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Espaces préhilbertiens réels et formes quadratiques

Ce chapitre traite des espaces préhilbertiens réels, en se concentrant sur les formes quadratiques positives et définies positives. Il présente des définitions, des propositions et des théorèmes, notamment l'inégalité de Cauchy-Schwartz et le critère de Sylvester pour déterminer si une forme quadratique est définie positive. Le chapitre aborde également les propriétés des produits scalaires et des isomorphismes d'espaces préhilbertiens.

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Espaces préhilbertiens réels et formes quadratiques

Ce chapitre traite des espaces préhilbertiens réels, en se concentrant sur les formes quadratiques positives et définies positives. Il présente des définitions, des propositions et des théorèmes, notamment l'inégalité de Cauchy-Schwartz et le critère de Sylvester pour déterminer si une forme quadratique est définie positive. Le chapitre aborde également les propriétés des produits scalaires et des isomorphismes d'espaces préhilbertiens.

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Chapitre IV- Espaces préhilbertiens réels

Dans tout ce chapitre, on considère que K = R.

1 Formes quadratiques positives et définie positives


Definition 1.1.
Soit E un espace vectoriel sur R, q une forme quadratique sur E et ϕ sa forme
polaire.
1) q est dite positive si q(x) ≥ 0, ∀x ∈ E.
2) q est dite définie positive si q(x) > 0, ∀x ∈ E tel que x 6= 0.
3) ϕ est dite positive, si q est positive.
4) ϕ est dite définie positive, si q est définie positive.

Proposition 1.2.
Soit E un espace vectoriel et q une forme quadratique sur E. Alors q est définie
positive si et seulement si q est définie et q est positive.

Preuve.
Supposons que q est définie positive. D’ou q est positive. Soit x ∈ E tel que
q(x) = 0. Si x 6= 0, alors q(x) > 0 ce qui est absurde. D’ou x = 0. Ce qui
montre que q est définie. L’inverse est facile.

Théoreme 1.3. (Inégalité de Cauchy-Schwartz)


Soit q une forme quadratique positive sur un espace vectoriel E et soit ϕ sa
forme polaire. Alors
ϕ(x, y)2 ≤ q(x)q(y).
Si de plus q est définie positive, alors ϕ(x, y)2 = q(x)q(y) si et seulement si
x et y sont liés.

Preuve.
Soient x, y ∈ E. Supposons que q(x) 6= 0. Soit t ∈ R. Le réel q(y + tx) ≥ 0.
D’ou
q(y + tx) = t2 q(x) + 2tϕ(x, y) + q(y) ≥ 0.

1
Par suite le déterminant réduit de l’equation de deuxième degré en t,

∆ = ϕ(x, y)2 − q(x)q(y) ≤ 0

garde un signe constant négative et alors ϕ(x, y)2 ≤ q(x)q(y). Si q(x) = 0,


alors
q(y + tx) = 2tϕ(x, y) + q(y) ≥ 0, ∀t ∈ R
par suite ϕ(x, y) = 0. Par conséquent, ϕ(x, y)2 ≤ q(x)q(y).
Supposons que q est définie positive. Soient x, y ∈ E. Si x = 0, il n y a rien à
montrer. Supposons que x 6= 0. Soit t ∈ R. Alors

ϕ(x, y)2 = q(x)q(y) ⇔ ∆ = ϕ(x, y)2 − q(x)q(y) = 0

ϕ(x, y)
⇔ l’equation de deuxième degré en t admet une unique solution t0 = −
q(x)
⇒ q(y + t0 x) = 0 ⇒ y + t0 x = 0 (puisque q est définie positive) ⇒ x, y sont
liés. Inversement, supposons que x, y sont liés. D’ou il existe t ∈ R, tel que
y = tx. D’ou

ϕ(x, y)2 = ϕ(x, tx)2 = t2 ϕ(x, x)2 = t2 q(x)2 = q(x)(t2 q(x)) = q(x)q(tx) = q(x)q(y).

D’ou le résultat.

Le résultat suivant est deja demontré. On le rappelle ici.

Corollaire 1.4.
Une forme quadratique q est définie positive si et seulement si q est positive et
non dégénérée.

Application.
La forme quadratique suivante est-elle definie positive:
1
q(x, y, z) = x2 + 6y 2 + z 2 + 4xy + yz?
8
1 1
On a q(x, y, z) = (x2 + 4xy) + 6y 2 + z 2 + yz = (x + 2y)2 + 2y 2 + yz + z 2 .
8 8
2 2 1 1 2 2 1 2
D’ou q(x, y, z) = (x + 2y) + 2(y + 2y z + ( z) ) = (x + 2y) + 2(y + z) .
4 4 4
2
Par suite q est positive. Aussi q(x, y, z) = 0 si et seulement si x + 2y = 0 et
1
y + z = 0 si et seulement si x = −2y et z = −4y. Par suite le cone isotrope
4
de q est C(q) = vect{(−2, 1, −4)} 6= {0}. Par conséquent, q n’est pas définie
positive.

Definition 1.5.
Soit E un espace vectoriel de dimension finie n. Soit M = (aij )i,j une matrice
carrée symetrique réelle. On appelle matrice mineure de M la matrice
Mk = (aij )1≤i,j≤k . Il y a n matrices mineures M1 , M2 , · · · , Mn de M . Les déter-
minants det(M1 ), det(M2 ), · · · , det(Mn ) des matrices mineures s’appellent les
a11 a12 · · · a1n
 a21 a22 · · · a2n 
mineurs principaux de M . Si M =   alors les mineurs
. . ··· . 
an1 an2 · · · ann
principaux de M sont:
a11 a12 · · · a1n
a11 a12 a13
a11 a12 a a · · · a2n
|a11 |, , a21 a22 a23 , · · · , 21 22 .
a21 a22 . . ··· .
a31 a32 a33
an1 an2 · · · ann
Théorème 1.6. (Critère de Sylvester)
Soit E un espace vectoriel réel de dimension finie n. Alors, une forme quadra-
tique q sur E est définie positive (ou une matrice symetrique à coefficients
dans R est définie positive) si et seulement si tous les mineurs principaux
de M (q, B) sont strictement positifs.

Preuve.
Soit B = {e1 , e2 , · · · , en } une base de E. Soient Bk = {e1 , e2 , · · · , ek } et
Ek = vect(Bk ) pour k = 1, · · · , n. Soit qk : Ek −→ R la restriction de q à
Ek , c’est à dire, qk (x) = q(x), ∀x ∈ Ek . Remarquez alors que ∀k = 1, · · · , n,
qk est une forme quadratique sur Ek . Notez bien que q est définie positive
si et seulement si qk est définie positive ∀k = 1, · · · , n. Le problème revient
donc à montrer que q est une forme quadratique définie positive si et seulement
si det(M (q1 , B1 )), · · · , det(M (qn , Bn )) sont strictement positifs. En effet, soit
B 0 = {e01 , · · · , e0n } une base orthogonale de q. D’ou la matrice M (q, B 0 ) est

3
diagonale et il existe une matrice inversible P telle que
M (q, B 0 ) = t P M (q, B)P.
Par suite det(M (q, B 0 )) = det( t P ) det(M (q, B)) det(P ) = det(P )2 det(M (q, B)).
D’ou det(M (q, B)) > 0 si et seulement si det(M (q, B 0 )) > 0. On peut donc
supposer que B est une base orthogonale et que, par suite, M (q, B) est diago-
nale et la diagonale est formée des q(ei ) = ϕ(ei , ei ). D’ou
n
Y
det(M (q, B)) = q(ei ).
i=1

Aussi, on note que


n
X
q(x) = ϕ(x, x) = x2i q(ei ), ∀x ∈ E.
i=1

D’ou q(x) > 0, ∀x ∈ E, x 6= 0 si et seulement si q(ei ) > 0, ∀i = 1, · · · , n. Par


conséquent, q est définie positive si et seulement si q(ei ) > 0, ∀i = 1, · · · , n si et
seulement si det(M (q1 , B1 )), · · · , det(M (qn , Bn )) > 0 ce qui achève la démon-
stration du théorème.

Application.
On considère la forme quadratique qa , ∀a ∈ R, sur R3 de matrice:
 
1 1 1
1 a 1
1 1 a
Montrer que qa est définie positive si et seulement si a > 1.

En effet, les mineurs principaux de cette matrice sont:


1 1 1
1 1
|1|, , 1 a 1 .
1 a
1 1 a

1 1 1 1 1 1
1 1
On a |1| = 1, = a − 1 et 1 a 1 = 0 a − 1 0 = (a − 1)2 .
1 a
1 1 a 0 0 a−1
D’ou qa est définie positive si et seulement si a > 1.

4
Definition 1.7.
1) Soit E un R-espace vectoriel. Une application ϕ : E × E −→ R qui est
bilinéaire symetrique définie positive est appelée un produit scalaire.
Un produit scalaire ϕ est donc une application définie de E × E −→ R qui
vérifie les propriétés suivantes:
a) ϕ est une forme bilinéaire symetrique.
b) ∀x ∈ E, ϕ(x, x) ≥ 0.
c) ∀x ∈ E, ϕ(x) = 0 ⇒ x = 0.
2) Un produit scalaire serap noté (.|.) et donc ϕ(x, y) sera noté x|y.
3) L’application x −→ ϕ(x, x) est appelée norme euclidienne et notée
x −→ ||x||.
4) Un espace vectoriel E muni d’un produit scalaire ϕ est appelé espace
préhilbertien réel et noté (E, ϕ).
- Lorsqu’un espace préhilbertien (E, ϕ) est complet on l’appelle espace de
Hilbert.
- Lorsqu’un espace préhilbertien (E, ϕ) est de dimension finie non nulle on dit
que (E, ϕ) est un espace euclidien.

Théorème 1.8.
Soit (.|.) un produit scalaire sur E et ||.|| la norme euclidienne associée. Alors:
1) ||x + y||2 = ||x||2 + ||y||2 + 2x|y.
2) ||x − y||2 = ||x||2 + ||y||2 − 2x|y.
3) ||x + y||2 + ||x − y||2 = 2(||x||2 + ||y||2 ) Identité du parallélogramme.
1
4) x|y = (||x + y||2 − ||x − y||2 ) Identité de polarisation.
4
5) ∀x, y ∈ E, |(x|y)| ≤ ||x||.||y|| Inégalité de Cauchy-Schwarz.
6) ∀x, y ∈ E, |(x|y)| = ||x||.||y|| si et seulement si x, y sont liés.
7) ∀x, y ∈ E, ||x + y|| ≤ ||x|| + ||y|| Inégalité de Minkowski.
8) ∀x, y ∈ E, ||x + y|| = ||x|| + ||y|| ⇔ x, y sont liés.

2-Isomorphismes d’espaces préhilbertiens réels

Definition 2.1.
1) Soient (E1 , ϕ1 ) et (E2 , ϕ2 ) deux espaces préhilbertiens réels.
On appelle isomorphisme d’espaces préhilbertiens réels tout isomorphisme

5
d’espaces vectoriels f : E1 −→ E2 qui conserve le produit scalaire:
∀x, y ∈ E1 , ϕ2 (f (x), f (y)) = ϕ1 (x, y).
2) Les espaces (E1 , ϕ1 ) et (E2 , ϕ2 ) sont dits isomorphes s’il existe un isomor-
phisme d’espaces préhilbertiens réels f : (E1 , ϕ1 ) −→ (E2 , ϕ2 ).
3) Un isomorphisme f : (E, ϕ) −→ (E, ϕ) d’espaces préhilbertiens réels de
(E, ϕ) vers lui même est appelé autormorphisme orthogonal.

Théorème 2.2.
1) Si f, g sont deux isomorphismes d’espaces préhilbertiens réels, alors f ◦ g est
un isomorphisme d’espaces préhilbertiens réels.
2) Si f : (E1 , ϕ1 ) −→ (E2 , ϕ2 ) est un isomorphisme d’espaces préhilbertiens
réels, alors f −1 : (E2 , ϕ2 ) −→ (E1 , ϕ1 ) est un isomorphisme d’espaces préhilber-
tiens réels.
3) idE : (E, ϕ) −→ (E, ϕ) est un automorphisme orthogonal.
4) Soit (E, ϕ) un espace préhilbertien réel. Alors l’ensemble O(E) des au-
thomorphismes orthogonaux de E est un sous groupe du groupe GL(E) des
automorphismes de E. O(E) s’appelle le groupe orthogonal de E.

Preuve. Elle est claire.

Proposition 2.3.
Soit f : (E1 , ϕ1 ) −→ (E2 , ϕ2 ) une application linéaire surjective d’espaces
préhilbertiens réels. Alors f est un isomorphisme d’espaces préhilbertiens réels
si et seulement si f conserve les normes, c’est à dire ||f (x)||2 = ||x||1 , ∀x ∈ E.

Preuve.
Supposons que f conserve les normes. Soit x ∈ E. On a
f (x) = 0 ⇔ ||f (x)||2 = 0 ⇔ ||x||1 = 0 ⇔ x = 0.
D’ou f est injective et par suite f est un isomorphisme d’espaces vectoriels.
Soient x, y ∈ E1 . D’où
ϕ2 (f (x + y), f (x + y)) = ϕ2 (f (x), f (x)) + ϕ2 (f (y), f (y)) + 2ϕ2 (f (x), f (y)).
Or
ϕ2 (f (x + y), f (x + y)) = ϕ1 (x + y, x + y) = ϕ1 (x, x) + ϕ1 (y, y) + 2ϕ1 (x, y).

6
Comme ϕ2 (f (x), f (x)) = ϕ1 (x, x) et ϕ2 (f (y), f (y)) = ϕ1 (y, y), on obtient que
ϕ2 (f (x), f (y)) = ϕ(x, y). Par conséquent f est un isomorphisme d’espaces
préhilbertiens. Inversement, supposons que f est un isomorphisme d’espaces
préhilbertiens. Soit x ∈ E. D’ou
p p
||f (x)||2 = ϕ2 (f (x), f (x)) = ϕ1 (x, x) = ||x||1 .

Par suite f conserve les normes.

Corollaire 2.4.
Soit (E, .|.) un espace préhilbertien réel et u un automorphisme de E. Alors
les propositions suivantes sont equivalentes:
1) u est un automorphisme orthogonal;
2) u conserve le produit scalaire;
3) u conserve la norme.

Preuve. Elle est directe.

3-Orthogonalité

Definition 3.1.
Soit E un espace préhilbertien réel et ||.|| la norme euclidienne associée.
- Un vecteur x de E est dit unitaire lorsque ||x|| = 1.
- Un vecteur x est dit orthogonal à y lorsque x|y = 0 et on note x ⊥ y.
- Soit A une parti de E. On appelle Orthogonal de E l’ensemble

A⊥ := {x ∈ E : x ⊥ a, ∀a ∈ A}.

- Deux sous espaces vectoriels F et G de E sont dits orthogonaux lorsque


∀x ∈ F, ∀y ∈ G, on a x ⊥ y.

Théorème 3.2. (Théorème de Pythagore)


Soit (E, .|.) un espace préhilbertien réel et ||.|| la norme euclidienne associée.
Alors, ∀x, y ∈ E,
x ⊥ y ⇔ ||x + y||2 = ||x||2 + ||y||2 .

7
Le résultat suivant rassemble les propriétés de l’orthogonal qui ont été déja
vu lors de l’étude des formes bilinéaires symetriques (non dégénérées).

Proposition 3.3.
Soit (E, .|.) un espace préhilbertien réel. Soient A et B deux parties de E.
Soient F et G deux sous espaces vectoriels de E. Alors
1) A⊥ est un sous espace vectoriel de E.
2) A⊥ ⊆ (vect(A))⊥ .
3) A ⊆ A⊥⊥ .
4) A ⊆ B ⇒ B ⊥ ⊆ A⊥ .
5) A ⊆ B ⊥ ⇔ B ⊆ A⊥ .
6) F ∩ F ⊥ = {0}.
7) {0}⊥ = E et E ⊥ = {0}.
8) F et G sont orthogonaux si et seulement si F ⊆ G⊥ si et seulement G ⊆ F ⊥ .

Preuve. La démonstration est immediate.

4-Familles Orthogonales et familles orthonormales

Definition 4.1.
Soit (E, .|.) un espace préhilbertien réel et ||.|| la norme associée.
- Une famille (ei )i de E est orthogonale si:

(∀i ∈ I, ∀j ∈ I) i 6= j ⇒ ei |ej = 0.

- Une famille (ei )i de E est orthonormale si:

(∀i ∈ I, ∀j ∈ I) ei |ej = δij .

Proposition 4.2.
Soit (E, .|.) un espace préhilbertien réel (non nul) et ||.|| la norme associée.
1) Si E est de dimension finie, alors E admet une base orthonormale.
2) Toute famille orthogonale de vecteurs non nuls est libre.
3) Toute famille orthonormale est libre.
4) (Relation de Pythagore) Soit {e1 , e2 , · · · , en } une famille orthogonale. Alors
n
X n
X
2
|| ei || = ||ei ||2 .
i=1 i=1

8
Preuve.
1) Supposons que E est de dimensionn e finie n. On sait E admet une base orthog-
1 en o
onale B = {e1 , · · · , en }. D’ou ,··· , est une base orthonormale
||e1 || ||en ||
de E.
Le reste de la démonstration est directe.

Definition 4.3.
Soit (E, .|.) un espace préhilbertien réel. Soient F et G deux sous espaces
vectoriels de E. On dit que F et G sont des supplémentaires orthogonaux
lorsque
E = F ⊕ G et F ⊥ G.
Proposition 4.4.
Soit (E, .|.) un espace préhilbertien réel. Soient F et G deux sous espaces
vectoriels de E.
1) Si F et G sont des supplémentaires orthogonaux, alors

G = F ⊥ et F = F ⊥⊥ .

2) F admet un supplémentaire orthogonal si et seulement si F ⊕ F ⊥ = E.

Preuve.
1) Par hypothése on a: E = F ⊕ G et F ⊥ G. On a F ⊥ G, d’ou G ⊆ F ⊥ .
Par suite F + F ⊥ = E. Or F ∩ F ⊥ = {0}, par conséquent F ⊕ F ⊥ = E.
Maintenant, soit x ∈ F ⊥ . D’ou x = a+b avec a ∈ F et b ∈ G. Donc x−b = a
avec x−b ∈ F ⊥ puisque G ⊆ F ⊥ , et a ∈ F . Par suite x−b = a ∈ F ∩F ⊥ = {0}.
D’ou x = b ∈ G. Par conséquent, F ⊥ ⊆ G et donc G = F ⊥ . Aussi on obtient
F = G⊥ . Ce qui donne F = G⊥ = F ⊥⊥ .
2) Elle est directe à partir de (1).

Definition 4.5.
Soient E un espace vectoriel et p : E −→ E un endomorphisme.
1) On dit que p est un projecteur de E lorsque p ◦ p = p.
2) Supposons que E est espace préhilbertien réel.
a) On dit que p est un projecteur orthogonal lorsque im(p) et Ker(p)
sont des supplémentaires orthogonaux, c’est à dire im(p) ⊕ Ker(p) = E et
im(p) ⊥ Ker(p).

9
b) Si F est un sous espace vectoriel de E qui admet un supplémentaire
orthogonal, alors le seul projecteur orthogonal d’image F est noté pF : E −→
E s’appelle la projection orthogonale de E sur F et il est définie par,
∀x = a + b, avec a ∈ F et b ∈ F ⊥ , pF (x) = a.
c) Soit a ∈ E. La distance de a à F est l’entier
d(a, F ) = inf{d(a, x) : x ∈ F } = inf{||a − x|| : x ∈ F }.
Théorème 4.6.
Soient (E, .|.) un espace préhilbertien réel et ||.|| la norme associée. Soient
a ∈ E et F un sous espace vectoriel de E. Alors:
1) Pour x ∈ F , ||a − x|| = d(a, F ) ⇔ a − x ∈ F ⊥ .
2) Il existe au plus un vecteur x qui vérifie ||a − x|| = d(a, F ).
3) Si F admet un supplémentaire orthogonal, alors
d(a, F ) = ||a − pF (a)|| et d(a, F )2 = ||a||2 − ||pF (a)||2 .
Preuve.
1) Soit x ∈ F . Supposons que ||a − x|| = d(a, F ). Soient y ∈ F et r ∈ R. On a
||a − (x + ry))||2 − ||a − x||2 = −2r((a − x)|y) + r2 ||y||2 .
Comme x + ry ∈ F , on obtient ||a − x|| = d(a, F ) ≤ ||a − (x + ry)||. Par suite
pour tout r ∈ R, on a
−2r((a − x)|y) + r2 ||y||2 ≥ 0.
Si r > 0, on obtient en simplifiant par r,
−2((a − x)|y) + r||y||2 ≥ 0,
d’ou 2((a − x)|y) ≤ r||y||2 , ∀r ∈ R∗+ . Par suite, en faisant tendre r vers 0, on
aura ((a − x)|y) ≤ 0. Si r < 0, on obtient
−2((a − x)|y) + r||y||2 ≤ 0,
d’ou 2((a − x)|y) ≥ r||y||2 , ∀r ∈ R∗− . Par suite, en faisant tendre r vers 0, on
aura ((a − x)|y) ≥ 0. Par conséquent, ((a − x)|y) = 0. D’ou a − x ∈ F ⊥ .
Inversement, on suppose que a − x ∈ F ⊥ . Soit y ∈ F . On a ||a − y||2 =
||(a − x) + (x − y)||2 . D’ou
||a − y||2 = ||a − x||2 + 2(a − x|x − y) + ||x − y||2 .

10
Or x − y ∈ F et a − x ∈ F ⊥ , d’ou (a − x|x − y) = 0. Par suite

||a − y||2 = ||a − x||2 + ||x − y||2 .

D’ou ||a − x||2 ≤ ||a − y||2 , ce qui donne ||a − x|| ≤ ||a − y|| pour tout y ∈ F .
Par conséquent, ||a − x|| ≤ d(a, F ). Comme d(a, F ) ≤ ||a − x||, on obtient
l’egalité.
2) Soient x, x0 ∈ F tel que a − x, a − x0 ∈ F ⊥ . D’où

(x − a) − (x0 − a) = x − x0 ∈ F ⊥ .

Pars suite x − x0 ∈ F ∩ F ⊥ = {0}. D’ou x = x0 .


3) On suppose que F admet un supplémentaire orthogonal. D’ou F ⊕ F ⊥ = E.
On a a = pF (a) + (a − pF (a)) et a − pF (a) ∈ F ⊥ . D’où, d’aprés (1), d(a, F ) =
||a − pF (a)|| et ||a||2 = ||pF (a)||2 + ||a − pF (a)||2 = ||pF (a)||2 + d(a, F )2 .

Théorème 4.7.
Soit (E, .|.) un espace préhilbertien réel. Alors tout sous espace vectoriel de
dimension finie de E admet un supplémentaire orthogonal.

Preuve.
Soit {e1 , e2 , · · · , ep } une base orthonormale de F . Soit x ∈ E et soit

y = (x|e1 )e1 + (x|e2 )e2 + · · · + (x|ep )ep .

On a donc y|ei = x|ei pour i = 1, · · · , p. Par suite (x − y)|ei = 0 pour


i = 1, · · · , p et donc x − y ∈ F ⊥ . D’où x ∈ F + F ⊥ . Par conséquent,
E = F + F ⊥ . Comme F ∩ F ⊥ = {0}, on obtient E = F ⊕ F ⊥ . Il s’ensuit que
F ⊥ est un supplémentaire orthogonal de F .

Corollaire 4.8.
Soit (E, .|.) un espace préhilbertien réel. Soit F un sous espace vectoriel de
dimension finie de E. Alors
1) E = F ⊕ F ⊥ .
2) F = F ⊥⊥ .
3) Soit {e1 , · · · , ep } une base orthonormale de F . Alors, ∀x ∈ E
p
X
pF (x) = (x|ei )ei
i=1

11
et p
X
(x|ei )2 ≤ ||x||2 (Inégalité de Bessel).
i=1
Preuve.
1) et 2) découlent du théorème précedent.
3) Elle provient de la démonstration du théorème précédent en remarquant que
y = pF (x). De plus, ||x||2 = ||pF (x)||2 + d(x, F )2 . Donc ||pF (x)|| ≤ ||x||.
L’inégalité de Bessel en découle facilement puisque la base {e1 , · · · , ep } est or-
thonormale.

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