R29 Insemination 2009
R29 Insemination 2009
1. Objectifs
Objectifs de compréhension
Objectifs d’application
2. Introduction générale
2.4. Perspectives
Les perspectives de l'IA sont réelles. Elles concernent l'utilisation de sperme frais en lieu et place de sperme congelé. Leurs
avantages et désavantages ont été rappelés . Le sexage du sperme offre également des perspectives intéressantes (voir
chapitre 27 Manipulations des gamètes) tout comme les biotechnologies de l'embryon et la transgenèse. Enfin, compte tenu des
coûts liés au stockage dans l’azote liquide et le faible taux de récupération des spermatozoïdes ainsi conservés (50 %), il serait
souhaitable que des procédés alternatifs de conservation soient envisagés .
3. Dilution du sperme
Chez les ruminants, l’étape préliminaire visant à séparer la fraction spermatique proprement dite de la fraction constituée des
sécrétions des glandes annexes, n’est pas indispensable étant donné que la semence est constituée pour l’essentiel des
sécrétions testiculaires.
Le conditionnement du sperme requiert quelques précautions telles que l’utilisation de récipients stériles, de produits
chimiquement purs, d’eau distillée, l’absence de chocs thermiques et la mise du sperme à l’abri de l’air et de la lumière.
Les milieux de dilution doivent répondre à un certain nombre de conditions : Leur pression osmotique doit être isotonique
avec le sperme pour l’espèce en cause et être capable de la maintenir pendant la durée de stockage. Ils doivent renfermer des
substances colloïdales (jaune d’œuf, lipoprotéines, lécithines) susceptibles de protéger les spermatozoïdes. Les substances
tampons permettent de maintenir un pH favorable aux spermatozoïdes (6.2 à 6.8). Leur présence est plus importante pour le
sperme de taureau et de bélier que celui d’étalon et de verrat étant donné la concentration élevée en spermatozoïdes et donc la
glycogénolyse élevée du sperme de ces deux espèces qui est responsable d’une diminution rapide du pH. Les substances
nutritives sont sensées favoriser le métabolisme, la vitalité et la longévité des spermatozoïdes. Le milieu de dilution doit être
dépourvu d’agents infectieux car ils sont préjudiciables à la survie des spermatozoïdes, à la fertilisation et au développement de
l’embryon. Ce faisant, les spermatozoïdes se trouveront dans les meilleures conditions pour remplir leurs 4 fonctions préalables
à la fécondation : a. activité métabolique productrice d’énergie, b. mobilité pour progresser dans les voies génitales femelles, c.
enzymes de protection sur l’acrosome pour en faciliter la pénétration dans l’ovocyte, d. présence de protéines sur la membrane
plasmatique pour assurer leur survie optimale dans le tractus génital femelle et leur fixation sur la pellucide de l’ovocyte.
Il existe quelque soit l’espèce animale une grande variété de dilueurs. Ils se différencient par la nature voire la concentration
d’utilisation de leurs composants. On peut ainsi distinguer les dilueurs à base de jaune d’œuf phosphaté (Milieu de Lardy et
Philips) ou citrate (Milieu de Salisbury), à bases de sucres (glucose, fructose : milieux de Kampschmidt, de Chominat, de
Dimitropoulos, de Foote), à base de glycocolle et de glycérol (milieu de Roy), de CO2 (milieu de Van Demark ou IVT : Illinois
Variable Temperature) ou et plus classiquement maintenant à base de lait dont certains sont commercialisés (Laiciphos IMT).
Le lait peut être considéré comme un constituant de base apportant aux spermatozoïdes phosphates, citrates et sucres. Son
pH est voisin de celui du sperme. Il est simple à préparer et peu cher. Le plus utilisé est préparé à partir de poudre de lait
écrémé de vache additionné de cholestérol ou de lécithine, de sels, de glucose, d’acides aminés (glycocolle, tryptophane,
tyrosine) et d’antibiotiques (Laiciphos : IMV). Le jaune d’œuf est habituellement utilisé à des concentrations comprises chez le
taureau entre 5 et 15 %. Il protège le sperme grâce aux lécithines qu’il renferme de l’effet néfaste des brusques variations de
température. Source de nutriments, il agit aussi favorablement vis à vis des variations de pH et de pression osmotique. Les
antibiotiques s’opposent au développement des micro-organismes. Classiquement, la pénicilline et la streptomycine sont
employées à la dose respectivement de 1000 UI et d’un mg par ml de dilueur. On se souviendra que certains antibiotiques
peuvent être toxiques pour le spermatozoïde. Ainsi en est-il de l’oxytetracycline à la dose de 500 mcg/ml, de la chlorotétracycline
à la dose de 50 mcg/ml. Dans l’espèce équine, la ticarcilline, l’amikacine la polymixine et la gentamycine ont également été
recommandées. L’emploi du glycérol (agent cryoprotecteur) n’est requis que si le sperme est destiné à être congelé. Le glycérol
fixe une partie de l’eau du dilueur et ce faisant abaisse le point de congélation du milieu, diminue la quantité de glace à la
congélation et à la décongélation et diminue la taille des cristaux. Il exerce par ailleurs un effet protecteur sur les membranes
cellulaires et limite l’augmentation de la pression osmotique en réduisant la quantité d’eau qui se transforme en glace.
spermatozoïdes zootechniquement acceptable soit 10 à 12 millions de spermatozoïdes par paillette. Estimant à 40 % les pertes
imputables aux processus de congélation-décongélation, il faut donc obtenir au terme de la dilution une concentration moyenne
de 20 millions de spermatozoïdes par paillette de 0.25 ml. Cette valeur peut être revue à la baisse ou à la hausse en fonction de
la qualité du sperme récolté. Soit la récolte de 10 ml de sperme renfermant 1 milliard de spermatozoïdes par ml. L’objectif étant
d’avoir 20 millions de spermatozoïdes par paillette (0.25 ml, 2 mm de diamètre) soit 80 millions de spermatozoïdes par ml, le
coefficient de dilution sera de 1 milliard / 80 millions soit 12.5. Pour 10 ml de sperme, le volume final sera donc de 125 ml soit
l’utilisation de 115 ml de dilueur. En consultant le tableau 6 on constatera que le nombre de spermatozoïdes par insémination est
compris selon les pays entre 10 et 35 millions de spermatozoïdes
4. Conservation du sperme
Pour leur remplissage, une vingtaine de paillettes sont fixées à un peigne relié à une pompe d’aspiration. Une fois remplies,
une légère agitation des paillettes permettra de ménager une place pour l’obturation et la bulle d’air nécessaire pour permettre la
dilution du sperme lors de la congélation. Le bouchage s’effectue manuellement ou est plus souvent actuellement automatisée. Il
est réalisé au moyen de poudre d’alcool polyvinylique qui une fois humide se transforme en gel ou par sertissage.
Une fois le sperme conditionné, les paillettes sont plongées dans de l’eau à 4°C pour permettre l’action du glycérol (phase
de glycerolisation) et des autres constituants du dilueur. Cette phase contribue également à rendre plus hermétique l’obturation
de la paillette.
Les paillettes sont alors disposées sur une rampe de refroidissement en vue de leur congélation. Elles sont dans un premier
temps disposées dans les vapeurs d’azote à quelques cm au-dessus du niveau d’azote liquide de la cuve. Le refroidissement est
obtenu selon une courbe classique à savoir entre 4°C et -10°C un refroidissement de 4°C par minute et entre -10°C et -130°C
un refroidissement de 40°C par minute. Biologiquement, la phase critique est celle comprise entre -10°C et -50°C. C’est entre
L’insémination artificielle chez les ruminants \6
ces températures en effet que se produisent les phénomènes de cristallisation extra puis intracellulaire et les mouvements d’ions
qui en résultent.
Au bout de 7 à 9 minutes, la congélation est obtenue et les paillettes sont plongées dans l’azote liquide à -196°C. Il est
intéressant de noter que ce type de congélation n’altère en rien le caractère pathogène de germes tels que Brucella abortus,
Campylobacter foetus, Actinomyces pyogenes ou Listeria monocytogenes.
Les paillettes sont stockées dans des visotubes, cylindres hexagonaux de couleur variable pour en faciliter le repérage, eux-
mêmes placés dans des gobelets plus gros appelés canisters rangés dans des tanks pouvant contenir plusieurs centaines de
litres.
Le transport des paillettes se fera dans des containers cryogéniques ou cuves d’azote dont il existe différents modèles de
capacité et de propriétés thermiques différentes. Une vérification régulière du niveau d’azote de ces cuves s’impose. Par ailleurs,
la température doit toujours y être inférieure à -120°C. Il est indispensable pour ce faire d’y maintenir un niveau minimal de 5 cm
d’azote liquide. L’évaporation sera fonction de la fréquence d’ouverture de la cuve et du temps nécessaire au choix d’une
paillette (5 à 8 secondes).
5.1. La décongélation
Le réchauffement du sperme de taureau doit être aussi rapide que possible. Classiquement, la paillette sera tout d’abord
secouée pour en faire tomber le reste d’azote liquide puis plongée et agitée dans de l’eau à 34-37°C (décongélation in vitro). La
décongélation s’observe au bout d’une trentaine de secondes. Pendant ce temps, il est conseillé de frotter le pistolet
d’insémination pour le réchauffer. Cependant, si la température ambiante est inférieure à 20°C, il est préférable de maintenir la
paillette dans l’eau de réchauffement jusqu'à son utilisation pour éviter tout choc thermique au sperme. L’intervalle
décongélation-insémination peut être prolongé jusque 60 minutes, si la paillette peut être maintenue à une température de 35°C.
Certains auteurs ont préconisé la décongélation dite in vivo c’est à dire dans le col utérin lors de l’insémination. Il semble
bien en fait qu’en raison des 60 secondes en moyenne qui s’écoulent entre la charge de la paillette et l’insémination proprement
dite, la décongélation s’opère en fait à la température du pistolet. En l’absence d’eau tiède, on peut également décongeler la
paillette à la bouche.
Une fois décongelée secouée et essuyée (l’exposition du sperme à une goutte d’eau peut induire des lésions cellulaires
irréversibles), la paillette est introduite dans le pistolet d’insémination par son extrémité comportant le double bouchon (rôle de
piston). L’autre extrémité sera coupée perpendiculairement pour assurer un maximum d’étanchéité avec le bouchon de la gaine
d’insémination. Idéalement, l’insémination de l’animal doit être réalisée dans les 15 minutes suivant la sortie de la paillette de
l’azote liquide. Le pistolet et la gaine d’insémination seront éventuellement recouverts d’une gaine protectrice en plastique qui
sera perforée lors de l’introduction du pistolet dans le col utérin.
Le matériel se compose d’un pistolet d’insémination d’une longueur de 40 à 45 cm et d’un diamètre de 5 à 6mm comportant
un corps externe et un mandrin interne. Il se complète d’une gaine en matière plastique externe fixée au pistolet d’insémination
au moyen d’une petite rondelle.
Deux méthodes d’insémination peuvent être utilisées chez les bovins.
La première ou voie vaginale repose sur l’emploi d’un spéculum et d’une source lumineuse permettant le dépôt du sperme
dans la partie postérieure du canal cervical. Elle est pratiquement abandonnée voire réservée à des cas individuels. La seconde
ou voie rectale est classiquement utilisée parce que plus rapide et plus hygiénique mais aussi parce qu’elle offre la possibilité
d’un examen préalable du tractus génital visant à confirmer l’état oestral de l’animal (présence de follicule, tonicité des cornes...)
mais aussi favorable à la libération d’ocytocine et donc à la remontée des spermatozoïdes à la jonction utéro-tubaire. Le col est
saisi manuellement au travers de la paroi rectale. Sa tension vers l’avant permet d’éviter la formation de replis vaginaux,
susceptibles d’entraver la progression du pistolet d’insémination dans la cavité vaginale. L’introduction de l’extrémité du pistolet
d’insémination dans le col peut être facilitée en plaçant le pouce dans l’ouverture postérieure du col tout en maintenant ce
dernier au moyen de l’index et du majeur. La traversée du col sera facilitée en imprimant à ce dernier des mouvements latéraux
et verticaux.. Une fois le col franchi, le pistolet sera aisément le cas échéant guidé vers l’une ou l’autre corne. Classiquement, le
dépôt de la semence se fait au niveau du corps utérin. Les auteurs ne sont pas unanimes pour reconnaître le bénéfice d’une
insémination dans une voire les deux cornes utérines. Quelque soit l’endroit anatomique d’insémination, il en résulte un reflux de
sperme vers la cavité vaginale, celui-ci étant moindre si l’insémination a été réalisée au niveau du corps ou des cornes utérines
que si elle a été faite au niveau du col .
L’insémination artificielle chez les ruminants \7
Classiquement dans l’espèce bovine, l’insémination artificielle est réalisée 12 heures environ après le début des chaleurs.
Elle obéit ce faisant à la règle classique AM/PM, PM/AM : chaleurs le matin, insémination le soir, chaleurs le soir, insémination le
matin. Des modalités plus spécifiques peuvent être adoptées si l’insémination fait suite à un traitement hormonal. Elles ont été
détaillées dans le chapitre relatif à l’anoestrus.
En Belgique, l’insémination artificielle est régie par un arrêté ministériel (Art.50 du 7 novembre 1986). Il précise les conditions
de l’insémination artificielle privée à savoir que le détenteur de bétail bovin peut détenir dans son exploitation du sperme acheté
en vue de le mettre en oeuvre lui-même sur son cheptel, ou de la faire mettre en œuvre par un inséminateur de l’association
provinciale d’éleveurs de bétail bovin compétente, aux conditions suivantes :
En Europe, l'insémination artificielle ovine et caprine est essentiellement développée en France pays ou elle a subi une
progression constante depuis 1971. En 1995, 773.000 brebis (10 % de la population) et 57.000 chèvres (6 % de la population)
ont été inséminées à partir de doses produites dans respectivement 16 et 2 centres. Cette méthode de reproduction a
notamment permis d'augmenter la production laitière moyenne des troupeaux caprins de 80 kgs de lait par an (800 kgs vs 720
kgs).
a. Particularités anatomiques et physiologiques
L'insémination artificielle présente chez les petits ruminants quelques particularités anatomiques. Chez la brebis, l'endocol
dessine de nombreux replis qui rendent le canal cervical très sinueux et empêche comme chez les bovins une insémination
intra-utérine. Chez la chèvre par contre, le col s'entrouvrant légèrement pendant les chaleurs, il est possible de le franchir dans
10 à 30 % des cas. L'insémination par laparoscopie constitue une méthode alternative mais elle est peu employée.
Les espèces caprine et ovine sont essentiellement des espèces à activité sexuelle saisonnière le plus souvent élevées en
troupeaux de grande taille et donc réparties en lots. L'insémination artificielle ne s'y pratique qu'une fois induites et
synchronisées les chaleurs au moyen d'un progestagène (l'acétate de fluorogestone employé chez la chèvre et la brebis), d'une
prostaglandine (employée uniquement chez la chèvre) et d'une gonadotrophine, la PMSG (le lecteur consultera avec profit le
chapitre relatif à l'anoestrus chez les petits ruminants).
b. Réalisation pratique de l'insémination
L'insémination suppose un minimum de contention individuelle manuelle ou au moyen de cornadis ou d'une salle de traite.
Tout stress sera évité aux animaux. Un local d'attente sera prévu. La contention en position verticale de l'animal est de nature à
faciliter l'intervention. Dans l'espèce caprine, un examen échographique préalable a été conseillé de manière à écarter les
animaux présentant une pseudo-gestation.
Chez la brebis, la semence est conservée non congelée et conditionnée en paillettes de 0.2 ml renfermant 400 millions de
spermatozoïdes. La durée de conservation à + 15°C n'excède jamais 10 heures. L'insémination est réalisée en une seule
intervention 55 heures après le retrait de l'éponge pour les adultes et 52 heures après pour les agnelles. Chez la chèvre, les
semences sont également conditionnées en paillettes de 0.2 ml contenant 100 millions de spermatozoïdes. Une seule
insémination est réalisée 43 heures environ après le retrait de l'éponge pour les chèvres alpines et 45 heures plus tard pour les
chèvres Saanen. Plus rarement, l'insémination est effectuée sur œstrus observé 24 heures après son début.
Une fois sortie du réservoir d'azote liquide, la paillette congelée est plongée dans de l'eau à 37°C pendant 15 secondes puis
essuyée et introduite dans le pistolet d'insémination préalablement réchauffé. L'extrémité de la paillette est coupée et recouverte
d'une gaine protectrice puis bloquée avec un anneau. La paillette de semence fraîche est plongée dans de l'eau à 4°C (chèvre)
ou à 15°C (brebis).
L'arrière-train de l'animal est soulevé et la vulve au besoin nettoyée. Le spéculum est introduit et le col de couleur rose ou
rouge repéré sur le plancher du vagin. L'extrémité du pistolet est guidée vers le col dans lequel il est introduit le plus loin
possible par des mouvements de rotation. Le sperme est expulsé et le pistolet retiré. Le spéculum est désinfecté entre les
animaux. La réussite de l'insémination tient davantage au choix du moment par rapport à l'ovulation qu'à une manipulation
particulière du col.
L'insémination intra-utérine par endoscopie est surtout utilisée chez les ovins. Elle offre le double avantage d'augmenter la
fertilité lors d'utilisation de sperme congelé et d'utiliser beaucoup moins de spermatozoïdes (environ 10 fois moins que pour une
insémination exocervicale). Pour ce faire, une mise à jeun préalable de 12 heures est nécessaire. L'animal est placé en
L’insémination artificielle chez les ruminants \8
décubitus dorsal et ses 4 membres immobilisés. Après anesthésie locale, deux ouvertures sont pratiquées dans la paroi de
l'abdomen au moyen d'un trocard. Le sperme est déposé (volume d'une demi-paillette) au moyen d'un pistolet spécial appelé
transcap au sommet de chaque corne utérine. La technique est lourde et ne permet d'inséminer moyennant un entraînement
spécial que 25 brebis à l'heure.
c. Résultats potentiels de l'insémination et facteurs de variation de la fertilité
Dans l'espèce ovine, la fertilité est meilleure chez les agnelles que chez les animaux adultes (70 % vs 57 à 64 %°selon la
saison et la spéculation). Sans l'espèce caprine, la fertilité moyenne est de 64 %.
Divers facteurs sont de nature à influencer les résultats potentiels. En semence fraîche, le taux de fertilité est supérieur pour
les béliers âgés de deux ans et plus. Il existe par ailleurs des différences entre inséminateurs. Chez la chèvre Saanen, la fertilité
est régulièrement inférieure à celle observée dans la race alpine. Semblables différences e n'ont pas été observées dans
l'espèce ovine. Chez les petits ruminants, la répétition des traitements de synchronisation et surtout l'utilisation répétée de
PMSG st de nature à provoquer la formation d'anticorps et d'être à l'origine d'une diminution de la fertilité. Une thèse a
récemment été consacrée à ce sujet (PV Drion, Service de Physiologie de la Reproduction FMV). Chez de tels animaux, il a été
recommandé de pratiquer l'insémination respectivement 30 (chèvre) et 36 heures (brebis) après le retrait de l'éponge et de
n'inséminer que les femelles réellement en chaleurs âgées de moins de 5 ans. Toute variation importante des apports en
énergie et protéines seront évités pendant la période embryonnaire.
(Pour toute information complémentaire plus spécifique, il est possible de s'adresser au CIA et de sélection ovine Rue du
Strouvia 18, 5340 Faulx les Tombes 081 58 28 94)
L’insémination artificielle constitue un moyen essentiel de réduction du risque de transmission des maladies dites
vénériennes. Les germes susceptibles d’être transmis par le sperme et donc indirectement par l’insémination artificielle sont
répartis en trois catégories (Tableau 4) ; La première rassemble ceux dont le risque est majeur et largement reconnu. La
seconde ceux pour lesquels dans l’état des connaissances on peut dire que le risque est faible. La troisième comprend les
germes ceux pour lesquels on ne dispose que d’informations parcellaires, non unanimement rapportées en ce qui concerne la
possibilité d’un risque et l’autre pour lesquels on ne dispose d’aucune information circonstanciée. Nous nous limiterons à
développer 6 facteurs infectieux parmi les principaux : l’IBR/IPV, le BVD, la brucellose, la leptospirose, la campylobactériose et
la trichomoniase.
Le Bovine herpesvirus-12 (BHV-1) est un pathogène fréquemment rencontré dans le sperme. Responsable d’infections
génitales, d’avortements chez la femelle, il induit chez le mâle une balanoposthite. Le virus se multiplie chez les animaux
infectés ou en phase d’infection latente au niveau de la muqueuse pénienne et préputiale et contamine le sperme au cours de
l’éjaculation. Cette multiplication et dissémination se rencontre chez des animaux séropositifs et n’est pas empêchée par la
vaccination. Parmi d’autres mesures à prendre, il conviendrait de n’utiliser dans les centres que des taureaux seronégatifs
(double prélèvement de sang à 21 jours d’intervalle). En cas de séropositivité confirmée par séroneutralisation ou test Elisa), ou
de statut sérologique inconnu, une recherche de virus (cultures cellulaires ou Polymerase Chain Reaction test) sera entreprise
sur deux paillettes au moins provenant d’un éjaculat. Plus lourd d’application le « Cornell sperm Test » implique la détection
d’anticorps sur des veaux ou des brebis injectés au moyen de pool d’éjaculats
Le virus de la maladie des muqueuses comporte une souche cytopathogène et une souche non cytopathogène
indifférenciables sérologiquement. La souche non cytopathogène peut infecter le fœtus et induire la formation de veaux infectés
permanents. L’infection d’un animal par une souche non cytopathogène peut induire des signes cliniques (maladie des
muqueuses) mais augmente le plsu souvent sa sensibilité à d’autres infections comme l’IBR, la Pasteurellose ou la
Salmonellose., effet imputé à l’effet immunosuppressif du virus. Le virus du BVD est excrété dans le sperme lors de maladies. Il
est également présent dans le sperme chez les infectés permanents. Il peut être transmise lors de saillies naturelles ou par
insémination artificielle. De nombreux tests sérologiques (fixation du complément, Elisa, tests de séroneutralisation) ou
d’identification du virus ont été décrits. Un double prélèvement de sang à 30 jours d’intervalle (recherche du virus) permet
d’identifier les taureaux infectés permanents.
La brucellose se traduit le plus souvent par des avortements. Cette zoonose concernerait encore 5 % du cheptel bovin
mondial. L’identification de la structure lipopolysaccharidique de la paroi de Brucella abortus a rendu possible la mise au point
d’un test Elisa permettant de distinguer les animaux vaccinés des animaux infectés. Divers tests anciens (séroneutralisation,
agglutination) ou plus récents (PCR, amplification du DNA) sont d’application. Une confirmation supplémentaire peut être
apportée par la recherche de l’organisme dans le sperme ou d’agglutinines dans le plasma séminal.
La leptospirose est provoquée par un spirochète (L.interrogans) dont on connaît plus de 200 sérovars dont le plus connu
est hardjo. Elle se traduit pas des signes aigus (septicémie, hépatite, néphrite) subaigus (néphrite, agalactie) ou chroniques
(avortements, infertilité). Le sérovar hardjo se retrouve dans les vésicules séminales, les testicules et donc le sperme des
taureaux infectés. L’agglutination microscopique est le test sérologique de référence (mise en contact du serum avec une culture
de leptospires et identification de l’agglutination sur fond noir. C’est une technique délicate. La réaction est considérée comme
L’insémination artificielle chez les ruminants \9
positive si plus de 50 % des leptospires sont agglutinés. L’ENV Nantes dispose de l’expérience nécessaire). Il n’est cependant
pas possible à l’heure actuelle de distinguer les animaux infectés des vaccinés. La vaccination des taureaux de centre n’est
donc pas envisageable. Par ailleurs, l’isolement de leptospires dans le sperme est extrêmement difficile. La méthode PCR a
permis d’identifier dans l’urine des concentrations extrêmement basses en Leptospire (5 à 10 leptospires / ml). Les leptospires
survivent dans le sperme réfrigéré renfermant ou non des antibiotiques ou congelé sans antibiotique.
La campylobactériose ou vibriose est imputable à Campylobacter fetus venerealis. Cette bactérie est surtout présente
chez les taureaux de plus de 5 ans dont les cryptes épithéliales du prépuce ou du pénis sont plus profondes et permettent au
germe d’y survivre plus aisément. La maladie se transmet par l’insémination artificielle mais surtout naturelle ; Elle se traduit par
des infections du tractus génital. La persistance de l’infection serait du à des réarrangements du génôme. L’identification du
germe est difficile compte tenu des conditions microaérobiques de son développement. elle requiert par ailleurs un milieu de
transport spécifique. La méthode PCR est très sensible et permet d'identifier dans le sperme aussi peu que 3 Campylobacter par
ml. Les taureaux mis en quarantaine seront dans les régions à risque testés à trois reprises ; Par la suite, une évaluation
bisannuelle est conseillée. Le traitement local et général au moyen de DHS (si encore possible) des animaux infectés ou la
vaccination ont été proposées comme méthodes d’éradication.
La trichomoniase est provoquée par un protozoaire, Tritrichomonas fœtus. L’infertilité, l’avortement et le pyomètre
caractérisent la femelle infectée. Le mâle est un porteur asymptomatique. Le germe est identifié sur le pénis et les replis
preputiaux. Sa prévalence serait encore élevée en Amérique du Nord dans les troupeaux extensifs. Le germe résiste à la
congélation. Sa transmission par l’insémination artificielle n’a pas été rapportée. L’identification du germe dans le liquide de
lavage du prépuce ou de curetage de la muqueuse est déterminante. Certains kits renferment un milieu de culture et de
transport. L’échantillon sera examiné à plusieurs reprises pendant trois semaines. Des test de sonde à DNA ou de PCR peuvent
également être utilisés pour identifier le germe. Les tests ELISA peuvent identifier les anticorps dans le plasma séminal ou le
liquide de lavage préputial. Les taureaux dans les zones à risque feront l’objet de trois prélèvements pour identifier le germe par
culture et examen direct. Des tests bisannuels seront d’application par la suite. Le germe résiste dans le sperme frais ou congelé
même s’il renferme des antibiotiques.
Le calcul de l’intérêt économique du recours à la SN se doit de prendre en compte, le coût d’élevage ou d’achat du taureau,
les frais inhérents à l’IA, la réduction des frais liés à la détection des chaleurs mais aussi selon certains la réduction de
production laitière observée chez les primipares, cette perte pouvant être largement compensée par l’augmentation de la
production laitière du troupeau résultant d’une meilleure fertilité issue d’une amélioration indirecte de la qualité de détection des
Selection, use and management of natural service bulls. In Van Horn and Wilcox CJ eds Large Dairy Herd Management.
Champaign AM Dairy Sci Assoc 1992, 209).
L’effet dit de biostimulation résultant de la présence d’un mâle au sein d’un troupeau est bien connu, particulièrement chez
les petits ruminants. Dans l’espèce bovine il ne peut être négligé surtout en phase précoce du postpartum, période pendant la
quelle, la folliculogenèse passe d’un état statique à un état dynamique (Pelissier CL Theriogenology 1976, 6 575-603).
Quelque soit son niveau génétique, le choix du taureau demeure essentiel. Aussi l’évaluation de sa capacité de reproduction
et y compris celle de détecter les chaleurs doit être soigneusement évaluée (BSE : breeding Soundness Evaluation : Chenoweth
PJ A new bull breeding soundness evaluation form. Proc Am Meeting Soc Theriogenology, 1992 : 63). Cet examen doit être
annuellement effectué. La valeur génétique des taureaux utilisés devrait être équivalente à celle des taureaux utilisés en IA sous
peine de voir la production laitière se réduire au fil des ans, la perte pouvant être de 300 kgs de lait par lactation et par
génération.
Le recours à la SN pose le problème de la quantification de la fertilité du troupeau, les données étant plus difficile à collecter
qua dans le cas de l’IA. Certaines méthodes ont été proposées. Elles ont fait l’objet d’un développement plus complet dans le
L’insémination artificielle chez les ruminants \10
Le recours à la SN, n’exclut en rien la mise en place d’un suivi des vaches au cours du postpartum en vue de détecter aussi
rapidement que possible et donc de les traiter des pathologies comme les infections utérines ou encore l’anoestrus.
http://www.newcastle.edu.au/discipline/biology/marsupialcrc/high_99.html
L’IA chez les reptiles et les amphibiens:
Induced spawnings, artificial insemination, and other genetic manipulations, in Armstrong and Malacinski (editors).
Developmental Biology of the Axolotl. Oxford, 1989. pp. 228-235.
L’insémination artificielle chez les ruminants \12
8. Tableaux
Tableau 1 : Données générales relatives à l’insémination artificielle en Belgique (Source : Ministère de l’Agriculture, service de
l’Elevage)
N IA total N IA % N IA % du N N insémin /
X 1000 éleveur 1ères cheptel inséminateurs inséminateur
(1) X 1000 X 1000 inséminé
(2) (3)
1970 821 - - 525 40 142 3419
1980 900 - - 558 39 137 4078
1990 1066 - - 686 45 164 4201
1995 897 114 11 590 42 146 3717
1996 818 107 11 553 40 136 3689
1997 791 - - 544 39 133 3680
1998 791 126 14 534 39 135 3536
1999 762 131 15 519 38 135 3433
2000 734 137 16 503 38 133 3339
Non compris les inséminations privées
Ne sont pas en Wallonie comptabilisées les inséminations privées
Calculé par le rapport entre le nombre d’inséminations premières (y compris en Flandre les inséminations privées) et le
nombre total de vaches et de génisses de plus de deux ans ajouté de 25 % du nombre de génisses de 1 à 2 ans
Tableau 2 : Evolution du nombre d’inséminations premières (x 1000) par race (%) (Source : Ministère de l’Agriculture, service de
l’Elevage)
Tableau 3 : Comparaison du nombre d’inséminations premières (x1000) par région et par race en l’an 2000 (Source : Ministère
de l’Agriculture, service de l’Elevage)
Tableau 5 : Production de sperme chez les bovins et les buffles (D'après Thibier et Wagner 2000)