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Oscillateur en régime forcé et résonance

Le chapitre traite des oscillateurs en régime forcé, en mettant l'accent sur le phénomène de résonance qui se produit lorsque la fréquence d'excitation est proche de la fréquence propre du système, ce qui peut entraîner des destructions, comme observé dans des incidents historiques. Il aborde également les équations du mouvement en présence de forces de frottement et la réponse d'un système soumis à une excitation périodique, en introduisant des solutions particulières et homogènes. Enfin, le chapitre présente des méthodes de représentation complexe pour résoudre les équations du mouvement de manière efficace.

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Oscillateur en régime forcé et résonance

Le chapitre traite des oscillateurs en régime forcé, en mettant l'accent sur le phénomène de résonance qui se produit lorsque la fréquence d'excitation est proche de la fréquence propre du système, ce qui peut entraîner des destructions, comme observé dans des incidents historiques. Il aborde également les équations du mouvement en présence de forces de frottement et la réponse d'un système soumis à une excitation périodique, en introduisant des solutions particulières et homogènes. Enfin, le chapitre présente des méthodes de représentation complexe pour résoudre les équations du mouvement de manière efficace.

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Chapitre 1

Oscillateur en régime forcé

Le régime forcé apparaît lorsqu’un oscillateur est soumis à une excitation


périodique, par exemple, pousser un enfant sur une balançoire à intervalles ré-
guliers. On observe le phénomène de résonance lorsque le système est excité
à une pulsation proche de sa pulsation propre (qui caractérise ses oscillations
libres). Dans ce cas, l’amplitude du mouvement peut augmenter considérable-
ment. Par ailleurs, plusieurs ponts ont été détruits ou menacés de destruction
à cause du phénomène de résonance. Le 18 avril 1850 à Angers, un régiment
traversant au pas cadencé un pont suspendu enjambant le Maine provoqua sa
destruction. C’est pour éviter cela que les soldats rompent le pas lorsqu’ils fran-
chissent un pont. Plus récemment, un problème similaire est apparu sur le pont
Millénium de Londres le 10 juin 2000. Il fut fermé au public deux jours plus
tard, en raison d’un phénomène de résonance, le pont oscillant latéralement
de façon imprévue. En 2007, des études numériques ont permis de comprendre
la synchronisation des marcheurs avec la fréquence de résonance du pont (cf.
Figure 1.1 – Synchronization de 80 marcheurs sur le Millenium Bridge. En
fig. 1.1).
haut : mise en oscillations du pont. En bas, les couleurs indiquent la phase
de chaque marcheur et montre l’effet collectif vers le temps 120. Reproduit
avec permission de Modeling walker synchronization on the Millennium Bridge,
Bruno Eckhardt et al., Phys. Rev. E, 75, 021110, 2007, © 2023 the American
Physical Society.

1
CHAPITRE 1. OSCILLATEUR EN RÉGIME FORCÉ

I. Mise en oscillations forcées tion du support 1 . On se place dans


le référentiel d’étude supposé gali-
léen. Le PFD conduit à

⃗ +R
P ⃗ +T
⃗ + ⃗F = m⃗a
1- Système modèle sans frottement
Le mouvement est selon l’axe horizontal (Ox) uniquement, on projette le
a) Forçage sinusoïdal PFD sur cet axe :
Dans le chapitre précédent, nous avons établi les propriétés générale de l’oscil- mẍ = −k(ℓ − ℓ0 ) + F0 cos(ωt)
lateur harmonique libre (c’est-à-dire qu’on laisse évoluer spontanément). Nous Or x = ℓ − ℓ0 est l’allongement du ressort et la vitesse
q de l’objet vaut v = ẋ.
avons mis en évidence, qu’en cas de frottements modérés, il oscille à une fré- k
Finalement, kx + F0 cos(ωt) = mẍ. On pose ω0 = m et A0 = F0 /m pour
quence bien déterminée (f = Ω/2π ≈ ω0 /2π si les frottements sont faibles, avec
obtenir l’équation différentielle sous sa forme canonique
ω0 la pulsation propre du système). Dans cette partie, nous nous intéressons à
la réponse du même système lorsqu’il est soumis à une force qui oscille (excita- ẍ + ω02 x = A0 cos(ωt)
tion sinusoïdale). En particulier, nous décrirons la réponse du système lorsque
la force supplémentaire imposée oscille à une fréquence proche de la fréquence
c) Forme du mouvement et notion de résonance
propre du système libre.
On retrouve une équation similaire à celle obtenue en régime libre mais avec
un second membre (cf. chap. ??). La réponse du système à l’excitation forcée va
être une combinaison du régime libre discuté précédemment et du mouvement
Définition : imposé par cette excitation. Mathématiquement, cela se traduit par le fait que la
Un forçage sinusoïdal est un système soumis à une force excitatrice de la solution générale de l’équation différentielle du régime forcé peut se décomposer

− −

forme F = F0 cos ωt. en 2 termes x(t) = xh (t) + xp (t) où xh est solution de l’équation homogène
(c’est-à-dire l’équation sans second membre ce qui correspond au régime libre)
et xp une solution particulière de l’équation avec second membre. En général,
Cette expression simpliste de la force d’excitation permettra par la suite une solution particulière simple est similaire au le second membre. Ici, on peut
d’utiliser tout type de formulation grâce à la transformée de Fourier. donc essayer une solution de la forme

xp (t) = Xp cos(ωt)
b) Mise en équation du mouvement du régime forcé

R L’amplitude Xp est l’inconnue à déterminer. En injectant cette solution dans
Considérons notre système mo-
l’équation différentielle puisque ẍp = −ω 2 Xp cos(ωt), on obtient
dèle usuel composé d’une masse ac- +
crochée à un ressort et soumise à ⃗
T ⃗ ⃗F
P F0 /m
une force sinusoïdale. Pour simpli- (−ω 2 + ω02 )Xp cos(ωt) = F0 /m cos(ωt) soit Xp =
ω02 − ω 2
fier l’étude, on supposera le dispo- ℓ
sitif horizontal pour s’affranchir de 1. Pour une orientation verticale, en prenant l’origine du repère à la position d’équilibre
x
l’influence du poids et de la réac- ℓeq , les équations sont identiques (élimination du poids pris en compte dans ℓeq ).
O
J.B
Figure 1.2 – Système masse-ressort forcé
CHAPITRE 1. OSCILLATEUR EN RÉGIME FORCÉ

De sorte que la solution générale 2 est finalement avec x = ℓ−ℓ0 l’allongement du ressort et la vitesse de l’objet définir par v = ẋ,
on obtient finalement : mẍ = −kx − αẋ + F0 cos(ωt).q
F0 /m k α F0
xp (t) = x0 cos(ω0 t + φ) + cos(ωt) Afin d’obtenir une écriture canonique, posons : ω0 = m, 2Γ = m et A0 = m,
ω02 − ω 2 il vient :
La forme générale du régime forcé montre que si la force excitatrice exercée sur ẍ + 2Γẋ + ω02 x = A0 cos(ωt)
la masse oscille avec exactement la même pulsation que la pulsation propre du
système (ω = ω0 ), alors l’amplitude du mouvement diverge : b) Régimes transitoire et forcé

F0 /m Comme précédemment, la réponse du système à l’excitation forcée va être une


Xp (ω) = −−−−→ ±∞ combinaison du régime libre discuté précédemment et du mouvement imposé
ω02 − ω 2 ω→ω0
par cette excitation x(t) = xh (t) + xp (t) où xh est la solution du régime amorti
dite homogène et xp et une solution particulière due au forçage. On cherche
xp sous une forme similaire au second membre xp (t) = Xp cos(ωt + φ) où Xp
Propriétés :
est l’amplitude du mouvement et φ son déphasage par rapport à l’excitation (à
• L’amplitude du mouvement forcé dépend de la pulsation du déterminer).
forçage. Si le début du mouvement obtenu peut être assez compliqué (cf. fig.1.4), en
• Lorsque la pulsation de forçage est égale à la pulsation propre, présence d’amortissement, la solution xh tend toujours vers 0 et la masse finit
le système oscillant résonne. toujours par décrire un mouvement décrit uniquement par la solution parti-
culière xp . En effet, dans le chapitre ??, nous avons montré que quelque soit
le régime (pseudo-périodique ou apériodique), et quelque soient les conditions
2- Mouvement forcé en présence de frottements initiales, la solution générale est décroissante avec un temps caractéristique de
l’ordre de τ = 1/Γ.
a) Mise en équation du mouvement du régime forcé

On considère maintenant le cas plus réaliste Oy Propriété :



R
en présence de forces de frottements fluides. On En dehors du temps de relaxation du régime libre, l’amplitude
ajoute au cas précédent une force de frottement f⃗
de l’oscillateur forcé dépend uniquement du forçage. Le temps
fluide d’expression f⃗ = −α⃗v . Le PFD s’écrit ⃗F
Ox d’établissement du régime forcé est de l’ordre de
alors : M
⃗ 1 2Q
T τ= =
⃗ +R
m⃗a = P ⃗ + f⃗ + ⃗F
⃗ +T ⃗ Γ ω0
P
La projection de cette équation selon (Ox) Figure 1.3 – Oscillateur
donne : En régime permanent, l’amplitude du système peut donc s’écrire sous la
amorti forcé
forme :
mẍ = −k(ℓ − ℓ0 ) − αv + F0 cos(ωt)
2. Les inconnues A,B de la solution homogène xh sont déterminées à partir des conditions ≈ Xp cos(ωt + φ)
x(t) |{z}
initiales (appliquées sur xtot ) mais n’est pas traité ici car cela présente peu d’intérêt. t≫1/Γ

J.B
CHAPITRE 1. OSCILLATEUR EN RÉGIME FORCÉ

xh (cm)
a)
II. Représentation complexe du régime
2
1 forcé
−1 5 10 15 t(s)
−2
1- Solution de l’équation canonique
xp (cm)
2 b)
a) Mise en forme
1
Afin d’utiliser la notation complexe, l’équation doit être linéaire et ne pré-
−1 5 10 15 t(s) senter aucun terme constant.
−2
x(cm)
2 c) Propriété :
1 L’équation différentielle canonique d’un oscillateur forcé est de la
forme a :
−1 5 10 15 t(s) ẍ + 2Γẋ + ω02 x = A0 cos ωt
−2
• Γ est homogène à l’inverse d’un temps (unité s−1 )
régime transitoire régime permanent
• ω0 est homogène à une pulsation (unité rad · s−1 )
Figure 1.4 – Mise en mouvement d’un oscillateur amorti en régime forcé. a) • A0 est homogène à une accélération (unité m · s−2 )
Régime libre , b) Régime forcé, c) Mouvement complet x(t) = xh (t) + xp (t).
xp (t) = Xp cos(ωt) . c) Mouvement complet x(t) = xh (t) + xp (t), avec Xp = a. Les unités des différents paramètres se déduisent facilement de la forme
de l’équation. Chaque terme doit être homogène à la dérivée seconde du dé-
A0 /(ω02 − ω 2 ), A0 = 300 cm · s−2 , ω = 17 rad · s−1 , x0 = 2 cm, ω0 = 7 rad · s−1 , placement ẍ donc à une accélération.
Γ = 0,3 s−1 .

Il reste donc 2 inconnues (Xp et φ) à déterminer pour établir la forme Un dispositif couramment employé comme démonstration est constitué d’un
complète du mouvement. L’amplitude Xp et la phase φ du mouvement dé- moteur permettant de tirer d’un côté d’un ressort. L’obtention de la forme
pendent de la force excitatrice. Pour les déterminer, on peut utiliser le fait que canonique passe par l’obtention de la position d’équilibre afin de définir l’origine
x(t) = Xp cos(ωt + φ) doit etre solution de l’équation du mouvement. Cepen- des axes du mouvement.
dant, l’insertion de cette solution dans l’équation conduit à des calculs pénibles.
Aussi, une méthode particulièrement efficace pour résoudre ce problème repose
sur la représentation complexe d’une grandeur physique (voir aussi l’annexe
??).

J.B
CHAPITRE 1. OSCILLATEUR EN RÉGIME FORCÉ

On projette selon l’axe Oz :


= Exemple 1
Un système de démonstration est com- O mz̈ ′ = mg − k(ℓ − ℓ0 ) − αż ′ soit mz̈ ′ = mg − k(z ′ − u − ℓ0 ) − αż ′
posé d’une masselote m excitée par un
moteur. L’extrémité supérieure O′ d’un Le décalage par rapport à la position d’équilibre permet d’éliminer tous les
ressort de constante de raideur k et de O′ termes constant. Ainsi, avec z = z ′ − ℓeq = z ′ − ℓ0 − mg
k , les dérivées sont
longueur à vide ℓ0 est animé d’un mou- identiques : ż = ż ′ et z̈ = z̈ ′ , on obtient :
Moteur
vement de la forme mg
mz̈ = mg − k(z + ℓ0 + − u(t) − ℓ0 ) − αż ′
k
OO′ = u(t) = U0 cos ωt .
La simplification de cette équation conduit à :
On considère une force de frottement α k kU0
fluide sur la masse m modélisée par f⃗ = z′ z̈ + ż + z= cos ωt
m m |m
−α⃗v . |{z} |{z} {z }
2Γ ω02 A0
1 - Le moteur arrêté, exprimer la longueur à l’équilibre du ressort ℓeq .
2 - Le moteur tourne. La position du point M est donnée par z ′ ( telle que L’absence de terme constant dans l’équation canonique est nécessaire pour l’uti-
−−→ lisation de la notation complexe.
OM = z ′⃗ez ). Exprimer la longueur du ressort à un instant quelconque
ℓ = O′ M en fonction de z ′ et u(t).
3 - En posant z = z ′ −ℓeq , montrer que le système d’étude peut se mettre
Remarque 1 :
sous la forme canonique suivante :
Le pendule paramétrique est un pen-
dule entretenu par variation de sa lon-
z̈ + 2Γż + ω02 z = A0 cos ωt
gueur. On le retrouve par exemple
En exprimant les différents paramètres Γ, ω0 et A0 . sous la forme de l’encensoir ou Bo-
tafumeiro de la cathédrale de Saint
Jacques de Compostelle (cf. image
Pour s’entraîner : exercice ?? ci-contre sous licence Creative Com-
mons). En diminuant la longueur
1 - Dans le référentiel d’étude supposé galiléen, la masse est du pendule au moment où celui-ci
O
soumise, en l’absence de mouvement (donc de frottements), passe par la verticale, les moines par-
⃗ T
au poids et la force du ressort. À l’équilibre, il vient P+ ⃗ = O′ viennent à augmenter l’amplitude des oscillations du pendule.
⃗0. On projette verticalement pour obtenir mg−k(ℓeq −ℓ0 ) =
0 puis la longueur à l’équilibre ℓeq = ℓ0 + mgk . Le ressort est L’équation de l’oscillateur harmonique est alors légèrement modifiée et l’os-
étiré sous l’effet du poids. cillateur paramétrique obit à une équation connue sous l’équation de Mathieu :
2 - On a immédiatement ℓ = O′ M = OM−OO′ = z ′ −u(t).
3 - Dans le référentiel d’étude, supposé galiléen, le PFD
⃗ ⃗
T θ̈ + ω02 (1 + 2f cos ωe t)θ = 0
f
s’écrit M
où f est un paramètre relié à l’allongement de la corde et ωe la pulsation
⃗ +T
P ⃗ + f⃗ = m⃗a ⃗
P d’excitation. Dans le cas du botafumeiro, l’excitation est deux fois plus rapide
z
J.B
CHAPITRE 1. OSCILLATEUR EN RÉGIME FORCÉ

que la période propre du pendule, phénomène caractéristique d’un problème


non linéaire. Définition :
Ce type d’excitation se retrouve également dans une simple balançoire. Une En présence d’un forçage sinusoïdal, l’amplitude du mouvement du
équipe de chercheurs japonais et australien ont récemment montré que la phase mouvement obéissant à une équation différentielle linéaire peut s’écrire
a également son importance. En étudiant le mouvement d’une dizaine de per- sous la forme :
sonnes sur une balançoire installée dans un laboratoire, ils ont validé leur mo- x(t) = Xp ei(ωt+φ)
dèle indiquant que la phase d’excitation du mouvement du corps par rapport
au pendule variait dans le temps en fonction de l’amplitude du mouvement. où Xp est l’amplitude du mouvement et φ son déphasage par rapport à
l’excitation.

Comme la dérivée de la fonction exponentielle f (t) = eat vaut f ′ (t) = aeat ,


cela revient à remplacer des dérivées par des multiplications et simplifie gran-
dement les manipulations mathématiques :

ẋ = iωXp ei(ωt+φ) = iωx

Propriété :
Figure 1.5 – Balançoire de test et modèle d’excitation. D’après Initial phase Pour une amplitude complexe x(t), vitesse et accélaration sont
and frequency modulations of pumping a playground swing, Phys. Rev. E, 2023. données par :

ẋ(t) = iωx(t) et ẍ(t) = (iω)2 x(t) = −ω 2 x(t)


b) Représentation complexe d’une grandeur physique

Considérons l’équation différentielle canonique de l’oscillateur forcé :


c) Méthodologie
ẍ + 2Γẋ + ω02 x = A0 cos ωt Finalement, on remplace les grandeurs physiques réelles (mouvement x, vi-
tesse ẋ, . . .) par leur représentation complexe selon le schéma
On cherche à caractériser un mouvement oscillant à la même pulsation que
l’excitation sous la forme x(t) = Xp cos(ωt + φ). Pour déterminer l’amplitude x(t) = Xp cos(ωt + φ) → x(t) = Xp ei(ωt+φ) ,
Xp et la phase φ on peut travailler sur la représentation complexe associée à la
ẋ(t) → ẋ(t) = iωXp ei(ωt+φ) ,
grandeur oscillante x(t) = Xp cos(ωt + φ) :
ẍ(t) → ẍ(t) = −ω 2 Xp ei(ωt+φ) ,
x(t) = Xp ei(ωt+φ) A0 cos(ωt) → A0 eiωt

Cette grandeur est définie de sorte que sa partie réelle soit la fonction recher- L’équation canonique suivante : ẍ + 2Γẋ + ω02 x = A0 cos ωt devient après
chée : Re[x(t)] = Xp cos(ωt + φ). factorisation par Xp ei(ωt+φ) :

J.B
CHAPITRE 1. OSCILLATEUR EN RÉGIME FORCÉ

Xp (ω)/X0 φ(ω) ω/ω0


h i 5 Γ = ω0 /10
2 i(ωt+φ) iωt
−ω + i2Γω + ω02 Xp e = A0 e Γ = 3ω0 1 2 3 4
4
−50
La simplification par eiωt permet de déterminer l’amplitude Xp et la phase 3
φ du mouvement. Pour cela, on isole à gauche les inconnues et à droites les −100
2
paramètres connus du problème
1 −150

A0 1 2 3 4 ω/ω0
Xp eiφ = 2 (∗)
ω0 − ω 2 + i2Γω
Figure 1.6 – Évolution de l’amplitude et du déphasage en fonction de la
pulsation de l’excitation.
d) Amplitude et déphasage du mouvement en régime
forcé
2- Résonance en élongation
À partir de l’expression (∗) ci-dessus, on reconnaît l’écriture exponentielle
d’un nombre complexe par son module et son argument, il est alors assez simple a) Condition de résonance
d’exprimer l’amplitude et déphasage du mouvement. L’amplitude est donnée
La possibilité d’un maximum d’amplitude pour ω ≈ ω0 fait apparaître trois
par le module de cette expression
domaines différents (voir la fig. 1.6).
A0
Xp (ω) = q
(ω02 − ω 2 )2 + 4Γ2 ω 2 Domaine basse fréquence (ω ≪ ω0 ) Notons X0 l’amplitude pour une fré-
quence nulle alors : X0 = Xp (0) = A 0
ω02
. Le déphasage étant nul, on en déduit
Le déphasage est l’argument de cette expression. Une façon simple de l’ex- que pour ω ≪ ω0 , la position prend une forme simple x(t) ≈ X0 cos(ωt). Sans
primer est d’utiliser les propriétés de l’argument 3 : perte de généralité, on peut facilement interpréter le comportement dans le
cas du ressort vertical présenté précédemment où X0 = U0 . L’allongement du
ressort reste quasiment constant à sa longueur d’équilibre, la masse suit les
 A0 
mouvements de l’excitation.
φ(ω) = arg 2
ω0 − ω 2 + i2Γω
= arg A0 − arg(ω02 − ω 2 + i2Γω) Domaine haute fréquence (ω ≫ ω0 ) . Pour des fréquences d’excitations
2Γω élevées, l’amplitude du mouvement est quasi-nulle (Xp (ω) −−−→ 0). Le sys-
= 0 − arctan 2 ω→∞
ω0 − ω 2 tème n’a pas le temps de répondre aux sollicitations et reste quasiment figé à
sa position d’équilibre. L’excitation est en opposition de phase avec les petits
Les représentations de l’amplitude et du déphasage en fonction de la pulsation mouvements du système.
sont données fig. 1.6 pour des frottements faibles (Γ = ω0 /10) ou élevés (Γ =
3ω0 ). Domaine (non) résonant À la fréquence propre du système ω = ω , l’am- 0
plitude vaut alors :
3. On utilise le fait que arg(z 1 /z 2 ) = arg z 1 − arg z 2 et que pour z = a + ib, arg z = A0
arctan b/a. Xp (ω0 ) =
2Γω0

J.B
CHAPITRE 1. OSCILLATEUR EN RÉGIME FORCÉ

En particulier, si les pertes sont suffisamment faibles, Γ ≫ ω0 , alors Xp (ω0 ) ≫


X0 . Il s’agit du phénomène de résonance en élongation. L’amplitude du mou-
vement peut être extrêmement grande.

X(ω)/X0
Remarque 2 : 10
On démontre (voir√annexe ??) que pour un amortissement vérifiant la
condition Γ < ω0 / 2, l’amplitude à la résonance est maximum pour 8
Γ = ω0 /20
q 6 Γ = ω0 /6
ωr = ω02 − 2Γ2
4
Le décalage en fréquence est d’autant plus faible que les frottement
2
sont faibles (Γ ≪ ω0 ) de sorte que l’on confonde souvent les deux
pulsations. +
ω
ω0

Si les frottements sont élevés, l’amplitude des vibrations est limitée quelque Figure 1.7 – Résonance en élongation pour Q = 3 ou Q = 10.
soit la pulsation de l’excitation. Le système est alors non résonant (Xp (ω0 ) ≪
X0 ).

b) Notion de facteur de qualité

La figure 1.7 représente la résonance pour deux ratios Γ/ω0 . La résonance


est plus marquée lorsque les pertes sont faibles. On caractérise généralement la
résonance par le facteur de qualité
ω0
Q= Oscillateur Q

pendule ∼ 100
À la pulsation propre du système, l’amplitude des oscillations forcées vaut diapason ∼ 1000
corde de guitare ∼ 1000
A0 ω0 X0 oscillateur à quartz ∼ 104 − 106
Xp (ω0 ) = = = QX0
2Γω0 2Γ
Table 1.1 – Facteur de qualités d’oscillateurs usuels
Ainsi, le facteur de qualité caractérise l’amplification possible à la résonance.
En l’absence de frottements (Γ = 0 donc Q → ∞), on retrouve la divergence
de la résonance déjà discutée en début de chapitre (cf. §I.1).
Le tableau 1.1 donne l’ordre de grandeur de facteur de qualité de quelques
résonances mécaniques.

J.B
CHAPITRE 1. OSCILLATEUR EN RÉGIME FORCÉ

3 - L’onde impose une excitation d’amplitude U0 = 5 µm, quelle est


Propriétés : l’amplitude des oscillations du verre ?

• Il y a résonance en élongation seulement si Q > 2/2 ; 4 - Justifier que pour éclater un verre, il faut tenir la note plusieurs
• la pulsation de résonance est proche de ω0 ; secondes.
a. La méthode est détaillée dans le chapitre précédent cf. p.??.
• Le facteur de qualité donne une indication de l’amplitude
maximale à la résonance : X(ω0 ) = Q × X0 . Plus le facteur de
qualité est grand plus l’amplitude à la résonance est grande. Pour s’entraîner : exercices ??, ??, ??

1 - À partir de la figure de droite, on relève une pseudo-période de T ≈ 2,0 ms.


Le temps caractéristique de décroissance des oscillations est de τ ≈ 1,2 s. On
= Exemple 2 en déduit que le facteur de qualité vaut :
Il est possible (mais difficile) de briser avec sa
ω0 ω0 τ πτ
voix un verre de cristal en le faisant vibrer à Q= = ≈ ≈ 2000
2Γ 2 T
sa fréquence de résonance. Pour appréhender
ce phénomène, on modélise le bord du verre 2 - Lorsque la fréquence de l’onde excitatrice est accordée à la fréquence propre
par un oscillateur de pulsation propre ω0 et de de l’oscillateur, il peut y avoir résonance soit : f = T1 = 500 Hz.
facteur de qualité Q. Un enregistrement sonore 3 - À la résonance, l’amplitude est augmenté du facteur de qualité :
d’un bref impact sur le verre donne le chrono-
gramme suivant : Xmax = QU0 = 1 cm
On imagine aisément qu’une telle flexion peut briser le verre.
4 - Le temps d’établissement du régime permanent est identique au temps
caractéristique d’atténuation du régime libre. Il faut donc maintenir la note sur
une durée de quelques τ .

3- Résonance en vitesse
a) Propriété

Pour un forçage sinusoïdale, nous avons vu que l’élongation se mettait sous


la forme x(t) = Xp (ω) cos(ωt + φ). On en déduit la vitesse :

π
 
v(t) = ẋ(t) = −ωXp (ω) sin(ωt + φ) = +ωXp (ω) cos ωt + φ +
2

1 - À partir du chronogramme a , propose une estimation de Q et ω0 que l’on peut mettre sous la forme générale amplitude et déphasage 4
2 - L’onde sonore de la voix correspond à un forçage sinusoïdale, quelle 4. On peut obtenir ce résultat plus directement en utilisant la représentation complexe
π
est la fréquence de l’onde pour espérer briser le verre ? v = V(ω)ei(ωt+ϕ) = ẋ(t) = iωx(t) = iωXp (ω)ei(ωt+φ) = ωXp (ω)ei(ωt+φ+ 2 ) . Ainsi, V(ω) =
ωXp (ω) et ϕ = φ + π/2.

J.B
CHAPITRE 1. OSCILLATEUR EN RÉGIME FORCÉ

Propriétés :
v(t) = V(ω) cos(ωt + ϕ) • Il y a toujours résonance en vitesse quelque soit Q ;
• La résonance en vitesse a lieu pour ω = ω0 la vitesse du solide
V(ω) = ωXp (ω) = √ 2 ωA

0


 (ω0 −ω 2 )2 +4Γ2 ω 2 est en phase avec l’excitation.
avec • l’acuité de la résonance a est définie par Q = ω2ω−ω
0
où les
 ϕ = φ + π = π − arctan 2Γω

 √ 1
2 2 ω02 −ω 2 pulsations ω1 et ω2 vérifient V(ω1/2 ) = Vmax / 2.
a. Cf. exemple suivant
En simplifiant numérateur et dénominateur par ω0 ω, on obtient l’amplitude
de la vitesse sous la forme suivante 5 :

A0 /ω0 A0 /ω0
V(ω) = r 2 = r 2
ω0 ω 4Γ2 ω0 ω 1
ω − ω0 + ω02 ω − ω0 + Q2

QA0 /ω0 V(ω)/Vmax ϕ(◦ )


= r 1

ω0 ω
2 90
1 + Q2 ω − ω0
0.8

Cette fonction présente au dénominateur une somme de deux nombres positifs 0.6 Q = 10 ω/ω0
2
1 et Q2 ωω0 − ωω0 . On en déduit que l’amplitude de la vitesse est maximale Q=3
0.4 Q = 0.5 1 2 3 4
lorsque cette somme est minimale, c’est-à-dire lorsque le second terme est nul.
Le minimum apparaît lorsque ω = ω0 . Ainsi, l’amplitude de la vitesse vaut 0.2
alors :
−90
QA0
V(ω0 ) = 1 2 3 4 ω/ω0
ω0
Figure 1.8 – Amplitude de la vitesse et sa phase.
À la résonance, la vitesse est en phase avec l’excitation (ϕ = 0) et l’amplitude
de la vitesse y est maximale. À cette pulsation, on montre que la transmission
d’énergie entre l’excitation et l’oscillateur est maximale. On remarque sur la
figure 1.8 que plus le facteur de qualité est grand plus la résonance est « pi-
quée ». On définit alors l’acuité de la résonance comme l’intervalle de pulsations = Exemple 3 Il est possible de fabriquer de petits microphones
où la transmission d’énergie (proportionnelle à V2 , cf. énergie cinétique) est su- sensibles à la vitesse de déplacement de l’air permettant de mesurer
périeure à la moitié√ de la valeur maximale, c’est-à-dire que la vitesse y est le rythme cardiaque (d’après Highly sensitive low-frequency-detectable
supérieure à Vmax / 2. Le calcul de ces pulsations est proposé dans l’exemple acoustic sensor using a piezoresistive cantilever for health monitoring
suivant. applications, Nature. Sc. Rep. 2023 ), reproduction sous licence Creative
Commons 4.0.
5. Il s’agit de l’écriture canonique associée aux filtres passe-bande.

J.B
CHAPITRE 1. OSCILLATEUR EN RÉGIME FORCÉ

QF
On obtient la forme demandée avec V0 = mω0
2 - La norme de la vitesse vaut :

V0
V(ω) = r  2
ω ω0
1 + Q2 ω0 − ω

Les pulsations demandées vérifient : Q( ωω0 − ωω0 ) = ±1. Posons x = ω/ω0 , on


En utilisant la notation complexe, on montre que le mouvement de la doit résoudre : Q(x − 1/x) = ±1 soit x2 ± x/Q − 1 = 0.
partie mobile du microphone suit Le discriminant de cette équation du second degré est toujours
√ positif : ∆ =
±1/Q ± ∆
F/m 1/Q2 +4 > [Link] y a donc quatre solutions réelles : x = . Remarquons
X(t) = X(ω)ei(ωt+φ) avec X(ω)eiφ = iω0 ω √ 2
ω 2 − ω02 + Q
2
que ∆ > 1/Q donc que ∆ > 1/Q. Comme x = ω/ω0 est positif, les deux
seules solutions positives sont :
1 - Montrer que la vitesse s’écrit

i(ωt+ϕ) iϕ V0 ±1/Q + ∆
V(t) = V(ω)e avec V(ω)e =   x=
1 + iQ ω
− ω0 2
ω0 ω

3 - Exprimer√les deux pulsations ω1 et ω2 telles que la vitesse est réduite ∆ −1/Q +
Ainsi, les pulsations demandées sont : ω1 = ω0
et ω2 =
d’un facteur 2. √ 2
4 - En déduire un lien entre Q, ω1 , ω2 et ω0 . 1/Q + ∆
ω0 .
2
ω0
4 - L’acuité de la résonance est reliée au facteur de qualité : Q = .
Pour s’entraîner : exercices ??, ?? ω2 − ω1

1 - En utilisant la notation complexe, la vitesse est donnée par :

V(t) = Ẋ(t) = iωX(ω)ei(ωt+φ) = V(ω)ei(ωt+ϕ) Remarque 3 :


Il est possible d’observer des effets quantiques sur des nano-objets vi-
F
iω brants. Des chercheurs ont réalisé de systèmes méchaniques de taille
Posons V(ω)eiϕ = iωZ(ω)eiφ = m
iω ω . En divisant par iω, il vient :
ω02 −ω 2 + Q0 nanoscopiques (appelées NEMS pour Nano Electro Mechanical Sys-
F/m tem). Cette "nano-corde" vibrante peut être utilisée comme détecteur
V(ω) = ω02 d’accélération en mesurant les fluctuation de sa capacité électrique.
ω0
iω + iω + Q Avec la miniaturisation de ces dispositifs, on commence à observer des
Factorisons le dénominateur par ω0 /Q, on a : phénomènes quantiques pour des températures inférieures à 100 mK
(cf. fig. 1.9).
QF QF
mω0 mω0
V(ω) = Qω0
=
+ iQ ωω0 + 1
 
ω ω0
iω 1 + iQ ω0 − ω

J.B
CHAPITRE 1. OSCILLATEUR EN RÉGIME FORCÉ

En notant que les forces de frottements sont f⃗ = −α⃗v = −αẋ ⃗ex , on peut aussi
écrire 
1 T⃗
< P(t) >= − f · ⃗v dt
T 0
La puissance moyenne fournie par la force excitatrice compense exactement les
pertes dues aux forces de frottements f⃗ = −α⃗v . La puissance fournie est donc
Figure 1.9 – Nanoresonnateur et dépendance du facteur de qualité avec la totalement absorbée par le système mécanique pour compenser les pertes. On
fréquence, reproduit de Nanowire-based very-high-frequency electromechanical peut retrouver ce résultat à partir du thèorème de l’énergie mécanique. L’énergie
resonator, Appl. Phys. Lett, 2003 avec la permission d’AIP Publishing et Nano- mécanique ne varie pas sur une période (car la masse revient au même point
mechanical Resonators : Toward Atomic Scale, ACS Nano 2022, reproduction avec la même vitesse). Les seules forces dissipatives étant la force excitatrice ⃗F
sous licence Creative Commons 4.0. et les frottements f⃗ ;

∆Em = W(⃗F) + W(f⃗)


b) Bilan énergétique Ec (T) + Ep (T) − [Ec (0) + Ep (0)] = W(⃗F) + W(f⃗)
 T  T
On considère à nouveau le système masse-ressort en présence de frottements
0= ⃗F(t) · ⃗v dt + f⃗ · ⃗v dt
et soumis à une force oscillante ⃗F (voir §2 -). La puissance instantanée associée 0 0
à l’excitation par la force ⃗F est  T  T
⃗F(t) · ⃗v dt = − f⃗ · ⃗v dt
P(t) = ⃗F · ⃗v = F(t)ẋ(t) 0 0

Une méthode générale pour l’exprimer est de partir du PFD, pour exprimer Le travail de la force d’excitation est moteur (W(⃗F) > 0) et compense le travail
F(t) résistant des forces de frottements (W(f⃗) < 0). Les puissances moyennes se dé-
⃗ +R ⃗ +T⃗ + f⃗ + ⃗F = m⃗a duisent du travail via < P(t) >= W/T. Par contre, les puissances instantanées
P
des forces d’excitation et de frottements ne se compensent pas car il faut alors
mẍ + αẋ + kx = F(t) prendre en compte la variation de l’énergie mécanique, qui n’est nulle que sur
On définit la puissance en multipliant par ẋ : une période.
Finalement, on peut calculer 7
F(t)ẋ = mẍẋ + αẋ2 + kxẋ
 
1 T 2 1 T
Finalement, la puissance moyenne sur une période d’oscillation T = 2π/ω vaut P(ω) = < P(t) > = αv dt = αV2 (ω) cos2 (ωt + φ)
    T 0 T 0
1 T 1 T 1 T 2 1 T 1 2
< P(t) >= F(t)ẋdt = mẍẋdt + αẋ dt + kxẋ = αV (ω)
T 0 T 0 T 0 T 0 2
De plus 6 ẍẋ ∝ cos(ωt + φ) sin(ωt + φ) est périodique, de même que xẋ. Donc αQ2 A20 /2ω02
=  2
leur intégration sur une période est nulle. Finalement, 1 + Q2 ωω0 − ωω0
 T
1
< P(t) >= αẋ2 dt 7. On a utilisé < cos2 (ωt + φ) >= 1/2 qui se déduit du graphique de cos2 (ωt + φ) ou
T 0 T T
peut être obtenu en linéarisant selon 0 cos2 (ωt + φ)dt = (1/2) 0 [cos 2(ωt + φ) + 1]dt =
6. Le signe ∝ signifie proportionnel à. (1/2) [sin[2(ωt + φ)]/(2ω) + 1]T
0 = T/2.

J.B
CHAPITRE 1. OSCILLATEUR EN RÉGIME FORCÉ

L’expression de l’amplitude de la vitesse V(ω) étant donnée dans l’exemple


précédent. La puissance absorbée par le système est maximale à la résonance Propriétés :
et vaut alors
Le facteur de qualité est relié à l’acuité de la résonance :
αQ2 A20 ω0 ω0
Pmax = P(ω0 ) = Q= =
2ω02 ∆ω 2Γ
où ∆ω est l’intervalle de pulsation vérifiant P(ω) ⩾ Pmax /2
L’énergie apportée par la force excitatrice compense exacte-
ment les pertes par frottements sur une période
P(ω)/Pmax
1 • À la résonance, la vitesse du solide est en phase avec l’exci-
0.8 tation et la puissance absorbée par le système est maximale

0.6 Q = 10
∆ω Q=3
0.4 Q = 0.5

0.2

1 2 3 4 ω/ω0

Figure 1.10 – Résonance en puissance.

La puissance est représentée sur la figure 1.10. Puisque les pertes dépendent
de la vitesse, l’excitation doit être en phase avec la vitesse (ϕ = φ + π/2 = 0)
pour compenser efficacement les frottements. Cela se produit pour ω = ω0 et
conduit à la résonance en vitesse. Pour de faibles pertes, on observe aussi une
résonance en élongation.
Le facteur de qualité caractérise la forme de la résonance en puissance (ou du
carré de la vitesse). On peut montrer (voir annexe ??) que le facteur de qualité
dépend de la largueur à mi-hauteur de la résonance (voir aussi la figure 1.10).

ω0 ω0
Q= =
∆ω 2Γ

Ainsi, plus le facteur de qualité est élevée, plus la résonance est piquée.

J.B
CHAPITRE 1. OSCILLATEUR EN RÉGIME FORCÉ

É L’essentiel l’excitation conduit à une puissance absorbée maximale. L’acuité de la


résonance vérifie :
Équation de l’oscillateur harmonique en régime forcé ω0
Q=
∆ω
ẍ + 2Γẋ + ω02 x = A0 cos ωt

ω0
ẍ + ẋ + ω2x = A0 cos ωt
Q | {z0 } | {z }
| {z } oscillation f orçage
amortissement
Facteur de qualité Q = ω0 /(2Γ)

Réponse en élongation
En dehors du temps de relaxation du régime libre ( t ≫ 1/Γ ) , l’am-
plitude de l’oscillateur forcé est donné par : x(t) = Xp cos(ωt + φ). L’am-
plitude (Xp ) et le déphasage par rapport à l’excitation (φ) sont obtenus
grâce à la représentation complexe : x(t) = Xp ei(ωt+φ) .
À basse fréquence (ω ≪ ω0 ), l’al- 5
Xp (ω)/X0
Γ = ω0 /10
longement du ressort est quasi-nul. 4
Γ = 3ω0

À haute fréquence (ω ≫ ω0 ), le 3
système reste quasiment figé à sa 2
position d’équilibre. 1
ω/ω0
Pour ω ≈ ω0 , seulement si les frot-
1 2 3 4 5
tements √ sont suffisament
√ faibles
(Γ < ω0 / 2 ou Q > 2/2), l’am-
plitude est maximum. Il s’agit du phénomène de résonance. Le facteur
de qualité donne l’amplitude maximale à la résonance : X(ω0 ) = Q × X0 .

Réponse en vitesse
V(ω)/Vmax
1
ϕ(◦ )
0.8 90
Q = 10
0.6 Q = 10
Q=3
Q=3
0.4 Q = 0.5 ω/ω0
Q = 0.5
1 2 3 4 5
0.2
ω/ω0
1 2 3 4 5 −90

Pour ω = ω0 , il y a toujours résonance en vitesse quelque soit les


pertes (donc quelque soit Q ou Γ). La vitesse du solide, en phase avec

J.B

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