C
e manuel pratique, entièrement révisé, rassemble les
2e édition
connaissances indispensables à l’exercice de la parasi-
tologie et de la mycologie médicale en laboratoire, sous
la forme de fiches illustrées. Il couvre l’ensemble du programme
de l’internat de pharmacie et de nombreux items des ECN dans
ces deux disciplines.
Chaque fiche décrit :
Parasitologie et Mycologie médicale Pratique
> Les étapes détaillées du diagnostic biologique,
de la nature du prélèvement, au choix des techniques
et à leur interprétation ;
> Les éléments clés de l’épidémiologie, du parasitisme
et du traitement, essentiels à la prestation de conseils
et à la prise en charge des patients.
Cet ouvrage s’adresse aussi bien à un public universitaire (étudiants
en pharmacie, en médecine, en BTS d’analyses médicales) qu’à un
public de praticiens (biologistes médicaux, médecins, internes et
techniciens en biologie médicale).
Public :
Étudiants en pharmacie et en médecine
Professionnels : Techniciens // Ingénieurs // Médecins //
Biologistes // Pharmaciens
ISBN : 978-2-8073-2090-1
9 782807 320901 www.deboecksuperieur.com
Parasotologie et Mycologie Médicale Pratique_2e ed-PAMYPRA_V6.indd 3 07/02/2020 15:08
PARASITOLOGIE
ET MYCOLOGIE MÉDICALE
PRATIQUE
ANNE MARIJON
CAMI LLE B U FFA Z
E LI SABE T H HO DI LLE
YOHANN JO U RDY
CAMI LLE LO U V RIER
Parasitologie
et Mycologie médicale
pratique
2 e édition
À mes amis co-auteurs
de la 1ère version de ce livre.
Pour toute information sur notre fonds et les nouveautés
dans votre domaine de spécialisation, consultez notre site web :
www.deboecksuperieur.com
Illustrations : © Parasitologie-Mycologie Faculté de Médecine de Lyon et Anne Marijon
© De Boeck Supérieur s.a., 2020 2e édition
rue du Bosquet, 7 – B-1348 Louvain-la-Neuve
Tous droits réservés pour tous pays.
Il est interdit, sauf accord préalable et écrit de l’éditeur, de reproduire (notamment par
photocopie) partiellement ou totalement le présent ouvrage, de le stocker dans une
banque de données ou de le communiquer au public, sous quelque forme et de quelque
manière que ce soit.
Dépôt légal :
Bibliothèque nationale, Paris : mars 2020
Bibliothèque royale de Belgique, Bruxelles : 2020/13647/027
ISBN 978-2-8073-2091-1
MODE D’EMPLOI
Légende des symboles
Distribution géographique
○ Il s’agit d’un pathogène présent uniquement dans certaines zones géographiques.
● Il s’agit d’un pathogène cosmopolite.
Fréquence d’observation au laboratoire (en France métropolitaine)
○ ou ● : rare à exceptionnel.
○○ ou ●● : fréquent.
○○○ ou ●●● : très fréquent.
Les informations données sur les traitements sont issues de l’état des connaissances et
des recommandations en vigueur au moment de la parution. Ces informations sont
fournies à titre indicatif. L’auteur ne saurait être tenu pour responsable en cas d’utilisation
des informations de l’ouvrage à des fins thérapeutiques.
V
ABRÉVIATIONS
# D
5-FC 5 - fluorocytosine DDB Dilatation des bronches
DEET N,N-diéthyl-3-méthylbenzamide
A
ABPA Aspergillose bronchopulmonaire E
allergique ED Examen direct
ACN Aspergillose chronique EDTA Acide éthylène diamine
nécrosante tétraacétique
ACT Artemisinin combined therapy EHPAD Etablissement d’hébergement
AES Accident d’exposition au sang pour personnes âgées
Ag Antigène dépendantes
AmB Amphotéricine B EIO Espace interorteil
AmB lip Amphotéricine B formulation ELIFA Enzyme-linked immunofiltration
lipidique assay
AMM Autorisation de mise sur le ELISA Enzyme-linked immunosorbent
marché assay
APCC Aspergillose pulmonaire chro- EPS Examen parasitologique des
nique cavitaire selles
APCF Aspergillose pulmonaire chro- EPU Examen parasitologique des
nique fibrosante
urines
API Aspergillose pulmonaire invasive
EUCAST European committee on
ARS Agence régionale de Santé
antimicrobial susceptibility
ATCD Antécédents
testing
ATU Autorisation temporaire
d’utilisation
F
B FCZ Fluconazole
FDR Facteurs de risque
BCC Bouillon cœur-cervelle
BCE Biopsie cutanée exsangue
G
BPCO Bronchopneumopathie
chronique obstructive GS Gélose au sang
GCSF Granulocyte colony stimulating
C factor
CLSI Clinical and laboratory standards GVH Graft versus host (réaction du
institute greffon contre l’hôte)
CMI Concentration minimale
inhibitrice H
CPK Créatine phosphokinase HAI Inhibition d’hémagglutination
CRP C-reactive protein HAS Haute autorité de Santé
CSH Cellules souches Hb Hémoglobine
hématopoïétiques HCG Human chorionic gonadotrophin
CV Charge virale HD Hôte définitif
VII
HE Hématoxyline éosine P
HES Hématoxyline éosine safran PAS Acide périodique – Schiff
HI Hôte intermédiaire PAIR Ponction aspiration injection
HTAP Hypertension artérielle pulmonaire réaspiration
HTLV-1 Human T cell leukemia / PCB Pomme de terre – Carotte – Bile
lymphoma virus type 1 PCR Polymerase Chain Reaction
PK/PD Pharmacocinétique /
I Pharmacodynamie
IDR Intradermoréaction PNN Polynucléaire neutrophile
IEP Immunoélectrophorèse PO Per os
IFI Immunofluorescence indirecte PSZ Posaconazole
IH Insuffisance hépatique
IHC Immunohistochimie Q
IM Intramusculaire QBC® Quantitative buffy coat
IR Insuffisance rénale
IRM Imagerie par résonnance R
magnétique RAT Riz – Agar – Tween
ISAGA Immunosorbent agglutination RPMI Roswell Park Memorial Institute
assay medium
IST Infection sexuellement
transmissible S
ITZ Itraconazole
SA Semaines d’aménorrhée
IV Intraveineux
SAL Sérum anti-lymphocytaire
IVL Intraveineux lent
SIDA Syndrome d’immunodéficience
L acquise
SNC Système nerveux central
LBA Lavage bronchoalvéolaire
LCR Liquide céphalorachidien T
LDH Lactate déhydrogénase
TDM Tomodensitométrie (scanner)
LTCD4+ Lymphocytes T CD4+
TEP Tomographie par émission de
M positons
TIAC Toxi-infection alimentaire
MALDI-TOF collective
Matrix assisted laser desoption
ionisation-time of flight U
MGG May Grünwald Giemsa
UV Ultraviolet
MIF Merthiolate éther formol
V
N
VIH Virus de l’’immunodéficience
NFS Numération formule sanguine
humaine
NSB3 Niveau de sécurité biologique 3
VPN Valeur prédictive positive
O VPP Valeur prédictive négative
VRZ Voriconazole
OMS Organisation Mondiale de la Santé VS Vitesse de sédimentation
VIII
SOMMAIRE
Mode d’emploi V
Abréviations VII
Partie 1. Parasitologie
Examen parasitologique des selles 3
Chapitre 1 Contamination vectorielle 13
Filarioses 14
Leishmanioses 26
Paludisme 34
Trypanosomoses 49
Chapitre 2 Contamination digestive 59
Amibiase et autres amibes intestinaux 60
Ascaridiose 65
Blastocystis 69
Cryptosporidiose et autres coccidioses intestinales
(cyclosporose, cystoisosporose, sarcocystose) 71
Distomatose à fasciola hepatica et autres douves
hépato-biliaires 77
Échinococcoses 81
Giardiose et autres flagelles intestinaux 89
Syndrome de larva migrans viscéral 94
Microsporidiose 99
Oxyurose 104
Taeniasis, cysticercose et autres cestodoses intestinales 108
Toxoplasmose 113
Trichinellose 123
Trichocéphalose 126
Chapitre 3 Contamination transcutanée 129
Anguillulose 130
Ankylostomose 136
Bilharzioses 140
Larva migrans cutanée ankylostomienne (larbish) 148
IX
Chapitre 4 Contamination sexuelle 151
Trichomonose 152
Chapitre 5 Ectoparasitoses 155
Scabiose (gale humaine) 156
Pédiculoses 160
Myiases 163
Tungose 166
Partie 2. Mycologie
Chapitre 1 Démarche diagnostique et thérapeutique
en mycologie médicale 171
Diagnostic mycologique 172
Identification des champignons filamenteux 179
Antifongiques 189
Chapitre 2 Levuroses 197
Candidoses 198
Cryptococcose 208
Malassezioses 211
Chapitre 3 Mycoses à champignons filamenteux 213
Dermatophytoses 214
Aspergilloses 229
Mycoses émergentes 239
Chapitre 4 Autres champignons 249
Pneumocystose 250
Histoplasmoses 254
Partie 3. Orientation diagnostique
Hyperéosinophilie parasitaire 261
Fièvre du voyageur 263
Diarrhées parasitaires 265
Index 269
X
PA R T I E 1
Parasitologie
EXAMEN PARASITOLOGIQUE
EXAMEN PARASITOLOGIQUE DES SELLES
DES SELLES
GÉNÉRALITÉS
Prélèvement
• L’émission des éléments parasitaires étant faible et intermittente, l’analyse doit être
répétée sur 3 prélèvements de selles datant de 3 jours différents dans le but d’en
augmenter la sensibilité.
• Le recueil doit être précédé, si possible, d’un régime de 3 jours excluant :
- Les médicaments non résorbables, opaques ou huileux, gênant l’examen
microscopique : charbon végétal, sels de magnésium, sels de kaolin, baryte, huiles
laxatives, suppositoires.
- Les aliments laissant beaucoup de résidus : légumes verts, fruits à cuticule
épaisse (tomate, pêche), légumineuses, pollens diététiques, etc.
Renseignements cliniques
Des renseignements cliniques contextualisant la recherche, doivent systématique-
ment accompagner le prélèvement afin de guider la démarche diagnostique :
• Signes cliniques (diarrhée aiguë ou chronique, douleurs abdominales, fièvre, etc.) ;
• Existence d’une hyperéosinophilie ;
• Notion de voyage en région tropicale ;
• Statut immunitaire du patient ;
• Traitements pris préalablement.
Conditions de conservation pré-analytique
L’examen doit être pratiqué le plus rapidement possible après le recueil des selles :
• Durée de conservation optimale : < 6 4 h à température ambiante (à défaut < 12 h) ;
• En cas de selles sanglantes (nécessitant une recherche de formes végétatives
d’amibes) : délai pré-analytique 6 < 1 h. Le recueil est idéalement réalisé au labora-
toire.
En cas d’utilisation d’une technique permettant de fixer les formes végétatives (ex :
MIF), l’échantillon peut être conservé jusqu’à 6 4 jours à +4 °C pour la réalisation
des concentrations.
Analyse
La prise d’essai doit être réalisée à plusieurs endroits dans l’échantillon (profonds et
superficiels), en priorité dans les parties glaireuses ou sanglantes.
L’examen parasitologique des selles comporte 3 étapes :
• L’examen macroscopique ;
• L’examen microscopique direct ;
• L’examen microscopique après concentration selon 2 techniques au choix.
1. Parasitologie 3
EXAMEN MICROSCOPIQUE
Caractérisation de l’aspect des selles
• Consistance : moulée, molle, pâteuse, liquide (selon l’échelle de Bristol) ;
• Couleur, présence de sang et/ou de glaires : glaireuse, glairo-sanglante, sanglante,
afécale.
Recherche d’helminthes visibles à l’œil nu :
• Proglottis de Taenia sp ;
• Vers adultes d’oxyure ou d’Ascaris spp.
EXAMEN MICROSCOPIQUE DIRECT
Réalisé le plus rapidement possible après le recueil de selles.
En cas d’examen différé, l’utilisation d’un fixateur (ex : solution de MIF) permettant de
conserver les formes végétatives est nécessaire.
Préparation
• Diluer une noix de selles dans du sérum physiologique (en quantité adaptée à la
consistance) ;
• Déposer une goutte de la dilution obtenue entre lame et lamelle.
Lecture au microscope optique (grossissement X 100, quelques champs observés au
X 200) :
• Noter la présence d’hématies, de leucocytes et/ou de cristaux de Charcot-Leyden ;
• Recherche et identification de parasites : en particulier, formes végétatives mobiles
de flagellés ou d’amibes, œufs d’helminthes, larves d’anguillules ou d’ankylostomes.
Cristaux de Charcot-Leyden
Formés par cristallisation des lysophospholipases présentes dans les granulations des
polynucléaires éosinophiles, leur présence atteste d’une hyperéosinophilie digestive
(d’origine parasitaire ou non).
Cristaux de Charcot-Leyden : À distinguer des cristaux végétaux
cristaux en forme d’aiguilles de d’origine alimentaire (asperge, ananas,
boussole, très réfringentes et kiwi) : cristaux en forme d’aiguilles
polymorphes en taille. fines, de taille uniforme et regroupés
en fagot.
Cristaux de Charcot-Leyden Cristaux d’asperge
4 1. Parasitologie
EXAMEN MICROSCOPIQUE APRÈS CONCENTRATION
EXAMEN PARASITOLOGIQUE DES SELLES
Objectifs :
• Éliminer les débris afin d’augmenter la lisibilité ;
• Concentrer les éléments parasitaires.
Méthodes monophasiques
Basées sur des principes de concentration physique (différence de densité entre les
débris et les parasites). Peu utilisées en pratique.
Méthodes monophasiques
Sédimentation Flottaison
Principe Dilution dans un liquide de densité Dilution dans un liquide de densité
< à celle des éléments parasitaires > à celle des éléments parasitaires
Exemple Technique de Faust et Ingalls Technique de Willis
• Préparer une solution hypotonique • Préparer une solution hypertonique
(eau glycérinée 0,5 % ou solution (à base de sels alcalins ou de métaux
d’alcool à 90° diluée au 10 %) ; lourds) ;
Prépa- • Diluer la selle dans la solution ; • Diluer la selle au 1/10 dans la
ration • Effectuer 3 cycles de sédimentation solution ;
(1 h, 45 min, 30 min) – décantation ; • Passer au tamis puis centrifuger ;
• Observer le dernier sédiment au • Observer le surnageant en surface
microscope optique (X 200). au microscope optique (X 200).
• Simple, peu onéreux • Simple
Intérêts • Utilisable pour la recherche d’œufs • Utilisable pour la recherche d’œufs
de schistosomes d’Ascaris et d’ankyslostomes
• Quantité de selles utilisée impor • Peu efficace pour les œufs de
tante douves et de schistosomes (trop
Limites • Chronophage denses)
• Inefficace pour la recherche de • Inefficace pour la recherche de
kystes de protozoaires kystes de protozoaires
Méthode de Faust : combinaison des deux principes avec utilisation successive de solu-
tions hypertonique et hypotoniques avec centrifugation / sédimentation / flottaison.
Méthodes diphasiques
Techniques les plus utilisées.
Basées sur des principes de concentration physico-chimique :
• Physique : étape de sédimentation et de centrifugation ;
• Chimique : utilisation de 2 phases non-miscibles créant un coefficient de partage
des particules.
- Phase aqueuse (densité < à celle des éléments parasitaires) : dilution des matières
fécales.
- Phase organique lipophile (hydrophobe) : élimination des débris.
1. Parasitologie 5
En pratique : l’examen parasitologique des selles (méthode diphasique)
Ritchie modifié, Bailenger, MIF
Principe : concentration des œufs d’helminthes et des protozoaires intestinaux par
méthode physico-chimique.
Matériel
• Verre à pied et agitateur en verre ;
• Réactifs (phases aqueuse et organique, propres à la technique utilisée) ;
• Tubes coniques avec bouchons, pipettes de transfert, lames porte-objet, lamelles ;
• Centrifugeuse, microscope optique.
Préparation
1. Dans un verre à pied : diluer une grosse
noix de selles (2 à 5 g) dans 5 à 10 fois son
volume de solution aqueuse.
2. Laisser sédimenter moins d’une minute
(afin d’éviter la sédimentation des œufs
denses) ou tamiser pour éliminer les gros
débris.
3. Prélever et transférer une partie de la solu-
tion aqueuse de surface dans un tube à
fond conique.
4. Ajouter la phase organique à volume égal.
5. Émulsionner par agitation vigoureuse
puis centrifuger (6 1 à 3 min, 200 – 500 g)
6. Éliminer par retournement le surnageant
(composé de la phase organique, des
débris et de phase aqueuse).
7. Récupérer le culot d’enrichissement, le
diluer si besoin avec de l’eau physiolo-
gique et le déposer en totalité entre lame
et lamelle.
Lecture au microscope optique (grossissement X 200) : recherche et identification de
parasites.
Intérêts :
• Techniques rapides et simples.
• Action dissolvante des produits chimiques utilisés permettant l’élimination des
débris afin de faciliter la lecture.
• Utilisable pour la recherche de nombreux parasites : œufs d’helminthes, kystes
de protozoaires (flagellés, amibes), certaines coccidies intestinales (Cyclospora
cayetanensis, Cystoisospora belli, Sarcocystis spp.), Blastocystis spp.
Limites
• Faux négatifs liés à la dilution importante de l’échantillon (faible quantité de selles
analysée).
• Utilisation de réactifs toxiques (éther, formol, merthiolate)
6 1. Parasitologie
EXAMEN PARASITOLOGIQUE DES SELLES
Méthodes diphasiques
Technique Ritchie modifié Bailenger MIF
Phase Solution d’eau Acétate de sodium Merthiolate-Iode-
aqueuse physiologique formolée (15 g), acide acétique Formol
(NaCl 0,9 %, formol (3,6 ml) qsp 1l
10 %) d’eau pH 5
Phase
Éther
organique
Intérêts • Morphologie préser- • Existe en kits com- • Coloration rouge des
vée des kystes de mercialisés (dispositifs éléments parasitaires
protozoaires. à usage unique) • Existe en kits com
• Facteur de concen • Facteur de concen mercialisés (dispositifs
tration important tration important à usage unique).
(> 10 fois) (> 10 fois) • Conserve les formes
végétatives.
Limites • Mauvaise concentra- • Mauvaise concentra- • Facteur de concentra-
tion des œufs (en tion des œufs (en tion plus faible que
particulier d’oxyure) ; particulier d’oxyure) ; les autres techniques
• Pas de kit commer • Ne conserve pas les (5-10 fois).
cialisé. formes végétatives.
Variantes (dérivées des méthodes diphasiques classiques)
• Techniques utilisant des réactifs moins toxiques : iodésine (remplaçant le MIF),
acétate d’éthyl (remplaçant l’éther).
• Techniques sans solvant utilisant des filtres pour éliminer les gros débris.
Intérêts
• Kits commercialisés (dispositifs à usage unique) permettant une plus grande repro-
ductibilité de la manipulation (prise d’essai calibrée, volume fixe des réactifs, etc.) ;
• Non dangereux pour les manipulateurs.
Limites
• Facteurs de concentration globalement plus faibles (variables selon les kits),
• Culots d’enrichissement plus importants.
• Lecture plus difficile (persistance de nombreux débris).
Méthodes par éclaircissement
Technique de Kato : recherche uniquement des œufs d’helminthes.
Préparation
• Faire tremper une bande de cellophane dans la solution de Kato (eau glycérinée,
vert malachite 3%) pendant 6 24h.
1. Parasitologie 7
• Réaliser un frottis épais de selles sur une lame porte-objet.
• Recouvrir par la bande de cellophane imprégnée.
• Écraser 3 fois sous un papier buvard.
• Laisser à température ambiante pendant 61 h.
Lecture au microscope optique (grossissement X 100) : recherche d’œufs d’helminthes.
Intérêts
• Technique simple et peu coûteuse.
• Observation d’une grande quantité de selles (absence de dilution de l’échantillon).
• Quantification possible si poids de selles déterminé au départ.
Limites
• Ne permet pas de rechercher les autres types de parasites (protozoaires).
IDENTIFICATION D’UN ÉLÉMENT PARASITAIRE
Étude morphologique des éléments observés, parmi lesquels :
• la mobilité (pour les formes végétatives) ;
• la taille et la forme des éléments (régulière, sans aspérité) ;
• la couleur ;
• la réfringence plus ou moins prononcée ;
• le contenu (noyaux, flagelles, etc.).
L’identification est réalisée par comparaison entre les éléments observés et les carac-
téristiques décrites pour les différentes espèces parasitaires.
Pour certaines espèces, l’identification peut être aidée par la biologie moléculaire
(PCR spécifique) ou la recherche de copro-antigènes.
LES TECHNIQUES SPÉCIFIQUES
Certains parasites intestinaux ne sont pas détectables par examen parasitolo-
gique des selles standard. Leur recherche nécessite de mettre en œuvre des techni
ques spécifiques (détaillées dans les chapitres dédiés à ces parasites).
Techniques spécifiques utilisées pour la recherche de parasites intestinaux
Parasite Technique spécifique
Œufs d’oxyure et de Taenia Test à la cellophane adhésive
Larves d’anguillule Technique de Baermann
Identification des larves d’ankylostomidés Coproculture d’Harada-Mori
Cryptosporidies Coloration de Ziehl-Neelsen
Coloration de Van Gool
Microsporidies
Coloration trichromique de Weber
8 1. Parasitologie
En pratique : les principaux œufs d’helminthes
pouvant être observés lors d’un examen parasitologique des selles
Fasciola hepatica Schistosoma mansoni Schistosoma haematobium Necator americanus
1. Parasitologie
200 µm
100 µm
Ascaris lumbricoides Taenia saginata Trichuris trichiura Enterobius vermicularis
9
EXAMEN PARASITOLOGIQUE DES SELLES
En pratique : les principaux protozoaires
pouvant être observés lors d’un examen parasitologique des selles
10
Entamoeba coli Entamoeba Entamoeba hartmannii Endolimax nanus
histolytica / dispar
50 µm
Iodamoeba butschlii Chilomastix mesnilii Giardia intestinalis Blastocystis hominis
* *
Cyclospora cayetanensis Cystoisospora belli Sarcocystis spp.
1. Parasitologie
* Photo avec coloration
En pratique : exemples de « faux parasites »
pouvant être trouvés à l’examen parasitologique des selles
Certains résidus alimentaires, graisses, pollens ou spores de champignons pouvant être présents dans les selles peuvent ressembler à des
éléments parasitaires.
1. Parasitologie
Cellules épithéliales Fibre végétale spiralée Spores de morilles Spores de truffe
Pollen de pin Bulles d’air Oocyste de Peronospora pisi Pollen Pollen
*
* Photo avec coloration
11
EXAMEN PARASITOLOGIQUE DES SELLES
CHAPITRE 1
Contamination vectorielle
FILARIOSES ○
Hyperéosinophilie Helminthe
Séjour en zone d’endémie Nématode
• Nématodes transmis par la piqûre d’insectes hématophages.
• Les vers adultes sont situés dans les tissus lymphoïdes, dermiques ou sous-cutanés
et produisent des larves appelées microfilaires.
• Filaires à microfilaires sanguines
- Loa loa ;
- Filaires lymphatiques (Wuchereria bancrofti, Brugia malayi) ;
- Mansonella pertans.
• Filaires à microfilaires dermiques (exceptionnellement vues en France)
- Onchocerca volvulus ;
- Mansonella streptocerca.
CYCLE PARASITAIRE Hétéroxène
14 1. Parasitologie
FILAIRES À MICROFILAIRES SANGUINES
FILARIOSES
ÉPIDÉMIOLOGIE MODE DE CONTAMINATION
• Zones d’endémie variables selon les • Inoculation lors d’une piqûre par
espèces. un arthropode hématophage
• En France : uniquement des cas d’im femelle.
portation (essentiellement Loa loa et
Mansonella pertans).
DIAGNOSTIC
Signes d’orientation biologique : hyperéosinophilie importante (> 2 G/L).
Stratégie diagnostique
En 1ère intention : recherche de microfilaires circulantes ;
En 2ème intention : sérologie.
Diagnostic direct
Recherche de microfilaires circulantes
Prélèvement : sang total (EDTA), prélevé selon la périodicité des microfilaires.
Périodicité des filaires à microfilaires sanguines
Espèce Loa loa W. bancrofti B. malayi M. pertans
Périodicité des
Diurne Nocturne Nocturne Apériodique
microfilaires
Période de
11h – 15h 23h – 2h 23h – 2h Indifférent
prélèvement
Stratégie pour la recherche directe de microfilaires sanguines
1. Parasitologie 15
État frais
Préparation : déposer 10 µl de sang total
homogénéisé entre lame et lamelle.
Lecture au microscope optique (grossisse-
ment x 100) : recherche de microfilaires
mobiles entre les hématies.
Concentration de Ho-Thi Sang Loa loa
Préparation
• Mélanger 2,5 ml de sang total et 5 ml de sérum physiologique dans un tube à
hémolyse.
• Ajouter 6 gouttes de solution de saponine à 2 % et agiter (lyse des hématies).
• Centrifuger à 2000 tours/min 6 10 minutes.
• Éliminer le surnageant et reprendre le culot dans 110 µl de sérum physiologique.
• Déposer 10 µl entre lame et lamelle.
• Cytocentrifuger les 100 µl restants et colorer au MGG.
Lecture au microscope optique (grossissement x 100) : recherche de microfilaires.
Numération des microfilaires par la technique de la goutte épaisse calibrée
Préparation
• Étaler une goutte de sang de 10 µl en un carré de 1 cm de côté sur une lame.
• Sécher la lame.
• Colorer au Giemsa dilué à 10 % 6 20 minutes, laver et sécher la lame.
Lecture au microscope optique (grossissement x 100) : compter le nombre de microfi-
laires et multiplier par 100 pour obtenir le nombre de microfilaire / ml.
Identification de l’espèce
Analyse morphologique des microfilaires sur frottis mince ou goutte épaisse colorée
au MGG. (cf. tableaux).
Test antigénique
Test immunochromatographique rapide utilisé pour le dépistage de masse de
W. bancrofti.
Diagnostic indirect
Sérologie
Dépistage par technique ELISA ou IFI.
Confirmation par Western blot.
Utilisent des Ag hétérologues d’Acanthocheilonema vitae ou Ascaris suum.
Sensibilité 70-90 % dans les loases, ≈ 50 % dans les filarioses lymphatiques.
Limites
• Ne permet pas le diagnostic d’espèce.
• Peu spécifique : nombreuses réactions croisées (anguillulose, distomatose et
échinococcose).
• Cicatrice sérologique fréquente : mauvais marqueur de suivi après traitement.
16 1. Parasitologie
LOA LOA
FILARIOSES
ÉPIDÉMIOLOGIE MODE DE CONTAMINATION
• Répartition limitée à 10 pays d’Afrique sub- • Vecteur : chrysops (biotope :
saharienne ; forêts chaudes et humides)
• Prévalence estimée à ≈ 10 millions de cas.
POUVOIR PATHOGÈNE
Loase (ou loaose)
Nombreux cas asymptomatiques.
Période d’incubation asymptomatique.
Phase d’état ¸ 3 mois après la contamination
• Œdème de Calabar : réaction allergique œdémateuse
fugace et migratrice (visage, bras et torse) ;
• Manifestations oculaires : migration du ver adulte
(mesurant 2 à 7 cm) sous la peau des paupières ou
sous la conjonctive (larmoiement, photophobie) ; Répartition géographique
• Reptation du vers adulte sous la peau : prurit localisé, de la Loa loa
souvent après traitement par diéthylcarbamazine.
IDENTIFICATION DES MICROFILAIRES
Microfilaires de Loa loa
Périodicité Diurne
Taille 200 – 300 µm
Gaine Courte, peu ou
pas colorée
Espace céphalique Long
Noyaux Irréguliers
somatiques et se chevauchant
Extrémité Effilée avec
postérieure un noyau terminal
Extrémité postérieure Extrémité céphalique
1. Parasitologie 17
TRAITEMENT
Loase : traitement de 1ère intention
Molécule Posologie adulte Durée
Diéthylcarbamazine PO 3 mg/kg/j1 en 2 prises/j 21 jours à dose efficace
1 initié en milieu hospitalier et à dose minime, puis augmentation progressive de la
posologie sur 7 jours.
Risque de syndrome de lyse filarienne (si microfilarémie > 8000 /ml) :
• Fièvre, céphalées, arthralgie, prurit, voire encéphalopathie filarienne (si > 50 000 /ml).
• Prévention par prétraitement par albendazole et ivermectine permettant de dimi-
nuer la microfilarémie.
MANSONELLA PERTANS
ÉPIDÉMIOLOGIE
• La plus fréquente des mansonelloses.
• Strictement humaine.
• Peut être associée à une loase.
POUVOIR PATHOGÈNE
• Peu ou pas pathogène (réactions
allergiques). Répartition géographique de M. pertans
IDENTIFICATION DES MICROFILAIRES
Microfilaires de Mansonella pertans
Périodicité Apériodique
Taille Petite taille (100 – 200 µm)
Gaine Absence
Espace céphalique Très court
Noyaux somatiques Irréguliers, peu chevauchant
Extrémité postérieure Arrondie en « doigt de gant » avec un gros noyau terminal
Extrémité postérieure
18 1. Parasitologie
C
e manuel pratique, entièrement révisé, rassemble les
2e édition
connaissances indispensables à l’exercice de la parasi-
tologie et de la mycologie médicale en laboratoire, sous
la forme de fiches illustrées. Il couvre l’ensemble du programme
de l’internat de pharmacie et de nombreux items des ECN dans
ces deux disciplines.
Chaque fiche décrit :
Parasitologie et Mycologie médicale Pratique
> Les étapes détaillées du diagnostic biologique,
de la nature du prélèvement, au choix des techniques
et à leur interprétation ;
> Les éléments clés de l’épidémiologie, du parasitisme
et du traitement, essentiels à la prestation de conseils
et à la prise en charge des patients.
Cet ouvrage s’adresse aussi bien à un public universitaire (étudiants
en pharmacie, en médecine, en BTS d’analyses médicales) qu’à un
public de praticiens (biologistes médicaux, médecins, internes et
techniciens en biologie médicale).
Public :
Étudiants en pharmacie et en médecine
Professionnels : Techniciens // Ingénieurs // Médecins //
Biologistes // Pharmaciens
ISBN : 978-2-8073-2090-1
9 782807 320901 www.deboecksuperieur.com
Parasotologie et Mycologie Médicale Pratique_2e ed-PAMYPRA_V6.indd 3 07/02/2020 15:08