PCSI 2 Préparation des Khôlles 2013-2014
Chapitre 6 : Equations différentielles du premier ordre
Démonstration de cours 1
Soit f définie et dérivable sur R à valeurs dans C telle que ∀ (t, u) ∈ R2 , f (t + u) = f (t) f (u) alors f = 0 ou il existe
a ∈ C tel que ∀t ∈ R, f (t) = eat .
2
Preuve : Avec t = u = 0, on obtient f (0) = f (0) d’où f (0) = 0 ou f (0) = 1.
Si f (0) = 0, avec t ∈ R quelconque et u = 0, on obtient ∀t ∈ R, f (t) = 0 et f est la fonction nulle.
Supposons donc f (0) = 1. On dérive l’égalité f (t + u) = f (t) f (u) par rapport à u, ce qui donne
∀ (t, u) ∈ R2 , f ′ (t + u) = f (t) f ′ (u)
Avec u = 0, on obtient
∀t ∈ R, f ′ (t) = af (t) où a = f ′ (0)
Ainsi f est solution de l’équation différentielle y ′ = ay avec la condition initiale y (0) = 1. Ceci prouve que ∀t ∈ R,
f (t) = eat .
Exercice type 1
(1 + ex ) y′ + ex y = 0
Résoudre le problème de Cauchy
y (ln (2)) = 3
ex ex
Solution : Puisque 1+ex = 0, l’équation différentielle s’écrit y ′ + y = 0. La fonction a définie par a (x) = +
1 + ex 1 + ex
est bien continue sur R, les solutions sont donc
ex K
y (x) = K exp − dx = K exp (− ln (1 + ex )) = où K ∈ R
1 + ex 1 + ex
K 9
La condition initiale donne y (ln 2) = = 3 =⇒ K = 9 et y (x) = .
3 1 + ex
Exercice 1
Résoudre l’équation différentielle (E) : (1 + |x|) y′ + xy = 0.
x
Solution : La fonction x −→ (1 + |x|) ne s’annule jamais sur R, ainsi (E) ⇐⇒ y′ + y = 0. La fonction a définie
1 + |x|
x
par a (x) = est définie et continue sur R. On sait que les solutions sur R sont de la forme
1 + |x|
y (x) = K exp − a (t) dt où a (t) dt est une primitive de a
La difficulté réside dans le calcul de la primitive. Pour cela, on choisit comme primitive
x x
t
A : x −→ a (t) dt = dt
0 0 1 + |t|
Les solutions de (E) sont alors les fonctions y telles que
x
t
y (x) = K exp − dt où K ∈ R (on peut même préciser que K = y (0) )
0 1 + |t|
—1/7— G H
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t t+1−1 1
Pour x 0, et t ∈ [0, x], on a a (t) = = =1− d’où
1+t 1+t 1+t
x x
t 1
A (x) = dt = 1− dt = [t − ln |1 + t|]x0
0 1 + |t| 0 1 + t
= x − ln (1 + x) car x 0
t t−1+1 1
Pour x 0, et t ∈ [x, 0] , on a a (t) = = = −1 + d’où
1−t 1−t 1−t
x x
t 1
A (x) = dt = −1 + dt = [−t − ln |1 − t|]x0
0 1 + |t| 0 1 − t
= −x − ln (1 − x) car x 0
Pour conclure, les solutions sur R sont définies par
Ke−x (1 + x) si x 0
y (x) = où K ∈ R
Kex (1 − x) si x 0
Exercice type 2
Résoudre l’équation différentielle 1 − x2 y′ − xy = 1 sur ]−1, 1[.
Solution : On a pour x ∈ ]−1, 1[, 1 − x2 = 0, l’équation s’écrit donc
x 1
y′ − 2
y=
1−x 1 − x2
x
La fonction a (x) = − est continue sur R, les solutions de l’équation homogène sur R sont donc
1 − x2
xdx K
y (x) = K exp − − =√ où K ∈ R
1 − x2 1 − x2
′
−x 1 1 − x2
car = .
1 − x2 2 1 + x2
K (x)
On cherche une solution particulière en utilisant la méthode de la variation de la constante. On pose y (x) = √ ,
1 − x2
alors
x 1 K ′ (x) 1 1
y′ − 2
y = 2
⇐⇒ √ = 2
⇐⇒ K ′ (x) = √
1−x 1−x 1−x 2 1−x 1 − x2
On choisit K (x) = arcsin (x). Les solutions de l’équation différentielle initiale sont donc
K + arcsin (x)
y (x) = √ où K ∈ R
1 − x2
Exercice 2
Résoudre l’équation différentielle
ex
(ex + 1) y′ − y = (E)
1 + x2
π
Donner la solution f telle que f (0) = − . Simplifier l’expression de f pour x > 0.
4
—2/7— G H
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Solution : On a ex + 1 = 0 pour tout x réel. On résout donc sur R. On sait que les solutions sont les fonctions de la
forme
1
y (x) = K exp dx où K ∈ R
1 + ex
1 1 + ex − ex 1
Or dx = dx = x − ln (1 + ex ) + Cste (Pour avoir toutes les primitives de x −→ , il faut
1 + ex 1 + ex 1 + ex
mettre une constante, mais on ne cherche que l’une d’entre elles. On prendra donc la constante nulle. Si on n’a pas vu
l’astuce, on pose u = ex (changement de variable C 1 sur R) alors
1 du 1 1
du = ex dx =⇒ dx = = − du
1 + ex u (1 + u) u 1+u
1 1 1 ex
dx = − du = ln u − ln (1 + u) + Cste = ln + Cste
1 + ex u 1+u 1 + ex
Les solutions de (E1 ) sont donc
ex
K où K ∈ R
1 + ex
ex
On utilise ensuite la variation de la constante. On pose y (x) = K (x) . On a y (x) solution de (E) si et seulement si
1 + ex
ex ex 1
(ex + 1) × K ′ (x) x
= 2
=⇒ K ′ (x) =
1+e 1+x 1 + x2
On choisit K (x) = arctan x. Les solutions de (E) sont donc
ex
y (x) = (K + arctan x) où K ∈ R
1 + ex
e0 K π π
Pour trouver la solution f telle que f (0) = − π4 , on résout (K + arctan 0) = = − =⇒ K = − , ainsi
1 + e0 2 4 2
π ex 1 ex
f (x) = arctan x − = − arctan
2 1 + ex x 1 + ex
car pour x > 0, on a
1 π
arctan x + arctan =
x 2
Exercice 3
On considère l’équation différentielle
(1 + x2 )y ′ + xy = 1 + x2 (E).
√
1. Déterminer la solution fm : R −→ R de cette équation (E) telle que fm (1) = 2m.
√
2. Ecrire une équation de la tangente Tm au point A, de coordonnées (1, 2m), sur la courbe Γm représentative de
fm .
3. Prouver que, lorsque m parcourt R, toutes ces tangentes Tm sont concourantes en un point dont on précisera les
coordonnées.
Solution :
√
2 x
′ 1 + x2 1
1. Puisque 1 + x = 0, l’équation différentielle (E) est équivalente à y + 2
y = 2
= √ . Puisque
1+x 1+x 1 + x2
x 1
a (x) = et b (x) = √ sont continues sur R, on peut appliquer le cours.
1 + x2 1 + x2
x K
Les solutions de l’équation homogène sont y (x) = K exp − 2
dx = K exp − 12 ln 1 + x2 = √ où
1+x 1 + x2
—3/7— G H
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K ∈ R (on enlève la valeur absolue car 1 + x2 > 0).
K (x)
On cherche une solution particulière par la méthode de la variation de la constante. On pose alors y (x) = √ ,
1 + x2
ainsi
x 1 K ′ (x) 1
y′ (x) + 2
y (x) = √ ⇐⇒ √ =√ ⇐⇒ K ′ (x) = 1
1+x 1+x 2 1+x 2 1 + x2
On choisit K (x) = x.
Les solutions, sur R, sont donc
x+K
y (x) = √ où K ∈ R
1 + x2
x+K 1+K √
Avec les conditions initiales, on a fm (x) = √ =⇒ fm (1) = √ = 2m =⇒ K = 2m − 1. Ainsi
1 + x2 2
x + 2m − 1
fm (x) = √
1 + x2
2. Une équation de la tangente en A est
′
y − fm (1) = fm (1) (x − 1)
√
Puisque fm (1) = 2m, en reportant dans l’équation différentielle, on obtient
√ √
2 ′ ′ 2 − 2m 1−m
2
(1 + 1 )fm (1) + 1 × fm (1) = 1 + 1 =⇒ fm (1) = = √
2 2
Une équation de la tangente est donc
√ 1−m
Tm : y = 2m + √ (x − 1)
2
3. Analyse : Si ces tangentes sont concourantes en un point B de coordonnées (x, y) , alors, pour m = 1, on obtient
√
y= 2
√ 1
Puis pour m = 0, 2 = √ (x − 1) =⇒ x = 3.
2
Synthèse : On vérifie que, pour tout m ∈ R,
√ √ 1−m √ √
2 = 2m + √ (3 − 1) = 2m + (1 − m) 2
2
√
Ce qui est vrai et prouve que B : 3, 2 est sur toutes les tangentes Tm .
Exercice type 3
Résoudre sur R l’équation différentielle (2 + x) y′ + y = 2.
1 2
Solution : On résout sur I1 = ]−∞, −2[ ou sur I2 = ]−2, +∞[, l’équation est équivalente à y′ + y= . Les
2+x 2+x
1 2
fonctions a (x) = et b (x) = sont continues sur Ik .
2+x 2+x
1
L’équation sans second membre est y ′ + y = 0. Elle admet sur Ik comme solution
2+x
dx Ck
y (x) = Ck exp − = Ck exp (− ln |2 + x|) = où Ck ∈ R
2+x |2 + x|
—4/7— G H
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Ck
Quitte à changer C1 en −C1 , les solution sont donc y (x) = sur Ik .
2+x
Une solution évidente est yp (x) = 2. Les solutions sur Ik sont donc de la forme
Ck
2+ où Ck ∈ R
2+x
Solutions sur R :
Analyse : Une solution sur R est une solution sur I1 et sur I2 , et est continue, dérivable sur R donc en x = −2. Il existe
donc C1 et C2 tels que
C1
y (x) = 2 + si x < −2
2+x
C2
y (x) = 2 + si x > −2
2+x
Puisque y est continue en x = −2, elle admet une limite en x = −2 (et cette limite doit être la valeur obtenue pour y (−2)
lorsque l’on fait x = −2 dans l’équation différentielle , i.e. y (−2) = 2).
1
Puisque −−−−−→ +∞, cela impose C1 = C2 = 0 et ainsi y (x) = 2 pour tout x ∈ R.
2 + x x→−2+
Synthèse : La fonction constante égale à 2 est clairement solution sur R et c’est la seule.
Exercice type 4
y
Déterminer les solutions sur ]0, +∞[ de ln (x) y ′ + = 1.
x
1 1
Solution : On résout sur I1 = ]0, 1[ ou sur I2 = ]1, +∞[ , l’équation est équivalente à y′ + y= . Les fonctions
x ln x ln x
1 1
a (x) = et b (x) = sont continues sur Ik .
x ln x ln x
1
L’équation sans second membre est y ′ + y = 0. Elle admet sur Ik comme solution
x ln x
dx
y (x) = Ck exp −
x ln x
1
x u′ dx
Or = où u = ln x, ainsi = ln (|ln x|) + Cste. Les solutions de l’équation sans second membre sont donc
ln x u x ln x
(quitte à changer C1 en −C1 sur I1 )
Ck
y (x) = où Ck ∈ R
ln x
C (x)
Pour obtenir une solution particulière, on utilise la variation de la constante. On cherche y (x) = solution de
ln x
l’équation différentielle sur Ik , alors
C ′ (x) 1
= =⇒ C ′ (x) = 1
ln x ln x
Ainsi
x
yp (x) = est une solution particulière
ln x
Les solutions sur Ik sont donc de la forme
x + Ck
où Ck ∈ R
ln x
Solutions sur R : Une solution sur ]0, +∞[ est une solution sur I1 et sur I2 , et est continue, dérivable sur ]0, +∞[ donc
en x = 1. Il existe donc C1 et C2 tels que
x + C1
y (x) = si x < 1
ln x
x + C2
y (x) = si x > 1
ln x
—5/7— G H
PCSI 2 Préparation des Khôlles 2013-2014
Puisque y est continue en x = 1, elle admet une limite en x = 1 (et cette limite doit être la valeur obtenue pour y (1)
lorsque l’on fait x = 1 dans l’équation différentielle , i.e. y (1) = 1).
Or
x + C1 −∞ si 1 + C1 > 0
−−−−→ +∞ si 1 + C1 < 0 donc 1 + C1 = 0
ln x x→1−
? si 1 + C1 = 0
x−1
De même pour la limite en 1+ . Donc C1 = C2 = −1 et y (x) = pour x = 1, y (1) = 1. Reste à prouver que cette
ln x
fonction est dérivable en x = 1.
Pour montrer la dérivablité en x = 1, on peut faire un DL en x = 1 à l’ordre 1 de la fonction définie par
x−1
y (x) = et y (1) = 1
ln x
h2
ln (x) ln (1 + h) + o h2 h− h
Mais il y a plus simple. Soit f (x) = , alors f (1 + h) = = 2 h→0
= 1 − + o h2 . Ainsi f
x−1 h h 2 h→0
1 ′ f ′ (1) 1
est continue, dérivable en x = 1 avec f (1) = 1, donc y = est continue, dérivable en x = 1 (avec y (1) = − 2 = ).
f f (1) 2
Conclusion : y est solution sur ]0, +∞[ de l’équation différentielle car elle est est dérivable sur ]0, +∞[ , solution de
l’équation différentielle sur I1 et sur I2 et en x = 1 (car y (1) = 1).
Remarque : Version courte de résolution. Si y est solution sur ]0, +∞[ alors pour x ∈ ]0, +∞[
y y
ln (x) y ′ + = (y ln x)′ ainsi ln (x) y ′ + = 1 ⇐⇒ y ln x = x + C
x x
d’où pour x = 1,
x+C
y (x) =
ln (x)
Puisque y a une limite en x = 1, la seule constante possible est C = −1. Reste à prouver la dérivabilité en x = 1 · · ·
Exercice type 5
x
Trouver les applications continues f telles que ∀x ∈ R, f (x) − tf (t) dt = 1.
0
x
Solution : Analyse : Si f est solution alors f (x) = 1 + 0 tf (t) dt. Puisque la fonction t −→ tf (t) est continue, la
x x
fonction F : x −→ 0 tf (t) dt est dérivable de dérivée égale à F ′ (x) = xf (x). On en déduit que x −→ 1 + 0 tf (t) dt est
dérivable de dérivée égale en x à xf (x) . Ceci prouve que f est dérivable et est solution de l’équation différentielle
y ′ = xy
On résout cette équation, les solutions sont les fonctions
x2
y (x) = Ce 2
x
Mais, de plus f (x) = 1 + 0 tf (t) dt donne avec x = 0 la condition initiale f (0) = 1. Il n’y a donc qu’une seule solution
x2
f (x) = e 2
x
x2 x
2
t x t2 t2
Synthèse : On vérifie que e 2 −1 = 0 te
2 dt ce qui est vrai car 0 te 2 dt = e 2 .
0
Exercice type 6
On considère l’équation différentielle (E) : 2xy ′ + y = x sur I = ]0, +∞[. Quel est le lieu H des points en lesquels la
tangente à une courbe intégrale est horizontale ?
—6/7— G H
PCSI 2 Préparation des Khôlles 2013-2014
Solution : Analyse : Soit y (x) une solution de (E) sur ]0, +∞[, alors la courbe représentative de y admet une tangente
horizontale en M0 d’abscisse x0 si et seulement si y ′ (x0 ) = 0. Puisque y est solution de (E), on en déduit que 2x0 y ′ (x0 ) +
y (x0 ) = x0 =⇒ y (x0 ) = x0 . Ainsi M0 a pour coordonnées (x0 , x0 ), est donc sur la demi-droite H d’équation y = x avec
x > 0.
Synthèse : il s’agit de prouver que tous les points de H sont bien des points par lesquels passent une courbe intégrale à
tangente horizontale. Soit M0 : (x0 , y0 ) un point du plan avec x0 > 0, on sait qu’il existe une unique solution fk de (E)
telle que fk (x0 ) = y0 . mais fk étant solution de (E) , on obtient
2x0 fk′ (x0 ) + fk (x0 ) = x0 =⇒ 2x0 fk′ (x0 ) + y0 = x0
Si M0 ∈ H, alors y0 = x0 et ainsi fk′ (x0 ) = 0, cette solution a une tangente horizontale en M0 . Tous les points de H sont
conviennent.
—7/7— G H