0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
33 vues5 pages

Introduction Générale OK

Le droit fiscal englobe l'ensemble des règles relatives aux impôts, avec une complexité due à la diversité et à l'instabilité des règles. Il remplit trois fonctions principales : le financement des charges publiques, une fonction sociale de redistribution des richesses, et une fonction économique d'incitation à certains comportements. L'étude de l'impôt permet de comprendre le lien entre le contribuable et l'État, ainsi que les implications fiscales des politiques publiques.

Transféré par

lenetflavy
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats ODT, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
33 vues5 pages

Introduction Générale OK

Le droit fiscal englobe l'ensemble des règles relatives aux impôts, avec une complexité due à la diversité et à l'instabilité des règles. Il remplit trois fonctions principales : le financement des charges publiques, une fonction sociale de redistribution des richesses, et une fonction économique d'incitation à certains comportements. L'étude de l'impôt permet de comprendre le lien entre le contribuable et l'État, ainsi que les implications fiscales des politiques publiques.

Transféré par

lenetflavy
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats ODT, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Introduction générale

Examen : 1H30 = un QMC + cas pratique ou question de cours. (un autre exercice
juridique quoi)
Le droit fiscal comporte un certain nombre d’éléments chiffrés. Il n’en demeure pas
moins que c’est une matière se fixant sur des règles demeurant relativement
simples.
Corpus de texte codifié dans le Code général des impôts, et le livre des règles des
procédures fiscales.
Le droit fiscal est encadré par quelques règles constitutionnelles simples,
notamment à l’article 34 de la Constitution ainsi que dans la Déclaration des droits de
l’homme et du citoyen.
1§ : Définition du droit fiscal
On peut retenir dans une première approche que l’expression « droit fiscal » désigne
l’ensemble des règles de droit qui sont relatives aux impôts.
Le droit fiscal est extrêmement divers. En la matière, l’imagination du législateur
est sans limite. L’extrême diversité comme la formidable technicité des règles
fiscales ne facilitent pas l’étude de cette matière.
En l’espèce, la difficulté réside principalement dans le peu de cohérence qui lie
les règles du droit fiscal. Et à l’absence de grandes notions auxquelles rattachées
l’ensemble des mécanismes qui font la matière.
En matière fiscale, il y a à la fois le Conseil d’Etat et la Cour de cassation qui sont
susceptibles de rendre des décisions en dernier ressort. Une même situation
juridique peut alors être analysé différemment.
Comment s’opère la répartition du contentieux entre les deux ordres de juridiction ?
La Cour de cassation est principalement compétente en matière de droit
d’enregistrement et d’impôt sur la fortune alors que le Conseil d’Etat est bien
souvent compétent en matière d’impôt direct.
En matière de droit fiscale, les règles d’impositions qui fondent et qui déterminent les
principes applicables en France sont à la fois du fait de l’histoire mais aussi de
contraintes politiques chaotiques.
Ce qui rend également complexe cette matière est la variété de ces règles.
Adoption du projet de loi de finances chaque année. En moyenne, 20% du Code
général des impôts est modifié chaque année.
2§ : L’intérêt d’étudier cette matière
L’étude du droit fiscal est peut être l’un des moyens les plus simples pour
comprendre ce qu’est le droit. En effet, en payant son impôt, le contribuable prend
sa part aux contributions publiques et réalise ce qui est juste.
Le droit fiscal est également particulièrement juste : chaque contribuable va être
imposé en fonction de ses capacités contributives qui seront appréciées au
regard de son revenu, des bénéfices qu’il réalise, de son patrimoine, de ses actes de
consommation.

1
L’étude de l’impôt est donc probablement l’un des moyen le plus sûr et les plus
efficace pour comprendre le lien entre le contribuable et l’Etat.
Bodin, Les six Livres de la République, Livre 6, chapitre 11 : « Les finances sont les
nerfs de la République. » Cette prise de conscience en 1576 de l’importance de
l’impôt n’est pas nouvelle puisque Tacite (2ème siècle après JC) écrivait que pour
alimenter les finances de l’Etat il faut quelle que soit l’appellation qu’on leur
donne une contribution des citoyens. Il a notamment écrit que « sans armée pas
de recours pour les nations, et sans tribu pas d’armée ». Finalement ces deux
définitions appellent à nous interroger sur les fonctions de l’impôt.
3§ : Les fonctions de l’impôt
En la matière on peut constater qu’il existe trois fonctions de l’impôt. Il existe une
fonction traditionnelle qui est le financement des charges publiques. Ainsi que
deux conceptions plus modernes avec une fonction sociale et économique.
A : La fonction traditionnelle de l’impôt : le financement des charges publiques
La fonction financière de l’impôt est la plus ancienne. Historiquement la raison
principale de l’impôt est de financer l’Etat et donc les charges publiques. Certes
l’Etat peut se financer par d’autres moyens que l’impôt. Toutefois, sauf exceptions et
de tout temps, tout Etat a levé un impôt auprès de ses citoyens pour financer
les charges publiques.
Au 21ème, les Etats du Golfe Persique constituent les seules exceptions à ce constat.
Les revenus tirés de l’exploitation du pétrole suffisent à financer les charges
publiques.
Aujourd’hui les Etats sont libres de ne pas avoir recours à l’impôt mais d’avoir
recours à l’emprunt. Mais le ratio bénéfique/risque suffit à privilégier l’impôt.
(puisqu’il ne coute rien à l’Etat)
Ainsi l’impôt permet aujourd’hui de couvrir les dépenses des services publics
gratuits. (défense nationale, la justice, la police, l’enseignement, l’administration
générale) La gratuité du service public n’est qu’une vue d’esprit. Puisque le
financement de ces derniers s’effectue par l’impôt et donc par le citoyen. Aucun
service ne pouvant fonctionner gratuitement. (financement des fonctionnaires…)
La fonction financière de l’impôt apparait d’ailleurs explicitement dans la DHHC
à l’article 13 : « Pour l'entretien de la force publique, et pour les dépenses
d'administration, une contribution commune est indispensable : elle doit être
également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés. »
Pour permettre le financement des charges publiques, l’impôt est perçu au profit
de l’Etat, des collectivités territoriales et des EPA.
L’impôt peut également être prélevé au profit d’un EPIC. (par exemple : impôt
prélevé pour la SNCF) Ou au profit de certaines personnes privées chargées
d’une mission de service public. Cette possibilité a été confirmé par le Conseil
constitutionnel dans une décision du 29 décembre 1999 : n°99-405 DC.
B : La fonction sociale de l’impôt : conception moderne
La conception de l’Etat qui existait en 1789 n’est plus celle qui prévaut aujourd’hui et
depuis 1946. En effet, la conception de l’impôt qui prévalait en 1789 ne permet
2
plus de recouvrir toutes ses différentes fonctions. L’impôt a également de nos
jours une fonction sociale. En effet, il peut être employé au niveau national pour
des aides diverses, réduire les injustices sociales temporairement, ou plus
généralement pour assurer à tous les citoyens un minimum de ressources.
L’impôt est donc aujourd’hui un mécanisme de redistribution des richesses. L’impôt
est un instrument de justice sociale. Il est sans doute une conception moderne de
la justice fiscale. Nous ne sommes pas égaux devant les impôts, mais égaux PAR
l’impôt. Aujourd’hui, le législateur recherche l’égalité par l’impôt en faisant de celui-ci
un instrument de répartition des revenus et des richesses.
L’impôt peut également être utilisé au niveau international pour aider les pays les
plus pauvres ou pour financer certains programmes. (exemple : taxe sur les billets
d’avion)
L’impôt peut être utilisé pour lutter contre certains comportements considérés
comme nuisibles. (tabagisme, alcoolisme, pollution, violence, pornographie) Sur
des comportements considérés comme vertueux, la fiscalité fera en sorte de les
inciter. (dons fiscalisés, bonus écologique pour l’achat d’un véhicule électrique, la
natalité) On parle alors de « fiscalité comportementale ».
Finalement par ce type de dispositions fiscales, il ne s’agit pas de remplir les caisses
publiques, mais d’orienter le comportement du contribuable en le détournant de
certaines pratiques jugées nocives et qui peuvent avoir un cout avéré pour la
République (tabac – cancer du poumon).
C : La fonction économique de l’impôt
Sur le plan économique, l’impôt est utilisé à diverses fins.
Tout d’abord, il va être un outil de lutte contre l’inflation. Outil d’incitation en
faveur de l’emploi, de la consommation ou encore de l’investissement.
En écrivant les textes fiscaux, le législateur va essayer de favoriser tel ou tel
comportement des agents économiques.
Au 19ème siècle, pour protéger le marché français contre les importations
étrangères, on a instauré un droit de douane.
4§ : Réflexion générale
La fonction sociale et la fonction économique de l’impôt peuvent être remplies,
certes par la perception de l’impôt (taxation) mais également par le renoncement
volontaire de l’Etat par le biais d’une disposition fiscale à une partie de ces recettes
fiscales. Dans les années 2000, le législateur a souhaité favoriser l’installation de
commerce dans des zones en difficulté. Il a créé des ZRR, dans lesquelles les
contribuables qui s’installent pour excéder une activité commerciale sont
exonérés d’impôt sur leurs bénéfices pendant 10 ans.
Séparer les trois fonctions de l’impôt est un processus artificiel. Tout type d’impôt
réuni à la fois ces trois fonctions.
L’article 13 de la DDHC précédemment cité, permet de rendre compte d’un constat :
l’Etat ne peut fonctionner sans impôt.
L’article 14 de la DDHC précise également que tous les citoyens ont le droit de
constater par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la
3
contribution publique, de la consentir librement, et d’en déterminer la quantité,
l’assiette, le recouvrement et la durée.
Les dispositions des articles 13 et 14 de la DDHC expliquent le caractère particulier
de l’autorisation qui est donné chaque année par le législateur à
l’administration fiscale de lever l’impôt. (art. 1 de la Loi de finances)
L’article 1er de la loi de finances de 2024 précise que : « I. - La perception des
ressources de l'Etat et des impositions de toutes natures affectées à des personnes
morales autres que l'Etat est autorisée pendant l'année 2024 conformément aux lois
et règlements et aux dispositions de la présente loi.
II. - Sous réserve de dispositions contraires, la présente loi s'applique :
1° A l'impôt sur le revenu dû au titre de l'année 2023 et des années suivantes ;
2° A l'impôt sur les sociétés dû au titre des exercices clos à compter du 31 décembre
2023 ;
3° A compter du 1er janvier 2024 pour les autres dispositions fiscales. »
Cette autorisation emporte l’obligation pour l’administration fiscale de lever l’impôt.
L’administration fiscale ne dispose d’aucun pouvoir lui permettant de renoncer à
prélever un impôt qui est légalement du.
Il convient de rappeler que l’impôt est la principale source de financement de
l’Etat. Les recettes fiscales nettes encaissées en 2024 par l’Etat s’élève à 349
milliards d’euros. Les recettes non fiscales de l’Etat représentent simplement 23
milliards.
L’autorisation de lever l’impôt n’est pas limité dans son montant. Les montants
figurant dans la loi de finances initiale ne sont qu’une évaluation.
L’administration fiscale doit percevoir l’intégralité de l’impôt dû, même si les recettes
fiscales sont supérieures aux prévisions. Ainsi, tous les contribuables doivent
acquitter leurs impôts jusqu’au bout en fonction de leurs capacités. (une
régularisation sera ensuite effectuée) A l’inverse, si l’impôt rapporte moins que
prévu, on ira pas chercher le référentiel auprès du contribuable. Cette règle permet
d’expliquer pourquoi l’Etat lutte de manière ferme contre les contribuables qui
tendent à se soustraire à leurs contributions sociales.
Le citoyen a souvent l’impression que l’Etat lui prélève de l’argent sans contrepartie.
Alors même que la société dans laquelle nous vivons est le fruit de l’emprunt et
de l’impôt. Finalement payer l’impôt permet de réaliser ce qui est juste pour
participer pleinement au financement de l’Etat et de ses autres entités à hauteur de
ses capacités. Enfin, étudier l’impôt permet le plus souvent de comprendre le
lien entre fiscalité, et politique publique. Toutes les politiques publiques qui sont
mises en œuvre tant par le gouvernement ou les autorités exécutives locales
passent nécessairement par des mesures fiscales.
La législation fiscale se caractérise par son instabilité, le Code général des impôts
est en chantier permanent, difficilement lisible. Le droit fiscal manque de clarté et
est parfois inutilement complexe.
Cependant la maitrise des principes fondamentaux du droit fiscal sont eux stables.
5§ : Quelques conseils
4
 Toujours se rattacher aux grands principes, notions et classifications.
 Toujours appliquer ces principes pour chaque catégorie d’impôt.
 Etudier les rapports entre l’administration fiscale et les contribuables.
L’administration fiscale dispose de droits et des prérogatives de puissance
publique, les contribuables disposent de règles et de garanties qui protègent
leurs droits.
Nous nous consacrerons à l’étude des grands principes qui réglementent le droit
fiscal (Titre 1). Ainsi que les grands principes applicables à la procédure fiscale.
(Titre 2)

Vous aimerez peut-être aussi