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Le processus d’enseignement/apprentissage
1 2 3
a O Les choix fondamentaux D Ces choix doivent être négociés
(objectifs, méthode utilisée, con- entre l’enseignant et les D Les apprenants doivent être
tenus, progression) sont de la apprenants, auxquels l’enseignant formés à assumer eux-mêmes de
responsabilité de l’enseignant et de peut laisser une certaine marge de plus en plus d’initiative et de
l’institution. liberté. responsabilité dans ces choix.
b D Dans le travail de groupe, D Le travail de groupe doit être D Les apprenants doivent être
l’enseignant ne contrôle plus utilisé en fonction de ses avanta- systématiquement formés au
suffisamment l’apprentissage. ges et de son adaptation à certains travail de groupe, parce qu’il les
apprenants, à certains objectifs, à motive et qu’il les forme à
certaines activités. l’autonomie.
c D L’enseignant est la personne □ L’enseignant doit accepter
compétente et responsable en ce d’expliciter ses critères d’éva- □ Les apprenants doivent être
qui concerne l’évaluation des luation et en discuter avec ses systématiquement formés à
apprenants : il utilise donc ses apprenants. l’auto-évaluation, qui pourra être
propres critères. ainsi progressivement prise en
compte par l’enseignant.
d D C’est de la responsabilité de □ C’est de la responsabilité de D C’est de la responsabilité de
l’enseignant que de donner un l’enseignant que de trouver et de l’enseignant que d’aider chaque
enseignement collectif et de proposer des compromis entre les apprenant à apprendre, ce qui
garantir les conditions d’un exigences de l’enseignement implique de respecter le rythme,
apprentissage collectif. collectif et celles des appren- les besoins, les intérêts, les styles
tissages individuels. et méthodes d’apprentissage de
chacun.
eUnité 3. La formation
□ La meilleure chose que à l'apprentissage
puisse 40
D La meilleure chose que puisse
faire un enseignant, c’est D La meilleure chose que puisse faire un enseignant, c’est de gêner
d’appliquer scrupuleusement la faire un enseignant, c’est de le moins possible la mise en
méthodologie d’enseignement choisir les stratégies d’enseigne- œuvre par chaque apprenant de
qu’il pense la meilleure. ment qu’il estime les plus aptes à ses propres stratégies
activer, soutenir, guider et enrichir individuelles d’apprentissage.
les stratégies individuelles
d’apprentissage des apprenants.
f □ Ce qui doit guider l’enseignant, D L’enseignant doit tenir compte D Ce qui doit guider l’enseignant,
c’est la progression collective telle à la fois des progrès individuels et c’est le progrès individuel de
qu’elle est prévue dans sa des exigences de la progression chaque apprenant.
planification, dans les instructions collective.
officielles et/ou le manuel.
i D II est important que les erreurs □ Il faut moduler constamment D II est important de privilégier
commises soient finalement l’attention à la forme (la cor- chez les apprenants l’expression
corrigées, que ce soit sur le champ rection linguistique) et l’attention du sens (la communication) par
ou de manière différée, au sens (la communication) rapport à la correction de la
individuellement ou collective- suivant le type d’objectif, de tâche forme.
ment. et de motivation des apprenants, et
donc corriger de manière
sélective.
j D Ce qui doit guider l’enseignant EU Ce qui doit guider l’enseignant □ Ce qui doit guider l’enseignant
dans l’enseignement de la culture dans l’enseignement de la culture dans l’enseignement de la culture
étrangère, c’est la description étrangère, ce sont les facilités et étrangère, c’est l’état auquel
objective qu’en donnent l’histoire, difficultés prévisibles des chaque apprenant est parvenu
la géographie, l’économie, la apprenants qui sont indiquées par dans son processus de
sociologie, l’anthropologie, la les études contrastives culture construction personnelle de la
critique littéraire, l’histoire de maternelle/ culture étrangère et culture étrangère (ses représen-
l’art, etc. par l’expérience professionnelle. tations interculturelles).
(Après avoir coché les cases correspondant à vos idées personnelles, reportez-vous au
corrigé p. 179, pour découvrir quel type d ’enseignant vous êtes.)
1.1.2 Voici une proposition d’activité en classe :
On peut envisager à titre d’exemple de donner comme exercice de réflexion sur l’apprentissage une liste de
vingt mots français à apprendre par cœur en cinq minutes. Ensuite chacun ou chaque groupe comparera les
stratégies utilisées pour atteindre cet objectif. On fera le même exercice dans la langue étrangère et on
soulignera les similitudes et les différences d’approches, (p. 37)
Bucher-Poteaux Nicole, 1988, « Pour un enseignement centré sur l’élève »,
Les Langues modernes, Paris, APLV, n° 6, pp. 32-39.
Unité 3. La formation à l'apprentissage
Êtes-vous personnellement favorable à ce type d’activité en classe de langue ?
41
□ oui
□ non
Pourquoi ? : ..........................................................................................................................
1 Cette typologie, adaptée d’une présentation faite en 1989 dans la revue Les Cahiers Pédagogiques, n° 254- 255, mai-
juin, compile des travaux de nombreux chercheurs différents : Antoine de La Garanderie, Herman Witkin, Michel
Huteau, Jérôme Kagan, Jérôme Bmner, David Jean-Louis Ausubel, Jean-Louis Gouzien, Maurice Reuchlin et François
Longeot. Attention à une interprétation trop simpliste d’un tel tableau. Il faut considérer en effet : 1) que ces oppositions
représentent des extrêmes théoriques, mais qu’en réalité chaque élève se situe sur un continuum entre ces bornes ; 2)
qu’il n’existe pas une cohérence globale entre les éléments de la colonne de droite, et les éléments de la colonne de
gauche, qui correspondraient à deux grands types d’élèves (chaque élève est au contraire un cas complexe) ; 3) qu’aucune
stratégie n’est en soi meilleure que la stratégie opposée, chacune pouvant produire des effets positifs et des effets négatifs
; 4) que l’objectif de la différenciation pédagogique, enfin, c’est tout autant de savoir s’adapter aux stratégies spontanées
de chaque élève, que d’aider celui-ci à les diversifier en l’amenant à s’entraîner à des stratégies différentes.
Unité 3. La formation à l'apprentissage
Le rôle de l’enseignant en groupe d’informatique 43
La situation d’enseignement/apprentissage est totalement différente puisque, dans une classe de langue
normale, l’essentiel du cours se fait à l’oral. Ici, l’apprenant travaille seul, nous pouvons donc nous
demander en quoi consiste le rôle de l’enseignant.
Il s’agit d’un groupe de soutien : ceux qui en font partie ont pour la plupart des difficultés. C’est pourquoi
le travail est basé sur la révision grammaticale. Les élèves effectuent des exercices structuraux, l’ordinateur
donne par exemple une phrase à la forme affirmative que les élèves doivent mettre à la forme négative ou
interrogative. Cela permet aux élèves de cinquième de revoir les structures de base qui devaient être
acquises durant l’année de sixième. Mais certains ne les maîtrisent pas encore, cela les empêche d’assimiler
les nouvelles formes qui viennent les compléter.
Le professeur demande une recherche personnelle, il essaie d’intervenir le moins possible. L’ordinateur
indique quand une phrase est fausse et donne l’explication de l’erreur, mais celle-ci n’est pas toujours claire.
L’enseignant veut que les élèves fassent la démarche tout seuls afin qu’ils assimilent mieux. Mais il
intervient lorsque les élèves sont trop faibles. Il leur demande d’énoncer les transformations qu’ils doivent
faire et d’expliquer comment procéder. S’ils n’en sont pas capables, ils reprennent ensemble la règle sur le
livre. Son rôle est donc de fournir une aide aux élèves les plus faibles en répondant à leurs questions ; c’est
la personne-ressource.
Afin qu’il reste une trace du travail fait lors de la séance, les apprenants doivent recopier les phrases
correctes sur leur cahier. Le passage à l’écrit permet de fixer les formes justes et sert de rappel. L’ordinateur
donne un pourcentage de réussite que les élèves doivent montrer à l’enseignant. S’il est faible, ils doivent
recommencer l’exercice, sinon, le professeur les félicite. Cela est positif, car il encourage ainsi les élèves à
progresser. Même s’il émet un jugement, l’enseignant n’est pas l’évaluateur. Son rôle se limite à organiser
le travail et à proposer son aide. (p. 9)
Pannozo Katia, 1997, Rapport de stage. Observation d’une classe de langue pendant 15 heures [classes
de 6e et 5e d’anglais LV1, classe de 4e d’espagnol LV2 ], Module « Didactique et langues néolatines »,
Paris-III, 1996-1997,18 p., multigr.
a. Reportez-vous au tableau du point 1.2.1, et repérez quel type d’apprenant devrait, à votre
avis, profiter le plus de l’activité de soutien décrite dans ce compte rendu : ......................
faire maîtriser la gradation des formes linguistiques donner les moyens de communiquer de
présentées et en assurer la répétition manière authentique
2.3
Relevez dans les instructions les références à chacun des différents modes de « prise en
compte de l’apprentissage » donnés par N. Bucher-Poteaux (voir point 5.2, p. 49) comme
exemples de « centration sur l’apprenant » : .......................................................................
2.1 L’autonomisation (la formation à l’apprentissage autonome)
a. Relevez les références aux différents types d’apprenants (voir tableau au point 1.2.1,
p. 42), et à leur prise en compte par l’enseignant : ..............................................................
b. Relevez les références à la formation méthodologique des apprenants (« apprendre à
apprendre », acquisition de compétences méthodologiques, respect des stratégies indi-
viduelles d’apprentissage...) : ..............................................................................................
□ les travaux sur projet ; exemple : les apprenants préparent une exposition ;
□ / 'analyse de problèmes ; exemple : les apprenants analysent eux-mêmes leurs erreurs et
leurs difficultés individuelles d’apprentissage ; .............................................................
□ la lecture et l ’écoute extensives ; exemple : les apprenants doivent lire chez eux en temps
limité une œuvre complète ; ............................................................................................
Unité 3. La formation à l'apprentissage
□ la sélection des activités ; exemple : les apprenants choisissent entre plusieurs types
46
d’exercices proposés par l’enseignant celui qui les intéresse le plus ; ............................
□ l’utilisation des exercices comme moyen et non comme fin ; exemple : l’enseignant
fait prendre conscience aux apprenants qu’ils doivent connaître les temps du passé pour
raconter leurs expériences personnelles ; ........................................................................
□ l'« élicitation verbale » (l’expression par les élèves de leurs propres connaissances
et expériences) ; exemple : l’enseignant demande aux apprenants de rédiger un récit en
langue maternelle avant de les faire travailler sur les articulateurs chronologiques en
langue étrangère ; ............................................................................................................
□ l’attitude positive vis-à-vis des erreurs ; exemple : le professeur fait découvrir aux
apprenants qu’une erreur commise par l’un d’eux a été produite par la généralisation d’une
règle précédemment expliquée ;......................................................................................
Comparez vos réponses données au chapitre 1 (pp. 39-44). avec les préoccupations et
propositions exprimées par Gabriel Langouët. (corrigé p. 180)
5.2
Lisez le texte suivant et faites l’activité proposée à la suite.
La « centration sur l’apprenant »
Concrètement [un enseignement centré sur l’apprenant] signifie que l’enseignant considère l’élève tel qu’il
est avec ses structures mentales, ses modes de penser et d’agir, ses connaissances réelles. En conséquence
de quoi, il met au point des traitements pédagogiques adaptés et aménage des programmes et des méthodes.
Les fondements théoriques
La recherche en matière de comportements cognitifs, d’analyse de l’intelligence, de mécanismes
d’apprentissage apporte nombre de données auxquelles peut se nourrir l’évolution de la pédagogie : Piaget
et les différents stades de la pensée chez l’enfant ; Château et les différentes formes d’intelligence
(discursive, pratique, intuitive) ; Lautrey et le rapport entre milieu social et attitudes intellectuelles ; La
Garanderie et le fonctionnement des images mentales qui entraîne des stratégies d’apprentissage différentes
selon que l’on est « visuel » ou « auditif ». De nombreux travaux convergent pour montrer la relativité des
performances d’un même individu selon la nature des épreuves ou du matériel pédagogique proposé. Le
courant va dans le sens d’une différenciation des individus et de la nécessité de les connaître pour les faire
apprendre. [...]'
La prise en compte de l’apprentissage
A partir de ce travail d’analyse, l’enseignant introduit des modifications dans l’organisation de
l’enseignement/apprentissage. Il en mesure les effets sur les comportements et les résultats des apprenants.
- Par exemple, il prend l’habitude de définir des objectifs d’apprentissage et ainsi d’impliquer l’élève dans
la progression.
- Il s’intéresse aux comportements de l’élève face à son apprentissage en lui proposant des questionnaires
courts sur le rythme de la leçon, la difficulté des activités proposées, le vécu qu’il a de sa participation au
cours, les exercices différenciés, le travail en groupe, l’aide individuelle, etc.
- Il a l’occasion d’analyser les erreurs individuellement lors des travaux de groupe ou de remédiation ou
simplement en situation de dialogue avec l’élève.
- Il observe et discute les réactions des élèves à la présentation d’une même structure grammaticale sous
des formes différentes : par exemple une explication écrite illustrée d’exemples, une séquence vidéo
montrant la structure en situation, un exercice structural, une explication verbale ou visuelle de l’enseignant.
- Il vérifie rapidement les connaissances pré-requises nécessaires à l’introduction d’une notion nouvelle.
- Il veille à formuler soigneusement les instructions des activités et à préciser ses attentes lors des exercices
d’évaluation : c’est-à-dire qu’il décrira sous quelle forme, dans quelles conditions et selon quel barème
l’évaluation de telle compétence sera faite.
- Il est à l’écoute des événements de sa classe et les intègre dans l’apprentissage : c’est-à-dire qu’il utilise
les réactions spontanées des élèves, les relations sociales et affectives du groupe classe.
- Il laisse une place à la réflexion sur ce que l’apprentissage d’une langue étrangère signifie pour chacun,
sur ses représentations mentales de la langue en question, sur son mode d’apprentissage [.. .] 2. Les attitudes
que nous décrivons sont données à titre d’exemple et ne se veulent en aucun cas figurer les must d’un «
bon » enseignement centré sur l’élève, (pp. 32-37)
Bucher-Poteaux Nicole, 1988, « Pour un enseignement centré sur l’élève », Les Langues modernes,
Paris, APLV, n° 6, pp. 32-39.
1. Cette coupe correspond à la citation transcrite au point 6.1, p. 50
2. Cette coupe correspond à la citation transcrite au point 1.1.2, p. 41
Unité 3. La formation à l'apprentissage 49
En appliquant les critères proposés par Nicole Bucher-Poteaux, définissez dans quelle
mesure le questionnaire présenté au point 1.1.3 est « centré sur l'apprenant ».
(corrigé p. 180)
facteurs analysés.
DICKINSON Lesley, CARDER Davis, 1981, «Autonomie, apprentissage auto-dirigé et domaine affectif dans l'apprentissage
des langues en milieu scolaire », Études de Linguistique Appliquée, Paris, Didier- Érudition n° 41, janv.-mars, pp. 39-
63.
Les auteurs explorent les possibilités d'introduire l'« auto-direction de l'apprentissage » en situation scolaire. Ils
présentent et discutent dans la première partie quelques-unes des justifications théoriques du processus
d’autonomisation de l’apprentissage. Dans la seconde partie, ils font 19 propositions très concrètes de pratiques
de classe destinées à alimenter ce processus : auto-observation, auto-correction, diversification des rythmes
d'apprentissage, etc.
FAYOL Michel, MONTEIL Jean-Marc, 1994, « Stratégies d’apprentissage/apprentissage de stratégies », Revue Française de
Pédagogie, Paris, INRP, n° 106, janv.-févr.-mars, pp. 91-110.
Les auteurs, sur la base d'une recension systématique de la littérature existante sur le sujet, définissent avec
précision la notion de « stratégie d’apprentissage » et montrent l'intérêt qu’elle revêt dans une perspective
d'autonomisation de l'apprenant. Ils soulignent cependant combien les difficultés d’opérationnalisation de la
notion restent grandes, et les quelques résultats obtenus limités et provisoires.
Les Langues modernes, 1987, « Les erreurs des élèves : qu'en faire ? », Paris, APLV, n° 5,192 p.
Remarquable synthèse des recherches effectuées sur les problèmes de l'erreur et de l'interlangue avec le souci
commun des auteurs de passer aux applications pratiques. Particulièrement intéressants, l'article d’Yves Bertrand
(« Faute ou erreur ? Erreur et faute ? », pp. 70-80), dans lequel l'historique des deux mots est prétexte à l'analyse
des avantages et des désavantages d'une pédagogie de l'erreur ; et l'article de Béate Coudurier (« De la faute à
l'erreur, quelle potentialité ? », pp. 81-89) qui propose des éléments d'une typologie de l'erreur.
PUREN Christian, 1990, « Méthodes d'enseignement, méthodes d'apprentissage et activités métaméthodo- logiques en
classe de langue », Les Langues modernes, Paris, APLV, n° 1, pp. 57-70.
L'auteur propose d'instaurer, en classe de langue, des moments de « réflexion métaméthodologique » où
enseignants et apprenants puissent expliciter, analyser et confronter leurs méthodes respectives à l'aide d'outils
communs de réflexion.
PUREN Christian, 1995, « La problématique de la centration sur l'apprenant en contexte scolaire », Études de Linguistique
Appliquée, Paris, Didier-Érudition, n° 100, oct.-déc, pp. 129-149.
L'auteur analyse le concept de « centration sur l'apprenant » et les problèmes que pose sa mise en œuvre dans
les pratiques d'enseignement. Il conclut à l'insuffisance du concept, et propose de lui substituer l'idée de «
centrations multiples » (sur l'apprenant, l'adolescent, la langue, le groupe,...) qu'une didactique complexe devrait
gérer simultanément sans recours à des simplifications trop faciles.
VOGEL Klauss, 1995, L’interlangue, la langue de l'apprenant, Toulouse, Presses Universitaires du Mirail, 323 p. Cet ouvrage
fournit sur la notion d'interlangue un bilan raisonné et complet prenant en compte toute la littérature aussi bien
anglophone et germanophone que francophone actuellement disponible sur le sujet. L'auteur passe en revue les
différents modèles existants pour décrire la constitution et le fonctionnement de l'interlangue. Il considère comme
le plus intéressant celui de S.P. Corder, appelé « modèle de complexification » parce que l'interlangue y est conçue
comme « un processus d'élaboration successive d'hypothèses sur la structure de la langue à apprendre ».