PCSI 1 - DEVOIR MAISON N˚10 Année scolaire 2017-2018
A rendre le lundi 8 janvier 2018
PROBLÈME 1 : Matrices à coefficients positifs
Dans tout le problème, n désigne un entier naturel supérieur ou égal à 1. On désigne par Mn (C)
l’ensemble des matrices carrées d’ordre n à coefficients complexes. In est la matrice identité
d’ordre n et 0n,1 est la matrice colonne dont les n lignes sont nulles.
Partie I : Matrices à diagonale strictement dominante.
Soit A = ((ai,j ))1≤i,j≤n une matrice de Mn (C). On dira que A est une matrice à diagonale
strictement dominante lorsqu’elle vérifie la condition :
n
X
∀i ∈ [[ 1, n ]] , |ai,i | > |ai,j |
j=1
j6=i
1. Soit A = ((ai,j ))1≤i,j≤n une matrice de Mn (C). On suppose que A est à diagonale stric-
tement dominante.
(a) Soit X ∈ Mn,1 (C) est une matrice colonne telle que AX = 0. Montrer que X = 0n,1 .
On pourra raisonner par l’absurde en supposant que m = max |x1 |, |x2 |, . . . , |xn | > 0
et considérer un i0 ∈ [[ 1, n ]] tel que |xi0 | = m.
(b) En déduire que A est inversible.
2. Soit A = ((ai,j ))1≤i,j≤n une matrice de Mn (R). On suppose que A vérifie la propriété (P)
suivante :
∀i ∈ [[ 1, n ]] , ai,i > 0
∀(i, j) ∈ [[ 1, n ]] 2 , i 6= j =⇒ ai,j ≤ 0
(P ) : X n
∀i ∈ [[ 1, n ]] , ai,j > 0
j=1
(a) Montrer que A est à diagonale strictement dominante et en déduire qu’elle est inver-
sible.
x1
x2
(b) Soit X = . ∈ Rn tel que la matrice colonne AX ait tous ses coefficients positifs
..
xn
ou nuls.
Montrer que ∀i ∈ [[ 1, n ]] , xi ≥ 0.
On pourra considérer i0 ∈ [[ 1, n ]] tel que xi0 = min x1 , x2 , . . . , xn .
(c) On note bi,j le coefficient en position (i, j) dans la matrice inverse de A :
A−1 = ((bi,j ))1≤i,j≤n .
b1,j
b2,j
Pour j ∈ [[ 1, n ]] , que vaut le produit A × . ?
.
.
bn,j
(d) En déduire que les coefficients de A−1 sont tous positifs ou nuls.
1 −1 0
(e) Exemple. On prend ici A = −1 2 −1 et considère pour α > 0 : Aα = A + αI3 .
0 −1 1
Établir que Aα vérifie la propriété (P) et calculer A−1
α .
1
Partie II : Convergence de suites de matrices.
(k)
x1
(k)
x2
Soit (Xk )k∈N une suite de matrices colonnes de Mn,1 (R). On note : Xk =
..
.
(k)
xn
x1
x2
On dit que (Xk )k∈N converge vers une matrice colonne X = . de Mn,1 (R) si pour tout
..
xn
(k)
i ∈ [[ 1, n ]] , la suite réelle xi k∈N converge vers le réel xi .
(k)
De même, pour (Mk )k∈N une suite de matrices de Mn (R), si on note Mk = mi,j 1≤i,j≤n ,
on dit que (Mk )k∈N converge vers une matrice M = ((mi,j ))1≤i,j≤n de Mn (R) si pour tout
(k)
(i, j) ∈ [[ 1, n ]] 2 , la suite réelle mi,j k∈N converge vers le réel mi,j .
1. Généralités.
x1
x2
(a) Pour une matrice colonne X = . de Mn,1 (R), on définit m(X) = max |x1 |, |x2 |, . . . , |xn |
..
xn
Montrer qu’une suite de matrices colonnes (Xk )k∈N converge vers une matrice colonne
X si, et seulement si, lim m(Xk − X) = 0
k→+∞
n
X Xn
(b) Pour une matrice M = ((mi,j ))1≤i,j≤n de Mn (R) on définit : s(M ) = |mi,j |
i=1 j=1
Montrer qu’une suite de matrices (Mk )k∈N de Mn (R) converge vers une matrice M
si, et seulement si : dimk→+∞ s(Mk − M ) = 0
(c) Montrer que : ∀M ∈ Mn (R), ∀X ∈ Mn,1 (R), m(M X) ≤ s(M ) × m(X)
(d) En déduire que si une suite de matrices (Mk )k∈N converge vers une matrice M dans
Mn (R), alors pour toute matrice colonne X dans Mn,1 (R), la suite (Mk X)k∈N converge
vers M X dans Mn,1 (R).
(e) Réciproquement si on dispose d’une suite de matrices (Mk )k∈N et d’une matrice M
de Mn (R) telles que pour toute matrice colonne X dans Mn,1 (R), la suite (Mk X)k∈N
converge vers M X dans Mn,1 (R), montrer que la suite de matrices (Mk )k∈N converge
vers la matrice M dans Mn (R).
2
(f) Montrer encore que : ∀(M, N ) ∈ Mn (R) , s(M N ) ≤ s(M ) × s(N )
2
(g) Établir maintenant que : ∀(Y, Z) ∈ Mn,1 (R) , m(Y + Z) ≤ m(Y ) + m(Z)
2
En déduire que : ∀(Y, Z) ∈ Mn,1 (R) , m(Y ) − m(Z) ≤ m(Y − Z)
2. Convergence de la suite des inverses.
On considère ici une suite de matrices (Mk )k∈N , toutes inversibles, qui convergent vers
une matrice M inversible.
(a) Soit X une matrice colonne de Mn,1 (R). Montrer que :
m Mk−1 X − M −1 X ≤ s M −1 × s(M − Mk ) × m Mk−1 X
puis établir que :
h i
m Mk−1 X × 1 − s M −1 × s(M − Mk ) ≤ m M −1 X
2
(b) En déduire l’existence d’un entier naturel k0 tel que pour tout entier k supérieur à k0 :
m Mk−1 X ≤ 2 × m M −1 X
(c) Montrer alors que la suite Mk−1 X
converge vers M −1 X.
k∈N
(d) Conclure alors que la suite de matrices Mk−1 k∈N converge vers la matrice M −1 .
3. Soient M une matrice inversible de Mn (R) et une suite de matrices (Mk )k∈N qui converge
vers M . On suppose de plus que les matrices Mk vérifient toutes la propriété (P).
Montrer que les coefficients de la matrices M −1 sont tous positifs ou nuls.
4. À partir de maintenant et dans toute la suite du problème, A = ((ai,j ))1≤i,j≤n désigne la
matrice de Mn (R) définie par :
∀i ∈ [[ 1, n ]] , ai,i = 2
∀i ∈ [[ 1, n − 1 ]] , ai,i+1 = −1
∀2 ∈ [[ 1, n ]] , ai+1,i = −1
et les autres coefficients sont nuls.
2 −1 0 . . . . . . 0
. .. ..
−1 2 −1 . . . .
..
0 −1 2 −1 . 0
A= .. .. .. ..
0 . . . . 0
. . .
.. .. . . −1 2 −1
.. ..
0 . . 0 −1 2
x1
x2
(a) Pour toute matrice colonne X = . de Mn,1 (R) on note tX la matrice ligne
..
xn
x1 x2 . . . xn .
Montrer que tXAX est un réel et exprimer le sous forme d’une somme de carrés.
En déduire que A est inversible.
(b) Établir que, pour tout réel α strictement positif, la matrice Aα = A + α.In vérifie la
propriété (P).
(c) Construire une suite de matrices vérifiant la propriété (P), qui converge vers A.
(d) En déduire que les coefficients A−1 sont tous positifs ou nuls.