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Logique et ensembles en théorie des ensembles

Le document traite de la théorie des ensembles et de la logique, en introduisant des concepts fondamentaux tels que les propositions, les axiomes, les tautologies, et les démonstrations. Il définit des notions clés comme l'implication, l'équivalence, et les ensembles, tout en présentant des règles et des propriétés associées. Enfin, il aborde les méthodes de démonstration et les quantificateurs, établissant ainsi une base pour l'étude des ensembles et de la logique mathématique.

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Logique et ensembles en théorie des ensembles

Le document traite de la théorie des ensembles et de la logique, en introduisant des concepts fondamentaux tels que les propositions, les axiomes, les tautologies, et les démonstrations. Il définit des notions clés comme l'implication, l'équivalence, et les ensembles, tout en présentant des règles et des propriétés associées. Enfin, il aborde les méthodes de démonstration et les quantificateurs, établissant ainsi une base pour l'étude des ensembles et de la logique mathématique.

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M1100

CHAPITRE I

THEORIE DES ENSEMBLES

§ 1.1. LOGIQUE.

La logique est le langage de raisonnement. C’est une collection de règles qu’on


utilise lorsque nous étudions les propositions. En logique nous sommes intéressés aux
propositions vraies ou fausses seulement. Nous allons représenter les propositions par des
lettres capitales.

Soient A et B deux propositions.

On désigne par A (ou nonA), la négation de la proposition A et les propositions


(A et B) et (A ou B) ont leurs significations comme dans la langue ordinaire.

(A et B) est notée AB et (A ou B) est notée AB.

Nous acceptons les axiomes suivants:

Axiome 1. La proposition A est vraie si A est fausse et elle est fausse si A est vraie. ■

Cet axiome peut être représenté par le tableau suivant, appelé tableau de vérité:
A A
V F
F V
où V et F désignent les mots "vraie" et "faux" respectivement.

Axiome 2. AB est vraie si A et B sont vraies simultanément et elle est fausse lorsque l'une
au moins de A et B est fausse. ■

Le tableau de vérité de AB est:

A B AB
V V V
V F F
F V F
F F F

Axiome 3. AB est vraie si l'une au moins de A et B est vraie et elle est fausse lorsque A et
B sont fausses simultanément. ■

Le tableau de vérité de AB est:

A B A ou B
V V V
V F V
F V V
F F F

1
Nous acceptons les propositions suivantes:
(i) la proposition (A A) est toujours fausse. C'est le principe de la non-contradiction;
(ii) la proposition (A A) est toujours vraie. C'est le principe du tiers exclus.

Une proposition qui est toujours vraie est appelée une tautologie.

Définition 1. On dit que A implique B si la vérité de A nous donne celle de B. ■

On dit aussi que A implique B dans les cas suivants:


(i) A est toujours fausse;
(ii) B est toujours vraie.

La proposition "A implique B" est notée AB. Elle se lit "A implique B" et appelée
une implication. Elle est encore appelée une proposition conditionnelle. A est appelée
l'hypothèse et B la conclusion.

La proposition "A implique B" peut être écrite sous l'une des formes suivantes:
"A entraîne B;"
"si A, alors B";
"A est une condition suffisante de B."

Le tableau de vérité de (AB) est:

A B AB
V V V
V F F
F V V
F F V
La proposition BA est appelée la réciproque (ou converse) de la proposition AB.

Définition 2. On dit que A est équivalente à B si A implique B et B implique A. ■

La proposition "A est équivalente à B" s’écrit AB.Elle se lit "A équivalente à B"
et appelée une équivalence.

Dans la proposition "A est équivalente à B", la proposition "A implique B" est
appelée la condition nécessaire, abréviée C.N et la proposition "B implique A" est appelée
la condition suffisante, abréviée C.S.

La proposition "A est équivalente à B" peut s’écrire sous l'une des formes suivantes:
"A si et seulement si B";
"A est une condition nécessaire et suffisante de B."

Le tableau de vérité de (AB) est:

A B A B
V V V
V F F
F V F
F F V

2
Les théorèmes 1.1.1 à 1.1.4 seront cités sans démonstrations.

1.1.1. Si A, B et C sont des propositions, alors les propositions suivantes sont de


tautologies:
(i) A  ( A);
(ii) (AA)A ; (AA)A.
(iii) (AB)  B( A).
(iv) [AB]  [ B A].
(v) (AB)(BA); (AB)(BA).
(vi) A(BC)(AB)C ; A(BC)(AB)C.
(vii) A(BC)(AB)(AC); A(BC)(AB)(AC). ■

1.1.2. Si A, B, C et D sont des propositions, alors


(i) (AB)  (BA)  ( A B)  ( B A).
(ii) Si AB et BC, alors AC.
(iii) Si AB et BC, alors AC.
(iv) Si AB et CD, alors
[(AC)(BD)] et [(AC)(BD)].
(v) Si AB et CD, alors
[(AC)(BD)] et [(AC)(BD)]. ■

1.1.3. Si A et B sont deux propositions, alors


(i) (AB)B.
(ii) Si A est vraie, alors (AB)B.
(iii) B(AB).
(iv) Si A est fausse, alors (AB)B. ■

1.1.4. Les propositions suivantes sont de tautologies:


(i) (AB)  ( A)( B).
(ii) (AB)  ( A)( B).
(iii) (AB)  [A B]. ■

Définition 3. On appelle contraposée de la proposition (AB) la proposition B A. ■

QUELQUES TYPES DE DEMONSTRATIONS.

Démonstration par l’absurde: Si, en supposant que la proposition A est fausse, on trouve
une proposition B, telle que B est vraie et fausse en même temps, alors on dit qu'on a une
contradiction et on déduit que A est vraie. Cette méthode pour la démonstration de la vérité
de A est appelée la méthode de la démonstration par l'absurde.

Démonstration directe: C’est une méthode pour montrer la véritée de (AB). Par cette
méthode on suppose que A est vraie et on montre que B est vraie.

Démonstration par contraposition: Pour montrer que (AB) est vraie, on montre que sa
contraposée est vraie.

Démonstration par récurrence: Nous utilisons cette méthode pour montrer qu’une
propriété P(n), qui dépend d’un entier naturel n, est vraie pour tout nk, avec k est un entier

3
naturel donné. Nous avons deux formes de récurrence dont la démonstration sera faite au
cours de M1102:

Première forme de récurrence. Soit P(n) une propriété qui dépend d'un entier naturel n.
Si k est un entier naturel, tel que
(i) P(k) est vraie et
(ii) (tk)[P(t) est vraie  P(t+1) est vraie],
alors P(n) est vraie, nk. ■

Deuxième forme de récurrence. Soit P(n) une propriété qui dépend d'un entier naturel n.
Si k , tel que
(i) P(k) est vraie et
(ii) (tk)[P(s) est vraie pour tout kst  P(t+1) est vraie],
alors P(n) est vraie, nk. ■

Pour montrer qu’une propriété est vraie, pour tout nk, en utilisant la première
forme de récurrence, on montre que
(i) la propriété est vraie pour n = k et
(ii) on suppose qu’elle est vraie pour n et on montre qu’elle est vraie pour n+1,
et en utilisant la deuxième forme de récurrence, on montre que
(i) la propriété est vraie pour n=k et
(ii) on suppose qu’elle est vraie jusqu’à l’ordre n (c.à.d qu’elle est vraie pour tout entier
s, tel que ksn) et on montre qu’elle est vraie pour n+1.

Si on veut montrer une propriété qui dépend d'un entier naturel n en utilisant l'une
de deux formes de récurrence, alors on dit que nous raisonnons par récurrence sur n .

§ 1.2. ENSEMBLES.

Intuitivement, nous appelons ensemble toute collection d'objets E vérifiant les deux
axiomes:

Axiome I. Pour tout objet x, il est possible de déterminer si x est ou n'est pas un objet (ou
élément) de E. ■

Axiome II. E n'est pas un élément de lui-même. ■

On écrit xE (lire: "x appartient à E") lorsque x est un élément de E, et on écrit xE
(lire: "x n'appartient pas à E") si x n'est pas un élément de E.

Si on écrit les éléments de E entre deux accolades, tels que chaque deux éléments
consécutifs sont séparés par une virgule, alors on dit que E est écrit en extension. Si les
éléments de E sont définis à partir d’une propriété P, alors on écrit
E={x ; x vérifie P} ou E={x / x vérifie P}.
Dans ce cas on dit que l’ensemble E est donné en compréhension.

Si on écrit les éléments de E à l'intérieur d'une courbe fermée, comme pour les
éléments de l'ensemble {1,2,3} ci-dessous, alors cette représentation de E est appelée le
diagramme de Venn de E.

4
Si P est une propriété, alors la proposition
"Il existe au moins un élément de E, vérifiant P"
s'écrit
(xE)(P) ou xE ; P
lire:
"Il existe x dans E, tel que P" ou " Il existe x dans E, tel qu’on a P"
et la proposition
"Tout élément de E vérifie P"
s'écrit
(xE)(P)
lire:
"Quelque soit x dans E, tel que P" ou "Quelque soit x dans E, on a P".

On a que
(i) la négation de la proposition
"Il existe au moins un élément de E, vérifiant P"
est
"Tout élément de E vérifie P"
(ii) la négation de la proposition
"Tout élément de E vérifie P"
est
"Il existe au moins un élément dans E vérifiant P".

Ainsi;
(i) [(xE)(P)]  [(xE)( P)].
(ii) [(xE)(P)]  [(xE)( P)].

Les symboles  et  qui se lisent "Il existe" et "quelque soit" respectivement, sont
appelés les quantificateurs.

L’ensmble qui ne contient aucun élément est appelé l'ensemble vide et noté 
ou {}. Ainsi;
"x" est toujours vraie
et
"x" est toujours fausse.
Noter que {} n’est pas vide, car il contient un élément, qui est .

Définition 4. Un ensemble formé d’un seul élément a est noté {a} et appelé un singleton et
un ensemble formé de deux éléments a et b est noté {a,b} et appelé une paire. ■

Définition 5. Soient E et F deux ensembles. On dit que F est un sous-ensemble de E ou


que F est une partie de E et on écrit FE (lire: "F inclus dans E") si tout élément de F est
un élément de E. ■

Ainsi; FE si et seulement si l'implication


xFxE
est vraie pour tout objet x, c.à.d
FE  (x)(xFxE).

5
Si F est un sous-ensemble de E, on dit aussi que E contient F et on écrit EF (lire:
"E contient F").

Nous écrivons FE (lire: "F n'est pas inclus dans E") si F n'est pas un sous-
ensemble de E. Ainsi;
FE  (x)(xF et xE).

1.2.1. Si A,B et C sont des ensembles, alors


(i) E, pour tout ensemble E.
(ii) AA.
(iii) Si AB et BC, alors AC.

Preuve: (i) Puisque "x" est fausse, alors "x  xE" est vraie, donc E.
(ii) On a que l'implication "xA  xA" est vraie, donc AA.
(ii) On a xA  xB  xC, donc AC. ■

Définition 6. On dit que deux ensembles E et F sont égaux et on écrit E=F (lire: "E égal F")
s’ils sont formés par les mêmes éléments, c.à.d si tout élément de E est un élément de F et
réciproquement. ■

Ainsi;
E=F  (x)(xExF).

Nous allons écrire EF (lire "E différent de F") si E et F ne sont pas égaux.

1.2.2. Si E et F sont deux ensembles, alors


(i) E  x, tel que xE.
(ii) [E=F]  [EF et FE].
(iii) [EF]  [EF ou FE].
(iv) [EF]  [(x)(xE et xF)] ou [(x)(xF et xE)].

Proof: (i) Découle de la définition de .


(ii) Découle des définitions 5 et 6.
(iii) D’après 1.1.4(i).
(iv) On a
[EF]  [EF ou FE]  [(x)(xE et xF)] ou [(x)(xF et xE)]. ■

Définition 7. On dit que F est inclus strictement dans E et on écrit F E, si FE et FE. ■

Une partie F de E est appelée une partie propre de E si FE et F.

Intuitivement, toute collection d'objets de E est un sous-ensemble de E et la


collection de toutes les parties de E est un ensemble, appelé l'ensemble de parties de E et
noté P(E). C’est aussi appelé la famille des parties de E. Ainsi;

P(E) = {X ; XE}
et par suite
XP(E)  XE.

1.2.3. Si A et B sont deux ensembles, alors


AB  P(A)P(B).
6
Preuve: ) On a
XP(A)  XA  XB  XP(B),
donc P(A)P(B).
) Puisque AP(A) et P(A)P(B), alors AP(B), donc AB. ■

§ 1.3. OPERATIONS SUR LES ENSEMBLES.

Si E et F sont deux ensembles, alors la collection des objets de E et des ceux de F


est un ensemble, appelé la réunion de E et F et noté EF (lire: "E union F"). Ainsi;
EF = {x ; xE ou xF}
et par suite
(x)(xEF  xE ou xF).

1.3.1. Si A,B,C et D sont des ensembles, alors


(i) AAB et BAB.
(ii) xAB  xA et xB.
(iii) AB = BA.
(iv) A(BC) = (AB)C.
(v) AA = A.
(vi) Si AB et CD, alors ACBD.
(vii) A = A = A.
(viii) AB  AB = B.

Preuve: Les parties (i) jusqu'à (vi) sont faciles.


(vii) On a
xA  xA ou x  xA (car "x" est fausse)
donc A=A. Puisque A = A, alors A = A = A.
(viii) ): On a AB et BB, donc ABBB, d'après (vi). Mais BB=B, donc
ABB et comme BAB, alors AB=B.
): Puisque AAB et AB=B, alors AB. ■

Si E et F sont deux ensembles, alors les éléments communs à E et à F forment un


ensemble, appelé l'intersection de E et F et noté EF (lire: "E inter F"). Ainsi;

EF = {x ; xE et xF}


et par suite
(x)(xEF  xE et xF).

Définition 8. Deux ensembles A et B sont dits disjoints si AB=. ■

1.3.2. Si A,B,C et D sont des ensembles, alors


(i) ABA et ABB.
(ii) xAB  xA ou xB.
(iii) AB = BA.
(iv) A(BC) = (AB)C.
(v) AA = A.
(vi) Si AB et CD, alors ACBD.
(vii) A = A = .
(viii) AB  AB = A.

7
Preuve: Les parties (i) jusqu'à (vi) sont faciles.
(vii) Supposons que A, alors x,tel que xA. On a que xA et x, donc
x, qui est impossible, d’où
A=.
Puisque A=A, alors A=A=.
(viii) ): On a AA et AB, donc AAAB. Mais AA=A, donc AAB et comme
ABA, alors AB=A.
): Puisque ABB et AB=A, alors AB. ■

1.3.3. Si A,B et C sont des ensembles, alors


(i) A(BC) = (AB)(AC).
(ii) A(BC) = (AB)(AC).

Preuve: (i) x(AB)(AC)  x(AB) ou x(AC)


 (xA et xB) ou (xA et xC)
 xA et (xB ou xC) (d’après 1.1.1(vii))
 xA et x(BC)
 xA(BC).
Par suite A(BC) = (AB)(AC).
(ii) x(AB)(AC)  x(AB) et x(AC)
 (xA ou xB) et (xA ou xC)
 xA ou (xB et xC) (d’après 1.1.1(vii))
 xA ou x(BC)
 xA(BC).
Par suite A(BC) = (AB)(AC). ■

Si E et F sont deux ensembles, alors les éléments de E qui ne sont pas des éléments
de F forment un ensemble, appelé la différence de E et F et noté E-F (lire: "E moins F").
Ainsi;
E-F = {x ; xE et xF}
et par suite
xE-F  xE et xF.
Si FE, alors E-F est appelé le complément de F dans E et noté [ F ou F .
E
1.3.4. Si A est une partie de E, alors
(i) A A =,
(ii) A A =E,
(iii) A =A.

Preuve: (i) Supposons que A A , alors il existe x dans A A . On a xA et x A .


Puisque x A , alors xA, donc xA et xA, qui est impossible. Par suite A A =.
(ii) On a AE et A E, donc A A E. Soit xE. Si xA, alors xA A et si xA,
alors x A , donc xA A . Ainsi; EA A , et par suite E=A A .
(iii) On a
x A  xE et x A  xE et (xE ou xA)
 ( xE et xE) ou (xE et xA)

fausse
 xE et xA

8
 xEA
 xA (car EA=A, car AE)
Par suite A =A. ■

1.3.5 (Formule de DeMorgan). Si A et B sont deux parties de E, alors


(i) [ (A B)  ( [ A) ( [ B).
E E E
(ii) [ (A B)  ( [ A) ( [ B).
E E E

Preuve: (i) On a
x( [ A )( [ B )  x [ A et x [ B
E E E E
 (xE et xA) et (xE et xB)
 (xE et xE) et (xA et xB)
 xE et (xA et xB)
 xE et x(AB)
. x [ (A  B) ,
E
donc [ (A B)  ( [ A) ( [ B).
E E E
(ii) We have
x( [ A )( [ B )  x [ A ou x [ B
E E E E
 (xE et xA) ou (xE et xB)
 xE et (xA ou xB)
 xE et x(AB)
 x [ (A  B) ,
E
et par suite [ (A B)  ( [ A) ( [ B). ■
E E E

§ 1.4. PRODUIT CARTESIEN DES ENSEMBLES.

Définition 8. Soit E 1 ,..., E n des ensembles non-vides et soit a 1 E 1 ,..., a n E n . On


appelle n-uplet de composantes a 1 ,...,a n l'objet (a 1 ,...,a n ), où deux objets (a 1 ,...,a n ) et
(b 1 ,...,b n ) sont égaux si et seulement si a 1 = b 1 ,..., a n = b n . ■

La composante a i de (a 1 ,...,a n ) est appelée la ième composante de (a 1 ,...,a n ).

Si n = 2, alors le 2-uplet (a 1 ,a 2 ) est appelé un couple.

La collection de tous les n-uplets (a 1 ,...,a n ) où a 1 E 1 ,..., a n E n est un


ensemble, appelé le produit cartésien de E 1 ,..., E n et noté E 1 ...E n . Si l'un des
ensembles E 1 ,...,E n est vide, on définit E 1 ...E n = . Ainsi;
E 1 ...E n ={(a 1 ,...,a n ) ; a 1 E 1 , ..., a n E n }.

Remarque: Noter que si A, B, C et D sont des ensembles, alors


AB=CD  [(x,y)][(x,y)AB  (x,y)CD].
9
Si E 1 = ...=E n = A, alors on désigne par A n l'ensemble E 1 ...E n . L'ensemble de
tous les n-uplets (a ,...,a ) de A n , tels que a = ... = a est appelé la diagonale de A n .
1 n 1 n

§ 1.5. FAMILLE D’ENSEMBLES.

Soit I un ensemble non-vide. Si on associe à tout élément i de I un ensemble A i ,


alors l’ensemble {A i ; iI} est appelée une famille d'ensembles indexée par I. Cette
famille est notée (A i ) iI .

Soit (A i ) i I une famille d'ensembles. La collection de tous les éléments des A i est
un ensemble, appelé la réunion de la famille (A i ) iI (ou la réunion des A i ) et notée
 A i . Ainsi ;
iI
x  A i  (iI)(xA i )
iI
et
x  A i  (iI)(xA i )
iI

La collection des éléments communs à tous les A i , c.à.d la collection de tous les
éléments x, tel que xA i , pour tout iI, est un ensemble, appelé l'intersection de la
famille (A i ) iI (ou l'intersection des A i ) et notée  A i . Ainsi ;
iI
x  A i  (iI)(xA i )
iI
et
x  A i  (iI)(xA i )
iI

n n
Si I = {1,2,...,n}, alors les ensembles  A i et  A i s’écrivent  A i et  A i
iI iI i 1 i 1
respectivement. Ainsi;
n
x  A i  (1in)(xA i )
i 1
n
x  A i  (1in)(xA i )
i 1
n
x  A i  (1in)(xA i )
i 1
et
n
x  A i  (1in)(xA i ).
i 1

Soit S un ensemble dont les éléments sont des ensembles, par exemple P(E). Pour
chaque XS, on pose A X =X, alors la réunion (resp. l'intersection) de la famille (A X ) XS

10
est appelée la réunion (resp. l'intersection ) des éléments de S et notée  X (resp.  X ).
XS XS
Ainsi
a  X  (XS)(aX)
XS
a  X  (XS)(aX)
XS
a  X  (XS)(aX)
XS
et
a  X  (XS)(aX).
XS

Définition 10. On dit que les ensembles A i d’une famille (A i ) i I sont dits disjoints
deux à deux si A s A t =, s,tI avec st. ■

Intuitivement, si (A i ) iI est une famille non-vide d'ensembles non-vides et si les


A i sont disjoints deux à deux, alors il existe un ensemble E, tel que EA i est un ensemble
singleton, pour tout iI, car il suffit de choisir un élément a i de chaque ensemble A i et
prendre E= {a i ; iI}. D'où la nécessité d'introduire l’axiome suivant, appelé l'axiome de
choix.

Axiome de choix: Si (A i ) i I est une famille non-vide d'ensembles non-vides et si les A i


sont disjoints deux à deux, alors il existe un ensemble E, tel que EA i est un ensemble
singleton, pour tout iI. ■

---------------------------------------

11
M1100

CHAPITRE I

EXERCICES.

Sauf autrement dite, la lettre E désigne un ensemble et pour chaque partie X


de E, on pose X = [ X .
E
---------------------------------------
1- Lesquelles parmi les suivantes sont des propositions ? Quelles sont les valeurs de vérité
de celles qui sont des propositions ?
(a) 2+3=8.
(b) Fermez la porte.
(c) 2+83.
(d) x+3<7, pour tout réel x.
(e) x est un réel et x+3=2.
---------------------------------------
2- Soient A et B deux propositions. Quelles sont, parmi les propositions suivantes, celles
qui sont de tautologies ?
(i) A(AB), (ii) A(AB), (iii) (AB)(AB),
(iv) (AB)(AB), (v) (AB) A, (vi) (AB)A.
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3- Sans utiliser les tableaux de vérité, montrer que si A,B et C sont des propositions, alors
(a) [(AB)]  [(AB)( A B)],
(b) [(AB)]  [A B].
(c) [(AB)C]  [(AC)(BC)].
(d) [(AB)C]  [A(BC)].
(e) [(AC)(BC)]  [A(BC)].
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4- Soient A et B deux propositions. Sans utiliser les tableaux de vérité, montrer que
(i) [AB]  [ B A].
(ii [AB]  [ A B].
(iii) (AB)  [A B].
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5- Faire 3, 4 et 5, en utilisant les tableaux de vérité.
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6- En utilisant les tableaux de vérité, vérifier que:
(i) [A(BC)][(AB) (AC)].
(iv) [A(BC)][(AB)(AC)].
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7- Soient P et R deux propriétés. Donner la négation de chacune des propositions suivantes:
(i) (xE)(yE)(P), (ii) (xE)(yE)(P),
(iii) (xE)([(yE)(P)]R), (iv) [(xE)(yE)][PR].
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8- Dire si chacune des propositions suivantes est vraie ou fausse et justifier votre réponse,
puis donner la négation de celles qui sont vraies:
(i) (x )[(x+1) 2 0], (ii) [(x )(x+1=0)] et [(x )(x+2=0)],
2 2
(iii) (x )(x 0 ou x0), (iv) [(x )(x 0)] ou [(x )(x0)],
(v) (x )(y )(xy), (vi) (x )(y )(xy).

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9- Soit f une fonction réelle définie sur . En utilisant les quantificateurs, écrire les
propositions suivantes et puis donner leurs négations:
(i) f ne s’annule jamais sur ,
(ii) f est la fonction nulle,
(iii) f est constante sur ,
(iv) f est croissante sur .
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10- En utilisant les quantificateurs, écrire les propositions suivantes et dire si chacune
d’elles est vraie ou fausse et puis donner leurs négations:
(i) tout nombre réel est compris entre deux entiers relatifs consécutifs,
(ii) certains nombres réels sont strictement supérieurs à leurs carrés,
(iii) aucun entier naturel n’est supérieur à tous les autres,
(iv) il existe un entier relatif multiple de tous les autres.
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11- Montrer les propositions suivantes en utilisant la méthode indiquée:
(i) Soit n un entier naturel. Si n est non nul, alors n 2 +1 n’est pas le carré d’un entier
naturel non nul (par contraposition).
a b
(ii) Soient a, b0. Si = , alors a=b (par l’absurde).
1 b 1 a
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12- Soit E={1, {}, {1, 2}, }. Compléter en utilisant les symboles , ,  et :
…E; {}…E; …P(E); …E ; {0, 1}…E; {1, 2}…E;
1…E; {, }…E; {{}, }…E; {1, }…P(E); {{1}, }…P(E).
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13- Calculer P(E) dans les cas suivants:
(i) E = , (ii) E = {a}, (iii) E = {a,b}, (iv) E = {,{}}.
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14- Soient A et B deux ensembles.
1- Montrer que si C est un ensemble, alors
ABC  AB et AC.
2- Montrer que
(i) P(AB)=P(A)P(B).
(ii) P(A)P(B)P(AB). Donner un exemple où l'inclusion est stricte.
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15- On appelle différence symétrique de deux ensembles E et F, l'ensemble
EF = (E-F)(F-E).
1- Montrer que EF = (EF)-(EF).
2- Déduire que
xEF (xE et xF) ou (xE et xF).
3- Montrer que
xEF (xE et xF) ou (xE et xF).
4- Montrer que si A,B et C sont des ensembles, alors
(AB)C = A(BC).
(Indication: Utiliser 2) et 3)).
5- Montrer que si A et B sont deux ensembles, alors
(i) AB = BA.
(ii) A = A = A.
(iii) AA = .
(iv) A(AB) = B.
(v) (AB)B = A.
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16- Soit A une partie de E.
1- Montrer que si XP(E), alors
(i) XA et X A  X=.
(ii) X=(XA)(X A ).
2- Déduire que si XP(E), alors XA=X A  X=.
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17- Montrer que si A et B sont deux parties de E, alors AB  B  A .
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18- Montrer que si A et B sont deux parties de E, alors
(i) A B  AB=.
(ii) B - A =A-B.
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19- Soient A et B deux ensembles. Montrer que
(i) A-(AB)=A-B.
(ii) (AB)-A=B-A.
(iii) (AB)-(A-B)=B
(iv) A-(A-B)=AB.
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20- Quelles sont, parmi les propositions suivantes, celles qui sont de tautologies?
(i) AB=AC  B=C.
(ii) AB=AC  B=C.
Montrer que [AB=AC et AB=AC]  B=C.
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21- Calculer ABC, où A = {1,2} , B = {3,4} et C = {5,6,7}.
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22- Montrer que si A, B, C, E et F sont des ensembles, alors
(i) Si A et B, alors ABEF  AE et BF.
(ii) [AE et BF]  ABEF.
(iii) [C et AC=BC]  A=B.
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23- Montrer que si A, B, C et D sont des ensembles, alors
(i) A(B-C)=(AB)-(AC).
(ii) (AB)(CD)=(AC)(BD).
(iii) E(FG)=(EF)(EG).
(iv) (EF)G=(EG)(FG).
(v) (A-B)(C-D)(AC)-(BD). Donner un exemple où l'inclusion est stricte.
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24- Soit (A i ) i I une famille non-vide d’ensembles. Montrer que
(i) E-(  A i ) = (E  Ai ) ; (ii) E-(  A i ) = (E  Ai ) .
iI iI iI iI
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25- Montrer que si F et F' sont deux familles de sous-ensembles d’un ensemble E, alors
(i) (  X )(  Y ) =  ( X  Y)
XF YF' ( X,Y)FF'
(ii) FF'   X   Y et  Y   X .
XF YF' YF' XF
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