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Vaccins et sérums
La vaccination et la sérothé
rapie présentent un int érê t
médical considérable.
Sont sys tém ati qu em en t util
isées, su rto ut dans les pays
occidentaux, elles on t
permis de co ntr ôle r la plu pa
rt des maladies infectieuses
infantiles et des
épidémies graves: EX: l'érad
ication de la variole la diphté
rie.
Ce so nt deux approches dif
féren tes dans la lut te contre les
infections :
• La vaccination est une appro
che préventive fondée sur
la faculté de faire
ac qu éri r à l'organisme des
moyens de défense im mu nit
air e spécifiques
afin d'é vit er la ma lad ie; c'e
st une im mu nit é active qui
est installée et
po ur une durée im po rta nte
.
• La sérothérapie, au contrair
e, constitue une approche cu
rative au cours
de laquelle on fou rni t à l'or
ganisme les moyens immunit
aires de se
dé fen dre alors que l'infectio
n est déjà déclarée. C'est un
e im mu nit é
acquise de façon passive et
très lim ité e dans le temps.
1/l mm un ité acquise activ
ement (la vaccination) :
La va cci na tio n anti-infectie
use a pour bu t de susciter che
z un individu non
im mu nis é, une réaction im
munitaire adaptative spécifi
que et durable contre un
ag en t inf ec tie ux déterminé
. Pour que la vaccination so
it un succès, il fau t que la
rép on se im mu nit air e ind uit
e protège le sujet vacciné co
ntre une agression
ult éri eu re pa r l'ag en t infec
tieux. Il fau t aussi que la vac
cination soit dépourvue
de tou t ris qu e mo rbi de .
Le dé ve lop pe me nt d'u n no
uveau vaccin demande de
au po int in vitro, puis in longues années de mise
vivo chez différentes espèces
l'h om me . L'e xp éri me nta tio animales, et enfin chez
n clinique se fai t en tro is pha
ses:
- phase 1: étu de de la toléranc
e chez des sujet s non exposés au risque.
-phase Il: étu de de l'efficacité
grâce à l'in fec tio n expérim
Ce tte ph as e n'e entale des volontaires .
st bie n en ten du possjble qu
e lorsque la maladie est bé
ais ém en t cu rab le. nigne et
_ ha se 111: étude de l'effica
cité dans une population exp
e~ ém iqu e. Cette étape est trè osée à un risque
s longue car elle nécessite l'ét
cas pour;générer des données ude de nombreux
statistiquement exploitables.
Les vac cin s tra dit ion ne ls :
al vac cin s con tre les virus:
Pour susciter une réaction im
munitaire spécifique, les vac
sont constitués de particules cins traditionnels
virales "atténuées", ou "inac
limiter au maximum le risq tivées" de façon à
ue infectieux engendré pa
récemment, on t été introduit r le vaccin. Plus
s des vaccins constitués se
particules virales tot ale me nt dé ulement par des
pourvues de pouvoir pathogè
ne infectieux.
L'atténuation des virus s'obti
ent de plusieurs façons:
- par passages successifs sur
des cultures cellulaires (ex: rou
fièvre jaune), geole, polio oral,
·
- en cu ltiv an t le virus dans
les cellules d'un hôte inhabitu
influenza de type B), el (ex: virus para-
- production de souches sensib
les à une température >37°C
A et B), (ex: virus influenza
- production de souches vir
ales ayant subi la délétion
certains gènes conditionnant ou la mu tat ion de
la pathogénicité (ex: rougeole
Ces vaccins pro cu ren t une im , oreillons, rubéole).
munité durable et garantissen
innocuité parfaite, mais on t en principe une
se heurte parfois à une ce
génétique des souches. rtaine instabilité
Les vaccins inactivés les plus
fréquemment utilisés sont ceu
(sous-cutané), la rage et la gri x contre la po lio
ppe. L'inactivation est obtenue
tra ite me nt par le formaldéhy , par exemple, par
de.
Le pre mi er vaccin sous for
me de subunité a permis de
l'hépatite B: il n'é tai t pas co protéger contre
nstitué de la tot ali té du virus
l'Ag de membrane HbS. Les su , mais seulement de
bunités constitutives des vaccin
épitopes reconnus par les s représentent les
lymphocytes B ou T du su
ac tue lle me nt des protéines jet vacciné. Ce sont
recombinantes produites da
des bactéries comme Escherich ns des gènes clonés
ia coli.
b) vaccins contre les bactéries: .
Le BCG est l'exemple type de vaccin constitué ?e bact~r~es atténuées par
repiquages successifs sur des milieux défavorables a la bactene.
'de's classiques d'inactivation des bactéries recourent à, des agents
e , d' · '
Les proc enese mgee
physiques ou chimiques. Des procédés d'inactivation par mutag
sont en cours de mise au point.
l, ne sont pas
Les anatoxines, obtenues par inactivation des toxines par le formo
isent. Elles
seulement utilisées pour vacciner contre les germes qui les produ
vaccinales,
peuvent aussi servir de protéines porteuses pour des subunités
le d'autres
généralemént des polysaccharides constitutives de la capsu
bactéries. Ces conjugués sont généralement très immunogéniques.
Modes d'action des vaccins :
Le but est d'obte nir une réaction immunitaire:
xiques,
- spécifique (mettant en jeu les lymphocytes T effecteurs, T cytoto
et les lymphocytes B).
- rapide
jeu les
- prolongée (la rapidité et la durée prolongée mette nt en
persistance de
lymph ocyte s mémoire; cette mémoire est obtenue grâce à la
l'antig ène vaccinant dans les centres germinatifs.
conta ct
- prote ctrice , empêchant la survenue de la maladie lors d'un
vacciné.
ultéri eur du sujet avec le germe infectieux contre lequel il a été
a) les anticorps:
antigènes
Ils recon naiss ent surto ut des épitopes conformationels sur les
vacci nants . Ils agissent:
niveau des
- en neutr alisan t l'ineff ectivi té des bactéries et virus. Au
toires spécifiques
muqu euses , la combinaison avec des lgM ou des lgA sécré
membranes qui
modi fie la config uratio n stéréochimique des molécules de
ire qui lui perm et
perm etten t à l'agen t de se fixer sur le récep teur cellula
d'infe cter les tissus.
~ .
L _ en lysant les bactéries ou les virus en présence
i de com plém ent (ceci
n'es t vrai que pour les lgM et les lgG capables d'ac tiver
le complément).
- en favorisant l'opsonisation, en présence du com plém
ent
- en limit ant la réplication après internalisation.
b) les lymphocytes T:
Les lymphocytes T cytotoxiques CDS+ sont utile
s pour lutte r contre les
infections par des germes à déve lopp eme nt intracellu
laire.
Les antigènes des prép arati ons vaccinales constitué
es de germes tués ou de
subunités sont présentées par les HLA de class
e Il des CPA, stim ulen t les
lymphocytes T auxiliaires et génè rent des clones T
cytotoxiques et des clones B.
Les vaccins virau x attén ués se répli quen t dans les
cellules. Leurs protéines sont
présenté~s par les HLA de classe I aux clones T cyto
toxiques générés.
Le mod e de prép arat ion du vaccin doit pouv oir
orien ter la réponse vers un
prof il THl si l'on veut surt out susciter une réponse
T cytotoxique; ou vers une
réponse TH2 si l'on veut obte nir une réponse préfé
renti ellem ent humorale.
~ c) les adiuvants:
L'emploi d'ad juva nts en association avec les proté
ines vaccinantes a pour but
d'am plifie r la réponse imm unita ire spécifique. La
substance la plus utilisée en
clini que, depu is 50 ans, est l'alun. En expérimentati
on animale, l'adj uvan t le
plus efficace est l'adj uvan t com plet (susp
ension oléo-aqueuse de
myc obac térie s tuées) ou inco mple t (suspension
aqueuse) de Freund. La
subu nité active dans l'adj uvan t de Freund est la N-ac
étyle-muramyl-L-alabnine-
D-iso gluta mine ou MDP. L'adjuvant de Freund
n'est pas employé chez
l'hom me.
1 .
· Les adju vant s entr aîne nt une activation des cellu
les présentatrices d'antigènes
qui accr oît ta stim ulati on des lymphocytes T. lis
perm etten t de piéger plus
long temp s les .antigènes vaccinants dans les organes
lymphoïdes secondaires.
De nouv eaux adjuvants sont main tena nt utilisés ou
en cours de mise au point:
_ les antigènes sont emprisonnés dans une cage com
posée d'un dérivé de
la saponine. Ils augm ente nt la réponse antic
orps et la production de
lymp hocy tes T cytotoxiques dans certains cas.
_ des liposomes peuv
ent servir de vecteur
puissamment les CPA. s à l'antigène et st
Les liposomes eux-m imuler
êmes peuvent être co
l'alun. mbinés à
- on peut fabriquer auss
i des microcapsules.
Les nouveaux vaccins
Composition:
- les subunités: l'utilisa
tion de subunités supp
direct dû à l'agent inf rime to ut risque pathog
ectieux. Un risque pe ène
une réaction auto-imm rsi ste ce pendant: celui de susc
une en injectànt un dé iter
un auto-antigène du terminant antigénique
receveur. La subunité croisé avec
germe reconnus par les do it comporter des ép
lymphocytes T et B de itopes du
doivent être au préalab s sujets vaccinés. Ces
le définis, puis synthéti épitopes
fait par biologie molé sés. Actuellement la sy
culaire, après transfixion nthèse se
lignées cellulaires. dans des levures ou
dans des
La liaison covalente
des peptides obtenu
(tripalmitoyl-glycéryl-cys s avec une chaîne
téinyl-seryl-sérine) lipidique
lipopeptides particuliè permet la fo rmation
rement efficaces dans de
la génération de lipopep
tides.
On peut aussi envisag
er de combiner la subu
spécifique d'une régio nité à un anticorps m
n monomorphe d'une onoclonal
laquelle il guidera l'ant molécule HLA de class
igène vaccinal pour un e Il vers
e présentation plus effic
ace.
Voie d'administration:
La pl up ar t des vaccins
on t été jusqu'ici adm
cutanée inistrés par voie géné
ou intramusculaire. rale, sous-
antipoliomyélitique at Plus récemment,
ténué, a été introduite avec le vaccin
la vaccination par oie
orale.
En fait, la plupart des
infections sont contra
les muqueuses repr ctées par voie muque
ésentent chez l'adu use, puisque
(superficie d'un co ur lte un e interface très étendu
t de tennis) entre le m e
La vaccination par vo ilie u in té rie ur et le milieu exté
ie générale crée une rieur.
l'in fe ct io n muqueuse barrière immunologiq
(AC sériques et lymph ue en aval de
un e im m un ité muque ocytes T). Il serait log
use qui agisse en am ique d'induire
qui empêche la pénétra on t de la vaccination
tion des germes dans systémique et
fu tu rs vaccins au ro nt le m i\ie u in térieur. De nombreux
pour cibles les cellules
digestives, respiratoire tis su es lymphoïdes des vo
s et génitales. ies
En conclusion, les critères imm uno logi que s
d'un bon vaccin son t les suivants:
_ stim ulat ion des CPA pou r une pré
sen tatio n efficace des antigènes et
création d'un env iron nem ent cyto
kini que favo rab le à la stim ulat ion
des
lymphocytes.
- acti vati on des lym pho cyte s T et B
avec gén éra tion intense de cellules
"mé moi re".
- gén éra tion de TCD4+ et TCD8+ reco
nnaissant des déte rmin ants variés à
la surface du germe infe ctan t, pou
r que la réponse vaccinale ne soit
pas
variable avec le phé noty pe HLA des
sujets vaccinés (selon le phé noty pe
antigènes de classe Il en particulier, des
la pré sen tatio n de tel ou tel déte rmin
ant
peu t être plus ou moins efficace).
- p'ersistance de l'antigène vaccinant
sous form e native à la surface des
cellules folliculaires dendritiques dans
les tissus lymphoïdes périphériques où
se recr uten t les cellules B "mémoire",
assurant la mat ura tion de l'aff inité et
présence durable d'anticorps spécifiques la
.
- l'apparition d'anticorps spécifiques
("séroconversion") doit être
constatée chez 100 % des sujets vaccinés
.
2/lmmunité acquise passivement (sérothé
rapie) :
Il s'agit d'une immunothérapie passive.
Les anticorps transmis passivement
sont des immunoglobulines sériques
provenant d'un autre organisme
immunise activement ou spontan
ément. L'avantage de ce type
d'immunothérapie est la possibilité d'ag
ir vite, en apportant au mom ent
opportun les éléments de défense sériq
ue don t le sujet a besoin, sans teni r
compte du délai nécessaire pour l'ap
parition d'une réaction immunitaire
· efficace. En contre partie, l'effet ne
dure qu'autant qu'un taux suffisant est
maintenu dans l'organisme malgré la dég
radation des protéines transférées, ce
qui rend cette méthode moins adaptée
à des traitements très prolongés. La
demi-vie des lgG étant approximativem
ent de trois semaines, une sérothérapie
anti-infectieuse n'est estimée efficace que
15 jours
Les anticorps ainsi transmis sont très effic
aces dans les maladies où le
rôle d'exotoxines diffusibles prédomine,
diphtérie ou tétanos par exemple. la
sérothérapie peut être utilisée à titre prév
entif, chez des sujets contacts, ou en
principe à titre curatif lorsque la maladie
est déclarée. En fait l'antigénicité des
sérums animaux, même s'ils sont puri
fiés ou employés sous forme de
gammaglobulines, risque d'induire chez le receveur des manifesta~ions
d'hypersensibilité (anaphylaxie, maladie sérique}. De ce fait l'emploi du serum
de cheval (notamment dans la prévention du tétanos chez les sujets non
vaccinés) est en recul au profit des gammaglobulines humaines spécifiques. La
sérothérapie à titre curatif n'est plus employée dans le tétanos.
On désigne sous le nom de gammaglobulines humaines une préparation
injectable riche en anticorps, préparée par fractionnement du plasma sanguin.
Ce terme, par analogie avec la fraction gammaglobulinique identifiée lors de
l'électrophorèse de zone du sérum, traduit l'état des connaissances sur la
chimie des protéines aux alentours des années 40. Depuis, le terme
d'immunoglobuline a été créé pour désigner la totalité des molécules à
fonction anticorps, et cette dénomination, plus précise, est employée
couramment actuellement. Aussi peut-on dire que les préparations étiquetées
"gammaglobulines" contiennent principalement des immunoglobulines, mais
elles peuvent ne pas contenir la totalité des immunoglobulines du sérum,
certaines variétés moléculaires n'ayant pas été retenues au cours de la
préparation.
Les indications des gammaglobulines :
Elles peuvent viser :
a) Un effet substitutif
Dans les déficits immunitaires; les déficits de la lignée B représentent
l'indication la plus indiscutable des gammaglobulines. Dans les
agammaglobulinémies ou hypogammaglobulinémies globales, congénitales ou
acquises, la répétition d'injections de 0,6ml (environ 100mg} par kg assure
généralement une protection satisfaisante. L'intervalle moyen des injections
est de 2 à 3 semaines. En cas d'infection grave, les lg polyvalentes
intraveineuses peuvent être utiles. Le déficit sélectif en lgA est en revanche une
contre-indication à l'emploi de gammaglobulines, en raison du risque de
sensibilisation anaphylactique.
b) Un effet préventif :
- dans les maladies virales, éruptives, les gammaglobulines polyvalentes
sont efficaces si elles sont injectées à titre préventi f dans des collectivités
exposées, ou même immédia tement après le contact infectant. Chez les
immuno déprimé s (transplantés, leucémiques, corticothérapies) la protection
contre le virus varicelle zona est réalisée par l'emploi d'lg spécifiques. La
prévention de l'hépatite A peut être obtenue
par les lg standard. Il existe des lg
spécifiques anti-HBS.
- Dans les maladies microbiennes, c'est surt
out la prévention du téta nos
qui est réalisée par des lg spécifiques. Une
vaccination correcte dev rait en
rédu ire les indications.
C) Un effe t cura tif:
L'effet favorable d'injections de gammaglobu
lines dans les maladies virales est
plus difficile à apprécier. Dans les formes
sévères, les imm uno glob ulin es
polyvalentes ou spécifiques semblent app orte
r une atté nua tion . Les infe ctio ns
par le virus varicelle-zona chez les imm uno dép
rimé s son t une bon ne indi cati on
des gammaglobulines spécifiques de
ces infections. L'ut ilisa tion de
gammaglobuline standard dans la prév
enti on des infe ctio ns banales
récidivantes pulmonaires ou ORL en l'absence
de défi cit en lg, ou chez les
atopiques est une technique classique don
t il est diffi cile d'ap préc ier les
avantages réels.