Université Ibn Tofail Analyse fondamentale, 2020-2021
Ecole Nationale des Sciences Appliquées
Kénitra, Maroc
Cycle Préparatoire-Semestre 2
Corrigé de la série n◦ 4 : Séries numériques
Exercice 1
Étudier les séries de terme général :
1 π n1
sin3 x
Z Z
1 n 1
1. un = 1 − (1 − x) dx
n 2. un = dx 3. un =
0 0 1+x n
nn
1 n + cos n
4. un = ln 1 + 5. un = 6. un =
n (2n)! en + sin n
(n+1)π
e−t
Z
1 π sin n
7. un = √ sin 8. un = √ 9. un = √ cos t dt
n n n n nπ t
s
(−1)n
10. un = 1+ √ −1
n
Solution :
" 1
#1
1
−(1 − x) n +1
Z
1 1
1. On a un = 1 − (1 − x) dx = 1 −
n
1 = , terme général d’une série divergente.
0 n +1
1+n
0
π
x3 π3
Z n
2. On a 0 ≤ un ≤ dx = 3 , terme général d’une série de Riemann convergente.
0 x 3n
1 1
X
ln( )
3. On a un = e n n −→ 1 quand n → +∞, donc un est une série divergente.
n≥0
X
1
4. La suite (un ) est positive et équivalente à n , donc la série un est divergente.
n≥0
X
5. D’après la régle de d’Alembert, un converge :
n≥0
n
(n + 1)n+1 (2n)!
un+1 n+1 n+1
= = → 1 × 0 = 0 < 1.
un (2n + 2)! nn n (2n + 2)(2n + 1)
6. La série est à termes positifs : elle converge d’après l’équivalent
n + cos n n
n
∼ n.
e + sin n e
7. La série est à termes positifs : elle converge d’après l’équivalent
π
un ∼ √ .
n n
8. La série n’est pas à termes positifs : on étudie la convergence absolue de la série :
|sinn| 1
2
≤ 2, |un | =
n n
X
terme général d’une série de Riemann convergente. Donc un converge
n≥0
1
9. Le signe de cos t sur [np, (n + 1)p] varie suivant les valeurs de n. On étudie donc la convergence absolue :
Z (n+1)π −t Z (n+1)π
e
|un | ≤ √ | cos t| dt ≤ e−nπ dt = πe−nπ ,
nπ t nπ
X
terme général d’une série géométrique convergente : un est absolument convergente.
n≥0
10. La série n’est pas à termes positifs. Un équivalent ne suffit pas ; on utilise un D.L. :
1 (−1)n
1 1
un = √ − +O 3 .
2 n 8n n2
(−1)n 1
Or √ est le terme général d’une série alternée convergente, est le terme général de la série harmonique,
n n
1 X
divergente. Enfin, la série de terme général 3 est absolument convergente. En somme, un diverge.
n2 n≥0
Exercice 2
En utilisant les séries de Bertrand, déterminer la nature des séries suivantes :
X 1 X 1
√ et sin .
(n2 + n) ln n n ln2 n
n≥2 n≥2
1
Solution : La première série est à termes positifs équivalents à 2 , terme général d’une série de Bertrand conver-
n ln n
1
gente. De même pour la seconde, avec l’équivalent .
n ln2 n
Exercice 3
Soit α ∈ R+∗ . On pose pour n ≥ 1,
n
X 1
un =
(n2 + k)α
k=1
X
Étudier la nature de la série un .
n≥1
Solution : La suite (un )n≥1 est positive, et, utilisant 0 ≤ k ≤ n, on a l’encadrement
n 1
≤ un ≤ 2α−1 .
(n2 + n)α n
X
De la majoration, on déduit la convergence de la série un pour α > 1 ; de la minoration la divergence pour α < 1
n≥1
.
Exercice 4
Étudier selon (α; β) réels, la nature de la série de terme général :
2
n + nα + β
un = sin π .
n
X
Solution : On a un = (−1)n sin(απ + βπ/n). Ainsi, si α 6= 0, la série un est grossièrement divergente. Si α = 0, la
n≥0
série n’est pas à termes positifs (un équivalent ne suffit pas !), on écrit le D.L. (on écarte le cas β = 0, grossièrement
divergent) :
π 1
un = (−1)n β + O .
n n3
2
X
Ainsi, un est convergente, car un est somme du terme général de série alternée convergente, et de celui d’une série
n≥0
de Riemann absolument convergente.
Exercice 5
Soit α > 1. On note
+∞
X 1
Rn = .
kα
k=n+1
1. Soit a ∈ R. Déterminer Z x
dt
lim .
x→+∞ a tα
2. En déduire un équivalent simple de Rn .
Solution :
1. On intègre : Z x
dt 1
= (x1−α − a1−α ).
a tα 1−α
On fait tendre x vers +∞ et on trouve que
Z x
dt 1
lim = a1−α .
x→+∞ a tα α−1
2. On va comparer la somme à une intégrale. La fonction x 7→ x−α étant décroissante, on en déduit que, pour
tout k ≥ 2, on a
Z k+1 Z k
dt 1 dt
α
≤ α
≤ α
.
k t k k−1 t
On somme ces inégalités pour k allant de n + 1 à N On trouve :
Z N +1 N Z N
dt X 1 dt
≤ ≤ .
n+1 tα kα n t α
k=n+1
On fait tendre N vers +∞. En utilisant le résultat de la question précédente, on trouve que
1 1
α−1
≤ Rn ≤ .
(α − 1)(n + 1) (α − 1)nα−1
On en déduit que
Rn
1 →1
(α−1)nα−1
c’est-à-dire
1
Rn ∼+∞ .
(α − 1)nα−1
Exercice 6
1. En utilisant l’inégalité de Taylor-Lagrange sur la fonction t 7→ ln(1 + t), montrer que la
X (−1)n−1
série est convergente et de somme ln 2.
n
n≥1
Z 1
1
2. Sachant que = tk−1 dt, retrouver d’une autre façon le résultat précédent.
k 0
Solution :
3
1. Remarquons d’abord par récurrence sur n que la dérivée n-ième de f (t) = ln(1 + t) est :
(−1)n−1 (n − 1)!
f (n) (t) = .
(1 + t)n
On va appliquer l’inégalité de Taylor-Lagrange à cette fonction entre 0 et 1. Remarquons que si t ∈ [0, 1], on a :
n−1
X f (k) (0) 1
f (1) − f (0) − ≤ ,
k! n
k=1
ce qui en remplaçant les dérivées successives en zéro donne :
n−1
X (−1)k−1 1
ln 2 − ≤ .
k n
k=1
Faire tendre n vers +∞ donne le résultat.
2. Avec l’indication, il vient :
n n
!
1 1
(−1)k+1 1 − (−t)n
X Z X Z
k−1
Un = = (−t) dt = dt.
k 0 0 1+t
k=1 k=1
Z 1
dt
Or = ln 2, et
0 1+t
1 1
(−t)n
Z Z
1
dt = tn dt = .
0 1+t 0 n+1
1
Il vient |Un − ln 2| ≤ n+1 , ce qui redonne bien le résultat de la première question.
Exercice 7
Nature et somme des séries suivantes :
X n2 + 2 n X
(n + 1)2
1. 2. ln
n! n(n + 2)
n≥0 n≥1
Solution :
1. La convergence est une conséquence de la règle de d’Alembert car le quotient de deux termes consécutifs tend
vers 0 < 1 (noter que la série est à termes strictement positifs !). Pour le calcul de la somme, on écrit
n2 + 2 n n(n − 1) + n + 2n 1 1 2n
= = + + .
n! n! (n − 2)! (n − 1)! n!
Comme les trois séries sont convergentes, on a
+∞ 2 +∞ +∞ +∞ n
X n + 2n X 1 X 1 X 2
= + + = e + e + e2 = 2e + e2 .
n=0
n! n=2
(n − 2)! n=1
(n − 1)! n=0
n!
2
(n+1) 1
2. La fraction dans le logarithme se simplifie en n(n+2) = 1 + n(n+2) , ce qui prouve que la série est à termes
1
positifs ; l’équivalent du terme général à n2 montre la convergence. Pour le calcul de la somme, on considère la
somme partielle d’ordre n :
n n n n
(k + 1)2
X X X X n+1
Sn = ln =2 ln(k + 1) − ln k − ln(k + 2) = ln 2 + ln → ln 2.
k(k + 2) n+2
k=1 k=1 k=1 k=1
+∞
(n + 1)2
X
D’où ln = ln 2.
n=1
n(n + 2)
4
Exercice 8
6
1. Décomposer en éléments simples la fraction .
n(n + 1)(2n + 1)
X 1
2. Sommer la série .
1 2 + 2 2 + · · · + n2
n≥1
Solution :
6 6 6 24
1. On a = + − .
n(n + 1)(2n + 1) n n + 1 2n + 1
n(n + 1)(2n + 1)
2. D’après la formule 12 + 22 + · · · + n2 = , la série est convergente (car à termes positifs,
6
1
équivalents à 2n3 ). La question précédente permet d’écrire la somme partielle d’ordre n :
n n+1 n n
!
X 1 X1 X 1 6 X 1 1
Sn = 6 +6 − 24 =6+ + 24 ( − ) − 8,
k k 2k + 1 n+1 2k 2k + 1
k=1 k=2 k=1 k=2
soit
2n+1
X (1)p
6 1 1
Sn = −2 + + 24 →n→+∞ −2 + 24 − ln 2 + 1 − + = 18 − 24 ln 2.
n+1 p=4
p 2 3
Exercice 9
Montrer que la série de teme général :
9
un =
(3n + 1)(3n + 4)
converge et calculer sa somme (n ∈ N).
Solution : La convergence est assurée par la positivité de un et l’équivalent un ∼ n12 . En décomposant un en éléments
3 3
simples, on a un = − , si bien que la somme partielle est télescopique :
3n + 1 3n + 4
n
X 3 3 3
Sn = − =3− → 3.
3k + 1 3k + 4 3n + 4
k=0
5
Exercice 10
X
1. On suppose que an est une série convergente à termes positifs. Montrer que ces trois
n≥1
séries sont également convergentes :
X an X √a n X
(a) (b) (c) a2n
an + 1 n
n≥1 n≥1 n≥1
(on pourra utiliser l’inégalité de Cauchy-Schwartz).
X
2. On suppose maintenant que an an est une série divergente à termes positifs. Montrer
n≥1
alors que les séries suivantes divergent :
X an X√
(a) (b) an
an + 1
n≥1 n≥1
Distinguer les cas an → 0 et an 9 0.
Que dire des séries suivantes ?
X X an
(c) a2n (d) .
1 + n2 an
n≥1 n≥1
Solution :
1. (a) La majoration suivante conclut : ana+1
n
≤ an .
(b) D’après l’inégalité de Cauchy-Schwartz,
n √ n
! 21 n
! 12
X ak X X 1
Sn = ≤ ak .
k k2
k=1 k=1 k=1
Ainsi Sn est majorée, car les séries de terme général an et n12 sont convergentes. Comme (Sn )n≥0 est croissante,
elle converge,X
d’où la convergence de la série (b).
(c) Puisque an converge, alors la suite (an )n≥0 tend vers 0, si bien qu’à partir d’un certain rang, on a la
n≥1
majoration : a2n ≤ an , d’où la convergence.
an an
2. (a) Si (an )n≥0 est majorée par M , alors la minoration ≥ conclut. Si (an )n≥0 n’est pas majorée,
an + 1 M +1
an
alors la série de terme général est grossièrement divergente.
an + 1 X√ √
(b) Si (an )n≥0 ne tend pas vers 0, alors an diverge grossièrement. Sinon, la minoration an ≥ an (à
n≥1
partir d’un certain rang) permet de conclure. X
2
(c) On ne peut pas conclure, comme le montrent les exemples an = √1
n
et an = n 3 ( an 2 diverge pour la
n≥0
première, converge pour la seconde).
an
(d) La majoration 1+n 2a
n
≤ n12 montre la convergence.