.
taires sont conformes aux spécifications de la norme
NF DTU 21.
Les procédés de béton de fibres doivent être conformes
à un Avis Technique ou un Document Technique d’Appli-
cation (DTA).

1.2.1 Produits de joint


Les produits doivent être spécifiquement destinés, par
leurs fabricants, au traitement des joints entre prédalles.
La mention d’utilisation « joint de prédalle » doit être
précisée sur le conditionnement.
Note : L’utilisation de produits prêt à l’emploi permet de
garantir le bon dosage des différents composants.

e-Cahiers du CSTB - 120 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Légende :
1. Elingue
2. Angle d’élingage inférieur ou égal à 60° conseillé

Figure 1 — Exemple de dispositif de manutention


en 4 points (non équilibré)

Note : Le nombre de points de levage nécessaire est


indiqué par le fournisseur de prédalle en fonction des
dimensions de la prédalle, du nombre éventuel de treillis
raidisseurs, des efforts maximums en service par boucle
de levage, …
Lorsque la prédalle est levée en six points ou plus, un
système d’élingues auto-équilibrant ou un palonnier de
manutention avec équilibrage des efforts dans les élin-
gues est nécessaire.

Figure 2 — Exemples de dispositif de manutention en 6 points (auto-équilibrant)

2.2 Autres dispositifs de manutention


D’autres dispositifs de manutention peuvent être admis
s’ils présentent les garanties nécessaires en matière de
sécurité et d’intégrité des prédalles.
Note : Les dispositifs de manutention intégrés au produit
relevant d’un Avis Technique ou d’un Document Tech-
nique d’Application (DTA) ou d’un Agrément Technique
Européen (ATE) peuvent être utilisés.

e-Cahiers du CSTB - 121 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


SECTION C
Transport, mise en œuvre et finition

1. Règles d’exécution pour


les planchers à prédalles

1.1 Généralités
Pour l’ensemble des phases de réception, manutention,
stockage et mise en œuvre des prédalles, le respon-
sable chargé de la pose doit disposer des plans d’exé-
cution, notamment les fiches de fabrication et les détails
d’assemblages.
Note : Pour les phases de réception, manutention et
stockage, une méthodologie est présentée en Annexe A
de la présente section.
Les conditions de mise en œuvre sont préalablement
communiquées au bureau d’études chargé du dimension-
nement des produits.
La chronologie du montage sera déterminée en tenant
compte des délais nécessaires au durcissement des
bétons de clavetage et/ou de scellement au droit des
liaisons.

1.2 Manutention et stockage


Le stockage et la manutention ne doivent ni endommager
les prédalles ainsi que les inserts (suspentes, boucles de
levage, treillis raidisseurs, par exemple), ni altérer leurs
parements.
La manutention sur chantier s’effectue à l’aide de crochets
de levage disposés :
• dans les boucles de levage ;
• ou à l’intérieur des boucles formées par les diagonales
des treillis raidisseurs.
Le levage doit être réalisé à l’aide d’un matériel de manu-
tention approprié et respecter les recommandations du
fournisseur de prédalles. Il doit être lent et progressif de
façon à minimiser les effets dynamiques sur les prédalles
et les points de préhension.
Lorsque les prédalles sont stockées sur le chantier,
le stockage doit être fait horizontalement sur une aire
aménagée spécialement, dégagée et facile d’accès.
L’aire de stockage doit être stable et plane de manière à
ce que les prédalles ne soient pas soumises à des efforts
parasites.
Note 1 : Il est conseillé de poser directement les prédalles
sans stockage intermédiaire.
En cas d’empilage, les éléments de calage (chevrons, par
exemple) doivent être adaptés à cet usage et respecter
un alignement vertical. La stabilité de l’ensemble doit
être assurée. Sauf indication contraire, les éléments de
calage doivent être placés à proximité des appuis et axés
verticalement.
L’empilement des prédalles est limité à 1,50 m de hauteur.
Pour le cas de stockage par piles plus hautes, l’entreprise
devra avoir reçu l’accord préalable du fournisseur.

e-Cahiers du CSTB - 122 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Légende :
1. Terrain horizontal stabilisé

2. Chevron

3. Prédalle

4. Crochet de levage

Figure 1 — Conditions de stockage de prédalles précontraintes ou en béton armé sans raidisseur

Légende :
1. Terrain horizontal stabilisé

2. Planchette

3. Treillis raidisseur

Figure 2 — Conditions de stockage de prédalles en béton armé munies de treillis raidisseurs

Note 1 : Dans le cas des prédalles posées sans étai, il est


exclu de mettre en place un appui intermédiaire lors du
stockage de celles-ci.
Pour les prédalles précontraintes, lorsque le délai de
stockage prévu excède 3 semaines après fabrication,
cette donnée doit être prise en compte pour la concep-
tion du plancher. L’entreprise doit prévenir le fournisseur
lorsque le délai de stockage prévu sur chantier excède
2 semaines. Dans le cas où ce délai de stockage initia-
lement prévu est dépassé, l’entreprise doit également se Figure 3 — Crochet de levage disposé à l’intérieur
rapprocher du fournisseur. des boucles
Pour les prédalles en béton armé munies de treillis raidis- L’angle de levage est de 60° minimum. L’angle d’élingage
seurs, les crochets de levage doivent être impérativement à retenir doit être inférieur ou égal à 60°. Toutefois, il est
passés à l’intérieur des boucles formées par les diago- possible de manutentionner les prédalles avec treillis
nales des treillis raidisseurs et non au-niveau du filant raidisseurs avec un angle supérieur moyennant l’utilisa-
supérieur du treillis raidisseur (Figure 3). tion d’un palonnier sur chantier.

e-Cahiers du CSTB - 123 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Légende :
1. Élingues
2. Angle d’élingage
3. Angle de levage
.
Figure 4 — Inclinaison des élingues et angle d’élingage

La manutention des prédalles en béton armé par les


treillis raidisseurs est possible à la 1re boucle, 2nde boucle
et à la 3e boucle du treillis raidisseur (les efforts maxi-
maux par point de préhension sont précisés en Section A,
paragraphe 4.4.2 dans les Tableaux 6 et 7).

Dimensions
Diamètre de la Effort
Valeur (en mm)
boucle (Ø) (mm) maximal (kN)
r e p
Minimale 12 24 /
8 8,0
Maximale 20 40 40
Minimale 12 24 /
10 15,0
Maximale 20 40 40
Minimale 14,4 28,8 /
12 22,0
Maximale 24 48 48
Figure 5 — Manutention des prédalles à la 1re boucle Minimale 16,8 33,6 /
14 30,0
et à la 2nde boucle des treillis raidisseurs Maximale 28 56 48
Minimale 19,2 38,4 /
Dans le cas du levage à la 1re boucle, la soudure du nœud 16 40,0
Maximale 32 64 56
inférieur de la diagonale avec le filant inférieur doit être
assurée.
Figure 6 — Caractéristiques des boucles et crochets
Les dimensions des crochets de levage doivent être
compatibles avec les boucles de levage intégrées dans
les prédalles. Les efforts maximaux en service par boucle
figurent dans le tableau ci-dessous de la Figure 6. Les
dimensions transversales du crochet de levage doivent
vérifier les valeurs maximales et minimales définies dans
ce tableau.

e-Cahiers du CSTB - 124 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Le dimensionnement des boucles de levage est réalisé
conformément au 4.4 de la Section A du présent
document.

Figure 8 — Exemple du traitement de l’appui des prédalles


sur un voile

Note : L’attention est attirée sur le fait qu’une lisse de rive


est un dispositif d’appui qui peut être nécessaire indépen-
damment de la présence ou non d’étaiements intermé-
diaires.
Les phases de mise en œuvre et d’étaiement des
prédalles ne doivent pas altérer les qualités requises pour
Légende :
ces pièces dans l’ouvrage fini.
1. Élingue Lorsqu’une prédalle présente une défectuosité de nature
2. Angle d’élingage à compromettre la solidité ou l’aptitude à l’emploi de l’ou-
vrage, l’entreprise doit avertir immédiatement le fournis-
Figure 7 — Angle d’élingage et inclinaison des élingues seur de prédalles afin de décider des conditions d’utilisa-
tion ou de mise au rebut dudit produit.
Le tableau suivant indique la majoration des efforts en
fonction de l’angle d’élingage dans le cas des boucles 1.3.1 Réception du support
de levage.
La réception des supports concerne les éléments préfa-
Tableau 1 — Coefficient majorateur de la charge dû à l’angle briqués et les éléments coulés en place.
d’élingage Dans le cas où une non-conformité est constatée, le
responsable chargé de la pose procédera aux corrections
Angle
0° 45° 60° 90° nécessaires, après concertation avec le bureau d’études
d’élingage structures de l’entreprise et le fournisseur des prédalles.
Coefficient 1,00 1,08 1,15 1,41 Les points suivants doivent être vérifiés :
• la conformité avec les plans d’exécution ;
• la distance libre entre appuis.
Note 2 : Dans le cas des prédalles béton armé munies de
treillis raidisseurs, le coefficient majorateur de la charge 1.3.1.1 Cas particulier des prédalles suspendues
indiqué dans le tableau ci-dessus n’est pas à prendre en Les vérifications complémentaires portent sur :
compte (voir Tableaux 6 et 7 du paragraphe 4.4.2 de la • la position de l’attente dans le voile ;
Section A du présent document).
• le diamètre, l’espacement, la géométrie et les dimen-
1.3 Pose sions des armatures en attente ;
• l’état de surface de la zone de reprise.
Le mode de pose est défini lors de la préparation du chan-
tier, de façon à déterminer le repos nominal et l’espace 1.3.1.2 Cas particulier des prédalles sur joint
d’appui à réserver sur la structure porteuse ainsi que le de dilatation avec goujons
dimensionnement du dispositif d’étaiement. De plus, la Les vérifications complémentaires portent sur :
déformabilité des supports doit être considérée. • le type de goujons ;
Lorsque l’état de la surface d’appui est surfacé au sens
de la norme NF DTU 21, la pose des prédalles est réalisée • l’implantation des goujons dans le support.
à sec. Dans le cas contraire, elle doit être réalisée soit
à bain de mortier, soit sur lisse de rive. Dans le cas de 1.3.2 Réception des prédalles
pose sur voile, en l’absence de précautions particulières,
la pose sera effectuée avec une lisse de rive. Le voile Dans le cas de fabrication faisant l’objet d’une certification
sera arasé 20 mm en dessous du niveau inférieur du plan- NF, la réception sur chantier consiste seulement à vérifier
cher pour assurer un bétonnage correct en sous-face de que les prédalles ne comportent ni fissure ni épaufrure
la prédalle. La lisse de rive sera disposée en retrait pour inacceptables.
permettre le traitement de la cueillie avant le retrait de Dans le cas de fabrication ne faisant pas l’objet d’une
l’étaiement. certification NF, il appartient au responsable de la
construction (entreprise générale, maître d’œuvre, etc.,
selon les cas) de définir les conditions de réception des
prédalles sur chantier.

e-Cahiers du CSTB - 125 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Chaque prédalle doit être identifiée suivant le plan servant 1.3.4 Étaiements
au repérage. Les prédalles doivent être réceptionnées
à la livraison en vérifiant, en référence aux plans Le système d’étaiement est généralement constitué
d’exécution : par des lisses continues supportées par des étais. Une
• la présence des étiquettes d’identification ; méthode de dimensionnement de ces éléments est
donnée en Annexe B de la présente section.
• la présence des dispositifs de manutention ;
1.3.4.1 Lisses d’appuis
• les dimensions de la prédalle ;
Les lisses d’appui sont généralement parallèles aux
• les positions et dimensions des réservations ; supports et continues sous les prédalles.
• la présence, le type et la position des inserts (pots 1.3.4.2 Étaiement intermédiaire
électriques, …) prévus conformément aux plans
d’exécution ; Les lisses d’étaiement nécessaires sont réglées de niveau
avec les appuis pour les prédalles ne présentant pas de
• l’état de surface ; contre-flèche, et mises au contact de leur sous-face dans
• la présence éventuelle des treillis raidisseurs, des le cas contraire.
grecques ; Des étais complémentaires sont disposés dans les zones
• les suspentes dans le cas de prédalles suspendues ou comportant des points singuliers (tels que trémies de
de prédalles avec appui sur goujons. grande dimension, par exemple).
Note : L’annexe A de la présente section fournit un 1.3.4.3 Étaiement particulier
exemple de méthodologie pour la réception ainsi que Lorsque l’étaiement est réalisé par d’autres dispositifs que
pour la manutention et le stockage. ceux décrits ci-dessus (appuis ponctuels, …), l’entreprise
Dans le cas où une non-conformité est constatée ou si responsable de la réalisation du plancher doit s’assurer,
la prédalle présente un défaut structurel, l’entreprise avec l’aide éventuelle du fournisseur, que le mode de
définit les dispositions à prendre en concertation avec le mise en œuvre retenu n’entraîne pas de sollicitations
concepteur de la prédalle. incompatibles avec la résistance du plancher pour la
phase considérée.
1.3.3 Repos des prédalles sur appuis
1.3.5 Stabilité en phases provisoires
Les valeurs de repos minimales, fonction de la portée des
prédalles, sont données sur les plans de préconisation La stabilité des prédalles et des supports (réactions
de pose du fournisseur et déterminées conformément à verticales et tenue au renversement) doit, en outre, être
l’Annexe A de la présente section. La pose des prédalles assurée durant toutes ces phases.
avec ou sans lisse d’appui doit respecter les valeurs Le plancher ne peut être exploité (stockage, mise en
minimales de repos sur appui indiquées sur les plans de œuvre du niveau supérieur, …) qu’une fois la dalle de
préconisation de pose du fournisseur. compression et les chaînages réalisés et ayant atteint
Il appartient à l’entreprise chargée de la mise en œuvre la résistance nécessaire au regard des sollicitations
sur le chantier de vérifier que, pour chaque prédalle et considérées.
sur toute sa largeur, le repos sur appui « u » (voir Figure 1 Dans le cas particulier d’un plancher à prédalles sans
dans la partie Généralités du présent document) est appui, l’enlèvement des lisses d’appui ne peut donc avoir
supérieur ou au moins égal à la valeur minimale prescrite lieu que lorsque la résistance du béton est suffisante,
sur les plans de préconisation de pose. Si ce n’est pas le compte tenu des sollicitations de l’ouvrage.
cas, l’entreprise doit :
• procéder immédiatement à la mise en place de lisses 1.4 Ferraillage et bétonnage du plancher
d’appui pour celles des prédalles concernées dont le
repos d’appui est inférieur aux valeurs minimales ; L’entreprise doit prendre en compte les plans de
préconisation de pose du fournisseur et l’éventuel plan
• avertir le bureau d’études structures de l’entreprise d’armatures complémentaires élaboré par le bureau
et le bureau d’études du fournisseur afin de s’assurer d’études.
que ces repos d’appui restent compatibles avec les
Le plan d’armatures complémentaires doit mentionner
conditions de calcul et, le cas échéant, de prendre les
l’existence éventuelle d’un plan de préconisation de pose
dispositions adéquates.
du fournisseur.
Note : Des prescriptions sont données au paragraphe 2.7 Note : Des spécifications complémentaires concer-
de la présente section . nant les planchers à prédalles suspendues figurent au
Les prédalles comportant des panneaux isolants placés paragraphe 2.3 de la présente section.
en sous-face ne doivent pas reposer sur leurs appuis défi-
nitifs par l’intermédiaire de ces panneaux. 1.4.1 Ferraillage
Jusqu’à durcissement du béton de clavetage, la réac-
tion des charges appliquées (poids des prédalles et de Les conditions de mise en œuvre sont conformes aux
la dalle collaborante rapportée, charges de construction) spécifications de la norme NF DTU 21.
est reportée sur la lisse en tenant compte de la présence 1.4.1.1 Armatures sur joint
éventuelle d’étaiements intermédiaires. La stabilité du
dispositif d’étaiement doit être assurée, notamment par Ces armatures sont mises en œuvre dans le béton
un contreventement efficace. complémentaire au droit des joints entre deux prédalles,
ou entre la prédalle et l’élément porteur de rive paral-
lèle à la portée. Elles assurent la liaison transversale du
plancher.

e-Cahiers du CSTB - 126 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Elles sont disposées au-dessus de la prédalle, ména-
geant, sauf prescription contraire, un enrobage minimal
de 10 mm.

≥ 1 cm

Figure 9 — Exemple d’armatures de pontage


dans les cas courants

Figure 10 — Exemples d’armatures de pontage avec flexion


transversale importante

1.4.1.2 Armatures supérieures de flexion


longitudinale (chapeaux)
Les armatures en chapeaux doivent être disposées au
plus près de la face supérieure du plancher, respectant
l’enrobage minimum requis.
Ces armatures sont calées pour ne subir aucune déforma-
tion ou déplacement lors des opérations de bétonnage.
1.4.1.3 Armatures

Figure 11 — Exemple d’armatures supérieures pour reprise de moment négatif sous flexion transversale
e-Cahiers du CSTB - 127 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016
1.4.1.4 Armatures de couture hourdis-nervure
Lorsque le plancher sert de table de compression à des
nervures qui lui sont associées, des armatures complé-
mentaires peuvent être nécessaires. L’entreprise doit faire
la synthèse des armatures requises pour le fonctionne-
ment du plancher et de la poutre support.
Les armatures de couture hourdis-nervure peuvent être
disposées indifféremment sur la hauteur du béton coulé
en place.

Légende :
1. Chapeaux de dalle pouvant servir de couture
2. Armatures de couture hourdis-nervure complémentaires éventuelles
3. Armatures dépassantes des prédalles

Figure 12 — Position des armatures de couture hourdis-nervure

1.4.1.5 Renforts sur prédalles


La nature, la longueur et la position de ces armatures est
précisée sur le plan de préconisation de pose établi par
le fournisseur des prédalles. Elles sont disposées sur la
prédalle, respectant un enrobage de 10 mm par rapport à
la face supérieure de cette dernière.
1.4.1.5.1 Armatures longitudinales
Ces armatures sont destinées à renforcer la résistance à
la flexion du plancher dans le sens porteur principal.
1.4.1.5.2 Armatures inférieures de flexion transversale
(ou armatures de répartition) Légende :
Ces armatures, destinées à renforcer transversalement 1. Sens porteur
le plancher, doivent être continues ou prolongées par 2. Renforts longitudinaux
recouvrement sur la zone à renforcer. 3. Renforts de répartition
1.4.1.5.3 Renforts de trémies
La présence de trémies peut nécessiter de disposer Figure 13 — Exemple de renforts de trémie (vue en plan)
des armatures de renfort longitudinales et de répartition.
Les dispositions de ferraillage peuvent être représentées
sur la vue en plan ou définies de façon simplifiée dans un
détail type.

e-Cahiers du CSTB - 128 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


1.4.1.5.4 Armatures complémentaires d’ancrage 1.4.2.3 Gaines et canalisations incorporées
Des armatures complémentaires d’ancrage peuvent être 1.4.2.3.1 Généralités
nécessaires au droit de certains appuis (par exemple,
La densité des gaines et inserts ne doit pas affecter la
poutre noyée, fortes charges). Ces armatures, position-
résistance du plancher. Sauf prescription contraire des
nées au-dessus de la prédalle, doivent être ancrées sur
DPM, l’encombrement d’une gaine (ou d’un groupe de
l’élément porteur. Elles doivent être maintenues pour
gaines) ne peut être supérieur à la mi- épaisseur du béton
éviter tout déplacement pendant le coulage du béton.
complémentaire. La distance libre entre deux gaines
(ou deux groupes de gaines) est au moins égale à l’épais-
seur du plancher.
La gaine (ou le groupe de gaines) incorporée dans le
béton coulé en place doit satisfaire les spécifications
du paragraphe 9.3 du DTU 21, avec l’exigence d’un
enrobage inférieur par rapport à la surface de la prédalle
d’au moins 10 mm.
Aucune gaine ou canalisation ne doit être incorporée, sans
Légende : accord du bureau d’études de l’entreprise de gros œuvre,
dans les chaînages, les chevêtres, les bandes noyées, les
1. Chapeaux de dalle suspentes de prédalles et les consoles courtes.
2. Armatures complémentaires d’ancrage
éventuellement nécessaire si l’armature 3
est insuffisamment ancrée
3. Armatures dépassantes des prédalles

Figure 14 — Armatures complémentaires d’ancrage


sur poutre noyée

1.4.1.6 Zones coulées en œuvre


Figure 15 — Dispositions de gaines dans le plancher
En fonction du calepinage et de l’organisation du
plancher, certaines parties doivent être coffrées. Le S’il s’avère nécessaire de couper sur le chantier des
bureau d’études structures de l’entreprise doit définir le raidisseurs (pour disposer des tubes de chauffage,
ferraillage à mettre en œuvre ainsi que les armatures de par exemple), des étais supplémentaires doivent être
liaison (armatures de pontage ou renforts d’ancrage dans disposés au droit des points faibles. D’autres dispositions
le cas de bandes noyées) à disposer entre le plancher à peuvent s’avérer nécessaires. Il convient de se rappro-
prédalles et la zone coulée en œuvre. cher systématiquement du fournisseur de prédalles.
1.4.1.7 Armatures de poinçonnement 1.4.2.3.2 Planchers chauffants et rafraîchissants
Lorsque le plancher est soumis à des charges localisées Lorsque des éléments de chauffage ou de rafraîchisse-
importantes, des armatures transversales peuvent être ment sont placés dans le béton de la dalle collaborante
nécessaires au droit de ces charges. rapportée, la mise en œuvre doit être réalisée confor-
L’entreprise chargée de la pose vérifie l’implantation des mément aux prescriptions des normes et documents
armatures par rapport aux plans. techniques en vigueur.
1.4.2.4 Planchers à prédalles nervurées
1.4.2 Bétonnage Le béton coulé en œuvre doit avoir une granulométrie
et une consistance adaptées, compatibles avec les
1.4.2.1 Chaînages et tables de compression de poutres dimensions et le ferraillage des zones à couler en œuvre.
La classe de résistance du béton des chaînages et des
tables de compression de poutres doit être supérieure ou 2. Règles d’exécution particulières
égale à C25/30.
1.4.2.2 Dalle collaborante rapportée Lors de la réalisation des zones singulières (réservations,
porte-à-faux, …), il est nécessaire de mettre en place
La classe de résistance du béton coulé en œuvre de la un dispositif d’étaiement adapté, sauf spécifications
dalle collaborante rapportée doit être supérieure ou égale contraires du fournisseur de prédalles.
à C25/30.
Note : Cette exigence peut correspondre à une résis- 2.1 Réalisation des réservations
tance supérieure à celle résultant de certaines classes
d’exposition dont la classe XC1 définie dans la norme Les réservations sont prévues sur les plans d’exécution.
NF EN 206/CN avec son Annexe nationale.
La face supérieure des prédalles doit être préalablement 2.1.1 Percements
nettoyée et humidifiée avant coulage de la dalle collabo-
rante rapportée. Les percements de faibles dimensions sont réalisés sur
chantier suivant les spécifications du fournisseur et après
son approbation.

e-Cahiers du CSTB - 129 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Sauf cas particulier, le positionnement des percements
peut être adapté pour tenir compte du positionnement
des armatures de la prédalle.
Note : Les percements par sciage et/ou carottage sont
à privilégier. Le burinage au marteau piqueur est à
proscrire.

2.1.2 Trémies sans chevêtre


La largeur de ces trémies, perpendiculairement à la
portée, doit être au plus égale à 60 cm.
Ces trémies sont réalisées à la fabrication de la prédalle.
Des renforts d’armatures de répartition et d’armatures
longitudinales seront mis en place autour de la trémie
suivant les spécifications du fournisseur.
Elles peuvent éventuellement être réalisées sur chantier à
condition qu’elles aient été prévues au projet.
Les percements par sciage ou carottage sont à privilégier.
Le burinage au marteau piqueur est à proscrire.

2.1.3 Trémies avec chevêtre


Pour les trémies autres que celles visées au paragraphe
précédent, il est nécessaire de réaliser un chevêtre en
béton armé.
Ce chevêtre pourra être réalisé :
• soit en extrémité de prédalle, les armatures de flexion
du chevêtre pouvant être posées sur la prédalle ou inté-
grées dans cette dernière (Figure 16) ;

Armatures du chevêtre sur la prédalle Armatures du chevêtre sur la prédalle


Coupe parallèle à la portée Coupe perpendiculaire à la portée

Armatures du chevêtre dans la prédalle Armatures du chevêtre dans la prédalle


Coupe parallèle à la portée Coupe perpendiculaire à la portée

Légende :
1. Trémie
2. Suspentes (cadres, grecques,…)
3. Armatures du chevêtre

Figure 16 — Schéma de principe du chevêtre en béton armé avec suspentes dans la prédalle

e-Cahiers du CSTB - 130 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


• soit dans la hauteur totale du plancher avec des
dispositions d’armatures de prédalles conformes aux
prescriptions du paragraphe 2.6 de la présente section.
Dans ce cas, les dispositions de ferraillage de la bande
noyée sont réalisées conformément aux plans d’exécu-
tion établis par le bureau d’études structures de l’entre-
prise de gros œuvre (Figure 17).

1
AA B

Avec armatures complémentaires Avec armatures complémentaires d’ancrage


d’ancrage Coupe perpendiculaire à la portée
Coupe parallèle à la portée

Sans armature complémentaire Sans armature complémentaire d’ancrage


d’ancrage Coupe perpendiculaire à la portée
Coupe parallèle à la portée

Légende :
1. Trémie

Figure 17 — Schéma de principe du chevêtre en béton armé coulé en œuvre

2.2 Réalisation des porte-à-faux En fonction de la longueur du débord et des charges


appliquées, des armatures de coutures peuvent être
Seul l’emploi de prédalles interrompues sur appui est nécessaires sur la partie en porte-à-faux et/ou sur la zone
envisageable pour la réalisation de porte-à-faux. d’équilibrage. Ces armatures sont dimensionnées confor-
mément au paragraphe 5 de la Section A du présent
document.
Le porte-à-faux doit être réalisé conformément aux plans
d’exécution établis par le bureau d’études structures de
l’entreprise de gros œuvre.
Ces plans préciseront les dispositions de ferraillage sur
le porte-à-faux et sur la travée d’équilibrage ainsi que les
dispositions constructives particulières.
La classe de résistance du béton coulé en œuvre est
portée sur les plans de préconisation de pose, sans être
inférieure à C25/30.

2.3 Dispositions pour les planchers suspendus


Légende :
1. Armatures de couture 2.3.1 Généralités
2. Armatures en chapeau
La mise en œuvre de planchers à prédalles suspendues
3. Suspentes (cadres, grecques,…) nécessite une attention particulière sur :
• la position des boîtes d’attentes dans le voile ;
Figure 18 — Porte-à-faux pour les planchers à prédalles
• le diamètre, l’espacement, la géométrie et les dimen-
sions des armatures en attente.

e-Cahiers du CSTB - 131 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Note 1 : La mise en place de fiches d’auto-contrôle Pour cela, les solutions suivantes prises individuellement
permettant d’assurer le traitement des non-conformités ou combinées sont préconisées :
et la traçabilité de la conformité aux dispositions de • fixation directe sur le coffrage par le moyen d’aimants
l’Annexe F de la Section A du présent document spécifiques au procédé de boîtes d’attentes retenu (cas
constitue une solution acceptable. Voir le modèle de fiche des banches métalliques) ;
d’auto-contrôle en Annexe C du présent document.
• ligature avec le ferraillage vertical ;
Les boîtes d’attentes doivent être choisies et positionnées
conformément aux plans du bureau d’études structures. • mise en place d’entretoises permettant d’améliorer le
Note 2 : Il est conseillé que le bureau d’études structures maintien des boîtes d’attentes.
établisse des plans de détail précis (échelle ½) du nœud Note 2 Il est conseillé de prévoir un espacement entre
accompagnant les plans de ferraillage des supports. les boîtes d’attentes (d’une longueur d’environ 25 cm)
En particulier, ces plans doivent indiquer : pour les opérations de coulage du béton à la benne.
• le type de boîtes d’attentes à utiliser (boîtes symétriques
ou dissymétriques, encombrement vertical, diamètre, 2.3.3 Ferraillage et bétonnage des voiles
espacement et longueur des armatures) ; Le ferraillage du voile, effectué conformément au plan
• l’implantation verticale de la boîte d’attentes par rapport de ferraillage, ne doit pas modifier le positionnement des
à un repère de niveau convenablement choisi ; boîtes d’attentes.
• l’enrobage minimum à respecter compte tenu de la Note 1 : Si une collision entre armatures se produit, il
classe d’exposition du béton ; convient d’obtenir l’accord du bureau d’études structures
pour découpe et remplacement.
• la tolérance retenue pour l’implantation verticale des
attentes ; Note 2 : La mise en place de fiches d’auto-contrôle
permettant de vérifier le positionnement des boîtes dans
Note 3 : L’Annexe F de la Section A du présent docu- le voile est conseillée.
ment précise les deux valeurs de tolérance à retenir
correspondant aux tolérances « courante » (25 mm) Le bétonnage des voiles doit permettre de maintenir la
ou « fine » (15 mm). position des boîtes d’attentes en adaptant la plasticité
du béton ou en se servant de l’espacement entre boîtes
• la hauteur des suspentes ; d’attentes, le cas échéant.
• la distance maximale entre le brin avant de la suspente Il convient de vérifier au décoffrage la bonne implantation
et le nu de l’élément porteur ; des boîtes d’attentes.
• les armatures complémentaires de renforts à introduire Note 3 : L’utilisation d’une fiche d’auto-contrôle permet de
dans les suspentes (diamètre et position) ; satisfaire à cette vérification.
• les autres armatures à ajouter dans le nœud.
2.3.4 Mise en place des prédalles
Le fournisseur de prédalles fournit à l’entreprise de gros
œuvre des coupes types des différentes configurations L’entreprise met en place le dispositif d’étaiement confor-
géométriques couvertes par le plan, complétées éven- mément aux prescriptions du fournisseur.
tuellement par un tableau précisant les cotes nécessaires Note 1 : Il est conseillé de mettre en place une lisse de rive
à la réalisation de ces assemblages. à une distance inférieure à 30 cm du nu du voile.
Note 4 : Cette disposition d’appui réalisée avec des boîtes L’entreprise de gros œuvre pose les prédalles sur le dispo-
d’attentes nécessite une épaisseur de dalle rapportée sitif d’étaiement stabilisé, en s’assurant que la distance ds
en béton au moins égale à 12 cm. mesurée entre les suspentes et le nu intérieur du support
est inférieure à la valeur figurant sur les plans de préco-
2.3.2 Préparation et mise en œuvre des boîtes nisation de pose du fournisseur de prédalles (Figure 19).
d’attentes
Avant la mise en œuvre des prédalles, il est nécessaire
de vérifier par rapport au plan de préconisation de pose
du fournisseur :
• la longueur des prédalles ;
• pour les suspentes, l’enrobage par rapport à l’about de
la prédalle (≥ 10 mm), la position, la hauteur et l’état ;
Note 1 : La certification NF vaut la preuve du respect de
ces exigences.
• pour les suspentes, le façonnage des suspentes livrées
préalablement repliées à l’horizontale.
Lorsque des boîtes d’attentes sont utilisées, il convient Figure 19 — Distance maximale effective ds
de les mettre en place après en avoir repéré l’orien-
tation (sens de dépliage des attentes) et de couler le Cette valeur de ds est prise égale à :
support de façon à respecter les tolérances de position
• 45 mm dans le cas de planchers à prédalles suspen-
verticale des boîtes d’attentes par rapport à la sous-face
dues à une seule extrémité ;
du plancher (tolérance courante : 25 mm ; tolérance fine :
15 mm). • 65 mm dans le cas de planchers à prédalles suspen-
dues aux deux extrémités ;

e-Cahiers du CSTB - 132 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Dans le cas où des armatures sont scellées a posteriori, Ces renforts, destinés à transmettre l’effort tranchant loca-
il convient de procéder au piquage du support. lisé amené par le goujon à l’ensemble de la masse de
L’entreprise procède ensuite de manière alternée et à béton environnante, sont organisés et façonnés de telle
l’avancement au : sorte que l’ensemble de la pièce en béton soit sollicité par
l’effort tranchant incident.
• dépliage des suspentes sortant des prédalles ;
Cette prescription conduit dans le cas des planchers à
• dépliage des attentes. prédalles à façonner ces renforts en forme de cadres ou
Pour cela, l’utilisation d’un outil permettant de n’avoir de U disposés dans un plan vertical de part et d’autre
qu’un seul dépliage par suspente et par attente est indis- du goujon de telle sorte que les côtés horizontaux du
pensable. cadre (ou les branches du U) soient voisines des faces
Note 2 : Cette préconisation permet d’éviter l’effet inférieures et supérieures de la partie coulée en place.
baïonnette. Le redressage est considéré satisfaisant Leur façonnage doit être tel que les distances effectives
lorsque l’armature de diamètre – s’inscrit à l’intérieur aux faces les plus proches (supérieure vis-à-vis de la
d’un cylindre virtuel de diamètre 2 . face supérieure de dalle, inférieure vis-à-vis de la face
Les filants sont ensuite introduits et ligaturés en partie inférieure de la partie coulée en place à l’interface avec
haute des suspentes, au contact du retour horizontal. la prédalle et latérale vis-à-vis du parement vertical de
bord de dalle) n’excède jamais 3 cm, toutes tolérances
2.4 Dispositions pour les rupteurs thermiques épuisées.
La distance verticale effective de l’axe du goujon à
Les dispositions constructives sont réalisées conformé- l’extrémité de la partie rectiligne d’une armature transver-
ment aux Avis Techniques des procédés et aux spécifi- sale de renfort est au moins égale à la distance horizon-
cations des fournisseurs. Ces dispositions doivent être tale effective d (Figure 21) entre l’axe du goujon et l’axe
prises en compte dès la conception. de l’armature transversale considérée. L’armature doit
Note : Cette disposition d’appui, délicate de réalisation, être ancrée au-delà de l’extrémité de la partie rectiligne.
nécessite une attention particulière. Dans le cas où l’enrobage supérieur (Csup) ou
Dans certains cas, les prédalles peuvent comporter inférieur (Cinf) effectif excède 3 cm, on procède au calcul
des suspentes et être amenées au contact du rupteur du goujon avec une épaisseur de dalle fictive qui ne prend
thermique. Des armatures complémentaires peuvent être pas en compte l’enrobage au-delà de 3 cm.
nécessaires en complément des armatures intégrées La fermeture des cadres de frettage est disposée du côté
dans les rupteurs thermiques. intérieur de la dalle (Figures 20 et 21).
Le responsable de l’exécution doit vérifier avant le Les armatures complémentaires sont définies par le
coulage la conformité avec les plans du bureau d’études bureau d’études structures de l’entreprise.
structures de l’entreprise. Les prédalles comportent des suspentes ou des barres
relevées.
2.5 Disposition pour les goujons
Sauf justification particulière, les prédalles précontraintes
Les dispositions constructives sont réalisées conformé- sont amenées au niveau du joint de dilatation.
ment aux Avis Techniques des procédés et aux spécifi- Le responsable de l’exécution doit vérifier avant le
cations des fournisseurs. Ces dispositions doivent être coulage la conformité avec les plans du bureau d’études
prises en compte dès la conception. structures de l’entreprise.
L’attention est attirée sur l’importance des frettages La mise en œuvre de planchers à prédalles avec goujons
renforts à disposer en bordure des goujons (Figures 20 nécessite une attention particulière (voir le modèle de
et 21). fiche d’auto-contrôle en Annexe C du présent document).

e-Cahiers du CSTB - 133 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


2

1
3

Légende :
1. Armatures d’ancrage
2. Armatures de renfort (cadres ou U)
3. Suspentes (cadres, grecques,…)

Figure 20 — Exemples de ferraillage dans le cas d’appui sur goujons

Figure 21 — Dimension minimale des armatures de renfort en fonction de leur distance avec le goujon

e-Cahiers du CSTB - 134 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


2.6 Dispositions pour les appuis
sans retombée
Lorsque des armatures sont mises en place au-dessus
de la prédalle dans le béton coulé en œuvre, les disposi-
tions définies au 1.3.2 sont applicables sous réserve que
la condition uca ≤ ht / 2 soit satisfaite.

Coupe longitudinale Coupe longitudinale

≤ 75 mm
5

Vue de dessus Vue de dessus

Légende :
1. Chapeaux de dalle
2. Armatures d’ancrage
3. Armatures complémentaires d’ancrage
4. Armature diamètre 12 mm minimum
5. Armature transversale

Figure 22 — Scellement des armatures en attente dans une poutre noyée

Les armatures d’ancrage doivent passer au-dessus d’une


armature longitudinale de l’élément porteur de diamètre
minimal 12 mm.
La distance entre-axes entre une armature d’ancrage et
l’armature transversale la plus proche doit être inférieure
ou égale à 75 mm.

2.7 Cas de repos effectif insuffisant


Lorsqu’il est constaté sur le chantier que les prescrip-
tions d’appui définies sur les plans de préconisation de
pose ne sont pas respectées, l’entreprise doit procéder
sans délai à la mise en place de lisses d’appui pour les
prédalles concernées dont le repos d’appui est inférieur
aux valeurs minimales (paragraphe 1.3.3 de la présente
section). L’entreprise définit les dispositions à prendre.

e-Cahiers du CSTB - 135 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Trois cas peuvent se présenter :
• si la pénétration de l’armature sur l’appui (notée a’ sur
la Figure 23) est suffisante, aucune disposition complé-
mentaire n’est à prendre ;
• si la pénétration de l’armature sur l’appui (a’) n’est
pas suffisante mais supérieure ou égale à 50 mm et si
le retrait de la prédalle est inférieur ou égal à 50 mm
(configuration représentée en Figure 23), alors une
solution de renforcement par cadres de suspension
telle que décrite dans la suite de ce paragraphe peut
être utilisée et les prescriptions du paragraphe 6.3 de la
Section A du présent document s‘appliquent ;

Figure 23 — Repos effectif insuffisant

• dans le cas d’un appui insuffisant ne respectant pas


ces deux conditions (pénétration de l’armature sur
l’appui (a’) inférieur à 50 mm ou retrait de la prédalle
supérieur à 50 mm), une étude spécifique doit être
réalisée. À défaut de justification du nouveau fonction-
nement mécanique de l’appui, la prédalle doit être mise
au rebut.
Dans le cas de plancher à prédalles ayant un appui libre
et un appui de continuité, il est recommandé de réaliser
les conditions normales d’appui en rive, les dispositions
qui suivent étant appliquées à l’appui de continuité.
Lorsque des cadres de suspension sont nécessaires,
ils doivent entourer les armatures principales sortant en
attente de la prédalle, le plus près possible de l’about
de cette dernière. Leurs branches horizontales doivent
enserrer les barres supérieures de l’élément porteur, par
exemple armature longitudinale du chaînage (Figure 24,
solution b). Les cadres peuvent également enserrer les
armatures supérieures du plancher (Figure 24, solution a).
L’armature de renfort d’ancrage éventuelle doit être
disposée dans la moitié inférieure de la hauteur totale du
plancher, faute de quoi cette disposition n’est plus accep-
table (soit uca ≤ ht / 2 sur la Figure 24).

e-Cahiers du CSTB - 136 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


A 3 5 5 2 5 A 2
3 3

ht

4 2 4 4
A
A

Appui libre Coupe AA Appui de continuité

Solution a)

A 3 5 5 2 5 A 2
3 3

ht
uca

4 2 4 A 4
3
A 3

Appui libre Coupe AA Appui de continuité

Solution b)

Légende :
1. Armatures du chaînage
2. Armatures complémentaires d’ancrage
3. Armatures de suspension
4. Armatures de la prédalle
5. Chapeau

Figure 24 — Exemples de dispositions d’appui dans le cas de repos effectif insuffisant

2.8 Réalisation des finitions Note 2 : Le système de fixation par pistoscellement doit
faire l’objet d’un Avis Technique particulier autorisant son
utilisation en sous-face des prédalles.
2.8.1 Percements et fixations a posteriori
Les percements et fixations a posteriori dans les
2.8.2 Réalisation des plafonds
planchers terminés sont possibles à condition de repérer
les armatures, par exemple au moyen d’un pachomètre. 2.8.2.1 Généralités
Si lors des percements ou scellements, des armatures Pour le traitement des joints, ces derniers sont soit laissés
sont coupées ou endommagées, l’entreprise devra se apparents, soit rebouchés à l’aide d’un produit explici-
rapprocher du fournisseur de prédalles pour vérifier la tement destiné à cet usage. Les conditions de mise en
résistance du plancher. œuvre doivent respecter les prescriptions du fabricant.
Si les DPM (Documents Particuliers du Marché) précisent En l’absence d’indication des DPM, la sous-face des
que des fixations ou des percements de petites dimen- prédalles est considérée comme un parement ordinaire
sions, dont la position ne peut être déterminée au projet, au sens de la norme NF DTU 59.1.
sont à réaliser a posteriori, il faut prévoir un surcroît d’ar- Note : Cette norme prescrit notamment de s’assurer de la
matures susceptibles de compenser la réduction de résis- compatibilité des peintures avec le support béton.
tance estimée en fonction de la disposition et des dimen-
L’application éventuelle d’un enduit plâtre en sous-face
sions des percements.
des prédalles nécessite un traitement particulier de la
Note 1 : L’expérience montre qu’un renforcement de l’ordre surface du béton pour favoriser l’adhérence ou l’applica-
de 10 % est souvent suffisant. Il est rarement nécessaire tion d’un produit d’accrochage, conformément à la norme
de prévoir un renforcement supérieur à 20 %. NF DTU 25.1.
Les modes de fixation ne doivent pas faire éclater le béton.

e-Cahiers du CSTB - 137 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


L’attention est attirée sur les dispositions particulières à
adopter pour la réalisation d’un enduit plâtre en sous-
face de prédalle avec panneaux isolants ou panneaux de
fibragglo.
2.8.2.2 Traitement des joints
Lorsque le joint doit être traité, les prescriptions du présent
paragraphe s’appliquent.
Le traitement du joint doit être réalisé le plus tard possible,
à partir du moment où le béton coulé en œuvre a déjà fait
l’essentiel de son retrait, après l’enlèvement des étais et
la réalisation des cloisons lourdes et des chapes, et dans
tous les cas, après la mise hors d’eau et hors d’air du
bâtiment.
Pour la préparation du support, l’entreprise doit décaper
les éventuelles coulures de laitance, gratter et brosser le
support afin d’éliminer les parties friables puis dépous-
siérer. Le traitement des défauts locaux (épaufrures,
désaffleurement) doit être réalisé avec un mortier de
réparation adapté. Dans ce cas, un temps de séchage
de 10 jours minimum est indispensable avant l’application
du produit de joint.
Les conditions d’utilisation (stockage, températures
limites d’utilisation, …) préconisées par le fabricant du
produit de joint doivent être respectées.
Sauf prescriptions particulières définies dans les DPM, un
joint est considéré satisfaisant si :
• la largeur e du joint est inférieure ou égale à 20 mm
(Figure 25a) ;
• le désaffleurement a du joint est inférieur à 10 mm
(Figure 25b).

Figure 25a Figure 25b

Figure 25 — Largeur et désaffleurement du joint (exemple)

Lorsque la pose conduit à des joints ne respectant pas les


critères ci-dessus, l’entreprise définira la solution adaptée
à leur traitement.

3. Tolérances d’exécution
Sauf indications contraires mentionnées dans les
DPM, les tolérances définies dans la norme NF DTU 21
s’appliquent.
De plus, la tolérance sur la distance libre entre les
éléments supports est prise égale à 20 mm.

e-Cahiers du CSTB - 138 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Annexe A
Réception, déchargement et stockage

A1. Réception
La réception des prédalles et des différents matériels est
effectuée par l’entreprise ou son représentant.
À la préhension de chaque prédalle, dès que celle-ci
devient visible sur toutes ses faces, il convient que l’entre-
prise ou son représentant chargé de la réception note sur
le bordereau d’expédition les éventuels vices apparents.
En outre, pour tout produit présentant une défectuosité de
nature à compromettre la solidité, cette personne avertit
immédiatement le fournisseur et décide avec lui des
conditions d’utilisation ou de mise au rebut dudit produit.
Une attention particulière est recommandée sur l’état des
boucles de levage et/ou des inserts prévus à cet effet. Il
est procédé de la même manière pour la réception des
accessoires de levage et des divers éléments joints à la
livraison.
Cette réception ne peut avoir lieu qu’après consultation
des documents établissant la conformité des matériels
aux prescriptions réglementaires et formulant un avis sur
la possibilité de leur mise en service.
Il convient que l’entreprise ou son représentant chargé de
la réception s’assure :
• des vérifications et des examens portant sur les acces-
soires de levage ;
• de l’information du personnel chargé de la pose.
Dès l’opération de déchargement des prédalles et des
matériels terminée, le bordereau signé conjointement par
le transporteur et l’entreprise ou son représentant chargé
de la réception est remis à l’usine dans le délai figurant
dans les conditions de vente du fournisseur.

A2. Déchargement et stockage


Le déchargement et le stockage éventuel des prédalles et
des différents matériels sont réalisés sur le chantier sous
la responsabilité de l’entreprise. La coordination de ces
opérations est assurée par une personne soumise à la
discipline générale du chantier, préposée à la conduite de
la manœuvre, formée et connaissant toutes les consignes
de mise en œuvre du produit et d’utilisation des appareils
et accessoires de levage.
L’entreprise chargée de la pose est responsable du posi-
tionnement des prédalles sur l’aire de stockage. Il est
recommandé que celle-ci se conforme aux indications
fournies par le fournisseur concernant la position et les
dimensions des cales ainsi que le mode d’empilage.
L’entreprise chargée de la pose est responsable de la
bonne conservation des prédalles sur l’aire de stockage,
ainsi que des accessoires de levage.
Les matériels de manutention et de montage sont stockés
dans les conditions fixées par les fournisseurs de ces
matériels et conservés dans un endroit désigné par l’en-
treprise chargée de la pose, de manière à éviter toute
dégradation ainsi que l’emploi par des tiers non autorisés.
La manutention des prédalles sur le chantier peut être
réalisée soit avec le matériel de manutention appartenant
à l’entreprise chargée de la pose, soit à l’aide des acces-
soires de levage fournis par le fournisseur des prédalles.
Dans l’un ou l’autre cas, la manutention est réalisée
conformément aux indications communiquées par les
fournisseurs (nature du dispositif de levage à utiliser,
angle d’élingage, type de palonnier, position des points
de préhension, …).

e-Cahiers du CSTB - 139 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Annexe B Note : Pour les prédalles épaisses ou avec contre-flèche,
le poids propre de la prédalle est supporté en totalité par
Calcul des étaiements intermédiaires les lisses de rive éventuelles.
et des lisses de rive Où :
La charge de construction prise en compte pour le dimen- • PL(i) est la réaction d’appui par mètre linéaire sur les
sionnement du dispositif d’étaiement peut être prise égale lisses intermédiaires, en kN/ml ;
à 2 kN/m2. • PL(r) est la réaction d’appui par mètre linéaire sur les
Note 1 : Cette valeur a été déterminée dans l’hypothèse lisses de rive, en kN/ml ;
d’une faible accumulation de béton et d’un personnel
• G1 est le poids propre des prédalles, en kN/m2 ;
en nombre limité. Lorsque ces conditions ne sont pas
satisfaites, l’entreprise doit définir l’intensité à prendre en • G2 est le poids propre du béton coulé en œuvre, en
compte. kN/m2 ;
Note 2 : Cette charge de construction ne doit pas être • QE est la charge de construction (définie ci-dessus), en
confondue avec la charge de chantier prise en compte kN/m2 ;
pour la vérification des prédalles en phases provisoires.
• ALi(j) est la surface de plancher supporté par mètre
Dans le cas courant de prédalles minces sans contre- linéaire de lisse intermédiaire Li sur l’appui intermé-
flèche, à partir de la charge de construction ci-dessus, diaire numéro j, en m2/ml ;
les valeurs des réactions d’appui par mètre linéaire sur
les lisses et la réaction sur les étais en fonction de leur • ALr(j) est la surface de plancher supporté par mètre
écartement sont déterminées comme suit : linéaire de lisse de rive Lr, sur la rive numéro j, en m2/ml ;
• RE(i) est la réaction d’appui sur les étais intermédiaires,
Tableau B1 — Valeurs des réactions d’appui sur les lisses en kN ;
et les étais • RE(r) est la réaction d’appui sur les étais de rive, en kN ;
En situation intermé- • a est la distance entre étais dans le sens transversal,
En rive en m.
diaire
Dans les expressions ci-dessus, les réactions sur les
PL(i) =
PL(r) = lisses et les étais en rive sont déterminées en considé-
Sur les lisses 1,25 x rant que les lisses de rive sont situées au nu des appuis
(G1 + G2 + QE)
(en kN/ml) (G1 + G2 + QE) définitifs.
x ALr(j)
x ALi(j)

RE(i) = RE(r) =
Sur les étais
1,25 x PL(i) 1,25 x PL(r)
(en kN)
xa xa

Figure B1 — Étaiement des prédalles

e-Cahiers du CSTB - 140 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


Annexe C
Exemples de fiches d’auto-contrôle

C1. Cas des prédalles suspendues

e-Cahiers du CSTB - 141 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


C2. Cas des prédalles avec goujons

e-Cahiers du CSTB - 142 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016


e-Cahiers du CSTB - 143 - Cahier 2892_V2 – Avril 2016
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84 , AV E NUE JE AN JAU RÈS | CHA MP S-SUR-M AR N E | 7 74 47 M A RNE - L A-VA L L É E CEDE X 2
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