0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
49 vues37 pages

2.1 Intégrales Multiples Sur Un Pavé

Ce chapitre présente les intégrales multiples, en définissant l'intégrale d'une fonction continue sur un pavé de ℝn et en introduisant le théorème de Fubini qui permet de simplifier le calcul des intégrales multiples. Il inclut des définitions, des propositions sur les propriétés des intégrales et des méthodes de calcul, illustrées par des exemples concrets. L'accent est mis sur l'importance des pavés et des intégrales doubles et triples dans le cadre des calculs intégrables.

Transféré par

fatiajerd
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
49 vues37 pages

2.1 Intégrales Multiples Sur Un Pavé

Ce chapitre présente les intégrales multiples, en définissant l'intégrale d'une fonction continue sur un pavé de ℝn et en introduisant le théorème de Fubini qui permet de simplifier le calcul des intégrales multiples. Il inclut des définitions, des propositions sur les propriétés des intégrales et des méthodes de calcul, illustrées par des exemples concrets. L'accent est mis sur l'importance des pavés et des intégrales doubles et triples dans le cadre des calculs intégrables.

Transféré par

fatiajerd
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Chapitre

2
Intégrales multiples

Dans ce chapitre, nous allons donner une présentation intuitive de l’intégrale multiple
et, sans faire la théorie, montrer quelques exemples de calculs intégrales doubles et triples.
Dans un premier temps, nous allons définir l’intégrale multiple d’une fonction continue
dans un pavé 𝑃 de ℝ𝑛 , 𝑛 ≥ 2 (un pavé étant la généralisation naturelle à ℝ𝑛 de la notion
d’intérvalle dans ℝ). Puis, nous verrons le théorème du Fubini qui permet de transformer
une intégrale multiple en des intégrales simples calculables en ayant recours aux techniques
de calcul des intégrales simples.

2.1 Intégrales multiples sur un pavé

Définition 2.1. On appelle pavé de ℝ𝑛 tout sous-ensemble 𝑃 de ℝ𝑛 de la forme

𝑃 = [𝑎1 , 𝑏1 ] × [𝑎2 , 𝑏2 ] × ⋯ × [𝑎𝑛 , 𝑏𝑛 ] = {(𝑥1 , … , 𝑥𝑛 ) ∈ ℝ𝑛 ∶ 𝑎𝑖 ≤ 𝑥𝑖 ≤ 𝑏𝑖 , ∀𝑖 = 1, 2 … , 𝑛}

où pour tout 𝑖 ∈ {1, … , 𝑛} les réels 𝑎𝑖 et 𝑏𝑖 vérifient 𝑎𝑖 ≤ 𝑏𝑖 .

Remarque 2.1. — Dans ℝ, les pavés sont les intervalles fermés et bornés ;
— Dans ℝ2 , les pavés correspondent à des rectangles dont les côtés sont parallèles aux
axes de coordonnées.
— Dans ℝ3 , les pavés correspondent à des parallélépidèdes dont les arêtes sont parallèles
aux axes de coordonnées.

23
Intégrales multiples A. Tiarimti Alaoui

Définition 2.2. Soit 𝑃 = [𝑎1 , 𝑏1 ] × ⋯ × [𝑎𝑛 , 𝑏𝑛 ] un pavé de ℝ𝑛 . Si l’application

𝑓∶𝑃⟶ℝ

(𝑥1 , … , 𝑥𝑛 ) ⟼ 𝑓 (𝑥1 , … , 𝑥𝑛 )

est continue sur 𝑃, alors on dit que 𝑓 est intégrable au sens de Riemann sur le pavé 𝑃.
Dans ce cas, l’intégrale multiple de 𝑓 sur 𝑃 est définie par
𝑏1 𝑏2 𝑏𝑛
∫ 𝑓 = ∫ 𝑓 (𝑥1 , … , 𝑥𝑛 ) 𝑑𝑥1 ⋯ 𝑑𝑥𝑛 = ∫ (∫ ⋯ (∫ 𝑓 (𝑥1 , … , 𝑥𝑛 ) 𝑑𝑥𝑛 ) ⋯𝑑𝑥2 ) 𝑑𝑥1
𝑃 𝑃 𝑎1 𝑎2 𝑎𝑛

Remarque 2.2. — Dans ℝ2 , on parle d’intégrale double et on la note le plus souvent par

∫ 𝑓, ∫ ∫ 𝑓, ou ∫ ∫ 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 ) 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 ;


𝑃 𝑃 𝑃

— Dans ℝ3 , on parle d’intégrale triple et on la note le plus souvent par

∫ 𝑓, ∫ ∫ ∫ 𝑓, ou ∫ ∫ ∫ 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 𝑑𝑥3 .


𝑃 𝑃 𝑃

— Si 𝑓 est continue sur un pavé 𝑃 = [𝑎1 , 𝑏1 ] × [𝑎2 , 𝑏2 ] de ℝ2 et positive, l’intégrale double


∫ 𝑓 s’interprète comme le volume du domaine Ω limité par la surface d’équation 𝑥3 =
𝑃
𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 ), le pavé 𝑃 et les plans d’équation 𝑥1 = 𝑎1 , 𝑥1 = 𝑏1 , 𝑥2 = 𝑎2 , 𝑥2 = 𝑏2 .

Figure 2.1 – Interprétation de l’intégrale double

— Dans le cas des fonctions 𝑓 non positives, l’intégral double ∫ 𝑓 s’interprète comme le
𝑃
volume algébrique du domaine Ω, ce qui signifie que la partie du volume appartenant
au demi-espace d’équation 𝑥3 ≤ 0 est comptabilisée comme étant négative.

24
Intégrales multiples A. Tiarimti Alaoui

Proposition 2.1. Soient 𝑃 un pavé de ℝ𝑛 , 𝑓 et 𝑔 deux applications de 𝑃 dans ℝ, intégrables


sur 𝑃. Pour tous réels 𝜆 et 𝜇 l’application 𝜆𝑓 + 𝜇𝑔 est intégrable sur 𝑃 et on a

∫ (𝜆𝑓 (𝑥) + 𝜇𝑔 (𝑥)) 𝑑𝑥 = 𝜆 ∫ 𝑓 (𝑥) 𝑑𝑥 + 𝜇 ∫ 𝑔 (𝑥) 𝑑𝑥


𝑃 𝑃 𝑃

Proposition 2.2. Soient 𝑃 un pavé de ℝ𝑛 et 𝑓 une application de 𝑃 dans ℝ, intégrable sur


𝑃. Si l’application 𝑓 est positive alors

∫ 𝑓 (𝑥) 𝑑𝑥 ≥ 0.
𝑃

Proposition 2.3. Soit 𝑃 un pavé de ℝ𝑛 . Si 𝑓 est une application de 𝑃 dans ℝ, intégrable sur
𝑃, alors l’application |𝑓| est intégrable sur 𝑃 et
|| |
|∫ 𝑓 (𝑥) 𝑑𝑥|| ≤ ∫ |𝑓 (𝑥)| 𝑑𝑥
| 𝑃 | 𝑃

Proposition 2.4 (Relation de Chales). Soient 𝑃 un pavé de ℝ𝑛 , {𝑃1 , … , 𝑃𝑁 } une partition


de 𝑃 et 𝑓 une applciation de 𝑃 dans ℝ, intégrable sur 𝑃. On a :

∫ 𝑓 (𝑥) 𝑑𝑥 = ∫ 𝑓 (𝑥) 𝑑𝑥 + … + ∫ 𝑓 (𝑥) 𝑑𝑥.


𝑃 𝑃1 𝑃𝑁

Proposition 2.5. Soient 𝑃 un de ℝ𝑛 et 𝑓 une application de 𝑃 dans ℝ, positive et continue


sur 𝑃. On a
∫ 𝑓 (𝑥) 𝑑𝑥 = 0 ⟺ 𝑓 = 0.
𝑃

2.2 Calcul des intégrales multiples

Nous allons présenter dans cette partie un certain nombre de méthodes permettant de
calculer la valeur de l’intégrale multiple d’une fonction intégrable, en exprimant l’intégrale
multiple à l’aide d’intégrale simple. Ces méthodes de calcul d’intégrales multiples sont ba-
sées sur le théorème de Fubini.

25
Intégrales multiples A. Tiarimti Alaoui

2.2.1 Théorème de Fubini

Théorème 2.1 (Théorème de Fubini). Soit 𝑃 = ∏𝑛𝑖=1 [𝑎𝑖 , 𝑏𝑖 ] un pavé de ℝ𝑛 et 𝑖0 ∈ {1, … , 𝑛}


un entier. Pour toute application 𝑓 de 𝑃 dans ℝ, continue sur 𝑃 on a
𝑏𝑖0 ⎛⎜ 𝑏𝑖0 ⎞⎟
∫𝑓 =∫ (∫ 𝑓) = ∫ ⎜⎜⎜∫ 𝑓⎟⎟⎟
𝑃 𝑎𝑖0 𝑄 𝑄 ⎝ 𝑎𝑖0 ⎠

où 𝑄 désigne le pavé de ℝ𝑛−1 défini par 𝑄 = ∏𝑛𝑖=1,𝑖≠𝑖0 [𝑎𝑖 , 𝑏𝑖 ].

Remarque 2.3. — En utilisant le théorème de Fubini successivement avec l’indice 𝑖0 = 1,


puis 𝑖0 = 2, en poursuivant jusqu’à l’indice 𝑖0 = 𝑛, on obtient
𝑏1 𝑏2 𝑏𝑛
∫ 𝑓 = ∫ (∫ (⋯ (∫ 𝑓) ⋯));
𝑃 𝑎1 𝑎2 𝑎𝑛

de plus, l’ordre dans lequel sont retenus les indices peut être choisi arbitrairement.
Ainsi, le calcul d’une intégrale multiple sur un pavé de ℝ𝑛 se ramène au calcul de 𝑛
intégrales simples.
— Dans ℝ2 , l’intégrale double d’une application 𝑓 continue sur le pavé 𝑃 = [𝑎1 , 𝑏1 ] ×
[𝑎2 , 𝑏2 ] vérifie d’après le théorème de Fubini :
𝑏1 𝑏2 𝑏2 𝑏1
∫ 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 ) 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 = ∫ (∫ 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 ) 𝑑𝑥2 ) 𝑑𝑥1 = ∫ (∫ 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 ) 𝑑𝑥1 ) 𝑑𝑥2
𝑃 𝑎1 𝑎2 𝑎2 𝑎1

et le calcul de l’intégrale de 𝑓 sur 𝑃 peut être mené :


— soit en intégrant d’abord 𝑓 sur [𝑎2 , 𝑏2 ] relativement à 𝑥2 puis en intégrant l’expres-
sion obtenue (qui dépend de 𝑥1 ) relativement à 𝑥1 sur [𝑎1 , 𝑏1 ].
— soit en intégrant d’abord 𝑓 sur [𝑎1 , 𝑏1 ] relativement à 𝑥1 puis en intégrant l’expres-
sion obtenue (qui dépend de 𝑥2 ) relativement à 𝑥2 sur [𝑎2 , 𝑏2 ].
— Si une application 𝑓 continue sur un pavé 𝑃 = ∏𝑛𝑖=1 [𝑎𝑖 , 𝑏𝑖 ] de ℝ𝑛 est définie par

𝑓 (𝑥1 , … , 𝑥𝑛 ) = 𝑔1 (𝑥1 ) × ⋯ × 𝑔𝑛 (𝑥𝑛 ) ,

alors le théorème de Fubini permet d’écrire :


𝑏1 𝑏𝑛
∫ 𝑓 (𝑥1 , … , 𝑥𝑛 ) 𝑑𝑥1 ⋯ 𝑑𝑥𝑛 = (∫ 𝑔1 (𝑥1 ) 𝑑𝑥1 ) × ⋯ × (∫ 𝑔𝑛 (𝑥𝑛 ) 𝑑𝑥𝑛 ) .
𝑃 𝑎1 𝑎𝑛

On se ramène donc au calcul de 𝑛 intégrales simples indépendates les unes des autres.

Exemple 2.1. Considérons l’application

𝑓 ∶ [0, 1] × [0, 1] ⟶ ℝ

(𝑥1 , 𝑥2 ) ⟼ 𝑥1 𝑥2 .

26
Intégrales multiples A. Tiarimti Alaoui

2
L’application 𝑓 est continue sur le pavé [0, 1] = [0, 1] × [0, 1], donc d’après le théorème de
Fubini on a
1 1
∫ 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 ) 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 = ∫ (∫ 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 ) 𝑑𝑥2 ) 𝑑𝑥1 .
2
[0,1] 0 0

Pour tout 𝑥1 ∈ [0, 1], on a

1 1 1
𝑥1
∫ 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 ) 𝑑𝑥2 = ∫ 𝑥1 𝑥2 𝑑𝑥2 = 𝑥1 ∫ 𝑥2 𝑑𝑥2 = .
0 0 0 2

Donc
1
𝑥1 1
∫ 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 ) 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 = ∫ 𝑑𝑥1 = .
2
[0,1] 0 2 4

Application 2.1 (Série d’exercices Nº 2 : Exercice Nº 2.1).

Calculer l’intégrale sur le pavé 𝑃 = [0, 1] × [0, 1] de l’application

𝑓 ∶ (𝑥1 , 𝑥2 ) ∈ 𝑃 ⟼ √𝑥12 + 𝑥2 .

Solution : L’application 𝑓 est continue sur 𝑃 et d’après le théorème de Fubini, on a

1 1
∫ 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 ) 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 = ∫ (∫ √𝑥12 + 𝑥2 𝑑𝑥2 ) 𝑑𝑥1
𝑃 0 0
1 3 1
2 2
= ∫ [ (𝑥12 + 𝑥2 ) ] 𝑑𝑥1
0 3 0
2 1 3
2
= ∫ ((𝑥12 + 1) − 𝑥13 ) 𝑑𝑥1
3 0
1 2 1 2 3
2
= − + ∫ (𝑥1 + 1) 𝑑𝑥1 .
6 3 0

3
1 2
Pour calculer l’intégrale simple ∫ (𝑥12 + 1) 𝑑𝑥1 , on peut effectuer le changement de
0
variables 𝑥1 = sh (𝑡). On a

𝑑𝑥1
𝑥1 = 0 ⇔ 𝑡 = 0, 𝑥1 = 1 ⇔ 𝑡 = argsh (1) = ch (𝑡) .
𝑑𝑡

27
Intégrales multiples A. Tiarimti Alaoui

Alors
1 3 argsh(1) 3
(sh2 (𝑡) + 1) ch (𝑡) 𝑑𝑡
2 2
∫ (𝑥12 + 1) 𝑑𝑥1 = ∫
0 0
argsh(1)
=∫ ch4 (𝑡) 𝑑𝑡
0
argsh(1)
1 4
= ∫ (𝑒 𝑡 + 𝑒 −𝑡 ) 𝑑𝑡
16 0
argsh(1)
1
= ∫ (𝑒 4𝑡 + 4𝑒 2𝑡 + 6 + 4𝑒 −2𝑡 + 𝑒 −4𝑡 ) 𝑑𝑡
16 0
argsh(1)
1
= ∫ (2𝑐ℎ (4𝑡) + 8𝑐ℎ (2𝑡) + 6) 𝑑𝑡
16 0
1 1 3 argsh(1)
=[ sh (4𝑡) + sh (2𝑡) + 𝑡]
32 4 8 0
1 1 3
= sh (4 argsh (1)) + sh (2 argsh (1)) + argsh (1)
32 4 8
En utilisant les trois formules suivantes

ch (2𝑥) = ch2 (𝑥) + sh2 (𝑥)

sh (2𝑥) = 2𝑠ℎ (𝑥) ch (𝑥)

ch (argsh (𝑥)) = √1 + 𝑥 2 .

on a

sh (4 argsh (1)) = 2𝑠ℎ (2 argsh (1)) ch (2 argsh (1))

= 2 (2𝑠ℎ (argsh (1) ch (argsh (1)))) (ch2 (argsh (1)) + sh2 (argsh (1)))
2
= 2 (2√1 + 12 ) ((√1 + 12 ) + 1)

= 2 (2√2) (2 + 1)

= 12√2

et
sh (2 argsh (1)) = 2𝑠ℎ (argsh (1)) ch (argsh (1)) = 2√1 + 12 = 2√2

On en déduit que

1 2 1 2 3
2
∫ 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 ) 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 = − + ∫ (𝑥1 + 1) 𝑑𝑥1
𝑃 6 3 0
1 2 1 1 3
= − + ( 12√2 + 2√2 + argsh (1))
6 3 32 4 8

1 7 2 1
=− + + argsh (1) .
6 12 4

28
Intégrales multiples A. Tiarimti Alaoui

2.2.2 Intégration par pile et par tranche

Dans le cas où 𝑓 est une application continue sur un ensemble 𝑋 qui, pour un entier 𝑘 tel
que 1 ≤ 𝑘 ≤ 𝑛, s’exprime sous la forme

𝑋 = {𝑥 = (𝑥1 , … , 𝑥𝑛 ) ∈ ℝ𝑛 ; 𝑥̃ = (𝑥1 , … , 𝑥𝑘−1 , 𝑥𝑘+1 , … , 𝑥𝑛 ) ∈ 𝑋̃ et 𝑔 (𝑥)̃ ≤ 𝑥𝑘 ≤ ℎ (𝑥)}


̃

où 𝑋̃ désigne un sous-ensemble de ℝ𝑛−1 et où 𝑔 et ℎ sont deux applications continues de 𝑋̃


dans ℝ. On a alors
⎛⎜ ℎ(𝑥)̃ ⎞
∫ 𝑓 (𝑥) 𝑑𝑥 = ∫ ⎜⎜∫ 𝑓 (𝑥1 , … , 𝑥𝑛 ) 𝑑𝑥𝑘 ⎟⎟⎟ 𝑑𝑥1 ⋯ 𝑑𝑥𝑘−1 𝑑𝑥𝑘+1 ⋯ 𝑑𝑥𝑛
𝑋 𝑋̃ ⎝ 𝑔(𝑥)̃ ⎠
a) Cas des intégrales doubles :
Dans ce cas, si 𝑋 est un sous-ensemble de ℝ2 de la forme

𝑋 = {(𝑥1 , 𝑥2 ) ∈ ℝ2 ; 𝑎1 ≤ 𝑥1 ≤ 𝑏1 et 𝑔2 (𝑥1 ) ≤ 𝑥2 ≤ ℎ2 (𝑥1 )} ,

ou de la forme

𝑋 = {(𝑥1 , 𝑥2 ) ∈ ℝ2 ; 𝑎2 ≤ 𝑥2 ≤ 𝑏2 et 𝑔1 (𝑥2 ) ≤ 𝑥1 ≤ ℎ1 (𝑥2 )} ,

où 𝑎1 , 𝑎2 , 𝑏1 et 𝑏2 sont des réels et où 𝑔1 , 𝑔2 , ℎ1 et ℎ2 sont des fonctions continues de ℝ


dans ℝ.

Figure 2.2 – Sous-ensembles de ℝ2 décrits par pile (à gauche) et par tranche (à droite)

Dans le premier cas, on dit que l’on intégre par pile et on écrit :
𝑎2 ⎛ ℎ2 (𝑥1 ) ⎞
∫ 𝑓 = ∫ ⎜⎜⎜∫ 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 ) 𝑑𝑥2 ⎟⎟⎟ 𝑑𝑥1 ,
𝑋 𝑎1 ⎝ 𝑔2 (𝑥1 ) ⎠
et dans le second, on dit que l’on intégre par tranche et on écrit :
𝑎2 ⎛ ℎ1 (𝑥2 ) ⎞
∫ 𝑓 = ∫ ⎜⎜⎜∫ 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 ) 𝑑𝑥1 ⎟⎟⎟ 𝑑𝑥2 ,
𝑋 𝑎2 ⎝ 𝑔1 (𝑥2 ) ⎠

29
Intégrales multiples A. Tiarimti Alaoui

Exemple 2.2 (Série d’éxercices Nº 2 : Exercice 2.5.a) ). Le triangle 𝑇 définie par

𝑇 = {(𝑥1 , 𝑥2 ) ∈ ℝ2 ; 0 ≤ 𝑥1 ≤ 1, 0 ≤ 𝑥2 ≤ 1, 𝑥1 + 𝑥2 ≤ 1}

est décrit par pile en prenant 𝑎1 = 0, 𝑏1 = 1, 𝑔2 ∶ 𝑥1 ↦ 0 et ℎ2 ∶ 𝑥1 ↦ 1 − 𝑥1 .

Figure 2.3 – Découpage du triangle 𝑇 par pile (à gauche) et par tranche (à droite)

On intégre par pile l’application 𝑓 ∶ (𝑥1 , 𝑥2 ) ∈ 𝑇 ⟼ 𝑥1 𝑥2 ∈ ℝ sur 𝑇 de la façon


suivante
1 1−𝑥1
∫ 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 ) 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 = ∫ (∫ 𝑥1 𝑥2 𝑑𝑥2 ) 𝑑𝑥1
𝑇 0 0
1
1 2 1−𝑥1
= ∫ 𝑥1 [ 𝑥2 ] 𝑑𝑥1
0 2 0
1 1 2
= ∫ 𝑥1 ((1 − 𝑥1 ) ) 𝑑𝑥1
2 0
1 1
= ∫ (𝑥 − 2𝑥12 + 𝑥13 ) 𝑑𝑥1
2 0 1
1 1 2 2 3 1 4 1
= [ 𝑥 − 2𝑥 + 𝑥 ]
2 2 1 3 1 4 1 0
1
= .
24

L’ensemble 𝑇 peut également être décrit par tranche en prenant 𝑎2 = 0, 𝑏2 = 1, 𝑔1 ∶


𝑥2 ↦ 0 et ℎ1 ∶ 𝑥2 ↦ 1 − 𝑥2 . On obtient dans ce cas
1 1−𝑥2
1 1 2 1
∫ 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 ) 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 = ∫ (∫ 𝑥1 𝑥2 𝑑𝑥1 ) 𝑑𝑥2 = ∫ 𝑥2 ((1 − 𝑥2 ) ) 𝑑𝑥2 = .
𝑇 0 0 2 0 24

b) Cas des intégrales triples :

— Intégration par pile :

30
Intégrales multiples A. Tiarimti Alaoui

Dans le cas où 𝑛 = 3, si 𝑋 est un sous-ensemble de ℝ3 définie par

𝑋 = {(𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) ∈ ℝ3 , (𝑥1 , 𝑥2 ) ∈ 𝑋̃ et 𝑔 (𝑥1 , 𝑥2 ) ≤ 𝑥3 ≤ ℎ (𝑥1 , 𝑥2 )}

où 𝑋̃ est un sous-ensemble de ℝ2 , 𝑔 et ℎ sont deux fonctions de 𝑋̃ dans ℝ, on a

⎛ ℎ(𝑥1,𝑥2) ⎞
∫ 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 𝑑𝑥3 = ∫ ⎜⎜⎜∫ 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) 𝑑𝑥3 ⎟⎟⎟ 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2
𝑋 𝑋̃ ⎝ 𝑔(𝑥1 ,𝑥2 ) ⎠

et on dit qu’on fait une intégration par pile dans la direction e3 (ou selon 𝑥3 ).

Exemple 2.3. En utilisant une intégration par pile, déterminons le volume 𝑉 d’un cône
𝑋 de rayon 𝑅 et de hauteur 𝐻. Considérons un repère orthonormé direct (𝑂; e1 , e2 , e3 )
où le vecteur e3 coïncide avec l’axe du cône et l’origine 𝑂 est le centre de la base du
cône. Le volume 𝑉 du cône est obtenu en calculant l’intégrale triple ∫ 1𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 𝑑𝑥3 .
𝑋

Figure 2.4 – Description d’un cône par pile

31
Intégrales multiples A. Tiarimti Alaoui

Pour un point (𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) appartenant à la surface latérale du cône, on a (𝑥1 , 𝑥2 ) ∈


𝐷 (0, 𝑅) où 𝐷 (0, 𝑅) = {(𝑥1 , 𝑥2 ) ∈ ℝ2 ; 𝑥12 + 𝑥22 ≤ 𝑅 2 } et on a

𝑅 𝜌
tan (𝜃) = = où 𝜌 = √𝑥12 + 𝑥22
𝐻 𝐻 − 𝑥3

On en déduit que 𝑥3 est donné par 𝑥3 = 𝐻 − 𝐻 √ 2 2


𝑅 𝑥1 + 𝑥2 . Ainsi, le cône est définie par

𝑋 = {(𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) ∈ ℝ3 ; (𝑥1 , 𝑥2 ) ∈ 𝐷 (0, 𝑅) et 0 ≤ 𝑥3 ≤ ℎ (𝑥1 , 𝑥2 )}

avec ℎ ∶ (𝑥1 , 𝑥2 ) ↦ 𝐻 − 𝐻 √ 2 2
𝑅 𝑥1 + 𝑥2 . On obtient en intégrant par pile :

⎛⎜ ℎ(𝑥1,𝑥2) ⎞
𝑉 = ∫ 1𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 𝑑𝑥3 = ∫ ⎜⎜∫ 1𝑑𝑥3 ⎟⎟⎟ 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2
𝑋 𝐷(0,𝑅) ⎝ 0 ⎠

=∫ ℎ (𝑥1 , 𝑥2 ) 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2


𝐷(0,𝑅)
𝐻
=𝐻∫ 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 −
∫ √𝑥12 + 𝑥22 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2
𝐷(0,𝑅) 𝑅 𝐷(0,𝑅)
𝐻 2 1
= 𝐻𝜋𝑅 2 − 𝜋𝑅 3 = 𝜋𝑅 2 𝐻.
𝑅3 3
La première intégrale s’interprète comme l’aire du disque centré à l’origine et de rayon
𝑅. La seconde intégrale se calcule facilement en ayant recours à la formule de chan-
gement de variables.
— Intégration par tranche :
Dans le cas où 𝑛 = 3, si 𝑋 est un sous-ensemble de ℝ3 définie par

𝑋 = {(𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) ∈ ℝ3 , 𝑎 ≤ 𝑥3 ≤ 𝑏 et (𝑥1 , 𝑥2 ) ∈ Δ𝑥3 }

où Δ𝑥3 est un sous-ensemble de ℝ2 paramétré par 𝑥3 . On a alors


𝑏⎛ ⎞
∫ 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 𝑑𝑥3 = ∫ ⎜⎜⎜⎜∫ 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 ⎟⎟⎟⎟ 𝑑𝑥3
𝑋 𝑎 ⎝ Δ 𝑥3 ⎠

et on dit qu’on fait une intégration par tranche dans la direction e3 (ou selon 𝑥3 ).

32
Intégrales multiples A. Tiarimti Alaoui

Exemple 2.4. En utilisant une intégration par tranche, retrouver le volume de 𝑉 de


l’exemple précèdent.

Figure 2.5 – Description d’un cône par tranche

On peut décrire le cône 𝑋 par tranche de la manière suivante :

𝑋 = {(𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) ∈ ℝ3 ; 0 ≤ 𝑥3 ≤ 𝐻 et (𝑥1 , 𝑥2 ) ∈ Δ𝑥3 ⊂ ℝ2 } ,

où pour 𝑥3 ∈ [0, 𝐻] fixé l’ensemble Δ𝑥3 un disque de ℝ2 de centre (0, 0) et de rayon 𝜌.


La valeur de 𝜌 qui dépend de 𝑥3 peut être obtenue en remarquant que
𝑅 𝜌
tan (𝜃) = = où 𝜌 = √𝑥12 + 𝑥22 .
𝐻 𝐻 − 𝑥3
𝑥3
On obtient 𝜌 = 𝑅 (1 − 𝐻) et par conséquent

𝑥3 2
Δ𝑥3 = {(𝑥1 , 𝑥2 ) ∈ ℝ2 ; 𝑥12 + 𝑥22 ≤ 𝑅 2 (1 − ) }.
𝐻
On en déduit que
𝐻⎛ ⎞
𝑉 = ∫ 1𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 𝑑𝑥3 = ∫ ⎜⎜⎜⎜∫ 1𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 ⎟⎟⎟⎟ 𝑑𝑥3
𝑋 0 ⎝ Δ 𝑥3 ⎠
𝐻
𝑥3 2
= ∫ 𝜋𝑅 2 (1 − ) 𝑑𝑥3
0 𝐻
𝐻
𝜋𝑅 2 𝐻 𝑥3 3
= [− (1 − ) ]
3 𝐻 0
1
= 𝜋𝑅 2 𝐻.
3
L’intégrale ∫ 1𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 s’interprète comme l’aire du disque Δ𝑥3 de centre (0, 0) et de
Δ 𝑥3
rayon 𝑅 (1 − 𝑥𝐻3 ).

33
Intégrales multiples A. Tiarimti Alaoui

2.3 Changement de variables pour une intégrale multiple

Considérons l’application

𝑔 ∶ Ω ⟶ ℝ𝑛

𝑦 ⟼ 𝑔 (𝑦) = 𝑥

où Ω est un ouvert de ℝ𝑛 . On a

𝑥1 = 𝑔1 (𝑦1 , … , 𝑦𝑛 )

𝑥2 = 𝑔2 (𝑦1 , … , 𝑦𝑛 )

𝑥𝑛 = 𝑔𝑛 (𝑦1 , … , 𝑦𝑛 )

On suppose que 𝑔 est de classe 𝒞 1 . On a le jacobien de 𝑔 en 𝑦 noté 𝒥𝑔 (𝑦) est

𝜕 (𝑥1 , … , 𝑥𝑛 ) 𝜕𝑔
𝒥𝑔 (𝑦) = = det ( 𝑖 (𝑦)) .
𝜕 (𝑦1 , … , 𝑦𝑛 ) 𝜕𝑦𝑗 1≤𝑖,𝑗≤𝑛

Si 𝑛 = 2, on a
⎛⎜ 𝜕𝑥1 𝜕𝑥1 ⎞
𝜕 (𝑥1 , 𝑥2 ) 𝜕𝑦2 ⎟
𝒥𝑔 (𝑦) = = det ⎜⎜⎜ 𝜕𝑦1 ⎟⎟ .
𝜕 (𝑦1 , 𝑦2 ) ⎜ 𝜕𝑥2 𝜕𝑥2 ⎟⎟
⎝ 𝜕𝑦1 𝜕𝑦2 ⎠

Théorème 2.2 (de changement de variables). Soient Ω un ouvert de ℝ𝑛 ,

𝑔 ∶ Ω ⟶ ℝ𝑛

𝑦 ⟼ 𝑔 (𝑦) = 𝑥,

une bijection de classe 𝒞 1 telle que 𝒥𝑔 (𝑦) ≠ 0 et

𝑓∶𝐷⟶ℝ

𝑥 ⟼ 𝑓 (𝑥) ,

une fonction intégrable sur 𝐷 où 𝐷 ⊂ 𝑔 (Ω). Alors 𝑓 (𝑔 (𝑦)) |𝒥𝑔 (𝑦)| est intégrable sur 𝑔 −1 (𝐷)
et
∫ 𝑓 (𝑥) 𝑑𝑥 = ∫ 𝑓 (𝑔 (𝑦)) |𝒥𝑔 (𝑦)| 𝑑𝑦.
𝐷 𝑔 −1 (𝐷)

Remarque 2.4.

34
Intégrales multiples A. Tiarimti Alaoui

— Pour utiliser la formule de changement de variables, il faut exprimer 𝑓 en fonction de


𝑦, et déterminer un ouvert Ω de ℝ𝑛 tel que la fonction 𝑔 soit une bijection de Ω dans
𝑔 (Ω) et que 𝐷 ⊆ 𝑔 (Ω).
— Si on arrive à montrer que 𝑔 (Ω) = 𝐷 avec ∫ 𝑓 = ∫ 𝑓, on peut toujours utiliser
𝐷 𝑔(Ω)
la formule de changement de variables puisque on a

∫ 𝑓 (𝑥) 𝑑𝑥 = ∫ 𝑓 (𝑥) 𝑑𝑥 = ∫ 𝑓 (𝑔 (𝑦)) |𝒥𝑔 (𝑦)| 𝑑𝑦.


𝐷 𝑔(Ω) Ω

— Si Ω et 𝑉 sont des ouverts de ℝ𝑛 et si 𝑔 ∶ Ω ⟶ 𝑉 est une fonction vérifiant :


— 𝑔 est de classe 𝒞 1 sur Ω,
— 𝑔 est bijective de Ω sur 𝑉,
— le jacobien de 𝑔 ne s’annule pas sur Ω.
Alors cette fonction 𝑔 réalise un 𝒞 1 -difféomorphisme (Théorème d’inversion glo-
bale).

Les changement de variables les plus utilisés sont les changements de variables dits po-
laires, cylindrique et sphérique.

2.3.1 Changement de variables polaire

Si on considère un point (𝑥1 , 𝑥2 ) ≠ (0, 0) de ℝ2 , alors le réel défini par 𝑟 = √𝑥12 + 𝑥22 > 0 et
2 2
l’on a ( 𝑥𝑟1 ) + ( 𝑥𝑟2 ) = 1. Il existe donc un nombre réel 𝜃 tel que 𝑥1
𝑟 = cos (𝜃) et 𝑥2
𝑟 = sin (𝜃), i.e.

𝑥 = 𝑟 cos (𝜃) et 𝑦 = 𝑟 sin (𝜃).

Les nombres 𝑟 et 𝜃 s’appellent des coordonnées polaires du point (𝑥1 , 𝑥2 ). Alors, le change-
ment de variables polaire est un changement de variables dans ℝ2 défini par l’applciation

𝑔 ∶ Ω = ℝ∗+ × ]0, 2𝜋[ ⟶ ℝ2 \ {(𝑥1 , 0) ∈ ℝ2 ; 𝑥1 ≥ 0}

(𝑟, 𝜃) ⟼ (𝑥1 , 𝑥2 ) = (𝑟 cos (𝜃), 𝑟 sin (𝜃)) .

𝑔 est une bijection de classe 𝒞 1 dont le jacobien est

⎛⎜ 𝜕𝑥1 𝜕𝑥1 ⎞ ⎛⎜cos (𝜃) −𝑟 sin (𝜃)⎞⎟


𝜕 (𝑥1 , 𝑥2 ) 𝜕𝜃 ⎟
𝒥𝑔 = = det ⎜⎜⎜ 𝜕𝑟 ⎟⎟ = det ⎜⎜⎜ ⎟⎟ = 𝑟 ≠ 0 sur Ω.
𝜕 (𝑟, 𝜃) ⎜ 𝜕𝑥2 𝜕𝑥2 ⎟⎟ ⎜ ⎟⎟
⎝ 𝜕𝑟 𝜕𝜃 ⎠ ⎝ sin (𝜃) 𝑟 cos (𝜃) ⎠

Étant donnée 𝐷 ⊂ 𝑔 (Ω), On a alors d’après le théorème de changement de variables :

∫ 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 ) 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 = ∫ 𝑓 (𝑔 (𝑟, 𝜃)) |𝒥𝑔 | 𝑑𝑟𝑑𝜃


𝐷 𝑔 −1 (𝐷)

=∫ 𝑓 (𝑟 cos (𝜃), 𝑟 sin (𝜃)) 𝑟𝑑𝑟𝑑𝜃.


𝑔 −1 (𝐷)

35
Intégrales multiples A. Tiarimti Alaoui

Exemple 2.5. En effectuant un changement de variables polaire, calculons l’intégrale double


𝐼 = ∫ (𝑥12 + 𝑥22 ) 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 où 𝐷 désigne le disque de ℝ2 centré à l’origine et de rayon 1.
𝐷

Solution : Notons 𝑓 ∶ (𝑥1 , 𝑥2 ) ∈ 𝐷 ⟼ 𝑥12 + 𝑥22 . Considérons la fonction

𝑔 ∶Ω⟶𝑉

(𝑟, 𝜃) ⟼ (𝑥1 , 𝑥2 ) = (𝑟 cos (𝜃), 𝑟 sin (𝜃))

de changement de variables polaire sur l’ouvert

Ω = {(𝑟, 𝜃) ∈ ℝ2 ; 0 < 𝑟 < 1 et 0 < 𝜃 < 2𝜋}

avec

𝑉 = {(𝑥1 , 𝑥2 ) ∈ ℝ2 ; 𝑥12 + 𝑥22 < 1} \ {(𝑥1 , 0) ∈ ℝ2 ; 𝑥1 ≥ 0} .

On a la fonction 𝑔 est une bijection de classe ℂ1 avec 𝒥𝑔 (𝑟, 𝜃) = 𝑟 ≠ 0. Alors, en


remarquant que l’ensemble 𝐷 est l’adhérence de l’ouvert 𝑉, on a d’après la formule de
changement de varibles

𝐼 = ∫ 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 ) 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2


𝐷

= ∫ 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 ) 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2


𝑉

= ∫ 𝑓 (𝑟 cos (𝜃), 𝑟 sin (𝜃)) 𝑟𝑑𝑟𝑑𝜃 (𝑔 −1 (𝑉) = Ω)


Ω
2𝜋 1 2𝜋
1 𝜋
=∫ (∫ 𝑟 3 𝑑𝑟) 𝑑𝜃 = ∫ 𝑑𝜃 = .
0 0 0 4 2

Application 2.2 (Série d’exercices Nº 2 : Exercice Nº 2.2).


Calculer l’intégrale double ∫ √𝑥12 + 𝑥22 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 lorsque
𝐷

1. 𝐷 = {(𝑥1 , 𝑥2 ) ∈ ℝ2 ; 𝑥12 + 𝑥22 ≤ 𝑅 2 }

2. 𝐷 = {(𝑥1 , 𝑥2 ) ∈ ℝ2+ ; 𝑥12 + 𝑥22 ≤ 1 et 𝑥12 + 𝑥22 ≥ 2𝑥2 }.

Solution :

1. On considère la fonction 𝑔 ∶ (𝑟, 𝜃) ⟼ (𝑟 cos (𝜃), 𝑟 sin (𝜃)) de changement de va-


riable polaire sur l’ouvert Ω = {(𝑟, 𝜃) ∈ ℝ2 ; 0 < 𝑟 < 𝑅 et 0 < 𝜃 < 2𝜋}. l’application
𝑔 réalise une bijection de classe 𝒞 1 de Ω sur 𝑔 (Ω) et l’adhérence de 𝑔 (Ω) est 𝐷. On

36
Intégrales multiples A. Tiarimti Alaoui

a donc

∫ √𝑥12 + 𝑥22 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 = ∫ √𝑥12 + 𝑥22 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2


𝐷 𝑔(Ω)
𝑅 2𝜋
=∫ ∫ √(𝑟 cos (𝜃))2 + (𝑟 sin (𝜃))2 𝑟𝑑𝜃𝑑𝑟
0 0
𝑅 2𝜋
=∫ ∫ 𝑟 2 𝑑𝜃𝑑𝑟
0 0
𝑅 2𝜋 𝑅
2 2 3
= ∫ 𝑟 (∫ 1𝑑𝜃) 𝑑𝑟 = ∫ 2𝜋𝑟 2 𝑑𝑟 = 𝜋𝑅 .
0 0 0 3

2
2. l’inéquation 𝑥12 + 𝑥22 ≥ 2𝑥2 ⟺ 𝑥12 + (𝑥2 − 1) ≥ 1 s’agit géométriquement de l’exté-
rieur du disque férmé de centre (0, 1) et de rayon 1. Donc l’ensemble 𝐷 correspond
géométriquement à l’intersection des demi-plans 𝑥1 ≥ 0 et 𝑥2 ≥ 0, du disque de
centre (0, 0) et de rayon 1 et de l’extérieur du disque de centre (0, 1) et de rayon 1.

Figure 2.6 – Representation graphique de l’ensemble 𝐷

Pour déterminer les coordonnées du point 𝑄 l’intersection des deux cercles


dans ℝ2+ , on doit résoudre le système suivant :


⎪ 2 2 ⎧
⎪ ⎧
⎪ 1
⎪𝑥1 + 𝑥2
⎪ = 2𝑥2 ⎪2𝑥2 − 1
⎪ =0 ⎪𝑥2
⎪ = 2

⎪ ⟺⎨
⎪ ⟺⎨


⎪𝑥12 + 𝑥22 ⎪
⎪𝑥12 + 𝑥22 ⎪
⎪𝑥1 √3
⎩ =1 ⎩ =1 ⎩ = √1 − 𝑥22 = 2

Pour appliquer la formule de changement de variables polaire, il faut déterminer


un ouvert Ω de ℝ+ × ℝ tel que la fonction

𝑔 ∶ (𝑟, 𝜃) ∈ Ω ⟼ (𝑟 cos (𝜃), 𝑟 sin (𝜃))

soit une bijection de Ω dans 𝑔 (Ω) et que l’adhérence de 𝑔 (Ω) soit 𝐷.

37
Intégrales multiples A. Tiarimti Alaoui

Remarquons que


⎪ 2 2 ⎧

⎪𝑥1 + 𝑥2 ≤ 1
⎪ ⎪𝑟 ≤ 1

(𝑥1 , 𝑥2 ) = 𝑔 (𝑟, 𝜃) ∈ 𝐷 ⟹ ⎨
⎪ ⟺⎨
⎪ .
⎪ 2
⎪ 2 ⎪

⎩𝑥1 + 𝑥2 ≥ 2𝑥2 ⎩𝑟 ≥ 2 sin (𝜃)

√3 1
Le point 𝑄 a pour coordonnées cartésiennes ( 2 , 2) ce qui implique qu’en polaire
ses coordonnées sont (𝑟, 𝜃) = (1, 𝜋6 ). On en déduit que 𝐷 = 𝑔 (Δ) où

𝜋
Δ = {(𝑟, 𝜃) ∈ [0, 1] × [0, ] ; 𝑟 ≥ 2 sin (𝜃)}
6

ce qui nous amène à prendre ouvert Ω l’ensemble suivant :

𝜋
Ω = {(𝑟, 𝜃) ∈ ]0, 1[ × ]0, [ ; 𝑟 > 2 sin (𝜃)} .
6

D’après la formule de changement de variables, on obtient :

𝐼 = ∫ √𝑥12 + 𝑥22 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 = ∫ √𝑥12 + 𝑥22 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 = ∫ 𝑟 2 𝑑𝜃𝑑𝑟


𝐷 𝑔(Ω) Ω
𝜋
6 1
= ∫ (∫ 𝑟 2 𝑑𝑟) 𝑑𝜃
0 2 sin (𝜃)
𝜋
1 3 1
6
=∫ [ 𝑟 ] 𝑑𝜃
0 3 2 sin (𝜃)
𝜋
6 1
=∫ (1 − 8 sin3 (𝜃)) 𝑑𝜃
0 3
𝜋
1 8 6
= 𝜋 − ∫ sin3 (𝜃)𝑑𝜃.
18 3 0

Or
𝜋 𝜋
6 6
∫ sin (𝜃)𝑑𝜃 = ∫ sin (𝜃) (1 − cos2 (𝜃)) 𝑑𝜃
3

0 0
𝜋 𝜋
6 6
= ∫ sin (𝜃)𝑑𝜃 − ∫ sin (𝜃) cos2 (𝜃)𝑑𝜃
0 0
𝜋
𝜋1 6
= [− cos (𝜃)]0 + [ cos3 (𝜃)]
6
3 0
3 √3 2
=− + .
8 3

Finalement, on obtient

𝜋 16
𝐼 = ∫ √𝑥12 + 𝑥22 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 = √3 + − .
𝐷 18 9

38
Intégrales multiples A. Tiarimti Alaoui

2.3.2 Changement de variables cylindrique

Le changement de variables cylindrique est un changement de variables dans ℝ3 défini


par l’application

𝑔 ∶ Ω = ℝ∗+ × ]0, 2𝜋[ × ℝ ⟶ ℝ3 \ {(𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) ∈ ℝ3 ; 𝑥1 ≥ 0, 𝑥2 = 0}

(𝑟, 𝜃, 𝑧) ⟼ (𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) = (𝑟 cos (𝜃), 𝑟 sin (𝜃), 𝑧) .

𝑔 est une bijection de classe 𝒞 1 dont le jacobien est

⎛⎜ 𝜕𝑥1 𝜕𝑥1 𝜕𝑥1 ⎞ ⎛⎜cos (𝜃) −𝑟 sin (𝜃) 0⎞⎟


⎜⎜ 𝜕𝑟 𝜕𝜃 𝜕𝑧 ⎟⎟⎟ ⎜⎜ ⎟⎟
𝜕 (𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) ⎜ 2 𝜕𝑥2 ⎟ ⎜⎜ ⎟
𝒥𝑔 = = det ⎜⎜⎜ 𝜕𝑥 𝜕𝑥2
𝜕𝑧 ⎟
⎟⎟ = det ⎜⎜ sin (𝜃) 𝑟 cos (𝜃) 0⎟⎟⎟ = 𝑟 ≠ 0 sur Ω.
𝜕 (𝑟, 𝜃, 𝑧) ⎜⎜ 𝜕𝑟 𝜕𝜃 ⎟⎟ ⎜⎜ ⎟⎟
⎜⎜ 𝜕𝑥3 𝜕𝑥3 𝜕𝑥3 ⎟ ⎟ ⎜⎜ ⎟⎟
⎝ 𝜕𝑟 𝜕𝜃 𝜕𝑧 ⎠ ⎝ 0 0 1⎠

Soit 𝐷 ⊂ 𝑔 (Ω), On a alors d’après le théorème de changement de variables :

∫ 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 𝑑𝑥3 = ∫ 𝑓 (𝑔 (𝑟, 𝜃, 𝑧)) |𝒥𝑔 | 𝑑𝑟𝑑𝜃𝑑𝑧


𝐷 𝑔 −1 (𝐷)

=∫ 𝑓 (𝑟 cos (𝜃), 𝑟 sin (𝜃), 𝑧) 𝑟𝑑𝑟𝑑𝜃𝑑𝑧.


𝑔 −1 (𝐷)

Exemple 2.6. Calculer l’intégrale triple 𝐼 = ∫ (𝑥12 + 𝑥22 ) 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 𝑑𝑥3 où
𝐷

𝐷 = {(𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) ∈ ℝ3 ; 0 ≤ 𝑥3 ≤ 𝐻 et 𝑥12 + 𝑥22 ≤ 𝑅 2 } .

Réponse : Notons 𝑓 ∶ (𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) ∈ ℝ3 ⟼ 𝑥12 + 𝑥22 . Soit

𝑔 ∶Ω⟶𝑉

(𝑟, 𝜃, 𝑧) ⟼ (𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) = (𝑟 cos (𝜃), 𝑟 sin (𝜃), 𝑧)

avec
— Ω = {(𝑟, 𝜃, 𝑧) ∈ ℝ3 ; 0 < 𝑟 < 𝑅 , 0 < 𝜃 < 2𝜋 et 0 < 𝑧 < 𝐻}
— 𝑉 = 𝑔 (Ω) = {(𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) ∈ ℝ3 ; 0 < 𝑥3 < 𝐻 et 𝑥12 + 𝑥22 < 𝑅 2 } \ {(𝑥1 , 0, 𝑥3 ) ∈ ℝ3 ; 𝑥1 ≥ 0}.
On a 𝑔 est une bijection de classe 𝒞 1 dont le jacobien 𝒥𝑔 (𝑟, 𝜃, 𝑧) = 𝑟 ≠ 0 et 𝑉 = 𝐷. Alors
la formule de changement de variables permet d’écrire

𝐼 = ∫ 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 𝑑𝑥3 = ∫ 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 𝑑𝑥3


𝐷 𝑉=𝑔(𝜔)
𝑅 2𝜋 𝐻
= ∫ 𝑓 (𝑟 cos (𝜃), 𝑟 sin (𝜃), 𝑧) 𝑟𝑑𝑟𝑑𝜃𝑑𝑧 = ∫ ∫ ∫ 𝑟 3 𝑑𝑟𝑑𝜃𝑑𝑧
Ω 0 0 0
𝐻 2𝜋 𝑅 𝐻 2𝜋 4
𝑅 1
= ∫ (∫ (∫ 𝑟 3 𝑑𝑟) 𝑑𝜃) 𝑑𝑧 = ∫ (∫ 𝑑𝜃) 𝑑𝑧 = 𝜋𝐻𝑅 4 .
0 0 0 0 0 4 2

39
Intégrales multiples A. Tiarimti Alaoui

2.3.3 Changement de variables sphérique

Le changement de variables sphérique est un changement de variables dans ℝ3 défini par


l’application

𝑔 ∶ Ω = ℝ∗+ × ]0, 2𝜋[ × ]0, 𝜋[ ⟶ ℝ3 \ {(𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) ∈ ℝ3 ; 𝑥1 ≥ 0, 𝑥2 = 0}

(𝑟, 𝜃, 𝜑) ⟼ (𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) = (𝑟 cos (𝜃) sin (𝜑), 𝑟 sin (𝜃) sin (𝜑), 𝑟 cos (𝜑)) .

Figure 2.7 – Changement de variables sphérique

𝑔 est une bijection de classe 𝒞 1 dont le jacobien est


⎛⎜ 𝜕𝑥1 𝜕𝑥1 𝜕𝑥1 ⎞
⎜⎜ 𝜕𝑟 𝜕𝜃 𝜕𝜑 ⎟⎟⎟
𝜕 (𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) ⎜ 2 𝜕𝑥2 ⎟
𝒥𝑔 = = det ⎜⎜⎜ 𝜕𝑥 𝜕𝑥2
𝜕𝜑 ⎟
⎟⎟
𝜕 (𝑟, 𝜃, 𝜑) ⎜⎜ 𝜕𝑟 𝜕𝜃 ⎟⎟
⎜⎜ 𝜕𝑥3 𝜕𝑥3 𝜕𝑥3 ⎟ ⎟
⎝ 𝜕𝑟 𝜕𝜃 𝜕𝜑 ⎠

⎛⎜cos (𝜃) sin (𝜑) −𝑟 sin (𝜃) sin (𝜑) 𝑟 cos (𝜃) cos (𝜑)⎞⎟
⎜⎜ ⎟⎟
⎜⎜ ⎟
= det ⎜⎜ sin (𝜃) sin (𝜑) 𝑟 cos (𝜃) sin (𝜑) 𝑟 sin (𝜃) cos (𝜑) ⎟⎟⎟
⎜⎜ ⎟⎟
⎜⎜ ⎟⎟
⎝ cos (𝜑) 0 −𝑟 sin (𝜑) ⎠

On a alors 𝒥𝑔 = −𝑟 2 sin (𝜑) ≠ 0 sur Ω car 𝑟 ≠ 0 et 𝜑 ∈ ]0, 𝜋[. Donc pour 𝐷 ⊂ 𝑔 (Ω), On a
d’après le théorème de changement de variables :

∫ 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 𝑑𝑥3 = ∫ 𝑓 (𝑔 (𝑟, 𝜃, 𝜑)) |𝒥𝑔 (𝑟, 𝜃, 𝜑)| 𝑑𝑟𝑑𝜃𝑑𝜑
𝐷 𝑔 −1 (𝐷)

=∫ 𝑓 (𝑟 cos (𝜃) sin (𝜑), 𝑟 sin (𝜃) sin (𝜑), 𝑟 cos (𝜑)) 𝑟 2 sin (𝜑)𝑑𝑟𝑑𝜃𝑑𝜑.
𝑔 −1 (𝐷)

Application 2.3 (Série d’exercices Nº 2 : Exercice Nº 2.4).

40
Intégrales multiples A. Tiarimti Alaoui

1. Soient 𝑎, 𝑏 et 𝑐 trois réels strictement positifs. En considérant le changement de variables


défini par
𝑔 ∶ (𝑦1 , 𝑦2 , 𝑦3 ) ⟼ (𝑎𝑦1 , 𝑏𝑦2 , 𝑐𝑦3 ) ,
𝑥12 𝑥22 𝑥32
Calculer le volume du domaine délimité par l’ellipsoïde d’équation 𝑎2
+ 𝑏2
+ 𝑐2
= 1.
2
𝑥12 2
2. On considère la fonction 𝑓 ∶ (𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) ⟼ 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) = 𝑎2
+ 𝑥𝑏22 + 𝑥𝑐 23 . Calculer l’intégrale
2 2 2
triple ∫ 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 𝑑𝑥3 où 𝐷 = {(𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) ∈ ℝ3 ; 𝑥𝑎12 + 𝑥𝑏22 + 𝑥𝑐 23 < 1}.
𝐷

Solution :

1. L’ellipsoïde est définie par

𝑥12 𝑥22 𝑥32


𝐸 = {(𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) ∈ ℝ3 ; + + < 1} .
𝑎2 𝑏2 𝑐 2

On a 𝑔 ∶ (𝑦1 , 𝑦2 , 𝑦3 ) ⟼ (𝑎𝑦1 , 𝑏𝑦2 , 𝑐𝑦3 ) ∈ ℝ3 est une bijection de classe 𝒞 1 dont le


jacobien vaut
|| 𝜕𝑔1 𝜕𝑔1 𝜕𝑔1 || || |
|| 𝜕𝑦1 𝜕𝑦2 𝜕𝑦3 || || 𝑎 0 0|||
|| 𝜕𝑔2 𝜕𝑔2 𝜕𝑔2 || | |
|| 𝜕𝑦1 𝜕𝑦2 𝜕𝑦3 ||
= ||0 𝑏 0|| = 𝑎𝑏𝑐 ≠ 0.
| 𝜕𝑔3 || ||
𝜕𝑔3 𝜕𝑔3 |
| 𝜕𝑦 𝜕𝑦2 𝜕𝑦3
| |0 0 𝑐 |
1

De plus 𝐸 = 𝑔 (𝐵) où 𝐵 est la boule unité définie par

𝐵 = {(𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) ∈ ℝ3 ; 𝑦12 + 𝑦22 + 𝑦32 < 1} .

Alors, En utilisant la formule de changement de variables, le volume de 𝐸 est


donné par

4
∫ 1𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 𝑑𝑥3 = ∫ 𝑎𝑏𝑐𝑑𝑦1 𝑑𝑦2 𝑑𝑦3 = 𝑎𝑏𝑐𝑉 (𝐵) = 𝜋𝑎𝑏𝑐.
𝐸 𝐵 3

On en déduit que le volume délimité par l’ellipsoïde vaut 43 𝜋𝑎𝑏𝑐.

2. En faisant le changement de variable défini par 𝑔, on aura

∫ 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 𝑑𝑥3 = ∫ 𝑓 (𝑔 (𝑦1 , 𝑦2 , 𝑦3 )) 𝑎𝑏𝑐𝑑𝑦1 𝑑𝑦2 𝑑𝑦3


𝐷 𝐵

= 𝑎𝑏𝑐 ∫ (𝑦12 + 𝑦22 + 𝑦32 ) 𝑑𝑦1 𝑑𝑦2 𝑑𝑦3 .


𝐵

En effectuant un changement de variables en coordonnées sphériques, on aura


1 2𝜋 𝜋
4
∫ 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 𝑑𝑥3 = 𝑎𝑏𝑐 ∫ ∫ ∫ 𝑟 4 sin (𝜑)𝑑𝑟𝑑𝜃𝑑𝜑 = 𝜋.
𝐷 0 0 0 5

41
Intégrales multiples A. Tiarimti Alaoui

2.4 Exploitation des symétries

Définition 2.3.
— Une symétrie vectorielle de ℝ𝑛 est une application 𝑠𝑣 de ℝ𝑛 dans ℝ𝑛 qui est
linéaire et qui vérifie 𝑠𝑣 ∘ 𝑠𝑣 = 𝑖𝑑ℝ𝑛 ;
— Une symétrie affine de ℝ𝑛 est une application 𝑠 de ℝ𝑛 dans ℝ𝑛 de la forme 𝑠 =
𝑠𝑣 + 𝑐 où 𝑠𝑣 est une symétrie vectorielle de ℝ𝑛 et 𝑐 une application constante de
ℝ𝑛 dans ℝ𝑛 .

Exemple 2.7. 1. Dans ℝ, les seuls symétries vectorielles sont l’application identité 𝑖𝑑ℝ et
son opposé −𝑖𝑑ℝ .

2. Dans ℝ2 , la symétrie 𝑠1 par rapport à la droite 𝐷 d’équation 𝑥1 = 1 est une symétrie


affine ; elle est définie pour tout (𝑥1 , 𝑥2 ) ∈ ℝ2 par 𝑠1 (𝑥1 , 𝑥2 ) = (2 − 𝑥1 , 𝑥2 ).

3. De même, la symétrie 𝑠2 par rapport au point (1, 1) est une symétrie affine ; elle est
définie pour tout (𝑥1 , 𝑥2 ) ∈ ℝ2 par 𝑠2 (𝑥1 , 𝑥2 ) = (2 − 𝑥1 , 2 − 𝑥2 ).

Figure 2.8 – Symétrie par rapport à une droite et symétrie par rapport à un point

Proposition 2.6.
Soint 𝑋 ⊂ ℝ𝑛 et 𝑓 une fonction continue de 𝑋 dans ℝ. On suppose qu’il existe une symétrie
affine 𝑠 de ℝ𝑛 telle que 𝑠 (𝑋) 𝑋 et qu’il existe 𝑋1 ∈ 𝑋 tel que la famille {𝑋1 , 𝑠 (𝑋1 )} forme une
partition de 𝑋.
— Si 𝑓 ∘ 𝑠 = 𝑓 alors ∫ 𝑓 = 2 ∫ 𝑓.
𝑋 𝑋1
— Si 𝑓 ∘ 𝑠 = −𝑓 alors ∫ 𝑓 = 0.
𝑋

Remarque 2.5.
Dans ℝ, on retrouve l’intégration des fonctions paires et impaires sur un intervalle centré en

42
Intégrales multiples A. Tiarimti Alaoui

0 en considérant 𝑋 = [−𝑎, 𝑎], 𝑠 ∶ 𝑥 ∈ ℝ ⟼ −𝑥 et 𝑋1 = [0, 𝑎].

2.5 Calcul des aires et des volumes

Si 𝐷 est un domaine borné de ℝ2 , l’intégrale ∫ ∫ 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 désigne le volume sous le graphe
𝐷
de la fonction 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 ) = 1.

Ce solide Ω est un cylindre de hauteur 𝐻 = 1 et de base 𝐷 :

∫ ∫ 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 = 𝑉𝑜𝑙 (Ω) = 𝐴𝑖𝑟𝑒 (𝐷) × 𝐻 = 𝐴𝑖𝑟𝑒 (𝐷) .


𝐷

a) Aire d’un domaine du plan :

Définition 2.4. l’aire d’un domaine 𝐷 borné de ℝ2 est

𝐴𝑖𝑟𝑒 (𝐷) = ∫ ∫ 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 .


𝐷

Proposition 2.7. Si 𝐷 est la portion du plan sous le graphe d’une fonction 𝑓 ∶


[𝑎, 𝑏] ⟶ ℝ positive, i.e. si

𝐷 = {(𝑥1 , 𝑥2 ) ∈ ℝ2 ; 𝑥1 ∈ [𝑎, 𝑏] , 𝑥2 ∈ [0, 𝑓 (𝑥1 )]} ,

𝑏
alors 𝐴𝑖𝑟𝑒 (𝐷) = ∫ 𝑓 (𝑥1 ) 𝑑𝑥1 .
𝑎

43
Intégrales multiples A. Tiarimti Alaoui

Preuve.
𝑏⎛ 𝑓(𝑥1 ) ⎞⎟ 𝑏
∫ ∫ 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 = ∫ ⎜⎜⎜∫ ⎟
𝑑𝑥2 ⎟ 𝑑𝑥1 = ∫ 𝑓 (𝑥1 ) 𝑑𝑥1 .
𝐷 𝑎 ⎝ 0 ⎠ 𝑎

b) Volume d’un solide :

Définition 2.5. le volume d’un solide Ω borné de ℝ3 est

𝑉𝑜𝑙 (Ω) = ∫ ∫ ∫ 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 𝑑𝑥3 .


𝐷

Proposition 2.8. Si Ω est l’espace sous le graphe d’une fonction 𝑓 ∶ 𝐷 ⊂ ℝ2 ⟶ ℝ+ ,


i.e. si
Ω = {(𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) ∈ ℝ3 ; (𝑥1 , 𝑥2 ) ∈ 𝐷, 𝑥3 ∈ [0, 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 )]} ,

alors 𝑉𝑜𝑙 (Ω) = ∫ ∫ 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 ) 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 .


𝐷

Preuve.

⎛⎜ 𝑓(𝑥1,𝑥2) ⎞
∫ ∫ ∫ 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 𝑑𝑥3 = ∫ ∫ ⎜⎜∫ 𝑑𝑥3 ⎟⎟⎟ 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 = ∫ ∫ 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 ) 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 .
Ω 𝐷⎝ 0 ⎠ 𝐷

44
Intégrales multiples A. Tiarimti Alaoui

2.6 Exercices avec solutions

Exercice 2.1.
Calculer l’intégrale sur le pavé 𝑃 = [0, 1] × [0, 1] de l’application

𝑓 ∶ (𝑥1 , 𝑥2 ) ∈ 𝑃 ⟼ √𝑥12 + 𝑥2 .

Solution : voir la solution de l’application 2.2.1.

Exercice 2.2.

1. En utilisant une intégration par pile, calculer l’intégrale double sur le rectangle 𝐷 de ℝ2 de
sommets (−1, 0), (0, 1), (1, −2) et (2, −1) de l’application 𝑓 ∶ (𝑥1 , 𝑥2 ) ∈ 𝐷 ⟼ 𝑒 𝑥1+𝑥2 .

2. Retrouver le resultat de la question précédente en faisant le changement de variable


⎪ 1
⎪𝑥1 =
⎪ 2 (𝑦1 + 𝑦2 )



⎪𝑥2 = 1
⎩ 2 (−𝑦1 + 𝑦2 )

Solution :

1. Découpons 𝐷 en trois morceaux :

Figure 2.9 – Découpage du rectangle 𝐷 pour une intégration par pile

45
Intégrales multiples A. Tiarimti Alaoui




⎪𝐷1 est le triangle de sommets (−1, 0) , (0, −1) et (0, 1)





⎪𝐷2 est le losange de sommets (0, −1) , (1, −2) , (1, 0) et (0, 1) (2.1)





⎪𝐷3 est le triangle de sommets (1, −2) , (2, −1) et (1, 0) .

En utilisant la relation de Chales, on obtient

∫ 𝑓 = ∫ 𝑓 + ∫ 𝑓 + ∫ 𝑓.
𝐷 𝐷1 𝐷2 𝐷3

Alors
0 𝑥1 +1 0
𝑥 =𝑥 +1
∫ 𝑓 = ∫ (∫ 𝑒 𝑥1 + 𝑒 𝑥2 𝑑𝑥2 ) 𝑑𝑥1 = ∫ [𝑒 𝑥1 + 𝑒 𝑥2 ]𝑥22=−𝑥1 1−1 𝑑𝑥1
𝐷1 −1 −𝑥1 −1 −1
0
= ∫ (𝑒 2𝑥1+1 + 𝑒 −1 ) 𝑑𝑥1
−1
0
1 1 1 1 3
= [ 𝑒 2𝑥1+1 + 𝑒 −1 𝑥1 ] = 𝑒 − 𝑒 −1 − 𝑒 −1 = 𝑒 − 𝑒 −1 .
2 −1 2 2 2 2
1 −𝑥1 +1 1
𝑥 =−𝑥 +1
∫ 𝑓 = ∫ (∫ 𝑒 𝑥1 + 𝑒 𝑥2 𝑑𝑥2 ) 𝑑𝑥1 = ∫ [𝑒 𝑥1 + 𝑒 𝑥2 ]𝑥22=−𝑥11−1 𝑑𝑥1
𝐷2 0 −𝑥1 −1 0
1
= ∫ (𝑒 1 − 𝑒 −1 ) 𝑑𝑥1 = 𝑒 − 𝑒 −1 .
0
2 −𝑥1 +1 2
𝑥 =−𝑥 +1
∫ 𝑓 = ∫ (∫ 𝑒 + 𝑒 𝑑𝑥2 ) 𝑑𝑥1 = ∫ [𝑒 𝑥1 + 𝑒 𝑥2 ]𝑥22=𝑥1−3
𝑥1 𝑥2 1
𝑑𝑥1
𝐷3 1 𝑥1 −3 1
2
= ∫ (𝑒 − 𝑒 2𝑥1−3 ) 𝑑𝑥1
1
1 2𝑥1−3 2 1
= [𝑒𝑥1 − 𝑒 ] = (𝑒 + 𝑒 −1 ) .
2 1 2
On en déduit que ∫ 𝑓 = ch (1) − 2𝑒 −1 + 2 sh (1) + ch (1) = 2 ch (1) + 2 sh (1) =
𝐷
−1
2 (𝑒 + 𝑒 ).
2. L’application 𝑓 est définie par 𝑓 ∶ (𝑥1 , 𝑥2 ) ∈ 𝐷 ⟼ 𝑒 𝑥1+𝑥2 . L’ensemble 𝐷 peut être
caractérisé par les conditions

⎧ ⎫


⎪ 𝑥2 < −𝑥1 + 1⎪ ⎪

⎪ ⎬


⎪ ⎪ − 1 < 𝑥 1 + 𝑥2 < 1


⎪ > −𝑥1 − 1⎪
⎪ 𝑥2 ⎭


⎪ ⎫


⎪ 𝑥2 < 𝑥 1 + 1⎪



⎪ ⎬ − 1 < 𝑥 1 − 𝑥2 < 3

⎪ ⎪

⎪ 𝑥2 ⎪
> 𝑥1 − 3 ⎭

et donc
𝐷 = {(𝑥1 , 𝑥2 ) ∈ ℝ2 , −1 < 𝑥1 + 𝑥2 < 1 et − 1 < 𝑥1 − 𝑥2 < 3} .

46
Intégrales multiples A. Tiarimti Alaoui

Si on pose


⎪𝑦1 = 𝑥1 − 𝑥2




⎪𝑦2 = 𝑥1 + 𝑥2

Alors pour tout (𝑥1 , 𝑥2 ) ∈ 𝐷, on a (𝑦1 , 𝑦2 ) ∈ Ω où Ω = ]−1, 3[ × ]−1, 1[ et on a

⎪ 1
⎪𝑥1 =
⎪ 2 (𝑦1 + 𝑦2 )



⎪𝑥2 = 1
⎩ 2 (−𝑦1 + 𝑦2 )

Cela nous amène à introduire l’application de changement de variables


1 1
𝑔 ∶ (𝑦1 , 𝑦2 ) ∈ Ω ⟼ ( (𝑦1 + 𝑦2 ) , (−𝑦1 + 𝑦2 )) ∈ 𝐷. (2.2)
2 2

Figure 2.10 – Application de la fonction de changement de variables sur le rectangle 𝐷.

On a l’application 𝑔 est une bijection de classe 𝒞 1 dont le jacobien est


⎛⎜ 1 1⎞
2⎟ 1
𝒥𝑔 (𝑦1 , 𝑦2 ) = det ⎜⎜⎜ 2 ⎟⎟⎟ = ≠ 0.
⎜ 1 1 ⎟ 2
⎝− 2 2⎠

Alors d’après le théorème de changement de variables, on a


1
∫ 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 ) 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 = ∫ 𝑓 (𝑔 (𝑦1 , 𝑦2 )) |𝒥𝑔 (𝑦1 , 𝑦2 )| 𝑑𝑦1 𝑑𝑦2 = ∫ 𝑒 𝑦2 𝑑𝑦1 𝑑𝑦2
𝐷 Ω 2 Ω
1 1 3
= ∫ (∫ 𝑒 𝑦2 𝑑𝑦2 ) 𝑑𝑦1
2 −1 −1
1
= 2 ∫ 𝑒 𝑦2 𝑑𝑦2
−1
1 1
= 2 [𝑒 𝑦2 ]−1 = 2 (𝑒 − ) .
𝑒

47
Intégrales multiples A. Tiarimti Alaoui

Exercice 2.3.

Calculer l’intégrale double ∫ √𝑥12 + 𝑥22 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 lorsque


𝐷
2
1. 𝐷 = {(𝑥1 , 𝑥2 ) ∈ ℝ ; 𝑥12 + 𝑥22 ≤ 𝑅 2 }

2. 𝐷 = {(𝑥1 , 𝑥2 ) ∈ ℝ2+ ; 𝑥12 + 𝑥22 ≤ 1 et 𝑥12 + 𝑥22 ≥ 2𝑥2 }.

Solution : voir la solution de l’application 2.3.1.

Exercice 2.4.

1. Soient 𝑎, 𝑏 et 𝑐 trois réels strictement positifs. En considérant le changement de variables


défini par
𝑔 ∶ (𝑦1 , 𝑦2 , 𝑦3 ) ⟼ (𝑎𝑦1 , 𝑏𝑦2 , 𝑐𝑦3 ) ,
𝑥12 𝑥22 𝑥32
Calculer le volume du domaine délimité par l’ellipsoïde d’équation 𝑎2
+ 𝑏2
+ 𝑐2
= 1.
𝑥12 𝑥22 𝑥32
2. On considère la fonction 𝑓 ∶ (𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) ⟼ 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) = 𝑎2
+ 𝑏2
+ 𝑐2
. Calculer l’intégrale
𝑥12 𝑥22 𝑥32
triple ∫ 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 𝑑𝑥3 où 𝐷 = {(𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) ∈ ℝ3 ; 𝑎2
+ 𝑏2
+ 𝑐2
< 1}.
𝐷

Solution : voir la solution de l’application 2.3.3.

Exercice 2.5.
Calculer les intégrales doubles ∫ 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 ) 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 dans les cas suivants :
𝐷
a) 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 ) = 𝑥1 𝑥2 et 𝐷 = {(𝑥1 , 𝑥2 ) ∈ ℝ2 ; 𝑥1 ≥ 0, 𝑥2 ≥ 0, 𝑥1 + 𝑥2 ≤ 1} ;
b) 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 ) = 𝑥12 et 𝐷 = {(𝑥1 , 𝑥2 ) ∈ ℝ2 ; 𝑥12 ≤ 𝑥2 ≤ 𝑥1 } ;
c) 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 ) = (𝑥12 − 𝑥22 ) 𝑒 𝑥1𝑥2 et 𝐷 = {(𝑥1 , 𝑥2 ) ∈ ℝ2 ; 𝑥12 + 𝑥22 ≤ 1, 𝑥1 + 𝑥2 ≥ 1, 𝑥1 ≥ 𝑥2 } ;
d) 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 ) = 𝑥1 cos (√𝑥12 + 𝑥22 ) et 𝐷 = {(𝑥1 , 𝑥2 ) ∈ ℝ2 ; 𝑥1 ≥ 𝑥2 ≥ 0, 𝑥12 + 𝑥22 ≤ 𝜋2 } ;

Solution :

a) Voir l’exemple 2.2.


b)

⎪ 2 ⎧

⎪𝑥1 ≤ 𝑥2 ≤ 𝑥1
⎪ ⎪0 ≤ 𝑥1 ≤ 1

(𝑥1 , 𝑥2 ) ∈ 𝐷 ⟺ ⎨
⎪ ⟺⎨


⎪0 ≤ 𝑥1 ⎪
⎪𝑥12 ≤ 𝑥2 ≤ 𝑥1
⎩ ⎩

48
Intégrales multiples A. Tiarimti Alaoui

Puisque 𝑓 est continue sur 𝐷, alors d’après le théorème de Fubini


1 𝑥1 1 1
𝑥2 =𝑥1
∫ 𝑓 = ∫ (∫ 𝑥12 𝑑𝑥2 ) 𝑑𝑥1 =∫ [𝑥12 𝑥2 ] 𝑑𝑥1 = ∫ 𝑥12 (𝑥1 − 𝑥12 ) 𝑑𝑥1
𝑥2 =𝑥12
𝐷 0 𝑥12 0 0
1
1 1 1 1 1
= [ 𝑥14 − 𝑥15 ] = − = .
4 5 0 4 5 20
c) La forme de 𝐷 nous amène à effectuer le changement de variables suivant :


⎪ 𝜋 𝜋 1 ⎧
⎪ 1
⎪𝑦1 = cos ( 4 )𝑥1 + sin ( 4 )𝑥2 = √2 (𝑥1 + 𝑥2 )
⎪ ⎪𝑥1 =
⎪ √2
(𝑦1 − 𝑦2 )

⎪ ⟺⎨


⎪𝑦2 = cos ( 3𝜋 )𝑥1 + sin ( 𝜋 )𝑥2 = 1 (−𝑥1 + 𝑥2 ) ⎪
⎪𝑥2 = 1
⎩ 4 4 √2 ⎩ √2
(𝑦1 + 𝑦2 ) .

On a

⎪ ⎧
⎪ ⎧


⎪𝑥12 + 𝑥22 ≤ 1 ⎪
⎪ 𝑦12 + 𝑦22 ≤ 1 ⎪

1
≤ 𝑦1 ≤ √1 − 𝑦22

⎪ ⎪
⎪ ⎪
⎪ √2

⎪ ⎪
⎪ ⎪

(𝑥1 , 𝑥2 ) ∈ 𝐷 ⇔ ⎨
⎪𝑥1 + 𝑥 2 ≥ 1 ⇔⎨
⎪ 𝑦1 ≥ √12 ⇔⎨
⎪ −𝑦2 = |𝑦2 | ≤ √1 − 𝑦12

⎪ ⎪
⎪ ⎪


⎪ ⎪
⎪ ⎪


⎪𝑥1 ≥ 𝑥2 ⎪
⎪𝑦2 ≤ 0 ⎪
⎪ 𝑦2 ≤ 0
⎩ ⎩ ⎩

⎪ 1

⎪ ≤ 𝑦1 ≤ √1 − 𝑦22 ⎧

⎪ √2
⎪ 1

⎪ ⎪− √2 ≤ 𝑦2 ≤ 0

⇔⎨
⎪−√1 − 𝑦12 ≤ 𝑦2 ≤ 0 ⇔⎨


⎪ ⎪
⎪ 1 ≤ 𝑦1 ≤ √1 − 𝑦22

⎪ ⎩ √2

⎪− 1 ≤ −√1 − 𝑦12
⎩ √2
⇔ (𝑦1 , 𝑦2 ) ∈ Ω

avec Ω = {(𝑦1 , 𝑦2 ) ∈ ℝ ; − √12 < 𝑦2 < 0 et 1


√2
< 𝑦1 < √1 − 𝑦22 }. Soit alors

𝑔 ∶Ω⟶𝐷
1 1
(𝑦1 , 𝑦2 ) ⟼ 𝑔 (𝑦1 , 𝑦2 ) = (𝑥1 , 𝑥2 ) = ( (𝑦1 − 𝑦2 ) , (𝑦1 + 𝑦2 )) .
√2 √2

On a 𝑔 est une bijection de classe 𝒞 1 dont le jacobien vaut

⎛⎜ 1 1 ⎞
√2 ⎟
𝒥𝑔 (𝑦1 , 𝑦2 ) = det ⎜⎜⎜⎜ √2 ⎟⎟
⎟ = 1.
⎜− 1 1 ⎟⎟
⎝ √2 √2 ⎠

49
Intégrales multiples A. Tiarimti Alaoui

Donc d’après la formule de changement de variable

∫ 𝑓 = ∫ 𝑓 (𝑔 (𝑦1 , 𝑦2 )) |𝒥𝑔 (𝑦1 , 𝑦2 )| 𝑑𝑦1 𝑑𝑦2


𝐷 Ω
1 2 2
= ∫ (−2𝑦1 𝑦2 ) 𝑒 2 (𝑦1 −𝑦2 ) 𝑑𝑦1 𝑑𝑦2
Ω
0 ⎛⎜ √1−𝑦22 1 2 2 ⎞⎟
=∫ ⎜⎜∫ (−2𝑦 𝑦 ) 𝑒 2 (𝑦1 −𝑦2 ) 𝑑𝑦 ⎟ 𝑑𝑦
⎜ √2 1 2 1⎟⎟ 2
√2
− 2 ⎝ 2 ⎠
0
1 2 2 𝑦1 =√1−𝑦22
=∫ [(−2𝑦2 ) 𝑒 2 (𝑦1 −𝑦2 ) ] 𝑑𝑦2
√ √2
− 22 𝑦1 = 2
0
1 2 1 1 2
=∫ (−2𝑦2 𝑒 ( 2 −𝑦2 ) + 2𝑦2 𝑒 ( 4 − 2 𝑦2 ) ) 𝑑𝑦2
√2
− 2
0
( 12 −𝑦22 ) ( 14 − 12 𝑦22 )
= [𝑒 − 2𝑒 ] √2
− 2
1 1
= 1 − 2𝑒 4 + 𝑒 2 .

d) La forme de 𝐷 nous amène à effectuer le changement de variables polaires :

Soient Ω = {(𝑟, 𝜃) ∈ ℝ2 ; 𝑟 ∈ ]0, 𝜋[ , 𝜃 ∈ ]0, 𝜋4 [} et

𝑔 ∶Ω⟶𝐷

(𝑟, 𝜃) ⟼ 𝑔 (𝑟, 𝜃) = (𝑥1 , 𝑥2 ) = (𝑟 cos (𝜃), 𝑟 sin (𝜃)) .

On a 𝑔 est une bijection de classe 𝒞 1 dont le jacobien vaut 𝑟, donc d’après la formule de
changement de variables polaires :

∫ 𝑥1 cos (√𝑥12 + 𝑥22 )𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 = ∫ 𝑟 cos (𝜃) cos (𝑟)𝑟𝑑𝑟𝑑𝜃


𝐷 Ω

et d’après le théorème de Fubini


𝜋
𝜋 ⎛ 4 ⎞ √2
∫ 𝑥1 cos (√𝑥12 + 𝑥22 )𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 = (∫ 𝑟 cos (𝑟)𝑑𝑟) ⎜⎜⎜∫ cos (𝜃)𝑑𝜃⎟⎟⎟ = −2𝜋 ( ) = −√2𝜋.
2

𝐷 0 ⎝ 0 ⎠ 2

Exercice 2.6.
Calculer les intégrales triples ∫ 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 𝑑𝑥3 dans les cas suivants :
𝐷
a) 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) = 𝑥12 + 𝑥22 + 𝑥32 et 𝐷 = {(𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) ∈ ℝ2 ; |𝑥1 | + |𝑥2 | + |𝑥3 | ≤ 1} ;
b) 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) = |𝑥3 | et 𝐷 = {(𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) ∈ ℝ2 ; 𝑥12 + 𝑥22 + 𝑥32 ≤ 1} ;

50
Intégrales multiples A. Tiarimti Alaoui

c) 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) = (𝑥12 + 𝑥22 + 𝑥32 ) 𝑒 𝑥3 et 𝐷 = {(𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) ∈ ℝ2 ; |𝑥1 | ≤ 1, |𝑥2 | ≤ 1, |𝑥3 | ≤ 1} ;


d) 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) = 𝑥1 𝑥2 𝑥3 et 𝐷 = {(𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) ∈ ℝ2 ; 𝑥1 ≥ 0, 𝑥2 ≥ 0, 𝑥3 ≥ 0, 𝑥12 + 𝑥22 + 𝑥32 ≤ 1} ;

Solution :

a) 𝐷 est un bipyramide à base rectangulaure. La symétrie de 𝐷 et et la fonction 𝑓 ∶


(𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) ⟼ 𝑥12 + 𝑥22 + 𝑥32 par rapport aux plans d’équations 𝑥1 = 0, 𝑥2 = 0 et
𝑥3 = 0 nous permet de simplifier l’intégrale

∫ 𝑓 = 8 ∫ (𝑥12 + 𝑥22 + 𝑥32 ) 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 𝑑𝑥3


𝐷 𝐷′

𝐷′ = {(𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) ∈ ℝ3 ; 𝑥1 ≥ 0, 𝑥2 ≥ 0, 𝑥3 ≥ 0, 𝑥1 + 𝑥2 + 𝑥3 ≤ 1} .

De plus, la symétrie de 𝐷 ′ et de 𝑓 par rapport aux plans 𝑥1 = 𝑥2 , 𝑥1 = 𝑥3 et 𝑥2 = 𝑥3


nous permet d’écrire

∫ 𝑓 = 8 (∫ 𝑥12 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 𝑑𝑥3 + ∫ 𝑥22 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 𝑑𝑥3 + ∫ 𝑥32 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 𝑑𝑥3 )
𝐷 𝐷′ 𝐷′ 𝐷′

= 24 ∫ 𝑥32 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 𝑑𝑥3 .


𝐷′

En effectuant une intégration multiple par tranches, on a pour 𝑥3 ∈ [0, 1] fixé,


(𝑥1 , 𝑥2 ) ∈ 𝐷 ′ (𝑥3 ) où

𝐷′ (𝑥3 ) = {(𝑥1 , 𝑥2 ) ∈ ℝ2 ; 𝑥1 ≥ 0, 𝑥2 ≥ 0, 𝑥1 + 𝑥2 ≤ 1 − 𝑥3 } .

D’où
1 1 2
(1 − 𝑥3 ) 2
∫ 𝑓 = 24 ∫ (∫ 𝑥32 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 ) 𝑑𝑥3 = 24 ∫ 𝑥32 ( ) 𝑑𝑥3 = .
𝐷 0 𝐷′ (𝑥3 ) 0 2 5

51
Intégrales multiples A. Tiarimti Alaoui

b) le domaine 𝐷 represente le solide délimité par la sphère centré à l’origine et de


rayon 1. La symétrie de 𝐷 et de 𝑥3 ↦ |𝑥3 | par rapport au plan 𝑥3 = 0 entraine

𝐼 = ∫ 𝑓 = 2 ∫ 𝑥3 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 𝑑𝑥3


𝐷 𝐷′

𝐷 ′ = {(𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) ∈ ℝ3 ; 𝑥3 ≥ 0, 𝑥12 + 𝑥22 + 𝑥32 ≤ 1} .

En effectuant une intégration par tranches, on a pour 𝑥3 ∈ [0, 1] fixé (𝑥1 , 𝑥2 ) ∈


𝐷 ′ (𝑥3 ) avec
𝐷 ′ (𝑥3 ) = {(𝑥1 , 𝑥2 ) ∈ ℝ2 ; 𝑥12 + 𝑥22 ≤ 1 − 𝑥32 } .

On en déduit
1 1
𝜋
𝐼 = 2 ∫ 𝑥3 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 𝑑𝑥3 = 2 ∫ (𝑖𝑛𝑡𝐷′(𝑥3) 𝑥3 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 ) 𝑑𝑥3 = 2 ∫ 𝑥3 𝜋 (1 − 𝑥32 ) 𝑑𝑥3 = .
𝐷′ 0 0 2
3
c) L’ensemble 𝐷 représente le pavé[0, 1] . On a 𝐼 = 𝐽 + 𝐾 où

𝐽 = ∫ (𝑥12 + 𝑥22 ) 𝑒 𝑥3 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 𝑑𝑥3 et 𝐾 = ∫ 𝑥32 𝑒 𝑥3 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 𝑑𝑥3 .


𝐷 𝐷

On a (𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) ↦ (𝑥12 + 𝑥22 ) 𝑒 𝑥3 est continue donc par le théorème de Fubini


1
𝐽= (∫ (𝑥12
+ 𝑥2 ) 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 ) (∫ 𝑒 𝑥3 𝑑𝑥3 )
2
2
[−1,1] −1
1 1
1
= (𝑒 − ) (∫ (∫ (𝑥12 + 𝑥22 ) 𝑑𝑥1 ) 𝑑𝑥2 )
𝑒 −1 −1
8 1
(𝑒 − ) =
3 𝑒
Pour déterminer 𝐾, On utilise une intégration par tranches. Donc pour 𝑥3 ∈ [−1, 1]
2
fixé (𝑥1 , 𝑥2 ) ∈ [−1, 1] . Ce qui donne
1
𝐾 = ∫ (∫ 𝑥32 𝑒 𝑥3 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 ) 𝑑𝑥3
2
−1 [−1,1]
1
= 4 ∫ 𝑥32 𝑒 𝑥3 𝑑𝑥3
−1
5
= 4 (𝑒 − ) .
6

52
Intégrales multiples A. Tiarimti Alaoui

8
D’où 𝐼 = 𝐽 + 𝐾 = 3 (𝑒 − 1𝑒 ) + 4 (𝑒 − 56 ) = 20
3 𝑒 − 52 1
3 𝑒.

d) 𝐷 représente une solide délimité par les plans 𝑥1 = 0,𝑥2 = 0 et 𝑥3 = 0 et la sphère


centré à l’origine et de rayon 1. Ce qui nous amène à utiliser le changement de
variables sphériques
𝜋 𝜋
𝑔 ∶ Ω = ]0, 1[ × ]0, [ × ]0, [ ⟶ 𝐷̊
2 2
(𝑟, 𝜃, 𝜑) ⟼ (𝑟 cos (𝜃) sin (𝜑), 𝑟 sin (𝜃) sin (𝜑), 𝑟 cos (𝜑))

𝑔 réalise une bijection de classe 𝒞 1 sur Ω dont le jacobien vaut −𝑟 2 sin (𝜑). Alors en
utilisant la formule de changement de variables, on obtient

𝐼 = ∫ 𝑓 = ∫ (𝑟 cos (𝜃) sin (𝜑)) (𝑟 sin (𝜃) sin (𝜑)) (𝑟 cos (𝜑)) 𝑟 2 sin (𝜑)𝑑𝑟𝑑𝜃𝑑𝜑
𝐷 Ω
𝜋 𝜋
1 ⎛ 2 ⎞⎛ 2 ⎞
= (∫ 𝑟 𝑑𝑟) ⎜⎜⎜∫ cos (𝜃) sin (𝜃)𝑑𝜃⎟⎟⎟ ⎜⎜⎜∫ cos (𝜑) sin3 (𝜑)𝑑𝜑⎟⎟⎟
5

0 ⎝ 0 ⎠⎝ 0 ⎠
𝜋 𝜋
1 1 1 2 1 2
= [ 𝑟 6 ] × [− cos (2𝜃)] × [ sin4 (𝜑)]
6 0 4 0 4 0
111 1
= = .
6 2 4 48
Exercice 2.7.
+∞ −𝑥 2
Le but de cet exercice est de calculer ∫ 𝑒 𝑑𝑥.
−∞

1. Justifier la convergence de cette intégrale.

2. Soit 𝑎 > 0. On note 𝐾𝑎 le carré de centre 𝑂 de côté 2𝑎 et 𝐶𝑎 le disque de centre 𝑂 et de rayon


2 2
𝑎. On définit une fonction 𝑓 sur ℝ2 par 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 ) = 𝑒 −𝑥1 −𝑥2 . Justifier que

∫ 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 ) 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 ≤ ∫ 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 ) 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 ≤ ∫ 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 ) 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2


𝐶𝑎 𝐾𝑎 𝐶𝑎 √2

3. En effectuant un changement de variables en coordonnées polaires, calculer

∫ 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 ) 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2


𝐶𝑎
+∞ −𝑥 2
4. Déduire des questions précédentes la valeur de ∫ 𝑒 𝑑𝑥.
−∞

Solution :

1. Comme

⎪ 2

⎪𝑥 ⟼ 𝑒 −𝑥 est continue sur ℝ,



⎪ −𝑥 2

⎪𝑒 = 𝑜 ( 𝑥12 ) au voisinage de + ∞ et − ∞,





⎪𝑥 ⟼ 12 est intégrable en ± ∞.
⎩ 𝑥
+∞ −𝑥 2
Alors l’intégrale généralisée ∫ 𝑒 𝑑𝑥 est convergente.
−∞

53
Intégrales multiples A. Tiarimti Alaoui

2. On a les deux inégalités

∫ 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 ) 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 ≤ ∫ 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 ) 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 ≤ ∫ 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 ) 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2


𝐶𝑎 𝐾𝑎 𝐶𝑎√2

sont justifiées par le fait que 𝐶𝑎 ⊂ 𝐾𝑎 ⊂ 𝐶𝑎√2 et que 𝑓 est positive.


3. Soient Ω = {(𝑟, 𝜃) ∈ ℝ2 ; 𝑟 ∈ ]0, 𝑎[ , 𝜃 ∈ ]0, 2𝜋[} et

𝑔 ∶ Ω ⟶ 𝐶𝑎 \ {(𝑥1 , 𝑥2 ) ∈ ℝ2 ; 𝑥1 ≥ 0, 𝑥2 = 0}

(𝑟, 𝜃) ⟼ 𝑔 (𝑟, 𝜃) = (𝑥1 , 𝑥2 ) = (𝑟 cos (𝜃), 𝑟 sin (𝜃)) .

On a 𝑔 est une bijection de classe 𝒞 1 dont le jacobien vaut 𝑟, donc d’après la formule
d echangement de variables polaires :

2 2 2 1 2 𝑎 2
∫ 𝑒 −𝑥1 −𝑥2 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 = ∫ 𝑒 −𝑟 𝑟𝑑𝑟𝑑𝜃 = 2𝜋 [− 𝑒 −𝑟 ] = 𝜋 (1 − 𝑒 −𝑎 ) .
𝐶𝑎 Ω 2 0

4. On a 2
𝑎 𝑎 𝑎
−𝑥12 −𝑥22 −𝑥 2
∫ 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 ) 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 = ∫ ∫ 𝑒 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 = (∫ 𝑒 𝑑𝑥) .
𝐾𝑎 −𝑎 −𝑎 −𝑎

D’où d’après ce qui précède


𝑎 2
−𝑎 2 −𝑥 2 2
𝜋 (1 − 𝑒 ) ≤ (∫ 𝑒 𝑑𝑥) ≤ 𝜋 (1 − 𝑒 −2𝑎 )
−𝑎

Alors en faisant tendre 𝑎 vers +∞, on obtient


+∞
2
∫ 𝑒 −𝑥 𝑑𝑥 = √𝜋.
−∞

54
Intégrales curvilignes et intégrales de surfaces A. Tiarimti Alaoui

Théorème 4.1 (Formule de Green-Riemann). Soit 𝐷 un sous-ensemble borné de ℝ2 pos-


sédant un bord 𝐶 qui est une courbe régulière et sans point double. Si 𝑃1 et 𝑃2 sont deux
fonctions de classe 𝒞 1 sur 𝐷 alors

𝜕𝑃2 𝜕𝑃1
∫ 𝑑𝑤 = ∫ ( − ) 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 = ∫ 𝑃1 𝑑𝑥1 + 𝑃2 𝑑𝑥2 = ∫ 𝑤.
𝐷 𝐷 𝜕𝑥1 𝜕𝑥2 𝐶 𝐶

Soient 𝐷 un sous-ensemble borné de ℝ2 dont le bord 𝐶 est une courbe régulière sans point
2
double et (𝛼1 , 𝛼2 ) ∈ [0, 1] tels que 𝛼1 + 𝛼2 = 1. Considérons l’application 𝑃 ∶ (𝑥1 , 𝑥2 ) ∈ ℝ2 ⟼
𝜕𝑃2 𝜕𝑃1
(−𝛼1 𝑥2 , 𝛼2 𝑥1 ) ∈ ℝ2 . Puisque 𝜕𝑥1
− 𝜕𝑥2
= 𝛼2 + 𝛼1 = 1, on a ∫ ( 𝜕𝑃2
𝜕𝑥1
− 𝜕𝑃1
𝜕𝑥2
) 𝑑𝑠 = Aire (𝐷). Alors la
𝐷
formule de Green-Riemann permet d’écrire

Aire (𝐷) = ∫ 𝛼2 𝑥1 𝑑𝑥2 − 𝛼1 𝑥2 𝑑𝑥1 .


𝐶

Corollaire 4.3. Si 𝐷 un sous-ensemble borné de ℝ2 possédant un bord 𝐶 qui est une courbe
2
régulière et sans point double et (𝛼1 , 𝛼2 ) ∈ [0, 1] tels que 𝛼1 + 𝛼2 = 1 alors l’aire de 𝐷est
donnée par
Aire (𝐷) = ∫ (𝛼2 𝑥1 𝑑𝑥2 − 𝛼1 𝑥2 𝑑𝑥1 ).
𝐶

Exemple 4.9. Considérons le cercle d’équation 𝑥12 +𝑥22 = 1. En utilisant le corollaire précédent,
trouver l’aire 𝐴 du domaine délimité par ce cercle 𝐶.

Réponse :

Un paramétrage du cercle est 𝜑 ∶ 𝑡 ∈ [0, 2𝜋] ⟼ (𝑥1 , 𝑥2 ) = (𝜑1 (𝑡) , 𝜑2 (𝑡)) = (cos (𝑡), sin (𝑡)). On
1
a d’après le corollaire, pour 𝛼1 = 𝛼2 = 2 et 𝑃 ∶ (𝑥1 , 𝑥2 ) ⟼ (−𝑥2 , 𝑥1 ) on a

⎛⎜−𝑥 ⎞⎟ ⎛⎜𝑑𝑥 ⎞⎟
1 1
∫ (𝑥1 𝑑𝑥2 − 𝑥2 𝑑𝑥1 ) = ∫ ⎜⎜⎜
2⎟ ⎜
Aire (𝐴) = ⎟⎟ ⋅ ⎜⎜ 1 ⎟⎟⎟
2 𝐶 2 𝐶 ⎝ 𝑥 ⎟⎠ ⎜⎝𝑑𝑥 ⎟⎠

1 2

1 2𝜋
= ∫ 𝑃 (𝜑 (𝑡)) ⋅ 𝜑 ′ (𝑡) 𝑑𝑡
2 0
1 2𝜋
= ∫ (− sin (𝑡), cos (𝑡)) ⋅ (− sin (𝑡), cos (𝑡)) 𝑑𝑡
2 0
1 2𝜋
= ∫ 1𝑑𝑡 = 𝜋.
2 0
— Formule de Stokes
Soit 𝑤 une 1-forme de classe 𝒞 1 sur ℝ3

𝑤 = 𝑃1 𝑑𝑥1 + 𝑃2 𝑑𝑥2 + 𝑃3 𝑑𝑥3 .

92
Intégrales curvilignes et intégrales de surfaces A. Tiarimti Alaoui

N1 ( 13 , 13 ) = (− 23 , − 23 , 1), Alors pour calculer le flux sortant on utilisera le vecteur normal −N1 .
On en déduit

Vol (𝐵) = ∫ 𝑥1 𝑑𝑥2 ∧ 𝑑𝑥3 + ∫ 𝑥1 𝑑𝑥2 ∧ 𝑑𝑥3


𝑆1 𝑆2

= − ∫ 𝑃 (𝜑 (𝑢, 𝑣)) ⋅ N1 (𝑢, 𝑣) 𝑑𝑢𝑑𝑣 + ∫ 𝑃 (𝜓 (𝑢, 𝑣)) ⋅ N2 (𝑢, 𝑣) 𝑑𝑢𝑑𝑣


𝑆1 𝑆2

= ∫ 2𝑢2 𝑑𝑢𝑑𝑣 + ∫ 0𝑑𝑢𝑑𝑣


𝑆1 𝑆2
2𝜋 1 2𝜋 1
2 2 𝜋
=∫ ∫ 2𝑟 cos (𝜃)𝑟𝑑𝑟𝑑𝜃 = (∫ cos (𝜃)𝑑𝜃) (∫ 2𝑟 3 𝑑𝑟) =
2

0 0 0 0 2

La formule d’Ostrogradski est très utilisée en analyse numérique pour écrire des équa-
tions aux dérivées partielles sous des formes dites ”faibles”.

Corollaire 4.5. Soit 𝐵 un sous-ensemble borné de ℝ3 dont le bord 𝑆 est une surface régulière
et sans point double. Si 𝑓 est une application de 𝐵 dans ℝ3 de classe 𝒞 2 et 𝑔 une application
de 𝐵 dans ℝ3 de classe 𝒞 1 alors

𝜕𝑓
∫ Δ (𝑓) 𝑔 𝑑𝑣 = − ∫ ∇𝑓 ⋅ ∇𝑔 𝑑𝑣 + ∫ 𝑔 𝑑𝜎,
𝐵 𝐵 𝑆 𝜕n
𝜕𝑓
où 𝜕n
correspond à la dérivée de l’application 𝑓 dans la direction du vecteur normal n.

4.4 Exercices avec solutions

Exercice 4.1.
Calculer l’intégrale curviligne de 𝜔 = 𝑦𝑑𝑥 + 2𝑥𝑑𝑦 sur le contour du domaine défini par :


⎪ 2 2
⎪𝑥 + 𝑦 − 2𝑥 ≤ 0




⎪𝑥 2 + 𝑦 2 − 2𝑦 ≤ 0

parcouru une fois en sens direct.

Solution :

Soit 𝑃 ∶ (𝑥, 𝑦) ∈ ℝ2 ⟼ (𝑃1 (𝑥, 𝑦) , 𝑃2 (𝑥, 𝑦)) = (𝑦, 2𝑥) ∈ ℝ2 .

96
Intégrales curvilignes et intégrales de surfaces A. Tiarimti Alaoui

2
On a l’équation 𝑥 2 + 𝑦 2 − 2𝑥 ≤ 0 ⟺ (𝑥 − 1) + 𝑦 2 ≤ 1 représente le disque de centre (1, 0)
2
et de rayon 1 et l’équation 𝑥 2 + 𝑦 2 − 2𝑦 ≤ 0 ⟺ 𝑥 2 + (𝑦 − 1) ≤ 1 représente le disque de
centre (0, 1) et de rayon 1. les deux points d’intersection des deux cercles délimitant les deux
disques sont 𝑂 = (0, 0) et 𝐴 = (1, 1), donc le contour est la réunion des courbes paramétriques
𝐶1 et 𝐶2 dont les paramétrages sont respectivement 𝜑1 et 𝜑2 :
𝜋
𝜑1 ∶ [− , 0] ⟶ ℝ2
2
𝑡 ⟼ 𝜑1 = (𝑥, 𝑦) = (cos (𝑡), 1 + sin (𝑡))
et
𝜋
𝜑2 ∶ [ , 𝜋] ⟶ ℝ2
2
𝑡 ⟼ 𝜑2 = (𝑥, 𝑦) = (1 + cos (𝑡), sin (𝑡))
On en déduit

∫ 𝑤 =∫ 𝑤 + ∫ 𝑤
𝐶 𝐶1 𝐶2
0 𝜋
= ∫ 𝑃 (𝜑1 (𝑡)) ⋅ 𝜑1′ (𝑡) 𝑑𝑡 + ∫ 𝑃 (𝜑2 (𝑡)) ⋅ 𝜑2′ (𝑡) 𝑑𝑡
− 𝜋2 𝜋
2
0
= ∫ 𝑃 ((cos (𝑡), 1 + sin (𝑡))) ⋅ (− sin (𝑡), cos (𝑡)) 𝑑𝑡
− 𝜋2
𝜋
+ ∫ 𝑃 ((1 + cos (𝑡), sin (𝑡))) ⋅ (− sin (𝑡), cos (𝑡)) 𝑑𝑡
𝜋
2
0
= ∫ ((1 + sin (𝑡)) , 2 cos (𝑡)) ⋅ (− sin (𝑡), cos (𝑡)) 𝑑𝑡
− 𝜋2
𝜋
+ ∫ (sin (𝑡), 2 (1 + cos (𝑡))) ⋅ (− sin (𝑡), cos (𝑡)) 𝑑𝑡
𝜋
2
0 𝜋
1 3 1 3
= ∫ (− sin (𝑡) +
+ cos (2𝑡)) 𝑑𝑡 + ∫ (2 cos (𝑡) + + cos (2𝑡)) 𝑑𝑡
− 𝜋2 2 2 𝜋 2 2
2
𝜋 𝜋 𝜋
= + 1 + − 2 = − 1.
4 4 2

97
Intégrales curvilignes et intégrales de surfaces A. Tiarimti Alaoui

Exercice 4.2.
Soit 𝐶 le triangle de sommets 𝐴 (1, 0), 𝐵 (2, 2), et 𝐶 (1, 2), orienté dans le sens direct. On pose

𝑤 =𝑤𝑤de(1deux
Calculer la circulation de la 1-forme + 𝑤)manière
𝑤𝑤 + 𝑤différente.
(1 + 𝑤) 𝑤𝑤

Solution :

— Méthode directe :
La courbe 𝐶 est représentée par les segments 𝐶1 ∶ [𝐴, 𝐵], 𝐶2 ∶ [𝐵, 𝐶] et 𝐶3 ∶ [𝐶, 𝐴]. Ces seg-
ments ont pour paramétrages

𝜑1 ∶ 𝑡 ∈ [0, 1] ⟼ (1 + 𝑡, 2𝑡) ∈ ℝ2 ,

𝜑2 ∶ 𝑡 ∈ [0, 1] ⟼ (2 − 𝑡, 2) ∈ ℝ2 ,

et
𝜑3 ∶ 𝑡 ∈ [0, 1] ⟼ (1, 2 (1 − 𝑡)) ∈ ℝ2 ,

⎛⎜𝑃 (𝑥)⎞⎟ ⎛⎜𝑦 (𝑥 + 1)⎞⎟


Soit 𝑃 ∶ 𝑥 ∈ ℝ2 ⟼ ⎜⎜⎜ ⎟⎟ = ⎜⎜ ⎟⎟.
1
⎜ ⎟⎟ ⎜⎜ ⎟⎟
⎝𝑃2 (𝑥)⎠ ⎝𝑥 (𝑦 + 1)⎠

∫ 𝑤 =∫ 𝑤 + ∫ 𝑤 + ∫ 𝑤
𝐶 𝐶1 𝐶2 𝐶3
1
= ∫ [𝑃 (𝜑1 (𝑡)) ⋅ 𝜑1′ (𝑡) + 𝑃 (𝜑2 (𝑡)) ⋅ 𝜑2′ (𝑡) + 𝑃 (𝜑3 (𝑡)) ⋅ 𝜑3′ (𝑡)] 𝑑𝑡
0
1⎡ ⎛ ⎞ ⎛ ⎞⎤
⎢ ⎜1 + 𝑡⎞⎟⎟ ⎛⎜⎜1⎞⎟⎟ ⎛⎜2 − 𝑡⎞⎟ ⎛⎜−1⎞⎟ ⎛
⎟⎟ ⋅ ⎜⎜ ⎟⎟ + 𝑃 ⎜⎜⎜ 1 ⎟⎟⎟ ⋅ ⎜⎜⎜ 0 ⎟⎟⎟⎥⎥⎥ 𝑑𝑡
= ∫ ⎢⎢⎢𝑃 ⎜⎜⎜ ⎟⎟ ⋅ ⎜⎜ ⎟⎟ + 𝑃 ⎜⎜⎜ ⎟⎟ ⎜⎜ ⎟⎟ ⎜⎜ ⎟⎟ ⎜⎜ ⎟⎟⎥⎥
⎢ ⎜
0 ⎣ ⎝ 2𝑡 ⎠ ⎝2⎠
⎟ ⎜ ⎟ ⎜
⎝ 2 ⎠ ⎝0⎠ ⎝2 (1 − 𝑡)⎠ ⎝−2⎠⎦

Comme

⎛⎜1 + 𝑡⎞⎟ ⎛⎜ 2𝑡 (1 + 𝑡 + 1) ⎞⎟ ⎛⎜ 2𝑡 2 + 4𝑡 ⎞⎟ ⎛⎜2 − 𝑡⎞⎟ ⎛⎜ 2 (2 − 𝑡 + 1) ⎞⎟ ⎛⎜6 − 2𝑡⎞⎟


𝑃 ⎜⎜⎜ ⎟⎟ = ⎜⎜
⎟⎟ ⎜⎜
⎟⎟ = ⎜⎜
⎟⎟ ⎜⎜ 2
⎟⎟ ,
⎟⎟ 𝑃 ⎜⎜⎜ ⎟⎟ = ⎜⎜
⎟⎟ ⎜⎜
⎟⎟ = ⎜⎜
⎟⎟ ⎜⎜
⎟⎟
⎟⎟
⎜ ⎜
⎝ 2𝑡 ⎠ ⎝(1 + 𝑡) (2𝑡 + 1)⎠ ⎝2𝑡 + 3𝑡 + 1⎠ ⎝ 2 ⎠ ⎝(2 − 𝑡) (2 + 1)⎠ ⎝6 − 3𝑡⎠

98
Intégrales curvilignes et intégrales de surfaces A. Tiarimti Alaoui

Exercice 4.2.
Soit 𝐶 le triangle de sommets 𝐴 (1, 0), 𝐵 (2, 2), et 𝐶 (1, 2), orienté dans le sens direct. On pose

𝑤 = 𝑦 (1 + 𝑥) 𝑑𝑥 + 𝑥 (1 + 𝑦) 𝑑𝑦

Calculer la circulation de la 1-forme 𝑤 de deux manière différente.

Solution :

— Méthode directe :
La courbe 𝐶 est représentée par les segments 𝐶1 ∶ [𝐴, 𝐵], 𝐶2 ∶ [𝐵, 𝐶] et 𝐶3 ∶ [𝐶, 𝐴]. Ces seg-
ments ont pour paramétrages

𝜑1 ∶ 𝑡 ∈ [0, 1] ⟼ (1 + 𝑡, 2𝑡) ∈ ℝ2 ,

𝜑2 ∶ 𝑡 ∈ [0, 1] ⟼ (2 − 𝑡, 2) ∈ ℝ2 ,

et
𝜑3 ∶ 𝑡 ∈ [0, 1] ⟼ (1, 2 (1 − 𝑡)) ∈ ℝ2 ,

⎛⎜𝑃 (𝑥)⎞⎟ ⎛⎜𝑦 (𝑥 + 1)⎞⎟


Soit 𝑃 ∶ 𝑥 ∈ ℝ2 ⟼ ⎜⎜⎜ ⎟⎟ = ⎜⎜ ⎟⎟.
1
⎜ ⎟⎟ ⎜⎜ ⎟⎟
⎝𝑃2 (𝑥)⎠ ⎝𝑥 (𝑦 + 1)⎠

∫ 𝑤 =∫ 𝑤 + ∫ 𝑤 + ∫ 𝑤
𝐶 𝐶1 𝐶2 𝐶3
1
= ∫ [𝑃 (𝜑1 (𝑡)) ⋅ 𝜑1′ (𝑡) + 𝑃 (𝜑2 (𝑡)) ⋅ 𝜑2′ (𝑡) + 𝑃 (𝜑3 (𝑡)) ⋅ 𝜑3′ (𝑡)] 𝑑𝑡
0
1⎡ ⎛ ⎞ ⎛ ⎞⎤
⎢ ⎜1 + 𝑡⎞⎟⎟ ⎛⎜⎜1⎞⎟⎟ ⎛⎜2 − 𝑡⎞⎟ ⎛⎜−1⎞⎟ ⎛
⎟⎟ ⋅ ⎜⎜ ⎟⎟ + 𝑃 ⎜⎜⎜ 1 ⎟⎟⎟ ⋅ ⎜⎜⎜ 0 ⎟⎟⎟⎥⎥⎥ 𝑑𝑡
= ∫ ⎢⎢⎢𝑃 ⎜⎜⎜ ⎟⎟ ⋅ ⎜⎜ ⎟⎟ + 𝑃 ⎜⎜⎜ ⎟⎟ ⎜⎜ ⎟⎟ ⎜⎜ ⎟⎟ ⎜⎜ ⎟⎟⎥⎥
⎢ ⎜
0 ⎣ ⎝ 2𝑡 ⎠ ⎝2⎠
⎟ ⎜ ⎟ ⎜
⎝ 2 ⎠ ⎝0⎠ ⎝2 (1 − 𝑡)⎠ ⎝−2⎠⎦

Comme

⎛⎜1 + 𝑡⎞⎟ ⎛⎜ 2𝑡 (1 + 𝑡 + 1) ⎞⎟ ⎛⎜ 2𝑡 2 + 4𝑡 ⎞⎟ ⎛⎜2 − 𝑡⎞⎟ ⎛⎜ 2 (2 − 𝑡 + 1) ⎞⎟ ⎛⎜6 − 2𝑡⎞⎟


𝑃 ⎜⎜⎜ ⎟⎟ = ⎜⎜
⎟⎟ ⎜⎜
⎟⎟ = ⎜⎜
⎟⎟ ⎜⎜ 2
⎟⎟ ,
⎟⎟ 𝑃 ⎜⎜⎜ ⎟⎟ = ⎜⎜
⎟⎟ ⎜⎜
⎟⎟ = ⎜⎜
⎟⎟ ⎜⎜
⎟⎟
⎟⎟
⎜ ⎜
⎝ 2𝑡 ⎠ ⎝(1 + 𝑡) (2𝑡 + 1)⎠ ⎝2𝑡 + 3𝑡 + 1⎠ ⎝ 2 ⎠ ⎝(2 − 𝑡) (2 + 1)⎠ ⎝6 − 3𝑡⎠

98

Vous aimerez peut-être aussi