La convention d’arbitrage
Plan de travail
Introduction
I. Le cadre juridique des conventions d’arbitrage au Maroc
Section 1 : Définitions
a. Les types de conventions d’arbitrage
b. L’indépendance de la clause d’arbitrage
Section 2 :Les règles relativesaux conventions d’arbitrage
a. Du domaine d’arbitrage et La notion d’écriture requise dans le cas
d’une convention d’arbitrage.
b. L’instauration de l’arbitrage institutionnel.
Section 3 : L’irrecevabilité des demandes dans le cas d’une convention
d’arbitrage
II. Le contentieux arbitral
Section 1 : la période arbitrale
A. Le tribunal arbitral
a. Constitution du tribunal arbitral et mission de l’arbitre
b. Le renforcement du pouvoir du tribunal arbitral
B. L’instance arbitrale
a. La consolidation des droits de la défense
b. La liberté de choix de la loi appliquée et Le recours limité aux règles
de la procédure civile
Section 2 :L’appui du juge à l’arbitrage
Section 3 : la période post arbitrale
a. La sentence arbitrale et Procédure d’exécution des sentences
arbitrales
b. Les recours contre la sentence arbitrale et Le délai d’arbitrage
c.
La convention d’arbitrage
Introduction
L’arbitrage, ce mot évoque au premier abord, l’arbitre sportif sifflant pleins
poumons et brandissant un carton rouge lors d’une rencontre entre deux équipes. Or,
l’arbitrage d’un point de vue juridique est bien loin de cette image : il s’agit d’un mode
alternatif de résolution de conflits.
L’arbitrage est une justice privée, volontaire et conventionnelle grâce à laquelle,
les conflits sont soustraits aux juridictions étatiques pour êtresoumis à des arbitres
ayant la mission de juger. Ce mode de résolution des conflits est de plus en plus utilisé
afin de régler les litiges commerciaux.
Bien que conventionnel, l’arbitrage n’est pas un règlement amiable des litiges
puisqu’il aboutit à une sentence arbitrale qui s’impose aux parties. La sentence a
autorité de chose jugée au même titre qu’une décision de justice. Elle se différencie
toutefois de cette dernière, en ce qu’elle ne bénéficie pas ab initio de la force exécutoire.
Ainsi, si la partie condamnée ne s’exécute pas spontanément, il faudra alors recourir au
juge étatique pour qu’il confère force exécutoire à la sentence.1
L’importance de l’arbitrage est indéniable eu égard aux avantages qu’il procure
aux partenaires, àsavoir célérité de la procédure, confidentialité et maîtrise des coûts. Ce
mode alternatif de règlement deslitiges a pour objectif de préparer un environnement
favorable à l’investissement. C’est un moyen pour avoir laconfiance de l’investisseur
étranger et national, c’est une assurance supplémentaire pour leur patrimoine.
C’est dans ce cadre que la loi n°08-05 abrogeant et remplaçant le chapitre VIII
du Code de procédureCivile a été promulguée par le dahir n° 1-07-169 du 30 novembre
2007 et publiée au bulletin Officiel n° 5584du Jeudi 6 Décembre 2007.2
Arbitrage sur arbitrage ne vaut. Ce principe signifie que, dès lors
qu’un contrat contient une clause compromissoire, celle-ci exclut a priori toute autre
attribution d’une mission juridictionnelle à un tiers par une autre clause du même contrat.3
L’auteurprévoit une limite à ce principe : « La limite à ce principe concerne l’exception
particulière (quine saurait être recommandée), dans laquelle les parties auraient voulu
insérer dans un mêmecontrat deux conventions d’arbitrage, l’une d’elles, spéciale,
1
CHIKHI Chaherazade, « L’arbitrage une réelle alternative à la justice étatique ? », page 2.
2
KHIAL Abdallah, « l’arbitrage en droit marocain », page 2
3
Rapport de Ph PINSOLLE, « Difficultés liées à la définition conventionnelle de lacompétence arbitrale », Revue
de droit des affaires internationales, 2002. p. 238
La convention d’arbitrage
nes’appliquant qu’à certainslitiges, par exemple en raison de leur technicité toute
particulière, l’autre ayant un domained’application général ».
MODES VOISINS DE REGLEMENT DES LITIGES
L’arbitrage ne doit pas être confondu avec les autres modes amiables de règlement des
litiges.
1- CLAUSE DE REGLEMENT AMIABLE
Par la clause de règlement amiable, les parties décident de rechercher, seules, le
règlement amiable du litige naissant. Cette recherche, spontanée ou provoquée, est
nécessairement bilatérale et crée une obligation non pas de transaction mais de
négociation de bonne foi à la charge de chacune des parties en cause. Il importe alors, de
bien différencier ce procédé de l’arbitrage : la clause de règlement amiable débouche sur
une transaction alors que la convention d’arbitrage, aboutit à une sentence départageant
les droits des litigants.4
2- CONCILIATION
Par laclause de conciliation les parties décident de recourir à un conciliateur
chargé, limitativement, de tenter un rapprochement entre elles. Si les volontés des
parties divergent, le conciliateur se bornera, à constater cette situation sans pouvoir
imposer auxparties la solution au conflit.
3- MEDIATION
Dans la médiation, une tierce personne est désignée afin d’entendre les parties
et de confronter leurs points de vue pour leur permettre de trouver une solution au
conflitqui les oppose. La médiation franchit un degré supplémentaire dans l’aide à la
négociationet se rapproche du seuil contentieux. Le désaccord entre les parties s’est
durci et lamédiation apparaît comme la dernière opportunité d’un règlement pacifique.
Dans lesclauses contractuelles que nous rencontrons, la médiation apparaît toujours
comme l’étapepréalable au recours juridictionnel. Elle constitue la forme la plus
fréquente de règlementamiable. L'acceptation de la médiation n’emporte pas en elle-
même, à défaut demanifestation de volonté non équivoque en ce sens, renonciation à
l’arbitrage et acceptationde la compétence de la juridiction étatique.
L’arbitrage est un besoin : besoin d’être jugé ailleurs que devant les
tribunaux notamment, dans un souci de confidentialité et besoin d’être jugé
autrement,
notamment, afin d’être « certain sur la conduite de la procédure », alors
4
NAMOUR Fady, « Droit et pratique de l’arbitrage interne et international », édition 3, page 13.
La convention d’arbitrage
dans quelle mesure l’arbitrage peut constituer une alternative à la justice
étatique ?
Plan. L’arbitrage consiste à doter une tierce personne du pouvoir de trancher le litige né
ouà naître entre les particuliers en vertu d’une sentence arbitrale. Ce pouvoir est généré,
enprincipe, par l’accord des volontés des parties, il vise le règlement d’un litige par
lemécanisme du contentieux arbitral. L’arbitrage est donc une institution reposant sur
uneconvention d’arbitrage (Première partie) obligeant les parties à régler leur différend
par lavoie du contentieux arbitral (Deuxième partie).
I. Le cadre juridique des conventions d’arbitrage au Maroc
La loi n° 08.05 précitée a introduit de nouvelles dispositions relatives à l’organisation de
l’arbitrage interne notamment en ce qui concerne la clause d’arbitrage, le tribunal
arbitral et la sentence arbitrale.
Nous allons traiter sous cet angle les différentes conditions de validité des conventions
d’arbitrage.
Section 1 : Définitions
a. Les types de conventions d’arbitrage
Si la loi prévoit des hypothèses d’arbitrage obligatoire, il n’en demeure pas moins que
l’instrument contractuel reste le pilier naturel et intrinsèque du traitement arbitral d’un
litige. Dans cette perspective, le contrat met à la disposition de l’arbitrage interne deux
outils : la clause compromissoire et le compromis d’arbitrage.
- la clause compromissoire ou clause d’arbitragequi est l’engagement des parties de
soumettre à la résolution par l’arbitragedes litiges qui pourraient naître ultérieurement.
La clause d’arbitrage n’est valable qu’entre commerçants.
- du compromis d’arbitragequi est la convention par laquelle les parties d’un litige déjà
nés’accordent à soumettre celui-ci à l’arbitrage.
b. L’indépendance de la clause d’arbitrage
La loi a consacré le principe de l’autonomie de la clause d’arbitrage par rapport aux
autres clauses du contrat. A cet effet, l’article 308 de la loi dispose que « la clause
d’arbitrage est réputée être uneconvention indépendante des autres clauses du contrat. La
La convention d’arbitrage
nullité, la résiliation ou la cessation du contratn’entraine aucun effet sur la clause
d’arbitrage comprise avec ledit contrat lorsque celle-ci est valable en soi ».
Section 2 : Les règles relatives aux conventions d’arbitrage
La convention d’arbitrage - terminologie utilisée par le code de procédure civile et par la
loi 08-05- est uncontrat. Par conséquent, elle suppose la réunion d’un certain nombre
d’élémentsnécessaires à sa validité.
a. du domaine d’arbitrage et la notion d’écriture requise dans le
cas d’une convention d’arbitrage
La loi a élargi le champ d’application de l’arbitrage à toutes les personnes qui ont la
capacité civile de souscrire un compromis d’arbitrage sur les droits dont elles ont la
libre disposition. Toutefois, les droits personnels qui ne font pas l’objet de commerce
sont exclus de l’arbitrage. En effet l’élargissement concerne certains actes de l’Etat, des
collectivités locales, des entreprises publiques et des établissements publics.
Les parties pourront convenir de soumettre les litiges prévus par l’article 5 de la loi
instituant des juridictions de commerce, à la procédure de l’arbitrage. Il s’agit :
Des actions relatives aux contrats commerciaux ;
Des actions entre commerçants à l’occasion de leurs activités commerciales ;
Des actions relatives aux effets de commerce ;
Des différends entre associés d’une société commerciale ;
Des différends à raison de fonds de commerce.
Pour la notion d’écriture requise dans e cas d’une convention d’arbitrage l’article 3135
de la loi précise que la convention d’arbitrage doit toujours être établie par écrit, soit par
acte authentique ou sous seing-privé6, soit par procès-verbal dressé devant le tribunal
arbitral choisi.
L’alinéa 2 de l’article 313 de la loi donne une indication sur les modalités de
l’établissement de la convention d’arbitrage, qui peut « être consignée dans un document
signé par les parties ou dans un échangede lettres, de communications, télex, de
télégrammes ou de tout autre moyen de télécommunication considérécomme convention et
5
La loi 08-05 relative à l’arbitrage interne, international et la médiation.
6
« Acte sous sein privé » est une convention écrite établie par les parties elles-mêmes ou par un tiers, qui ont
été signée par elles ou par une personne qu’elles ont constituée pour mandataire en vue de régler une situation
contractuelle (vente, location, contrat de travail...). A la différence d’un acte authentique qui est un document
rédigé conformément aux formalités légales par un officier public habilité par la loi (notaire, officier d’état civile,
huissier de justice) et qui permet d’obtenir l’exécution forcée.
La convention d’arbitrage
qui en atteste l'existence, ou encore dans l'échange de conclusions en demande ou
deconclusions en défense, dans lesquelles l'existence d'une telle convention est alléguée par
une partie et n'estpas contestée par l'autre ».
b. L’instauration de l’arbitrage institutionnel
L’ancienne loi ne cite pas expressément l’arbitrage institutionnel exercé par une
institution arbitrale. La nouvelle loi l’édicte expressément : « l’arbitrage peut être ad hoc
ou institutionnel ».
L’arbitrage ad hoc est l’arbitrage qui se déroule en dehors de toute institution
permanente d’arbitrage. Il est organisé par les parties elles-mêmes qui choisissent
librement les arbitres.
Ce type d’arbitrage laisse une assez large liberté des parties, ces dernières pouvant
adopter des procédures adaptées aux spécificités de leur litige. C’est un gage de
souplesse.
Lorsque l’arbitrage est ad hoc, l’article 319 de la loi précise que le tribunal arbitral se
chargera de l'organiser en fixant la procédure à suivre, sauf si les parties en conviennent
autrement ou choisissent un règlement d'arbitrage déterminé.
En revanche, lorsque l’arbitrage est porté devant une institution d'arbitrage, celle-ci se
chargera de l'organiser et d'en assurer le bon déroulement conformément à son
règlement.
Section 3 : L’irrecevabilité des demandes dans le cas d’une
convention d’arbitrage
Lorsqu’un litige pendant devant un tribunal arbitral en vertu d’une convention d’arbitrage,
est porté devant une juridiction, celle-ci, à la demande d’une partie, doit prononcer
l’irrecevabilité jusqu’à épuisement de la procédure d’arbitrage ou annulation de la
convention d’arbitrage.
Si le tribunal n’est pas encore saisi, la juridiction, à la demande du défendeur, doit
également déclarer l’irrecevabilité, à moins que la convention d’arbitrage ne soit
manifestement nulle.
La juridiction ne peut, dans les deux cas, déclarer d’office l’irrecevabilité.
Si le contrat souffre d'un vice quelconque, la partie lésée, et sous réserve de
sa qualité, doit s'en prévaloir d'abord devant le tribunal arbitral sous peine
La convention d’arbitrage
d'irrecevabilitédu moyen devant le juge de l'annulation. Son silenceest en effet
interprété comme une renonciation aux vices allégués.7
II. Le contentieux arbitral
Le recours à l'arbitrage vise à faire trancher le litige entre les parties en vertu d’une
sentence arbitrale. Cette sentence sera rendue après examen du procès arbitral sur une
certaine une période selon des règles prédéterminées de procédure. Cependant, le
contentieux arbitral peut ne pas s’épuiser avec le prononcé de la sentence, c’est-à-dire, à
l’expiration de la période arbitrale proprement dite, il peut survivre: l’une des parties
peutne pas reconnaître ou ne pas exécuter la sentence. La partie la plus diligente devra,
alors,s’adresser aux juridictions étatiques afin d’en demander l’exécution ou la
reconnaissance.
En outre, le prononcé de la sentence va permettre aux parties d’exercer les voies de
recoursprévues par la loi. Par conséquent, nous examinerons successivement la période
arbitrale et la période post-arbitrale.
Section 1 : la période arbitral
La période arbitrale se confond avec l’instance arbitrale. L’instance arbitrale débute avec
lamise en place d’un tribunal arbitral qui, selon une procédure arbitrale, va prononcer
une sentence arbitrale.
A. Le tribunal arbitral
Le tribunal arbitral conventionnel n'est pas une juridiction étatique. N’est pas arbitre qui
le veut. En effet, l’arbitre répond à des conditions relatives à sa personne et à la mission
qui lui est confiée par les parties.
a. Constitution du tribunal arbitral et la mission de l’arbitre
Le tribunal arbitral peut être constitué par un arbitre unique ou par un collège
comprenant en principe trois arbitres, en tout cas un nombre impair.
L’arbitre ou collège d’arbitres est désigné par les parties d’un commun accord, la
convention d’arbitrage pouvant prévoir que chaque partie désigne son arbitre et que le
troisième (tiers-arbitre, qui présidera le collège) sera désigné par accord entre les
7
Sur l'irrecevabilité du moyen de l'erreur sur la personne. Cass.Libanaise. Civil. 5 e, arrêt nº29, 28 février 2002,
nº22 p 75;
La convention d’arbitrage
parties et/ou les arbitres qu’elles ont désignés. Les parties peuvent également se
contenter de s’en rapporter à un règlement d’arbitrage institutionnel.
En ce qui concerne les conditions requises pour exercer la profession d’arbitre, l’article
320 de la loi apporte le changement suivant : « La mission d'arbitre ne peut être confiée
qu'à une personne physique enpleine capacité et n'ayant pas fait l'objet d'une
condamnation devenue définitive pour des faits contraires àl'honneur, à la probité ou aux
bonnes mœurs ou le privant de la capacité d'exercer le commerce ou de l'un deses droit
civils ».
Toutefois, la loi conditionne l’exercice de la profession d’arbitre à une déclaration
auprès du procureur général près la cour d’appel dans le ressort de laquelle se trouve
le siège social de la personne morale (article 321de la loi).
L’alinéa 2 de l’article 321 de la loi dispose « qu’après examen de leur situation, le
procureur général délivre un récépissé de la déclaration et inscrit les intéressés sur une
liste des arbitres près la cour d'appel concernée ».
Ces dispositions ont suscité de nombreuses critiques de la part des professionnels de
l’arbitrage qui se sont interrogés sur la portée d’une telle déclaration et sur les
conséquences juridiques d’une sentence arbitrale prononcée par un arbitre non inscrit
sur la liste dressée par le procureur général de la cour d’appel concernée.
b. Le renforcement du pouvoir du tribunal arbitral
Pour renforcer le rôle du tribunal arbitral, celui-ci a été doté de nouvelles compétences,
il s’agit de :
Le tribunal arbitral a le pouvoir de statuer sur sa compétence et sur la nullité de
la convention d’arbitrage sans avoir recours à une juridiction ;
Il a également le pouvoir de procéder à toutes investigations par audition de
témoins ou commission d’experts ou autres moyens d’instruction ;
Il a le pouvoir d’ordonner la production de tout moyen de preuve détenu par
l’une des parties ;
Le tribunal arbitral peut, sauf convention contraire et à la demande des parties,
prendre tout mesure provisoire8 ou conservatoire9 qu’il juge nécessaire dans les
limites de sa mission.
8
« Mesures provisoires » ou jugements provisoires sont ceux qui ordonnent une mesure urgente destinée à
sauvegarder, durant l’instance, un intérêt compromis par le procès.
9
« Mesure conservatoire »est une disposition par laquelle, dans l’attente d’une décision définitive un juge saisi
par le créancier, décide de placer un bien du débiteur sous-main de justice afin d’assurer l’efficacité des mesures
d’exécution qui seront prises une fois les délais de recours passés ou les recours épuisés.
La convention d’arbitrage
B. L’instance arbitrale
L’instance arbitrale a un caractère contradictoire et peut s’inspirer de la tradition
romaniste, quelle que soit la procédure adoptée, les arbitres sont tenus de respecter
l’égalité des parties et le principe du contradictoire ; ils doivent notamment veiller à ce
que chaque partie ait été en mesure de faire valoir ses prétentions de fait et de droit, de
connaître celles de son adversaire et de les discuter.
a. La consolidation des droits de la défense
La loi accorde un très grand intérêt aux droits de la défense dans l’arbitrage, et ce à
travers les dispositions suivantes :
La nécessité de respecter les règles relatives aux droits de la défense soit dans le
cadre de l’arbitrage ad hoc ou institutionnel national ou international tout en
prévoyant des sanctions en cas de violations de ces dispositions ;
La possibilité de récuser les arbitres
Le droit des parties d’être représentées devant le tribunal arbitral ;
Les délibérations doivent être secrètes ;
Le jugement arbitral doit être motivé et il doit contenir l’exposé succinct des
prétentions respectives des parties et leurs moyens.
b. La liberté de choix de la loi appliquée et le recours limité aux
règles de la procédure civile
o Le tribunal arbitral tranche le litige conformément aux règles de droit, à moins
que les parties ne lui confèrent, dans la convention d’arbitrage, la qualité
d’amiable compositeur10. Dans ce cas, il n’est pas tenu d’appliquer les règles de
droit, et statue en équité.
o En ce qui concerne l’arbitrage international, les parties sont libres de choisir les
règles de droit due le tribunal arbitral devra appliquer au fond du litige. A défaut
de chois par les parties de ces règles, le tribunal arbitral tranche le litige
conformément à celles qu’il estime appropriées.
o Dans tous les cas, le tribunal arbitral tient compte des dispositions du contrat qui
lie les parties et des coutumes et usages pertinents du commerce.
10
« Amiable compositeur » les parties prévoient souvent que leurs litiges seront tranchés en amiable composition.
L’amiable composition permet à l’arbitre d’écarter, si ce dernier le souhaite, les règles de droit pour se baser sur
l’équité. Selon un nouveau courant de jurisprudence, l’amiable compositeur pour qu’il respecte sa mission, doit
faire apparaitre dans sa sentence qu’il s’est posé la question de l’exercice de la faculté qui lui a été conférée de
statuer en équité.
La convention d’arbitrage
Le tribunal arbitral règle la procédure arbitrale sans être tenu de suivre les règles
établies pour les juridictions, sauf si les parties en ont autrement décidé dans la
convention d’arbitrage.
Concernant l’arbitrage international, la loi accorde une grande liberté aux parties dans le
choix de la procédure appliquée.
Section 2 : L’appui du juge à l’arbitrage
L’appui de la justice à l’arbitrage prend plusieurs formes, il s’agit de :
Désigner les arbitres dans le cas où il y aurait des difficultés concernant leur
nomination ;
Trancher dans les questions relatives à la récusation des arbitres ;
Proroger le délai conventionnel ou légal de l’arbitrage (6 mois) par ordonnance
du président de la juridiction ;
Accorder l’exequatur11 à la sentence arbitrale, par ordonnance du président de la
juridiction dans le ressort de laquelle elle a été rendue ;
Déclarer les sentences arbitrales internationales exécutoires au Maroc, par le
président de la juridiction de commerce dans le ressort de laquelle elles ont été
rendues, ou par le président de la juridiction de commerce du lieu d’exécution si
le siège de l’arbitrage est situé à l’étranger.12
Section 3 : la période post-arbitrale
a. La sentence arbitrale
La sentence arbitrale est rendue dans un écrit qui contient l’exposé succinct des
prétentions des parties et de leurs moyens, le nom des arbitres, sa date, le lieu où elle a
été rendue, l’identité des parties, la mention de leurs représentants ou conseils, la
signature des arbitres ou la mention que certains d’entre eux ont refusé de signer.
Dès qu’elle est rendue, la sentence arbitrale a l’autorité de la chose jugée relativement à
la contestation qu’elle tranche.
Si la sentence n’est pas exécutée volontairement, elle n’est susceptible d’exécution
forcée qu’en vertu d’une décision du président du tribunal dans le ressort duquel la
sentence a été rendue.13
11
« L’exequatur » est une procédure permettant de rendre exécutoire au Maroc, soit une décision de justice
étrangère, soit une sentence arbitrale, qu’elles aient été rendues à l’étranger.
12
RHOMIJA Abdelmajid, « le nouveau système d’arbitrage au Maroc », page 22
13
ChATILLON Stéphane, « droit des affaires internationales », édition 4, pages 291-292
La convention d’arbitrage
a. Procédure d’exécution des sentences arbitrales et Les
recours contre les sentences arbitrales
L’ordonnance d’exequatur (décision par laquelle un tribunal étatique donne force
exécutoire à une décision arbitrale) n’est plus prononcée par le tribunal de première
instance, mais par le tribunal de commerce dans le ressort duquel la sentence a été
rendue, ou s’il a été compromis sur l’appel d’un jugement par la courd’appel.
Pour les litiges dans lesquels l’Etat est partie, c’est le tribunal administratif du lieu
d’exécution de la convention qui est compétent en matière d’exequatur. En revanche,
lorsque la sentence concerne l’ensemble du territoire c’est le tribunal administratif de
Rabat qui est compétent.14
La sentence arbitrale n’est susceptible d’aucun recours, cependant il y a possibilité de
procéder à :
La tierce opposition
La tierce opposition est une voie de recours qui permet à une personne de demander
au juge de statuer une nouvelle fois sur une cause qu’il a déjà jugée, lorsque le
jugement initial affecte les droits ou les intérêts de cette personne, alors que celle-ci
n’avait pas été appelée à l’instance et n’a donc pu y être partie ou représentée.
On dit que l’opposition est une voie de recours extraordinaire (par opposition aux
voies de recours ordinaires) parce qu’elle n’est pas ouverte à l’égard de tout jugement
prononcé à l’égard d’une personne qui n’a pas été dûment appelée à la cause : ainsi, la
tierce opposition n’est-elle pas ouverte contre les arrêts de la Cour de cassation.15
Recours en annulation
Le recours en annulation consiste à solliciter d’une juridiction qu’elle annule un acte
juridique. Ce faisant, on demande au juge saisi d’annuler cet acte, mais sans que ce
dernier ne puisse pour autant substituer sa propre décision à l’acte annulé : le juge est
limité à un pouvoir d’annulation, et n’est pas compétent pour prendre une nouvelle
décision à la place de l’autorité dont il a annulé l’acte. Le cas échéant, et selon les
circonstances, c’est cette même autorité qui devra adopter un nouvel acte à la suite de
l’annulation du premier.
b. Le délai d’arbitrage
Si la convention d’arbitrage ne fixe pas le délai à l’expiration duquel le tribunal arbitral
doit avoir rendu sa sentence, la mission des arbitres prend fin six mois à compter du
14
KHIAL Abdallah, « l’arbitrage en droit marocain », page 4
15
Depuis le site : http://www.justice-en-ligne.be/article247.html, date et heure : 20/03/17 à 14h00
La convention d’arbitrage
jour où la demande de soumission du différend à l’arbitrage a été reçue par le défendeur.
Le délai conventionnel ou légal peut être prorogé soit par accord des parties, soit par le
président de la juridiction à la demande de l’une des parties ou du tribunal arbitral.16
16
RHOMIJA Abdelmajid, « le nouveau système d’arbitrage au Maroc », page 25