Introduction générale : L'économie internationale est un domaine vaste et complexe qui étudie les
interactions économiques entre les pays, prenant en compte divers aspects tels que le niveau de
développement, la structure économique, les politiques commerciales, etc. Son importance est
croissante dans un contexte de mondialisation et d'interconnexion accrue entre les économies.
Les Théories Traditionnelles du Commerce International :
• Théorie des avantages absolus (Adam Smith) :
o Principe : Les pays se spécialisent dans la production où ils ont un avantage absolu en termes de
coûts.
o Exemple : Adam Smith met en avant le cas de la Grande-Bretagne et du Portugal dans la production
de vin et de drap.
o Limitation : Ne prend pas en compte les cas où un pays a des coûts plus élevés pour tous les biens.
• Théorie des avantages comparatifs (David Ricardo) :
o Principe : Les pays se spécialisent dans la production où ils ont un avantage relatif, même s'ils ont un
avantage absolu pour aucun bien.
o Exemple : Comparaison des coûts de production de la Grande-Bretagne et du Portugal pour le vin et
le drap.
o Avantages : Permet d'expliquer les échanges entre pays ayant des avantages absolus différents.
o Limitation : Ne prend pas en compte les différences de dotations de facteurs de production.
• Théorie des dotations de facteurs (Heckscher et Ohlin) :
o Principe : Les échanges dépendent des différences de dotations en facteurs de production (travail,
capital, etc.) entre les pays.
o Exemple : Les échanges entre le Canada et les États-Unis de produits forestiers en raison des
ressources forestières abondantes au Canada.
o Avantages : Tient compte des différences de dotations de facteurs.
o Limitation : Ne peut pas expliquer les échanges entre pays similaires en termes de dotations
factorielles.
Les Nouvelles Théories du Commerce International :
• Économies d'échelle et commerce international :
o Principe : Les économies d'échelle conduisent à une réduction des coûts moyens de production avec
l'augmentation de la quantité produite.
o Exemple : Les firmes cherchent à augmenter leur volume de production pour réduire leurs coûts et
devenir compétitives sur le marché international.
o Avantages : Explique les échanges intra-branche et la spécialisation des firmes.
• Marchés oligopolistiques et différenciation des produits :
o Principe : Les firmes cherchent à différencier leurs produits pour bénéficier d'une situation de
monopole sur le marché.
o Exemple : Les consommateurs ont le choix entre différentes marques de voitures, créant des
échanges intra-branche.
o Avantages : Explique les échanges intra-branche basés sur la différenciation des produits.
• La stratégie des firmes multinationales :
o Principe : Les firmes multinationales ont un impact majeur sur les échanges internationaux en raison
de leurs stratégies d'implantation et de production à l'échelle mondiale.
o Exemple : Les échanges entre les filiales de firmes multinationales représentent une part significative
du commerce mondial.
o Avantages : Met en évidence l'importance des firmes multinationales dans les échanges
internationaux.
Institutions Économiques Internationales
I. Introduction Les Institutions Économiques Internationales (IEI) sont des mécanismes et
des structures de coopération qui façonnent les relations économiques entre les nations.
Elles comprennent des organisations internationales telles que le GATT et l'OMC, ainsi que
des règles et des accords de libre-échange. Cette fiche examine en détail l'émergence,
l'évolution, les principes, les succès et les limites des principales IEI.
II. Émergence et Évolution
• Contexte Historique :
o Les IEI ont émergé après la Seconde Guerre mondiale pour éviter les erreurs économiques du
passé.
o L'expérience de l'entre-deux-guerres a montré la nécessité d'un ordre économique mondial
pour favoriser la stabilité et la croissance.
• Principaux Acteurs et Traités :
o Le GATT, signé en 1947, a jeté les bases du libre-échange en réduisant les tarifs douaniers.
o L'OMC, créée en 1995, a succédé au GATT pour régir le commerce mondial de manière plus
large.
III. Principes Fondamentaux des IEI
• Réciprocité : Les pays s'engagent à réduire leurs barrières commerciales en échange de
concessions similaires de la part des autres membres.
• Non-discrimination :
o Traitement national : Les produits étrangers doivent être traités de la même manière que les
produits nationaux.
o Clause de nation la plus favorisée : Les avantages commerciaux accordés à un pays doivent
être étendus à tous les membres.
• Transparence : Les politiques commerciales doivent être claires et prévisibles pour tous les
membres.
IV. Évolution du GATT vers l'OMC
• Rounds de Négociation :
o Le GATT a organisé plusieurs rounds de négociation pour réduire les barrières commerciales
(ex : Kennedy, Tokyo, Uruguay).
o L'Uruguay Round (1986-1994) a abouti à la création de l'OMC et à des accords plus étendus
sur le commerce des biens, des services et de la propriété intellectuelle.
V. Réussites et Limites des IEI
• Réussites :
o Réduction des tarifs douaniers et augmentation du commerce mondial.
o Interdépendance économique accrue entre les nations.
o Résolution des différends commerciaux grâce à des mécanismes de règlement des
différends.
• Limites :
o Persistance des obstacles non tarifaires, en particulier dans le secteur agricole.
o Priorité accordée aux intérêts des pays développés, aux dépens des pays en développement.
o Difficultés de coordination et de consensus lors des négociations multilatérales.
VI. Perspectives Critiques et Débats Actuels
• Inégalités Nord-Sud : Les IEI favorisent-elles les pays riches au détriment des pays en
développement ?
• Principe de Précaution : Les règles de l'OMC limitent-elles la capacité des gouvernements à
protéger la santé publique et l'environnement ?
• Représentativité et Transparence : Les processus de décision des IEI sont-ils suffisamment
ouverts à la société civile et aux pays en développement ?
VII. Conclusion Les Institutions Économiques Internationales jouent un rôle crucial dans la
régulation du commerce mondial. Malgré leurs succès indéniables, elles doivent faire face à
des défis importants liés à l'équité, à la durabilité et à la démocratie dans la gouvernance
économique mondiale. Une réforme continue et une plus grande inclusivité sont nécessaires
pour répondre aux besoins et aux aspirations de toutes les nations
Section II : Les institutions des relations monétaires internationales
1. Le Fonds Monétaire International (FMI)
Le FMI est une institution centrale dans la coopération monétaire mondiale, créée pour régir
les conditions des paiements internationaux. Ses statuts ont été adoptés en 1944 à la
Conférence de Bretton Woods, et il est entré en vigueur en 1945. Le FMI a trois fonctions
principales :
• Code de Bonne Conduite : Les États membres sont soumis à diverses obligations dans leurs
relations internationales.
• Mécanismes Financiers : Il fournit des devises aux États membres confrontés à des déficits
de balance des paiements.
• Organisation Internationale : Il prend des décisions de portée obligatoire. Ses organes
comprennent le Conseil des gouverneurs, le Conseil d'Administration et le Comité
Intérimaire.
La hiérarchie des États membres est déterminée par le mode de sélection des
administrateurs et les droits de vote, donnant souvent aux États-Unis un droit de veto.
2. Autres Institutions Monétaires Internationales : D'autres institutions jouent un rôle
crucial dans le Système Monétaire International (SMI), notamment :
• Groupe des Dix (G10) et Groupe des Vingt-Quatre (G24) : Ils s'appuient largement sur le
FMI et fournissent des ressources supplémentaires à celui-ci lorsque nécessaire.
• Groupe des Cinq (G5) et Groupe des Sept (G7) : Formés pour traiter des questions
spécifiques liées aux taux de change et au SMI.
• Banque des Règlements Internationaux (BRI) : Une banque privée agissant comme
intermédiaire entre les banques centrales et les marchés monétaires internationaux.
• Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE) : Joue un rôle
crucial dans la coordination des politiques économiques et monétaires des pays
industrialisés.
Section III: Les Institutions du Transfert des Ressources en Faveur du Développement
1. Coordination des Politiques de Transfert des Ressources
• Le Comité d'Aide au Développement (CAD) de l'OCDE coordonne les programmes de
transfert des ressources en faveur des pays en développement.
• Le Comité du Développement (CD) du FMI et de la BIRD donne des orientations générales
pour le transfert des ressources.
• L'ONU, notamment à travers l'Assemblée Générale et le Conseil Économique et Social,
participe également au transfert des ressources.
2. Financement du Développement
• Le Groupe de la Banque Mondiale, composé de la BIRD, de l'IDA et de la SFI, collecte et
distribue des fonds pour le développement, en offrant également une assistance technique.
• D'autres institutions incluent les Fonds des Nations-Unies, les Banques Régionales de
Développement, les Institutions Communautaires Européennes, et les Institutions Arabes.
3. Problèmes de l'Endettement dans les Pays en Développement
L'endettement est souvent lié au transfert des ressources sous forme de prêts ou de crédits.
Les institutions s'intéressent aux situations d'endettement excessif des pays en
développement et cherchent des solutions appropriées.
Le Système Monétaire et Financier International
Section I : Le système d’étalon-or (1880-1914)
Le système monétaire international (SMI) est essentiel pour réguler les transactions
financières entre les nations et maintenir la stabilité des paiements dans une
économie mondiale interconnectée. Il repose sur une monnaie-étalon qui remplit les
fonctions de monnaie d'échange, de réserve et de compte à l'échelle internationale.
Évolution du SMI :
• Système d'étalon-or (1880-1914) : Basé sur la convertibilité des monnaies en or, ce
système garantissait la liberté des paiements. Chaque pays définissait son unité
monétaire en fonction d'un poids d'or. Cependant, dans la réalité, ce système
favorisait principalement les intérêts des pays développés, en particulier la Grande-
Bretagne.
Contexte théorique du système d'étalon-or :
• La convertibilité des monnaies en or était essentielle pour éviter une inflation
galopante due à la multiplication des billets non couverts.
• L'or remplissait plusieurs fonctions : monnaie de réserve, moyen de paiement
et étalon des valeurs.
Rôle du système d'étalon-or dans la réalité :
• La domination de la Grande-Bretagne dans le système monétaire international
a conduit à la prépondérance de la livre sterling comme moyen de paiement
international.
• Malgré la théorie, dans les faits, l'argent métal dominait largement au début,
tandis que les billets et les dépôts bancaires prédominaient plus tard. À la
veille de la Première Guerre mondiale, l'or représentait seulement environ un
tiers de la masse monétaire.
Le système d'étalon-or a marqué une période importante dans l'histoire du système
monétaire international, mais dans la pratique, il a été influencé par les intérêts des
pays développés, en particulier la Grande-Bretagne. Malgré son importance
théorique, l'or n'a pas toujours rempli ses fonctions telles que définies dans la théorie
économique.
Section II : Le système de Bretton Woods ou système d’étalon-or pour le change : Le G.E.S. (Gold
Exchange Standard)
1. Introduction
• Le système de Bretton Woods a été établi en 1944 lors de la conférence de
Bretton Woods, avec pour objectif de stabiliser les échanges internationaux
après la Seconde Guerre mondiale.
• Basé sur un étalon-or pour le change, il a placé le dollar américain au centre
du système en tant que monnaie de réserve mondiale, avec une convertibilité
en or fixée à 35 dollars l'once.
2. Principes Théoriques du G.E.S. (Gold Exchange Standard)
• Place de l'or : L'or a continué de jouer un rôle important comme moyen de
paiement officiel de dernier recours, avec chaque membre du FMI définissant
la valeur de sa monnaie en poids d'or.
• Fixité des taux de change : L'objectif était d'assurer la stabilité des échanges
internationaux en fixant les taux de change, bien que de petites variations
soient autorisées.
• Ajustement des balances des paiements : Le FMI recommandait des
politiques économiques orthodoxes, une aide financière aux pays membres en
difficulté, une dévaluation concertée comme moyen d'ajustement, et le
contrôle des changes.
3. Réalité du G.E.S.
• Dollar comme monnaie mondiale : Le dollar est devenu la principale
monnaie de réserve et de financement international, ce qui a conduit à des
déséquilibres économiques.
• Politique de plein-emploi et inflation : La priorité donnée au plein emploi a
entraîné une inflation croissante, compromettant la stabilité monétaire
interne.
• Mécanisme multiplicateur de crédit international : L'avènement du marché
des euro-dollars a créé un mécanisme inflationniste de création monétaire à
l'échelle mondiale.
4. Crise et Effondrement du Système de Bretton Woods
• Crise émergente : La crise a débuté dans les années 1960 avec une demande
croissante de conversion de dollars en or, mettant en évidence les défauts du
système.
• Mesures prises : Les tentatives de maintien du système incluaient la création
de l'OCDE, les Accords Généraux d'Emprunt, et les accords de swap.
• Effondrement : L'effondrement final a eu lieu entre 1970 et 1973, avec des
déficits américains croissants, des déséquilibres commerciaux, et une
spéculation croissante sur les monnaies.
5. Raisons Explicatives du Déclin
• Surémission de dollars : Les États-Unis ont émis trop de dollars pour
répondre aux besoins de liquidités internationales.
• Dilemme de Triffin : Le conflit entre le rôle international du dollar et les
besoins domestiques américains a sapé la confiance dans la monnaie.
• Inflation et politique de plein-emploi : La politique de plein emploi a
entraîné une inflation croissante, compromettant la stabilité monétaire.
• Mécanisme multiplicateur de crédit : L'avènement du marché des euro-
dollars a alimenté l'inflation mondiale.
• Pressions commerciales et déséquilibres extérieurs : Les déficits
commerciaux américains et les tensions économiques ont mis à mal le
système.
6. Conclusion La décadence du système de Bretton Woods était le résultat de
multiples facteurs, notamment la surémission de dollars, le dilemme de Triffin,
l'inflation, le mécanisme multiplicateur de crédit international, et les pressions
commerciales. Ces facteurs ont conduit à l'effondrement du système et à la transition
vers un nouveau système monétaire international.
Section III : Le Nouveau Système Monétaire International
1. Les Particularités du Nouveau Système Monétaire International (SMI)
1.1. La Naissance du Système des Parités Flexibles
• Conférence de Kingston : Amendement des statuts du FMI pour réviser les
accords de Bretton Woods.
• Contenu de l'amendement :
o Taux de change flexibles : Les taux ne sont plus fixes, les pays ont la liberté de choisir
leur régime de change.
o Possibilité de retour aux parités fixes : Sous condition d'une majorité de 85% des voix,
avec un veto potentiel des États-Unis.
o Promotion de la stabilité des taux de change.
o Démonétisation de l'or : L'or perd son rôle d'étalon, remplacé par les DTS comme
unité de compte du FMI.
• Système de taux de change : Mélange de taux flottants et de rattachement,
prédominance du dernier.
1.2. Débat Théorique sur les Systèmes de Taux de Change
• Taux de change flottants : Promu par des économistes tels que Friedman,
offre une autonomie économique et la stabilité du marché.
• Taux de change fixes : Favorisé pour assurer la stabilité des échanges, mais
critiqué pour son instabilité potentielle.
2. Hégémonie du Dollar et L'Avènement de l'Euro
2.1. Hégémonie du Dollar dans le SMI
• Continuité de la domination : Malgré des défis dans les années 1970, le
dollar reste dominant dans le commerce international et les réserves de
change.
2.2. L'Europe Capitaliste et l'UEM
• Serpent Monétaire Européen (SME) : Création pour stabiliser les monnaies
européennes, aboutissant à l'UEM.
• Convergence des Politiques Économiques : Facteur clé du succès du SME
jusqu'au début des années 1990.
2.3. L'Union Économique et Monétaire (UEM)
• Introduction de l'Euro : Lancé le 1er janvier 1999, marque une étape
historique dans l'intégration européenne.
• Politique Monétaire Unique : Gérée par la Banque Centrale Européenne,
indépendante des gouvernements nationaux.
• Critères d'Adhésion à l'Euro : Incluent des exigences économiques pour
assurer la stabilité et la convergence.
Conclusion
• Le nouveau SMI se caractérise par des taux de change flexibles, la
prédominance du dollar, et l'avènement de l'euro.
• L'évolution vers des monnaies régionales et l'émergence de pôles
économiques multiples posent des défis pour l'avenir du système monétaire
international.