2.1 Intégrales Multiples Sur Un Pavé
2.1 Intégrales Multiples Sur Un Pavé
2
Intégrales multiples
Dans ce chapitre, nous allons donner une présentation intuitive de l’intégrale multiple
et, sans faire la théorie, montrer quelques exemples de calculs intégrales doubles et triples.
Dans un premier temps, nous allons définir l’intégrale multiple d’une fonction continue
dans un pavé 𝑃 de ℝ𝑛 , 𝑛 ≥ 2 (un pavé étant la généralisation naturelle à ℝ𝑛 de la notion
d’intérvalle dans ℝ). Puis, nous verrons le théorème du Fubini qui permet de transformer
une intégrale multiple en des intégrales simples calculables en ayant recours aux techniques
de calcul des intégrales simples.
Remarque 2.1. — Dans ℝ, les pavés sont les intervalles fermés et bornés ;
— Dans ℝ2 , les pavés correspondent à des rectangles dont les côtés sont parallèles aux
axes de coordonnées.
— Dans ℝ3 , les pavés correspondent à des parallélépidèdes dont les arêtes sont parallèles
aux axes de coordonnées.
23
Intégrales multiples A. Tiarimti Alaoui
𝑓∶𝑃⟶ℝ
(𝑥1 , … , 𝑥𝑛 ) ⟼ 𝑓 (𝑥1 , … , 𝑥𝑛 )
est continue sur 𝑃, alors on dit que 𝑓 est intégrable au sens de Riemann sur le pavé 𝑃.
Dans ce cas, l’intégrale multiple de 𝑓 sur 𝑃 est définie par
𝑏1 𝑏2 𝑏𝑛
∫ 𝑓 = ∫ 𝑓 (𝑥1 , … , 𝑥𝑛 ) 𝑑𝑥1 ⋯ 𝑑𝑥𝑛 = ∫ (∫ ⋯ (∫ 𝑓 (𝑥1 , … , 𝑥𝑛 ) 𝑑𝑥𝑛 ) ⋯𝑑𝑥2 ) 𝑑𝑥1
𝑃 𝑃 𝑎1 𝑎2 𝑎𝑛
Remarque 2.2. — Dans ℝ2 , on parle d’intégrale double et on la note le plus souvent par
— Dans le cas des fonctions 𝑓 non positives, l’intégral double ∫ 𝑓 s’interprète comme le
𝑃
volume algébrique du domaine Ω, ce qui signifie que la partie du volume appartenant
au demi-espace d’équation 𝑥3 ≤ 0 est comptabilisée comme étant négative.
24
Intégrales multiples A. Tiarimti Alaoui
∫ 𝑓 (𝑥) 𝑑𝑥 ≥ 0.
𝑃
Proposition 2.3. Soit 𝑃 un pavé de ℝ𝑛 . Si 𝑓 est une application de 𝑃 dans ℝ, intégrable sur
𝑃, alors l’application |𝑓| est intégrable sur 𝑃 et
|| |
|∫ 𝑓 (𝑥) 𝑑𝑥|| ≤ ∫ |𝑓 (𝑥)| 𝑑𝑥
| 𝑃 | 𝑃
Nous allons présenter dans cette partie un certain nombre de méthodes permettant de
calculer la valeur de l’intégrale multiple d’une fonction intégrable, en exprimant l’intégrale
multiple à l’aide d’intégrale simple. Ces méthodes de calcul d’intégrales multiples sont ba-
sées sur le théorème de Fubini.
25
Intégrales multiples A. Tiarimti Alaoui
de plus, l’ordre dans lequel sont retenus les indices peut être choisi arbitrairement.
Ainsi, le calcul d’une intégrale multiple sur un pavé de ℝ𝑛 se ramène au calcul de 𝑛
intégrales simples.
— Dans ℝ2 , l’intégrale double d’une application 𝑓 continue sur le pavé 𝑃 = [𝑎1 , 𝑏1 ] ×
[𝑎2 , 𝑏2 ] vérifie d’après le théorème de Fubini :
𝑏1 𝑏2 𝑏2 𝑏1
∫ 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 ) 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 = ∫ (∫ 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 ) 𝑑𝑥2 ) 𝑑𝑥1 = ∫ (∫ 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 ) 𝑑𝑥1 ) 𝑑𝑥2
𝑃 𝑎1 𝑎2 𝑎2 𝑎1
On se ramène donc au calcul de 𝑛 intégrales simples indépendates les unes des autres.
𝑓 ∶ [0, 1] × [0, 1] ⟶ ℝ
(𝑥1 , 𝑥2 ) ⟼ 𝑥1 𝑥2 .
26
Intégrales multiples A. Tiarimti Alaoui
2
L’application 𝑓 est continue sur le pavé [0, 1] = [0, 1] × [0, 1], donc d’après le théorème de
Fubini on a
1 1
∫ 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 ) 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 = ∫ (∫ 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 ) 𝑑𝑥2 ) 𝑑𝑥1 .
2
[0,1] 0 0
1 1 1
𝑥1
∫ 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 ) 𝑑𝑥2 = ∫ 𝑥1 𝑥2 𝑑𝑥2 = 𝑥1 ∫ 𝑥2 𝑑𝑥2 = .
0 0 0 2
Donc
1
𝑥1 1
∫ 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 ) 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 = ∫ 𝑑𝑥1 = .
2
[0,1] 0 2 4
𝑓 ∶ (𝑥1 , 𝑥2 ) ∈ 𝑃 ⟼ √𝑥12 + 𝑥2 .
1 1
∫ 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 ) 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 = ∫ (∫ √𝑥12 + 𝑥2 𝑑𝑥2 ) 𝑑𝑥1
𝑃 0 0
1 3 1
2 2
= ∫ [ (𝑥12 + 𝑥2 ) ] 𝑑𝑥1
0 3 0
2 1 3
2
= ∫ ((𝑥12 + 1) − 𝑥13 ) 𝑑𝑥1
3 0
1 2 1 2 3
2
= − + ∫ (𝑥1 + 1) 𝑑𝑥1 .
6 3 0
3
1 2
Pour calculer l’intégrale simple ∫ (𝑥12 + 1) 𝑑𝑥1 , on peut effectuer le changement de
0
variables 𝑥1 = sh (𝑡). On a
𝑑𝑥1
𝑥1 = 0 ⇔ 𝑡 = 0, 𝑥1 = 1 ⇔ 𝑡 = argsh (1) = ch (𝑡) .
𝑑𝑡
27
Intégrales multiples A. Tiarimti Alaoui
Alors
1 3 argsh(1) 3
(sh2 (𝑡) + 1) ch (𝑡) 𝑑𝑡
2 2
∫ (𝑥12 + 1) 𝑑𝑥1 = ∫
0 0
argsh(1)
=∫ ch4 (𝑡) 𝑑𝑡
0
argsh(1)
1 4
= ∫ (𝑒 𝑡 + 𝑒 −𝑡 ) 𝑑𝑡
16 0
argsh(1)
1
= ∫ (𝑒 4𝑡 + 4𝑒 2𝑡 + 6 + 4𝑒 −2𝑡 + 𝑒 −4𝑡 ) 𝑑𝑡
16 0
argsh(1)
1
= ∫ (2𝑐ℎ (4𝑡) + 8𝑐ℎ (2𝑡) + 6) 𝑑𝑡
16 0
1 1 3 argsh(1)
=[ sh (4𝑡) + sh (2𝑡) + 𝑡]
32 4 8 0
1 1 3
= sh (4 argsh (1)) + sh (2 argsh (1)) + argsh (1)
32 4 8
En utilisant les trois formules suivantes
ch (argsh (𝑥)) = √1 + 𝑥 2 .
on a
= 2 (2𝑠ℎ (argsh (1) ch (argsh (1)))) (ch2 (argsh (1)) + sh2 (argsh (1)))
2
= 2 (2√1 + 12 ) ((√1 + 12 ) + 1)
= 2 (2√2) (2 + 1)
= 12√2
et
sh (2 argsh (1)) = 2𝑠ℎ (argsh (1)) ch (argsh (1)) = 2√1 + 12 = 2√2
On en déduit que
1 2 1 2 3
2
∫ 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 ) 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 = − + ∫ (𝑥1 + 1) 𝑑𝑥1
𝑃 6 3 0
1 2 1 1 3
= − + ( 12√2 + 2√2 + argsh (1))
6 3 32 4 8
√
1 7 2 1
=− + + argsh (1) .
6 12 4
28
Intégrales multiples A. Tiarimti Alaoui
Dans le cas où 𝑓 est une application continue sur un ensemble 𝑋 qui, pour un entier 𝑘 tel
que 1 ≤ 𝑘 ≤ 𝑛, s’exprime sous la forme
ou de la forme
Figure 2.2 – Sous-ensembles de ℝ2 décrits par pile (à gauche) et par tranche (à droite)
Dans le premier cas, on dit que l’on intégre par pile et on écrit :
𝑎2 ⎛ ℎ2 (𝑥1 ) ⎞
∫ 𝑓 = ∫ ⎜⎜⎜∫ 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 ) 𝑑𝑥2 ⎟⎟⎟ 𝑑𝑥1 ,
𝑋 𝑎1 ⎝ 𝑔2 (𝑥1 ) ⎠
et dans le second, on dit que l’on intégre par tranche et on écrit :
𝑎2 ⎛ ℎ1 (𝑥2 ) ⎞
∫ 𝑓 = ∫ ⎜⎜⎜∫ 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 ) 𝑑𝑥1 ⎟⎟⎟ 𝑑𝑥2 ,
𝑋 𝑎2 ⎝ 𝑔1 (𝑥2 ) ⎠
29
Intégrales multiples A. Tiarimti Alaoui
𝑇 = {(𝑥1 , 𝑥2 ) ∈ ℝ2 ; 0 ≤ 𝑥1 ≤ 1, 0 ≤ 𝑥2 ≤ 1, 𝑥1 + 𝑥2 ≤ 1}
Figure 2.3 – Découpage du triangle 𝑇 par pile (à gauche) et par tranche (à droite)
30
Intégrales multiples A. Tiarimti Alaoui
⎛ ℎ(𝑥1,𝑥2) ⎞
∫ 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 𝑑𝑥3 = ∫ ⎜⎜⎜∫ 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) 𝑑𝑥3 ⎟⎟⎟ 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2
𝑋 𝑋̃ ⎝ 𝑔(𝑥1 ,𝑥2 ) ⎠
et on dit qu’on fait une intégration par pile dans la direction e3 (ou selon 𝑥3 ).
Exemple 2.3. En utilisant une intégration par pile, déterminons le volume 𝑉 d’un cône
𝑋 de rayon 𝑅 et de hauteur 𝐻. Considérons un repère orthonormé direct (𝑂; e1 , e2 , e3 )
où le vecteur e3 coïncide avec l’axe du cône et l’origine 𝑂 est le centre de la base du
cône. Le volume 𝑉 du cône est obtenu en calculant l’intégrale triple ∫ 1𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 𝑑𝑥3 .
𝑋
31
Intégrales multiples A. Tiarimti Alaoui
𝑅 𝜌
tan (𝜃) = = où 𝜌 = √𝑥12 + 𝑥22
𝐻 𝐻 − 𝑥3
avec ℎ ∶ (𝑥1 , 𝑥2 ) ↦ 𝐻 − 𝐻 √ 2 2
𝑅 𝑥1 + 𝑥2 . On obtient en intégrant par pile :
⎛⎜ ℎ(𝑥1,𝑥2) ⎞
𝑉 = ∫ 1𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 𝑑𝑥3 = ∫ ⎜⎜∫ 1𝑑𝑥3 ⎟⎟⎟ 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2
𝑋 𝐷(0,𝑅) ⎝ 0 ⎠
et on dit qu’on fait une intégration par tranche dans la direction e3 (ou selon 𝑥3 ).
32
Intégrales multiples A. Tiarimti Alaoui
𝑥3 2
Δ𝑥3 = {(𝑥1 , 𝑥2 ) ∈ ℝ2 ; 𝑥12 + 𝑥22 ≤ 𝑅 2 (1 − ) }.
𝐻
On en déduit que
𝐻⎛ ⎞
𝑉 = ∫ 1𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 𝑑𝑥3 = ∫ ⎜⎜⎜⎜∫ 1𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 ⎟⎟⎟⎟ 𝑑𝑥3
𝑋 0 ⎝ Δ 𝑥3 ⎠
𝐻
𝑥3 2
= ∫ 𝜋𝑅 2 (1 − ) 𝑑𝑥3
0 𝐻
𝐻
𝜋𝑅 2 𝐻 𝑥3 3
= [− (1 − ) ]
3 𝐻 0
1
= 𝜋𝑅 2 𝐻.
3
L’intégrale ∫ 1𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 s’interprète comme l’aire du disque Δ𝑥3 de centre (0, 0) et de
Δ 𝑥3
rayon 𝑅 (1 − 𝑥𝐻3 ).
33
Intégrales multiples A. Tiarimti Alaoui
Considérons l’application
𝑔 ∶ Ω ⟶ ℝ𝑛
𝑦 ⟼ 𝑔 (𝑦) = 𝑥
où Ω est un ouvert de ℝ𝑛 . On a
𝑥1 = 𝑔1 (𝑦1 , … , 𝑦𝑛 )
𝑥2 = 𝑔2 (𝑦1 , … , 𝑦𝑛 )
𝑥𝑛 = 𝑔𝑛 (𝑦1 , … , 𝑦𝑛 )
𝜕 (𝑥1 , … , 𝑥𝑛 ) 𝜕𝑔
𝒥𝑔 (𝑦) = = det ( 𝑖 (𝑦)) .
𝜕 (𝑦1 , … , 𝑦𝑛 ) 𝜕𝑦𝑗 1≤𝑖,𝑗≤𝑛
Si 𝑛 = 2, on a
⎛⎜ 𝜕𝑥1 𝜕𝑥1 ⎞
𝜕 (𝑥1 , 𝑥2 ) 𝜕𝑦2 ⎟
𝒥𝑔 (𝑦) = = det ⎜⎜⎜ 𝜕𝑦1 ⎟⎟ .
𝜕 (𝑦1 , 𝑦2 ) ⎜ 𝜕𝑥2 𝜕𝑥2 ⎟⎟
⎝ 𝜕𝑦1 𝜕𝑦2 ⎠
𝑔 ∶ Ω ⟶ ℝ𝑛
𝑦 ⟼ 𝑔 (𝑦) = 𝑥,
𝑓∶𝐷⟶ℝ
𝑥 ⟼ 𝑓 (𝑥) ,
une fonction intégrable sur 𝐷 où 𝐷 ⊂ 𝑔 (Ω). Alors 𝑓 (𝑔 (𝑦)) |𝒥𝑔 (𝑦)| est intégrable sur 𝑔 −1 (𝐷)
et
∫ 𝑓 (𝑥) 𝑑𝑥 = ∫ 𝑓 (𝑔 (𝑦)) |𝒥𝑔 (𝑦)| 𝑑𝑦.
𝐷 𝑔 −1 (𝐷)
Remarque 2.4.
34
Intégrales multiples A. Tiarimti Alaoui
Les changement de variables les plus utilisés sont les changements de variables dits po-
laires, cylindrique et sphérique.
Si on considère un point (𝑥1 , 𝑥2 ) ≠ (0, 0) de ℝ2 , alors le réel défini par 𝑟 = √𝑥12 + 𝑥22 > 0 et
2 2
l’on a ( 𝑥𝑟1 ) + ( 𝑥𝑟2 ) = 1. Il existe donc un nombre réel 𝜃 tel que 𝑥1
𝑟 = cos (𝜃) et 𝑥2
𝑟 = sin (𝜃), i.e.
Les nombres 𝑟 et 𝜃 s’appellent des coordonnées polaires du point (𝑥1 , 𝑥2 ). Alors, le change-
ment de variables polaire est un changement de variables dans ℝ2 défini par l’applciation
35
Intégrales multiples A. Tiarimti Alaoui
𝑔 ∶Ω⟶𝑉
avec
Solution :
36
Intégrales multiples A. Tiarimti Alaoui
a donc
2
2. l’inéquation 𝑥12 + 𝑥22 ≥ 2𝑥2 ⟺ 𝑥12 + (𝑥2 − 1) ≥ 1 s’agit géométriquement de l’exté-
rieur du disque férmé de centre (0, 1) et de rayon 1. Donc l’ensemble 𝐷 correspond
géométriquement à l’intersection des demi-plans 𝑥1 ≥ 0 et 𝑥2 ≥ 0, du disque de
centre (0, 0) et de rayon 1 et de l’extérieur du disque de centre (0, 1) et de rayon 1.
⎧
⎪ 2 2 ⎧
⎪ ⎧
⎪ 1
⎪𝑥1 + 𝑥2
⎪ = 2𝑥2 ⎪2𝑥2 − 1
⎪ =0 ⎪𝑥2
⎪ = 2
⎨
⎪ ⟺⎨
⎪ ⟺⎨
⎪
⎪
⎪𝑥12 + 𝑥22 ⎪
⎪𝑥12 + 𝑥22 ⎪
⎪𝑥1 √3
⎩ =1 ⎩ =1 ⎩ = √1 − 𝑥22 = 2
37
Intégrales multiples A. Tiarimti Alaoui
Remarquons que
⎧
⎪ 2 2 ⎧
⎪
⎪𝑥1 + 𝑥2 ≤ 1
⎪ ⎪𝑟 ≤ 1
⎪
(𝑥1 , 𝑥2 ) = 𝑔 (𝑟, 𝜃) ∈ 𝐷 ⟹ ⎨
⎪ ⟺⎨
⎪ .
⎪ 2
⎪ 2 ⎪
⎪
⎩𝑥1 + 𝑥2 ≥ 2𝑥2 ⎩𝑟 ≥ 2 sin (𝜃)
√3 1
Le point 𝑄 a pour coordonnées cartésiennes ( 2 , 2) ce qui implique qu’en polaire
ses coordonnées sont (𝑟, 𝜃) = (1, 𝜋6 ). On en déduit que 𝐷 = 𝑔 (Δ) où
𝜋
Δ = {(𝑟, 𝜃) ∈ [0, 1] × [0, ] ; 𝑟 ≥ 2 sin (𝜃)}
6
𝜋
Ω = {(𝑟, 𝜃) ∈ ]0, 1[ × ]0, [ ; 𝑟 > 2 sin (𝜃)} .
6
Or
𝜋 𝜋
6 6
∫ sin (𝜃)𝑑𝜃 = ∫ sin (𝜃) (1 − cos2 (𝜃)) 𝑑𝜃
3
0 0
𝜋 𝜋
6 6
= ∫ sin (𝜃)𝑑𝜃 − ∫ sin (𝜃) cos2 (𝜃)𝑑𝜃
0 0
𝜋
𝜋1 6
= [− cos (𝜃)]0 + [ cos3 (𝜃)]
6
3 0
3 √3 2
=− + .
8 3
Finalement, on obtient
𝜋 16
𝐼 = ∫ √𝑥12 + 𝑥22 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 = √3 + − .
𝐷 18 9
38
Intégrales multiples A. Tiarimti Alaoui
Exemple 2.6. Calculer l’intégrale triple 𝐼 = ∫ (𝑥12 + 𝑥22 ) 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 𝑑𝑥3 où
𝐷
𝑔 ∶Ω⟶𝑉
avec
— Ω = {(𝑟, 𝜃, 𝑧) ∈ ℝ3 ; 0 < 𝑟 < 𝑅 , 0 < 𝜃 < 2𝜋 et 0 < 𝑧 < 𝐻}
— 𝑉 = 𝑔 (Ω) = {(𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) ∈ ℝ3 ; 0 < 𝑥3 < 𝐻 et 𝑥12 + 𝑥22 < 𝑅 2 } \ {(𝑥1 , 0, 𝑥3 ) ∈ ℝ3 ; 𝑥1 ≥ 0}.
On a 𝑔 est une bijection de classe 𝒞 1 dont le jacobien 𝒥𝑔 (𝑟, 𝜃, 𝑧) = 𝑟 ≠ 0 et 𝑉 = 𝐷. Alors
la formule de changement de variables permet d’écrire
39
Intégrales multiples A. Tiarimti Alaoui
(𝑟, 𝜃, 𝜑) ⟼ (𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) = (𝑟 cos (𝜃) sin (𝜑), 𝑟 sin (𝜃) sin (𝜑), 𝑟 cos (𝜑)) .
⎛⎜cos (𝜃) sin (𝜑) −𝑟 sin (𝜃) sin (𝜑) 𝑟 cos (𝜃) cos (𝜑)⎞⎟
⎜⎜ ⎟⎟
⎜⎜ ⎟
= det ⎜⎜ sin (𝜃) sin (𝜑) 𝑟 cos (𝜃) sin (𝜑) 𝑟 sin (𝜃) cos (𝜑) ⎟⎟⎟
⎜⎜ ⎟⎟
⎜⎜ ⎟⎟
⎝ cos (𝜑) 0 −𝑟 sin (𝜑) ⎠
On a alors 𝒥𝑔 = −𝑟 2 sin (𝜑) ≠ 0 sur Ω car 𝑟 ≠ 0 et 𝜑 ∈ ]0, 𝜋[. Donc pour 𝐷 ⊂ 𝑔 (Ω), On a
d’après le théorème de changement de variables :
∫ 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 𝑑𝑥3 = ∫ 𝑓 (𝑔 (𝑟, 𝜃, 𝜑)) |𝒥𝑔 (𝑟, 𝜃, 𝜑)| 𝑑𝑟𝑑𝜃𝑑𝜑
𝐷 𝑔 −1 (𝐷)
=∫ 𝑓 (𝑟 cos (𝜃) sin (𝜑), 𝑟 sin (𝜃) sin (𝜑), 𝑟 cos (𝜑)) 𝑟 2 sin (𝜑)𝑑𝑟𝑑𝜃𝑑𝜑.
𝑔 −1 (𝐷)
40
Intégrales multiples A. Tiarimti Alaoui
Solution :
4
∫ 1𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 𝑑𝑥3 = ∫ 𝑎𝑏𝑐𝑑𝑦1 𝑑𝑦2 𝑑𝑦3 = 𝑎𝑏𝑐𝑉 (𝐵) = 𝜋𝑎𝑏𝑐.
𝐸 𝐵 3
41
Intégrales multiples A. Tiarimti Alaoui
Définition 2.3.
— Une symétrie vectorielle de ℝ𝑛 est une application 𝑠𝑣 de ℝ𝑛 dans ℝ𝑛 qui est
linéaire et qui vérifie 𝑠𝑣 ∘ 𝑠𝑣 = 𝑖𝑑ℝ𝑛 ;
— Une symétrie affine de ℝ𝑛 est une application 𝑠 de ℝ𝑛 dans ℝ𝑛 de la forme 𝑠 =
𝑠𝑣 + 𝑐 où 𝑠𝑣 est une symétrie vectorielle de ℝ𝑛 et 𝑐 une application constante de
ℝ𝑛 dans ℝ𝑛 .
Exemple 2.7. 1. Dans ℝ, les seuls symétries vectorielles sont l’application identité 𝑖𝑑ℝ et
son opposé −𝑖𝑑ℝ .
3. De même, la symétrie 𝑠2 par rapport au point (1, 1) est une symétrie affine ; elle est
définie pour tout (𝑥1 , 𝑥2 ) ∈ ℝ2 par 𝑠2 (𝑥1 , 𝑥2 ) = (2 − 𝑥1 , 2 − 𝑥2 ).
Figure 2.8 – Symétrie par rapport à une droite et symétrie par rapport à un point
Proposition 2.6.
Soint 𝑋 ⊂ ℝ𝑛 et 𝑓 une fonction continue de 𝑋 dans ℝ. On suppose qu’il existe une symétrie
affine 𝑠 de ℝ𝑛 telle que 𝑠 (𝑋) 𝑋 et qu’il existe 𝑋1 ∈ 𝑋 tel que la famille {𝑋1 , 𝑠 (𝑋1 )} forme une
partition de 𝑋.
— Si 𝑓 ∘ 𝑠 = 𝑓 alors ∫ 𝑓 = 2 ∫ 𝑓.
𝑋 𝑋1
— Si 𝑓 ∘ 𝑠 = −𝑓 alors ∫ 𝑓 = 0.
𝑋
Remarque 2.5.
Dans ℝ, on retrouve l’intégration des fonctions paires et impaires sur un intervalle centré en
42
Intégrales multiples A. Tiarimti Alaoui
Si 𝐷 est un domaine borné de ℝ2 , l’intégrale ∫ ∫ 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 désigne le volume sous le graphe
𝐷
de la fonction 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 ) = 1.
𝑏
alors 𝐴𝑖𝑟𝑒 (𝐷) = ∫ 𝑓 (𝑥1 ) 𝑑𝑥1 .
𝑎
43
Intégrales multiples A. Tiarimti Alaoui
Preuve.
𝑏⎛ 𝑓(𝑥1 ) ⎞⎟ 𝑏
∫ ∫ 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 = ∫ ⎜⎜⎜∫ ⎟
𝑑𝑥2 ⎟ 𝑑𝑥1 = ∫ 𝑓 (𝑥1 ) 𝑑𝑥1 .
𝐷 𝑎 ⎝ 0 ⎠ 𝑎
Preuve.
⎛⎜ 𝑓(𝑥1,𝑥2) ⎞
∫ ∫ ∫ 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 𝑑𝑥3 = ∫ ∫ ⎜⎜∫ 𝑑𝑥3 ⎟⎟⎟ 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 = ∫ ∫ 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 ) 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 .
Ω 𝐷⎝ 0 ⎠ 𝐷
44
Intégrales multiples A. Tiarimti Alaoui
Exercice 2.1.
Calculer l’intégrale sur le pavé 𝑃 = [0, 1] × [0, 1] de l’application
𝑓 ∶ (𝑥1 , 𝑥2 ) ∈ 𝑃 ⟼ √𝑥12 + 𝑥2 .
Exercice 2.2.
1. En utilisant une intégration par pile, calculer l’intégrale double sur le rectangle 𝐷 de ℝ2 de
sommets (−1, 0), (0, 1), (1, −2) et (2, −1) de l’application 𝑓 ∶ (𝑥1 , 𝑥2 ) ∈ 𝐷 ⟼ 𝑒 𝑥1+𝑥2 .
⎧
⎪ 1
⎪𝑥1 =
⎪ 2 (𝑦1 + 𝑦2 )
⎨
⎪
⎪
⎪𝑥2 = 1
⎩ 2 (−𝑦1 + 𝑦2 )
Solution :
45
Intégrales multiples A. Tiarimti Alaoui
⎧
⎪
⎪
⎪𝐷1 est le triangle de sommets (−1, 0) , (0, −1) et (0, 1)
⎪
⎪
⎪
⎪
⎨
⎪𝐷2 est le losange de sommets (0, −1) , (1, −2) , (1, 0) et (0, 1) (2.1)
⎪
⎪
⎪
⎪
⎪
⎪𝐷3 est le triangle de sommets (1, −2) , (2, −1) et (1, 0) .
⎩
En utilisant la relation de Chales, on obtient
∫ 𝑓 = ∫ 𝑓 + ∫ 𝑓 + ∫ 𝑓.
𝐷 𝐷1 𝐷2 𝐷3
Alors
0 𝑥1 +1 0
𝑥 =𝑥 +1
∫ 𝑓 = ∫ (∫ 𝑒 𝑥1 + 𝑒 𝑥2 𝑑𝑥2 ) 𝑑𝑥1 = ∫ [𝑒 𝑥1 + 𝑒 𝑥2 ]𝑥22=−𝑥1 1−1 𝑑𝑥1
𝐷1 −1 −𝑥1 −1 −1
0
= ∫ (𝑒 2𝑥1+1 + 𝑒 −1 ) 𝑑𝑥1
−1
0
1 1 1 1 3
= [ 𝑒 2𝑥1+1 + 𝑒 −1 𝑥1 ] = 𝑒 − 𝑒 −1 − 𝑒 −1 = 𝑒 − 𝑒 −1 .
2 −1 2 2 2 2
1 −𝑥1 +1 1
𝑥 =−𝑥 +1
∫ 𝑓 = ∫ (∫ 𝑒 𝑥1 + 𝑒 𝑥2 𝑑𝑥2 ) 𝑑𝑥1 = ∫ [𝑒 𝑥1 + 𝑒 𝑥2 ]𝑥22=−𝑥11−1 𝑑𝑥1
𝐷2 0 −𝑥1 −1 0
1
= ∫ (𝑒 1 − 𝑒 −1 ) 𝑑𝑥1 = 𝑒 − 𝑒 −1 .
0
2 −𝑥1 +1 2
𝑥 =−𝑥 +1
∫ 𝑓 = ∫ (∫ 𝑒 + 𝑒 𝑑𝑥2 ) 𝑑𝑥1 = ∫ [𝑒 𝑥1 + 𝑒 𝑥2 ]𝑥22=𝑥1−3
𝑥1 𝑥2 1
𝑑𝑥1
𝐷3 1 𝑥1 −3 1
2
= ∫ (𝑒 − 𝑒 2𝑥1−3 ) 𝑑𝑥1
1
1 2𝑥1−3 2 1
= [𝑒𝑥1 − 𝑒 ] = (𝑒 + 𝑒 −1 ) .
2 1 2
On en déduit que ∫ 𝑓 = ch (1) − 2𝑒 −1 + 2 sh (1) + ch (1) = 2 ch (1) + 2 sh (1) =
𝐷
−1
2 (𝑒 + 𝑒 ).
2. L’application 𝑓 est définie par 𝑓 ∶ (𝑥1 , 𝑥2 ) ∈ 𝐷 ⟼ 𝑒 𝑥1+𝑥2 . L’ensemble 𝐷 peut être
caractérisé par les conditions
⎧ ⎫
⎪
⎪
⎪ 𝑥2 < −𝑥1 + 1⎪ ⎪
⎪
⎪ ⎬
⎪
⎪
⎪ ⎪ − 1 < 𝑥 1 + 𝑥2 < 1
⎪
⎪
⎪ > −𝑥1 − 1⎪
⎪ 𝑥2 ⎭
⎨
⎪
⎪ ⎫
⎪
⎪
⎪ 𝑥2 < 𝑥 1 + 1⎪
⎪
⎪
⎪
⎪ ⎬ − 1 < 𝑥 1 − 𝑥2 < 3
⎪
⎪ ⎪
⎪
⎪ 𝑥2 ⎪
> 𝑥1 − 3 ⎭
⎩
et donc
𝐷 = {(𝑥1 , 𝑥2 ) ∈ ℝ2 , −1 < 𝑥1 + 𝑥2 < 1 et − 1 < 𝑥1 − 𝑥2 < 3} .
46
Intégrales multiples A. Tiarimti Alaoui
Si on pose
⎧
⎪
⎪𝑦1 = 𝑥1 − 𝑥2
⎪
⎨
⎪
⎪
⎪𝑦2 = 𝑥1 + 𝑥2
⎩
Alors pour tout (𝑥1 , 𝑥2 ) ∈ 𝐷, on a (𝑦1 , 𝑦2 ) ∈ Ω où Ω = ]−1, 3[ × ]−1, 1[ et on a
⎧
⎪ 1
⎪𝑥1 =
⎪ 2 (𝑦1 + 𝑦2 )
⎨
⎪
⎪
⎪𝑥2 = 1
⎩ 2 (−𝑦1 + 𝑦2 )
47
Intégrales multiples A. Tiarimti Alaoui
Exercice 2.3.
Exercice 2.4.
Exercice 2.5.
Calculer les intégrales doubles ∫ 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 ) 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 dans les cas suivants :
𝐷
a) 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 ) = 𝑥1 𝑥2 et 𝐷 = {(𝑥1 , 𝑥2 ) ∈ ℝ2 ; 𝑥1 ≥ 0, 𝑥2 ≥ 0, 𝑥1 + 𝑥2 ≤ 1} ;
b) 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 ) = 𝑥12 et 𝐷 = {(𝑥1 , 𝑥2 ) ∈ ℝ2 ; 𝑥12 ≤ 𝑥2 ≤ 𝑥1 } ;
c) 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 ) = (𝑥12 − 𝑥22 ) 𝑒 𝑥1𝑥2 et 𝐷 = {(𝑥1 , 𝑥2 ) ∈ ℝ2 ; 𝑥12 + 𝑥22 ≤ 1, 𝑥1 + 𝑥2 ≥ 1, 𝑥1 ≥ 𝑥2 } ;
d) 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 ) = 𝑥1 cos (√𝑥12 + 𝑥22 ) et 𝐷 = {(𝑥1 , 𝑥2 ) ∈ ℝ2 ; 𝑥1 ≥ 𝑥2 ≥ 0, 𝑥12 + 𝑥22 ≤ 𝜋2 } ;
Solution :
48
Intégrales multiples A. Tiarimti Alaoui
⎧
⎪ 𝜋 𝜋 1 ⎧
⎪ 1
⎪𝑦1 = cos ( 4 )𝑥1 + sin ( 4 )𝑥2 = √2 (𝑥1 + 𝑥2 )
⎪ ⎪𝑥1 =
⎪ √2
(𝑦1 − 𝑦2 )
⎨
⎪ ⟺⎨
⎪
⎪
⎪𝑦2 = cos ( 3𝜋 )𝑥1 + sin ( 𝜋 )𝑥2 = 1 (−𝑥1 + 𝑥2 ) ⎪
⎪𝑥2 = 1
⎩ 4 4 √2 ⎩ √2
(𝑦1 + 𝑦2 ) .
On a
⎧
⎪ ⎧
⎪ ⎧
⎪
⎪
⎪𝑥12 + 𝑥22 ≤ 1 ⎪
⎪ 𝑦12 + 𝑦22 ≤ 1 ⎪
⎪
1
≤ 𝑦1 ≤ √1 − 𝑦22
⎪
⎪ ⎪
⎪ ⎪
⎪ √2
⎪
⎪ ⎪
⎪ ⎪
⎪
(𝑥1 , 𝑥2 ) ∈ 𝐷 ⇔ ⎨
⎪𝑥1 + 𝑥 2 ≥ 1 ⇔⎨
⎪ 𝑦1 ≥ √12 ⇔⎨
⎪ −𝑦2 = |𝑦2 | ≤ √1 − 𝑦12
⎪
⎪ ⎪
⎪ ⎪
⎪
⎪
⎪ ⎪
⎪ ⎪
⎪
⎪
⎪𝑥1 ≥ 𝑥2 ⎪
⎪𝑦2 ≤ 0 ⎪
⎪ 𝑦2 ≤ 0
⎩ ⎩ ⎩
⎧
⎪ 1
⎪
⎪ ≤ 𝑦1 ≤ √1 − 𝑦22 ⎧
⎪
⎪ √2
⎪ 1
⎪
⎪ ⎪− √2 ≤ 𝑦2 ≤ 0
⎪
⇔⎨
⎪−√1 − 𝑦12 ≤ 𝑦2 ≤ 0 ⇔⎨
⎪
⎪
⎪ ⎪
⎪ 1 ≤ 𝑦1 ≤ √1 − 𝑦22
⎪
⎪ ⎩ √2
⎪
⎪− 1 ≤ −√1 − 𝑦12
⎩ √2
⇔ (𝑦1 , 𝑦2 ) ∈ Ω
𝑔 ∶Ω⟶𝐷
1 1
(𝑦1 , 𝑦2 ) ⟼ 𝑔 (𝑦1 , 𝑦2 ) = (𝑥1 , 𝑥2 ) = ( (𝑦1 − 𝑦2 ) , (𝑦1 + 𝑦2 )) .
√2 √2
⎛⎜ 1 1 ⎞
√2 ⎟
𝒥𝑔 (𝑦1 , 𝑦2 ) = det ⎜⎜⎜⎜ √2 ⎟⎟
⎟ = 1.
⎜− 1 1 ⎟⎟
⎝ √2 √2 ⎠
49
Intégrales multiples A. Tiarimti Alaoui
𝑔 ∶Ω⟶𝐷
On a 𝑔 est une bijection de classe 𝒞 1 dont le jacobien vaut 𝑟, donc d’après la formule de
changement de variables polaires :
𝐷 0 ⎝ 0 ⎠ 2
Exercice 2.6.
Calculer les intégrales triples ∫ 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 𝑑𝑥3 dans les cas suivants :
𝐷
a) 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) = 𝑥12 + 𝑥22 + 𝑥32 et 𝐷 = {(𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) ∈ ℝ2 ; |𝑥1 | + |𝑥2 | + |𝑥3 | ≤ 1} ;
b) 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) = |𝑥3 | et 𝐷 = {(𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) ∈ ℝ2 ; 𝑥12 + 𝑥22 + 𝑥32 ≤ 1} ;
50
Intégrales multiples A. Tiarimti Alaoui
Solution :
où
𝐷′ = {(𝑥1 , 𝑥2 , 𝑥3 ) ∈ ℝ3 ; 𝑥1 ≥ 0, 𝑥2 ≥ 0, 𝑥3 ≥ 0, 𝑥1 + 𝑥2 + 𝑥3 ≤ 1} .
∫ 𝑓 = 8 (∫ 𝑥12 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 𝑑𝑥3 + ∫ 𝑥22 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 𝑑𝑥3 + ∫ 𝑥32 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 𝑑𝑥3 )
𝐷 𝐷′ 𝐷′ 𝐷′
𝐷′ (𝑥3 ) = {(𝑥1 , 𝑥2 ) ∈ ℝ2 ; 𝑥1 ≥ 0, 𝑥2 ≥ 0, 𝑥1 + 𝑥2 ≤ 1 − 𝑥3 } .
D’où
1 1 2
(1 − 𝑥3 ) 2
∫ 𝑓 = 24 ∫ (∫ 𝑥32 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 ) 𝑑𝑥3 = 24 ∫ 𝑥32 ( ) 𝑑𝑥3 = .
𝐷 0 𝐷′ (𝑥3 ) 0 2 5
51
Intégrales multiples A. Tiarimti Alaoui
On en déduit
1 1
𝜋
𝐼 = 2 ∫ 𝑥3 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 𝑑𝑥3 = 2 ∫ (𝑖𝑛𝑡𝐷′(𝑥3) 𝑥3 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 ) 𝑑𝑥3 = 2 ∫ 𝑥3 𝜋 (1 − 𝑥32 ) 𝑑𝑥3 = .
𝐷′ 0 0 2
3
c) L’ensemble 𝐷 représente le pavé[0, 1] . On a 𝐼 = 𝐽 + 𝐾 où
52
Intégrales multiples A. Tiarimti Alaoui
8
D’où 𝐼 = 𝐽 + 𝐾 = 3 (𝑒 − 1𝑒 ) + 4 (𝑒 − 56 ) = 20
3 𝑒 − 52 1
3 𝑒.
𝑔 réalise une bijection de classe 𝒞 1 sur Ω dont le jacobien vaut −𝑟 2 sin (𝜑). Alors en
utilisant la formule de changement de variables, on obtient
𝐼 = ∫ 𝑓 = ∫ (𝑟 cos (𝜃) sin (𝜑)) (𝑟 sin (𝜃) sin (𝜑)) (𝑟 cos (𝜑)) 𝑟 2 sin (𝜑)𝑑𝑟𝑑𝜃𝑑𝜑
𝐷 Ω
𝜋 𝜋
1 ⎛ 2 ⎞⎛ 2 ⎞
= (∫ 𝑟 𝑑𝑟) ⎜⎜⎜∫ cos (𝜃) sin (𝜃)𝑑𝜃⎟⎟⎟ ⎜⎜⎜∫ cos (𝜑) sin3 (𝜑)𝑑𝜑⎟⎟⎟
5
0 ⎝ 0 ⎠⎝ 0 ⎠
𝜋 𝜋
1 1 1 2 1 2
= [ 𝑟 6 ] × [− cos (2𝜃)] × [ sin4 (𝜑)]
6 0 4 0 4 0
111 1
= = .
6 2 4 48
Exercice 2.7.
+∞ −𝑥 2
Le but de cet exercice est de calculer ∫ 𝑒 𝑑𝑥.
−∞
Solution :
1. Comme
⎧
⎪ 2
⎪
⎪𝑥 ⟼ 𝑒 −𝑥 est continue sur ℝ,
⎪
⎪
⎪
⎪ −𝑥 2
⎨
⎪𝑒 = 𝑜 ( 𝑥12 ) au voisinage de + ∞ et − ∞,
⎪
⎪
⎪
⎪
⎪
⎪𝑥 ⟼ 12 est intégrable en ± ∞.
⎩ 𝑥
+∞ −𝑥 2
Alors l’intégrale généralisée ∫ 𝑒 𝑑𝑥 est convergente.
−∞
53
Intégrales multiples A. Tiarimti Alaoui
𝑔 ∶ Ω ⟶ 𝐶𝑎 \ {(𝑥1 , 𝑥2 ) ∈ ℝ2 ; 𝑥1 ≥ 0, 𝑥2 = 0}
On a 𝑔 est une bijection de classe 𝒞 1 dont le jacobien vaut 𝑟, donc d’après la formule
d echangement de variables polaires :
2 2 2 1 2 𝑎 2
∫ 𝑒 −𝑥1 −𝑥2 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 = ∫ 𝑒 −𝑟 𝑟𝑑𝑟𝑑𝜃 = 2𝜋 [− 𝑒 −𝑟 ] = 𝜋 (1 − 𝑒 −𝑎 ) .
𝐶𝑎 Ω 2 0
4. On a 2
𝑎 𝑎 𝑎
−𝑥12 −𝑥22 −𝑥 2
∫ 𝑓 (𝑥1 , 𝑥2 ) 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 = ∫ ∫ 𝑒 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 = (∫ 𝑒 𝑑𝑥) .
𝐾𝑎 −𝑎 −𝑎 −𝑎
54
Intégrales curvilignes et intégrales de surfaces A. Tiarimti Alaoui
𝜕𝑃2 𝜕𝑃1
∫ 𝑑𝑤 = ∫ ( − ) 𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 = ∫ 𝑃1 𝑑𝑥1 + 𝑃2 𝑑𝑥2 = ∫ 𝑤.
𝐷 𝐷 𝜕𝑥1 𝜕𝑥2 𝐶 𝐶
Soient 𝐷 un sous-ensemble borné de ℝ2 dont le bord 𝐶 est une courbe régulière sans point
2
double et (𝛼1 , 𝛼2 ) ∈ [0, 1] tels que 𝛼1 + 𝛼2 = 1. Considérons l’application 𝑃 ∶ (𝑥1 , 𝑥2 ) ∈ ℝ2 ⟼
𝜕𝑃2 𝜕𝑃1
(−𝛼1 𝑥2 , 𝛼2 𝑥1 ) ∈ ℝ2 . Puisque 𝜕𝑥1
− 𝜕𝑥2
= 𝛼2 + 𝛼1 = 1, on a ∫ ( 𝜕𝑃2
𝜕𝑥1
− 𝜕𝑃1
𝜕𝑥2
) 𝑑𝑠 = Aire (𝐷). Alors la
𝐷
formule de Green-Riemann permet d’écrire
Corollaire 4.3. Si 𝐷 un sous-ensemble borné de ℝ2 possédant un bord 𝐶 qui est une courbe
2
régulière et sans point double et (𝛼1 , 𝛼2 ) ∈ [0, 1] tels que 𝛼1 + 𝛼2 = 1 alors l’aire de 𝐷est
donnée par
Aire (𝐷) = ∫ (𝛼2 𝑥1 𝑑𝑥2 − 𝛼1 𝑥2 𝑑𝑥1 ).
𝐶
Exemple 4.9. Considérons le cercle d’équation 𝑥12 +𝑥22 = 1. En utilisant le corollaire précédent,
trouver l’aire 𝐴 du domaine délimité par ce cercle 𝐶.
Réponse :
Un paramétrage du cercle est 𝜑 ∶ 𝑡 ∈ [0, 2𝜋] ⟼ (𝑥1 , 𝑥2 ) = (𝜑1 (𝑡) , 𝜑2 (𝑡)) = (cos (𝑡), sin (𝑡)). On
1
a d’après le corollaire, pour 𝛼1 = 𝛼2 = 2 et 𝑃 ∶ (𝑥1 , 𝑥2 ) ⟼ (−𝑥2 , 𝑥1 ) on a
⎛⎜−𝑥 ⎞⎟ ⎛⎜𝑑𝑥 ⎞⎟
1 1
∫ (𝑥1 𝑑𝑥2 − 𝑥2 𝑑𝑥1 ) = ∫ ⎜⎜⎜
2⎟ ⎜
Aire (𝐴) = ⎟⎟ ⋅ ⎜⎜ 1 ⎟⎟⎟
2 𝐶 2 𝐶 ⎝ 𝑥 ⎟⎠ ⎜⎝𝑑𝑥 ⎟⎠
⎜
1 2
1 2𝜋
= ∫ 𝑃 (𝜑 (𝑡)) ⋅ 𝜑 ′ (𝑡) 𝑑𝑡
2 0
1 2𝜋
= ∫ (− sin (𝑡), cos (𝑡)) ⋅ (− sin (𝑡), cos (𝑡)) 𝑑𝑡
2 0
1 2𝜋
= ∫ 1𝑑𝑡 = 𝜋.
2 0
— Formule de Stokes
Soit 𝑤 une 1-forme de classe 𝒞 1 sur ℝ3
92
Intégrales curvilignes et intégrales de surfaces A. Tiarimti Alaoui
N1 ( 13 , 13 ) = (− 23 , − 23 , 1), Alors pour calculer le flux sortant on utilisera le vecteur normal −N1 .
On en déduit
0 0 0 0 2
La formule d’Ostrogradski est très utilisée en analyse numérique pour écrire des équa-
tions aux dérivées partielles sous des formes dites ”faibles”.
Corollaire 4.5. Soit 𝐵 un sous-ensemble borné de ℝ3 dont le bord 𝑆 est une surface régulière
et sans point double. Si 𝑓 est une application de 𝐵 dans ℝ3 de classe 𝒞 2 et 𝑔 une application
de 𝐵 dans ℝ3 de classe 𝒞 1 alors
𝜕𝑓
∫ Δ (𝑓) 𝑔 𝑑𝑣 = − ∫ ∇𝑓 ⋅ ∇𝑔 𝑑𝑣 + ∫ 𝑔 𝑑𝜎,
𝐵 𝐵 𝑆 𝜕n
𝜕𝑓
où 𝜕n
correspond à la dérivée de l’application 𝑓 dans la direction du vecteur normal n.
Exercice 4.1.
Calculer l’intégrale curviligne de 𝜔 = 𝑦𝑑𝑥 + 2𝑥𝑑𝑦 sur le contour du domaine défini par :
⎧
⎪ 2 2
⎪𝑥 + 𝑦 − 2𝑥 ≤ 0
⎪
⎨
⎪
⎪
⎪𝑥 2 + 𝑦 2 − 2𝑦 ≤ 0
⎩
Solution :
96
Intégrales curvilignes et intégrales de surfaces A. Tiarimti Alaoui
2
On a l’équation 𝑥 2 + 𝑦 2 − 2𝑥 ≤ 0 ⟺ (𝑥 − 1) + 𝑦 2 ≤ 1 représente le disque de centre (1, 0)
2
et de rayon 1 et l’équation 𝑥 2 + 𝑦 2 − 2𝑦 ≤ 0 ⟺ 𝑥 2 + (𝑦 − 1) ≤ 1 représente le disque de
centre (0, 1) et de rayon 1. les deux points d’intersection des deux cercles délimitant les deux
disques sont 𝑂 = (0, 0) et 𝐴 = (1, 1), donc le contour est la réunion des courbes paramétriques
𝐶1 et 𝐶2 dont les paramétrages sont respectivement 𝜑1 et 𝜑2 :
𝜋
𝜑1 ∶ [− , 0] ⟶ ℝ2
2
𝑡 ⟼ 𝜑1 = (𝑥, 𝑦) = (cos (𝑡), 1 + sin (𝑡))
et
𝜋
𝜑2 ∶ [ , 𝜋] ⟶ ℝ2
2
𝑡 ⟼ 𝜑2 = (𝑥, 𝑦) = (1 + cos (𝑡), sin (𝑡))
On en déduit
∫ 𝑤 =∫ 𝑤 + ∫ 𝑤
𝐶 𝐶1 𝐶2
0 𝜋
= ∫ 𝑃 (𝜑1 (𝑡)) ⋅ 𝜑1′ (𝑡) 𝑑𝑡 + ∫ 𝑃 (𝜑2 (𝑡)) ⋅ 𝜑2′ (𝑡) 𝑑𝑡
− 𝜋2 𝜋
2
0
= ∫ 𝑃 ((cos (𝑡), 1 + sin (𝑡))) ⋅ (− sin (𝑡), cos (𝑡)) 𝑑𝑡
− 𝜋2
𝜋
+ ∫ 𝑃 ((1 + cos (𝑡), sin (𝑡))) ⋅ (− sin (𝑡), cos (𝑡)) 𝑑𝑡
𝜋
2
0
= ∫ ((1 + sin (𝑡)) , 2 cos (𝑡)) ⋅ (− sin (𝑡), cos (𝑡)) 𝑑𝑡
− 𝜋2
𝜋
+ ∫ (sin (𝑡), 2 (1 + cos (𝑡))) ⋅ (− sin (𝑡), cos (𝑡)) 𝑑𝑡
𝜋
2
0 𝜋
1 3 1 3
= ∫ (− sin (𝑡) +
+ cos (2𝑡)) 𝑑𝑡 + ∫ (2 cos (𝑡) + + cos (2𝑡)) 𝑑𝑡
− 𝜋2 2 2 𝜋 2 2
2
𝜋 𝜋 𝜋
= + 1 + − 2 = − 1.
4 4 2
97
Intégrales curvilignes et intégrales de surfaces A. Tiarimti Alaoui
Exercice 4.2.
Soit 𝐶 le triangle de sommets 𝐴 (1, 0), 𝐵 (2, 2), et 𝐶 (1, 2), orienté dans le sens direct. On pose
𝑤 =𝑤𝑤de(1deux
Calculer la circulation de la 1-forme + 𝑤)manière
𝑤𝑤 + 𝑤différente.
(1 + 𝑤) 𝑤𝑤
Solution :
— Méthode directe :
La courbe 𝐶 est représentée par les segments 𝐶1 ∶ [𝐴, 𝐵], 𝐶2 ∶ [𝐵, 𝐶] et 𝐶3 ∶ [𝐶, 𝐴]. Ces seg-
ments ont pour paramétrages
𝜑1 ∶ 𝑡 ∈ [0, 1] ⟼ (1 + 𝑡, 2𝑡) ∈ ℝ2 ,
𝜑2 ∶ 𝑡 ∈ [0, 1] ⟼ (2 − 𝑡, 2) ∈ ℝ2 ,
et
𝜑3 ∶ 𝑡 ∈ [0, 1] ⟼ (1, 2 (1 − 𝑡)) ∈ ℝ2 ,
∫ 𝑤 =∫ 𝑤 + ∫ 𝑤 + ∫ 𝑤
𝐶 𝐶1 𝐶2 𝐶3
1
= ∫ [𝑃 (𝜑1 (𝑡)) ⋅ 𝜑1′ (𝑡) + 𝑃 (𝜑2 (𝑡)) ⋅ 𝜑2′ (𝑡) + 𝑃 (𝜑3 (𝑡)) ⋅ 𝜑3′ (𝑡)] 𝑑𝑡
0
1⎡ ⎛ ⎞ ⎛ ⎞⎤
⎢ ⎜1 + 𝑡⎞⎟⎟ ⎛⎜⎜1⎞⎟⎟ ⎛⎜2 − 𝑡⎞⎟ ⎛⎜−1⎞⎟ ⎛
⎟⎟ ⋅ ⎜⎜ ⎟⎟ + 𝑃 ⎜⎜⎜ 1 ⎟⎟⎟ ⋅ ⎜⎜⎜ 0 ⎟⎟⎟⎥⎥⎥ 𝑑𝑡
= ∫ ⎢⎢⎢𝑃 ⎜⎜⎜ ⎟⎟ ⋅ ⎜⎜ ⎟⎟ + 𝑃 ⎜⎜⎜ ⎟⎟ ⎜⎜ ⎟⎟ ⎜⎜ ⎟⎟ ⎜⎜ ⎟⎟⎥⎥
⎢ ⎜
0 ⎣ ⎝ 2𝑡 ⎠ ⎝2⎠
⎟ ⎜ ⎟ ⎜
⎝ 2 ⎠ ⎝0⎠ ⎝2 (1 − 𝑡)⎠ ⎝−2⎠⎦
Comme
98
Intégrales curvilignes et intégrales de surfaces A. Tiarimti Alaoui
Exercice 4.2.
Soit 𝐶 le triangle de sommets 𝐴 (1, 0), 𝐵 (2, 2), et 𝐶 (1, 2), orienté dans le sens direct. On pose
𝑤 = 𝑦 (1 + 𝑥) 𝑑𝑥 + 𝑥 (1 + 𝑦) 𝑑𝑦
Solution :
— Méthode directe :
La courbe 𝐶 est représentée par les segments 𝐶1 ∶ [𝐴, 𝐵], 𝐶2 ∶ [𝐵, 𝐶] et 𝐶3 ∶ [𝐶, 𝐴]. Ces seg-
ments ont pour paramétrages
𝜑1 ∶ 𝑡 ∈ [0, 1] ⟼ (1 + 𝑡, 2𝑡) ∈ ℝ2 ,
𝜑2 ∶ 𝑡 ∈ [0, 1] ⟼ (2 − 𝑡, 2) ∈ ℝ2 ,
et
𝜑3 ∶ 𝑡 ∈ [0, 1] ⟼ (1, 2 (1 − 𝑡)) ∈ ℝ2 ,
∫ 𝑤 =∫ 𝑤 + ∫ 𝑤 + ∫ 𝑤
𝐶 𝐶1 𝐶2 𝐶3
1
= ∫ [𝑃 (𝜑1 (𝑡)) ⋅ 𝜑1′ (𝑡) + 𝑃 (𝜑2 (𝑡)) ⋅ 𝜑2′ (𝑡) + 𝑃 (𝜑3 (𝑡)) ⋅ 𝜑3′ (𝑡)] 𝑑𝑡
0
1⎡ ⎛ ⎞ ⎛ ⎞⎤
⎢ ⎜1 + 𝑡⎞⎟⎟ ⎛⎜⎜1⎞⎟⎟ ⎛⎜2 − 𝑡⎞⎟ ⎛⎜−1⎞⎟ ⎛
⎟⎟ ⋅ ⎜⎜ ⎟⎟ + 𝑃 ⎜⎜⎜ 1 ⎟⎟⎟ ⋅ ⎜⎜⎜ 0 ⎟⎟⎟⎥⎥⎥ 𝑑𝑡
= ∫ ⎢⎢⎢𝑃 ⎜⎜⎜ ⎟⎟ ⋅ ⎜⎜ ⎟⎟ + 𝑃 ⎜⎜⎜ ⎟⎟ ⎜⎜ ⎟⎟ ⎜⎜ ⎟⎟ ⎜⎜ ⎟⎟⎥⎥
⎢ ⎜
0 ⎣ ⎝ 2𝑡 ⎠ ⎝2⎠
⎟ ⎜ ⎟ ⎜
⎝ 2 ⎠ ⎝0⎠ ⎝2 (1 − 𝑡)⎠ ⎝−2⎠⎦
Comme
98