Dans ce chapitre, l’évaluation située tâche de repérer les processus et des dynamiques pour
l’intelligibilité de ce qu’on fait, dans une situation donnée. Il s’agit d’une évaluation du « sens que les
sujets donnent à ce qu’ils font », qui s’appuie sur la problématisation des situations (Vial, 2012, p.
348). L’évaluateur change alors de rôle : il accompagne les apprentissages pour les dynamiser. Ce
modèle étudie aussi la réflexion qu’une personne peut avoir sur ses pratiques, la métacognition
(certains milieux professionnels parlent de réflexivité), c’est-à-dire le savoir qu’elle développe sur les
processus mêmes de son savoir (acquisition, perpétuation, modification). Cela concerne une diversité
de situations d’évaluation y compris dans l’enseignement supérieur et la formation professionnelle.
Des exemples de situations d’évaluation concernées par ce modèle sont le dispositif de la validation
des acquis d’évaluation (VAE) et l’analyse et l’évaluation de pratiques professionnelles. Il est inutile
d’énumérer ici les apports du numérique dans ces situations d’évaluation : du portfolio électronique
5 aux divers supports numériques pour enregistrer et consigner les preuves de l’activité humaine
(texte, son, image, vidéo, cartes heuristiques, traitement automatique du langage, etc.), nombreuses
sont les instrumentations possibles pour étudier et observer les activités et diversifier leurs modes
d’acquisition.
L’introduction de l’électronique, de l’informatique et du numérique comme instruments dans
l’évaluation des apprentissages et des pratiques humaines a radicalement changé les pratiques
d’évaluation dans de nombreux champs éducatifs et professionnels. Depuis bientôt un demi-siècle se
produit un accroissement sans précédent des dimensions possibles de l’évaluation, ce qui contribue
à la possibilité d’affiner les conditions d’une évaluation située. Le modèle de l’évaluation situé insiste
sur la nécessité de croiser tout résultat quantitatif avec d’autres sources d’informations plus
contextualisées. Cette démarche évaluative demande une flexibilité et une adaptabilité plus grandes.
Dans ces situations, le portfolio numérique, avec ses multiples fonctionnalités, tient une place
importante, mais il faut citer également les cartes heuristiques, encore appelées cartes conceptuelles
ou « toiles d’idées ». Mentionnons enfin l’exemple des environnements numériques pour
l’apprentissage, qui peuvent inclure tout type de document numérique et servir de plateforme
d’interactions multiples (forum, wiki, quiz, bases de données, atelier de production collaborative de
travaux, etc.), sans oublier la possibilité d’analyser les traces des activités.