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EXPRESSION ORALE ET ECRITE EN FRANÇAIS
0. Introduction
0.1 Importance du cours
Apprendre à penser plus clairement, à parler et à écrire d’une manière
plus efficace, à écouter, à lire avec une compréhension élargie, tels ont
été les objectifs de l’enseignement du langage du Moyen-âge à nos jours
dans l’enseignement secondaire voire même l’enseignement
universitaire.
Le cours de français vise le même but traditionnel. Le français qui
n’est pas tout à fait une langue maternelle pour un congolais, a
pour lui une grande importance. Il est donc une langue officielle, une
langue d’enseignement, de culture et de presse et d’une manière
générale une langue de communication dans notre pays et en Afrique,
mais aussi dans d’autres pays du monde.
Dans l’enseignement supérieur, il ne s’agit pas d’apprendre aux étudiants
à écrire, mais plutôt à revoir des notions qui doivent conduire les
étudiants à la connaissance, à la matière et à l’utilisation consciente et
réfléchie des moyens offerts par la langue pour s’exprimer et
communiquer.
0.2 Les objectifs du cours
Nous poursuivons deux types d’objectifs dans ce cours :
0.2.1 Objectif principal
Au terme de ce cours, l’étudiant devra être capable de mieux exprimer ses
idées oralement et par écrit.
0.2.2 Objectifs spécifiques
A l’issu de ce cours, l’étudiant devra être capable de :
- Distinguer les sons du français en les prononçant et les transcrivant ;
- Articuler correctement des sons et des mots ;
- Apprendre les techniques et le style pour une bonne rédaction des
documents administratifs.
En bref, c’est pour viser à imprégner au futur cadre d’un langage correcte,
à éviter des fautes de prononciation dues à l’influence de la langue
maternelle soit à des particularités de prononciation régionales en vue
de réparer et corriger son langage.
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Ecrire une langue est une chose, et la parler en est une autre. Ce
qui compte surtout dans l’apprentissage d’une langue c’est d’abord
l’expression orale. L’expression orale reste un moyen incontournable
de la communication. L’expression écrite vient en second lieu.
0.3 Le contenu du cours :
Ière Partie : Expression orale
I. La phonétique du français
II. La prosodie du français
IIème Partie : Expression écrite
I. Fautes et faiblesses de style
II. Quelques lois grammaticales et syntaxiques
La concordance de temps ;
L’emploi des modes dans les subordonnées,
Le discours indirect,
La ponctuation,
Les participes passés,
Les pronoms
Les adjectifs numéraux cardinaux,
III. La rédaction administration
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Ière Partie : Expression orale
I. LA PHONETIQUE DU FRANÇAIS
I.1 Définition :
La phonétique est l’étude des sons spécialement du langage humain
articulé. Les sons du langage humain étant illimités, c’est-à-dire indéfinis,
dépendent en effet de la capacité de production du locuteur. L’étude des
sons du langage humain ou d’une langue donnée est si complexe et vaste
que les linguistes l’ont subdivisée en branches et aspects de la
phonétique. L’articulation se produit grâce aux organes de l’appareil
phonatoire (lèvres, langue, nez…).
Transcrire c’est faire correspondre terme à terme les unités discrètes de la
langue parlée et les unités graphiques. La transcription phonétique fait
aussi correspondre à des phonèmes de la langue des symboles uniques
empruntés à l’alphabet phonétique international.
La transcription, quel que soit l’alphabet choisi, doit être nettement
distinguée de l’écriture. La transcription tend à conserver sous forme
graphique ce qui a été dit, sans rien ajouter, sans rien supprimer. Au
contraire, l’écriture existe en tant que système relativement autonome.
L’orthographe courante est complétée dans le nouveau dictionnaire tel
que Le Petit Robert avec annotations de la prononciation des sons du
langage. Ainsi on peut lire dans le dictionnaire précité à côté du mot
‘’chapitre’’ la transcription suivante : [∫apitʀ].
La transcription phonétique concerne donc la façon dont les mots se
prononcent, tandis que l’orthographe est la façon dont ils s’écrivent
correctement.
I.2. Principes (Ou règles) de transcription phonétique
a) Les deux crochets ([ ]) encadrent obligatoirement la transcription
phonétique de tout mot.
b) Il est vrai en effet que dans toutes les langues du monde, tous les mots
ne se prononcent pas toujours comme ils s’écrivent.
Ex : football [futbɔl] ; eau [o], etc.
Mais certains mots se prononcent comme ils s’écrivent.
Ex : la [la], Papa [papa], si [si]
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c) Pour un même son, la transcription phonétique utilise toujours le même
symbole ou signe quelles que soient les circonstances de temps et de lieu.
L’utilité pratique de la transcription phonétique est incontestable par
quiconque la connait et la maitrise suffisamment. Elle fixe la prononciation
exacte des mots devant lesquels on hésite.
d) Les noms propres seront précédés de l’astérisque () Ex : Paul [* pɔl]
e) Le « h » muet ne se transcrit pas, et quand il est aspiré, c’est-à-dire
neutralisant la liaison, il est représenté par le signe (′).
Ex : l’hôpital [ lopital] ; une heure [ynœR] ;les hôtels [ lezɔtεl]
Mais : le hibou [ lə′ibu] ; les héros[ le′eRo].
f) Pour la transcription phonétique des phrases ou des vers, la petite pause
sera indiquée par une barre ( / ), la grande par deux barres ( // ).
Exemple : Si tu viens, je te recevrai [ sityvjẽ / ȝtəRəsəvRε // ].
I.3. LES SONS DU FRANÇAIS
Les sons d’une langue sont représentés par des signes ou symboles de
l’Alphabet Phonétique International (API en sigle) fondé en 1886 par Paul
PASSY. Nous n’avons pas la prétention de donner ici tous les symboles de
l’API, sauf ceux qui intéressent le français.
Les sons français se distinguent en deux catégories principales : les
voyelles et consonnes. La catégorie dite semi-voyelles ou semi-consonnes
est intermédiaire entre les deux. Elle joue un double rôle selon que les
sens sont suivis d’une voyelle ou d’une consonne.
I.3.1. Les sons vocaliques
On appelle voyelles des sons produits par le souffle expiratoire qui,
portant les vibrations des cordes vocales, se trouvent modifiés
diversement, suit les variations de formes de cavités buccale ou bucco-
nasale servant de caisse de résonnance et sans avoir été arrêtés nulle
part, s’échappent soit uniquement par la bouche soit par la bouche et par
le nez à la fois.
Ainsi on trouve les voyelles orales et voyelles nasales.
a. Les voyelles orales : Elles sont au nombre de douze (12) en français.
[i] (ouvert) i, î, ï, y : livre, lit, nid, rythme, chiffre, île, maïs …
[y] (fermé) u, û : murmure, culture, sûre, cure…
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[e] (fermé) é, er… Ex : été, fumer, élever, répéter, heurter, convoiter.
[ᵋ] (ouvert) è, ê, et, ai… Ex : élève, prêtre, mère, préfet, maire…
[ø] (bref, rond) eu… Ex : deux, pneu, Dieu, heureux, heure, neuf.
[œ] (long, rond) eu… Ex : sœur, cœur, œuvre, peur, directeur…
[ə] (muet ou caduc, qui tombe) e … venir, maintenant, secrétaire …
[a] (long) a Ex : car, gaz, pâte, star …
[a] (bref) a Ex : brave, papa, ananas …
[o] (arrondi) au, o… Ex : peau, auditoire, audition, rôle, rose …
[ɔ] (ouvert) au, o… Ex : épaule, coq, colère, coffre, cote …
[u] (rond) ou… Ex : boubou, coup, tout, couleur, journée …
b. Les voyelles nasales
Le français distingue 4 voyelles nasales à savoir :
[ã] an, am, en, em Ex : encre, ancêtre, enfant, empêchement.
[ẽ] in, im, yn, ym Ex : interroger, imprimer, matin, pain, synthèse
un, um Ex : un, aucun, lundi, parfum, emprunt, défunt
[ on, om Ex : pont, oncle, monde, bonbon, pompe.
I.3.2. Les sons consonantiques
Les consonnes sont des bruits de frottement ou d’explosion produits par le
souffle qui rencontre dans la bouche divers obstacles résultant de la
fermeture ou du resserrement des organes. Le français compte 18
consonnes dont l’une [ŋ] empruntée en Anglais.
Phonétique Écriture Exemples
[b] b, bb bombe, bête, abbé
[p] p, pp apport, pompe, pape, période
[d] d, dd addition, devoir, dire …
[t] t, th, tt tête, théâtre, the, attirer
[g] g, gg, c : garçon, aggraver, agglomération,
second
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[k] k, c, qu … kaki, stock, case, archaïque,
qualité
[v] v, w vivre, valve, wagon, interviewer
[f] f, ph, ff fenêtre, pharmacie, effet
[z] z, s, x zéro, gaz, raison, ciseau,
deuxième
[s] s, ss, c, ç, t, x : sel, messe, centre, leçon,
patience, six
[ʒ] j, ge joie, général, jambe, cage
[∫] ch, sch chèvre, chat, schéma
[l] l, ll litre, long, large, collègue
[R] grasseyé, uvulaire r,rr rh rayon, arrondir, rhétorique,
rhume
[m] m, mm marmite, mammifère
[n] n, nn nid, noir, ennemi,
[ɳ] gn pagne, peigne
[ŋ] ng (de l’anglais) meeting, parking.
I.3.3. Les semi-consonnes ou semi-voyelles
Les semi-consonnes ou semi-voyelles sont des sons du langage
intermédiaires entre les consonnes et les voyelles. Le français distingue
trois semi-voyelles à savoir :
[j] jod ; il est présent dans les graphies (il, ill, ie, ion, y…) fille, travail,
pied, pion
[w] oué ; orthographié (w, oi, oui…) wallon, oiseau, Louis, mois.
[ɥ] ué ; orthographié (ui…) lui, bruit ; produit, cuisse, pluie, puits.
I.4 LES PHENOMENES DE LIAISON
La liaison n’est pas à confondre à l’enchainement. Selon la linguistique, la
liaison c’est un procédé consistant à prononcer la consonne finale d’un
mot lorsque celui-ci est suivi d’un mot commençant par une voyelle ou un
h muet.
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Ex :
1. Petit enfant
2. Une amie
Dans 1 il y a une liaison car la consonne finale de « petit » se prononce et
dans 2 il y a enchainement parce que la consonne de liaison ne change
pas.
La liaison peut entrainer un changement de la consonne de liaison tandis
que l’enchainement n’entraine jamais le changement de la consonne de
liaison.
Ex :
- Petits enfants liaison
- Grande amie enchainement.
De manière générale en français, depuis le moyen-âge les consonnes
finales ne se prononcent plus. Quand la consonne se trouve entre voyelles,
il y a une liaison intervocalique c’est-à-dire qu’elle devient fragile.
Lorsqu’une consonne finale de mot placé à l’antérieur d’un groupe
rythmique, elle peut continuer à se prononcer dans cette position. Alors
nous pouvons déduire la règle suivante :
’’il y a liaison entre la consonne finale du mot inaccentué avec la
voyelle initiale du mot accentué’’.
Certaines liaisons sont obligatoires tandis que la plupart sont facultatives.
On fait obligatoirement la liaison entre un déterminant et un déterminé,
entre un verbe et le pronom poste-posé.
REMARQUES :
1. Dans les terminaisons verbales « rs », « rt » on ne fait pas la liaison
avec « s » ou « t » mais on fait l’enchainement avec « r ». Donc le
« s » ou « t » se trouvant à la fin du verbe est une marque
orthographique, il ne se prononce pas ; c’est un graphème qui n’est
pas phonème.
Ex : je dors encore, il part où ?
La liaison avec « r » n’est fréquente qu’avec quelques adjectifs comme
léger, dernier, premier.
Ex : dernière année.
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La liaison la plus fréquente se fait en français avec [z].
Ex : les élèves [lzl :v]
Lorsque le verbe se construit avec un pronom poste-posé, on fait la liaison
avec le « t » de la terminaison.
Ex : Dort-il déjà ? dans ce cas le « t » est prononcé par analogie c’est-à-
dire lorsqu’il y a inversion du pronom et du verbe pour poser la question.
Ex : aime-t-il ? ce « t » est analogique c’est-à-dire qu’il se ressemble au
« t » du présent de l’indicatif des verbes du deuxième groupe.
La consonne [p] n’existe, dans la liaison, qu’avec les adverbes « trop » et
« beaucoup ».
Ex : j’ai encore beaucoup à dire.
Dans la marseillaise, on entend une liaison avec [k] pour le groupe « sans
impur ».
2. En général, la liaison n’a pas d’effets sur la voyelle précédente
cependant, elle peut entrainer une dénasalisation dans les cas
suivants :
[ẽ] [e] : moyen moyen-âge
[ᴐ͂ ] [ᴐ] : bon bon ami
Il existe aussi une dénasalisation exceptionnelle dans le contexte « il est
né le ’’divin enfant’’ ».
3. Certaines liaisons sont interdites :
a) Pas de liaison entre 2 groupes rythmiques
Ex : Souvent, il vient me voir.
b) Pas de liaisons après la conjonction « et »
Ex : il va et il vient.
c) Pas de liaison devant les mots suivants : oui, ah, oh
Ex : il dit oui
d) Pas de liaison devant une citation
Ex : L’autre dit : « alors partons d’ici ».
e) Pas de liaison devant le chiffre huit, onze, cent
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Ex : Les huit élèves cent un ; exception faite pour dix-huit
f) Pas de liaison après le pronom ils, elles ou dans l’interrogation avec
inversion, dans les formes verbales composées du type :
- Vont-ils arriver ?
- A-t-on eu le temps ?
g) Pas de liaison devant le h aspiré :
Ex : en haut.
h) L’absence de liaison marque le singulier
Ex : un prix élevé les prix élevés
Un bois immense des bois immense
L’absence de liaison peut également une fonction démarcative en fançais
c’est-à-dire qu’elle sert à mieux délimiter les groupe ou les mots.
Ex : je vois bien où il va.
4. Certains groupes figés, c’est-à-dire consacrés par usage, sont
prononcent toujours de la même façon ; soit toujours avec liaison
soit toujours sans liaison.
Ex : de plus en plus, de moins en moins, de temps en autres, de mieux en
mieux, sous-entendu, Etats-Unis, champs Élysée.
Ex : corps à corps, nez à nez, à tort et à travers, bon à rien
5. Dans les emplois suivants, on peut faire la liaison ou pas.
a) Après 1 adverbe
Ex : Mais il vient.
b) Après quelques prépositions : avant, durant, début, après, pendant,
suivant, depuis, etc.
Ex : Depuis un ami, devant un tribunal
c) Après les formes verbales auxiliaires ou semi-auxiliaires (sauf avec
le pronom personnel pour lesquelles la liaison reste obligation. Ex :
avait-il)
Ex : j’y suis allé
Je vais aller au théâtre
d) Après les noms (placés à l’intérieur d’un groupe rythmique, un nom
faiblement accentué)
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Ex : Des enfants adorables
Des appartements à vendre
e) Après les formes verbales autres que les auxiliaires et les semi-
auxiliaires.
Ex : il habitait à Mbujimayi
Deux matières s’imposent en matière d’assimilation des liaisons. La
première et la plus importante est la technique audio-orale. Elle consiste,
pour l’apprenant, à la prononciation correcte et la répéter.
En ce qui concerne le chiffre vingt :
- La consonne « t » se prononce lorsque vingt est suivi d’une voyelle.
Ex : vingt enfants, vingt hommes
- La consonne « t » se prononce lorsque vingt est suivi d’un autre
chiffre.
Ex : vingt-deux
- La consomme « t » ne se prononce pas lorsque vingt est en position
finale ou lorsque vingt est suivi d’une consonne.
Ex : vingt livres, j’en ai vingt
Le chiffre quatre-vingts impose aussi la liaison soit avec la consonne [z]
soit [t] dans les contextes bien précis.
- Quatre-vingts + voyelle, il y aura un [z] de liaison
Ex : quatre-vingts ans
- Le « t » ne se prononce pas lorsque vingt est suivi d’un autre chiffre
Ex : Quatre-vingt-deux
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II. LA PROSODIE DU FRANÇAIS
3.1. Définition
La Prosodie est l'étude des phénomènes de l'accentuation et de
l'intonation (variation de hauteur, de durée et d'intensité) permettant de
véhiculer de l'information liée au sens telle que la mise en relief, mais
aussi l'assertion, l'interrogation, l'injonction, l'exclamation….
Par ailleurs, les facteurs supplémentaires aux segments sont dits
prosodèmes ou épiphonèmes. Ils forment la phonétique supra-
segmentaire. Il s’agit de l’accent, l’intonation la pause, la mélodie, le
rythme et la durée.
3.2. L’accentuation
Une voyelle (ou une syllabe) est accentuée lorsqu’elle est émise avec
beaucoup d’énergie dans la chaine phonique. Nous distinguons deux
formes d’accent.
3.2.1. L’accent tonique ou d’intensité
En français, tout mot comporte un et un seul accent principal qu’on
appelle accent d’intensité ou tonique qui se place généralement sur la
dernière syllabe d’un groupe phonique. Les autres sont des accents
secondaires. L’accent tonique n’est pas à confondre avec l’accent
orthographique (accents aigu, grave, circonflexe...).
Ex : parler, monsieur, étudiant, félicitation, formation.
Lorsque le mot ou groupe de mots se terminent par une syllabe muette,
l’accent tonique se place alors sur la pénultième, c’est-à-dire l’avant-
dernière syllabe.
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Ex : magazine, une ardoise, la douce musique.
3.2.3. L’accent expressif ou oratoire
Il s’agit d’un accent qu’un orateur déplace à son propre gré pour marquer
une certaine insistance en traduisant son sentiment ou son émotion
personnelle.
Ex : C’est fórmidable, votre appartement ! Cet enfant est íntelligent !
3.3. Le rythme
Dans un discours parlé ou écrit, le rythme consiste dans la disposition
systématique des syllabes accentuées (temps fort) et les syllabes non
accentuées (temps faibles) de la phrase ou d’un vers. Il est la cadence de
la phrase et son absence agace l’attention d’une oreille habituée. La
notion du rythme est beaucoup exploitée en musique où on a le rythme à
2 temps, à 3 temps, à 4 temps…
3.4. La mélodie
La notion de la mélodie se confond à celle de l’intonation. La mélodie est
une musique, or l’intonation c’est la musique de la phrase. La mélodie
d’un énoncé fait suite à l’intonation des groupes rythmiques. L’intonation
est soit montante soit descendante. Le groupe rythmique peut être un
ensemble de mots qui représentent une seule idée ou un groupe
phonique.
Ex : 1) Mon père m’invite. Mon père m’invite
2) Votre chef de service nous donnera tous les renseignements
3.5. La durée
La durée est un héritage du latin qui distingue les syllabes longues et les
syllabes courtes ou brèves. Les voyelles et les consonnes sont longues
lorsqu’elles donnent l’impression d’être émises deux fois ; elles sont
brèves quand elles sont émises une seule fois
En langue française, ce phénomène tend à disparaitre.
Ex : maître [mεtR], mètre [mεtR], mettre [mεtR], Patte [pat] / pâte [p at]
coordination [kɔɔRdinasjɔ̃]; collaborer [kɔllabɔRe] ; annonce [annɔ̃s].
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IIème Partie : Expressions écrites en français
I. QUALITES ET FAIBLESSES DE STYLE
Un bon style doit éviter les défauts ci-après :
1. L’accumulation des propositions subordonnées.
Les propositions subordonnées conjonctives et relatives qui s’en boitent
les unes dans les autres ralentissent la lecture d’un texte. Elles doivent
être remplacées par :
1er cas : Lorsque leur sujet et celui de la proposition principale sont
identiques :
Par un adjectif, un participe ou un gérondif en apposition
Exemple :
1) Il se tut parce qu’il était honteux. Les enfants qui le voyaient se
moquaient de lui.
- Honteux, il se tut. Les enfants qui le voyaient se moquaient de lui.
2) Alors que nous nous promenions, nous avons découvert une cabane.
- En se promenant, nous avons découvert une cabane.
Par un infinitif précédé d’une préposition
Exemple : Marie a été punie parce qu’elle avait volé du poisson.
- Pour avoir volé du poisson, Marie a été punie.
Par un substantif précédé d’une préposition
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Exemple : Bosco Taganda est arrêté parce qu’il avait enrôlé les
mineurs dans l’armée.
- Bosco Taganda est arrêté pour l’enrôlement de mineurs dans
l’armée.
2ème cas : Quand le sujet des deux propositions est différent, on peut :
Alléger la phrase en utilisant une proposition participiale
Exemple : Je suis rentré parce qu’à mon arrivée il était endormi.
- Le trouvant endormi, je suis rentré.
On peut alléger cette proposition complète également par l’emploi
d’une proposition coordonnée ou juxtaposée.
Exemple : A mon arrivée il est endormi, et je suis rentré.
2. Les tournures négatives et passives
Celles-ci rendent le texte lourd et difficile à comprendre. Il faut préférer les
formules actives, plus toniques, et les tournures positives qui renvoient
une image plus constructive de leur auteur.
Exemples :
Vous n’êtes pas sans savoir que le retrait de rebelles a commencé à
Goma.
- Vous savez sans doute que le retrait de rebelles a commencé à
Goma.
Je ne suis pas arrivé en retard.
- Je suis arrivé à l’heure.
Un arbre qui n’a pas de feuilles.
- Un arbre sans feuilles.
3. Les pléonasmes
Employer côte à côte des termes qui possèdent la même signification
constitue une faute de style sauf quand l’auteur le fait volontairement
pour marquer l’insistance. Et donc le pléonasme est le fait d’employer
côte à côte de s termes ayant une même signification pour marquer
l’insistance. Exemple : Je l’ai vu de mes propres yeux.
*Il suffit simplement
Il suffit de ….
*La Brasimba a le monopole exclusif de
La Brasimba a le monopole de
La Brasimba a l’exclusivité de la vente
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4. L’emploi des mots vagues
Les mots vagues sont ceux qui, dans une phrase, ont un sens trop large. Il
faut rechercher avec soin les mots précis exprimant exactement l’idée
voulue.
Exemple :
*Je n’ai pas bien fait mon TP
Je n’ai pas bien répondu mon TP
Je n’ai pas bien disposé mon TP
5. L’abus de participe passé, présent et de gérondif
Ces formes alourdissent le style. Il convient de les utiliser avec
modération.
Exemple :
*Ayant perdu tout espoir, Judas alla se pendre.
Désespéré, Judas alla se pendre.
Il a été battu par son père étant donné qu’il volait le bien
domestique.
Son père l’a battu pour vol des biens domestiques.
6. L’abus des adverbes
Plusieurs adverbes allongent la proposition inutilement. Exemple :
Maintenant, il gravement malade.
Certains adverbes peuvent être remplacés par des adjectifs
correspondants, d’autres supprimés de la proposition lorsque leur
présence n’est pas indispensable.
Exemple : ‘’Sa maladie est grave’’ au lieu de ‘’Maintenant, il est
gravement malade’’.
7. L’abus de la forme passive
La phrase active interpelle directement le lecteur ; elle est plus vivante.
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Exemple :
*Felix Tshisekedi était convaincu d’être bien accueilli par la population de
Goma.
Felix Tshisekedi était convaincu d’un bon accueil de la population de
Goma.
8. Les clichés
Les clichés sont des expressions toutes faites qui viennent naturellement à
l’esprit parc qu’elles sont déjà entendues ou lues.
Exemple : *J’ai décroché mon diplôme d’Etat avec 60ù% (c’est un cliché)
J’ai obtenu mon diplôme d’Etat avec 60%.
9. Les lieux communs
Les lieux communs sont des idées milles et une fois répétées en d’autres
termes. Ce sont des avoirs sociaux partagés par une communauté. Ce
sont aussi ces croyances vraies ou fausses. Il n’est pas interdit de les
employer, il est interdit d’en abuser. Les lieux communs doivent être
employés dans un contexte indiqué en se réservant de présenter comme
les trouvailles.
Ex : La charité bien ordonnée commence par soi-même, alors laissez me
servir d’abord le premier.
1. LES DEFAUTS
1. Les trivialités : sont des expressions familières, lesquelles n’ont
nullement droit d’être citées dans un texte correct.
Exemple : Cesses de rigoler
Tout étudiant qui se bagarre sera exclu de l’université
2. L’équivoque : les phrases équivoques sont celles qui présentent 2
sens possibles. Ces genres des phrases doivent être évités dans un
texte correct. Il faut être précis et construire des phrases univoques.
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3. La monotonie : la monotonie est un défaut de style. Il faut éviter
des phrases construites toujours de la même manière. Pour briser la
monotonie, il faut recourir aux techniques suivantes :
a) Le changement du sujet de la phrase
Exemple : Un homme inconstant se trompe souvent. Un homme
inconstant (Il) revient de temps en temps sur ses propos. Et un homme
inconstant aime n’importe quelle femme. (Et n’importe quelle femme le
séduit).
b) Alternance des phrases courtes et des phrases longues
Exemple : Un homme inconstant se trompe souvent, il revient de temps en
temps sur ses propos. Et n’importe quelle femme le séduit.
c) L’inversion :
Exemple : soit la phrase : Le préfet salua ses élèves fièrement. Cette
phrase peut subir l’inversion de la manière suivante :
- Fièrement, le préfet salua ses élèves.
- Le préfet salua fièrement ses élèves.
- Le préfet, fièrement, salua ses élèves.
4. Les solécismes : sont des fautes dues à la mauvaise construction
syntaxique. Un bon style respecte la rection de chaque mot. Par
rection, il faut entendre le type de construction qu’un mot accepte.
Exemple :
*L’homme dont la chose intéresse………..écrivez plutôt
- L’homme que la chose intéresse.
*D’ici lundi
- D’ici à lundi
*C’est là où je vais
- C’est là que je vais
*Je pars à Kinshasa
- Je pars pour Kinshasa
*Une occasion à profiter
- Une occasion à saisir
*Une occasion à profiter
- Une occasion de profiter
*Il m’a salué et souri
- Il m’a salué et m’a souri
*Il gagnera ce marché, surtout qu’il est frère au Gouverneur
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- Il gagnera ce marché d’autant plus qu’il est frère au Gouverneur.
*Je vais téléphoner mon père
- Je vais téléphoner à mon père.
II. QUELQUES LOIS GRAMMATICALES ET SYNTHAXIQUES
II.1 La concordance de temps
Préalables
La concordance des temps à l’indicatif
On appelle « concordance des temps à l’indicatif » l’ensemble des règles
qui régissent l’emploi du temps verbal dans la phrase subordonnée dont le
verbe est conjugué à l’indicatif.
Le schéma qui suit représente tous les temps de l’indicatif et illustre les
rapports chronologiques d’antériorité, de simultanéité et de postériorité
entre un verbe de la subordonnée et celui de la phrase matrice.
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Pour conjuguer le verbe d’une phrase subordonnée au temps approprié,
on prend comme point de référence le temps du verbe de la phrase
matrice et on considère si l’événement de la phrase subordonnée a lieu
avant (antériorité), pendant (simultanéité) ou après (postériorité) celui de
la phrase matrice.
En règle générale, un temps situé à gauche d’un autre temps lui est
antérieur, un temps situé au même niveau qu’un autre lui est simultané et
un temps situé à droite d’un autre lui est postérieur.
Prenons, à titre d’exemple, une phrase matrice dont le verbe serait
conjugué au présent (Je pense). Tout temps situé à gauche de ce temps
présentera un événement antérieur à celui de la phrase matrice (Je pense
que tu as fait / faisais une erreur), tout temps situé au même niveau que
ce temps présentera un événement simultané (Je pense que tu te
trompes / je pense qu’il serait temps de partir) et tout temps situé à
droite présentera un événement postérieur (Je pense que tu seras mieux
ici).
Pourquoi ce schéma comporte-t-il deux axes obliques ?
L’axe oblique de gauche, qui va du plus-que-parfait au conditionnel
présent, vous sera utile pour conjuguer les verbes des subordonnées
complétives qui dépendent d’une phrase matrice à un temps du passé :
dans les subordonnées de ce type, le conditionnel (présent ou passé)
représente le futur du passé.
Il avait dit (plus-que-parfait) [qu’il reviendrait (conditionnel présent)
plus tard].
Il ne savait (imparfait) pas [où il irait (conditionnel présent) étudier l’an
prochain].
Par ailleurs, en plus de sa valeur temporelle de « futur du passé », le
conditionnel comporte une valeur dite « modale », c’est-à-dire une valeur
qui l’apparente à un mode (autre fois, le conditionnel était considéré
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comme un mode). Contrairement aux autres temps de l’indicatif, qui en
général expriment le réel, le conditionnel (dans son emploi « modal »)
exprime l’imaginaire ou le possible. Cela justifie l’existence de cet axe
oblique, sans lequel nous serions obligés d’inscrire le conditionnel sur le
même plan que le présent, alors que le présent exprime le réel et que le
conditionnel exprime l’irréel, l’imaginaire ou le possible.
Quant à l’axe oblique de droite, il sert à isoler le futur antérieur du futur
simple, du présent, de l’imparfait, etc. Le futur antérieur comporte en effet
deux valeurs : une valeur temporelle et une valeur « modale ».
Dans sa valeur temporelle, le futur antérieur représente le « passé du
futur », c’est-à-dire qu’il exprime un événement de l’avenir qui serait
antérieur à un autre événement de l’avenir : « Quand vous serez partis,
je ferai le ménage. »
Le futur antérieur peut aussi exprimer une supposition qui porte sur le
passé : « Ceux qui t’ont volé ton foulard auront sans doute voulu te jouer
un tour. » Dans ce cas, le futur antérieur équivaut au passé composé : «
Ceux qui t’ont volé ton foulard ont sans doute voulu te jouer un tour. »
C’est ce qu’on appelle la valeur « modale » du futur antérieur.
L’ANTÉRIORITÉ
Dans une phrase subordonnée, lorsqu’on veut exprimer un événement qui
a lieu avant (antériorité) celui de la phrase matrice, on prend comme point
de référence le temps du verbe de la phrase matrice, par exemple le
présent (Je vous jure), et on conjugue le verbe de la subordonnée à un
temps situé à gauche du présent, par exemple le passé composé (Je vous
jure que je n’ai rien fait).
Phrase matrice Phrase subordonnée
Il ne répondait (imparfait) jamais aux questions [qu’] on lui avait posées
(plus-que-parfait).
Me raconteras-tu (futur simple) tout ce [que] tu as fait (passé
composé) en mon absence ?
LA SIMULTANÉITÉ
Si l’événement énoncé par le verbe de la subordonnée se produit en
même temps que celui énoncé par le verbe de la phrase matrice, on
l’exprime, en général, au moyen d’un temps situé au même endroit sur
l’axe du temps que le temps du verbe de la phrase matrice. Par exemple,
un présent s’emploiera avec un présent, un imparfait, avec un imparfait,
etc.
21
Mais, attention, cette règle est générale : l’imparfait peut être simultané à
tous les temps du passé, et le présent peut être simultané au futur.
Phrase matrice Phrase subordonnée
Je ferai (futur simple) du vélo [quand] j’en aurai (futur simple)
envie.
Vous partirez (futur simple) à la campagne [si] le temps est (présent)
beau.
LA POSTÉRIORITÉ
Si l’événement énoncé par le verbe de la subordonnée a lieu après celui
de la phrase matrice, le rapport chronologique de postériorité est exprimé
au moyen d’un temps situé à droite sur l’axe du temps.
Phrase matrice Phrase subordonnée
On annonce (présent) [que] le président prendra (futur simple
toutes les mesures nécessaires.
LA NOTION DE CONCORDANCE DES TEMPS
On appelle « concordance des temps » l’ensemble des règles qui
commandent l’emploi du temps et du mode verbal dans la phrase
subordonnée. Le système des modes et des temps dans une phrase est
relativement complexe en français. Même si son maniement est en partie
intuitif chez la plupart des locuteurs de langue maternelle française, il
convient souvent de s’interroger sur le choix des modes et des temps.
Les règles de la concordance des temps s’appliquent aux phrases
subordonnées conjuguées soit à l’indicatif, soit au subjonctif.
LE CHOIX DU MODE DANS LA SUBORDONNÉE
En premier lieu, il faut déterminer à quel mode doit être conjugué le verbe
de la phrase subordonnée. L’emploi de l’indicatif ou du subjonctif dans la
subordonnée dépend du type de la subordonnée (complétive,
circonstancielle ou relative) ou du subordonnant qui l’introduit.
Je doute [que le train parte à l’heure]. (subordonnée complétive)
22
Ils partiront [après que vous serez arrivés]. (subordonnée
circonstancielle)
Le train est parti [avant que nous soyons arrivés]. (subordonnée
circonstancielle)
LE CHOIX DU TEMPS DANS LA SUBORDONNÉE
Une fois le choix du mode déterminé, nous devons ensuite accorder le
temps du verbe de la phrase subordonnée avec celui du verbe de la
phrase matrice en tenant compte du rapport chronologique entre les deux
événements exprimés, c’est-à-dire que, pour conjuguer le verbe de la
subordonnée au temps approprié, nous devons considérer si l’événement
qu’il exprime est antérieur, postérieur ou simultané à celui de la phrase
matrice. C’est toujours le temps du verbe de la phrase matrice qui
sert de point de référence.
Phrase matrice Phrase subordonnée
Vous prétendez (présent) [que] le poisson n’était (imparfait) pas
frais.
Ils disent (présent) [qu’] ils iront (futur simple) manger en ville
ce soir.
Il fallait (imparfait) [qu’] il ait pris (subjonctif passé) son
médicament avant
de sortir.
LES MODES
Le français compte cinq modes : l’indicatif, le subjonctif, l’impératif,
l’infinitif et le participe. On les classe en deux catégories : les modes
personnels, qui se conjuguent à différentes personnes, et les modes
impersonnels, qui ne portent pas la marque des personnes grammaticales
dans leur conjugaison.
Les modes personnels
Personne Indicatif (présent) Subjonctif (présent) Impératif
(présent)
1re singulier Je chante Que je chante
2e singulier Tu chantes Que tu chantes Chante
3e singulier Il, elle chante Qu’il, elle chante
1re pluriel Nous chantons Que nous chantions Chantons
23
2e pluriel Vous chantez Que vous chantiez Chantez
3e pluriel Ils, elles chantent Qu’ils, elles chantent
L’indicatif, le subjonctif et l’impératif sont des modes personnels, c’est-à-
dire qu’ils possèdent une terminaison représentant une personne
grammaticale. L’indicatif et le subjonctif se conjuguent aux trois personnes
du singulier ou du pluriel (je, tu, il, elle, nous, vous, ils, elles). L’impératif
se conjugue à la 2e personne du singulier et aux 1re et 2 e personnes du
pluriel.
L’indicatif est le mode qui possède le système temporel le plus
développé : présent, passé composé, passé simple, passé antérieur,
imparfait, plus-que-parfait, futur simple, futur antérieur, conditionnel
présent et conditionnel passé. Il est le seul mode qui puisse situer les
événements à toutes les époques de la vie : passé, présent et avenir (les
autres modes ne se conjuguent pas au futur).
Le subjonctif se conjugue au présent, au passé, à l’imparfait et au plus-
que-parfait. Cependant, l’imparfait et le plus-que-parfait du subjonctif sont
moins employés : on les remplace respectivement par le présent et le
passé du subjonctif.
L’impératif se conjugue au présent et au passé.
Les modes impersonnels
Infinitif Participe
Présent Chanter Chantant
Passé Avoir chanté Ayant chanté
L’infinitif et le participe font partie des modes impersonnels parce qu’ils
sont inaptes à distinguer les personnes grammaticales.
L’infinitif et le participe possèdent chacun deux temps, le présent et le
passé. Le participe passé précédé de l’auxiliaire être ou avoir sert à former
les temps composés des verbes : j’ai couru, il est tombé, que nous ayons
compris, soyez partis.
L’emploi du temps avec si
L’emploi du temps dans la subordonnée interrogative indirecte
introduite par si
24
La concordance des temps entre le verbe de ces subordonnées et le verbe
de la phrase matrice se fait de manière usuelle (voir La concordance des
temps à l’indicatif).
Voici un bref aperçu des possibilités de concordance des temps entre un
verbe de la phrase matrice conjugué à différents temps et le verbe de la
phrase subordonnée complétive introduite par si. Vous noterez que
l’emploi du futur et du conditionnel est possible dans les phrases
subordonnées complétives introduites par si.
L’antériorité
Phrase matrice Phrase subordonnée
Je vous ai demandé (passé composé) [si] vous aviez été (plus-que-parfait)
à Londres.
Je voudrais (conditionnel présent) savoir [si] tu mentais (imparfait).
Je me demande (présent) [si] tu en aurais été (conditionnel passé)
capable.
Tu lui demanderas (futur) [si] c’était (imparfait) bien lui l’animateur de
cette émission.
La simultanéité
Phrase matrice Phrase subordonnée
Il m’a demandé (passé composé) [si] je savais (imparfait) lire.
Je voudrais (conditionnel présent) juste [si] tu as (présent) l’intention de
faire les savoir courses.
Je me demande (présent) [s’] il ne serait (conditionnel présent) pas un
peu jaloux.
Tu refuseras (futur simple) toujours de me dire [si] tu penses (présent) du
mal de ma mère.
La postériorité
Phrase matrice Phrase subordonnée
Il voulait (imparfait) savoir [si] vous accepteriez (conditionnel présent) son
invitation.
Je me demande (présent) [si] nous resterons (futur simple) ensemble.
25
Je voudrais (conditionnel présent) juste savoir [si] vous resterez (futur
simple) longtemps.
L’emploi du temps dans la subordonnée introduite par si de
condition
Contrairement à ce qu’on pourrait croire, tous les temps de l’indicatif
peuvent être employés dans une subordonnée introduite par si.
Cependant, tout dépend du type de subordonnée que si introduit. En
premier lieu, il faut donc faire la distinction entre les diverses
subordonnées introduites par si.
LES SUBORDONNÉES INTRODUITES PAR SI
Si exprimant une condition
Les phrases subordonnées introduites par le subordonnant si exprimant
une condition (ou une hypothèse) ne sont jamais au conditionnel ni au
futur.
Lorsque si exprime une condition (ou une hypothèse), l’événement énoncé
dans la phrase matrice dépend de cette condition pour se réaliser : « Nous
irions cueillir des framboises [si tu n’avais pas peur des abeilles]. »
Remarque :
Certaines subordonnées circonstancielles introduites par si n’expriment
pas exactement l’hypothèse (bien qu’elles n’en soient pas éloignées). Le si
qui introduit ces subordonnées a plutôt le sens de quand ou de toutes les
fois que. Ces subordonnées ne sont jamais au futur ni au conditionnel.
[Si on va sur cette île], on peut observer des cormorans.
[Si tu as été président], moi, j’ai été roi.
Si mot interrogatif
La subordonnée interrogative indirecte introduite par si est complément
du verbe de la phrase matrice et elle est toujours placée après ce verbe :
« Je voudrais savoir [si les anges ont des ailes]. »
Dans ces subordonnées, si a le sens d’une question et on peut le
remplacer par un autre mot interrogatif : comment, pourquoi, etc.
Comme toute subordonnée interrogative indirecte, la subordonnée
introduite par si peut être à tous les temps de l’indicatif selon le rapport
chronologique qu’elle entretient avec le verbe de la phrase matrice :
26
antériorité, simultanéité ou postériorité (voir La concordance des temps à
l’indicatif).
Notez que l’on peut employer le conditionnel ou le futur dans ces phrases
subordonnées complétives.
Je vous demande [si vous viendrez (futur) à Noël].
Je me demande [si vous ne pourriez (conditionnel présent) pas garder mon
chien].
L’EMPLOI DU TEMPS DANS LA SUBORDONNÉE INTRODUITE PAR SI DE
CONDITION
Comme nous l’avons dit, les subordonnées circonstancielles introduites
par si exprimant une condition ou une hypothèse ne sont jamais au futur
ni au conditionnel.
La condition (ou l’hypothèse) exprimée dans la subordonnée introduite par
si peut être probable, c’est-à-dire avoir quelques chances de se réaliser : «
[Si le temps ne se couvre pas], nous irons en bateau. »
La condition (ou l’hypothèse) peut être irréelle, c’est-à-dire n’avoir aucune
chance de se réaliser vu l’état actuel des choses : « [Si nous étions en
Australie], nous verrions sauter des kangourous », ou n’avoir pas pu se
réaliser dans le passé : « [Si nous étions allés en Australie], nous aurions
vu des kangourous. »
Le temps du verbe de la phrase matrice
Examinons d’abord le temps du verbe conjugué dans la phrase matrice.
Lorsqu’un événement dépend d’une condition ou d’une hypothèse qui a
quelques chances de se réaliser (probable), le verbe de la phrase matrice
est en général conjugué au futur : « Nous quitterons le port [si la mer est
haute]. »
Cependant, le verbe de la phrase matrice peut aussi être conjugué au
présent, au passé composé ou à l’imparfait. Dans ce cas, si a
généralement le sens de quand ou de toutes les fois que : « Tu te trompes
[si tu crois que je t’aimerai toujours]. »
Lorsqu’un événement dépend d’une condition irréalisable actuellement ou
qui n’a pas pu se réaliser dans le passé, le verbe de la phrase matrice est
27
conjugué au conditionnel : « Vous seriez moins fatigués [si vous vous étiez
couchés plus tôt]. »
Le temps du verbe de la subordonnée
Examinons maintenant le temps employé dans la subordonnée introduite
par si de condition ou d’hypothèse.
Dans le cas d’une condition (ou d’une hypothèse) probable, le verbe de la
subordonnée est conjugué au passé composé ou au présent, jamais au
futur.
Phrase matrice au futur Phrase subordonnée
Nous irons cueillir des framboises [si] tu as été (passé composé)
sage.
Je partirai en voyage [si] je réussis (présent) mes examens.
Dans le cas d’une condition (ou d’une hypothèse) irréelle, le verbe de la
phrase subordonnée est conjugué à l’imparfait ou au plus-que-parfait,
jamais au conditionnel.
Dans les subordonnées introduites par le si de condition, l’imparfait
représente l’irréel du présent, c’est-à-dire quelque chose qui n’a pas lieu
ou qui ne peut pas avoir lieu actuellement.
Phrase matrice au conditionnel Phrase subordonnée à
l’imparfait
Vous comprendriez mieux [si] vous lisiez le texte en
entier.
Il lui décrocherait la lune [s’] il pouvait.
Dans les subordonnées introduites par le si de condition, le plus-que-
parfait représente l’irréel du passé, c’est-à-dire quelque chose qui n’a pas
eu lieu dans le passé.
Phrase matrice au conditionnel Phrase subordonnée au plus-
que-parfait
Vous auriez mieux compris [si] vous aviez lu le texte en
entier.
Il lui aurait décroché la lune [s’] il avait pu.
28
Lorsque si a plutôt le sens de quand, toutes les fois que, le verbe de la
phrase subordonnée est conjugué au même temps que celui du verbe de
la phrase matrice.
Phrase subordonnée Phrase matrice
[Si] tu as escaladé (passé composé) l’Everest, moi, j’ai marché (passé
composé) sur la Lune.
[Si] j’appelais (imparfait) mon chien, il venait (imparfait) aussitôt.
II.2 L’emploi des modes dans les subordonnées
L’emploi du mode dans la subordonnée complétive
L’emploi de l’indicatif ou du subjonctif dans les subordonnées complétives
dépend du sens du verbe, de l’adjectif ou du nom qu’elles complètent.
RAPPEL : LA SUBORDONNÉE COMPLÉTIVE
La subordonnée complétive est une phrase qui est enchâssée dans une
phrase de niveau supérieur, dont elle dépend. Elle est introduite par un
subordonnant : que (à ce que, de ce que), si, qui, quoi, quand, où, comme,
etc. Le plus souvent, elle remplit la fonction de complément.
Elle dit [qu’elle entend mal] complément du verbe
Ton souhait [qu’il pleuve] n’a pas été exaucé complément du nom
Il est content [qu’il pleuve] complément de l’adjectif
Il arrive qu’une subordonnée complétive soit enchâssée dans une autre
subordonnée dont elle dépend :
Je pense [qu’il faudrait [qu’on s’en aille]].
[Si vous me dites [qu’il faut partir]], je partirai.
La phrase matrice dans laquelle la subordonnée complétive est insérée
peut être à construction personnelle (Je veux [que vous restiez]) ou
impersonnelle (Il faut [que vous restiez] / il est nécessaire [que vous
restiez]).
RAPPEL : LA CONSTRUCTION IMPERSONNELLE
Nous entendons par « phrases à construction impersonnelle » les phrases
dont le noyau du groupe verbal est un verbe impersonnel : il neige
abondamment. Le verbe impersonnel peut être essentiellement
impersonnel, c’est-à-dire qu’il est toujours employé avec le sujet
impersonnel il : il faut (falloir est un verbe essentiellement impersonnel).
29
Le verbe impersonnel peut être occasionnellement impersonnel : il
semble (sembler est un verbe occasionnellement impersonnel). Nous
entendons aussi par « phrases à construction impersonnelle » les phrases
impersonnelles ayant une structure attributive (verbe être suivi d’un
attribut) : il est possible, il est nécessaire, etc.
L’EMPLOI DE L’INDICATIF
La subordonnée complétive introduite par que est à l’indicatif lorsque
l’événement de la phrase subordonnée est présenté comme certain (Je
déclare [que ce pain est mauvais] / il est clair [que ce pain est mauvais])
ou probable (J’ai l’impression [qu’il pleuvra demain] / il paraît [qu’il
pleuvra demain]), sans nuance de doute, de jugement ou d’affectivité.
Expressions commandant l’emploi de l’indicatif
Verbes ou locutions verbales à construction personnelle de
déclaration ou d’opinion : affirmer, annoncer, aviser, avouer, certifier,
confirmer, constater, croire, déclarer, dire, écrire, espérer, estimer,
imaginer, jurer, penser, prédire, remarquer, savoir, se rendre compte,
soutenir, etc.
Adjectifs exprimant la certitude : assuré, certain, convaincu, sûr, etc.
Noms exprimant la certitude ou la croyance : la certitude, la conviction, la
croyance, etc.
Verbes ou locutions verbales à construction impersonnelle
- exprimant la certitude : il est certain / clair / évident /
incontestable / indéniable, c’est certain / clair / évident / vrai, etc.
- exprimant le résultat : il résulte, il se fait, il s’ensuit, il se trouve, etc.
- exprimant la vraisemblance : il me (te / lui) semble, il paraît, etc.
L’EMPLOI DU SUBJONCTIF
Au contraire, on emploie le subjonctif dans la subordonnée complétive
introduite par que lorsque l’événement est envisagé dans la pensée à la
suite d’un souhait ou d’un ordre (Je veux [que vous restiez] / il faut [que
vous restiez]) ou teinté d’une nuance sentimentale (Je suis heureux [que
vous soyez revenus] / c’est malheureux [que vous ne puissiez rester])
ou encore fait l’objet de doute ou de réticence du locuteur (Je doute [que
vous soyez aussi fort [que vous le prétendez]] / il est peu probable [que
vous soyez aussi fort [que vous le dites]]).
Expressions commandant l’emploi du subjonctif
30
Verbes ou locutions verbales à construction personnelle :
- exprimant la volonté, l’ordre, la prière, le désir : aimer mieux,
approuver, attendre, avoir envie, commander, consentir à, défendre,
demander, désapprouver, désirer, exiger, interdire, ordonner,
permettre, préférer, proposer, recommander, s’attendre à,
souhaiter, tenir à, tolérer, vouloir, etc.
- exprimant la négation, le doute ou l’incertitude : craindre,
désespérer, douter, nier, etc.
- exprimant un sentiment : aimer, avoir peur, détester, préférer,
regretter,
- se réjouir, s’étonner, etc.
Verbes ou locutions verbales à construction impersonnelle :
- exprimant la possibilité : il arrive, il se peut, il y a des chances, il est
possible /impossible, c’est possible / impossible, etc.
- exprimant la nécessité il faut, il s’agit, il suffit, il est essentiel /
important / nécessaire, c’est essentiel / important / nécessaire, etc.
- exprimant le doute il est douteux / improbable / peu probable, c’est
douteux / improbable / peu probable, etc.
- exprimant une appréciation ou un jugement : il convient, il importe,
il suffit, il vaut mieux, il est bon / dommage / exclu / heureux /
juste /préférable / rare / triste / utile, c’est bon /dommage / exclu /
heureux, etc.
Adjectifs exprimant un sentiment content, contrarié, déçu, désolé,
ennuyé, fâché, fier, furieux, heureux, inquiet, malheureux, triste, etc.
Noms exprimant un sentiment ou un désir la crainte, le désir, la joie, la
peur, le regret, le souhait, etc.
L’EMPLOI FACULTATIF DE L’INDICATIF OU DU SUBJONCTIF
Dans certaines subordonnées complétives, le choix est possible entre
l’indicatif ou le subjonctif. On emploie l’indicatif si on veut exprimer un fait
que l’on considère comme vrai ou probable (Je ne pense pas [qu’il fera
aussi chaud demain]). On emploie le subjonctif lorsque l’événement de la
phrase subordonnée n’est pas présenté comme vrai ou probable, mais
qu’il est simplement envisagé dans la pensée (Je ne pense pas [qu’il soit
nécessaire d’y aller]).
Emplois facultatifs de l’indicatif ou du subjonctif
Négation
31
- d’une certitude : il n’est pas certain / évident / vrai, ce n’est pas
certain / évident / vrai, etc.
- d’un doute : je ne doute pas, il n’y a aucun doute, il n’y a pas de
doute, etc.
- d’un fait vraisemblable : je ne crois pas, je ne pense pas, il n’est pas
vraisemblable, ce n’est pas vraisemblable, etc.
Interrogation
- au sujet d’une certitude : est-il certain / évident / vrai ?, etc.
- au sujet d’un doute : doutez-vous ?, etc.
- au sujet d’un fait vraisemblable croyez-vous, pensez-vous, est-il
vraisemblable ?, etc.
Verbes ou locutions verbales exprimant la probabilité : admettre,
comprendre, concevoir, supposer, il est probable, il semble, etc.
Noms
- abstraits : le fait, l’hypothèse, l’idée, etc.
- exprimant l’espoir : l’espoir
II.3 Le discours indirect
Si vous voulez rapporter les paroles de quelqu’un, vous pouvez utiliser le
discours direct ou le discours indirect (nous n’aborderons pas ici le
style indirect libre, qui relève plutôt de l’expression littéraire).
1. Définitions :
Avec le discours direct, vous rapportez vos paroles ou celles d’une
autre personne sans les modifier. Vous pouvez le faire en utilisant les
guillemets (pour une seule phrase, pour une citation) ou les tirets (pour
un dialogue). Par exemple :
Mon père disait : « Bruges est sans doute une des plus belles villes
d’Europe. »
« Moi, j’aime tous les styles de musique ! », s’est écriée Sarah.
32
Jean et Marcel discutaient au bar :
– Tu connais la dernière ?
– Non, raconte…
– Il paraît que Pierrot va se remarier !
– C’est la meilleure, celle-là !
Avec le discours indirect, la personne qui prend la parole rapporte les
propos selon son point de vue. Pour cela, plus besoin de guillemets ou de
tirets, puisque les paroles sont liées à un verbe principal. Par
exemple :
Le directeur a annoncé qu’il procéderait demain à une inspection dans
tous les bureaux.
Les personnes interrogées ont déclaré être mécontentes des récentes
mesures gouvernementales.
2. Du Discours direct au discours indirect
Passer du discours direct au discours indirect entraîne plusieurs
modifications importantes.
a) Modifications de personnes
Cela concerne les pronoms personnels, les déterminants et les pronoms
possessifs)
Discours direct Discours indirect
[« Je » parle à Pierre]
Je t’ai dit : « J’enregistrerai le film pour que Je t’ai dit que j’enregistrerais le film
tu le regardes un autre jour. » pour que tu le regardes un autre
jour.
J’ai dit à Pierre : « J’enregistrerai le film [« Je » parle à une autre personne]
pour que tu le regardes un autre jour. » J’ai dit à Pierre que j’enregistrerais le
film pour qu’il le regarde un autre
Il réplique à Virginie : « Tu es toujours en jour.
retard à nos rendez-vous ! »
Il réplique à Virginie qu’elle est
toujours en retard à leurs rendez-
vous !
Pour savoir quels changements effectuer en ce qui concerne les
personnes, il n’y a pas vraiment de théorie fixe : tout dépend du
contexte de la prise de parole.
33
b) Modifications de temps du verbe
Le temps de la proposition subordonnée varie selon le temps de la
proposition principale.
DISOURS DIRECT DISCOURS INDIRECT
Temps de paroles reportées Temps de la proposition Temps de la proposition
principale subordonnée
Présent ou futur Pas de changement
Présent Présent
« Cet endroit est beau. » … cet endroit est beau.
Imparfait Imparfait
« Cet endroit était beau. » Jean me dit que… … cet endroit était beau.
Futur Futur
« Cet endroit sera beau. » Jean me dira que… … cet endroit sera beau.
Conditionnel présent Conditionnel présent
« Cet endroit serait beau. » … cet endroit serait beau.
Passé composé Passé composé
« Cet endroit a été beau. » … cet endroit a été beau.
Plus-que-parfait Plus-que-parfait
« Cet endroit avait été beau. » … cet endroit avait été
Passé simple beau.
« Cet endroit fut beau. » Passé simple
… cet endroit fut beau.
Passé Changement
Présent / Imparfait Imparfait
« Ma femme doit maigrir. » … sa femme devait
« Ma femme devait maigrir. » maigrir.
Jean me disait / m’a dit /
m’avait
dit que / me dit / …
Futur / Conditionnel
présent Conditionnel présent
« Ma femme devra maigrir.» … sa femme devrait
« Ma femme devrait maigrir. » maigrir.
Passé composé / Plus-que-
parfait / Passé simple Plus-que-parfait
34
« Ma femme a dû maigrir.» … sa femme avait dû
« Ma femme avait dû maigrir. maigrir.
»
« Ma femme dut maigrir. »
c) Modifications d’adverbes de lieu et de temps
Si le temps et le lieu des paroles du discours indirect correspondent à
ceux du récit, on conserve les mêmes adverbes. Par exemple :
Il m’a affirmé tout à l’heure : « Je te rapporte le dossier demain. »
Il m’a affirmé tout à l’heure qu’il me rapporterait le dossier demain.
Par contre, quand il n’y a pas de correspondance, on utilise un adverbe de
sens différent mais équivalent. Par exemple :
Il m’a dit il y a deux semaines : « Je te rapporte le dossier demain. »
Il m’a dit il y a deux semaines qu’il me rapporterait le dossier le
lendemain.
La famille Feuillard nous écrit de Provence : « Il fait très ensoleillé ici. »
La famille Feuillard nous écrit de Provence qu’il fait très ensoleillé là-bas.
Tableau des adverbes et des locutions
Discours direct Discours indirect
Adverbe de lieu
Ici Là / Là-bas
Adverbe de temps
Maintenant Alors / à ce moment-là
Aujourd’hui Ce jour-là
Ce matin / ce soir Ce matin-là / Ce soir-là
Demain Le lendemain
Après-demain Le surlendemain
Hier La veille
Avant-hier L’avant-veille
Dernier Précédent / d’avant
Prochain Suivant / d’après
Dans une semaine Une semaine après
d) Remarques
Le mode impératif
35
Le mode impératif ne s’utilise qu’en discours direct !
Par exemple : « Donne-moi ton portefeuille ! »
En discours indirect, il est traduit par :
L’infinitif : Il m’a demandé de lui donner mon portefeuille !
Le subjonctif : Il m’a demandé que je lui donne mon portefeuille !
« il faut » (+ subjonctif) : Il m’a dit qu’il fallait que je lui donne mon
portefeuille !
« devoir » (+ subjonctif) : Il m’a dit que je devais lui donner mon
portefeuille !
La vérité générale
Dans une phrase rapportée exprimant une vérité générale, le présent est
maintenu même si le temps de la principale est au passé.
Par exemple : « La terre tourne sur elle-même. »
Le professeur nous a appris que la terre tourne sur elle-même.
3. L’interrogation indirecte
Le passage de l’interrogation directe à l’interrogation indirecte implique
les mêmes changements de temps, de personnes, d’adverbes…
que le passage du style direct au style indirect.
Dans l’interrogation directe Dans l’interrogation indirecte
La question est une proposition La question est une proposition
indépendante, qui finit par un point subordonnée, qui finit par un point.
d’interrogation.
« Quand comptez-vous rentrer d’Italie ? » Je vous demande quand vous comptez
rentrer d’Italie.
Le sujet est placé après le verbe et la Le sujet précède le verbe et la phrase
phrase commence par un mot commence par un terme interrogatif.
interrogatif, un verbe ou une reprise
du sujet.
Dis-moi qui tu veux voir.
« Qui connais-tu ? » / « Qui est-ce que tu
36
connais ? »
Dites-nous ce que vous voulez manger.
« Que voulez-vous manger ? » / « Qu’est-
ce que
vous voulez manger ? »
Dites-nous comment on danse la
rumba.
« Comment danse-t-on la rumba ? » / «
Comment
est-ce qu’on danse la rumba ? »
Je te demande où tu vas.
« Où vas-tu ? » / « Où est-ce que tu vas ? »
Les enfants demandent quand on
« Quand mange-t-on ? » / « Quand est-ce mange.
qu’on
mange ? »
Je ne sais que / quoi choisir.
« Que choisir ? »
Je veux savoir si elle est gentille.
« Est-ce qu’elle est gentille ? »
Le garçon veut savoir si vous prendrez
« Prendrez-vous du thé ? » du thé.
« Jean-Pierre et Samantha sont-ils mariés ? Je me demande si Jean-Pierre et
» Samantha
sont mariés.
II.4 La ponctuation
La ponctuation est l’ensemble des signes graphiques qui servent à
marquer les pauses entre les phrases ou des éléments de phrases ainsi
37
que les rapports syntaxiques. Elle est indispensable pour la bonne
compréhension d’un texte et permet d’éviter des erreurs d’interprétation.
La ponctuation remplit trois fonctions :
Elle facilite la compréhension du texte, en séparant ou en
rapprochant les mots ou les idées selon les rapports qu’ils ont entre
eux ;
Elle indique les pauses et intonations à observer dans une lecture à
haute voix ;
Elle permet souvent d’économiser des mots explicatifs.
La ponctuation fait donc partie intégrante de la rédaction. Une parfaite
connaissance de l’usage de la ponctuation permet non seulement d’éviter
les erreurs malheureusement fréquentes, mais de donner au texte le
maximum de clarté et de nuances.
LE POINT (.)
C’est le signe de ponctuation le plus important. Il marque la fin d’une
phrase, c’est-à-dire d’une unité complète de sens ; il joue un rôle majeur
en matière de lisibilité ; enfin, c’est le signe le signe le plus facile à
employer.
Le point sert aussi à indiquer une abréviation. Lorsque la phrase se
termine par un mot comportant un point abréviatif, il ne faut pas mettre
un point final. Ex : etc.
LES POINTS DE SUSPENSSION (…)
Ils peuvent indiquer :
Soit qu’une citation a été abrégée : ils sont alors souvent placés
entre parenthèses (…) pour plus de clarté ;
Exemple : « lorsqu’ils sont particulièrement dignes d’intérêts (…), certains
secteurs entiers des communes peuvent donner lieu à une stricte
réglementation. »
Soit qu’une énumération est incomplète.
Ils ne doivent pas, toutefois, laisser au lecteur le soin de poursuivre une
phrase en suspens. La rédaction administrative ne doit pas laisser
apparaître de sous-entendus.
On ne met jamais de points de suspension après le mot “etc.“ qui se suffit
à lui-même. On doit donc choisir l’une ou l’autre des formules.
LES DEUX POINTS ( : )
Ils annoncent une explication, une illustration, une énumération ou une
citation. Ils peuvent aussi annoncer la cause, la conséquence, l’explication
de ce qui précède :
Exemple : « Cette allocation est versée pour tout mois de présence à
l’école : le mois calendaire au cours duquel débute ou s’achève la scolarité
est considérée comme mois de présence. »
Les deux points permettent ainsi de faire l’économie de mots tels que : en
effet, puisque, donc par conséquent, c’est pourquoi.
38
LE POINT-VIRGULE ( ;)
Il sépare et rapproche à la fois des éléments ou des propositions
étroitement associés dans le discours. Comme il est plus fort que la
virgule, il permet de distinguer clairement les deux éléments ; mais
comme il est plus faible que le point, il souligne qu’ils font partie d’une
unité logique. C’est-à-dire qu’ils égalent à des stops.
+-Exemple : « La réadaptation fonctionnelle restitue à la victime d’un
accident son aptitude physique générale ; la rééducation professionnelle
lui permet d’exercer à nouveau son ancienne profession ou d’en exercer
une nouvelle. »
Le point-virgule peut ainsi marquer un balancement ou une opposition.
Exemple : « Le subordonné propose ; le supérieur dispose. »
Enfin, le point-virgule se place après chaque alinéa précédé d’un tiret, sauf
le dernier. Cette règle s’applique même si l’alinéa ne compte qu’un seul
mot.
Exemple : « La convention dite « de parrainage » doit comporter trois
volets :
La préparation du projet ;
La formation du chef d’entreprise ;
Le suivi de gestion.
LA VIRGULE
La virgule est sans doute le signe de ponctuation le plus délicat à utiliser
et celui qui donne lieu aux fautes ou ambiguïtés les plus nombreuses.
Au mieux, une virgule en trop ou en mois perturbe la lecture ; au pire, elle
peut dénaturer le sens d’un membre de phrase ou d’une phrase tout
entière.
Par exemple, la comparaison de ces deux phrases fait apparaître ce risque
d’ambiguïté.
« Cet avantage est accordé aux personnes âgées, aux personnes
handicapées, notamment aux accidentés du travail, et aux femmes seules
avec enfants. » (Ponctuation correcte)
Et :
« Cet avantage est accordé aux personnes âgées, aux personnes
handicapées notamment, aux accidentés du travail, et aux femmes seules
avec enfants. » (Ponctuation incorrecte)
Le style administratif traditionnel, avec ses phrases longues, multiplie les
occasions de contresens. La rédaction de phrases courtes et ponctuées
correctement diminue les risques d’incompréhension. L’observation des
règles suivantes s’avère donc importante pour la lisibilité :
39
a. La virgule sépare des mots, des groupes de mots ou des
propositions de même nature non reliés par une conjonction de
coordination (mais, ou, soit, et, ni, or, car, donc…).
Exemple : « L’ensemble des administrations de l’État, administrations
centrales, délégations, missions et services extérieurs sont soumis aux
obligations édictées par cette loi. »
b. La virgule détache un complément ou une proposition
circonstanciels, un adverbe ou une locution placés en tête de
phrase :
Exemple :
À titre d’exemple, un dossier de permis de construire, un registre
d’enquête d’utilité publique ne sont pas des documents nominatifs.
Le plus généralement, il n’existe aucune règle relative à la tenue
des dossiers.
À cet égard… ; d’une manière générale… ; d’une part… ; d’autre
part… ; par ailleurs… ; etc.
Cependant la virgule est facultative lorsque le complément, l’adverbe ou
la locution est assez court.
Exemple : « Ici (,) il convient d’être prudent. »
c. Dans le cours d’une phrase, des virgules isolent les éléments ayant
une valeur explicative ou accessoire, les compléments ou
propositions circonstanciels, adverbes et locutions intercalés :
Exemple : « Les fonctionnaires qui occupent à temps plein un emploi, à
l’issue d’une période de travail à temps partiel, ne peuvent obtenir le
bénéfice d’une nouvelle période de travail à temps partiel qu’après six
mois d’exercice à temps plein de leurs fonctions. »
Toutefois, les virgules sont facultatives si l’élément intercalé est
suffisamment cout. Il vaut mieux alors ne les employer que si elles sont
utiles à la clarté ou si l’on veut détacher les mots en suggérant une
inflexion de voix :
Exemple : « Vous voudrez bien informer (,) par courrier (,) les entreprises
concernées par ces mesures.
Je vous adresse ci-joint la liste des opérations prévues. »
d. Lorsque deux ou plusieurs éléments sont reliés par une conjonction
de coordination, plusieurs cas peuvent être distingués :
1. Avec ni ou soit employés seulement deux fois et devant des
éléments assez courts, on ne met généralement pas de virgule :
Exemple :
« Ces informations peuvent être obtenues soit sur place soit sur simple
demande écrit. »
40
Si ni ou soit sont employés trois fois ou davantage, on met des
virgules à partir du deuxième :
Exemple : « La limite d’âge n’est applicable ni aux mères des trois enfants
ou plus, ni aux femmes veuves ou divorcées non remariées, ni aux
femmes séparées judiciairement, ni aux femmes célibataires ayant au
moins un enfant à charge. »
2. En principe, on ne place pas de virgule devant « et ». Cependant, on
peut en mettre une si l’on a besoin de marquer une pause ou une
distinction entre ce qui précède et ce qui suit :
Exemple : « L’achat de ces matériels représente un investissement très
important, et cela impose que la décision soit prise au niveau central. »
3. Employée devant une autre conjonction (mais, car, donc, ainsi
que…) et après une proposition assez longue, la virgule signale la fin
de cette proposition et le début de la suivante. Elle contribue ainsi à
la clarté de l’exposé.
Exemple : « Le système de points n’abroge pas le dispositif législatif et
réglementaire en vigueur, mais s’y ajoute dans les conditions définies par
la circulaire du…)
Voici pour terminer avec ce point deux erreurs très fréquentes à éviter :
Placer une virgule entre un sujet et son verbe, ou entre un verbe et
son complément d’objet direct ou indirect, sans qu’un mot ou un
groupe de mots intercalés le justifie.
Exemple : « Je vous serai obligé de bien vouloir m’adresser sans tarder (,)
toutes informations utiles que vous pourriez recueillir sur cette
entreprise. »
Oublier l’une des virgules destinées à encadrer un mot ou un groupe
de mots intercalés.
LES PARENTHESES (( ))
Leur emploi ne soulève pas de difficultés particulières. Toutefois, il est
recommandé de ne pas les multiplier, pour ne pas donner l’impression
d’encombrer le texte d’annotations accessoires.
LE TRAIT D’UNION (-)
Il fait partie de l’orthographe de certaines locutions :
Entre un verbe à la forme interrogative et un pronom personnel
sujet :
Exemple : aussi convient-il… ; puis-je
Entre un verbe à l’impératif et un pronom complément :
Exemple : adressez-moi, demandez-le, prenons-les, etc.
À l’intérieur de tous les noms de lieux composés :
Exemple : Grande-Bretagne, Nouvelle-Zélande
41
Dans la plupart des autres mots et expressions composés :
Exemple : chef-lieu, avant-projet, vice-président…
LES GUILLEMETS (« »)
Ils servent principalement à transcrire des citations. Dans ce cas, le texte
qu’ils encadrent doit être rigoureusement conforme à l’original. Les mots
ajoutés pour la compréhension ainsi que les coupures doivent être
signalés par des parenthèses-ou des crochets- et des points de
suspensions :
Exemple : « Une mesure provisoire (…) est moins vulnérables en droit [en
particulier devant les tribunaux administratifs] dès lors que s’établit une
exacte proportionnalité entre celle-ci et la nécessité d’ordre public qui la
motive. »
Les guillemets peuvent aussi signaler un mot nouveau, ou qui risque
d’être insolite pour le lecteur :
Exemple : « Vous pourriez satisfaire certains de vos besoins en main
d’œuvre qualifiée en signant des “contrats emploi-formation“. »
II.5 Les participes passés
1/ Accord du participe passé employé avec AVOIR :
La grammaire traditionnelle indique que le participe passé employé avec
l'auxiliaire AVOIR s'accorde en genre et en nombre avec le complément
d'objet direct (COD) lorsque celui-ci est placé avant le verbe. Mais cette
formulation, qui oblige à rechercher le COD, crée souvent une certaine
gêne et pose un problème au locuteur.
C'est pourquoi une reformulation de la règle ci-dessus n'est pas inutile :
L'accord se fait avec le nom (ou pronom) avec lequel on peut, par le
sens rapprocher le participe, si ce nom (ou pronom) est placé avant
le participe.
Ainsi, on écrit :
Les personnes que Sylvie avait rencontrées étaient tout à fait
charmantes.
Les chauffeurs avaient garé les camions sans les avoir déchargés.
Elle se demandait combien d'occasions elle avait ainsi manquées.
42
Il apparaît effectivement que les mots rapprochés par le sens - et ceci par
simple lecture sont bien, respectivement, les COD de chacun des verbes.
Le COD ne peut se trouver placé avant le verbe que dans les trois cas
suivants :
- Dans une proposition relative introduite par que : ce pronom n'ayant
ni genre ni nombre, l'accord se fait avec l'antécédent.
Les personnes qu'il avait rencontrées.
- Si le COD est un pronom personnel : celui-ci est toujours
placé devant le verbe.
Ce pronom peut être l' (le ou la) ou bien les (représentant un nom
masculin ou féminin).
Il faut donc, pour faire l'accord, chercher quel(s) mot(s)
est/sont représenté(s) par ce pronom :
Les chauffeurs avaient garé les camions sans les (=
camions) avoir déchargés.
- Dans une phrase interrogative : lorsque l'interrogation porte sur le nom
(ou le pronom) complément d'objet direct, celui-ci est nécessairement
placé au début de la proposition :
Combien d'occasions (COD) elle (sujet) avait manquées.
REMARQUE : En conséquence, les participes passés des verbes qui
n'ont jamais (ou ne peuvent pas avoir) de complément d'objet
direct (et ce, dans toute situation) sont invariables.
Ainsi, les participes passés des verbes suivants n'ont-ils ni féminin ni
pluriel :
accédé, agi, appartenu, brillé, cessé, daigné, douté, existé, hésité, insisté,
nui,
paru, participé, plu (plaire), ressemblé, semblé, succédé, transigé, voyagé,
etc.
Il en est de même pour les verbes impersonnels : fallu, neigé, plu
(pleuvoir), tonné, venté, etc.
2/ Accord du participe passé employé avec ÊTRE :
Le participe passé s'accorde toujours en genre et en nombre avec le
sujet, même si ce dernier est placé après le verbe.
43
Les bonnes nouvelles sont mieux accueillies que les mauvaises.
Ont été achetés des outils et de la peinture.
3/ Accord du participe passé des verbes pronominaux :
. Accord avec le sujet :
En règle générale, le participe passé des verbes pronominaux non
réfléchis
(c'est-à-dire dont l'action ne se reporte pas sur le sujet) s'accorde en
genre et en nombre avec le sujet du verbe :
Elles se sont aperçues de leur oubli.
Elles se sont interrogées.
Elles se sont lavées.
A noter que ces verbes sont dits essentiellement pronominaux, c'est-à-
dire qu'ils n'existent que sous la forme pronominale.
. Pas d'accord avec le sujet :
Le participe passé des verbes pronominaux ne s'accorde pas :
- Quand le verbe est suivi d'un complément d'objet direct (COD) :
Elles se sont demandé d'où venait ce bruit.
Elles se sont lavé les mains.
- Quand le verbe ne peut jamais avoir de complément d'objet
direct (COD), même s'il n'est pas à la forme pronominale.
Ils se sont nui les uns aux autres.
Les années se sont ainsi succédé.
C'est le cas pour : se convenir, se mentir, se nuire, se parler, se plaire (se
complaire, se déplaire), se ressembler, se rire (comme se sourire), se
succéder, se suffire, se survivre.
En effet, il suffit d'analyser les autres exemples suivants :
Que d'hommes se sont craints. mais Que d'hommes se sont déplu.
Dans le 1er cas, les hommes ont craint (réponse : eux) mais ils ont déplu
(réponse : à eux)
- Quand 'se laisser', 'se faire' sont suivis d'un infinitif :
44
Elle s'est fait faire une piqûre.
Elle s'est laissé faire.
Ils se sont laissé emporter par la colère.
II.6 Les pronoms
1. Les pronoms personnels
Personne Formes simples Formes précédées
d’une préposition
Fonction Fonctions ou séparées du
sujet COD verbe
COI
1° sg Je Me Me Moi
2° sg Tu Te Te Toi
3° sg Il, elle, on Le, la Lui Lui, elle
3° se Se Soi
réfléchie Nous Nous Nous Nous
1° pl Vous Vous Vous Vous
2° pl Ils, elles Les Leur Eux, elles
3° pl se se Eux, elles (-mêmes)
3°
réfléchie
Pronoms En
adverbiale Y
s
2. Les pronoms possessifs
1° Sing 2° Sing 3° Sing 1° Plu 2° Plu 3° Plu
Masc Le mien Le tien Le sien Le nôtre Le vôtre Le leur
Sing
Fém Sing La mienne La tienne La sienne La nôtre La vôtre La leur
Masc Plu Les miens Les tiens Les siens Les Les Les leurs
nôtres vôtres
Fém Plu Les Les Les Les Les Les leurs
miennes tiennes siennes nôtres vôtres
45
3. Les pronoms démonstratifs
Singulier Pluriel
Masc Celui, celui-ci, celui-là Ceux, ceux-ci, ceux-là
Fém Celle, celle-ci, celle-là Celles, celles-ci, celles-
là
Neutre Ce, c’, ceci, cela, ça
4. Les pronoms relatifs
Formes simples Formes composées
Fonction Avec la Avec la Avec une
prépositio prépositio autre
nà n de préposition
Sujet Qui Masc sing auquel Du quel (par) lequel
COD Que Fém sing A laquelle De (par) laquelle
laquelle
Cc de lieu où Masc plu Auxquels desquels (par) lesquels
Coi, Cpt du nom dont Fém plu auxquelles desquelle (par)
s lesquelles
5. Les pronoms interrogatifs
Formes simples Formes composées
Fonction Masc sing lequel Auquel, duquel
sujet Qui Fém sing laquelle A laquelle, de laquelle
COD, attribut Qui, que, Masc plu lesquels Auxquels, desquels
quoi
Cc de lieu où Fém plu lesquelles Auxquelles, desquelles
6. Les pronoms indéfinis
Indétermination Quelqu’un, quelque chose, n’importe lequel,
quiconque
pluralité Quelques-uns, certains, plusieurs
totalité Tout, tous, toutes, chacun
Quantité nulle Aucun, nul, rien, personne
Différence L’un …l’autre, les uns … les autres
Ressemblance Le même, les mêmes
7. Les pronoms numéraux
46
- Les pronoms numéraux cardinaux (invariables) : un, une, deux, trois,
quatre…
- Les pronoms numéraux ordinaux (variables) : le premier, les
premiers, le deuxième…
II.5 Les adjectifs numéraux cardinaux
On a 2 types d’adjectifs numéraux :
1. Les adjectifs numéraux cardinaux :(nombres et chiffres en
lettres).
a- Forme simple : un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf, dix,
onze, douze, treize, quinze, seize et les dizaines : vingt, trente, quarante,
cinquante, soixante, ainsi que cent et mille.
b- Forme composée : dix-huit, soixante-dix, quatre-vingts, quatre-vingt-
dix, deux cent seize….
Remarque :
Le trait d’union n’est utilisé qu’entre les dizaines et les unités ex : vingt-
quatre..
Les adjectifs numéraux sont invariables sauf : vingt, cent et zéro ex :
trente maçons, mille personnes…Vingt et cent prennent un s lorsqu’ils
sont multipliés sans être suivis d’un autre nombre ex : quatre-vingts, deux
cents/ quatre-vingt-huit, deux cents deux.
Les chiffres qui se terminent par un ou onze se forment avec la
conjonction et ; le chiffre reste invariable ex : vingt et un, trente et un sauf
pour 81 et 91 quatre- vingt-un, quatre-vingt- onze.
Millier, million, milliards, billion (10 12), trillion (1018) : ce ne sont pas des
adjectifs cardinaux mais des noms cardinaux qui prennent un s au pluriel,
exemple quatre-vingts millions d’euro….
2. Les adjectifs numéraux ordinaux :
L’adjectif numéral ordinal indique le rang précis : premier, deuxième et
troisième…., on forme cet adjectif en ajoutant le suffixe ième à l’adjectif
cardinal correspondant sauf pour premier et second, exemple : 1 er :
47
premier, 2nd : second, 2e ; deuxième… l’adjectif ordinal s’accorde en genre
et en nombre avec le nom auquel il se rapporte.
Exemple les premiers froids, les deuxièmes jeux olympiques, il prend
également un trait d’union dans un nombre composé inferieur à cent : la
vingt-cinquième heure….
3. Les fractions et les multiples :
½ un demi, une, la moitié, 1/3 un tiers ou le tiers, ¼ un quart, 1/5 le
cinquième, 1/6 le sixième, 2/3 les deux tiers, ¾ les trois quarts, 4/5 les
quatre cinquièmes ….
4. Les ensembles et les nombres approximatifs :
La huitaine, la dizaine, la vingtaine, la trentaine, la quarantaine, la
cinquantaine, la soixantaine, la centaine, le millier.
III. LA REDACTION ADMINISTRATIVE
LE STYLE ADMINISTRATIF
Il existe dans l’administration un genre qui lui soit propre.
Traditionnellement, la communication administrative peut être :
- Une communication interne ou communication externe,
- Une communication orale ou communication écrite
- Une communication électronique (fax, téléphone, internet).
Toutefois, la communication administrative est essentiellement écrite
même lorsque l’on a communiqué oralement, la règle administrative
recommande que l’écrit s’en suive.
De ce qui précède, il apparait que la communication écrite constitue un
support privilégié de l’action administrative. Un écrit administratif est
caractérisé par :
48
- Un bon style,
- Un langage administratif,
- Un vocabulaire relatif aux activités administratives,
- Le respect de la procédure et des règles formelles (les règles qui
régissent la forme du document).
A ce chapitre, nous étudierons d’abord les éléments de la forme, et
ensuite les éléments relatifs au genre administratif.
1. De la forme
La forme dépend du type du document et aussi du destinataire à qui l’on
écrit. Il y a la forme pour :
- La lettre administrative,
- Les documents légaux,
- Les autres documents.
Du point de vue formel, la lettre doit comprendre des éléments ci-après,
disposés selon un modèle rigoureux prédéterminé. Ce modèle équivaut à
ce qu’on appelle une disposition. Les éléments d’une lettre peuvent
être disposés selon la disposition :
- Bloc à la date,
- Bloc à la marge,
- Normalisée,
- Mixte.
Les éléments de la lettre sont :
- L’en-tête,
- Le lieu et la date,
- L’objet ou la rubrique,
- Les références,
- La suscription,
- L’appellation,
- Le texte proprement-dit,
- La signature
- Copie pour information, annexes ou pièces jointes,
- Et éventuellement le timbre.
a) L’en-tête
Il indique la provenance de la lettre. Il peut être placé sur toute la partie
supérieure de la feuille lorsque la lettre vient d’une institution ou une
société. Il peut occuper l’angle supérieur gauche lorsqu’il s’agit d’une
49
lettre « en forme personnelle ». L’en-tête doit être le plus complet
possible.
Ex : Prénom+Nom+Postnom
Fonction (quand vous avez une fonction)
Adresse(s) (contacts)
b) Lieu et la date
Ici nous devons avoir :
- Le lieu suivi de quantième, mois en lettre, le millésime complet.
Exemple : Mbujimayi, le 03 décembre 2021.
c) L’objet ou la rubrique
L’objet indique sommairement la nature de la question traitée. L’objet ou
la rubrique peut être introduite par : Objet ou Concerne
Objet : Demande d’inscription (en minuscule au manuscrit ou en caractère
gras à la machine).
d) Les références
Il existe 2 types de références :
- Notre référence (N/Réf)
- Votre référence (V/Réf)
Notre référence (N/Réf) correspond au numéro que vous donnez à la
lettre. Votre référence (V/Réf) correspond à la référence qui se trouve sur
la lettre à laquelle vous répondez.
e) La souscription
C’est l’adresse du destinataire. L’adresse du destinataire correspond à
l’adresse de la personne à qui l’on écrit. L’adresse du destinataire doit être
la plus complète possible.
Exemple : Monsieur le Juge d’Instance
Tribunal d’Instance
100, rue Jean Jaures
93130 paris
Dans la rédaction administrative française, la souscription comprend la
fonction ou le titre de la personne qui écrit suivi de la préposition « à »
suivi de l’adresse de la personne à qui l’on écrit.
Exemple : Le Directeur Provincial
50
à
Monsieur le Juge d’Instance
Tribunal d’Instance
f) Le texte proprement-dit (le corps de la lettre)
Il commence par une introduction et se termine par la formule de
politesse. La formule de politesse est fonction du destinataire.
Exemple :
- Pour des personnalités, présidents d’organismes, hauts
responsables : voici la formule :
« Je vous prie d’agréer, Madame ou Monsieur le Président,
l’expression de mes sentiments les plus distingués (ou distingués, de
haute considération) ».
- Pour les autorités administratives, les ministres, les chefs
hiérarchiques :
« Je vous prie d’agréer, Monsieur…, l’assurance de ma haute
considération (ou l’expression de mes sentiments les plus
respectueux, ou l’assurance de mes respectueux hommages) ».
- Pour un égal :
« Recevez, Monsieur…., l’expression de mes salutations les
meilleures (ou l’expression de mes sentiments cordiaux) ».
- Pour un subalterne ou un inférieur :
« Recevez, Monsieur…, l’expression de ma franche collaboration (ou
de mes sentiments les meilleurs) ».
Dans la formule de politesse, il vaut mieux d’éviter la forme impérative
(veuillez agréer… ; recevez Monsieur… ; Croyez Monsieur… ;) lorsque l’on
s’adresse à une personnalité, un supérieur ou un particulier.
Par ailleurs, éviter le solécisme dans la formule de politesse. En effet,
quand on emploie le participe présent, le sujet du verbe conjugué qui
accompagne c’est-à-dire qui suit le participe, doit être le même que celui
dudit participe. A la place de :
« Comptant sur notre sens élevé de patriotisme, veuillez agréer,
Mesdames, Messieurs les chefs de division, l’expression de mes
sentiments patriotiques » on écrira : « Comptant sur…………, je vous prie
d’agréer…….. ».
g) L’appellation
51
Appelée aussi formule d’appel, l’appellation est la manière de désigner le
destinataire. La formule d’appel correspond au titre ou à la fonction
honorifique de la personne à qui son s’adresse.
Par exemple : pour les autorités politiques :
- Monsieur le Président,
- Monsieur le Gouverneur,
- Monsieur le Premier Ministre,
- Excellence pour le Président de la République,
- M. ou Mme le Recteur,
- Mon Général (si c’es un homme qui écrit)
- M. le Général (si c’est une femme qui écrit)
- Mon colonel
- Mon commandant,
- Amiral,
- Son Eminence (pour les cardinaux)
- Excellence (pour les évêques)
- Sa sainteté (pour le pape)
- Révérend (pour les pasteurs)
- Excellence (pour un ambassadeur étranger)
LA DISPOSITION DE LA LETTRE
La disposition de la lettre est la manière dont on dispose les éléments sur
la feuille. Il existe plusieurs dispositions selon les administrations.
Cependant, nous en retenons 4 :
- Bloc à la date,
- Bloc à la marge
- Mixte ;
- Normalisée.
LE LANGAGE ADMINISTRATIF
Le langage administratif est caractérisé par :
1° La responsabilité de celui qui écrit
La responsabilité oblige que le rédacteur respecte les consignes ci-après :
- Toujours signer la lettre,
52
- L’emploi de la première personne du singulier est de rigueur dans la
rédaction administrative. Ex : Je viens, j’ai l’honneur, …
Toutefois, le rédacteur peut utiliser la forme impersonnelle pour une
plus grande objectivité, pour indiquer une marche à suivre, pour faire
état de renseignement ou de faits dont on ne veut pas révéler l’origine.
- Eviter le pronom indéfini « on », sauf si le contexte le permet.
Exemple : « De ce qui précède, Madame la Directrice, on peut
penser que ces dispositions sont de nature à faciliter les démarches
des usagers ».
2° Le respect de la hiérarchie
Le respect de la hiérarchie se traduit dans le vocabulaire utilisé et dans le
style. En ce qui concerne le choix du vocabulaire, lorsque le supérieur écrit
au subordonné, il doit choisir le vocabulaire suivant pour :
a) Informer :
- Je vous informe,
- Je vous fais savoir,
- Je vous fais connaître,
- Je vous fais observer,
- Je vous fais remarquer,
- Il m’a été signalé que,
- Il m’est signalé
- Je tiens à porter à connaissance….
b) Inciter :
- J’ordonne,
- Je vous invite,
- Je vous prescris,
- Je vous enjoins…
- Il vous appartient de…
- Vous voudrez bien…
c) Pour demander :
- Je demande votre avis,
- Je vous prie de bien vouloir,
- Je désire que,
- Je vous serais obligé de
- Il y a lieu de
- Il importe de
- Il est souhaitable de (indispensable, nécessaire) de
53
Lorsque le subordonné écrit au supérieur :
a) Pour informer, il utilise :
- Rendre compte,
- J’ai l’honneur de porter à votre connaissance,
- Je viens, par la présente, vous soumettre
- J’appelle votre attention sur
- Je vous fais parvenir le constat
- Je vous transmets
b) Pour inciter :
- Je vous suggère,
- Je vous propose,
- Je crois devoir souligner
- Je crois utile de
c) Pour demander :
- Je vous demande de bien vouloir
- Je sollicite
- Je viens solliciter
- Je soumets à l’appréciation de votre autorité
- Je vous serais reconnaissant de bien vouloir
- Je vous serais très obligé de bien vouloir
3° La prudence
Le langage administratif témoigne toujours d’une grande prudence du fait
que la responsabilité de l’Etat peut être engagée sur la base d’une faute
ou sans faute. L’administration n’a pas droit à l’erreur. Cette prudence,
parfois excessive, apparaît d’une part dans l’usage du conditionnel et
d’autre part dans le choix de formules traduisant une certaine réserve
dans l’affirmation.
Exemple :
- Sous réserve que
- Sans préjuger
- Il n’en demeure pas moins que
- Toutefois,
- Cependant,
- Notamment,
- Dans la mesure du possible
- Pour ma part
54
- A ma connaissance,
- A mon avis
-
4° La courtoisie
La rédaction administrative est toujours très courtoise, cependant n’exclut
pas la fermeté. On écrira par exemple : Je vous serais reconnaissant… ; je
vous prie…