Etude de trois repères de développement de l’espèce Lucilia sericata
(Meigen) (Diptera : Calliphoridae) sous différents facteurs biotiques et
abiotiques.
SMARI Hadjer-Kounouz & LOUADI Kamel
Laboratoire de Biosystématique et Ecologie des Arthropodes – Faculté des Sciences de la
Nature et de la Vie – Université des Frères Mentouri Constantine – Constantine -
Algeria 25000.
Résumé
Récemment en Algérie, la mouche verte Lucilia sericata (Meigen) (Diptera :
Calliphoridae) est devenue une cible d’intérêt, cette étude a mis l’accent sur les stades
immatures et examine les temps nécessaires à ce diptère nécrophage pour atteindre ces repères
de développement juvénile et parvenir à l’émergence des adultes. L’expérience a été menée
pour comparer l’effet de substrat nutritif sur les croissances pondérales et métriques et la
longévité des larves de mouches nécrophages de cette espèce, les résultats obtenus pouvant
servir comme nouvelles données en entomologie médico-légale. Les œufs de l’insecte étudié
ont été maintenus à deux régimes de températures différentes 20°c et 30°c et à quatre régimes
alimentaires dont la composition est basée sur des tissus animaux : viandes cameline, caprine,
chevaline et poisson. Nos résultats confirment que la variabilité de type de nourriture et de la
température a un impact sur le cycle de développement, de poids et la taille de Lucilia
sericata. La viande caprine prolonge la longévité de la phase alimentation à 20°c par contre
c’est la viande chevaline qui la prolonge à 30°c. Les croissances pondérales et métriques sont
affectées aussi, l’étude statistique a montré qu’il y a une différence significative intragroupe et
intergroupe sous toutes les conditions biotiques et abiotiques évaluées pour cette espèce.
Mots clés : diptère nécrophage, repère de développement, type de nourriture, température,
croissance pondérale, croissance métrique, longévité, Lucilia sericata.
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Introduction
L’entomologie médico-légale est la science de la collecte et de l’analyse des preuves
d’insectes pour faciliter les enquêtes médico-légale (Chen et al., 2019). Au cours des dernières
décennies, des études sur le développement juvénile de diptères d’importance médico-légale
ont été réalisées en utilisant des tissus non humains comme milieu nutritionnel. Plusieurs
publications ont mis l’accent sur la qualité des aliments en tant que facteur biotique
supplémentaire pour la plasticité de la croissance et du développement larvaire (Bernhardt et
al., 2017).
L’estimation du temps minimum écoulé depuis le décès est l’une des principales
applications de l’entomo-médico-légale en calculant l’âge du stade immature des mouches
nécrophages se développent sur le cadavre. Ce temps se limite à environ 2 à 4 semaines, selon
la température et les espèces (Amendt et al., 2021). Ces analyses sont générées à partir des
courbes de développement larvaires standardisées, ceux-ci sont dérivés d’études de la
croissance des larves élevées, généralement, sur le foie et à une gamme de température.
Cependant, il est possible que l’espèce dont les larves se nourrissent modifie
considérablement le taux de croissance (Clark et al., 2006). La présente étude a donc
comparé le développement de la mouche à viande L. sericata nourrie de viande cameline,
caprine, chevaline et de poisson sous deux températures 20°c et 30°c.
Comment les facteurs biotiques et abiotiques affectent le cycle de vie d’une mouche à
viande qui est défini par quatre stades de vie morphologiques distincts : œuf, larve, nymphe et
imago. Les œufs et les pupes constituent des stades de développement immobile, tandis que
les larves et les adultes sont des étapes mobiles. Les larves nécrophages de mouches à viande
(asticots) vivent et se nourrissent de charognes de vertébrés. Cependant, ils quittent
généralement cette source de nourriture dans les stades de développement ultérieurs pour se
cacher et se nymphoser (Komo & Charabidze., 2021).
Entre chaque stade larvaire, un asticot perd sa cuticule, jusqu’à ce que finalement la
dernière cuticule externe rétrécisse et durait en puparium. Pour entrer dans le prochain stade
de développement, un seuil de taille et de poids doit être atteint. Par conséquent, un apport
alimentaire suffisant pendant les phases d’alimentation des larves est obligatoires. Le taux de
développement des larves nécrophages est déterminé par des facteurs abiotiques (notamment
la température) et des facteurs biotiques (Komo & Charabidze., 2021).
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L’hypothèse soulevée dans la présente étude est que la variabilité de type de
nourriture et de températures a un impact sur le cycle de développement, de poids et la taille
de Lucilia sericata. Pour tester cette hypothèse, les trois phases de développement de cette
espèce ont été analysées. Cependant il est possible que l’espèce ou l’organe dont se
nourrissent les larves modifie considérablement le taux de croissance (Clark et al., 2006).
Cette étude a donc comparé le développement de la mouche L. sericata nourrie de
quatre types de substrats afin d’évaluer si les différences structurelles dans la source de
nourriture étaient importantes.
Les facteurs biotiques et abiotiques influencent de multiples traits d’une population, y
compris la taille corporelle, la fécondité, la survie, le taux de développement et le
surpeuplement (Kökdener et al., 2020). La nourriture est l’une des facteurs affectant la
croissance des mouches à viande. Le but de cette étude était d’analyser l’effet des différents
substrats sur certains paramètres du cycle biologique de L. sericata.
L’application la plus importante de l’entomologie médico-légale est l’estimation de
l’intervalle post-mortem minimum (IPMmin). Ceci est basé sur l’estimation de l’âge des
stades mini juvéniles insectes nécrophages qui colonisent généralement le corps très peu de
temps après la mort. Ces mouches à viande ont ici une importance particulière car elles sont
souvent les premières colonisatrices d’un cadavre. Leur âge correspond donc le plus
étroitement à l’heure réelle du décès et fournit le PMI le plus précieux (Hartmann et al.,
2021). L’apport nutritionnel des larves est susceptible de varier en fonction de la partie d’un
cadavre dont elles se nourrissent (Clark et al., 2006). Pour les entomologistes médico-légaux,
ces résultats soulignent la nécessité de développer des ensembles de données sur les types de
tissus ainsi que sur les sources de tissus des espèces (Thomas et al., 2016).
Matériel et méthodes
Le protocole suivi dans notre expérience est basé sur l’influence des facteurs biotiques
(substrats nutritifs : les viandes cameline, caprine, chevaline et le poisson) et abiotiques
(températures : 20°c et 30°c) sur le développement larvaire de la mouche verte Lucilia
sericata. Elle a été choisie en raison de sa grande fréquence sur le cadavre et son activité au
printemps. C’est une espèce bien adaptée au climat chaud (Benmira., 2018), et elle résiste
mieux aux fortes températures estivales (Benmira et al., 2017. (Bensaada et al., 2014). De
même, à mesure que la température augmente, le nombre d’œufs pondus diminue ainsi que la
survie avec l’augmentation des températures (Michael et al., 2022).
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Le cadavre animal choisi pour la réalisation de ce travail était un chiot de 15 kg, ce
dernier est entreposé dans une cage en fer de 2m X 2m X 2m de côté formée d’un grillage
métallique de petites mailles pour faciliter seulement l’entrée des insectes et de protéger le
cadavre d’éventuels charognards et de permettre sa conservation tout au long de
l’expérimentation (Smari & Louadi., 2017). Cette cage a été placée dans un endroit isolé à
proximité du laboratoire de recherche sis à Chaabat Ersas. Dès la mise en place du cadavre,
les observations ont commencé afin de réaliser nos prélèvements des œufs. Les femelles
pondent leurs œufs sur des plaies ou orifices naturels du cadavre (Byrd & Castner, 2009). On
a constaté que la grappe des œufs se trouvait dans les orifices naturels (exactement du
museau). Le choix des sites de ponte est dû à la fragilité des œufs et des jeunes larves La pose
dépend aussi de plusieurs facteurs dont la température de l’environnement et du substrat
(Boulkenafet et al., 2015). La récolte des œufs s’effectue au moyen d’une aiguille (type
minutie) monté sur un mandrin ou de pinces métalliques souples. Les œufs sont déposés dans
des boites de pétries et transportés jusqu’au laboratoire.
Il existe des méthodes établies pour déterminer l’âge des œufs et des larves de
mouches à viande sur la base de changements anatomiques et morphologiques. Pour estimer
l’âge des larves, la mesure de la longueur ou du poids en fonction de l’âge et la comparaison
avec les données de référence spécifiques à l’espèce sont utilisées (Hartmann et al., 2021).
Chaque substrat nutritif est divisée en trois portions de 40 g chacune pour trois
répétitions. 30 œufs sont alors mis sur chaque substrat dans une boite de pétrie sans son
couvercle pour servir simplement de support. Les boites de pétries sont déposées ensuite dans
des cages d’élevages en plastique de 25cm de long, 15 cm de large et 17cm de hauteur. Les
cages sont munies d’un couvercle en tulle pour permettre la respiration des larves. Celles-ci
sont ensuite introduites dans deux enceintes climatiques (étuves) réglées à 20°c et 30°c.
Il est possible que l’organe sur lequel les larves se nourrissent puisse modifier de
manière significative le taux de croissance (Clark et al., 2006). De plus, tous les tissus n’ont
pas la même valeur nutritive pour les larves (Kaneshrajah & Turner, 2004).
Le développement des asticots est contrôlé quotidiennement pour les stades 2, 3,
prépupes et pupes. Les prélèvements des échantillons sont effectués au milieu de chaque stade
de cycle de développement (stade 1 (négligé), stade 2, stade 3, prépupe et pupe) pour avoir les
mêmes âges.
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Les différents stades sont pesés avec une balance de précision et sont mesurés avec un
papier millimétré. Pour effectuer ces mesures on a récupéré une dizaine d’asticots de la viande
que nous avons nettoyés sur un papier absorbant. Les asticots sont par la suite paralysés par
le froid en les introduisant pendant quelques minutes dans un réfrigérateur afin de pouvoir les
manipuler. Concernant le stade final « pupe », la mesure de la longueur s’effectue avec un
pied à coulisse en raison de la rondeur de ses extrémités (Smari & Louadi., 2017). Les
mesures sont effectuées chaque moitié de stades alimentation, post-alimentation et pupaison.
La phase post-alimentation peut-être identifiée par la capacité des larves de se déplacer
activement loin de la source de nourriture et par la façon dont elles se contractent en forme de
tonneau quand on les touche (Donovan et al., 2006).
En fait, le nombre d’individus prélevé est de dix larves. Il est inférieur au nombre
initial placé dans chaque cage d’élevage car certaines larves s’enfoncent profondément dans
la viande ce qui rend difficile leur extraction. Dix larves nouvellement écloses sont prélevées
au hasard chaque moitié de stade. La même manipulation est effectuée pour toutes les
applications. Les asticots prélevés et nettoyés sont déposés dans des boites de pétries en verre
pour les peser. Les asticots manipulés sont remis dans la viande d’origine pour continuer leurs
croissances. Le temps utilisé pour la récupération des larves des substrats est limité à 30
minutes afin de respecter l’âge des larves. Nous avons manipulé les larves à partir du stade 2
car le stade 1 est très fragile et léger (Smari & Louadi., 2017).
L’identification des larves et adultes est faite par les clés de Wyss & Cherix (2006),
Szpila et al. (2008) et Szpila & Villet (2011). Les adultes sont identifiés par leurs
caractéristiques physiques, et la distinction entre les stades larvaires s’effectue à l’aide d’une
loupe binoculaire. La chronologie de développement est basée sur l’observation des spiracles
respiratoires postérieurs.
L’étude statistique a été réalisée grâce au logiciel SPSS statistics 21. L’ANOVA
(analyse de la variance) nous a permis de comparer les stades de croissances des différentes
larves issues des quatre substrats sous les deux températures. Le poids et la longueur ont été
déterminés en utilisant la moyenne et l’écartype (moyenne ± écartype) (Arkin & Colton
cités par Al-Shareef & Al-Qurashi, 2016). Les résultats sont confirmés par 3 réplications.
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Résultats
1- Durée de développement de Lucilia sericata
L’espèce étudiée dans ce travail a été élevée sous deux températures 20°c et 30°c, et
alimenté avec du poisson et trois types de viandes : cameline, chevaline, caprine. Les larves
de l’espèce Lucilia sericata se développent du stade initial jusqu’au stade final pour donner,
après émergence des pupes, des adultes sous les deux températures étudiées. Il n’y a pas de
mortalité car elles sont optimales pour le développement de cette espèce.
1-1 Longévité à la température de 20°c
24 h après le dépôt des œufs sur les quatre substrats, on observe la naissance des asticots
de stade 1. Au bout de 48 h toutes les larves atteignent le stade 2, et à 72 h les asticots se
développent en stade 3. Ce stade dure 3 jours pour les asticots nourris sur tous les substrats
sauf pour la viande caprine qui dure 4 jours. Les asticots commencent à quitter les substrats ;
viande cameline et chevaline et de poisson après 120 h et deviennent des prépupes. Ces
derniers se stabilisent sous forme de pupe au bout de 192 h. A 432 h on observe l’émergence
des premiers adultes. Les asticots élevés sur la viande caprine commencent à quitter leurs
substrats au bout de 144 h et deviennent des pupes à 216 h qui atteignent l’émergence à 456 h.
Figure 1 : Durée moyenne nécessaire pour atteindre trois phases de développement représentés par les
stades larvaires (stade 1, stade 2, stade 3, prépupe, pupe) de l'espèce Lucilia sericata à T°=20°c.
1-2 Longévité à la température de 30°c
A cette température, on observe les asticots de stade 2 après 24 h. ceux nourris de viandes
cameline et caprine et de poisson se développent en stade 3 en deux jours. Quand les larves
terminent leur nourriture, elles commencent à migrer loin des substrats à 72 h. Alors que ceux
nourris de viande chevaline se développent en stade 3 en trois jours et deviennent des
prépupes à 96 h. Le stade pupe est atteint au bout de 120 h pour ceux qui sont nourris de
viandes cameline et caprine, et de poisson et leur émergence était observée à 264 h. Mais il est
de 144 h pour ceux nourris de viande chevaline. On observe l’émergence des premiers
adultes à 288 h.
2- Mesures des poids moyen de Lucilia sericata
L’espèce Lucilia sericata se développe d’une façon optimale sur les quatre substrats
examinés. L’éclosion des œufs donne la naissance des asticots du stade 1 dont le poids est
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négligeable. En revanche, on observe une augmentation faible du poids au bout de 48h. Le
nombre d’individus reste inchangé (n=30) en raison de l’absence de mortalité aux
températures étudiées. Les prélèvements des échantillons sont effectués au milieu de chaque
stade de cycle de développement (stade 1, stade 2, stade 3, prépupe, pupe) pour avoir les
mêmes âges.
2-1 A température de 20°c
Le tableau 1 et la figure 3 indiquent les poids moyens pendant la durée de développent de
cette espèce à 20°c. Les résultats de l’analyse de la variance des données indiquent que les
asticots nourris de tous les substrats (viande cameline, caprine et chevaline et de poisson)
atteignent leurs grandes valeurs du poids moyens à la phase post-alimentation à 156h
respectivement (47.35±7.27) mg, (64.18±7.42) mg, (54.79±7.69) mg et (57.48±3.43) mg.
Tableau 1 : poids moyens des asticots de Lucilia sericata nourris de différentes nourritures pendant la
durée de développement à 20°c. (* : p≤0.05 significatif ; ** : 0.05<p<0.01 hautement significatif ;
*** : 0.001<p<0.0001 très hautement significatif).
Selon la figure 3, le poids des asticots nourris de viande cameline est faible tout le long
de la durée de développement comparativement aux asticots nourris des autres types de
substrats.
Le tableau1 indique qu’il y a une grande variabilité intragroupe dans la phase post-
alimentation (156 h) que dans la phase d’alimentation (48 h, 84 h) et pupaison (312 h).
La valeur F montre qu’il y a une différence significative intergroupe (viande cameline,
caprine, chevaline et poisson) pour l’espèce Lucilia sericata au cours de leur cycle de
développement. A 48 h, les asticots de stade 2 se ressemblent plus que dans le stade 3,
prépupe et pupe, la valeur F est faible par rapport aux autres. Cela dénote que le type de
nourriture influe sur le poids des asticots. L’influence de type de nourriture sur cette espèce
est détectée dans la phase de pupaison (F=51.59) plus que dans les autres phases de
développement ; alimentation (F=7.17 ; F=30.54) et post-alimentation (F=32.46).
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2-2 A température 30°c
Le tableau 2 et la figure 4 montrent les mesures des poids moyens pendant la durée de
développement de cette espèce nourrie par les quatre types de substrats à température 30°c.
Les résultats de l’analyse de la variance des données indiquent que les asticots nourris de tous
les types de substrats (viande cameline, caprine, chevaline et poisson) atteignent leur grande
valeur de poids moyens à la phase post-alimentation à 96 h respectivement (62.01±6.11) mg,
(57.26±7.13) mg, (57.58±7.64) mg et (50.36±6.61) mg.
Selon la figure 4, la valeur de poids moyen la plus faible tout le long de cycle de
développement est observée chez les asticots nourris de poisson comparativement aux asticots
nourris des viandes. Selon le tableau 2, on constate qu’il y a une grande variabilité
intragroupe dans la phase post-alimentation (96 h) que dans la phase d’alimentation (24 h, 54
h) et pupaison (192 h). La valeur F montre qu’il y a une différence significative intergroupe
(viande cameline, caprine, chevaline et poisson) pour l’espèce Lucilia sericata tout le long de
cycle de développement. A 48 h, les asticots de stade 2 se ressemblent plus que dans le stade
3, prépupe et pupe, la valeur F est faible par rapport aux autres. L’influence de type de
nourriture à cette température est dans la phase pupaison (F=22.31) plus que dans les autres
phases de développement ; alimentation (F= 2.46 ; F=17.94), post-alimentation (F=14.57).
3- Croissance métrique des larves
Après l’éclosion des œufs sur tous les substrats, les larves de deuxième et troisième stade
d’alimentation croissent en taille rapidement. Cependant la longueur de troisième stade
larvaire diminue une fois que les asticots entrent en phase de post-alimentation.
3-1 A la température 20°c
Le tableau 3 et la figure 5 représentent les longueurs moyennes pendant la durée de
développement de l’espèce Lucilia sericata élevée sur quatre types de nourritures à 20°c. Les
résultats de l’analyse de la variance des données indiquent que les asticots nourris de tous les
types de substrats (viande cameline, caprine, chevaline et poisson) atteignent leur grandes
valeurs de longueurs moyennes à la phase post-alimentation à 156 h respectivement
(10.95±0.75) mm, (11.28±1.17) mm, (11.45±0.95) mm et (13.01±0.65) mm.
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Les valeurs des larves les plus élevées de longueurs moyennes étaient observés chez
les asticots nourris de poisson, concernant les valeurs de longueurs moyennes des asticots
nourris de viande caprine sont très similaire aux valeurs de celles nourris de viande chevaline
et par conséquence on remarque la branche de ce dernier caché un peu par l’autre (figure 5).
D’après le tableau 3 on remarque qu’il y a une faible variation intragroupe au niveau des
quatre substrats parce que tous les échantillons sont proches de la moyenne. Concernant la
variation intergroupe (viande cameline, caprine, chevaline et poisson), le test F indiquent qu’il
y a une différence significative au stade 3 et prépupe seulement où on trouve les valeurs
élevés des asticots. Tous les asticots de stade 2 ont la même longueur moyenne. Les pupes de
l’espèce Lucilia sericata se ressemblent presque sur tous les substrats. IL n’y a pas une
différence significative.
3-2 A température 30°c
Le tableau 4 et la figure 6 représentent les longueurs moyennes pendant la durée de
développement de l’espèce Lucilia sericata élevée sur les quatre substrats à 30°c.
Les résultats de l’analyse de la variance des données indiquent que les asticots sur tous les
substrats (viande cameline, caprine, chevaline et poisson) atteignent leurs grandes valeurs de
longueurs moyennes à la phase post-alimentation à 96 h respectivement (12.60±1.45) mm,
(12.60±0.49) mm, (13.08±0.64) mm et (12.66±0.42) mm.
D’après la figure 6, on remarque les valeurs de tous les asticots sont très proches entre
eux à 24 h, 96 h et 192 h, sauf à 54 h les asticots sont au stade 3. On remarque que les asticots
nourris sur viande chevaline croissent en taille très vite par rapport aux autres substrats.
D’après le tableau 4, il y a une faible variation intragroupe et intergroupe tout le long du cycle
de développement de l’espèce Lucilia sericata à température 30°c, ainsi qu’au stade 2 les
échantillons sont homogènes.
Discussion
Connaitre le cycle biologique de Lucilia sericata peut améliorer la recherche médico-
légale dans les zones urbaines et rurales (Pruna et al., 2019). Dans ce contexte, il nous a
semblé intéressant d’apporter de nouvelles informations sur l’espèce Lucilia sericata
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(Meigen) (Diptera : Calliphoridae) à ce jour inconnue en Algérie surtout sur le cycle de
développement et l’effet de la nature du substrat nutritif sur le poids et la taille ainsi sur la
durée de développement sous différentes températures. Cette étude examine les temps de
développements des stades larvaires jusqu’à stade pupe de la mouche verte Lucilia sericata
qui ont été étudiées en laboratoire à deux températures 20°c et 30°c. Durant notre période
d’étude nous avons mené une série d’expérimentations sur l’influence des facteurs biotiques
comme substrat nutritif : viande cameline, caprine, chevaline et poisson.
D’après les résultats de l’échantillonnage quotidien de Benmira révèlent que la faune
récoltée sur le cadavre du printemps est la plus diversifié et que les diptères Calliphoridae
appartenant aux genres Lucilia sont plus adaptées à la chaleur contrairement à celle
appartenant au genre Calliphora mieux adaptés au froid (Benmira., 2018).
Alors, trois points de repères dans le cycle de développement sont montrés et pour
chacun d’eux, les croissances pondérales, métriques et longévité ont été calculées pour chaque
régime alimentaire et température d’élevage impliqués.
Nous avons émis l’hypothèse que la variabilité de type de nourriture et de la
température a un impact sur le cycle de développement, de poids et la taille de Lucilia
sericata pour tester. Nos résultats confirment cette hypothèse et démontrent que le type de
nourriture ayant un impact sur le développement larvaire de Lucilia sericata et a des
conséquences sur le poids et la taille et qu’ils prolongent la longévité des larves et pupes.
Nous avons étudié le temps de développement de Lucilia sericata de l’œuf à l’adulte à
deux températures constantes avec des régimes alimentaires différents et nous avons établi
que la longévité à 20°c étant de (18jr) pour viande cameline, chevaline et poisson mais elle est
de (19jr) pour la viande caprine, et à 30°c étant de (11jr) pour viande cameline, caprine et
poisson mais elle est de (12jr) pour la viande chevaline.
Nos résultats démontrent que dans la gamme des conditions de développement testées,
le développement rapide des larves de L. sericata n’affecte pas leur taille ou leur poids.
Dans ce travail, l’espèce Lucilia sericata se développe dans des stades larvaires
initiaux (L1, L2) en même temps dans toutes les conditions biotiques et abiotiques. Il n’y a
pas aussi une différence remarquable dans la durée des stades initiaux sur tous les substrats
étudiés pour les températures. La même observation pour L’espèce Calliphora vicina se
développe dans les premiers stades larvaires (L1, L2) en même temps dans toutes les
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conditions biotiques (viande cameline et caprine et de poisson) et abiotiques (20°c et 30°c) et
pas de changement remarquable dans la durée des stades initiaux sur tous les substrats étudiés
(Smari & Louadi, 2017).
A partir du troisième stade larvaire (L3), on remarque une différence de longévité sur
tous les substrats notamment dans la phase d’alimentation (stade L3), sous la température
20°c chez les larves nourries de viande caprine la longévité est plus longues d’un jour que
celle nourries des autres types de substrats (poisson, viande cameline et chevaline). Par contre
à 30°c, la longévité diffère au niveau de stade 3 chez les asticots nourris de viande chevaline
est plus longue d’un jour que celle nourrie des autres types de substrats (poisson, viande
cameline et caprine).
Chez l’espèce Calliphora vicina la longévité des larves nourries de viande cameline
est plus courte d’un jour que celles nourries de viande caprine et poisson sous la température
20°c. Sous cette température l’espèce Calliphora vicina peut achever son développements
d’une façon optimal sur tous les substrats et donne l’émergence des adultes. Par contre à 30°c
la longévité diffère peu. Le développement larvaire des individus nourris de viande cameline
et poisson est plus court d’un jour par rapport à celui des spécimens élevés sur la viande
caprine, et ils ne peuvent pas achever leur développement qui s’arrête au stade pupe et par
conséquent il n’y a pas d’émergence sur tous les substrats (Smari & Louadi., 2017).
Nos résultats confirment l’existence d’une relation linéaire entre la température et le
temps de développement. Cela peuvent être expliqué par une augmentation de la température
provoque une augmentation de l’activité métabolique et réduit le temps de développement
(Cervantes et al., 2017).
Lors de la détermination d’IPMmin, la période nymphale (pupal) est donné comme la
durée entre le début de la période nymphale et le stade d’émergence des adultes. La période
nymphale constitue environ 50% du développement immature, dont la durée de
développement se raccourcit avec l’augmentation de la température (Wang et al., 2020). Les
temps de développements de l’oviposition à l’éclosion peuvent différer selon les régions du
monde (Grassberger & Reiter., 2001), et s’est avéré être inversement lié à la température
(Defilippo et al., 2013).
Les populations de L. sericata peuvent s’adapter aux conditions environnementales
locales, telles que la nourriture (Pruna et al., 2019). Cette plasticité développementale peut
expliquer le succès évolutif de cette espèce qui est présente dans plusieurs écosystèmes du
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monde et domine l’écosystème des charognes fraiches (Komo et al., 2019). Le taux de
croissance des insectes d’importance médico-légale, peut différer dans diverses régions du
monde, de sorte que les variations saisonnières et les seuils des différentes espèces peuvent ne
pas être les mêmes partout (Verma & Paul., 2016).
De nombreuses études publiées varient dans les résultats, le temps de développement
différait significativement entre la souche et la température (Tarone et al., 2011). A cet
égard, il est nécessaire de tenir compte les facteurs impliquant des différences génétiques de
population, l’utilisation d’équipements différents, des techniques expérimentales et des
différences alimentaires lors de l’estimation d’IPM avec des données entomologiques
(Thomas et al., 2016).
Ils ont élevé chrysomia albiceps (wiedemann 1819) aux stades non adulte (stade 1, 2,
3 et nymphale) sous 4 température, les résultats ont prouvé que l’augmentation de la
température 20, 25, 30, 35 °c réduisait la durée totale du stade larvaire et la durée pupale (Al-
Shareef & Al-Qurashi., 2016). Même résultats obtenus dans le travail de Smari sur les
espèces L. sericata et C. vicina (Smari., 2017).
Une étude a été menée aux états unis à examiner le développement de C. macellaria
sur des tissus musculaires de différentes espèces de vertébrés (muscle fessier équin, la longe
porcine), les résultats indiquent une bonne quantité de variabilité phénotypique en ce qui
concerne l’emplacement géographique (Boatright & Tomberlin., 2010).
L’écart entre nos résultats et d’autres études peut être attribué à deux possibilités, à
savoir des différences dans les conditions d’élevages, en référence au régime alimentaire des
stades immatures, à la température, l’humidité et la photopériode, ou à la différence des
populations qui diffèrent par la latitude géographique (Arong et al., 2011).
D’autres scientifiques ont également observé à plusieurs reprises que différentes
nutritions molles et riches en protéines affectent la durée du développement larvaire (Komo
& Charabidze., 2021). L’augmentation du taux de croissance est attribuable aux valeurs
nutritives d’aliments. (Arong et al., 2011).
Dans une étude sur musca domestica, le poids et la taille sont plus faibles chez cette
espèce développée dans les différents types d’aliments, ont confirmé l’adhésion. La structure
tissulaire influence la dégradation de ces tissus, car ces derniers plus résistants peuvent
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prendre plus de temps et les insectes préfèrent les tissus plus mous et tendres que les tissus
plus résistants (Arong et al., 2011).
Les larves de L. sericata se sont développées beaucoup plus rapidement sur les tissus
porcins que sur les tissus bovins. De plus le développement des immatures variait selon le
type de tissu élevé, lorsqu’il était élevé sur le poumon et le cœur par rapport au foie du même
animal. L’un des facteurs les plus importants est souvent négligés ayant un impact sur le
développement des arthropodes est la qualité de la nourriture (Thomas et al., 2016).
Clark et al., 2006 ont observé que les larves de la mouche à viande L.sericata se
développaient plus rapidement lorsqu’elles étaient élevées sur les poumons et le cœur par
rapport au foie. El-Moaty & Kheirallah., 2013 ont présenté une variation similaire pour la
même espèce lorsqu’elle était nourrie avec du cerveau, des poumons, du foie, des reins, du
cœur, de la viande ou des intestins. Ces résultats ont été confirmés par une étude de
Kaneshrajah & Turner., 2004. (cité par Bernhardt et al., 2017).
Les larves pour leur développement dépendent de l’espèce mais aussi de la
température. Les différents types de tissus affectent le développement des calliphoridae
notamment L. sericata et Calliphora vicina. De plus, non seulement le type de tissu peut
affecter la croissance larvaire et le temps de développement des mouches à viande, mais aussi
l’espèce animale à partir de laquelle les tissus ont été prélevés (Bernhardt et al., 2017).
Dans notre travail, sous deux température L. sericata peut achever son développement
d’une façon optimal sur tous les substrats et donne l’émergence des adultes. D’après les
résultats, on a constaté qu’il n’y a pas une différence de longévité de phase post-alimentation
et la phase pupaison pour cette espèce élevée sous les deux températures et quatre types de
substrats. La durée du cycle de développement de Lucilia sericata est plus courte chez tous
les asticots nourris de tous types de substrat sous température 30°c par rapport à la
température 20°c, qui toutes deux optimales pour cette espèce. La durée du cycle de
développement diminue progressivement en augmentant la température.
Chez Calliphora vicina, la croissance pondérale à la température 20°c est plus grande
que celle à 30°c surtout sur les viandes (cameline et caprine) que le poisson qui était faible
tout au long de cycle de développement. La température 20°c est idéale pour un
développement complet de l’espèce C. vicina. Le développement larvaire à 30°c est plus
rapide mais il n’est pas optimal pour C. vicina. Le poids la plus élevé est marqué chez les
asticots nourris de viande cameline sous les deux températures. Les asticots nourris de viande
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cameline atteignent la longueur la plus élevée par rapport aux autres type de substrats les deux
températures (Smari & Louadi., 2017).
La limite de température minimale pour L. sericata était de 10°c, à cette température il
n’y a pas eu de développement. D’autre part, la limite de température maximale était 35°c, à
cette température, le développement larvaire était également ralenti (Niederegger et al.,
2013). L’étude de cycle de développement larvaire de l’espèce L. sericata à température 35°c
élevée sur différents type de substrat (viande cameline, caprine, chevaline, bovine, foie de
poulet et poisson) confirme la tolérance de cette espèce à la température élevé 35°c (Smari.,
2017).
Dans des études antérieurs, le foie de mouton (Day & Wallman., 2006) et le bœuf
(Anderson., 2000) ont été utilisés comme milieux compatibles et accessibles pour nourrir les
larves de la famille des calliphoridae. Le bœuf a été introduit comme substrat le plus
approprié pour nourrir les larves, en raison de l’odeur et du manque de stérilisation, l’élevage
de larves sur des tissus animaux peut être indésirable. D’autre étude ont montré que différents
types de régimes tels que les produits laitiers présentent des avantages et des inconvénients et
peuvent ne pas répondre à certain besoins nutritionnels pour certaines espèces. Différents
études ont montré que le foie de poulet est un régime approprié pour la croissance des larves
des familles des Calliphoridae. Cependant, ce régime présente certains inconvénients tels que
la conservation, la mauvaise odeur (Dehghan et al., 2019).
Une variation remarquable de substrats alimentaires a été utilisée dans les expériences
d’élevage et d’autre, y compris les muscles de mammifères, la viande hachées, des carcasses
de souris ou rats, des poissons ou encore des régimes artificiels contenant des composants
comme le lait entier en poudre. Le taux de développement larvaire peut également dépendre
de différents types de tissus et de leur espèce d’origine (Niederegger et al., 2013)
D’autres régimes testés comme foie de poulet, la gélose au sang et la nourriture de
poisson, les larves de L. sericata se développent sur foie de poulet mieux que les autres, c’est
un régime recommandé pour nourrir les larves et tracer des courbes standard en entomologie
médico-légale. Les Calliphoridae ont besoin des protéines pour pondre des œufs et produire
une progéniture, un régime larvaire approprié peut préparer une condition appropriée pour la
croissance des mouches (Dehghan et al., 2019).
Des résultats similaires sont issus d’une étude antérieure sur L. sericata et C. vicina
nourris avec les tissus de viandes cameline, caprine, chevaline, bovine, foie de poulet et
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poisson, élevés sous quatre températures 20, 25, 30 et 35°c, démontrent une variation
importante dans le cycle de développement et les préférences nutritionnelles des calliphoridae
étudiées ainsi leur adaptation aux conditions biotiques et abiotiques (Smari., 2017).
Dans notre étude, la croissance pondérale à la température 30°c est plus grande que
celle de 20°c sur les substrats de viande cameline et viande chevaline (62.01±6.11) mg,
(57.58±7.64) mg respectivement, par contre la grande valeur observé à la température 20°c
était chez la viande caprine et poisson (64.18±7.42) mg, (57.48±3.43) mg respectivement par
rapport à la température 30°c. Les larves de l’espèce L. sericata se nourrissent d’une façon
normale et vorace sur tous les tissus étudiés (viandes cameline, caprine et chevaline et de
poisson), la même observation était remarqué avec l’espèce Calliphora vicina avec les mêmes
conditions biotiques et abiotiques étudiés chez L. sericata. (Smari & Louadi., 2017).
Les résultats obtenus ont montré que le poids des individus nourris sur ces quatre
substrats et sous les deux températures 20°c et 30°c augmente graduellement jusqu’à la phase
post-alimentation où ils ont marqué les grandes valeurs du poids moyen et à partir de ce stade,
le poids commence à diminuer jusqu’à la phase pupaison.
Dans notre cas, à la température 20°c les asticots nourris de viande cameline atteignent
le poids le plus faible tout le long de la durée de développement comparativement aux asticots
nourris des autres types de substrat. Par contre à température 30°c la valeur du poids moyen la
plus faible tout le long de cycle de développement est observée chez les asticots nourris de
poisson comparativement aux asticots nourris des viandes.
L’étude statistique des résultats de poids moyen obtenus sur l’espèce de L. sericata
montre qu’il y a une grande variabilité intragroupe dans la phase post-alimentation que dans
les phases d’alimentation et pupaison pour les deux températures étudiées. L’analyse de la
variance des résultats indique qu’il y a une différence significative intergroupe (viande
cameline, caprine, chevaline et de poisson) pour l’espèce L. sericata au cours de leur cycle de
développement (stade 2, stade 3, prépupe et pupe). Ceci s’explique par l’influence du type de
substrats sur le poids des individus. On a détecté cette influence dans la phase pupaison plus
que dans les autres phases de cycle de développement pour les deux températures 20°c et 30°c
(F=51.59 ; F=22.31) respectivement.
Nos expériences à 20°c et 30°c, après l’éclosion des œufs de L. sericata sur tous les
substrats, les larves croissent en taille progressivement. Cependant, la longueur des larves du
stade 3 diminue significativement une fois que les asticots entrent en phase de post-
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alimentation puis une mesure stable des pupes résultantes. La même observation était
remarquée avec l’espèce Calliphora vicina avec les mêmes conditions biotiques et abiotiques
étudiés chez L. sericata. (Smari & Louadi., 2017).
Après l’analyse de la variance dans notre étude, les asticots nourris de poisson
atteignent la longueur la plus élevée à 20°c donc la variation intergroupe est significative
seulement au stade 3 et prépupe. Les asticots nourris de tous les substrats et élevé sur les deux
températures atteignent leurs grandes valeurs de longueurs moyennes à la phase post-
alimentation. A la température 30°c, les résultats montrent qu’il y a une différence de valeurs
de longueurs moyennes seulement au niveau de stade 3. Les valeurs est très proche entre eux
par rapport aux autres stades de cycle de développement, il y a une faible variation
intergroupe tout le long de cycle de développement de l’espèce L. sericata à 30°c.
Il était clair que la longueur moyenne des larves augmentait progressivement avec la
croissance larvaire jusqu’à la fin de la phase d’alimentation du 3 ème stade puis elle se
raccourcissait pendant la phase post-alimentation jusqu’au début de la nymphose. Les
moyennes de la longueur larvaire ont été tracées en fonction des temps depuis l’éclosion pour
chaque régime de température constante.
Les résultats de cette étude indiquent que le développement de mouche verte L.
sericata peut être influencé par le choix des substrats alimentaires pour les expérimentateurs.
Les larves de L. sericata ont été utilisées pour évaluer les régimes alimentaires et obtenir des
informations utilisables pour l’entomologie médico-légale.
Conclusion
L’espèce Lucilia sericata a une importance forensique, et notre travail a montré que le
tissu consommé par les larves affecte son développement sous des conditions biotiques et
abiotiques, et les résultats obtenus pourraient être utilisées pour la science de l’entomologie
médico-légale. La mouche verte Lucilia sericata est une espèce couramment utilisée pour
indiquer l’IPM, une quantité considérable de données sur sa croissance et son développement
a été générée. Cependant, le temps de développement rapporté par ces études varie
considérablement et des données plus détaillées sont nécessaires pour une utilisation en
entomologie médico-criminelle. Dans notre contexte, nous soulignons que différente
longévité revient à la différence de régime alimentaire et température.
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Les principales approches entomologiques de la détermination de l’âge sont
l’utilisation du temps spécifique à l’espèce nécessaire à une mouche immature pour atteindre
des repères de développement tels que la longueur, le poids et les étapes du cycle de vie, en
fonction de la température (Kökdener et al., 2020). Ainsi, il est également utilisé dans la
thérapie de débridement des asticots ou les larves stériles de laboratoire se nourrissent des
tissus nécrosés des plaies des patients (Pruna et al., 2019). Par conséquent, les facteurs qui
peuvent avoir un effet sur la taille et le taux de croissance des larves peuvent avoir des
implications pour des déterminations IPM fiables (Ireland & Turner., 2006).
L’une des méthodes les plus importantes et les plus pratiques pour déterminer IPM en
médecine légale consiste à mesurer la longueur des stades immatures des mouches qui ont été
trouvées sur des cadavres, donc trouver le meilleur régime alimentaire est très important pour
élever les larves de L. sericata à des fins thérapeutiques et préparer des courbes standard en
entomologie médico-légale (Dehghan et al., 2019). Le taux de développement des espèces
nécrophages varient avec le régime alimentaire et la température (Pruna et al., 2019).
Il a été démontré que les secrétions larvaires aident à la régénération des tissus,
fondamentalement les larves de L. sericata peuvent être utilisées comme agent de
biochirurgie dans les cas où les antibiotiques et la chirurgie sont impraticables (Arong et al.,
2011).
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