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RESUME

L'insécurité alimentaire est définie comme l'incapacité d'accéder à une nourriture saine, affectant gravement les ménages de Dogonkiria, où 60% de la population fait face à une insécurité alimentaire sévère. L'étude identifie des indicateurs d'alerte et des stratégies de survie développées par les paysans, incluant des mécanismes de gestion de l'insécurité alimentaire. Les résultats montrent une vulnérabilité extrême chez 29% des ménages, soulignant la nécessité d'interventions adaptées pour améliorer la situation.
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RESUME

L'insécurité alimentaire est définie comme l'incapacité d'accéder à une nourriture saine, affectant gravement les ménages de Dogonkiria, où 60% de la population fait face à une insécurité alimentaire sévère. L'étude identifie des indicateurs d'alerte et des stratégies de survie développées par les paysans, incluant des mécanismes de gestion de l'insécurité alimentaire. Les résultats montrent une vulnérabilité extrême chez 29% des ménages, soulignant la nécessité d'interventions adaptées pour améliorer la situation.
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RESUME

L'insécurité alimentaire peut être définie comme l'incapacité d'une personne, d'un ménage ou
d'une communauté à se procurer ou accéder en quantité et/ou en qualité à une nourriture saine
pour mener une vie active normale. Le présent document met en évidence les indicateurs
paysans de l'insécurité alimentaire et les stratégies paysannes de prévention et de gestion de ce
phénomène à travers les trois (3) villages de la commune rurale de Dogonkiria. Cette étude a
été conçue selon un questionnaire et un guide d'entretien. Elle a permis d'identifier les
principaux indicateurs paysans d'alerte d'une bonne ou mauvaise campagne agricole. Elle a
également permis de confirmer que les paysans ont également leur système d'alerte précoce et
qui mérite d'être valorisé. Les résultats auxquels nous sommes parvenus montrent également
que cette zone est dans une situation d'insécurité alimentaire chronique. En effet, les 3/5 des
ménages enquêtés ont un taux de couverture alimentaire de 2 à 3 mois contre 9% de 12 mois
et plus. Les niveaux d'insécurité alimentaire correspondant à ce taux de couverture alimentaire
montrent que 60% de la population enquêtée étaient confrontées à une insécurité alimentaire
sévère, 16% pour une insécurité alimentaire modérée contre 9% seulement qui assurent leur
sécurité alimentaire.
Les paysans ont développé trois types de stratégies de survie face à l'insécurité alimentaire :
les stratégies de consommation alimentaire, les stratégies économiques et les stratégies non
alimentaires.
L'analyse des stratégies de survies qui sont des stratégies de gestion de l'insécurité alimentaire
a permis la production de l'Indice de stratégie de survie (ISS) qui constitue un outil important
pour l'analyse de la vulnérabilité. Ainsi, 9% des ménages ont un ISS compris entre 0-1
correspondant aux ménages non vulnérables ; 29% pour un ISS compris entre 2-3
correspondant aux ménages à risque de vulnérabilité ; 33% pour un ISS compris entre 4-5
correspondant à la vulnérabilité moyenne et 29% pour un ISS entre 6 et+ correspondant à la
vulnérabilité extrême.
Mots clés : Insécurité alimentaire, indicateurs, stratégies d'adaptation, Dogonkiria, Dosso.
ABSTRACT

The food insecurity can be defined as the inability of a person, a household or a community to
obtain or to reach in quantity and/or in quality a healthy food to lead a normal active life. The
present document puts in evidence the peasant indicators of the food insecurity and strategies
peasants of prevention and management of this phenomenon through the three (3) villages of
the farming township of Dogonkiria. This survey has been conceived according to a
questionnaire and a maintenance guide. It permitted to identify the peasant indicatory
principals of alert of a good or bad agricultural country. It also permitted to confirm that
peasants also have their precocious alert system and that deserves to be valorized. Results to
which we arrived show also that this zone is in a situation of chronic food insecurity. Indeed,
the 3/5 of households investigated have a rate of food cover of 2 at 3 months against 9% of 12
months and more. Levels of food insecurity correspond to this food cover rate show that 60%
of the populations investigated were confronted to stern food insecurity, 16% for a food
insecurity only curbed against 9% that assure their food security.

Peasants developed three types of survival strategies facing the food insecurity: strategies of
food consumption, the economic strategies and the social strategies.
The analysis of survival strategies that is strategies of management of the food insecurity
allowed the production of the indication of survival strategy (ISS) that constitutes an
important tool for the analysis of the vulnerability. Thus, 9% of households have an ISS
understood between 0-1 corresponding to the non vulnerable households; 29% for an ISS
understood between 2-3 corresponding to households to risk of vulnerability; 33% for an ISS
understood between 4-5 corresponding to the middle vulnerability and 29% for an ISS
between 6 and+ corresponding to the extreme vulnerability.
Key words: Insecurity food, indicatory, strategies of adaptation, Dogonkiria, Dosso.
INTRODUCTION

L'insécurité alimentaire est une donnée constante au Niger. En effet, 80% de la population
nigérienne essentiellement rurale vivent de leurs productions agricoles. Chaque année,
environ 10 à 30% de la population est déficitaire en céréales (CCA, 2002 cité par Abdou Illa,
2011). Cette situation est imputable au déséquilibre profond résultant de l'inadaptation entre
les disponibilités alimentaires et les besoins. C'est pourquoi, pour prendre en compte les
risques engendrés par la problématique de l'insécurité alimentaire, les pouvoirs publics ont
mis en place des programmes et stratégies qui prennent en charge intégralement ou
partiellement ce phénomène. Ainsi, depuis 1998 un Dispositif National de Prévention et de
Gestion des Crises Alimentaires (DNPGCA) a été mis place et des documents de Stratégie de
Réduction de la Pauvreté (SRP) en 2002 et de Stratégie de Développement Rural (SDR) en
2003 ont été adoptés. Ils ont en outre adopté en 2008 le document du Plan National de
Contingence (Volet sécurité alimentaire) et en 2011 un symposium international visant à
mettre fin à l'insécurité alimentaire a été tenu à Niamey par la Haute Autorité à la Sécurité
Alimentaire (HASA).
Dans la majorité des communes rurales au Niger comme le cas de la commune rurale de
Dogonkiria, l'insécurité alimentaire est également une donnée constante. Les facteurs de cette
insécurité alimentaire sont d'ordres environnementaux et socio-économiques.
C'est dans ce contexte que se place cette étude. Elle n'a pas pour vocation de résoudre la
question de l'insécurité alimentaire ou d'évaluer ce phénomène dans la zone d'étude au titre de
l'année 2011-2012, mais elle met en relief les principaux indicateurs de ce phénomène et les
différentes stratégies mises en oeuvre par les paysans pour y faire face. Ainsi, la réflexion sur
la problématique de l'insécurité alimentaire s'organisera autour de quatre (4) chapitres.
? Le chapitre 1 porte sur le cadre théorique de cette étude. Ce chapitre explore, la
problématique, la revue de la littérature, la méthodologie de recherche ainsi que les difficultés
rencontrées au cours de ce travail.
? Le chapitre 2 présente la zone d'étude et la méthodologie. L'objectif de ce chapitre est de
comprendre le contexte géographique et socioéconomique dans lequel se produit le
phénomène d'insécurité alimentaire mais aussi la méthodologie qui a permis d'aboutir aux
résultats de cette recherche.
? Le chapitre 3 dégage les rôles respectifs des facteurs environnementaux et
socioéconomiques qui entretiennent ce phénomène.
? Le chapitre 4 analyse les indicateurs et les stratégies paysannes d'adaptation à l'insécurité
alimentaire. Dans ce chapitre deux types d'indicateurs ont été développés : les indicateurs
d'alerte et les indicateurs de survie. Il a été également retracé les mécanismes paysans de
prévention et de gestion de l'insécurité alimentaire.

Première partie : Cadre théorique et la zone d'étude


Chapitre I : Cadre théorique
Ce chapitre retrace la problématique de recherche, les objectifs, les hypothèses et la revue de
la littérature.
1.1 : Problématique
« Depuis la fin des années 1960, le Sahel connait une crise climatique caractérisée par un
déficit pluviométrique persistant avec quelques années à pluviométrie normale ou
excédentaire » (Ouédrago, et al. 2010). A l'instar des autres pays du Sahel, le Niger n'échappe
pas malheureusement à cette perturbation du régime pluviométrique. En effet, la variabilité
spatio-temporelle des précipitations au Niger et leurs caractères incertains, imprévisibles et
irréguliers se sont traduits par de profondes modifications dans les pratiques paysannes. Ces
modifications combinées à la dégradation des terres, à la fragilité des systèmes agricoles et à
la pauvreté ont eu des incidences sur les écosystèmes agricoles. Ce qui a provoqué la chute
des rendements moyens et le déficit des productions agricoles entrainant les populations
rurales dans une situation d'insécurité alimentaire, jadis conjoncturelle devenue aujourd'hui
chronique.
La commune rurale de Dogonkiria, qui se localise dans l'extrême Nord du département de
Dogondoutchi, n'a pas été épargnée de cette situation. En effet, cette zone, la plus désertique
du département, avec une moyenne pluviométrique annuelle variant de 250 à 450 mm
(DDDA, 2008) est caractérisée par une faible pluviométrie, la dégradation et la pauvreté des
sols, le manque de dynamisme des producteurs (qui s'exprime par une faible diversification
des espèces cultivées) et un faible investissement dans les facteurs de production. A cela
s'ajoutent une faible pratique des cultures de rentes, une faible présence des ONG et Projets
opérant dans la zone et la faible présence des réserves hydriques. Tous ces facteurs
concourent à maintenir la population de cette zone dans ce joug d'insécurité alimentaire. En
effet, depuis la fin des années 80, la commune rurale de Dogonkiria est confrontée à une
récurrence de l'insécurité alimentaire et qui s'est accentuée à partir des années 90. L'insécurité
alimentaire étant l'incapacité d'une personne, d'un ménage ou d'une communauté à se procurer
ou accéder en quantité et/ou en qualité à une nourriture saine et socialement acceptable pour
mener une vie active normale, peut être due à la pénurie d'aliments, à un pouvoir d'achat
insuffisant, à une répartition ou une utilisation inadaptée des aliments (RNDH, 2009).
Comment les paysans perçoivent et interprètent cette question d'insécurité alimentaire?
La vulnérabilité des populations de cette zone fait qu'au moindre choc, elles sont affectées par
une crise alimentaire. En effet, de 1990 à 2010, elles ont fait face à sept (7) crises alimentaires
en l'espace de 20 ans: 1991, 1994, 1998, 2001, 2005, 2008 et 2010 (DNPGCA, 2007 et INS,
SAP, 2008). L'analyse de ces données montre que la commune est exposée au risque
alimentaire fréquentiel tous les trois (3) ans. Si les causes de l'insécurité alimentaire sont plus
ou moins identiques à l'échelle nationale, leurs manifestations et sévérité sont au contraire
variables en fonction des capacités financières, techniques et organisationnelles des groupes
considérés. Elles sont donc variables d'une zone géographique à une autre, d'une commune à
une autre et d'un village à un autre. Dès lors, les paysans intègrent-ils la problématique de
l'insécurité alimentaire dans leurs activités quotidiennes?
La conjonction des facteurs physiques et socio-économiques délimitant l'étendue des
pratiques agricoles ont eu des impacts négatifs sur les productions agricoles et ont entrainé les
populations dans une grande précarité. En effet, le croit net fortement négatif des exploitations
observé depuis quelques temps, qui entraine une forte décapitalisation de l'exploitation,
accentue la fragilité des ménages et soulève la question de l'adaptation. Quelles sont les
stratégies mises en oeuvre par les paysans face à l'insécurité alimentaire? Ces stratégies se
définissent comme étant l'ensemble des mécanismes (préventifs et/ou curatifs) déployés par
les paysans pour atténuer les effets de la crise. En effet, selon les expériences paysannes, les
stratégies les plus courantes sont celles de survie : la consommation de certaines espèces
végétales sauvages (feuilles, fleurs, graines), la diminution de la nourriture en quantité et en
qualité ainsi que sa non diversification, la vente des biens de production, l'endettement, la
fouille des fourmilières et des aires de battage des céréales, l'exode inhabituel, etc. Cependant,
il est d'une grande importance d'analyser ces stratégies et leur impact sur les risques à
l'érosion et à l'ébranlement des moyens de subsistance. En effet, en milieu rural, les
populations assurent l'essentiel de leurs besoins alimentaires à travers les productions
agricoles locales. Or, les récentes crises alimentaires répétitives qui imposent aux paysans des
comportements se traduisant parfois par la vente du capital productif et au cas extrême à se
passer des services sanitaires, entrainent les populations dans un cercle vicieux du
déséquilibre alimentaire quasi-permanent. Car lorsque, le paysan ne dispose pas ou perd son
potentiel productif, l'insécurité alimentaire devient pour lui la règle. C'est pourquoi, il est
important d'engager des réflexions sur le suivi des paysans en période de crise alimentaire. Il
ne s'agit nullement pour nous de faire oeuvre originale (car de nombreux travaux existent) ou
d'aborder les multiples aspects d'un phénomène aussi complexe et multidimensionnel qu'est
l'insécurité alimentaire. Il s'agit de contribuer à mieux comprendre la question à travers ses
principaux indicateurs et les comportements paysans face à ce phénomène à l'échelle
communale et des ménages.

La problématique de l'insécurité alimentaire a fait l'objet de plusieurs approches (physique et


socio-économique) au Niger. Les approches physiques (Care International, FEWS-NET, etc.)
mettent l'accent sur la prédominance d'élément biophysiques notamment les conditions
climatiques, les zones agro-écologiques homogènes et surtout les zones géographiques
vulnérables. Les approches socio-économiques (SICIAV, VAM, etc.) privilégient le contexte
politique et socio-économique, le degré de fonctionnalité de l'économie alimentaire, les
pratiques de soins, la santé et l'hygiène. L'insécurité alimentaire étant définie comme la non
satisfaction des besoins alimentaires de base ne se résume pas donc à une seule variable, mais
représente plutôt un ensemble multidimensionnel de comportements et de perceptions. Les
conséquences potentielles de l'insécurité alimentaire sont également multiples et
multidimensionnelles (Tarasuk, 2001). La perception donc de l'insécurité alimentaire en tant
que processus géré évoque une suite d'expériences et d'évènements concrets. Cependant, il est
nécessaire de comprendre la fréquence, la périodicité et la durée d'expériences ou de stades
particuliers de ce phénomène pour en mesurer la gravité.
Dans ce contexte, la définition d'un certain nombre d'indicateurs de mesure de l'insécurité
alimentaire ainsi que leur analyse permettant de mieux aider à prendre des réponses
appropriées pour un meilleur suivi de ce phénomène présentent un intérêt capital. En effet, les
indicateurs permettent de produire une sorte de résumé d'informations complexes et offrant la
possibilité à des différents acteurs intervenant dans ce domaine de dialoguer entre eux, par
conséquent de mieux coordonner leurs actions pour un meilleur suivi de ce phénomène.

C'est face à cette préoccupation que se présente cette réflexion sur l'analyse des indicateurs de
l'insécurité alimentaire et les stratégies paysannes d'adaptation en prenant le cas de la
commune rurale de Dogonkiria. Il s'agit d'une géoanalyse qui nous permettra de mettre en
évidence les principaux indicateurs de l'insécurité alimentaire ainsi que le comportement
paysan face à ce phénomène. Elle permettra également à mieux cerner les menaces
qu'encourent les populations de cette zone. Ce qui aidera sans doute les décideurs à mieux
élaborer des stratégies compatibles à cette zone, à mieux orienter les ressources mais aussi à
un meilleur ciblage des interventions.
Cette recherche s'articule autour des questions principales suivantes: Quelle est l'efficacité de
système de production paysan par rapport à la fréquence de l'insécurité alimentaire? Quels
sont les indicateurs de ce phénomène ? De quelles manières les paysans s'adaptent à
l'insécurité alimentaire qui perturbe leur système de production ?
1.2: Justification du choix du sujet

Les raisons du choix de ce sujet se résument à deux niveaux:

Le premier est purement scientifique. En effet, de nombreux travaux INS/SAP (2008 et 2009),
Marcelle (1991), Warre, et al. (2008), etc. ont été faits au Niger sur l'analyse de l'insécurité
alimentaire mais ayant un caractère général et qui se résument à deux principales approches:
l'une privilégiant l'aspect biophysique et l'autre l'aspect socio-économique. Mais il n'existe pas
assez d'études mettant en lumière les différents indicateurs de manifestations de l'insécurité
alimentaire et leur impact sur les risques auxquels sont confrontés les ménages affectés par
l'insécurité alimentaire. Il s'agit de contribuer au processus de réflexion sur les risques
qu'encourent les paysans en période de crise.

Le second est purement subjectif. En effet, après notre mémoire de maitrise sur la filière
pomme de terre dans le département de Dogondoutchi qui est l'une de stratégies de lutte
contre l'insécurité alimentaire, il nous est paru important d'approfondir la réflexion sur
l'analyse plus détaillée de ce phénomène.

1.3 : Objectifs de recherche

1.3.1 : Objectif général

L'objectif assigné à cette étude est de contribuer à la définition des indicateurs de l'insécurité
alimentaire et d'analyser les stratégies paysannes d'adaptation dans la commune retenue.

1.3.2 : Objectifs spécifiques

Il s'agit de :
- caractériser le système de productions agricoles de la commune ;
- définir et analyser les indicateurs de l'insécurité alimentaire ;
- identifier et analyser les stratégies paysannes d'adaptation.
1.4 : Hypothèses de recherche
- Les populations sont de plus en plus dans une situation d'insécurité alimentaire.
- Les indicateurs de cette insécurité alimentaire sont naturels, socioculturels et économiques.
- Les paysans ont développé des stratégies adaptatives face à des menaces sur leur vie et/ou
les moyens de subsistance.

1.5 : Revue de la littérature

La recherche de l'équilibre alimentaire aussi bien dans les pays du Nord comme dans ceux du
Sud a suscité l'intérêt de multiplier les études pour apporter des réponses adéquates aux
problèmes vécus.

Si dans les pays du Sud, les problèmes alimentaires ont été et sont depuis fort longtemps une
préoccupation nationale, dans certains grands pays du Nord, il a fallu attendre les années 80 et
90 pour que le manque d'accès aux aliments soit reconnu comme des problèmes affectant les
personnes pauvres. En effet, identifié par diverses appellations comme la faim, la pauvreté
alimentaire, l'insuffisance alimentaire et enfin l'insécurité alimentaire, ce phénomène a été
décrit par des chercheurs en nutrition au Canada, aux Etats-Unis, au Royaume Uni, en
Australie et en Nouvelle-Zélande (Tarasuk, 2001). Depuis lors, les problèmes alimentaires
sont abordés par les économistes, les agronomes, les sociologues, les anthropologues, les
géographes, etc.

Aujourd'hui encore, des Institutions Internationales, des Chercheurs, des Développeurs, etc.
font de ce problème leur cheval de bataille. Ainsi, en 1996 s'est tenu le Sommet mondial de
l'Alimentation (SMA) avec comme objectif, réduire de moitié le nombre de personnes
souffrant de sous-alimentation à pas plus de 420 millions en 2015. Mais, les récentes
publications de la FAO sur l'état de l'insécurité alimentaire dans le monde font ressortir que le
nombre de personnes affectées par ce phénomène ne cesse de s'accroitre. Ainsi, de 2003 à
2009, le nombre de personnes touchées par l'insécurité alimentaire est passé de 848 millions à
1,02 milliard en 2009 (FAO, 2008 et 2009) et représente plus d'affamés que jamais dans le
monde depuis 1970. Abordant dans le même sens, Mason (2006) met en exergue l'aggravation
de cette situation en Afrique. Selon la même source, la moyenne de la sous alimentation en
Afrique subsaharienne est de 33% alors qu'elle est de 18% dans le monde en voie de
développement. C'est pourquoi, selon le NEPAD (2009), il faut un investissement de 18
milliards de dollars par an dans l'infrastructure rurale africaine pour que soit réalisé l'objectif
du SMA qui est de réduire de 50% la faim sur ce continent.

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Traitant les causes de l'insécurité alimentaire, la FAO (2009), estime que l'augmentation de
l'insécurité alimentaire n'est pas due à de mauvaises récoltes, mais à l'envolée des prix
alimentaires nationaux, à la baisse des revenus et à une augmentation du chômage, qui ont
réduit l'accès des pauvres à la nourriture. C'est pourquoi, elle a préconisé l'approche du droit à
l'alimentation dans l'éradication de l'insécurité alimentaire à l'égard des limites des mesures
jusque-là utilisées.

Au Niger, les causes de l'insécurité alimentaire, ses manifestations, les réponses paysannes
ainsi que les mesures prises par les gouvernements nigériens ont été abordés par le Rapport
National sur le Développement Humain (RNDH, 2009) ; CPM/CNPGCA/SAP (2009) ;
ALPHA GADO (2010,1993 et 1988) ; BALLA, et al, 2008) ; etc.

Ainsi, selon le document intitulé Rapport National sur le Développement Humain (2009), les
principales contraintes pour la sécurité alimentaire sont de trois (3) ordres : les contraintes
physiques (faiblesse et irrégularité des précipitations, sols épuisés et soumis à l'action de
l'érosion hydrique et éolienne), les contraintes socio-économiques (faibles revenus des
producteurs, faible maintien des stocks de sécurité privés, pauvreté, croissance
démographique, etc.) et les contraintes technologiques ( les producteurs utilisant moins les
technologies modernes font recours à un système dunaire de monoculture de mil entretenu par
la jachère adaptée à chaque situation écologique, faible utilisation de la science, etc.). Balla et
al (2008) estiment que les déterminants de l'insécurité alimentaire sont d'ordres climatiques et
socio-économiques. Cet ouvrage a également permis l'identification des causes profondes de
la vulnérabilité des ménages agropastoraux et pasteurs à l'insécurité alimentaire et
nutritionnelle mais aussi à l'établissement d'une méthodologie d'alerte précoce et de réponses
aux urgences intégrant les niveaux communautaire et communal. Abordant dans le même
sens, les études de ALPHA GADO (1988 et 1993) ont permis de mettre en évidence la
spécificité du milieu sahélien et les corrélations qui existent entre les différents facteurs de
déséquilibre alimentaire dans un écosystème.
Les manifestations de l'insécurité alimentaire dans la région de Dosso sont analysées dans les
travaux du CPM/CNPGCA/SAP (2009). Il ressort de ce document que l'insécurité alimentaire
se manifeste à travers l'exode inhabituel, la faible disponibilité alimentaire des ménages, la
consommation des aliments moins préférés, etc.

ALPHA GADO (2010) a abordé l'attitude du paysan sahélien face aux sécheresses et
famines : ses réponses immédiates mais aussi les stratégies d'adaptation de longue durée face
aux variations saisonnières et aux changements. Il a été également procédé à une analyse
approfondie des stratégies de survie de type « traditionnel » ainsi que les réponses actuelles
des agriculteurs et éleveurs du Sahel. L'auteur distingue trois types de stratégies d'adaptation
aux variations climatiques. Il s'agit des institutions de prévoyance, des stratégies d'adaptation
et des stratégies de subsistance ou de survie. Selon la même source, en temps de crise, les
mécanismes de mise en oeuvre de ces stratégies s'effectuent en étapes de mécanismes
d'assurance : une étape intermédiaire de liquidation des ressources domestiques, et une étape
d'échec ou d'incapacité de faire face à la crise.

19

Concernant les approches d'évaluation de la vulnérabilité à l'insécurité alimentaire, plusieurs


méthodes sont utilisées. Il s'agit entre autres de la méthode d'identification des zones
vulnérables du SAP ; de la méthode de FEWS-NET ; de la méthode du Projet d'Alerte
Précoce et des Prévisions des Productions Agricoles (AP3A) ; de l'approche Vulnerability
Assesment Method (VAM) du PAM et de l'approche Système d'Information et Cartographie
sur l'Insécurité Alimentaire et la Vulnérabilité (SICIAV) de la FAO. Si toutes ces méthodes
ont le mérite de prendre en compte les trois dimensions essentielles de la sécurité alimentaire
à savoir la disponibilité, l'accessibilité et l'utilisation, cependant aucune n'est arrivée à donner
une procédure d'estimation des populations vulnérables de manière satisfaisante. C'est dans ce
contexte que le cadre harmonisé du CILSS a été développé pour mettre les méthodologies afin
de disposer d'une approche commune et consensuelle dans les analyses de la vulnérabilité au
Sahel. Abordant également les questions de l'analyse de la vulnérabilité et de l'atténuation des
risques, FIVIMS (2011) estime que les politiques et interventions visant à réduire la
vulnérabilité doivent pour être efficaces, prendre en considération non seulement ceux qui
vivent actuellement dans l'insécurité alimentaire mais aussi ceux qui lui sont vulnérables. Car,
aborder la question de l'insécurité alimentaire du point de vue de la vulnérabilité permet de
manière dynamique et prospective, d'analyser les causes et surtout les possibilités de réduire
l'insécurité alimentaire.

Pour ce qui est des indicateurs de mesure de sécurité alimentaire, il en existe une multitude.
Mais chaque catégorie d'acteurs dispose d'un certain nombre d'indicateurs pour appréhender la
situation de sécurité alimentaire. Par exemple, dans le plan national de contingence, volet
sécurité alimentaire et nutritionnelle pour le Niger, les principaux indicateurs dont il est
question pour un suivi des seuils afin de dégager la situation qui prévaut sont, entre autres :
déficit du bilan céréalier, prix des céréales, taux de sous-nutrition, bilan fourrager,
mouvement des populations, etc.

Les deux manuels d'évaluation de la sécurité alimentaire en situation d'urgence (MESASU) du


PAM (2005 et 2009) fournissent des instructions pour une approche plus large, alignée sur les
priorités stratégiques de sauver les vies et de protéger les moyens de subsistance dans les
situations d'urgence, tout en tenant compte des problèmes nutritionnels. Ces manuels
développent une méthodologie à la production d'un Indice de Stratégie de Survie (ISS), outil
important pour la surveillance de la sécurité alimentaire ainsi que l'analyse de la vulnérabilité.

La récurrence de l'insécurité alimentaire a amené les autorités politiques du Niger à l'intégrer


dans les programmes nationaux (SDR, SRP,...) et internationaux (NEPAD, OMD,...) de
développement. Ainsi, pour mettre fin à cette situation, un symposium international sur la
sécurité alimentaire et nutritionnelle au Niger a été tenu du 28 au 31 mars 2011 à Niamey. Ce
symposium a regroupé plus de 300 participants : décideurs politiques, institutions africaines et
sous-régionales, pays amis, PTF, experts (nationaux et internationaux), chercheurs, cadres
techniques, acteurs régionaux et locaux du développement rural, agroindustriels, autorités
administratives et coutumières, ONG et Associations du développement, organisations
paysannes, secteur privé, etc. A l'issue de ce symposium, une déclaration dite de Niamey a été
adoptée (HASA, 2011). Elle vise à mettre fin au phénomène de l'insécurité alimentaire au
Niger, à travers le doublement des rendements au sein des différents systèmes de productions

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agricoles et pastorales, dans un horizon temporel de 10 ans en mettant un accent sur la
maîtrise de l'eau pour les besoins de production ; la gestion durable des terres et le soutien aux
exploitations familiales agricoles et pastorales.

Dans la majorité des communes rurales au Niger, comme le cas de la commune rurale de
Dogonkiria, la question de l'insécurité alimentaire est également une donnée constante. En
effet, selon le Directeur Départemental de l'Agriculture (2011) citant le Secrétariat Permanent
du Système d'Alerte Précoce (SP/SAP), le déficit vivrier est permanent et la commune figure
régulièrement parmi les zones vulnérables du pays. Ainsi, selon le SAP, en 2005, Dogonkiria
faisait partie des douze (12) zones dans une situation alimentaire extrêmement critique. Cette
situation soulève donc la question d'adaptation.

Au terme de cette revue, beaucoup de questions se posent encore sur la problématique de


l'insécurité alimentaire notamment sur le plan local. Comment les paysans intègrent-ils la
problématique de l'insécurité alimentaire dans leurs activités quotidiennes ? Quelles sont les
stratégies d'adaptation mises en oeuvre par les paysans face à ce phénomène ? Quels sont les
risques qu'encourent les paysans en période d'insécurité alimentaire? Autant d'interrogations
qui seront abordées dans la présente étude.
1.6 : Définition des concepts et termes de l'étude

Pour toute étude scientifique, la définition des concepts et /ou des termes clés est d'une
nécessité absolue. Ainsi pour mieux aider à cerner l'analyse, il est intéressant d'expliciter ces
notions fondamentales.

Sécurité alimentaire : Le concept de sécurité alimentaire fait référence à la disponibilité ainsi


qu'à l'accès à la nourriture en quantité et en qualité suffisantes. Selon la FAO (1996), « La
sécurité alimentaire est assurée quand toutes les personnes, en tout temps, ont
économiquement, socialement et physiquement accès à une alimentation suffisante, sûre et
nutritive qui satisfait leurs besoins nutritionnels et leurs préférences alimentaires pour leur
permettre de mener une vie active et saine ». Cette définition amplement acceptée est centrée
sur les aspects suivants de la sécurité alimentaire :
? Disponibilité alimentaire: La disponibilité d'aliments en quantité suffisante et d'une qualité
appropriée, dont l'approvisionnement est assuré par la production nationale ou les
importations (y compris l'aide alimentaire).

? Accès à la nourriture: Accès de tous à des ressources adéquates leur permettant d'acquérir
une nourriture adéquate et nutritive.

? Utilisation: L'utilisation de la nourriture dans le cadre d'une diète adéquate, d'eau potable,
d'assainissement et des soins de santé de façon à obtenir un état de bien-être nutritionnel qui
permette de satisfaire tous les besoins physiologiques. Tous ces éléments soulignent le rôle
des facteurs non alimentaires dans la sécurité alimentaire.

? Stabilité: Pour parvenir à la sécurité alimentaire, une population, un ménage ou une


personne doit avoir un accès permanent à une nourriture adéquate. Cet accès à la nourriture ne
doit être menacé ni par l'émergence de chocs soudains (par exemple, une crise économique ou
climatique) ou par des événements cycliques (par exemple, une insécurité alimentaire
saisonnière). Le concept de stabilité peut donc concerner à la

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fois la disponibilité et l'aspect lié à l'accès à la sécurité alimentaire.

Insécurité alimentaire : Elle découle du concept de sécurité alimentaire. Elle est la traduction
d'un accès insuffisant en quantité et en qualité à une nourriture saine et socialement
acceptable.

On parle d'insécurité alimentaire, lorsque les personnes n'ont pas accès à une quantité
suffisante d'aliments sains et nutritifs et ne consomment donc pas les aliments dont elles ont
besoin pour se développer normalement et mener une vie active et saine (INS, SAP, 2008).
Cette situation peut être due la pénurie d'aliments, à un pouvoir d'achat insuffisant ou à une
répartition ou utilisation inadaptée des besoins alimentaires au niveau des ménages.

On parle également d'insécurité alimentaire, une situation par laquelle les ménages ne
disposent pas d'un accès sûr et régulier d'une quantité suffisante à l'alimentation (PAM, 2005).
Lorsque l'accès à la nourriture devient un problème constant, elle se traduit par la vente de
bétail qui constitue l'épargne sur pied, l'endettement, la pratique des activités inhabituelles,
etc.

Enfin, la question de l'insécurité alimentaire, introduit la notion de risque et de vulnérabilité.


Ainsi, le risque à l'insécurité alimentaire se définit comme la probabilité de voir un danger
(insécurité alimentaire) se concrétiser dans un ménage. C'est donc la probabilité pour un
individu ou un groupe de personnes de voir sa sécurité alimentaire menacée par la survenue
d'un évènement climatique et/ou économique (sécheresse, hausse des prix agricoles, etc.).

La vulnérabilité à l'insécurité alimentaire : elle se définit par l'exposition au risque et qui peut
être atténuée par la capacité à faire face. Cette vulnérabilité peut avoir un caractère structurel
(techniques de productions archaïques, faible pouvoir d'achat, moyens techniques et financiers
limités, etc.) ou conjoncturel (caprices climatiques, attaques périodiques des cultures par les
ennemis, etc.). Ainsi, « est vulnérable, celui qui, se trouvant confronté à un environnement à
haut risque est sous-assuré par rapport au risque encouru ». Elle intègre également l'ensemble
des mécanismes d'adaptation et de réaction mis en oeuvre à une situation difficile. Lorsque les
mécanismes ne sont pas efficaces, le foyer entre dans une situation de vulnérabilité
conjoncturelle ou chronique (INS, SAP, 2008).

Indicateurs : un indicateur est un élément ou une donnée qui reflète l'état ou la situation de
quelque chose (Encarta, 2007). Il est une information ou un ensemble d'information
contribuant à l'appréciation d'une situation par le décideur. Il peut être qualitatif ou quantitatif.
C'est également un indice permettant d'évaluer l'état ou la situation d'un phénomène. C'est
aussi une information de synthèse qui aide à apprécier une situation dans le système placé
sous sa responsabilité. C'est une donnée quantitative qui permet d'expliquer une situation
évolutive, une action ou les conséquences d'une action, de façon à les évaluer et à les
comparer à leur état à différentes dates.

Un indicateur a pour objectif de présenter une image simple et précise d'une situation donnée.
Il doit cependant répondre à trois critères de validité qui sont la pertinence face aux objectifs,
la sensibilité face au phénomène étudié et l'observabilité à travers des méthodes appropriées

22
(Dubois, 2004 cité par Droy et Rasolofo, 2004). De tous les documents consultés, le constat
qui s'est dégagé est qu'il n'existe pas d'indicateurs standards ou génériques.

Un indicateur se décompose en trois (3) phases :

l Analyse : Que dit l'indicateur ? Que lit-on ? Que comprend-on ?

l Interprétation : Qu'elles peuvent être les conséquences ? Quel est leur niveau de gravité ?
Quels sont les risques possibles ?

l Réaction : Quelles sont les actions correctives ou d'amélioration à entreprendre ? Sur


quels points ou quels éléments ? De combien de temps dispose t-on pour le faire ? Qui doit-on
saisir ?

On distingue plusieurs types d'indicateurs. Mais pour le besoin de la présente étude, retenons-
en deux (2) :

? Les indicateurs d'alerte qui signalent la présence d'un dysfonctionnement, d'un état anormal
impliquant une action corrective. Dans une gestion des produits agricoles, il peut s'agir des
produits en rupture de stocks, des déficits pluviométriques, du retard des campagnes
agricoles ...

? Les indicateurs d'adaptation (survie) qui fournissent des renseignements sur les stratégies
utilisées par un ménage pour faire face à une insécurité alimentaire. Ils permettent de
connaitre l'ensemble des mécanismes développés par un ménage pour faire face aux
problèmes alimentaires. Les renseignements fournis par ce type d'indicateurs permettront au
gestionnaire des crises d'évaluer l'état de la situation et de cibler les actions à entreprendre
pour atténuer les effets de la crise.

Dans cette étude, les indicateurs dont il est question correspondent à la fois aux indicateurs
d'alerte et aux indicateurs d'adaptation (survie). Ils constituent des indices à travers lesquels,
les paysans prévoient et gèrent l'insécurité alimentaire.
Stratégies d'adaptation: Elles désignent l'ensemble des activités auxquelles recourent un
ménage ou un groupe de personnes afin de se procurer de la nourriture, des revenus et/ou des
services, quand leurs moyens habituels de subsistance ont été perturbés ou sont susceptibles
de l'être. Elles sont à la fois préventives et curatives, variables d'un ménage à un autre et selon
les zones agro-écologiques. Lorsqu'elles sont développées par un ménage en période de chocs,
elles peuvent être qualifiées de stratégies viables ou de détresse. Les stratégies viables sont
durables et préservent les futurs moyens de subsistance, la dignité et l'état nutritionnel (PAM,
2005). Quant aux stratégies de détresse, elles sont celles qui minent les moyens de
subsistance, la dignité ou l'état nutritionnel et augmentent la vulnérabilité à long terme.

Pour appréhender les capacités d'adaptation des ménages aux chocs, on analyse les différentes
stratégies de survie développées par les ménages pour faire face à des difficultés alimentaires.
Cette analyse a permis également de calculer l'indice de stratégie de survie (ISS). Ce dernier
synthétise le degré d'exposition des ménages aux chocs, plus il est élevé plus le niveau de
vulnérabilité augmente.

23

Les stratégies d'adaptation des ménages peuvent également être analysées selon le niveau de
réversibilité c'est-à-dire la possibilité pour un ménage de retrouver sa situation initiale après
avoir fait face à un choc. On distinguera quatre (4) niveaux différents.

? Les stratégies de niveau 1 : ce sont les stratégies les plus couramment utilisées par les
ménages à risque ou en insécurité alimentaire. Les stratégies de niveau 1 présentent un risque
faible sur l'érosion des moyens de subsistance.

? Les stratégies de niveau 2 : ce sont des stratégies utilisées par les ménages en insécurité
alimentaire. Elles présentent un risque moyen à l'érosion et à l'ébranlement des moyens de
subsistance.

? Les stratégies de niveau 3 : elles concernent l'ensemble des ménages qui sont confrontés à
une insécurité alimentaire. Elles préservent les conditions de vie des actifs et des enfants et
dégradent au contraire celles des adultes et des inactifs.
? Les stratégies de niveau 4 : ce sont des stratégies de détresse qui minent les moyens de
subsistance, l'état nutritionnel et augmentent la vulnérabilité à long terme.

Ainsi, plus le ménage fait recours aux stratégies dites de niveau 4, plus il est exposé dans une
situation où la réversibilité est difficile. A l'inverse, plus le ménage utilise les stratégies de
niveau 1 et 2, la probabilité de retrouver sa situation initiale sera forte.

Capabilités : Elles représentent l'ensemble des fonctionnements possibles, ceux qui sont
accomplis (et donc plus facilement identifiables) et ceux qui ne sont pas accomplis, mais que
l'individu peut mettre en oeuvre pour des raisons de choix personnels ou sous la contrainte,
pour faire face à la concrétisation d'un risque et à l'altération de certaines de ces capabilités
(Droy et Rasolofo, 2004). Les capabilités constituent l'ensemble des moyens (matériels et
immatériels) susceptibles d'être utilisés par un ménage en cas de difficulté.

Les capabilités d'un ménage rural s'analysent à travers ses potentialités sous forme de:

Capital humain : sexe, âge, nombre d'actifs agricoles, personnes à charges, etc.

Capital physique : nombre de champs cultivés, leur statut (location, propriété, ...), équipement
agricole, cheptel possédé.

Capital social : transfert en argent ou en nature, participations aux cérémonies,...

24
Chapitre II : La zone d'étude et Méthodologie

Le présent chapitre traite des aspects physiques de la zone d'étude dont l'intérêt est de
comprendre le contexte géographique et socio-économique dans lequel se produit le
phénomène d'insécurité alimentaire, objet de cette étude. La méthodologie de recherche ainsi
que les difficultés rencontrées au cours de cette recherche ont été également développées au
cours de ce chapitre.
2.1 : PRESENTATION DE LA ZONE D'ETUDE
2.1.1 : Milieu physique
2.1.1.1 Situation géographique
La commune rurale de Dogonkiria d'une superficie de 2886 km2 est localisée dans l'extrême
Nord du département de Dogondoutchi. Ses bornes géographiques sont : au Nord entre les
latitudes 13°56'30» et 14°36'50» et à l'Est entre les longitudes 4°9'40»et 4°18' (Figure 2)

Sur le plan administratif, cette commune est limitée au Nord par les communes rurales de
Bagaroua et de Sanam, au sud par la commune rurale de Matankari, à l'Est par les communes
rurales de Dankassari et d'Alléla et à l'Ouest par la commune rurale de Soukoukoutane.

La commune rurale de Dogonkiria est l'une des plus importantes (superficie) du département
de Dogondoutchi et regroupe 45 villages administratifs, 6 tribus peulhs et 5 campements
touaregs (Bouzou).
2.1.1.2 : Paramètres climatiques 2.1.1.2.1: Les précipitations

Les caractéristiques géographiques de la zone la placent dans un climat Nord sahélien, situé
entre les isohyètes 300-450mm (DDDA, 2004 cité par Yagi, 2010). C'est une zone proche de
la limite Nord des cultures. Cependant, les précipitations enregistrées ne sont pas partout
homogènes au sein de cette commune. En effet, la répartition spatio-temporelle de la
pluviométrie est irrégulière et les variations interannuelles des quantités de pluies enregistrées
sont significatives du Nord au Sud (tableau1)

Tableau 1 : variations des précipitations annuelles à Kiria de 1998 à 2007

Année

1998

1999

2000
2001

2002

2003

2004

2005

2006

2007

Cumul (mm)

345,9

501,6

316

333,5
352,5

444,6

328,5

476,7

285,5

375,7

Nbre jr de

pluie

28

37

17

24
32

22

22

30

11

15

Source : DMN cité par Sabo, 2008

L'analyse de ce tableau, montre que de 1998 à 2007, la moyenne pluviométrique est de 376,05
mm, une moyenne qui dissimule en réalité de grandes irrégularités. Ainsi, il a été observé que
l'année 1999 avec un excédent de 125,55 mm en 37 jours reste l'année qui a

25

enregistré la plus forte pluviométrie. Par contre, l'année 2006 avec un déficit de 90,55 en 11
jours a été la plus mauvaise. Ce tableau montre également une moyenne de nombre de jours
de pluie au cours de cette même période de l'ordre de 24 jours et variant de 11jours à 37 jours.

2.1.1.2.2: Les températures


L'espace étudié enregistre de fortes températures surtout en saison sèche. Ainsi, les
températures maximales enregistrées sont de l'ordre de 47° en Avril et celles minimales de
15° en janvier-février (Sabo, 2008). Ces fortes chaleurs ne sont pas sans conséquences sur le
développement des cultures notamment concernant la floraison. L'ETP quant à elle, peut
dépasser 4000 mm.

2.1.1.2.3: Les vents

Comme partout au Niger, cette zone est parcourue par deux principales masses d'air :
l'harmattan et la mousson. Il s'agit de deux masses d'air de caractéristiques différentes et
soufflant à deux périodes différentes : l'un chaud et sec et l'autre chaud et humide. Les vents
sont également très violents en début des saisons de pluies (Mai/Juin), ce qui ensevelit les
jeunes semis et en fin de saison (Septembre/Octobre), ce qui brise les tiges des céréales avant
la récolte. Pour ce qui est de cette zone, la vitesse moyenne est de 3 m/s.
2.1.1.3: Géomorphologie

La commune rurale de Dogonkiria présente un relief contrasté avec prédominance des dunes
et des plaines sablonneuses. Les caractéristiques géomorphologiques permettent toutefois de
distinguer trois(3) types de paysages.

? Le paysage des dunes et plaines sablonneuses avec 280 m d'altitude : A ce niveau, les sols
sont bruns rouges subarides à valeurs agronomiques moyennes à passables. La végétation est
constituée de ligneux bas (LB) et hauts (LH) tels que Guiera senegalensis, Combretum
micrantum, Combretum glutinosum, etc. très clairsemés. Ces unités sont aussi très occupées
par les activités humaines et menacées par l'érosion.

? Le paysage d'une chaine de plateaux dans la partie Nord-Ouest d'une altitude moyenne de
300 m : Les sols sont bruns rouges et minéraux de valeurs agronomiques moyennes à
passables. La végétation est constituée de Combrétacées et des acacias. Le long des
encaissements, on trouve également des ligneux hauts. Ces unités sont aussi dégradées et l'on
y pratique l'agriculture et l'élevage.

? Le paysage des vallées fossiles, propices à l'agriculture dans la partie Sud, d'une altitude de
241 m : Les sols prédominants sont des sols ferrugineux tropicaux peu lessivés. La végétation
est assez développée par rapport à la partie Nord, avec des ligneux hauts de plus de 5 m de
haut. La strate herbacée est assez dense dans les parties non cultivées. Ces unités sont celles
où se concentrent les exploitations agricoles.

26
2.1.1.4: Les sols

L'exploitation de la carte pédologique simplifiée du département de Dogondoutchi permet de

distinguer trois (3) types de sols dans la commune rurale de Dogonkiria.

y' Les sols minéraux bruts peu différenciés sur mélange de sable éolien et colluvions.

y' Les sols bruns rouges subarides sur grès argileux.

y' Les sols bruns rouges subarides peu différenciés sur sable des vallées sèches.

Les sols subarides (bruns ou rouges bruns) se développent sur divers matériaux : dunes,
alluvions, colluvions remaniées. Leur épaisseur varie de 1 à1, 5m. La présence diffuse des
oxydes de fer dans les différents profils et de matière organique dans l'horizon A améliore
leur cohésion et leur stabilité. L'érosion des parties superficielles entraine une dégradation
accélérée difficile à maîtriser. Sur le plan agronomique, ce sont des sols qui présentent des
capacités moyennes d'exploitation. En général, les sols de la commune rurale de Dogon Kiria
sont pauvres.

En dehors de ces classifications, les paysans distinguent les sols selon l'appellation locale
suivante (tableau2)

Tableau 2 : Typologie des sols selon les paysans

Nature
Caractéristiques

« Hoska »

Sols très productifs de glacis ou bas fonds avec comme bio indicateurs Combretum nigricans
ou Combretum glutinosum

« Kwaré »
« Rwahi »
« Fadama

Sols hydromorphes des bas fonds, très productifs : sablo-argileux ou argileux difficiles à
travailler. Ce sont des sols très sollicités par les paysans.

« Tsadaré

Sols nouvellement mis en valeur ou jachère remise en culture


« Lesso »

Sols surexploités, très fatigués

« Jay jayi

Sols rouges, improductifs disponibles au niveau des glacis

« Baringo

Sols moins rouges que le « jay jayi » et peu productifs

Source : Sabo, 2008 et Yagi, 2011. 2.1.1.5: La végétation

Du point de vue géobotanique, la commune rurale de Dogonkiria se trouve dans le domaine


saharo-sindien. Le relief est sous forme de relief forestier à dominance combrétacées (DDE,
2008 cité par Sabo, 2008). Elle est composée d'essences ligneuses : Faidherbia albida,
Balanites aegyptiaca, Combretum glutinosum,, Prosopis africana, Cacia sieberiana et
d'arbustes comme Guiera senegalensis, Combretum micrantum, Boscia senegalensis, Ziziphus
mauritiana, etc. En période de crise ou d'insécurité alimentaire ce sont surtout les jeunes
feuilles de Sclerocarya birrea (Danya), les fleurs de Balanites aegyptiaca (Adoua) et les
graines de Boscia senegalensis (anza) qui sont les plus sollicitées.

Le couvert herbacé est clairsemé du fait de la mise en valeur quasi générale des espaces de la
commune. On note néanmoins, l'existence de quelques bosquets le long des berges des
rivières fossiles. Ce sont des fourrés rupicoles que l'on trouve le long des chenaux
d'écoulement ou des Koris.

27
2.1.1.6 : L'hydrographie

Le réseau hydrographique de la commune est principalement constitué des vallées fossiles et


une dizaine de mares semi permanentes. La commune dispose également d'une retenue d'eau à
Bougou-Kalaba et un mini-barrage à Maïmakayiné à travers lesquels les populations pratiques
les cultures sèches. Néanmoins, toutes ces ressources hydriques exploitées ou non sont
menacées par l'ensablement modifiant ainsi leur régime.

Il faut noter que la commune dispose d'une intéressante vallée « Rouafi », qui prolonge le
Dallol Maouri de l'entrée à la sortie de la commune au Nord et fait jonction avec la Majjia à
l'Est. Cette vallée est propice aux activités agricoles et est irrigable. Malheureusement, les
différents ouvrages de retenues d'eau effectués dans le département d'Illéla voisin ont bloqué
depuis près de 10 ans l'arrivée annuelle de la Majjia jusqu'à hauteur Dogonkiria/Issakitchi
(ANDB, 2009).

En ce qui concerne les infrastructures hydrauliques, elles sont composées de puits modernes,
traditionnels, forages à motricité humaine et les mini-adductions d'eau potable. Ces
infrastructures sont en grande partie non fonctionnelles (32%) provoquant ainsi une chute de
la couverture de la population en eau potable.
2.1.2 : Les aspects humains
2.1.2.1 : Les aspects sociodémographiques 2.1.2.1.1 : Les caractéristiques démographiques

La population totale du territoire communal de Dogonkiria est passée de 21.020hbts en 1997 à


34.000 habitants en 1988 et 44.208 habitants en 2001 (RGP/H, 2001). Le taux
d'accroissement naturel (TAN) est estimé à 3,4%, un taux supérieur à celui de la moyenne
nationale qui est de l'ordre de 3,3% (INS, 2010). Ainsi, en extrapolant, la population a atteint
en 2007 54.026 habitants et sera à 70.597 habitants en 2015. En ce qui concerne la répartition
de la population par genre, en 2007 les hommes représentent 49% (26.628 habitants) de la
population totale pour 51% (27.401 habitants) pour les femmes (tableau 3). Les jeunes
constituent la franche la plus importante de la population, car 52% de cette population ont
moins de 15 ans. La jeunesse de cette population représente à la fois un atout et une charge
pour la commune. En effet, 100 personnes actives ont en charge 57 autres (PDC, 2007), ce qui
traduit un rapport de dépendance économique très élevé. Les densités de cette zone ont varié
de 7 habitants/km2 en 1977 à 12 habitants/km2 puis de 15 habitants/km2 en 2001 à 19
habitants/km2 en 2007.

Tableau 3 : Evolution de la population de 1977 à 2007

Année

1977

1988

2001

2007

Population (hbts)

21.020

34.400
44.208

54.026

Densité (hbts/km2)

7,18

11,91

15,31

19

Source : INS, 2006 ; PDC, 2007et Sabo, 2008.

28

Tableau 4 : Répartition de la population des villages échantillons

Villages

Population totale

Population masculine
Population féminine

Nombre de

ménage

Ménages enquêtés

Makourdi

686

338

348

84

Balessa

1520
749

771

186

19

Angoual Kara

1348

665

683

165

17

Total

3554
1752

1802

435

45

2.1.2.1.2 : Les aspects sociaux

Sur le plan éducatif, la commune enregistre un taux brut de scolarisation de 41,23% (PDC,
2007). Ce taux classe la commune en dernière position parmi l'ensemble des communes
rurales du département de Dogondoutchi avec un taux moyen estimé à 79,53%. Ce qui révèle
le poids de l'analphabétisme de la commune et qui n'est pas sans conséquence sur la capacité
des agriculteurs à s'adapter à l'environnement actuel.

Elle est composée de 4 CEG et de 57 écoles primaires.

Sur le plan sanitaire, la commune dispose de deux centres de santé intégrés fonctionnels et de
14 cases de santé. Pour les deux CSI, le soin est assuré par deux infirmiers, ce qui correspond
à un infirmier pour 27.015hbts. La couverture sanitaire est de 57,82% contre une moyenne
départementale de 69% (PDC, 2007).
2.1.2.2 : Les activités économiques 2.1.2.2.1 : L'agriculture

Dans l'ensemble de la commune, l'agriculture constitue la principale activité avec une


prédominance de l'agriculture pluviale. Les principales spéculations sont le mil, le sorgho et le
niébé. Les outils aratoires sont rudimentaires (chapitre 2 : 2.2). Cependant, on note
l'utilisation des charrues bovines et par endroit la houe asine.
Les cultures de contre saison qui constituent des alternatives visant à accroitre le stock vivrier
et générer des revenus sont très peu développées en raison de la profondeur de la nappe et des
moyens financiers très limités des populations.

2.1.2.2.2 : L'élevage

Deuxième activité après l'agriculture, l'élevage reste un capital d'épargne mais aussi une
stratégie anti risque. En effet, en période de difficulté, la vente de bétail constitue une
stratégie de survie.

Cependant, l'effectif exact du cheptel de la commune n'est pas maîtrisé du fait de


l'indisponibilité des données du Recensement Général de l'agriculture et du cheptel par
commune. Néanmoins, le diagnostic communal en 2007 a permis d'estimer le cheptel de la
commune à 24.703 Unité Bétail Tropical (UBT) (tableau 5) et la volaille à 33.160 unités.

29

La commune dispose également d'un important marché de bétail (Maïmakayiné) mais aussi
des zones de pâturages surtout dans la partie Nord. On note aussi six (6) aires de pâturages :
Akoira, Dodoria, Maïmakayiné, Marjack, Dagnayé, Intougaye et les autorités communales
comptent en aménager dix (10) autres (PDC, 2007).

Tableau 5: composition du cheptel en 2007

Espèces

Nombre

UBT

Camelins
1379

1.379

Bovins

17.965

14.379

Ovins

19.779

2967

Caprins

22.303

3.345

Asins

3.402
1.701

Equins

939

939

Total

24.703

Source : Rapport du diagnostic communal, 2007 2.1.2.2.3 : Les activités extra-agricoles

Elles concernent l'ensemble des activités qui génèrent des revenus non agricoles. Il s'agit donc
des activités secondaires qui entrent dans des stratégies anti aléatoires et de gestion de
mauvaise saison. Ces activités regroupent le commerce, l'artisanat et la cueillette. Les produits
de l'artisanat les plus fréquents concernent les produits de la forge, du tissage des cordes, de la
poterie, la sculpture, etc.

Traversée par une voie latéritique sur près de 93 km (RN36), la commune dispose de deux
importants marchés hebdomadaires (Kiria et Maïmakayiné) fréquentés par les commerçants
du Nigeria et de la région de Tahoua, qui favorise la vente et la revente des différents produits
locaux et accentuant le développement de ces activités. A côté de ces deux marchés, la
commune possède également d'autres marchés secondaires : Walwala et Akoira.
30

Figure 1 : Localisation de la zone d'étude

31
2.2 : METHODOLOGIE
2.2.1 : Recherche bibliographique

Fondement de toute recherche scientifique, la recherche bibliographique a permis de faire un


état de lieux des études faites au Niger sur l'analyse de l'insécurité alimentaire. Ce qui a
nécessité la fréquentation des différentes bibliothèques, les centres de documentation mais
également sur Internet.
2.2.2: Outils de collecte de données

La méthode utilisée pour la collecte des informations quantitatives et qualitatives permettant


de mieux élucider notre sujet a été construite autour de trois principaux instruments : le
questionnaire, les entretiens et l'exploitation des documents cartographiques. La phase
d'enquête a été effectuée au moment de la visite de terrain. Pour ce faire, deux camps de
terrain ont été organisés : le 1er du 15 juillet au 15 Août et le second du 02 au 12 Septembre
2011.
2.2.2.1 : Questionnaire

Il a concerné les chefs des ménages et a permis de collecter des informations sur des aspects
fondamentaux de l'insécurité alimentaire notamment les données sur l'économie alimentaire
des ménages (sources de revenus, consommation alimentaire...), les stratégies développées,
etc. Au total quarante cinq (45) chefs de ménage (34 hommes et 11 femmes) ont été enquêtés.
Il faut noter également que ce questionnaire a pris en compte toutes les composantes
ethniques de la commune. Ainsi, 36 Haoussa, 5 Peulh et 4 Touareg (Bouzou) ont été
questionnés.
2.2.2.2 : Entretiens

Le guide d'entretien élaboré à l'occasion de cette étude est adressé aux chefs de villages,
personnes ressources, agents de santé, élevage, agriculture, et vise à fournir des indicateurs
relatifs aux campagnes agro-pastorales, l'expérience des crises alimentaires et aux multiples
problèmes auxquels sont confrontés les paysans. Au total, trois chefs de villages (Makourdi,
Balessa, Angoual Kara), l'animateur de l'ONG ABC Ecologie (Dogonkiria), le maire de
Dogonkiria, les agents d'agriculture (Soukoukoutane et Dogonkiria), le Directeur
Départemental de l'Agriculture, le coordonnateur départemental du Catholique Relief Service
(CRS) et autres personnes ressources ont été interrogés.
2.2.2.3: Documents cartographiques

Les sources cartographiques utilisées dans cette recherche sont entre autres :

La carte géomorphologique simplifiée du département de Dogondoutchi au 1/500000.


Source : Carte topographique IGN /Ministère du Plan et de la Planification Régionale,
Décembre 1986. Elle a permis d'identifier et de caractériser les différentes unités
géomorphologiques de la zone : sous zone dune et plaine sablonneuse, sous zone vallée
sablonneuse et plateaux.

La carte pédologique simplifiée du département de Dogondoutchi. Obtenue au Ministère du


Plan et de la Planification régionale. C'est un document riche en

32

information sur la typologie des sols dans la zone : sols ferrugineux tropicaux peu lessivés,
sols brun rouge subarides et sols minéraux bruts.
2.2.3: Choix des indicateurs

La construction et le choix des indicateurs ont été faits sur la base d'une enquête préliminaire
menée à l'endroit des ressortissants de la commune rurale de Dogonkiria résidant ou de
passage à Niamey. Ainsi, quinze (15) personnes dont 7 étudiants, 3 fonctionnaires et 5
exodants ont été interrogés. Les indicateurs d'alerte ont été définis à l'échelle communale et
les indicateurs de stratégies de survies à l'échelle des ménages. Ces indicateurs de stratégies
de survies prennent également en compte les cinq(5) stratégies centrales de consommation
alimentaire d'une Evaluation de Sécurité Alimentaire en Situation d'Urgence (en anglais
EFSA) du Programme Alimentaire Mondial (PAM) mais aussi des indicateurs de l'Institut
National de Statistique et du Système d'Alerte Précoce (INS/SAP, 2008 et 2009). Au total
dix(10) indicateurs ont été retenus sur la base des critères socioculturels et économiques.
Enfin, sur le terrain, des discussions avec les responsables des différents services techniques
départementaux et communaux mais aussi avec les paysans ont permis de valider ces
indicateurs.
2.2.3.1 : Fréquence

Le système de calcul de stratégie de survie d'un ménage utilisé prend en compte à la fois celui
de l'INS/SAP et du PAM. Ainsi, une stratégie de survie utilisée chaque jour a une note brute
de 7 points ; souvent : 4,5 points ; rarement : 1,5 point. Une stratégie qui n'est pas utilisée
reçoit une note brute de zéro point.
2.2.3.2 : Note de sévérité

Les stratégies de survie développées par les ménages en période de pénuries alimentaires sont
variables. Certaines stratégies sont plus mauvaises que d'autres. C'est pourquoi un système de
pondération est utilisé selon une échelle de 1 à 4 et qui détermine le poids de sévérité d'une
stratégie.
2.2.4: Méthodes d'analyse

Elles englobent à la fois l'ensemble des logiciels utilisés au cours de cette recherche, le choix
des villages échantillons ainsi que les ménages enquêtés.
2.2.4.1 : Logiciels

Les logiciels qui ont été utilisés dans cette étude sont entre autres: EXCEL pour les
représentations graphiques; SPSS pour le traitement et l'analyse des données et ARC GIS 3.10
et Quantum GIS 1.7.1 pour la réalisation des cartes.
2.2.4.2 : Zonation

Faute d'obstacle naturel marqué permettant d'identifier les différentes sous zones
géographiques, il a été procédé à une zonation selon les moyens de subsistance. En effet, une
zone de moyens de subsistance correspond à une région relativement homogène et distincte
des autres régions voisines en termes de production principale de nourriture, d'activités
génératrices de revenus (AGR), de pratiques culturelles et de risques affectant la sécurité

33
alimentaire (PAM, 2005). Sur cette base, la commune a été scindée en trois zones (Figure 1).
La zone 1 ou Grand Nord est un espace de production pure du mil et du sorgho et couvre plus
de la moitié de la superficie totale de la commune. La zone 2 ou zone centre est une aire de
forte production de voandzou mais aussi d'association de niébé avec les principales
spéculations que sont le mil et le sorgho. Cet ensemble s'identifie également par la production
du pain du Jujubier ou Ziziphus mauritiana localement appelé « AKKOURI ». Enfin, la zone
3 ou zone Sud qui se caractérise par sa forte production en arachide en dehors des céréales.
2.2.4.3 : Choix des villages échantillons

Le choix des villages échantillons est fait en fonction de leur position par rapport à la RN36.
Ce qui a réduit les coûts de transports. Ainsi, un village a été retenu pour chaque zone.
2.2.4.4: Choix des enquêtés

Le choix des ménages échantillons a été fait en fonction du nombre total des ménages des
villages. En effet, sur la base des données de l'INS (2006), 435 ménages ont été recensés pour
l'ensemble des trois villages. Ainsi, 10% des ménages pour chaque village ont été choisis pour
la réalisation de cette étude. Le tirage des ménages a été fait de manière aléatoire. Au total, 45
ménages ont été enquêtés repartis comme suit : Makourdi (9) ; Balessa (19) et Angoual Kara
(17). L'étude a également pris en compte la question du genre et tous les différents groupes
ethniques de la zone.
2.2.4.5: Dépouillement

Le traitement des données a été fait avec le logiciel SPSS. Ce qui a permis de produire des
tableaux, des analyses croisées et des caractéristiques statistiques.
2.3 : Difficultés rencontrées

Comme tout travail de recherche scientifique, celui-ci n'a pas été mené sans aucune difficulté.
En effet, l'un des handicaps liés à cette étude est celui de l'inexistence d'indices standards pour
l'analyse de l'insécurité alimentaire. On était obligé de faire le tri de tous les éléments qui
peuvent avoir une influence sur l'insécurité alimentaire. A la fin, seuls les indices de l'INS et
du PAM ont été retenus et ils ont servi de base pour construire notre indicateur. Le deuxième
problème est celui du manque d'un logiciel adéquat pour le calcul de cet indicateur. Il a fallu
faire le calcul manuel pour ensuite introduire les données dans SPSS pour la production des
moyennes, des minimas et des maximas de l'indice de stratégie de survie (ISS).
34

Figure 2 : Carte de la zonation de la zone d'étude

35
Deuxième partie : Résultats et discussion

36
Chapitre III : Etude de l'insécurité alimentaire :
analyse rétrospective des facteurs et conséquences

Pour mieux cerner cette question d'insécurité alimentaire nous nous sommes permis de faire
un survol des paramètres qui font naitre et entretenir ce phénomène. Il s'agit des paramètres
environnementaux (conjoncturels) et socioéconomiques (structurels). Dans un second temps,
il sera dégagé les conséquences de cette insécurité alimentaire sur la population.
3.1 : Les facteurs de l'insécurité alimentaire

Ces facteurs que Balla, et al. (2008) appellent les déterminants de l'insécurité alimentaire
concernent notamment les caprices climatiques, les attaques périodiques des cultures par les
ennemis, les techniques de production archaïques, le faible pouvoir d'achat des paysans, etc.
3.1.1 : Les facteurs environnementaux 3.1.1.1 : L'irrégularité des précipitations

Les précipitations constituent l'un des principaux facteurs déterminants l'insécurité alimentaire
dans la zone. En effet, l'excès ou le déficit des pluies selon le stade de croissance des cultures
est préjudiciable pour une bonne récolte. Dans la zone d'étude, ce sont surtout l'insuffisance et
la mauvaise répartition des pluies qui constituent la principale entrave pour les paysans. La
figure 3 illustre les variations interannuelles de précipitations au cours des trente (30)
dernières années.

Figure 3 : Evolution de la pluviométrie à la station de Dogonkiria


Il ressort de cette figure que, de 1981 à 2010 la moyenne pluviométrique est de 368,08 mm,
une moyenne qui cache des grandes disparités interannuelles. Ainsi, l'année 1994 est celle qui
a été la plus humide avec excédent 225,92 mm tandis que l'année 2008 est celle qui a été la

37

plus sèche avec un déficit de 152,08 mm. Au total 13 années sont excédentaires contre 17
années déficitaires.
3.1.1.2 : Les ennemis de culture

L'une des entraves à la bonne récolte dans la zone d'étude est également liée aux attaques
périodiques des ennemis de culture. C'est le cas également de cette année 2011 où les champs
paysans ont été envahis par les sauteriaux et les chenilles mineuses des épis surtout dans la
partie Nord et centrale de la commune.
3.1.1.3 : L'appauvrissement et l'amenuisement de la réserve foncière.

La quasi-totalité des paysans enquêtés affirment que leurs champs ne produisent plus la même
quantité des productions qu'ils récoltaient auparavant. Cela est dû à la baisse de fertilité des
champs exploités. A cela s'ajoute l'émiettement des champs de culture du fait de l'éclatement
des structures sociales lié à l'individualisme. En effet, les jeunes d'aujourd'hui veulent
beaucoup plus être indépendants. Ce qui les amène à quitter la grande famille pour exploiter
leurs propres champs. En effet, sur un potentiel de 71 champs disponibles pour les 45
personnes enquêtées 61 sont exploités soit un taux d'exploitation de 86%.
3.1.2 : Les facteurs socioéconomiques
3.1.2.1 : Le système de production
3.1.2.1.1 : Les matériels et techniques agricoles.

Les moyens de production paysans de la zone sont inadaptés à la situation actuelle : utilisation
de la hilaire, daba, etc. Même si, ce dernier temps on note une utilisation des moyens
modernes. En effet, sur un total de 45 ménages, 16% (7) seulement utilisent soit la charrue
bovine ou asine. De plus, 100% des ménages font recours aux engrais organiques pour
améliorer la fertilité de leurs champs contre 13% (6) pour les engrais minéraux.
3.1.2.1.2 : Les espèces et variétés cultivées
Dans la zone d'étude, les principales espèces cultivées concernent les cultures céréalières (mil,
sorgho) et les cultures de rente (arachide, niébé, voandzou). Le tableau 6 donne une
illustration des espèces et des variétés cultivées.

Tableau 6 : Espèces et principales variétés cultivées

Espèces

Mil

Sorgho

Niébé

Arachide

Voandzou

Pennisetum thyphoides

Sorghum bicolor

Vigna

unguiculata
Arachis hypogea

Voangzae subterraneca

Variétés Modernes

HKP,ICMV IS-99001, ZATIB, SOSAT-88,GB-8735

IRAT, MOTA- Maradi, SSD- 32

KVX, IT-90,

TN-5-78

RRD, 55437

Variétés locales

Guéro, Guerguéra,

Bakin Iri,
Maiwa

Baka Dawa,
Jan Dawa

Farin Waké,

Jan Waké,

Dan Zahi

Jaka, Baka

Ba.

38

A coté de ces cultures, on note également la présence des espèces suivantes: Hibiscus
sarbdarifa (Oseille), Hibiscus cannabicus (Rama), Lagenaria sp (Calebasses), Manihot
esculentus (Manioc), etc.

Les photos 1, 2, 3 et 4 donnent une illustration des principales cultures.

Photo 1: Sorghum bicolor (Sorgho) Photo 2: Pennisetum thyphoides (Mil)

Photo 3: Vigna unguiculata (Niébé) Photo 4 : Arachis hypogea (Arachide)


3.1.2.1.3 : L'association et rotation de culture

Les principales associations de culture rencontrées sont les suivantes :

Mil-sorgho-niébé ; Arachide-sorgho ; Mil-arachide ; Sorgho-rama ; Mil-oseille ; etc.


39
3.1.2.2 : Le poids des inactifs

Les résultats de notre enquête font ressortir clairement que les personnes à charges constituent
un véritable poids pour une autonomie alimentaire des ménages ruraux. En effet, 154 actifs
agricoles ont en charge 488 inactifs (Tableau 7).

Tableau 7: Rapport actifs agricoles-personnes à charge

Minimum

Maximum

Moyenne

Ecart-type

Total

Actifs agricoles

1
10

3,42

2,03

154

Personnes à

charge

22

10,84

4,95

488

Il ressort de ce tableau, que chaque actif agricole a en charge 3 personnes en moyenne et dont
le minimum est de 3 et le maximum 22. Cette surcharge entraine un déficit chronique.
Le taux de couverture alimentaire et les niveaux d'insécurité alimentaire correspondants sont
présentés dans la figure 4.

Figure 4 : Taux de couverture alimentaire annuel et niveaux d'insécurité alimentaire


correspondants

L'analyse de cette figure fait ressortir que la population de la zone d'étude est de plus en plus
dans une situation d'insécurité alimentaire. En effet, 60% des personnes enquêtées soit les 3/5
ont un taux de couverture alimentaire de 2 à 3 mois contre 9% pour 12 mois et plus.

Les niveaux d'insécurité alimentaire correspondants à ce taux de couverture alimentaire


montrent que les 3/5 de la population enquêtée étaient confrontées à une insécurité alimentaire
sévère, 16% pour une insécurité alimentaire modérée. Neuf (9%) seulement assurent leur
sécurité alimentaire, ce qui montre la récurrence de ce phénomène dans cette zone.

40

L'analyse de la figure a également permis de déterminer le degré de l'insécurité alimentaire


dans la zone. Cependant, ce taux de couverture alimentaire est variable selon les zones
(tableau 8).

Tableau 8 : Taux de couverture alimentaire annuel

Stock

alimentaire (mois)

Zone 1

Zone 2
Zone 3

Nombre de

ménage

Proportion

Nombre de ménage

Proportion

Nombre de ménage

Proportion

2-3

56%

12

63%
10

59%

4-5

11%

5%

29%

7-9

22%
3

16%

6%

10-11

00%

5%

00%

12 et +
1

11%

11%

6%

Total

100%

19

100%
17

100%

Ce tableau montre pour chaque zone environ 60% des ménages ont un taux de couverture
alimentaire de 2 à 3 mois. Ce tableau fait ressortir également que 1 à 2 ménage pour chaque
zone seulement est en sécurité alimentaire.
3.1.2.3 : Les dépenses des ménages

Les dépenses des ménages à la fin des récoltes constituent également une des causes
structurelles de l'insécurité alimentaire. Il s'agit des cérémonies (mariages, baptêmes, etc.),
jeux des cartes, courses des chevaux, etc. La particularité de cette zone c'est que les jeunes en
âge de nuptialité ont une mauvaise pratique qui fait qu'à la fin des campagnes agricoles, les
parents doivent vendre une part de leurs productions pour leur trouver des conjointes. Ce qui
constitue un véritable déstockage pour tous les ménages concernés.
3.2 : Les conséquences socioéconomiques de l'insécurité alimentaire 3.2.1 : Le morcellement
des exploitations

L'insécurité alimentaire entraine souvent des conflits au sein des ménages. Ce qui oblige
certains membres à quitter la grande famille. Cette situation amène le morcellement de la
réserve foncière. De plus, compte tenu du nombre de plus en plus croissant des personnes, en
cas de décès du chef de ménage, le partage de l'héritage amenuise la réserve foncière.
3.2.2 : La disparition des anciens réseaux de solidarité

La fréquence et le degré de gravité de l'insécurité alimentaire ces dernières décennies ont eu


comme conséquence l'anéantissement des anciens mécanismes paysans de prévention des
difficultés alimentaires. En effet, tous les paysans sont unanimes que les multiples insécurités
alimentaires dans la zone ont entrainé la disparition des greniers familiaux, les greniers
villageois et l'affaiblissement de la solidarité intra et inter villageoise.
3.2.3 : L'accroissement des dynamiques inégalitaires

En lieu et place des anciens mécanismes de solidarité, fait place une petite bourgeoisie qui
profite des problèmes alimentaires à travers des prêts alimentaires remboursables au double
41

après les récoltes. Cette situation accentue les inégalités en défavorisant davantage les
couches vulnérables.
3.2.4 : L'érosion des biens et l'ébranlement des ménages

L'une des conséquences de l'insécurité alimentaire est l'érosion des biens et l'ébranlement des
ménages. Elle se traduit par l'affaiblissement des capacités de réponses des paysans, une
décapitalisation du cheptel et une dépossession des biens des différents ménages concernés. A
cela s'ajoute l'endettement et la pratique des activités inhabituelles.
3.3 : Analyse rétrospective des problèmes alimentaires de 1990 à 2010 3.3.1 : Mémoires
paysannes des problèmes alimentaires

Sur la base des témoignages paysans, les populations de la zone ont fait face à plusieurs
problèmes alimentaires de 1990 à 2010 (Tableau 9). Ces derniers ont reçu diverses
appellations selon leur gravité. Ainsi, il a été dénombré sept (7) problèmes alimentaires.

Tableau 9 : Chronologie des problèmes alimentaires dans la zone

Année

Appellation locale

Signification

Commentaires

1991
/

Insuffisance et

mauvaise répartition de la pluviométrie dans le temps et dans l'espace

1994

Invasion acridienne

massive

1998

Chafaâtou/Mai mayahi

Qui signifie une fille

voilée et qui couvre


tout le monde avec son voile
Sécheresse et attaques acridiennes

2001

Dan Gari

Qui signifie se nourrir

avec la farine de
manioc

Sécheresse et invasion acridienne

2005

Karé Kwazonka

Qui signifie la limite des débrouillardises

Sécheresse et invasion acridienne

2008

/
/

Insuffisance et

mauvaise répartition de la pluviométrie

2010

Inga Kariaka Maï Guida

Qui signifie quelque

soit tes efforts, je te


viendrai à bout

Sécheresse et invasion acridienne

Source : enquêtes, 2011


3.3.2 : Indice fréquentiel de risque (IFR)

Dans le système actuel de détermination du danger, le risque d'insécurité alimentaire est défini
comme « la fréquence la plus probable de l'insécurité alimentaire sur un territoire donné, pour
une période donnée ». Il est déterminé en fonction de nombres d'insécurités alimentaires
répertoriées durant une période d'observation donnée. Cette méthode de calcul de l'IFR
s'inspire des travaux de Ouahiba, Arzeki (2010), qui est applicable à cette recherche. L'indice
fréquentiel d'insécurité alimentaire sera donc :

42

Fi= a/?ni
Fi est la fréquence annuelle d'insécurité alimentaire ; ni= le nombre d'années d'insécurité
alimentaire pour une période d'observation et a= le nombre d'années de la période
d'observation.

Ainsi : ni= 7 ans ; a= 20 ans

Fi=20/7=2,85 Fi= 2,85 ans

L'Indice fréquentiel de risque d'insécurité alimentaire de la zone d'étude pour la période


d'observation de 20 ans est d'environ 3 ans. Cependant, il a été constaté que l'insécurité
alimentaire est entrain de changer d'échelle de puis les années 2000.

En somme, ce chapitre montre l'inefficacité du système de production paysan de la zone


d'étude dans ce contexte d'insécurité alimentaire. Ainsi, sur les 45 ménages enquêtés, 13%
seulement utilisent les engrais minéraux pour leurs champs pour 16% pour la charrue asine ou
bovine. D'où les déficits chroniques des campagnes agricoles, car 3/5 des ménages ont un taux
de couverture alimentaire de 2 à 3 mois. Ces résultats confirment notre hypothèse : Les
populations de cette zone sont de plus en plus dans une situation d'insécurité alimentaire
Chapitre IV : Analyse des indicateurs et les stratégies paysannes d'adaptation à l'insécurité
alimentaire

Dans ce chapitre, il sera mis en évidence, les différents indices matériels et immatériels qui,
avant, pendant, ou après les campagnes agricoles orientent les décisions alimentaires des
ménages paysans. Il sera également mis en exergue, les indicateurs de manifestation de
l'insécurité alimentaire. Il a été également retracé les mécanismes paysans de prévention et de
gestion de ce phénomène.
4.1 : ANALYSE DES INDICATEURS PAYSANS DE L'INSECURITE ALIMENTAIRE
4.1.1 : Rôle des indicateurs

Les indicateurs de l'insécurité alimentaire englobent l'ensemble des éléments qui permettent
de mieux prévenir ce phénomène mais aussi de bien mesurer son degré de sévérité (figure 5).

Agir
Définir

Mesurer

43

Figure 5 : Rôle des indicateurs

Les différentes articulations de cette figure montrent le rôle des indicateurs. Ainsi, les
indicateurs de stratégies permettent en cas de survenance de l'insécurité alimentaire de bien
mesurer le niveau de gravité de ce phénomène afin de mieux agir. Les indicateurs de
stratégies de survie orientent donc les décisions.
4.1.2 : Les indicateurs d'alerte

Les indicateurs d'alerte regroupent l'ensemble des éléments qui peuvent orienter de manière
préventive les décisions alimentaires des paysans. Il s'agit des bio indicateurs végétaux, des
bio indicateurs animaux et des bio indicateurs humains. C'est pourquoi en période d'insécurité
alimentaire les ménages qui soufrent le plus sont ceux qui n'ont pas pu anticiper leurs actions.
Ainsi plus les ménages appliquent ces indicateurs plus ils sont moins vulnérables à l'insécurité
alimentaire.

44
4.1.2.1 : Les bio indicateurs végétaux

Les paysans de la communauté rurale de Dogonkiria ont depuis longtemps défriché les forêts
pour les mettre en valeur, conservant certaines espèces utiles. Au nombre de ces espèces qui
bénéficient de ce privilège figurent Sclerocarya birrea, Combretum nigricans, Combretum
glutinosum, etc.
4.1.2.1.1 : Sclerocarya birrea (Danya)

Sclerocarya birrea (photo5) est une espèce végétale bien surveillée par les populations locales
car elle entre dans leur calendrier cultural. Ainsi, sa période de floraison mérite beaucoup
d'attention de la part des paysans. Plus la période de floraison est précoce, plus les paysans
pensent que les pluies seront précoces. Au contraire, si les fleurs apparaissent tardivement, les
paysans pensent que l'année sera difficile.

Photo 5: Sclerocarya birrea


4.1.2.1.2 : Combretum nigricans (Tsiriri)

Combretum nigricans (photo 6) est également une espèce végétale que les paysans locaux ont
intégré dans leur calendrier cultural. A ce niveau, c'est la période de renouvellement des
feuilles qui porte un intérêt pour les paysans. Il faut le rappeler cette espèce renouvelle ses
feuilles en période sèche. Ainsi, pour les paysans, si cette espèce commence à renouveler ses
feuilles précocement, l'installation de la campagne agricole sera précoce. Par conséquent,
l'année sera bonne car une campagne agricole, pour eux, se mesure à travers sa durée et la
pluviométrie. Enfin, une situation inverse s'observera en cas de retard.

45

Photo 6 : Combretum nigricans


4.1.2.1.3 : Combretum glutinosum (Taramnia)

Combretum glutinosum (photo 7) est également l'une des espèces qui sert de référence de
bonne ou de mauvaise campagne agricole pour les paysans. Ainsi, pour les paysans la période
de défeuillage est suivie d'une attention particulière. Lorsque les feuilles tombent autour d'un
petit rayon du pied de l'arbre, cela peut signifier que la campagne agricole sera précoce. Au
contraire, lorsque les feuilles tombent autour d'un large rayon du pied de l'espèce, cela est
synonyme d'une saison tardive pour les paysans.

Photo 7 : Combretum glutinosum


46
4.1.2.2 : Les bio indicateurs animaux

Comme pour le cas des espèces végétales, certaines espèces animales jouent un rôle important
dans le calendrier cultural des paysans. C'est le cas de Ciconia abdimii, Acarien rouge et
l'oiseau « bardo ».
4.1.2.2.1 : Ciconia abdimii (Chamoua=la cigogne d'abdim)

Ciconia abdimii est un oiseau migrateur et dont la période de migration est pleine de
signification pour les agriculteurs. En effet, cet oiseau effectue ses migrations à la veille des
campagnes pluviales. C'est pourquoi, pour les paysans locaux l'arrivée précoce de cet oiseau
est synonyme de précocité d'une campagne agricole. Au contraire, son retard est interprété
comme une campagne agricole tardive et courte et qui annonce une année difficile. De tous
les bio indicateurs animaux, Ciconia abdimii bénéficie plus d'attention pour les paysans.
4.1.2.2.2 : Acarien rouge (Akouchin Allah)

Issu de la famille des acariens, Akouchin Allah est également un indicateur d'alerte de bonne
ou de mauvaise campagne agricole pour les paysans. En effet, pour les paysans locaux une
campagne agricole se rate dès le semis. C'est pourquoi, pour les paysans dès les premières
pluies de semis, lorsqu'on constate l'apparition en quantité importante de Akouchin Allah, cela
est interprété comme annonceur d'une bonne saison agricole. L'inverse se produira en cas
d'insuffisance de cet acarien.
4.1.2.2.3 : Oiseau « bardo »

Bardo (du groupe des tourterelles) est aussi un bio indicateur paysan de bonne ou de mauvaise
campagne agricole. Ici c'est la période de fécondation qui présente un intérêt pour les paysans.
En effet, cet oiseau à la veille des activités champêtres confectionne ses nids selon une
altitude basse, cela peut signifier que l'installation de la campagne sera précoce. Ce qui
oriente, les décisions agricoles des paysans en fonction de la précocité ou non de la campagne
agricole mais aussi de gestion du stock alimentaire.
4.1.2.3 : Les bio indicateurs humains
Les paysans de notre zone d'étude se servent également d'indices humains pour prévoir une
année difficile ou non. Il s'agit notamment de la nuptialité, de la fécondité et de la main
d'oeuvre agricole.
4.1.2.3.1 : La nuptialité annuelle

A ce niveau, c'est le taux de mariage annuel qui porte une signification pour les paysans. En
effet, à la fin de chaque campagne agricole, les paysans profitent de leurs récoltes pour marier
leurs enfants. Or, chaque mariage a un coût car il nécessite beaucoup de dépenses. C'est
pourquoi, les paysans pensent que lorsqu'on enregistre un taux de mariage important cela est
annonceur d'une année difficile car les mariages provoquent l'érosion des moyens de
productions. Faut-il le rappeler que dans cette zone, les jeunes ont la tradition de se marier
toujours avec la vente des productions agricoles.

47
4.1.2.3.2 : La fécondité annuelle

A l'instar des mariages, les cérémonies de baptême engendrent également un coût. En milieu
rural, chaque cérémonie vous affecte directement ou indirectement et nécessite une
contribution (financière ou en nature). L'accumulation des baptêmes réduit les capacités
d'anticipation, accroit la vulnérabilité et ébranle les moyens de production. Or, lorsqu'un
paysan est dépourvu de ses moyens de production, les capacités de cultiver des superficies
importantes sont réduites et du coup l'insécurité alimentaire devient la règle.
4.1.2.3.3 : La cherté de la main d'oeuvre agricole

La productivité de chaque campagne agricole (en plus des autres paramètres) dépend de la
disponibilité de la main d'oeuvre agricole. C'est pourquoi, la cherté de cette dernière a un
impact négatif sur le bilan céréalier annuel. Car les pauvres ne peuvent s'en servir et les nantis
pas assez. Cette situation est due à la rareté de cette ressource et peut être comme synonyme
d'une mauvaise campagne. C'est le cas illustratif de l'année 2011 où le salariat agricole
journalier a couté entre 2500 et 3000 Fcfa par personne. Ce qui a découragé beaucoup de
paysans occasionnant un déficit sur les superficies totales emblavées.

Il faut noter que tous ces indices sont des éléments matériels qui orientent les actions du
paysan. C'est pourquoi en période d'insécurité alimentaire les ménages qui soufrent le plus
sont ceux qui n'ont pas pu anticiper leurs actions. Ainsi, plus les ménages prennent en compte
ces indicateurs moins ils sont vulnérables à l'insécurité alimentaire. Néanmoins, même si les
paysans reconnaissent l'utilité de ces indicateurs beaucoup pensent que, personne (en dehors
de Dieu) ne peut prévoir avec certitude ce que sera une campagne agricole.

Il faut noter que les indicateurs d'alerte ont été définis à l'échelle communale c'est pourquoi, il
n'a pas été procédé à une répartition par zone.
4.1.3 : Les indicateurs de stratégies de survies

Les stratégies de survie regroupent l'ensemble des démarches adoptées par les ménages pour
faire face à une insécurité alimentaire. Ce sont des indices matériels de manifestation et de
mesure de l'insécurité alimentaire. Dans le cadre de cette étude, dix (10) stratégies ont été
retenues afin de calculer l'indice de stratégies de survie. C'est un indice qui permet de
déterminer le niveau de vulnérabilité des ménages mais aussi le niveau de risque menaçant les
vies et/ou les moyens de subsistance au niveau des ménages.
4.1.3.1 : Les stratégies de consommation alimentaires

Les stratégies de consommation alimentaire regroupent l'obligation de manger certains moins


préférés, la diminution de la ration alimentaire, la limitation de la consommation des adultes
au profit des petits, faire manger les membres actifs du ménage aux dépens des inactifs et
l'achat de nourriture à crédit.
4.1.3.1.1 : Obligation de manger certains aliments

La consommation de certains aliments tels que le son des céréales, les espèces végétales
sauvages, etc. ne devient un indice d'insécurité alimentaire qu'en cas d'obligation. C'est la
stratégie la plus utilisée par les ménages car 100% des ménages enquêtés affirment avoir

48

utilisé cette stratégie. Le tableau 10 donne une idée des espèces sauvages consommées en
période d'insécurité alimentaire.

Tableau 10 : Utilisation des espèces végétales en période d'insécurité alimentaire


Espèces

Feuilles ou fleurs

Fruits

Gousses

Noms locaux

Balanites aegyptiaca

Adoua

Citrullus sp
+

Gouna

Maerua crassifolia

Jiga

Sclerocarya birrea

+
+

Danya

Leptadenia hastata

Yadia

Annona senegalensis

+
Godda

Cadaba farinosa

Bagay

Grewia flavescens

+
Kamomoua

Digitaria sp

Sapé

Boscia senegalensis

+
Anza

Source : nos enquêtes, 2011


4.1.3.1.2 : Diminution de la ration alimentaire

Diminuer la nourriture, en consommer des petites quantités, diminuer la variété de


l'alimentation sont également des stratégies adoptées par les ménages en période d'insécurité
alimentaire. Cette stratégie est conduite par la quasi-totalité des ménages car 98% des
enquêtés affirment avoir utilisé cette stratégie.
4.1.3.1.3 : Limitation de la consommation des adultes au profit des petits

Limiter la consommation alimentaire des adultes pour que les petits puissent manger est
également une stratégie que les ménages adoptent en période de difficulté alimentaire. Elle est
utilisée par 87%. Cette stratégie montre également que l'insécurité alimentaire est
différemment vécue à l'échelle de ménage.
4.1.3.1.4 : Faire manger les membres actifs du ménage aux dépens des inactifs

Cette stratégie est le plus souvent utilisée en période d'activité agricole et concerne surtout le
Petit déjeuner. Elle est développée par 71% des personnes enquêtées.
4.1.3.1.5 : Achat de la nourriture à crédit

Acheter la nourriture à crédit est aussi une stratégie développée par les ménages en période de
difficulté alimentaire. Elle est utilisée par 49% des ménages enquêtés. Cette stratégie présente
un inconvénient de porter un risque à l'érosion et à l'ébranlement des moyens de subsistance.

L'analyse des stratégies de consommation alimentaire édifie donc sur les démarches adoptées
par les ménages pour se procurer de la nourriture. Ainsi, la figure 6 récapitule le degré
d'utilisation de ces stratégies à partir de notre échantillon d'étude.

49

Figure 6 : Stratégies de consommation alimentaire


Il ressort de cette figure que sur les 45 chefs de ménages enquêtés, 100% des ménages ont
recouru à la consommation des aliments moins préférés, 98% pour la diminution de la ration
alimentaire, 87% pour la limitation de la consommation des adultes au profit des petits, 71%
qui font manger les membres actifs aux dépens des inactifs et 49% pour l'achat de nourriture à
crédit. Cette figure montre aussi que même les ménages dits en sécurité alimentaire ont utilisé
parfois la stratégie de la consommation des aliments moins préférés pour gérer leur stock
alimentaire. Mais les résultats par zone sont présentés dans le tableau 11.

Tableau 11: Stratégies de consommation alimentaire

Stratégies de survie

Zone 1

Zone 2

Zone 3

Nombre de ménage

Proportion

Nombre de ménage

Proportion

Nombre de
ménage

Proportion

L'obligation de manger certains aliments

100%

19

100%

17

100%

Diminution de la ration alimentaire

100%
19

100%

16

94%

Limitation de la consommation des adultes au profit des petits

100%

15

79%

15

88%

Faire manger les membres actifs aux dépens des petits


6

67%

14

74%

12

71%

50

Achat de la nourriture à crédit

33%

11
58%

47%

L'analyse de ce tableau montre que l'utilisation de stratégies de consommation alimentaire est


variable d'une zone à une autre. Ainsi par exemple, pour la zone 1, 33% des ménages ont
utilisé l'achat de nourriture à crédit comme stratégie de survie face à l'insécurité alimentaire ;
58% pour la zone 2 contre 47% pour la zone 3.
4.1.3.2 : Les stratégies économiques

Les stratégies économiques sont : la vente des biens de production (bétail, matériels agricoles,
etc.) et la fouille des fourmilières et des aires de battage des céréales.
4.1.3.2.1 : La vente des biens de production

La vente des animaux, des matériels agricoles, etc. est une stratégie d'insécurité alimentaire
développée par les ménages pour se procurer des ressources financières afin d'acheter de la
nourriture. Elle est adoptée par 100% des ménages, mais c'est une stratégie qui présente un
risque car elle met en péril les moyens de subsistance.
4.1.3.2.2 : La fouille des fourmilières et des aires de battage des céréales

Cette stratégie est utilisée par 29% des ménages. Elle est surtout utilisée par les femmes
bouzou et les vielles femmes haoussa. Elle consiste à déterrer les fourmilières et les aires de
battage de céréales (mil ou sorgho) pour se procurer quelques grains de Digitaria sp ou de mil,
sorgho qui sont consommés ou vendus pour être convertis à d'autres services. Une femme
témoigne pour la fouille des fourmilières qu'elle peut gagner 4 à 5 mesures (tia) de Digitaria
sp ou de mil par sortie et avec cette stratégie, elle arrive à gérer sa situation alimentaire. La
figure 7 illustre le niveau d'utilisation des stratégies économiques.

Figure 7 : Stratégies économiques identifiées


Il ressort de cette figure que 96% des ménages enquêtés ont utilisé la vente des biens de
production comme mécanisme de gestion de l'insécurité alimentaire, 29% pour la fouille des
fourmilières et des aires de battage des céréales. En ce qui concerne la répartition par zone,
elle est présentée dans le tableau 12.

51

Tableau 12 : stratégies économiques

Stratégies de survie

Zone 1

Zone 2

Zone 3

Nombre de

ménage

Proportion

Nombre de

ménage
Proportion

Nombre de

ménage

Proportion

La vente des biens de production

100%

18

95%

16

94%

La fouille des fourmilières et des aires de battage des céréales

3
33%

29%

13

13%

L'analyse de ce tableau montre que la répartition entre les zones des stratégies économiques
est variable d'une zone à une autre. Ainsi, pour la zone 1, 100% et 33% des ménages utilisent
respectivement la vente des biens de production et la fouille des fourmilières et des aires de
battage des céréales ; 95% et 29% pour la vente des biens de production et des aires de
battage des céréales pour la zone 2 tandis que pour la zone 3, 94% des ménages ont fait
recours à la vente des biens de production contre 13% seulement pour la fouille des
fourmilières et des aires de battage des céréales.
4.1.3.3 : Les stratégies non alimentaires

Les stratégies sociales sont les suivantes : se passer des services sanitaires, passer la nuit ou la
journée sans manger et l'exode inhabituel.
4.1.3.3.1 : Se passer des services sanitaires

Se passer des soins sanitaires est une stratégie développée par certains ménages pour faire
face à l'insécurité alimentaire. Elle vise à orienter toutes les dépenses du ménage vers les
besoins alimentaires. Elle est utilisée par 16% des ménages. Cette stratégie est surtout
développée par les ménages extrêmement vulnérables. C'est également une stratégie qui peut
exposer la vie de certains membres de ménage.
4.1.3.3.2 : Passer la nuit ou la journée sans manger

Passer la nuit ou la journée sans manger est une stratégie que certains ménages utilisent pour
faire face à l'insécurité alimentaire. C'est également une stratégie qu'utilisent des ménages
extrêmement vulnérables. Elle est utilisée par 16% des ménages.
4.1.3.3.3 : Exode inhabituel

L'exode ne devient un indicateur d'insécurité alimentaire que lorsqu'il est inhabituel. Cette
stratégie consiste à envoyer certains membres du ménage dans les gros villages, villes ou
même à l'étranger pour la quête des ressources financières ou en nature pour subvenir aux
besoins du ménage. Elle est utilisée par 49% des ménages. La figure 8 donne une idée de
l'utilisation de ces stratégies.

52

Figure 8 : Stratégies non alimentaires

Cette figure fait ressortir que 49% des ménages ont adopté comme stratégies de survie l'exode
inhabituel face à l'insécurité alimentaire contre 16% qui ont passé la nuit ou la journée sans
manger et se sont passés des services sanitaires. Toute fois, la répartition par zone est la
suivante (Tableau 13)

Tableau 13: Stratégies non alimentaires

Stratégies de survie

Zone 1

Zone 2

Zone 3
Nombre de

ménage

Proportion

Nombre de

ménage

Proportion

Nombre de

ménage

Proportion

Se passer des services sanitaires

00%

7
37%

00%

Exode inhabituel

56%

42%

53%

Passer la nuit ou la journée sans manger

0
00%

32%

6%

On retient de ce tableau que, seule dans la zone 2 où les trois stratégies sociales ont été
utilisées. Quant à la zone 1, seul l'exode inhabituel a été par 56% des ménages.
4.1.3 : L'Indice de Stratégies de Survie (ISS)

L'analyse de toutes les stratégies de survie a permis de produire un indice de stratégies de


survie (ISS). Il est calculé pour appréhender les capacités d'adaptation des ménages ainsi que
leur vulnérabilité face à l'insécurité alimentaire. Ainsi, on analyse les stratégies de survie
(selon leur fréquence et leur gravité) développées par les ménages pour faire face à ce
phénomène. La méthode utilisée est celle du PAM et de l'INS/SAP. Elle est donnée par la
formule suivante :

ISS=?fini/N où

53

fi : est la fréquence de l'utilisation d'une stratégie. Ainsi, une stratégie utilisée chaque jour a
une note brute de 7 points ; souvent : 4,5 points ; rarement : 1,5 point et jamais : 0 point.
ni : est la note de sévérité ou de gravité d'une stratégie. Le poids de sévérité d'une stratégie est
déterminé selon une échelle de 1 à 4.

N : est le nombre total de stratégies de survie considérées.

L'ISS synthétise le degré d'exposition des ménages face aux chocs, plus il est élevé plus le
niveau de vulnérabilité augmente.

Les ménages qui ont un ISS élevé sont les plus vulnérables et ont une structure de capabiltés
faibles. Les objectifs d'un ISS sont comparables avec ceux de DROY et RASOLOFO (2004)
dans leurs études sur les approches de la vulnérabilité alimentaire dans le Sud Madagascar.
Ainsi, « plus la structure de capabilités est faible et peu diversifiée, moins l'individu est
vulnérable ».

La figure 9 illustre le niveau de vulnérabilité des différents ménages la zone d'étude selon
l'ISS.

Figure 9 : ISS et niveaux de vulnérabilité correspondants

Il ressort de cette figure que, 9% des ménages ont un ISS compris entre 0-1 correspondant aux
ménages non vulnérables ; 29% pour un ISS compris entre 2-3 correspondant aux ménages à
risque de vulnérabilité ; 33% pour un ISS compris entre 4-5 correspondant à la vulnérabilité
moyenne et 29% pour un ISS entre 6 et+ correspondant à la vulnérabilité extrême.

Le tableau 14 illustre la répartition de l'ISS selon les zones.

54

55

Tableau 14 : ISS par zone

ISS
Zone 1

Zone 2

Zone 3

Nombre de

ménage

Proportion

Nombre de

ménage

Proportion

Nombre de

ménage

Proportion

0-1
00

00%

10%

12%

2-3

22%

16%

8
47%

4-5

45%

42%

18%

6 et +

33%

6
32%

23%

Total

100%

19

100%

17

100%

De l'analyse de ce tableau, on retient que pour l'ISS compris entre 0-1, les zones 2 et 3 ont
sensiblement la même proportion (10% et 12%). Par contre, pour l'ISS compris entre 6 et+, ce
sont les zones 1 et 2 qui ont la même proportion (33% et 32%).
4.1.4 : Stratégies de survies et risques sur la vie et/ou les moyens de subsistance
Face à la récurrence et selon le degré de gravité de l'insécurité alimentaire, les ménages ont
développé des stratégies de survies qui peuvent mettre la vie à risque et/ou à l'érosion des
moyens de subsistance.
4.1.4.1: Stratégies de survie mettant la vie à risque

Les stratégies de survie qui peuvent mettre la vie à risque sont: passer des jours ou des nuits
sans manger, réduire les quantités et la qualité de l'alimentation et se passer des services de
santé.
4.1.4.2: Stratégies de survie mettant les moyens de subsistance à risque

Les stratégies de survie qui peuvent mettre les moyens de subsistance à risque sont entre
autres: se démunir des biens de production, s'endetter excessivement, prolonger l'exode et
consommer les stocks de semences.
4.1.5: Les niveaux de gravité des différentes stratégies de survie

On distingue quatre niveaux différents de sévérité des stratégies de survie. L'utilisation de ces
stratégies permet de dégager le niveau des risques des ménages à travers les stratégies dites de
niveau 1 ; 2, 3 et 4 mais aussi la possibilité pour un ménage de retrouver sa situation initiale
après avoir fait face à un choc. Ainsi, plus le ménage fait recours aux stratégies de niveau 4,
plus il est exposé dans une situation où la réversibilité est difficile. A l'inverse, plus le ménage
utilise les stratégies de niveau 1 et 2, la probabilité de retrouver sa situation initiale sera forte.
4.1.5.1 : Les stratégies de survie de niveau 1

Ce sont les stratégies les plus couramment utilisées par les ménages à risque ou en insécurité
alimentaire. Elles se traduisent par la consommation des aliments moins préférés et la
diminution de la ration alimentaire (figure 10). Les stratégies de niveau 1 présentent un risque
faible sur l'érosion des moyens de subsistance.

Figure 10 : Proportion des ménages utilisant les stratégies de survies dites de niveau1

Il ressort de cette figure que, 100% des ménages font recours à la consommation des aliments
moins préférés et 98% des ménages pour la diminution de la ration alimentaire. La quasi-
totalité des ménages utilisent les stratégies de niveau 1 parce qu'elles sont la première réaction
des ménages à risque ou en insécurité alimentaire. Cependant, la répartition par zone cache
une nuance (tableau 15).

Tableau 15 : Stratégies de survie de niveau 1

Stratégies de survie

Zone 1

Zone 2

Zone 3

Nombre de

ménage

Proportion

Nombre de

ménage

Proportion

Nombre de
ménage

Proportion

L'obligation de manger certains aliments

100%

19

100%

17

100%

Diminution
de la ration
alimentaire

100%
19

100%

16

94%

L'analyse de ce tableau révèle que, 100% des ménages utilisent la consommation des aliments
moins préférés pour toutes les trois zones, tandis que 100% pour la diminution de la ration
alimentaire pour les zones 1 et 2 contre 94% pour la zone 3.
4.1.5.2 : Les stratégies de survie de niveau 2

Ce sont des stratégies utilisées par les ménages en insécurité alimentaire. Elles regroupent les
stratégies suivantes : achat de la nourriture à crédit, la fouille des fourmilières et des aires de

56

battage des céréales, l'exode inhabituel. Ces stratégies (figure 11) présentent un risque moyen
à l'érosion et à l'ébranlement des moyens de subsistances.

Figure 11 : Proportion des ménages utilisant les stratégies dites de niveau 2

L'analyse de cette figure montre que 49% des ménages utilisent la fouille des fourmilières et
l'achat de la nourriture à crédit pour subvenir à leur besoin alimentaire contre 29% pour
l'exode inhabituel. Mais le tableau 16 montre qu'il existe une différence entre les zones.

Tableau 16: Stratégies de survie de niveau 2


Stratégies de survie

Zone 1

Zone 2

Zone 3

Nombre de

ménage

Proportion

Nombre de

ménage

Proportion

Nombre de

ménage

Proportion
Achat de la nourriture à crédit

33%

11

58%

47%

La fouille des fourmilières et des aires de battage des céréales

33%

26%
5

29%

Exode inhabituel

56%

42%

53%

Ce tableau fait ressortir que 33% des ménages utilisent l'achat de la nourriture à crédit et la
fouille des fourmilières et des lieux de battage des céréales pour 56% pour l'exode inhabituel
pour la zone 1; pour la zone 2, 58% et 26% utilisent respectivement l'achat de la nourriture à
crédit et la fouille des fourmilières et des lieux de battage des céréales pour 42% qui font
recours à l'exode inhabituel et enfin pour la zone 3, 47% des ménages adoptent

57
comme stratégies l'achat de la nourriture à crédit, 29% pour la fouille des fourmilières et des
lieux de battage des céréales contre 53% pour l'exode inhabituel.
4.1.5.3 : Les stratégies de survie de niveau 3

Les stratégies de niveau 3 concernent l'ensemble des ménages qui sont confrontés à une
insécurité alimentaire. Il s'agit de : limiter la consommation des adultes au profit des petits,
faire manger les membres actifs du ménage aux dépens des inactifs. Ces stratégies (figure 12)
préservent les conditions de vie des enfants et des actifs, à l'inverse, elles dégradent celles des
adultes et des inactifs. Ce qui montre que l'insécurité alimentaire est différemment vécue à
l'échelle des ménages.

Figure 12 : Proportion des ménages utilisant les stratégies dites de niveau 3

De l'analyse de cette figure, il ressort que pour l'ensemble des 45 ménages enquêtés, 87% des
ménages utilisent la limitation de la consommation des adultes au profit des petits comme
stratégies de gestion de l'insécurité alimentaire contre 71% des ménages qui font manger les
membres actifs aux dépens des inactifs. Toute fois, il existe de nuance inter zonale (tableau
17).

Tableau 17: Stratégies de survie de niveau 3

Stratégies de survie

Zone 1

Zone 2

Zone 3

Nombre de
ménage

Proportion

Nombre de

ménage

Proportion

Nombre de

ménage

Proportion

Limitation de la consommation des adultes au profit des petits

100%

15

79%
15

88%

Faire manger les membres inactifs aux dépens des inactifs

67%

14

74%

12

71%

Ce tableau fait ressortir que les stratégies de niveau 3 sont différemment utilisées par les
ménages dans les trois zones. Ainsi, pour la zone 1, 100% et 67% des ménages utilisent

58

respectivement la limitation de la consommation des adultes au profit des petits et font


manger les membres actifs aux dépens des inactifs comme stratégies de gestion de l'insécurité
alimentaire. Pour la zone 2, 79% des ménages font recours à la limitation de la consommation
des adultes au profit des petits contre 74% des ménages qui font manger les actifs aux dépens
des inactifs. Pour la zone 3, 88% et 71% des ménages utilisent respectivement la limitation de
la consommation des adultes au profit des petits et le fait de faire manger les membres actifs
aux dépens des inactifs.
4.1.5.4 : Les stratégies de survie de niveau 4

Elles constituent les stratégies de détresse et les plus dangereuses. Ce sont notamment la vente
des biens de production, se passer des services sanitaires, passer la nuit ou la journée sans
manger. Ces stratégies (figure 13) minent les moyens de subsistance, l'état nutritionnel et
augmentent la vulnérabilité à long terme.

Figure 13 : Proportion des ménages utilisant les stratégies dites de niveau 4

Cette figure montre que, sur les 45 ménages enquêtés, 96% ont recouru à la vente des biens de
production comme stratégie de gestion de l'insécurité alimentaire et 16% utilisent les deux
autres stratégies c'est-à-dire passer la nuit ou la journée sans manger et se passer des services
sanitaires. Cependant, ces stratégies (tableau 18) n'ont pas la même fréquence d'utilisation
entre les zones.

Tableau 18: Stratégies de survie de niveau 4

Stratégies de survie

Zone 1

Zone 2

Zone 3

Nombre de
ménage

Proportion

Nombre de

ménage

Proportion

Nombre de

ménage

Proportion

La vente des biens de production

100%

18
95%

16

94%

Passer la nuit ou la journée sans manger

00%

32%

6%

Se passer des services sanitaires

0
00%

37%

00%

59

De ce tableau on retient que 100% des ménages utilisent la vente des biens de production pour
gérer leur insécurité alimentaire pour la zone 1contre 95% pour la zone 2 et 94% pour la zone
3. Passer la nuit ou la journée est utilisée par 00% des ménages pour la zone 1 contre 32%
pour la zone 2 et 6% pour la zone 3. Enfin, seul 37% des ménages de la zone 2 utilisent l'autre
stratégie qui consiste à se passer des services sanitaires pour des raisons de problèmes
alimentaires.

En définitive, les résultats de ce point montrent que les indicateurs paysans de l'insécurité
alimentaire sont divers et variés. Ils sont d'ordres naturels, socioculturels et économiques. Ces
résultats confirment aussi notre hypothèse: Les indicateurs de cette insécurité alimentaire sont
naturels, socioculturels et économiques.
4.2 : ANALYSE DES STRATEGIES PAYSANNES D'ADAPTATION A L'INSECURITE
ALIMENTAIRE

Les stratégies paysannes d'adaptation englobent à la fois les stratégies de prévention et celles
de gestion de l'insécurité alimentaire.
4.2.1 : Les stratégies de prévention
Les stratégies de prévention s'entendent comme l'ensemble des activités et des démarches en
temps normal développées par un ménage pour satisfaire ses besoins essentiels ou pour
prévenir d'éventuel risque. Le tableau 19 présente les différentes stratégies paysannes de
prévention de l'insécurité alimentaire
4.2.1.1 : La migration agraire

La migration agraire localement appelée « taryé » est une stratégie développée par les
ménages pour accroitre leurs productions agricoles. Cette stratégie est conduite au début des
campagnes agricoles. En effet, lorsque les premières pluies tombent et que votre champs ou
village n'est pas concerné, vous cherchez un lopin de terre (par le lien familial ou de
connaissance) dans le territoire concerné par les pluies afin d'avoir les premières productions.
Cette stratégie est utilisée par 27% des ménages enquêtés.
4.2.1.2 : Le semis à sec

Autrefois, cette pratique n'était pas très appréciée par certains paysans car elle est dite
anticipative des décisions divines. Aujourd'hui, par la force des choses, la quasi-totalité des
paysans utilisent cette stratégie. En effet, pour les paysans une campagne agricole se rate dès
le semis, c'est pourquoi en choisissant cette stratégie, il s'agit pour eux de prévenir d'éventuel
retard de campagne agricole. C'est une stratégie qui est beaucoup plus utilisée pour les
champs fatigués et elle favorise la croissance végétative des espèces cultivées notamment le
mil. 98% des enquêtés utilisent cette stratégie.
4.2.1.3 : L'adaptation variétale

L'adoption de nouvelles variétés est une des stratégies développées par les ménages dans ce
contexte d'insuffisance et de mauvaise répartition de la pluviométrie. Si pour certains, cette
stratégie est utilisée pour s'adapter à cette situation de variabilité climatique, pour d'autres
c'est lié à l'érosion génétique. Ainsi, selon le Directeur départemental de l'agriculture (2011),
les variétés les plus utilisées sont : SOSAT-88, ICMV IS-99001, HKP, ZATIB, GB-8735
pour le mil, IRAT, MOTA-Maradi, SSD-32 pour le sorgho, KVX, IT-90, TN-5-78 pour le
niébé et RRD, 55437 pour l'arachide.
4.2.1.4 : Les prières collectives

Les prières collectives constituent des stratégies développées à l'échelle villageoise pour
implorer la clémence divine afin que la campagne agricole soit féconde. C'est une stratégie
utilisée le plus souvent pour implorer Dieu pour qu'Il gratifie la zone d'une bonne
pluviométrie ou pour chasser les ennemis de culture.
4.2.1.5 : Les banques céréalières et boutiques d'intrants agricoles

Le recours aux banques et autres intrants agricoles constituent également des stratégies
préventives. Les premières permettent de constituer des stocks alimentaires villageois pour
minimiser les effets de l'insécurité alimentaire. Les deuxièmes permettent aux paysans de
s'approvisionner en semences améliorées et autres engrais minéraux. C'est donc une stratégie
collective.
4.2.1.6 : La vente du pain de Ziziphus mauritiana

La zone centrale de Dogonkiria présente d'importants parcs de Ziziphus mauritiana surtout sur
le long de la vallée fossile. Ainsi, des stratégies de valorisation de cette ressource ont été
initiées par les paysans. Le produit de cette initiative est localement appelé AKKOURI (pain
de la pulpe du fruit) qui se vend entre 10f à 50fcfa l'unité (photo 8). Cette activité est
exclusivement pratiquée par les femmes et leur génère des revenus substantiels. Cette
stratégie est développée par 7% des enquêtés.

60

Photo 8 : AKKOURI ou pain de pulpe de Ziziphus mauritiana

61

Tableau 19 : Stratégies de prévention identifiées

Stratégies de prévention

Zone 1

Zone 2
Zone 3

Moyenne générale

Nombr e de ménage

Proportio n

Nombre de

ménage

Proportio n

Nombre de

ménage

Proport ion

Nombre de

ménage

Proportion
La migration agraire

44%

26%

18%

12

27%

Le semis à sec

100%
19

100%

16

94%

44

98%

Adaptation variétale

56%

10

53%
12

71%

27

60%

Les prières collectives

/
/

Les banques céréalières et boutiques d'intrants agricoles

La vente du pain de Ziziphus mauritiana

0
00%

16%

00%

7%
4.2.2 : Les stratégies de gestion

Les stratégies de gestion désignent les activités auxquelles recourent les ménages pour se
procurer de la nourriture, des revenus et/ou des services quand leurs moyens de subsistance
ont été perturbés. Ainsi, outre les stratégies de survies (Chapitre III : 3.1.3) développées par
les ménages en période d'insécurité alimentaire, les stratégies suivantes sont également
observées. Ces différentes stratégies sont présentées dans le tableau 20.
4.2.2.1 : La pratique des AGR (transformation agro-alimentaire,..)

La vente et la transformation agro-alimentaire est une stratégie de gestion de l'insécurité


alimentaire développées surtout par les femmes. Ce qui leur permet de dégager des revenus et
par conséquent de couvrir leurs besoins alimentaires. Ces activités sont entre autres : la petite
restauration, la vente des feuilles de certaines espèces végétales, etc. c'est une stratégie
adoptée par 15% des enquêtés.
4.2.2.2 : La vente de la paille ou du fourrage sec

La vente des graminées est également conduite par certaines personnes pour une sortie de
crise alimentaire. Les graminées les plus utilisées sont : Cenchrus biflorus « karanguia »,
Setaria tremula « birbirwa», Digitaria sp «sapé», Zornia glochydiata « marak » pour le
fourrage des animaux. Quant à Andropogon gayanus « gamba », Schoenfeldia gracilis

62

« yantah », Setaria tremula « birbirwa », ils sont utilisés pour la construction des seccos pour
les toitures des maisons. 49% des ménages utilisent cette stratégie.
4.2.2.3 : La vente des résidus agricoles

La vente des résidus culturaux tels que les tiges des céréales, de niébé, les fans de voandzou,
etc. constitue des démarches développées pour se procurer de l'argent afin de couvrir leurs
besoins alimentaires. Cette stratégie est utilisée par 89% des ménages.
4.2.2.4 : La modification des modes de consommation alimentaire

La modification du régime alimentaire est la réaction la plus couramment utilisée par les
ménages pour faire face à un problème alimentaire. C'est une stratégie qui privilégie les
aliments bon marché au détriment des aliments riches en oligo-éléments. Elle se traduit par la
réduction des dépenses et des achats des biens durables et semi-durables (ustensiles du
ménage, etc.). Elle est utilisée par 100% des ménages enquêtés.

Tableau 20 : Stratégies de gestion identifiées.

Stratégies de gestion

Zone 1

Zone 2
Zone 3

Moyenne générale

Nombr e de ménage

Proportio n

Nombre de

ménage

Proportio n

Nombre de

ménage

Proport ion

Nombre de

ménage

Proportion
La pratique des AGR

22%

16%

12%

15%

La vente de la paille ou du fourrage sec

33%
15

79%

24%

22

49%

La vente des résidus agricoles

89%

17

89%
15

88%

40

89%

Modification des modes de consommatio n alimentaire

100%

19

100%

17

100%

45
100%

L'analyse de toutes ces stratégies confirme les travaux d'Alpha Gado (2010) sur l'attitude du
paysan sahélien face aux crises alimentaire. Elle montre également que les paysans locaux ont
développé des mécanismes de prévention et de gestion de l'insécurité alimentaire. Ces
mécanismes varient d'un ménage à un autre mais aussi en fonction des spécificités de chaque
zone. Ces stratégies révèlent aussi que les paysans ont intégré la question de l'insécurité
alimentaire dans leurs activités quotidiennes. Enfin, ils confirment notre hypothèse: Les
paysans ont développé des stratégies adaptatives face des menaces sur leur vie et/ou les
moyens de subsistance.

63
CONCLUSION

L'étude portant sur l'analyse des indicateurs de l'insécurité alimentaire et les stratégies
paysannes d'adaptation à travers les trois villages de la commune rurale de Dogonkiria a
abouti à l'identification d'un certain nombre d'indicateurs paysans d'alerte de l'insécurité
alimentaire mais également à la production d'un ISS. Ce dernier a permis de hiérarchiser les
différents niveaux de vulnérabilités de cette zone. Ainsi, 29% sont dans une vulnérabilité
extrême contre 9% pour les non vulnérables, 33% pour la vulnérabilité moyenne tandis que
29% sont dans une situation de risque de vulnérabilité.

L'analyse du taux de couverture alimentaire, fait ressortir que les 3/5 des ménages ont un
stock alimentaire en céréales de 2 à 3 mois correspondant à une insécurité alimentaire sévère
contre 16% en insécurité alimentaire modérée, 13% en insécurité alimentaire faible, 2% à
risque d'insécurité alimentaire et 9% qui assurent leur sécurité leur sécurité alimentaire.

Concernant les stratégies d'adaptation, elles sont diverses, variables selon les capabilités des
ménages.

L'étude a également montré que les causes de cette insécurité alimentaire sont à la fois
conjoncturelles et structurelles. Cependant, la quasi-totalité des paysans affirment que ce
phénomène est surtout aggravé ces dernières années avec l'affaiblissement des anciens
mécanismes villageois de prévention et de gestion de risques mais également avec la
transformation de leur environnement spatial. Ce qui place les populations dans une grande
vulnérabilité et entraine une forte décapitalisation des ménages.

Il parait donc urgent de sortir de cette spirale d'insécurité et de vulnérabilité alimentaire des
populations qui expose les communautés rurales de Dogonkiria à des risques autant
environnementaux que sanitaires. Les possibilités de développement de la zone sont possibles
et doivent se traduire par les mises en valeur des vallées ainsi que leur exploitation rationnelle
à travers un meilleur ciblage des interventions et des stratégies compatibles avec cette zone.

En définitive, l'analyse des indicateurs de l'insécurité alimentaire et des stratégies d'adaptation


permettent, soit un suivi conjoncturel de ce phénomène et de sa vulnérabilité, soit une
approche structurelle permettant une meilleure approche des causes de cette vulnérabilité.

Dans le cadre des prochaines études, nous comptons orienter notre réflexion sur la Géo
mutation dans le département de Dogondoutchi : recompositions spatiales et transformations
sociales. Il s'agit de dégager l'impact respectif des processus naturels et anthropiques dans les
dynamiques sociales et environnementales. Ce qui consistera de manière exhaustive à
identifier les différentes réponses sociales, économiques et techniques apportées par les
groupes humains aux contraintes diverses imposées par les variations climato-
environnementales et leurs conséquences sur les paysages.

64
BIBLIOGRAPHIE

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Géographie/FLSH/UAM, 80p.

67
ANNEXES

68

Questionnaire destiné au paysan

Date...

Nom du village...

Nom du paysan...

1. Age /.../ 2. Genre : M /.... / F/.../ 3. Situation matrimoniale : Marié /.../

veuf/...../ Divorcé/...../

Nombre de conjointe : 1/..../ 2/...../ 3/..../ 4/..../

4. Nombre de personnes en charge/.... / Nombre d'actifs agricoles /.../

5. Nombre d'enfants : scolarisés /.../ non scolarisés /.../

6. Quelle est votre principale activité ?

Agriculture /..../ Elevage /..../ commerce /...../ Artisanat /...../ Salariat


agricole/..../ Autres /.../
7. Votre revenu moyen journalier...

8. Avez-vous de bétail ?

Asins /.../ Caprins/...../ ovins /.../ Bovins /.../ Equins /.../

9. Combien de champs dispose votre ménage ?

Combien sont-ils exploités ?

10. Modes d'acquisition des terres

Héritage /...../ Prêt /.../ Location /..../ Don /.../ Autres /.../

11. Quelles sont les principales cultures dans votre terroir ?

Mil /.../ Sorgho /...../ Niébé /.../ Arachide/..../ Voandzou /.../ Autres /.../

12 Quelles les variétés les plus utilisées par cultures ?

Mil Niébé Arachide Voandzou Autres


a...a... a...a...a.... b...b...b...b...b.... c...c...c...c...c...

13. Associez-vous plusieurs cultures dans un même champ ?

Oui /.../ Non/.../

- Si oui, lesquelles et pourquoi ?

- Si non, pourquoi ?

14. Pratiquez-vous la jachère pour améliorer la fertilité de vos champs ? Oui /.../ Non /.../
-Si oui, pour combien de temps ?

-Si non, pourquoi ?

15. Utilisez la fumure organique sur vos champs ? Oui /.../ Non /.../

-Si non, pourquoi ?


-Si oui, quel genre de fumure organique apportez- vous à vos champs ?

Précédents culturaux /..../ contrat de fumure /.../ déjections d'animaux /.../ autres/.../

16. Utilisez-vous des engrais chimiques sur vos champs ? Oui /.../ Non/.../

-Si non, pourquoi ?


-Si oui, quel type d'engrais apportez-vous ?

Urée /.../ NPK /.../ Phosphate /.../ Autres /.../

17. Quels types de matériels agricoles possédez-vous ?

Hilaire /...../ Houe /...../ Tracteur /.../ Charrue /.../ Autres /..../

18. Votre stock alimentaire dure combien de temps ?

2 mois /..../ 3mois /.../ 6mois /.../ 12 mois /.../ autres /..../

69

19. Que pensez-vous de l'insécurité

alimentaire ?

20. A partir de quand, vous vous sentez en insécurité


alimentaire ?

21. Selon vous, qu'est-ce qui est à la base de l'insécurité alimentaire dans votre

terroir ?

22. Quels éléments vous permettent de dire si la campagne agricole sera bonne ou

non ?

23. Pendant l'insécurité alimentaire, votre ménage a-t-il utilisé les stratégies suivantes :

Stratégies de survie

Fréquence

Poids (échelle de sévérité de 1 à 4)

Etre obligé à manger certains aliments (consommation des espèces sauvages, sons des
céréales.....)

Chaque Jour Souvent Rarement Jamais

1
2

Diminuer la nourriture, manger des quantités, diminuer la variété de l'alimentation

Chaque Jour Souvent Rarement Jamais

Acheter la nourriture à crédit

Chaque Jour Souvent Rarement Jamais

La vente des biens de productions (vendre des animaux, des matériels agricoles....)

Chaque Jour Souvent Rarement Jamais

4
5

La fouille des fourmilières, la refouille des lieux de battage des céréales

Chaque Jour Souvent Rarement Jamais

Passer la nuit ou la journée sans manger

Chaque Jour Souvent Rarement Jamais

Limiter la consommation des adultes pour que les petits puissent manger

Chaque Jour Souvent Rarement Jamais

8
Faire manger les membres actifs du ménage aux dépens des membres inactifs

Chaque Jour Souvent Rarement Jamais

Se passer des services sanitaires

Chaque Jour Souvent Rarement Jamais

10

L'exode inhabituel

Chaque Jour Souvent Rarement Jamais

24. Quelles sont vos propres stratégies d'adaptation à l'insécurité


alimentaire ?

25. Quelles sont les mesures collectives et individuelles mises en oeuvre pour minimiser le
risque d'insécurité alimentaire ?

70

? Individuelles

? Collectives

26. Comment vous juger le niveau d'efficacité de vos

stratégies ?

27. Quelles propositions faites-vous pour combattre l'insécurité alimentaire dans votre

terroir ?

Guide d'entretien à l'endroit des différents responsables

1.

71

Historique des crises alimentaires dans la zone (causes, manifestations, conséquences,


indicateurs, stratégies d'adaptation,.....)

2. Atouts et contraintes de la zone

3. Discussion sur la mise en valeur de ces potentialités

4. Les différents partenaires au développement opérant dans la zone : leur domaine


d'intervention, activités, groupes cibles,

5. Existence ou non des structures paysannes organisées

6. Les principaux problèmes auxquels sont confrontées les populations

7. Suggestions et perspectives pour combattre l'insécurité alimentaire dans la zone

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