Memoire Masso Kinesitherapie 2022 GAUTIER Camille
Memoire Masso Kinesitherapie 2022 GAUTIER Camille
GAUTIER Camille
Promotion 2018-2022
Je tiens à remercier :
• A l’ensemble de ma famille, mes amis proches qui, même loin, restent là pour me
soutenir.
SOMMAIRE
I. Introduction ......................................................................................................................... 1
V. Résultats ............................................................................................................................ 30
VI.3. Perspectives............................................................................................................ 50
IX. Annexes................................................................................................................................ I
I. Introduction
L’accident vasculaire cérébral, AVC, est la première cause de handicap chez l’adulte (1).
L’AVC peut provoquer une hémiplégie chez l’adulte pouvant engendrer des troubles sensitifs,
moteurs et/ou cognitifs. Chaque AVC produit différentes séquelles en fonction de sa
localisation, de son type et de sa taille. La prise en charge de l’hémiplégique dépend de ses
besoins et capacités. Un large choix de thérapies s’offre aux professionnels afin de maximiser
les chances de récupération des patients. Néanmoins, l’adaptabilité du thérapeute face à ce type
de patient est indispensable pour permettre une prise en charge optimale. Car, on constate
malheureusement qu’après plusieurs tentatives de thérapies différentes certains malades se
retrouvent dans l’impasse thérapeutique (2).
Lors d’un stage en neurologie à l’hôpital Morvan de Brest, j’ai été confronté à ce type de patient.
Pendant chaque séance, il était impératif de s’adapter en proposant divers types de thérapies.
La prise en charge de l’hémiplégique est abordée en formation initiale, mais cela reste un sujet
vaste ou de nombreux facteurs influencent le type de thérapie à choisir. En effet, j’ai eu
l’occasion de mettre en place différentes thérapies dans le but d’augmenter les possibilités de
récupération de mes patients. La thérapie miroir fait partie de cet éventail de possibilités et peut
être proposée afin que les patients progressent. Cependant, elle est peut explorée et mise en
place au quotidien en partie à cause du manque de formation (3). Je me suis alors intéressée à
cette thérapie qui semble pourtant prometteuse (4). Ainsi, j’ai cherché à comprendre pourquoi
elle n’est pas plus appliquée au quotidien dans la rééducation des patients hémiplégiques
Ma question de départ était de savoir pourquoi la thérapie miroir n’est pas plus utilisée dans la
pratique quotidienne. Ensuite, je me suis demandée qu’elle est l’efficacité de cette thérapie ?
Quels en sont les effets ? Quels impacts a-t-elle sur la récupération motrice et fonctionnelle
chez le patient hémiplégique ? Enfin, quelle est sa part d’action dans la rééducation chez les
patients hémiplégiques ?
1
II. Contextualisation et argumentation de la problématique
La difficulté de l’interprétation des résultats est qu’il faudrait connaitre les capacités de
récupération sans l’intervention de la thérapie miroir. Cela permettrait de déterminer dans
2
quelle mesure la thérapie miroir joue un rôle dans la récupération fonctionnelle et motrice. Or
ceci est impossible à anticiper ou prévoir au préalable. Il faut donc constituer et comparer des
groupes homogènes pour éviter tous les biais de récupération spontanée. C’est l’objectif des
études contrôlées randomisées.
Enfin, les données varient en fonction de ce qu’on considère comme une thérapie
conventionnelle. Aujourd’hui, cette pratique comporte une multitude de techniques différentes
(7). Chaque étude qui met en place ce type de thérapie ne précise pas forcément le type de
thérapie classique, ce qui rend difficile l’interprétation des résultats.
Ainsi, le but de ce mémoire est d’étudier les différents impacts de la thérapie miroir sur le
membre supérieur du patient hémiplégique en phase subaiguë par une revue systématique de la
littérature. On peut donc se poser en première question de recherche :
Quel est l’impact de la thérapie miroir sur le membre supérieur de l’hémiplégique en phase
subaiguë ?
3
Au fur et à mesure de mes premières recherches, des précisions ont été apportées sur la phase
de l’hémiplégique ainsi que sur le membre concerné et sur la comparaison à effectuer.
4
III. Etats des lieux des concepts en lien avec le thème
Le cadre conceptuel présenté dans la partie ci-dessous vise à clarifier les différents termes
principaux utilisés pour ce mémoire. Les mots clés sont donc :
• L’hémiplégie
• La thérapie miroir
• L’application de la thérapie miroir chez le patient hémiplégique
III.1. L’hémiplégie
Selon Anne de Morand, (2) l’hémiplégie est «la perte plus ou moins complète de la motricité
volontaire dans une moitié du corps ». L’hémiplégie est l’une des conséquences de l’Accident
vasculaire cérébrale (AVC). L’AVC correspond selon l’Inserm,(1) « soit à l’obstruction, soit à
la rupture d’un vaisseau sanguin dans l’encéphale ». Cette interruption de l’irrigation brutale
empêche l’oxygénation et ainsi que l’apport nutritif nécessaire pour maintenir une fonction.
Les facteurs de risques non modifiables sont l’âge, le patrimoine génétique et le sexe. En effet
plus on avance en âge, plus le risque de faire un AVC augmente. De la même façon, les facteurs
génétiques jouent un rôle. Si dans votre entourage quelqu’un a fait un AVC, vous êtes plus à
risque d’en faire un également. Enfin, un dernier facteur de risque de l’AVC est le sexe. Il y a
plus de probabilité d’avoir un AVC si vous êtes une femme. Cela est dû aux prises d’un
contraceptif oral, à la grossesse, etc…(9)
5
Les facteurs de risques modifiables sont :
Ils existent différents symptômes évocateurs d’un AVC. Si ces symptômes sont constatés chez
un patient il est important d’appeler de façon immédiate le 15. En effet, plus la prise en charge
d’un AVC est précoce plus on diminue les séquelles de celui-ci.
• Une paralysie ou une faiblesse musculaire de la face ou d’un côté du corps faisant
évoquer une hémiplégie
• Des difficultés à parler (dysarthrie)
• Une perte de la sensibilité ou des paresthésies (sensation anormale comme des
fourmillements dans l’hémicorps)
• Des troubles de la vision (cécité d’un œil, diplopie ou hémianopsie latéral homonyme)
• Des troubles de l’équilibre
• Des troubles de la vigilance
• Des maux de tête brutaux, intenses inhabituels ressentis comme en coup de tonnerre
6
III.1.4 Epidémiologie
En France, on dénombre plus de 140 000 victimes d’AVC par an. C’est une affection grave qui
est la 2ème cause de mortalité en France et l’une des principales dans le monde. L’AVC est la
1ère cause d’handicap chez la personne et 1/3 des patients gardent un handicap suite à un épisode
d’AVC. L’âge moyen de survenu est de 74 ans. Mais, l’AVC touche de plus en plus de
personnes jeunes. Il entraine un handicap moteur et des troubles du langage pour 50% des
personnes ayant fait un AVC (9). Enfin, 20% des personnes faisant un AVC décèdent dans
l’année suivant celui-ci (1).
III.1.5 Lésions
L’hémiplégie est due à une ou plusieurs lésions de la voie pyramidale en aval de la synapse
avec le motoneurone (2,10). Suivant sa localisation, la lésion peut entrainer divers troubles
moteurs sensitifs, cérébelleux, vésicaux-sphinctériens etc… Généralement, les lésions de la
voie pyramidale entrainent des troubles moteurs controlatéraux excepté quand la lésion se situe
en aval de la décussation du faisceau pyramidal.
• les AVC ischémiques représentent 80% des cas qui ont majoritairement une origine
thrombo-embolique.
• les AVC hémorragiques représentent 20% des cas dus à une rupture d’anévrisme ou une
artériopathie.
7
Les traitements à la phase aigüe d’un AVC ischémique sont médicamenteux et/ou chirurgicaux
(12). En effet, on retrouve la prise orale d’anticoagulant. Actuellement, il est recommandé suite
au diagnostic d’AVC ischémique grâce à l’imagerie radio-médical, d’effectuer dans un premier
temps une thrombolyse intra veineuse dans les 4 premières heures (13). Ensuite, il est
recommandé d’y associer une thrombectomie par voie endovasculaire dans les 6 premières
heures (14). Ces interventions ont pour objectif de supprimer le caillot sanguin bouchant l’artère
pour permettre une néo-vascularisation de l’espace.
8
L’AVC de l’hémisphère mineur (AVC droit provoquant une hémiplégie gauche) provoque (2) :
Ce type d’AVC est plus long à prendre en charge et plus complexe que le précédent car il ne
reconnait pas sa pathologie n’y les troubles qui y sont associés.
Il existe différentes échelles qui permettent d’évaluer la force motrice ainsi que la fonction du
membre supérieur. Ces échelles sont utilisées dans le but de comparer les évolutions et de les
mesurer. L’échelle la plus commune pour évaluer la motricité est le Fugl Meyer membre
supérieur (MS) (15). L’Action Research Arm Test (ARAT) quant à elle permet d’évaluer plus
spécifiquement la motricité de la main de façon spécifique et globale (15). Enfin, l’échelle la
plus utilisée pour évaluer la fonctionnalité est la Mesure de l’Indépendance Fonctionnelle (MIF)
(15). Cependant, dans les études menées, l’échelle de Barthel peut également être utilisée pour
évaluer les capacités fonctionnelles par l’intermédiaire des AVQ.
9
III.1.8.1. Fugl Meyer membre supérieur
Cette échelle permet d’évaluer la récupération motrice du membre supérieur de l’AVC (16).
Elle évalue le rétablissement de l’hémiplégique suite à un AVC. C’est un index d’incapacités
basé sur la récupération de l’hémiplégique (cf annexe I). Elle se compose pour le membre
supérieur, d’une évaluation motrice (réflexe ou non), sensorielle, de l’amplitude articulaire et
des douleurs articulaires. Les différents éléments sont notés sur une échelle de 3 points allant
de 0 (ne peut pas être effectué) jusqu’à 2 (effectue pleinement).
Elle est couramment utilisée dans la recherche clinique. Tandis que dans la pratique courante
elle est peu utilisée car elle demande beaucoup de temps à mettre en œuvre.
Action Research Arm Test est une échelle de mesure permettant d’évaluer la préhension du
membre hémiplégique mais également les mouvements généraux de celui-ci (cf annexe II). Elle
se divise en 4 grands items :saisir, tenir, pincer et mouvements globaux (15). La cotation va de
0 (le mouvement ne peut être effectué) à 3 (le mouvement est exécuté de façon normal).
10
III.1.8.4. Echelle de Barthel
Cette échelle évalue comme la MIF, les capacités pour un patient à effectuer des activités de la
vie quotidienne et notamment le fait de prendre soin de sa personne (17) (cf annexe IV). Elle
se répartir en 10 parties : alimentation ; bain ; toilette (douche) ; habillage ; contrôle de
l’intestin ; contrôle de la vessie ; toilette ; transfert de chaise ; déambulation et enfin montée
d’escalier. Le score attribué par item varie de 0 à 15 sachants qu’entre chaque palier la
différence est de 5 points. Le score le plus bas représente une dépendance totale dans les items.
Tandis que le score le plus élevé signifie que la personne est indépendante dans ses activités.
La prise en charge du patient hémiplégique s’organise en 3 étapes (2). Chaque étape est
spécifique de la phase de l’AVC (aigüe, subaiguë ou chronique) et varie en fonction de la
personne.
Pendant la phase aigüe, le patient est majoritairement pris en charge en centre hospitalier au
sein d’une unité de soins neuro vasculaire possédant une équipe pluridisciplinaire habituée à
accueillir ce type de patient (11). Ensuite, le patient est transféré dans un service de soins de
suite et de réadaptation qui grâce à l’équipe pluridisciplinaire permet d’optimiser les chances
de récupération pour le patient. Enfin, le patient en phase chronique retourne à domicile afin de
poursuivre la rééducation et sa réinsertion dans son environnement.
III.1.10 Rééducation
11
Afin de bien réussir une prise en charge il est important de réaliser un bilan initial pour définir
les objectifs de la rééducation et les attentes du patient. Tous bilans commencent par un
interrogatoire du patient afin de recueillir le maximum d’informations sur lui et de cibler sa
prise en charge rééducative. Ainsi ce bilan en kinésithérapie comporte plusieurs parties qui
sont : un bilan de la douleur, un bilan des déficiences motrices (10,18), un bilan de la sensibilité,
un bilan articulaire, un bilan fonctionnel. Il est primordial d’évaluer tout le coté hémiplégique
(membre supérieur et inférieur). Le bilan doit être nommé, daté et reproductible afin
d’objectiver l’évolution du patient.
Plusieurs méthodes alternatives ont vu le jour pour prendre en charge les patients hémiplégiques
(7). Il y a eu en premier la méthode Kabat qui se base sur le renforcement musculaire. Ensuite
plusieurs concepts ont fait leur apparition comme le concept Bobath (exercices
pluridisciplinaires basés sur l’anticipation et la résolution de problèmes) et le concept Perfetti
(exercices thérapeutiques cognitifs). Depuis ces grands concepts, de multiples thérapies ont vu
le jour avec toutes le même objectif ; optimiser les chances de récupération du patient
hémiplégique. On peut citer par exemple la thérapie par contrainte induite, la thérapie bi
manuelle, la stimulation trans corticale, l’imagerie mentale, l’utilisation des robots, la tache
orientée et la thérapie miroir (19).
La réadaptation se déroule tout au long de la prise en charge. Elle vise à adapter l’environnement
du patient pour que celui-ci lui devienne accessible. Ainsi, tout au long de la prise en charge
des adaptations sont nécessaires pour faciliter le quotidien du patient. Certaines d’entre elles
peuvent devenir obsolètes car le patient a récupéré ces fonctions pendant la rééducation. De ce
fait de nouvelles adaptations seront continuellement nécessaires pour améliorer le quotidien des
patients hémiplégiques.
12
III.2. La thérapie miroir
III.2.1 Définition
La thérapie miroir consiste à donner l’illusion au cerveau que le membre parétique est
fonctionnel en renvoyant l’image du membre controlatéral par l’intermédiaire d’un miroir.
Classiquement on place le miroir entre les deux membres et on demande des mouvements
synchrones des membres. Ainsi, des informations visuelles et proprioceptives sont acheminées
vers les centres corticaux et comparés. L’information visuelle prédomine sur l’information
proprioceptive ce qui permet de créer l’illusion du mouvement (20). Le fait de regarder des
mouvements du membre sain dans un miroir facilite le recrutement des neurones de l’aire
motrice concernée. Cette thérapie semble stimuler la plasticité cérébrale (21).
La thérapie miroir tient une place importante dans les thérapies de réhabilitation du membre
supérieur de l’hémiplégique. En effet, comme décrit précédemment, une majorité des patients
post AVC ne récupère pas un membre supérieur fonctionnel. Cette rééducation semble
améliorer les fonctions du membre supérieur, diminuer le handicap moteur et une améliorer les
activités de la vie quotidienne (22). Elle permet de répondre aux besoins des patients.
13
III.2.2.1. La thérapie miroir basée sur le mouvement
C’est le type de thérapie miroir le plus utilisé actuellement dans les études. Elle consiste à
réaliser des mouvements analytiques devant un miroir. Différentes étapes sont nécessaires à la
réalisation de cette thérapie. Elle peut s’appliquer aussi bien sur le membre inférieur que sur le
membre supérieur (3).
Sur le membre inférieur, les différentes étapes citées précédemment ne peuvent être appliquées.
Le mouvement préconisé est l’analytique pour un soucis évident de mise en place. Il se localise
à la partie distale du membre inférieur (pied, cheville, genou).
Cette thérapie basée sur la fonction devient de plus en plus importante dans la pratique courante.
En effet, la thérapie orientée vers la tâche est reconnue comme efficace selon un accord
d’experts (7). Dans ce type de thérapie miroir, le patient effectue des activités de la vie
quotidienne comme verser un verre d’eau devant un miroir. Pour un soucis évident de mise en
place, il est impossible de réaliser ce type de thérapie sur le membre inférieur (3).
14
III.2.2.3. La thérapie miroir par réalité virtuelle
La thérapie miroir basée sur la réalité virtuelle obéit au même principe que les précédentes.
Cependant au lieu d’utiliser un miroir afin de créer une illusion de mouvement du bras plégique,
ici c’est un écran qui donne cette sensation.
Avant la réalisation de cette thérapie, les mouvements du membre sain sont enregistrés avec
une caméra. Ensuite, grâce à un algorithme, les mouvements réalisés par le membre sain sont
reproduits par l’écran mais avec le membre supérieur opposé. Alors, lorsque le patient réalise
des mouvements avec son membre plégique l’écran reflète son membre mais avec une
amplitude de mouvement correspondant à son membre sain. D’après plusieurs patients utilisant
ce dispositif l’illusion créée est de meilleure qualité (24).
Donc, elle permet d’éviter le mouvement du bras sain et se centralise uniquement sur le bras
pathologique. De plus, cela permet au patient de pratiquer sa rééducation en autonomie.
III.2.2.4. Conclusion
Les 2 types de thérapies miroirs semblent avoir le même impact sur la récupération du patient
hémiplégique (25). La thérapie miroir orientée vers la tache semble plus actuelle que celle basée
sur la répétition du mouvement. Cependant cela reste la thérapie miroir basée sur le mouvement
qui est la plus utilisée et la plus étudiée.
La thérapie miroir ne peut s’appliquer seule. En effet, celle-ci vient s’ajouter à de la thérapie
conventionnelle. Elle ne permet pas à elle seule de mener à bien toute la rééducation des patients
hémiplégiques (26). Elle vient forcément en adjuvant à une autre thérapie. De plus, actuellement
aucun protocole vérifié n’a été mis en place. Aujourd’hui on privilégie la mise en place d’un
protocole de thérapie miroir en fonction des capacités, des attentes et des besoins du patient. Il
est important de prendre en compte la demande du patient pour que celui-ci s’implique dans sa
15
rééducation. La rééducation doit être spécifique et différente en fonction de chaque patient. De
plus, cette thérapie en plus d’être pratiquée en séance peut être pratiquée en autonomie.
De manière générale, elle permet de répondre aux besoins de prise en charge des patients post
AVC. Elle présente tout de même des freins à sa mise en œuvre qui sont (27) :
III.2.4 Application
Les portées de la thérapie miroir sont pluri-pathologiques. En effet, cette thérapie peut être
appliquée chez plusieurs types de patient comme les hémiplégiques, les amputés et chez les
patients présentant un syndrome douloureux régional complexe (SDRC).
Chez le patient hémiplégique la thérapie miroir est utilisée majoritairement sur le membre
supérieur dans le but de retrouver un maximum de fonctionnalité. Il semblerait qu’elle présente
des bénéfices dans la récupération fonctionnelle et motrice (28). Cependant, elle ne peut être
appliquée chez tous les patients hémiplégiques car elle demande un minimum d’attention et peu
de troubles cognitifs.
16
III.2.4.1. Le patient amputé
La thérapie miroir par sa rétroaction visuelle permet une réintégration et une re-corticalisation
du membre. Globalement la thérapie miroir diminue les douleurs du membre fantôme chez les
personnes amputées (29). Son application est à relativiser car elle peut dans certain cas
n’apporter aucun bénéfice.
La thérapie miroir est utilisée dans le contexte de SDRC pour diminuer l’intensité et la durée
de la douleur. Elle permet également d’améliorer la fonction motrice du membre (30). Elle
permet de tromper le cerveau en reflétant les mouvements d’un membre non douloureux.
L’information visuelle exerce un rétrocontrôle qui permet de reprogrammer les connexions
neurales. Celle-ci permet de rétablir un schéma non douloureux lors de la réalisation du
mouvement (31).
17
III.3. L’application de la thérapie miroir chez le patient hémiplégique
Le patient hémiplégique présente différents troubles qui peuvent être plus ou moins rééduquer
par la thérapie miroir. En effet, celle-ci présenterait des effets positifs sur la récupération
motrice et fonctionnelle (32). Cependant, il s’avère que suivant les phases de l’AVC, et les
troubles cognitifs associés, la récupération est différente. De plus, la récupération n’est pas la
même au niveau du membre inférieur et du membre supérieur. Chaque hémiplégique présente
des particularités de récupération et donc nécessite un traitement approprié.
Il existe aujourd’hui 3 théories qui permettent de comprendre les mécanismes jouant un rôle
dans la récupération de l’AVC grâce à la thérapie miroir (25,33).
18
Ces différents mécanismes suggèrent que la thérapie miroir a le potentiel d’améliorer la
récupération motrice car elle joue un rôle dans l’activation de la zone corticale lésée ainsi que
dans la plasticité neuronale.
La thérapie miroir chez l’hémiplégique peut être utilisée en complément d’une thérapie
classique mais elle ne peut pas être appliquée seule. Elle peut être appliquée en plus des séances
ou bien en rééducation en autonomie. Les effets de la thérapie miroir varient en fonction des
capacités du patient et des objectifs de rééducation.
La phase aigüe de l’hémiplégique est très peu exploitée dans les études. En effet, cette phase
présente une part de récupération spontanée. Il est alors difficile de savoir quel rôle joue la
thérapie dans la récupération par rapport à la récupération spontanée. Ceci doit rentrer en
compte pour l’interprétation des résultats.
Cependant, il semblerait que la thérapie miroir ne présente pas d’effets néfastes n’y d’effets
positifs dans la récupération à la phase aigüe de l’hémiplégique (34).
Actuellement, les protocoles mis en place chez les hémiplégiques sont : une rééducation
classique de 1 à 5h par jour associée à 30min supplémentaire 5 fois par semaine de thérapie
miroir pour le groupe miroir et 30min de thérapie classique ou adaptée pour le groupe témoin.
Les patients inclus dans ce type d’étude présentent peu de troubles de l’attention et de troubles
cognitifs. C’est dans la majorité des cas un premier épisode d’AVC ischémique. Il n’y a pas de
problèmes rhumatologiques associés et de troubles neurologiques associés.
Chaque étude évalue les effets de la thérapie miroir par des échelles différentes comme le
Fuglemeyer Membre supérieur ou bien action research arm test (ARAT) (35).
19
Ce qui manque dans la majorité des études c’est une précision sur la réalisation de la thérapie
classique supplémentaire. En effet, très peu d’informations sont données sur les exercices et
protocoles mis en place à la place de la thérapie miroir. De plus, la grande variabilité entre le
nombre d’heure de rééducation entre les patients ne permet pas de les comparer entre eux.
Actuellement, les différentes études explorant ce sujet montrent des effets positifs de cette
thérapie(4,35–37). Seulement, le faible nombre de cas ainsi que la variabilité des protocoles ne
permet pas de conclure sur ses effets. De plus, toutes les études concernant ce sujet ne
s’appliquent pas à la même phase de rééducation, n’y sur le même membre ou encore, elle ne
se compare pas à la même thérapie. La variabilité de ces paramètres ne permet pas de conclure
de façon affirmative que le thérapie miroir apporte un bénéfice dans la rééducation du membre
supérieur de l’hémiplégique en phase subaiguë.
L’application de la thérapie miroir à cette phase de l’AVC est plus compliquée. Car
régulièrement les patients sont sortis des centres de rééducation, et de ce fait les protocoles sont
plus difficiles à mettre en place et à être suivis. Quelques études portent néanmoins sur cette
application. Elle peut se réaliser en auto-rééducation ou bien en centre.
En centre, les différentes études menées ne montrent pas d’effets significatifs de la thérapie
miroir sur la récupération du membre supérieur de l’hémiplégique (38,39).
20
III.3.2 La thérapie miroir sur le membre inférieur
La thérapie miroir semble montrer des bénéfices dans la récupération motrice du membre
inférieur (40). Elle augmenterait notamment les performances dans la catégorie de la
déambulation (41). Mais, aucune amélioration significative de la spasticité ni des capacités
motrices du membre inférieur n’ont pu être objectivées (42).
Ces résultats sont dus aux faibles taux de participants. Mais également au temps divergent de
rééducation et d’application de la thérapie. Il est important de prendre en compte la particularité
de chaque étude et de les comparer entre elles pour obtenir des résultats plus fiables.
La thérapie miroir semble à l’issue de ces 3 études montrer un bénéfice constaté de façon
subjective dans la récupération motrice du membre inférieur. Aucune de ces études n’a montré
par l’intermédiaire des échelles une plus-value de cette thérapie dans la prise en charge du
membre inférieur du patient hémiplégique.
III.3.3 Conclusion
La thérapie miroir est aujourd’hui peu utilisée chez les patients hémiplégiques. Cela est dû au
fait qu’elle n’a pas fait totalement les preuves de son efficacité. Pour autant, cette thérapie
présente un intérêt pour les patients qui sont dans l’impasse avec les thérapies classiques et qui
adhèrent à cette prise en charge. En effet, cette thérapie associée à une thérapie classique tant à
montrer qu’elle permet une récupération motrice et/ou sensitive plus rapide et/ou plus
importante. Elle pourrait potentialiser les bénéfices d’une prise en charge chez l’hémiplégique.
21
IV. Méthodologie de la revue systématique de la littérature
J’ai d’abord listé les mots clés les plus pertinents afin de répondre de façon la plus précise à la
question de recherche.
Pour déterminer les descripteurs correspondant à ces mots clés et obtenir leur traduction en
anglais, j’ai consulté le site « HeTOP » de l’INSERM (43) pour trouver les mots MeSH.
Pour la création de l’équation de recherche, j’ai combiné les différents mots clés obtenus à partir
du site « HeTOP » sur le logiciel de recherche Pubmed (44).
J’ai utilisé le filtre « randomized controlled trial », pour n’obtenir que les études contrôlées
randomisées.
22
IV.1.3 Liste de mots-clés et expressions utilisées
Les termes Mesh que j’ai retenu initialement et leur traduction étaient :
• Kinésithérapie :
o physiotherapy,
o physicalmedicine,
o rehabilitation,
o muscleexercise,
o specificdisabilityrehabilitation,
o fitness training
• Thérapie miroir :
o mirrortherapy
23
• Membre supérieur :
o upperlimb
o hand
o arm
La période de recherche c’est étendu de la création des bases de données à octobre 2021. Les
critères d’inclusion étaient la disponibilité de l’article en entier en anglais ou en français ;
l’étude devait être une étude contrôlée randomisée.
Un filtre basé sur le type d’étude (étude controlee randomisée – ECR) a été utilisé.
24
IV.3. Critères d’inclusion
Chaque article a été sélectionné suivant les différentes recommandations d’écriture d’une revue
de littérature (45,46).
Critères d’inclusions :
• Etude évaluant les effets de la thérapie miroir à court et moyen terme sur le membre
supérieur chez le patient hémiplégique en phase subaiguë
• Etude comparant les effets sur le membre supérieur de la thérapie miroir a de la thérapie
conventionnelle chez les patients hémiplégiques en phase subaiguë
La langue : les articles sélectionnés sont rédigés en français ou en anglais. L’anglais étant
considéré comme la langue scientifique universelle, elle permet de recueillir un maximum
d’articles.
Type de conception des articles : les articles sélectionnés sont des études contrôlées
randomisées. Cela permet une rigueur dans la méthodologie afin de pouvoir comparer les
articles.
Type de publication : seuls les articles publiés dans leur intégralité ont été sélectionnés.
Afin de sélectionner les articles concernant le sujet de recherche, j’ai utilisé la méthode PICO.
Elle permet de définir une problématique de recherche ciblée afin d’obtenir des résultats les
plus précis possible. La problématique étant : L’ajout de la thérapie miroir associée à la thérapie
conventionnelle a-t-elle un impact plus important que la thérapie conventionnelle dans la
récupération chez l’hémiplégique, les critères de sélection sont les suivants :
Les études devaient inclure l’un de ces résultats : Essais contrôlés randomisés (ECR),
hémiplégie, thérapie miroir, membre supérieur.
25
De plus, les études sélectionnées doivent utiliser comme critère de jugement : les capacités
motrices, les activités de la vie quotidienne, et la négligence.
Chaque étude a fait l’objet d’une évaluation critique pour les éléments suivants :
Cela permet de faire ressortir les points communs et différences entre chaque article. Cela
compare les études entre elles afin de pouvoir analyser plus finement les résultats.
26
IV.5. Evaluation de la qualité des articles
Chaque publication a été analysée selon la méthode de lecture critique des articles (47). Le
score donné par la grille PEDro (48) (cf annexe V) est pris en compte pour quantifier la qualité
de chaque article. Les 11 items de l’échelle PEDro (48) permettent une interprétation des
résultats en fonction de la qualité de l’article. La totalité des items, excepté le premier, interprète
la validité interne et les différentes informations statistiques. Le premier item ne rentre pas en
compte dans le calcul du score final, mais il permet de connaitre la validité externe de l’article
(« applicabilité » de l’essai). Les scores obtenus seront comparés aux scores disponibles sur la
base de données PEDro.
La grille PEDro permet d’évaluer la qualité de chaque étude et participe à sa validité. La validité
de chaque étude doit également inclure sa portée.
La première phase de selection des articles se fait suite à la lecture du titre. Celui ci devait
contenir les mots clés suivant : thérapie miroir, hémiplégique et member supérieur
Puis, la seconde phase de selection se fait à la lecture des résumés. Les résumés devaient
répondre aux critères d’inclusion suivant :“patient hémiplégique agé de plus de 18 ans” “test
évaluant le membre supérieur” “protocole de thérapie miroir mis en place associé à de la
thérapie conventionnelle”. Ont été exclus les articles traitant d’une autre pathologie que
l’hémiplégie, traitant d’une autre thérapie que la thérapie miroir et conventionnelle, traitant
d’un autre membre que le membre supérieur. Les résumés pas assez détaillés pour pouvoir être
sélectionnés ou non sont gardés pour une lecture complète.
Enfin, la dernière phase de sélection se fait à la lecture des articles en entier. Les articles sont
exclus s’il traite l’hémiplégie à une autre phase que la subaigue, s’il compare la thérapie miroir
a une autre thérapie spécifique.
27
IV.5.2 Résultats des recherches
Sur les 109 articles obtenus après avoir posé l’équation de recherche, seuls 12 articles ont été
retenus. Le processus de sélection décrit ci-dessus est schématisé dans le diagramme de flux ci-
dessous :
28
IV.5.3 Etudes inclues
29
V. Résultats
V.1. Population
Au total, 12 études contrôlées randomisées publiées entre 2008 et 2020, ont été incluses. Cela
donne 398 patients inclus.
Tableau 3 : Répartition des patients inclus dans les différents groupes par Camille Gautier
La moyenne d’âge obtenue pour toutes les études cumulées est de 60.23. Ceci est en dessous
de la moyenne d’âge de survenue de l’AVC qui est de 65 ans. Wing Chiu Chan ans al.(49) ont
limité leur population aux plus de 35 ans. Tandis que Lucas Mirela Cristina et al.(50) impose
une tranche d’âge de 55 à 68ans ce qui limite le nombre d’inclusion. Enfin 4 études ne donnent
pas de tranche d’âge pour la sélection de leurs patients. Tous les patients inclus sont majeurs.
30
V.1.3 Type AVC
Tous les articles sélectionnés impliquent des patients hémiplégiques post AVC. Tous les
patients sélectionnés ont eu un seul épisode d’AVC. Seulement le type, la localisation et
l’étendue de l’AVC est différent selon chaque étude et chaque patient.
Ainsi 4 études n’intègrent que des patients ayant subi un AVC ischémique (35,36,50,51), 3
études (39,49,52) incluent des patients ayant eu les 2 types d’AVC (ischémique et
hémorragique) et 3 études (53–55) ne précisent pas le type d’AVC sélectionné. Enfin Thieme
et al (56) englobent des patients ayant subi un AVC de l’étage supra tentorielle. Et
Samuelkamaleshkumar et al (57) incluent des patients ayant subi un AVC des 2 artères
cérébrales moyennes.
Toutes les études sélectionnées analysent la phase subaiguë de l’AVC. Mais celle-ci s’étend de
la 2ème semaine au 6ème mois post AVC. Ainsi le temps entre l’inclusion et l’AVC des patients
varie en fonction des études.
5 études (51,53–55,57) intègrent des patients avant les 6 mois post AVC. 3 études (49,52,58)
choisissent de se porter sur une population ayant subi leur AVC il y a moins de 1 mois. Enfin,
Dohle et al (59) sélectionnent des patients avec moins de 8 semaines post AVC. Cristina et al
(50) englobent une population entre 1 et 3 mois post AVC. Radajewskaa et al (60) choisissent
des patients entre 8 et 10 semaines post AVC. Et Thieme et al.(56) prennent une population
avec moins de 3 mois post AVC.
31
V.1.5 Pathologie des participants
Tous les participants aux études présentent leur premier épisode d’AVC. Ils ne présentent pas
de troubles cognitifs susceptibles d’entrainer des troubles de la compréhension et ne doivent
pas non plus avoir de troubles orthopédiques ajoutés.
D’autres critères d’inclusions spécifiques sont à noter comme le score de Brunnstrom compris
entre les stades I et IV pour 5 études (51,53–55,57). Il peut également y avoir une sélection par
le score MMSE (mini mental state examination) c’est le cas pour 4 études. Ainsi dans l’étude
de Ding et al (51), ce score doit être supérieur à 23 ; dans celle de Chan et al (49) et de Madhoun
et al (54) il est supérieur à 22 et enfin dans celle de Radajewskaa et al (60) il est supérieur à 25.
Dans l’étude de Thieme et al (56) il est nécessaire que le membre supérieur plégique soit
sévèrement atteint. Il faut que les patients aient un score compris entre 0 et 1 sur l’échelle
d’évaluation de la motricité pour les extenseurs du poignet et des doigts par exemple.
32
V.2. Modalités de mise en place
Tous les protocoles ont été réalisés soit au sein d’un hôpital ou bien au sein d’un service de
rééducation. Cela permet d’inclure plus facilement les patients. Ils peuvent ainsi suivre leur
rééducation et le protocole de façon assidue.
Chaque étape de la rééducation classique est prise en charge par différents professionnels : les
kinésithérapeutes, les ergothérapeutes, et les orthophonistes. Elle peut se composer d’exercice
de gymnastique, de fitness, de réentrainement à la marche, de thérapie spécifique du membre
supérieur, de rééducation à la parole, de massages…
Chaque étude a un protocole de thérapie conventionnelle qui lui est spécifique et qui est
dépendant de chaque patient. Ainsi, tous les patients au sein d’une même étude ne reçoivent
pas la même thérapie conventionnelle. Celle-ci se détermine en fonction des besoins et des
capacités de chaque patient.
33
Seule l’étude de Thieme et al (56) ne donne pas d’indication sur le type de thérapie
conventionnelle.
5 études qui sont celle de Ding et al (51), Antoniotti et al (52), Dohle et al (59), Mirela et al.
Yavuzer et al (55) ont choisi d’appliquer 30 minutes de thérapie miroir par jour 5 fois par
semaine.
Thieme et al (56) ajoute 30 minutes de thérapie miroir 4 fois par semaine. Dans le protocole de
Samuelkamaleshkumar et al (57) on la retrouve 1 heure par jour 5 fois par semaine.
Radajewskaa et al (60) ajoute 15 minutes de thérapie miroir 2 fois par jour 5 fois par semaine.
Madhoun et al (54) l’applique 25 minutes par jour tous les jours. Le protocole de Lee et al (53)
contient 25 minutes de thérapie miroir 2 fois par jour 5 fois par semaine. Chan et al (49) intègre
30 minutes de thérapie miroir 2 fois par jour 5 jours par semaine. Invernizzi et al (58) applique
30 minutes par jour de thérapie miroir pendant 2 semaines et 1 heure par jour pendant les 2
dernières semaines.
La durée d’application de la thérapie miroir est variable et dépendant des protocoles. Ainsi,
dans 6 études (49,51–53,55,58) elle est de 4 semaines, dans 2 études (50,59) elle est de 6
semaines, dans 2 études (57,60) elle est de 3 semaines, et dans l’étude de Madhoun et al (54)
elle est de 8 semaines. Dans l’étude de Thieme et al (56), le temps d’application de la thérapie
miroir n’est pas clairement donné.
34
V.2.3.3. Type de thérapie miroir
Toutes les études incluses ajoutent de la thérapie miroir conventionnelle excepté celle de Ding
et al (51). Dans celle-ci, la thérapie miroir est réalisée avec caméra.
La thérapie miroir peut être appliquée en plus de la thérapie conventionnelle. C’est le cas de 4
études (50,53,57,60) où le groupe contrôle ne reçoit pas de thérapie à la place de la thérapie
miroir. Ou bien, le groupe contrôle reçoit une thérapie miroir simulée. C’est-à-dire que c’est la
même thérapie mais sans le reflet du miroir. C’est le cas des 7 autres études (49,51,52,54–
56,58,59).
Enfin, dans l’étude de Ding et al. (51) le groupe de contrôle reçoit de la thérapie miroir en réalité
virtuelle simulée. C’est à dire que les patients de ce groupe réalisent une tâche motrice avec
leur membre plégique mais dont le feed back est donné par l’écran.
35
V.3. Les critères de jugement
Dans toutes les études sélectionnées, aucune différence avant application du protocole n’a été
trouvé entre les groupes formés. Ils avaient tous des scores similaires aux différents tests
effectués.
Dans l’étude de Ding et al (51), il a été choisi d’évaluer la fonction motrice par le
fuglmeyer MS. Celui-ci révèle une amélioration constante de la motricité pour le groupe miroir
mais pas pour le groupe contrôle. Il y a une différence significative entre les résultats obtenus
à la fin de l’intervention. Le groupe miroir montre des améliorations motrices plus marquées
que le groupe contrôle.
Dohle et al (59) évalue la fonction motrice par l’échelle fuglemeyer ciblée sur les
membres supérieurs. Une évaluation plus spécifique de la préhension est menée par l’ARAT
(action research arm test). L’évaluation du fuglmeyer réalisée après la mise en place du
protocole d’intervention ne montre aucune différence significative entre les 2 groupes. En effet,
le score s’est amélioré de façon similaire dans ces 2 groupes. Cependant, pour le score ARAT
une amélioration significative en faveur du groupe thérapie miroir est à noter.
Dans l’étude de Lee et al (53), il a été choisi d’évaluer la motricité du membre supérieur
avec le fuglmeyer membre supérieur. Aucune différence significative entre les groupes n’est à
36
noter avant l’intervention. Après l’intervention, le score des 2 groupes s’est amélioré. Le score
du groupe thérapie miroir s’est amélioré de façon plus importante permettant de noter une
différence significative entre les groupes.
La motricité est évaluée avec l’échelle du fuglmeyer membre supérieur dans l’étude de
Cristina et al (50). Celle-ci révèle une amélioration des scores après les 6 semaines de protocole.
Le groupe thérapie miroir montre une amélioration plus importante de la motricité suite à
l’intervention.
La motricité est évaluée par l’échelle du fuglmeyer membre supérieur et par l’action
research arm test (ARAT) dans l’étude de Thieme et al (56). Les mesures réalisées après
l’intervention montrent des améliorations pour les 2 groupes dans les 2 tests sans différence
significative.
37
V.3.2 Les activités de la vie quotidienne
Dans l’étude de Ding et al (51), les activités de la vie quotidienne sont évaluées par la
MIF (mesure de l’indépendance fonctionnelle). Celle-ci montre une amélioration significative
supérieure à 4 semaines pour le groupe de thérapie miroir dans la locomotion et les transferts.
Même si les résultats se sont plus améliorés pour le groupe thérapie miroir, il n’y a pas de
différence significative de la MIF sur son score global.
L’étude de Antoniotti et al (52), la MIF permet une évaluation des activités de la vie
quotidienne. Les mesures réalisées pendant et à la fin de l’étude révèlent une amélioration des
AVQ mais aucune différence entre les 2 groupes. Enfin, la dernière mesure réalisée 6 semaines
après la fin de l’intervention montre une amélioration plus importante du score de la MIF dans
le groupe thérapie miroir. Mais cette différence n’est pas assez importante pour qu’elle devienne
significative.
Dohle et al (59) évalue les activités de la vie quotidienne par la MIF. Ils ont trouvé
comme résultat une amélioration des activités de la vie quotidienne ; mais sans différence
significative entre les 2 groupes, malgré le fait que le groupe contrôle est reçu plus de thérapie
basée sur les activités de la vie quotidienne.
Invernizzi et al (58) évalue les activités de la vie quotidienne par la MIF. Celle-ci montre
une amélioration significativement plus importante dans le groupe thérapie miroir que dans le
groupe contrôle.
Les activités de la vie quotidienne sont évaluées par l’échelle de Barthel dans l’étude de
Madhoun et al (54). Après le protocole, une amélioration du score est constatée dans les 2
groupes sans différence significative entre eux.
Dans l’étude de Radajewskaa et al (60) les activités de la vie quotidienne sont évaluée
par le frenchay arm test (FAT) et par le reptyfunctional index. Les mesures ont révélé une
amélioration des activités de la vie quotidienne pour les 2 groupes sans différence significative
entre les 2.
L’échelle de Barthel permet une évaluation des activités de la vie quotidienne dans
l’étude de Thieme et al (56). Après recueil des données une amélioration du score a été trouvé
dans les différents groupes sans différence entre les groupes.
38
La MIF est utilisée pour évaluer les activités de la vie quotidienne dans l’étude de
Yavuzer et al (55). L’évaluation menée juste après la thérapie montre une amélioration
identique pour les 2 groupes. Seulement, lors des évaluations de suivi réalisées à 4 et 6 semaines
post-interventions, le score de la MIF s’est amélioré de façon significative pour le groupe miroir
par rapport au groupe témoin.
39
V.3.3 Les négligences
Dohle et al (59) ont également évalué la négligence. Après mise en place du protocole
d’investigation, on constate que dans le groupe thérapie miroir la négligence des patients a
diminué de façon plus importante, voire est totalement abolie. Ainsi, le groupe thérapie miroir
montre une amélioration plus importante que le groupe contrôle.
40
V.4. Retour sur les hypothèses
L’analyse des résultats des études sélectionnées permet de répondre en partie aux différentes
hypothèses posées.
La seconde hypothèse est « les patients hémiplégiques recevant une thérapie miroir en
plus de la thérapie classique auront de meilleures réponses fonctionnelles que le groupe
témoin ». Ceci représente la capacité à effectuer les AVQ. Cette hypothèse est confirmée dans
l’étude d’Invernizzi et al (58) qui montre une amélioration significative des activités de la vie
quotidienne pour le groupe thérapie miroir. De plus, l’étude de Yavuzer et al (55) montre une
amélioration significative des AVQ à 4 et 6 semaines post intervention. La réciproque de cette
hypothèse est que la thérapie miroir n’a pas d’incidence sur les activités de la vie quotidienne.
C’est le constat dans les autres études analysant les AVQ (51,52,54,56,59,60). En effet, malgré
une légère amélioration des AVQ dans le groupe thérapie miroir, celle-ci n’est pas significative.
Donc, sur les 8 études évaluant les capacités fonctionnelles, seulement 25% montrent une plus-
value de la thérapie miroir par rapport à de la thérapie classique. La thérapie miroir a soit, les
mêmes effets soit, un bénéfice légèrement supérieur sur les capacités fonctionnelles par rapport
à la thérapie conventionnelle.
41
La dernière hypothèse est « les patients hémiplégiques recevant de la thérapie miroir en plus
de la thérapie classique diminueront leurs négligences de façon plus importante que le groupe
témoin ». Les 3 études sélectionnées (52,56,59) montrent unanimement une amélioration voire
une disparition des négligences grâce à l’application de la thérapie miroir. Cette hypothèse est
validée par ces études.
42
VI. Discussion
Les résultats de cette revue de littérature présentés précédemment semblent montrer que la
thérapie miroir a le même impact que la thérapie conventionnelle voire un bénéfice légèrement
supérieur sur la motricité et les activités de la vie quotidienne. Cependant, il semblerait que la
thérapie miroir apporte un bénéfice supérieur à la thérapie classique dans les différentes
négligences.
VI.1. Résultats
On peut alors se demander si c’est la thérapie miroir elle-même ou la quantité d’heures de soins
qui influence la récupération motrice du membre supérieur. En effet, il semblerait que, plus les
patients sont exposés à une thérapie intensive, meilleure est la récupération (61).
De plus, le temps d’application de l’étude est variable en fonction des études ; tout comme le
temps d’application de la thérapie miroir par semaine. Ainsi, tous les résultats obtenus sont à
relativiser en fonction du nombre d’heures de thérapie dont le patient a pu bénéficier.
43
VI.1.2 Les activités de la vie quotidienne
Globalement, on retrouve une tendance à l’amélioration des activités de la vie quotidienne dans
toutes les études. Seulement, celle-ci n’est pas significative. Ceci peut s’expliquer par le fait
que les AVQ combinent plusieurs mouvements des membres supérieurs ce qui rend les taches
plus complexes (62).
En effet, on montre ici que l’amélioration d’une fonction précise et de la motricité ne permet
pas d’améliorer toutes les activités de la vie quotidienne nécessitant le membre supérieur.
L’amélioration non significative des AVQ s’explique par la limite de la thérapie miroir à agir
que sur une fonction particulière.
Ainsi, on note une influence de la motricité du membre supérieur sur les activités de la vie
quotidienne. En effet, plus celle-ci est élevée, plus les activités de la vie quotidienne peuvent
être réalisées avec dextérité et simplicité et plus elles sont variées.
La négligence porte sur de multiples aspects. Les différentes études analysant la négligence
n’évaluent pas forcément le même type de négligence. Dans l’étude d’Antoniotti et al (52), la
négligence évaluée est la personnelle et extra personnelle. Tandis que l’étude de Thieme et al
(56) évalue la négligence spatiale unilatérale. Enfin, dans l’étude de Dohle et al (59), le type de
négligence étudié n’est pas précisé. La définition de la négligence n’est donc pas la même en
fonction des techniciens. Les résultats obtenus sont donc interprétables mais la comparaison de
ceux-ci devient complexe.
Les résultats de cette revue de la littérature montrent une diminution voire une abolition des
négligences suite au protocole de thérapie miroir. Seulement, tous les types de négligence ne
sont pas évalués initialement. Dans les protocoles, aucune des études n’étudie exclusivement la
négligence. Aucun exercice spécifique à la négligence n’est réalisé. Le rôle de la thérapie miroir
dans l’amélioration des négligences n’est donc pas défini. On peut se demander quels sont les
exercices analytiques ou fonctionnels qui influencent les négligences et par quels moyens la
thérapie miroir joue un rôle sur les négligences.
44
De plus, dans la thérapie classique des exercices sur la négligence sont proposés. Pourtant, il
apparait que la thérapie miroir qui ne traite pas spécifiquement de la négligence apporte des
bénéfices non négligeables.
La négligence spatiale unilatérale est influencée de façon positive par le travail du contrôle
posturale (63). On peut alors se demander si c’est le reflet produit par le miroir, le maintien de
la posture ou bien la concentration que demande la thérapie miroir qui influence de façon
positive les négligences. Il peut également s’agir de la focalisation de la personne sur son coté
atteint qui peut influencer la négligence.
45
VI.2. Les limites
Les outils d’évaluation utilisés sont spécifiques et dépendants de chaque étude. Les résultats
obtenus sont interprétables mais il est difficile de comparer les résultats avec certitude sachant
que les tests utilisés ne concernent pas forcément les mêmes mouvements ou fonctions.
VI.2.1.1. La motricité
La motricité du membre supérieur est évaluée par plusieurs échelles dans les études
sélectionnées.
Les tests d’évaluation de la motricité étant différents mais portant tous sur la motricité du
membre supérieur, il est possible d’interpréter les résultats. Mais chaque échelle ayant des
particularités, il est difficile de comparer les résultats et d’identifier avec certitude des
différences ou des similitudes. Cependant, les tendances peuvent être interprétables.
Toutes les études sélectionnées dans cette revue de littérature n’utilisent pas la même échelle
d’évaluation pour les activités de la vie quotidienne. La Mesure de l’Indépendance
Fonctionnelle évalue les activités de la vie quotidienne selon différents items repris dans
l’échelle de Barthe l (17,66). Ces échelles sont similaires et reprennent les mêmes thématiques.
46
Elles sont donc comparables tout comme leurs résultats. L’étude de Radajewskaa et al (60)
utilise le frenchay arm test (FAT) et le reptyfunctional index pour la mesure des AVQ. Le FAT
mesure la dextérité et le contrôle du membre supérieur dans les AVQ (67). Ceci est différent de
la MIF et de l’échelle Barthel qui mesure la capacité à effectuer les AVQ dans leur globalité.
Les résultats sont donc interprétables mais dans leur tendance et non pas dans leurs scores
précisément. Le reptyfunctional index mesure les activités de la vie quotidienne tout comme
l’échelle de Barthel (68). Cela rend les résultats de cette échelle totalement comparables à ceux
de la MIF et de l’échelle de Barthel.
Chaque étude évaluant la négligence utilise un test différent. L’étude de Thieme et al (56) utilise
le test d’annulation de l’étoile. Les études de Dohle et al (59) et d’Antoniotti et al (52) ne
précisent pas le test utilisé pour l’évaluation de la négligence. Les résultats obtenus sont donc
difficilement comparables. Cela réduit la possibilité d’interprétation de ce champ de la thérapie
miroir. De plus, il est difficile de réaliser une interprétation sans connaitre les échelles
d’évaluations. Il est légitime de se demander si les tendances des résultats sont interprétables
ou s’ils restent sans interprétations possibles par rapport aux autres études.
Chaque étude utilise un protocole de thérapie miroir différent. En effet, celle-ci peut être
basée soit sur des mouvements analytiques (49,53,58), soit sur des mouvements fonctionnels et
analytiques (50,52,54,55,57,59,60) ou enfin soit sur un protocole spécifique (51,56).
Certaines études (49,53,58) décrivent un protocole focalisé sur les mouvements analytiques du
membre supérieur. On peut alors se demander si le fait de ne réaliser que des mouvements
analytiques, inconnus parfois des patients parce qu’ils ne les utilisent pas dans leurs activités
de la vie quotidienne, peut influencer les résultats de ces études.
Les effets spécifiques des mouvements analytiques et fonctionnels n’ont pas été comparés dans
les études. Il n’est pas possible de savoir quels sont les mouvements ayant eu le plus de
bénéfices sur les patients.
On retrouve un protocole particulier dans l’étude de Ding et al (51). En effet, dans cette étude,
la thérapie miroir est dispensée sous forme de thérapie par caméra. C’est-à-dire que l’illusion
de mouvement est créée par un écran et non pas par le miroir. On peut alors se demander si les
résultats obtenus dans cette étude sont dus aux principes de la thérapie miroir ou s’ils sont
provoqués par une nouvelle forme de thérapie miroir par caméra.
L’étude de Thieme et al (56) a choisi de comparer la thérapie miroir classique individuelle avec
la thérapie miroir par groupe. Celle-ci est réalisée pour 6 patients avec 2 masseurs-
kinésithérapeutes à leur disposition. Le fait d’être en groupe peut influencer les résultats de
façon négative ou positive. En effet, étant donné que ce type de thérapie nécessite une forte
implication et l’attention des patients, ils pourraient être distraits par les autres membres du
groupe. Ou bien, ce type d’application de la thérapie miroir pourrait favoriser ses effets d’une
part grâce à l’entraide qu’il peut y avoir entre les patients ou d’autre part grâce à l’esprit de
compétition qu’on peut retrouver dans ce genre de groupe.
Les effets de ces différents types de protocole n’ont pas été évalués par rapport aux protocoles
plus classiques que l’on peut retrouver.
Dans cette revue de littérature, toutes les études sélectionnées sont des études contrôlées
randomisées pour éviter un maximum de biais. C’est une étude de référence pour évaluer
l’efficacité ou non d’un produit ou d’une thérapie (69). Certaines études utilisent un évaluateur
externe au protocole pour les bilans initiaux, intermédiaires et finaux. Les patients ainsi que les
kinésithérapeutes savent à quel groupe appartiennent les patients. Ces études sont réalisées en
simple aveugle. Cela permet de limiter les biais des résultats. Par contre, certaine étude utilise
48
des thérapeutes participants aux protocoles pour les différents bilans. Dans ce cas, les résultats
peuvent être biaisés par l’interprétation des thérapeutes (69).
Tandis que pour d’autres études (49,51,52), les évaluations sont réalisées par des personnes
indépendantes aux études. Cela permet de ne pas biaiser les résultats obtenus.
Dans tous les cas, le « contexte » de l’étude est à prendre en compte. En effet, les patients
connaissant le groupe auquel ils appartiennent. Ils peuvent donc s’impliquer plus qu’à la
normale dans la thérapie miroir ou la thérapie classique.
La puissance de l’étude permet de déterminer « la probabilité de détecter un effet qui est présent
dans la population dont est issu l’échantillon » (70).
Parmi toutes les études sélectionnées, seules 6 équipes (49,51–53,55,59) ont déterminé le risque
beta (faux négatif). Les 6 équipes ont établi un risque beta à 0.8 soit 20% de risque de ne pas
détecter de changement. Ceci entraine un risque de ne pas détecter toutes les évolutions dans la
population. Cependant, il reste acceptable et permet une interprétation fiable des résultats pour
pouvoir statuer sur les hypothèses de départ. Pour les 6 autres études, le risque beta n’est pas
donné. Il est donc difficile de s’assurer de l’intégralité des résultats.
En parallèle, les 12 études sélectionnées ont choisi un seuil de signification à 0.05. Cela signifie
que seulement 5% des résultats obtenus risquent de ne pas être réel. C’est un faible risque alpha
c’est-à-dire d’avoir des faux positifs. Les résultats obtenus sont donc réels.
En conclusion, j’aurais souhaité avoir le risque alpha et beta de chaque étude afin de connaitre
la puissance des études et m’assurer de la fiabilité des résultats.
49
VI.3. Perspectives
Toutes les études sélectionnées ont des temps d’intervention différents ainsi qu’un protocole
d’application de la thérapie conventionnelle et de la thérapie miroir qui varie. Afin de réaliser
une comparaison des résultats plus précise, il serait pertinent de trouver la dose optimale de
thérapie classique et de thérapie miroir à administrer afin d’obtenir un maximum de bénéfice.
De plus, le temps de thérapie influe sur la récupération de l’hémiplégique (61). Il serait alors
pertinent qu’afin de comparer les études, celles-ci administrent un temps de thérapie équivalent.
De même, il pourrait être intéressant de connaitre l’évolution des résultats dans le temps. Seule
l’étude de Yavuzer et al (55) réalise une mesure 6 mois post intervention. Celle-ci tend à
montrer que le groupe recevant de la thérapie miroir améliore de façon plus importante sa
motricité et ses activités de la vie quotidienne que les patients ayant reçu la thérapie contrôle.
Des études supplémentaires permettraient de confirmer ou d’infirmer ces résultats.
L’étude de Ding et al (51) semble montrer que la thérapie miroir à partir d’une caméra permet
une récupération motrice et fonctionnelle plus importante qu’avec la thérapie classique. Des
recherches supplémentaires seraient à mettre en place avec ce type de thérapie miroir pour
mieux cerner les effets de celle-ci.
L’étude de Thieme et al (56) est la seule à s’intéresser à la thérapie miroir de groupe. Celle-ci
semble montrer des effets positifs qui restent moindre par rapport à la thérapie miroir appliquée
en individuel. Cependant, afin de comprendre les intérêts de cette thérapie miroir de groupe,
une étude complémentaire pourrait être pertinente.
Enfin, seules 3 équipes de recherche (52,56,59) s’intéressent à l’effet de la thérapie miroir sur
la négligence. Pour connaitre précisément les effets de la thérapie miroir sur la négligence, les
prochaines études devraient cibler un test et en parallèle un type de négligence.
50
VII. Conclusion
L'accident vasculaire cérébral est une pathologie qui touche principalement les
personnes de plus de 60 ans. Du fait du vieillissement de la population mondiale ainsi que de
la multiplication des facteurs de risques, cette pathologie se rencontrera de plus en plus
fréquemment. Ceci va engendrer un accroissement des problèmes de santé publique par une
augmentation du handicap.
Cette revue de littérature a pour objectif de statuer sur l’efficacité de cette thérapie par
rapport à la thérapie conventionnelle.
Par contre, l’application de cette thérapie pourrait trouver un intérêt pour les patients
pour qui la thérapie conventionnelle fonctionne peu et qui adhérent à ce type de traitement. De
plus, une fois que la thérapie est en place il est possible pour le patient de l’effectuer en
autonomie ce qui majorerait les chances de récupération.
51
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IX. Annexes
I
Annexes I : Echelle Fugl-Meyer Membre Supérieur
II
Annexes II : Echelle Action Research Arm Test
III
Annexe III : Echelle Mesure Indépendance Fonctionnelle
IV
Annexes IV : Echelle de Barthel
V
Annexes V : Echelle PEDro
VI
VII
Nom : GAUTIER Prénom : Camille
Titre : Impact de la thérapie miroir dans la rééducation chez le patient
hémiplégique en phase subaigüe : une revue de littérature
Background : Motor and functional deficits are a common consequence of
stroke hemiplegia. Mirror therapy may present an alternative therapy to promote
motor and functional recovery.
Materials and methods : In order to know the effects of mirror therapy on the
motor and functional recovery of the upper limb of the hemiplegic as well as the
effects on neglect, a review of the literature was carried out. The PubMed
database was searched.
Results : Of the 109 articles, 12 studies were included for a total of 398 subjects.
These studies showed that mirror therapy favored motor and functional recovery,
but with no significant difference from conventional therapy. However, it seems
to improve neglect.
Discussion : Mirror therapy has an effect on the motor and functional recovery
of the upper limb of the hemiplegic for people in therapeutic impasse. It is highly
likely to have a significant effect on neglect.Even so further studies on the effects
of mirror therapy on neglect are needed to certify this result.
Conclusion : Mirror therapy is of interest in the motor and functional recovery
of the upper limb in hemiplegics for patients who do not respond to conventional
treatment. It seems to be promising for reducing neglect.
Contexte : Les déficits moteurs et fonctionnels sont une conséquence courante
de l’hémiplégie dû à un AVC. La thérapie miroir peut présenter une thérapie
alternative afin de favoriser la récupération motrice et fonctionnelle.
Méthode : Afin de connaitre les effets de la thérapie miroir sur la récupération
motrice et fonctionnelle du membre supérieur de l’hémiplégique ainsi que les
effets sur la négligence, une revue de la littérature a été réalisée. La base de
données PubMed a été interrogée.
Résultats : Sur les 109 articles, 12 études ont été inclues pour un total de 398
sujets. Ces études ont montré que la thérapie miroir favorisait la récupération
motrice et fonctionnelle mais san différence significative avec la thérapie
conventionnelle. Seulement, il semblerait qu’elle améliorerait la négligence.
Discussion : La thérapie miroir a un effet sur la récupération motrice et
fonctionnelle sur le membre supérieur de l’hémiplégique pour les personnes se
trouvant dans l’impasse thérapeutique. Il est fortement probable qu’elle agisse
sur la négligence de façon importante. Il faudrait des études supplémentaires sur
les effets de la thérapie miroir sur la négligence afin de certifier ce résultat.
Conclusion : La thérapie miroir présente un intérêt dans la récupération motrice
et fonctionnelle du membre supérieur chez l’hémiplégique pour les patients ne
répondant pas au traitement conventionnel. Elle semble prometteuse pour
diminuer la négligence.
Keywords : Stroke, hemiplegic, physiotherapy, mirror therapy, upper limb
Mots-clés : Accident vasculaire cérébrale, hémiplégique, kinésithérapie, thérapie
miroir, membre supérieur
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TRAVAIL ECRIT DE FIN D’ETUDES 2022