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La Reproduction Spontanée Du Tilapia: Une Chance Ou Un Handicap Pour Le Développement de L'aquaculture Africaine?

La reproduction spontanée des tilapias, initialement perçue comme un avantage pour l'aquaculture en Afrique, s'est révélée être un handicap en raison de la surpopulation qu'elle engendre. Bien que des techniques aient été développées pour gérer cette surpopulation, des défis subsistent concernant la qualité des géniteurs et la production d'alevins. Le document analyse ces enjeux et propose des stratégies de développement et de recherche pour améliorer la situation.

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La Reproduction Spontanée Du Tilapia: Une Chance Ou Un Handicap Pour Le Développement de L'aquaculture Africaine?

La reproduction spontanée des tilapias, initialement perçue comme un avantage pour l'aquaculture en Afrique, s'est révélée être un handicap en raison de la surpopulation qu'elle engendre. Bien que des techniques aient été développées pour gérer cette surpopulation, des défis subsistent concernant la qualité des géniteurs et la production d'alevins. Le document analyse ces enjeux et propose des stratégies de développement et de recherche pour améliorer la situation.

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82

La reproduction spontanée du tilapia : une chance


ou un handicap pour le développement
de l'aquaculture africaine?

'J. LAZARD
Programme aquaculture et p ëche
Départemènt d'élevage et de médecine vétérinaire
Centre decoopëretion internationale en recherche
agronomique pour le développement (CiRAD-EMVT)
Groupe aquaculture continentale
méditerranéenne et tropicale (GAMET)
BP 5095-34033 Montpellier Cédex 1
France

M. LEGENDRE
Institut français de recherche scientifique
pour le développement en coopération ,(OR5rOM)
Groupe aquaculture continentale
méditerranéenne et tropicale (GAMET)
BP 5095-34033 Montpellier Cédex 1
France

LAZARD, J. et M. LEGENDRE. 1996. La reproduction spontanée du tilapia : une chance ou un


handicap pour le développement de l'aquaculture africaine? p. 82-98. /n R.S.V, Pullin, J. Lazard,
M. Legendre, J.B. AmonKothia s et D. Pauly (éds.) Le Troisième Symposium International sur le
, Tilapia en Aquaculture. ICLARM. Conf. Proe. 41, 630 p.

Résumé
La reproduction spontanée et continue, au cours de l'année, des tilapias en captivité a d'abord
été considérée comme un atout inespéré pour le développement de la pisciculture en Afrique,
puis rapidement cornrn e un handicap sérieux dans j'optique de l'élevage de ce po is son en étang,
du fait de la surpopulation qu'elle engendrait. Différentes techniques ont permis de surmonter cet
obstacle. '
On peut s'interroger sur les avantages et les inconvénients de la sexualité des tilapias pour
l'approvisionnement en alevins des aquaculteurs. Parmi les atouts figure la possibilité pour les
aquaculteurs artisans de produire leurs propres alevins. Parmi les inconvénients figure 'la difficulté
de gérer la qualité des géniteurs. Les faibles quantités d'oeufs produites à chaque ponte obligent
à travailler sur un grand nombre de géniteurs, et l'asynchronie entre les pontes rend délicate la
production simultanée de grandes quantités d'alevins calibrés. Enfin, le contrôle des reproductions
indésirées en élevage implique l'utilisation de populations monosexes.
Ces différents éléme~ts sont analysés et discutés à trois niveaux: stratégies de développement,
micro-économie et identification de thèmes de recherche à développer pour améliorer les dlffére ntes
options. Les données relatives à trois espèces de tilapias (Oreoehromis nitoticus, Sarotherqdon
melanotheron et Tilapia guineensis) sont comparées à celles obtenues avec deux espèces de'~fures
africains de la Famille des Clariidés(C1arias gariepinus et Heterobranehus longifilis) nécessitant
des techniques de reproduction induite, mais beaucoup plus fécondes.

.1
83

Introduction caractéristiques biologiques et tech-


niques sur le développement de l'élevage
La pisciculture africaine a démarré il des tilapias et des C1ariidés sera ensuite
y a environ 50 ans avec les tilapias analysée.
comme espèces de base. Les atouts
essentiels de ce poisson étaient sa re- Données biologiques relatives
production spontanée en captivité, un à la reproduction de quelques
alevinage facile et son régime tllaplas et silures
alimentaire à la fois situé en début de
chaîne alimentaire et très plastique. Le bilan comparatif de la reproduc-
L'inconvénient majeur présenté par ce tion des tilapias et des silures est donné
poisson était sa maturité sexuelle très dans le tableau 1.
précoce en captivité correspondant
à une taille fréquemment inférieure à Age de première
sa taille marchande. Cette maturité maturation sexuelte
précoce induit très rapidement en
étang (infrastructure principalement L'âge et la taille de première matu-
utilisée en pisciculture africaine) ration sexuelle varient avec ienvlron-
surpopulation et nanisme au cours des nement dans lequel sont placés les
élevages. poissons. Chez les cinq espèces étu-
Les différentes recherches menées diées, la maturité sexuelle intervient plus
dans les années 1970 sur le continent précocement et à une taille plus réduite
africain et ailleurs ont permis à la fois en condition d'élevage que dans le milieu
une meilleure maîtrise des inconvénients naturel.
liés à l'élevage des tilapias en struc- Pour O. ni/oticus, la première matu-
tures fermées (monosexage, élevage ration sexuelle intervient généralement
mixte avec prédateur) et le dévelop- vers l'âge de deux à trois ans. en con-
pement des élevages en structures ditions optimales dans le milieu naturel
ouvertes (cages, enclos). Par ailleurs, (lac) alors qu'en conditions défavora-
la maîtrise du cycle biologique d'autres bles telles que la captivité dans de petits
espèces d'intérêt aquacole (notam- étangs, la reproduction peut intervenir
ment de Siluriformes) a été obtenue. dès l'âge de trois mois (McBay, 1961 ;
Les principales espèces de tilapias Ruwet et coll., 1976). Pour S. melanothe-
étudiées dans le cadre de la présente ron et T. guineensis élevés en enclos
réflexion sont Oreochromis ni/oticus, lagunaire, la première maturation
Sarotherodon me/anotheron, Ti/apia sexuelle intervient à six à huit mois
guineensis qui couvrent ainsi les trois (50 g) et à sept à neuf mois (60 g),
genres du groupe des tilapias, et C/arias respectivement. E.n milieu naturel (lagune
gariepinus et He terobran ch us /ongiff/is, [Link]é, Côte d'Ivoire), le poids de première
deux silures africains-de la famille des maturation de ces deux espèces est plus
Clariidés dont l'intérêt aquacole a été élevé (130 et 80 g, respectivement)
démontré plus récemment. Les traits pour un âge non déterminé (Legendre
relatifs à la biologie de la reproduction et coll., 1990)~ .
et aux méthodes d'obtention des oeufs Chez C. gariepinus, la maturité sexuelle
et des alevins en captivité seront tout intervient vers deux ans dans. le milieu
d'abord comparés pour les deux groupes naturel (Richter, 1976). En conditio,ns
d'espèces.· L'incidence sociale et d'élevage, la maturité est atteinte vers
économique. de ces différentes huit à 10 mois (Pham, 1975) ou cinq à
84
Tableau 1. Reproduction comparée tllapias-silures : données biologiques et contraintes (ONI,
Oreoehromis ni/otieus; SME, Sarotherodon me/anotheron ; CGA, Clarias gariepinus; et HLO,
Heterobranehus /ongifi/is).

Tilapias Silures

Fécondité, prolificité Ponte spontanée en Induction de la ponte nécessaire


captivité 60.000-80.000 oeufs/kg de 9
350-3.500 oeufs/9 (ONI)

Fréquence de ponte Z semaines (SME) 6-8 semaines (CGA)


à 6 semaines (ONI) 4-8 semaines (HLO)

Contrôle de la Sexe ratio à respecter Choix de géniteurs matures


reprod uction Densité de mise en charge (biopsie, examen papille génitale)
(contraintes) Poids individuel des 9 et d Induction hormonale de
Durée de reproduction/ l'ovulation
remplacement des géniteurs Fécondation artificielle
Incubation des oeufs

Réforme des géniteurs Environ 18 mois CGA (?) ; HLO (>6 ans)

Relations à la Taille reproduction < taille taille reproduction ~ taille


taille marchande marchande marchande
CGA : ZOO s
HLO : 300-1.500 s
Dimorphisme de CGA d >9
croissance HLO d =9

Hybrides Qualité des souches


Fécondité hybrides < fécondité Hybridation CGA x HLO possible
intraspécifique

Elevage larvaire Pas d'élevage larvaire chez Elevage larvaire nécessaire


Oreochromis et Sarotherodon
Brève phase larvaire chez
Ti/apia

Bilan des contraintes Planification de la production Induction de l'ovulation +


Nombre de géniteurs élevé fécondation artificielle
ras de synchronisation des Elevage larvaire
pontes (donc nombreuses
structures nécessaires)

sept mois (Legendre et coll., 1992), à première maturation sexuelle intervien-


un poids de 100 à 200 g . drait à deux ans (Motwani, 1970).
. Chez HsIongitills, la maturité sexuelle
intervient à; l' âge de 12 à 14 mois à un Fécondité
poids qui varie de 300 à 1.509 g selon
les conditions d'élevage (Legendre et Chez les tilapias, comme chez les
col}., 1992). Dans le milieu naturel, la autres poissons, la fécondité absolue
85

augmente avec la taille des femelles. Fréquence de ponte


Chez 0. ni/oticus, la fécondité absolue
minimale observée est de 340 ovules Fréquence de ponte et quantité
pour une femelle de 26 g, la fécondité d'alevins produits sorrt- directement
maximale de 3.500 ovules pour une corrélées chez les tilapias et il semble
femelle de 550 g (Mélard, 1986). Chez plus logique de raisonner sur des valeurs
S. me/anotheron la fécondité absolue moyennes durant une période de
moyenne est, en enclos, de 450 oeufs reproduction donnée que sur la base
pour une femelle de 100 g, de 700 oeufs des résultats concernant des pontes
pour une femelle de 200 g et 1.000 unitaires. En conditions optimales et à
oeufs pour une femelle de 300 g une température de 25 à 28°C, une
(Legendre et coll., 1990). Pour des poids femelle de 0. ni/oticus peut se reproduire
équivalents, la fécondité est respective- tous les 30 à 40 jours (Ruwet et coll.,
ment de 4.000, 8.000 et 12.000 oeufs 1976), mais on observe une très forte
par femelle de T. guineensis élevée en variabilité individuelle (Mires, 1982);
enclos (Legendre et coll., 1990). Ainsi, selon cet auteur, la fréquence de
En revanche, la fécondité relative ponte en aquarium d'une femelle de O.
(exprimée en nombre d'oeufs fécondés ni/oticus de 400-500 g de poids moyen
ou d'alevins produits par kilogramme varie de 23 à 50 jours avec une très
de femelle) varie en sens inverse du poids grande variabilité du nombre total de
moyen des femelles de tilapia. Ceci pontes obtenu (deux à sept) -durant
oblige, pour une production maximale la période d'observation considérée
d'alevins avec une même biomasse de (Il mois).
géniteurs, à conserver un nombre élevé Chez S. me/anotheron et chez T.
de femelles de petite taille, d'environ guineensis, la fréquence de ponte moy-
100 à 150 g chez O. niloticus (Mélard, enne observée en bassins de béton
1986). de 4 m 2 (sexe ratio 1: 1) est sensiblement
Chez les Clariidés étudiés, la fécondité plus élevée, avec un. intervalle entre
relative moyenne rapportée au kilo- deux pontes de deux semaines et de
gramme de femelle varie relativement trois semaines, respectivement (Legen-
peu avec leur poids individuel. Chez C. dre et coll., 1990).
gariepinus, la fécondité absolue est de D'une façon générale, la ponte au
39.000 oeufs ·pour une femelle de sein d'une population de géniteurs de
500 g, 81.000 oeufs pour une femelle tilapias (même âge, même taille, même
de 1 kg et 132.600 oeufs pour une stade de maturité sexuelle) se fait de
femelle de 1,5 kg, soit environ 80.000 façon irrégulière, asynchrone pour les
oeufs par kg de femelle (Hogendoorn, différentes femelles.
1983) . Chez C. gariepinus,. dans des con-
Chez H. /ongifi/is, la fécondité est ditions optimales d'élevage (alimen-
maximale en saison des pluies. Elle est tation, température, qualité et renouvel-
en moyene de 130.000 oeufs pour une lement d'eau), la fréquence minimale'
femelle de 2 kg et de 344.000 oeufs d'induction répétée de J'ovulation par
pour une femelle de 4 kg (Legendre, traitement hormonal sur une même
1986). De fortes variations saisonnières femelle est de l'ordre de six à huit
. de fécondités sont observées: 28.000 semaines sans perte de la fécondité par
oeufs par k'g de femelle en saison sèche ponte unitaire (Hogendoorn, 1983).
et~8.000oeufs par kg de femelle en Chez H. /ongifi/is, la fréquence de
saison des pluies. ponte de femelles traltées avec HCG est
86

de deux mois sans perte de fécondité l'ordre de 145 individus par 100 rn",
(Legendre, 1986) et pourrait sans doute 1,5 mois après l'empoissonnement en
être inférieure (un mois, Z. Otémé, géniteurs sexuellement matures.
comm. pers.). Les meilleurs résultats chez C. garie-
pinus sont obtenus par induction de
Contrôle de la reproduction l'ovulation avec des hormones de
différents types: HCG, extraits hypo-
Chez les tilapias, l'induction hor- physaires de carpes et LH-RHa associée
monale de la ponte n'est pas pratiquée. au pimozide. Chez H. Jongifi/is, l'HCG
Une gestion rigoureuse des stocks de donne 100 % de réponse.
géniteurs est toutefois nécessaire dans
le cadre d'une production massive Réforme des géniteurs
cl'oeufs etdalevlns , Ainsi, chez O. nilo-
ticus, les résultats peuvent être optimi- La période la plus productive des
sés par les pratiques et conditions géniteurs de tilapias recouvre les 18
d'élevage suivantes: premiers mois d'activité sexuelle (Rana,
• séparation des sexes avant mise en 1988), période à l'issue de laquelle il
place des géniteurs en structures de re- est recommandé de renouveler le stock
production (étangs, hapas, bassins en de géniteurs.
béton) pour une production plus rapide En revanche chez les silures, aucune
et plus régulière en alevins (Guerrero, baisse de fécondité ne semble avoir été
1987 ; Parrel et coll., 1990) ; mise en évidence dans le cadre des
• remplacement des géniteurs à des expérimentations réalisées jusqu'à
fréquences élevées : tous les 21 jours présent sur chacune des espèces étudiées
en hapas selon Lovshin et Ibrahim (1987), ici. Chez C. gariepinus, aucune référence
ce. qui permet un accroissement de la relative à l'âge recommandé pour la
production d'oeufs et d'alevins de l'ordre réforme des géniteurs ne semble exister
de 16%; et et chez H. Jongifi/is, aucune baisse de
• densités de mise en charge de 0,7 fécondité relative n'a été observée
g ën it eu r s-rn " en 'étangs de 400 rn ' jusqu'à l'âge de six ans (6 kg de poids
(Lazard, 1984) ou de 4 à 5 gënlreursm" moyen).
en hapas (Bautista, 1987 ; Guerrero,
1987) et sexe ratio optimal (Q:d ) Maturation et talJJe marchande;
généralement de l'ordre de 3: 1. s , dimorphisme sexuel de croissance
/lest à noter que pour S. meJanothe-
ron chez lequel I'Incubatlon buccale des Chez les principaux tilapias utilisés
oeufs est pratiquée par le mâle, le sexe en aquaculture, la maturité sexuelle inter-
ratio optimal est de 1: 1. vient bien avant la taille marchande en
La reproduction sans aucun recours élevage. En outre, chez tous les tllaplas,
à ('induction hormonale de l'ovulation on observe un dimorphisme de crois-
est possible chez les silures C. gariepinus sance en faveur des mâles dont on ig-
et H. Jongifi/is, mais elle donne desrësul- nore encore le déterminisme précis. D'oÙ
tats médiocres en termes de nombre les différentes méthodes employées pour
d'oeufs et d'alevins produits. Ainsi, chez produire des populations monosexes
C. gariepinus, la reproduction naturelle mâles (traitements hormonaux, hybrida-
en étang où l'on .s i rnu l e une crue tion interspécifique, principale,ment):.
(remplissage de l'étang en une journée) Chez le silure H. Jongifi/is, aucune
conduit à une production d'alevins de différence significative de la croissance
87

des mâles et des femelles n'a été mise plnus présente une croissance équiva-
en évidence (Legendre et coll., 1992). lente ou supérieure en fonction des
En revanche, un important dimorphisme conditions environnementales à celle
de croissance en faveur des mâles est du parent le plus performant (H.
observé chez C. gariepinus (Henken et longifilis). Le sexe ratio des hybrides
coll., 1987). Legendre et coll. (1992) est équilibré; ils sont fertiles mais avec
rapportent, après 307 jours d'élevage une mauvaise efficacité de leur
en bassins cimentés, un poids moyen gamétogenèse ; mâles et femelles ont
pour H. longifilis de 700 g chez les une croissance équivalente. Par rapport
femelles et 680 g chez les mâles, et à l'utilisation de H. longifilis, l'intérêt
de 260 g et 450 g, respectivement, aquacole d'un tel hybride de mise au
pour les femelles et les mâles de C. point récente reste à mettre en évidence
gariepinus. (résistance éventuelle à certaines con-
ditions de milieu, à certaines pathologies,
Hybrldntton etc.) .

La production d'hybrides de Oreo- Teille des oeuFs


chromis est réalisée depuis une trentaine et élevdge Iarvalre
d'années et a atteint dans les années
1970 une dimension commerciale (en Les oeufs de Oreochromis et Serotb e-
Israël au début, puis dans de nombreux rodon présentent une taille (2,5 à 4,5
autres pays ensuite). Le but recherché mm) nettement supérieure à celle des
par ces hybridations est généralement Tilapia, d'une part (1,5 à 2,0 mm), et
double: héritage de qualités parentales des Clariidés, C. gariepinus et H. longifilis
favorables (croissance, résistance au (1,5 mm), d'autre part.
froid, meilleure capturabilité, coloration Cette situation a un impact direct sur
du mésentère, etc.) et obtention d'un la phase d'alevinage: à "issue de
fort pourcentage de mâles. la résorption vitelline, au moment de
L'utilisation de ces croisements leur entrée en phase trophique (20 mg
interspécifiques s'est toujours heurtée environ), Oreochromis et Sarotherodon
à un double problème de faible fertilité présentent déjà la morphologie défini-
en comparaison des reproductions lntra- tive des adultes; ils sont robustes et
spécifiques (Rothbard et coll., 1983) et leurs besoins alimentaires sont simples
de maintien de lignées pures de géniteurs à satisfaire.
en vue d'obtenir des descendances A l'inverse, les larves de Clariidés dont
proches de 100 % de mâles. Une le poids est d'environ {,8 mg au mo-
prolificité accrue a pu être obtenue en ment de leur entrée en phase trophique
sélectionnant les souches parentales nécessitent une alimentation spécifique
(Hulata et coll., 1985) ou en utilisant et des conditions d'élevage particu-
des hybrides FI comme géniteurs, un lières.
traitement hormonal masculinisant étant Les tilapias du genre Tilapia qui
ensuite appliqué aux descendances présentent une brève période larvaire
(Roth bard et coll., 1983). constituent une situation intermédiaire,
L'hybridation est également possible avec la possibilité d'une forte mortalité
chez les Clariidés par le biais de au moment de la première alimentation
fécondations in vitro (Legendre et coll., (observations faites, sur T. guineensis ;
1992). L'hybride H. longifilis x C. gerie- Legend re et coll., 1990).
88

Données blotechnlques sur reproduction suivante (séparation des


la production d'alevins sexes, aliment riche en protéines à 4 %
et de flngerllngs de tllaplas du poids vif-jour:") durant une à deux
,,;" et de sllu res semaines (après une activité sexuelle
de reproduction de trois à quatre
semaines en étang de 300-500 ml)
Infrastructures ut/llsées :
selon Guerrero (1985) ou durant une
contraintes biologiques et
période équivalente à la période de re-
techniques
production (quatre mois en étang de
TILAPIAS 350 ml) selon P. Parrel (comm. pers.).
Pour Guerrero (1987), les géniteurs
Au début du développement de femelles doivent avoir une taï Ile
l'aquaculture africaine, les mêmes étangs légèrement supérieure à celle des mâles
étaient utilisés pour réaliser toutes les (20 à 30 g de plus) pour des géniteurs
phases de production: reproduction, de 100 à 200 g. Lazard (1984) utilise,
prégrossissement e~ grossissement quant à lui, des mâles plus gros que
(élevage par classes d'âge mélangées). les femelles (240 contre 100 g) et Parrel
Les résultats étaient médiocres (sur- et coll. (1990) recommandent des
population, compétition alimentaire, géniteurs de poids moyen supérieur à
cannibalisme) pour les trois phases et 200 g. Guerrero (1987), partant de
le nombre d'alevins récoltés était faible, géniteurs de 50 à 100 g pour des re-
entre 0,5 et 1,2 lndlvidus-rnêmols", avec productions en petit étang, recommande
une grande hétérogénéité des tailles. leur remplacement lorsqu'ils ont atteint
Par ailleurs, avec ce système, il n'était le poids moyen de 250 à 350 g.
pas possible de faire la distinction entre Le prégrossissement en étang, à partir
les alevins récemment éclos et les d'alevins de 0,5-1 g s'effectue jusqu'à
poissons de petite taille atteints de 5 g à la densité de 25 Indlvldus-m "
nanisme et se reproduisant de façon durant 60 jours avec un aliment composé
précoce (néoténie). comportant 20 % de farine de poisson.
Deux techniques plus récentes et plus Le prégrossissement à partir d'alevins
performantes seront brièvement décri- de poids inférieur à 0,1 g s'effectue
tes ici : la production d'alevins en étang en hapas à la densité de 500 à 1.000·m-l
la plus répandue et celle qui semble la durant une à deux semaines, puis en
mieux adaptée à l'Afrique, d'une part, étang à la densité dè 200 à 400· m- l
et la production en hapas ou petites durant deux à quatre semaines selon
cages, très répandue en Asie et qui la taille finale désirée.
pourrait convenir à de nombreuses situ- En hapas. La production d' alevins de
ations africaines car peu exigeante en poids moyen compris entre 60 et 80 g
investissements et superficie, d'autre en petites cages ou hapas s'effectue
part. généralement à la densité de 4
En étang. Les nombreux essais de pro- gëntteursrn", avec un sexe ratio de 3: 1.
duction d'alevins de O. ni/at/eus réali- La fréquence de récolte des alevins est
sés ces dernières années conduisent à variable: elle peut être journalière, la
recommander, en étang, les principales première débutant 10 à 12 jours après
méthodes résumées dans le tableau 2. la mise en charge des géniteurs
En termes de conditionnement et ges- (Guerrero , 1987) ou peut s'effectuer à
tion des géniteurs, ceux-ci sont mis au intervalles de 15-21 jours avec récolte
repos' sexuel et reconditionnés pour la totale des alevins (Bautista, 1987). La
89
Tableau 2. Donnéesbiotechniques sur la production d'alevins de Oreochromis niloticus de différentes
talll es en étang (SR, son de riz; TA, tourteau d'arachide; et FP, farine de poisson).

Superficie des étangs (m') 4.500 350 200

Densité de géniteurs (ln drn") 0,16 0,7 4

Poids moyen des géniteurs (g) 62-356 100 (Q) 80-100


240 (dl

Sexe ratio (d:Q) 3: 1 3: 1 3: 1

Durée d'élevage (jours) 250 120 45-60

Première récolte d'alevins 60 35 14


{jours après mise en charge)

Intervalle entre 2 récoltes 30' 15' 6 fois/jour à 2 heures


(jours) d'intervalle à partir
de 7hOO"

AI iment(fertil isation fertilisation 50 % SR + fertilisation organique


organique et 50 % TA + SR (75 %)
minérale + FP (25 %)
Nombre d'alevins produits 8,0 45,4 200-250
(ind ·m- 2 • rno is")

Poids moyen des alevins 4,3 g 0,7 s quelques mg


produits à 0,1 s
Référence Broussard et coll. (1983) Lazard (1984) Guerrero (1987)

'Pêche à la senne.
"Pêche à l'épuisette à mailles fines.

production obtenue en hapas est com- SILURES


prise entre 10 et 15 alevlns-mt-jour!
quelle que soit la fréquence de pêche. Les méthodes de reproduction du
La durée du cycle de production en hapas silure C. gariepinus ont déjà été
peut varier de 30 jours (Guerrero, 1987) largement décrites (Hogendoorn, 1983).
à 1 1 rn oj s (Bautista, 1987). L'ali- La reproduction de H. /ongifi/is
mentation se fait à partir d'un mélange (Legendre, 1986) s'effectue toute l'année
de 75 % de son de riz + 25 % de farine en lagune à partir de géniteurs stockés
de poisson distribué à raison de 3 % en enclos (1 individu-mol). Le poids des
de la biomasse de géniteurs par jour géniteurs utilisés est de 3 à 5 kg. Après
en deux distributions. injection hormonale (HCG), la
Le premier prégrossissement s'effec- fécondation artificielle est pratiquée en
tue en hapas durant trois semaines (den- écloserie et la production moyenne
sité de 1 .000·m- 1 la première semaine d'oeufs est de 68.000·kg- 1 de femelle
jusqu'à 250-m- 1 la troisième semaine) en saison des pluies et 28.000·kg- 1 en
avec un aliment comportant 10 % de saison sèche. Un mâle est en mesure
farine de poisson et 40 % de tourteau de féconder (après sacrifice) environ
de coprah jusqu'à une taille de 0,5-1 g 600.000' oeufs. Après éclosion, on
(Guerrero, 1987). Le grossissement récupère en moyenne 75 % de larves
ultérieur est généralement effectué en normales d'un poids moyen de 1,8 mg
étang. en fin de résorption vitelline.
90

En écloserie, l'élevage larvaire avec par an), soit un effectif total de géniteurs
alimentation à base d'Artemia aboutit double compte tenu de la phase de repos
après deux semaines à des alevins de sexuel à respecter (environ 3.000 géniteurs
poids moyen compris entre 150 et de 100-300 g à entretenir en perma-
300 mg et une survie de 65 % en nence).
moyenne (Legendre et coll., 1991). Production de fingerlings de 5 g. Si
En cages à petite maille (0,6 mm) de l'objectif est de produire des fingerlings
1 rn ' placées en étang préalablement de 5 g, la superficie d'étangs supplé-
chaulé (Legendre et coll., 1991), les larves mentaires requise est d'environ 0,4 ha
de 2 mg atteignent 100 à 300 mg au en tenant compte des rotations, sur la base
bout de deux semaines (alimentation d'une densité de mise en charge de 60
naturelle la première semaine, complétée Individus-m'! et d'une survie de 70 %,
par un aliment truitelle la seconde semaine). ce qui correspond au prégrossissement
Les densités de mise en charge par cage de 1,4 Md' alevins.
sont de 2.000 à 15.000 larves, soit 2.000 Production de fingerlings de 30 g. Dans
à 15.000·m-z. Au bout de deux semaines, ce cas, la superficie d'étang sup-
la survie en cage est de l'ordre de 25 % plémentaire requise est de 1,2 ha envi-
(1 à 50 %). Les alevins sont ensuite placés ron, en tenant compte des rotations sur
en étang de prégrossissement à la densité la base de 260 lndlvldus-m", d'une survie
de 15·m-z. Ave'c un aliment artificiel à 35- de 90 % et de cycles d'une durée
40 % de protéines, les alevins atteignent moyenne de 60 jours.
au bout de 2,5 mois un poids moyen de En hapas. En hapas, la production de
30 à 50 g avec un taux de survie moyen 1 M d'alevins de 0. ni/oticus deO,S-
de 60 % environ. 1 g nécessite:
• 350 m Z de hapas de reproduction
DImensIon des InstallatIons + 100 m Z pour le conditionnerrient des
requises pour la productIon géniteurs; et
d'elevlns et de flngerJ/ngs • 300 rn? de hapas de p r g r o s- é

sissement (SOO'm- z, 70 % de survie).


Cette production nécessite le maintien
Si ['on se fixe l'objectif de produc- permanent en reproduction de 1.500
tion annuelle de 1 million d'alevins ou géniteurs de poids moyen compris entre
de fingerlings, quels sont les moyens 60 et 80 g et d'un stock correspondant
à mettre en oeuvre pour parvenir à ce aux géniteurs en phase de repos sexuel
niveau en termes d'infrastructures ou (50 % du temps de reproduction, soit
d'effectifs de géniteurs, pour chacune 700 géniteurs). Au total, le maintien d'un
des espèces étudiées? stock de 2.200 géniteurs est nécessaire.

TILAPIAS SILURES

En étang. Production d'alevins de 0,5- Si l'on prend comme exemple H .


. 1 g. Avec la méthode "seml-lntenslve" longifilis, les moyens nécessaires à la
de production d'alevins de 0. niloticus production de 1 million de fingerlings
décrite au tableau 1 (Lazard, 1984), la sont les su ivants".
production annuelle de 1 Md' alevins de
0,5-1 g requiert 0,35 ha d'étangs de 300-
400 rn? et 1.550 géniteurs en produc-
'Données extrapolées à partir de résultats obtenus
tion (sur la base de 10 mois d'exploitation en station expérimentale.
91

Une femelle de 3 kg produit en maintenir la variabilité génétique de


moyenne sur l'année 144.000 oeufs par l'espèce.
ponte en tenant compte des variations L'expérience de la production d'alevins
saisonnières de la fécondité. L'éclosion de C. gariepinus sur la station de La
conduità l'obtention d'environ 100.000 Landjia en République centrafricaine
larves. (RCA) (Janssen, 1984) indique, outre le
Dans une première option (cas n? 1) recours à une éc\oserie, la nécessité.de
correspondant à un alevinage en disposer de 17 étangs de 400 rn? pour
écloserie avec une alimentation à base produire 1.200.000 alevins de 1 à 2 g
d'Artemia, on obtient 65.000 alevins par an en six cycles. Le nombre de
au bout de deux semaines en auge géniteurs de 500 g stockés en perma-
(10.000 larves environ par auge de nence en étang est de 400 à raison de
2xO,5 m). t-m".
Dans une seconde option (cas n° 2)
d'alevinage en cages implantées en étang
avec alimentation naturelle puis distri-
Données économiques
bution d'un aliment composé, on obtient
25.000 alevins au bout de deux semaines Afin de ne considérer que des situa-
avec un empoissonnement initial de tions comparables. on se contentera de
6.000 à 8.000 larves environ par cage fournir ici des coûts relatifs au conti-
de 1 m '. nent africain.
Le prégrossissement en étang des ale-
vins de 150 à 300 mg à une densité Coûts de production d'alevins
de 15'm- L aboutit, au bout de 2,5 mois, et de Juvéniles de t/laplas
à la production de 39.000 fingerlings
(poids moyen: 30 à 50 g) dans le cas Les coOts donnés ici (Tableau 3) ont
n° 1 et de 15.000 fingerlings dans le été obtenus en vraie grandeur au Niger
cas n° 2. en étang (station d'alevinage de Sona ;
Si "on se base sur une fréquence de 34 étangs de 350 m? ; alimentation
10 [Link] par an : en eau par pompage) et en petites cages
- le cas n° 1 requiert l'utilisation de flottantes de prégrossissement placées
trois femelles et un mâle par cycle, 30 dans le fleuve Niger.
auges d'élevage larvaire et 1,3 ha " ressort du tableau 3 :
d'étangs. pour la production de - un prix de revient (coOt de produc-
fingerlings ; et tion) de l'alevin de O. niloticus de 0.5-
-le cas n° 2 requiert l'utilisation de 1 g de 4,3 F CFA b (3,67 F CFA sans
sept femelles et un mâle par cycle, 70 amortissement) ;
cages d'élevage larvaire placées dans - un prix de revient de l'alevin de O.
sept étangs de 500 m? et 1,3 ha niloticus de 5 g de 6,5 F CFA (sans
d'etangs pour la production de amortissement des étangs; 7,5 à
fi ngerl i ngs. 8 F CFA Y compris l'amortissement) ;
Il est recommandé d'entretenir, quelle et
que soit l'alternative retenue, un stock - un prix de revient des fingerlings de
minimum permanent d'environ 50 0. niloticus de 20-25 g produit en cage
géniteurs (sexes confondus) à raison de
l'm- L en enclos (soit une superficie
nécessaire de 50 m? d'enclos) pour -uss i =250 à 300 F CFA jusqu'au 1"' janvier 1994.
92
Tableau 3. Données économiques sur la production d'alevins (0,5-1 g), de juveniles (5 g) et de
fingerlings (30 g) de Oreoehromis ntloticus dans différents systèmes de production au Niger (Parrel
et coll., 1990).

Infrastructures d'élevage

Etangs en terre (station Etangs en terre (0,4 ha) Cages flottantes (5 m')
d'alevinage de Sona) 3 cycles-arr 3 cycles' an' ,
3.120.000 alevins-arr 520.000 flngerüngs-an' 7 .200 flngerlmgsan'

Charges fixes" 10.200.000 13.800


Charges variables" 3.250.000 144.000
Total <rharges" 13.450.000 4.950.000 b 157.800
CoOt unitaire/
poisson" 4,3 9,5 21,9

"En F CFA 1990 (US$1,00=250-300 F CFA).


'Dans le cadre d'une exploitation privée (pas d'amortissement).
bY compris marge bénéficiaire.

de 22 F CFA (48 F CFA par fingerling est de 41 F CFA l'unité (poids moyen
mâle; sexe ratio = 45 % d) ; en étang, de 45 g). Pour cette dernière espèce,
le coût de production des fingerlings mâles les coûts ont été calculés dans des con-
serait de 45 F CFA hors amortissement ditions expérimentales sans amortisse-
(53 F CFA avec amortissement) selon ment des investissements (Barros, 1990).
Panel et coll. (1986). Le bilan comparé des coûts de pro-
duction de tilapias et de silures est donné
Coûts de production d'alevins dans le tableau 5.
et de Juvéniles de sllures

Les coûts de production des fingerlings Alevinage et développement


de C. gariepinus produits en RCA en 1984 aquacole
s'établissent de la façon suivante (Tableau
4) : Fonctionnement général
- pour un fingerling de 1 g produit
en écloserie: 9,7 F CFA avec . Les alevins destinés à l'embouche
amortissement et 6,7 F CFA sans après grossissement par les pisciculteurs
amortissement; et artisans peuvent provenir de trois
- pour un fingerfing de 1-3 g produit sources, correspondant à trois options
en éc!oserie, puis prégrossi en étang: (Lazard et coll., 1991).
8,2 F CFA avec amortissement et Option 1 : de l'exploitation elle-
5,15 F CFA sans amortissement. même (au to al ev ln ag e}" ou de pisci-
Le coût de production des alevins de cultures voisines ayant des alevins en
H. longifilis (150 mg) en écloserie excédent ou s'étant spécialisées dans
(alimentation avec Artemia + aliment la production de juvéniles.
truite) est de 4 à 6 F CFA l'unité. E.n
cages placées en étang, ce coût est de
3,6 F CFA (avec une survie de 20 %) <Dix à 20 % de la superficie totale de l'exploitation
piscicole doivent, dans ce cas, être consacrés à la
et de 1,7 F CFA (avec une survie de
production d'alevins et de fingerlings de O.
50 %). Le coût de production des' ni/otieus (20-30 g; taille requise pour le 'sexage
fingerlings de H. longifilis (survie 60 %) manuel; Lazard, 1984).
93
Tableau 4. Données économiques sur la production d'alevins de six jours de Clarias gariepinus
en République centrafricaine (Janssen. 1984).

Infrastructures d'élevage

Ecloserie Ecloserie + étangs en terre


Ponte + prégrossissement Ponte + démarrage (6 jours)
1.242.000 unités' an" 1.242.000 unïtés-err '

Charges fixes' 5.330.000 5.770.000


Charges variables' 6.740.000 4.490.000
Total charges' 12.070.000 10.260.000
CoOt unitaire/
poisson' 9,7 8.2

'En F CFA 1984 (US$I,OO=250-300 F CFA).

Tableau 5. Données économiques comparées de la production d'alevins et juvéniles de tilapias et de silures


(couts unitaires) pour: Oreochromis ni/otieus (Lazard, 1984 ; Parrel et coll .• 1986 ; Parrel et coll., 1990) ;
, Clarias gariepinus (Janssen. 1984) ; et Heterobranehus longifilis (Barros, 1990).

Poids progéniture Oreoehromis ni/oticus* Silures

150 mg Heterobranehus longifiliS'


écloserie : 4 à 6 F'
écloserie + cage: 1.7 à 3.6 F'

0.5-1 g étang Clarias gariepinus*


(Oreoehromis ni/oticus) 3.7 F' écloserie + étang ': 5.15 F'
1-3 g 4,3 F" écloserie + étang: 8.2 F"
(Clarias gariepinus)
écloserie : 6,7 F'
ëcloserle : 9.7 F"

5g étang
6,5 F'
7.5à8F*'

10 g étang
10 à 12 F'

étang
20 F'
24 F"

cage
25 F"

40-50 g Heterobranehus longifilisb


étang: 41 F'

F : en F CFA.
'Sans amortissement.
"Avec amortissement.
'Station de production.
94

Option 2 : de stations d'alevi- port, restitution partielle des. recettes·


nage. Il s'agit dans ce cas encore de vente des alevins à la station, e tc.)
aujourd'hui de stations d'Etat, gérées qui se posent également pour les autres
par un projet ou par l'Administration. espèces mais qui, elles, n'offrent pas
Option 3 : d ll milieu naturel. Le d'autre choix que la capture en milieu
pisciculteur capture directement dans naturel ou la production en écloserie.
le milieu naturel (ou achète à un pêcheur) Cependant, pour les tilapias, lorsqu'une
les poissons destinés à être mis en charge production massive de juvéniles est
dans ses étangs. nécessaire, le recours à l'écloserie est
Ces différentes options sont choisies inévitable.
et/ou varient dans le temps et l'espace Evolution dans le temps: les
en fonction de trois critères principaux: projets ayant opté pour les stations
Espèce d'élevage: seul le tilapia d'alevinage voient les pisciculteurs
se prête à un développement artisanal évoluer progressivement mais
et décentralisé d'une pratique d'auto- systématiquement vers l'autoalevinage
alevinage (option 1) car sa production en tilapias. Cela s'explique à la fois par
et son prégrossissement sont aisés et la professionnalisation de certains
ne font appel à aucune technique pisciculteurs et la faillite économique
sophistiquée. Le développement de de ces stations dalevlnag e.
l'aquaculture des autres espèces (Slluri- Pour les Siluriformes (c. gariepinus),
formes,. carpes ou autres espèces en les rares écloseries existantes subven-
cours de domestication) passe par une tionnent très largement les alevins et
phase plus ou moins complexe de repro- ne survivent généralement que très mal
duction et d'élevage larvaire qui ne peut aux projets qui leur ont donné nais-
guère s'envisager, au moins dans la situ- sance: l'offre reste ainsi très inférieure
ation actuelle, que dans le cadre d'une à la demande et les pisciculteurs doivent
station d'alevinage ou écloserie (option souvent avoir recours à l'option 3.
2) ..Ces espèces peuvent également être Les options 1 et 3 ont tendance à se
capturées dans le milieu naturel avec généraliser lorsque les projets s'ap-
tous les aléas que l'option 3 comporte: puyant sur des stations d'alevinage
saisonnalité, hétérogénéité des tailles, d isparaissent.
mélange d'espèces, stockage et trans-
port après capture. Etude de cas
Politique de développement (choix
des pisciculteurs ?) : Je mode d'alevi- T1LAPIAS

nage, dans la mesure. où il s'agit en-


core d'une activité largement "guidée", La majorité des projets de dévelop-
s'inspire en fait de la philosophie du pement de la pisciculture en Afrique ont
projet (ou de J'Administration). conçu la station d'alevinage, notamment
.. Certaines opérations de dévelop- pour la production d'alevins de tilapias,
pement privilégient pour les tilapias comme une pierre angulaire de ·leur
l'option 1, d'autres l'option 2, voire stratégie (Lazard et coll., 1991). C'est
même l'option 3. Pour ces poissons, le ainsi qu'ont été restaurées ou construites
recours aux stations d'alevinage pose de très nombreuses stations dans
de nombreux problèmes (coûts de pro- différents pays (Côte d'Ivoire; ReA,
duction élevés entraînant généralement Congo, Cameroun, Madagascar, Niger,
une subvention à la vente, coûts de trans- etc.) ces dernières années.
95

L'expérience du fonctionnement de SILURES


ces stations met en évidence les con-
traintes suivantes: Outre les installations nécess,aires à
coûts d'exploitation élevés pour la réalisation des différentes étapes
des stations fonctionnant selon le modèle (écloserie avec bacs, bouteilles de Zoug
administratif; ou auges d'incubation; étangs par-
faible niveau technique des agents ticulièrement soignés), la reproduction
responsables de ces stations induisant de ces espèces nécessite de 1.' aliment
des productions faibles d'alevins en de haute qualité (pour les gërilteurs et
termes de rendement à "unité de sur- les juvéniles), des hormones pour
face; et l'induction de la ponte et des aliments
problèmes logistiques posés pour spécifiques pour les larves (Artemia,
la livraison des alevins ou des fingerlings général ement).
aux pisciculteurs. Ces exigences sont généralement
C'est ainsi qu'en RCA, du fait de couvertes tant que le projet initiateur
problèmes liés au fonctionnement de de l'écloserie est en cours.
la station de la Landjia (problème Celui-ci assure en effet l'encadrement
d'alimentation en eau et manque de scientifique et technique pour sa bonne
moyens), les services chargés de la marche et les coûts de fonctionnement,
vulgarisation de la pisciculture sont généralement élevés, se traduisent par
amenés à acheter des alevins à certains une subvention, généralement impor-
pisciculteurs pour les revendre à d'autres. tante, au niveau de la vente aux pisci-
En Côte d'Ivoire, la situation est plus culteurs. •.
complexe. La demande en alevins de En Côte d'Ivoire, par exemple, l'exa-
tilapias auprès des stations d'alevinage men du fonctionnement de l'écloserie
du projet FAO - Eaux et Forêts diminue de Clarias de La Loka met en évidence:
car les pisciculteurs tendent à produire la difficulté de résoudre le problème
leurs propres alevins et à les commer- technique de l'alevinage . et' du
cialiser directement entre eux. En 1989, prégrossissement (25 mg à 5 g)
60 % du total des alevins de tilapias utilisés conduisant à un taux de mortalité très
par les pisciculteurs encadrés par le projet élevé: 2 % de survie entre le stade
étaient produits par les pisciculteurs eux- larvaire sorti de l'écloserie et les juvéniles
mêmes (directement ou vente entre de 5 g livrés aux pisciculteurs en 1988
pisciculteurs). Cette même année, les sta- (39.000 juvéniles effectivement livrés sur
tions du projet produisaient 800.000 1.500.000 larves produites en écloserie) ;
alevins dont seulement 300.000 étaient le niveau élevé de subvention, avec
livrés aux pisciculteurs, 'cet écart un prix de revient de l'alevin de Clarias
s'expliquant notamment par l'absence de estimé à 15-20 F CFA e t un prix de
moyens pour le transport de ces alevins. cession aux pisciculteurs de lOF CFA;
Le prix de revient des alevins (3-10 g) le problème de formation tech-
de O. niloticus était de 7 f ÇfA l'unlté nique du personnel, mis en évidence à
et celui des flngerllngs mâles (30 g) de l'occasion du départ d'Un re spo ns abl e
20 F CFA. Les prix de vente aux de lécloserle dont le remplacement est
pisciculteurs étalent respectlvernent de problématique; et
3 et la F CFA l'unité, la dlffërence étant la difficulté d'approvisionnement
donc supportée par le projet. en l nt r an ts coQteux (èxtraits
96

hypophysaires, Artemia) lorsque le projet lement un certain nombre de contrain-


s'arrête. tes, liées à la faible fécondité individuelle
En RCA, la fin de différents projets et à l'asynchronie des pontes, pour une
de développement a induit l'arrêt de production massive, contrôlée et
l'écloserie de CI arias de La Landjia qui planifiée d'alevins et de fingerlings :
ne produisait plus d'alevins de cette superficie d'étangs importante;
espèce en t 990, pour les mêmes raisons nombre élevé de géniteurs
que celles exposées ci-dessus. requis;
'Au Cameroun, la station d'alevinage- gestion des géniteurs relativement
écloserie de Ku-Borné (près de Bamenda) complexe en vue d'optimiser en quan-
produit des alevins de tilapias, de carpes tité et en qualité (calibrage, taux de
communes et de C. gariepinus. l.'écloserle survie, etc.) la production d'alevins;
construite en t 986 n'a jamais fonctionné bon niveau de technicité des
(en t 99 l ) faute de financement pour pisciculteurs indispensable; et
l'achèvement des infrastructures d'incu- planification relativement com-
bation. La reproduction des carpes et Clarias plexe de l'utilisation des étangs (de
se fait donc en étangs (méthode des stockage des géniteurs, de ponte et de
kakabans pour la première; crue simulée prégrosslssernent des alevins) pour un
pour la seconde). L'insuffisance de crédits approvisionnement régulier en aval des
rend problématique l'acquisition pisciculteurs pratiquant le grossissement
d'hormones pour l'induction de la ponte. dans diverses structures d'élevage.
En t 989, cette station a produit [Link] En définitive, le faible niveau de
alevins de carpe commune et t 5.000 techntclté apparemment requis pour
alevins de Clarias (commercialisés laquaculture des tilapias a longtemps
Z5 F CFA pièce à un poids moyen de fait croire que celle-ci pouvait être l'af-
t Z:.. t 8 g). Ce volume de production reste faire de tous, notamment pour la pro-
très inférieur à la demande d'autant que duction d'alevins. L'alevinage a long-
les pisciculteurs, auprès desquels ont été temps été réalisé clans les mêmes étangs
vulgarisées des techniques d'élevage de que ceux destinés à la production de
ces deux espèces, montrent des réticences poisson marchand.
à retourner à l'élevage du tilapia. Par L'analyse des coûts de production des
ailleurs, la livraison des alevins aux alevins de 0. nlloticus indique un niveau
pisciculteurs pose des problèmes relativement élevé de prix de revient
logistiques (véhicule, carburant) non pour une p ro d uct lo n d e qual i të
résolus. (homogène, programmée) dont il
convient de tenir compte pour l'établis-
sement des prix de 'cession aux aqua-
Conclusion culteurs, La faillite des stations d'alevi-
nage tient sans doute en grande partie
La reproduction spontanée des tilapias à ce manquement lié à l'absence de
en captivité a-t-elle constitué un véritable maîtrise des coûts de production et à
moteur pour le développement de une technlcltë jnsuffisante. JI n'en reste
l'aquaculture de ce poisson sur le con- pas moins que les tilapias présentent
tinent africain? l'avantage considérable de pouvoir être
Outre les inconvénients liés à la sexua- produits, par les pisciculteurs, en étangs,
lité des tilapias pour la production de dans le cadre dexploltatlons artisanales.
poisson marchand (prolifération anar- Les silures, dont la production a été
chique d'alevins), celle-ci implique éga- longtemps limitée par une faible
97

disponibilité en alevins peut constituer lazera C. et V., 1840). A new species for
aquaculture. Agriculture University,
le deuxième groupe de poissons pour
Wageningen, Les Pays-Bas. 135 p. Thèse
assurer le développement de l'aquacul- de doctorat.
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outre, le niveau de technicité requis pour revient des fingerlings de Clar/as lez ereet
la mise en oeuvre de la reproduction de l'alimentation. Projet GCP/CAF/007/NET,
note technique n° 25, Bangui, RCA. 16 p.
de ces espèces de silures n'est pas
Lazard, J. 1984. L'élevage du tilapia en Afrique.
supérieur à celui nécessaire pour assurer Données techniques sursa pisciculture en
la bonne marche d'une station de pro- étang. Rev. Bois For. Trop. 206(1984):
ductiond'alevins de tilapias (program- 33-50.(
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