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Droit Bancaire

Le cours de droit bancaire aborde le cadre juridique des établissements de crédit, en détaillant la réglementation des banques, des institutions de microfinance et des opérations de change. Il explore également l'évolution des fonctions bancaires, la régulation bancaire, et définit le droit bancaire comme un ensemble de règles régissant les acteurs et les activités bancaires. Enfin, il souligne l'importance des sources législatives, réglementaires et jurisprudentielles dans la formation du droit bancaire.

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Droit Bancaire

Le cours de droit bancaire aborde le cadre juridique des établissements de crédit, en détaillant la réglementation des banques, des institutions de microfinance et des opérations de change. Il explore également l'évolution des fonctions bancaires, la régulation bancaire, et définit le droit bancaire comme un ensemble de règles régissant les acteurs et les activités bancaires. Enfin, il souligne l'importance des sources législatives, réglementaires et jurisprudentielles dans la formation du droit bancaire.

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Cours de droit bancaire

L3 / DROIT / U-AUBEN
Enseignant
M. NION B. Joël
Auditeur de Justice
Doctorant en droit des affaires
Plan du cour
INTRODUCTION GENERALE
TITRE I: LE CADRE JURIDIQUE DE L’ACTIVITE DES ETABLISSEMENTS DE
CREDIT
CHAPITRE 1 : LA REGLEMENTATION DES BANQUES ET
ETABLISSEMENTS FINANCIERS A CARACTERE BANCAIRE
CHAPITRE 2 : LA REGLEMENTATION DES INSTITUIONS DE LA MICRO
FINANCE (LES SYSTEMES FINANCIERS DECENTRALISES ET AUTRES)
CHAPITRE III : LA REGLEMENTATION DES CHANGES
TITRE II: LES INTRUMENTS DE PAIEMENT ET DE CREDIT
TITRE III: LES PRODUITS BANCAIRES
INTRODUCTION GENERALE
I/ Rôle de la banque dans l’économie
• Les banques ont un rôle spécifique dans le cycle économique qui
s’aperçoit à travers ses fonctions qui ont évolué au cours des âges et
qui se caractérisent à l’époque contemporaine par une volonté
générale de procédé à leur régulation.
• Par ailleurs, le métier de banquier, intimement lié à l’histoire de la
monnaie, connaît beaucoup de mutations avec les NTIC ce qui a
énormément contribué à l’élargissement de la notion même de droit
bancaire.
1/ Evolution des fonctions bancaires
• Les fonctions bancaires sont explicites tandis que d’autres sont
implicites.
A- Les fonctions explicites.
• Elles sont déterminées par l’évolution du banquier qui, de changeur,
est devenu financier.
➢Du changeur au banquier
• De tout temps, la fonction de banquier était de négocier le change
des monnaies né des échanges des produits entre marchands. Le
banquier, commerçant de l’argent, exerçait ce métier derrière un
comptoir appelé banco en italien, d’où l’origine de son nom.
• A partir du Moyen Age, l’économie fut marquée par la tenue de
grandes foires commerciales et/ou pour éviter les risques de
transport des espèces, les transactions se dénouaient contre des
lettres de change, c’est-à-dire des ordres de paiement au comptant,
que les vendeurs négociaient une fois la foire terminée, sur leur
propre place, auprès de leur changeur.
• Afin de financer le développement des échanges, la lettre de change,
d’instrument de paiement au comptant d’une place à une autre,
devint inéluctablement payable à terme et, par-là, instrument de
crédit. Et, achetée au comptant par les banquiers, déduction faite
d’un escompte, elle se transforme en support de crédit.
• Là se trouve l’origine de cette pratique, largement répandue dans
certains pays, des crédits par escompte finançant des échanges. Le
changeur était devenu prêteur, c’est-à-dire banquier.
➢Du banquier au financier.
• Le banquier, sous la Restauration ou la Monarchie de Juillet, prête,
pour l’essentiel, sur ses propres derniers, ainsi que cela se pratiquait
sous l’ancien Régime. Lorsqu’il le fait avec l’argent des autres, c’est
celui de ses proches, de ses familiers, en fait de ses commanditaires.
• D’où, la propension naturelle du banquier à devenir, à son tour, le
commanditaire de ses clients. Autrement dit, de s’associer à leur
besoin de financement permanent en prêtant à long terme, ou plus
simplement encore en participant au capital de leur affaire.
B/ Les fonctions implicites.
• Elles se superposent aux précédentes. Elles les transcendent en leur
apportant la dimension dynamique.
➢De l’organisateur au compensateur
• Par se fonctions, le banquier se situe au carrefour des circuits
monétaires. Ainsi, il apparaît comme un essentiel de l’organisation
économique. Il devient le point de passage obligé de tous les
paiements et règlements des différents agents économiques.
• Mais, il est plus qu’un organisateur statique.
• Dans ses fonctions de caissier, il lui incombe de répondre aux besoins
de paiement et d’encaissement des particuliers, des entreprises et
des administrations. Il lui appartient de compenser dans l’espace des
actifs monétaires contre des signes de représentant.
• Dans ses fonctions de financier, cette compensation s’étend dans le
temps. Les encaisses inactives des uns sont affectées aux encaisses
désirées des autres.
• A ses propres risques, le banquier administre les offres et les
demandes de monnaie. Ce faisant, il transforme des créances à terme
contre des avoir à vue ou, plus exactement, il monétise des créances.
➢Du compensateur au créateur.
• Le banquier peut compenser dans l’espace et le temps le stock de
monnaie existant. Mais il peut aller au-delà et, en offrant plus de
monnaie aux une les emprunteurs qu’il ne risque de lui être demandé
par les autres les déposants, il crée implicitement de la monnaie
additionnelle.
• Et cette fonction de créateur apparaît d’autant plus éclatante lorsque
le banquier participe à une alimentation monétaire destinée à une
création économique. Il accompagne et favorise par-là l’apparition de
besoins nouveaux et participe pleinement à la croissance économique
II/ Evolution de la régulation bancaire
L’activité bancaire est soumise à une réglementation qui met l’accent sur la
précision des opérations bancaires et leur contrôle.
➢Les opérations de banque
• La loi définie un établissement de crédit comme est une personne morale
qui effectue à titre de profession habituelle des opérations de banque, il
lui est donc nécessaire de définir ce qu’elle entend par de telles opérations.
• Ces opérations renvoient à la réception de fonds du public, à des
opérations de crédit et à la mise à la disposition de la clientèle de moyens
de paiement ou leur gestion.
• Pour être établissement e crédit, il faut accomplir à titre de profession
habituelle l’une quelconque des catégories d’opérations de banque
précitées. Les critères sont alternatifs et non cumulatifs. Autrement
dit, il suffit de recevoir des dépôts de fonds du public et il n’est pas
nécessaire de les remployer en opérations de crédit par exemple.
➢Le contrôle des banques.
• D’abord un certain nombre de conditions de forme président à
l’exercice du métier de banquier. Ainsi les personnes physiques
doivent obligatoirement se fédérer en personnes morales dont sont
exclus les SARL et les GIE.
• Par ailleurs les dirigeants de ces entreprises ou les mandataires sociaux
doivent être des hommes d’expérience et des personnalités honorables.
• Il est aussi prévu un capital minimum pour les banques – gage de sécurité
pour les déposants dont le montant est réajustable en fonction de l’érosion
monétaire et modulable eu égard à la dimension de la banque afin qu’une
garantie immuable soit assurée à tout moment.
• A cet égard les banques doivent déclarer régulièrement aux autorités de
tutelle l’évolution de leurs agrégats ainsi que celle de leurs principaux
risques. Les risques globaux et individuels doivent être contenus à
l’intérieur de seuils eux-mêmes fonction des capitaux propres de chacun
des établissements.
➢Le contrôle des crédits bancaires
• Détentrices du pouvoir de création monétaire, de bonnes banques
peuvent faire de la mauvaise monnaie. D’où la mise en place
d’instruments de contrôle des crédits, source centrale de
l’alimentation de la masse monétaire. Au fil des périodes et des
écoles, les contrôles se sont effectué tout à tour sur les volumes ou
sur les prix de la monnaie ainsi distribuée par les banques.
III/ Notion de droit bancaire
➢Droit bancaire, droit des acteurs et des activités
• C’est un droit des acteurs parce que les textes réglementent les
conditions d’accès et d’exercice des activités dévolues aux établissements
de crédit parmi lesquels figurent les banques. La condition essentielle
réside dans un agrément obtenu auprès des autorités de contrôle.
• C’est un droit des activités parce que les textes précisent quelles sont
celles que peuvent exercer les établissements de crédit. Ce sont
principalement les opérations de banque qui comprennent « la réception
de fonds du public, les opérations de crédit, ainsi que la mise à disposition
de la clientèle ou la gestion des moyens de paiement ».
• Si cette liste n’est pas exclusive d’autres activités, notamment le
conseil et l’assistance en matière de gestion de patrimoine ou en
matière de gestion financière, ces opérations sont au cœur de
l’activité bancaire : collecter des dépôts afin de distribuer des crédits
(la fonction d’intermédiation).
• Il y’a intermédiation parce que les établissements de crédit recueillent
l’épargne afin de la redistribuer sous forme de crédit : ils sont le lien
entre les déposants et les emprunteurs.
• La portée de cette intermédiation, dénommée intermédiation
bancaire, doit être précisée : les établissements de crédit agissent
pour leur propre compte en ce sens que ce sont eux qui disposent à
leur guise des fonds déposés par leur clientèle et qui sont en relation
avec celle-ci sans que leurs clients aient de lien de droit entre eux.
• Autrement dit, alors même que l’argent d’un dépôt servirait à
octroyer un crédit, c’est l’établissement de crédit qui a une relation
bilatérale avec le déposant et une relation bilatérale avec
l’emprunteur sans qu’il y en ait une entre le déposant et
l’emprunteur.
• Sur certaines de ces activités, les établissements de crédit jouissent
d’un monopole, ce qui signifie qu’ils sont les seuls à pouvoir les
exercer. Ce monopole concerne les opérations de banque, à savoir, la
réception des fonds du public, la distribution du crédit et la gestion
des moyens de paiement. En revanche, d’autres activités, telle que la
location de coffre-fort, ne sont pas soumises au monopole.
• Droit bancaire, droit du crédit ou droit financier.
• Ainsi présenté et défini, le droit bancaire est une expression parfois
délaissée au profit de celle de droit du crédit au motif qu’elle peut
« apparaître étroite ». Cette dernière présente cependant l’inconvénient de
regrouper un ensemble de questions hétérogènes qui ne sont pas
forcément liées à l’activité des établissements de crédit, en particulier le
crédit interentreprises. Elle est donc trop large.
• Mais elle est également trop étroite, car au sens strict du terme, le mot
crédit n’englobe que les opérations permettant de le réaliser, sans pouvoir
concerner, par exemple, la gestion des systèmes de paiement ou les
activités de conseil en gestion de patrimoine, activités pourtant exercées
par les établissements de crédit .
• L’expression « droit bancaire » doit donc être retenue. Elle présente
d’ailleurs l’avantage de faire référence indirectement à l’une des
catégories d’établissements de crédit, à savoir les banques, et
d’indiquer ainsi clairement qu’il s’agit d’un droit professionnel, c’est-
à-dire d’un droit qui tire son unité du fait qu’il concerne « un certain
milieu social centré autour d’une technique ou d’une activités
professionnelle cette assertion se vérifie à propos du droit bancaire
parce que certaines activités sont réservées à certains professionnels
agréés.
• Il se rattache au droit commercial et au droit économique.
IV/ Les fondements du droit bancaire
Les fondements du droit bancaire, comme de tout droit, résident dans
ses sources (A) et dans ses techniques (B).
A/ Les sources
➢Textes législatifs et réglementaires
• LOI N° 058-2008/AN PORTANT REGLEMENTATION BANCAIRE AU
BURKINA FASO. JO N°02 DU 08 JANVIER 2009.
➢Jurisprudence.
• Le rôle de la jurisprudence ne doit pas être méconnu en droit
bancaire. Celle-ci est importante, non seulement pour interpréter les
textes, mais également pour établir en dehors de tout texte le régime
juridique de certaines opérations effectuées par les banques. Ainsi,
les règles applicables à la garantie à première demande étaient
principalement jurisprudentielles jusqu’à la consécration, en 2006, de
cette sûreté dans le Code civil.
➢Usages bancaires
• Ces sont nombreux en droit bancaire et peuvent régie aussi bien les
rapports entre établissements de crédit que les rapports de ces
derniers avec leur clientèle. Certains d’entre eux peuvent d’ailleurs
être consacrés par la jurisprudence, tels que ceux concernant les
comptes courant, ou la législateur, comme celui selon lequel les
banques observent un préavis en cas de réduction ou d’interruption
d’un concours à durée indéterminée consenti à un entreprise .
➢Droit communautaire
• Au Burkina les textes communautaires sont ceux issus du Conseil des ministres
de l’UEMOA, de la Commission bancaire de l’UEMOA, de la BCEAO, du Conseil régional
de l’épargne public et des marchés financiers ou de la BRVM et de l’OHADA. Ils consistent
en des règlements, directives, circulaires, instructions, avis, ou actes uniformes.
• EX: Les textes adoptés par les autorités bancaires:
- INSTRUCTION N° 003/03/2011 DU 18 MARS 2011 RELATIVE A LA TRANSMISSION DES
INFORMATIONS LIEES AUX CONDITIONS DE BANQUE DANS L’UMOA
- INSTRUCTION N° 004-06-2014 DU 25 JUIN 2014 RELATIVE AUX SERVICES BANCAIRES
OFFERTS A TITRE GRATUIT PAR LES ETABLISSEMENTS DE CREDIT DE L’UMOA A LEUR
CLIENTELE
- DECISION N° CM/UMOA/009/06/2013 DU 28 JUIN 2013 PORTANT ADOPTION DU PROJET
DE LOI UNIFORME RELATIVE A LA DEFINITION ET A LA REPRESSION DE L’USURE
- DECISION N° CM/UMOA/010/06/2013 du 28 juin 2013 PORTANT ADOPTION DU PROJET
DE LOI UNIFORME RELATIVE AU TAUX DE L’INTERET LEGAL
- DECISION N° CM/UMOA/011/06/2013 DU 28 JUIN 2013 FIXANT LE TAUX DE L’USURE
DANS LES ETATS MEMBRES DE L’UNION MONETAIRE OUEST AFRICAINE (UMOA)
➢Sources internationales.
• Ces sources sont diverses. Elles concernent à la fois la surveillance
des établissements de crédit et les opérations bancaires.
B. Les techniques
• Le droit bancaire implique une diversité de disciplines juridiques : régimes
matrimoniaux, incapacités, successions, droit des sûretés, droit des
obligations, droit des contrats spéciaux, droit de la faillite, droit des
sociétés. Ces disciplines mettent en œuvre des techniques différentes.
• L’une de celles-ci est cependant plus importante que les autres dans la
mesure où elle fonde la relation entre l’établissement de crédit et son
client et qu’elle est à la base d’un très grand nombre d’opérations
bancaires : c’est la technique contractuelle.
• Sans être spécifique au droit bancaire, son application à la relation
bancaire présente une certaine originalité liée à la qualité des parties ainsi
qu’à la diversité et à la répétition des opérations bancaires.
➢Qualité des parties.
• La qualité des parties n’est pas sans incidence sur la relation qui les
unit. Cette relation est fondée sur la confiance et est dominée par
l’intuitu personae.
• L’établissement de crédit doit, lors de la réalisation de certaines
opérations, avoir confiance en son client. Cette affirmation est
particulièrement vraie en matière de crédit parce que le premier a
pris un risque en prêtant de l’argent au second : le risque
d’insolvabilité du client et donc du non remboursement du crédit.
Certes, il a évalué le risque en vérifiant les qualités personnelles du
client ainsi que sa situation économique et financière mais il subsiste.
• Elles se traduisent sur le plan juridique par l’intuitu personae qui a
notamment pour conséquence la faculté de ne pas contracter et
l’incessibilité des crédits sauf accord de l’établissement de crédit.
• Le client doit avoir également confiance en son banquier. Cette
confiance est nécessaire aussi bien lorsque le client effectue des
dépôts sur son compte bancaire que lorsqu’il confie la gestion de son
patrimoine à son banquier.
➢Diversité et répétition des opérations bancaires.
• Parce que le droit bancaire constitue un instrument au service
d’opérations financières et que les besoins évoluent sans cesse, ce droit
recherche toujours de nouvelles techniques contractuelles permettant leur
réalisation. Aussi ce droit laisse- t-il un large place à la liberté contractuelle
et à l’existence de contrats innomés soumis au droit commun des
obligations.
• C’est le cas des entreprises qui ont besoin de mécanismes et de montages
juridiques originaux pour réaliser leurs opérations. L’un des exemples les
plus connus est le compte courant. En revanche, pour les particuliers, les
contrats sont classiques et obéissent aux règles relevant généralement du
droit des contrats spéciaux
V/ Les mutations du secteur bancaire et du droit qui est appelé à le
régir
• Le milieu bancaire a connu de multiples mutations dont la plus
emblématique est l’amorce d’une politique libérale.
• Les mutations résident essentiellement dans le phénomène de la
déréglementation et de l’évolution technologique.
➢Concernant l’évolution technologique, elle a permis la gestion des
opérations de masse telles que le traitement des moyens de
paiement et la tenue des comptes ainsi que pour la gestion interne
des établissements de crédit, informatique a également permis dans
les années 1980 la création de nouveaux services mis à la disposition
de la clientèle.
• Ces nouveaux services associent d’ailleurs souvent l’informatique et
les télécommunications donnant naissance à la télématique.
• L’introduction de cette technique dans le secteur bancaire s’inscrit
dans le phénomène général de l’échange de données informatisées
qui « consiste essentiellement en un dialogue entre ordinateur et les
clients via les réseaux de télécommunications, en vue d’un échange
électronique d’informations traditionnellement communiquées par
courrier.
• Autrement dit, l’information nécessaire à la réalisation des opérations
bancaires n’est plus uniquement véhiculée par le papier, mais
également par voie de télécommunications.
• Les opérations de cette nature sont devenues courantes:
• Ex: Opérations de clientèle (la banque libre-service, la banque à
domicile et les terminaux de paiement).
• L’introduction de ces services télématiques a entraîné une
automatisation existant entre la banque et sa clientèle. Celle-ci pose
des problèmes, notamment en matière de preuve, en raison de
l’usage à titre d’un code confidentiel, des problèmes de sécurité des
opérations sur minitel ainsi que des difficultés concernant l’usage de
fichiers.
• VI/ l’annonce du plan du cours
• La compréhension du droit bancaire passe par la connaissance de notions de
base, de notions élémentaires, qui intéressent à la fois les acteurs et leurs
activités, ce qui relève de la réglementation de l’activité bancaire (Première
partie).
• Ensuite le déroulement de l’activité bancaire passe par une animation de la
relation banque–client et autres partenaires. Cette animation n’est possible sans
la maîtrise des instruments de paiement et de crédit qui ont été largement
reformés à partir des années 2000 dans le contexte de l’UEMOA. Ce sera l’objet
de la deuxième partie.
• Enfin, quoi qu’il soit prétentieux de vouloir étudier les produits bancaires, il sera
tenté d’en donner les principes fondamentaux qui guident la distribution du
crédit et le fonds de l’activité bancaire dans ses grandes lignes au Burkina
(troisième partie).
TITRE I: LE CADRE JURIDIQUE DE L’ACTIVITE DES
ETABLISSEMENTS DE CREDIT
• Au Burkina Faso et dans les autres pays membres de l’UEMOA, une telle
notion englobant des entreprises se livrant à une activité bancaire n’avait
légalement pu être adoptée. Toutefois, on observe que, dans la pratique, la
notion d’établissement de crédit est employée pour désigner un
regroupement constitué à la fois par les banques et les établissements
financiers (exemple : Guide du banquier de l’UEMOA publié par la
Commission bancaire).
• Ce vide législatif a été comblé en 2008 pour ce qui concerne le Burkina
Faso en ce sens que la nouvelle loi bancaire (loi n°058-2008/AN du 20
Novembre 2008) va consacrer la notion d’établissement de crédit dans son
article 2 en stipulant que « sont considérés comme établissements de
crédit, les personnes morales qui effectuent, à titre de profession
habituelle, des opérations de banque ».
• Au sens de cette loi, ces opérations sont « la réception de fonds du
public, les opérations de crédit ainsi que la mise à disposition de la
clientèle et la gestion de moyens de paiement ».
• Elle precise que que « les établissements de crédit sont agréés en
qualité de banque ou d’établissement financier à caractère
bancaire ».
• Il importe de se demander pourquoi les activités des établissements
de crédit sont- elles réglementées ?
• Du point de vue économique, l’on sait que l’octroi de crédit contribue
à l’expansion de l’économie. A travers la réglementation, les autorités
étatiques cherchent ainsi à maîtriser cette expansion.
• Elles entendent également contrôler le développement de la masse
monétaire dans la mesure où le crédit est source de création monétaire.
• Enfin, la réglementation des activités des établissements de crédit vise la
protection des épargnants qui ont déposé leur argent dans les banques et
qui doivent pouvoir disposer de leurs fonds chaque fois que de besoin.
• L’étude du cadre juridique de l’activité des établissements de crédit nous
conduira à examiner 3 points :
• - la réglementation des banques et établissements financiers ;
• - la réglementation des Systèmes Financiers Décentralisés (SFD) ;
• - la réglementation des changes.
SECTION 1 : PRESENTATION DE LA REGLEMENTATION
• L’étude de la réglementation bancaire nous amènera tout à tour à
présenter les principaux textes qui régissent l’activité bancaire au
Burkina Faso (paragraphe 1) et à préciser leur domaine d’application
(paragraphe 2).
§ 1: LES TEXTES
A. La loi portant réglementation bancaire et ses textes d’application
• C’est le siège de la matière. Il s’agit de la loi n°58-2008/AN du 20
Novembre 2008 portant réglementation bancaire au Burkina Faso
promulguée par décret n °2008-825/PRES du 23 Décembre 2008 (voir
JO n°.02 du 08 Janvier 2009). Cette nouvelle loi vient en
remplacement de la loi n°012/96/ADP du 02 mai 1996 qui a, plus
d’une décennie durant, régi cette matière.
• La loi de 2008 donne une définition exacte de ce que doivent être les
établissements de crédit (c'est-à-dire les banques et établissements financiers à
caractère bancaire), ainsi que des opérations de crédit et autres réalisées par ces
structures. Elle précise également les conditions d’accès et d’exercice de la
profession et détermine les obligations des banques et établissements financiers
en matière d’opérations.
• Le 13 décembre 2010 le gouverneur de la BCEAO a adopté cinq (5) textes
d’application de la loi portant réglementation bancaire du 20 novembre 2008 que
sont :
-l’instruction n°011-12/2010 /RB relative au classement, aux opérations et à la
forme juridique des établissements financiers à caractère bancaire ;
-l’instruction n°012-12/2010 /RB fixant les modalités d’obtention de l’agrément
financier à caractère bancaire, par les filiales d’un établissement de crédit ayant fait
l’objet de retrait d’agrément ;
-l’instruction n°013-12/2010 /RB fixant les modalités de retard en
matière de transmission de documents et renseignements à la Banque
Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest et à la commission bancaire
de l’Union Monétaire Ouest Africaine ;
-l’instruction n°014-12/2010 /RB fixant le montant des sanctions
pécuniaires applicables aux établissements de crédit par la commission
bancaire de l’Union Monétaire Ouest Africaine ;
-l’instruction n°015-12/2010 /RB fixant les conditions des activités
d’intermédiaires en opérations de banque.
B. Les autres textes
• Il y a lieu de citer en premier lieu la Convention portant création de la
Commission bancaire signée entre les Etats membres de l’UMOA le
24 avril 1990. Cette convention est entrée en vigueur le 1er Octobre
1990. Ses dispositions substantielles figurent dans une annexe qui en
fait partie intégrante. Il convient de préciser que la Commission
bancaire est l’organe communautaire de surveillance et de contrôle
des banques et établissement financiers à caractère- bancaire.
- Il y a ensuite le nouveau dispositif prudentiel entre en vigueur le 1er
janvier 2000. La notion de dispositif prudentiel recouvre un ensemble
de règles applicables aux banques et établissements financiers et
portant sur les conditions d’exercice de la profession, les
réglementations comptables, la réglementation des opérations
effectuées par les établissements de crédit et les normes de gestion ;
- Il y a la loi n°018/97/AN du 30/07/1997 portant définition et
répression de l’usure et l’arrêté n°176/MEF/SG/DGTCP/DAMOF du
03/11/1997 relatif au taux de l’usure en application de cette dernière
loi ;
- il y’a eu le décret n°83-0213/CSP/PRES/MEF du 25 mai 1983 portant
sur le classement, la forme juridique et les opérations des
établissements financiers. L’importance de ce texte en matière de
réglementation applicable à ce dernier type d’établissement a déjà été
relevée ;
• Mais depuis 2010, il faut plutôt voir à cet effet, l’instruction n°11-
12/2010/RB relative au classement, aux opérations et à la forme
juridique des établissements financiers à caractère bancaire ;
-le règlement n°15/2002/CM/UEMOA relatif aux systèmes de paiement
dans les Etats membres de l’UEMOA ;
-l’instruction n°009/07/RS/2010 du 26 juillet 2010 relative au dispositif de
centralisation et de diffusion des incidents de paiement de l’Union
Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) ;
-le Règlement n°09/2010/CM/UEMOA relatif aux relations financières
extérieures des Etats membres de l’Union économique et monétaire Ouest
Africaine (UEMOA) qui vient en remplacement du règlement
n°09 /98/CM /UEMOA du 20 décembre 1998 relatif aux relations financières
extérieures des Etats membres de l’UEMOA ;
- le règlement n°14/2002/CM/UEMOA relatif au gel de fonds et de
ressources financières dans le cadre de la lutte contre le financement du
terrorisme dans les Etats membres de l’UEMOA ;
- la directive n°7/2002/CM/UEMOA portant lutte contre le blanchiment des
capitaux dans l’UEMOA
- la directive n°08/2002/CM/UEMOA portant sur les mesures de
promotion de la bancarisation et l’utilisation des moyens de paiement
scripturaux
- l’instruction n°01/RB du 31 décembre 1998 relative aux modalités
d’établissement des banques et établissements financiers dans
l’UEMOA ;
- Il convient de signaler le Plan comptable bancaire (PCB) entrée en
vigueur depuis le 1erjanvier 1996 et qui impose aux banques et
établissements financiers d’organiser leur comptabilité suivant des
modalités particulières.
§2 : CHAMP D’APPLICATION
• Il y a un domaine d’application bien défini (A) et de nouveaux
concepts quant aux acteurs du crédit (B).
A. Domaine d’application
• Au terme de l’article 1er de la loi bancaire, la réglementation bancaire
s’applique « aux établissements de crédit exerçant leur activité sur le
territoire du Burkina Faso, quels que soient leur statut juridique, le
lieu de leur siège social ou de leur principal établissement et la
nationalité des propriétaires de leur capital social ou de leurs
dirigeants ».
• L’article 11 de la même précise qu’elle ne s’applique cependant pas :
- à la BCEAO ;
- au trésor public ;
- aux institutions financières internationales (ex : FMI, Banque Mondiale),
- ni aux institutions publiques étrangères d’aide ou de coopération (USAID,
FED, AFD,….), dont l’activité sur le territoire du Burina Faso est autorisée par
des traités, accords ou conventions auxquels fait partie le Burkina Faso ;
- aux sociétés de gestion et d’intermédiation ainsi qu’aux autres acteurs
agréés du marché financier régional de l’UMOA ;
-aux systèmes financiers décentralisés, notamment les institutions
mutualistes coopératives d’épargne et de crédit non agréés en qualité
d’établissement de crédit soumises à un régime particulier
- à la Société Nationale des Postes (SONAPOST) et au service financier
et télécommunications, sous réserve des dispositions de l’article 54.
Cet article renvoie à l’article 53 qui soumet les services financiers et de
chèques postaux de la SONAPOST aux mêmes obligations que les
établissements de crédit en matière notamment de demande
d’information par la BCEAO ou la Commission bancaire, de demande de
communication de documents par celles- ci, etc.
B- Définition des acteurs et des opérations de banque
➢Les acteurs
• Selon l’article 2 alinéa1 de la loi bancaire « sont considérés comme
établissements de crédit, les personnes morales qui effectuent, à
titre de profession habituelle, des opérations de banque ».
• L’alinéa 3 ajoute que « les établissements de crédit sont agrées en
qualité de banque ou d’établissement financier à caractère bancaire.
• Il faut donc être soit banque, soit établissement financier à caractère
bancaire pour entreprendre des opérations de banque.
➢Les opérations de banque
• Au terme de l’article 2 alinéas 3 de la loi bancaire, « constituent des
opérations de banque au sens de la présente loi, la réception de fonds du
public, les opérations de crédit ainsi que la mise à disposition de la
clientèle et la gestion de moyen de paiement ».
• Telle que définie, il y a plusieurs aspects dans l’opération de banque :
- La réception de fonds du public
- Les opérations de crédit
- La mise à disposition de la clientèle et la gestion de moyens de paiement
(article 7 sur le contenu des moyens de paiement).
- Les opérations de crédit-bail (article 8)
- Les opérations connexes (article 9).
➢La distinction entre banque et établissement financier à caractère
bancaire
• Il y a une certaine similitude entre les opérations effectuées par l’une ou
l’autre de ces deux institutions (banques et établissements financiers à
caractère bancaire). En effet, chacune d’elles réalise des opérations de
banque.
• Toutefois :
- Seules les Banques sont autorisées à effectuer toutes les opérations de
banque telles que définies à l’article 2 alinéa 2 de la loi.
- Les établissements financiers à caractère bancaire, eux ne peuvent
effectuer que les opérations de banque pour lesquelles ils sont agréés. Ils
sont même classés selon la nature des opérations de banque pour
lesquelles ils ont obtenu leur agrément.
• Cette distinction au niveau des opérations vient s’ajouter à celles
qu’on peut relever d’une part, au niveau du capital social et d’autre
part, au niveau de la forme juridique des banques et établissements
financiers à caractère bancaire.
SECTION 2 : L’OBJET DE LA REGLEMENTATION : LE CONTROLE DE
L’EXERCICE DE LA PROFESSION BANCAIRE
• Une importante partie de la réglementation bancaire a pour objet de
permettre le contrôle de l’exercice de la profession bancaire. Ce
contrôle s’exerce essentiellement par la fixation de conditions d’accès
à la profession bancaire (Paragraphe 1) et par la surveillance de la
gestion bancaire (Paragraphe 2).
§ II : CONDITIONS D’ACCES A LA PROFESSION BANCAIRE
• Pour pouvoir exercer en toute légalité ses activités, une banque doit
auparavant avoir été agréée (B). Mais cela suppose qu’un certain
nombre de conditions préalables soient remplies (A).
• A. Les conditions préalables
• Les conditions préalables sont de deux ordres :
• 1- Les conditions tenant à l’entreprise bancaire
➢La forme juridique
• L’article 31 de la loi portant réglementation bancaire précise que « les
banques sont constituées sous forme de sociétés anonymes à capital fixe
ou, par autorisation spéciale du Ministre chargé des Finances après avis
conforme de la Commission Bancaire, sous forme de sociétés
coopératives ou mutualistes à capital variable. Elles ne peuvent revêtir la
forme d’une société unipersonnelle ». Mais, « exceptionnellement, elles
peuvent revêtir la forme d’autres personnes morales ».
• En ce qui concerne les établissements financiers à caractère bancaire, la
loi de 2008 innove en disposant en son article 31 qu’ils « … sont constitués
sous forme de sociétés anonymes à capital fixe, de sociétés à
responsabilité limitée ou de sociétés coopératives ou mutualistes à
capital variable ». Comme les banques, ils ne peuvent revêtir la forme
d’une société unipersonnelle.
➢Le capital social minimum
• Le Conseil des Ministres de l’UMOA, en application des dispositions
de l’article 34 de la loi bancaire a fixé en juillet 2017, à 10 milliards de
francs CFA le capital social minimum des banques et à 3 milliard de F
CFA celui des établissements financiers. Les banques et
établissements financiers qui ne sont pas à ces seuils sont appelés à
se mettre à jour au plus tard le 31 décembre 2020. En application des
mêmes dispositions, l’obtention de l’agrément est subordonnée à la
libération intégrale du capital social.
2- Les conditions tenant au personnel des banques
• L’article 25 de la loi portant réglementation bancaire précise à ce sujet
que :
• « Nul ne peut diriger, administrer ou gérer une banque ou un
établissement financier, ou une de leurs agences, s’il n’a la nationalité
burkinabé ou celle d’un pays membre de l’Union Monétaire Ouest
Africaine, à moins qu’il ne jouisse en vertu d’une convention
d’établissement, d’une assimilation aux ressortissants du Burkina Faso ».
• Le même article précise in fine que le Ministre chargé des Finances peut
accorder, sur avis conforme de la Commission Bancaire, des dérogations
individuelles à ses dispositions.
• Au terme de l’article 26 de la même loi, « toute condamnation pour crime
de droit commun, pour faux ou usage de faux en écriture privée, de
commerce ou de banque, pour vol, pour escroquerie ou délits punis des
peines de l’escroquerie, pour abus de confiance, pour banqueroute, pour
détournement de derniers publics, pour soustraction par dépositaire
public, pour extorsion de fonds ou valeurs, pour corruption, pour émission
de chèques sans provision, pour infraction à la réglementation des
relations financières internationales pour infraction à la législation contre
le blanchiment de capitaux, pour atteinte au crédit de l’Etat ou pour recel
de choses obtenues à l’aide de ces infractions ou toute condamnation pour
infraction assimilée par la loi à l’une de celles énumérées ci-dessus,
emporte de plein droit l’interdiction :
1- de diriger, administrer ou gérer un établissement de crédit ou une de
ses agences ;
2- d’exercer l’une des activités définies à l’article 2 ;
3- de proposer au public la création d’un établissement de crédit ;
4- de prendre des participations dans le capital d’un établissement de
crédit.
Toute condamnation pour tentative ou complicité dans la commission
des infractions énumérées ci-dessus emporte les mêmes interdictions.
• Il convient de préciser qu’aux termes de l’article 28 de la loi bancaire,
l’on ne peut être employé dans une banque si l’on a subi une
condamnation pour l’une des infractions suscitées.
• Les mêmes interdictions s’appliquent aux faillis non réhabilités,
officiers ministériels destitués et dirigeants de banques suspendus ou
démis en application des dispositions de l’article 66 de la loi bancaire
(sanctions disciplinaires de la Commission bancaire).
• Toutes les conditions suscitées doivent être préalablement remplies
avant que le banquier postulant ne demande à être agréé. Nul ne
peut exercer à titre habituel une activité bancaire s’il n’a pas obtenu
l’agrément.
• L’agrément est prononcé par arrêté du Ministre chargé des Finances,
après avis conforme de la Commission bancaire de l’UMOA.
• Les demandes d’agrément sont adressées au Ministère chargé des
Finances et déposées auprès de la Banque Centrale qui les instruit.
L’agrément est réputé avoir été refusé s’il n’est pas prononcé dans un
délai de six (6) mois à compter de la réception de la demande par la
Banque Centrale, sauf avis contraire donné au demandeur.
« L’agrément est constaté par l’inscription sur la liste des banques… ».
Il convient de souligner que depuis le 1er janvier 1999, est entrée en
vigueur une nouvelle forme d’agrément appelée « agrément
unique ».
• L’agrément unique confère à une banque ou un établissement
financier dûment constitué, le droit d’exercer une activité bancaire ou
financière dans un Etat membre de l’UMOA et de s’établir ou d’offrir
en libre prestation, des services de même nature dans toute l’Union,
sans être obligé de solliciter de nouveaux agréments.
• § II : LA SURVEILLANCE DE LA GESTION BANCAIRE
• La défaillance d’une entreprise bancaire pourrait avoir sur l’économie
nationale, des conséquences d’une grande gravité. Aussi, la gestion
de telles institutions est-elle étroitement contrôlée afin d’en assurer
la solvabilité ainsi que la protection des clients.
• Il conviendra dans un premier temps de présenter les structures
chargées du contrôle de l’activité bancaire ainsi que leurs pouvoirs
(A), puis dans un second temps, les instruments au moyen desquels
ce contrôle s’exerce (B). Enfin, en troisième lieu, nous étudierons les
sanctions auxquelles les contrevenants à la réglementation bancaire
s’exposent lorsque celle-ci n’est pas respectée (C).
A. Les organes chargés de la surveillance
• Il y a tout d’abord la BCEAO qui dispose entre autres des prérogatives
ci-après : possibilité de requérir des banques les renseignements,
éclaircissements jugés utiles, détermination des dispositions
comptables applicables aux banques, possibilité de prononcer des
sanctions pécuniaires, etc.
• Il y a ensuite la Commission bancaire de l’UMOA dont le siège se
trouve à Abidjan. Ladite Commission exerce sa mission à travers les
instruments suivants :
-
- Contrôle sur pièce et sur place auprès des banques et établissements
financiers :
- Avis sur les demandes d’agrément des banques et établissements
financiers ;
- Prises de mesures administratives en cas de non-respect des
dispositions applicables (mise en garde, injonction) ;
- Sanctions disciplinaires.
• Il apparait ainsi que la Commission bancaire garantit la protection des
déposants et la stabilité du système financier.
B. Les moyens de surveillance de la gestion bancaire
• La surveillance de la gestion bancaire s’exerce essentiellement au moyen
de trois types de dispositions :
- L’instauration d’un système de réserves obligatoires ;
- La définition de normes de gestion à travers l’établissement de ratios ;
- La fixation de règles comptables
➢Le système des réserves obligatoires
• Décidé par le Conseil des Ministres de l’UMOA et par le Conseil
d’Administration de la BCEAO, et entré en application depuis le 1er Octobre
1993, le système des réserves obligatoires vise le contrôle indirect des
liquidités en circulation dans l’UMOA.
• Ce système impose en fait aux banques et établissements financiers
de maintenir sur leurs comptes ouverts dans les livres de la BCEAO,
un certain pourcentage des versements qu’ils reçoivent de leur
clientèle. Ce pourcentage est régulièrement révisé par le BCEAO en
fonction d’un certain nombre d’indicateurs économiques.
• En tout état de cause, le système des réserves obligatoires apparait
comme un moyen de régulation monétaire entre les mains de la
Banque Centrale qui, en décidant d’augmenter ou de réduire le taux
de la réservée obligatoire, joue sur la possibilité pour les banques de
consentir des prêts.
➢L’établissement de ratios
• Il s’agit de rapports entre certains éléments d’actif et de passif, qui
permettent de mesurer les risques courus par les banques. Ils ont pour but
de garantir la liquidité, la solvabilité et l’équilibre des établissements de
crédit. Les ratios actuellement en vigueur dans notre Union résultent du
nouveau dispositif prudentiel entré en application depuis le 1erJanvier
2000.
• On peut citer parmi ces ratios :
- Le ratio de couverture des risques : Il contraint les établissements de crédit
à maintenir un certain niveau de fonds propres par rapport à leurs
engagements ;
- Le ratio de division des risques : qui a pour objectif essentiel d’éviter
que la défaillance d’un ou de plusieurs gros clients n’entraîne la
défaillance de la banque. Ce ratio contraint donc à limiter les risques
pris sur les clients importants.
- Le ratio de liquidité : destiné à limiter l’utilisation des ressources à très
court terme pour le financement d’emplois à moyen et long terme et
concourt ainsi directement à la sécurité des déposants.
• Les banques sont tenues de calculer ces ratios et de les
communiquer à la Banque Centrale suivant une périodicité définie
par cette dernière.
➢La fixation de règles comptables
• En matière comptable, les articles et suivants de la loi bancaire imposent
aux banques un certain nombre d’obligations vis à vis de la BCEAO. Il s’agit
de :
- Tenir à leur siège social ou au lieu de leur principal établissement au
Burkina, une comptabilité particulière (plan comptable bancaire) ;
- Arrêter leurs comptes au 31 décembre de chaque année ;
- Communiquer à la Banque centrale et à la Commission bancaire leurs
comptes annuels dans les délais et conditions prescrits par la BCEAO.
- Les comptes sont arrêtés aux 31 Décembre de chaque année et transmis à
la BCEAO et à la Commission Bancaire avant le 30 Juin de l’année suivante,
dans les conditions prescrites par le PCB.
• Ils doivent être certifiés par les commissaires aux comptes agréés, dont la
nomination est préalablement approuvée par la Commission Bancaire
avant le 30 Juin de l’année suivante, dans les conditions prescrites par le
PCB. Ils doivent être certifiés par les commissaires aux comptes agréées,
dont la nomination est préalablement approuvée par la Commission
Bancaire. Ils sont publiés au Journal Officiel à la diligence de la BCEAO.
• Par ailleurs, les établissements assujettis sont tenus de dresser et de
communiquer à la BCEAO et à la commission Bancaire des documents de
synthèse, dont la périodicité, le format, le contenu et le mode de
transmission sont spécifiées dans les volumes II et III du PCB,
respectivement intitulés : « Documents de synthèse » et « transmission des
documents de synthèse ».
C/Les sanctions
• Au cas où les banques, leurs dirigeants ou toutes autres personnes
contreviennent à la réglementation bancaire, selon le cas, trois (03)
types de sanctions peuvent leur être infligés :
1- Les sanctions pécuniaires
• Elles sont infligées par la BCEAO lorsque par exemple certaines
informations devant être communiquées suivant une périodicité
précise sont fournies avec du retard. Il en est généralement ainsi
lorsqu’une banque ne respecte pas les dispositions relatives aux
déclarations se rapportant à la constitution de la réserve obligatoire.
2- Les sanctions disciplinaires
• Elles peuvent entre autres consister en :
- Un avertissement ;
- Un blâme ;
- Une suspension ou une interdiction de tout ou partie des opérations ;
- Une suspension ou une démission d’office des dirigeants responsables ;
- Un retrait d’agreement.
• Les sanctions disciplinaires sont prononcées par la Commission bancaire. C’est
également elle qui les notifie aux banques concernées sauf dans le cas des
retraits d’agréments où c’est le Ministre des Finances qui procède à la
notification.

3- Les sanctions pénales
• consistent essentiellement en une peine d’emprisonnement et/ou en
une amende pouvant s’élever respectivement à 5 ans et 25 000 000 F
CFA. En cas de récidive, ces peines peuvent être revues à la Hausse. Il
est également prévu une amende à l’égard de l’employeur de
25 000 000 à 50 000 000 de F CFA.
CHAPITRE 2 : LA REGLEMENTATION DES INSTITUIONS DE LA MICRO
FINANCE (LES SYSTEMES FINANCIERS DECENTRALISES ET AUTRES)

• Avant l’adoption de la loi n°023-2009/AN du 14 mai 2009 et de son décret


de promulgation n°2009-439/PRES du 30 Juin 2009, il n’y avait pas de texte
spécifique régissant les systèmes financiers décentralisés au Burkina Faso.
• Les dispositions principales s’appliquant aux structures constituées sous
forme de mutuelles ou coopératives d’épargne et de crédit étaient :
- La loi n° 59/94/ADP du 15 décembre 1994 portant réglementation des
institutions mutualistes ou coopératives d’épargne et de crédit ;
- Le décret n°95-308 /PRES /MEF du 1er août 1995 portant réglementation
des institutions mutualistes ou coopératives d’épargne et de crédit ;
• La loi n°61/95/ADP du 13 décembre 1995 portant modification de la
loi n°59/94/ADP du 15 décembre 1995 précitée.
• Quant aux structures ou organisations non constituées sous forme
mutualiste ou coopérative et ayant pour objet la collecte de l’épargne
et/ ou l’octroi de crédit, elles, disposaient de deux possibilités pour
exercer leurs activités financières :
- Soit, elles étaient régies par les dispositions de la loi portant
réglementation bancaire ;
- Soit, elles convenaient de dispositions particulières régissant leurs
opérations dans le cadre d’une convention-cadre à signer avec le
Ministre chargé des Finances.
• La loi n°023-2009/AN du 14 mai 2009 et son décret de promulgation
n°2009-439/PRES du 30 Juin 2009 viennent ainsi combler un vide
législatif pour la matière de la micro finance et doter ces institutions
d’un statut de base commun.
• Du coup, la loi n°59/94/ADP du 15 Décembre 1994 portant
réglementation des institutions mutualistes ou coopératives
d’épargne et de crédit ne s’applique pas au SFD. Elle est écartée par la
nouvelle loi sur les SFD sauf dispositions contraires de la nouvelle.
• Selon l’article 1 al. 21 de la loi sur les SFD, un système Financier
Décentralisé (SFD) est « une institution dont l’objet principal est
d’offrir des services financiers à des personnes qui n’ont
généralement pas accès aux opérations des banques et
établissements financiers tels que définis par la loi portant
réglementation bancaire et habilitées aux termes de la présente loi
à fournir des prestations ».
• Il convient de voir comment se présente cette nouvelle
réglementation (secteur I) et comment elle organise le contrôle de
l’activité des SFD pour plus d’efficacité (secteur II).
• SECTION I : PRESENTATION DE LA REGLEMENTATION
• On présentera les textes (paragraphe I) et indiquera leur champ
d’application (paragraphe II).
• § 1 : LES TEXTES
• Depuis mai 2009 la réglementation des systèmes financiers
décentralisés se trouve dans la loi n°023-2009/AN du 14 mai 2009, loi
qui a été promulguée par décret n°2009-439/ PRES du 30 Juin 2009.
Ce texte vient créer un nouveau statut pour les institutions de la
micro finance qui est celui des systèmes financiers décentralisés.
• Il complète la loi n°59/94/ADP du 15 décembre 1994 pour les
structures mutualistes ou coopératives d’épargne et de crédit et aux
conventions spécifiques susceptibles d’être appliquées pour les
structures non mutualistes et qui relèvent du secteur de la micro
finance.
• Aussi, sauf dispositions contraires, la loi portant réglementation
bancaire ne s’applique plus aux SFD.
• § 2 : CHAMP D’APPLICATION DES TEXTES
• Il y a un domaine d’application bien défini (A), de même que des
acteurs (B).
• Aux termes de l’article 2 al.1 de la loi du 14 mai 2009, la présente loi
s’applique aux institutions, structures ou organisations exerçant leur
activité sur le territoire du Burkina Faso, quels que soient leur statut
juridique, le lieu de leur siège social ou de leur principal
établissement et la nationalité des propriétaires de leur capital
social, s’il y a lieu, ou de leurs dirigeants.
• Et l’article 2 d’ajouter que « ces institutions ou structures sont
désignées sous l’appellation « systèmes financiers décentralisés ».
§3 / Les acteurs et les opérations des SFD
• Selon l’article 6 de la loi du 14 mai 2009, les systèmes financiers
décentralisés sont classés en classés en deux (2) catégories en
fonction de la nature des opérations qu’ils sont autorisés à effectuer
et on distingue donc :
• 1) Les institutions qui collectent des dépôts et accordent des prêts à
leurs membres ou aux tiers ;
• 2) Les institutions qui accordent des prêts, sans exercer l’activité de
collecte des dépôts.
• Il est bien spécifié que les systèmes financiers décentralisés d’une
catégorie ne peuvent exercer les activités d’une autre catégorie sans
l’autorisation préalable du Ministre, accordée comme en matière
d’agrément (Article 6 al 2.).
• Aussi, les systèmes financiers décentralisés qui envisagent d’exercer
des activités ou professions régies par des dispositions spécifiques
doivent solliciter les autorisations requises et se soumettre aux
réglementations applicables aux opérations envisagées, sous réserve
des dispositions contraires de la présente loi.
• SECTION II : L’OBJET DE LA REGLEMENTATION : LE CONTRÔLE DE
L’EXERCICE DES ACTIVITES DES SFD
• §1 : LES CONDITIONS POUR ETRE RECONNU COMME SYSTEME FINANCIER
DECENTRALISE
• Il faut être agréé en qualité de SFD (B) mais au préalable il faut avoir rempli
les conditions de forme (A).
• A. Les conditions de forme pour être SFD
• 1- La forme initiale du SFD
• Selon l’article 15 al.1 de la loi n°023-2009/AN du 14 mai 2009, « les
systèmes financiers décentralisés (SFD) doivent être constitués sous
forme de sociétés anonymes, de sociétés à responsabilité limitée, de
sociétés coopératives ou mutualistes ou d’associations ».
• Ils peuvent exceptionnellement revêtir la forme d’autres personnes morales, mais il est
précise qu’une instruction de la Banque détermine en cas de besoin, les formes
juridiques qui sont concernées par cette dérogation (article 15 al.2).
• Les conditions de modification
• Les modifications qui sont susceptibles d’intervenir à la suite de la constitution d’un
système financier décentralisé doivent être soumises à l’autorisation préalable du
Ministre des finances. Cette autorisation est accordée comme en matière d’agrément.
• Il en est ainsi pour :
- Toute modification de la forme juridique, de la dénomination ou raison sociale ou du nom
commercial ;
- Tout transfert du siège social en dehors de l’Etat où l’agrément a été délivré ;
- Toute fusion ou scission ;
- Toute dissolution anticipée ;
• Toute prise ou cession de participation qui aurait pour effet de porter la
participation d’une même personne, directement ou par personne
interposée ou d’un même groupe de personnes agissant de concert,
d’abord au-delà de la minorité de blocage, puis au-delà de la majorité des
droits de vote dans le système financier décentralisé ou d’abaisser cette
participation au-dessous de ses seuils.
• Aussi, les opérations d’affiliation et de désaffiliation sont-ils soumises à
l’autorisation du Ministre.
• De même la création d’une agence ou d’un guichet doit être notifié au
ministre et à la Banque centrale dans un délai de tente (30) jours
calendaires sous peine de sanctions prévues à l’article 71 (il s’agit des
sanctions disciplinaires que sont l’avertissement, le blâme, la suspension
ou l’interdiction de tout ou partie des opérations, la suspension ou la
destitution des dirigeants responsables).
• L’Agrément des SFD
• Selon l’article 7 de la loi n°023-2009/AN du 14 mai 2009 portant
réglementation des SFD, « les systèmes financiers décentralisés
doivent, préalablement à l’exercice de leur activité, être agréés par
le Ministre ». Il n’y a pas d’exception. L’agrément est l’acte de
naissance de tout SFD.
1- Constitution et dépôt du dossier d’agrément
• Comment est constitué un dossier de demande d’agrément ? Où est-
il déposé ?
• Ces questions trouvent leurs réponses à l’article 8 de la loi du 14 Mai
2009 qui précise que : « les demandes d’agrément sont adressées au
Ministre et déposées auprès de la structure ministérielle de suivi qui
les instruit »
• Avant tout, la structure ministérielle de suivi doit obtenir tous les
renseignements sur la qualité des promoteurs et, le cas échéant, sur
celle de leurs dirigeants ainsi que sur l’honorabilité et l’expérience des
personnes appelées à diriger, administrer ou gérer le système
financier décentralisé et ses agences.
• Après la réception du dossier complet, la structure ministérielle de
suivi dispose d’un délai de trois mois pour l’instruire et le transmettre
à la Banque centrale avec ses observations et sa proposition de suite
à donner à la demande d’agrément.
• La Banque centrale, dispose d’un délai de deux mois pour examiner le
dossier et communiquer son avis à la structure ministérielle de suivi.
• Mais, il faut préciser que toute demande de renseignements
complémentaires émanant de la structure ministérielle de suivi ou de
la banque centrale, dûment motivée, suspend ces délais.
2- L’octroi de l’agrément
• Selon l’article 9 de la loi sur les SFD, l’agrément est prononcé par
arrêté du ministre après avis conforme de la Banque centrale et, dans
le cas d’un organe financier, après avis conforme de la Commission
bancaire.
• Il est réputé avoir été refusé s’il n’est pas prononcé dans un délai de
six mois à compter de la réception de la demande par la structure
ministérielle de suivi, sauf avis contraire donné au demandeur.
• Un décret détermine les modalités et les conditions de l’agrément.
3- Les effets de l’agrément
• L’agrément donne lieu à l’inscription du système financier
décentralisé sur le registre des systèmes financiers décentralisés tenu
par le ministre. Le registre est établi et tenu à jour par la structure
ministérielle de suivi qui affecte un numéro d’inscription à chaque
système financier décentralisé.
• La liste des systèmes financiers décentralisés ainsi que les
modifications dont elle fait l’objet, y compris les rédactions, sont
publiées au journal officiel à la diligence du ministère.
4- Le retrait de l’agrément
• Le retrait d’agrément est prononcé par arrêté du ministre comme en
matière d’octroi d’agrément et, dans le cas d’un organe financier,
après avis conforme de la Commission bancaire. Il doit être motivé et
intervenir dans les cas précisés par décret.
• Le retrait d’agrément entraîne la radiation du système financier
décentralisé concerné du registre des institutions et l’arrêt de ses
activités dans le délai fixé par la décision de retrait d’agrément.
• Un décret détermine les modalités de retrait de l’agrément.
• C. Les règles d’organisation et de fonctionnement des SFD
1- Principes d’organisation
• Conformément à l’article 19 de la loi sur les SFD, tout système
financier décentralisé est désigné par une dénomination sociale qui
est mentionné dans ses statuts. Il ne peut prendre la dénomination
d’un autre système financier décentralisé déjà agréé. L’utilisation du
terme « banque » ou « établissement financier » lui est interdite.
• Les SFD sont tenus, sous peine des sanctions, de faire figurer dans
leurs enseignes, panneaux publicitaires ou autres, leur dénomination
sociale suivie des références :
- du texte qui les régit ;
- de l’agrément
- de l’enregistrement au registre des systèmes financiers décentralisés,
dans la catégorie où ils ont été autorisés (article 20).
• La dénomination sociale ainsi que les références de l’agrément
doivent également figurer sur tous les actes et documents émanant
du système financier décentralisé et destinés aux tiers, notamment
les lettres, les factures, les annonces et publications diverses.
• Elle doit être précédée ou suivie immédiatement, en caractères
lisibles, de l’indication de la forme juridique du système financier
décentralisé, de l’adresse de son siège et de la mention de son
inscription au registre des systèmes financiers décentralisés.
• Il est interdit à toute entité autre qu’un système financier décentralisé
régi par la présente loi d’utiliser une dénomination, une raison
sociale, une publicité ou de façon générale, des expressions faisant
croire qu’elle est autorisée à exercer en tant que système financier
décentralisé ou de créer une confusion à ce sujet.
• Les systèmes financiers décentralisés sont tenus, dans les trois mois
qui suivent leur inscription sur le registre des systèmes financiers
décentralisés, d’adhérer à l’association professionnelle des systèmes
financiers décentralisés (article 23 al. 1). Le non-respect de cette
disposition expose les systèmes financiers décentralisés aux sanctions
disciplinaires prévues à l’article 71 de la présente loi (article 23 al. 2).
2- Les règles de fonctionnement
• En respect à l’article 25 de la loi SFD, au sein de tout système financier
décentralisé, les fonctions de gestion et de contrôle sont exercées par des
organes distincts. Ils doivent disposer de statuts qui déterminent
notamment l’objet et la durée de vie de leur institution, la localisation de
son siège social, les conditions d’adhésion, de suspension, de démission ou
d’exclusion des membres, les modes d’administration et de contrôle.
• Ces statuts doivent être transmis au ministre en quatre exemplaires, dont
un déposé au greffe de la juridiction compétente. Ils sont accompagnés de
la liste nominative et curriculum vitae des membres des organes
d’administration de gestion et de contrôle du système financier
décentralisé ou de ses agences avec l’indication de leur domicile.
• Toute modification ultérieure des statuts et/ ou de la liste des dirigeants
ainsi que des actes de délibération du SFD sont soumis à une obligation de
dépôt au greffe du tribunal de la déclaration écrite au ministre, à la banque
centrale ou à la Commission bancaire, dans un délai d’un mois à compter
de la date de l’assemblée générale ayant statué sur ces modifications.
Egalement, la liste modifiée est transmise sous huitaine au Procureur du
Faso.
• Selon l’article 29 de la loi sur les SFD, nul ne peut diriger, administrer ou
gérer un système financier décentralisé ou une de ses agences, s’il n’a pas
la nationalité burkinabé ou celle d’un Etat membre de l’UMOA, à moins
qu’il ne jouisse, en vertu d’une convention d’établissement, d’une
assimilation aux ressortissants du Burkina Faso.
• Toutefois, le ministre peut accorder, après avis conforme de la Banque
centrale, des dérogations individuelles aux dispositions du présent
article.
• Il faut préciser que les dirigeants pour lesquels la dérogation est
sollicitée doivent être titulaires d’au moins une maîtrise ou d’un
diplôme équivalent et justifier d’une expérience professionnelle de
cinq ans au moins dans le domaine des SFD ou tout autre domaine de
compétence jugé utile avec les fonctions envisagées.
• Aussi, nul ne peut être membre d’un organe d’administration, de gestion
ou de contrôle d’un système financier décentralisé, ni directement, ni par
personne interposée, administrer, diriger ou contrôler un système financier
décentralisé ou une de ses agences, proposer au public la création d’un
système financier décentralisé, ni disposer du pouvoir d’engager
l’institution s’il a fait l’objet d’une condamnation définitive par suite
d’infractions portant atteinte aux biens ou pour crimes de droit commun
(article 30 de la loi sur les SFD).
• Les prêts accordés aux dirigeants et personnel des SFD sont possibles mais
doivent être autorisés ; ils ne peuvent excéder une fraction de ses dépôts
ou de ses ressources fixées par instruction de la Banque centrale (article 34
et 35).
• Les SFD disposent de maints autres pouvoirs dans le cadre de leur
gestion tels que souscrire à des contrats d’assurance en vue de
couvrir les risques liés à son activité ou au profit de ses membres,
créer en tant que de besoin des sociétés de services en vue de
satisfaire les besoins de ses membres et de réaliser ses objectifs ou
entreprendre toute autre activité jugée utile pour l’intérêts de ses
membres (article 36 de la loi sur les SFD).
§ 2 : LA SURVEILLANCE DES ACTIVITES DES SFD
A. Les organes chargés de la surveillance des activités
• Selon que le contrôle se fait en interne ou en externe les organes de
contrôle varient.
• Ainsi, dans le cadre du contrôle interne, on a : Ou tout autre organe
technique que l’on viendrait à instituer en interne du système financier
décentralisé à cet effet ; en vue d’aider les structures chargées de la
surveillance et du contrôle.
• S’agissant des contrôle et/ ou surveillance externes, ils relèvent du
Ministère en charge des finances. C’est le ministre qui procède ou fait
procéder au contrôle des systèmes financiers décentralisés.
• Il faut noter que le choix d’une structure ou d’une institution de
l’extérieure pour réaliser le contrôle des SFD est soumis aux trois (3)
conditions suivantes conforme de la Banque centrale ou de la
Commission bancaire basé sur l’examen des méthodologies
d’intervention de la qualité de l’organisation des compétences des
administrateurs, dirigeants et personnels.
• Le contrôle sur place de la bonne exécution de la mission assignée à
la structure ou l’institution extérieure. En aucun cas, le choix du
ministre ne peut porter sur une structure ou une institution
extérieure qui exerce le contrôle, en vertu d’une convention ou de
tout autre texte, pour le compte d’un système financier décentralisé
exerçant sur le territoire national.
• Après informations du ministre, c’est la Banque Centrale et la
Commission bancaire qui procèdent au contrôle de tout système
financier décentralisé dont le niveau d’activités atteint un seuil
préalablement déterminé par instruction de la Banque centrale
(article 44 de la loi sur les SFD).
• Il y a aussi les autorités administratives et judiciaires des Etats
membres de l’UMOA qui prêtent leur concours aux contrôles
effectuées au titre de l’article 44 et à l’exécution des décisions de la
Banque centrale et de la Commission Bancaire.
B. Les mécanismes de surveillance des activités des SFD
• La surveillance et la gestion des systèmes financiers décentralisés
s’exercent essentiellement au moyen des dispositions suivantes relatives à:
- l’organisation et le fonctionnement des systèmes financiers décentralisés ;
- les principes coopératifs ou mutualistes ou les textes régissant les autres
formes juridiques autorisées à exercer en qualité de système financier
décentralisé ;
- les règles et normes de comptabilité ;
- les règles et normes de gestion ;
- la sécurité
• Pour ce qui concerne les principes d’organisation et de fonctionnement
(voir supra)
1- Les règles et normes de comptabilité
• A ce niveau l’article 49 de la loi sur les SFD prescrit à ces structures de
tenir à leur siège social une comptabilité particulière des opérations
qu’elles traitent sur le territoire du Burkina Faso. Ainsi donc, elles sont
tenues d’établir leurs comptes sur une forme consolidée ou
combinée, conformément aux dispositions comptables et autres
règles arrêtés par la Banque Centrale.
2- Les règles et normes de gestion (voir notamment les articles 50 et
suivants)
• Les SFD sont tenus à la production de rapports annuels sur la gestion de
leurs structures. Cette obligation est valable pour les unions, fédérations ou
confédérations (article 50).
• Le rapport annuel comprend, en sus des informations sur les activités de
l’institution, les états financiers approuvés par l’Assemblée Générale ainsi
que les documents annexés établis selon les normes déterminées par
instruction de la Banque centrale.
• Ces documents obligatoires sont communiqués au Ministre et dans le cas
des SDF visés à l’article 44 (ceux ayant atteint un certain seuil), à la Banque
Centrale et à la Commission bancaire, dans un délai de six mois après la
clôture de l’exercice.
• Il en est de même des rapports et états financiers tenus par les
organes financiers des SDF. Tous ces documents sont établis et
conservés selon des modalités précisées par instruction de la Banque
centrale.
• Les états financiers des confédérations, des fédérations, des unions
ou des SDF doivent être certifiés par un commissaire aux comptes.
Pour les SFD qui ne sont pas visés à l’article 44, la nomination du CAC
est facultative. Le choix du commissaire aux comptes est soumis à
l’approbation du ministre et, dans le cas des SFD visé à l’article 44, à
celle de la Banque centrale ou de la Commission bancaire.
• Il existe une obligation de publication des états financiers au Journal
Officiel ou dans deux journaux officiels dans les 6 mois qui suivent
l’exercice social clos à la charge des SDF. Il s’ajoute à l’obligation de
tenue des états financiers annuels, une obligation de communication
des données périodiques dont la forme, le contenu et le délai de
transmission sont précisées par instruction de la Banque centrale.
• Outre ces états financiers et rapports annuels, il faut noter que le
Ministre, la Banque centrale et la Commission bancaire sont habilités
à demander communication de tous documents, états statiques,
rapports et tous autres renseignements nécessaires à l’exercice de
leurs attributions respectives (article 56).
• Le secret professionnel n’est opposable ni au ministre, ni à la Banque
Centrale, ni à la Commission bancaire dans l’exercice de leur mission
de surveillance des SFD. En tout état de cause, le secret professionnel
n’est opposable à l’autorité judiciaire agissant dans le cadre d’une
procédure pénale (article 58).
• Il est clair que les SFD sont soumis aux règles de l’UMOA fixant les
taux et conditions de leurs opérations avec la clientèle ainsi qu’aux
obligations de transparence dans la tarification de leurs services
financiers (article 60).
• Dans le cadre de leur gestion, des mesures administratives peuvent être prises à
l’encontre des SFD par le ministre, la banque centrale et la Commission bancaire
telle une mise en garde, une injonction de prendre les mesures de redressement
nécessaires ou toutes mesures conservatoires jugées appropriées à leurs yeux
(article 61).
• Comme pour les banques, des sanctions sont possibles pour les infractions
commises dans le cadre de la gestion des SFD et consistent essentiellement en :
- l’avertissement ;
- le blâme ;
- la suspension ou l’interdiction de tout ou partie des opérations ;
- la suspension ou la destitution des dirigeants responsables.
• Pour plus de détails, voir les articles 70 à 84 qui régissent cette matière des
infractions et sanctions.
CHAPITRE III : LA REGLEMENTATION DES CHANGES
• La réglementation des changes ou réglementation des relations
financières avec l’extérieur est un ensemble de dispositions légales
arrêtées par un pays en vue d’organiser rationnellement ses
transactions financières avec l’étranger.
• C’est le Règlement n°09/2010/CM/UEMOA relatif aux relations
financières extérieures des Etats membres de l’Union économique et
monétaire Ouest Africaine (UEMOA) qui régit les relations financières
extérieures des Etats membres de l’UEMOA..
• SECTIONI :LES INTERMEDIAIRES CHARGES D’EXECUTER LES
OPERATIONS FINANCIERES AVEC L’EXTERIEUR
• Conformément à l’article 2 du règlement n°09-2010/CM/UEMOA du
1er octobre 2010, les relations financières avec l’étranger ne peuvent
s’exécuter que par l’entremise d’institutions ou de personnes
intermédiaires dans le cadre de leurs compétences respectives
définies à l’annexe I. Alors, il convient de voir dans les paragraphes qui
suivent ces compétences selon les institutions concernées.
• § I : LA BCEAO
• Les rôles et attributions de la BCEAO sont définis aux articles 2 à 4 de
l’annexe 1 du règlement 09/2010. Ainsi elle :
- est autorisée à publier des notes, des lettres, des instructions et avis aux
intermédiaires agréées pour préciser l’application ou l’interprétation des
textes généraux de la réglementation.
- a le pouvoir d’autoriser les transferts sur l’étranger
- est chargée d’instruire les dossiers relatifs aux demandes d’autorisation
préalables (de changes, de prêts à des non-résidents et les demandes
d’ouverture de comptes en devises).
• En collaboration avec le Ministère chargé des finances, elle est chargée de
veiller aux respects des prescriptions de la réglementation des changes par
tous les organismes intervenant en matière de change
§ 2 : L’ADMINISTRATION OU L’OFFICE DES POSTES
• Cette administration dont les rôles et attributions sont définis aux articles 5
à 8 de l’annexe I du règlement R09/2010,
- est habilitée à procéder, au vu des pièces justificatives et sous sa
responsabilité, à l'exécution des ordres de transferts sur l’étranger émis par
sa clientèle en règlement d’importations de marchandises dont le montant
n’excède pas un million (1 000 000) de F CFA.
- est habilitée à procéder, au vu des pièces justificatives et sous sa
responsabilité, à l’exécution des opérations postales usuelles selon les
plafonds autorisés par les différents régimes retenus dans les divers accords
internationaux auxquels participe l’Etat membre concerné de l’UEMOA et de
tout autre transfert à l’extérieur de la zone francs dont le montant n’excède
pas cinq cent milles (500 000) F CFA.
• est autorisé à recevoir tous les règlements en francs ou en devises en provenance
de l’étranger. Toutefois, elle devra rétrocéder à la BCEAO toutes les recettes
perçues en devises.
• NB : En contrepartie de ces compétences, l’Administration ou l’Office des postes
doit rendre périodiquement compte au Ministre chargé des francs et la BCEAO,
de tout règlement à destination ou en provenance de l’étranger
§ 3 : LES BANQUES INTERMEDIAIRES AGREEES
• La qualité d’intermédiaire agréé est accordée par le Ministre chargé des finances
sur demande de la banque intéressé conformément à l’article 9 de l’annexe I du
règlement n°09/2010. Pour cela, la banque demanderesse doit remplir un certain
nombre de critères qui lui permettent d’exécuter les opérations et de rendre
compte à la BCEAO selon les modalités et dans les délais prescrits.
• Il s’agit essentiellement de la mise en place d’un service étranger doté
d’un personnel dûment qualifié et en nombre suffisant et d’un réseau
de correspondants.
• L’agrément accordé par le Ministre chargé des finances ne revêt pas
un caractère définitif. En effet, le non-respect du dispositif
réglementaire et la non production des déclarations et comptes
rendues périodiques peut entraîner des sanctions pouvant aller
jusqu’au retrait de l’agrément.
§ 4 : LES AGREES DE CHANGE MANUEL OU BUREAUX DE CHANGE
• Conformément aux articles 10 à 12 de l’annexe 1 du règlement n°09/2010
du 1er octobre 2010, les personnes physiques ou morales ayant le statut de
commerçants autre que les banques et résidants ou établies dans les Etats
membres de l’UEMOA, peuvent être autorisées à effectuer les opérations
de change manuel. L’agrément est délivré par arrêté du Ministre chargé des
finances, après avis conforme de la BCEAO.
§5 : LES AUTRES INTERMEDIAIRES
• D’autres catégories d’intermédiaires déterminées par le Conseil des
Ministres de l’UEMOA pourront être habilitées par le ministre chargé des
Finances à exécuter des opérations financières avec l’étranger.
SECTION 2 : CHAMP D’APPLICATION DE LA REGLEMENTATION
§ I : LES OPERATIONS COURANTES
A. Cessions de devises
• L’un des objectifs majeurs de la politique monétaire de l’Union, est la
reconstitution durable des réserves de changes. Pour ce faire, les
règles suivantes doivent être respectées :
• Toutes les devises étrangères détenues par les résidents et les non-
résidents doivent être cédées ou déposées chez un intermédiaire
habilité ou le cas échéant à la BCEAO.
• Ainsi donc, les résidents sont tenus de céder à une banque intermédiaire
agréée, tous les revenus ou produits en devises encaissés à l’étranger ou
versés par un non résident, dans un délai d’un mois à compter de la date
d’exigibilité du paiement qui, en matière d’exportation, est la date prévue
au contrat commercial.
B. Les paiements courants à destination de l’étranger
• Conformément à l’article 4 du règlement n°09/2010, les paiements
courants à destination de l’étranger sont exécutés selon le principe de la
liberté, par les intermédiaires cités à l’article 2.
• Ainsi, sous réserve de la présentation de pièces justificatives à
l’intermédiaire concernée sont autorisées à titre général les opérations
suivantes :
1- La délivrance d’allocations touristiques aux voyageurs
• Les banques intermédiaires agrées sont habilités à délivrer des
allocations touristiques aux voyageurs résidants se rendant dans les
Etats non- membres de l’Union jusqu’à concurrence de la contre-
valeur de 2 000 000 de F CFA en devises.
• Les sommes en excèdent de ce plafond peuvent être emportées par
d’autres moyens de paiement.
2. Comptes étrangers en francs ou en euros ouverts au profit de non-
résidents
• Les banques intermédiaires agréées sont habilitées à ouvrir, à faire
fonctionner et à clôturer des comptes en Francs ou en euros au profit de
non-résidents sous leur responsabilité et sous réserve de la justification de
leur qualité et de leur résidence effective.
• En contrepartie de cette compétence, les banques doivent fournir au
Ministère chargé des finances et de la BCEAO dans les 20 jours suivant la
réalisation de l’opération, les avis d’ouverture et de clôture de ces comptes,
le 10 du mois suivant la période mensuelle de référence, les situations du
dernier jour ouvrable et à la fin de l’année, la liste complète de ces comptes
arrêtée au 31 décembre reprenant le solde et les informations
communiquées lors de leurs ouvertures.
3- L’exécution des transferts inférieurs ou égaux à 500 000F CFA
• Ces transferts ne sont soumis à aucune restriction. Aucune pièce
justificative de l’opération n’est requise. Les intermédiaires agréés
doivent, tout simplement s’assurer de l’identité du demandeur et du
bénéficiaire.
4- Autres opérations de règlement à destination de l’étranger
• Les intermédiaires agréées peuvent exécuter sous leur responsabilité,
des règlements à destination de l’étranger afférents à diverses autres
opérations telles que :
• - les primes et indemnités d’assurances et de réassurances ;
• - les salaires, traitements et honoraires, cotisations et indemnités des
assurances sociales, pensions et rentes résultants d’un contrat de
travail, l’emploi ou le louage de services ou ayant un caractère de
dette publique ;
• -droits et redevances de brevets, licences et marques de fabrique,
droits d’auteurs, redevances d’exportation cinématographique
• -et autres… (Voir liste énumérative et l’alinéa de l’article 4 du
règlement n°09/2010). Ils doivent toutefois relever l’identité du
demandeur et du bénéficiaire.
C. Opérations soumises à domiciliation
• Au terme de l’article 5 du règlement 09/2010, les résidents sont tenus
de domicilier auprès d’un intermédiaire agréé les opérations
d’importation et d’exportation, dans les conditions indiquées à son
annexe II détaillé dans 5 chapitres.
• 1- Les procédures relatives aux importations de marchandises
• En principe le règlement à destination de l’étranger des importations
de marchandises doit être exécuté par la seule entremise des
banques intermédiaires agréées.
• Par dérogation, l’Administration ou l’Office des postes est habilité à
procéder au règlement des importations de marchandises effectuées
par son entremise, lorsque leur montant n’excède par un million
(1 000 000) de Francs CFA.
• De même, toute importation de marchandises, en provenance des
pays autres que ceux de la zone franc, doit faire l’objet d’une
domiciliation auprès d’une banque intermédiaire agréée sauf si sa
valeur est inférieure ou égale à 10 000 000 de F CFA, sauf s’il s’agit
d’importations, sans paiement, qui sont soumises alors au visa
préalable de la DFE (Direction chargée des finances extérieures) ou
encore sauf s’il s’agit d’importations de nature particulière relevant
de l’article V du règlement précité.
• Il en découle donc que le règlement d’importation de marchandises,
domicilié ou non, doit être effectué par l’entremise d’un intermédiaire
agréé ou de l’Administration ou l’Office des postes dans les limites
prévues à l’article 2 de l’annexe 2.
• Il donne lieu à l’établissement d’un « formulaire de change »
conforme au modèle reproduit dans l’annexe VIII- I du règlement,
soumis par délégation au visa de l’intermédiaire chargé du règlement.
2. Les procédures relatives aux exportations et rapatriement du
produit de leurs recettes
• Les opérateurs économiques résidents sont tenus d’encaisser et de
rapatrier dans le pays d’origine, auprès de la banque domiciliaire,
l’intégralité des sommes provenant des ventes de marchandises à
l’étranger, dans un délai d’un mois à compter de la date d’exigibilité
du paiement.
• Dans le cas où le règlement a lieu en francs CFA, il ne peut pas être
effectué au moyen de billets de banque ou par le débit d’un compte
chèque postal ouvert dans le pays, sauf s’il s’agit d’un compte
étranger en francs ou en euros.
• La date d’exigibilité du paiement est celle prévue au contrat
commercial. Elle doit en principe se situer dans un délai maximum de
cent vingt (120) jours suivant l’expédition de marchandises.
• La Banque domiciliataire est tenue de procéder au rapatriement
effectif du produit des recettes d’exportation, par l’intermédiaire de la
BCEAO. Aux fins de couverture de ses besoins courants en devises, la
banque domiciliaire est autorisée à conserver, dans ses ressources
propres en devises, une proportion des recettes d’exportations
domiciliées et encaissées dans ses livres. Cette part est déterminée
par instruction de la BCEAO.
• Il faut noter que les exportations à destination de l’étranger sont
soumises à domiciliation auprès d’un intermédiaire agréé lorsque leur
montant excède dix millions (10 000 000) de francs CFA. Ce seuil peut
être modifié par instruction de la BCEAO.
3-Les procédures relatives à la constitution des couvertures de risque
de change et de risque de prix
• Les couvertures de risques de change peuvent être constituées par
des résidents, en utilisant des instruments dérivés de change, au titre
des opérations commerciales ou financières ci-après :
• Les importations et exportations de biens et services par un résident ;
• Les opérations d’emprunt à l’étranger par un résident (tirages et
remboursements) ;
• La constitution d’investissement direct étranger dans une entreprise
résidente en cours de négociation.
• Les couvertures de risques de prix peuvent être constituées par les
résidents, par le biais des instruments dérivés. Elles doivent être
adossées à des importations ou des exportations de matières
premières et produits de base effectuées par les résidents.
• Les résidents ne sont pas autorisés à acheter des matières premières
ou des produits de base sur les marchés étrangers en vue de les livrer
dans le cadre d’une transaction sur instruments dérivés de matières
premières ou de produits de base.
4- Les procédures relatives à la délivrance des allocations en devises et
contrôle douanier des moyens de paiement transportés par les voyageurs.
a) En ce qui concerne les voyageurs résidents
En vertu du principe de libre circulation des signes monétaires au sein de
l’UEMOA, aucune déclaration n’est exigée pour le transfert manuel des
billets émis par la BCEAO par les résidents pour le déplacement dans les
Etats membres de l’UEMOA.
Par contre, les voyageurs se rendant dans les Etats non membres de
l’UEMOA sont tenus de déclarer les devises dont ils sont porteurs, lorsque
leur montant excède la contre- valeur d’un million (1 000 000) de Francs CFA.
• Ils sont autorisés à emporter par personne, jusqu’à concurrence de la
contre-valeur de deux millions (2 000 000) de Francs CFA en billets
autres que ceux émis par la BCEAO. Les sommes excèdent ce plafond
peuvent être emportées sous forme de chèques de voyage, de cartes
de retrait et de paiements prépayés, doivent être dument justifiés par
des besoins liés à des frais de voyage usuels et personnel, lorsqu’elles
excèdent la contrevaleur de deux millions (2 000 000) de Francs CFA
par personne.
• La délivrance de devises aux voyageurs résidents est subordonnée à la
présentation à un intermédiaire habilité, d’un titre de voyage et d’un
passeport ou d’une carte nationale d’identité en cours de validité.
• L’importation par les voyageurs résidents de billets de banque de la
zone franc ou de moyens de paiement libellés en devises est libre.
• Ces moyens de paiement doivent faire l’objet d’une déclaration
lorsque leur montant excède la contre-valeur d’un million (1 000 000)
de francs CFA. Les voyageurs résidents doivent céder à un
intermédiaire habilité, dans un délai de huit (8) jours à compter de la
date d’entrée sur le territoire national, les billets étrangers et autres
moyens de paiement libellés en devise lorsque leur contre- valeur
excède cinq cent milles (500 000) francs CFA.
b) Pour ce qui concerne les voyageurs non-résidents
• L’importation par les voyageurs non- résidents de billets de banque
de la zone francs ou de moyens de paiement libellés en devises est
libre.
• Les voyageurs non-résidents sont tenus de déclarer, par écrit, à
l’entrée et à la sortie du territoire national, tous les moyens de
paiement dont ils sont porteurs, lorsque leur montant dépasse la
contre- valeur d’un million (1 000 000) de Francs CFA.
• 5- Les procédures relatives aux importations et exportations
matérielles de moyens de paiement et exportations matérielles de
valeurs mobilières par colis, envois par la poste ou par toute autre
voie.
• L’exportation à l’étranger, par voie postale ou par toute autre voie, des
instruments de paiement, notamment des chèques de voyage, des
chèques de banque à encaisser, des billets de banque étrangers ainsi
que des valeurs mobilières nationales ou étrangères, est soumise à
l’autorisation préalable de la DFE. Cette autorisation doit être jointe à
l’envoi.
• Les envois et réceptions de billets de banque émis par la BCEAO entre
toute autre personne physique ou morale résidente, outre que la
BCEAO, et ses correspondants bancaires ou commerciaux situés à
l’extérieurs des Etats membres de l’UEMOA, sont interdits, sauf dans
les cas de dérogations permis à l’article 30 de l’annexe II du règlement
09/2010.
6- Les règlements par mouvements de comptes de non-résidents ou de
comptes en devises.
• Régime des comptes ouverts à des non-résidents
• *En principe, les comptes ouverts au nom de non-résidents ne peuvent pas
être alimentés par des versements en billets de banque émis par la BCEAO
ou un institut d’émission disposant d’un compte d’opération auprès du
trésor français.
• Les prêts de toute nature consentis par les intermédiaires agréés à des
non-résidents, les découverts en francs ou en euros et, d’une manière
générale, toute avance consentie à un non résident sont subordonnés à
l’autorisation préalable de la DFE, après avis conforme de la BCEAO.
• Par dérogation à la règle suscitée (article 31), les intermédiaires
agréés sont autorisés à accorder à leurs correspondants étrangers, les
crédits ci- après :
- des crédits courriers (découverts en francs CFA n’excèdent pas les
délais normaux de courrier) ;
- des crédits documentaires par acceptation, ouverts au profit
d’exportateurs, d’ordre de correspondants étrangers
- des crédits consentis dans le cadre de protocoles financiers signés
entre un Etat membre de l’UEMOA et un gouvernement étranger ou
dans le cadre d’accords interbancaires ayant reçu l’approbation de la
DFE.
• Comptes étrangers en devises autres que l’euro
• L’ouverture de comptes étrangers en devises autres que l’euro au
profit de non résidants est soumise à l’autorisation préalable de la
BCEAO.
b) Régime des dossiers étrangers de valeurs mobilières
• Les intermédiaires agréées et les SGI (sociétés de gestion et
d’intermédiation) sont autorisés à mette sous dossiers étrangers, les
valeurs mobilières nationales ou étrangères appartenant à des non–
résidents, dans les conditions définies aux articles 37 et 38 à savoir que :
1- Le dépôt de valeurs mobilières nationales ou étrangères pour le compte
de non-résidents est libre si :
- Elles ont été acquises en emploi de titres déposés sous dossiers étrangers
ou destinés à remplacer à la suite de recouponnement, réfection, échange
obligatoire, conversion du porteur au nominatif ou vice versa, etc., des titres
déposés sous dossier étranger ;
- Elles ont été attribuées à un non résident par dévolution héréditaire
ou par donation régulière ;
- Elles ont été acquises par cession de devises ou par débit d’un compte
étranger en francs ou en euros ;
- Elles ont été adressées directement de l’étranger à un intermédiaire
agréé par un correspondant étranger
2- Les valeurs mobilières nationales ou étrangères, enregistrées dans
les écritures des intermédiaires agréées et des SGE sous dossier
étranger, que les titres soient matériellement détenus dans le pays ou à
l’étranger peuvent, sans autorisation préalable:
- Etre mises, à l’étranger, à la disposition du titulaire du dossier. Dans
les cas où les titres sont détenus dans le pays, leur exportation doit être
effectuée par l’intermédiaire agréé ou la SGI dépositaire ;
- Etre virées, sous dossier intérieur d'un résident, lorsqu'il est justifié à
l'intermédiaire agréé ou à la SGI, qui tient le dossier à débiter, que les
valeurs faisant l’objet de l’opération ont été acquises par un résident,
soit par dévolution héréditaire, soit par donation régulière, soit par
achat à la BRVM.
• Tout dépôt ou prélèvement de titres autre que ces deux cas est
subordonné à une autorisation préalable de la DFE ou de la BCEAO
agissant par délégation du Ministre des finances.
c) Régime des avoirs des résidents acquérant le statut de non résident
• Les avoirs détenus sur des comptes intérieurs par les résidents
acquérant la qualité de non-résident, sont automatiquement
transférés au crédit d’un compte d’attente. Leur transfert à l’étranger
ou au crédit d’un compte étranger en francs ou en euros nécessaire
une autorisation préalable de la DFE ou de la BCEAO agissant par
délégation du Ministre des finances.
d) Régimes des avoirs de non-résidents acquérant le statut de
résident
• Les nationaux bénéficiant d’un régime de non- résident acquièrent,
dès leur retour définit au pays, la qualité de résident. En
conséquence, leurs comptes étrangers ouverts dans les pays de
l’UEMOA sont immédiatement clôturés.
• Toutefois, ils peuvent maintenir à l’étranger les comptes bancaires et
les actifs financiers qu’ils ont acquis en qualité de non- résident. Tout
nouveau transfert visant la constitution d’avoir dans ces comptes est
soumis à l’autorisation préalable du MCF.
• e) Régime des comptes de résidents à l’étranger et des comptes
intérieures en devises de résidents
• Les nationaux bénéficiant d’un régime de non- résident acquièrent,
dès leur retour définitif au pays, la qualité de résident. En
conséquence, leurs comptes étrangers ouverts dans les pays de
l’UEMOA sont immédiatement clôturés.
• Toutefois, ils peuvent maintenir à l’étranger les comptes bancaires et
les actifs financiers qu’ils ont acquis en qualité de non- résident. Tout
nouveau transfert visant la constitution d’avoir dans ces comptes est
soumis à l’autorisation préalable du MCF.

• e) Régime des comptes de résidents à l’étranger et des comptes intérieurs
en devises de résidents
• Les personnes physiques séjournant à l’étranger ou à l’occasion de leur
voyage à l’étranger, quels qu’en soient les motifs, peuvent y ouvrir des
comptes bancaires destinés à recevoir :
- Les sommes en devises légalement exportées lors de leur voyage à
l’étranger ;
- Tous les revenus acquis à l’étranger durant leur séjour
• Les résidents sont tenus de rapatrier les avoirs détenus dans les comptes
susvisés, dans un délai de trente (30) jours à compter de la date de leur
retour au pays de résidence.
• A noter que l’ouverture et le fonctionnement des comptes à l’étranger
au nom de représentations diplomatiques nationales ne sont soumis
à aucune restriction. Mais dans tous les autres cas non énumérés,
l’ouverture de comptes de résidents à l’étranger, au profit d’une
personne physique ou d’une personne morale, est soumise à
l’autorisation préalable du MCF.
• La lettre d’autorisation adressée par le Ministre au requérant précise,
en fonction des motifs de la demande, les opérations susceptibles
d’être portées au crédit ou au débit du compte en devises concerné.
En tout état de cause, celui-ci ne peut être crédité de versements de
billets en francs CFA ou par le débit d’un compte en Francs CFA.
• Les autorisations visées, sont accordées par le MCF après avis
conforme de la BCEAO. Un compte rendu des dérogations accordées
est fait au Conseil des Ministres de l’UMOA par la BCEAO.
7-Relations financières des Etats membres de l’UEMOA avec les
autres Etats membres de la CEDEAO
• Son réserve du respect des dispositions du règlement 09/2010 et des
instructions de la BCEAO relatives aux paiements à destination ou en
provenance de l’étranger, les opérations de change et règlements de
toute nature entre :
• Les Etats membres de l’UEMOA, d’une part ;
• Les autres Etats membres de la CEDEAO, d’autre part,
• Sont réalisés conformément aux statuts de l’AMAO, ou à défaut, aux
dispositions du règlement 9/2010.
§ 2 : LES OPERATIONS EN CAPITAL
• Opérations autorisées à titre général
• Selon les dispositions de l’article 6 du règlement 09/2010, le principe
en la matière, est qu’au sein de l’UEMOA les mouvements de capitaux
entre les Etats membres sont libres sans restriction aucune
conformément aux articles 76 paragraphe d, 96 et 97 du traité
modifié de l’UEMOA et à l’article 3 du traité de l’UMOA.
• Les intermédiaires agréés sont habilités à exécuter librement à titre général
à destination ou en provenance de l’étranger, sous leur responsabilité et au
vu des pièces justificatives les opérations relatives :
• Aux investissements : tous les règlements en provenance de l’étranger vers
le Burkina Faso, effectués en vue de la constitution d’investissement
directs, sont libres. Ces opérations font l’objet de déclaration à des fins
statistiques à la BCEAO lorsqu’il s’agit d’investissements directs ;
• Aux emprunts : tous les emprunts à l’étranger sont soumis à une obligation
de déclaration statistique et, la réalisation de leur produit au Burkina Faso
doit se faire par l’intermédiaire d’une banque agréée.
• Lors du remboursement, toute prorogation d’échéance et tout
remboursement anticipé doivent être notifiés aux intermédiaires
agréés par les résidents emprunteurs : L’amortissement des dettes
contractuelles et le remboursement de crédits commerciaux ;
• Le transfert des produits de la liquidité d’investissement ou de la
vente de valeurs mobilières étrangères par les non- résidents.
B- Opérations soumises à autorisation (article 7, al 2 R.09/2010)
• Tout les paiements autres que ceux-ci-dessus cités doivent faire
l’objet d’une demande d’autorisation préalable introduite par
l’intermédiaire agréé domiciliataire accompagné des pièces
justificatives attestant de la nature et de la réalité de l’opération.
• En particulier sont soumis à l’autorisation préalable du Ministre
chargé des finances :
• l’importation et l’exportation d’or (art 9 R09/2010), l’investissement à
l’étranger effectué par un résident (art 10 R09/2010).
• Par ailleurs, les prêts, les découverts et d’une manière générale toute
avance consentie à un non résident sont subordonnées à
l’autorisation préalable de la BCEAO.
• L’émission, la mise en vente et la souscription de valeurs mobilières
étrangères sont subordonnées à l’autorisation du conseil Régional de
l’Epargne Publique et de Marchés Financiers (art 8 R 09/2010).
SECTION 3 : LE SUIVI DE L’APPLICATION DE LA REGLEMENTATION
• Conformément aux textes en vigueur, le suivi de l’application de la
réglementation des changes s’effectue à trois (3) niveaux qui sont : les
banques intermédiaires agréées, la BCEAO et Ministère chargé des
finances.
§1 : AU NIVEAU DES BANQUES
• Aux termes de l’article 15 du règlement précité, les intermédiaires habilités
sont chargés de veiller au respect des prescriptions édictées en ce qui
concerne les opérations effectuées par leur entremise.
• Les banques s’acquittent de cette mission en établissant des déclarations et
des comptes rendus périodiques qui sont régulièrement transmis à la
BCEAO et au Ministère des Finances.
§ 2 : AU NIVEAU DE LA BCEAO
• Conformément aux dispositions de l’annexe I- chapitre 1 du
règlement précité (article 2 à 4), la BCEAO est autorisée à publier des
notes, lettres, instructions et avis aux intermédiaires agréés pour
préciser les modalités d’application ou d’interprétation des textes
généraux de la réglementation.
• En outre, elle est chargée de veiller en collaboration avec le Ministre
chargé des Finances, au respect des prescriptions de la
réglementation des changes. A cet effet, elle est habilitée à contrôler
tous les organismes intervenant en matière de change.
• Pour ce faire, la BCEAO applique trois types de contrôle :
• Un contrôle a priori qui s’exerce notamment sur les ordres de
transferts émis par les banques en couverture de leurs positions
débitrices à l’extérieur, les demandes d’autorisations de change pour
règlements en devises, la position extérieure des banques, etc.
• Un contrôle a posteriori qui s’effectue sur la base des déclarations et
comptes rendus périodiques relatifs aux opérations avec l’extérieur
effectuées par les banques pour leur compte et leur clientèle ;
• Un contrôle inopiné chaque fois que de besoin.
§ 3 : AU NIVEAU DES SERVICES CENTRAUX DU MINISTERE CHARGE
DES FINANCES
• Nonobstant la délégation générale donnée à la BCEAO, certains
services du Ministère des Finances interviennent dans le suivi de
l’application de la réglementation des changes. Ce sont notamment la
Direction Générale du Trésor et de la Comptabilité Publique et la
Direction Générale des Douanes.

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