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Gestion des services publics à Fès

La préfecture de Fès, comprenant la ville de Fès et plusieurs communes rurales, est régie par un cadre légal qui détermine la gestion des services publics locaux. Les communes ont la liberté de choisir leur mode de gestion, tout en respectant certaines missions définies par la loi. La contractualisation des marchés publics est essentielle pour le fonctionnement des services communaux, nécessitant une compréhension des règles et procédures spécifiques qui les régissent.

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Gestion des services publics à Fès

La préfecture de Fès, comprenant la ville de Fès et plusieurs communes rurales, est régie par un cadre légal qui détermine la gestion des services publics locaux. Les communes ont la liberté de choisir leur mode de gestion, tout en respectant certaines missions définies par la loi. La contractualisation des marchés publics est essentielle pour le fonctionnement des services communaux, nécessitant une compréhension des règles et procédures spécifiques qui les régissent.

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Introduction

La préfecture de Fès a une superficie de 312 km24. Elle comporte trois villes : la ville de Fès,
composée des communes urbaines – ou municipalités – de Fès et de Méchouar El Jdid, et les
centres urbains des communes rurales de Sidi Harazem (Skhinate) et d'Oulad Tayeb (aussi
nommé Ouled Tayeb)3.

D'après le dernier découpage communal de 2008, la préfecture de Fès est composée de


cinq communes, dont les deux communes urbaines – ou municipalités – de Fès et de Méchouar
Fès Jdid1 (où siège un palais royal), qui forment la ville de Fès. Les trois autres sont des communes
rurales, ainsi réparties par caïdat au sein du cercle de Fès-Banlieue :

 caïdat d'Oulad Tayeb : Oulad Tayeb ;


 caïdat de Sidi Harazem : Sidi Harazem et Aïn Bida1.

La commune urbaine de Fès est divisée en six arrondissements : Agdal, Saiss, Fès-Médina, Jnan El
Ouard, El Mariniyine et Zouagha3.
Partie I : La gestion du service public local

Chapitre 1 : Les attributions de la commune en matière de gestion des services


publics locaux

Sur la base des compétences propres qui leur sont dévolues, les communes sont
appelées à créer les services et les équipements publics locaux dans divers domaines liés aux
aspects économique , social , culturel et sportif à même de contribuer à l’amélioration des
conditions de vie des citoyens et au développement des services de proximité. Aussi, le Plan
National de Renforcement de la Décentralisation « Commune à l’horizon 2015 » vise t-il le
professionnalisme dans la gestion et l’amélioration de la qualité ainsi que la réalisation et la
réglementation de ces services. A partir de cette vision, les actions de formation proposées visent
le renforcement des capacités de gestion des cadres exerçant dans les différents services
communaux.

Sous-section1- Les modes de gestion du service public local

Pour gérer leurs services publics, les collectivités territoriales et leurs groupements
disposent de différentes solutions. Et en plus elles ont le choix. En effet, elles disposent de la
liberté du mode de gestion pour exploiter les services publics locaux. Celle-ci découle du principe
de libre administration des collectivités locales.

La loi a toutefois défini des missions que les collectivités doivent gérer directement. Parmi ces
missions :

 les missions de service public assurées par les collectivités au nom et pour le compte de
l’État, comme l’état civil, les élections, les obligations militaires.
 les missions de service public qui relèvent de l’exécution même du pouvoir régalien des
collectivités locales, comme les pouvoirs de police, de sécurité et d’hygiène.
 l’exercice du pouvoir de réglementation ou d’organisation interne des collectivités.

Pour le reste, la collectivité a donc le choix, pour la gestion de ces services publics, entre :

 la gestion directe
 la gestion par un organisme mixte
 la gestion déléguée

Chapitre I : Gestion communale des marchés publics


et service public communal : Rapports théoriques
Dans l'exercice de sa compétence formelle, la commune de Fès est habilitée à recourir à la
contractualisation des commandes publiques, celle-ci est régie par un texte réglementaire, c'est le
décret n° 2-06-388 du 5 février 2007 précité, il réglemente tous les marchés de l'Etat dans son
large, et par d'autres textes législatifs et réglementaires qui consacrent des dispositions
spécifiques aux marchés publics communaux et aux autres collectivités locales du royaume.

Comprendre quelque chose à un marché public, et quelle qu'elle soit l'approche, c'est saisir
d'abord la complexité de son dispositif. Subséquemment, la définition d'un cadre d'analyse adapté
à l'objet du présent travail de recherche implique d'interroger le système de la
contractualisation des marchés publics dans son aspect normatif. Il est d'abord nécessaire
d'approcher, de manière globale, le marché public en tant qu'acte juridique conclut selon des
normes processuelles et procédurales qui lui sont propres (les règles et conditions relatives à sa
conclusion, principes de base, cycle de passation,...), engageant une personne publique, et plus
précisément une collectivité décentralisée (acteurs, attributions des intervenants, les pouvoirs des
représentants de la nation, les pouvoirs des autres intervenants...). Cette démarche permettra
donc d'avoir une vision d'ensemble sur l'environnement juridique de la passation des marchés
publics communaux, ce qui amènera, par la suite, à analyser les conséquences de la règle de droit
sur l'exercice de la compétence majeure, voire la raison d'être de la collectivité décentralisée, à
savoir, l'organisation et le fonctionnement harmonieux des services publics communaux.

Afin d'établir ce rapport, cette première partie traitera la problématique de la gestion communale
des marchés publics de la ville de Fès dans son aspect théorique à deux niveaux :

 Le premier surplombe le système de passation des marchés publics dans le processus de


leur contractualisation. Il répondra principalement aux questions suivantes : Que sont les
marchés publics ? Quelle en est la procédure ? Quels en sont les acteurs? Quelles
spécificités présente le processus de leur contractualisation par la collectivité
décentralisée? Etc. Ce niveau ne saurait être exhaustif, mais les grandes lignes de l'arsenal
législateur et réglementaire des marchés publics communaux seront exposées (Chapitre
premier).
 C'est à partir de ce niveau, fondement du cadre de l'analyse juridique que seront repérées
les caractéristiques de la décision du marché public communal, ce qui permettra
d'esquisser le rapport de la législation et de la réglementation en vigueur avec la qualité
de la commande publique, et par conséquent celle du service public communal. Ce
deuxième niveau s'attachera donc à localiser des repères pour spécifier, si d'un point de
vue théorique, les communes du royaume sont habilitées à conclure de bons achats publics
garantissant un fonctionnement harmonieux du service public communal, ou bien l'arsenal
normatif s'y afférant contient des lacunes passibles d'engendrer la contractualisation « de
mauvais achats » (Chapitre deuxième).

Section 1 : Le régime de la gestion communale des


marchés publics
Les marchés publics coûtent cher à l'Etat, leur importance dépasse le financier et
l'administratif pour toucher le politique, le social, le culturel et donc le sociétal. La procédure de
leur passation se doit par conséquent efficace, efficiente pour que leur contractualisation être utile
et profitable.

À cette fin, tout un arsenal juridique est consacré aux marchés publics. Il s'agit des règles
procédurales qui s'appliquent à tous les marchés lancés par toutes les personnes publiques
acheteuses, elles ressortent essentiellement du décret n° 2-06-388 fixant les conditions et les
formes de passation des marchés de l'Etat ainsi que certaines règles relatives à leur gestion et à
leur contrôle 5 février 2007 précité.

A ces règles s'ajoutent d'autres normes relatives au contrôle qui s'effectue sur l'acte du
marché public, un contrôle qui s'exerce à priori et à postériori, c'est-à-dire avant et après que
l'acte ait la force exécutoire de la décision administrative. C'est sur cette question que les marchés
conclus par les communes et les autres collectivités locales du royaume se distinguent des autres
marchés publics nationaux. Ces règles seront respectivement examinées dans la première section
du présent chapitre.

Dans une section deuxième, il serait question de s'interroger sur les principes fondateurs
de la commande publique qui permettront de mieux cerner la finalité de toutes les étapes
procédurales par lesquelles passe un marché public.

Sous-section I : Les grands traits du dispositif législatif et réglementaire de


la contractualisation des marchés communaux

On entend par marché public, « un contrat particulier par lequel une personne physique
ou morale s'engage envers une personne publique (Etat, commune, établissement public...) à
réaliser pour le compte et sous la surveillance de celle-ci un ouvrage public ou à lui fournir des
objets ou un service utile au fonctionnement du service public moyennant un prix déterminé sur
les bases prévues au contrat1... ».

Que la personne publique acheteuse soit une commune, une préfecture, une province,
une région, un ministère, un établissement public...ou autre, le contrat de marché public est
conclu dans les mêmes conditions et obéit aux mêmes normes de sa passation. (Sous-section
première).

Par ailleurs, ce sont les pouvoirs et les attributions des acteurs et des intervenants dans la
gestion des commandes publiques communales comme celles des autres collectivités locales du
royaume, que différencie leur contractualisation par rapport aux autres personnes publiques
acheteuses (Sous-section deuxième).

Sous-section 2 : Le contrat de marché public

1
A. Boutaqbout, marchés publics, guide pratique du gestionnaire, Remald n°18, année 2000, p 13.cité in.
Un marché public est d'abord un contrat, une convention, elle « n'est parfaite que par
l'accord des parties sur les éléments essentiels de l'obligation ... »2, c'est un engagement qui crée
des obligations et des droits à l'encontre des contractants, c'est un contrat à titre onéreux (il a un
prix), nommé, régit par un droit écrit (le décret sur les marchés publics), et synallagmatique
puisque les deux parties au contrat s'obligent réciproquement les uns envers les autres.

C'est aussi un contrat commutatif, chacune des parties s'engage à donner ou à faire
quelque chose qui est regardée comme l'équivalent de ce qu'on lui donne ou de ce que l'on fait
pour elle. Le contrat de marché public est un contrat administratif, parce que « dès lors qu'une
personne publique, ou une personne privée mandataire de cette dernière, se trouve partie au
contrat, celui-ci sera administratif si telle est la volonté expresse de l'administration, ou si sa
nature découle de l'objet du contrat ou des clauses qu'il comporte »3.

A. Les parties au contrat :

Le contrat de marché public engage une personne publique acheteuse et une personne
physique ou morale, qui peut être une personne privée ou publique.

1. L'acheteur public : la commune :

Reconnues constitutionnellement comme des personnes morales de droit public4, les


communes peuvent conclure des contrats de marchés publics pour leur compte, elles ont une
autonomie financière qui leur procure le pouvoir d'agir en leur propre nom et de financer leurs
opérations par leur propre budget. Les communes peuvent effectuer des opérations financières,
passer d'autres contrats à titre onéreux comme l'acquisition d'immeubles ou encore le droit de
recourir à l'emprunt auprès du fond d'équipement communal (FEC) 5 Pour qu'une personne morale
soit reconnue comme telle par le droit public comme par le droit privé, elle doit avoir un
patrimoine propre et un budget propre.

Cependant une personne publique qui dispose de l'autonomie financière sans pour autant être
reconnue par la loi comme une personne morale n'a pas le droit de conclure des marchés pour son

2
Article 19, code des obligations et des contrats. Remald n°112, 1ère éd, collection textes et documents 2004, p.19.
3
M. Rousset et J. Garagnon, droit administratif marocain, op-cite p. 416.
4
La personnalité morale de droit public est acquise par l'autorité publique, elle ne peut être créée que par la loi, ce qui
la différencie de la personnalité morale de droit privé, qui peut être créée volontairement par des particuliers, c'est le
cas des sociétés commerciales, associations sportives ou encore des centres de bienfaisances...
5
Article 85 de la charte communale tel qu'il a été modifié et complété par la loi n° 01-03 promulguée par le dahir n° 1-
03-82 du 20 moharrem 1424 (24 mars 2003).
compte, c'est le cas des arrondissements6, qui sont « dépourvus de la personnalité juridique mais
jouissant d'une autonomie administrative7 et financière8... »9.

Toutefois l'autonomie financière des collectivités locales au Maroc est fragilisée par une tutelle
pesante et assez contraignante sur la gestion des finances locales, le budget des collectivités
locales doit être approuvé par le ministre de l'intérieur10, les engagements financiers des
collectivités locales résultant soit d'acquisition, travaux ou quelconque dépense d'investissement
payables à terme avec ou sans intérêt... doivent obligatoirement être soumis à l'autorité de tutelle
pour approbation par arrêté conjoint du ministre de l'intérieur et du ministre des finances 11.
Même les modalités des emprunts, elles doivent préalablement à leur inscription dans le budget,
être approuvées par un arrêté conjoint du ministre des finances et du ministre de l'intérieur 12.

2. Le cocontractant de commune :

Le cocontractant de la commune est un fournisseur dans les marchés de fournitures, un


entrepreneur dans les marchés de travaux, et un prestataire de services dans les marchés de
services.

Dans les trois cas, celui qui participe à un appel d'offres ou à un concours dans sa phase
antérieure à la remise des offres ou des propositions, ou à une procédure négociée avant
l'attribution du marché est appelé « candidat » ou « concurrent », il portera le nom de
« soumissionnaire » quand il proposera une offre. Si son offre est retenue avant la notification de
l'approbation du marché il sera appelé « attributaire », et enfin il sera nommé « titulaire » après la
notification de l'approbation du marché13.
6
Les arrondissements sont des circonscriptions administratives créées dans les communes urbaines de plus de
500.000 habitants).
7
En vertu de l'article 104 de la charte communales « Le président du conseil d'arrondissement est l'autorité exécutive
de l'arrondissement... ». Il exécute les délibérations du conseil et en assure le contrôle, « ... les mesures individuelles
de police administrative dans les domaines de l'hygiène, de la salubrité... ».
8
Selon les stipulations de l'article 101 de la charte communale de 2002 « Le conseil d'arrondissement « ... » et sous la
responsabilité et le contrôle du conseil communal examine et vote le compte de dépenses sur dotations et le compte
administratif « ... » décide de l'affectation des crédits qui lui sont attribués par le conseil communal dans le cadre de la
dotation globale de fonctionnement... » La dotation globale est une dépense obligatoire pour la commune destinée
aux arrondissements pour couvrir l'ensemble des recettes de leur fonctionnement. « Le président de l'arrondissement
est l'ordonnateur du compte de dépenses sur dotations. Il engage et ordonnance les dépenses inscrites au compte de
dépenses sur dotations « ... », selon les règles applicables aux dépenses ordonnancées par le président du conseil
communal... » (Article 119).
9
Article 85 de la charte communale tel qu'il a été modifié et complété par la loi n° 01-03 promulguée par le dahir n° 1-
03-82 du 20 moharrem 1424 (24 mars 2003).
10
Article 13 du Dahir du 30 septembre 1976 relatif à l'organisation des finances des collectivités locales précité tel qu'il
a été modifié par l'article 67 du dahir du 2 Avril 1997 portant organisation de la région précité : « Le budget des
régions, préfectures, provinces, communes urbaines et groupements est approuvé par le ministre de l'intérieur après
visa du ministre des finances ; en cas de refus de visa du ministre des finances, le budget est soumis à l'approbation du
Premier ministre. Le budget des communes rurales est approuvé par le gouverneur intéressé, après visa du receveur
des finances agissant sur délégation du ministre des finances. Si le visa est refusé par le receveur des finances, le
budget est soumis à l'approbation du ministre de l'intérieur après visa du ministre des finances. En cas de refus de visa
par le ministre des finances le budget est soumis à l'approbation du Premier ministre.
11
Article 21 du Dahir du 30 septembre 1976 relatif à l'organisation des finances des collectivités locales précité
12
Article 17 (III) du Dahir du 30 septembre 1976 relatif à l'organisation des finances des collectivités locales précité.
13
Ces appellations sont consacrées dans l'article troisième du décret n° 2-06-388 du 5 février 2007 régissant les
marchés de l'Etat précité.
Pour participer à un appel d'offres, le candidat doit remplir les conditions fixées par l'article
22 du décret régissant les marchés publics: La justification des capacités juridiques, techniques et
financières requises, être en situation fiscale régulière et être affilié à la caisse nationale de
sécurité sociale. La personne physique ou morale ne doit pas être en liquidation ou en
redressement judiciaires « sauf autorisation spéciale délivrée par l'autorité judiciaire
compétente » (article 22).

En cas d'inexactitude de la déclaration sur l'honneur (Article 24), ou lorsque des « ...actes
frauduleux, des infractions réitérées aux conditions de travail ou des manquements graves aux
engagements pris ont été relevés à la charge du titulaire » (Article 85), l'autorité communale peut,
après avis de la commission des marchés, l'exclure temporairement ou définitivement de la
participation aux marchés de la commune.

B. Les conditions de forme et de fond de la passation des marchés publics :

Un contrat de marché public est soumis à un ensemble de conditions de fond et de forme


sans lesquelles le contrat ne peut être valide.

1. Les conditions de forme :

Le contrat de marché public doit comporter des précisions déterminant les droits et les
obligations des parties, selon les dispositions de l'article 15 (alinéa 3 B) du décret régissant les
marchés de l'Etat, tout contrat de marché public doit contenir les mentions suivantes :

a- Les mentions obligatoires :

Des mentions obligatoires doivent exister dans tout contrat de marché public, et ce, à
peine de nullité, il s'agit de :

L'indication des parties contractantes, les noms et qualités des signataires agissant au
nom du maître d'ouvrage et du cocontractant : Le marché doit comporter l'identité de la
personne physique, la dénomination ou la raison sociale et la forme de la personne morale
titulaire du marché, la qualité du signataire au nom de l'administration. L'intérêt d'une telle
mention est d'identifier les parties liées par les clauses du contrat et de s'assurer si le signataire
engageant les deniers publics est habilité à cet effet, c'est-à-dire autorisé par un texte.

L'objet du marché avec indication des lieux de l'exécution des prestations (Préfectures ou
provinces). L'objet du marché est la raison d'être de l'engagement, toute omission ou négligence
de cette mention entraine la nullité de l'acte pour irrégularité du marché engagé, « l'importance
de l'objet du marché justifie sa place comme cause essentielle des rejets formulés par le CED 14. Elle
est à titre d'exemple, à l'origine de 6 % des rejets formulés par le contrôle général pour les
marchés du ministère de la santé publique »15

14
Contrôle des engagements de dépenses.
15
Sadki et Jaafari : « les rejets de propositions d'engagement », cas des marchés du ministère de la santé. Mémoire
C.N. ENAP 1987p.52 .cité in A. Boutaqbout, à propos de l'intervention du contrôle des engagements de dépenses dans
la gestion des marchés de l'Etat, REMALD n° double 7-8, Avril Septembre 1994. p.79
Le prix, sous réserve des dispositions concernant les marchés à prix provisoires ou les
modalités de détermination du prix pour les prestations rémunérées sur la base de dépenses
contrôlées ; » Tout contrat de marché doit indiquer clairement le prix de la prestation ou les
modalités de la détermination de ce prix.

b- Les mentions facultatives :

Il s'agit des indications essentielles pour la régularité du contrat, leur négligence


n'entraine pas la nullité du contrat, mais le contrôleur peut refuser le visa ou bien exiger un
complément, il s'agit essentiellement des mentions suivantes énumérées par l'article 15 précité :

• Le mode de passation du marché notamment par un appel d'offres, un concours, ou suivant la


procédure négociée.
• La référence expresse des paragraphes et articles du décret en vertu duquel le marché est conclu.
• L'énumération les pièces incorporées au contrat par ordre de priorité, le délai d'exécution ou la
date d'achèvement du marché.
• Les conditions de réception et de livraison des prestations.
• Les conditions de règlement et les clauses de nantissement.
• Les conditions de résiliation, et l'approbation du marché.

2. Les conditions de fond :

Le contrat de marché public comporte des documents annexés que sont les cahiers de
charges. Ils en constituent une partie intégrante, leur objet est de préciser les conditions de sa
passation et de son exécution. Ils ont aussi comme objet de fixer les dispositions administratives
applicables à tous les marchés de travaux, de fournitures ou de services.

Aux termes de l'article 15 du décret régissant les marchés de l'Etat : « Les marchés sont
des contrats écrits dont les cahiers des charges précisent les conditions dans lesquelles les
marchés sont exécutés. Les cahiers des charges comprennent les cahiers des clauses
administratives générales (CCAG), les cahiers des prescriptions communes (CPC) et les cahiers
des prescriptions spéciales (CPS) ».

c- Le cahier des clauses administratives générales (CCAG) :

Fixé par décret, c'est le cahier des charges qui dicte les règles juridiques à respecter pour
tous les marchés d'un même type, sauf dérogation légalement prévue, le CCAG est
obligatoirement applicable à tous les marchés de l'Etat, il fixe les dispositions administratives
d'exécution et de la conclusion des marchés.

Actuellement, il existe deux CCAG :

Le cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés de travaux


CCAG-T, approuvé par le décret n°2-99-1087 du 29 moharrem 1421 (4 mai 2000) 16.Dans son article
premier, le CCAG-T soumet à ses dispositions aussi bien les marchés de travaux que les marchés de
fournitures liés à l'exécution de travaux.

16
B.O n°4800 du 1er juin2000. (P.418 à 437).
Le deuxième est le cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés
d'études et de maîtrise d'œuvre, c'est le CCAG-EMO, approuvé par le décret n° 2-01-2332 du 22
rabiî I 1423 (4 juin 2002)17.

1- Le cahier des prescriptions communes (CPC) :

Ces cahiers des charges ont pour rôle de compléter le CCAG, ils fixent « ... les dispositions
techniques applicables à tous les marchés portant sur une même nature de travaux, de
fournitures ou de services ou à tous les marchés passés par un même département ministériel
ou par un même service spécialisé... » (Article 15 sus cité).

2- Les cahiers des prescriptions spéciales (CPS) :

Chaque marché public a son propre cahier de prescriptions spéciales, il contient les clauses
spéciales et les conditions particulières à chaque contrat de marché public, c'est le document de
base de l'engagement. Par ailleurs, il complète les cahiers des charges comprennent les cahiers
des clauses administratives générales et les cahiers des prescriptions communes. Les CPS sont
approuvés par l'autorité compétente ; les ordonnateurs ou leurs délégués.

C. L'objet des contrats des marchés publics :

Etant une convention, la conclusion d'un marché public oblige les deux personnes contractantes
(l'acheteur public et l'entrepreneur, le fournisseur ou le prestataire de services) à bien définir le
contenu des prestations objet du marché, c'est l'élément fondamental de l'engagement.

Le paragraphe 12 de l'article 3 ème du décret régissant les marchés publics fixe une définition
pour chaque objet de marchés, à savoir : l'exécution de travaux, la livraison de fournitures et la
réalisation de prestations de services.

1. Les marchés de travaux :

Le décret sur les marchés publics définit le marché de travaux comme étant « tout contrat ayant
pour objet l'exécution de travaux liés à la construction, à la reconstruction, à la démolition, à la
réparation ou à la rénovation d'un bâtiment, d'un ouvrage ou d'une structure... ».

Selon l'article deuxième du décret n° 2-99-1087 du 4 mai 2000 approuvant le cahier des clauses
administratives générales applicables aux marchés de travaux exécutés pour le compte de l'Etat
précité, ces marchés enclavent « tout contrat à titre onéreux conclu entre, d'une part, un maître
d'ouvrage et, d'autre part, un entrepreneur personne physique ou morale et ayant pour objet la
construction d'ouvrages, d'infrastructure ou de biens immobiliers dans lesquels la livraison de
fournitures n'est qu'accessoire, l'évaluation de ces dernières étant comprise dans le coût des
travaux ».

Une délimitation mérite d'être faites par rapport aux deux notions d'ouvrages publics et de
travaux publics, il s'agit de deux notions proches, elles se confondent largement mais ne
concordent pas toujours parfaitement :
17 97
B.O n°5010 du 06 juin 2002. P.665 à 675).
L'expression « travail public » désigne l'opération de construction, d'entretien ou d'aménagement,
de réparation voire même de démolition ; portant sur des biens immeubles et effectuées par une
personne publique pour son compte ou dans un intérêt public, tels que la construction d'un
bâtiment scolaire, d'une administration universitaire, d'une route/autoroute, pont, rond point,
barrage, voie ferrée...elle concerne, également, tous les travaux préliminaires à la construction tels
que la démolition et le déblaiement, l'épandage des décombres, les travaux de terrassement et de
nivellement, le transport des matériaux nécessaires à l'exécution des travaux...

Peuvent aussi être qualifiés travaux publics « ... les services accessoires aux travaux tels que les
forages, les levés topographiques, la prise de photographie et de film, les études sismiques et
services similaires fournis dans le cadre du marché, si la valeur de ces services ne dépasse pas celle
des travaux eux-mêmes. »

Cependant, l'ouvrage public est le résultat du travail public, concrètement c'est la construction
obtenue au terme des travaux de génie civile réalisés, ou encore le résultat obtenu de
restructuration ou de réhabilitation d'un immeuble.

Au sens juridique du terme, trois conditions sont nécessaires pour qu'un bien constitue un
ouvrage public :

1. L'ouvrage public doit avoir un caractère immobilier :

Il s'agit de toutes les réalisations qui ont un "ancrage dans le sol ", soit directement comme les
fonds de terres et les bâtiments, ce sont « les immeubles par nature », soit des biens qui sont
intimement liés à l'immeuble ; il s'agit dans ce cas « d'immeubles par destination » , c'est tout « ...
ce qui fait partie de l'immeuble tel que les arbres, les machines incorporées à l'édifice et autres
accessoires réputés immeubles par destination... ». (Article 89 du code des obligations et des
contrats) c'est un élément d'équipement affecté aux services et à l'exploitation d'un immeuble ou
fixé sur le fond à perpétuité.

2. L'ouvrage public suppose un certain aménagement de l'immeuble :

Le bien doit résulter du travail de l'homme et non de la nature, il doit y avoir un aménagement
peut importe l'importance de cet aménagement. Un bien naturel resté dans son état naturel ne
peut être qualifié d'ouvrage public quelle qu'elle soit son importance matérielle.

3. L'ouvrage public doit être affecté à une destination d'intérêt général :

Pour qu'il y ait ouvrage public, le bien en cause doit être affecté à l'intérêt général. L'intérêt
général peut se manifester de deux façons : l'ouvrage peut être affecté aux besoins d'un service
public (construction d'un département, direction, ministère,...) ou à l'usage direct des citoyens
(voies publiques, maisons de culture, aménagement des sites touristiques,...) 18

2. Les marchés de fournitures :

18
S. Pierri-Caps, La notion d'ouvrage public, Revue d'administration publique. N°198, 1989, p. 671à 678
Ces marchés sont définis par le décret régissant les marchés de l'Etat comme étant « tout contrat
ayant pour objet l'achat, la prise en crédit-bail, la location ou la location vente avec ou sans option
d'achat de produits ou matériels entre un maître d'ouvrage et un fournisseur. La livraison de
produits peut comporter à titre accessoire des travaux de pose et d'installation nécessaires à la
réalisation de la prestation... »19

La notion de marché de fournitures recouvre les marchés de fournitures courantes et les


marchés de fournitures non courantes, les contrats de crédit bail, de location ou de location vente,
avec ou sans option d'achat. Les premiers ont pour objet l'acquisition par l'acheteur public de
produits déjà existants et qui ne sont pas fabriqués sur des spécifications techniques particulières ;
alors que l'objet des deuxièmes est l'achat de produits qui ne se trouvent pas dans le commerce et
que le titulaire doit réaliser sur des spécifications techniques propres à l'acheteur public.

La notion de marché public de fournitures ne se limite pas aux marchés portant sur des
objets mobiliers, un marché de fournitures peut comporter par exemple des travaux considérés
comme l'accessoire dudit marché (cas d'un marché d'acquisition de matériel informatique qui
prévoit des travaux d'installation dudit matériel), ce marché doit être considéré comme étant un
marché de fournitures, et non pas un marché de travaux.

3. Les marchés de services :

Le décret sur les marchés publics définit les marchés de services comme étant des contrats
ayant pour objet la réalisation des prestations de services qui ne peuvent être qualifiés ni de
travaux ni de fournitures20

La notion de marchés de services doit être entendue de manière extensive, elle comprend
des prestations aussi variées que le gardiennage et la surveillance des bâtiments administratifs, les
assurances contre les accidents de travail, l'organisation des manifestations culturelles et
sportives, les analyses et les expertises physico-chimiques ...

Elle recouvre les marchés de services portant sur des prestations d'études et de maîtrise
d'œuvre, les marchés de services courants et les marchés portant Sur des prestations d'entretien
et de maintenance des équipements, des installations et de matériel, de nettoyage, de
gardiennage des locaux administratifs et de jardinage »

Les premiers comprennent les prestations intellectuelles qui comportent nécessairement


des obligations spécifiques significatives liées à la notion de propriété intellectuelle, en vertu de
l'article 2 du décret n° 2-01-2332 du 22 rabii I 1423 (4 juin 2002) approuvant le cahier des clauses
administratives générales applicables aux marchés de services portant sur les prestations d'études
et de maîtrise d'œuvre passés pour le compte de l'Etat, c'est un « contrat à titre onéreux conclu
entre, d'une part, un maître d'ouvrage et, d'autre part, une personne physique ou morale, et ayant pour
objet notamment ce qui suit : études de définition ; études prospectives et de faisabilité ; études de
reconnaissances ; études sectorielles et industrielles, jusqu'à la maquette ou jusqu'au prototype inclus ;
études économique ou socio économique et financières... »21

19
Article troisième du décret sur les marchés publics, paragraphe 12 (b).
20
Article troisième du décret sur les marchés publics, paragraphe 12 (c)
21
B.O n° 5010 du 6 Juin 2002.P. 666.
Les deuxièmes ont pour objet l'acquisition par l'acheteur public de services pouvant être fournis
sans spécifications techniques exigées par cet acheteur (exemples: nettoyage de locaux,
gardiennage...).

La commune de fès peut conclure des marchés dits « marchés d'études », si elle n'arrive
pas à le faire par ses propres moyens, « Ces marchés doivent être nettement définis quant à leur
objet, leur étendue et leur délai d'exécution pour permettre la mise en concurrence des
prestataires...» (Article 80 du décret sur les marchés publics).

Pour le choix de l'attributaire, la commune qui lance le marché évalue les capacités
techniques selon des normes fixées par l'article 80 précité, il s'agit de l'expérience du concurrent
dans la mission en cause, la qualité de la méthodologie qu'il propose, le programme de travail, le
niveau de qualification des experts proposés et le niveau de participation de nationaux parmi le
personnel proposé.

D. Classification des marchés publics :

Les marchés publics peuvent être classés selon leur mode de règlement, leur mode
d'exécution et aussi selon le mode leur passation :

1. Classification des marchés publics selon le mode de règlement :

Les marchés publics peuvent être classés selon le critère « prix », et ce, selon la nature et la
modalité de sa définition : prix global, unitaire ou mixte, ceux-ci peuvent aussi être classés d'après
leurs caractères : marchés à prix fermes, révisables ou provisoires22104(*).

Le marché à prix global est déterminé par l'existence d'un prix forfaitaire global qui rémunère le
titulaire pour l'ensemble des prestations définies dans le marché, ce prix forfaitaire est calculé sur
la base de la décomposition du montant global.

Le marché est dit à prix unitaire lorsqu'il comprend des prestations décomposées en postes sur la
base d'un détail estimatif établi par le maître d'ouvrage, le prix est multiplié par la quantité
effectivement livrée ou exécutée pour déterminer le montant du règlement.

Le marché à prix mixte comporte une partie des prestations payables sur la base d'un prix global
et l'autre partie sur la base de prix unitaires.

Selon le critère « caractère du prix », il faut distinguer :

Le marché à prix ferme est celui qu'au cours de son exécution le prix ne peut pas être modifié à
raison des variations des conditions économiques. « ...Les marchés de fournitures et de services
autres que les études sont passés à prix fermes. » (Article 14 sus cité).

Un marché est conclu à prix révisable lorsqu'il peut être modifié en raison des variations
économiques en cours d'exécution de la prestation. « ...Les marchés de travaux et des études sont
22
Articles 9 et 14 du décret régissant les marchés publics.
passés à prix révisables lorsque le délai prévu pour leur exécution est supérieur ou égal à quatre
(4) mois. Toutefois, lorsque ce délai est inférieur à quatre mois, ils peuvent également être
passés à prix révisable... » (B.O n°5518 précité. P. 533).

Quoique le décret précise que le délai doit être supérieur ou égal à quatre (4) mois, il
dispose dans la phrase qui suit que les marchés à prix révisables peuvent aussi être passés quand
le délai est inférieur à 4 mois.

Que peut être l'utilité de cette précision de délai si ces marchés peuvent être conclus quel que soit
le délai prévu pour leur exécution?! Et si des conditions spécifiques réglementent ce délai,
lesquelles ?, et à qui appartient l'initiative de choisir que le marché peut être passé à prix révisable
quand le délai de son exécution est inférieur à quatre mois, le maître d'ouvrage ? Si c'est le cas
pourquoi le texte ne le précise pas ?!

Le marché est passé à prix provisoire lorsqu'il se rapporte à l'exécution des prestations qui en
raison de leur urgence, ou en raison de la complexité de la prestation objet du marché ; la
prestation doit être commencée alors que toutes les conditions indispensables à la détermination
d'un prix initial définitif ne sont pas réunies.

2. Classification des marchés publics selon le mode d'exécution :

Le mode d'exécution des marchés publics permet de les classer comme suit :

Les marchés-cadre : ont pour objet des prestations à caractère prévisible et permanent, destinées
à la satisfaction de besoins dont la quantification et le rythme d'exécution ne peuvent être
déterminés à l'avance ; ils ne fixent que le minimum et le maximum des prestations arrêtées en
valeur ou en quantité susceptibles d'être commandées au cours d'une période déterminée
n'excédant pas une année. Pour éviter des situations anticoncurrentielles, le nouveau décret
(article 5) a limité la durée du marché cadre à 3 années au lieu de 5.

Les marchés reconductibles : il s'agit d'un nouveau type de marchés introduit par le décret de
2007, et ce, afin de faire face aux difficultés rencontrées par le maîtres d'ouvrage en ce qui
concerne la fixation d'un minimum et d'un maximum pour certaines prestations figurant sur la
liste des marchés-cadre. Ces marchés peuvent être conclus lorsque les quantités peuvent être
déterminées à l'avance et présentant « ...un caractère prévisible, répétitif et permanent... »106(*)

Les marchés à tranches conditionnelles portent sur des opérations à réaliser par tranches, chacune
constituant « ...un ensemble cohérent autonome et fonctionnel ...» (article 7 du décret régissant
les marchés publics) ces marchés doivent porter sur la totalité de la prestation et définir la
consistance, le prix et les modalités d'exécution de chaque tranche. Le nouveau décret
subordonne l'exécution de la ou des tranches conditionnelles à un ordre de service au lieu d'un
avenant107(*).

Les marchés allotis ou les marchés par lots108(*) sont passés lorsque pour des raisons économiques,
financières ou techniques ; le fractionnement d'une prestation en plusieurs lots présente des
avantages techniques ou financiers pour le maître d'ouvrage.
3. Classification des marchés publics selon le mode de passation :

Conformément aux dispositions de l'article 16 du décret régissant les marchés publics les modes
de passation des marchés sont : l'appel d'offres, le concours et la procédure négociée. En vertu du
même article «... il peut être procédé à l'exécution de prestations sur simples bons de
commande. ».

3.1 Les marchés passés par voie d'appel d'offres :

L'appel d'offres est une procédure de passation des marchés publics formalisées par un appel
public à la concurrence, c'est aussi la procédure par laquelle la personne publique choisit l'offre
économiquement la plus avantageuse sans négociation ; sur la base de critères objectifs
préalablement portés à la connaissance des candidats.

Dans les marchés communaux comme dans tous les autres marchés de l'Etat, une commission
d'appel d'offres est investie d'un pouvoir de décision ; elle se charge du déroulement de la
procédure.

Selon l'article 50 du décret n° 2-76-576 de 1976 portant règlement de la comptabilité de


collectivités locales précité :

Les commissions d'admission des candidats et les commissions d'appels d'offres sont composées
des membres avec voix délibérative dont la présence est obligatoire : L'ordonnateur ou son
délégué nommément désigné par lui et sous sa responsabilité ; président de la commission, le
receveur, le rapporteur du budget, et le représentant de l'autorité administrative locale 109(*).

Les décisions sont prises à la majorité des voix. En cas de partage égal des voix, celle du président
est prépondérante. Cependant toute personne peut apporter une plus value au la qualification et
au jugement des offres peut faire partie de la commission, tout en ayant une voix consultative.

Il existe trois formes d'appel d'offres: l'appel d'offre ouvert, l'appel d'offres restreint et l'appel
d'offres avec présélection.

L'appel d'offres ouvert :

Selon l'article 16 du décret régissant les marchés de l'Etat, un appel d'offres « est dit "ouvert"
lorsque tout candidat peut obtenir le dossier de consultation et présenter sa candidature... » En
d'autres termes, l'appel d'offres ouvert permet à tout entrepreneur, fournisseur ou prestataire de
services intéressé d'être informé des possibilités de soumissionner. Ce mode d'appel d'offres est
celui qui fait la plus large place à la concurrence tout en répondant aux critères d'efficacité et
d'efficience.

L'appel d'offres restreint :

Selon l'article 16 précité, un appel d'offres « est dit "restreint" lorsque seuls peuvent remettre des
offres, les candidats que le maître d'ouvrage a décidé de consulter... » L'article 17 du décret
régissant les marchés de l'Etat impose comme principe à l'appel d'offres restreint comme à l'appel
d'offres ouvert ; un appel à la concurrence, toutefois l'appel d'offres restreint limite la concurrence
à trois candidats (au moins).

Cette limite ne diminue en rien la portée du principe de la mise en concurrence puisque la


passation des marchés publics selon la procédure d'appel d'offres restreint ne s'applique que sur
« ... les prestations dont le montant est inférieur ou égal à un million (1.000.000) de dirhams et qui
ne peuvent être exécutées que par un nombre limité d'entrepreneurs, fournisseurs ou de
prestataires de services, en raison de leur nature, de leur complexité ou de l'importance de
l'outillage à utiliser... » (Article 17 précité).

L'appel d'offres « avec présélection » :

« Il peut être passé des marchés sur appel d'offres avec présélection lorsque les prestations objet
du marché nécessitent, en raison de leur complexité ou de leur nature particulière, une sélection
préalable des candidats dans une première étape avant d'inviter ceux d'entre eux qui ont été
retenus à déposer des offres. » (Article 48 du décret régissant les marchés publics.

Ainsi, cette procédure se distingue de celle de l'appel d'offres ouvert ou restreint par le fait qu'elle
fait l'objet dans un premier temps, à un appel public à la concurrence qui est destiné à provoquer
les candidatures, et à permettre à la commission d'admission d'arrêter la liste de ceux qui seront
admis à remettre des offres.

La procédure d'appel d'offres « avec présélection » n'équivaut pas à l'appel d'offres restreint car
les critères applicables doivent être spécifiés dans le règlement de présélection (article 50 du
décret sur les marchés publics) et doivent être fondés exclusivement sur les ressources dont
disposent les candidats potentiels pour exécuter le marché comme il convient, et ce, compte tenu
des facteurs divers comme leur assise financière, ou les moyens dont ils disposent (personnel,
équipement, matériel de construction...)

3.2. Les marchés sur concours :

L'article 63 de décret sur les marchés publics délimite les cas de recours aux marchés sur
concours : c'est « Lorsque des motifs d'ordre technique, esthétique ou financier justifient des
recherches particulières... ». Les concours peuvent porter soit sur l'établissement d'un projet, soit
l'exécution d'un marché préalablement établi, soit l'établissement d'un projet et son exécution à la
fois. Le concours doit impérativement faire l'objet, dans un premier temps, à un appel public à la
concurrence qui est destiné à provoquer les candidatures et permet à la commission d'admission
d'arrêter la liste de ceux qui seront admis à remettre des propositions.

Tout concours organisé par une commune pour éclairer son choix doit respecter l'égalité entre
tous les candidats, la commission doit examiner toutes les offres, aucune d'elles ne peut pas être
écartée sans qu'elle soit préalablement examinée. Toutefois ce n'est pas la commission qui a le
pouvoir de classer les offres examinées, le classement se fait par « un jury désigné par le ministre
de l'Intérieur. »110(*)

3.3. Le cas des marchés négociés :


La procédure négociée est un moyen par lequel le maître d'ouvrage choisit l'attributaire du
marché après consultation de candidats et négociation des conditions du marché avec un ou
plusieurs d'entre eux.

Le législateur autorise le recours à la négociation dans les cas strictement fixés à l'article 72 du
décret régissant les marchés de l'Etat, le même article précise dans son deuxième paragraphe que
les marchés négociés peuvent être passés avec publicité préalable et appel à la concurrence
comme ils peuvent être passés sans publicité préalable et sans appel à la concurrence, c'est une
nouveauté par rapport à l'ancien texte de 1998. Dans le premier cas, deux situations permettent le
recours à la procédure négociée :

§ L'appel d'offres infructueux : si un appel d'offre a été infructueux, c'est qu'aucune des offres
proposées n'a été jugée acceptable au regard des critères fixés au règlement de la consultation
par la commission d'appel d'offres ou le jury du concours. Pour plus de clarté ou encore de
transparence, le décret de 2007 précise les cas où un appel d'offre peut être déclaré
infructueux111(*)

§ La défaillance de son titulaire du marché : c'est la situation dans laquelle se trouve la commune
quand son cocontractant ne peut pour une raison ou une autre exécuter l'obligation objet du
contrat, dans ce cas comme dans le cas d'appel d'offres infructueux, les prestations vont se faire
exécuter dans les mêmes conditions prévues par le marché initial.

Concernant le recours à la négociation sans publicité préalable et sans appel à la concurrence,


l'article 72 précité fixe six cas :

§ Les marchés confiés à un prestataire unique en raison de leur caractère complexe, ou de leurs
exigences techniques nécessitant une expertise particulière ;

§ Les marchés relatifs à la défense nationale ou à la sécurité publique ou à caractère secret, les
marchés portant sur des objets dont la fabrication est réservée à des porteurs de brevets
d'invention ;

§ Les prestations supplémentaires à confier à un entrepreneur, fournisseur ou prestataire de


services déjà attributaire d'un marché (les avenants) ;

§ Les prestations à réaliser en cas d'extrême urgence impérieuse ayant un caractère imprévisible
(cas des calamités naturelles)

§ Les marchés à réaliser urgemment qui intéressent la défense du territoire, la sécurité de la


population, des circulations routières, aériennes ou maritimes ou résultant d'évènements
politiques exceptionnels.

Une question d'extrême importance se pose ; est ce que la négociation risque de porter atteinte
au principe de la mise en concurrence ?

La procédure négociée ne dispense pas la commune de respecter les principes de la commande


publique tels que l'égalité de traitement entre les concurrents, et le choix de l'offre
économiquement avantageuse. Au niveau de la mise en concurrence, le maitre d'ouvrage doit
inviter au minimum trois candidats admis à négocier, sauf si le nombre des candidats qui ont
répondu favorablement est inférieur à trois112(*).

Tout aussi important, la négociation est une solution adaptée à la conclusion des marchés
complexes ou qui ont un caractère spécial, ou encore des marchés qu'il faut exécuter en cas
d'urgence ou ceux dont les prestations se doivent tenues secrètes ; pour de tels marchés, l'emploi
de l'appel d'offres est incompatible avec leur nature.

De ce fait la négociation constitue une procédure flexible qui sauvegarde à la fois la concurrence
entre les opérateurs économiques et le besoin des personnes publiques de discuter avec chaque
candidat les diffèrent aspect du marché ; si bien évidemment les motifs de son choix comme mode
de passation est légalement fondé.

3.4. Les prestations sur bons de commande113(*)

La commune peut procéder, par bons de commandes, à l'acquisition de fournitures et à la


réalisation de travaux ou services quand le montant des prestations ne dépasse pas deux cent
mille (200.000) dirhams. Le décret de 2007 a apporté des clarifications quant au calcul du plafond
de 200000 DH en indiquant que ce plafond est déterminé quelque soit le support budgétaire.
Cette limite de (200.000) dirhams peut être relevée par autorisation « à titre exceptionnel et pour
tenir compte des spécificités de certains départements » par décision du premier ministre, après
avis du ministre chargé des finances et de la commission des marchés. (Article 75, alinéa 5).

Tout aussi important le décret de 2007 rend la concurrence obligatoire, sauf dans le cas où celle-ci
est impossible ou incompatible avec la nature de la prestation ; l'acheteur public, notamment la
commune doit consulter par écrit trois concurrents au moins afin d'établir trois devis
contradictoires (Article 75 du décret sur les marchés publics)

Sous-section deuxième : Les acteurs de la gestion


communale des marchés publics

Pour qu'un marché public communal ait la force exécutoire de l'acte administratif, il doit
nécessairement et obligatoirement passer par des étapes procédurales faisant intervenir un
ensemble d'acteurs ayant chacun son rôle qui lui est dévolu par la loi et la réglementation en
vigueur.

Ainsi, c'est le président du conseil communal qui est compétant pour engager les dépenses de la
commune dans un marché public, l'acte est soumis à un contrôle préalable et à un contrôle
comptable, et ce par le même agent qui assure le paiement dudit marché ; c'est le receveur
communal.

Pour les marchés dont les montants excèdent cinq millions (5.000.000), un contrôle d'audit est
obligatoire, il est effectué par l'inspection générale des finances, c'est un contrôle qui intervient à
posteriori, il en est de même pour le contrôle juridictionnel qui est assuré par les cours régionales
des comptes.
Si la commune est affrontée à une situation peu claire, délicate, ou qu'elle trouve des difficultés à
mettre en exercice la réglementation en vigueur, elle peut saisir la commission des marchés qui
est instituée comme organe consultatif auprès des personnes publiques acheteuses.

Enfin, l'acte de marché public communal ne peut avoir la force exécutoire que si l'autorité de
tutelle l'approuve, cette autorité exerce à la fois un contrôle d'opportunité et un contrôle de
légalité sur l'acte du marché public communal.

A. L'engagement des dépenses : les ordonnateurs :

Selon les dispositions de l'article 3 du décret royal n° 330-66 du 10 moharrem 1387 (21 Avril
1967)114(*) portant règlement général de comptabilité publique « ...Est ordonnateur public de
recettes et de dépenses, toute personne ayant qualité au nom d'un organisme public pour
engager, constater, liquider ou ordonner soit le recouvrement d'une créance, soit le paiement
d'une dette... » Ainsi par l'acte d'engagement115(*), l'ordonnateur crée ou constate une obligation
de nature à entraîner une charge dans la limite des autorisations budgétaires.

Il est personnellement responsable du respect des règles d'engagement, de liquidation et


d'ordonnancement des dépenses publiques et du respect de la réglementation relative aux
marchés publics116(*).

L'ordonnateur de droit des communes urbaines et rurales est le président du conseil


communal117(*), ainsi, c'est lui-même qui « conclut les marchés de travaux, de fournitures ou de
services » (article 47 (alinéa 4) de la charte communale). Il peut déléguer sa signature sous sa
responsabilité et son contrôle.

Concernant la commune urbaine de Rabat, celle-ci fonctionne sous un régime particulier par
rapport aux autres communes du royaume, ainsi c'est le wali, gouverneur de la préfecture de
Rabat qui est compétent pour conclure les marchés de travaux, de fournitures et de services de
ladite commune sous contreseing du président du conseil communal (article 133 de la charte
communale). Il en est de même pour les communes du Mechouar ; où c'est le pacha qui est
compétent pour engager les finances desdites communes dans des marchés publics 118(*).

Lorsque le président du conseil communal refuse ou s'abstient de conclure l'acte de passation du


marché, l'autorité administrative locale « peut, après l'en avoir requis, y procéder d'office par
arrêté motivé, fixant l'objet précis de cette substitution. » (Article 77 de la charte communale).

Sur le pouvoir dévolu aux présidents des conseils communaux pour engager les finances de la
commune, la jurisprudence s'est prononcée pour l'exclusivité reconnue à l'autorité communale
dans l'exercice de ce pouvoir ; par l'arrêt n° 515119(*) (du 26/07/2000) de la cour suprême
(lorsqu'elle fut saisie dans l'affaire dossier n° 1272/4/1/2000) pour trancher sur un litige opposant
la commune urbaine d'El Gara à une personne physique BA qui réclame le payement du montant
311.747.50 dirhams comme règlement des fournitures qu'il a livrées à ladite commune.

Le président du conseil communal avait nié avoir engagé la commande de fourniture au requérant
et affirma que ce dernier avait produit des factures et des cartes portant des signatures dont il
ignore la source.
De ce fait la cour suprême a rendu son arrêt en déclarant l'action irrecevable pour les motifs
suivants : «...aucune dépense publique d'une collectivité locale ne peut être engagée que par
l'ordonnateur, en l'occurrence, le président du conseil communal ou la personne qu'il l'a déléguée
à cet effet, sous sa responsabilité. Toute pièce relative à une dépense publique qui n'émane pas de
l'ordonnateur est considérée nulle... »

B. Le contrôle de régularité et de validité : les receveurs communaux :

Il existe deux types120(*) de contrôle d'exécution de la dépense des marchés communaux :

D'abord, c'est le contrôle de l'engagement, il porte sur la vérification de la régularité de la dépense


et sa bonne imputation sur des crédits suffisant ; par le biais du contrôle de l'engagement de la
dépense. Et le contrôle de paiement ou encore le contrôle de validité qui porte principalement sur
la vérification de l'exactitude des calculs de la liquidation des dépenses, et le caractère libératoire
du règlement. Dans les collectivités locales cette tâche est assurée par la trésorerie générale du
royaume (TGR), et ses services déconcentrés121(*).

A l'échelon communal c'est le receveur communal qui est chargé d'assurer les fonctions de
contrôleurs des engagements de dépenses, de payeurs et caissiers, d'agent de recouvrement et de
conseiller financier des ordonnateurs122(*).

1. Le receveur communal : contrôleur de l'engagement de la dépense :

Le contrôle des engagements de dépenses a pour objet : de contrôler la régularité budgétaire des
propositions d'engagement de dépenses; d'informer le ministre des finances sur les conditions
d'exécution du budget ; d'apporter son concours et son aide aux services de gestion notamment
aux services des marchés123(*). L'engagement de dépenses en vue de la passation d'un marché
communal par le président du conseil communal ou la personne qu'il a déléguée à cet effet est
soumis à un contrôle de régularité budgétaire assuré par le receveur.

Le receveur doit s'assurer de «...la conformité du projet de marché à la réglementation relative à


la passation des marchés publics ; notamment la production du certificat administratif ou le
rapport de présentation du marché justifiant le choix du mode de passation du marché... », Il doit
aussi vérifier si « ...le montant de l'engagement proposé porte sur la totalité de la dépense à
laquelle l'administration s'oblige... »124(*).

Le contrôleur doit donc s'assurer de la régularité de la dépense, « ...seule l'irrégularité de celle-ci


peut motiver un refus de visa125(*)... »126(*), toutefois, si « les contrôleurs ont des doutes sur l'intérêt
ou l'utilité de la dépense engagée... »127(*) Peuvent en aviser le ministre intéressé et le ministre des
finances, sans que cet avis soit suspensif du visa.

A. Le receveur communal : contrôleur comptable et payeur :

Le paiement est effectué par le receveur qu'est « le comptable public128(*), trésorier de la


collectivité locale...»129(*). Selon l'article 3 Décret n° 2-76-576 portant règlement de la comptabilité
des collectivités locales précité « Les fonctions d'ordonnateur et de receveur sont incompatibles,
sauf dispositions contraires. »
La séparation ordonnateur / receveur apparaît comme une règle de sécurité, faisant d'eux deux
acteurs forcément distincts ; afin de préserver les deniers publics et permettre une répartition
fonctionnelle des tâches en fonction des différents stades d'exécution des opérations.

Le receveur est chargé « ...du paiement des dépenses, soit sur ordre émanant des ordonnateurs
accrédités, soit au vu des titres présentés par les créanciers, soit de leur propre initiative, ainsi que
de la suite à donner aux oppositions et autres significations. ».

Selon l'article 8 du Dahir sur les finances des collectivités locales précité, le receveur assume
d'autres missions qui lui sont dévolues par la loi il s'agit notamment du contrôle de la validité de la
dépense, il vérifie l'exactitude des calculs de liquidation, l'existence de la certification ou du visa
préalable d'engagement. Il doit s'assurer de la qualité de l'ordonnateur, de la disponibilité des
crédits, de la production des pièces justificatives qu'il est tenu d'exiger avant le paiement des
dépenses en application de la réglementation en vigueur130(*).

Le receveur assiste à l'ouverture des plis par la commission d'appel d'offres dont il est membre
délibératif, en tant que représentant du ministère des Finances.

C. Le contrôle d'audit : L'inspection générale des finances

Conformément aux dispositions de l'article 2 du dahir du 14 avril 1960 instituant l'inspection


générale des finances, les inspecteurs des Finances sont chargés: d'effectuer les vérifications sur la
gestion des comptables des collectivités locales et de s'assurer de la régularité des opérations
enregistrées dans les comptes des ordonnateurs de recettes et de dépenses publiques.

En matière de marchés publics, l'inspection générale de finances assure un contrôle d'audit. Ce


contrôle d'audit est devenu obligatoire en 2007 pour les marchés dont les montants excèdent cinq
millions (5.000.000) de dirhams, et ce, conformément aux dispositions de l'article 92 du décret
régissant les marchés de l'Etat.

D. Le contrôle juridictionnel : les cours régionales des comptes :

Les Cours régionales des comptes ont été consacrées en 1996 par l'article 98 de la constitution, en
vertu duquel elles « sont chargées d'assurer le contrôle des comptes et de la gestion des
collectivités locales et de leurs groupements ».

Néanmoins, elle ne sont entrées en exercice que suite à la promulgation du décret du 29 janvier
2003 fixant le nombre des cours régionales des comptes, leur désignation, leur siège et leur
ressort territorial.131(*) Leurs attributions et leurs compétences sont fixées par le Dahir n° 1-02-124
du 1er rabii II 1423 (13 juin 2002)132(*) portant promulgation de la loi n° 62-99 formant code des
juridictions financières.

Les cours régionales des comptes concourent « au contrôle des actes relatifs à l'exécution des
budgets des collectivités locales et de leurs groupements... » (Article 118, alinéa 5 du code des
juridictions financières), ce contrôle sur les actes inclus bien évidemment le contrôle sur l'acte de
passation du marché communal. Elles doivent s'assurer du bon déroulement de la procédure, en
termes de coût, qualité, et de respect des normes de transparence et de mise en concurrence...Les
cours régionales des comptes peuvent être saisies à cet effet par le ministre de l'intérieur, le wali
ou le gouverneur.

Cependant, au cours de l'année 2006, les cours régionales ne fussent saisies en aucun moment sur
les actes de passation des marchés communaux dans le cadre du contrôle des actes budgétaires,
« ... le refus du vote du compte administratif constitue jusqu'à présent le seul cas étant à l'origine
de la saisine des cours régionales dans le cadre du contrôle des actes budgétaires. »(3 Communes
urbaines par le ministre de l'Intérieur et 21 Communes rurales par les gouverneurs). 133(*)

Ainsi, « tout ordonnateur, sous ordonnateur ou responsable ainsi que tout fonctionnaire ou agent
placé sous leurs ordres ou agissant pour leur compte, « ... » enfreint la réglementation relative aux
marchés publics... » ; Ou encore « ...le contrôleur des engagements de dépenses et tout contrôleur
financier ainsi que tout fonctionnaire ou agent placé sous les ordres d'un contrôleur des
engagements de dépenses ou d'un contrôleur financier ou agissant pour leur compte « ... » s'ils
n'exercent pas les contrôles qu'ils sont tenus, conformément à la législation et à la réglementation
en vigueur »134(*).

« Tout comptable public ainsi que tout fonctionnaire ou agent placé sous ses ordres ou agissant
pour son compte « ... » ils n'assurent pas les contrôles qu'ils sont tenus d'exercer... »135(*) ; Sont
passibles des sanctions pécuniaires136(*), et risquent même une action disciplinaire ou pénale.

E. La commission des marchés :

La commission des marchés publics est placée auprès du secrétariat général du gouvernement,
elle est instituée par l'arrêté du 26 juin 1936 remplacé par le décret 2-57-0495 du 9 kaada 1376 (7
Juin 1957)137(*), abrogé par le décret n° 2-78-840 du 27 hija 1395 (30/12/1975) 138(*) portant réforme
de la commission des marchés.

Elle comprend des membres qui ont des voix délibératives, et autres ayant voix consultatives :

ü Les membres ayant voix délibérative dans les réunions de la commission :

Conformément aux dispositions du décret n° 2-78-840 précité, la commission des marchés est
présidée par un haut fonctionnaire assisté d'un vice-président désignés tous deux par décision du
premier ministre. Elle comprend des membres nommément désignés 139(*), ainsi que le trésorier
général ou son représentant, le contrôleur général des engagements de dépenses ou son
représentant et le chef du service de législation au secrétariat général du gouvernement ou son
représentant.

ü Les membres ayant voix consultative dans les réunions de la commission :

- Le secrétaire permanent dirigé sous l'autorité du président de la commission par un


fonctionnaire désigné par le secrétaire général du gouvernement.

- Des rapporteurs désignés par le président de la commission parmi des fonctionnaires en activité
de service ou en retraite qui peuvent être adjoints à la commission le cas échéant.
- Des techniciens ou des experts auxquels le président peut faire appel l'étude de certaines
questions.

La commission des marchés publics remplit une fonction consultative sur des projets de textes
législatifs et réglementaires relatifs aux marchés publics, conventions, concessions ou actes
administratifs comportant exécution d'un service public ainsi que les modifications à apporter à
ces conventions, concessions ou actes et sur des marchés ou des avenants sur lesquels elle est
consultée à la demande de l'ordonnateur.

La commission peut aussi donner son avis sur les problèmes relatifs à la préparation, à la
passation, à l'exécution et au règlement des marchés, et sur les contestations relatives à la
procédure et aux résultats des appels d'offres et des concours.

Outre le rôle consultatif dévolu à la commission des marchés, celle-ci est compétente pour
élaborer des instructions à l'intention des services des marchés et de les soumettre à l'approbation
du premier ministre. Tout aussi important, la commission peut proposer des dispositions destinées
à compléter la réglementation des marchés et entreprendre la codification de cette
réglementation et sa mise à jour.

F. Le contrôle de tutelle : le ministre de l'intérieur :

Comme cela a été précisé en introduction, les contrats des marchés communaux sont
impérativement et préalablement soumis à l'autorité de tutelle, notamment au ministre de
l'intérieur ou son délégué pour approbation. Aux termes de l'article premier de l'arrêté du ministre
de l'intérieur n°365-02 du 20 hijja 1422 (5 mars 2002) portant délégation de pouvoirs aux walis des
régions, les marchés publics des collectivités locales ayant un montant supérieur ou égal à dix
millions de dirhams (10.000.000 dirhams) sont approuvés par le Wali de la région.

Cependant, il est essentiel de souligner que la tutelle sur l'acte de marché communal signé par le
président du conseil communal n'est pas une tutelle sur le président en tant qu'agent ou sur le
conseil en tant organe ; mais c'est une tutelle sur l'acte et si cet acte est annulé, c'est la commune
qui assume les conséquences, et non le signataire de l'acte.

La tutelle sur les agents (le président et les membres conseil communal) ou sur les organes (le
conseil communal) « ...est constitué par l'exercice d'un pouvoir dit disciplinaire par l'autorité de
tutelle... »140(*), Ainsi l'exercice de la tutelle sur le président s'opère dans la possibilité de sa
suspension de sa révocation en cas de manquements à ses obligations, il en est de même pour le
conseil communal qui peut être dissout ou suspendu si les intérêts de la commune sont menacés.

=) Sur l'acte du marché communal, l'autorité de tutelle dispose de larges pouvoirs ; il s'agit des :

- Pouvoir d'approbation.

- Pouvoir d'annulation.

- Pouvoir de substitution, c'est un pouvoir détenu par l'autorité administrative locale.


- Pouvoir de différer l'acte au juge pour statuer sur sa légalité ou son illégalité.

Ainsi, les grands traits du régime la gestion des marchés publics communaux sont tracés, il est
essentiel d'approcher les marchés publics quant à leurs principes fondateurs, sans lesquels, le
déroulement de la procédure de leur passation est inimaginable, voire inutile.

- Section deuxième :

Les principes fondateurs de la commande publique

A l'exemple de son homologue français, le droit marocain consacre les principes fondateurs de la
commande publique dans le premier article du décret qui régit actuellement la passation des
marchés publics :

« La passation des marchés de l'Etat doit obéir aux principes de liberté d'accès à la commande
publique, d'égalité de traitement des concurrents et de transparence dans les choix du maître
d'ouvrage. Ces principes permettent d'assurer l'efficacité de la commande publique et la bonne
utilisation des deniers publics. Ils exigent une définition préalable des besoins de l'administration,
le respect des obligations de publicité et de mise en concurrence et le choix de l'offre
économiquement la plus avantageuse »

L'affirmation de ces principes dans le premier article du décret consacre leur caractère transversal,
à ce titre, ils animent l'ensemble des dispositions relatives aux procédures de passation des
marchés publics, et doivent donc être mis en oeuvre quelles qu'elles soient les circonstances.

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