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État, Violence et Paix selon Rousseau

Le document explore les concepts d'État, de violence et de paix selon Jean-Jacques Rousseau, qui postule que l'État doit être fondé sur un contrat social garantissant la légitimité et l'intérêt collectif. La violence, conséquence des inégalités engendrées par la propriété privée, peut être régulée par l'État, mais doit rester légitime et au service du bien commun. Enfin, la paix véritable pour Rousseau est une condition sociale où la justice et l'égalité prévalent, permettant aux individus de vivre en harmonie.

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État, Violence et Paix selon Rousseau

Le document explore les concepts d'État, de violence et de paix selon Jean-Jacques Rousseau, qui postule que l'État doit être fondé sur un contrat social garantissant la légitimité et l'intérêt collectif. La violence, conséquence des inégalités engendrées par la propriété privée, peut être régulée par l'État, mais doit rester légitime et au service du bien commun. Enfin, la paix véritable pour Rousseau est une condition sociale où la justice et l'égalité prévalent, permettant aux individus de vivre en harmonie.

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INTRODUCTION

Le thème de l'État, de la violence et de la paix, tel que présenté dans le contrat social de Jean-
Jacques Rousseau, interroge la manière dont les individus peuvent s'unir pour former une société
juste et harmonieuse, tout en évitant les dérives violentes. Selon Rousseau, l'homme à l'état de
nature est libre et égal, mais l'apparition des sociétés et de la propriété privée engendre des
inégalités et des conflits. L'État, pour Rousseau, n'est pas un simple instrument de répression, mais
une institution légitime qui trouve sa validité dans le consentement des individus à se soumettre à la
volonté générale, un principe fondamental pour maintenir la paix sociale. Ce contrat entre les
individus vise à créer une structure qui assure l'égalité et la liberté, tout en évitant que l'autorité
politique ne se transforme en une forme de violence oppressive. En effet, bien que l'État puisse
recourir à une certaine forme de violence pour maintenir l'ordre, celle-ci doit toujours être légitime
et au service du bien commun. Ainsi, la véritable paix pour Rousseau ne réside pas dans l'absence de
conflits, mais dans la construction d'une société juste où les individus vivent en harmonie sous la
protection d'un pouvoir légitimé par leur volonté collective. Ce rapport entre l'État, la violence et la
paix, selon Rousseau, soulève des questions essentielles sur les conditions d'une gouvernance juste
et la place de la violence dans la préservation de l'ordre social.

1
CLARIFICATION CONCEPTUELLE

 AU SENS ETHYMOLOGIQUE

 Voici une clarification étymologique des termes État, violence et paix :

 1. État
 L'étymologie du mot "État" vient du latin "status", qui signifie "situation" ou
"position". Ce terme désignait l'orientation ou la condition dans laquelle se trouve
quelque chose ou quelqu’un. Au fil du temps, il a évolué pour désigner l'organisation
politique d'un territoire ou d'une société, incluant l'ensemble des institutions chargées
de gouverner. L'idée d'État implique donc un système de régulation et de contrôle
des relations sociales et politiques, une structure qui organise les rapports de pouvoir
et de justice au sein d'une communauté.

 2. Violence
 Le mot "violence" vient du latin "violentia", dérivé de "violens" qui signifie
"violent", "impétueux" ou "énergique". Le terme "violens" est lui-même issu de
"vis", qui désigne la "force" ou "puissance". L'étymologie de la violence, donc,
renvoie à l'idée d'une force exercée de manière brute et sans considération pour les
droits ou le bien-être des autres. La violence implique souvent un usage excessif ou
non maîtrisé de la force, que ce soit au niveau physique, psychologique ou
symbolique, dans un but de domination ou d’oppression.

 3. Paix
 Le terme "paix" provient du latin "pax", qui désigne l'absence de guerre, de
conflits ou de troubles, ainsi que l'état de calme, de tranquillité. "Pax" est
également associé à des notions de réconciliation et d'harmonie entre les individus
ou les groupes. L'étymologie de la paix renvoie à l'idée d'un équilibre et d'une absence
de violence, où les relations sont régulées de manière pacifique et où l'ordre est
maintenu sans recours à la force.

 AU SENS GENERAL

 Pour comprendre le thème de l'État, de la violence et de la paix dans le contexte du


contrat social de Rousseau, il est utile de commencer par clarifier les concepts clés de
ces trois termes : État, violence, et paix. Chacun de ces termes porte une signification
particulière dans la pensée de Rousseau, mais aussi dans le débat philosophique et
politique en général.

 1. L'État
 L'État, dans la théorie politique, désigne une structure de pouvoir organisée qui exerce
une autorité sur un territoire et une population. Il est composé d'institutions qui ont
pour fonction de réguler les relations entre les individus, d'assurer la sécurité, de

2
défendre les droits et de maintenir l'ordre. Pour Rousseau, l'État ne peut être légitime
que s'il repose sur un contrat social, c'est-à-dire si ses pouvoirs sont consentis par les
individus eux-mêmes, qui acceptent de se soumettre à une volonté générale dans
l'intérêt commun. L'État, dans cette optique, doit être au service de la liberté et de
l'égalité, et ne pas devenir un instrument d'oppression. Il doit permettre de garantir la
paix sociale en régulant les relations et en assurant la justice.

 2. La Violence
 La violence est généralement perçue comme l'usage de la force physique ou de
moyens coercitifs pour imposer sa volonté. Elle peut être exercée par des individus ou
des groupes contre d'autres individus ou groupes, et se manifeste sous différentes
formes : directe (agression physique), structurelle (inégalités économiques ou
sociales, discriminations systémiques), ou symbolique (domination par les idées,
manipulation, oppression culturelle).
 Dans la pensée de Rousseau, la violence peut surgir dans l'état de nature, lorsque les
individus, bien que libres, sont en concurrence pour la possession de biens, ce qui
engendre des conflits. Cependant, Rousseau voit également l'État comme un potentiel
pour réguler cette violence en instituant des lois et en assurant un ordre juste.
Néanmoins, l'État lui-même peut devenir violent si son pouvoir est mal exercé,
notamment lorsqu'il utilise la force de manière injuste ou arbitraire pour maintenir
l'ordre.

 3. La Paix
 La paix, dans son sens le plus large, est l'absence de violence et de conflit, mais elle
ne se limite pas à une simple tranquillité extérieure. Pour Rousseau, la véritable paix
repose sur la justice sociale, l'égalité et la liberté. Elle est l'état d'une société où les
individus vivent ensemble de manière harmonieuse, non pas par la simple absence de
guerre ou de trouble, mais dans une relation équilibrée où les droits de chacun sont
respectés et où l'intérêt collectif prévaut sur les intérêts particuliers. La paix, pour
Rousseau, est donc un concept dynamique, lié à la construction d'une société juste où
les inégalités sont atténuées, et où chaque individu trouve sa place dans un ordre
politique qui garantit ses libertés fondamentales.

RESUME DU THEME

Approche détaillée des concepts "État", "Violence" et "Paix" dans le cadre du contrat
social de Rousseau
1. L'État : L'étymologie du mot "État" (du latin status) désigne la situation ou la condition
d’une personne ou d’un groupe. Dans un sens plus politique, il représente l’organisation et
l’autorité d’une société, l’ensemble des institutions et des règles qui organisent les rapports
entre les individus au sein d’une communauté.
Dans la pensée de Rousseau, l'État est indissociable de la notion de contrat social. L’État,
pour Rousseau, n'est pas un pouvoir autoritaire, mais un ensemble d'institutions légitimes
fondées sur la volonté générale, qui est l'expression de l'intérêt collectif. Cette volonté

3
générale est l’idée selon laquelle l'État doit agir pour le bien commun, et non pour des intérêts
particuliers.
Détail de l’approche de Rousseau :
 L'État comme un contrat social : Rousseau part de l’idée que l’homme à l’état de
nature est libre et égal. Cependant, l’apparition des sociétés humaines a introduit des
inégalités, des conflits et une forme de domination. Le contrat social est la solution
que Rousseau propose pour sortir de cet état de guerre de tous contre tous. En
établissant un contrat social, les individus renoncent à leur liberté naturelle au profit
de la liberté civile, régie par la loi.
 L'État comme garant de la volonté générale : L'État doit exprimer la volonté
générale, c’est-à-dire l’intérêt collectif de la communauté, et non celui d’un groupe
particulier. La souveraineté appartient au peuple, et l'État est l’instrument par lequel
cette souveraineté s’exerce.
 La légitimité de l'État : L'État n'est légitime que si son pouvoir repose sur un
consentement libre et éclairé de ses citoyens. Il ne peut imposer une autorité par la
force, mais doit agir selon les principes de justice, d’égalité et de liberté.
2. La Violence : Le mot "violence" (du latin violentia) désigne l'usage de la force de
manière excessive, brutale ou injuste. Elle peut être physique, mais aussi symbolique ou
psychologique. Elle implique souvent la violation de la liberté d'un individu, qu'il soit victime
de force physique ou d’oppression mentale.
Dans la pensée de Rousseau, la violence est d'abord une caractéristique de l’état de nature, où
l’individu est libre mais aussi en concurrence avec ses semblables. Cette concurrence peut
mener à des conflits, notamment pour la possession de biens. La violence est donc, dans cet
état, un produit de l’absence d’organisation sociale.
Détail de l’approche de Rousseau :
 Violence dans l'état de nature : Rousseau décrit l'état de nature comme une époque
où les hommes étaient libres, égaux et relativement pacifiques, mais la naissance de la
propriété privée crée des inégalités qui donnent naissance à la violence. L'individu
est alors poussé à défendre sa propriété, ses biens et sa position sociale, ce qui génère
des conflits.
 Violence de l’État : Bien que l'État doive protéger les individus, il peut aussi être un
acteur de violence, soit par la guerre, soit par la répression des dissidences ou par
l'exercice d'une autorité autoritaire. Pour Rousseau, si l'État devient tyrannique, il
trahit le contrat social et se rend illégitime. La violence de l'État est donc acceptable
uniquement si elle est utilisée pour protéger la liberté et l’égalité des citoyens, jamais
pour réprimer injustement ou opprimer.
 Légitimité de la violence : Rousseau distingue la violence légitime de la violence
injuste. L'État peut recourir à la force pour maintenir l'ordre, mais cette force ne doit
être utilisée que dans le cadre de la loi et pour défendre l’intérêt commun. Si l'État
devient un outil de violence pour maintenir des inégalités ou opprimer ses citoyens, il
se dénature et perd sa légitimité.

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3. La Paix : Le terme "paix" (du latin pax) désigne, étymologiquement, l'absence de guerre,
mais aussi un état de tranquillité, d'harmonie et de stabilité. Dans un sens politique et social,
la paix désigne un état dans lequel les relations entre les individus ou les groupes sont
régulées de manière juste, sans conflit ni violence.
Dans la pensée de Rousseau, la paix véritable n’est pas simplement l'absence de guerre ou de
violence, mais une paix sociale qui découle de la justice et de l'égalité. Pour Rousseau, la
paix ne peut être atteinte que si les structures sociales sont réorganisées de manière à garantir
l'égalité des droits et des conditions de vie, ce qui est précisément l’objet du contrat social.
COMME PRECISION NOUS POUVONS AVOIR :
 Paix sociale : Rousseau considère que la paix véritable réside dans une société où les
individus sont égaux et où la justice est respectée. La paix ne peut exister que dans un
cadre où les conflits sont résolus de manière pacifique, grâce à la régulation de l'État fondé
sur la volonté générale.

 Paix et justice : La paix pour Rousseau n’est pas simplement l'absence de guerre ou de
troubles, mais un état de justice sociale où les citoyens sont égaux devant la loi, où les droits
de chacun sont respectés, et où les inégalités sont réduites.

 Paix et liberté : La paix, dans la vision de Rousseau, est intimement liée à la liberté. Les
individus ne peuvent être en paix que s’ils sont libres, mais cette liberté est une liberté civile
régie par des lois justes et équitables. Cette liberté doit être conforme à la volonté générale,
ce qui garantit une coexistence harmonieuse et pacifique.

Approche de Rousseau
Le thème de l'État, de la violence et de la paix, dans la pensée de Jean-Jacques Rousseau, repose sur
sa réflexion fondamentale sur la formation de la société et de l'autorité politique, exposée
principalement dans son ouvrage Du contrat social. Rousseau cherche à comprendre comment les
hommes, d'abord libres et égaux dans l’état de nature, en viennent à fonder des sociétés marquées par
des inégalités et des conflits. Selon lui, la transition de l’état de nature à l'État social nécessite un
contrat, un accord volontaire entre les individus pour établir une autorité légitime et garantir une paix
sociale durable.
L'État : Un contrat pour la liberté et l'égalité
Le concept d’État chez Rousseau découle directement de son idée de contrat social. L’État, pour
Rousseau, n’est pas une entité donnée, mais un produit de l'accord collectif entre les individus. Dans
l'état de nature, l'homme est libre et égal, mais cette liberté est constamment mise en danger par la
concurrence, la compétition pour les ressources et les inégalités qui naissent avec la propriété privée.
L'État naît de la volonté des individus qui acceptent de renoncer à une partie de leur liberté naturelle
pour vivre dans une société régie par des lois et garantissant la sécurité et l’égalité de chacun.
Rousseau conçoit l'État comme devant être fondé sur la volonté générale, c'est-à-dire l'intérêt
collectif de la société. Cela implique que l'autorité politique n’est légitime que si elle repose sur le
consentement libre et éclairé des citoyens, qui, par le biais du contrat social, acceptent d’être
gouvernés pour le bien de la communauté dans son ensemble, et non pour les intérêts particuliers. Cet
État est, en théorie, l'expression de la liberté collective, où les individus, tout en étant soumis aux lois,
retrouvent une liberté plus grande que celle de l’état de nature, puisqu'ils sont libres dans l'obéissance
à des lois qu'ils se sont données eux-mêmes. L'État est donc censé être un instrument de régulation
sociale et d’égalité, afin d’éviter la violence qui résulte de l'inégalité.
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La Violence : Une conséquence de la société et de l'inégalité
Dans le cadre de la réflexion de Rousseau, la violence apparaît comme une conséquence inévitable
des inégalités qui se forment avec la société. À l’origine, dans l’état de nature, l’homme vit de
manière simple et pacifique, sans conflit majeur, car il est en harmonie avec ses besoins naturels et les
autres individus. Toutefois, dès qu’apparaissent la propriété privée et les distinctions sociales, les
tensions, les rivalités et la violence émergent. L’individu, motivé par l’envie de protéger ses biens et
sa position sociale, commence à recourir à la force, ce qui engendre une forme de violence sociale.
Dans la société civilisée, Rousseau reconnaît que l’État peut parfois recourir à la violence pour
maintenir l'ordre. Cependant, il insiste sur le fait que la violence légitime de l’État ne doit jamais être
utilisée de manière abusive ou arbitraire. Lorsqu’un État utilise la violence pour maintenir des
inégalités, pour réprimer ou pour imposer des injustices, il devient illégitime et trahit son rôle de
protecteur de la liberté et de l'égalité. Rousseau distingue donc la violence légitime, utilisée pour
maintenir la sécurité et protéger l’intérêt commun, de la violence injuste, qui résulte de l'oppression
ou de l'injustice.
La Paix : Une société juste et égalitaire
La paix, dans la pensée de Rousseau, ne se limite pas à l'absence de conflits ou de guerre. Pour lui, la
paix véritable réside dans une paix sociale fondée sur la justice, l'égalité et la liberté. Ce type de paix
ne peut exister que dans une société où les inégalités sociales et économiques sont abolies, où les
individus vivent en harmonie, non pas selon leurs intérêts particuliers, mais selon la volonté générale,
qui est l’intérêt collectif. La paix pour Rousseau est une condition d’ordre social où les individus, tout
en étant soumis aux lois, sont réellement libres et égaux, et où leurs droits sont respectés.
Cette vision de la paix va au-delà de l’idéale tranquillité extérieure, car pour Rousseau, une paix
durable ne peut exister sans une réorganisation des relations sociales qui repose sur des principes
d’égalité et de justice. Ainsi, la véritable paix ne peut être atteinte que par la création d'une société
juste, où les citoyens ont les mêmes droits et où les conflits sont régulés de manière juste, dans le
respect des lois établies par la volonté générale. Dans une telle société, la violence est minimisée,
voire éliminée, car les causes profondes de la violence (inégalité, oppression, compétition) sont
résolues par la justice sociale.
Synthèse : L'interdépendance de l'État, de la violence et de la paix
Dans la pensée de Rousseau, l’État, la violence et la paix sont étroitement liés. L’État est nécessaire
pour garantir la paix sociale, mais il doit être fondé sur la justice et l’égalité, sans quoi il deviendrait
une source de violence. La violence, bien qu'elle soit présente dans l'état de nature et potentiellement
dans l'État, doit être régulée et ne doit être utilisée que dans un cadre légitime, au service du bien
commun. La paix, enfin, n’est pas seulement l’absence de violence, mais une condition dans laquelle
la justice, l’égalité et la liberté prévalent. La paix véritable, pour Rousseau, est une société où les
individus vivent en harmonie, dans le respect des droits et des devoirs de chacun, et où l’État agit
comme un garant de l’ordre social fondé sur la volonté générale.
Rousseau propose donc un modèle dans lequel l’État, tout en étant porteur d’une légitimité issue du
contrat social, doit œuvrer pour instaurer une paix véritable, en régulant la violence et en garantissant
la justice et l’égalité. La violence ne doit être utilisée que pour protéger les droits et la liberté des
citoyens, et l’objectif ultime est la création d’une société juste, où chaque individu peut vivre en paix,
libre et égal parmi les autres.

AUTRES APPROCHES
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Autres Approches par des Auteurs Différents

1. Thomas Hobbes (1588-1679) – L'État comme un Leviathan et la violence comme


fondement du contrat social
L'État
Pour Hobbes, l'État est une réponse nécessaire à l’anarchie de l'état de nature. Dans son
œuvre Leviathan (1651), Hobbes décrit l’état de nature comme un état de guerre permanente
("bellum omnium contra omnes", la guerre de tous contre tous), où la vie des hommes est «
solitaire, pauvre, brute et courte ». Sans lois ni autorité, l'homme vit dans la peur constante
d'être attaqué. L'État, selon Hobbes, doit être une entité toute-puissante, un Leviathan, qui
détient le monopole de la violence pour instaurer l’ordre et garantir la sécurité.
La Violence
Dans la pensée de Hobbes, la violence est inévitable dans l'état de nature. Elle est la
conséquence directe de l'absence d’une autorité centrale. L'État, en revanche, impose l’ordre
et la paix en détenant le monopole de la violence légitime, permettant de protéger les
individus des violences extérieures et internes. Pour Hobbes, l’utilisation de la violence par
l'État est non seulement justifiée, mais nécessaire pour garantir la stabilité de la société. Il
s’agit d’une violence "légitime", dans la mesure où elle est exercée pour la préservation de
l'ordre et de la vie sociale.
La Paix
La paix dans l’œuvre de Hobbes est une conséquence de la soumission à l'autorité absolue de
l'État. La paix n'est donc possible que si les individus acceptent de céder une partie de leurs
libertés et de leurs droits à un souverain, qui exerce un pouvoir absolu pour garantir la
sécurité et l'ordre. Pour Hobbes, la paix est une conséquence directe de la domination de
l’État, et elle est maintenue par le contrôle et la violence légitimée de celui-ci.

2. John Locke (1632-1704) – L'État et la limitation de la violence par le respect des


droits naturels
L'État
Contrairement à Hobbes, Locke adopte une vision plus optimiste de l'état de nature. Dans son
Traité du gouvernement civil (1690), Locke soutient que l’homme dans l'état de nature vit
dans une situation de liberté et d'égalité, mais qu'il y manque une autorité impartiale pour
résoudre les conflits. L'État, pour Locke, doit être fondé sur le consentement des gouvernés et
doit avoir pour but de protéger les droits naturels des individus : la vie, la liberté et la
propriété.
La Violence
La violence, dans la perspective de Locke, résulte du manque d’une autorité légitime pour
protéger les droits individuels. En l’absence de l’État, l’homme utilise la force pour défendre
ses droits, ce qui peut mener à des conflits. L'État doit donc jouer un rôle de médiateur, en
garantissant que la violence est contrôlée et que les conflits sont réglés pacifiquement, sur la
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base de lois et de principes de justice. L’État doit avoir un pouvoir limité, et la violence qu’il
exerce doit être restreinte à la protection des droits naturels, jamais utilisée pour des fins
arbitraires ou injustes.
La Paix
La paix pour Locke est une conséquence de la protection des droits individuels. Une société
pacifique et stable peut émerger lorsque l'État garantit les droits naturels de ses citoyens et
empêche la violence. Dans ce cadre, la paix repose sur la justice et sur l’équité, la violence
étant réduite au minimum nécessaire pour préserver ces droits.

3. Karl Marx (1818-1883) – L'État comme instrument de domination et de violence de


classe
L'État
Dans la perspective de Marx, l'État n'est pas un contrat social visant à établir l’ordre et la
paix, mais un instrument de domination des classes dirigeantes. Dans son ouvrage Le
Capital (1867) et dans Le Manifeste du Parti communiste (1848), Marx affirme que l'État
bourgeois est une structure mise en place pour maintenir les intérêts de la classe capitaliste.
Selon Marx, l'État n'est jamais neutre, mais toujours le reflet des rapports de forces
économiques. Il est un outil au service de la classe dominante, qui utilise l’État pour
maintenir sa position de pouvoir.
La Violence
La violence, pour Marx, est inhérente aux relations de classe dans une société capitaliste. Elle
se manifeste de manière institutionnalisée à travers la police, l’armée, et les autres forces de
l’État, qui servent à maintenir l'ordre et à protéger la propriété des classes possédantes. Pour
Marx, la violence de l’État bourgeois est un outil de répression contre les classes populaires,
qui cherche à étouffer les révoltes et à empêcher la révolution sociale.
La Paix
La véritable paix, selon Marx, ne peut être atteinte que lorsque la lutte des classes est abolie
par la révolution prolétarienne. Après la révolution, dans une société sans classes, l'État tel
qu'il existe aujourd’hui serait appelé à disparaître, et une paix sociale émergerait, fondée sur
l’égalité économique et l’abolition de l’exploitation. Cette paix ne serait pas simplement
l’absence de violence, mais un état de justice sociale où les moyens de production seraient
partagés et contrôlés collectivement.

4. Michel Foucault (1926-1984) – L'État, la violence et la biopolitique


L'État
Foucault propose une vision de l'État qui diffère considérablement de celle de Rousseau,
Hobbes ou Locke. Dans ses travaux, notamment Surveiller et punir (1975) et La Volonté de
savoir (1976), Foucault met en avant une approche du pouvoir qu’il appelle la biopolitique,
qui concerne la gestion des populations par l'État. L’État n’est plus simplement un pouvoir
centralisé qui exerce une violence directe, mais il s’incarne dans des dispositifs de
surveillance, de contrôle et de normalisation des individus au quotidien.
8
La Violence
Pour Foucault, la violence de l'État ne se limite pas à la guerre ou à la répression ouverte. La
violence se trouve également dans des formes plus subtiles et invisibles de pouvoir, comme
les systèmes éducatifs, les prisons, et même dans la gestion de la santé publique. La violence
est omniprésente à travers la normalisation des corps et des comportements. L'État exerce sa
violence à travers des pratiques de discipline, qui sont souvent perçues comme des formes de
contrôle sans coercition visible.
La Paix
La paix, selon Foucault, n'est pas simplement l’absence de violence mais un phénomène
complexe lié à l'organisation des sociétés modernes. La paix peut être maintenue à travers des
mécanismes de contrôle qui agissent non seulement à travers la force, mais aussi à travers des
régulations fines et des normes imposées au corps et à l’esprit des individus. La société de
paix, telle que la conçoit Foucault, est une société où la gestion des populations et des
comportements devient un enjeu central pour l'État.

Différentes visions de l'État, de la violence et de la paix


Les visions de l'État, de la violence et de la paix varient considérablement selon les auteurs.
Hobbes voit l'État comme un monstre protecteur, garantissant la paix par la violence
légitime. Locke défend un État limité, garant de la liberté individuelle et de la paix sociale
par la régulation de la violence. Marx, quant à lui, considère l'État comme un outil de
domination des classes dirigeantes et voit la violence de classe comme centrale dans les
sociétés capitalistes. Enfin, Foucault analyse la violence de manière plus diffuse, à travers
des pratiques de contrôle et de normalisation des individus, loin des formes traditionnelles de
coercition.
Chaque auteur propose ainsi une approche différente, qui éclaire sous des angles distincts les
relations entre l'État, la violence et la paix.

CONCLUSION

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En conclusion, le contrat social de Rousseau offre une réflexion fondamentale sur la relation
entre l'État, violence et la paix. Selon lui, l'État légitime découle de l'accord des individus, qui
renoncent à leur liberté individuelle au profit de la liberté collective, représentée par la
volonté générale. La violence exercée par l'État ne doit être légitime que si elle vise à
préserver l'ordre et l'égalité au sein de la société. Pour Rousseau, la paix véritable n'est pas
simplement l'absence de violence, mais l'instauration d'une harmonie sociale fondée sur
l'égalité et la justice. Ainsi, la véritable paix ne peut être réalisée que lorsque l'État respecte la
volonté générale et assure la liberté et l'égalité pour tous ses citoyens, éliminant les causes
profondes de la violence.

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