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Decomposition de Gauss Des Formes Quadratiques

Ce chapitre traite de la décomposition de Gauss des formes quadratiques, en se concentrant sur l'orthogonalité d'un sous-espace vectoriel par rapport à une forme quadratique non dégénérée. Il présente des propositions sur les dimensions des sous-espaces orthogonaux et démontre la décomposition d'une forme quadratique en somme de carrés de formes linéaires indépendantes. Le théorème final établit que la signature d'une forme quadratique est indépendante de la base choisie.

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Decomposition de Gauss Des Formes Quadratiques

Ce chapitre traite de la décomposition de Gauss des formes quadratiques, en se concentrant sur l'orthogonalité d'un sous-espace vectoriel par rapport à une forme quadratique non dégénérée. Il présente des propositions sur les dimensions des sous-espaces orthogonaux et démontre la décomposition d'une forme quadratique en somme de carrés de formes linéaires indépendantes. Le théorème final établit que la signature d'une forme quadratique est indépendante de la base choisie.

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Chapitre III: Décomposition de Gauss des

formes quadratiques

1-Orthogonalité pour une forme quadratique

On considère dans ce paragraphe l’orthogonalité d’un


sous espace vectoriel F d’un espace vectoriel E par rap-
port à une forme quadratique non dégénérée q.

Proposition 1.1.
Soit q une forme quadratique non dégénérée q sur un es-
pace vectoriel E de dimension finie n ≥ 1. Soit F un sous
espace vectoriel de E. Alors
1) dim(F) + dim(F⊥ ) = dim(E).
2) F⊥⊥ = F.

Démonstration.
Soit ϕ la forme polaire de q. Notez que, ∀x ∈ E, l’application
ϕx : E −→ K définie par ϕx (y) = ϕ(x, y), ∀y ∈ E est une forme
linéaire, c’est à dire que ϕx ∈ E∗ , ∀x ∈ E. On considère
l’application g : E −→ E∗ définie par g(x) = ϕx , ∀x ∈ E. Donc
g est une application linéaire. Montrons que g est injec-
tive. En effet, soit x ∈ E tel que g(x) = ϕx = 0. D’où,
ϕx (y) = ϕ(x, y) = 0, ∀y ∈ E. Comme q est non dégénérée,
on obtient que x = 0. Alors Ker(g) = (0), c’est à dire que
g est injective. Comme dim(E) = dim(E∗ ) est finie, on a
g est bijective et donc c’est un isomorphisme d’espaces
vectoriels.
1) Soit F un sous espace vectoriel de E de dimension p ≤ n.
Soit {e1 , · · · , ep } une base de F. On complète cette base de
F en une base B = {e1 , · · · , ep , ep+1 , · · · , en } de E. On con-
sidère B∗ = {e∗1 , · · · , e∗n } la base duale de B. Soit x ∈ E et soit
1
2

ϕx = α1 e∗1 + · · · + αn e∗n . Alors

x ∈ F⊥ ⇔ ϕx (y) = 0, ∀y ∈ F ⇔ ϕx (ei ) = 0, ∀i = 1, · · · , p ⇔

αi = 0, ∀i = 1, · · · , p ⇔ g(x) = ϕx ∈ Vect(e∗p+1 , · · · , e∗n ) ⇔

x ∈ g−1 (Vect(e∗p+1 , · · · , e∗n )).

Par suite
F⊥ = g−1 (Vect(e∗p+1 , · · · , e∗n )).

Comme g est un isomorphisme, on obtient

dim(F⊥ ) = dim(Vect(e∗p+1 , · · · , e∗n ) = n − p.

Alors dim(F) + dim(F⊥ ) = dim(E).


2) On a, d’après (1), dim(F)+dim(F⊥ ) = dim(E) et dim(F⊥ )+
dim(F⊥⊥ ) = dim(E). Par suite dim(F) = dim(F⊥⊥ ). Comme
F ⊆ F⊥⊥ , on obtient F = F⊥⊥ .

2- Décomposition de Gauss des formes quadratiques

Le but de ce paragraphe est de décomposer une forme


quadratique quelconque en somme de carrés de formes
linéaires libres.

Théorème 2.1.
Soit E un K-espace vectoriel de dimension finie n et soit q
une forme quadratique sur E. Soit t = rg(q). Alors il existe
des formes linéaires linéairement indépendants (dans E∗ )
L1 , · · · , Lt et il existe α1 , · · · , αt ∈ K \ {0} tels que
t
X
∀x ∈ E, q(x) = αi Li (x)2 .
i=1
3

1) Si K = C, alors il existe des formes linéaires linéairement


indépendants L1 , · · · , Lt tels que
t
X
∀x ∈ E, q(x) = Li (x)2 .
i=1

2) Si K = R, alors alors il existe des formes linéaires linéaires


linéairement indépendants L1 , · · · , Lt et il existe r, s ∈ N tels
que
r
X t
X
2
∀x ∈ E, q(x) = Li (x) − Li (x)2
i=1 i=r+1

avec s = t − r, c’est à dire que rg(q) = t = r + s. Le couple


(r, s) s’appelle la signature de q et est notée sgn(q) = (r, s).
La signature de q est indépendante de la base choisie.

Démonstration.
On rappelle que ∀x ∈ E, q(x) = ai j xi x j , où ai j = ϕ(ei , e j ),
P
i, j
∀i, j avec ϕ est la forme polaire de q. Il y a deux cas:
Cas 1. Il existe i ∈ {1, · · · , n} tel que aii , 0.
On peut supposer que a11 , 0. On obtient

q(x) = a11 x21 + 2x1 P(x2 , x3 , · · · , xn ) + Q(x2 , x3 , · · · , xn )

en factorisant par x1 dans tous les termes qui contiennent


x1 et où P est une forme linéaire sur Kn−1 et Q est une
forme quadratique sur Kn−1 . Par suite

q(x) = a11 x21 + 2x1 P(y) + Q(y),

où y = (x2 , · · · , xn ) ∈ Kn−1 . D’où


 P(y) 2  P(y)2 
q(x) = a11 x1 + + Q(y) − .
a11 a11
4

P(y)2
On a : q0 Kn−1 −→ K tel que = Q(y) −
q0 (y) est une
a11
forme quadratique sur Kn−1 . D’où
 P(y) 2 0
q(x) = a11 x1 + + q (y) = a11 L1 (x) + q0 (y),
a11
P(y)
où L1 : E −→ K tel que L1 (x) = x1 + , ∀x ∈ E est une forme
a11
linéaire sur E. On répéte le procédé jusqu’à traiter tous
les carrés aii x2i de q(x) tels que aii , 0. On obtient alors
q(x) = α1 L1 (x1 , x2 , · · · , xn ))2 +α2 L2 (x2 , · · · , xn )2 +· · ·+αp Lp (xp , · · · , xn )2 +
q1 (xp+1 , · · · , xn ), ∀x ∈ E
avec q1 : Kn−p −→ K est une forme quadratique telle que
X
q1 (x) = bi j xi x j , ∀x ∈ Kn−p
1≤i<j≤n−p

(il n’y a pas de carrés dans l’expression de q1 ). Il est facile


de vérifier que
L1 (x) = x1 + P1 (x2 , · · · , xn ), L2 (x2 , · · · , xn ) = x2 + P2 (x3 , · · · , xn ),
· · · , Lp = xp + Pp (xp+1 , · · · , xn ),
avec les Pi sont des formes linéaires. Soient α1 , · · · , αp ∈ K
tels que α1 L1 + · · · + αp Lp = 0. Si on prend x1 , 0 et x2 =
x3 = · · · = xn = 0, alors on aura α1 = 0. On repéte ce pro-
cessus jusqu’à montrer que α1 = α2 = · · · = αp = 0. D’où
{L1 , · · · , Lp } est une famille libre.
Cas 2. aii = 0, ∀i = 1, · · · , n.
D’où q(x) = a12 x1 x2 +x1 A(x3 , · · · , xn )+x2 B(x3 , · · · , xn )+Q(x3 , · · · , xn ),
∀x ∈ E, où A, B sont des formes linéaires sur Kn−2 et Q est
une forme quadratique sur Kn−2 . Notons y = (x3 , · · · , xn ).
D’où
 1  1   1 
q(x) = a12 x1 + B(y) x2 + A(y) + Q(y)− A(y)B(y) .
a12 a12 a12
5

1
On note que Q − AB est une forme quadratique sur
a12
1 1
Kn−2 . En utilisant l’identité: xy = (x + y)2 − (x − y)2 , on
4 4
obtient
a  1 1 2 a  1 1 2
q(x) = 12 x1 +x2 + A(y)+ B(y) − 12 x1 −x2 + B(y)− A(y) +
4 a12 a12 4 a12 a12
 1 
Q(y) − A(y)B(y) .
a12
1 1
On pose L1 (x) = x1 + x2 + A(y) + B(y) et L2 = x1 − x2 +
a12 a12
1 1
B(y) − A(y). L1 et L2 sont des formes linéaires et
a12 a12
il est facile de voir qu’ils sont libres. Maintenant, par
recurrence sur n, on vérifie que

q(x) = α1 L1 (x)2 + · · · + αt L2t (x), ∀x ∈ E


avec L1 , · · · , Lt sont des formes linéaires libres.
En combinant les deux cas, on termine la décomposition
de q en somme de carrés de formes linéaires libres.
On montre que t = rg(q). En effet, on compléte {L1 , L2 , · · · , Lt }
en une base {L1 , · · · , Lt , · · · , Ln } de E∗ et soit {u1 , u2 , · · · , un }
n
la base préduale de {L1 , · · · , Ln }. Soit x =
P
ai ui . D’où
i=1
Li (x) = ai , ∀i = 1, · · · , n. Par suite la matrice de q dans la
base {u1 , · · · , un } est une matrice diagonale qui est

 α1 0 · · · · · · · · · · · · 0 
 
 0 α2 0 · · · · · · · · · 0 
 
 . . .. .. .. .. .. 
 .. .. . . . . . 

αt 0 · · · 0 
 0 · · · 0 

 0 · · · 0 · · · 0 · · · · · · · · · 0 
 
0 ··· 0··· 0··· ··· ··· 0
 
6

D’où t = rg(A). L’assertion (1) et (2) du théorème de-


coulent facilement de la décomposition déja montrée.
Il reste à montrer l’indépendance de la signature de q de la
base choisie lorsque K = R. On considère alors deux bases
B = {e1 , · · · , en } et B0 = {e01 , · · · , e0n } de E. Soient (r, s) la signa-
ture de q relativement à B et (r0 , s0 ) celle de q relativement
à B0 . D’òu, ∀x ∈ E,
r
X t
X r0
X t
X
q(x) = 2
Li (x) − 2
Li (x) = L0i (x)2 − L0i (x)2
i=1 i=r+1 i=1 i=r0 +1

avec {L1 , · · · , Lt } et {L01 , · · · , L0t } sont deux familles libres


de E∗ . On compléte ces deux familles libres en deux
bases {L1 , · · · , Lt , · · · , Ln } et {L01 , · · · , L0t , · · · , L0n } de E∗ et on con-
sidère leurs bases préduales respéctives {u1 , · · · , ut · · · , un }
n n
et {u1 , · · · , ut · · · , un } de E. Donc si x = αi ui = βi u0i , on
0 0 0 P P
i=1 i=1
a Li (x) = αi et L0i (x) = βi , ∀i = 1, · · · , n, et par suite
r
X t
X r0
X t
X
q(x) = α2i − α2i = β2i − β2i .
i=1 i=r+1 i=1 i=r0 +1

Soient F = vect{u1 , · · · , ur } et G = vect{u0r0 +1 , · · · , u0n }. On a


r n
∀x ∈ F \ {0}, q(x) = α2i > 0 et ∀x ∈ G \ {0}, q(x) = − β2i <
P P
i=1 i=r0 +1
0. D’où F ∩ G = {0}. Par suite F ⊕ G est une somme directe
et on a
dim(F ⊕ G) = dim(F) + dim(G)
= r + n − r0
≤ dim(E) = n.
Ce qui donne r−r0 ≤ 0, d’où r ≤ r0 . En utilisant la même de-
marche avec F0 = vect{ur+1 , · · · , un } et G0 = vect{u01 , · · · , u0r0 },
on aura r0 ≤ r. D’où r = r0 et s = s0 puisque r + s = r0 + s0 = t.
Par conséquent, la signature de q est indépendante de la
7

base choisie.

Applications.
1) Donner la décomposition de Gauss de la forme quadra-
tique q suivante et en déduire le rang et la signature:
q(x1 , x2 , x3 ) = x21 + 2x22 + 8x23 − 2x1 x2 + 4x1 x3 .
On a
q(x) = x21 + 2x1 (2x3 − x2 ) + 2x22 + 8x23
= (x1 + 2x3 − x2 )2 − (2x3 − x2 )2 + 2x22 + 8x23
= (x1 + 2x3 − x2 )2 + x22 + 4x2 x3 + 4x23
= (x1 + 2x3 − x2 )2 + (x2 + 2x3 )2 .
D’où rg(q) = 2 et sgn(q) = (2, 0).

2) q(x1 , x2 , x3 , x4 ) = x1 x2 + x1 x4 + x2 x3 .
On a
q(x) = (x1 + x3 )(x2 + x4 ) − x3 x4
1 1
= (x1 + x2 + x3 + x4 )2 − (x1 − x2 + x3 − x4 )2 − x3 x4
4 4
1 1 1 1
= (x1 + x2 + x3 + x4 )2 − (x1 − x2 + x3 − x4 )2 − (x3 + x4 )2 + (x3 − x4 )2 .
4 4 4 4
D’où sgn(q) = (2, 2) et rg(q) = 4.

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