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Euler et la Théorie des Nombres

L'œuvre d'Euler en théorie des nombres couvre divers sujets tels que les nombres de Fermat, les équations diophantiennes et le petit théorème de Fermat. Euler a exploré des problèmes complexes, développant de nouvelles méthodes et établissant des résultats significatifs, notamment sur les représentations d'entiers et les propriétés des nombres premiers. Ses contributions ont eu un impact durable sur le domaine des mathématiques, en particulier dans la théorie des nombres.

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Euler et la Théorie des Nombres

L'œuvre d'Euler en théorie des nombres couvre divers sujets tels que les nombres de Fermat, les équations diophantiennes et le petit théorème de Fermat. Euler a exploré des problèmes complexes, développant de nouvelles méthodes et établissant des résultats significatifs, notamment sur les représentations d'entiers et les propriétés des nombres premiers. Ses contributions ont eu un impact durable sur le domaine des mathématiques, en particulier dans la théorie des nombres.

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L'œuvre d'Euler en théorie des nombres

Conference Paper · November 2007

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Christian Houzel
French National Centre for Scientific Research
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L’œuvre d’Euler en théorie des nombres

Contrairement à la plupart de ses contemporains, Euler s’est beaucoup intéressé à la théo-


rie des nombres. Outre son intérêt propre, il y voyait l’occasion d’étudier des problèmes diffi-
ciles, permettant de mettre au point de nouvelles et puissantes méthodes. On peut organiser
cette œuvre selon les rubriques suivantes :
n
1) Nombres de Fermat Fn = 2 2 +1 , nombres de Mersenne Mn = 2n-1 , grands nombres pre-
miers, nombres parfaits et nombres amiables.
2) Petit théorème de Fermat, racines primitives modulo m .
3) Sommes de deux carrés, formes quadratiques, loi de réciprocité quadratique.
4) Sommes de quatre carrés.
5) Équations diophantiennes de la forme y2 = P(x) où P est un polynôme de degré 2 ; pro-
blème de « Pell-Fermat » ; équations diophantiennes de degré 2 .
6) Équations diophantiennes de la forme y2 = P(x) où P est un polynôme de degré 3 ou 4 ;
autres équations.
7) Dernier théorème de Fermat : équation x3+y3 = z3 .
8) Utilisation des séries en théorie des nombres : fonction zêta ; problème des partitions.

Premiers contacts d’Euler avec la théorie des nombres

Vers la fin de l’année 1729, C. Goldbach avait demandé à Euler si l’observation de Fermat,
x−1
selon laquelle les nombres 2 2 +1 (x = 1, 2, 3,… ) sont tous premiers, lui était connue. Euler
n’a pas été intéressé d’emblée par cette question, mais il n’a pas tardé à lire les Varia Opera
de Fermat, publiées en 1670 par le fils de ce dernier, Samuel ; dans ce livre, il a surtout re-
marqué le théorème des quatre carrés, énoncé sans démonstration par Fermat, d’après lequel
tout entier naturel est somme d’au plus quatre carrés d’entiers.
À propos des nombres de Fermat, Euler cherche à quelles conditions un nombre de la
forme an+bn peut être premier ; une condition nécessaire évidente est que n soit une puissance
de 2 , car xm+ym est divisible par x+y lorsque m est impair. Dans une lettre à Goldbach de juin
m
1730, Euler remarque que si un nombre premier p divise Fm = 2 2 +1 , alors, pour tout n > m ,
le reste de la division de Fn par p est égal à 2 ; il en résulte que les nombres de Fermat sont
premiers entre eux deux à deux.
Dans la même lettre, Euler fait part à Goldbach de ses réflexions sur certaines équations
diophantiennes de degré 2 . Elles ont été suscitées par un problème posé par Goldbach : un
x(x + 1)
nombre triangulaire augmenté de 4 peut-il être un carré ? autrement dit, l’équation +4
2
= y2 a-t-elle des solutions en nombres entiers ? Euler étudie en même temps l’équation
x(x + 1)
(1) = y2 .
2
Il trouve, pour la première équation, les solutions x = -7, 0, 9, 56, 329,… , définies d’une ma-
nière générale par la formule de récurrence xk = 6xk-1-xk-2+2 et, pour la seconde équation, y =
0, 1, 6, 35, 204,… , définies d’une manière générale par la formule de récurrence
yk = 6yk-1-yk-2 .
À partir de ces exemples, Euler s’intéresse à l’équation αx2+βx+γ = y2 ; il cherche à en déter-
miner de nouvelles solutions, une première solution étant supposée connue. Il se penche aussi
sur le problème posé par Fermat : établir qu’un nombre triangulaire qui est en même temps
bicarré est égal à 0 ou à 1 ; autrement dit, les seules solutions entières de l’équation
x(x + 1)
= y4
2
sont x = 0 et x = 1 . L’idée d’Euler est de commencer par chercher les solutions rationnelles ;
x(x + 1)
en posant y2 = px , l’équation devient = p2x2 , d’où on tire, après division par x , x =
2
1 p
, donc px = = y doit être un carré ; cette dernière équation se ramène à 2p3-p
2
2 p −1
2
2 p −1
2

2
p
= 2 = z2 . Comme cette équation a une solution p = z = 1 , Euler pose p = 1+q , z = 1+λq ,
y
de manière à transformer l’équation en 2q3+6q2+5q+1 = λ2q2+2λq+1 ou, en choisissant λ =
5 25 2 1 9 32
, 2q3+6q2 = q ; après division par q2 , on trouve q = , p = , x = .
2 4 8 8 49
Euler revient à l’équation (1) dans une lettre à Goldbach du mois d’août 1730 ; il écrit cette
fois la solution sous la forme
(3 + 2 √ 2) n−1 − (3 − 2 √ 2) n−1 (3 + 2 √ 2) n−1 + (3 − 2 √ 2) n−1
y= ,x= +2 .
4√2 4
Pour le cas général de l’équation az2+bz+c = y2 , dont on connaît une solution z = p , y = q ,
−b + b 1 + aλ2
Euler trouve une nouvelle solution dans laquelle z = +p 1+ aλ2 +λq , où on
2a
choisit λ de manière que 1+aλ2 soit un carré ; il rencontre ainsi le problème posé par Fermat
dans son second défi aux mathématiciens en 1657, exprimé par l’équation diophantienne
1+aλ2 = µ 2 .
C’est par erreur qu’Euler attribue une solution de ce problème à l’anglais Pell ; depuis, on le
désigne sous le nom de problème de Pell-Fermat. La formule obtenue pour z s’explique lors-
b b2
que l’on fait le changement d’inconnue u = z+ , qui transforme l’équation en au2+c- =
2a 4a
b b2
y2 ; en posant m = p+ , on a donc m2+c- = q2 , d’où a(u2-m2)+q2 = y2 . En posant u =
2a 4a
λq+µm , le premier membre devient (aλ +1)q2+2aλµqm+(µ 2-1)m2 = (µq+aλm)2 si on impose
2

que µ 2 = 1+aλ2 ; on a donc une solution u = λq+µm , y = µq+aλm , qui donne précisément la
formule proposée par Euler. Euler essaie sans succès d’attaquer par la même méthode des
équations diophantiennes de degré 3 .

Dans une lettre à Goldbach datée d’octobre 1730, il aborde le problème des représentations
d’entiers comme sommes de quatre carrés. Il reconnaît qu’un nombre de la forme m2(4x+3) ne
peut pas être une somme de deux carrés et qu’un nombre de la forme m2(8x+7) ne peut pas
être une somme de trois carrés ; il suffit, pour s’en assurer, de considérer les restes de la divi-
sion par 8 puisque le reste de la division d’un carré est 0 ou 1 . Euler affirme que le théorème
des quatre carrés est une conséquence d’un autre énoncé de Fermat : tout nombre entier natu-
rel est somme d’au plus trois nombres triangulaires.

Citons encore une lettre à Goldbach du mois de novembre 1731, dans laquelle Euler
énonce que si n est un entier naturel tel que 2n+1 soit un nombre premier ne divisant par
2n+1 , alors 2n-1 est divisible par 2n+1 , donc il n’est pas premier. Ainsi les nombres de Mer-
senne Mn ne sont pas premiers pour n = 11, 23, 83,… Ce résultat provient du fait que, si 2n+1
est premier, alors il divise 22n-1 = (2n-1)( 2n+1) ; on reconnaît là un cas particulier du petit
théorème de Fermat. À travers sa correspondance avec Goldbach, on voit que, dans les années
1730-31, Euler a été confronté à presque tous les problèmes de théorie des nombres sur les-
quels il réfléchira sa vie durant : seuls ceux relevant des rubriques 7 et 8 de notre introduction
sont encore absents.

Petit théorème de Fermat

Les premiers travaux sur la théorie des nombres publiés par Euler concernent les nombres
de Fermat et les nombres de Mersenne (rubrique 1). Dans son article Observationes de theo-
remate quodam Fermatiano aliisque ad numeros primos spectantibus, présenté en 1732 à
l’Académie de Saint-Pétersbourg et publié en 1738 (E26, Op. I2, p. 1-5), Euler établit que
232+1 est divisible par 641 , contredisant la conjecture de Fermat. L’étude des nombres de
Mersenne et, plus généralement, la recherche des diviseurs de an-bn , le conduit à énoncer le
petit théorème de Fermat, selon lequel, pour tout nombre premier p et tout entier a , ap-a est
divisible par p .
Fermat avait annoncé ce résultat dans une lettre à Frénicle en 1640, sans donner de dé-
monstration ; Leibniz avait trouvé une démonstration, qu’il n’avait pas publiée. La première
démonstration donnée par Euler se trouve dans l’article Theorematum quorundam ad numeros
primos spectantium demonstratio, présenté à l’Académie de Saint-Pétersbourg en 1736 et pu-
blié en 1741 (E54, Op. I2, p. 33-37). Elle est fondée sur le théorème du binôme, de même que
celle que l’on trouve dans Theoremata circa divisores numerorum (1747/48), 1750 (E 134,
Op. I2, p 62) ; cette dernière avait été communiquée à Goldbach en 1742 : comme p est
p
premier, il divise les coefficients binomiaux pour 1 k p-1 , donc il divise
k
(a+b)p-ap-bp .
En faisant b = 1 , on voit que (a+1) -a -1 est divisible par p et en faisant a = 1 , que 2p-2 est
p p

divisible par p (c’est le cas particulier utilisé dans E26). Supposons maintenant que ap-a soit
divisible par p ; alors (a+1)p-(a+1) = (a+1)p-ap-1+ap-a est encore divisible par p , ce qui per-
met de démontrer le théorème par récurrence sur a .
Euler en déduit que a2+b2 n’a aucun diviseur premier de la forme 4n-1 (a et b supposés
premiers entre eux). Supposons en effet que p = 4n-1 est premier et que ni a , ni b n’est divi-
sible par p ; alors le reste de la division de ap-1 ou de bp-1 par p est égal à 1 , donc ap-1- bp-1 =
a4n-2-b4n-2 est divisible par p et il en résulte que a4n-2+b4n-2 n’est pas divisible par p (sinon a4n-2
et b4n-2 le seraient). Par conséquent a2+b2 , qui divise a4n-2+b4n-2 , n’est pas divisible par p .
m m
De la même manière, Euler établit que les diviseurs premiers de a 2 + b 2 donnent un reste
égal à 1 lorsqu’on les divise par 2m+1 ; en prenant a = 2 , b = 1 et m = 5 , on voit que les divi-
seurs premiers de 232+1 sont de la forme 64n+1 , ce qui explique comment Euler a pu trouver
le diviseur 641 .
Euler étudie aussi les résidus de puissances : si p = mn+1 est un nombre premier et si un
nombre a laisse un reste égal à ƒn 0 dans la division par p , alors le reste de am est égal à 1 ;
en effet ce reste est le même que celui de la division de ƒmn =ƒp-1 par p et on sait qu’il est égal
à 1 . Par exemple, si n = 2 , donc p = 2m+1 nombre premier impair, on voit que pour tout ré-
sidu quadratique a, nombre dont le reste de sa division par p est un carré non nul, le reste de
p−1
la division par p de a 2
est égal à 1 .

Par la suite, Euler a donné deux autres démonstrations du petit théorème de Fermat. Celle
de l’article Theoremata circa residua ex divisione potestatum relicta, communiqué en 1758 et
publié en 1761 (E262, Op. I2, p. 49-82) est sans doute voisine de la démonstration originale de
Fermat. Soit p un nombre premier impair et a un entier non divisible par p . Euler introduit le
plus petit exposant λ tel que le reste de la division par p de aλ soit égal à 1 ; comme il n’y a
que p-1 restes distincts modulo p , on sait que λ p-1 . Euler démontre que si λ < p-1 , alors λ
p −1 p −1 p −1
; ensuite, si λ < , alors λ etc. Il en résulte que λ est nécessairement un
2 2 3
diviseur de p-1 .
Dans le même article, Euler démontre que la condition nécessaire qu’il avait trouvée dans
E134 pour les résidus de puissance n-ième est aussi suffisante ; il utilise pour cela les diffé-
rences finies itérées.

La quatrième démonstration du petit théorème de Fermat se trouve dans l’article Theore-


mata arithmetica nova methodo demonstrata, communiqué en 1760 et publié en 1763 (E271,
Op. I2, p. 531-555) ; elle s’applique à un cas plus général, où le module N par lequel on divise
n’est plus nécessairement un nombre premier. Euler introduit la fonction arithmétique appelée
maintenant indicateur d’Euler et notée ϕ(N) à la suite de Gauss ; c’est le nombre des entiers
premiers à N parmi les nombres 1, 2,…, N-1 . Le théorème dit que, pour tout entier x premier
à N , le reste de la division par N de xϕ(N) est égal à 1 .

Diviseurs des formes quadratiques et loi de réciprocité

Les énoncés d’Euler sur ce sujet ont été communiqués à Goldbach dans les années 1741-
1742 ; ils concernent les diviseurs premiers de a2±mb2 (a, b premiers entre eux). Par exemple,
les diviseurs premiers de a2-2b2 sont de la forme 8n±1 , ceux de a2-3b2 sont de la forme
12n±1 et ceux de a2-5b2 sont de la forme 10n±1 . On peut résumer ces résultats dans le ta-
bleau I ; la condition nécessaire est facile, mais Euler énonce la réciproque, qu’il n’a pas en-
core démontrée. Ces énoncés sont substantiellement équivalents à la loi de réciprocité qua-
dratique de Legendre-Gauss : le caractère quadratique d’un entier p modulo un nombre pre-
mier impair q ne dépend que du reste de la division de q par 4p .

Forme quadratique diviseurs premiers


x2+y2 4n+1 (cf. E134)
2x2+y2 8n+1 ou 3
3x2+y2 12n+1 ou 7, càd. 6n+1
5x2+y2 20n+1, 3, 9 ou 7
6x2+y2 24n+1, 5, 7 ou 11
7x2+y2 28n+1, 9, 11, 15, 23 ou 25
càd. 14n+1, 9 ou 11
px2+y2 4p+s
px2-y2 ou x2-py2 4p±s

Tableau I
Dans les deux dernières lignes du tableau I, les restes s possibles forment un système multi-
plicatif.
Euler a publié ces conjectures dans l’article Theoremata circa divisores numerorum in hac
forma aa+bb contentorum communiqué en 1747 et publié en 1751 (E164, Op. I2, p. 194-222).
Le cas de x2+y2 est démontré dans Demonstratio theorematis Fermatiani omnem numerum
primum formae 4n+1 esse summam duorum quadratorum, communiqué en 1749 et publié en
1760 (E241, Op. I2, p. 328) ; celui de 2x2+y2 fait l’objet de l’article Specimen de usu observa-
tionum in mathesi pura (E256, 1753, p. 459-492), complété par Demonstrationes circa resi-
dua ex divisione potestatum per numeros primos resultantia, communiqué en 1772 et im-
primé en 1774 (E449, Op. I3, p.240-281), à une époque où Lagrange en avait donné une dé-
monstration indépendante. Enfin Euler a démontré le cas de 3x2+y2 dans l’article Supplemen-
tum quorundam theorematum arithmeticorum quae in nonnullis demonstrationibus supponi-
tur, communiqué en 1760 et publié en 1763 (E272, Op. I2, p. 556-575). Il utilise la forme
3x2+y2 ,
m+n m−n
ainsi que la forme m2-mn+n2 , que l’on en déduit en posant x = ,y= , pour étu-
2 2
dier l’équation diophantienne x3+y3+z3 = v3 ; il remarque que si on sait qu’un diviseur premier
d’un nombre de la forme m2-mn+n2 est représentable par la même forme, on peut démontrer
l’impossibilité de l’équation de Fermat x3+y3 = z3 .
Euler a formulé un énoncé précis de la loi de réciprocité quadratique dans ses Observatio-
nes circa divisionem quadratorum per numeros primos, communiquées en 1772 et publiées
en 1783 dans les Opuscula analytica (E552, Op. I3, p. 497-512) et Legendre a tenté de donner
une démonstration de cette loi. Gauss en a donné la première démonstration satisfaisante dans
ses Disquitiones arithmeticae (1801) ; on lui doit huit démonstrations de cet important théo-
rème.

La forme x2+y2 , étudiée dans De numeris qui aggregata sunt duorum quadratorum,
communiqué en 1752/53 et publié en 1758 (E228, Op. I3, p. 3-40), possède une propriété
multiplicative, déjà connue de Diophante et explicitée au Xe siècle par Al-Khazin :
(2) (a2+b2)(c2+d2) = (ac±bd)2+(ad bc)2 .
Si un nombre est représentable sous la forme a2+b2 avec a, b premiers entre eux, et cela d’une
manière unique, alors ce nombre est premier ; c’est la réciproque de l’observation facile selon
laquelle un nombre premier est représentable d’au plus une seule manière par la forme consi-
dérée.
Euler démontre que si un nombre premier p divise a2+b2 , il existe c, d tels que p divise
p2
c2+d2 et que c2+d2 < . Par descente infinie, il peut en déduire qu’un nombre premier qui
2
divise une somme de deux carrés est lui-même une somme de deux carrés. Pour établir que
tout nombre premier p de la forme 4n+1 est somme de deux carrés, il suffit alors d’établir
qu’un tel nombre divise une somme de deux carrés. Euler propose de partir d’un corollaire du
petit théorème de Fermat : si a, b ne sont pas divisibles par p , alors
ap-1-bp-1 = a4n-b4n = (a2n-b2n)( a2n+b2n)
est divisible par p . Il reste à trouver a, b tels que a2n-b2n ne soit pas divisible par p ; leur exis-
tence est établie dans l’article E241 cité plus haut, par une méthode qu’Euler avait communi-
quée à Goldbach en 1749. On considère le tableau des différences finies successives de la
suite des puissances 2n-ièmes (tableau II) :

1 22n 32n … … (4n)2n


2n 2n 2n
2 -1 3 -2 … (4n) -(4n-1)2n
2n
2
32n-2.22n+1 … (4n)2n-2.(4n-1)2n+(4n-2)2n
… … …
2n
(2n)!

Tableau II

Comme (2n)! = 1.2.3…2n n’est pas divisible par p , l’une au moins des différences premières
(a+1)2n-a2n (1 a p-1 = 4n ) n’est pas divisible par p .

Dans E256, Euler calcule une table de tous les nombres inférieurs à 500 représentables par
la forme 2x2+y2 ; il établit encore, par descente, qu’un diviseur premier de cette forme est
représentable par elle, mais c’est seulement dans E449 qu’il parvient à démontrer qu’un nom-
bre premier de la forme 8n+1 ou 8n+3 est de la forme 2x2+y2 . Le traitement de 3x2+y2 est tout
à fait analogue à celui de x2+y2 , avec l’utilisation des différences finies.

Euler démontre, dans Demonstratio theorematis Fermatiani omnem numerum, sive inte-
grum sive fractum esse summam quatuor pauciorve quadratorum (E242, Op. I2, p. 338-372),
que si p = 2q+1 est un nombre premier impair, il y a exactement q résidus quadratiques mo-
dulo p et q non résidus. En désignant les premiers par R et les seconds par NR , on a la table
de multiplication
R NR
R R NR
NR NR R

Le complément d’un reste r modulo p est défini comme p-r et, divisé par p il donne le même
reste que –r . Euler démontre que, si le complément d’un résidu quadratique est encore un
résidu quadratique, alors tous les résidus quadratiques ont la même propriété ; il en résulte que
q est pair et que p est de la forme 4n+1 . La réciproque de ce résultat dans E552, déjà cité : si
P est un nombre premier de la forme 4q+1 , -1 est résidu quadratique modulo P .
Une partie de la loi de réciprocité quadratique est obtenue par Euler dans l’article De qui-
busdam eximiis proprietatibus circa divisores potestatum occurentibus (E557, Op. I4, p. 25-
64) : si p est un nombre premier de la forme 4n+1 qui est résidu quadratique modulo un autre
nombre premier q , alors q est résidu quadratique modulo p . Dans des articles posthumes De
insigni promotione scientiae numerorum (E598, Op. I4, p. 163-196), Novae demonstrationes
circa divisores numerorum formae xx±nyy (E610, Op. I4, p. 197-220) et De divisoribus nume-
rorum in forma mxx+nyy contentorum (E744, Op. I4, p. 418-431), publiés dans les années
1785-87 et que l’on trouve dans le quatrième volume de ses œuvres, Euler établit que les divi-
seurs premiers p de la forme x2+ny2 sont caractérisés par le fait que -n est résidu quadratique
modulo p et que cette propriété ne dépend que du reste de la division de p par 4n ; la moitié
des restes possibles est admissible.

Enfin Euler a recherché les nombres convenables n , c’est-à-dire ceux pour lesquels les
nombres représentables d’une manières unique (propre) par la forme nx2+y2 sont premiers ; il
en a trouvé 65, dont le plus grand est 1848 et, jusqu’à maintenant on n’en connaît pas d’autre.
Gauss a conjecturé qu’il n’y a qu’un nombre fini de nombres convenables et cette conjecture
a été démontrée par Heilbronn et Chowla en 1934 ; ce sont les nombres n tels que chaque
genre de forme quadratique de discriminant –n ne contient qu’une seule classe.

Théorème des quatre carrés

Dans une lettre de 1748, Euler a communiqué à Goldbach l’identité


(3) (a2+b2+c2+d2)(p2+q2+r2+s2) = A2+B2+C2+D2
où A = ap+bq+cr+ds , B = aq-bp-cs+dr , C = ar+bs-cp-dq et D = as-br+cq-dp ; avec les chan-
gements de signes possibles, cela fait en tout quatre formules. Il en résulte que les nombres
représentables comme une somme de quatre carrés forment un système multiplicatif.
Les nombres représentables comme sommes de trois nombres triangulaires apparaissent
comme les exposants de x dans la série s3 , où s = 1+x+x3+x6+x10+… est la série dans laquelle
les exposants sont les nombres triangulaires. Par suite, si on établit qu’aucun des coefficients
de s3 = 1+Ax+Bx2+Cx3+… n’est nul, on a démontré l’assertion de Fermat. Euler propose de
même une démonstration directe du théorème des quatre carrés : elle consiste à partir de la
série s = 1+x+x4+x9+x16+… , dans laquelle les exposants sont les carrés, et à établir qu’aucun
des coefficients de s4 n’est nul. Cette méthode a été mise en œuvre par Jacobi au XIXe siècle ;
au moyen de sa théorie des fonctions thêta, il a même pu calculer les coefficients de s4 , ce qui
donne le nombre de représentations de chaque entier naturel comme somme de quatre carrés.
L’année suivante, Euler propose à Goldbach un ensemble de conjectures constituant un
programme pour démontrer le théorème des quatre carrés :
a) si a et ab sont des sommes de quatre carrés, il en est de même de b ;
b) tout nombre premier a un multiple qui est une somme de quatre carrés.
Comme il est facile de démontrer que si un nombre premier p divise une somme de quatre
p
carrés, il existe des nombres entiers x, y, z, v et tels que p divise x2+y2+z2+v2 , on peut
2
alors établir, par descente infinie, que tout nombre premier est une somme de quatre carrés, ce
qui suffit en vertu de la propriété multiplicative (3).
Euler tente de remplir ce programme dans l’article E242 cité plus haut ; il parvient seule-
ment à démontrer que tout nombre entier est somme de quatre carrés de nombres rationnels.
La démonstration complète a été trouvée par Lagrange en 1772 et Euler a consacré l’article
Novae demonstrationes circa resolutionem numerorum in quadrata (1772), 1773 (E445, Op.
I3, p. 218-239) à simplifier la démonstration de Lagrange.

Équations diophantiennes

La première équation diophantienne étudiée par Euler est, comme nous l’avons vu, de la
forme ax2+bx+c = y2 ; il y consacre l’article De solutione problematum diophanteorum per
numeros integros, communiqué en 1733 et publié en 1738 (E29, Op. I2, p. 6-17). Si on en
connaît une solution, on en déduit une infinité d’autres grâce à la résolution de l’équation de
Pell-Fermat ap2+1 = q2 . Euler donne une table des plus petites solutions de cette dernière
équation pour a non carré, 2 a 68 .
Il revient à la même équation αx2+βx+γ = y2 dans l’article De resolutione formularum
quadraticarum indeterminatarum per numeros integros (1762/63), 1764 (E279, Op. I2, p.
576-611). Il y étudie, pour α donné, les valeurs de γ telles que αx2+γ puisse représenter un
carré ; l’ensemble de ces valeurs forme un système multiplicatif en vertu du theorema exi-
mium d’Euler, qui consiste en l’identité
(4) (αa2-b2) (αc2-d2) = (bd±αac)2-α(bc±ad)2
et qui généralise l’identité (1). Les valeurs premières admissibles pour γ sont des résidus qua-
dratiques modulo 4α ou bien de la forme r-α où r est un tel résidu.
L’équation de Pell-Fermat est étudiée dans l’article De usu algorithmi in problemate Pel-
liano solvendo (1765), 1767 (E323, Op. I3, p. 73-111). Euler y explique comment elle inter-
vient dans la résolution des équations diophantiennes du second degré ƒ(x,y) = 0 (ƒ polynôme
p
de degré 2 ). Il remarque que, si (p,q) est une solution de l’équation q2+1 = p2 , alors est
q
une approximation de ; il propose donc de chercher les solutions du problème en considé-
rant les réduites de la fraction continue qui représente et il donne une table des fractions
continues correspondant à 2 120 . Euler observe que ces fractions continues sont toutes
périodiques, mais ce fait ne sera démontré que par Lagrange.
La résolution de l’équation diophantienne générale de degré 2 est l’objet de Resolutio ae-
quationis Ax2+2Bxy+Cy2+2Dx+2Ey+F = 0 per numeros tam rationales quam integros (1773),
1774 (E452, Op. I3, p. 297-309) ; Euler y explique comment on peut trouver toutes les solu-
tions à partir de l’une d’elles, supposée connue.
Dans l’article posthume De criteriis aequationis fxx+gyy = hzz utrum ea resolutionem ad-
mittat, Euler observe qu’une condition nécessaire pour l’existence de solutions de l’équation
diophantienne énoncée dans le titre est que –fg soit résidu quadratique modulo h , gh soit ré-
sidu quadratique modulo f et fh soit résidu quadratique modulo g . Legendre établira plus tard
que cette condition est aussi suffisante.

Euler a aussi étudié certaines équations diophantiennes de degré supérieur à 2 , parmi les-
quelles l’équation de Fermat x4±y4 = z2 dans l’article Theorematum quorundam arithmetico-
rum demonstrationes (1738) 1747, (E98, Op. I2, p. 38-58), l’équation x3+y3+z3 = v3 dans So-
lutio generalis quorundam problematum diophanteorum quae vulgo nonnisi solutiones spe-
ciales admittere videntur, (1756/57) 1761 (E255, Op. I2, p. 428-458) et l’équation x3+y3 = z3
dans son Algèbre (1768, 1770, Op. I1). Ce dernier livre, d’abord publié en russe, puis en alle-
mand et traduit en français par les soins de Lagrange, contient aussi l’étude de l’équation F(x)
= y2 où F est un polynôme de degré 4 ; Euler pose y = ax2+bx+c en choisissant les coefficients
a, b, c de manière à faire disparaître autant de termes que possible et à obtenir une équation du
premier degré en x .
Il revient à cette équation dans les articles posthumes De insigni promotione analysis dio-
phanteae (E772, Op. I5, p. 82-93), Solutio problematis difficillimi quo hae duae formae
aaxx+bbyy et aayy+bbxx quadrata reddi debent (E773, Op. I5, p. 94-115), De resolutione
huius aequationis 0 = a+bx+cy+dxx+exy+fyy+gxxy+hxyy+ixxyy per numeros rationales (E
777, Op. I5, p. 146-156) et Methodus nova et facilis formulas cubicas et biquadraticas ad
quadratum reducendi (E778, I5, p. 157-181) publiés seulement en 1830. En écrivant F =
P2+QR où P, Q, R sont des polynômes en x de degré 2 , on peut interpréter F comme le dis-
criminant de l’équation quadratique en z : Qz2+2Pz = R , dont les racines sont donc z =
−P + y
. On fait alors le changement d’inconnue y = Q(x)z+P(x) dans l’équation F(x) = y2 ;
Q
on obtient Q(x)z2+2P(x)z-R(x) = 0 quadratique aussi bien par rapport à x que par rapport à z .
Si (x,z) est une solution connue, (x,z’) en est une autre, en notant z’ la seconde racine de
l’équation ; l’équation Q(x)z’2+2P(x)z’-R(x) = 0 , quadratique en x a alors une seconde racine
x’ , d’où une nouvelle solution (x’,z’) du problème. On peut itérer le procédé, obtenant la suite
de solutions (x’,z”), (x”,z”),… À propos de cette méthode, Jacobi a observé qu’Euler avait
utilisé le même changement de variable en 1757 pour établir son théorème d’addition des
intégrales elliptiques ; Jacobi a donné une méthode utilisant les fonctions elliptiques pour
déduire une suite de solutions de l’équation à partir d’une solution supposée connue.

Utilisation des séries ou des produits infinis

Le problème de calculer la somme des inverses des carrés des entiers successifs (qui for-
ment une série convergente) était posé depuis longtemps. Euler en a finalement trouvé une
solution, exposée dans (E41, (1735), 1740, Op. I14, p. 74) ; considérant l’équation transcen-
x3 x5
dante 1-sinx = 1-x+ - +… = 0 , Euler lui appliquait les propriétés connues pour les
6 120
équations algébriques sur les relations entre les coefficients et les racines. Bien entendu, rien
ne justifiait cette extension et rien ne permettait de s’assurer que l’équation n’avait pas
π
d’autres racines (imaginaires) que les racines connues +2k (k entier). Euler a répondu à
2
cette dernière objection dans son Introductio in analysin infinitorum (1748, Op. I8), en éta-
x2 x2 x2
blissant la décomposition en produit infini sinx = x 1− 2 1− 2 1− 2 … ; en divisant
π 4π 9π
par x et en considérant l’équation
x2 x4 x2 x2 x2
(5) 1- + -… = 1− 2 1− 1− …=0
6 120 π 4π 2 9π 2
1 1 1
comme une équation en z = x2 , on obtient = 1+ 2 + 2 +… , d’où
6 4π 9π
1 1 1 π2
1+ + + +… = .
4 9 16 6

1
Euler a obtenu, d’une manière générale, la sommation des séries 2k
sous la forme Ck 2k
n=1 n
avec Ck rationnel pour k = 1, 2, 3,… , en considérant les sommes des puissances k-ièmes des
racines de (5), liées aux coefficients de cette équation par les formules de Newton.

1
Par la suite, il a considéré la série s
pour s réel comme une fonction de s ; depuis Rie-
n=1 n
mann, on note sa somme ζ(s) . En 1737, Euler a eu l’idée de transformer cette série en produit
1
infini ∏ ; la transformation s’obtient en développant
ppremier
1− p−s
1 1 1 1
−s
= 1+ s + 2 s + 3 s +…
1− p p p p
pour chaque nombre premier p et en faisant le produit de ces séries : elle exprime le théorème
fondamental de l’arithmétique. En comparant ζ(s) et ζ(2s) au voisinage de s = 1 , Euler est
1
parvenu à démontrer que la série est divergente ; sa méthode permet même d’établir
ppremier
p
1
que est équivalent à loglogx . Par des transformations formelles, Euler a obtenu une
ppremier ≤x
p
relation remarquable entre ζ(s) et ζ(1-s) (1749).

Euler a aussi utilisé les séries et les produits infinis pour étudier les problème des parti-
tions, qui lui avait été posé par Ph. Naudé en 1740. Désignons par p(n) le nombre de décom-
positions d’un entier n en sommes d’entiers plus petits, ou partition de n ; Euler établit la for-
mule
1 1
(6) 1+p(1)x+p(2)x2+p(3)x3+… = ∞ =
h(x)
∏ (1− x n )
n=1
où h(x) = (1-x)(1-x2)(1-x3)… ; il suffit, pour cela, d’utiliser le développement
1
n
= 1+xn+x2n+x3n+…
1− x
pour chaque valeur de n , comme pour la transformation de ζ(s) faite plus haut. Or Euler avait
trouvé d’abord empiriquement, puis démontré par d’habiles manipulations de séries, que h(x)
3m 2 m
= 1-x-x2+x5+x7-x12-x15+… où les exposants sont les nombres pentagonaux , le signe
2
étant (-1)m ; cette identité sera interprétée par Jacobi à l’aide de la théorie des fonctions thêta.

En écrivant que h(x) p(n)x n = 1 , il trouve la relation de récurrence remarquable p(n) =
n= 0
p(n-1)+p(n-2)-p(n-5)-p(n-7)+p(n-12)+p(n-15)-… , où la somme du second membre s’arrête
bien entendu lorsque le nombre pentagonal qu’elle contient dépasse n .
Euler avait d’ailleurs observé que la fonction σ(n) égale à la somme des diviseurs de n (y
compris 1 et n ) vérifie une relation de récurrence analogue ; Euler avait utilisé cette fonction
arithmétique, déjà introduite au XIVe siècle par Kamal al-Din al-Farisi, pour démontrer que
tous les nombres parfaits pairs sont de la forme indiquée par Euclide dans ses Éléments. Il est
parvenu à le démontrer en considérant encore la série génératrice
g(x) = σ(1)x+σ(2)x2+σ(3)x3+… .
En effet, la dérivée logarithmique de h(x) est égale à
1 2x 3x 2
- - - -… = -(1+x+x2+x3+…+2x+2x3+2x3+…+3x2+3x5+3x8+…) =
1− x 1− x 2 1− x 3
1
-(1+(1+2)x+(1+3)x2+(1+2+4)x3+(1+5)x4+…) = - g(x) .
x
On a donc –xh’(x) = h(x)g(x) , soit
x+2x2-5x5-7x7+12x12+… = (1-x-x2+x5+x7-…)(σ(1)x+σ(2)x2+σ(3)x3+σ(4)x4+…) ,
ce qui donne σ(n) = σ(n-1)+ σ(n-2)- σ(n-5)- σ(n-7)+… , où il faut interpréter σ(0) comme
égal à n lorsque n est un nombre pentagonal et σ(k) comme 0 lorsque k < 0 .

Conclusion
On voit que l’œuvre d’Euler en théorie des nombres est très importante. Elle touche beau-
coup de domaines souvent liés entre eux, comme la théorie des restes de puissances, la théorie
des formes quadratiques, la recherche des nombres premiers. Il a tenté d’aborder les équations
diophantiennes avec des méthodes assez générales : équations générales du second degré,
équations du type y2 = P(x) où P est un polynôme de degré 4 . Il a innové d’une manière
significative en utilisant les ressources de la théorie des séries, et même du calcul différentiel,
pour obtenir des résultats de théorie des nombres ; ce genre de méthode sera repris, au siècle
suivant, par G. Lejeune-Dirichlet.
Après avoir abordé un sujet de recherche, Euler ne l’a jamais abandonné, mais il a continué
à le perfectionner tout au long de sa vie. Cependant, il n’est pas parvenu à établir, d’une ma-
nière générale, l’existence d’une solution de l’équation de Pell-Fermat, ni à démontrer le théo-
rème des quatre carrés : ces deux résultats ont été obtenus par Lagrange, d’une génération
plus jeune. Malgré ses visées générales, la théorie des nombres d’Euler n’est pas encore sys-
tématisée ; il faudra attendre Legendre et surtout Gauss pour avoir des exposés de la théorie
des nombres sous une forme systématique.

Références

P. G. LEJEUNE-DIRICHLET, Mathematische Werke, vol. 1, Berlin, 1889, p. 307-374 ; re-


print, New York, 1969.
L. EULER, Opera omnia, vol. 1-5, 8 et14, Leipzig 1911-1944
L. EULER und C. GOLDBACH, Briefwechsel 1729-1764, Berlin, 1965
P. FERMAT, Varia opera mathematica, Toulouse, 1670
Œuvres, vol. 1, Paris, 1999
C. F. GAUSS, Disquisitiones arithmeticae, Leipzig, 1801 = Werke, vol. 1, Götingen, 1863
C. G. JACOBI, Fundamenta nova theoriae funcionum ellipticarum, Königsberg 1829 = Ge-
sammelte Werke, vol. 1, Berlin, p. 49-239
J. L. LAGRANGE, Œuvres, vol. 3, Paris 1869
A. M. LEGENDRE, Essai sur la théorie des nombres, Paris, 1798 ; 4e éd. Théorie des nom-
bres, Paris 1955

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