SYSTEME D’INFORMATION GEOGRAPHIQUE © Yacine Kouba 2018
I. Généralités
I.1. Définitions de Système d’Information Géographique (SIG)
Il existe plusieurs définitions de Système d’Information Géographique (SIG),
mais nous focalisant uniquement sur les définitions les plus importantes :
1) La définition de l'économiste Didier (1990) « Un SIG est un ensemble de
données repérées dans l’espace, structuré de façon à pouvoir en extraire
commodément des synthèses utiles à la décision ».
2) Selon le Comité Fédéral de Coordination Inter-agences pour la Cartographie
Numérique aux États-Unis (1988) « Un SIG est un système informatique de
matériels, de logiciels et de processus conçu pour permettre : la collection, la
gestion, la manipulation, l’analyse, la modélisation, l’affichage des données à
référence spatiale, afin de résoudre des problèmes complexes d’aménagement et
de gestion ».
3) Selon la Société Française de Photogrammétrie et de Télédétection : « Un SIG
est un système informatique qui permet à partir de diverses sources, de
rassembler, d’organiser, de gérer, d’analyser, de combiner, d’élaborer et de
présenter des informations localisées géographiquement, contribuant notamment
à la gestion de l’espace ».
4) Selon Konecny (2003) « Un SIG, dans une définition étroite, est un système
informatique pour la saisie, la manipulation, le stockage et la visualisation des
données spatiales numériques. Dans une définition plus large, il est un système
numérique d'acquisition, de gestion, d'analyse, de modélisation et de visualisation
de données spatiales aux fins de la planification, l'administration et le contrôle
de l'environnement naturel et aux applications socio- économiques ».
I.2. Historique de SIG
Premièrement les SIG sont parus pendant les années 60 au Canada et aux Etats
Unis. Les chercheurs de Canadian Geographic Information System (1964) sont
les premiers qui ont utilisés les SIG pour rassembler des informations relatives à
l’usage du sol, et des données concernant l’environnement, sur une grande partie
1
SYSTEME D’INFORMATION GEOGRAPHIQUE © Yacine Kouba 2018
du canada. Deux autres institutions aux Etats Unis à savoir le « New York Land
Use Information System (1967) » et le « Minnesota Information System (1969) »
ont aussi utilisés les SIG durant cette décade. Depuis lors, les coûts et les
difficultés techniques ont largement réduit.
I.3. L’information géographique (IG)
L’IG est une donnée ayant une référence spatiale soit sous forme de :
1. Coordonnées géographiques
2. Nom de lieu
3. L’adresse postale ou autre.
Elle peut être dupliquée sans détérioration, s'échange à haute vitesse au travers
des réseaux de web, se cumule avec différents informations en vue d'en produire
de nouvelle.
L’IG est obtenue, déposée, analysée, affichée et partagée à l’aide de système
d’information géographique (SIG). C’est une information liée à un objet ou à un
phénomène, décrit plus ou moins complètement :
1. Par ses caractéristiques diverses (c.-à-d. sa nature et son aspect).
2. Par son emplacement sur la terre.
Le premier groupe de données est appelé aussi attributs, alors que le second
groupe est appelé données géométriques. Par exemple l’IG sur une route se définit
par son nombre de voies, son revêtement, son nom, sa grandeur et son
positionnement sur la surface terrestre. Il faut signaler que l’IG est de plus en plus
présente dans notre vie sous une forme numérique (Figure I.1).
2
SYSTEME D’INFORMATION GEOGRAPHIQUE © Yacine Kouba 2018
GPS sur appareil
photo
Figure I.1 : Exemples de système de localisation par satellite (GPS).
I.4. Les principales composantes d’un SIG
Selon ESRI France (ESRI, 2018) un Système d’Information Géographique est
composé de :
A/ Matériel informatique (hardware)
Les SIG marchent sur une très grande panoplie d’ordinateurs (pc de bureaux
raccordés en réseau ou exploités de manière autonome).
B/ Logiciels (software)
Les logiciels de SIG offrent les outils nécessaires pour sauvegarder, examiner et
visualiser l’information géographique.
C/ Données (Information Géographique)
Les données constituent la composante maîtresse des SIG. L’information
géographique peut, soit être constituée en interne, soit acquise auprès de
producteurs de données.
D/ Personnel formé
Un SIG étant avant tout un outil, donc c’est à l’utilisateur « expert en SIG » de
l’exploiter. Il faut signaler que les SIG sont élaborés d’une manière qui leurs
permettent d’être manipulés par plusieurs types d’utilisateurs, depuis ceux qui
3
SYSTEME D’INFORMATION GEOGRAPHIQUE © Yacine Kouba 2018
créent et maintiennent les systèmes, jusqu’aux utilisateurs de logiciel pour le
traitement de l’information géographique. Actuellement, grâce à l’accession des
SIG sur Internet, le nombre d’utilisateurs de SIG s’agrandit de façon importante.
Figure I.2 : Les principales composantes de SIG (https://sites.google.com/site/pastoraldz/).
I.5. Les fonctionnalités d’un SIG (les 5 A)
Les SIG sont créés pour répondre à différentes demandes et comme le système
commun n’existe pas, il faut les ajuster selon les objectifs établis. Néanmoins i
faut dire qu’il y’a 5 fonctionnalités « on les appelle les 5A » que tous les SIG
doivent assurer :
Abstraire : Concevoir un modèle qui arrange les données par constituants
géométriques et par attributs descriptifs, et qui permet aussi d’établir des relations
entre les objets.
Acquérir : Le logiciel doit posséder des fonctionnalités de digitalisation et
d’importation de données.
4
SYSTEME D’INFORMATION GEOGRAPHIQUE © Yacine Kouba 2018
Archiver : Le logiciel doit avoir une grande capacité de stockage des données.
Analyser : Capacité d’analyser les données géographiques (méthodes
quantitatives et statistiques, opérateurs topologiques, etc.).
Afficher : Capacité d’affichage de l’information géographique sous forme de
Cartes, tables, graphes, etc.
I.6. Domaines d’application des SIG
Les SIG peuvent être utilisés pour étudier plusieurs phénomènes, entre autres on
peut citer :
Pour les grandes échelles
- La gestion foncière et cadastrale : ex. recensement des propriétés privées et le
calcul de leurs surfaces.
- La planification urbaine : ex. réalisation des cartes d’occupation des sols et plans
d’aménagement urbain.
- La gestion des réseaux : ex. réseau d’assainissement, approvisionnement en eau
potable, gaz, électricité, téléphone, etc.
- La gestion des espaces verts naturels ou urbains : ex. parcs naturels et jardins
publics.
Pour les échelles moyennes et petites
- L’identification des meilleurs endroits pour l’emplacement d’une nouvelle
ressource ou ce que n’appelle carte d’aptitude
- Les études d’ingénierie routière : ex. constructions de routes ou d’autoroutes.
- Les applications liées à la prévention des risques naturels.
I.7. Le SIG idéal
Le SIG idéal possède certaines qualités qu’on cite ci-dessous :
Rentable : en fonction de l’autorisation de l’organisation.
Pertinent : notamment pour les résultats.
Flexible : il faut qu’il soit capable d’évoluer.
Sécuritaire : il protège l’information confidentielle.
Compétitif : vérification de la qualité et le rendement des traitements.
5
SYSTEME D’INFORMATION GEOGRAPHIQUE © Yacine Kouba 2018
Autonome : notamment le logiciel, afin d’assurer l’évolution de la portabilité.
Coopératif : les taches et les fonctions des différents services et individus
impliqués, il faut qu’elles soient bien définies.
Motivant : la conception et l’utilisation doivent être gérées par l’utilisateur.
Documenter : la documentation doit être écrite conjointement au
développement du logiciel.
I.8. Quelques logiciels SIG
I.8.1. Logiciels libres
GRASS GIS : Il rassemble des propriétés de traitement d'images satellitaires et
des fonctionnalités à base topologique.
Map Server : Logiciel libre d’édition des cartes sur le web.
QGIS : Il permet de visualisé les cartes ainsi que leurs transformation. Il présente
une qualité qui le rend très simple à utiliser.
PostGIS : C’est une extension pour la base de données PostgreSQL, qui permet
de faire des requêtes SQL et spatiales.
uDig, gvSIG : Logiciels libres développés en Java pour Linux et Windows.
I.8.2. Logiciels Gratuits
DIVA-GIS : Offre des outils d’analyse statistique et géostatistique de
l’information géographique.
AutoDEM : Il propose des dispositifs pour générer des modèles numériques de
terrains (MNT) à partir de courbes de niveaux. Il supporte plusieurs formats tel
que les images raster et les courbes de niveaux de type vectoriel.
I.8.3. Logiciels Commerciaux
ArcGIS : (ArcInfo, ArcView, etc.) de chez ESRI.
GeoMapGIS : Métiers s'appuyant sur l'environnement Autodesk (AutoCAD,
AutodeskMap, AutodeskMapGuide, etc.).
Manifold : Logiciel novateur (serveur, géocodage, 3D, script .net, sgbd).
6
SYSTEME D’INFORMATION GEOGRAPHIQUE © Yacine Kouba 2018
II. Les données dans les SIG
II.1. Types de données dans les SIG
Toutes les géométries spatiales peuvent être décrites par 4 types de propriétés :
Leur position à la surface de la terre.
Les relations spatiales (topologie).
Leurs attributs.
Leurs métadonnées.
Figure II.1 : Types de données dans un SIG (https://www.esrifrance.fr).
II.1.1. Données spatiales
Elles déterminent les caractéristiques spatiales d’une entité géographique où sont
figurés et reconnus tous les objets graphiques (Figure II.1) :
- La localisation : sont les coordonnées de l’objet par rapport à un référentiel
(méridien de référence).
- La forme : peut-être un point, une ligne, ou un polygone.
- La taille : longueur, périmètre, surface.
Dans les SIG, il y a 2 modes de projection des données géographiques :
1) Mode vecteur : Les données vecteur sont un ensemble d’objets spatiaux
représentés chacun par les éléments suivants : point, ligne et polygone.
7
SYSTEME D’INFORMATION GEOGRAPHIQUE © Yacine Kouba 2018
Exemples de données vectorielles :
a) Les données surfaciques : comme un parcellaire ou tout autre zonage
thématique, sont représentés par des polygones (Figures I.2).
b) Les données linières ou filaires : comme les réseaux techniques, les cours
d’eau ou les voies, sont représentés par des lignes (Figure II.3).
c) Les données ponctuelles : comme les puits, les points de sondage, les sièges
d’exploitation, sont représentés par des points (Figure II.4).
Figure II.2 : Exemples de donnée surfacique : carte des ressources minières de
l’Algerie (Agence de services de géologie en Algerie : http://www.asga.dz/).
8
SYSTEME D’INFORMATION GEOGRAPHIQUE © Yacine Kouba 2018
Figure II.3 : Exemple de données linières (carte de réseau hydrographique dans
la partie occidentale d’Alger ; Menad, 2012).
Figure II.4 : Exemple de données ponctuelles (Carte de la sismicité mondiale.
Les épicentres sont issus du catalogue de l’United States Geological Survey,
pour la période 1973-2008 et pour tous les séismes de magnitude supérieure à
5 ; https://www.irsn.fr).
o Mode raster :
La valeur numérique attribuée à chaque cellule correspond à la valeur d’attribut
(Figure II.5). Les démarcations se produisent aux limites des ensembles de
cellules de même valeur ne correspond pas nécessairement aux frontières des
entités sur le terrain.
Il y a deux types de données Raster :
Les images : qui sont utilisées essentiellement pour la représentation
cartographique [Figure II.6 (a)]. C’est l’exemple d’une photo aérienne où
9
SYSTEME D’INFORMATION GEOGRAPHIQUE © Yacine Kouba 2018
l’information incluse dans la matrice de pixel concerne la couleur de
représentation de l’information. Cette information n’est pas directement
accessible.
Figure II.5 : Représentation schématique d’une carte raster (https://fr.slideshare.net).
Les grilles ou grids : sont utilisés pour le calcul et la modélisation (Figure
II.6 (b)). Exemple de Modèle numérique de terrain où l’information contenue dans
la matrice de pixel concerne une valeur quantitative (ex. altitude). Cette
(a) (b)
Figure II.6 : Exemples (a) d’une image satellitaire et (b) une grille raster
(https://fr.slideshare.net).
10
SYSTEME D’INFORMATION GEOGRAPHIQUE © Yacine Kouba 2018
information peut être vue et modifiée dans la table attributaire.
II.1.2. Données associées
Les données associées des objets spatiaux complètent la représentation
géométrique de l’entité spatiale. En fait, chaque élément de l’espace (c.à.d. point,
linge, ou polygone) reçoit un code d’identification (ID) qui peut être numérique
ou littéral. Ce dernier compose en une étiquette déterminant l’entité spatiale.
Parmi les données associées on distingue :
a) Données de classification
Permettent de classer le point, la ligne, ou le polygone dans une classe déterminé
tel que le type de parcelle (irrigué, non irrigué), type de route (primaire,
secondaire), etc.
b) Données d’identification
Donnent la possibilité de distinguer chaque objet figurant sur la carte, par exemple
nom de la commune, numéro de parcelle, numéro de vanne, etc.
c) Données attributaires
Porter une information complémentaire propre à chaque objet identifié, tel que le
possesseur de la parcelle, la superficie de la parcelle, etc.
II.2. Mode d’acquisition des données géographiques
L’obtention des données spatiales consiste au rassemblement de différentes
sources permettant la saisie des données dans le but de leurs intégrations dans un
SIG. Nous exposons dans ce qui suit les différentes méthodes d’acquisition de
données spatiales.
II.2.1. Import de fichiers
Il y a généralement trois manières pour importer les données spatiales :
Importer une base de données arrangée dans un format interne à un SIG. Cette
méthode est valable entre les SIG d’un même type mais elle est compliquée
entre des SIG de types ou de versions distinctes.
Importer un fichier texte (txt) contenant tous les renseignements structurés de
manière primitive. Il faut note que cette méthode nécessite un arrangement
11