LL2.
Olympe de Gouges « Le postambule »1
La « Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne » est un texte de O de G en réponse à la
Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, texte phare de la Révolution. En l’écrivant, l’auteur met en avant le
fait que les « droits de l'Homme» ont été compris en faveur des seuls hommes et que les femmes ont été exclues. Ce
texte revendique donc la pleine assimilation des femmes d’un point de vue juridique, politique mais aussi social.
Après la réécriture des articles, elle s’adresse aux femmes.
Pb : Quelle stratégie O. de Gouges met-elle en place pour convaincre les femmes de combattre pour l’égalité
entre les sexes ?.
1er mouvement : OdG incite les femmes à prendre conscience de leur condition sans tarder
2ème mouvement : Elle les invite à agir devant l’injustice des hommes en les rassurant
1).* Apostrophe au singulier, comme dans ll1/ « Femme »=interpeller sa destinataire et la singulariser.
*2°p du sg= complicité
*Emploi de l’impératif présent, « réveille-toi !» =ordre, injonction accentuée par exclamation. =>Autorité, OdG
invite fermement à l’action . Métaphore ds « Réveille » = ne plus être passive
* « le toscin de la raison », + « se fait entendre »= Métaphore signifiant que la Raison impose de réagir urgemment.
Raison= principe clef de la philosophie des Lumières= capacité à juger le bien et le mal pour bien se conduire/« La
Raison détermine le philosophe » Article Encyclopédie. « Tocsin »= bruit d’une cloche visant à donner l’alarme
* « dans tout l’univers » : cc de lieu =>Problématique qui dépasse la France… ??
* « reconnais tes droits » : autre impératif= injonction. User de la raison a pour conséquence que les femmes doivent
prendre conscience de leurs « droits », implicitement de leur égalité
* « le puissant empire de la nature n’est plus environné de préjugés, de fanatisme, de superstition et de mensonges» :
phrase négative qui marque une évolution. Sujet à comprendre comme une métaphore de ce qui gouverne les
hommes= le système politique dans le sens de vie de la cité ne connait plus tout ce qui est contraire aux valeurs des
philosophes : énumération = termes dépréciatifs, champ lexical de l’obscurantisme= ce qui est contraire à
l’instruction le savoir… et de l’injustice présents durant la monarchie absolue, tout ce contre quoi les philosophes se
sont battus.
=>Elle suggère donc que c’est une opportunité pour agir. Les mentalités ont évolué et c’est maintenant qu’il faut se
battre pour mettre fin à l’injustice envers les femmes. Cette idée est reprise dans la phrase suivante
* « Le flambeau de la vérité a dissipé tous les nuages de la sottise et de l'usurpation» : passé composé pour le verbe
indique encore un changement. La métaphore met en relief l’ opposition entre obscurantisme et philosophie des
Lumière => Le XVIII° a permis un changement primordial mais OdG l’évolution n’est pas finie
* « l’homme esclave »=périphrase qui désigne l’homme dans son ancienne soumission dans l’ancien régime. A noter
que mot « homme » ne signifie pas individu mais être de sexe masculin ! Il avait pour objectif de « briser ses fers
»= métaphore pour être libre.
* « a eu besoin de recourir aux tiennes » : idée de complicité dans cette lutte révolutionnaire. Elle rappelle que rien
ne se serait fait sans les femmes. Cf cours d’histoire !! « Marche des femmes »5 oct 1789
*Opposition implicite : « mais ». Parallélisme « devenu libre »/ « devenu injuste » = critique de l’attitude des
hommes qui n’ont pas partagé leur liberté avec les femmes. Au contraire, ils se sont approprié cette liberté, tout en
laissant les femmes dans leur condition injuste. Ils n’ont pas étendu leur émancipation aux femmes.
=> 1er mouvement : OdG incite les femmes à une action immédiate. L’enjeu est de faire prendre conscience
de l’urgence, de la nécessité d’agir devant l’injustice qui leur est faite.
2) * Apostrophe empathique « Ô femmes ! femmes » au pluriel= appel qui renvoie à un effet de masse
* question rhétorique « quand cesserez-vous d’être aveugles ? »= « aveugles »= métaphore de leur soumission, leur
acceptation de leur condition=forte connotation provocatrice. O de G rend les femmes presque responsables de leur
condition servile.
* Suite de questions / réponses : impression d’ un dialogue fictif
* « Quels sont les avantages que vous avez recueillis dans la Révolution ? » : interrogation concrète après
métaphore !!
*Antithèse : « avantages »/ « mépris », « dédain ». = elles ne sont pas considérées par les hommes avec l’idée que
cela s’est même aggravé : « plus »
* » Dans les siècles de corruption vous n'avez régné que sur la faiblesse des hommes ». Allusion aux siècles de
monarchie : périphrase péjorative : «siècle de corruption ». Idée que les femmes avaient du pouvoir : Champ lexical
du pouvoir, « régné », « empire » mais c’était une illusion : négation restrictive « ne…que » et adj « détruit ». Sur
quoi régnaient-elles ? périphrase « faiblesse des hommes » = goût pour le sexe.. Allusion aux courtisanes, maitresse
des rois…. qui avaient des avantages financiers et un certain pouvoir politique …mais dans l’ombre.
* question rhétorique « que vous reste-t-il donc ? » / Réponse : « la conviction des injustices des hommes » + « la
réclamation de votre patrimoine fondé sur les sages décrets de la nature » : Réponses avec ton catégorique.
Responsabilité des hommes qui sont injustes et ne reconnaissent pas le droit des femmes. Pourtant ceux-ci sont
naturels : reprise de l’idée de la lecture linéaire1 : l’égalité est naturelle !!
* Question au conditionnel « Qu’auriez-vous à redouter ? /= elle tente ensuite de les rassurer. Ce combat en vaut la
peine : périphrase méliorative « belle entreprise ». Que risquent-elles ?
* : « le bon mot du législateur des noces de Cana » Allusion avec ironie à un épisode de la bible pendant lequel Jésus
change l’eau en vin. Périphrase « le législateur…. »= le Christ parce qu'il donne « des règles » aux êtres humains.
Contexte : Pendant ces noces, le vin vient à manquer et Marie interpelle Jésus pour l’avertir. Sans doute, espère-t-
elle un miracle ? il répond : "Femme, que me veux-tu ? " => apostrophe qui instaure une différence méprisante,
« Je suis le Dieu vivant, tu n’es qu’une créature. » et « qu’y a-t-il de commun entre vous et nous ? » Ces phrases
traduisent donc un mépris pour la femme => Par cette allusion, OdG suggère donc qu’elles n’ont qu’un mépris à
redouter et en passant elle critique le christianisme qui est pour beaucoup dans l’oppression des femmes.
*Puis elle fait un parallèle avec l’assemblée nationale : Répétition du mot « législateurs » . Métaphore « morale
longtemps accrochée aux branches de la politique » insinue que religion et politique ont été liées avant la révolution
mais que c’est terminé : métaphore « plus de saison ». Reprise de la réponse méprisante mais OdG suggère une
réponse :
* « tout, auriez-vous à répondre »= tout est commun entre hommes et femmes= hommes et femmes sont égaux !!
=>En fait, cette confrontation leur permettrait de revendiquer la justice et l’égalité. Elles ne risquent rien et ont la
possibilité de prendre la parole.
Dans ce texte virulent, l’auteure appelle donc les femmes à prendre conscience de leur condition servile et à
se soulever pour se battre, pour revendiquer leurs droits. Elle suggère qu’elle constitue un groupe politique militant
qui s’oppose à la domination masculine et leur démontre qu’elles n’ont rien à perdre.