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Le document présente 'L'Élégance Masculine' par Abel Léger, avec une préface d'André de Fouquières qui explore le dandysme et l'importance de l'élégance dans la mode masculine. Il souligne que l'élégance ne se limite pas à l'apparence, mais dépend aussi de l'attitude et du contexte, tout en plaidant pour une renaissance de la coquetterie masculine. L'auteur insiste sur la nécessité d'une élégance moderne qui soit à la fois pratique et raffinée, tout en reconnaissant l'importance du sport dans l'amélioration de l'apparence physique.

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Le document présente 'L'Élégance Masculine' par Abel Léger, avec une préface d'André de Fouquières qui explore le dandysme et l'importance de l'élégance dans la mode masculine. Il souligne que l'élégance ne se limite pas à l'apparence, mais dépend aussi de l'attitude et du contexte, tout en plaidant pour une renaissance de la coquetterie masculine. L'auteur insiste sur la nécessité d'une élégance moderne qui soit à la fois pratique et raffinée, tout en reconnaissant l'importance du sport dans l'amélioration de l'apparence physique.

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L'Élégance Masculine
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ABEL LÉGER

L ' É l é g a n c e

Masculine
PRÉSENTÉ PAR

ANDRÉ DE FOUQUIÈRES

ÉDITIONS NILSSON
7, RUE DE LILLE, 7
PARIS
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PRÉFACE

Vous voulez bien me demander, Monsieur


et cher Confrère, de présenter votre livre au
public. Je ne saurais me dérober à cet hon-
neur et à ce plaisir, mais vous me permet-
trez de ne pas déflorer un sujet aussi com-
plexe et aussi brillant que le vôtre.
Pourquoi ne pas vous dire un mot du
Dandysme ? il semble que notre démocratie,
p a r une singulière anomalie, lui a rendu son
prestige d'antan.
Chacun a sur ce sujet délicat sa théorie
spéciale. Les plus érudits chroniqueurs nous
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disent que c'est une façon inimitable d'être


insolent. N'est-ce que cela ? direz-vous.
Non pas, le dandysme exige encore une
science parfaite de la tenue.
Et nous devons croire que le type du dandy
est difficile à réaliser puisqu'il n'y eut qu'un
seul vrai dandy, sir George Bryan Brummel,
lequel sut si bien traverser la chaussée boueuse
sans tacher ses souliers, porter son chapeau
sans décoiffer ses cheveux, remuer la tête
sans froisser sa cravate, s'incliner sans chif-
fonner son gilet, faire rôtir un toast sans se
brûler les doigts, qu'il obtint une célébrité
qui irrita Chateaubriand,provoqua l'admira-
tion de Byron, fit rêver Mme de Staël,
enthousiasma Musset, rendit Barbey d'Aure-
villy lyrique, lui valut enfin d'être le premier
personnage en Angleterre après Sa Majesté
George IV.
Sir George Brummel avait émis ce lumi-
neux aphorisme : « Un homme bien vêtu ne
doit pas être remarqué. » Mais je pense qu'il
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eût été fort ennuyé de passer inaperçu. Aussi


bien l'excentricité fut à la mode chez les
dandies : cependant que celui-ci s'habillait
en vert des pieds à la tête, du chapeau aux
bottines, celui-là portail une canne différente
chaque jour de l'année, tel autre se poudrait
les cheveux de sucre râpé ou versait des
glaces dans ses bottes. Mais ces actions sin-
gulières ne divertissaient personne et elles ne
valaient que p a r le flegme ennuyé avec le-
quel elles étaient accomplies.
Ces élégants, qu'ils s'appelassent roués,
merveilleux, incroyables, lions, gommeux,
pschutteux, petits crevés, snobs, nous ont
toujours paru quelque peu ridicules et nous
né nous intéressons à leurs aventures que
parce qu' elles aident à comprendre les
mœurs particulières des époques auxquelles
ils vécurent.
Et — remarquez-le — ces héros singu-
liers furent, pour la plupart, des adversaires
du sport.
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Brummel n'aimait point le sport « où l'on


s'expose à des mouvements violents qui dé-
rangent les habits, où l'on se donne chaud,
où l'on se décoiffe, où l'on prend des postures
ridicules ».
Les habitués de Tortoni ou du Café de
Paris, les soupeurs du Grand Seize jugeaient
parfaitement vulgaires les exhibitions de
boxeurs et de lutteurs. Une puissante mus-
culature était le signe d'un manque de dis-
tinction, et quand Lord Seymour installera
chez lui une salle d'armes et se montrera
fier de ses biceps « monstrueux », il provo-
quera l'étonnement. On ne se battait qu'au
pistolet, cette sorte de duel permettant une
noble, roide et dédaigneuse attitude... Lorsque
les sports seront à la mode, les esprits cha-
grins pleureront sur l'art de la mise et déci-
deront ses funérailles.
Est-ce à dire que le sport et l'élégance
sont incompatibles ?
Non pas, le sport a transformé le dan-
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dysme et l'a débarrassé de son aspect d'en-


nui, de sa morgue obligatoire, de son flegme
insolent. N'est-ce pas dans les salles d'armes
que l'on conserve la tradition des belles ma-
nières, du courage généreux et de la cour-
toisie !
Il est un dandysme qui nous tient au cœur
et celui-là a ses ancêtres.
L'exquis Lauzun répondait à la raillerie
p a r l'épée, le maréchal de Richelieu, ce séduc-
teur en dentelles, était aussi le vainqueur de
Port Mahon et de Philippsbourg, le comte
d'Orsay cavalcadait comme un centaure,
Beauvais appelait Balzac sur le terrain,
Eugène Sue boxait comme le Prince Ro-
dolphe, — et tous avaient de l'esprit, de la
grâce, du charme, de l'enjouement.
Si nous avons adopté la mode anglaise,
pratique, simple et correcte, c'est que les
sportmen n'aiment pas à être gênés « aux
entournures », il nous plaît aussi de vanter
le règne de l'action et les dandies du jour,
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chevaleresques, téméraires, railleurs,


rants de l'ennui et qui sourient de tout — à
la française — même au seuil de la mort.
A N D R É DE F O U Q U I È R E S .
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L'Élégance masculine

M. Péladan, qui est à l'heure actuelle le


seul esthéticien de valeur que nous possé-
dions, a écrit quelque part ceci : « La nature
qui veut que le mâle plaise à la femelle lui
donne toujours des formes et des couleurs
splendides. Comparez le coq et la poule, le
lion et la lionne. P a r quel renversement des
idées normales, sommes-nous venus à consi-
dérer que nous avons le droit d'être laids et
que la femme incarne la beauté? » Et plus
loin: « L'homme devenu laid, par de succes-
sives abdications de formes et de couleurs et
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quelconque à force d'uniformité, a vu son


rôle intime décroître. »
Il est certain que si nous considérons l'his-
toire du costume depuis l'origine la plus
lointaine jusqu'à la Révolution, nous cons-
tatons que de tout temps l'homme n'a point
négligé pour lui-même d'utiliser toutes les
ressources de la parure et même tous les ar-
tifices de la coquetterie la plus raffinée. Et
sans doute il y avait là une raison psycholo-
gique très réfléchie. L'homme arrivera d'au-
tant mieux à séduire que son enveloppe exté-
rieure sera elle-même plus séduisante et
jolie. Tous, plus ou moins, nous voulons
plaire et trop souvent nous négligeons un
des éléments du succès, l'élégance exté-
rieure, ce je ne sais quoi d'achevé et de par-
fait dans le détail qui fait dire : voilà un
homme chic, pour employer le jargon mo-
derne.
Certes, il ne peut plus être question à
notre époque pressée et trépidante de faire
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revivre les somptuosités de jadis. Les ac-


coutrements de nos pères ne seraient plus
possibles pour grimper en automobile, cou-
rir à la hâte dans les rues encombrées, et
nous habiller en un quart d'heure pour aller
à un dîner ou au théâtre. Si nous portions
encore perruques, neuf fois sur dix on
verrait des gens la mettre à l'envers, dans
l'affollement d'un habillage précipité.
Il nous faut donc avant tout des vêtements
simples, commodes, pratiques, aussi vite
mis qu'enlevés et qui n'apportent à nos vies
déjà si surchargées ni gêne, ni complica-
tion.
Mais justement parce que nous renonçons
aux somptueux brocards, aux ors étincelants,
à toute la chatoyante bigarrure des cos-
tumes des temps jadis, il nous faut sur-
veiller d'autant plus près les rares détails
de notre sobre élégance moderne. A vrai
dire, l'élégance est une question de nuances
imperceptibles pour un œil grossier. Elle est
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toute « en valeurs » pour employer le langage


des peintres. Elle est toute en « valeurs »
parce qu'elle dépend essentiellement de l'in-
dividu et du milieu.
Un costume très simple aura grande al-
lure sur l'un et sera grotesque sur un autre.
Un petit jeune homme habillé à l'améri-
caine pourra être charmant et un homme de
quarante-cinq ans ridicule.
Nous nous proposons donc en cet ouvrage
d'indiquer les lois très délicates et beaucoup
plus subtiles qu'on ne croirait de l'élégance
masculine. Nous voudrions en quelque sorte
donner ici le code de l'élégance masculine et
nous voudrions surtout persuader la plus vi-
laine moitié du genre humain — ces pauvres
hommes que nous sommes — qu'elle n'est
laide et disgracieuse la plupart du temps
qu'autant qu'elle le veut bien.
Il est légitime que l'homme se pare pour
plaire ou même s'efforce à l'élégance pour
un pur plaisir personnel. Nous avons nous
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aussi, disons-le bien haut, quitte à faire


sourire quelques railleurs, des droits à la
beauté. Ces droits, depuis un siècle, sem-
blent avoir été méconnus. C'est une raison de
plus pour les réclamer avec véhémence.
Et, puisque des droits impliquent toujours
des devoirs, ces droits de l'élégance et du
chic, on les trouvera scrupuleusement consi-
gnés ici-même.
Avant d'aborder toute autre questionetpour
commencer bien logiquement par le com-
mencement, le premier de nos devoirs est de
surveiller et de développer dans la mesure
du possible notre harmonie corporelle. Il n'y
a point d'élégance réelle pour les difformes,
pour ceux-là qui se sont laissé envahir et
noyer par la graisse, par un embonpoint
grotesque. On peut dire que la beauté, à
moins d'une extrême jeunesse ou de dons ex-
ceptionnels, n'est que le résultat d'une lutte
perpétuelle et acharnée contre la laideur.
Dans cette lutte, on ne succombe que si on
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le veut bien, que si on laisse reprendre du


souffle et recommencer l'attaque à un adver-
saire implacable. Je n'insisterai pas et je
ne me donnerai pas le ridicule d'enfoncer des
portes ouvertes. Notre jeunesse française a
reconnu la nécessité et la noblesse du sport.
Elle s'y adonne avec passion, avec méthode,
ce qui est mieux. Et déjà nous pouvons cons-
tater l'heureux résultat de cette renaissance
des exercices physiques. La plupart de nos
jeunes gens sont lestes et bien découplés. Ils
sont pénétrés de la justesse de cette phrase
de M. Marcel Boulanger, un des dandies dans
le meilleur sens du mot de l'heure actuelle :
l'élégance est toute en muscles, d'abord, toute
en gestes ensuite.
Il n'importe pas en effet d'avoir un habit
coupé comme ceci ou coupé comme cela. Il
faut savoir le porter, car l'aspect que l'on a
ne s'achète point chez le bon faiseur uni-
quement. Et, pour citer encore M. Marcel
Boulanger, l'élégance moderne masculine
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n'est pas « une élégance de primitif, faite


uniquement de minceur et de morbidesse,
non plus qu'une grâce de décadence, toute en
expression et en manière».
L'élégance que nous prônons, celle que
nous voudrions imposer sera toute virile,
sans fadeur ni mièvrerie. C'est celle qui con-
vient à nos jeunes gens actuels, presque tous
plus ou moins athlètes, presque tous svel-
tes, avec l'allure dégagée et pleine d'aisance
de l'homme habitué aux exercices du corps.
Aussi, ne prêcherai-je pas plus longtemps
des convertis. Il y a des vérités qu'il suffit
d'énoncer et l'on ne démontre pas l'évi-
dence.
J'ai voulu seulement dans ce court pre-
mier chapitre insister sur cette idée trop
négligée de nos jours de la légitimité, de
l'absolue nécessité même, de la coquetterie
masculine. Nous ne ferions d'ailleurs en cela
que renouer une chaîne un instant brisée.
Surtout, que l'on n'aille point s'effrayer.
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Nous n'irons jamais aussi loin dans le raffi-


nement que nos aïeux qui pourtant firent de
grandes choses et n'étaient, eux, ni des dé-
cadents ni des esthètes pitoyables. Ceci pour
répondre d'avance à une critique que l'on
pourrait nous adresser.
Et maintenant, puissent les chapitres
qu'on va lire servir d'utile vade-mecum de
l'homme du monde, ou plus simplement
donner quelques indications précieuses aux
hésitants ou aux indécis qui ont la chance
et le bonheur d'échapper à la tyrannie du
« grand faiseur », cet être redoutable et dont
le goût est sujet à caution.
La certitude d'être parfaitement correct et
de ne détonner nulle part donne une force et
une assurance singulière à l'individu.
L'homme mal habillé se sent gauche et
intimidé, il redoute les brocards qui ne man-
queront pas de l'accueillir s'il a conscience
de pénétrer dans une société ou dans un mi-
lieu qui lui est par trop supérieur en raffine-
ment. Nous avons tous connu enfants, au
lycée ou dans la vie, un pauvre petit que l'on
tarabustait sans pitié parce que ses parents
l'habillait d'une façon cocasse.
Ces petits, « pas comme les autres », selon
l'heureux mot d'un écrivain contemporain,

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