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Laicité

La laïcité en France, héritée de la Révolution française, est devenue un principe fondamental de la République, garantissant la liberté de conscience et la neutralité de l'État vis-à-vis des religions. La loi de séparation des Églises et de l'État de 1905 a marqué une rupture avec le régime concordataire, affirmant que l'État ne reconnaît ni ne finance aucun culte, tout en garantissant le libre exercice des religions. Aujourd'hui, la laïcité continue d'évoluer et de susciter des débats, tout en restant essentielle pour assurer l'égalité devant la loi et la liberté de croyance.

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Laicité

La laïcité en France, héritée de la Révolution française, est devenue un principe fondamental de la République, garantissant la liberté de conscience et la neutralité de l'État vis-à-vis des religions. La loi de séparation des Églises et de l'État de 1905 a marqué une rupture avec le régime concordataire, affirmant que l'État ne reconnaît ni ne finance aucun culte, tout en garantissant le libre exercice des religions. Aujourd'hui, la laïcité continue d'évoluer et de susciter des débats, tout en restant essentielle pour assurer l'égalité devant la loi et la liberté de croyance.

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La laïcité est une valeur héritée de la Révolution française qui a mis du temps à

prendre corps. Comment le principe de laïcité est devenu un principe fondateur


de la République française ? Nous verrons dans une première partie les grandes
étapes de l’histoire de la laïcité et son rôle en France aujourd’hui et dans une
seconde partie nous étudierons la loi de séparation des Eglises et de l’Etat du 09
décembre 1905.
L’histoire de la laïcité en France est intimement liée à l’évolution des relations
entre l’Église et l’État. Au Moyen Âge, l’Église catholique détient une grande
influence, et le pouvoir politique est largement en accord avec elle. Cette
situation perdure sous l’Ancien Régime, où l’Église a un rôle prépondérant dans
les domaines de l'éducation, de la justice, et des institutions publiques.
Jusqu'à la Révolution Française, la France est une monarchie de droit divin,
c'est-à-dire que le couple royal tient son pouvoir de Dieu. La symbolique
religieuse est très forte dans le quotidien, notamment au moment du sacre du roi
qui est le représentant de Dieu sur terre.
Le saccage des églises, le massacre des prêtres et la condamnation à mort de
Louis XVI marquent une première rupture, renforcée par la Constitution civile
du clergé de 1790 qui nationalise les biens de l'Église qui reviennent donc à
l'État. En 1789, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen proclame que
« nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur
manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par loi ». La laïcité y trouve
son origine dans l’article 10.
Accorder à tous la liberté de penser et de croire dans les limites de la loi fut la
première étape dans l’adoption de la laïcité comme valeur fondamentale de la
République. C’est sous la IIIème République que la laïcité s’est réellement
définie et enracinée. Aux yeux des républicains, la laïcité est en effet le moyen
de soustraire les français à la tutelle de l’Eglise. La laïcisation commence par la
loi de 1880 qui supprime le repos dominical ou encore la légalisation du divorce
en 1884. Mais c’est surtout l’école, là où doit se construire le citoyen et où
l’égalité est censée être assurée qui devient laïque. En effet, le ministre de
l’instruction publique Jules Ferry fait voter l’école gratuite obligatoire et laïque.
Elle impose la neutralité de l’école publique et l’abandon de l’éducation
religieuse. Elle remplace ainsi l’instruction morale et religieuse par l’instruction
morale et civique et donne un jour de congé par semaine aux élèves pour
permettre aux parents de faire donner s’ils le souhaitent une instruction
religieuse en dehors des édifices scolaires. Les résistances sont vives et le
Vatican est mécontent.
Le principe de laïcité est aussi renforcé par la loi sur les associations, en 1901,
qui autorise les congrégations religieuses à fonctionner en interne comme des
institutions mais qui ne sont pas reconnues comme telles par la société.
En 1904 la France est au bord de la guerre civile. Pour apaiser les tensions la loi
de séparation des Églises et des États est votée en 1905.
En mettant fin au régime du Concordat mis en place par Napoléon en 1802, la
loi de 1905 acte la neutralité de l'État vis-à-vis de l'ensemble des religions. La
puissance publique a pour mission de veiller à ce que les pratiques religieuses ne
contreviennent pas à l'ordre public.

Cependant, le terme « laïcité » n’apparaît qu’avec la Constitution du 27 octobre


1946 (article 1er : "La France est une République laïque"), puis avec la
Constitution de la Ve République de 1958 (article 1er : "La France est une
République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité
devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de
religion. Elle respecte toutes les croyances…").

La laïcité est, selon le préambule de la Constitution de 1958, un principe


fondamental de la République française. Elle impose la neutralité aux agents de
l’état qui ne reconnait ni ne finance aucun culte. Elle repose sur 3 piliers :
- La liberté pour le citoyen de croire ou de ne pas croire
- La neutralité de l’Etat en matière religieuse
- Le respect de la loi s’impose à tous : garantie de l’égalité de tous et
respect de l’ordre public

Aujourd’hui, la laïcité demeure un principe fondamental, mais son interprétation


et ses applications sont plus que jamais au cœur des débats politiques et sociaux.
Nous évoluons vers une laïcité plus stricte.
A l’école, la laïcité est renforcée par le vote d’une loi du code de l’éducation : la
loi du 15 mars 2004(sur le port de signes ostensibles religieux), par la Charte de
la laïcité définie en 2013 et en 2023 sur le port de l’abaya. La loi de 2010
interdit de dissimuler son visage dans les lieux publics.

Dans un monde de plus en plus diversifié, la laïcité continue d’être un outil


essentiel pour garantir la liberté de conscience et l'égalité devant la loi.
Bien qu'elle ne mentionne pas explicitement le terme, la loi de séparation des
Églises et de l'État adoptée en 1905 est considérée comme le texte fondateur de
la laïcité en France.

Après les élections d'avril et mai 1902, le groupe radical est largement
majoritaire à la Chambre des députés. Le nouveau président du Conseil, Émile
Combes, très anticlérical, durcit les dispositions prises par son prédécesseur : les
congrégations religieuses se voient systématiquement refuser leurs demandes
d’autorisation et 3000 écoles catholiques sont fermées, tandis que l’État procède
à l’expulsion des religieux. Dans un tel contexte, les relations avec le Vatican
s’enveniment, d’autant plus que le nouveau pape Pie X, élu en juillet 1903, se
montre plus intransigeant que Léon XIII.
En mars 1904, la visite officielle du président de la République Émile Loubet au
roi d'Italie Victor-Emmanuel III est considérée comme une agression par le pape
qui ne reconnaît pas l'État italien : cet événement précipite la rupture des
relations diplomatiques entre la France et le Vatican. De facto, le Concordat, qui
depuis 1801 définissait les relations entre la France et le Saint-Siège, est rendu
caduc.
Dans le même temps, en juin 1903, une majorité de députés décide qu’il y a lieu
de débattre d’une éventuelle séparation des Églises et de l'État. Une commission
parlementaire est constituée à cette fin ; Aristide Briand en est le rapporteur et
Ferdinand Buisson le président. Elle rend son rapport le 4 mars 1905.
L’affaire des fiches établies sur les opinions politiques et les pratiques
religieuses des officiers militaires provoque la chute du Gouvernement Combes
en janvier 1905. Maurice Rouvier lui succède à la présidence du Conseil. Le
projet de loi déposé par son Gouvernement le 9 février reprend l’essentiel du
travail de la commission Briand. Après plusieurs mois de débats vigoureux, la
loi de séparation est promulguée le 9 décembre 1905.
Mettant fin au régime concordataire qui régissait les relations entre l’État et les
cultes, la loi de 1905 instaure une nouvelle organisation fondée sur le principe
républicain de laïcité, bien que ce terme n’apparaît pas dans le texte de loi. Elle
proclame la liberté de conscience et garantit le droit au libre exercice des cultes.
En rupture avec le régime concordataire dans lequel un service public du culte
était garanti, la loi dispose que « la République ne reconnaît, ne salarie ni ne
subventionne aucun culte ». L’État se veut désormais neutre : il n’y a plus de
religion légalement consacrée, et tous les cultes sont traités de manière égale. La
loi interdit par ailleurs « d'élever ou d'apposer aucun signe ou emblème religieux
sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit ».
Il en résulte :
*le respect de toutes les croyances ;
*l'égalité de tous les citoyens devant la loi, sans distinction de religion ;
*la garantie du libre exercice des cultes ;
*l'absence de culte officiel et de salariat du clergé.

Le principe de séparation vise à séparer les différentes fonctions afin de limiter


l’arbitraire et d’empêcher les abus liés à l’exercice de missions souveraines.
Article 1 : La liberté de conscience et la séparation**

L'article 1 de la loi du 9 décembre 1905 est sans doute le plus significatif, car il
énonce les principes fondateurs de la laïcité en France :

La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des


cultes, sous les seules restrictions édictées dans l’intérêt de l’ordre public. »*

Cet article affirme de manière explicite la liberté de conscience comme un droit


fondamental, ce qui signifie que chaque citoyen est libre de croire ou de ne pas
croire sans que cela n'influence sa citoyenneté. La loi garantit également le libre
exercice des cultes, c’est-à-dire que les individus sont libres de pratiquer leur
religion dans le cadre privé, à condition de respecter l’ordre public. Cela marque
une rupture avec l'ancien régime où l'Église catholique bénéficiait d'un rôle
privilégié.

Article 2 : L’interdiction du financement des cultes par l'État

L'article 2 précise que l'État ne financera aucune religion :

La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte

Cet article est fondamental car il met fin aux subventions publiques versées aux
religions, notamment à l'Église catholique. Avant 1905, l'État finançait
l'entretien des églises et le salaire des prêtres. La loi de 1905 coupe ce lien
financier entre l'État et les religions, inscrivant la neutralité de l’État en matière
religieuse.

Article 31 : Le statut des biens religieux

L'article 31 de la loi introduit un nouveau cadre pour les biens des cultes :
Les édifices du culte, leur entretien et leur conservation sont de la responsabilité
des communautés religieuses, sous réserve du respect des principes de la laïcité.

Cet article déclare que les bâtiments religieux sont désormais sous la gestion des
cultes eux-mêmes. L'État ne possède plus les églises, mosquées ou temples. De
plus, le principe de laïcité implique que ces lieux de culte ne doivent pas être
utilisés à des fins politiques ou prosélytes.

Article 44 : La liberté d’association pour les cultes

L'article 44 établit les conditions dans lesquelles les cultes peuvent s'organiser :

Les associations cultuelles peuvent être créées pour gérer les affaires religieuses,
sous réserve du respect de la loi

Cela permet la création d'associations pour la gestion des cultes, garantissant


ainsi que les pratiques religieuses soient autonomes et gérées par les croyants
eux-mêmes. Cela renforce l’idée de séparation entre l'État et la gestion des
cultes, tout en assurant que ces associations respectent l’ordre public.

La laïcité ne signifie pas la suppression de la religion ou la promotion de


l'athéisme. La laïcité garantit avant tout la liberté de croyance et la liberté de ne
pas croire. Elle n’impose aucune vision du monde et permet à chacun de
pratiquer la religion de son choix ou de n'en avoir aucune, dans le respect des
lois républicaines.

L'athéisme, quant à lui, est une position philosophique qui rejette l'existence de
Dieu ou des divinités. La laïcité ne favorise ni ne rejette l'athéisme ; elle respecte
les droits des athées tout autant que ceux des croyants. En revanche, un principe
fondamental de la laïcité est que l'État reste neutre vis-à-vis de toutes les
croyances, religieuses ou non. L’athéisme ne doit pas devenir une position d’État
ni être imposé aux citoyens, tout comme la religion ne doit pas être imposée.

La laïcité, définie par la loi de séparation des Églises et de l'État adoptée en


1905, n’est ni une forme d’athéisme, ni une opposition à la religion, mais une
garantie de liberté, permettant à chaque individu de vivre sa croyance ou son
absence de croyance dans un cadre républicain respectueux des principes
d'égalité et de liberté.

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