CONTENU DU COURS UNITE D’ENSEIGNEMENT SPORT
FACULTE DES DROITS PRIVES (FDPRI)
LICENCE 1
INTRODUCTION
Le sport est un ensemble d'exercices le plus souvent physiques se pratiquant sous forme de
jeux individuels ou collectifs pouvant donner lieu à des compétitions. Le mot « sport » est un
mot anglais, lui-même issu de l’ancien français « de sport » : Divertissement, plaisir physique
ou de l'esprit.
Le sport est universel, il a été pratiqué à toutes les époques aux quatre coins du monde sous
des formes très diverses. Le sport joue un rôle important pour le développement : le sport
n’est pas seulement un but en soi, c’est aussi un outil qui aide à améliorer la vie des familles
et des communautés entières. Le sport peut ainsi être considéré comme une « école de vie » et
un outil efficace pour atteindre divers buts dans les domaines de la santé, de l’éducation, de
l’égalité des sexes, de la protection et du développement de l'enfant.
Dans nos sociétés, les activités physiques et sportives concernent l’ensemble des citoyens.
L’actualité sportive est omniprésente. L’évènement sportif va jusqu’à constituer un
évènement mondial de première importance. Aujourd’hui, trois dimensions du sport se
distinguent : une pratique compétitive, une pratique ludique et une pratique préventive de
manière à entretenir son corps et sa santé.
Mais le développement du sport n’est pas sans danger ni dérives. Violence, dopage et
propagande politique figurent en tête de liste. Il en reste pas moins que le sport est un outil
particulièrement efficace pour toucher à la fois les enfants et les adultes du monde entier.
Aussi, au niveau des organisations internationales, le sport est un outil important pour
développer des pays et transmettre des valeurs de solidarité, de fraternité, de respect pour
l’autre, de fair-play, etc.
A. LES DEFINITIONS DES CONCEPTS DU CHAMP DES ACTIVITES PHYSIQUES
ET SPORTIVES.
L'activité physique, Le sport, Activités Physiques ou Sportives, Activité ludique, Activité
physique de loisir, Activités physiques d’entretien, Activités physiques de rééducation,
Activité physique d’expression
Activités physiques : La première définition officielle de l’activité physique a été formulée
par Caspersen et al. (1985), qui l’identifie comme « […] tout mouvement du corps produit par
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les muscles squelettiques et qui résulte en une augmentation substantielle de la dépense
énergétique par rapport au repos »
Plus récemment, cette définition a été simplifiée par l’OMS (2009) qui entend par activité
physique « […] tout mouvement produit par les muscles squelettiques, responsable d'une
augmentation de la dépense énergétique » Typiquement, l’activité physique est caractérisée
par une fréquence, une intensité, un contexte et un volume de pratique.
L’exercice physique rassemble quant à lui « les caractéristiques d’un mouvement corporel
planifié, structuré et répété pour lequel l’objectif est d’améliorer ou de maintenir sa condition
physique ».
Afin de mieux comprendre la distinction entre les concepts d’activité physique et d’exercice
physique, nous pouvons nous servir de l’exemple des activités physiques professionnelles.
Ces dernières sont habituellement réalisées sans l’intention de pratiquer un exercice physique.
Cependant, un travailleur pourrait volontairement planifier l’exécution d’une tâche de manière
à « brûler » plus de calories, en empruntant les escaliers plutôt que l’ascenseur pour rejoindre
son bureau ou en se donnant la possibilité de mener ses conversations téléphoniques en
marchant. Dans cette optique, l’activité physique professionnelle prend la forme d’un exercice
physique.
Enfin, le sport est défini comme « un sous-ensemble d’activités physiques se pratiquant sous
forme de jeux individuels ou collectifs pouvant donner lieu à des compétitions ».
Les participants adhèrent à un ensemble commun de règles et d’objectifs. Ainsi, si l’exercice
physique peut parfois constituer une composante de l’entrainement d’un sportif (par exemple,
les séances de préparation physique générale), le sport comprend les formes d’activité qui
sont spécifiques à la discipline sportive pratiquée.
Selon Brohm (1995), le sport se définit aussi comme un système institutionnalisé de pratiques
compétitives à dominante physique délimité, codifié et réglé conventionnellement, dont
l’objectif avoué est la performance d’exploit, de démonstration pour désigner le meilleur
concurrent ou la meilleure performance.
Weineck (1992), a répertorié différentes formes d’expression du sport : le sport de masse, le
sport pour la santé, le sport de performance, le sport de haut niveau et la thérapie par le
mouvement.
Ce découpage du concept sport en des formes distinctes de pratique s’est vu exacerbé par un
engouement médiatique énorme pour le spectacle sportif que représente le sport de haut
niveau. Face à cet élan politico-médiatique, le terme sport se rapproche de plus en plus
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intimement de la définition du sport de haut niveau telle qu’elle est proposée par Weineck. «
C’est le sport de compétition qui est pratiqué au niveau régional, national et international,
avec pour objectif la plus haute performance possible. Les records et les succès internationaux
en sont les caractéristiques principales ».
ACTIVITES PHYSIQUES ET SPORTIVES (APS)
« Les termes activités physiques et sportives (APS) regroupent toutes les pratiques, qu'elles
soient sportives, compétitives, de loisirs, extrêmes, libres, au cours desquelles le corps est
utilisé, mis en jeu et ceci quelle que soit la valeur (physiologique, psychologique,
sociologique) que le pratiquant lui prête ». Cette définition des APS exclut implicitement
l’activité physique liée au travail, et c’est dans ce sens que ce terme est généralement
employé.
B- HISTOIRE DU SPORT.
1. Les sports anciens
Les origines du sport remontent aux temps les plus anciens de l’humanité. Il est dès l’origine
pratiqué sur tous les continents et prend souvent la forme de rituels ou de loisirs. Il deviendra
plus tard professionnel. Ci-après, deux exemples de sports anciens (le Cuju (Chine)
et le Jeu de balle « Pok ta pok » (Mexique) qui montrent que le sport est pratiqué
depuis des millénaires dans toutes les régions du monde. Nous nous concentrerons ensuite sur
les Jeux Olympiques antiques.
2. L’Olympisme Antique
Les Jeux Olympiques antiques, tels que nous en avons connaissance aujourd’hui, ont une
longue histoire. Tout commence en Grèce, dans le Péloponnèse, il y a 3000 ans environ.
Ils étaient dédiés au dieu grec Zeus et avaient lieu au même endroit tous les quatre ans. Cette
période de quatre années a pris le nom d’« Olympiade ».
Les Grecs arrivaient en masses à Olympie pour le festin, pour célébrer et admirer les athlètes
les plus forts s'affronter dans le but de faire honneur à leur cité et à leur famille.
Nike, bien avant d’être une marque, était surtout la déesse de la victoire Athéna Niké.
Des quatre jeux panhelléniques, ceux d’Olympie étaient les plus importants. On ne retrouvait
alors qu'une épreuve, la course du stade. Seuls les hommes et les garçons avaient le droit de
participer et seules les femmes non mariées pouvaient assister aux compétitions. D’autres
épreuves furent ajoutées aux Jeux olympiques au fil du temps : pentathlon (disque, javelot,
saut en longueur, course et lutte), courses de chars, pugilat (boxe), pancrace (lutte extrême),
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courses de chevaux.
3. La participation aux jeux et les athlètes
Les principaux critères de participation aux Jeux étaient au nombre de trois. Il fallait être un
homme, être d’origine grecque et être libre. Les femmes, les esclaves et les étrangers en
étaient exclus.
La renommée
La gloire de l’athlète victorieux rejaillissait sur tous les habitants de sa ville natale. De retour
des Jeux, il était accueilli comme un héros et bénéficiait de nombreux avantages jusqu’à la
fin de sa vie. Pour montrer qu’il était devenu célèbre, le vainqueur avait le droit de faire
ériger sa statue. Il pouvait aussi demander à un poète d’écrire des vers racontant ses exploits.
Parce qu’ils étaient fiers de lui, ses concitoyens frappaient parfois des pièces de monnaie à
son effigie pour ne pas l’oublier et le faire connaître dans tout le monde grec.
La trêve olympique
La tradition de la "Trêve olympique", ou "Ekecheiria", fut instituée dans la Grèce antique au
IXème siècle avant J.-C. Durant cette période de trêve, les athlètes, les artistes et leur famille,
ainsi que les simples pèlerins pouvaient voyager en toute sécurité pour participer ou assister
aux Jeux Olympiques puis retourner dans leurs pays respectifs. À l'approche de l'ouverture
des Jeux Olympiques, la Trêve sacrée était proclamée et annoncée par les "Spondophores",
citoyens d’Élide qui voyageaient de cité en cité à travers tout le territoire grec pour
transmettre le message.
La trêve olympique ne put être reprise dans les Jeux Olympiques modernes. Les conflits ont
continué pendant les Jeux et ils n’eurent pas lieu en 1916, 1940 et 1944.
Toutefois, depuis 1993, l’Assemblée générale des Nations Unies réitère son soutien au
Comité International Olympique (CIO) en adoptant à l’unanimité tous les deux ans – un an
avant chaque édition des Jeux Olympiques – une résolution intitulée « Pour l’édification
d’un monde pacifique et meilleur grâce au sport et à l’idéal olympique ». Par cette résolution
non contraignante, l’ONU invite ses États membres à respecter la Trêve olympique
individuellement ou collectivement et à chercher, conformément aux buts et principes de la
Charte des Nations Unies, le règlement de tous les différends internationaux par des moyens
pacifiques et diplomatiques.
Malheureusement, les Jeux Olympiques modernes sont souvent l’occasion d’envenimer les
conflits entre les peuples. En 1972, le groupe extrémiste Septembre noir faisait régner la
terreur à Munich en s’attaquant aux athlètes israéliens. Quatre années plus tard, à Montréal,
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27 pays africains ont boycotté les Jeux parce qu’une équipe de rugby de la Nouvelle-Zélande
avait effectué une tournée en Afrique du Sud, sous le régime de l’apartheid. En 1980, les
États-Unis et une cinquantaine de pays ont refusé de participer aux Jeux de Moscou à cause
de l’intervention soviétique en Afghanistan. Les Soviétiques et un bloc de 15 pays de l’Est se
sont vengés en boycottant les Jeux de Los Angeles en 1984. En 1988, ce fut au tour de Cuba,
du Nicaragua, de l’Éthiopie et de la Corée du Nord. Puis, aux Jeux d’Atlanta en 1996, une
bombe a fait une centaine de blessés.
4. La fin des jeux
Durant près de douze siècles, les Grecs, puis plus tard les Romains, se réunirent à
Olympie pour célébrer ensemble la fête en l’honneur de Zeus et veiller à ce que les
Jeux Olympiques de l’Antiquité restent un événement majeur.
L’esprit olympique succomba à la conquête romaine en 146 av. J.-C. Les Romains, avides de
spectacles, rendirent les victoires négociables et repoussèrent les limites de la cruauté lors
des combats en faisant participer les esclaves et les fauves.
C’est un décret de l’empereur Théodose 1er en 393 après J.-C. qui interdit la pratique des
cultes païens comme les Jeux Olympiques. Il abolit donc les jeux, manifestations athlétiques
et spirituelles suscitant, selon lui, une attention excessive du public. En 426, Théodose II
ordonne la destruction d’Olympie avec la démolition du temple de Zeus et l’incendie de la
ville. En 512 et en 526, deux tremblements de terre mettent Olympie en ruine.
En 1766, le site d’Olympie fut redécouvert par l’Anglais Richard Chandler, mais ce n’est
qu’en 1875 que des fouilles archéologiques furent entreprises par les Allemands, permettant
ainsi de retrouver les ruines d’Olympie. Plus tard, ces découvertes contribuèrent à inspirer
Pierre de Coubertin, qui instaura les Jeux Olympiques de l’ère moderne. Olympie est
aujourd’hui le siège de l’Académie Internationale Olympique, centre d’échange international
qui a pour but d’enrichir et de promouvoir l’olympisme.
C- HISTORIQUE DU SPORT MALIEN
A. LA PERIODE COLONIALE :
Le sport fut introduit au Mali par les missionnaires et les militaires français. Depuis ses
premiers pas, il était pratiqué dans les camps militaires et les écoles où étaient concentrées les
installations sportives. Ce phénomène fut accentué aussi par le fait de l’orientation de la
politique générale de l’éducation physique avec la préparation militaire.
Le père BOUVIER, un missionnaire français est considéré comme l’un des pères fondateurs
du sport malien. Il construisit le premier terrain en 1948, à la mission catholique. Un
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deuxième terrain voit le jour en 1949, à la base aérienne des militaires. La seule ligue de
l’époque (la ligue du district du soudan), comprenait trois clubs en 1949 :
- La Jeanne d’Arc ;
- La base aérienne (militaire) ;
- L’Association Sportive des Commerçants (français et les libano-syriens).
Avec la nouvelle politique de créations des installations sportives dans les établissements
scolaires et dans les centres municipaux, d’autres clubs naquirent comme : le Foyer Soudan et
le Richelet club. Dans la même année en 1950-1951, la ligue du soudan a été affiliée à la ligue
de l’Afrique Occidentale Française.
A partir de 1952-1953, des équipes scolaires furent constituées comme :
- Le lycée Terrassons de Fougère (lycée Askia) ;
- l’Ecole des Travaux Publics de l’AOF ; (ENI)
- le collège technique ; (lycée technique)
- le lycée des jeunes filles. (Bâ Aminata DIALLO)
Ces écoles étaient fréquentées par les élèves venus de beaucoup de régions de l’AOF.
En basketball, la ligue du soudan participe pour la première fois à la coupe de l’AOF en 1952,
avec la Jeanne d’Arc qui joua la demi-finale contre le Foyer France –Sénégal à Bamako où
elle perdu 34 à 82.
L’encadrement de ces clubs était assuré par des hommes qui étaient armés d’une pratique
sportive plutôt que d’une pédagogie adéquate de l’entraînement.
B. LA PERIODE APRES L’INDEPENDANCE :
Avec une nouvelle politique socialiste du pays, les activités physiques et sportives verront une
amélioration organisationnelle sous l’impulsion d’une jeunesse populaire et d’un Etat
ambitieux. C’est ainsi que le Haut-Commissariat aux sports proposa une fusion des différents
clubs, afin, de parer à certaines divergences d’ordre socio-économique qui freinaient
l’épanouissement du sport.
Cela nous a donné en 1960 :
- Espérance + Jeanne d’Arc = Stade Malien ;
- Africa Sports + Foyer du Soudan = Djoliba Athléctic Club ;
- Avenir + Racing Club = Association Sportive du Réal ;
- Aigles + USI = Club Olympique de Bamako ;
- Toutes les équipes militaires (forces armées, police, gendarmerie : U S F A S (Union
Sportive des Forces Armées et de Sécurité ;
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- Une équipe par région (6 régions).
En plus de ces club civils les clubs scolaires comme : ETP (Ecole des Travaux Publics) ; Le
Lycée Technique ; Le Lycée Askia Mohamed (ancien Terrassons de Fougères) ; Le Lycée de
filles, vont grossir le nombre des clubs à trente (30) clubs de 1960 à 1964.
C’est à partir de 1961, que les premières coupes du Mali (basketball et football) ont été
organisées sous l’égide de leurs fédérations avec l’aide des bonnes volontés.
De 1961 à 1965, les premières coupes du Mali en basketball furent gagnées par des scolaires
et universitaires : ETP 1961, 1963, 1964 1965 et LAM en 1962.
A partir de 1965, les clubs scolaires et universitaires ont été détachés de la fédération
malienne de basketball et prendront un statut particulier. La division du sport scolaire et
universitaire se chargera de l’organisation des compétitions (championnat scolaire doté d’une
coupe).
De 1965 à 1988, la fédération de basket-ball s’est chargée uniquement de l’organisation de la
coupe du Mali, du championnat et des compétitions internationales. A part la coupe du Mali,
les autres compétitions ont connu d’énormes problèmes et beaucoup de forfaits ont été
signalés.
Ces lacunes sont dues aux difficultés de communications (voyages difficiles car certaines
régions sont éloignées) et aussi de finances. Néanmoins le Mali va participer à quelques
phases finales de la coupe d’Afrique et de championnats d’Afrique de clubs. Mais avant
d’arriver là nous pensons qu’il faudra rappeler la participation de la fédération du Mali
(Fédération Soudan-Sénégal) aux jeux de Casablanca. Cette équipe était formée par des
joueurs venus du Soudan actuel Mali et du Sénégal. Parmi l’équipe, on comptait de maliens
sinon à 80% dont la plupart des scolaires ou universitaires.
Après l’éclatement de la fédération, le Mali a effectué quelques sorties internationales.
Il faut retenir qu’en 1977 au Caire, le Stade Malien éliminé en demi-finale de basketball, pour
un refus de changer de maillot, malgré toutes les interventions auprès des dirigeants maliens,
ont préféré la défaite au changement de maillot.
A partir de quelques résultats, une nouvelle politique sportive vit le jour au Mali en 1979,
intitulée la réforme de 1979. Cette réforme est partie du constat, fondé non seulement sur la
maigreur des résultats internationaux et un chauvinisme latent qui paralysait toute tentative de
redynamisation, mais aussi, sur l’insuffisance des installations, la pénurie des cadres
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techniques, la pauvreté des compétitions toutes choses qui rendent difficile une pratique
élitiste et populaire du sport. Cette réforme a tendance à donner une nouvelle orientation du
sport malien en général.
La première remarque à faire c’est la dissolution de tous les clubs au profit de 13 clubs
nationaux englobant cinq disciplines : le basket-ball, le football, le volleyball, l’athlétisme et
la boxe.
Les clubs étaient répartis comme suit :
-Bamako cinq (5) clubs : Le Djoliba A C, l’A S Réal, le Stade Malien, le Club Olympique
de Bamako (COB), l’Union Sportive des Forces Armées et de Sécurité (USFAS) ;
-un club National par région : Sigui (Kayes), Association Sportive du Nianan
(Koulikoro) Tata (Sikasso), Association Sportive du Biton (Ségou), Association Sportive
du Débo, (Mopti), El Farouk (Tombouctou), et Sonni de (Gao).
Les raisons avancées par la réforme sont d’ordre socio-économique : d’une part le
renforcement de l’effectif des clubs, la consolidation des liens et aussi arrêter le chauvinisme ;
la répartition du peu de cadres sera équilibrée et ainsi les clubs auront un encadrement digne
de ce nom. La réforme va aussi favoriser leur talent d’où un frein à l’exode. Nous sommes
dans un pays caractérisé par un manque notoire d’infrastructure, limiter les clubs sera une
façon de donner à tous un terrain et quelques moyens indispensables au progrès.
Dans le domaine scolaire et universitaire, la réforme va souligner et insister sur le rôle de
l’éducation physique et sportive dans le développement du sport du pays. La dimension
sportive doit intégrer la formation des jeunes. Pour cela, il faut élaborer des programmes
adéquats et former des enseignants efficaces, capables de mieux exercer sans défaillance cette
discipline qui est reléguée au second plan. La réforme a réclamé et insisté sur l’intégration de
la pratique de l’éducation physique dans les programmes d’examens.
Pouvons-nous déjà dire que le sport malien partira sur les nouvelles bases ? Si la réforme dans
son ensemble s’est avérée positive selon l’appréciation de certains dirigeants maliens, nous
pensons qu’il serait nécessaire d’être prudent.
Après l’adoption de la réforme et sa mise en application.
Parallèlement aux fédérations, des ligues régionales et des comités locaux de sports furent
installés pour l’organisation des compétitions au niveau des clubs de masse c’est-à-dire les
équipes des quartiers et des arrondissements.
Sur le plan national, de nombreux forfaits ont été constatés et le niveau des compétitions s’est
affaibli. Les principales causes qui sont à la base de cette baisse de niveau se trouvent à notre
avis dans la pauvreté des installations, l’insuffisance notoire des cadres compétents, la
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mauvaise organisation. Il serait bien aussi de signaler les problèmes de transport et de
communication dans un pays vaste comme le Mali qui ne regroupe à son sein que 12 clubs
nationaux. Le déplacement étant très difficile à l’intérieur, les formules de compétition
adoptées ne sont pas conformes aux moyens qui sont très limités.
Les compétitions internationales n’ont pas été favorables comme le pensait la réforme.
De manière générale, quand nous suivons l’évolution du sport malien, bien avant
l’indépendance jusqu’à un long moment après, nous constatons que les scolaires et
universitaires ont joué un grand rôle. Toutes les premières coupes nationales et d’autres
compétitions similaires organisées par les ligues et les fédérations ont été remportées par les
scolaires jusqu’en 1965 ou ces équipes sont désormais dirigées par un organe spécifique qui
est chargé de toutes les questions sportives au niveau scolaire et universitaire au Mali
L’UASSUMA (Union des Associations Sportives Scolaires et Universitaires du Mali). Si le
sport scolaire brillait aux lendemains des indépendances est-ce qu’il continue de l’être à nos
jours ? Les premiers résultats obtenus sont-ils le fruit d’un travail pédagogique cohérent dans
les écoles maliennes ? Beaucoup de questions qui ne trouveraient leur réponse que dans une
analyse assez approfondie de la place du sport dans les écoles. De nos jours des efforts sont
accomplis mais de choses restent à réaliser.
C LE SPORT MALIEN A NOS JOURS
La réforme ayant montré ses limites en raison de son non adaptation aux préoccupations de
l’heure, elle a été simplement ignorée par certaines fédérations qui avaient besoin de plus
compétitions basées sur les performances sportives et non sur la représentative. C’est ainsi
qu’au niveau des fédérations de football, de basketball et d’athlétisme il y a eu la création de
plusieurs centres et de clubs affiliés. Créant ainsi plus de compétitions.
Plusieurs disciplines qui n’étaient pas pratiquées sont aujourd’hui reconnues par le Ministère
des sports c’est ainsi que nous avons près de trente-trois (33) fédérations sportives reconnues
contre seulement quatre au début.
La plupart des clubs qui ont été fusionnés pour créer les clubs régionaux et nationaux ont
réapparu comme la Jeanne d’Arc de Bamako et la plupart des clubs qui existaient dans les
différentes régions.
Le Ministère des sports a aussi doté le pays d’une loi relative à la politique sportive et adopté
ses décrets d’application.
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Au niveau des infrastructures avec l’avènement de la CAN 2002 et des différentes
compétitions africaines au niveau du basketball, le pays est doté en stades et en salles de
sport.
Les résultats des équipes nationales s’améliorent avec des sacres au niveau continental surtout
pour les jeunes.
En conclusion
Nous pouvons sans nul doute dire que malgré les maigres ressources dont dispose le sport, la
pratique sportive évolue positivement et tend vers le professionnel avec le transfert de
plusieurs jeunes sportifs par an.
En plus du sport la pratique des activités physiques prend place dans le quotidien des
populations dans les salles de gym, sur les espaces publics et pour tous les âges.
D. LE ROLE DU SPORT DANS LA REALISATION DES OBJECTIFS DE
DEVELOPPEMENT DURABLE
Après 15 ans de progrès accomplis dans la réalisation des objectifs du Millénaire pour le
développement (OMD) sans précédent, le monde a porté son attention sur les objectifs de
développement durable, la communauté internationale, conduite par les Nations Unies, a procédé à
une consultation approfondie avec les parties prenantes de toutes les sphères de la société et ont
fixé 17 objectifs de développement durable à atteindre dans les 15 prochaines années.
Le sport s’est révélé être un outil économique et souple pour promouvoir les objectifs de paix et de
développement. Depuis l’adoption des OMD en 2000, il a joué un rôle capital dans le progrès de
chacun des huit objectifs, un fait qui a été reconnu dans de nombreuses résolutions de l’Assemblée
générale. Dans la résolution 70/1, intitulée « Transformer le monde : le Programme de
développement durable à l’horizon 2030 », adopté en 2015, son rôle en matière de progrès social
est davantage reconnu :
Le sport est lui aussi un élément important du développement durable.
Exploitant son immense potentiel, le Bureau des Nations Unies pour le sport au service du
développement et de la paix (UNOSDP) rassemble depuis longtemps les peuples par le biais du
sport et soutient les initiatives de paix par le sport en organisant des manifestations sportives de
grande envergure ou des activités locales. Ces initiatives aident le sport à exploiter sa capacité à
réaliser les objectifs mondiaux.
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La pratique régulière d’une activité sportive ou physique a un effet bénéfique sur la vie sociale et la
santé. Non seulement elle a une incidence directe sur les aptitudes physiques, mais elle aide aussi
les enfants et les jeunes à faire des choix sains, à rester actifs et à lutter contre les maladies non
transmissibles. Un certain nombre d’études réalisées par l’Organisation mondiale de la santé
(OMS) ont aussi souligné que l’exercice physique peut avoir un effet positif sur la santé mentale et
les fonctions cognitives. Il améliore l’estime de soi et la confiance en soi et réduit la dépression et
l’anxiété.
Objectif 3 : Permettre à tous de vivre en bonne santé et promouvoir le bien-être de tous, à
tout âge.
Le sport contribue au bien-être, indépendamment de l’âge, du sexe, de l’appartenance ethnique. Il
est apprécié de tous et sa portée n’a pas d’équivalent. Par exemple, la Fédération mondiale de
taekwondo a créé la Fondation humanitaire de taekwondo afin de promouvoir l’art martial dans les
camps de réfugiés dans le monde. Ces initiatives sensibilisent le public à la situation des jeunes
réfugiés et sont en parfaite harmonie avec les objectifs de développement durable, en particulier
concernant la santé
Objectif 4 : Assurer à tous une éducation de qualité, sur un pied d’égalité, et promouvoir les
possibilités d’apprentissage tout au long de la vie.
L’activité physique a un effet positif considérable chez les enfants et les jeunes. Associés à un
programme scolaire, les activités physiques et le sport sont des éléments nécessaires à une
éducation complète et de qualité.
Le sport offre un apprentissage tout au long de la vie et une éducation alternative pour les enfants
non scolarisés. En pratiquant un sport ou une activité physique parallèlement à leurs études, les
élèves acquièrent des compétences essentielles, notamment l’esprit d’équipe, le fair-play, le respect
des règles et d’autrui, la coopération, la discipline et la tolérance. Ces compétences sont essentielles
à leur participation future aux activités de groupe et à la vie professionnelle et peuvent stimuler la
cohésion sociale avec les communautés et les sociétés. Compte tenu des contributions que le sport
apporte au développement personnel et social, l’amélioration de son accès et de sa pratique est un
objectif de développement principal.
C’est pourquoi l’UNOSDP a mis en place depuis 2012 le Programme de formation des jeunes aux
fonctions de direction destiné aux jeunes afin de former et d’autonomiser les jeunes leaders des
communautés désavantagées sur la façon d’utiliser le sport comme outil de progrès. Au camp
organisé en février 2016 à Hambourg (Allemagne) par ce Programme, six réfugiés ont été invités et
intégrés au groupe, ce qui souligne aussi la capacité du sport à promouvoir l’inclusion et à
rassembler.
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Objectif 5 : Parvenir à l’égalité des sexes et autonomiser toutes les femmes et les filles).
Le sport, sous sa forme la plus fondamentale, encourage également la participation équilibrée des
hommes et des femmes et à la capacité de promouvoir et de réaliser l’égalité des sexes.
Les femmes et les filles peuvent être autonomisées par le sport et l’activité physique et bénéficient
de l’impact positif du sport sur la santé et la situation psychosociale.
La participation des femmes et des filles remet aussi en cause les stéréotypes et les rôles sociaux
qui leur sont couramment associés. Le sport peut les aider à montrer leurs talents et leurs réussites à
la société en mettant en valeur leurs compétences et leurs capacités, ce qui améliore l’estime de soi
et la confiance en soi. Il offre aussi des possibilités d’interaction sociale et d’amitié, ce qui peut
amener les hommes à prendre conscience des rôles de chaque sexe et avoir un effet bénéfique sur
les aptitudes sociales et psychologiques.
Par exemple, le projet du Diyar Consortium, mis en œuvre dans l’État de Palestine, illustre bien la
capacité du sport à promouvoir l’égalité des sexes. Dans le cadre de ce projet, un centre sportif a
été créé pour permettre aux femmes de participer aux activités sportives, d’acquérir des
compétences transférables ainsi que des compétences professionnelles nécessaires à l’emploi. Le
plus bel exemple de la réussite de Diyar Women Sports Unit, créée en 2008, est l’Équipe de
football, qui est devenue l’une des meilleures équipes nationales de football de l’État de Palestine.
En 2011, celle-ci a remporté la toute première Ligue du championnat de football féminin
palestinien. Des membres de l’Équipe de football font désormais partie de l’académie, ouverte en
2012, et forment des jeunes filles et leur transmettent leur savoir. Diyar a également mis en place
un réseau et des partenariats solides avec les organisations palestiniennes et internationales,
permettant ainsi de développer le projet et d’assurer sa viabilité. Ce projet a eu un effet bénéfique
non seulement sur les femmes, mais sur l’ensemble de la société.
Objectif 11 : Faire en sorte que les villes soient ouvertes à tous, sûres, résilientes et durables.
Au moyen des initiatives lancées par l’UNOSDP et ses partenaires, le sport contribue à permettre
aux villes et aux communautés de s’ouvrir à tous.
L’inauguration du projet Table Tennis for Népal, en avril 2016 est un exemple qui montre
comment le sport peut promouvoir le développement social en changeant les idées reçues
concernant les personnes handicapées et en leur donnant la possibilité de participer à une activité
physique malgré leur handicap. En particulier, après le séisme qui a ravagé le Népal en 2015, le
sport a permis d’assurer un retour à une vie normale et de développer l’efficacité personnelle chez
les survivants.
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Objectif 16 : Promouvoir l’avènement de sociétés pacifiques et ouvertes à tous.
Le sport peut aussi être utilisé comme un outil puissant pour prévenir les conflits et promouvoir
une paix durable, car sa portée universelle lui permet de transcender les cultures.
Dans sa contribution à la paix, il fournit souvent des environnements sûrs aux niveaux local et
communautaire auxquels les participants prennent part en vue d’atteindre des objectifs communs et
de promouvoir des intérêts communs, d’acquérir les valeurs de respect, de tolérance et de fair-play
et de développer des compétences sociales. En tant que dénominateur commun et passion partagée,
il peut établir des ponts entre les communautés, indépendamment de leurs différences culturelles
ou des divisions politiques. En période de conflit ou d’instabilité, les activités sportives peuvent
donner un sentiment de normalité aux participants.
Dans le cadre du Programme de formation aux fonctions de direction destiné aux jeunes mis en
place en 2013 à Gwangju, en République de Corée, nous avons pu constater la façon dont le sport
peut être utilisé pour promouvoir l’entente mutuelle et le dialogue dans des zones de conflit. Ce
Programme, qui a réuni à la fois la République de Corée et la République populaire démocratique
de Corée, a permis aux participants de réaliser qu’ils avaient plus de points communs que de
différences et de dissiper les images négatives que chacun des pays avait l’un de l’autre. Cet outil
essentiel a permis aux deux pays d’instaurer des liens sociaux qui ont contribué à promouvoir le
rapprochement, le respect, l’entente mutuelle et le dialogue.
Objectif 17 : Revitaliser le partenariat mondial pour le développement durable.
L’établissement de partenariats solides et étroits est essentiel à la promotion du développement
durable et à la réalisation des objectifs de développement durable. Le monde est plus connecté que
jamais et le sport, de par sa portée mondiale, peut relier les réseaux influents des partenaires et des
parties prenantes pour porter leur engagement commun en faveur du développement durable. À cet
égard, le monde du sport peut fournir des réseaux efficaces de partenaires et de parties prenantes
s’employant à utiliser le sport au service du développement durable
Un excellent exemple est la coopération entre les Nations Unies et le Comité international
olympique (CIO), une entité jouissant du statut d’observateur auprès des Nations Unies et un
partenaire clé de l’UNOSDP ayant lancé plusieurs initiatives communes dans le domaine du sport
au service du développement et de la paix. Par exemple, l’Assemblée générale a adopté plusieurs
résolutions liées à la Trêve olympique. Tous les quatre ans, les Nations Unies exhortent les États
membres, toutes les parties en conflit et d’autres parties prenantes, à respecter la Trêve pendant la
célébration des Jeux olympiques et paralympiques, avec l’espoir qu’une journée de trêve pourra
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engendrer une semaine de paix, un mois de paix et, à terme, mettre fin à la guerre. Associées
depuis longtemps à la promotion de la paix, les valeurs olympiques sont donc devenues un élément
important du sport et de l’éducation. La résolution de l’Assemblée générale 70/4, intitulée «
Édification d’un monde pacifique et meilleur grâce au sport et à l’idéal olympique », a été
coparrainée par les 180 États Membres des Nations Unies et adoptée par consensus en 2015.
Dans la résolution, il est demandé aux États d’observer la Trêve olympique à partir du septième
jour précédant l’ouverture des Jeux olympiques 2016, qui se tiendront en août à Rio, au septième
jour suivant la clôture des Jeux paralympiques 2016 en septembre.
Ces Jeux seront une formidable source d’inspiration et un symbole fort de l’union des peuples à
travers le monde. Le Brésil accueillera pour la première fois les Jeux olympiques et paralympiques
en Amérique du Sud. Ce sera également la première fois que les réfugiés seront représentés par
leur équipe olympique. Ces deux caractéristiques inédites montrent que les manifestations
sportives ne sont pas des compétitions féroces, mais offrent des possibilités uniques d’édifier une
société mieux intégrée et de transmettre un message de paix, d’inclusion et de respect. Les
manifestations sportives de grande envergure peuvent aider à promouvoir le développement social,
la croissance économique, la santé, l’éducation et la protection environnementale, en particulier si
elles s’inscrivent dans une politique cohérente et durable à long terme aux niveaux municipal,
régional et national.
Le sport, toutefois, fait encore face à de nombreux défis pour atteindre son véritable potentiel.
Nous avons trop souvent observé des phénomènes d’intolérance, de racisme, de haine et de
violence lors de ces manifestations. Les organisations sportives, les directeurs, les sportifs et les
fans doivent faire tout ce qui est possible pour combattre ces maux et exploiter pleinement le
pouvoir positif du sport. Comme de nombreux autres domaines, la corruption touche aussi le sport.
Elle le tue et nous ne devrions tolérer aucune malversation, y compris le dopage. Notre rôle est de
continuer à lutter contre les abus et à promouvoir une bonne gouvernance, l’intégrité et la
transparence. Nous devons aussi nous employer à intégrer les objectifs de développement durable
dans toutes les organisations sportives.
Malgré ces défis, l’immense pouvoir positif et la passion du sport continueront de rassembler les
peuples, de promouvoir un monde plus inclusif et plus pacifique grâce à ses valeurs et à ses
principes universels. Historiquement, le sport a joué un rôle important dans toutes les sociétés et
servi de plate-forme de communication dynamique pouvant être utilisé pour promouvoir la culture
de la paix. Il est, et continue d’être, l’un des outils les plus efficaces et les plus versatiles pour
promouvoir les valeurs des Nations Unies et réaliser les objectifs de développement durable.
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