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Amma

Ce document explore l'application des mathématiques arabes dans l'enseignement des mathématiques en Tunisie, en introduisant un module intitulé 'Mathématiques Arabes et Applications' pour motiver les étudiants. Le module couvre des domaines tels que l'algèbre, la trigonométrie, la géométrie et l'analyse, en utilisant des exemples historiques pour illustrer les concepts théoriques. Les résultats montrent une amélioration de l'intérêt des étudiants pour les mathématiques à travers des applications pratiques et historiques.

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Ce document explore l'application des mathématiques arabes dans l'enseignement des mathématiques en Tunisie, en introduisant un module intitulé 'Mathématiques Arabes et Applications' pour motiver les étudiants. Le module couvre des domaines tels que l'algèbre, la trigonométrie, la géométrie et l'analyse, en utilisant des exemples historiques pour illustrer les concepts théoriques. Les résultats montrent une amélioration de l'intérêt des étudiants pour les mathématiques à travers des applications pratiques et historiques.

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Application des Mathématiques : les Mathématiques

Arabes en Exemple
Hédi Nabli∗
Faculté des Sciences de Sfax, Département de Mathématique
Route de Soukra Km 3, BP 1171, Sfax 3000, Tunisia.
E-mail: [Link]@[Link], Tél. : 00216 22 606 586

Résumé
On s’intéresse dans ce travail aux applications des mathématiques en prenant comme source
d’exemples les mathématiques arabes. L’objectif étant de donner une motivation à l’étudiant
et une valorisation des concepts théoriques dans la discipline des mathématiques pour la-
quelle l’enseignement en Tunisie reste très abstrait. Dans ce cadre, j’ai proposé un module
intitulé Mathématiques Arabes et Applications à la Faculté des Sciences de Sfax, qui est
destiné aux étudiants inscrits en 2e année de Licence de Mathématiques Appliquées. Les
branches abordées sont l’algèbre, la trigonométrie, la géométrie et l’analyse. Comme appli-
cations on cite entre autres : le partage d’un héritage, la construction de figures géométriques
et la détermination du rayon de la terre. L’algèbre matricielle et la méthode des approxi-
mations successives en analyse numérique sont illustrées par des exemples du livre Miftah
Al-Hisab d’Al-Kashi. En guise de conclusion, on rapportera la réaction et les opinions des
étudiants et ce qu’ils ont éprouvé à l’égard de ce module.

Introduction
Ibn Khaldoun a écrit dans la section L’enseignement est un art de son livre Al-Muqaddima [10]
“Pour être versé dans une science, pour en bien connaître tous les aspects et pour s’en rendre
maître, il faut avoir pris l’habitude (malaka) de bien en comprendre tous les fondements, d’en
avoir étudié les problèmes et d’avoir pu passer des principes aux applications. Faute de cet en-
traînement, on ne saurait prétendre à la maîtriser. Par habitude (malaka), il faut entendre ici autre
chose que la compréhension et la mémoire. Comprendre un seul problème d’une seule science
est aussi bien à la portée du spécialiste que du débutant, de l’ignorant que du savant. Tandis que

L’auteur est professeur en mathématiques appliquées, il est aussi membre du Laboratoire de Probabilités et
Statistique de la Faculté des Sciences de Sfax.

1
l’expérience (malaka) est le domaine exclusif du savant ou de celui qui a étudié les questions
scientifiques : elle ne se confond donc pas avec l’entendement.” Selon la pensée d’Ibn Khal-
doun et dans le contexte de l’enseignement des mathématiques, il ne suffit pas par exemple de
comprendre les opérations algébriques qui permettent de mettre sous forme canonique puis de
résoudre une équation de premier ou de second degré. Il est impératif de connaître aussi l’utilité
pratique de ce type de résolution et d’en comprendre le sens. Cette démarche ne peut être réalisée
qu’à travers l’étude d’exemples significatifs liés à la vie réelle. Cela permet sans doute de mieux
saisir le fond du fameux x algébrique, de s’initier à la mise en équation d’un problème réel et
d’analyser puis interpréter la solution mathématique.

Il est à constater que l’enseignement des mathématiques est abstrait en Tunisie que ce soit au
niveau secondaire ou encore au niveau supérieur. A rares exceptions près, la motivation majeure
de l’élève pour cette discipline est la note en raison du barème relativement élevé des mathé-
matiques dans les sections scientifiques. Passionné par la pensée khaldounienne, j’ai tenté de
concevoir une option pour les étudiants inscrit en 2e année de licence de mathématiques, où l’on
trouve divers applications dans différentes branches des mathématiques. Ce module optionnel
est intitulé “Mathématiques Arabes et Applications”, en abrégé L2MAA. L’objectif de cette dé-
marche est triple, d’une part elle permet de motiver l’étudiant à s’intéresser aux mathématiques
et d’autre part de l’initier à la modélisation mathématique. Enfin, l’histoire des mathématiques
arabes est un élément qui est implicitement présent à travers ces applications.

Le choix des applications réelles tient comptent de l’ordre chronologique de leur auteur. Ils sont
résolus par les outils mathématiques modernes avec un bref aperçu sur les outils de l’époque. On
précise que l’objectif du module L2MAA est pédagogique et non épistémologique. Les exemples
proposés sont, dans la mesure du possible, classés par branches et par thèmes.

Résolution des équations de premier et second degré


La principale contribution mathématique d’Al-Khawarizmi est l’arithmétique et l’algèbre. Son


livreø YJêË  H A‚m


.
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‡K Q®JË ð[4], [15] a introduit le système décimal indien où
©Òm
Ì
.
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.

tout nombre entier peut être représenté à l’aide de dix chiffres. Ce système par sa simplicité
est devenu depuis longtemps universel. Contrairement au système de numérotation utilisant les
lettres de l’alphabet, il permet d’avoir des règles pour les opérations arithmétiques, comme l’ad-
dition et la multiplication, sans recours à un nombre considérable de symboles (voir Fig. 1).

2
1843 MDCCCXLIII
+ 1995 + MCMXCV
3838 ?!!!

F IG . 1 – Nombres MDCCCXLIII=1843 et MCMXCV=1995 en numérotation romaine

L’algèbre est une transcription du mot arabe Q


m
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. .
, il a été utilisé par Al-Khawarizmi pour intituler
'

 

son livre éÊK A®ÖÏ ð


.
Q
(le livre de restauration et de comparaison) [11]. Il s’agit de l’acte de
m
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. .
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H AJ»
.

naissance officiel de l’algèbre en tant que discipline à part entière [7]. Ce livre, écrit sous l’ordre
du Calife , comporte :
à ñÓ A ÜÏ 

– une partie théorique (résolution des équations de 1er et 2e degré)


– une partie sur les applications :
– transactions commerciales 
H C Ó AªÖÏ  H AK
. .

– arpentage ék A‚ÖÏ  H AK
. .

– partage d’héritage avec testament AK A“ñË  H AK


. .

On traitera presque tous les exemples de ce livre. Les étudiants me rapportent que c’est la pre-
mière fois qu’ils ont à définir par eux même le x algébrique et à formuler l’équation à partir d’un
texte. Suite à la résolution de l’équation établie, ils auront à analyser et interpréter sa solution
mathématique. A ces exemples, on ajoute des exercices sur les équations de premier et de second
degré extraits entre autres d’abu-Kamil [13], [5], d’Al-Kashi [9] ou d’Al-Amili [8] sans oublier
bien sûr l’Urjuza d’Ibn Al-Yasamin [1], [2].

Calcul d’intégrales multiples


Le nombre π est ancré dans la culture populaire à un degré plus élevé que tout autre objet
mathématique. Pourtant rares sont ceux qui connaissent sa définition géométrique. Il est utile de
préciser que les arabes d’orient le notent par , qui est la lettre commune des deux mots arabes
(périmètre). C’est seulement au cours du XVIII ième siècle que s’établit


Q¢¯ (diamètre) et
.
¡Jm
×

l’usage de la lettre grecque π, qui est aussi la première lettre des mots grecs πǫριϕǫρǫια (péri-
phérie) et πǫριµǫτ ρoς (périmètre) [19]. La démonstration de Banu-Musa sur le rapport constant
de la circonférence d’un cercle avec son diamètre est basée sur un résultat d’Euclide, éléments
XII [6].

Dans [11], Al-Khawarizmi a affirmé sans démonstration que le volume d’un cône ou d’une py-
ramide à base triangulaire ou rectangulaire est le tier de la surface de la base multiplié par la
hauteur. Dans le module L2MAA, on démontre ces résultats moyennant les intégrales multiples.

3
On propose également les résultats sur le volume de la paraboloïde de première et de seconde
espèce dûs à Ibn Al-Haytham et la quadrature de la parabole due à Archimède [6]. Ce type de
calcul d’intégrale ne se fait pas en général sur un pavé, d’où sa difficulté. De plus, la fonction à
intégrer n’est pas donnée, ni encore les axes et l’origine du repère. Cela permet de développer
l’esprit d’initiative et de bon sens chez l’étudiant.

Coniques et équations de troisième degré


Le lien entre l’algèbre et la géométrie est étroit dans l’histoire des mathématiques arabes. Un
problème purement géométrique peut être ramené à un problème algébrique, et pour résoudre
ce dernier on fait appel à un autre outil géométrique. La résolution des équations algébriques de
troisième degré par les coniques illustre parfaitement cette démarche. Les exemples d’applica-
tions n’en manquent pas, on cite à titre indicatif la construction d’un ennéagone régulier selon
Al-Biruni [20], la trisection d’un angle selon Abu Sahl [5] et la division d’un quart de cercle
selon Al-Khayyam [14]. Chaque exemple est donné sous forme d’un problème qui comporte à
chaque fois une question sur la résolution par la méthode algébrique de Cardan. Lorsqu’il s’agit
d’une construction géométrique, on inclut dans le problème une question qui est liée au théorème
de Wantzel sur les nombres constructibles ou au théorème de Gauss sur les polygones réguliers
constructibles. A juste titre, on donne ci-après un exemple de problème proposé.

Problème (Extrait du “traité sur la division d’un quart de cercle” de Omar Al-Khayyam)
On veut construire un triangle RST rectangle en S (voir figure ci-dessous) vérifiant :

RS + SQ = RT (1)
RQ = 1 (2)

On pose x = SQ.
S

T R
Q

1) a - A partir du graphique, montrer que RS 2 = 1 + x2 et que RS 2 = RT × RQ.


b - En tenant compte des égalités (1) et (2), en déduire que x vérifie l’équation :

x3 + 2x = 2x2 + 2 : (E)

4
2) Montrer que (E) admet une et une seule solution réelle que l’on note α.
3) Pour résoudre (E), Omar Al-khayyam considère les deux coniques suivantes :
 √
xy
√ = 2 : (C1 )
( 2 − y)2 = (2 − x)(x − 1) : (C2 )

a - Montrer que l’abscisse x de tout point M(xy ) ∈ (C1 )∩(C2 ), différent de A(1√2 ),
√ √ √
est solution de (E). Indication : xy = 2 ⇐⇒ 2(x − 1) = x( 2 − y).
b - Montrer que (C1 ) est une hyperbole dont on déterminera le centre et les
asymptotes.
c - Montrer que (C2 ) est un cercle dont on déterminera le centre S et le rayon r.
d - Dessiner sur un repère orthonormé les deux coniques (C1 ) et (C2 ) et vérifier
graphiquement que 1, 55 est une valeur approchée de α.
e - Résoudre l’équation (E) par la méthode de Cardan.
4) Construire alors le triangle RST tout en indiquant l’échelle utilisée et la longueur
de chaque côté en fonction de α.
5) Montrer que ce triangle vérifie aussi RS + RQ = ST .
6) Quelle serait la longueur x = SQ si on remplaçait la condition (2) par RQ = a
où a est un réel strictement positif.

Pour mener à bien ce chapitre, on donne un complément de cours sur la détermination du centre
et de(s) axe(s) d’une conique à partir de son équation algébrique. Les techniques de construction
d’un point d’une conique, dues à Ibn Sinan [5], sont également proposées.

Géométrie et trigonométrie
Dans sa Muqaddima, Ibn Khaldoun [10] a écrit : “Sachez que la géométrie ouvre l’esprit
et lui donne (le goût) de la rigueur. Toutes les démonstrations y sont claires et bien ordonnées.
L’erreur ne peut guère y avoir accès, en raison de cette clarté et de cet ordre. Aussi, celui qui a
constamment recours à la géométrie a-t-il peu de chance de se tromper. De la sorte, la géométrie
développe son intelligence. On prétend que Platon avait inscrit sur sa porte : “Que nul n’entre ici,
s’il n’est géomètre". Nos maîtres comparaient l’effet de la géométrie sur l’intelligence à l’action
du savon sur les vêtements : elle enlève les souillures et en nettoie les taches.”

En ce qui concerne la géométrie, la construction à la règle et au compas lui est accordée une
attention particulière. On y acquiert de la technique et de l’efficacité. Dessiner par exemple une
étoile peut se faire de plusieurs façons, mais la méthode basée sur l’hexagone est plus simple.

5
A ma connaissance, la construction de figures géométriques est un élément absent dans l’ensei-
gnement de la géométrie. Pourtant, ces figures ont été utilisées en abondance dans la décoration
chez les arabes (voir Figure 2), le mot arabesque en est le parfait témoin. Cet aspect permet de
développer le sens artistique et de donner une motivation à l’étude de la géométrie. Le théorème
d’Al-Kashi et la loi des sinus, due à Al-Tusi puis Al-Kashi [5], sont naturellement prouvés et
appliqués.

F IG . 2 – La figure à gauche comme motif de décoration, mosquée à Isfahan

En ce qui concerne la trigonométrie, les étudiants découvrent pour la première fois une dé-
monstration des formules trigonométriques de base. Ces résultats, dûs à Abou Al-Wafa [5], sont
exploités à leur tour pour la détermination de valeurs exactes de sinus et de cosinus de certains
angles. A cet effet, la méthode d’Abu Al-Wafa [5],[18] pour la construction d’un pentagone
régulier peut être formulée sous forme d’un problème. Des exemples de constructions géomé-
triques de Naïm Ibn Musa [16] sont également proposés. Au niveau de l’ingénierie géométrique,
on enseigne la méthode d’Al-Biruni pour la détermination de la hauteur d’une montagne et du
rayon de la terre. Quelques applications de l’astrolabe se basant sur l’alidade (transcrit du mot


arabe ) sont également étudiées. En géométrie sphérique, la méthode sur la détermination


è X A’ªË 

de la Qibla, basée sur le théorème d’Al-Battani et le théorème d’Abu Al-Wafa, est étudiée et
analysée [5].

Arithmétique
Ibn-Khaldoun [10] dans une sous-section sur l’arithmétique de sa Muqaddima a écrit “C’est
par l’art du calcul qu’il faut commencer l’école, car il donne des connaissances claires et des

6
démonstrations systématiques. En général, il forme des têtes bien faites, habituées à raisonner
juste. On prétend même qu’on doit faire confiance à celui qui a étudié le calcul dès son enfance,
car il a acquis des bases solides, pour la contestation, qui lui deviennent comme une seconde
nature ; de sorte qu’il s’habitue à l’exactitude et s’en tient à la méthode (que lui a apprise le
calcul).”

Dans le module L2MAA, on s’intéresse particulièrement aux applications des mathématiques


avec comme source d’exemples les mathématiques arabes. Pour l’arithmétique, on commence


à justifier la preuve ( ), qui est utilisée depuis l’école primaire pour vérifier le pro-
H Qå”Ë 
.
à
Q

duit de deux entiers. Les énigmes mathématiques, appelés aussi problèmes de détermination de
nombres pensés ou encore problèmes récréatifs [3], font parties de ce chapitre. L’exemple d’ap-
plication du théorème d’Ibn Al-Haytham–Lagrange, dit de Wilson [17], est également étudié et
résolu. On ajoute à cela les méthodes d’Ibn Al-Haytham [6] et d’Al-Amili [8] pour le calcul des
puissances des n premiers entiers, le théorème d’Ibn Qurra sur les nombres amiables et un aperçu
historique sur le théorème de Fermat.

Analyse numérique
Du livre H A‚m
.
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(clef de l’arithmétique) d’Al-Kashi [9] et dans le cadre de l’analyse
'

h AJ®Ó

numérique, on s’intéresse aux points suivants :



– Règle d’Al-Kashi–Hörner : an xn +an−1 xn−1 · · ·+a0 = (an x+an−1 )x+an−2 ) · · · )x+a0 )
– Exemples réels se formulant en terme d’un système linéaire q p
– Calcul de π à 16 décimales exactes via la suite (3×2n Cn )n≥0 avec Cn+1 = 2 − 4 − Cn2
et C0 = 1
– Méthode d’extraction de la racine carrée
– Calcul de sin(1◦ ) par la méthode des approximation successives.

Pour le calcul de π, on précise l’intérêt d’avoir une bonne précision de sa valeur numérique
comme l’a clairement formulé Al-Kashi1 :
     

áÓ É¯  P B  Q¢¯ èQÓ 600.000 È X AªK AëQ¢¯ èQK  YK


.
AjÖÏ  ©Ê’ÖÏ ð ¡JjÖÏ  ©Ê’ÖÏ  ù ¢J m
× á
K
.
†P A¯


. 
à A’k èQªƒ ¹ÖÞ

Ceci explique pourquoi Al-Kashi s’arrête à 16 décimales exactes bien qu’il pouvait aller au
delà de cette précision grâce à sa suite récurrente. La méthode d’Al-Qalasadi pour affiner la

  

valeur numérique d’une racine carrée [12] ( ) permet d’apporter plus de précision
IK Q®JË 
.
‡J¯ YK


à la méthode d’Al-Kashi. Bien sûr, on ne manque pas faire le lien avec la méthode de Newton
1
Pour un cercle 600 000 fois plus grand que l’équateur terrestre, l’incertitude doit être inférieure à un crin de
cheval.

7
qui juste itère la technique d’Al-Qalasadi. Enfin, le calcul numérique de sin(1◦ ) est présenté
sous forme de problème. A toutes ces activités, on donne en supplément la méthode d’analyse
fréquentielle d’Al-Kindi utilisée pour décrypter des messages chiffrés par substitution [21].

Conclusion
L’expérience de l’enseignement du module L2MAA est âgée à ce jour de deux ans. Sur
la question naturelle “quelle est votre opinion/critique sur ce module ?”, les étudiants étaient
unanimes, elle est très positive. En demandant plus de détails, les points dégagés par les étudiants
se résument comme suit :
1. A travers ce module on comprend mieux pourquoi étudier les mathématiques.
2. Acquisition de compétences : partage d’héritage, répartition de gain entre associés, construc-
tion de figures géométriques, etc.
3. Notre vision du monde qui nous entoure a changé : on est plus sensible aux figures géomé-
triques dans les objets de décoration. Auparavant ces formes passaient souvent inaperçues.
4. Connaître l’origine des mots et des symboles en mathématique est très enrichissant.
5. On y apprend beaucoup de connaissances : extraction de la racine carrée, la pertinence
du calcul précis de π ou sin(1◦ ), l’intérêt de tout calcul mathématique se mesure par son
utilité, etc.
6. Ils déplorent que certains résultats mathématiques ne portent pas le nom de leur auteur, à
l’image de la loi des sinus.
Il s’agit d’une expérience qui est encore vierge, et comme toute nouvelle expérience, elle est
assujettie à des recommandations ou ajustements surtout que la démarche entreprise est pure-
ment personnelle. D’ailleurs, les étudiants ont exprimé leur souhait que le module L2MAA soit
généralisé dans toutes les sections de mathématique ou d’ingénierie.

Références
[1] Abdeljaouad Mahdi, 12th Century Algebra in an Arabic Poem : Ibn Al-Yasamin’s Urjuza
fi’l-jabr wa’l-muqabal, Tunis 2005.
[2] Abdeljaouad Mahdi, The Eight Hundredth Anniversary of the Death of Ibn al-Yasamin :
Bilatery as part of this thinking and practice, Huitième colloque maghrébin sur l’histoire
des mathématiques arabes, Tunis 2004.
[3] Abdeljaouad Mahdi, Les arithmétiques arabes (9e − 15e siècle), Editions Ibn Zeidoun,
2005.

8
[4] Allard André, Muhammad Ibn Musa al-Khawarizmi, le calcul indien (Algorismus), Albert
Blanchard, Société des études classiques, Paris, Bruxelles, 1992, Histoire des textes, édi-
tion critique, traduction et commentaire des plus anciennes versions latines remaniées du
XII ième siècle.
[5] Berggren J. L., Episodes in the mathematics of medieval islam, Springer-Verlag, New York
1986.
[6] Crozet Pascal, Les archimédiens arabes, Histoire des mathématiques, deuxième semestre
thématique, Tunis, 4 Octobre - 17 Décembre, 2004.
[7] Djebbar Ahmed, Une histoire de la science arabe, Entretiens avec Jean Rosmorduc, Edition
du seuil, mai 2001.
 
  

[8] ú ¯ ñƒ

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1976.
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[9] 
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1977.
[10] Ibn Khaldoun (trad. Vincent Monteil), Discours sur l’histoire universelle. Al-Muqaddima,
Commission libanaise pour la traduction des chefs-d’œuvre, Beyrouth, 1967-1968.
       

[11] ú × P P ñm
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[12] ø X A’Ê®Ë  YÒm


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.

éJJºÖÏ  .
[13] Rashed Roshdi, Histoire de l’analyse diophantienne et de la théorie des nombres de Dio-
phante à Fermat, Histoire des mathématiques, deuxième semestre thématique, Tunis, 4
Octobre - 17 Décembre, 2004.
[14] Rashed R. et Vahabzadeh B., Al-Khayyam Mathématicien, Librairie Scientifique et Tech-
nique Albert Blanchard, Paris 1999.
[15] Rashed Roshdi, M. Ibn M. al-Khwarizmi – Le commencement de l’algèbre, Librairie
Scientifique et Technique Albert Blanchard, Paris 2007.
[16] Rashed R. et Houzel C., Recherche et enseignement des mathématiques au IX siècle – Le
recueil de propositions géométriques de Naïm ibn Musa, Editions Peeters, Louvain-Paris
2004.
[17] Rashed Roshdi, Ibn al-Haytham et le théorème de Wilson, Archive of History of Exact
Sciences, 22 No. 4, 1980.


[18] ú G Ag P ñJË 
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.

, Ayasofya No. 2753.
[19] http ://[Link]/wiki/Pi
[20] http ://[Link]/anx/[Link]
[21] http ://[Link]/wiki/Analyse_fréquentielle

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