DEA Final DIOULO
DEA Final DIOULO
- la deuxième partie porte sur les matériels utilisés et la méthodologie appliquée aux
différentes études effectuées ;
1
CHAPITRE I : GENERALITES SUR LES PHOSPHATES
I-1-Origine des phosphates
Les phosphates proviennent à l’origine des minéraux phosphatés des roches éruptives,
dont le plus commun est l’apatite : Ca5 ((PO4) 3(OH, F)). Il en existe d’autre comme la
wavellite , la crandalite , la variscite.
En solution le phosphate est utilisé par les organismes végétaux et animaux : les os des
vertébrés en contiennent jusqu’à 60 %, les dents jusqu’à 90 %, les urines des vertébrés et les
excréments en renferment des quantités notables. Les invertébrés ont également leurs
coquilles assez souvent riches en phosphate.
A leur mort, de nouvelles solutions de phosphates sont formées et elles peuvent soit
épigéniser tout ou une partie des sédiments.
Les roches phosphatées se forment sur la plate forme continentale.
Les phosphates se présentent dans les roches phosphatées sous divers aspects :
le plus souvent en grains de quelques millimètres, arrondis (pseudo-oolithes) ou non,
de teinte brune claire à jaune ;
en débris épigénisés (os, écaille de poisson, coprolithes) pris dans un ciment (ou
gangue) souvent crayeux ou argilo-calcaire, lui-même imprégné de phosphates ;
en plages finement cristallines cimentant des éléments variés ;
en nodules noires (nodules chargées en matières organiques) souvent remaniés et
correspondant alors à des galets regroupés dans certains horizons ;
Le phosphate se trouve également dans de nombreuses roches par exemple la craie
phosphatée, le minerai de fer oolithique à ciment phosphaté.
En effet, si l’on excepte les phosphates déposés dans les grottes, ou phosphorites, les
différentes variétés de phosphates peuvent se repartir ainsi :
les phosphates en grains ; ce sont les plus répandus. La taille des grains est variable en
moyenne de quelques millimètres. La forme est également variable : arrondi, ovale ou
irrégulière. La couleur la plus répandue est le jaune ou le brun. On trouve les traces de
microfossiles ; foraminifères, radiolaires, etc. Les grains peuvent être amorphes
(collophanites, ce sont les plus fréquents), ou cristallisés (francolite) ;
les phosphates en débris ; ils se présentent sous différentes formes :
2
• de vase crayeuse ;
• de la calcite spathique (sparry) ; si cette calcite en vient à prédominer, on
aboutit à des calcaires phosphatés ;
• argileuse, en pellicule à la surface des grains. C’est le cas le plus intéressant, le
minerai étant à la fois plus facile à extraire et plus riche ;
• phosphaté.
les phosphates en ciment ; ces phosphates peuvent être cristallisés ;
les phosphates en nodules ; les phosphates épigénisent une partie de la roche dans
laquelle ils sont inclus (par exemple de la craie). Ces nodules peuvent être de couleur
jaune ou noire (due à la présence de matière carbonatée).
D’ après leur type de gisement, les phosphates se classent en trois groupes :
les phosphates continentaux (phosphorites). Ce sont toujours de petits gisements ;
les phosphates marins, de beaucoup les plus répandus, en coprolithes, soit surtout en
sables phosphatés, pseudo-oolithiques, parfois cimentés (exogangue) ; ils se déposent
en milieu marin ouvert dans la zone néritique soit sur la plate-forme continentale soit
sur sa bordure. Le phosphate se forme dans les conditions voisines de celles de la
glauconie, compagnon habituel du phosphate, mais beaucoup plus répandu. Souvent
l’on rencontre des imprégnations fréquentes des phosphates en grains par des
hydrocarbures ;
des gisements remaniés : les phosphates marins sont concentrés ou transformés par
altération de la roche initiale.
Par ailleurs les phosphates naturels comportent de l’uranium (teneur moyenne de l’ordre de
quelques centaines de ppm d’uranium). En 1980, 12 % de l’uranium mondial provenait du
traitement de phosphate.
3
Dans de nombreux pays, comme le Maroc, l’Algérie et le Togo, les phosphates sont utilisés
dans la fabrication des engrais, de l’acide phosphorique et bien d’autres choses.
En effet, le phosphate est recherché pour le phosphore qu’il contient. Désigné en chimie par la
lettre P, il constitue un élément essentiel des cellules vivantes de l’homme. Chez les animaux
il apparait dans les os et les dents (c’est ce qui explique leur présence dans les formations
sédimentaires phosphatées jouant un rôle dans le processus d’enrichissement).
Chez les végétaux, c’est lui qui véhicule l’énergie produite par la photosynthèse.
Le phosphore est présent partout. On le rencontre chaque jour dans les pâtes dentifrices. Il est
à la base de certains produits pharmaceutiques. Il est utilisé dans l’alimentation animale, dans
la fabrication des détergents, la conservation des aliments et bien d’autres applications encore.
4
Prix
en dollars
$
Mois
(Mois)
5
CHAPITRE II : CADRES GEOGRAPHIQUE ET GEOLOGIQUE
II.1.1 Localisation
Eboinda est située au sud-est de la Côte d’Ivoire dans la région d’Aboisso, environ 175 km
à l’est d’Abidjan et à proximité de la frontière du Ghana. Elle se trouve sur le rivage nord- est
de la lagune Tendo. Eboinda fait partie de la sous préfecture de Tiapoum.
II.1.2 Hydrographie
Du point de vue hydrographique, on distingue de l’ouest vers l’est, les lagunes Aby, Tendo,
Ehy, alimentées par de nombreuses rivières dont les principales sont la Bia et la Tanoé.
(Fig. 2).
Le cordon littoral limitant la mer et la lagune a une largeur d’environ 2 à 4 km.
Vers le continent il est recoupé par des zones marécageuses difficilement accessibles.
II.2.1 Le socle
Le socle d’âge précambrien appartient au craton ouest africain et particulièrement à la
dorsale de Man ou dorsale de Leo.
Ce socle représente 97,5 % du territoire ivoirien. Il est d’âge Archéen et Protérozoïque
inferieur.
Il est subdivisé en deux domaines :
Ces fractures ont contrôlé toute la sédimentation dans le bassin. Le secteur contrôlé par la
fracture de la Romanche se caractérise par une pente douce avec des dépôts très épais
dépassant par endroits 1000 m au large alors que dans la partie contrôlée par la fracture de
Saint Paul, le bassin présente une pente abrupte avec un socle peu profond (Ennin, 2003).
La partie marine du bassin est subdivisée en deux marges (Fig. 4) :
la marge d’Abidjan qui s’étend depuis le haut d’Adiadon (Grand-Lahou) jusqu'à la
frontière du Ghana ;
et la marge de San Pedro qui part de Grand-Lahou à la frontière ivoiro-libérienne à
l’ouest (PETROCI ,1990).
8
LEGENDE
× × Frontière
== Route
Limite bassin-socle
9
9- Sillons de Bouaflé
10-Sillon de Bouaké-E
1- Sillons d’Odienné-N 11-Sillon de Tehini
2-Sillon de Toulépleu 12-Sillon de Nassian-N
3-Sillon de Guiglo 13-Sillon de Bouna-SE
4-Sillon de Soubré 14-Sillon de Bondoukou-N
5-Sillon de Boudiali-Korhogo 15-Sillon de Dimbokro-Abengourou
6-Sillon de Séguéla-W 16-Sillon d’Aboissso
7-Sillon de Ferké 17-Sillon de Bondoukou
8-Sillon de Katiola
Figure 3 : Carte géologique de la Côte d’Ivoire (Tagini, 1971, modifiée par Daouda, 1998)
10
400000
250000 550000 700000
600000
450000
11
Tableau I : Synthèse des unités lithologiques et stratigraphiques du bassin sédimentaire
de Côte d’Ivoire ( Aka, 1991, modifié par Ennin, 2003).
Epaisseur
Description lithologique moyenne des Stratigraphie
couches (m)
12
II.2.3 La géologie de la région d’Eboinda
Eboinda appartient au bassin sédimentaire (partie émergée) (Fig. 4).
On y distingue de haut en bas :
les formations du Quaternaire représentées par les faluns. Ces dernières observées en
bordure des lagunes avec une puissance d’à peu près 5 m attestent du recul de la mer
à une époque récente (Tastet, 1979);
les formations du Continental terminal probablement d’âge post-paléocène se
composent de sables argileux, de grès latéritiques, d’argiles versicolores et de kaolinite
plus ou moins imprégnés d’hydroxydes de fer (Tessier et al, 1975; Charpy et Nahon,
1978) ;
les calcaires coquillers d’âge Paléocène d’Ebocco. Cette lumachelle calcaire se
présente en blocs répandus au pied des glacis entre Eboinda et Ebocco, dans la
lagune ;
les marnes noires d’âge Maestrichtien supérieur à débris de microfossiles. Ces marnes
comportent des lits de sables fins, blancs à gris et l’argile présente est la
montmorillonite ;
les sables d’Eboinda d’âge Maestrichtien supérieur, mal classés, à imprégnations de
bitume pâteux ou rocheux avec des intercalations argileuses. Le milieu de dépôt est
deltaïque à lagunaire Tastet, 1984
les calcaires sableux-argileux de Nauli, d’âge Maestrichtien inférieur à Campanien.
Ils n’affleurent pas dans la région (affleurent au Ghana) mais sont connus en forage.
C’est au sein de ces formations sédimentaires d’âge Tertiaire que se trouvent les indices de
phosphates d’Eboinda. Ces dernières proviendraient soit de la sédimentation des minéraux
phosphatés issus de l’altération des roches ignées soit liés à des sédiments où se sont
accumulés d’abondants résidus organiques (squelettes d’animaux, arêtes de poissons, etc.)
(Dian, 1977).
13
Figure 5 : Coupe schématique entre Aboisso et Eboinda (Charpy et al., 1978)
14
II.3 Travaux antérieurs
Les travaux suivants ont été menés sur cette minéralisation lors du premier programme de
reconnaissance par Dian (1977) :
24 puits ont été foncés, la profondeur moyenne de ces puits est estimée à 11 m ;
100 analyses chimiques (dosage de 10 éléments) ont été effectuées sur les échantillons
des roches argileuses et marneuses au laboratoire de la SODEMI ;
l’étude pétrographique (morphoscopie qualitative) a été faite sur des grains de sables
par Loup G.
680 échantillons ont été prélevés par quartage de tas, tous les 0,5 m et par rainurages
des couches lithologiques puis quartage par passes de 0,5 m ;
300 mesures radiométriques ont été effectuées dans les puits et sur les passes de 0,5
m;
235 échantillons ont été analysés pour P205 par spectrométrie d’absorption atomique au
laboratoire de la SODEMI.
Nahon (1977) au cours de l’une de ses visites de terrain sur la piste Samo – Assouindé, à 8,5
km de Samo aprés analyse d’une coupe de talus de route y a soupçonné la présence de
phosphates.
15
Figure 6 : Carte de layonnage et de positionnement de puits (Dian, 1977 ; modifiée)
16
CHAPITRE III : METHODOLOGIES
Pour réaliser les travaux de notre étude nous avons utilisé les matériels et méthodes
suivants :
Le logiciel MAPINFO Professional 7.5, nous a permis de traiter les cartes géologiques de
notre zone d’étude ;
- Layonnage
Le layonnage est une opération qui permet le quadrillage de la zone d’étude et le
positionnement des puits (Fig. 6).
Un travail rapide a permis, en 5 jours, l’ouverture de 40 km de layons disposés suivant une
maille carrée de 500 × 500 m.
- Echantillonnage
L’échantillonnage s’est fait par des quartages de tas correspondants à 0,50 m et par rainurage
(saignée) des couches lithologiques. 680 échantillons destinés aux analyses ont été prélevés.
17
III.3 Méthodes de laboratoire
- Analyse chimique
Cent (100) analyses chimiques (dosage de 10 éléments) ont été effectuées sur les
échantillons des roches argileuses et marneuses. Les analyses ont été faites par spectrométrie
d’absorption atomique au laboratoire de la SODEMI.
Elle a permis de doser des éléments comme Ca, Al, Mg, Fe, K, Na, P2O5, Si, TiO2, Mn et
a permis de mettre en évidence la nature alumineuse du phosphate.
Les analyses chimiques se sont faites sur les différents échantillons de roches prélevées
dans les puits.
Le dosage par absorption atomique a également été effectué sur les échantillons des
différents puits afin de déterminer la teneur en phosphate à différents profondeurs (Annexe I).
18
CHAPITRE IV : RESULTATS
sol sableux argileux brun noirâtre à brun à gravillon latéritique situé entre 0 m et
1,5 m de profondeur;
sol argileux latéritique, brun rougeâtre, ferrugineux situé entre 1,5 m et 2,5 m de
profondeur;
argile brune à concrétions phosphatées dures à friables jaunes située entre 6,40 m et
8 m de profondeur;
Le puits n°22 (ou a été mis en évidence pour la première fois le phosphate à 22,5 % de P2O5)
implanté au NW d’Eboinda a traversé des formations géologiques qui présente la séquence
suivante de haut en bas :
19
sables très fins marneux multicolores litées ou feuilletés ;
grès ferrugineux ;
marnes noires.
Les phosphates apparaissent généralement sous forme de nodules, rognons, concrétions dans
des couches argileuses ente 3,5 et 9,5m. Les niveaux des marnes noires bitumineuses se
situent à une profondeur de 10 m.
Il faut cependant noter que les phosphates sont parfois présents entre 1 m et 3,5 m comme le
montre les teneurs enregistrées dans les puits consignés dans le tableau II.
Le recouvrement du mort terrain au dessus des couches phosphatées est de 3,5 m.
Du point de vue litho-stratigraphique, l’horizon phosphaté est superficiel. Il est constitué
d’argiles bariolées, de latéritoïdes phosphatées.
20
IV.4 Analyses diffractométriques (DRX) des roches argilo-marneuses
Les minéraux
l’Apatite : phosphate calcique Ca5 ((PO4) 3(OH, F)) présent dans les puits 19 et 19 bis à
un taux supérieur à 50 % ;
la Kaolinite : gangue argileuse présente en proportion élevée dans tous les puits ;
Goethite : hydroxyde de fer présent dans les formations argileuses, dont le fer qu’elle
contient remplace l’Aluminium d’où la forte teneur de fer dans certains échantillons
analysés.
21
Profondeur
0m
Sol sableux argileux brun noirâtre à brun à gravillon latéritique
1,5
Sol argileux latéritique, brun rougeâtre, ferrugineux
2,5
Sol argileux latéritique, brun
3,5
Argile à bloc latéritique plus ou moins ferrugineuse à inclusions phosphatées
4,5
Argile latéritique à nodules phosphatées
5,6
Argile à bloc de latérite ferrugineuse à inclusions phosphatées
6,4
Argile brune à concrétions phosphatées dures ou friables jaunes
8,0
Argile versicolore (violacée, blanchâtre, verdâtre, jaunâtre) ±phosphatée à
glauconie et débris de coquilles
10,0 Alternance d’argile, gréseuse et marneuse, litée et bariolée, couche de silex,
séparant les niveaux argileux et marnes noires
11,0
Marnes noires pyriteuses et bitumineuses
22
TABLEAU II: Teneurs en phosphate des puits d’Eboinda entre 1et 3,5 m
Teneur moyenne
Profondeur en
N° du puits en % de
(m)
P2O5
2 - 2,5 14,0
22U
3 - 3,5 16,0
23
Tableau III : Formations géologiques de la région d’Eboinda
Nature des
Formations Age des formations
Formations géologiques
Formations rubéfiées,
grès latéritiques, argiles Continental
Sédiment
versicolores terminal
(Tessier et al, 1975)
Calcaire coquillier
d’Ebocco (Tastet, 1984) Sédiment Paléocène
Sable à imprégnations
bitumineuses et Sédiment Maestrichtien
argileuses (Tastet, 1984)
24
Tableau IV : Analyses diffractometiques des échantillons des puits
Profondeur
puits Wavellite Crandallite Variscite Phosphate Kaolinite Quartz Goethite Autres
(m)
3 TA TA Tr M
22 3,5 Tr TA
11 Tr TA
5 A Tr A
22C
6 A Tr A
10,5 P A F Tr M
22D
11 A Tr
6 F Tr P A P
22E
8 P A P
22F 6 TA P P
22G 12 Tr P A F P
22G 8 Tr Tr P TA M
22I 5 TA Tr A M
22I 6 Tr Tr
22I 7,5 TA Tr M
22J 8,5 F P TA P
22K 6 TA Tr F Tr
22K 7 TA Tr F
22K 11 TA Tr F
3 TA Tr F
22M 4 TA Tr P
7,5 TA Tr Tr
22N 6 TA Tr P
7,8 TA Tr M
22P
8 Tr TA A Tr
22S 9 Tr TA A
1,5 A P P P
22T
6,5 A M M F
2,5 TA A F A F
22U 3,5 TA TA F F P
4,5 Tr M M A
4 TA A F A
22V
5 TA A F P TR
22W 3 TA M P P P
22X 3 TA M P A
22X 6 P M F A
22X 10 M P TA, P
22X 10,5 TA TA M P F P
22X M P
TA ›50%, A= 25 à 50%, M =15 à 25%, P=7 à 15%, F=5 à 7%, Tr ‹ 3%.
25
IV.5 Analyse géochimique des roches argilo-marneuses
- analyse de tous les éléments majeurs dans les échantillons prélevés (Annexe II).
Les teneurs en P2O5 sont généralement faibles. En effet sur les 319 analyses effectuées, 263
(soit 82,4 %) sont inferieures à 1 % de P2O5. Seulement 21 analyses (soit 6,58 % sont
supérieures à 2 % de P2O5.
Deux sondages (Fig. 10F et 11A) sur les 24 présentent des valeurs significatives élevées avec
respectivement 3 à 14 % (entre 2 et 6 m) et 1 à 11 % (entre 5 et 6 m)
L’ensemble de ces diagrammes ne montre pas une nette corrélation entre la teneur en P2O5 et
la profondeur.
En effet, si certains graphes semblent indiquer une baisse de la teneur en phosphate avec la
profondeur (Fig. 8B 8E, 9C, 9F, 10D, 11E et 11F), d’autres au contraire montrent une hausse
de P2O5 avec la profondeur (Fig. 9E, 10C, 10E, 11A et 11C). Cela pourrait être du à une
inclinaison des formations des couches.
La majorité des puits ne montrent aucune évolution régulière de P2O5 avec la profondeur.
On peut noter toutefois que dans l’ensemble, le phosphate est plus abondant en surface qu’en
profondeur c'est-à-dire entre 2,5 m et 8 m comme le montre les figures 8A , 8C, 8F ,9D, 9E,
10C, 10E, 10F, 11A, 11B, 11E et 11F.
26
A B
C D
E F
27
A B
C D
E F
28
A B
C D
E F
29
A B
C D
E F
30
IV.5.2 Composition chimique des échantillons
Les teneurs en éléments majeurs de 81 échantillons prélevés sur 24 puits ont été obtenus par
spectrométrie d’absorption atomique (Annexe I).
En effet sur les 81 échantillons analysés, 17 (soit 20,98 %) ont des teneurs supérieures ou
égales à 20 % de P2O5 (Tableau V). 14 échantillons (soit 17,28 %) ont des teneurs comprises
entre 10 et 20 % de P2O5
Certains échantillons prélevés dans les même puits permettent d’observer l’évolution de ces
elements avec la profondeur.
Les diagrammes des figures 12, 13, 14, et 15 montrent la répartition de ces éléments dans les
différents puits
On note que:
- La teneur en P2O5 est quasiment nulle à certaines profondeurs comme le montrent les
figures 12B, 12E, 13A, 13B, 13D, 14C, 14E, 14F, 15A, 15E. Les plus fortes teneurs
sont observés dans les puits des figures 12A, 12F, 13C, 13E, 14A, 14B, 14D, 15D.
Le puits de la figure 13C présente la plus grande teneur (28,5 % de P2O5) (Tableau V)
Le fer est plus abondant que l’aluminium, mais généralement inferieur à Si sauf dans
les échantillons des puits des figures 12D, 13E, 14D, 15A, 15B, 15D. La forte teneur
en Fer par rapport à l’Aluminium est due à la présence des latérites contenant de la
goethite (voir DRX) ainsi que la présence de la gangue argileuse.
- Si est l’élément le plus abondant avec de teneurs atteignant 50 % (Fig.13A, 13B, 13D,
14C).
31
Figure 12 : Graphes montrant la composition chimique des échantillons à phosphate
d’Eboinda (puits 22A, 22B, 22C, 22D 22E, 22F)
32
Figure 13 : Graphes montrant la composition chimique des échantillons à phosphate
d’Eboinda (puits 22G, 22H, 22I, 22J, 22K, 22L)
33
Figure 14 : Graphes montrant la composition chimique des échantillons à phosphate
d’Eboinda (puits 22M, 22N, 22O, 22P, 22Q, 22R)
34
Figure 15 : Graphes montrant la composition chimique des échantillons à phosphate
d’Eboinda (puits 22S, 22T, 22U, 22V, 22W)
35
Tableau V : Valeurs des Teneurs élevées le long des puits d’Eboinda
PROFONDEUR TENEUR
PUITS
(m) en %
22F 6 25
5 20
22I 6 21
7,5 28,5
6 22
22K 7 23,5
11 26
3 25
22M 4 21,5
7,5 22
22N 6 24,5
22P 5 21,5
2,5 26
3,5 23
4 22
6,5 25
36
CHAPITRE V : DISCUSSION
V.1 Litho-stratigraphie
Les formations rencontrées dans les puits sont essentiellement des formations argileuses dans
lesquelles on peut observer les latérites. Ces formations argileuses d’âge continental terminal
s’observent dès les premiers mètres c’est à dire à partir de 1,5 m jusqu’au niveau des marnes
pyriteuses et bitumineuses à 10,3 m de profondeur.
L’argile est la gangue omniprésente dans notre zone d’étude. L’argile est principalement
constituée de kaolinite (Dian, 1977).
Le recouvrement du mort terrain est de 3,5 m au dessus du niveau des couches argileuses
phosphatées.
argiles latéritiques
argile glauconieuse
marnes noires.
37
V.2 Métallogénie
Les puits de prospection nous ont permis de localiser le phosphate entre 3,5 m et 9 m de
profondeur avec une puissance de 5 m.
Ce phosphate se présente sous la forme de nodules, rognons, concrétions de couleur jaune et
rouge due à la présence d’oxydes de fer des latérites ferrugineuses.
Ces derniers proviendraient soit de la sédimentation des minéraux phosphatés (crandallite,
wavellite, variscite) issus de l’altération, soit liés à des sédiments où se sont accumulés
d’abondants résidus organiques (squelettes d’animaux, arêtes de poissons, coquilles etc.).
Le phosphate d’Eboinda a deux origine ; une origine continentale qui proviendrait de
l’altération météorique, latéritique (présence de latérites phosphatées) et une origine marine
(présence de débris de coquille).
38
Le phosphate du Togo présente une origine marine (due à la présence de débris de coquille,
foraminifères, d’excréments de poissons…).En plus de l’origine marine le phosphate
d’Eboinda présente une origine continental (débris de lignite, concrétions pyriteuses).
39
Tableau VI: Comparaison du phosphate d’Eboinda et ceux d’Afrique
Teneur
Nature des moyenne
Nature du Age des couches
Gisements couches Nature du en (%) de
gisement phosphatées phosphate P2O5
phosphatées
Indices
Sédimentaire Continental
d’Eboinda Argile Alumineux 5-28
côtier Terminal
(Côte d’Ivoire)
Hahotoe Sédimentaire
Eocène Argile Calcique 36,18
(Togo) côtier
Sédimentaire
Pallo Eocène sup-
côtier Argile Alumineux 29
(Sénégal) Oligocène
Crétacé sup
Sidi Chennane Sédimentaire (Maestrichtien)- Marne, sable,
Calcique 25-33
(Maroc) côtier Eocène (Lutétien calcaire
inf.)
Crétacé
Djebel Onk Sédimentaire
(Maestrichtien)- Calcaire, marne Calcique 25
(Algérie) côtier
début Tertiaire
40
Tableau VII: Comparaison de la composition chimique des phosphates entre les gisements
de Côte d’Ivoire, du Togo, du Sénégal, du Maroc et d’Algérie
Gisements
Côte d’Ivoire Togo Sénégal Maroc Algérie
Composition
Chimique (%)
MnO 0* - - -
CO2 - 2,00 - - -
SO2 - 0,43 - - -
Cl 0,10
H2O 14,9
41
CONCLUSION GENERALE
Les indices de phosphates d’Eboinda situés (région d’Aboisso), ont été identifiés dans les
formations superficielles argileuses d’âge Continental terminal du bassin sédimentaire. Le
phosphate se présente sous la forme de nodules, rognons, concrétions noyés dans les couches
argileuses entre 3,5 m et 9,5 m de profondeur au dessus du niveau des marnes noires
bitumineuses. Ces formations argileuses représentent la quasi-totalité des formations
géologiques dans la zone d’étude.
Les données de sondage ont permis de mettre en évidence les successions lithologiques de la
zone d’étude qui se compose, de sol sableux et argileux latéritique, essentiellement d’argiles,
et de marnes noires.
L’analyse diffractometrique a montré que les minéraux de la minéralisation étaient constitués
de crandallite, wavellite, variscite, quartz, kaolinite et de goethite.
Les teneurs en phosphate enregistrées sont généralement assez faibles ; toutefois certains puits
présentent des valeurs en P2O5 assez intéressantes (20 à 28,5 %).
Les teneurs en P2O5 ne montent pas de corrélation avec la profondeur. Les analyses ont
montré le caractère alumineux du phosphate d’Eboinda.
En somme les résultats obtenus nous ont permis de mettre en évidence l’horizon phosphaté à
savoir un niveau silico-ferralitique, avec des teneurs assez encourageantes pour la suite des
travaux.
42
PERSPECTIVES
Il sera donc souhaitable d’organiser une campagne d’exploration qui s’étendrait à tout secteur
d’Eboinda et se généraliserait à toute la côte. Pour ce faire plusieurs étapes d’exploration sont
nécessaires :
Deuxième étape : lorsque les indices et les sondages d’exploration ont prouvé l’existence d’un
gîte, on peut entreprendre une campagne de sondage à maille serrée carré ou rectangulaire de
400 m et 200 m pour :
Délimiter la zone phosphatée ;
Troisième étape : cette étape est complémentaire de la seconde, elle consistera en une
campagne de sondage de précision destinée à :
43
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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