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Origines et enjeux de la guerre de Corée

La guerre de Corée, qui a eu lieu de 1950 à 1953, a opposé la Corée du Nord, soutenue par l'URSS, à la Corée du Sud, soutenue par les États-Unis, dans le contexte de la guerre froide. Ce conflit a été marqué par une offensive nord-coréenne et une réponse militaire des États-Unis et de leurs alliés, mais s'est terminé sans vainqueur, établissant une séparation permanente entre les deux Corées. Les conséquences de cette guerre ont été dévastatrices, avec plus de deux millions de victimes et une division qui perdure encore aujourd'hui.

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Origines et enjeux de la guerre de Corée

La guerre de Corée, qui a eu lieu de 1950 à 1953, a opposé la Corée du Nord, soutenue par l'URSS, à la Corée du Sud, soutenue par les États-Unis, dans le contexte de la guerre froide. Ce conflit a été marqué par une offensive nord-coréenne et une réponse militaire des États-Unis et de leurs alliés, mais s'est terminé sans vainqueur, établissant une séparation permanente entre les deux Corées. Les conséquences de cette guerre ont été dévastatrices, avec plus de deux millions de victimes et une division qui perdure encore aujourd'hui.

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Introduction La guerre froide est une période de

confrontations et de tensions idéologiques et politiques entre


les États-Unis et l’Union des républiques socialistes soviétiques.
Cette guerre se déroula entre 1947 et 1991, ce qui amènera
de nombreux conflits comme la guerre du Viêt Nam,
la guerre d’Afghanistan et aussi la guerre de Corée. Ils ont
illustré l’opposition entre soviétiques et Américains avec l’aide
de leurs alliés. Ce qui m’amène à vous parlez de
la guerre de Corée qui a eut lieu...

Introduction
La guerre froide est une période de confrontations et de
tensions idéologiques et politiques entre les États-Unis et
l’Union des républiques socialistes soviétiques. Cette guerre
sedéroula entre 1947 et 1991, ce qui amènera de nombreux
conflits comme la guerre du Viêt Nam, la guerre d’Afghanistan
et aussi la guerre de Corée. Ils ont illustré l’opposition entre
soviétiques etAméricains avec l’aide de leurs alliés.
Ce qui m’amène à vous parlez de la guerre de Corée qui a eut
lieu en 1950 à 1953. Cette guerre marque le point culminant de
la guerre froide entre l’Est et l’Ouest,elle est la première
véritable confrontation à grande échelle après la seconde
guerre Mondiale. La Corée du Sud et la Corée du Nord ont des
régimes différents. La Corée du Nord est communiste
etsoutenue par la République populaire de Chine et l’Union
soviétique, et la Corée du Sud est sous influence occidentale,
soutenue par les Nations Unis, mais principalement les États-
Unis.
Dans ce texte, j’aborderais l’origine de cette guerre en
identifiant le contexte. Par la suite je nommerais les acteurs
principaux en établissant les faits. En dernier lieu, j’annoncerais
les conséquences qu’a faitescette guerre avec les causes.

Développement
Le contexte :
D’abord, cette guerre qui vient sanctionner la guerre froide
entre soviétiques et américains, elle est un des moments fort
de laguerre froide. C’est à l’origine d’un conflit rayonnement
international entre les forces de la Corée du Nord et la Corée du
Sud, avec chacun leurs alliés, la Corée du Sud a été très vite
mit sous pressionavec l’invasion par la Corée du Nord par cinq
divisions de l’armée nord-coréenne. Ils ont franchis le 38e
parallèle (la frontière entre les deux Corée) sans réels difficultés
et ont continué leurprogression vers le Sud. « L’Armée
populaire coréenne n’était pas prête pour une attaque », que
celle-ci entraînerait « des difficultés politiques et économiques
significatives pour la Corée du...
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Quelle est l'origine de la guerre de Corée ?


la rédaction de Futura. La guerre de Corée s'est déroulée de
1950 à 1953. Elle opposait la Corée du Nord, communiste et
soutenue par l'URSS, à la Corée duSud, soutenue par
les États-Unis. Elle trouve son origine aussi bien dans la
partition du pays, en 1948, que dans la guerre froide qui fait
rage alors.
La guerre de Corée s'est déroulée de 1950 à 1953. Elle opposait
la Corée du Nord, communiste et soutenue par l'URSS, à la
Corée du Sud, soutenue par les États-Unis. Elle trouve son
origine aussi bien dans la partition du pays, en 1948, que dans
la guerre froide qui fait rage alors.
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recevoir nos meilleures publications les samedis et dimanches.
En 1945, alors que la seconde guerre mondiale est sur le point
de s'achever, l'URSS et les États-Unis décident de
s'implanter en Corée. Le 9 août 1945, les Soviétiques
s'installent au nord du 38eparallèle. La réplique américaine ne
tarde pas : les États-Unis investissent le sud du pays le 8
septembre.
Même si cela n'est pas officiel à cette époque, la Corée se
trouve de facto coupée en deux. Pour autant, personne
n'imagine que cette partition est faite pour durer, et la Corée du
Nord, tout autant que la Corée du Sud, souhaite reprendre le
pouvoir sur l'intégralité du pays.




La guerre de Corée, qui opposait la Corée du Nord à la
Corée du Sud, a fait plus de deux millions de victimes. ©
US government, Wikimedia Commons, DP
Pas de vainqueur à l’issue de la guerre de Corée
Le 25 juin 1950, dirigée par un gouvernement communiste et
soutenue par l'URSS, la Corée du Nord lance une offensive
militaire sur la République de Corée du Sud, appuyée par les
États-Unis. L'assaillant espère une victoire rapide qui
empêchera les Américains de réagir. Mais c'est un échec. Le 30
juin, les États-Unis et plusieurs de leurs alliés déploient des
troupes pour contrer l'offensive nord-coréenne.
Les troupes communistes ne sont pas loin de l'emporter mais
au fil du temps, la guerre de Corée s'enlise. Finalement, il n'y a
aucun vainqueur, et le 27 juillet 1953, Américains
et Soviétiquesreconnaissent l'existence de deux pays distincts
au terme d'un conflit qui a fait plus de deux millions de morts.
Proclamation de la République de Corée

Après avoir été sous occupation japonaise pendant plus de


trente ans, la Corée est libérée par les Alliés en 1945, et divisée
en deux territoires. Le 15 août 1948, la Corée du Sud,
soutenuepar les Américains, déclare son indépendance et se
proclame République de Corée, fixant comme capitale Séoul. La
Corée du Nord, soutenue par l'URSS, devient alors la
République populaire démocratique de Corée, communiste, et
sa capitale est Pyongyang. Ces tensions aboutissent en juin
1950 sur la guerre de Corée.
Voir aussi : Dossier histoire de l' URSS - Histoire de la Guerre de
Corée - Histoirede la Politique

1950
25 juin
Le début de la guerre de Corée

Les Coréens du Nord franchissent la ligne de démarcation du


38ème parallèle qui sépare leur Etat, régime communiste, de la
Corée du Sud, régime pro-occidental. Le président américain
Harry Truman convoque le Conseil de sécurité de l'ONU,
profitant de l’absence de l’URSS. Il envoie ses troupes, sous les
ordres du général DouglasMcArthur pour soutenir la Corée du
Sud. La Corée du Nord, quant à elle, reçoit l'appui officieux de la
Chine. L'armistice sera signé trois ans plus tard.
Voir aussi : Dossier histoire de l' ONU - Dossier histoire de la
guerre froide : l'apogée (1949-1953) - Histoire de la Guerre de
Corée - Histoire des Guerres

1950
28 septembre
L’Onu reprend Séoul

Après avoir eu de lourdesdifficultés autour de Pusan (Busan), la


contre-offensive de l’ONU renverse le cours de la guerre de
Corée en avançant rapidement pour prendre Séoul. Dès lors, les
Nord Coréens ne peuvent que reculer jusqu’à ce que les troupes
de l’ONU, sous le commandement de MacArthur, s’emparent de
la quasi-totalité du territoire. Mais l’intervention des volontaires
chinois renversera à nouveau le cours de la guerre.
Voiraussi : Dossier histoire de l' ONU - Dossier histoire de la
guerre froide : l'apogée (1949-1953) - Histoire de la Guerre de
Corée - MacArthur - Pusan - Histoire des Guerres

1950
7 novembre
Premier combat de l'histoire entre deux avions à
réaction

Pour la première fois, deux appareils de guerre "nouvelle


génération" s'affrontent en plein ciel. Un F-80 américain abat un
MiG-15 chinoisau dessus de Sinuiju en Corée.
Voir aussi : Dossier histoire de la guerre froide : l'apogée (1949-
1953) - Combat - Histoire de la Guerre de Corée - Avion à
réaction - Histoire des Guerres

1951
11 avril
MacArthur est relevé de son commandement en Corée

Truman relève le général MacArthur de son commandement


des forces armées opérant dans la guerre de Corée. Cette
décision fait suite àl’opposition frontale entre le gouvernement
et le général concernant le règlement du conflit Coréen. Alors
que Truman opte pour la paix, quitte à revenir au statu quo, le
général MacArthur souhaite étendre le conflit sur le territoire
Chinois, quitte à utiliser l’arme nucléaire. Démis de ses
fonctions, il restera néanmoins très populaire aux Etats-Unis.
C’est la fin de sa carrière militaire.
Voiraussi : Histoire de la Guerre de Corée - Truman - MacArthur
- Histoire de la Guerre froide

1951
10 juillet
Début des négociations en Corée

La Corée du Nord, la Chine et les Nations Unies entament des


négociations de paix à Kaesong. Mais les conditions d'un
armistice achoppent sur la question de l'échange des
prisonniers. Le 38ème parallèle est de fait la ligne de cessez-le-
feu. La...
Lire le document complet
Quelles sont les conséquences de la guerre de Corée ?

Tout conflit dans la péninsule coréenne aurait une incidence sur


des millions de personnes. En effet, plus de 75 millions de
personnes vivent dans la péninsule : 25 millions, en Corée du
Nord et 51 millions, en Corée du Sud. La Chine, et peut-être le
Japon, recevraient alors des millions de réfugiés

La guerre qui éclate le 25 juin 1950 entre la Corée du Nord -


communiste - et la Corée du Sud - soutenue par les Américains -
fut un des conflits les plus meurtriers de l'histoire. Même si les
Soviétiques ne sont pas officiellement engagés dans la bataille,
c'est bien d'une lutte entre les deux Grands qu'il s'agit.
Qui a gagné la guerre de corée ?
Bernard Droz dans mensuel 151
daté janvier 1992 -

La guerre qui éclate le 25 juin 1950 entre la Corée du Nord -


communiste - et la Corée du Sud - soutenue par les Américains -
fut un des conflits les plus meurtriers de l'histoire. Même si les
Soviétiques ne sont pas officiellement engagés dans la bataille,
c'est bien d'une lutte entre les deux Grands qu'il s'agit. Et ce
conflit, aux dimensions planétaires, a pris fin sans qu'il y ait, sur
le terrain, ni vainqueur ni vaincu. Alors, qui a gagné la guerre
de Corée ?
Le 25 juin 1950, à l'aube, deux corps d'armées de la Corée du
Nord communiste franchissent la frontière symbolique du 38e
parallèle et foncent vers le Sud avec, pour premier objectif,
Séoul, qui tombe le 28 juin. L'importance des forces engagées,
l'abondance et la qualité du matériel interdisent de conclure à
une simple incursion frontalière. Le président américain Harry
Truman ne s'y trompe pas. Saisissant d'emblée l'Organisation
des Nations Unies (ONU), il obtient du Conseil de sécurité, qui
siège sans le délégué soviétique1, une résolution de soutien à
la Corée du Sud. Dans le sillage des États-Unis, mais sous la
bannière de l'ONU, seize pays acceptent de placer leurs forces,
souvent symboliques, sous les ordres du général MacArthur,
héros de la guerre du Pacifique et commandant en chef en
Extrême-Orient.
La promptitude de la riposte américaine confère un caractère
planétaire à ce qui aurait pu rester un conflit localisé. Moment
fort de la guerre froide, la guerre de Corée ...

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Guerre de Corée
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Guerre de Corée
Différentes photographies de la guerre de Corée. Dans le sens
des aiguilles d'une montre : des forces américaines durant
la bataille du réservoir de Chosin ; débarquement américain
dans le port d'Incheon ; réfugiés coréens devant un char M26
Pershing américain ; des Américains, menés par le lieutenant
Baldomero Lopez, débarquant à Incheon, sur la digue
d'Incheon ; un North American F-86 Sabre durant un combat
aérien.

Informations générales
25 juin 1950 – 27 juillet 1953 (de factonote

Date 1)

(3 ans, 1 mois et 2 jours)

Lieu Péninsule coréenne

Issue Cessez-le-feu, armistice de Panmunjeom ;

l’invasion de la Corée du Sud par la Corée

du Nordest arrêtée, mise en place de

la Zone coréenne démilitarisée(DMZ) ;

quelques changements territoriaux le long


du 38e parallèle, mais essentiellement uti

possidetis.

Belligérants
Nations unies :

Corée du Sud

Australie

Belgique

Canada

Colombie

États-Unis

Éthiopie

Corée du Nord
France

Grèce

Luxembourg
 Chine
Pays-Bas Union soviétique

Nouvelle-Zélande

Philippines

Personnel médical
Thaïlande

Turquie
 Tchécoslovaquie
Royaume-Uni

 Pologne
Union d'Afrique du Sud

 Hongrie

Bulgarie

Soutien naval et service de Roumanie

réparations militaire Allemagne de

l'Est
Japon

Personnel médical

Danemark

Italie

Norvège

Inde

Suède

Commandants
Syngman Rhee Kim Il-sung
Chung Il-kwon

Paik Sun-yup
Choi Yong-kun
Douglas MacArthur
Kim Chaek
Matthew Ridgway
Mao Zedong
Mark Wayne Clark
Peng Dehuai
James Van Fleet
Joseph Staline
Harry S. Truman

Dwight D. Eisenhower Gueorgui Malenkov

Tahsin Yazıcı

Forces en présence
590 911

480 000

63 0001

26 7912

17 000

7 4303 260 000

5 4554

3 972
780 000
3 4215
26 000
3 171
Total : 1 066 000
1 389

1 294 Note : Les chiffres peuvent varier selon les

1 271 sources. Ces chiffres sont ceux au maximum et


1 263
ont varié au cours de la guerre.
1 068

826

78

Total :

941 356–1 139

518

Pertes
Plus de 474 000 1 190 000- 1 577 000+

Corée du Sud : Corée du Nord :

58 127 morts au combat 215 000 morts,


175 743 blessés

80 000 disparus ou capturés7,8

États-Unis :

36 516 morts (incluant 2 830 qui ne sont

pas morts au combat)

92 134 blessés
303 000 blessés,
8 176 disparus

7 245 capturés9 120 000 disparus ou

Royaume-Uni : capturés11
1 109 morts10

2 674 blessés
Chine
1 060 disparus ou capturés11
(Estimation chinoise) :
Turquie :
114 000 morts au
721 morts12
combat
2 111 blessés
34 000 morts hors
168 disparus
combat
216 capturés
380 000 blessés
Canada :
21 400 capturés18
516 morts13
(Estimation
1 042 blessés
américaine)11:
Australie :
400 000+ morts
339 morts14
486 000 blessés
1 200 blessés
21 000 capturés
France :

300 morts au combat ou disparus15 URSS :


Luxembourg : 315 morts
2 morts16

Philippines :

112 morts au combat3

Belgique :

101 morts au combat3

Afrique du Sud :

28 morts au combat et 8 disparus17

Civils tués/blessés (total Coréens) = 2 millions (estimation)6

Guerre froide
Batailles
Offensive nord-coréenne :
(juin 1950 - septembre 1950)
Opération Pokpoong (en) · Chuncheon (en) ·Séoul
(1re) (en) · Gorangpo (en) ·Kaesong-Munsan (en) · Combat au
large de Pusan ·Ongjin (en) · Uijeongbu (en) · Suwon
Airfield (en) ·Bataille aérienne de la Corée du
Sud (en) ·Andong (en) · Chumunjin · Osan · Pyeongtaek ·Cheo
nan · Chochiwon · Daejeon · Sangju · Yongdong ·Hwanggan · Ha
dong (en) · Notch · Périmètre de Busan

Contre-offensive de l'ONU :
(septembre 1950 - octobre 1950)

Haeju (en) · Incheon · Bombardement de Pyongyang ·Séoul


(2e) (en) · Colline 282 (en) ·Action du 12 octobre
1950 (en) · Sariwon (en) ·Yongju (en) · Kujin (en) · Chongju (e
n)

Intervention chinoise :
(octobre 1950 - avril 1951)

Onjong · Unsan · Pakchon (en) ·Chongchon (Wawon) ·Réservoir


de Chosin (Task Force Faith (en)) ·Séoul
(3e) (Uijeongbu (en)) · Wonju (en) ·Opération
Thunderbolt (en) · Twin-Tunnels ·Hoengsong (en) · Jipyeong-ri ·
Wonju (3e) (en) ·Chuam-ni (en) · Wonsan (en) · Opération
Killer (en) ·Opération Ripper (en) · Maehwa-
San (en) ·Opération Courageous (en) ·Opération
Tomahawk (en) · Opération Rugged (en) ·Opération Dauntless
(1951) (en) ·Offensive chinoise du
printemps (en) · (Imjin ·Yultong (en) · Kapyong · Soyang)

Impasse :
(août 1951 - juillet 1953)

Bloody
Ridge (en) · Minden (en) · Punchbowl (en) ·Crèvecœur · Fleuve
Han · Opération Commando ·Maryang San · Haktang-
ni (en) · Polecharge (en) ·Suncheon · Hill Eerie (en) ·Attaque
sur le barrage de Sui-ho · Old Baldy (en) ·Opération
Blaze (en) · White Horse (en) ·Triangle Hill · Hook
(1re) (en) · Hook (2e) (en) ·Chatkol (en) · Vegas (en) · Pork
Chop Hill (en) ·Hook (3e) · Harry (en) · Kumsong (en) ·Fleuve
Samichon · Armistice de Panmunjeom

Post armistice :
Conflit de la zone démilitarisée (en) ·Raid sur la Maison
Bleue ·Attaque de l'EC-121 de 1969 · Incident du
peuplier ·Infiltration de Gangneung · Guerre du crabe ·2013 en
Corée du Nord (en)

modifier
La guerre de Corée a opposé,
du 25 juin 1950 au 27 juillet 1953, la République de
Corée (Corée du Sud), soutenue par les Nations unies (alors
sans la représentation de la République populaire de Chine), à
la République populaire démocratique de Corée (Corée du
Nord), soutenue par la République populaire de Chine et l'Union
soviétique. Elle résulte de la partition de la Corée à la suite d'un
accord entre les Alliés victorieux de la guerre du Pacifique à la
fin de la Seconde Guerre mondiale. C'est l'un des premiers
conflits importants de la Guerre froide.
La péninsule coréenne était occupée par l'empire du
Japon depuis 1910. Après la reddition du Japon en septembre
1945, États-Unis et Union soviétique se partagèrent l'occupation
de la péninsule le long du 38e parallèle, avec au sud des forces
américaines d'occupation et au nord des forces soviétiques19.
L'échec de la tenue d'élections libres dans la péninsule en 1948
aggrava la division entre les deux côtés ; le Nord met en place
un gouvernement communiste, tandis que le Sud met en place
un gouvernement pro-américain. Le 38e parallèle devint
une frontière politique entre les deux États coréens. Bien que
les négociations pour la réunification eussent continué dans les
mois précédant la guerre, les tensions s'intensifièrent. Des
escarmouches et des raids inter-frontaliers persistèrent. La
situation se transforma en guerre ouverte lorsque des forces du
Nord envahirent le Sud le 25 juin 1950. En 1950, l'Union
soviétique boycottait le Conseil de sécurité des Nations unies.
En l'absence d'un véto de l'Union soviétique, les États-Unis et
d'autres pays votèrent une résolution autorisant une
intervention militaire en Corée. Les États-Unis fournirent 88 %
des 341 000 soldats internationaux qui aidèrent les forces du
Sud, complétés par l'assistance de vingt autres pays. Si elle
n'amena pas directement de troupes sur le terrain, l'Union
soviétique fournit de l'aide matérielle aux armées chinoise et
nord-coréenne.
Le conflit se déroula en quatre phases principales 20 :

 mal préparées, face aux 200 000 soldats nord-coréens bien


équipés par les Soviétiques, les forces du Sud accusèrent de
lourdes pertes durant les deux premiers mois et, à la mi-
septembre 1950, elles se retrouvèrent acculées dans le sud-
est de la péninsule, repliées sur le périmètre de Busan ;
 une rapide contre-offensive des forces de l'ONU, dirigées par
le général MacArthur, avec un débarquement le 15
septembre à Incheon, non loin de Séoul, repoussa en octobre
1950 les Nord-Coréens bien au-delà du 38e parallèle, presque
jusqu'au fleuve Yalou, à la frontière chinoise ;
 la République populaire de Chine entra en guerre aux côtés
de la Corée du Nord. 1,7 million de « volontaires chinois »,
commandés par Peng Dehuai, forcèrent les Sud-Coréens et
les troupes de l'ONU à se replier derrière le 38e parallèle à la
mi-octobre 1950. En janvier 1951, les communistes reprirent
Séoul, reconquise par les Américains en mars 1951 ;
 au printemps 1951, ce sont les troupes onusiennes qui
gagnèrent peu à peu du terrain au nord, et le front s'établit
de nouveau aux alentours du 38e parallèle, revenant peu ou
prou aux positions d'avant le début du conflit.
Les négociations reprirent alors et la guerre s'acheva
le 27 juillet 1953, lorsqu'un pacte de non-agression fut signé.
L'accord restaurait la frontière entre les deux Corées près
du 38e parallèle et créait la zone coréenne démilitarisée, une
zone tampon fortifiée entre les deux nations coréennes. Les
deux pays étant encore officiellement en guerre, des incidents
mineurs continuent de se produire encore aujourd'hui.
Du point de vue militaire, la guerre de Corée a combiné les
stratégies et tactiques des deux guerres mondiales : elle
commença par une rapide campagne offensive d'infanterie
suivie de bombardements aériens, mais devint une guerre
statique à partir de juillet 1951.
On estime que le conflit a fait plus de 800 000 morts parmi les
militaires coréens, nordistes et sudistes 20, et 57 000 parmi les
militaires des forces de l'ONU20. Le nombre de victimes civiles
est estimé à 2 millions et le nombre de réfugiés à 3 millions20.
La péninsule a été dévastée par les combats et les
bombardements ; Séoul fut ainsi détruite à plus de 70 %20.

Sommaire

 1Partition de la péninsule
 2Origines
 3Déroulement
o 3.1Assaut nord-coréen
o 3.2Contre-attaque sud-coréenne et onusienne
o 3.3Intervention chinoise
o 3.4Retour au statu quo ante bellum
o 3.5Négociations, problème des prisonniers et armistice
o 3.6Fin de la guerre
 4Stratégies, tactiques et matériels
o 4.1Chars de combat
o 4.2Guerre aérienne
 4.2.1Stratégie
 4.2.2Forces en présence
 4.2.3Implications soviétique, chinoise et mongole
 4.2.4Rapports d’engagements
 4.2.5Épilogue
o 4.3Accusation d'emploi d'armes biologiques américaines
o 4.4Utilisation massive du napalm
 5Question des responsabilités et des massacres
 6Bilan du conflit
 7Après-guerre
 8Pays participants
o 8.1Participation française
 9Notes et références
o 9.1Notes
o 9.2Références
 10Annexes
o 10.1Bibliographie
o 10.2Filmographie
o 10.3Articles connexes
o 10.4Liens externes

Partition de la péninsule[modifier | modifier le code]


Article détaillé : Partition de la Corée.
À la conférence de Yalta (du 4 au 11 février 1945), Staline avait
promis à Roosevelt que l’URSS entrerait en guerre contre
le Japon trois mois après la capitulation de l'Allemagne. Lors de
la conférence de Potsdam20, en juillet-août 1945, les Alliés
étaient convenus qu’en Corée les forces japonaises stationnées
au nord du 38e parallèle se rendraient aux Soviétiques et celles
qui occupaient le sud aux Américains. Les Soviétiques
intervinrent dans le Nord le 9 août 1945, le lendemain même de
la déclaration de guerre au Japon. Pour leur part, les Américains
débarquèrent le 8 septembre suivant, au surlendemain de la
proclamation à Séoul d'une éphémère « République
démocratique » par les partis de gauche à majorité communiste
qui avaient été actifs dans la résistance à l'occupation
japonaise21.
Cependant, ni les États-Unis, ni les Soviétiques, ni a fortiori les
Coréens eux-mêmes ne considéraient comme définitive la
partition de facto de la péninsule coréenne qui découlait de la
double présence américaine et soviétique : en effet, une
commission mixte américano-soviétique se mit en place
dès janvier 1946, mais ses travaux n'aboutirent pas en raison
de la tension croissante entre les deux superpuissances.
En septembre 1947, les Américains portèrent la question
coréenne devant les Nations unies. L’Assemblée générale de
l'organisation désigna alors une commission chargée
d’organiser et de superviser des élections libres en tant que
préliminaires à la formation d’un gouvernement national.
Toutefois, les Soviétiques, qui considéraient les Nations unies
comme une organisation liée aux États-Unis (avant la
décolonisation, la plupart de ses membres appartenaient au
bloc occidental), refusèrent d’admettre la commission dans leur
zone d’occupation.
Les partis de gauche de tout le pays, ainsi que des
organisations nationalistes antiaméricaines, se réunirent
à Pyongyang en avril 1948 et décidèrent le boycott de ces
élections. Celles-ci ne furent finalement organisées que dans la
zone occupée par les États-Unis, sous la surveillance de l'ONU ;
elles portèrent au pouvoir le vieux leader nationaliste
et anticommunisteSyngman Rhee, qui avait été le chef du
gouvernement coréen en exil constitué en 1919.
Le 19 juillet 1948, la République de Corée fut proclamée
à Séoul qui devint sa capitale. En réaction, des élections non
surveillées par l'ONU furent organisées dans la zone
d’occupation soviétique ; elles donnèrent la majorité aux partis
de gauche dominés par les communistes. En même temps, des
élections clandestines se déroulèrent dans le Sud : les délégués
ainsi élus vinrent siéger à Pyongyang, où l'Assemblée populaire
suprême proclama la République populaire démocratique de
Corée. Tout comme la République de Corée, celle-ci prétendait
représenter l'ensemble de la péninsule. L'homme fort du
nouveau régime nord-coréen était Kim Il-sung, secrétaire
général du Parti du travail de Corée et ancien résistant à
l'occupation japonaise. Leader d’un petit groupe de partisans
coréens à partir de 1930, Kim avait en effet dirigé plusieurs
raids contre les avant-postes japonais en Corée à partir de
la Mandchourie où, enfant, il s’était réfugié avec ses parents. En
1941, il quitta la Mandchourie, devenue un état fantoche du
nom de Manchukuo, et reçut un entraînement militaire en Union
soviétique. Il retourna en 1945 dans son pays en tant qu’officier
de l’Armée rouge22.
Syngman Rhee et Kim Il-sung désiraient tous deux réunifier la
péninsule, mais chacun selon sa propre idéologie politique.
Avec la conscription rétablie en 1947 dans le Nord, qui
provoqua une certaine résistance armée dans une partie de la
population (voir UNPIK), l'armée nord-coréenne appelée Armée
populaire de Corée, équipée en chars et en armes lourdes
d'origine soviétique, était davantage en mesure de prendre
l'initiative, tandis que l’armée sud-coréenne, en raison d’un
soutien américain plus limité après le retrait des troupes
d'occupation (décembre 1948 et juin 1949), était en état
d’infériorité, matérielle (aucun char et pas d'avion de combat),
mais surtout numérique.

Origines[modifier | modifier le code]


L'historien français Bernard Droz affirmait en 1992 que la
responsabilité américaine et sud-coréenne apparaissait peu
crédible : « Vu l’état d’impréparation de l’armée sud-coréenne
et la présence sur place de quelques centaines seulement de
conseillers américains23, et depuis l'ouverture des archives
soviétiques24, il est désormais acquis que l'offensive générale
du 25 juin 1950 fut préparée de longue date par la Corée du
Nord25. » D'après des documents d'archives soviétiques, Kim Il-
sung décida d'envahir la Corée du Sud au plus tard début
septembre 1949, alors qu'« il n'y a pas eu d'incidents sérieux
au 38eparallèle depuis le 15 août26. » Staline considérait
toutefois que pour le moment une telle initiative n’était
opportune ni militairement, ni politiquement, ni
économiquement. Il s'inquiéta notamment de l'impréparation
de l’armée nord-coréenne ainsi que d'une possible intervention
américaine et interdit en conséquence une entreprise dont le
plein succès n’était pas assuré. En effet, par un télégramme
daté du 24 septembre 1949, le Politburo chargea
l’ambassadeur soviétique à Pyongyang, le général Chtykov,
d’informer Kim Il-sung qu’aux yeux des dirigeants soviétiques
l’« Armée populaire coréenne […] n’était pas prête pour une
attaque, que celle-ci entraînerait des difficultés politiques et
économiques significatives pour la Corée du Nord » et que par
conséquent une telle attaque n’était pas « permise27 ». Par la
suite, les Nord-Coréens renforcèrent leur armée et la
transformèrent en un formidable instrument offensif sur le
modèle des forces blindées de l'Armée rougesoviétique. Ainsi,
en 1950, la Corée du Nord avait désormais un avantage certain
dans toutes les catégories d'armement. La République
populaire de Chine était d'abord réticente, car une guerre en
Corée déstabiliserait toute la région. Mao Zedongestimait par
ailleurs qu'un tel conflit encouragerait les Américains à
intervenir en Extrême-Orient et interférerait avec la conquête
prévue de Taïwan, où s’étaient retranchées les forces
du Kuomintang de Tchang Kaï-chek. Néanmoins, la Chine
n'accepterait pas la présence de troupes ennemies à ses
frontières, ce qui laissait présager une intervention chinoise au
cas où elle estimait que son territoire était menacé 28.
Le 12 janvier 1950, le nouveau secrétaire
d'État américain, Dean Acheson, déclara au Club national de la
presse que le périmètre de défense américain dans
le Pacifique comprenait les îles Aléoutiennes, les îles Ryūkyū,
le Japon et les Philippines : l'omission explicite de la Corée
pouvait laisser entendre que, en cas de guerre, les Américains
n’interviendraient pas. Cependant, si telle avait été à un
moment la position de Washington, le gouvernement américain
y renonça dès avril 195029. Par conséquent,
l'endiguement restant le principe de la politique américaine,
Washington considérait la Corée du Sud comme un bastion
servant à endiguer la progression communiste en Asie, plus
particulièrement après la victoire des communistes chinois en
194930. Entre-temps, l'attitude de Staline avait évolué : lors
d’une visite de Kim à Moscou en avril 1950, le maître
du Kremlin avalisa les projets annexionnistes du dirigeant nord-
coréen, car, après le départ des troupes américaines, il ne
jugeait plus qu'une guerre faisait courir de graves risques à la
Corée du Nord, tout en précisant cependant qu’il ne pouvait
garantir un soutien officiel de la part de l’Union soviétique.
Certains se sont demandé si l'omission publique de Dean
Acheson en janvier 1950 ne relevait pas d'une provocation
destinée à encourager l'initiative militaire nord-coréenne
annexionniste, de manière à pouvoir déclencher en retour
l'intervention américaine annexionniste inversée 31. Dans une
interview accordée en 1992 à l’historien russe Sergeï
Goncharov, Chung Sang-chin, ancien général de brigade dans
l’armée nord-coréenne, rapporta que, selon l’interprète de Kim
Il-sung, ce dernier aurait invoqué quatre arguments pour
recueillir l’adhésion de Staline : l’attaque, déclenchée à
l’improviste, serait décisive, de sorte que la victoire serait
acquise en trois jours ; en Corée du Sud, l'offensive de l'Armée
populaire serait accompagnée d’un soulèvement des deux cent
mille membres du Parti ; la guérilla communiste apporterait son
appui à l’Armée populaire ; et enfin, les États-Unis n’auraient
pas le temps d’intervenir. Chung ajouta que Kim avait
connaissance du discours Acheson32.
D'après un rapport du ministère des Affaires étrangères
soviétique à l'intention notamment de Brejnev, rapport daté
du 9 août 1966,
« le gouvernement nord-coréen prévoyait d’atteindre son
objectif en trois étapes :

1. concentration de troupes le long du 38e parallèle ;


2. proposition au Sud d'une réunification pacifique ;
3. initiative des opérations militaires après le rejet par le Sud
de la proposition d’une réunification pacifique.
Fin mai 1950, l'état-major de l'Armée populaire, en accord avec
les conseillers militaires soviétiques, annonça que l'armée
coréenne était prête à commencer sa concentration le long
du 38e parallèle. Devant l'insistance de Kim Il-sung, le début des
opérations militaires fut fixé au 25 juin 1950 (télégramme 468,
1950)32. »
La fiabilité des documents soviétiques a été vivement contestée
par les autorités nord-coréennes, tant ils mettent en question
l'histoire officielle du pays33. Par ailleurs, d’après les Nord-
Coréens, qui invoquent la présence de conseillers américains,
les États-Unis n’auraient pas respecté les termes de l'accord
soviéto-américain sur le retrait des troupes de la péninsule et ils
auraient multiplié les provocations et les attaques, certaines
d’envergure, afin de déstabiliser la Corée du Nord. Ainsi, le
musée de la Guerre à Pyongyang expose des documents
d'archives faisant état de projets d'invasion de la République
populaire démocratique de Corée.
Pour leur part, la majorité des historiens sud-coréens, à l'instar
en France d'intellectuels de gauche, relevèrent dès les années
1950 la multiplication des incidents de frontière le long
du 38e parallèle et les déclarations belliqueuses de Syngman
Rheedans la période précédant la guerre, d'où ils conclurent à
une responsabilité partagée. Selon Heo Man-ho, professeur
agrégé au département de science politique et de diplomatie à
la faculté des sciences sociales de Séoul, spécialiste de
l'histoire de la Corée, « les tentatives belliqueuses antérieures à
la guerre de Corée avaient déjà fait plus de 100 000 morts34 ».
En d'autres termes, selon Heo Man-ho, ces incidents de
frontière ont été dans certains cas de « véritables batailles
rangées dans lesquelles environ 6 000 hommes ont été
engagés » (et dont l'initiative venait tant du côté nord-coréen
que du côté sud-coréen), ce qui rendait de plus en plus
probable l'hypothèse d'un conflit ouvert, envisagé par l'un et
l'autre camp. « Il est donc difficile de trancher de façon sûre sur
cette question de savoir qui est l'envahisseur et l'initiateur de la
guerre. Les seuls critères qui peuvent aider à dégrossir cette
question se trouvent dans les préparatifs militaires mis en place
par les dirigeants des deux Corées […] ainsi que dans les
formes du soutien des deux super-puissances auprès de ces
mêmes dirigeants. » Par conséquent, conclut le professeur Heo
Man-Ho, « en nous appuyant sur ces critères, nous pourrions
soutenir la thèse de l’invasion nord-coréenne sur le Sud ; en
effet, la guerre de Corée a été préparée plus sérieusement par
les dirigeants nord-coréens avec les soutiens sino-
soviétiques34 ». S'agissant des préparatifs sud-coréens, l'envoyé
spécial de Harry S. Truman en Corée du Sud, Philip C. Jessup,
souligne, dans un mémorandum à son gouvernement daté
du 14 janvier 1950 à la suite d'un entretien avec le président
sud-coréen Syngman Rhee, que ce dernier a expliqué que les
Coréens du Sud « auraient une ligne de défense stratégique
bien meilleure, si leurs forces se dirigeaient vers la Corée du
Nord, [mais] qu’il n’y a pas eu de planification pour se lancer
dans une quelconque opération de conquête. Pourtant,
l'impression générale de son intervention laisse croire qu'il ne
s'était pas opposé lorsque des forces sud-coréennes, en
bordure du 38e parallèle, avaient pris des initiatives de temps
en temps35 ». De son côté, M. Muccio, ambassadeur américain
à Séoul, fait état qu'en 1948, lors d'une réception au palais
présidentiel sud-coréen, le ministre de la Défense sud-coréen lui
« raconta avec plaisir que ses hommes avaient conquis Haeju »,
ville située sur la péninsule d'Ongjin, « juste au-delà
du 38e parallèle, […] mais [il] n'ajouta pas que pratiquement
tout le monde s'y était fait tuer36 ».
Toujours est-il que Kim Il-sung s'était donné les moyens d’une
offensive générale en renforçant son armée et, quand il reçut
finalement, après quarante-huit télégrammes, la permission
de Staline en avril 1950, et celle de Mao Zedong un mois plus
tard, il prit l’initiative le 25 juin 1950, profitant d’une situation
qu’il jugeait favorable — infériorité matérielle et numérique de
l'armée sud-coréenne, présence sur le terrain de quelques
centaines seulement de conseillers américains, renonciation
apparente des États-Unis à la doctrine Trumanen ce qui
concerne la péninsule coréenne — et cela dans un contexte de
répression des mouvements de guérilla communistes qui
avaient dominé politiquement en Corée du Sudau moment de la
capitulation japonaise.
Les services de renseignement américains se sont montrés pour
leur part incapables d'évaluer correctement les projets de Kim
Il-sung et ne pensaient pas que celui-ci se lancerait dans un tel
conflit37.

Déroulement[modifier | modifier le code]


Les territoires occupés par la Corée du Nord, son allié chinois et
les autres forces communistes (en rouge) et par la Corée du
Sud, les États-Unis et les forces des Nations unies (en vert)
durant la guerre de Corée de 1950 à 1953.
La date du 25 juin 1950, choisie « fin mai 1950 […] devant
l'insistance de Kim Il-sung », marque le franchissement
du 38e parallèle par les divisions nord-coréennes ; elle est
généralement considérée par les historiens occidentaux et
russes comme le début de la guerre de Corée. Pour sa part, la
Corée du Nord retient une date antérieure de quelques jours, en
alléguant qu'elle n'aurait fait que riposter à une importante
incursion sud-coréenne sur son territoire, incursion livrée avec
le soutien de conseillers américains.
Assaut nord-coréen[modifier | modifier le code]
Articles détaillés : Bataille d'Osan, Bataille de
Pyeongtaek, Bataille de Cheonan, Bataille de Daejeon, Bataille
de Hwanggan, Bataille de Unsan, Bataille du périmètre de
Busan, Bataille de Daegu, Bataille de Gyeongju, Bataille de
Sangju, Bataille du fleuve Nam et Bataille de Séoul.
Dans les heures précédant l'aube du 25 juin 1950, sous la
protection d'un formidable barrage d'artillerie, 135 000 Nord-
Coréens franchirent la frontière entre les deux Corées. Le
gouvernement nord-coréen annonça que des troupes
commandées par le « traître et bandit » Syngman Rhee avaient
traversé le 38e parallèle, et que par conséquent le Nord avait
été obligé de riposter « à une grave provocation des fantoches
de Washington », selon L'Humanité du lendemain. De son
côté, Jean-Paul Sartre, compagnon de route du Parti
communiste français, affirma que « c’était la Corée du Sud qui
avait attaqué la Corée du Nord à l'instigation des États-Unis 38 ».
Conseillée et équipée par les Soviétiques, qui ne s'engageront
toutefois jamais ouvertement, l'armée nord-coréenne mit en
ligne sept divisions, 150 T-34, 1 700 pièces d'artillerie, 200
avions de combat et d'importantes réserves. L'attaque nordiste
fut dévastatrice. Au moins les deux tiers de la petite armée sud-
coréenne (à peine 38 000 hommes répartis sur 4 divisions
d'infanterie) étaient alors en permission, laissant le pays
largement désarmé. Les Nord-coréens attaquèrent en plusieurs
endroits stratégiques, parmi
lesquels Kaesong, Chunchon, Uijongbu, et Ongjin. En quelques
jours, les forces sudistes, surclassées en nombre et en
puissance de feu, furent mises en déroute et durent battre en
retraite. Tandis que l'attaque au sol progressait, l'armée de l'air
nordiste bombarda l'aéroport de Gimpo à Séoul où se trouvait
les 22 avions de liaison et d'entraînement de l'aviation du
Sud. Séoul fut prise dans l'après-midi du 28 juin. Les Nord-
Coréens n'avaient toutefois pas réussi à atteindre leur objectif
principal, à savoir la reddition rapide du gouvernement de Rhee
et la désintégration de son armée.

Char T-34 nord-coréen à Suwon.


L'invasion de la Corée du Sud (République de Corée, RdC, ROK
en anglais) semble avoir été une surprise complète pour les
États-Unis et leurs alliés ; quelques jours avant l'offensive nord-
coréenne, le 20 juin, Dean Acheson, le nouveau secrétaire
du Département d'État, avait déclaré officiellement
au Congrès qu'une guerre était improbable. Truman lui-même
fut contacté quelques heures après le déclenchement de
l'offensive ; il crut qu'il s'agissait du début de la troisième
Guerre mondiale. En tout état de cause, une partie de l'état-
major américain aurait accueilli avec enthousiasme l'annonce,
espérant pouvoir ainsi « endiguer » (stratégie du containment)
la progression des communistes en Extrême-Orient. « Les
Coréens nous sauvent », aurait déclaré le secrétaire d’État
Acheson quand il reçut le 25 juin la nouvelle du déclenchement
des hostilités39. Malgré la démobilisation partielle des forces
américaines et alliées après la défaite du Japon, ce qui causa de
sérieux problèmes logistiques aux troupes américaines dans la
région - hormis les Marines, les divisions d'infanterie envoyées
en Corée ne comptaient que 40 % de leurs effectifs et la
majeure partie de leur équipement était inutilisable -, les États-
Unis avaient encore 83 000 hommes destinés à l'occupation du
Japon répartis en trois divisions d'infanterie plus la 1re division
de cavalerie, sous le commandement du général Douglas
MacArthur. À part les unités du Commonwealth en Corée,
aucune autre nation ne pouvait fournir des renforts importants.
Le président Harry S. Truman, à la nouvelle de l'invasion,
ordonna à Mac Arthur de transférer des munitions au profit de
l'armée sud-coréenne (en anglais ROK Army, ou ROKA) et de
fournir une protection aérienne afin de permettre l'évacuation
des citoyens américains. Toutefois, Truman était en désaccord
avec ses conseillers, qui voulaient lancer des raids aériens
contre la Corée du Nord. Il autorisa cependant la Septième
flotte américaine à protéger Taïwan, mettant ainsi fin à la
politique américaine de désengagement vis-à-vis du
gouvernement nationaliste du Kuomintang, confiné à Taïwan –
réplique américaine redoutée par Mao avant l'attaque nord-
coréenne. Tchang Kaï-chek proposa de participer à la guerre,
mais cette demande fut rejetée par les Américains au motif que
cela ne ferait qu'encourager une intervention des communistes
chinois.
Char M4A3E8 Sherman en position de tir sur une colline.
Contre-attaque sud-coréenne et
onusienne[modifier | modifier le code]
Articles détaillés : Bataille de Séoul, Bataille du périmètre de
Busan, Bataille d'Incheon, Ordre de bataille de la 7e flotte des
États-Unis lors de la guerre de Corée, Bombardement de Corée
du Nord et Bombardement de Pyongyang.

La poche de Busan lors de la contre-attaque sur


Incheon (septembre 1950).
Au Conseil de sécurité des Nations unies, les États-Unis,
profitant de l'absence de l'Union soviétique (politique dite du
« siège vide », pour dénoncer le refus américain d'admettre la
Chine communiste au Conseil), firent adopter
le 27 juin 1950 la résolution 83 condamnant l'agression nord-
coréenne ; le 7 juillet, la résolution 84 leur confia le
commandement d'une force onusienne. Seize pays acceptèrent
de venir en aide à la Corée du Sud. Parmi ceux-ci, les plus
importants étaient le Royaume-Uni et diverses forces
du Commonwealth dont celles du Canada, de l'Australie et de
la Nouvelle-Zélande. Parmi les autres participants à la force des
Nations unies, les Philippines, la Turquie, la France, la Belgique,
la Grèce, la Thaïlande et la Colombie envoyèrent plusieurs
milliers de soldats. Les autres pays participants se limitèrent à
envoyer des équipes médicales.
En septembre les forces nord-coréennes avaient occupé la
quasi-totalité de la Corée du Sud. Les débris de l'armée sud-
coréenne ainsi que la 8e armée des États-Unis envoyée en
renfort avaient dû reculer jusqu'à être réduits à se défendre au
sud-est de la péninsule, dans la petite poche de Busan,
parvenant à stabiliser le front le long de la rivière Nakdong avec
le secours d'un important appui aérien, empêchant les
Nordistes de prendre le contrôle de la péninsule tout entière.
Bien qu'encore en attente de renfort de nouvelles forces alliées,
le général américain MacArthur décida de lancer une contre-
offensive. Le 15 septembre 1950, les marines débarquèrent
à Incheon (Opération Chromite), prenant à revers les troupes
nord-coréennes et coupant leurs lignes de ravitaillement.
Celles-ci, encerclées, se désagrégèrent rapidement et Séoul fut
reprise dès le 26 septembre 1950.
Le 30 septembre 1950, les effectifs des forces des Nations
unies, essentiellement américaines, étaient de
230 000 hommes dont 165 000 pour les unités terrestres et
85 000 pour la marine et l'aviation. Le 7 octobre, les troupes
des Nations unies franchirent à leur tour le 38eparallèle et
pénétrèrent en Corée du Nord. Le 26 octobre, quelques unités
atteignirent le Yalou, fleuve délimitant la frontière sino-
coréenne.
Intervention chinoise[modifier | modifier le code]
Articles détaillés : Bataille de Wawon, Bataille du réservoir de
Chosin, Bataille de Jipyeong-ri, Colline Gloster, Bataille du fleuve
Han et Bataille du Chongchon.
Plan d'action de la bataille du réservoir de Chosin et retrait des
troupes onusiennes

Fantassins chinois au combat en 1952.


La Chine intervint alors de manière non officielle en déployant
une armée des volontaires du peuple chinois (中国|人民|志愿|军, 中國|人民|
志願|軍 , Zhōngguó Rénmín Zhìyuàn Jūn)40. Le 31 octobre, les
effectifs terrestres des Nations-Unies étaient montés à 205 000,
forces sud-coréennes non comprises ; c'est à cette date que 54
divisions chinoises41 comptant 270 000 hommes franchirent
le Yalu, où elles entrèrent en contact avec des unités
américaines.

Évacuation par l'US Navy de réfugiés en provenance de Corée


du Nord.
Il s'agissait de la IVe armée populaire, commandée par le
général Peng Dehuai. Après des combats acharnés contre les
forces chinoises, les Américains et les Sud-Coréens furent
repoussés. Les Chinois se retirèrent et les Américains purent
ainsi reprendre leur offensive jusqu'à ce que, à partir du 26
novembre 1950, plus d'un demi-million de soldats chinois de
l'armée populaire de libération appuyant l'armée nord-coréenne
repassent à l'attaque avec une couverture aérienne de
l'aviation soviétique42. Les forces des Nations unies, éparpillées
et mal équipées contre le froid, furent rejetées au-delà
du 38eparallèle, entraînant dans leur retraite plus d'un million
de civils nord-coréens fuyant le régime communiste ; Séoul fut
repris par les Nord-Coréens et leurs alliés chinois. On assista en
outre à l'évacuation par mer à Hungnam (environ
105 000 soldats, 98 000 civils, 17 500 véhicules et
350 000 tonnes d'équipements) et à Chinnampo du Xe corps
d'armée américain et du Ier corps d'armée coréen encerclé par
l'ennemi43.
Le 4 janvier 1951, les Chinois reprennent à nouveau Séoul. Au
total, 70 % des membres de l'armée populaire de libération
servirent en Corée, soit 2,97 millions de militaires en trois ans
de conflit, auxquels il faut rajouter 600 000 travailleurs civils.
Retour au statu quo ante bellum[modifier | modifier le code]
Articles détaillés : Bataille de Kapyong, Bataille de Maryang
San, Opération Commando, Bataille aérienne de
Suncheon et Bataille du fleuve Samichon.
Pour redresser la situation, MacArthur suggère sans succès de
lancer des dizaines de bombes nucléaires sur
la Mandchourie44 et l'intervention des forces chinoises
nationalistes du Guomindang45. Le général Ridgway, alors
commandant de la 8e armée, parvint à reprendre Séoul
le 14 mars 1951 à la suite de plusieurs offensives acharnées et
à repousser les forces communistes au-dessus du 38eparallèle.
En désaccord avec Truman, MacArthur est limogé
le 11 avril 1951 car le président redoutait un affrontement sino-
américain dont l'Union soviétique aurait pu tirer profit. Il est
remplacé par Ridgway. Le front se stabilisa sur la ligne de
démarcation actuelle et bien que l'état-major américain eût
planifié des débarquements en Corée du Nord pour réunifier la
péninsule, ceux-ci furent suspendus par les autorités politiques
car l’idée d’un statu quo ante bellum commençait alors à se
répandre. Ridgway est remplacé à la tête de la 8e armée des
États-Unis par le général James Van Fleet qui quitte le service le
31 mars 195346.
Durant cette phase, le bataillon français livra encore
d'importantes batailles : du 23 mai au 5 juin 1951, la bataille du
Soyang également appelée le Massacre de mai, suivie d'une
guerre de position. Du 5 au 10 octobre 1952, la bataille d'Arrow
Head stoppe les attaques chinoises.
Négociations, problème des prisonniers et
armistice[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Armistice de Panmunjeom.
Le major-général Lee Sang-Jo, officier de liaison nord-coréen a
Panmunjeom, le 10 avril 1953.
Le 23 juin 1951, Jacob Malik (en), délégué permanent de l’URSS
aux Nations-Unies, insère dans un discours un passage où il
suggère une négociation sur la base d'un retour à la situation
antérieure : un tel scénario avait débouché deux ans plus tôt
sur la levée du blocus de Berlin47. Dès le 10 juillet 1951, les
délégués des deux camps se rencontrèrent à Kaesong, à
proximité de l’ancienne ligne de démarcation. Mais il faudra
attendre le 27 juillet 1953 après le décès de Staline pour que
les négociations aboutissent à Panmunjeom, mettant fin à un
conflit qui aura duré trois ans et causé au moins un million de
morts selon la plupart des historiens occidentaux (plus de deux
millions selon les Nord-Coréens). Le cessez-le-feu consacra le
retour au statu quo ante bellum : en effet, la Zone coréenne
démilitarisée entre les deux Corées (coupant le 38e parallèle en
diagonale, suivant une bande de 249 km de long sur 4 km de
large) fait que la superficie de chacun des territoires des deux
Corées seront sensiblement les mêmes qu'au début du conflit
avec cependant un petit avantage pour le Sud, la ligne de front
s'étant stabilisé un peu au-delà de l'ancienne frontière.
Prisonniers de guerres nord-coréens et chinois dans un camp à
Pusan en avril 1951.
La proportion de pertes parmi les prisonniers de guerre sud-
coréens et des Nations-Unies dans les camps nord-coréens et
chinois atteint selon certaines études aux alentours de 43 %. Le
caractère idéologique du conflit n’explique pas à lui seul cette
extrême surmortalité, davantage conséquence des mauvaises
conditions d’hygiène et de nutrition que des actions directes
des geôliers, du moins après la première année de guerre 48. Les
négociations sur les prisonniers de guerre furent très âpres et
l'une des principales raisons de la lenteur des pourparlers de
paix. Le 18 décembre 1951, les Nations-Unies fournirent les
noms de 132 000 prisonniers sur 176 000 captifs. Le désaccord
dans les chiffres provient du fait que 38 000 « soldats nord-
coréens » étaient en réalité des citoyens du Sud enrôlés de
force par le Nord. Il manquait aussi 6 000 morts ou évadés. La
liste communiste comprenait les noms de 11 559 prisonniers,
en contradiction avec le fait que la radio de Pyongyang, après
9 mois de guerre s'était vantée de détenir 65 000 prisonniers.
Mais au 18 décembre 1951, les forces communistes déclaraient
détenir 7 145 Sud-Coréens, 3 198 Américains, 919 Britanniques,
234 Turcs, 40 Philippins, 10 Français, 6 Australiens, 4 Sud-
Africains, 3 Japonais, 1 Canadien, 1 Grec et 1 Néerlandais.
Des 10 000 Américains manquant, un tiers seulement avaient
été retrouvés. Pas un seul des 1 036 prisonniers dont les noms
à un moment ou un autre avaient été cités dans les médias du
bloc de l'Est n'apparaissait sur la liste. Sur les 110 noms
communiqués à la Croix-Rouge, il n'en restait que 44 sur la
liste. Plus grave, 50 000 Sud-Coréens disparus avaient été
« libérés sur les lignes de front » selon la Corée du Nord,
embrigadés de force dans l'armée du Nord selon les Nations
unies. Ce furent les méthodes de rapatriement des prisonniers
aux mains des Nations unies qui freinèrent les négociations, la
Chine et la Corée du Nord voulant que tous les prisonniers leur
soient remis sans conditions tandis que les Nations unies
prônaient la liberté de choix. Finalement, la deuxième solution
fut adoptée, à la suite de compromis arrachés aux nations
communistes qui pouvaient tenter de convaincre leurs citoyens
de renoncer à leur choix. Sur les 75 000 prisonniers qui avaient
demandé de rester dans le camp occidental, 5 000 renoncèrent
à leur projet initial. Le retour des prisonniers se fit en 2 phases :
l'opération « Petit Échange », en avril 1953, où les Nations
unies restituèrent 5 194 militaires et 416 civils nord-coréens
tandis que le Nord rendait 471 Sud-Coréens, 149 Américains, 32
Britanniques, 15 Turcs, 6 Colombiens, 5 Australiens, 2
Canadiens, 1 Grec, 1 Sud-Africain, 1 Philippin et 1 Néerlandais.
Puis l'opération « Grand Échange » consista en un échange
massif de prisonniers après l'armistice : 70 159 Nord-Coréens et
5 640 Chinois furent rapatriés dans leurs pays respectifs tandis
que 7 848 Sud-Coréens, 3 597 Américains et 1 312 membres
des autres contingents des Nations unies furent libérés.
Environ 15 000 Chinois et 50 000 Nord-Coréens choisirent de
rester au Sud, tandis que 305 Sud-Coréens, un Britannique et
vingt-et-un Américains restèrent dans le Nord (trois Américains
changèrent d'avis après coup).
Fin de la guerre[modifier | modifier le code]
Une rencontre entre les dirigeants des
deux Corées le 27 avril 2018 amène à une déclaration
commune de fin de la guerre sur la péninsule 49.

Stratégies, tactiques et matériels[modifier | modifier le code]


Chars de combat[modifier | modifier le code]
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SU-76 nord-coréen à côté d'un char M26 Pershing du United


States Marine Corps.
Bien que la géographie montagneuse de la Corée limite
sérieusement l'utilisation des chars de combat et empêche les
grandes offensives mécanisées, ceux-ci servent avec succès
dans les deux camps dans l'appui de l’infanterie. Outre les T-
34/85 qui firent forte impression, la Corée du Nord engagea des
canons automoteurs SU-76.
Bien qu'initialement les forces aériennes américaines déclarent
avoir détruit la majorité des blindés nord-coréens, les études
sur les 256 chars T-34 nord-coréens perdus entre juillet et
novembre 1950 montrent que seuls 63 d'entre eux l'ont été par
l’aviation et 97 par des chars (32 par des M26 Pershing, 19 par
des M46 Patton, 1 par un char M24 Chaffee et 45 par
des M4A3E8 Sherman)50.
Guerre aérienne[modifier | modifier le code]
Stratégie[modifier | modifier le code]
Intensification des combats aériens[modifier | modifier le
code]
Articles connexes : Opération Strangle (guerre de
Corée), Bombardement de la Corée du Nord, MiG
Alley et Bataille aérienne de Suncheon.

Des F-86 Sabre de l'USAF sur une base aérienne à Suwon en


1952.
Le conflit qui éclata cinq ans après la fin de la Seconde Guerre
mondiale fait apparaître combien la recherche de la supériorité
aérienne devint une priorité absolue pour le commandement
des Nations unies, c’est-à-dire des Américains. Il vit les
premiers combats entre avions à réaction, alors que les avions
à hélice vétérans de la précédente guerre furent largement
utilisés. En effet, le rapport quantitatif des forces terrestres
apparut, dès le début des opérations, favorable aux Sino-nord-
coréens, de façon écrasante. Afin que ce grave déséquilibre
n’entraînât pas un désastre pour les forces terrestres de l’ONU,
il fut indispensable d’éviter que des avions nord-coréens ne
puissent appuyer leurs troupes au sol. En fait, les forces
aériennes nord-coréennes étaient constituées, pour une part
importante, de pilotes soviétiques et polonais. La plupart des
engagements en combat aérien contre les F-86 américains le
fut par des MiG-15 — qui étaient au début du conflit l'un des
plus performants au monde —, aux mains de pilotes
soviétiques. Les escadrons soviétiques étaient relevés toutes
les six semaines.
Le 64 OIAK (64e corps aérien indépendant de chasse) de
l'armée de l'air soviétique déployé depuis février 1950 à
Shanghai contre les forces aériennes de Taïwan fut déployé
dans la province de Liaoning et le 9 novembre 1950, une
victoire et une perte au combat contre les forces aériennes
américaines furent enregistrées51. À cette situation militaire
défavorable pour les forces aériennes de l'ONU (en fait
américaines) s’ajouta une sévère contrainte politique. Il fut, en
effet, interdit aux forces aériennes de l’ONU d’intervenir au sol
comme en vol en territoire chinois, base de départ de
nombreux raids « nord-coréens ». La recherche de la supériorité
aérienne dut ainsi être conduite plus au sud, dans ce qui fut
nommé la MiG Alley : par le biais de la destruction des 75
terrains militaires nord-coréens par la 5e US Air Force, et par
l’engagement en vol des forces aériennes ennemies. Même si
les engagements furent fréquents dans cette « allée », les
résultats des destructions en vol furent faibles. En décembre
1952, qui fut un mois particulièrement actif, 3 997 MiG-15furent
aperçus par la chasse américaine, 1 849 furent engagés (46 %),
27 seulement furent abattus, c’est-à-dire 1,5 % des avions
engagés, la plupart du temps en combat tournoyant. De même,
et sur l’ensemble de la guerre de Corée, les pertes d’appareils
alliés en vol s’établirent à 44 avions détruits pour 10 000
sorties, soit moins de la moitié du taux de destruction en vol
constaté lors de la Seconde Guerre mondiale, malgré la
pugnacité des pilotes du Nord. Ne pouvant intervenir au-dessus
du territoire chinois, l’United States Air Force adopta
rapidement la stratégie du containment, c’est-à-dire de
l’endiguement, le long du Yalou, dès lors que les terrains de
Corée septentrionale étaient devenus inutilisables en raison des
graves destructions qu'ils avaient subies. La souplesse d’emploi
de l’arme aérienne autorisa le respect rigoureux de la règle d’or
de l’aviation de combat occidentale : la poursuite d’un objectif
unique. La concentration des moyens dans le temps et l’espace,
la quasi-permanence des sweeps de chasse dans ce
quadrilatère, la rapidité des interventions constituèrent les
éléments les plus représentatifs de la stratégie aérienne
occidentale.
Bombardement stratégique
dévastateur[modifier | modifier le code]
B-29 du 19th Bomb Group au-dessus de la Corée du Nord en
août 1951. Cinq groupes de bombardement et un de
reconnaissance du Strategic Air Command équipé de cet avion
furent mis à la disposition du Far East Air Forces fin 195052.
Dans le même temps, le choix d'intensifier les campagnes
de bombardement stratégique s'est traduit par la mort d'un
nombre plus important de civils nord-coréens.
Au cours des 37 mois de ce conflit, les forces armées des États-
Unis du Commandement des Nations unies en Corée ont
employé 576 000 tonnes de bombes53 dont 412 000 pour
l'United States Air Force54 dont une bonne part dans des
opérations de bombardements stratégiques. 29 535 tonnes
de napalm ont étaient également largués53.
Selon les Nord-Coréens, « plus de 10 000 bombardiers (chiffre
cumulatif) ont mené plus de 250 raids aériens sur la seule ville
de Pyongyang entre mi-juillet et mi-août 1951, les « cibles »
allant des hôpitaux, aux maisons rurales avoisinant la ville. Le
nord de la Corée, bien que ne faisant qu’un tiers de la superficie
du Japon, a été bombardé selon eux 3,7 fois plus que ce dernier
lors de la Seconde Guerre mondiale, soit 600 000 tonnes de
bombes (napalm et autres)»55. L'historien américain Bruce
Cumings ajoute que les experts américains en Corée
développèrent ainsi une nouvelle forme de guerre aérienne,
sophistiquant des méthodes déjà utilisées contre le Japon
impérial : « La guerre de Corée passe pour avoir été limitée,
mais elle ressembla fort à la guerre aérienne contre le Japon
impérial pendant la Seconde Guerre mondiale, et fut souvent
menée par les mêmes responsables militaires américains. Si les
attaques d’Hiroshima et de Nagasaki ont fait l’objet de
nombreuses analyses, les bombardements incendiaires contre
les villes japonaises et coréennes ont reçu beaucoup moins
d’attention »45.
Toujours selon la même source, Bruce Cumings observe que
ces bombardements massifs ne correspondaient pas aux
« bombardements de précision » invoqués par l'armée
américaine : « Au sein de l’armée de l’air américaine, certains
se délectaient des vertus de cette arme relativement nouvelle,
introduite à la fin de la précédente guerre, se riant des
protestations communistes et fourvoyant la presse en parlant
de “bombardements de précision” ».
Enseignements de la guerre aérienne pour les experts
américains[modifier | modifier le code]
Si le conflit de Corée constitue un cas particulier, compte tenu
des données politiques et géographiques, il convient toutefois
de souligner que les chefs aériens, nourris des riches
enseignements de la Seconde Guerre mondiale, surent
s’adapter afin d’atteindre rapidement cet impératif de la
supériorité aérienne, en complétant l’action de neutralisation
des terrains ennemis en Corée du Nord par la fixation des
forces aériennes soviétiques et chinoises dans un quadrilatère
choisi par eux. Cette stratégie de l’abcès de fixation fonctionna.
En effet, le taux de pertes en vol fut faible, inférieur de moitié à
celui observé pendant la Seconde Guerre mondiale, et l’appui
au sol des forces nord-coréennes, écrasantes numériquement,
fut en conséquence insignifiant.
Forces en présence[modifier | modifier le code]

Le 1er janvier 1953 en Corée, des Corsairs survolent un peloton


de Marines. Ce vétéran de la guerre contre l'Empire du Japon fut
utilisé pour 80 % des missions d'appui au sol des forces de
l'ONU.
Nations unies[modifier | modifier le code]
Les forces aériennes des Nations unies sont essentiellement
issues des forces américaines. Trois armées aériennes (La 5e,
la 13e et la 20eAir Force) sont engagées sous le commandement
général de la Far East Air Force. À cela s'ajoute le groupe
aéronaval, comprenant les appareils embarqués sur les 36
porte-avions qui participent un moment ou un autre au conflit; à
noter que le premier navire de ce type sur place fut de la Royal
Navy. Environ 80 % des missions d'appui au sol au début de la
guerre ont été assurés par des Chance Vought F4U Corsair.
Fin juillet 1953, à la conclusion de la guerre donc, les forces
aériennes des Nations unies sont les suivantes : 128 B-
26 Invader, 218 F-84Thunderjet, et 297 F-86 F Sabre ; des P-51
Mustang et F-80 Shooting Star ont également participé à la
guerre en grand nombre, sans compter quelques chasseurs de
nuit et les hélicoptères et les quadrimoteurs B-29 basés au
Japon ou à Okinawa. Plusieurs centaines d’avions embarqués
ont également participé au conflit (F4U Corsair et F9F Panther).
Un total de 800 pilotes, soutenus par 59 700 personnels au sol,
servirent en Corée pour le compte des Nations unies. Il s’agit
principalement de personnel américain.
Corée du Nord[modifier | modifier le code]
Un MiG-15 nord-coréen fut remis par un déserteur aux forces
américaines en 1953.
La Corée du Nord commence la guerre avec une force aérienne
relativement modeste, composée de 239 appareils, tous à
moteurs à pistons. On compte 129 Yaks, 43 Il-10S (version
améliorée du célèbre Iliouchine Il-2 Sturmovik), ainsi que
quelques Po-2 et autres appareils. Dans les premières semaines
du conflit, l’armée de l’air nord-coréenne est largement
surclassée par les forces des Nations unies, si bien que
le 22 juillet 1950, elle est réduite à seulement 65 avions. En
fait, l’armée de l’air nord-coréenne ne joue elle-même qu’un
rôle mineur durant le conflit. Ce sont les Chinois et surtout les
Soviétiques qui assurent le gros des combats, sans que cela soit
clairement explicité. En effet, s’il avait été publiquement
reconnu que des pilotes et des machines soviétiques
combattaient en Corée, les États-Unis auraient pu être conduits
à déclarer la guerre à l’Union soviétique, malgré la menace
nucléaire. À la fin de la guerre, environ 125 Mikoyan-Gourevitch
MiG-15 sont directement sous le contrôle des Nord-Coréens.
République populaire de Chine[modifier | modifier le code]
Article connexe : Relations entre la Chine et la Corée du
Nord.
Dès les derniers jours du mois de juin 1950, la force aérienne
chinoise déploie sa première brigade aérienne en Corée du
Nord. Elle se compose de :

 38 MiG-15
 39 La-11
 39 Tu-2 (bombardiers)
 25 Il-10 (attaque au sol)
 14 Yak-12 (entraînement).
Le 1er septembre 1951, on estime que pas moins de 525 MiG-
15 servaient sous les cocardes nord-coréennes. Début juin
1952, les forces aériennes de la Chine populaire sont de l’ordre
de 1 830 avions, dont un millier de chasseurs. Le 31 juillet
1953, la Chine populaire possède encore sur le théâtre coréen
neuf corps de chasseurs (près de 500 MiG-15) et deux corps de
bombardiers (54 Tu-2). Malgré des effectifs qui apparaissent
donc comme non négligeables, les forces aériennes
communistes ne furent jamais en mesure de soutenir
efficacement leur armée de terre et encore moins d'agir
stratégiquement sur les arrières américains.
Implications soviétique, chinoise et
mongole[modifier | modifier le code]
Les Soviétiques fournirent, avec les Chinois, une grande partie
de l’effort de guerre aérien. En effet, les pilotes nord-coréens
étaient loin d’être aussi bien formés au maniement des fameux
MiG-15 que les affrontements le laissaient entendre. À plusieurs
reprises, des pilotes occidentaux rapportèrent avoir pu
clairement apercevoir des pilotes de MiG-15 à la carrure trop
forte pour des Asiatiques, des Russes probablement.
Le 10 octobre 1950, Staline promit d’envoyer à la Corée du
Nord du matériel militaire et de transférer pas moins de 16
régiments de l’aviation soviétique afin de garantir la protection
des territoires chinois et nord-coréen. Ce sont près de 72 000
Soviétiques qui servirent, sur trois années, en Corée et en
Chine. L'historiographie soviétique n'a pas tardé à reconnaître
et revendiquer cette participation destinée à accomplir son
devoir internationaliste56. Il faut aussi compter avec une
intervention terrestre de la Mongolie extérieure : un pays qui fut
le deuxième pays socialiste par ordre chronologique de
formation (1920)57. Cela ajouta à la qualité supérieure des
pilotes chinois et surtout soviétiques qui fit de l’Armée de l’Air
nord-coréenne un adversaire redoutable pour les forces de
l’ONU.
Cela est d'autant plus vrai que, avant la mise en service du F-86
Sabre, les États-Unis et leurs alliés ne disposaient
d’aucun avion capable de rivaliser avec le MiG-15, le
meilleur chasseur du monde à cette époque. Afin de pouvoir
combattre plus efficacement le MiG-15, les États-Unis tentèrent
par tous les moyens d’en obtenir un exemplaire intact. Faute de
défection dans les rangs communistes, ils allèrent jusqu’à offrir
en avril 1953 une récompense de 100 000 dollars — une forte
somme pour l’époque, assortie de la promesse d'un asile
politique — pour un appareil intact. Cependant, aucun MiG-15
ne se présenta avant la fin de la guerre et ce n’est qu’en
septembre 1953 qu’un appareil fut livré par un déserteur, qui
affirma ne pas être au courant de la récompense promise.
Rapports d’engagements[modifier | modifier le code]
Au 25 juin 1951, les Nations unies revendiquent 391 avions
détruits ou endommagés au cours de la première année de
guerre. Les pertes sont les suivantes : 188 chasseurs, 33
bombardiers, 9 transports et 17 divers. Ce jour, 89 F-86 Sabre
sont déployés en Corée et le nombre total de MiG-15
disponibles pour les communistes est de l’ordre de 445.
Le 1erjuillet de la même année, les Nations unies reconnaissent
la perte de 246 appareils (surtout due à la DCA selon eux),
857 morts et disparus. Plus de 200 MiG sont revendiqués
comme ayant été détruits. En avril 1952, les Nations unies
rapportent 243 avions détruits et 290 avions endommagés en
un mois. Un total de 771 avions auraient été détruits par la DCA
nord-coréenne du 1er septembre 1951 au 30 avril 1952. Les
Américains affirment de plus que le rapport MiG détruits pour F-
86 détruits est de onze pour un. Le 26 juin 1952, les statistiques
suivantes sont publiées par les Nations unies 58 :
 Nations unies : 1 180 victoires confirmées, dont 336 MiG, 75
victoires probables, 513 avions endommagés ;
 communistes : 637 victoires confirmées (DCA comprise).
Ces chiffres sont à considérer avec précaution tant les
annonces de victoires par rapport aux pertes subies par les
deux camps sont discordantes. Alors que l'USAF annonce avoir
perdu 16 bombardiers B-29 au combat, les pilotes soviétiques
revendiquent 66 destructions en combat aérien de cet appareil
sans compter les revendications chinoises et nord-coréennes.
La United States Far East Air Force (en) (FEAF) a perdu un total
de 1 406 avions (accidents compris) et a eu 1 144 hommes tués
et 306 blessés au cours de la guerre. Trente hommes de la
FEAF qui avaient été portés disparus ont finalement été
renvoyés au contrôle militaire, 214 prisonniers de guerre ont
été rapatriés sous les termes de l'accord d'armistice, tandis que
35 hommes étaient toujours détenus en captivité en juin
195459. À partir du moment où les forces communistes refluent,
l’essentiel des combats aériens entre les chasseurs des Nations
unies et des communistes se dérouleront dans la zone connue
sous le nom de MiG Alley. Opérant depuis des bases situées sur
le territoire chinois, les MiG-15 parvinrent à s’opposer avec
succès aux forces occidentales, forçant notamment les
bombardiers B-29 à ne plus opérer que de nuit. Même lorsque
la situation au sol était largement en leur défaveur, les pilotes
communistes continuèrent à effectuer des sorties pour
contester la supériorité aérienne des Nations unies.
La zone de la MiG Alley correspond à tout ce qui se trouve à
l’ouest du triangle formé par les villes
de Huichon, Changju et Sinanju (en) (en Corée du Nord
actuelle). Les avions occidentaux avaient l’interdiction de
franchir la frontière chinoise pour attaquer les bases des
escadrons de MiG mais, dans le feu de l’action, plusieurs avions
franchirent effectivement cette frontière.
À la fin de la guerre, la Corée du Nord publia un rapport qui
estime les dommages lui ayant été infligés par l’arme aérienne,
en insistant sur les destructions infligées aux écoles, hôpitaux
et maisons :

 plus de 8 700 usines détruites ;


 plus de 600 000 maisons détruites ;
 6 000 écoles et hôpitaux détruits
[réf. nécessaire]
En tout, 40 % du potentiel industriel du pays auraient été
détruits. La dramatisation de ce rapport insiste sur les
destructions causées aux écoles, hôpitaux et maisons alors que
les combats firent des dégâts similaires au sud, ce qui n’est pas
mentionné.
Épilogue[modifier | modifier le code]
La puissance aérienne joua un rôle clé : pour la première fois
dans l’histoire, on fit usage en conditions opérationnelles
d’avions de combat à réaction (si l'on excepte le cas du Me
262 durant la Seconde Guerre mondiale). La Chine était
devenue une puissance aérienne et militaire majeure. La moitié
de ses 1 400 chasseurs était des MiG-15 construits par les
Soviétiques, avions considérés comme étant les meilleurs du
monde. Opérant à partir de bases situées en Mandchourie et ne
s’aventurant que très rarement au-dessus des lignes de l’ONU,
les MiG-15 menacèrent néanmoins la suprématie aérienne de
cette dernière, en particulier au-dessus de la MiG Alley. Il fallut
attendre que les États-Unis produisent les F-86 Sabre pour que
les forces de l’ONU aient enfin à disposition un avion capable de
rivaliser avec le MiG-1558.
Accusation d'emploi d'armes biologiques
américaines[modifier | modifier le code]
Dans une note datée du 21 décembre 1951, le secrétaire d'État
américain à la Défense, Robert Lovett, demanda au comité
interarmées des chefs d'état-major (Joint Chiefs of Staff) de
fournir des directives « pour l'emploi d'armes
chimiques et bactériologiques60. » De 1938 à 1945, confrontée
au même problème de l'énorme supériorité numérique chinoise,
l'armée impériale japonaise avait employé à maintes reprises
ces armes contre les troupes ennemies et les populations
civiles, notamment lors de la bataille de Changde61. Les
Américains avaient par la suite soigneusement récupéré les
résultats des travaux de Shirō Ishii en échange d'une
exonération de poursuite devant le Tribunal de Tokyo, accordée
à tous les membres de ses unités de recherche par Douglas
MacArthur62. Selon la Chine et la Corée du Nord, ces armes
auraient été utilisées par les Américains sur une grande échelle
vers le début de l'année 195263. L'utilisation de l'arme
biologique fut évoquée, à tort, le 22 février 1952 lorsque le
ministre des Affaires étrangères nord-coréen, Pak Hon-yong,
accusa officiellement les Américains d’avoir répandu en Corée
du Nord des « insectes-vecteurs » diffusant la peste,
le choléra et « d’autres maladies ». Deux jours plus tard, Zhou
Enlai porta la même accusation et, le 8 mars, il affirma qu’entre
le 29 février et le 5 mars des avions américains avaient
répandu à soixante-huit reprises des insectes porteurs
de germes pathogènes sur la Mandchourie.
Le 12 mars 1952, le secrétaire d’État américain Dean
Acheson demanda officiellement au Comité international de la
Croix-Rouge (CICR) de mener une enquête dans les régions
signalées par les Nord-Coréens et les Chinois. Le CICR présenta
sa requête le même jour à la Corée du Nord et à la Chine, puis
de nouveau le 28 mars, le 31 mars et le 10 avril. Ses
démarches ne reçurent jamais de réponse de la part des
autorités chinoises et nord-coréennes64. Les États-Unis
soumirent alors au Conseil de sécurité des Nations unies un
projet de résolution en vertu de laquelle le CICR serait invité à
mener des investigations en Chine et en Corée du Nord. Malgré
dix voix sur onze en faveur de la motion américaine, le projet
de résolution ne put être adopté, l'URSS y mettant son veto.
Après une nouvelle initiative américaine à l’ONU, en avril 1953,
elle se déclara prête à retirer ses accusations, à condition que
les États-Unis, de leur côté, renoncent à demander une
investigation. Dès lors, il paraissait clair que les allégations de
la Corée du Nord reposaient sur des preuves forgées de toutes
pièces. En effet, des documents soviétiques publiés en 1998
évoquent une mise en scène macabre organisée par les Nord-
Coréens et leurs conseillers soviétiques. Ainsi, le 18 avril 1953,
le lieutenant-général V. N. Razouvaïev65, ambassadeur
soviétique en Corée du Nord, informa Beria, membre
du Politburo et chef de la Sécurité d'État, le futur KGB, qu’en
février/mars 1952, « en collaboration avec des conseillers
soviétiques, un plan d’action avait été imaginé par le ministère
de la Santé nord-coréen) » et que, par la suite, les mesures
suivantes furent prises : mise en quarantaine de régions qu’on
prétendait infectées de la peste ; enfouissement de cadavres
dans des fosses communes, puis révélation de ces charniers à
la presse internationale ; envoi à Pékin de « matériel » en vue
de son exposition, avant l’arrivée prévue des deux commissions
internationales66 autorisées à l'examiner67.
Le 2 mai 1953, le Kremlin chargea l’ambassadeur soviétique
à Pékin, V. V. Kouznetsov, de transmettre le message suivant
à Mao : « Le gouvernement soviétique et le Comité central du
PCUS furent induits en erreur. La diffusion par la presse
d’informations concernant l’utilisation par les Américains
d’armes bactériologiques en Corée était basée sur des
informations fallacieuses. Les accusations contre les Américains
étaient fausses68. » Et, à l’intention du chargé d’affaires
soviétique en Corée du Nord : « Nous recommandons que la
question d’une guerre bactériologique […] ne soit plus abordée
au sein d’organisations internationales et d’organes de l’ONU.
[…] Les ouvriers soviétiques impliqués dans la fabrication de la
soi-disant preuve d’un emploi d’armes bactériologiques seront
sévèrement punis68. »
La thèse chinoise et nord-coréenne fut reprise en 1998 par deux
historiens canadiens, Stephen Endicott et Edward Hagerman,
professeurs à l'Université York (Toronto) et auteurs de The
United States and Biological Warfare. Secrets from the Early
Cold War and Korea (Indiana University Press, Bloomington et
Indianapolis, 1998), puis de nouveau dans un article publié dans
la collection Manières de voir du Monde diplomatique (août-
septembre 2003). Dans cet article, Endicott et Hagerman disent
s'être appuyés sur des archives américaines « dévoilées
parcimonieusement » (cf. plus bas le commentaire du
professeur Ed Regis) et sur des documents provenant des
archives gouvernementales et militaires de Pékin 60. Ils citent
par ailleurs un extrait d’une lettre du 12 avril 1977 envoyée à
Endicott par John Burton, chef démissionnaire du département
australien des Affaires étrangères en 1952 et membre de
la International Scientific Commission ayant examiné le
« matériel » bactériologique fourni par les Chinois (cf. plus haut
le rapport de Razouvaïev à Beria). « Je suis allé en Chine en
1952, écrit John Burton, pour évaluer les affirmations sur la
guerre bactériologique. Sans détailler les preuves, je suis
revenu convaincu que les officiels chinois croyaient que celles-ci
étaient concluantes. À mon retour, Alan Watt, mon successeur
comme chef du département australien des affaires étrangères,
m'a informé que, à la lumière de mes déclarations, il avait
cherché des réponses à Washington et qu'il avait été informé
que les Américains avaient utilisé des armes biologiques en
Corée, mais uniquement à titre expérimental60. »
Les documents d'archives américains et les témoignages
recueillis par les professeurs Endicott et Hagerman font état
d'un programme complet d'armes biologiques : « bombes à
plumes », porteuses de spores du charbon
céréalier, aérosols provoquant l'infection des voies
respiratoires, « insectes vecteurs » pouvant diffuser le choléra,
la dysenterie, la typhoïde et le botulisme. Ces armes devaient
être opérationnelles pour le 1er juillet 1954, « avec des
capacités […] susceptibles d’être mises en œuvre dès le mois
de mars 1952 ». « Est-ce que les Américains se sont livrés en
Corée à des expériences destinées à tester l’efficacité de ces
armes ? » se demandent MM. Endicott et Hagerman. La réponse
est positive, disent-ils, « selon des documents conservés dans
les archives gouvernementales et militaires chinoises » et selon
le rapport d’un expert canadien qui concluait que, « malgré
quelques anomalies, les indices chinois étaient fiables. » MM.
Endicott et Hagerman admettent cependant que « parmi les
réfutations les mieux connues » des accusations chinoises et
nord-coréennes figure « un rapport rédigé par trois savants
canadiens à la demande du gouvernement américain 60. » Dans
un article paru le 27 juin 1999 dans le New York Times, Ed
Regis, professeur à la Rutgers University et auteur de The
Biology of Doom: The History of America's Secret Germ Warfare
Project (New York: Henry Holt and Company, 1999), souligne
que, dans leurs travaux, Endicott et Hagerman reconnaissent
implicitement que vingt années de recherches ne leur ont pas
permis de découvrir un seul document d’archives américain qui
prouverait une utilisation quelconque de l'arme bactériologique
en Corée et en Chine. Ils acceptent les documents de
circonstance fournis par les Chinois et les Nord-Coréens sans la
moindre analyse quant à leur fiabilité, dit le professeur Regis,
alors qu'on sait pertinemment que les Chinois et les Nord-
Coréens réécrivaient l’histoire dans un but propagandiste, et
qu’ils avaient les moyens, les motifs et l’occasion de forger des
preuves. Par conséquent, conclut-il, l’allégation extrêmement
contestable d’Endicott/Hagerman (« their extraordinary dubious
claim ») équivaut en fait à une disculpation de l’accusé.
Des historiens ou philosophes ont assuré que la guerre
bactériologique américaine n'a jamais existé et qu'elle a été
montée de toutes pièces par le journaliste australien Wilfred
Burchett, qui était un agent d'influence travaillant pour le
compte de l'URSS69 (voir la maîtrise d'histoire de Bertrand
Maricot, sous la direction de J.-F. Sirinelli et I. Yannakakis, La
guerre bactériologique en Corée et les intellectuels français,
Lille 3, 199 pages, 1993). Le journaliste français Pierre Daix a
démontré dès 1976, dans son ouvrage J'ai cru au matin,
comment l'Australien avait construit cette affaire. Peut-être
même d'après Ivan Cadeau qui donne raison à la thèse d'un
montage communiste, des prisonniers de guerre américains
ont-ils été torturés par les Sino-Coréens pour les obliger à
avouer le forfait70. Malgré tout Ivan Cadeau relève que « la
défense américaine est mise à mal par la position ambigüe des
États-Unis sur la question des armes bactériologiques »71 et
que « Leur refus de signer les protocoles de Genève du 17 juin
1925 interdisant l'emploi des gaz et autres armes chimiques et
bactériologiques fournit un prétexte commode aux
communistes en même temps qu'il est de nature à entretenir le
soupçon chez certains de leurs alliés »71. En 1950 le secrétaire
de la Défense Louis Arthur Johnson reconnaît que les États-Unis
mènent des recherches sur les armes bactériologiques ; le 31
octobre 1951 le général MacAuliffe déclare que « l'emploi de
l'arme bactérienne constitue une manœuvre idéale, car on peut
l'utiliser sans que cela se remarque »71. D'autres officiels et
militaires américains avaient affirmé « que cette arme a la
particularité de ne s'attaquer "qu'aux" (sic) vies humaines,
épargnant les infrastructures »71. Et autre fait qui nuance la
version du montage communiste délibéré, les Sino-Coréens et
leurs alliés exploitaient les complicités américaines d'après-
guerre avec les criminels de guerre de l'Unité 731 de l'armée
impériale japonaise et de son chef, qui procédèrent à des essais
bactériologiques en 1939 contre les troupes soviétiques, puis à
la fin de la guerre contre les populations chinoises 72.
Utilisation massive du napalm[modifier | modifier le code]
Un total de 29 535 tonnes de napalm ont étaient largués durant
cette guerre53.
Au-delà de « l'allégation extrêmement contestable » (Ed Regis)
d'Endicott et Haverman, le napalm fut, selon l'historien
américain révisionniste Bruce Cummings, utilisé sur une plus
grande échelle que pendant la guerre du Viêt Nam et les
dommages furent plus importants du fait de la plus grande
concentration de la population coréenne : « La ville industrielle
de Hungnam fut la cible d’une attaque majeure le 31 juillet
1950, au cours de laquelle 500 tonnes de bombes furent
lâchées à travers les nuages. Les flammes s’élevèrent jusqu’à
une centaine de mètres. L’armée américaine largua 625 tonnes
de bombes sur la Corée du Nord le 12 août, un tonnage qui
aurait requis une flotte de 250 B-17 pendant la Seconde Guerre
mondiale. Fin août, les formations de B-29 déversaient
800 tonnes de bombes par jour sur le Nord. Ce tonnage
consistait en grande partie en napalm pur. De juin à fin octobre
1950, les B-29 déversèrent 3,2 millions de litres de napalm. »45.

Question des responsabilités et des


massacres[modifier | modifier le code]

"La statue des frères", mémorial à Séoul de cette guerre


fratricide.
Cette guerre meurtrière et fratricide, qui n'amena quasiment
aucun changement territorial, a laissé l’impression
d’un suicide national dont le courant historiographique
dominant actuellement en Occident et en Russie attribue la
principale responsabilité à la Corée du Nord73. Avant l’ouverture
des archives du Kremlin, des historiens avaient pu tenir pour
responsables des puissances extérieures, les États-Unis de
Truman mais surtout l’URSS de Staline, qui auraient fait dévier
une simple opposition idéologique locale (communisme contre
capitalisme) en une guerre ouverte. Or, les documents
d’archives soviétiques, bien que contestés par les autorités
nord-coréennes, attestent au contraire que la Corée du Nord a
envisagé de longue date l'offensive du 25 juin 1950, en
concertation avec les Soviétiques, qui ne donnèrent « un aval
peu enthousiaste [qu'] à la suite de sollicitations
permanentes »74. Par conséquent, d’après l’état actuel de la
documentation, « l’hypothèse (…) selon laquelle la guerre de
Corée aurait été une initiative de Staline est incorrecte »74.
Heo Man-Ho souligne cependant que l'initiative nord-coréenne
ne doit pas occulter les préparatifs, à ce stade bien moins
avancés, de la Corée du Sud, de même que les nombreux
incidents de frontières qui auraient causé près de
100 000 morts avant la date du 25 juin 195075. Raymond
Aron parle de l’« accident coréen » de la diplomatie américaine,
pour mettre en évidence que celle-ci porte une part de
« responsabilité politique »76 : le discours de Dean Acheson
aurait transmis au gouvernement soviétique un message
prêtant à une interprétation erronée et, par ailleurs, les
Américains, en retirant leurs troupes de Corée du Sud, auraient
créé un vide que la Corée du Nord était tentée de remplir par
une agression « au sens le plus cru du terme »76. Pendant la
guerre, des massacres de civils et de prisonniers se produisirent
de part et d’autre par exemple le massacre de
Geochang et celui de Sancheong et Hamyang.
Des dizaines de milliers de Sud-Coréens et des milliers
d'Occidentaux faits prisonniers par le Nord sont, à ce jour,
toujours portés disparus77,78. Les 32 prisonniers de guerre
canadiens, plus tard libérés, ont été traités durement et ont été
soumis à une tentative de lavage de cerveau dans le but de
changer leurs opinions politiques79, la Corée du Nord et la
République populaire de Chine n'étant pas signataires de
la Convention de Genève de 1949. La proportion de pertes chez
les prisonniers de guerre dans les camps nord-coréens et
chinois, selon certaines études, atteint 43 %80. Ainsi, les Sud-
Coréens et les Américains font état de nombreux crimes de
guerre commis par les Nord-Coréens. Des témoignages et
documents attestent que, lors de leur offensive, les services
nord-coréens « épuraient » des villes occupées en fusillant les
fonctionnaires et les « ennemis de classe » restés sur place, et
que plusieurs dizaines (au minimum) de soldats sud-coréens et
américains furent exécutés après leur capture notamment lors
du massacre de la colline 303. Par ailleurs, lors de la contre-
offensive des Nations unies en septembre 1950,
ils incendièrent la prison de Sachon dans laquelle étaient
enfermés 280 policiers, fonctionnaires et propriétaires terriens
sud-coréens. À Anui, Mokpo, Kongju, Hamyang et Chongju, on
trouva des charniers contenant plusieurs centaines de corps,
parmi lesquels des femmes et des enfants. Près du terrain
d'aviation de Taejon, 500 soldats sud-coréens, les mains liées
derrière le dos, furent tués d'une balle dans la tête. Entre le 24
septembre et le 4 octobre, toujours dans la région de Taejon, on
découvrit les cadavres de 5 000 à 7 000 civils sud-coréens
assassinés, ainsi que ceux de 40 militaires américains81.
Le massacre des sympathisants communistes par les forces du
Sud, longtemps attribué à la Corée du Nord, fait entre
100 00082 et plus de 200 000 morts83.
Les Nord-Coréens de leur côté accusèrent les forces des Nations
unies — et plus particulièrement les Américains — de crimes
similaires. Ainsi, des documents d'archives américains cités par
la BBC prouvent que des soldats américains tuèrent un
« nombre non confirmé » de réfugiés à Nogun-Ri, en juillet
195084,85. Des prisonniers, comme le Nord-Coréen Ri In-mo,
restèrent emprisonnés au Sud pendant plus de trente-quatre
ans après l'armistice, où ils furent soumis à un programme de
« conversion » comportant le recours à la torture dans le but
qu'ils renient leurs convictions communistes 86 : beaucoup de
prisonniers sont morts du fait des mauvais traitements
auxquels ils ont été soumis (coups de bâton, ingestion forcée
d’eau par les narines, brûlures, électrocution…) 87. Il s'agit a
priori d'éliminer la menace posée par les infiltrations de soldats
nord-coréens au sein des groupes de réfugiés. Les préjugés
racistes envers les « Gooks » de la part des Américains en proie
à la mauvaise surprise d'affronter à leur arrivée des armées
asiatiques combatives et efficaces dans un pays pauvre aurait,
selon Yvan Cadeau, sa part dans les crimes 88. L'enjeu de la
guerre de Corée — la réunification de la péninsule dans un
contexte de tensions entre superpuissances — et la difficulté
pratique à mener un travail de recherche historique qui
confronterait les sources directes, tant au Nord qu’au Sud,
doivent cependant conduire à une certaine prudence dans les
prises de position, notamment en ce qui concerne la question
des responsabilités — sans pour autant récuser l'évidence
documentaire, car « le renoncement de l'historien à son métier
risque de conduire à la pire utilisation idéologique de
l'histoire »89.

Bilan du conflit[modifier | modifier le code]


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Avec environ un million et demi de morts et une situation
militaire inchangée (la tension reste toujours vive entre le Nord
et le Sud), le pays a subi la pire destruction matérielle et
humaine de son histoire. Ce conflit fut le premier d'importance
internationale après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il a
aussi constitué la première intervention armée de l'ONUdans un
conflit ouvert. Le coût du conflit fut estimé pour les seuls États-
Unis à environ 50 milliards de dollars de l'époque soit environ
215 milliards de dollars valeur 201090.
Au total, l'armée sud-coréenne a perdu 147 000 soldats, celle
du Nord au moins 520 000. Les forces de l'ONU comptabilisent
55 000 morts, essentiellement des Américains. Les pertes
chinoises sont estimées à 200 000 tués91. 315 militaires
soviétiques sont morts dans ce conflit92.
Mais les pertes civiles sont plus considérables encore : entre 4
et 5 millions de morts[réf. nécessaire] sur les 30 millions d'habitants
de la péninsule. L'ampleur des pertes civiles s'explique par les
bombardements massifs. Selon les statistiques officielles
américaines, l'US Air Force a déversé au moins 454 000 tonnes
de bombes et l'historien américain Bruce Cumings a calculé que
3,2 millions de litres de napalm avaient été utilisés par celle-ci
durant la guerre de Corée93Source insuffisante .

Après-guerre[modifier | modifier le code]


Articles connexes : Relations entre la Corée du Nord et la
Corée du Sud, Conflit maritime inter-coréen et Crise des
missiles nord-coréens de 2013.
L'armistice ne mit pas fin aux incidents de frontières et raids de
commandos venus du Nord attaquer le Sud et la tension reste
vive entre les deux Corées. La guerre du Crabe depuis les
années 1990 a occasionné plusieurs batailles navales.
Le 13 juin 2000, le leader nord-coréen Kim Jong-il - fils et
successeur de Kim Il-sung - et le président sud-coréen Kim Dae-
Jung se rencontrent au cours du premier sommet jamais
organisé entre les dirigeants des deux Corées : une déclaration
commune est adoptée, les deux pays s'engageant à rechercher
la paix et travailler à une éventuelle réunification94. À l'issue du
second sommet inter-coréen des chefs d'État le 4 octobre 2007,
Kim Jong-il et le président sud-coréen Roh Moo-hyun s'engagent
en faveur d'un accord de paix dans la péninsule coréenne.
Cependant en 2009 et 2010, des accrochages maritimes ont eu
lieu le long de la « Northern Limit Line » (NLL), prouvant une
nouvelle fois que les conflits inter-coréens sont toujours
d'actualité. Le 27 mai 2009, dans le cadre de la crise nucléaire
nord coréenne, la Corée du Nord déclare ne plus être liée par
l'armistice qui a fait cesser les combats de la guerre de Corée 95.
Fin mars 2013, la Corée du Nord (désormais gouvernée par Kim
Jong-un, fils de Kim Jong-il et petit-fils de Kim Il-sung) met fin
aux traités de paix avec la Corée du Sud et annonce être de
nouveau en état de guerre96.
Fin mai 2013, Pyongyang propose à Séoul de signer un accord
de paix pour officiellement mettre fin à la guerre entre les deux
États. Cependant, d'un point de vue légal de la part de chacune
des deux Corée, la « guerre de Corée » n'était pas une guerre
au sens du droit international mais un conflit interne, chacun
des deux gouvernement se considérant comme l'unique
représentant légal du pays et une guerre supposant la
confrontation entre deux États. Ces trois ans de combat sont
donc légalement une opération, tant pour le Nord que pour le
Sud, visant à restaurer l'autorité du gouvernement dans un
territoire rebelle et donc dans tout le pays (c'est-à-dire toute la
péninsule, nord et sud), type de conflits à la fin desquels n'a
jamais été signé d'accord de paix97.

Pays participants[modifier | modifier le code]


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Participation française[modifier | modifier le code]
Articles détaillés : Forces françaises dans la guerre de
Corée et Bataillon français de l'ONU.
Engagée dans la guerre d'Indochine, la France apporta une
participation réduite mais néanmoins marquante à l'appel des
Nations unies. Cela se traduisit par le détachement de l'aviso
colonial La Grandière chargé des missions de protection des
convois maritimes participant au renfort du périmètre de
Pusan et au débarquement de Incheon, ainsi que par l'envoi de
3 421 hommes formant le bataillon français de l'ONU, intégré,
avec des renforts coréens et deux bataillons américains, dans
les effectifs du 23e régiment de la 2d« Indianhead » Infantry
Division. Cette division s'est illustrée dans plusieurs faits
d'armes qui lui ont valu plusieurs citations. À l'issue de la
guerre, le bataillon comptait 287 tués, dont 18 Coréens, 1 350
blessés, 12 prisonniers et 7 disparus.

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