MAINTENANCE CORRECTIVE DE LA
DIRECTION D’UNE VOITURE
PLAN
INTRODUCTION
I - DIRECTION HYDRAULIQUE A ASSISTANCE VARIABLE
1. Description
2. Fonctionnement
3. Contrôles
II - DIRECTION ASSISTEE HYDRO ELECTRIQUE OU ELECTRO-
HYDRAULIQUE
1. Description
2. Fonctionnement
3. Contrôles électriques
III - DIRECTION ASSISTEE ELECTRIQUE ( D.A.E )
1. Description
2. Fonctionnement
3. Contrôles électriques
Présenté par :
Amdy Moustapha MBENGUE
Adama SECK
INTRODUCTION
Le système de direction automobile doit permettre au conducteur de maitriser la trajectoire
de sa voiture dans les conditions suivantes :
- Virages
- Irrégularités de la route
- Manœuvres
- Vent latéral
Pour cela la direction doit satisfaire aux conditions suivantes :
- La liaison entre le conducteur et la roue doit être mécanique : la loi l’impose
- Reproduire fidèlement la volonté du conducteur : précision de la trajectoire
- Permettre un effort minimum du conducteur
- Limiter les braquages induits.
Le système de direction automobile est principalement composé :
- D’un volant (1) : située dans l’habitacle
- D’une colonne de direction (2) : partant de l’habitacle, traversant le tablier et arrivant
dans le compartiment moteur
- D’une crémaillère (3) : située à l’avant de la voiture, dans le compartiment moteur
Le volant est relié à cette crémaillère par une colonne de direction, alors que la crémaillère
est reliée aux roues par le biais de biellettes de direction.
Qu'une direction soit assistée ou pas il y aura toujours une crémaillère de direction. Cette
dernière sert à tourner les roues.
Pour réduire l’effort que le conducteur doit fournir au volant pour tourner les roues, un
système d’assistance a été installée en parallèle du système de direction mécanique : on parle
de direction assistée. Et ceci afin que le conducteur puisse garder le contrôle de sa voiture en
cas de panne du système d’assistance de la direction.
Cette direction assistée peut être hydraulique, électro-hydraulique ou électrique et sa
commercialisation au grand public a débuté dans les années 1950.
I - DIRECTION HYDRAULIQUE A ASSISTANCE VARIABLE
C’est le premier type de direction assistée commercialisée dans des voitures de série et elle
fera le bonheur des conducteurs jusqu’au début des années 2000.
1) Description
La direction assistée hydraulique est constituée des éléments suivants :
1. Réservoir d’huile de direction assistée
2. Pompe haute pression entrainée par une courroie (qui fait tourner la poulie)
3. Valve rotative ou Valve distributrice
4. Vérin double effet intégré au boitier de la crémaillère
5. Servo-régulateur de pression
6. Refroidisseur
BP : circuit basse pression
HP : circuit haute pression
2) Fonctionnement
Lorsque le moteur thermique de la voiture est en marche, la pompe (2) entrainée par ce
même moteur via une courroie aspire l’huile de direction contenue dans le réservoir (1) et le
refoule sous haute pression vers la valve rotative (3). En fonction de la position du volant, le
distributeur alimente uniquement le côté droit ou le côté gauche du vérin double effet (4). Le
côté non alimenté communique avec le circuit basse pression de retour au réservoir :
Le volant de direction entraîne simultanément le tiroir rotatif ou rotor (8) et la barre de
torsion (9). Cette barre de torsion est liée au distributeur (5) et à son extrémité au
pignon de crémaillère (6).
(1) : Arrivée haute pression
(2) : Basse pression Retour réservoir
(3) : vers le côté gauche du vérin
(4) : vers le côté droit du vérin
Volant Droit : En ligne droite, aucun effort n’est appliqué sur le volant. La barre de
torsion maintient le distributeur et le tiroir en position neutre. Dans cette position,
l’huile provenant de la pompe pénètre par l’orifice (1), alimente le vérin côté droit et
côté gauche (soumis à une même pression). L’orifice de communication avec le retour
au réservoir (2) étant ouverte, la pression est basse dans le circuit.
(1)
Au braquage du volant : lorsque le volant est braqué d’un côté, l’effort du
conducteur sur le volant déforme la barre de torsion. Ce qui a pour effet de déplacer le
tiroir par rapport au distributeur. La HP alimente un côté du vérin tandis que l’autre
côté du vérin en communication avec le retour réservoir est en BP. Dans cette
position, le vérin double effet déplace la crémaillère pour obtenir un braquage facile
des roues : c’est la force d’assistance.
Exemple : braquage à droite (au lieu de gauche sur le schéma)
Vidéo illustrative et image réelle
Le terme « assistance variable » de la direction assistée veut qu’elle aide le conducteur
au braquage des roues à faible vitesse ou lorsque la voiture est arrêtée, mais qu’elle se
désactive à grande vitesse (grâce au régulateur de pression) ceci afin de permettre un
durcissement de la direction pour une meilleure précision de conduite.
3) Contrôles
a. Partie Mécanique
Il faut d’abord contrôler le mouvement de la direction voiture au sol : vérifier qu’on ne
rencontre aucun point dur lors du braquage de butée à butée, de la position centrale il
faut arriver en butée gauche ou droite dans un même nombre de tours de volant
Il faut ensuite contrôler les éléments suivants de la direction (voiture levé) : le jeu des
rotules, l’état des biellettes de direction, les fixations de la crémaillère sur le berceau,
s’assurer également que les soufflets ne sont pas perforés ou fissurés
Enfin contrôler les paliers de la colonne de direction, des articulations et le jeu au
volant (verticalement, horizontalement et en rotation)
b. Partie hydraulique
Il faut vérifier le niveau d’huile de direction assistée qui doit être toujours entre les
repères Max et Min. Si le niveau est trop bas, recherchons toutes traces de fuites sur
les joints d’étanchéité, sur les raccords et les canalisations, sur la pompe et le
régulateur de pression, et sur les extrémités du boitier de direction
Vérifier la tension de la courroie d’entraînement de la pompe et son état (ni usée, ni
fendue)
Contrôler l’efficacité hydraulique en mesurant la pression de la pompe :
- Premièrement, en maintenant le volant droit
- Deuxièmement, en butée de braquage du volant
Consulter la documentation technique pour connaître la procédure et les valeurs de référence.
Voici l’outillage spécial pour mesurer la pression d’assistance : composé d’un manomètre
(1), de flexibles (2,3,4), d’un robinet à 3 voies (5), de raccords (6,7) et de bouchons de
contrôle d’étanchéité de la valve (8).
Enfin contrôler l’étanchéité de la valve
II - DIRECTION ELECTRO-HYDRAULIQUE OU HYDRO-ELECTRIQUE
1) Description
Quasiment identique au système précédent, la seule différence est qu’ici la pompe haute
pression n’est plus entraînée par le moteur de la voiture via une courroie mais par un moteur
électrique géré par un calculateur. Ce qui permettra de réduire un peu la consommation de
carburant car le calculateur ne fera fonctionner la pompe électrique qu’en cas de besoin,
contrairement au système précédent ou la pompe fonctionnait en continu.
2) Fonctionnement
Le Détecteur pour assistance de direction : il est logé dans le boîtier à tiroir rotatif
(rotor) et entoure l’arbre d’entrée du mécanisme de direction. Il enregistre l’angle de
braquage et calcule la vitesse angulaire de braquage
Le Capteur d’angle de braquage ou Transmetteur d’angle de braquage ou Capteur
d’Angle Volant : situé sur la colonne de direction entre le volant et le commodo, on le
retrouve exclusivement sur les voitures ayant un Programme de Stabilité Electronique
(ESP). Il y a alors suppression du Détecteur pour assistance de direction. Comme son
nom l’indique, il transmet l’angle selon lequel le volant de direction est tourné par le
conducteur à l’appareil de commande d’assistance de direction.
Le Groupe Moteur-Pompe : il englobe l’unité hydraulique avec pompe à engrenages,
le limiteur de pression, le moteur électrique, le réservoir et l’appareil de commande
d’assistance de direction. Les signaux de vitesse angulaire de braquage, de vitesse du
véhicule et de régime-moteur sont envoyés à l’appareil de commande. Ce dernier
règle le régime du moteur électrique et de la pompe à engrenage, et donc de la
quantité refoulée ou le débit volumétrique d’huile hydraulique.
3) Contrôles électriques
Avant de commencer, il faut se référer à la documentation technique du véhicule pour
obtenir des informations spécifiques sur l’emplacement des capteurs et les procédures de test
recommandées par le constructeur de même que les valeurs :
Les détecteurs pour assistance de direction sont des capteurs actifs ou à Effet Hall : il
faut contrôler l’alimentation et la masse avec le multimètre, et le signal qui sera de
type carré avec l’oscilloscope
Le capteur d’angle de braquage se contrôle avec une valise de diagnostic : on va dans
la section Lecture de flux de données / Données en Temps Réel puis on
sélectionne Capteur angle de braquage, et là on observe les valeurs en temps
réel de l’angle lorsqu’on braque le volant à gauche, puis à droite. Les valeurs d’angle
de braquage doivent correspondre au mouvement réel du volant
Le module de commande d’assistance de direction : D’abord on contrôle
l’alimentation (contact mis) et avec une machine de diagnostic on peut effectuer le
diagnostic de ce module puis interpréter les codes défauts. Il joue également un rôle
d’autodiagnostic car il détecte les défauts de fonctionnement du capteur et les
mémorise dans une mémoire rémanente.
III – LA DIRECTION ASSISTEE ELECTRIQUE ( D.A.E )
Ce système permet d’amplifier électriquement la force exercée sur le volant par le
conducteur (couple au volant). En plus du mécanisme de direction classique, ce système est
équipé d’un moteur électrique, d’un capteur de couple volant, d’un calculateur, d’un
connecteur alimentation du moteur électrique et d’un connecteur signal du capteur de couple.
1) Description
Selon l’emplacement du moteur électrique il existe différents types de D.A.E :
D.A.E Haut de colonne :
D.A.E sur pignon :
D.A.E sur crémaillère : le moteur électrique est intégré à la crémaillère
Capteur de Couple
Le capteur de couple volant :
Le calculateur de D.A.E : il est implanté dans le compartiment moteur
Exemple sur une Citroen C3
Le moteur électrique : c’est un moteur à balais à courant continu
Le système de roue et de vis sans fin (Le Réducteur)
La roue est solidaire de la colonne de direction et la vis sans fin est reliée à l’arbre du moteur
électrique.
2) Fonctionnement
Le capteur de couple : il reprend le principe de détection d’une direction à assistance
hydraulique, grâce à une barre de torsion interposée entre le pignon et l’arbre d’entrée.
Il traduit le couple exercé par le conducteur sur le volant et dans quel sens, en un
signal électrique.
Le calculateur fait circuler un
courant sinusoïdal dans la bobine
de mesure (1). Un champ
magnétique est alors créé au
niveau des bagues de détection
(2) qui présentent une face
crénelée
Lorsque le conducteur tourne son volant,
la barre de torsion se déforme
proportionnellement à la résistance
exercée par la crémaillère sur le pignon.
Cette déformation fait varier l’entrefer
(A) entre les bagues de détection (A
augmente ou diminue suivant le sens de
rotation).
Cette variation d’entrefer se traduit par
une variation de l’inductance du
bobinage, donc de la tension à ses bornes.
Cette tension est transformée en un
courant qui constitue le signal de sortie du
capteur envoyé au calculateur.
La bobine de référence (1) et la bague de
référence (2)
Suivant le même principe que pour la
bobine de mesure, un second signal est
généré dans le capteur sans aucune
variation d’entrefer. Il permet au
calculateur de percevoir en temps réel une
variation d’inductance liée au changement
d’environnement (exemple : variation de
température ou surchauffe du moteur
électrique d’assistance).
Le calculateur de D.A.E : En plus du signal du capteur de couple et de la température
du boîtier du moteur, le calculateur utilise 2 autres informations pour générer la
commande du moteur électrique :
Le régime moteur pour savoir si le moteur thermique tourne ou non, cette
information nous est communiquée par le calculateur moteur
La vitesse du véhicule pour adapter le niveau d’assistance à la vitesse du
véhicule, cette information nous est communiquée par le calculateur ABS
ou ESP.
Le moteur électrique : selon son emplacement, il apporte une force d’assistance de
4000 à 11.000 Newtons.
La direction assistée électrique assiste les efforts de manœuvres dès la sollicitation du volant.
Le couple d’assistance est fourni par un moteur électrique qui s’additionne au couple volant
appliqué par le conducteur. Ce couple est transmis au pignon de crémaillère par un réducteur
et son signal électrique parvient au calculateur de D.A.E par l’intermédiaire du capteur de
couple. Le calculateur alimente le moteur en fonction du couple appliqué sur le volant, la
vitesse du véhicule, le régime moteur et la température du boitier du moteur.
3) Contrôles électriques
Avant de commencer, référez-vous à la documentation technique du véhicule pour obtenir
des informations spécifiques sur l’emplacement des capteurs et les procédures de test
recommandées par le constructeur de même que les valeurs :
Le capteur de couple volant : A l’aide d’un multimètre on peut mesurer la résistance
aux bornes du capteur. De même avec une machine de diagnostic on peut tourner
lentement le volant de butée en butée et lire les données en temps réel du couple, ils
doivent correspondre aux données d’entrée.
Lorsqu’un défaut est détecté, l’assistance de direction est désactivée. Cette
désactivation n’a pas lieu brutalement, mais « en douceur ». Le témoin (rouge)
s’allume pour signaler le défaut.
Le moteur électrique : A l’aide d’un multimètre on peut contrôler la résistance de la
bobine du rotor à l’intérieur du moteur, l’alimentation, la masse ou les liaisons filaires.
En cas de défaillance du moteur et donc de la servo-assistance, la direction peut
toujours être actionnée, à condition d’exercer une force légèrement plus élevée. Le
moteur n’est pas bloqué, même en cas de court-circuit. Le témoin (rouge) s’allume
pour signaler le défaut.
Le calculateur de D.A.E : On contrôle l’alimentation du calculateur par la batterie puis
à l’aide d’une machine de diagnostic on lit les codes défauts.
Le système de D.A.E offre une direction assistée électrique variable avec la vitesse. Cette
direction apporte de nombreux avantages :
Un fort agrément de conduite aussi bien en ville que sur route ;
Une réduction non négligeable de la consommation ;
La suppression des fuites hydrauliques liées à la pompe d’assistance et aux
canalisations.