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Cours de Chimie Inorganique

Le cours de chimie minérale vise à enseigner les principes de la chimie descriptive, en se concentrant sur la classification périodique et les propriétés des éléments et de leurs composés. Il aborde les éléments des groupes principaux, leur comportement chimique, ainsi que leur préparation et utilisation dans l'industrie. L'hydrogène est présenté comme un élément unique avec des propriétés distinctes et des applications variées, notamment dans la production d'ammoniac et de méthanol.

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Cours de Chimie Inorganique

Le cours de chimie minérale vise à enseigner les principes de la chimie descriptive, en se concentrant sur la classification périodique et les propriétés des éléments et de leurs composés. Il aborde les éléments des groupes principaux, leur comportement chimique, ainsi que leur préparation et utilisation dans l'industrie. L'hydrogène est présenté comme un élément unique avec des propriétés distinctes et des applications variées, notamment dans la production d'ammoniac et de méthanol.

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COURS DE CHIMIE MINERALE

Objectifs

- Connaissance des principes généraux de la chimie descriptive : classification périodique et


principes qui sont à la base des propriétés des atomes.
- Prévoir le comportement des éléments et de leurs composés en fonction de leur
emplacement dans le tableau périodique et l’évolution des propriétés à partir de la structure de
l’élément (influence de la configuration électronique de la couche de valence sur les
propriétés physiques et chimiques).
- Prévoir et être capable d’écrire les réactions chimiques susceptibles de se produire en
fonction de l’emplacement de l’élément dans le tableau périodique.
- Etre capable d’expliquer le comportement et l’organisation de la matière à partir des
propriétés des atomes.
- Etat naturel, préparation, purification, utilisations et importance commerciale des corps
simples et de leurs composés.

CONTENU
INTRODUCTION
LES ELEMENTS DES GROUPES PRINCIPAUX
I- L’hydrogène
II- Les quatre premières familles
1- Les éléments du groupe 1/I : les métaux alcalins
2- Les éléments du groupe 2/II : les métaux alcalino-terreux
3- Les éléments du groupe13/III : famille du bore
4- Les éléments du groupe 14/IV : famille du carbone
III- Les quatre dernières familles
1- Les éléments du groupe 15 : La famille de l’azote
2- Les éléments du groupe 16 : les chalcogènes
3- Les éléments du groupe 17 : les halogènes
4- Les éléments du groupe 18/VIII : les gaz nobles
IV- Le bloc d : métaux de transition
INTRODUCTION

La chimie minérale, branche la plus ancienne de la chimie, a pour objectifs l’étude


expérimentale et l’interprétation théorique des propriétés et des réactions chimiques de tous
les éléments ainsi que des composés auxquels ils peuvent donner naissance.
Une exception doit être faite toutefois pour les composés contenant les éléments carbone et
hydrogène associés entre eux et, éventuellement, à d’autres éléments. Ces composés relèvent
de la chimie organique. Dans certains pays, anglo-saxons notamment, la chimie minérale
s’appelle chimie inorganique.
Dans les chapitres suivants, nous allons passer en revue les propriétés des éléments, les
propriétés de leurs composés et leurs applications exceptionnelles, en fonction de leur place
dans le tableau périodique. Les sujets abordés font partie de la chimie descriptive qui est la
description de la préparation, des propriétés et des applications des corps simples et de leurs
composés.
Lorsque nous aurons appris à interpréter le tableau périodique, nous serons en bonne position
pour prévoir les propriétés d’un élément à partir de sa place dans le tableau périodique et nous
commencerons à comprendre pourquoi les chimistes considèrent le tableau périodique comme
l’un des grands concepts unificateurs à la chimie.

1- Organisation du tableau périodique ou structure électronique et tableau périodique


Le tableau périodique est divisé en blocs s, p, d et f d’après le nom de la dernière sous-couche
ou orbitale occupée selon le principe de construction. Les blocs « s » et « p » comprennent les
groupes principaux. Les configurations électroniques de la couche de valence des atomes d’un
même groupe principal ne diffèrent que par la valeur de n. Les périodes sont numérotées selon
le nombre quantique principal de la couche de valence.
Les éléments He et H font exception. A strictement parler l’He appartient au bloc « s », mais
il apparaît au bloc « p ». C’est un gaz dont les propriétés ressemblent plus à celles des gaz
nobles du groupe 18 qu’à celles des métaux du groupe 2. Comme tous les éléments du groupe
18, sa couche de valence est complète. L’hydrogène est un cas unique ; il possède un électron
s et appartient donc au groupe « s ».
Chaque groupe du tableau périodique possède ses propres caractéristiques particulières. Mais
les groupes principaux ont certaines propriétés en commun :
- Les configurations électroniques de la couche de valence des membres d’un groupe sont
analogues.

2
- L’élément à la tête ou le plus léger d’un groupe a un caractère assez différent de celui des
autres membres du groupe.
- Il existe des relations diagonales entre les éléments, en particulier entre les périodes 2 et 3.
- Le caractère non-métallique augmente de gauche à droite le long d’une période et le
caractère métallique de haut en bas dans un groupe.

2- Périodicité et propriétés atomiques


a- Le rayon atomique
Le rayon atomique aussi appelé rayon covalent de l’élément augmente le long d’un groupe et
diminue le long d’une période.
b- Le rayon ionique
En général les rayons ioniques augmentent de haut en bas d’un groupe et diminuent le long
d’une période. Les cations sont plus petits que les atomes correspondant et les anions sont
plus grands.
c- L’énergie de première ionisation
L’énergie de première ionisation est maximum pour les éléments proches de l’hélium et
minimum pour les éléments proches du césium. L’énergie de deuxième ionisation est plus
élevée que l’énergie de première ionisation pour un même élément, et beaucoup plus élevée si
l’électron doit être arraché à une couche complète. Les éléments qui ont un caractère
métallique ont des énergies d’ionisation peu élevée et peuvent aisément perdre ses électrons.
d- L’effet de doublet inerte
L’effet de doublet inerte est la propension à former des ions dont la charge est inférieure au
numéro du groupe ; il est particulièrement important pour les éléments lourds du bloc « p ».
La différence d’énergie entre les électrons s et p s’accentue lorsqu’on descend dans le groupe.
Les charges élevées sont privilégiées en haut du groupe, ex : Al , In, Sn et Pb.
e- Relations diagonales
Deux éléments voisins placés en diagonale présentent souvent des propriétés chimiques
semblables.
f- Affinité électronique
L’affinité électronique Ea est l’énergie dégagée lorsque l’atome en phase gazeuse capte un
électron. Les éléments ayant une affinité électronique élevée sont ceux qui sont proches de
l’oxygène, du fluor, et du chlore. Les atomes du groupe 17 peuvent capter un électron avec
dégagement d’énergie et ceux du groupe 16 peuvent capter deux électrons avec des énergies

3
accessibles chimiquement ; ainsi des ions typiques des halogènes sont des X- et ceux des
éléments du groupe 16 sont des ions X2-.
g- Caractère métallique
- Les éléments du bloc « s » ont une énergie d’ionisation peu élevée ce qui signifie qu’ils
peuvent perdre aisément leurs électrons les plus externes ; ils sont tous des métaux réactifs qui
forment des oxydent basiques.
- Les éléments du bloc « p » ont tendance à capter des électrons pour compléter leur couche
de valence ; ils comprennent des métaux, des métalloïdes et des non-métaux.
-Tous les éléments du bloc « d» sont des métaux dont les propriétés sont intermédiaires entre
celles du bloc «s» et celles du bloc «p». De nombreux éléments du bloc «d» forment des
cations à divers degrés d’oxydation.
Tableau : Caractéristiques des métaux et des non-métaux
Métaux Non-métaux
Propriétés physiques
Bons conducteurs thermique et électriques Mauvais conducteurs d’électricité
Ductiles Non ductiles
malléables Non malléables
Typiquement : Solides Solides, liquides, gazeux
Point de fusion élevé Point de fusion peu élevé
Bon conducteur de la Mauvais conducteur de la chaleur
chaleur
Propriétés chimiques
Réagissent avec les acides Ne réagissent avec les acides
Forment des oxydes basiques Forment des oxydes acides (qui réagissent avec
(qui réagissent avec les acides) les bases)
Forment des cations Mn+ Forment des anions
Forment des halogénures ioniques Forment des halogénures covalents

Nous commencerons par l’hydrogène, un élément unique, et nous irons vers les éléments des
groupes principaux, en nous déplaçant de gauche à droite à travers le tableau périodique.

L’HYDROGENE
1-L’élément et la molécule
L’hydrogène est l’élément le plus abondant de l’univers ; 89 % des atomes qui le constituent
sont des atomes d’hydrogène. Il y a peu d’hydrogène libre sur terre parce que les molécules

4
H2, très légères, se déplacent à des vitesses qui les amènent à échapper à l’attraction terrestre.
Il faut des atomes plus lourds pour ancrer l’hydrogène à la planète sous forme de composés.
La plus grande quantité de l’hydrogène terrestre se trouve sous forme d’eau H2O dans les
océans ou piégée dans les minéraux et dans les argiles. On trouve aussi l’hydrogène dans les
hydrocarbures qui constituent les combustibles fossiles : le charbon, le pétrole et le gaz
naturel.
Bien qu’il ait la même configuration électronique de valence que les éléments du groupe 1,
ns1, et qu’il donne des ions +1, il n’a que peu de ressemblance avec les métaux alcalins. En
outre bien que l’hydrogène soit un non-métal qui ressemble aux halogènes : il ne lui faut
qu’un électron pour compléter sa configuration électronique, pour former un ion -1 et sa
forme la plus stable est une molécule diatomique ; toutefois, les propriétés chimiques de
l’hydrogène sont très différentes de celles des halogènes. Comme il n’entre clairement dans
aucun des groupes, on ne lui attribue pas de groupe.
L’hydrogène est communément considéré comme le carburant de notre avenir, et ses
propriétés sont d’un grand intérêt pour les scientifiques et les ingénieurs.
L’hydrogène est un gaz incolore, inodore et insipide.
Les sources naturelles d’hydrogène gazeux sont très insuffisantes pour satisfaire les besoins
de l’industrie, et la plus grande partie de l’hydrogène commercial est obtenue comme sous-
produit du raffinage du pétrole au cours d’une suite de deux réactions catalytiques.
a- La réaction de reformage
Un mélange d’hydrocarbure et de vapeur d’eau est transformé en monoxyde de carbone et en
hydrogène.
CH4(g) + H2O(g) 800°C, Ni {CO(g) + 3 H2(g)} gaz de synthèse
Le gaz de synthèse est le point de départ de la fabrication de nombreux composés, parmi
lesquels le méthanol.
b-Réaction de déplacement
La réaction de reformage est suivie de la réaction de déplacement, dans laquelle le monoxyde
de carbone du gaz de synthèse continue à réagir avec l’eau.
CO (g) + H2O (g) 400°C, Fe/Cu CO2 (g) + H2 (g).
c- Autres méthodes de préparation de l’hydrogène
. Les chimistes recherchent actuellement le moyen d’utiliser l’énergie solaire pour provoquer
la réaction de clivage de l’eau, c’est-à-dire la décomposition photochimique de l’eau en ses
corps simples :
2H2O(l) lumière 2H2(g) + O2(g)

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. Au laboratoire, on prépare l’hydrogène en réduisant les ions hydrogènes à l’aide d’un métal :
Zn(s) + 2HCl (aq) ZnCl2 (aq) + H2 (g)
d- Utilisation de l’hydrogène
. La moitié de l’hydrogène (environ 3.108 kg) utilisé dans l’industrie est transformée en
ammoniac par le procédé Haber. A partir des réactions de NH3, l’hydrogène fait son chemin
à travers de nombreux autres composés azotés importants comme l’hydrazine H2N-NH2 et
l’amidure de sodium NH2Na.
. L’hydrogène pénètre aussi dans l’économie par la production de méthanol :
2H2(g) + CO(g) ∆ 550K, pression50 bar, catalyseur Cu / ZnO CH3OH(l)
. Un tiers de l’hydrogène produit est utilisé pour l’extraction hydrométallurgique du cuivre et
d’autres métaux de leurs minerais par réduction en solution aqueuse :
Cu2+ (aq) + H2(g) Cu (s) + 2H+ (aq)
. On utilise aussi l’hydrogène dans l’industrie alimentaire pour transformer les huiles
végétales en graisses saturées.
H2(g) + … C = C … 200°C, 30 atm, Ni ou Pt ...CH – CH
2. Propriétés physiques
Z Nom Symbole Masse molaire Abondance Pf °C Peb°C ρ
1 Hydrogène H 1,008 99,88 -259 -253 0,089
2
1 Deutérium H ou D 2,014 0,02 -254 -249 0,18
3
1 Tritium H ou T 3,016 radioactif -254 -248 0,27

3. Composés de l’hydrogène
Tous les éléments des groupes principaux, à l’exception des gaz nobles et probablement
l’indium et le thallium forment des composés binaires avec l’hydrogène. Il en est de même
pour les éléments situés aux deux extrémités du bloc d, mais non pour les éléments centraux
de ce bloc.
a-Les hydrures salins
Ce sont les composés de réaction de l’hydrogène avec les métaux très électropositifs (tous les
éléments s, à l’exception du béryllium). On les obtient en chauffant le métal dans
l’hydrogène : 2K(s) + H2(g)  2KH(s)
Les hydrures salins sont des solides blancs à haut point de fusion qui contiennent l’ion
hydrure H- ; les ions hydrures réduisent l’eau dès qu’ils viennent à son contact :
NaH(s) + H2O(l) NaOH(aq) + H2(g)

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b. Les hydrures métalliques
Ils sont appelés ainsi parce qu’ils conduisent l’électricité. On prépare ces solides poudreux
noirs en chauffant certains métaux du bloc d dans l’hydrogène ; par exemple :
2Cu(s) + H2(g)  2CuH(s)
c- Les composés binaires moléculaires
Ils sont constitués de molécules discrètes. Ils se forment par réaction avec les non-métaux et
sont dans la plupart des cas des gaz comme l’ammoniac, les halogénures d’hydrogène (HCl,
HF, HBr, HI) et les hydrocarbures gazeux tels que l’éthane, l’éthylène et l’éthyne. Les
composés liquides comprennent l’eau et les hydrocarbures liquides comme l’octane et le
benzène.
FeS(s) + 2HCl (aq) FeCl2 (aq) + SH2 (g)
CaF2(s) + H2SO4 (l) CaSO4(s) + 2HF(g)
Remarque : Les composés moléculaires binaires de l’hydrogène sont souvent appelés hydrures
moléculaires, mais ils ne sont pas réellement des hydrures dans la mesure où le degré d‘oxydation
de l’hydrogène est +1.
On peut résumer ces propriétés chimiques de l’hydrogène dans le tableau suivant :
Réactif Réaction avec l’hydrogène
Métaux du groupe 1 (M) 2M(s) + H2(g) 2MH(s)
Métaux du groupe 2 (M) (sauf Be) M(s) + H2 (g) MH2(s)
Quelques métaux du bloc d (M) 2M(s) + xH2(g) 2MHx(s)
Oxygène O2(g) + 2H2(g) 2H2O(l)
Azote N2(g) + 3H2(g) 2NH3(g)
Halogène (X2) X2(g, l, s) + H2(g) 2HX(g)

LES ELEMENTS DES GROUPES PRINCIPAUX


LES QUATRE PREMIERES FAMILLES
I- Les éléments du groupe 1 : les métaux alcalins
Z Nom Symbole Masse mol., g/mol Pf, °C Péb, °C Densité
3 Lithium Li 6, 94 181 1347 0, 53
11 Sodium Na 22, 99 98 883 0, 97
19 Potassium K 39, 10 64 774 0, 86
37 Rubidium Rb 85, 47 39 688 1, 53
55 Césium Cs 132, 91 28 678 1, 87
87 Francium Fr 223 17 677 -

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1-Les éléments
La configuration électronique de la couche de valence des métaux alcalins est : ns1 (couche
incomplète). Ils sont de tous les métaux, les plus violemment réactifs. Ils s’oxydent trop
facilement pour qu’on puisse les trouver à l’état libre dans la nature. On obtient les métaux
purs par électrolyse de leurs sels fondus.
KCl(l) + Na(g) 750°C NaCl(s) + K(g)
2-Propriétés chimiques des métaux alcalins

A cause de leur très faible énergie de première ionisation, les métaux alcalins se présentent le
plus souvent sous forme de cations monochargés comme Na+ et la plupart de leurs composés
sont par conséquent ioniques. Ces faibles énergies d’ionisation en font d’excellents
réducteurs. Ils réduisent l’eau avec une violence qui augmente du haut en bas du groupe. Les
cations ont tendance à former leurs composés les plus stables avec les anions de taille
semblable.
a- Réactions chimiques
Réactif Réaction avec le métal alcalin (M)
Hydrogène 2M(s) + H2(g) 2MH(s)
Oxygène 4Li(s) + O2(g) 2Li2O(s)
2Na(s) + O2(g) Na2O2(s)
M(s) + O2(g) MO2(g), M = K, Rb, Cs
Azote 6Li(s) + N2(g) 2Li3 N(s)
Halogène (X2) 2M(s) + X2(g, l, s) 2MX (s)
eau 2M(s) + 2H2O(l) 2MOH (aq) + H2(g)
b- Propriétés des composés du groupe 1
Composé Formule Commentaires
Formés par la décomposition des carbonates, bases fortes,
Oxydes M 2O réagissent avec l’eau pour donner les hydroxydes.
hydroxydes MOH Formés par réduction de l’eau par le métal, où à partir des
oxydes, bases fortes.
Hydrogéno- Bases faibles dans l’eau, peuvent être obtenues sous forme de
carbonates MHCO3 solide.
Carbonates M2CO3 Solubles dans l’eau, la plupart d’entre eux sont décomposés en
oxydes par la chaleur.
Nitrates MNO3 Se décomposent en nitrites en dégageant de l’oxygène
lorsqu’on les chauffe.

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3. Composés du lithium, du sodium et du potassium
Le lithium ressemble au magnésium et ses composés présentent un caractère covalent. Les
composés du sodium sont solubles dans l’eau, abondants et bon marché. Les composés du
potassium sont en général moins solubles et moins hygroscopiques que les composés du
sodium.
II- Les éléments du groupe II : les métaux alcalins –terreux
Z Nom Symbole Masse mol., g/mol Pf, °C Péb, °C Densité
4 Béryllium Be 9, 01 1285 2470 1, 85
12 Magnésium Mg 24, 31 650 1100 1, 74
20 Calcium Ca 40, 08 840 1490 1, 53
38 Strontium Sr 87, 62 770 1380 2, 58
56 Barium Ba 137, 34 710 1640 3, 59
88 Radium Ra 226, 03 700 1500 5, 00

1-Les éléments
La configuration de la couche de valence : ns2.
La forme naturelle : métaux moins gris-argent (25°C, 1 atm).
Le béryllium présente un certain caractère non métallique, mais les autres éléments sont tous
des métaux typiques. La violence de la réaction avec l’oxygène et l’eau augmente du haut en
bas du groupe.
2-Propriétés chimiques des métaux du groupe II
L’énergie de la deuxième ionisation est assez faible pour être contrebalancée par
l’augmentation de l’énergie réticulaire. Les éléments du groupe 2 se trouvent donc au degré
d’oxydation +2 sous forme d’ions M2+ dans tous les composés. Si on excepte la tendance vers
le caractère non-métallique du béryllium, les éléments possèdent toutes les caractéristiques
chimiques des métaux en particulier le caractère basique de leurs hydroxydes.
a-Réactions chimiques
Réactifs Réaction avec le métal du groupe 2 (M)
Hydrogène M(s) + H2(g) MH2(s), sauf Be et Mg
Oxygène 2M(s) + O2(g) 2MO(s)
Azote 3M(s) + N2(g) M3N2(s)
Halogène (X2) M(s) + X2(g, l, s) MX2(s)
Eau M(s) + 2H2O(l) M(OH)2(aq) + H2(g) sauf Be

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b-Propriétés des composés des éléments du groupe 2
Composés Formule commentaires
Oxydes MO Formés par la décomposition des carbonates, bases fortes (BeO
est amphotère) ; réagissent avec l’eau pour donner les
hydroxydes, résistent aux hautes températures.
Hydroxydes M(OH)2 Formés par action de l’eau sur les oxydes ou par précipitation
des solutions des sels ; peu solubles dans l’eau (sauf Ba) ;
bases fortes (Be est amphotère).
Carbonates MCO3 Très peu solubles dans l’eau, la plupart d’entre eux sont
décomposés en oxydes par la chaleur.
Hydrogéno-
carbonates M(HCO3)2 Solides instables, plus solubles que les carbonates.
Nitrates M(NO3)2 Se décomposent en NO2 et O2 lorsqu’on les chauffe, solubles
dans l’eau.

3- Les composés du Béryllium, du Calcium et du Magnésium


Les composés du béryllium ont un caractère covalent marqué et leur unité structurale est
généralement tétraédrique. Ils sont très toxiques et doivent être manipulés avec précaution.
La petite taille du cation magnésium rend son oxyde thermiquement stable et peu soluble dans
l’eau.
Les composés du calcium sont courants dans les matériaux de structure (émail dentaire est un
hydroxyapatite Ca5(PO4)3OH, le calcaire et la craie sont les formes naturelles du carbonate de
calcium); parce que la charge élevée du petit ion Ca2+ conduit à des structures rigides.

III- Le groupe 13 : La famille du BORE


Le groupe 13 est le premier groupe du bloc p. La configuration électronique de la couche de
valence de ses éléments est : ns2 np1.
Nom Symbole Masse mol., Pf, °C ρ, g/l Forme naturelle
Z
g/mol
5 Bore B 10, 81 3700 2, 47 Poudre brune non métallique.
13 Aluminium Al 26, 98 2350 2, 70 Métal blanc argenté
31 Gallium Ga 69, 72 2070 5, 91 Métal argenté
49 Indium In 114, 82 2050 7, 29 Métal blanc argenté
81 Thallium Tl 204, 37 1460 11, 87 Métal mou

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1- Les éléments
Le bore est un élément dur, non-métallique. Le bore est extrait du minerai de formule
Na2B4O7, xH2O, le borax (x = 10) et la kernite (x = 4). Lors du processus d’extraction, les
minéraux sont transformés en oxyde de bore par les acides et réduits par le magnésium en une
forme brune impure du bore :
B2O3(s) + 3Mg(s)  2B(s) + 3MgO(s)
Le bore élémentaire présente plusieurs variétés allotropiques. C’est ou bien un solide non-
métallique gris-noir à haut point de fusion ou une poudre brune foncée ayant une structure
fondée sur des groupements de 12 atomes.
L’aluminium est un élément métallique réactif, amphotère, léger et résistant dont la surface se
passive lorsqu’on l’expose à l’air. L’aluminium est l’élément le plus abondant de la croûte
terrestre, et vient au 3ème rang des éléments après l’oxygène et le silicium. Mais la teneur en
aluminium de la plupart des minéraux est faible et la source industrielle d’aluminium, la
bauxite, est un oxyde impur hydraté Al2O3.xH2O, où x est supérieur à 3. La bauxite, dont la
couleur rouge provient des oxydes de fer qu’elle contient, est traitée pour obtenir l’alumine
Al2O3.
On obtient l’aluminium métallique par le procédé Hall. Hall a découvert qu’un mélange de
cryolite Na3AlF6, un minéral, et d’alumine a un point de fusion de 950°C, ce qui est nettement
plus bas, donc plus économique que le point de fusion de l’alumine pure (2050°C). Le
mélange fondu est électrolysé dans une cellule qui utilise des anodes en graphite (ou en
pétrole carbonisé) et une cuve d’acier qui sert de cathode. Les réactions d’électrolyse sont :
Réaction à la cathode : Al3+ (mélange fondu) + 3e- Al(l)
Réaction à l’anode : 2O2- (mélange fondu) + C(s, gr) CO2 (g) + 4e-
Ce qui donne pour la réaction globale :
4Al3+ (mélange fondu) + 6O2- (mélange fondu) + 3C(s, gr) 4Al(l) +3CO2(g)
2- Réactions des éléments du groupe 13
Réactif Réaction avec l’élément du groupe 13
Oxygène 4E(s) + 3O2(g) 2E2O3(s)
Azote 2E(s) + N2 (g) 2EN(s), E = B, Al.
Halogène (X2) 2B(s) + 3X2 (g, l, s,) 2BX3(g)
2 E(s) + 3X2 (g, l, s) E2X6(g), E = Al, Ga, In
2Tl(s) +X2 (g, l, s) 2TlX(s)
Eau 2Tl(s) + 2H2O(l) 2TlOH(aq) + H2 (g)
Acide 2 E(s) + 6H3O+(aq) 2 E3+(aq) + 6H2O(l) + 3H2 (g), E = Al, Ga, Tl
Base 2 E(s) + 6H2O(l) + 2OH- (aq) 2E(OH)- 4 (aq) + 3H2(g), E = Al, Ga

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4- Carbures, Nitrures et Halogénures
Lorsqu’on chauffe le bore à haute température avec du carbone, il se forme du carbure de bore
B12C3, un solide à haut point de fusion presque aussi dur que le diamant.
Lorsqu’on chauffe le bore blanc dans l’ammoniac, il se forme du nitrure de bore BN, une
poudre onctueuse d’aspect cotonneux.
2B(s) + 2NH3 (g)  2BN(s) + 3H2(g)

Les halogénures de bore sont préparés ou bien par réaction directe des corps simples à haute
température, ou bien à partir des oxydes. Le plus important est le trifluorure de bore BF3, un
catalyseur industriel obtenu par réaction entre l’oxyde de bore, le fluorure de calcium et
l’acide sulfurique :
B2O3(s) + 3CaF2(s) + 3H2SO4 (l)  2BF3 (g) + 3CaSO4(s) + 3H2O (l)
Le trichlorure de bore BCl3, qui est aussi un catalyseur très répandu, est fabriqué
industriellement par action de l’halogène sur l’oxyde en présence de carbone.
B2O3(s) + 3C(s) + 3Cl2(g) 500°C 2BCl3 (g) + 3CO(g)
‖BF3 et ‖BCl3 sont des acides de Lewis.
Le chlorure d’aluminium AlCl3, un autre catalyseur industriel important, est obtenu par action
du chlore sur l’aluminium ou sur l’alumine en présence de carbone.
2Al(s) + 3 Cl2 (g) 2AlCl3(s) ( AlCl3, 6H2O est utilisé comme désodorisant)
Al2O3(s) + 3C(s) + 3Cl2 (g) 2AlCl3(s) + 3CO (g)
Les halogénures d’aluminium réagissent avec l’eau avec un dégagement de chaleur
considérable.
5-Boranes et Borohydrures
Le borohydrure de sodium est un solide cristallin blanc obtenu par la réaction de l’hydrure de
sodium sur le trichlorure de bore en solution dans un solvant non aqueux :
4NaH + BCl3 NaBH4 + 3NaCl
Les boranes constituent une série importante de composés binaires de bore et d’hydrogène,
quelque peu analogues aux hydrocarbures. Le point de départ de la production du borane est
la réaction, dans un solvant organique, du borohydrure de sodium avec le trifluorure de bore.
4BF3 + 3BH-4 3BF4- + 2B2H6.
Le diborane est un gaz incolore qui s’enflamme brusquement dans l’air. Au contact de l’eau,
il s’oxyde immédiatement en acide borique en réduisant l’hydrogène de l’eau.
B2H6(g) + 6H2O(l)  2B(OH)3 (aq) + 6H2(g)

12
IV- Groupe 14 : Famille du carbone
Z Nom Sym Mm (g/mol) Pf, °C Peb, °C ρ g/l Forme naturelle
1,9 à Non–métal noir, graphite
2, 3
6 Carbone C 12, 01 3370s -
3,2 à Non-métal transparent,
3, 5 diamant
14 Silicium Si 28, 09 1410 2620 2, 33 Métalloïde gris
32 Germanium Ge 72, 59 937 2830 5, 32 Métalloïde gris-blanc
50 Etain Sn 118, 69 232 2720 7, 29 Métal blanc brillant
82 Plomb Pb 207, 19 328 1760 11, 34 Métal brillant bleu-blanc

1- Les éléments
Le groupe 14 contient le carbone, l’élément central de la vie, et le silicium, l’élément central
de la technologie moderne (électronique) et de l’intelligence artificielle. La couche de valence
à demi-remplie de ces éléments leur donne des propriétés particulières qui chevauchent la
frontière entre les métaux et les non-métaux. Configuration de la couche de valence : [gaz
rare] ns2np2.
Le carbone est le seul élément du groupe 14 qui forme couramment des doubles liaisons ; les
composés du silicium peuvent se comporter comme des acides de Lewis parce que le silicium
peut étendre sa couche de valence.

3-Silicium, Etain et Plomb


Le silicium est le 2ème élément le plus abondant de la croûte terrestre. Il se trouve dans les
roches sous forme de silicates, des composés qui contiennent l’ion silicate ( SiO 24 ) et dans le
sable sous forme de silice (SiO2). On obtient le silicium pur à partir de quartzite, une forme
granulaire du quartz, par réduction avec du carbone de haute pureté dans un four à arc
électrique.

13
SiO2(s) + 2C(s)  Si(s) + 2 CO (g)
Le produit brut est mis en présence de chlore pour obtenir le tétrachlorure de silicium, qui est
ensuite distillé et réduit par l’hydrogène en une forme plus pure du corps simple :
SiCl4 (l) + 2H2 (g) Si(s) + 4HCl (g)
L’étain et le plomb s’obtiennent facilement à partir de leurs minerais et sont connus depuis
l’antiquité. L’étain se trouve principalement dans la cassitérite, un minéral de formule SnO2,
qu’on réduit par le carbone à 1200°C. Le principal minerai du plomb est la galène PbS. Il est
grillé dans l’air, ce qui le transforme en PbO, l’oxyde est ensuite réduit par le coke :
2PbS(s) + 3O2(g) 2PbO(s) + 2SO2(g)
PbO(s) + C(s) Pb(s) + CO(g)
LES QUATRE DERNIERES FAMILLES.
Nous sommes maintenant au cœur du bloc « p » du tableau périodique. Dans les groupes 15 à
18, nous trouvons les éléments non métalliques, qui sont d’une grande diversité. Certains sont
très colorés, la plupart sont relativement noirs et certains sont même des gaz. A l’exception du
carbone et de l’hydrogène, les gaz de l’air sont constitués uniquement d’éléments de cette
partie du bloc p, sous forme de corps simples ou de composés ; et chaque fois que la foudre
tombe, elle amorce des réactions chimiques entre ces gaz et forme d’autres composés. Bien
que le caractère métallique augmente du haut en bas de chaque groupe, le seul élément de
cette région qu’on puisse considérer comme un métal est le bismuth, au bas du groupe 15.
L’arsenic, l’antimoine, le tellure et le polonium sont des métalloïdes. Tous les éléments de
cette partie du tableau périodique ont des énergies d’ionisation modérées et forment des
composés avec les autres non métaux en mettant en commun des électrons dans des liaisons
covalentes. Lorsqu’ils réagissent avec les métaux, ces éléments forment des liaisons ioniques
dans lesquelles ils acceptent des électrons et deviennent des anions.
I – Les éléments du groupe 15 : La famille de l’AZOTE
Z Nom Symbole Masse mol., g/mol. Pf °C Peb°C ρ Forme naturelle
7 Azote N 14, 01 -210 -196 1, 04 Gaz incolore
15 Phosphore P 30, 97 44 280 1, 82 Non métal blanc
33 Arsenic As 74, 92 613 - 5, 78 Métalloïde gris
51 Antimoine Sb 121, 75 631 1750 6, 69 Métalloïde blanc
bleuté
83 bismuth Bi 208, 98 271 1650 8, 90 Métalloïde rosé

14
1. Les éléments
L’azote est le constituant principal de l’air (76 %) en masse et on l’obtient par distillation de
l’air liquide. Sa forte liaison N≡N (944 kj / mol) le rend presque aussi inerte que les gaz
nobles. Pour être disponible pour les organismes, l’azote doit d’abord être fixé, c’est-à-dire
combiné avec d’autres éléments pour donner des composés plus utilisables. Une fois fixé,
l’azote peut être transformé en d’autres composés comme les engrais, les explosifs et les
matières plastiques.
On obtient le phosphore à partir des apatites, qui sont des minéraux de phosphate de calcium
Ca3(PO4)2. Les roches sont chauffées dans un four électrique avec du carbone et du sable.
2Ca3 (PO4)2(s) + 6SiO2(s) + 10C(s)  P4(g) + 6CaSiO3(l) + 10CO(g)
2-Propriétés chimiques
Réactifs Réaction avec un élément (E) du groupe 15
N2(g) + 3H2(g) 2NH3(g)
Hydrogène P4(s) + 6H2(g) 4PH3(g)
N2(g) + xO2(g) 2NOx(g)
P4(s) + 3 ou 5O2(g) P4O6(s) ou P4O10(s)
Oxygène 4As(s) + 3O2(g) As4O6(s)
4E(s) + 3O2(g) 2E2O3(s), E = Sb, Bi
Eau Pas de réaction
Halogène 2E(s) + 3X2(s, l, g) 2EX3(s, l), E = P, As, Sb, Bi
2E(s) + 5X2(s, l, g) 2EX5(s, l), E = P, As, Sb

3. Composés avec l’hydrogène et les halogènes


Le composé le plus important des composés du groupe 15 avec l’hydrogène est de très loin
NH3, qui est préparé en énormes quantités par le procédé Haber. L’atmosphère contient
naturellement de petites quantités d’ammoniac dues à la décomposition bactérienne des
matières organiques en l’absence d’air. Cette décomposition se produit essentiellement dans
les lits des lacs et des rivières, dans les marais et dans les abreuvoirs du bétail.
4. L’azote
L’azote constitue près de 80 % de l’atmosphère terrestre, dont on peut l’isoler par distillation
fractionnée de l’air liquéfié.
L’azote et le phosphore se retrouvent tous deux dans tous les organismes vivants, ce qui
explique pourquoi ces deux éléments sont des composants essentiels de tous les engrais. La
fixation de l’azote est la conversion de cet élément, à l’état libre, en divers composés ; ainsi,

15
la fixation de l’azote par certains microorganismes constitue une source appréciable
d’éléments nutritifs pour les plantes.
Une autre source de production d’azote est le nitrite d’ammonium :
NH4NO2 (aq) N2 (g) + 2H2O (l)
À l’état naturel, c’est un gaz incolore et inodore, sa propriété marquante est le fait qu’il soit
relativement inerte du point de vue chimique. La molécule de N2 ne réagit généralement pas à
cause de l’énergie très élevée de sa triple liaison.
H réaction = 946 kj / mol.etH réaction = 944 (plus récent)
a- Transformation de l’azote en ammoniac : procédé Haber
a.1- Préparation de l’ammoniac
A cause de la grande force de la liaison triple azote – azote, faire réagir de l’azote constituait
une gageure d’envergure. Ce défit fut gagné au début des années 1900 par Fritz Haber qui mis
au point un procédé au cours duquel l’azote réagit directement avec l’hydrogène en présence
d’un catalyseur, [Fe2O3(s)/ Co2O3(s) ] : c’est le procédé Haber.
300 atm
N2 (g) + 3H2 (g)  2NH3 (g)
500 C
a.2- L’ammoniac
L’ammoniac est un gaz incolore qui présente une odeur très piquante et irritante. Il est très
soluble dans l’eau ; plus de 700 l d’NH3 à 0°C et sous une atmosphère peuvent se dissoudre
dans 1 ml d’eau.
C’est le principe actif de certaines formes de « sels à inhaler ». L’ammoniaque domestique
est une solution aqueuse d’ammoniac avec détergent. Il réagit avec divers acides et donne lieu
à la formation de composés qui contiennent l’ion ammonium, NH4+. Par exemple :
NH3(aq) + HCl(aq) NH4Cl(aq)
a.3- Utilisation de l’ammoniac
Bon nombre de composés ammoniacaux sont importants dans l’industrie, en particulier
comme engrais. L’ammoniac, riche en azote, se lie à de nombreux composants du sol et est
converti en substances nutritives utilisables par les plantes. L’exaltation de la croissance des
plantes lorsque le terrain a été fertilisé par de l’ammoniac est spectaculaire.
L’ammoniac peut se combiner avec l’acide sulfurique pour donner du sulfate d’ammonium
qui est l’engrais solide le plus important dans le monde ( 2 millions de tonnes aux U. S. A /
an).
2NH3 (aq) + H2SO4 (aq) (NH4)2S

16
b- L’acide nitrique
Près de la totalité de l’ammoniac produit est transformé en acide nitrique par le procédé
Ostwald :
Pt
4NH3(g) + 5O2(g)  4NO(g) + 6H2O(g)
826  C
2NO(g) + O2(g) 2NO2(g)
NO2(g) est dissous de manière à obtenir l’acide nitrique.
3NO2 (g) + H2O (l) 2HNO3 (g) + NO (g)
Le NO qui se dégage est recyclé au niveau de la deuxième étape. Parmi les agents oxydants
puissants, l’acide nitrique est le moins coûteux ; il est utilisé dans la production d’explosifs
tels que le trinitrotoluène (TNT), la nitroglycérine ainsi que la nitrocellulose. On l’emploie
également lors des processus de gravure et de photogravure afin de creuser les surfaces
métalliques.
c- Les oxydes d’azote
L’azote donne lieu à la formation d’un certain nombre d’oxydes, où l’azote se présente avec
des degrés d’oxydation s’échelonnant de +1 à +5.
Formule Nom systématique Description
N2O2(g) Monoxyde de diazote (oxyde Gaz incolore, assez peu réactif.
nitreux)
NO(g) Monoxyde d’azote – (oxyde Gaz incolore, paramagnétique, réactif.
nitrique)
N2O3(g) Trioxyde de diazote Solide bleu foncé (Péb:3,5°C
; se dissocie en phase gazeuse en NO et NO2
NO2(g) Dioxyde d’azote Gaz brun rutilant, paramagnétique, réactif, se
dimérise de manière réversible en N2O4.
N2O4(g) Tétroxyde de diazote Gaz incolore (éb : 21°C) ; se dissocie de manière
réversible en NO2
N2O5(g) Pentoxyde de diazote Solide ionique, incolore, instable à l’état gazeux.

d- Quelques composés importants de l’azote

Composés Usages
Ammoniac NH3 Engrais ; production de HNO3 et des explosifs, fibres synthétiques ;
liquides réfrigérants.
Acide nitrique, HNO3 Production d’engrais, d’explosifs, de tissus synthétiques, de

17
médicaments et de colorants, agents oxydants, métallurgie, flottation des
minerais.
Nitrate d’ammonium, Engrais, explosifs, herbicides et insecticides
NH4NO3
Cyanure de sodium NaCN Extraction de l’or et de l’argent à partir de leurs minerais, insecticides,
agent de fumigation, production des colorants et des pigments
5- Le phosphore
Le phosphore est le 12e élément par ordre d’abondance dans la croûte terrestre. Les minerais
les plus importants sont tous des phosphates, que l’on qualifie collectivement de roches
phosphatées.
a- Différentes formes allotropiques du phosphore
Les variétés allotropiques les plus importantes du phosphore solide sont le phosphore blanc
et le phosphore rouge. Le phosphore blanc est un solide cristallin blanc, translucide et
d’aspect cireux qui est souvent jaune pâle à cause de la présence d’impuretés. La propriété qui
caractérise le mieux le phosphore blanc est sa grande réactivité chimique. Il s’enflamme
spontanément à l’air dès 25°C environ.
Lorsque le phosphore blanc est chauffé au-dessus de 250 °C en l’absence d’air, il se
transforme en une autre variété qu’on appelle le phosphore rouge qui est moins réactive que le
phosphore blanc. Le phosphore rouge donne lieu aux mêmes réactions que le phosphore
blanc.
b- Utilisation
La majeure partie des phosphates est employée pour produire des engrais ; c’est un élément
nutritif indispensable pour les plantes. Les roches phosphatées étant insolubles dans l’eau,
elles sont transformées en source de phosphore hydrosoluble par attaque avec l’acide
sulfurique ; on obtient ainsi un superphosphate de formule Ca(H2PO4). Les superphosphates
constituent l’un des engrais les plus importants.

II-Proprietes chimiques des éléments du groupe 16

A- Introduction
Les propriétés des éléments du groupe 16 évoluent du caractère non métallique à celui d’un
métal au fur et à mesure que le numéro atomique augmente. L’oxygène, le soufre ainsi que le
sélénium sont des non métaux, le tellure est un semi-métal, alors que le polonium est un semi-
métal doué de certaines propriétés métalliques.

18
Comme dans les autres groupes, on observe une différence manifeste entre les propriétés
chimiques du membre de tête et celles des autres membres. L’oxygène ne peut former que
deux liaisons (Ex : H2O), voire trois (Ex : H3O+), alors que les autres membres du groupe
peuvent faire intervenir des orbitales d pour former des composés tels que SF4 et TeF6.
1- Sources et usages des éléments du groupe 16

Eléments Sources principales Usages


Oxygène Distillation fractionnée de Hauts fourneaux, production de l’acier, du méthanol, de
l’air liquide l’acétylène, de l’oxyde d’éthylène, etc. ; comburant pour
les fusées, traitement des eaux d’égout ; appareils
respiratoires.
Soufre A l’état natif des dépôts Préparation de H2SO4, fabrication du papier,
souterrains (procédé vulcanisation du caoutchouc, médicaments
Frasch) ; sous-produit du gaz pharmaceutiques, colorants et insecticides.
naturel et du pétrole.
Sélénium Boues anodiques résultant du Cellules photoélectriques ; piles solaires
raffinage
Tellure Boues anodiques résultant du Alliage pour améliorer l’usinage électrolytique du cuivre
raffinage et du plomb, du cuivre et des aciers inoxydables

2- Les éléments du groupe 16

Eléments Nbre Rayon Rayon Electro- Point de Point Masse


d’isotopes atomique ionique négativité fusion °C d’ébullition volumique
naturels atomique dans °C à 20°C
l’échelle de (g/cm3)
Pauling
Oxygène 3 60 140 3, 5 -218, - 183, 0 1,33.10-3
Soufre 4 100 184 2, 5 119 445 1, 96
Sélénium 6 115 196 2, 4 221 685 4, 79
Tellure 7 140 221 2, 1 450 1009 6, 24
Polonium 0 190 - 2, 0 254  5 962  2 9, 4

B- L’oxygène
L’oxygène est l’élément le plus abondant sur la terre et le 3e élément le plus abondant de
l’univers ; il se classe après l’H et l’He. La plupart des roches contiennent une bonne part
d’oxygène à l’état combiné. Ainsi par exemple, le sable est essentiellement du dioxyde de

19
silicium (SiO2) et contient plus de 50 pour cent (masse / masse) d’oxygène. Près de 90 % de

la masse des océans et les 2 de la masse du corps humain sont de l’oxygène.


3
1- Quelques méthodes de préparation de l’oxygène
L’oxygène est un gaz inodore et insipide qui se présente sous forme de molécule diatomique,
O2. Alors qu’il est incolore à l’état gazeux, l’oxygène accuse une couleur bleu pâle tant à
l’état liquide qu’à l’état solide.
a- Par distillation fractionnée
A l’échelle industrielle, l’oxygène est produit par la distillation fractionnée de l’air liquide.
L’oxygène pur ainsi obtenu est comprimé dans des bouteilles d’aciers sous une pression de
150 atmosphères.
b- Par décomposition thermique du chlorate de potassium

2KClO3(s) o 2KCl(s) + 3O2(g)


Mn 2( s )

c- Par action de l’eau sur du peroxyde de sodium


2Na2O2(s) + 2H2O(l) 4NaOH (aq) +O2(g)
d-Par électrolyse de l’eau
2H2O(l) électrolyse 2H2(g) + O2(g)
e-Par photosynthèse
La plus grande partie de l’oxygène atmosphérique résulte de la photosynthèse, à savoir d’un
processus selon lequel les plantes vertes assimilent CO2 et H2O et en font des glucides ainsi
que O2 sous l’influence de la lumière visible.
CO2(g) + H2O(g) lumière visible Glucide + O2(g)
Lorsque le glucide est du glucose, on a :
6CO2(g) + 6H2O(l) C6H12O6(aq) + 6O2(g)
Les USA produisent à eux seuls près de 17 millions de tonnes d’oxygène par an.
2-Réactions de l’oxygène
a- L’oxygène réagit directement avec la plupart des autres éléments
L’oxygène est très réactif et se classe en deuxième position dans l’échelle d’électronégativité.
Il donne lieu à la formation d’oxydes avec de nombreux éléments.
La plupart des métaux réagissent plutôt lentement avec l’oxygène aux températures
habituelles mais réagissent plus rapidement lorsque la température augmente. Ainsi par
exemple le fer, sous forme de paille de fer, brûle violemment dans l’oxygène pur alors qu’il
ne brûle pas dans l’air. Tous les hydrocarbures brûlent dans l’O2 en fournissant du dioxyde de

20
carbone et de l’eau comme par exemple le cas de l’essence, qui est un mélange
d’hydrocarbures.
b- Formation de peroxyde avec certains métaux
Les peroxydes sont des composés dans lesquels l’ion négatif est l’ion peroxyde, O22- et les
superoxydes contiennent, comme ion négatif, l’ion superoxyde, O2-.
Certains métaux, parmi les plus réactifs, tels que le sodium, le potassium et le rubidium,
donnent lieu à la formation de peroxydes voire de superoxydes.
2Na(s) + O2(g) Na2O2(g) peroxyde de sodium
K(s) + O2(g) KO2(s) superoxyde de potassium
c- L’ozone
Lorsque de l’oxygène est soumis à l’action de l’effluve électrique, celui-ci se transforme en
ozone, O3. 3O2(g) 2O3(g)
L’ozone est un gaz bleu pâle à la température ordinaire avec une odeur forte, caractéristique
que l’on perçoit fréquemment après les orages ou près des condensations qui génèrent des
voltages élevés ou encore à proximité des photocopieuses.
L’ozone peut être liquéfié (point d’ébullition, -112°C) en liquide bleu foncé, explosible. Il est
tellement réactif qu’on ne peut pas le transporter sans risque ; c’est pourquoi on le prépare
toujours extemporanément.
L’ozone est employé comme agent de blanchissement et on envisage de le mettre à profit à la
place du chlore pour aseptiser l’eau potable évitant ainsi les problèmes environnementaux liés
aux hydrocarbures chlorés.
d- L’eau
d.1-Importance de l’eau
d.1.1-Usage de l’eau

L’importance biologique de l’eau est liée à la structure et au métabolisme des êtres vivants.
L’eau est, en effet, le principal constituant des tissus animaux et végétaux (65 à 70% pour
l’homme).
L’importance industrielle de l’eau est également considérable ; l’eau est industriellement
utilisée comme solvant, agent de lavage, agent de réfrigération ou fluide gazeux dans les
chaudières et turbines. Elle peut être aussi utilisée comme matière première dans les réactions
d’hydratation, d’hydrolyse, etc.

21
d.1.2-Pollution de l’eau

L’eau peut être polluée par des résidus animaux ou végétaux, par des virus ou des bactéries.
On retrouve également, comme pour l’atmosphère, la possibilité de pollutions physiques
radioactives ou thermiques (eau de refroidissement des centrales).
La chimie intervient dans cette pollution, soit directement par des rejets volontaires ou
accidentels en rivière ou en mer de produits chimiques résiduels : ions cyanures (CN-), plomb
(Pb2+), mercure sous diverses formes, détergents, chlorure de sodium (mines de potasse
d’Alsace) par exemple, soit indirectement par des pollutions d’origine agricole : pesticides,
insecticides, engrais utilisés en excès.

d.1.3-Purification de l’eau

Dans le cas particulier de l’eau potable, on procède par décantation, filtration avec
éventuellement addition de floculant et enfin stérilisation par le chlore et ses dérivés
(hypochlorites, dioxyde de chlore), par l’ozone ou le peroxyde d’hydrogène.
Les exigences sur la pureté des eaux industrielles sont très variées suivant l’utilisation
projetée.
On purifie l’eau par distillation, par échange d’ions (résines échangeuses d’ions) et par
électro-osmose et par chauffage électrique sous pression (thermocompression).
Les impuretés de l’eau à rechercher sont les substances azotées : NH4+ (NH3 dissout donne
NH4+ et OH-), NO2-, NO3-. La présence des nitrates indique que l’eau est fortement polluée par
des matières en putréfaction. On utilise le réactif de Nessler pour rechercher NH3. Les
réactions de Lombard et de Gries sont utilisées pour la recherche des nitrates et nitrites.
L’eau pour injection doit être distillée, stérilisée apyrogène et conservée dans des récipients
bouchés éméri.

d.2-Propriétés physiques de l’eau


d.2.1-Constantes physiques de l’eau

Température de fusion : 0°C ; Température d’ébullition normale : 100°C ; Température


critique : 373,9°C ; Pression critique 220 bars ; Point triple : 0,01°C, exactement à 615 Pa ;
Chaleur de fusion : 6kj/mol ; Chaleur de vaporisation : 44 kj/mol ; Permittivité relative (

: 78,3.

22
d.2.2-La molécule d’eau à l’état gazeux

Un modèle compact de cette molécule indique qu’elle est coudée avec un angle de liaison de
104°5, deux distances interatomiques O-H de 95,7 pm, valeur proche de la somme des rayons
covalents de H (28 pm) et de O (73 pm). Les rayons de Van der Waals (rayons des calottes
sphériques) sont pour H d’environ 120 pm et pour O d’environ 150 pm.
De fait, l’expérience montre que la molécule d’eau est un dipôle électrique permanant
assimilable à un bâtonnet portant deux charges électriques égales +Q et –Q (plus du côté des
deux hydrogènes et moins du côté de l’oxygène) séparées par une distance de l.

d.2.3-L’eau à l’état solide

A 0°C et sous une atmosphère, l’eau solide se présente sous forme de glace Ih (glace N°1 de
structure hexagonale), dite wurtzite. Chaque molécule d’eau est au centre d’un tétraèdre avec
quatre autres molécules aux sommets, à 75 pm. Ces molécules sont orientées de telle sorte
qu’il puisse s’établir entre elles des liaisons hydrogène responsables de la cohésion du cristal
moléculaire (énergie d’environ 20 kJ/mol). Cette disposition conduit à une structure
relativement peu compacte. A la température de fusion normale de la glace (0°C), il y a
rupture d’une partie de ces liaisons hydrogène provoquant un tassement des molécules, d’où
une diminution du volume massique.
La structure creuse de la glace lui permet d’enfermer lors de la solidification de l’eau, dans
des cages, des composés gazeux ou liquides dont la taille s’adapte à ces cages. Ces composés
sont des clathrates. M8(H2O)46 ou M (H2O) 5,75 avec M = Ar, Kr, Xe, Cl2, SO2, CH3Cl, etc.
Il existe d’autres formes de glace que la glace Ih. Sous une atmosphère entre
-120°C et -140°C, une variété cubique Ic et sous pression plus élevée des glaces numérotées
de II à IX. La glace VII, par exemple, s’obtient sous 22400 bars et
-87,6°C.

d.2.4-L’eau à l’état liquide

De nombreux modèles ont été proposés, dont aucun n’est pleinement satisfaisant. Le modèle
dit des amas oscillants semble être l’un des meilleurs. Des amas de molécules liées entre elles
par des liaisons hydrogène, avec la structure déformée de la glace Ih, seraient en équilibre
dynamique avec des molécules d’eau libres.

23
d.2.5-L’eau en tant que solvant

L’excellent pouvoir solvant de l’eau est du en premier lieu à son moment dipolaire élevé lui
permettant de solvater exothermiquement les ions des solutés ioniques. L’existence de
liaisons hydrogène entre les molécules d’eau favorise la dissolution des composés covalents
contenant les groupements –OH et -NH (ammoniac, amines, alcool,…, mais pas les
hydrocarbures). La valeur élevée de

( ), empêche la formation d’associations d’ions en solution, de paires d’ions notamment.

Dans l’eau, les ions se déplacent indépendamment les uns des autres assurant ainsi la
conductivité de la solution.

d.3- Stabilité de la molécule

L ‘eau est thermiquement stable : H2O(g) H2(g) + ½ O2(g)


ΔrH°298K = 241,8 kj/mol
d.4-Hydratation des ions
L’hydratation désigne au sens large, la fixation d’eau, sans rupture de la molécule sur un
composé. C’est un phénomène général. L’ion, cation ou anion, s’entoure d’un certain nombre
de molécules d’eau, dans ce que l’on appelle la première sphère d’hydratation. Mais il y a
interaction avec des molécules d’eau plus lointaines.
Qualitativement un ion hydraté est représenté par l’écriture Mz+(aq) et Az-(aq). Mais on peut
préciser le cas échéant le nombre de molécules d’eau, si c’est possible et nécessaire.
Exemples : [Be(H2O)4]2+, cation tétraaquabéryllium de structure tétraédrique ; [Mg(H2O)6]2+,
cation hexaaquamagnésium de structure octaédrique.

C- Le soufre
Le soufre est un solide jaune, insipide et inodore que l’on rencontre souvent à l’état naturel
sous forme élémentaire. Il est aussi obtenu par le procédé dit de Claus qui permet d’obtenir
du soufre à partir du sulfure d’hydrogène.
2H2S(g) + 3O2(g) 2SO2(g) + 2H2O(g)
SO2(g) + 2H2S(g) 3S(s) +2H2O(g)
Dans les conditions les plus fréquentes, le soufre existe sous forme de cycles octo –
atomiques, S8.

24
1- L’acide sulfurique : H2SO4
a- Préparation
Le soufre qui ne constitue que 0, 05 % de la croûte terrestre revêt cependant une importance
considérable du point de vue commercial. Il est le matériau de départ dans la production de
l’acide sulfurique. La majorité de l’acide sulfurique s’obtient par le procédé de contact.
S(s) + O2(g) SO2(g)
2SO2(g) + O2(g) V O (g) 2SO3(g)
2 5

Le trioxyde de soufre est absorbé dans l’acide sulfurique liquide quasi pur pour donner lieu à
la formation d’acide sulfurique fumant (oléum).
H2SO4(l) + SO3(g) H2S2O7 (35 % dans H2SO4)
Oléum ou acide pyrosulfurique
Pour terminer, l’oléum est ajouté à de l’eau ou de l’acide sulfurique aqueux de manière à
obtenir la concentration désirée.
b- Quelques propriétés de l’acide sulfurique
L’acide sulfurique pur anhydre, est un liquide sirupeux, incolore, qui se congèle à 10°C et
bout à 290°C.
b.1-Agent de déshydratation
L’acide sulfurique concentré est un agent de déshydratation très puissant ; il est capable
d’enlever l’eau des glucides tels que la cellulose et les sucres, malgré que ces substances ne
contiennent pas d’eau à l’état libre.
C12 H22O11(s) H SO à 97 % 12C(s) + 11 H2O (dans H2SO4)
2 4

b.2- Production de HCl par action de NaCl(s) sur H2SO4


2NaCl(s) + H2SO4 (l) Na2SO4(s) + 2HCl(g)
b.3- Action sur les métaux
Les solutions diluées de H2SO4 réagissent avec les métaux les plus réactifs pour donner des
sels (sulfates) de ces métaux et de l’hydrogène.
Zn(s) + H2SO4(aq) ZnSO4(aq) + H2(g).
Ces métaux peuvent réduire H2SO4 davantage de manière à produire du soufre à l’état libre
voire du sulfure d’hydrogène.
4Zn(s) + 5H2SO4 (conc) 4ZnSO4 (aq) + 4H2O (l) + H2S (g)
Concentré et chaud, H2SO4 agit comme agent oxydant même avec les métaux les moins
réactifs : Cu(s) + 2 H2SO4 (conc) CuSO4 (aq) + 2H2O (l) + SO2 (g)
Hg (l) + 2 H2SO4 (conc) HgSO4 (aq) + 2H2O(l) + SO2(g)

25
c- Composés de réactions du soufre
Le soufre est un élément assez réactif qui donne lieu à des réactions de combinaison avec la
plupart des métaux et non métaux.
c.1- Formation de Li2S(s) et HgS(s)
2Li(s) +S(s) Li2S(s)
Hg(l) + S(s) HgS(s)
c.2-Réaction avec les métaux de transition
La réaction du soufre avec la plupart des métaux de transition exige une température élevée.
L’ajout d’une solution d’un acide fort à un sulfure métallique fournit du sulfure d’hydrogène.
FeS(s) + 2H+ Fe2+(aq) + H2S(g)
En présence d’oxygène, l’argent réagit avec le sulfure d’hydrogène selon
4Ag(s) + 2H2S(g) + O2(g) 2 Ag2S(s) + 2H2O(l)
c.3-Réaction avec l’oxygène
Le soufre brûle dans l’oxygène en formant du dioxyde de soufre.
S + O2 SO2
SO2 est très soluble dans l’eau ; à 25°C et sous une atmosphère de SO2(g), près de 200 g de
SO2 se dissolvent dans un litre d’eau. Une partie de SO2 dissout réagit avec l’eau en formant
des ions hydrogénosulfites :
SO2(g) +2H2O(l) H3O+(aq) + HSO3- (aq)
La neutralisation des solutions aqueuses de SO2 donne lieu à la formation de sels qu’on
appelle des sulfites.
2NaOH(aq) + SO2 (aq) Na2SO3(aq) + H2O(l)
Sulfite de sodium.
Lorsqu’on fait bouillir du soufre solide dans une solution aqueuse d’un sulfite métallique tel
que Na2SO3, on forme des ions thiosulfates.
S(s) + SO32-(aq) S2O32-
Thiosulfate
III-Groupe 17 : Les halogènes
Les propriétés particulières des halogènes peuvent être déduites de la configuration de leur
couche de valence ns2 np5 qui n’a besoin que d’un seul électron pour être complétée. Ces
éléments constituent une famille dont les propriétés physiques, l’électronégativité et les
rayons atomiques et ioniques varient régulièrement.

26
1-Les éléments
Z Nom Symbole Masse molaire Pf °C Pe °C Masse volumi Forme naturelle
g/mol que à 25°C
9 Fluor F 19, 00 -220 -188 + 1, 51(l) Gaz presqu’incolore
17 Chlore Cl 35, 45 - 101 -34 1, 66(l) Gaz jaune verdâtre.
35 Brome Br 79, 91 -7 59 3, 12 Liquide brun –rouge
53 Iode I 126, 90 114 185 4, 95 Solide non
métallique violet
noir
85 Astate At* 210 300 350 - Solide non
métallique

On trouve le fluor dans de nombreux minéraux comme la fluorine CaF2, la cryolite Na3AlF6 et
les fluoroapatites Ca5F(PO4) 3. Parmi les corps simples, le fluor est l’oxydant le plus puissant
(E° = + 2,87 v). On prépare le fluor en électrolysant un mélange fondu anhydre de fluorure de
potassium et de fluorure d’hydrogène à environ 75°C avec une anode de carbone.
La plus grande partie du fluor sert à fabriquer le solide volatil UF6 utilisé dans la fabrication
de SF6 pour les équipements électriques et dans celles des hydrocarbures fluorés comme le
téflon et les fréons. La plupart des hydrocarbures perfluorés sont relativement inertes
chimiquement : ils résistent à l’oxydation par l’air, par l’acide nitrique chaud, par l’acide
sulfurique concentré et par d’autres oxydants forts.
On obtient le chlore à partir du chlorure de sodium par électrolyse du sel gemme fondu ou de
la saumure. C’est un gaz jaune verdâtre constitué de molécules Cl2 et qui condense à –34°C. Il
réagit directement avec presque tous les éléments à l’exception du carbone, de l’azote, de
l’oxygène et des gaz nobles. On utilise le chlore dans un grand nombre de procédés industriels
comme la fabrication des matières plastiques, des solvants et des pesticides. On l’utilise aussi
comme agent de blanchissement dans l’industrie papetière et dans l’industrie textile, et
comme désinfectant dans le traitement de l’eau.
On l’utilise encore aussi pour obtenir le brome à partir des saumures par oxydation des ions
Br-.
2 Br-(aq) + Cl2(g) Br2 (l) + 2Cl-(aq)
On fait passer de l’air dans la solution pour vaporiser le brome et le recueillir.

27
b- Les halogènes d’hydrogène
Les halogènes d’hydrogènes HX peuvent être préparés par réaction directe entre les corps
simples.
X2(g) + H2(g) 2HX(g).
Composés Masse molaire Pf (°c) Pe (°c) pka dans Enthalpie de Longueur de
g/mol l’eau liaison kj/mol liaison, pm
HF 20, 01 -83 20 3, 45 565 92
HCl 36, 46 -115 -85 fort 421 127
HBr 80, 92 -89 -67 fort 366 141
HI 127, 91 -51 -35 fort 299 161

Tous les halogénures d’hydrogènes sont des gaz incolores jaunes, mais le fluorure
d’hydrogène est liquide au-dessous de 20°C. Ils se dissolvent dans l’eau pour donner des
solutions acides. L’acide fluorhydrique a la propriété particulière d’attaquer le verre et la
silice.
IV. Les éléments du Groupe 18/VIII : Les gaz nobles
Z Nom symbole Masse molaire ([Link]-1) Pf (°C) Péb (°C)

2 Hélium He 4,00 - -269


10 Néon Ne 20,18 -249 -246
18 Argon Ar 39,95 -189 -186
36 Krypton Kr 83,80 -157 -153
54 Xénon Xe 131,29 -112 -108
86 radon Rn (222) -71 -62

Les éléments du groupe 18/VIII, les gaz nobles tiennent le nom de leur groupe de leur très
faible réactivité. Les expériences sur les gaz et, plus tard, la reconnaissance de leur
configuration électronique externe pleine (ns2np6) ont incité à croire que ces éléments étaient
chimiquement inertes. De fait on ne connaissait pas de composés des gaz nobles avant 1962.
Cette année-là le chimiste britannique Neil Bartlett synthétisé le premier composé de gaz
noble XePtF6. Toute de suite après d’autres chimistes ont préparés le tétrafluorure de xénon,
XeF4 à partir du xénon et du fluor à haute température.

28
1- Les éléments
Tous les éléments du groupe du groupe 18 sont présents dans l’atmosphère sous forme de gaz
monoatomique ; ils constituent ensemble environ 1% de sa masse.
L’argon est le 3ème élément le plus abondant de l’atmosphère après l’azote et l’oxygène. Tous
les gaz nobles sauf l’hélium et le radon, sont obtenus par distillation fractionnée de l’air
liquide.
L’hélium, le 2ème élément le plus abondant dans l’univers après l’hydrogène, est rare sur terre
parce que ses atomes sont si légers qu’une grande proportion d’entre eux atteint de grandes
vitesses et échappent à l’atmosphère ; contrairement à l’hydrogène, ils ne peuvent pas être
retenus sous forme de composés. Toutefois on trouve l’hélium parmi les gaz naturels piégés
sous les formations rocheuses, où il s’est rassemblé comme résultat de l’émission de
particules α (noyau d’hélium-4, 4He2+) par les éléments radioactifs.
L’hélium est deux fois plus dense que l’hydrogène dans les mêmes conditions. Néanmoins
parce que sa densité est encore faible et qu’il n’est pas inflammable, on l’utilise pour donner
de la flottabilité aux aéronefs comme les dirigeables. On utilise également l’hélium pour
diluer l’oxygène dans les hôpitaux et pour les plongeurs en eau profonde. Pour pressuriser les
carburants des fusées , comme réfrigérant. Le corps simple a le point d’éb le plus bas de
toutes les substances (4,2K), et il ne se solidifie à aucune température si on ne lui applique pas
une pression pour maintenir ensemble ses atomes légers et mobiles. Ces propriétés et son
inertie chimique rendent l’hélium intéressant pour la cryogénie (l’étude de la matière aux très
basses températures).
Le néon qui émet une lueur rouge-orange lorsqu’un courant électrique le traverse est
largement utilisé dans les enseignes et les panneaux publicitiares. On utilise l’argon pour
fournir une atmosphère inerte pour la soudure (pour éviter l’oxydation) et pour remplir
certains types d’ampoules électriques, où il emporte la chaleur du filament. Le krypton donne
une lumière blanche intense lorsqu’il est traversé par un courant électrique, et on l’utilise pour
l’éclairage des pistes des aéroports. Comme la fission nucléaire produit du krypton, son
abondance atmosphérique est une mesure de l’activité nucléaire mondiale. On utilise le xénon
dans les lampes halogène des phares des automobiles et dans les tubes des flashes
photographiques à grandes vitesse ; on l’a également étudié comme anesthésique.
Le radon est un gaz radioactif qui s’échappe du sol à cause des processus radioactifs dans les
profondeurs de la terre.

29
2- Les composés des gaz nobles
Les énergies d’ionisation des gaz nobles sont très élevées, mais elles diminuent du haut en bas
du groupe. L’énergie d’ionisation du xénon est assez faible pour qu’il puisse perdre des
électrons au profit d’éléments très électronégatifs. Aucun composé de l’hélium, du néon et de
l’argon n’existe sauf dans des conditions très particulières comme la capture d’atome de He et
de ne à l’intérieur d’une cage du fullerène. Le krypton ne forme qu’une seule molécule stable,
KrF2.
Le xénon est le gaz noble ayant la chimie la plus riche. Il forme plusieurs composés avec le
fluor et l’oxygène, et on a signalé des composés avec des liaisons Xe-N et Xe-C, comme
(C6F5)2Xe.
Le point de départ de la synthèse des composés du xénon est la préparation du difluorure de
xénon XeF2 et du tétrafluorure de xénon XeF4, en chauffant un mélange de corps simples à
400°C sous 6 atm. Aux pressions élevées, la fluorationva jusqu’à l’hexafluorure de xénon,
XeF6. Les trois fluorures sont des solides cristallins. En phases gazeuse, tous sont des
composés moléculaires. Toutefois le XeF6 est ionique, avec une structure complexede cation
XeF5+ ponté par des anions F-.
On utilise les fluorures de xénon comme agent de fluoration puissants( des réactifs pour fixer
des atomes de fluor sur d’autres substances). Le tétrafluorure fluorerapou même le platine
métallique :
Pt(s) + XeF4(s) -------------- Xe (g) + PtF4(s)
On utilise les fluorures de xénon pour préparer les oxydes et les oxacides de xénon et, dans
une série de dismutations, pour porter le nombre d’oxydation du xénon à 8. D’abord le XeF4
est hydrolysé en trioxyde de xénon XeO3 selon une réaction de dismutation :
6XeF4(s) + 12 H2O(l)-------------2 XeO3(aq) + 4 Xe(g) +3O2(g) + 24HF(aq)
Le trioxide de xenon est l’anhydride de l’acide xénique, H2 XeO4.

30
LE BLOC D : METAUX DE TRANSITION
Les atomes des éléments du bloc d ont des configurations électroniques où selon le principe
de construction, les orbitales d sont les dernières à être occupées. Dans la période 4 par
exemple, les configurations électroniques vont de [Ar] 3d1 4s2 pour le scandium à [Ar] 3d10
4s2 pour le zinc. Comme il y a cinq orbitales d dans une couche et que chacune d’elles peut
loger deux électrons, il y a 10 éléments dans chaque rangée du bloc d.
Juste après le départ de la troisième rangée du bloc d, au lanthane, les sept orbitales 4f
commencent à se remplir, et aussi les lanthanides retardent l’achèvement de cette rangée.
Nous verrons que le bloc f influence les propriétés des éléments qui le suivent dans la période
de 6. Les éléments de la période 7 sont tous radioactifs, et la plupart n’existent pas sur terre en
quantité mesurables.
I-les éléments du bloc « d » et leurs composés
Les éléments du bloc d perdent leurs électrons de valence s lorsqu’ils forment des composés.
En outre, la plupart d’entre eux peuvent aussi perdre un nombre variable d’électrons « d » et
ont une valence variable. Cette valence variable est utilisée par ces éléments dans les
catalyseurs et, en association avec des protéines, dans les enzymes. Les seuls éléments du bloc
d qui n’utilisent pas leurs électrons d dans leurs composés sont les éléments du groupe 12 (le
zinc, le cadmium et le mercure).
1-Evolution des propriétés physiques
Tous les éléments du bloc « d » sont des métaux. La plupart de ces « métaux d » sont de bons
conducteurs d’électricité. Ils sont malléables, ductiles, brillants et de couleurs argentées, et
possèdent en général des points de fusion et d’ébullition plus élevés que les éléments des
groupes principaux. Il y a quelques exceptions remarquables ; le mercure a un point de fusion
si bas qu’il est liquide à température ambiante, le cuivre est brun-rouge et l’or est jaune.
Les rayons atomiques des éléments du bloc « d » décroissent à mesure que le numéro
atomique augmente dans la partie gauche de la rangée puis augmente légèrement dans la
partie droite, les rayons des atomes des périodes 5 et 6 sont semblables à cause de la
contraction lanthanide. Le fer, le cobalt et le nickel sont ferromagnétiques (ses effets sont
environ un million de fois plus forts que ceux du paramagnétisme et sont utilisés dans les
applications des aimants).
2-Evolution des propriétés chimiques
Le nombre de degré d’oxydation des éléments augmente vers le centre du bloc. Les composés
à degré d’oxydation élevé sont plutôt des oxydants, ceux dont le degré d’oxydation est peu
élevé sont des réducteurs. Le caractère acide des oxydes augmente avec le degré d’oxydation.
3-Du scandium au Nickel
Le tableau suivant rassemble les propriétés physiques des éléments de la première rangée du
bloc d, du scandium au nickel.
1. Propriétés des éléments du bloc d, du scandium au nickel
Z Nom Symbole Configuration Pf Péb Masse volumique (g/cm3)
électronique (°C) (oC)
21 Scandium Sc 3d1 4s2 1450 2800 2,99
22 Titane Ti 3d2 4s2 1660 3300 4,55
23 Vanadium V 3d3 4s2 1920 3400 6,09
24 Chrome Cr 3d5 4s1 1860 2600 7,19
25 Manganèse Mn 3d5 4s2 1250 2120 7,47
26 Fer Fe 3d6 4s2 1540 2760 7,87
27 Cobalt Co 3d7 4s2 1494 2900 8,80
28 Nickel Ni 3d8 4s2 1455 2150 8,91

Le scandium : il réagit avec l’au presque aussi violemment que le calcium. Le petit ion très
chargé SC3+ est fortement hydraté dans l’eau (comme AL 3+
) et le complexe résultant
[SC(H2O)6]3+ est une acide de Bronsted presque aussi fort que l’acide acétique.
Le titane : c’est un métal léger et résistant idéal pour les applications aérospatiales.
Contrairement au scandium, il résiste à la corrosion grâce à la passivation due à la formation
d’une couche protectrice d’oxyde à sa surface. Le degré d’oxydation le plus stable est le titane
4+. Son composé le plus important est l’oxyde de titane (IV) TiO2.
Le vanadium : on utilise le vanadium pour fabriquer des aciers résistants pour les ressorts des
voitures (automobiles et camions). L’oxyde de vanadium(V), V2O5, est le composé le plus
important du vanadium.
Le chrome : la plus grande partie du chrome produit est utilisée pour la fabrication des aciers
de chromage. L’oxyde de chrome (IV) CrO2 est un matériau ferromagnétique que l’on utilise
pour recouvrir les bandes magnétiques « au chrome », parce qu’elles répondent mieux aux

32
champs magnétiques à haute fréquence que les bandes magnétiques « ferriques » Fe2O3
conventionnelles.
Le chromate de sodium Na2CrO4 est un solide jaune qui est la source de départ de la plupart
des autres composés du chrome. L’ion chromate se transforme en ion dichromate orangé
Cr2O72- en milieu acide :
2CrO2-4(aq) + 2H+(aq) Cr2O72- (aq) + H2O(l)
Les solutions acides des dichromates, où le degré d’oxydation du chrome est +6, sont utilisées
comme oxydant au laboratoire.
Cr2O72-(aq)+ 14H+(aq) + 6e- 2Cr3+(aq) + 7H2O(l)
Le manganèse : c’est un métal gris qui ressemble au fer. On utilise rarement le métal seul,
car il résiste moins bien à la corrosion que le chrome, mais il constitue un composant
important de nombreux alliages. Un alliage important, le bronze au manganèse (39 % de Zn,
1% de Mn, un peu de fer et d’aluminium, le reste étant du cuivre) résiste très bien à la
corrosion et est utilisé pour les hélices des bateaux.
Le Fer : c’est le métal le plus utilisé des métaux d. ses minerais principaux sont des oxydes,
l’hématite (Fe2O3) et la magnétite (Fe3O4). La pyrite, un minéral sulfuré FeS2, est très
abondante mais n’est pas utilisée parce que le soufre est difficile à éliminer.
On utilise les minerais de fer surtout pour produire de l’acier ; le tableau suivant vous donne
la composition de différents aciers.
Métal allié au fer Teneur typique, % Influence
0,5 à 1,0 Augmente la solidité et la dureté, diminue la
ductilité.
Manganèse 13 Augmente la résistance à l’usure.
<5 Augmente la solidité et la résistance aux chocs.
>5 Augmente la résistance à la corrosion
Nickel (inoxydable) et la dureté.
Variable Augmente la dureté et la résistance à l’usure.
>12 Augmente la résistance à la corrosion
Chrome (inoxydable).
Vanadium Variable Augmente la dureté.
tungstène < 20 Augmente la dureté, surtout aux températures
élevées.

33
Extraction du fer :
Le minerai est réduit en fer métallique dans un haut-fourneau qui est une merveille
d’efficacité pour l’utilisation des matériaux. Même les produits du feu qui sert à chauffer sont
utilisés comme réactifs.

Le haut-fourneau, qui mesure à peu près 40 m de haut, est alimenté en continu par son
sommet avec un mélange de minerai, de coke et de calcaire. Pour produire un kilogramme de
fer, il faut environ 1,75 kg de minerai, 0,75 kg de coke et 0,25 kg de calcaire.
Le laitier : le mélange des produits obtenus, qu’on appelle le laitier, est fondu à la
température du haut-fourneau et flotte à la surface du fer fondu, plus dense. On les sépare et
on l’utilise pour fabriquer des matériaux qui ressemblent à la pierre pour l’industrie du
bâtiment.
La fonte : le fer fondu (de masse volumique 7,9 [Link]-3) est soutiré sous forme de fonte
d’affinage, constitué de 90 à 95 % de fer, 3 à 5 % de carbone, 2 % de silicium et de traces
d’autres éléments présents dans le minerais. La fonte de moulage est une fonte d’affinage dont
on a éliminé certaines impuretés. Sa teneur en carbone est en général toujours supérieure à 2
%.
Le fer pur est relativement souple et malléable, mais les atomes de carbone rendent la fonte
de moulage dure et très cassante. On l’utilise pour des objets qui subissent peu de chocs
mécaniques ou thermiques, tels que les clôtures ornementales, les blocs moteurs, les tambours
de freins et les carters de systèmes de transmission.
Les aciers ont des duretés, des résistances aux chocs et des ductilités différentes : plus la
teneur en carbone est élevée, plus un acier est dur et cassant. La résistance du fer à la
corrosion est nettement améliorée par son alliage avec d’autres métaux. Les aciers
inoxydables, très résistants à la corrosion, contiennent environ 15 % de chrome.
Type d’acier Teneur en carbone, % Propriétés et applications
Acier à faible teneur <0, 15 Ductile et mou, le fil de fer.
Acier doux 0, 15 à 0,25 Câbles, clous, chaînes et fer à cheval.
Acier à teneur 0, 20 à 0, 60 Clous, poutres, rails, éléments de structure.
moyenne
Acier à teneur 0, 61 à 1,5 Couteaux, rasoirs, outils de coupe, forêts.
Elevée

Le cobalt : c’est un métal gris-argent qui s’utilise principalement sous forme d’alliage de fer.
L’acier alnico, un alliage de fer, de nickel, de cobalt et d’aluminium sert à fabriquer des

34
aimants permanents comme ceux que l’on trouve dans les hauts -parleurs. Le cobalt est un
constituant de la vitamine B12.
Le nickel : le nickel est utilisé lui aussi en alliage avec le fer. C’est un métal dur gris-argent
qui sert surtout à la fabrication de l’acier inoxydable et, par alliage avec le cuivre, des
cupronickels qui servent à faire les pièces de monnaie en nickel (qui contiennent environ 25
% de Ni et 75 % de Cu). Les cupronickels sont un peu jaunes, mais on les blanchit en y
ajoutant de petites quantités de cobalt.
4-Les Propriétés des éléments des groupes 11 et 12
Z Nom Symbole Configuration électronique Pf°C Péb°C (g/cm3)
29 Cuivre Cu 3d104s1 1083 2567 8, 93
47 Argent Ag 4d105s1 962 2212 10, 50
79 Or Au 5d106s1 1064 2807 19, 28
30 Zinc Zn 3d104s2 420 907 7, 14
48 Cadmium Cd 4d105s2 321 765 8, 65
80 Mercure Hg 5d106s2 - 39 357 13, 55

Les métaux des groupes 11 et12 s’obtiennent facilement par réduction de leurs composés, ils
sont peu réactifs à cause du faible effet d’écran des électrons d.
I. Phases et transition de phase
1- Phases
Une substance donnée peut exister sous différentes phases, ou formes physiques. Les phases
d’une substance sont le solide, le liquide et le gaz et ainsi que les différentes formes solides
d’une substance (ex. : phase diamant et la phase graphite du carbone). Dans un seul cas –
l’hélium – il existe deux formes liquides.
2- Transition de phase
La conversion d’une substance d’une phase à une autre phase, comme la fusion de la glace, la
vaporisation de l’eau ou la conversion du graphite en diamant, est appelée la transition de
phase. Sous une pression donnée, une substance subit une transition de phase à une
température spécifique, comme le passage du solide au liquide à la température de fusion. A
cette température caractéristique, les phases impliquées dans la transformation sont en
équilibre. Par exemple la phase solide et la phase liquide sont en équilibre au point de fusion.

35
4. Ebullition
a- Definition
Un liquide chauffé dans un récipient ouvert à l’atmosphère est en ébullition lorsque la
vaporisation se produit à travers tout le liquide et pas seulement à la surface et la température
arrive au point où la tension de vapeur est égale à la pression atmosphérique. Cette
vaporisation rapide qui se produit dans tout le liquide est appelée ébullition.
b- Le point d’ébullition normal Téb
Le point d’ébullition normal Téb d’un liquide est la température à laquelle le liquide bout
lorsque la pression atmosphérique est 1 bar. Il est la température à laquelle la tension de
vapeur du liquide est 1 atm.
c- Variation de l’ébullition avec la température et la pression
L’ébullition se produit à une température plus élevée que le point d’ébullition normal lorsque
la pression est supérieure à 1 atm (comme la cocotte-minute). L’ébullition se produit à une
température inférieure si la pression est inférieure à 1 atm; au sommet du Mont Everest – où
la pression est 240 Torr –, l’eau bout à 70°C.
Plus la tension de vapeur est faible, plus le point d’ébullition est élevé. Par conséquent un
point d’ébullition normal élevé est le signe de forces intermoléculaires intenses.
Comme la présence d’un soluté non volatil abaisse la tension de vapeur du solvant, le point
d’ébullition du solvant augmente. Cette augmentation est appelée élévation du point
d’ébullition. L’élévation du point d’ébullition a la même origine que l’abaissement de la
tension de vapeur et est due également à l’influence du soluté sur l’entropie du solvant.
5. Solidification et fusion
a- Solidification
Un liquide se solidifie lorsque ses molécules ont des énergies si faibles qu’elles sont
incapables de se faufiler entre leurs voisines. Dans le solide les molécules vibrent autour de
leur position moyenne, mais changent rarement de place.
Remarques : Pour la plupart des substances, la phase solide est plus dense que la phase
liquide parce que l’empilement des molécules est plus compact dans la phase solide. Le
comportement de l’eau est très inhabituel, la densité du liquide est supérieure à celle de la
glace. Cette anomalie est due aux liaisons (liaisons hydrogènes) de la glace, qui lui donne une
structure très ouverte.

b- Température de solidification ou température de fusion

36
La température de solidification, c'est-à-dire la température à laquelle le liquide et le solide
sont en équilibre dynamique varie avec la pression. Le point de solidification normal T f d’un
liquide est la température à laquelle il se solidifie sous 1 atm, donc le point de fusion normal
d’un solide est la température à laquelle il se solidifie sous 1 atm.
II. Solubilité
La présence d’un soluté modifie les propriétés physiques du solvant. Par exemple lorsqu’on
répand du sel sur des trottoirs verglacés, il se crée un mélange dont le point de fusion est
inférieur à celui de l’eau pure, et la glace fond.
La solubilité d’une substance dans un solvant dépend d’un certain nombre de facteurs. Par
exemple la solubilité de toute substance dépend de la nature du solvant, la solubilité d’un gaz
dépend de sa pression partielle et les solubilités de toutes les substances y compris les gaz,
dépendent de la température.
1. Solubilité des composés ioniques
Les solides se dissolvent dans l’eau parce que les molécules ou les ions sont attirés par les
molécules d’eau et se séparent du cristal. Lorsqu’un solide ionique se dissout dans l’eau, des
liaisons hydrogènes s’établissent entre le solide et l’eau ; un processus semblable se produit
pour les solides moléculaires. Les atomes d’oxygène des molécules d’eau portent une charge
partielle négative. Ces atomes entourent les cations et les extraient du réseau cristallin. En
même temps les molécules d’eau établissent des liaisons hydrogènes aves les anions de
surface et commencent à les séparer de leurs partenaires cationiques. L’agitation accélère le
processus en augmentant le flux de molécules d’eau libres vers la surface du cristal et en
enlevant les ions hydratés.
Les limites de la solubilité
La solubilité molaire d’une substance est sa concentration molaire dans une solution saturée.
Une solution saturée est une solution dans laquelle le soluté dissout et le soluté non dissout
sont en équilibre dynamique.
2. Température et solubilité
La plupart des substances se dissolvent plus rapidement aux températures élevées qu’aux
basses températures. Mais cela ne signifient pas nécessairement qu’elles soient plus solubles –
c'est-à-dire qu’elles atteignent une plus grande concentration en soluté – aux températures
élevées. Dans un certain nombre de cas, il se trouve que la solubilité est plus faible aux
températures élevées. Nous devons toujours faire la distinction entre l’influence de la
température sur la vitesse d’un processus et son influence sur le résultat final.

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La solubilité de la plupart des gaz est plus faible aux températures élevées. Les solides
présentent un comportement varié. La solubilité des gaz est très faible dans l’eau chaude. En
revanche, la plupart des solides ioniques et moléculaires sont plus solubles dans l’eau chaude
que dans l’eau froide. Nous utilisons cette propriété au laboratoire pour dissoudre une
substance et pour croître des cristaux en laissant lentement refroidir une solution saturée.

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