UPJV 2021-2022
L3 Mathématiques Algèbre linéaire avancée
TD1 - Modules partie 1
Exercice 1. Soit k un corps, lesquels des sous-ensembles suivants de k[X] sont des k-sous-modules de k[X] ?
(a) Les polynômes de degré exactement 4.
(b) Les polynômes de degré au plus 4.
(c) Les polynômes unitaires.
(d) L'ensemble {polynômes unitaires} ∪ {0}.
(e) Les polynômes de degré pair.
Exercice 2. Soit R un anneau, vu comme R-module. Montrer que les sous-R-modules de R sont exactement
les idéaux de R.
Exercice 3. Soit R un anneau, vu comme un R-module. Déterminer tous les morphismes de R-modules de R
vers R.
Exercice 4. Montrer que l'ensemble C ∞ (R, R) des fonctions lisses (i.e inniment dérivables) est un R-module.
Montrer que l'application ∂ envoyant f sur f ′ est un endomorphisme de C ∞ (R, R), quel est son noyau ? Son
image ?
Exercice 5. Soient E, F, G trois sous-modules d'un R-module M . Est-il vrai que
E ∩ (F + G) = (E ∩ F ) + (E ∩ G)
E ∩ (F + (E ∩ G)) = (E ∩ F ) + (E ∩ G)
Exercice 6. Soit E un k-espace vectoriel. Soient A et B des parties de E . Comparer
Vect(A ∪ B) et Vect(A) ∪ Vect(B)
Vect(A ∩ B) et Vect(A) ∩ Vect(B)
Vect(Vect(A)) et Vect(A)
Exercice 7. Soit φ : M → N un morphisme de R-modules, et soient M ′ , N ′ des sous-modules respectifs de M
et N . Montrer que φ(M ′ ) est un sous-module de N et que φ−1 (N ′ ) est un sous-module de M .
Exercice 8. Soit M un R-module, on dénit l'annulateur de M par I = {r ∈ R | rM = 0}.
1. Montrer que I est bien un idéal de R.
2. Quel est l'annulateur du Z-module Z ?
3. Soit n ∈ N∗ , quel est l'annulateur du Z-module Z/nZ ?
4. Quel est l'annulateur du Z-module M := Z/2Z × Z/3Z × Z/4Z ?
Exercice 9. Soit (G, +) un groupe abélien, vérier que poser, pour n ∈ Z, g ∈ G,
n.g := g + g + · · · + g (n termes) et (−n).g := −(n.g)
munit G d'une structure de Z-module.
Exercice 10. (Algèbres)
Soit R un anneau et S un R-module, on dit que S est une R-algèbre (associative, commutative et unitaire) s'il
existe une loi interne ×S : S × S → S respectant les conditions suivantes :
- Associativité : pour s1 , s2 , s3 ∈ S , on a s1 ×S (s2 ×S s3 ) = (s1 ×S s2 ) ×S s3 .
- Commutativité : pour s1 , s2 ∈ S , on a s1 ×S s2 = s2 ×S s1
- Unitarité : il existe un 1S ∈ S tel que pour tout s ∈ S , on ait 1S ×S s = s.
- R-bilinéarité : on a les égalités suivantes (si , s′ ∈ S, r ∈ R)
- r.(s ×S s′ ) = (r.s) ×S s′ = s ×S (r.s′ )
- (s1 + s2 ) ×S s3 = s1 ×S s3 + s2 ×S s3
- s1 ×S (s2 + s3 ) = s1 ×S s2 + s1 ×S s3 .
1. Soit (S, +, ×S ) une R-algèbre.
a) Montrer que (S, +, ×S ) est un anneau commutatif unitaire.
b) Montrer que l'application f : R → S dénie par r 7→ r.1S ∈ S est un morphisme d'anneaux.
2. Réciproquement, si (S, +, ×) est un anneau et f : R → S un morphisme d'anneaux, montrer que l'on munit
S d'une structure de R-module en posant :
∀r ∈ R, s ∈ S, r.s := f (r)s
Montrer que l'on fait ainsi de S une R-algèbre.
3. Montrer que R[X], vu comme R-module, est en fait une R-algèbre. Quel est le morphisme d'anneau R → R[X]
associé ?
4. Montrer que C est une R-algèbre, et une Q-algèbre, quels sont les morphismes Q → C et R → C associés ?
5. Montrer que pour tout anneau R, il existe un unique morphisme d'anneau Z → R. En déduire que tout
anneau est muni d'une structure canonique de Z-algèbre.
Exercice 11. (Mon premier foncteur)
Soient S et R deux anneaux, f : R → S faisant de S une R-algèbre (cf exercice 10), et M un S -module.
1. Montrer que poser r.m := f (r).m munit M d'une structure de R-module.
2. Si φ : M → N est un morphisme de S -modules, montrer que la construction précédente fait de φ un
morphisme de R-modules.
3. Qu'obtient-on en appliquant les résultats précédents au cas R = Z ?
Exercice 12. Soit k un corps, E un k-espace vectoriel, et R := k[X] l'anneau des polynômes à une variable.
1. Soit u ∈ Endk (E), montrer que la loi de composition
R × E −→ E
(P, x) 7−→ P (u)(x)
munit E d'une structure de R-module.
2. Réciproquement, soit M un R-module, montrer que M est aussi un k-espace vectoriel et que l'application
u : v 7→ X.v est un endomorphisme du k-espace vectoriel M .
3. En déduire que tout R-module peut s'obtenir par la construction de la question (1).
4. Montrer que pour tout u, v ∈ Endk (E), les R-modules associés à (E, u) et (E, v) sont isomorphes si et
seulement si u et v sont semblables (i.e conjuqués par un élément de Gl(E)).
5. On suppose maintenant que (E, u) est un R-module monogène, c'est-à-dire que E = R.v pour un certain
v ∈ E , on suppose également que E est de dimension nie comme k-espace vectoriel.
a) En considérant l'application P 7→ P.v , montrer que (E, u) ≃ R/(P0 ) pour un certain polynôme unitaire
P0 ∈ k[X].
b) Montrer que P0 est le polynôme minimal de l'endomorphisme u.
c) Montrer que E , vu comme k-espace vectoriel, admet pour base la famille {ui (v)}i∈[[0,n−1]] , où n = deg P0 .
d) En déduire que P0 est le polynôme caractéristique de l'endomorphisme u.